Sougya : Le daf ouvre sur la fin de l'objection d'Abaye à Rava. Le verset hu enseigne qu'une temura de pesach n'est pas offerte, et le seul cas où ce verset sert réfute Rava : bête trouvée avant la shehita, temura faite après.
Shmuel pose ensuite un signe. Là où la hatat meurt, le pesach est offert en shelamim ; là où la hatat paît, le pesach paît.
Rabbi Yo'hanan limite le shelamim au pesach retrouvé après la shehita. Rav Yossef oppose la hatat dont l'année est passée, qui paît, au pesach du même cas, offert en shelamim.
La suite réserve le signe aux bêtes perdues, aligne Shmuel sur Rabbi, puis retire la perte d'avant midi, sur le modèle de la perte de nuit chez Rava. L'amud s'arrête sur la question : selon Rabbi, où trouve-t-on encore une hatat perdue qui paît ?
On pourrait dire : même avant le pesach, il en va ainsi ? Le verset enseigne : " hu ".
Lui est offert, et la temura du pesach n'est pas offerte.
Suite de la beraita citée par Abaye en 96b. " Im keves " inclut la temura d'après le pesach : on l'offre en shelamim. Hu empêche d'étendre la même offrande à avant le pesach.
Rachi serre la portée. Le verset enseigne qu'il existe une temura de pesach qui n'est pas offerte. Il ne vise pas, en bloc, la temura de l'animal qu'on est en train d'offrir.
De quel cas s'agit-il ? Si tu dis : elle a été trouvée avant la shehita et il a fait la temura avant la shehita, c'est évident.
À quoi me sert le verset ? C'est donc le cas où elle a été trouvée avant la shehita et il a fait la temura après la shehita.
Réfutation de Rava, réfutation.
Le cas évident : trouvée avant la shehita, temura faite avant la shehita. La bête a déjà été fixée puis écartée comme pesach. La michna l'a dit. Le verset serait de trop.
Reste le cas utile : trouvée avant la shehita, temura faite après. La beraita refuse l'offrande. Dans la seconde version, Rava l'autorisait. D'où la tiyuvta.
Tossefot ferment un retour en arrière. On ne peut plus traiter le verset comme une simple asmakhta, ainsi qu'en 96b : il n'aurait plus d'emploi. Selon la première version, la fin de la beraita soutient Rabba. L'objection d'Abaye, tirée de cette beraita, devient difficile.
Shmuel a dit : tout ce qui, dans la hatat, meurt, dans le pesach est offert en shelamim ; et tout ce qui, dans la hatat, paît, dans le pesach paît aussi. Et Rabbi Yo'hanan a dit : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita ; avant la shehita, non.
Shmuel pose un siman. Le sort de la hatat indique le sort du pesach dans le même accident. Hatat qu'on fait mourir : le pesach est offert en shelamim. Hatat qu'on envoie paître : le pesach paît aussi.
Rabbi Yo'hanan resserre. Le shelamim ne vaut que pour le pesach retrouvé après la shehita du remplaçant. Retrouvé avant, il ne vient pas en shelamim.
Rachi : mort et pâturage ne se rangent pas en kula et humra. Tossefot : Shmuel suit Rabbi Zeira, pour qui midi fixe le pesach. La formule de Rabbi Yo'hanan sera précisée plus bas.
Rav Yossef objecte : est-ce une règle ? Or une hatat dont l'année est passée va au pâturage.
Car Rabbi Shimon ben Lakish a dit : une hatat dont l'année est passée, on la regarde comme si elle se tenait dans un cimetière, et elle paît.
Rav Yossef vise le second membre du signe. Une hatat dont l'année est passée va au pâturage. Rabbi Shimon ben Lakish la traite comme si elle se tenait dans un cimetière : le kohen n'y entre pas pour la shehita.
Rachi renvoie à Temura 22a. La michna qui range " année passée " parmi les hatatot mises à mort ajoute un fait : elle s'est aussi perdue, ou on l'a retrouvée avec un défaut. Le midrach de Yehoyada envoie le surplus de hatat et d'acham à l'autel, sauf les hatatot qu'on fait mourir.
