Pesachim 97a - Temura du pesach, et le signe de Shmuel

Pesachim 97a

Sougya : Le daf ouvre sur la fin de l'objection d'Abaye à Rava. Le verset hu enseigne qu'une temura de pesach n'est pas offerte, et le seul cas où ce verset sert réfute Rava : bête trouvée avant la shehita, temura faite après.

Shmuel pose ensuite un signe. Là où la hatat meurt, le pesach est offert en shelamim ; là où la hatat paît, le pesach paît.

Rabbi Yo'hanan limite le shelamim au pesach retrouvé après la shehita. Rav Yossef oppose la hatat dont l'année est passée, qui paît, au pesach du même cas, offert en shelamim.

La suite réserve le signe aux bêtes perdues, aligne Shmuel sur Rabbi, puis retire la perte d'avant midi, sur le modèle de la perte de nuit chez Rava. L'amud s'arrête sur la question : selon Rabbi, où trouve-t-on encore une hatat perdue qui paît ?

Temura avant la shehita : le verset hu ne sert qu'une foisSeconde version de Rava, fin de l'objection d'AbayeTrouvée avant, temura avantLa bête est déjà fixéepuis écartée comme pesachElle n'est pas offerteLe verset est inutileTrouvée avant, temura aprèsLa beraita : hula temura n'est pas offerteRava la faisait offrirTiyuvta, réfutationRava : la shehita ne fixe que ce qui était apte au pesachLa temura née après la shehita, il l'envoie en shelamim
Deux moments pour la temura. Seul le second donne un emploi au verset, et il réfute Rava.
Le signe de Shmuel : même accident, sort jumeléRachi : un siman, pas une raison de kula ou de humraHatat qu'on fait mourirCinq cas, halakha du Sinaïle pesach du même accidentest offert en shelamimHatat qu'on envoie paîtreJusqu'au défaut, puis la ventele pesach du même accidentpaît lui aussiRabbi Yo'hanan resserre le shelamimSeulement si le pesach est retrouvé après la shehita du remplaçant
Shmuel jumelle hatat et pesach. Rabbi Yohanan n'admet le shelamim qu'après la shehita.
Après l'objection : perdus, écartés, et l'heure de midiShmuel ne parle que des avudin. La question finale reste ouverteÉcartéeAnnée passéeElle est devant nousHatat : elle paîtPesach : shelamimHors du signeécart, pas une pertePerdueAu moment de la mise à partSages : la hatat paîtPesach après midi :shelamimShmuel suit Rabbile perdu va à la mortAvant midiHeure sans offrandeComme la perte de nuitRava : pas une perteLe pesach paîtMême pour Rabbila perte n'a pas de nomQuestion de l'amudSelon Rabbi, toute vraie perte meurt. Où une hatat perdue paît-elle encore ?
Écartée, perdue, ou perdue avant midi. La question de Rabbi reste en suspens.
1
יָכוֹל אַף לִפְנֵי הַפֶּסַח כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״הוּא״ — הוּא קָרֵב, וְאֵין תְּמוּרַת הַפֶּסַח קְרֵיבָה.

On pourrait dire : même avant le pesach, il en va ainsi ? Le verset enseigne : " hu ".

Lui est offert, et la temura du pesach n'est pas offerte.

📜 Rachi (2)
יָכוֹל אַף לִפְנֵי הַפֶּסַח כֵּן תְּמוּרַת הַפֶּסַח שֶׁנִּמְצָא לִפְנֵי פֶּסַח (שֵׁנִי) תְּהֵא קְרֵיבָה שְׁלָמִים:
La temura du pesach retrouvée avant le pesach (le mot " second " est entre parenthèses) serait offerte en shelamim.
תַּלְמוּד לוֹמַר הוּא פֶּסַח הוּא הַפֶּסַח כָּשֵׁר קָרֵב וְאֵין תְּמוּרָתוֹ קְרֵיבָה לָאו תְּמוּרַת הַהוּא דְּקָרֵב קָא מְמַעֵט אֶלָּא הָכִי קָאָמַר יֵשׁ תְּמוּרַת פֶּסַח שֶׁאֵינָהּ קְרֵיבָה:
" Pesach hu " : le pesach valide est offert, et sa temura n'est pas offerte. Il laisse de côté la temura de celui qu'on offre. Il enseigne qu'il existe une temura de pesach qui n'est pas offerte.
💡 Explication

Suite de la beraita citée par Abaye en 96b. " Im keves " inclut la temura d'après le pesach : on l'offre en shelamim. Hu empêche d'étendre la même offrande à avant le pesach.

Rachi serre la portée. Le verset enseigne qu'il existe une temura de pesach qui n'est pas offerte. Il ne vise pas, en bloc, la temura de l'animal qu'on est en train d'offrir.

2
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא שֶׁנִּמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה וְהֵמִיר בּוֹ קֹודֶם שְׁחִיטָה — פְּשִׁיטָא! לָמָּה לִי קְרָא? אֶלָּא לָאו, שֶׁנִּמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה וְהֵמִיר בּוֹ אַחַר שְׁחִיטָה! תְּיוּבְתָּא דְּרָבָא, תְּיוּבְתָּא.

De quel cas s'agit-il ? Si tu dis : elle a été trouvée avant la shehita et il a fait la temura avant la shehita, c'est évident.

À quoi me sert le verset ? C'est donc le cas où elle a été trouvée avant la shehita et il a fait la temura après la shehita.

Réfutation de Rava, réfutation.

