Pesachim 97b - Garantie des hatat, midi qui fixe, bête inapte au pesach

Pesachim 97b

Sougya : L'amud reprend la question laissée en 97a : selon Rabbi, où une hatat perdue paît-elle encore ? Rabbi Ochaya répond par deux hatat mises à part pour garantie : l'une expie, la seconde paît.

Le pesach du même geste est offert en shelamim, et le signe de Shmuel ne tient plus s'il suit Rabbi. On le fait suivre Rabbi Shimon, pour qui cinq hatat meurent : Shmuel ne dit alors qu'un membre, et ce membre écarte Rabbi Yo'hanan.

Midi fixe le perdu, la shehita du remplaçant ne le fixe pas. Une autre version revient à Rabbi : avant midi, la bête n'est pas perdue.

La michna suivante traite la femelle, ou le mâle de deux ans, mis à part pour le pesach : pâturage jusqu'au défaut, vente, et l'argent en nedava de shelamim.

Où une hatat paît-elle encore ?Réponse par la garantie, puis passage à Rabbi ShimonRabbi OchayaDeux hatatmises à partpour garantieL'une expieLa seconde paîtMême si elle se perdLe même gesteen pesachLe surplusa été prévuOn l'offreen shelamimLe jumelage cèdeRabbi ShimonCinq hatat meurentAucun pâturageShmuel ne gardequ'un membreMort en hatatShelamim en pesachCe membre écarte Rabbi Yo'hananMidi fixe le perdu. Retrouvé avant la shehita, il est quand même shelamim
Deux hatat de garantie paissent selon Rabbi Ochaya. Le pesach du même cas est un shelamim. Shmuel passe à Rabbi Shimon et ne garde que le membre de la mort.
Qu'est-ce qui fixe le pesach perdu ?Rabbi Yo'hanan et Shmuel, sur le retrouvé d'après midiRabbi Yo'hananLa shehita du remplaçant fixeRetrouvé après : shelamimRetrouvé avant : il paîtMême s'il était perdu à midiL'écart date de la shehitaShmuelMidi fixePerdu à midi : shelamimMême retrouvé avant la shehitaAvant midi : il paîtL'heure n'est pas encore apteConséquencePerdu à midi, retrouvé avant la shehita du remplaçant
Rabbi Yohanan : la shehita du remplaçant fixe. Shmuel : midi fixe. Le cas qui les sépare est le pesach perdu à midi et retrouvé avant la shehita.
Michna : bête mise à part, inapte au pesachFemelle, ou mâle dans sa deuxième annéeMise à partFemelleou mâlede deux ansPâturageJusqu'au défautLa bête restehors de l'autelVenteAprès le défautLa saintetéporte sur l'argentNedavaShelamimavec l'argentde la venteAvant Pessa'hRabbenou TamL'argent achète un pesachAprès Pessa'hLa bête est restéeL'argent achète des shelamim
Femelle ou mâle de deux ans : la bête paît, on la vend après le défaut, l'argent va aux shelamim. Rabbenou Tam distingue avant et après Pessah.
1
כִּדְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא. דְּאָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: הִפְרִישׁ שְׁתֵּי חַטָּאוֹת לְאַחְרָיוּת — מִתְכַּפֵּר בְּאַחַת מֵהֶן, וּשְׁנִיָּה תִּרְעֶה.

Comme Rabbi Ochaya. Car Rabbi Ochaya a dit : celui qui a mis à part deux hatat pour garantie (ahariout) obtient l'expiation par l'une d'elles, et la seconde paîtra.