Tossefot notent une objection parallèle sur le premier membre : la temura d'une hatat meurt, alors que la temura d'un pesach faite avant midi paît, parce que midi fixe. Sur l'image du cimetière : cet empêchement n'a pas le poids d'un dihuy complet. Le Riva et le Ri réservent le coffre de Yehoyada au cas où la kapara est déjà faite. Tant qu'elle ne l'est pas, on vend la bête et on en ramène une autre.
Or pour le pesach, dans un cas pareil, il est offert en shelamim. Car on a enseigné : " keves ", pour inclure le pesach quant à l'alya.
Quand il dit " im keves ", c'est pour inclure le pesach dont l'année est passée, et les shelamim qui viennent du fait d'un pesach, pour toutes les mitsvot des shelamim, qui exigent la semikha, les nesakhim, et la tenufa de la poitrine et du gigot. Quand il dit " im ez ", il a coupé le sujet.
Il a enseigné, au sujet de la chèvre, qu'elle n'exige pas l'alya.
L'objection de Rav Yossef s'appuie sur la beraita. Le pesach dont l'année est passée est offert en shelamim. Le signe " hatat qui paît, pesach qui paît " ne le couvre pas.
Keves inclut le pesach dans l'alya. Im keves inclut deux animaux sortis du statut de pesach : l'année passée, et les shelamim qui viennent d'un pesach. Ils prennent la semikha, les nesakhim, et la tenufa de la poitrine et du gigot. Im ez ouvre un autre sujet : la chèvre n'a pas d'alya.
Il lui a dit : quand Shmuel a parlé, c'est des perdus. Des écartés, il n'a pas parlé.
Réponse à Rav Yossef. Le signe de Shmuel vise les avudin, les bêtes perdues. Il laisse de côté les dehuyin, écartées alors qu'elles sont devant nous. L'année passée est un écart.
Et un perdu, en trouve-t-on ? Or une bête perdue au moment de la hafrasha, selon les Sages, va au pâturage.
Car nous avons appris : on a mis à part sa hatat et elle s'est perdue, on en a mis une autre à sa place, la première a été retrouvée, et les deux sont là : l'une sera offerte et la seconde mourra, paroles de Rabbi. Et les Sages disent : une hatat ne meurt que si elle est retrouvée après que les propriétaires ont obtenu la kapara.
Donc, avant que les propriétaires aient obtenu la kapara, elle paît.
L'attaque revient dans le champ des perdus. Une hatat perdue dès la hafrasha, avant la kapara, va au pâturage selon les Sages.
La michna : la première est retrouvée, les deux sont là. Rabbi fait mourir la seconde. Les Sages réservent la mort à la bête retrouvée après la kapara. Avant, elle paît. Rachi : surplus de hatat, argent versé aux shofarot.
Or pour le pesach, là où il s'est perdu et où on l'a retrouvé après midi, avant la shehita, il est offert en shelamim. Shmuel pense comme Rabbi, qui a dit : une bête perdue va à la mort.
Chez les Sages, la hatat perdue à la hafrasha paît. Le pesach perdu, retrouvé après midi et avant la shehita, est offert en shelamim. Le signe ne tombe pas juste.
Shmuel suit Rabbi : une hatat perdue va à la mort. Le jumelage se referme. Hatat à la mort, pesach en shelamim.
Rachi place ce cadre chez Rabbi Zeira : la coupure de la michna est midi. On aurait pu suivre Rabba, dont la coupure est la shehita. Une autre version le dira plus bas.
Mais toute bête perdue, selon Rabbi, meurt. Or pour le pesach, là où il s'est perdu avant midi et où on l'a retrouvé avant midi, il paît.
Avant midi, ce n'est pas un perdu, conformément à Rava. Car Rava a dit : une perte de nuit ne porte pas le nom de perte.
Pour Rabbi, toute perte va à la mort. Un pesach perdu avant midi et retrouvé avant midi paît pourtant.
Avant midi, l'heure n'est pas apte à l'offrande. La perte ne compte pas. Rava dit la même chose de la hatat : une perte de nuit ne porte pas le nom de perte. Même Rabbi l'envoie paître. Tossefot : Shmuel, limité aux perdus, laisse ce cas dehors.
Alors, un pâturage selon Rabbi, comment le trouve-t-on ?
Le second membre du signe reste sans cas. Si Shmuel suit Rabbi, et si toute vraie perte meurt, où une hatat paît-elle parmi les avudin ? La perte de nuit ne sert pas : elle ne porte pas le nom de perte. La question reste ouverte sur cet amud.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).