📜 Rachi (2)
פְּשִׁיטָא דְּלָא קָרְבָה דְּהָא הֻוקְבְּעָה וְנִדְחָה בְּפֶסַח ואע"ג דִּלְעֵיל אָמַר מַתְנֵי' הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּאִיכָּא תְּמוּרַת פֶּסַח דְּלָא קָרְבָה קְרָא מִיהָא לָא אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמְעִינַן הָכִי:
C'est évident qu'elle n'est pas offerte : elle a été fixée, puis écartée, en tant que pesach. Et bien que plus haut la michna vienne apprendre qu'il existe une temura de pesach qui n'est pas offerte, le verset, en tout cas, n'est pas nécessaire pour l'apprendre.
ה"ג אָמַר שְׁמוּאֵל כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה כו' וְר' יוֹחָנָן אָמַר אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה אֲבָל קֹודֶם שְׁחִיטָה לֹא כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי כּוֹנְסָן לְכִיפָּה וְהֵן מֵתוֹת וְלַד חַטָּאת וּתְמוּרַת חַטָּאת וְחַטָּאת שֶׁמֵּתוּ בְּעָלֶיהָ וְחַטָּאת שֶׁנִּתְכַּפְּרוּ בְּעָלֶיהָ עַל יְדֵי הָאַחֶרֶת שֶׁאָבְדָה זֹאת וְאַחַר כָּךְ נִמְצֵאת וְשֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ וּנְקַט שְׁמוּאֵל גַּבֵּי פֶּסַח סִימָנָא בֵּיהּ וְאָמַר כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה אִי מִיתְּרַע הָכִי בְּפֶסַח קָרֵב שְׁלָמִים וְקָא סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּאַכֻּולְּהוּ מֵתוֹת דְּחַטָּאת דְּאִשְׁתַּכְחָן גַּבֵּי פֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים דְּהַיְינוּ תְּמוּרַת פֶּסַח וּפֶסַח שֶׁמֵּתוּ בְּעָלָיו וְשֶׁכִּיפְּרוּ בְּעָלָיו וְשֶׁעָבְרָה שְׁנָתוֹ קְרֵיבִין שְׁלָמִים:
La version porte : Shmuel a dit : tout ce qui, dans la hatat, meurt, etc. Et Rabbi Yo'hanan a dit : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita ; avant la shehita, non. Tout ce qui dans la hatat meurt : il y a cinq hatatot qu'on fait mourir, halakha à Moché du Sinaï. On les enferme dans un réduit et elles meurent : le petit d'une hatat, la temura d'une hatat, la hatat dont les propriétaires sont morts, la hatat dont les propriétaires ont obtenu la kapara par une autre - celle-ci s'était perdue, puis on l'a retrouvée - , et celle dont l'année est passée. Shmuel a pris, pour le pesach, un signe, et il a dit : tout ce qui dans la hatat meurt, si le même accident arrive au pesach, il est offert en shelamim. Et l'on comprend d'abord que cela vise toutes les hatatot mises à mort qui se retrouvent pour le pesach : elles sont offertes en shelamim. C'est-à-dire la temura du pesach, le pesach dont les propriétaires sont morts, celui dont les propriétaires ont obtenu la kapara, et celui dont l'année est passée, sont offerts en shelamim.
🗂️ Tossefot (3)
אִילֵּימָא שֶׁנִּמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה וְהֵמִיר בּוֹ קֹודֶם שְׁחִיטָה פְּשִׁיטָא לָמָּה לִי קְרָא ואע"ג דְּקָתָנֵי לֵיהּ בְּמָתְנֵי' לְאַשְׁמְעִינַן דְּאִיכָּא תְּמוּרָה דְּלָא קָרְבָה מ"מ לָא אִיצְטְרִיךְ לְהָכִי:
Bien que la michna l'enseigne pour apprendre qu'il existe une temura qui n'est pas offerte, le verset n'est tout de même pas nécessaire pour cela.
פְּשִׁיטָא הַשְׁתָּא לֹא שַׁייָּךְ לְשַׁנּוֹיֵי דִּקְרָא אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא כִּדְשַׁנִּי לְעֵיל דְּאִם כֵּן קְרָא לְמַאי אֲתָא:
Maintenant, il n'y a plus lieu de répondre que le verset n'est qu'une asmakhta, comme on a répondu plus haut. Sinon, à quoi le verset sert-il ?
אֶלָּא לָאו שֶׁנִּמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה תֵּימַהּ לְלִישָּׁנָא קַמָּא מַאי מַקְשֶׁה אַבַּיֵּי לְרַבָּה מֵהַךְ בָּרַיְיתָא וַהֲלֹא סֵיפָא מִסִּייַּעְתָּא לוֹ בְּהֶדְיָא כִּדְמַסִּיק הַשְׁתָּא וְזֶהוּ תֵּימַהּ לוֹמַר שֶׁלֹּא יָדַע אַבַּיֵּי סֵיפָא דְּבָרַיְיתָא דְּמַקְשֵׁי מִינָּהּ:
Il y a lieu de s'étonner, selon la première version : qu'objecte Abaye à Rabba à partir de cette beraita ? La fin de la beraita le soutient explicitement, comme on le conclut maintenant. Et il est difficile de dire qu'Abaye ignorait la fin de la beraita dont il tire son objection.
💡 Explication

Le cas évident : trouvée avant la shehita, temura faite avant la shehita. La bête a déjà été fixée puis écartée comme pesach. La michna l'a dit. Le verset serait de trop.

