Sougya : L'amud reprend la question laissée en 97a : selon Rabbi, où une hatat perdue paît-elle encore ? Rabbi Ochaya répond par deux hatat mises à part pour garantie : l'une expie, la seconde paît.
Le pesach du même geste est offert en shelamim, et le signe de Shmuel ne tient plus s'il suit Rabbi. On le fait suivre Rabbi Shimon, pour qui cinq hatat meurent : Shmuel ne dit alors qu'un membre, et ce membre écarte Rabbi Yo'hanan.
Midi fixe le perdu, la shehita du remplaçant ne le fixe pas. Une autre version revient à Rabbi : avant midi, la bête n'est pas perdue.
La michna suivante traite la femelle, ou le mâle de deux ans, mis à part pour le pesach : pâturage jusqu'au défaut, vente, et l'argent en nedava de shelamim.
Comme Rabbi Ochaya. Car Rabbi Ochaya a dit : celui qui a mis à part deux hatat pour garantie (ahariout) obtient l'expiation par l'une d'elles, et la seconde paîtra.
La question ouverte en 97a : selon Rabbi, toute vraie perte va à la mort. Où une hatat perdue paît-elle encore ? Rabbi Ochaya : on met à part deux hatat pour garantie (ahariout). Si l'une se perd, l'autre sert. L'une expie. La seconde paît.
Rachi note l'objection possible : cette seconde a été mise à part d'avance, elle n'est pas une perdue. La Guemara passe à une autre question. Le Ri lit Rabbi Ochaya plus large : la réserve paît dans tous les cas, même si elle se perd ensuite. Sa mise à part initiale visait déjà l'écart (dihoui). Les autres perdues, elles, avaient été mises à part pour l'autel.
Le Riva demande comment la sainteté prend effet sur les deux. Deux formules successives " celle-ci est hatat " ne consacrent pas la seconde. Une formule commune ne consacre même pas l'une d'elles, d'après Rabba en Eruvin. Le cas retenu : l'une sera hatat, l'autre sera la réserve. Le Ri : la tradition est que cette réserve paît.
Or, dans le pesach, un cas pareil est offert en shelamim. Plutôt : Shmuel tient comme Rabbi Shimon, qui a dit : cinq hatat meurent.
Le signe de Shmuel jumelle les sorts. Si la seconde hatat paît, le pesach du même geste devrait paître. Or ce pesach est un surplus : on l'a mis à part pour cela, et on l'offre en shelamim. Tant que Shmuel suit Rabbi, le signe ne tient plus.
On le fait suivre Rabbi Shimon. Chez lui, cinq hatat meurent, dans toutes les manières : le petit, la temoura, les propriétaires morts, l'expiation déjà obtenue, l'année passée. La réserve qui reste meurt aussi. Il ne reste plus de pâturage à jumeler.
Or le pâturage, Rabbi Shimon ne l'a pas du tout. Shmuel, lui aussi, n'a dit qu'une chose : tout ce qui dans la hatat meurt, dans le pesach est offert en shelamim.
Rabbi Shimon n'a aucun cas de pâturage. Le second membre du signe, " tout ce qui dans la hatat paît, le pesach paît ", n'a plus de sujet. Shmuel n'a donc dit qu'une chose : tout ce qui dans la hatat meurt est offert en shelamim quand c'est un pesach.
Rachi : le signe redevient complet. Selon Rabbi Shimon, tout perdu de hatat meurt, et tout perdu de pesach est offert. S'il suivait Rabbi ou les Sages, qui gardent un pâturage, ne dire que le membre de la mort laisserait de côté des pesach qui sont aussi des shelamim.
Et qu'est-ce qu'il nous apprend ? À écarter Rabbi Yo'hanan, qui a dit : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita (abattage).
Avant la shehita, non. Donc la shehita fixe.
Il nous apprend : midi (hatsot) fixe.
Si tout perdu de hatat meurt et tout perdu de pesach est un shelamim, la michna le dit déjà : le pesach retrouvé après la shehita est offert. Shmuel apprend donc autre chose. Il écarte Rabbi Yo'hanan.
Rabbi Yo'hanan : la shehita du remplaçant fixe l'écart. Retrouvé avant cette shehita, le premier paît, même s'il était perdu à midi. Shmuel : midi fixe. Perdu à midi, il est shelamim, même retrouvé avant la shehita.
Rachi écarte une autre lecture du membre " meurt " : le cas où les propriétaires sont morts. Un pesach dont le propriétaire meurt après midi paît. Le débat avec Rabbi Yo'hanan porte sur les perdus. Il dit " retrouvé ".
Autre version : Or, dans le pesach, là où il s'est perdu et où on l'a retrouvé après midi, avant la shehita, il est offert en shelamim. Shmuel tient comme Rabba, qui a dit : la shehita fixe.
Autre version. Elle reprend plus haut : une perdue au moment de la mise à part, selon les Sages, paît. Dans le pesach, perdu à midi, un remplaçant mis à sa place, le premier retrouvé après midi et avant la shehita, est offert en shelamim, comme Rabbi Zeira. Le jumelage cède encore.
Réponse de cette version : Shmuel suit Rabba. La shehita fixe. Le retrouvé avant la shehita paît, comme les Sages pour la hatat. Sur ce cas, le signe se referme.
Or, du fait que Rabbi Yo'hanan a dit à ce sujet : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita. Avant la shehita, non.
Donc la shehita fixe. Il s'ensuit que Shmuel tient : midi fixe.
Rabbi Yo'hanan ne dit " shelamim seulement après la shehita " que face à un avis adverse. S'il tient que la shehita fixe, Shmuel tient que midi fixe.
Shmuel offre donc en shelamim le pesach retrouvé avant la shehita, dès lors qu'il était perdu à midi. La réponse " Shmuel suit Rabba " lui prêtait l'avis de Rabbi Yo'hanan. Elle ne tient plus.
Plutôt : Shmuel tient comme Rabbi, qui a dit : la perdue va à la mort. Or tous les perdus, selon Rabbi, meurent.
Et dans le pesach, là où il s'est perdu avant midi et où on l'a retrouvé avant midi, il paît. Il tient : avant midi, ce n'est pas un perdu, et il tient que midi fixe.
Retour à Rabbi. La perdue va à la mort. Reste le pesach perdu avant midi et retrouvé avant midi : il paît, la michna le dit.
Avant midi, l'heure de l'offrande n'est pas arrivée. Cette absence ne reçoit pas le nom de perte, sur le modèle de la perte de nuit chez Rava (97a). Et midi fixe le statut. Rachi renvoie à la fin déjà vue : Shmuel nous apprend que midi fixe.
Michna. Celui qui met à part une femelle pour son pesach, ou un mâle de deux ans, le fera paître jusqu'à ce qu'il contracte un défaut, on le vendra, et son argent tombera en offrande volontaire (nedava) pour des shelamim.
Nouvelle michna. On a mis à part une femelle, ou un mâle dans sa deuxième année. Le pesach est un mâle dans sa première année. La bête paît jusqu'au défaut (moum), on la vend, l'argent tombe en nedava pour des shelamim.
Rachi : la mise à part a fixé la sainteté. Dès l'origine la bête est écartée, et on la traite comme un animal fixé puis écarté. On offre l'argent. La bête elle-même reste hors de l'autel.
Rabbenou Tam : " shelamim " vise le reste après Pessa'h. Avant la fête, l'argent sert à un pesach. Le Ri : on ne vend pas la bête sans défaut. Même une femelle vouée en acham paît jusqu'au moum. La sainteté porte sur la valeur (kedushat damim).
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).