Reste le cas utile : trouvée avant la shehita, temura faite après. La beraita refuse l'offrande. Dans la seconde version, Rava l'autorisait. D'où la tiyuvta.

Tossefot ferment un retour en arrière. On ne peut plus traiter le verset comme une simple asmakhta, ainsi qu'en 96b : il n'aurait plus d'emploi. Selon la première version, la fin de la beraita soutient Rabba. L'objection d'Abaye, tirée de cette beraita, devient difficile.

3
אָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה — בְּפֶסַח קָרֵב שְׁלָמִים, וְכָל שֶׁבְּחַטָּאת רוֹעֶה — בְּפֶסַח נָמֵי רוֹעֶה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה, אֲבָל קֹודֶם שְׁחִיטָה — לֹא.

Shmuel a dit : tout ce qui, dans la hatat, meurt, dans le pesach est offert en shelamim ; et tout ce qui, dans la hatat, paît, dans le pesach paît aussi. Et Rabbi Yo'hanan a dit : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita ; avant la shehita, non.

📜 Rachi (1)
וְכָל שֶׁבְּחַטָּאת רוֹעֶה לְקַמָּן מְפָרֵשׁ מַאי הִיא וּמִיתָה וּרְעִיָּה לָאו קֻולָּא וְחוּמְרָא אִיכָּא בַּחֲדָא מֵאִידָךְ וְהַאי דִּנְקַט גַּבֵּי מִיתָה דְּחַטָּאת בְּפֶסַח קָרֵב וְגַבֵּי רְעִיָּה דְּחַטָּאת בְּפֶסַח רְעִיָּה לָאו טַעְמָא קָא יָהֵיב בֵּיהּ דְּמִשּׁוּם דְּהָכָא מֵתָה הָכָא קָרֵב אֶלָּא סִימָנָא בְּעָלְמָא הוּא:
Plus bas on explique de quoi il s'agit. Mort et pâturage : il n'y a pas là une kula de l'un face à une humra de l'autre. S'il rattache la mort de la hatat à l'offrande du pesach, et le pâturage de la hatat au pâturage du pesach, il ne donne pas une raison, du genre : puisque ici elle meurt, ici on l'offre. C'est un simple signe.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר שְׁמוּאֵל כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה כו' שְׁמוּאֵל כְּרַבִּי זֵירָא סָבַר דְּאָמַר חֲצוֹת קָבַע מדא"ר יוֹחָנָן אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה וְהָכִי [דִּיֵּיק] לְקַמָּן:
Shmuel pense comme Rabbi Zeira, qui a dit que midi fixe. On le tient du fait que Rabbi Yo'hanan a dit : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita. Et c'est ainsi qu'on le déduit plus bas.
💡 Explication

Shmuel pose un siman. Le sort de la hatat indique le sort du pesach dans le même accident. Hatat qu'on fait mourir : le pesach est offert en shelamim. Hatat qu'on envoie paître : le pesach paît aussi.

Rabbi Yo'hanan resserre. Le shelamim ne vaut que pour le pesach retrouvé après la shehita du remplaçant. Retrouvé avant, il ne vient pas en shelamim.

Rachi : mort et pâturage ne se rangent pas en kula et humra. Tossefot : Shmuel suit Rabbi Zeira, pour qui midi fixe le pesach. La formule de Rabbi Yo'hanan sera précisée plus bas.

4
מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: וּכְלָלָא הוּא? וַהֲרֵי חַטָּאת שֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ, דְּלִרְעִיָּה אָזְלָא, דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: חַטָּאת שֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ — רוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא עוֹמֶדֶת בְּבֵית הַקְּבָרוֹת, וְרוֹעֶה.

Rav Yossef objecte : est-ce une règle ? Or une hatat dont l'année est passée va au pâturage.

Car Rabbi Shimon ben Lakish a dit : une hatat dont l'année est passée, on la regarde comme si elle se tenait dans un cimetière, et elle paît.

📜 Rachi (3)
וּכְלָלָא הוּא דְּכֹל שֶׁבְּחַטָּאת רוֹעֶה בְּפֶסַח רוֹעֶה:
Est-ce une règle : tout ce qui, dans la hatat, paît, dans le pesach paît ?
דְּרֵישׁ לָקִישׁ בְּמַס' תְּמוּרָה בְּפֶרֶק וְלַד חַטָּאת (תְּמוּרָה דַּף כב.) וְהָתָם מוֹתֵיב לָהּ מִמַּתְנִיתִין דְּהָתָם דְּקָתָנֵי וְשֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ כו' וּמְתָרֵץ לָהּ דְּהָכִי קָתָנֵי שֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ וְאָבְדָה [אוֹ אָבְדָה] וְנִמְצֵאת בַּעֲלַת מוּם:
Reish Lakish, dans le traité Temura, chapitre Vlad hatat (Temura 22a). Là-bas on lui objecte la michna du même endroit, qui enseigne : et celle dont l'année est passée, etc. Il répond que voici l'enseignement : son année est passée et elle s'est perdue, [ou elle s'est perdue] et on l'a retrouvée avec un défaut.
כְּאִילּוּ עוֹמֶדֶת בְּבֵית הַקְּבָרוֹת כָּל מָקוֹם שֶׁהִיא רוֹאִין כְּאִילּוּ הִיא בְּבֵית הַקְּבָרוֹת שֶׁאֵין כֹּהֵן נִכְנָס שָׁם לְשׁוֹחֲטָהּ וְרוֹעֶה עַד שֶׁתִּסְתָּאֵב וְתִימָּכֵר וְיִפְּלוּ דָּמֶיהָ נְדָבָה לַשּׁוֹפָרוֹת שֶׁכָּתוּב עֲלֵיהֶן נְדָבָה וּמְקַייְּצִים בָּהּ אֶת הַמִּזְבֵּחַ זֶה מִדְרָשׁוֹ שֶׁל יְהוֹיָדָע הַכֹּהֵן בְּמַסֶּכֶת תְּמוּרָה (דַּף כג:) שֶׁכָּל מוֹתַר חַטָּאת וְאָשָׁם לְקֵיץ הַמִּזְבֵּחַ חוּץ מֵחַטָּאוֹת מֵתוֹת שֶׁהֵן הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי:
Où qu'elle soit, on la voit comme si elle était dans un cimetière, où un kohen n'entre pas pour l'abattre. Elle paît jusqu'à ce qu'elle contracte un défaut, on la vend, et son argent tombe en don dans les shofarot, les coffres marqués " don ". On en approvisionne l'autel. C'est le midrach de Yehoyada le kohen, Temura 23b : tout surplus de hatat et d'acham va à l'approvisionnement de l'autel, sauf les hatatot qu'on fait mourir, qui sont une halakha à Moché du Sinaï.
🗂️ Tossefot (3)
וּכְלָלָא הוּא וַהֲרֵי כּוּ' תֵּימַהּ דְּפָרִיךְ אַסֵּיפָא דְּמִילְּתֵיהּ דְּכֹל שֶׁבְּחַטָּאת רוֹעֶה וְאַרֵישָׁא נָמֵי אִיכָּא לְמִיפְרַךְ דְּהָא תְּמוּרַת חַטָּאת [אוֹ] שֶׁמֵּתוּ בְּעָלֶיהָ דִּלְמִיתָה אָזְלָא וְאִלּוּ בְּפֶסַח אָמְרִי' בְּמָתְנֵי' דִּתְמוּרַת הַפֶּסַח רוֹעֶה אִם הֵמִיר קֹודֶם חֲצוֹת דְּקַבְעֵיהּ חֲצוֹת וְכֵן מֵתוּ בְּעָלָיו אָמַר לְקַמָּן דְּאִי מֵת קֹודֶם חֲצוֹת דְּקַבְעֵיהּ חֲצוֹת:
Il y a lieu de s'étonner : il objecte sur la fin de sa parole, " tout ce qui dans la hatat paît ", et sur le début aussi on peut objecter. La temura d'une hatat, [ou] celle dont les propriétaires sont morts, va à la mort. Or pour le pesach, la michna dit que la temura du pesach paît si l'on a fait la temura avant midi, car midi la fixe. De même, si les propriétaires sont morts : plus bas, s'il est mort avant midi, midi la fixe.
רוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא בְּבֵית הַקְּבָרוֹת נְקַט הָכִי מִשּׁוּם דִּדְחִייַּת בֵּית הַקְּבָרוֹת לָאו דְּחִיָּה הִיא וּכְמוֹ כֵּן עָבְרָה שְׁנָתָהּ לָא חֲשִׁיב דָּחוּי כְּמוֹ מֵתוּ אוֹ נִתְכַּפְּרוּ בְּעָלֶיהָ:
Il prend cette image parce que l'écart du cimetière n'est pas un dihuy. De même, " son année est passée " n'a pas le statut d'écart qu'ont " ses propriétaires sont morts " et " ses propriétaires ont obtenu la kapara ".
וְרוֹעֶה פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י וְיִפְּלוּ דָּמֶיהָ לְקֵיץ הַמִּזְבֵּחַ מִמִּדְרָשׁוֹ שֶׁל יְהוֹיָדָע וְאֵין נִרְאֶה לְרִיבָ"א דְּלָא נֶאֱמַר מִדְרַשׁ יְהוֹיָדָע אֶלָּא בְּהִפְרִישׁ מָעוֹת לְחַטָּאתוֹ אוֹ לַאֲשָׁמוֹ וְנִשְׁתַּיֵּיר מֵהֶם אוֹ אָבְדוּ וְהִפְרִישׁ אֲחֵרִים וְאַחַר כָּךְ נִמְצְאוּ דְּמַה שֶׁנִּשְׁתַּיֵּיר יִפְּלוּ לִנְדָבָה אֲבָל בְּכִי הַאי גַּוְונָא שֶׁלֹּא נִתְכַּפְּרוּ עֲדַיִין בְּעָלִים אָמְרִינַן תִּימָּכֵר וְיָבִיא אַחֶרֶת בְּדָמֶיהָ וְהֵבִיא ר"י רְאָיָה לִדְבָרָיו דִּתְנַן בְּפֶרֶק וְלַד חַטָּאת (תְּמוּרָה דַּף כא:) וְשֶׁאָבְדָה אִם מִשֶּׁכִּיפְּרוּ כו' וְאִם עַד שֶׁלֹּא כִּפְּרוּ בְּעָלֶיהָ תִּרְעֶה עַד שֶׁתִּסְתָּאֵב וְתִמָּכֵר וְיָבִיא אַחֶרֶת בְּדָמֶיהָ וְהַשְׁתָּא בִּדְחוּיָה גְּמוּרָה כְּמוֹ אָבְדָה דְּמוֹדֵי רֵישׁ לָקִישׁ לְאַחַר כַּפָּרָה דְּמֵתָה קָתָנֵי עַד שֶׁלֹּא כִּיפְּרוּ יָבִיא בְּדָמֶיהָ אַחֶרֶת בְּעָבְרָה שְׁנָתָהּ דְּלָאו דָּחוּי גָּמוּר הוּא דְּאַף לְאַחַר שֶׁכִּיפְּרוּ בְּעָלֶיהָ אֵינָהּ מֵתָה לֹא כָל שֶׁכֵּן שֶׁאִם נִסְתָּאֲבָה קֹודֶם כַּפָּרָה דְּיָבִיא אַחֶרֶת בְּדָמֶיהָ:
Rachi a expliqué : son argent tombe à l'approvisionnement de l'autel, d'après le midrach de Yehoyada. Cela ne paraît pas juste au Riva. Le midrach de Yehoyada n'a été dit que si l'on a mis à part de l'argent pour sa hatat ou pour son acham, qu'il en est resté, ou que cet argent s'est perdu, qu'on en a mis d'autre à part, et qu'ensuite on a retrouvé le premier : le reste tombe en don. Dans un cas comme le nôtre, où les propriétaires n'ont pas encore obtenu la kapara, on dit : elle sera vendue, et il en ramènera une autre avec son argent. Le Ri a apporté une preuve. Nous avons appris, au chapitre Vlad hatat (Temura 21b) : et si elle s'est perdue, si c'est après qu'ils ont obtenu la kapara, etc. ; et si c'est avant que les propriétaires aient obtenu la kapara, elle paîtra jusqu'à ce qu'elle contracte un défaut, elle sera vendue, et il en ramènera une autre avec son argent. À présent, pour un écart complet, comme une bête perdue - Reish Lakish convient qu'après la kapara elle meurt - , la michna enseigne : avant qu'ils aient obtenu la kapara, il ramène une autre avec son argent. Pour " son année est passée ", qui n'est pas un écart complet, puisque même après la kapara des propriétaires elle ne meurt pas, à plus forte raison, si elle a contracté un défaut avant la kapara, il ramène une autre avec son argent.
💡 Explication

Rav Yossef vise le second membre du signe. Une hatat dont l'année est passée va au pâturage. Rabbi Shimon ben Lakish la traite comme si elle se tenait dans un cimetière : le kohen n'y entre pas pour la shehita.

Rachi renvoie à Temura 22a. La michna qui range " année passée " parmi les hatatot mises à mort ajoute un fait : elle s'est aussi perdue, ou on l'a retrouvée avec un défaut. Le midrach de Yehoyada envoie le surplus de hatat et d'acham à l'autel, sauf les hatatot qu'on fait mourir.

Tossefot notent une objection parallèle sur le premier membre : la temura d'une hatat meurt, alors que la temura d'un pesach faite avant midi paît, parce que midi fixe. Sur l'image du cimetière : cet empêchement n'a pas le poids d'un dihuy complet. Le Riva et le Ri réservent le coffre de Yehoyada au cas où la kapara est déjà faite. Tant qu'elle ne l'est pas, on vend la bête et on en ramène une autre.

🖼️ Schéma
Hatat dont l'année est passée, selon Reish LakishL'image du cimetière : un empêchement, et la bête paîtLa hatata passé un anElle est devant nousComme au cimetièreLe kohen n'entre paspour la shehitaElle paîtjusqu'au défautpuis on la vendLe pesach du même cas est offert en shelamim : le signe cède
Année passée : on la traite comme une bête au cimetière, et elle paît. Le pesach, lui, vient en shelamim.
5
וְאִילּוּ בְּפֶסַח כִּי הַאי גַווְנָא קָרֵב שְׁלָמִים, דְּתַנְיָא: ״כֶּשֶׂב״, לְרַבּוֹת אֶת הַפֶּסַח לְאַלְיָה, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״אִם כֶּשֶׂב״, לְרַבּוֹת אֶת הַפֶּסַח שֶׁעָבְרָה שְׁנָתוֹ וּשְׁלָמִים הַבָּאִין מֵחֲמַת פֶּסַח לְכָל מִצְוַת שְׁלָמִים, שֶׁטְּעוּנִים סְמִיכָה וּנְסָכִים וּתְנוּפַת חָזֶה וָשׁוֹק. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״אִם עז״ — הִפְסִיק הָעִנְיָן, לִימֵּד עַל הָעֵז שֶׁאֵין טָעוּן אַלְיָה.

Or pour le pesach, dans un cas pareil, il est offert en shelamim. Car on a enseigné : " keves ", pour inclure le pesach quant à l'alya.

Quand il dit " im keves ", c'est pour inclure le pesach dont l'année est passée, et les shelamim qui viennent du fait d'un pesach, pour toutes les mitsvot des shelamim, qui exigent la semikha, les nesakhim, et la tenufa de la poitrine et du gigot. Quand il dit " im ez ", il a coupé le sujet.

Il a enseigné, au sujet de la chèvre, qu'elle n'exige pas l'alya.

📜 Rachi (2)
כֶּשֶׂב לְרַבּוֹ' כו' קָתָנֵי מִיהַת פֶּסַח שֶׁעָבְרָה שְׁנָתוֹ קָרֵב:
La beraita enseigne en tout cas : un pesach dont l'année est passée est offert.
ה"ג כִּי קָאָמַר שְׁמוּאֵל בַּאֲבוּדִין בִּדְחוּיִין לָא אָמַר וּבְאִבּוּדִין מִי מַשְׁכַּחַת לָהּ כו' כִּי אָמַר שְׁמוּאֵל כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה לָאו אַכּוּלְּהוּ קָאֵי אֶלָּא אַכִּיפְּרוּ בְּעָלֶיהָ לְחֻודָּא שֶׁהִיא עַל יְדֵי אִיבּוּד וַאֲמִתּוֹ בְּעָלֶיהָ לָא קָאֵי דְּלָא מַשְׁכַּחַת בֵּיהּ רוֹעֶה אֶלָּא אַכִּיפְּרוּ בְּעָלֶיהָ לְחוּד קָא מַשְׁכַּחַת לֵיהּ לְרוֹעֶה כְּדִלְקַמָּן וְגַבֵּי פֶּסַח נָמֵי אַכִּיפְּרוּ בְּעָלָיו קָאֵי וּכְלָלָא הוּא דְּכָל פֶּסַח שֶׁכִּיפְּרוּ בְּעָלָיו בְּאַחֵר רוֹעֶה אִם כַּיּוֹצֵא בוֹ בְּחַטָּאת רוֹעֶה וְקָרֵב שְׁלָמִים אִם כַּיּוֹצֵא בוֹ בְּחַטָּאת מֵתָה אֲבָל אִם חַטָּאת דְּחוּיָה כְּגוֹן עָבְרָה שְׁנָתָהּ שֶׁעוֹמֶדֶת בְּפָנֵינוּ וַהֲרֵי הִיא דְּחוּיָה מֵהַקְרִיב לֹא אָמַר:
La version porte : quand Shmuel a parlé, c'est des perdus ; des écartés, il n'a pas parlé. Et des perdus, en trouve-t-on ? etc. Quand Shmuel dit " tout ce qui dans la hatat meurt ", cela ne porte pas sur tous les cas. Cela porte seulement sur " ses propriétaires ont obtenu la kapara ", qui passe par une perte. Cela ne porte pas sur " ses propriétaires sont morts ", car on n'y trouve pas de pâturage. Le pâturage, on ne le trouve que pour " ses propriétaires ont obtenu la kapara ", comme plus bas. Pour le pesach aussi, la règle porte sur " ses propriétaires ont obtenu la kapara ". La règle : tout pesach dont les propriétaires ont obtenu la kapara par un autre paît, si son équivalent en hatat paît, et il est offert en shelamim, si son équivalent en hatat meurt. Une hatat écartée, par exemple celle dont l'année est passée, qui se tient devant nous et qui est écartée de l'offrande : il n'en a pas parlé.
💡 Explication

L'objection de Rav Yossef s'appuie sur la beraita. Le pesach dont l'année est passée est offert en shelamim. Le signe " hatat qui paît, pesach qui paît " ne le couvre pas.

Keves inclut le pesach dans l'alya. Im keves inclut deux animaux sortis du statut de pesach : l'année passée, et les shelamim qui viennent d'un pesach. Ils prennent la semikha, les nesakhim, et la tenufa de la poitrine et du gigot. Im ez ouvre un autre sujet : la chèvre n'a pas d'alya.

🖼️ Schéma
Vayikra 3 : trois mots, trois portéesLa beraita qui fait offrir le pesach dont l'année est passéekevesInclut le pesach pour l'alya, la queue grasseim kevesPesach dont l'année est passée, et shelamim issus d'un pesachSemikha, nesakhim, tenufa de la poitrine et du gigotim ezLe sujet est coupé : la chèvre n'exige pas l'alya
Keves pour l'alya du pesach. Im keves pour l'année passée et les shelamim issus du pesach. Im ez coupe la chèvre.
6
אֲמַר לֵיהּ: כִּי קָאָמַר שְׁמוּאֵל, בְּאִבּוּדִין. בִּדְחוּיִין לֹא אָמַר.

Il lui a dit : quand Shmuel a parlé, c'est des perdus. Des écartés, il n'a pas parlé.

💡 Explication

Réponse à Rav Yossef. Le signe de Shmuel vise les avudin, les bêtes perdues. Il laisse de côté les dehuyin, écartées alors qu'elles sont devant nous. L'année passée est un écart.

7
וְאָבוּד מִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? וַהֲרֵי אֲבוּדָה בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה, לְרַבָּנָן, דְּלִרְעִיָּה אָזְלָא. דִּתְנַן: הִפְרִישׁ חַטָּאתוֹ וְאָבְדָה, וְהִפְרִישׁ אַחֶרֶת תַּחְתֶּיהָ וְנִמְצֵאת הָרִאשׁוֹנָה, וַהֲרֵי שְׁתֵּיהֶן עוֹמְדוֹת — אַחַת מֵהֶן תִּקְרַב וּשְׁנִיָּה תָּמוּת, דִּבְרֵי רַבִּי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין חַטָּאת מֵתָה אֶלָּא שֶׁנִּמְצֵאת לְאַחַר שֶׁנִּתְכַּפְּרוּ בְּעָלִים. הָא קֹודֶם שֶׁנִּתְכַּפְּרוּ בְּעָלִים — רוֹעֶה.

Et un perdu, en trouve-t-on ? Or une bête perdue au moment de la hafrasha, selon les Sages, va au pâturage.

Car nous avons appris : on a mis à part sa hatat et elle s'est perdue, on en a mis une autre à sa place, la première a été retrouvée, et les deux sont là : l'une sera offerte et la seconde mourra, paroles de Rabbi. Et les Sages disent : une hatat ne meurt que si elle est retrouvée après que les propriétaires ont obtenu la kapara.

Donc, avant que les propriétaires aient obtenu la kapara, elle paît.

📜 Rachi (2)
וַהֲרֵי אֲבוּדָה בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה חַטָּאת שֶׁאָבְדָה עַד שֶׁהִפְרִישׁ אַחֶרֶת תַּחְתֶּיהָ וְנִמְצֵאת קֹודֶם הַקְרָבַת הַשְּׁנִיָּה לְרַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי בְּמַס' תְּמוּרָה (דַּף כב:) וְאָמְרִי דְּלִרְעִיָּה אָזְלָא דִּתְנַן הַמַּפְרִישׁ חַטָּאת כוּ':
Une hatat qui s'est perdue le temps qu'il en mette une autre à part à sa place, et qu'on a retrouvée avant l'offrande de la seconde. Selon les Sages, qui discutent avec Rabbi dans le traité Temura (22b) : elle va au pâturage. Comme nous avons appris : celui qui met à part une hatat, etc.
אֵין חַטָּאת מֵתָה מִשּׁוּם כִּיפְּרוּ בְּעָלֶיהָ אֶלָּא הָאֲבוּדָה בִּשְׁעַת כַּפָּרָה וְנִמְצֵאת אַחַר שֶׁנִּתְכַּפְּרוּ הַבְּעָלִים הָא נִמְצֵאת קֹודֶם כַּפָּרָה כֵּיוָן דְּאָמְרִי רַבָּנָן לֹא מֵתָה הָוְיָא לָהּ מוֹתַר חַטָּאת וְרוֹעֶה וְדָמֶיהָ לְשׁוֹפָרוֹת:
Une hatat ne meurt pas du fait que ses propriétaires ont obtenu la kapara, sauf celle qui était perdue au moment de la kapara et qu'on a retrouvée après que les propriétaires ont obtenu la kapara. Donc, retrouvée avant la kapara : puisque les Sages disent qu'elle ne meurt pas, elle est un surplus de hatat. Elle paît, et son argent va aux shofarot.
💡 Explication

L'attaque revient dans le champ des perdus. Une hatat perdue dès la hafrasha, avant la kapara, va au pâturage selon les Sages.

La michna : la première est retrouvée, les deux sont là. Rabbi fait mourir la seconde. Les Sages réservent la mort à la bête retrouvée après la kapara. Avant, elle paît. Rachi : surplus de hatat, argent versé aux shofarot.

🖼️ Schéma
Michna : hatat perdue, une autre mise à sa place, la première retrouvéeLes deux bêtes sont là. Rabbi d'un côté, les Sages de l'autreRabbiOn en offre uneLa seconde meurtToute perte va à la mortLes SagesLa mort : seulementretrouvée après la kaparaAvant la kapara, elle paîtC'est le cas " perdue au moment de la hafrasha "
Les deux hatatot sont là. Rabbi fait mourir la seconde. Les Sages ne la font mourir qu'après la kapara.
8
וְאִילּוּ בְּפֶסַח, הֵיכָא דְּאָבַד וְנִמְצָא אַחַר חֲצוֹת קֹודֶם שְׁחִיטָה — קָרֵב שְׁלָמִים. שְׁמוּאֵל כְּרַבִּי סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר אֲבוּדָה לְמִיתָה אָזְלָא.

Or pour le pesach, là où il s'est perdu et où on l'a retrouvé après midi, avant la shehita, il est offert en shelamim. Shmuel pense comme Rabbi, qui a dit : une bête perdue va à la mort.

📜 Rachi (3)
וְאִילּוּ בְּפֶסַח כִּי הַאי גַווְנָא אָבַד בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה וְנִמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה אַחַר חֲצוֹת:
Pour le pesach, un cas pareil : perdu au moment de la mise à part, retrouvé avant la shehita, après midi.
קָרֵב שְׁלָמִים כַּר' זֵירָא דְּאָמַר קֹודֶם חֲצוֹת וְאַחַר חֲצוֹת שָׁנִינוּ אַלְמָא פֶּסַח שֶׁהָיָה לְפָנֵינוּ בִּשְׁעַת כַּפָּרָה וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא אָבוּד בַּחֲצוֹת קָרֵב שְׁלָמִים:
Il est offert en shelamim, comme Rabbi Zeira, qui a dit : la michna enseigne " avant midi " et " après midi ". Il en sort qu'un pesach qui était devant nous au moment de la kapara, pourvu qu'il ait été perdu à midi, est offert en shelamim.
שְׁמוּאֵל כַּר' סְבִירָא לֵיהּ וְרוֹעֶה בְּחַטָּאת דְּקָאָמַר שְׁמוּאֵל לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ וְהוּא הַדִּין דְּמָצֵי לְתָרוֹצֵי שְׁמוּאֵל כְּרַבָּה סְבִירָא לֵיהּ דְּאָמַר קֹודֶם שְׁחִיטָה שָׁנִינוּ וּבְפֶסַח נָמֵי אָבוּד בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה רוֹעֶה וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ לָהּ בְּלִישָּׁנָא אַחַרְיַנָא הָכִי:
Et le pâturage dans la hatat dont parle Shmuel, on l'explique plus bas. On pourrait aussi répondre que Shmuel pense comme Rabba, qui a dit : la michna enseigne " avant la shehita ". Pour le pesach aussi, une bête perdue au moment de la mise à part paît. Plus bas, une autre version l'explique ainsi.
💡 Explication

Chez les Sages, la hatat perdue à la hafrasha paît. Le pesach perdu, retrouvé après midi et avant la shehita, est offert en shelamim. Le signe ne tombe pas juste.

Shmuel suit Rabbi : une hatat perdue va à la mort. Le jumelage se referme. Hatat à la mort, pesach en shelamim.

Rachi place ce cadre chez Rabbi Zeira : la coupure de la michna est midi. On aurait pu suivre Rabba, dont la coupure est la shehita. Une autre version le dira plus bas.

9
וְהָא כֹּל אֲבוּדָה לְרַבִּי מֵתָה, וְאִילּוּ בְּפֶסַח הֵיכָא דְּאָבַד קֹודֶם חֲצוֹת וְנִמְצָא קֹודֶם חֲצוֹת — רוֹעֶה! קֹודֶם חֲצוֹת לָאו אָבוּד הוּא, כִּדְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: אֲבֵידַת לַיְלָה לָאו שְׁמָהּ אֲבֵידָה.

Mais toute bête perdue, selon Rabbi, meurt. Or pour le pesach, là où il s'est perdu avant midi et où on l'a retrouvé avant midi, il paît.

Avant midi, ce n'est pas un perdu, conformément à Rava. Car Rava a dit : une perte de nuit ne porte pas le nom de perte.

📜 Rachi (4)
נִמְצָא קֹודֶם חֲצוֹת אֲפִילּוּ לְר' זֵירָא רוֹעֶה דִּקְבַעְתֵּיהּ חֲצוֹת:
Retrouvé avant midi : même selon Rabbi Zeira, il paît, car c'est midi qui le fixe.
קֹודֶם חֲצוֹת שֶׁהִיא שָׁעָה שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לוֹ לְהַקְרָבָה:
Avant midi : c'est une heure qui n'est pas apte à son offrande.
לָאו אָבוּד הוּא וַאֲפִילּוּ הִפְרִישׁ אַחֵר תַּחְתָּיו קֹודֶם שֶׁנִּמְצָא לָאו (מִיתָה) אָבוּד חֲשִׁיב לֵיהּ:
Ce n'est pas un perdu. Même s'il a mis un autre à sa place avant qu'on le retrouve, on ne le compte pas comme perdu (le mot " mort " est entre parenthèses).
דְּאָמַר רָבָא גַּבֵּי חַטָּאת אֲבֵידַת לַיְלָה וְהִפְרִישׁ אַחֶרֶת תַּחְתֶּיהָ בַּלַּיְלָה וְנִמְצֵאת (תַּחְתֶּיהָ) לְאוֹר הַבֹּוקֶר אֲפִילּוּ לְרַבִּי לָאו לְמִיתָה אָזְלָא אֶלָּא לִרְעִיָּה הוֹאִיל וְלַיְלָה לָאו שְׁעַת הַקְרָבָה הִיא:
Rava a dit, au sujet de la hatat : une perte de nuit, il a mis une autre à sa place pendant la nuit, et on l'a retrouvée (à sa place) au point du jour. Même selon Rabbi, elle va au pâturage. La mort ne la concerne pas, puisque la nuit n'est pas un temps d'offrande.
🗂️ Tossefot (1)
קֹודֶם חֲצוֹת לָאו אָבוּד הוּא פֵּירוּשׁ וּבְכִי הַאי גַּוְונָא לָא אַייְרֵי שְׁמוּאֵל דְּהָא שַׁנִּינַן כִּי קָאָמַר שְׁמוּאֵל בַּאֲבוּדִין קָאָמַר:
Explication : dans un cas pareil, Shmuel ne parle pas. Nous avons déjà répondu : quand Shmuel a parlé, il a parlé des perdus.
💡 Explication

Pour Rabbi, toute perte va à la mort. Un pesach perdu avant midi et retrouvé avant midi paît pourtant.

Avant midi, l'heure n'est pas apte à l'offrande. La perte ne compte pas. Rava dit la même chose de la hatat : une perte de nuit ne porte pas le nom de perte. Même Rabbi l'envoie paître. Tossefot : Shmuel, limité aux perdus, laisse ce cas dehors.

🖼️ Schéma
Perdue hors du temps où on peut l'offrirRava pour la hatat, et le pesach d'avant midiHatat, perte de nuitRavaLa nuit n'est pasun temps d'offrandePesach, avant midiMême mesureAvant midi, l'heuren'est pas apteMême selon Rabbi : elle paît. Cette perte ne porte pas le nom de perte
Nuit pour la hatat, avant midi pour le pesach : hors du temps d'offrande, la perte ne compte pas.
10
אֶלָּא, רוֹעָה לְרַבִּי הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לָהּ?

Alors, un pâturage selon Rabbi, comment le trouve-t-on ?

📜 Rachi (1)
אֶלָּא רוֹעֶה לְרַבִּי בְּאִבּוּדִין הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ דְּתֵיקוּם כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת רוֹעָה דִּשְׁמוּאֵל:
Le pâturage selon Rabbi : parmi les perdus, comment le trouve-t-on, pour que tienne le " tout ce qui dans la hatat paît " de Shmuel ?
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא רוֹעָה לְרַבִּי הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לָהּ דְּלֵיכָּא לְמֵימַר כְּגוֹן שֶׁנֶּאֶבְדָה בַּלַּיְלָה דַּאֲבֵידַת לַיְלָה לָאו שְׁמָהּ אֲבֵידָה וּשְׁמוּאֵל בְּאִבּוּדִין אַיְירֵי כִּדְפָרֵישִׁית:
On ne peut pas dire, par exemple, qu'elle s'est perdue la nuit. Une perte de nuit ne porte pas le nom de perte, et Shmuel parle des perdus, comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

Le second membre du signe reste sans cas. Si Shmuel suit Rabbi, et si toute vraie perte meurt, où une hatat paît-elle parmi les avudin ? La perte de nuit ne sert pas : elle ne porte pas le nom de perte. La question reste ouverte sur cet amud.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).