📜 Rachi (1)
לְאַחְרָיוּת שֶׁאִם תֹּאבַד הָאַחַת יָבִיא חֲבִירְתֵּהּ וְהָכָא אִיכָּא לְאַקְשׁוֹיֵי הָא לָאו אֲבוּדָה הִיא אֶלָּא דְּקָא מוֹתִיב לֵיהּ קוּשְׁיָא אַחֲרִיתִי:
Si l'une se perd, il apportera sa compagne. Et ici on pourrait objecter : celle-ci n'est pas une perdue. Mais on lui pose une autre question.
🗂️ Tossefot (2)
כִּדְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא דְּאָמַר הִפְרִישׁ שְׁתֵּי חַטָּאוֹת לְאַחְרָיוּת כו' מַה שפרש"י דַּהֲוָה מָצֵי לְאַקְשׁוּיֵי וְהָא לֹא אָבוּד הוּא אֶלָּא דְּאַקְשִׁי' קוּשְׁיָא אַחֲרִיתִי לָא נְהִירָא דְּאֵין זֶה סֻוגְייַת הַגְּמָרָא דְּאַמַּאי דְּפָרִיךְ שְׁמוּאֵל רוֹעֶה בַּאֲבוּדָה הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ לָא מְשַׁנֵּי מִידִי בְּמַאי דְּקָאָמַר כְּדָר' אוֹשַׁעְיָא וְנִרְאֶה לר"י דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא דְּקָאָמַר הַשְּׁנִיָּה תִּרְעֶה בְּכָל עִנְיָן קָאָמַר וְאַפֵּי' אָבְדָה אַחַר כָּךְ דְּלָא דָּמְיָא לִשְׁאָר אַבּוֹדִין דְּמֵתִין לְרַבִּי דִּשְׁאָר אַבּוֹדִין תְּחִלַּת הַפְרָשָׁתָן לְהַקְרָבָה וּכְשֶׁאָבְדוּ נִדְחוּ מֵהַקְרָבָה וּבְדִין הוּא שֶׁיָּמוּתוּ אֲבָל מַפְרִישׁ ב' חַטָּאוֹת לְאַחְרָיוּת דִּתְחִלַּת הַפְרָשָׁתָן לְדִחוּי כְּמוֹ שֶׁרוֹעֶה בְּלֹא אֲבֵדָה הָכִי נָמֵי בַּאֲבֵדָה אִי נָמֵי אִיכָּא לְמֵימַר דַּאֲפִילּוּ לֹא אָבְדָה חֲשִׁיב כְּאָבְדָה הוֹאִיל וּכְשֶׁמַּפְרִישָׁהּ לָא חַזְיָא לְהַקְרָבָה חֲשִׁיב לָהּ אֲבוּדָה וְלָא דָּמְיָא לַאֲבוּדַת לַיְלָה דְּהָתָם לֹא נִדַּחַת בְּשָׁעָה הָרָאוּי' לְהַקְרָבָה וְהָוֵי כְּאִילּוּ כָּל שָׁעָה רָאוּי' לְהַקְרָבָה אֲבָל הָכָא אִיכָּא חֲדָא וַדַּאי דְּלָא קָרְבָה:
Ce que Rachi a expliqué, qu'on aurait pu objecter que celle-ci n'est pas perdue, mais qu'on a posé une autre difficulté, ne tient pas. Le fil de la Guemara est autre. À la question de Shmuel, un pâturage dans une perdue, comment le trouve-t-on, la réponse " comme Rabbi Ochaya " ne répond rien. Il semble au Ri que Rabbi Ochaya, en disant que la seconde paîtra, le dit dans tous les cas, même si elle se perd ensuite. Elle ne ressemble pas aux autres perdues, qui meurent selon Rabbi. Les autres perdues : au départ, leur mise à part visait l'offrande ; quand elles se sont perdues, elles ont été écartées de l'offrande, et il est juste qu'elles meurent. Celui qui met à part deux hatat pour garantie : au départ, leur mise à part visait l'écart (dihoui). De même qu'elle paît sans s'être perdue, de même si elle se perd. On peut aussi dire : même sans s'être perdue, on la compte comme perdue, puisque au moment de la mise à part elle n'est pas apte à l'offrande. Elle ne ressemble pas à la perte de nuit. Là, elle n'a pas été écartée à l'heure apte à l'offrande, et à chaque heure elle restait apte à l'offrande. Ici, il y en a une, à coup sûr, qui n'est pas offerte.
הִפְרִישׁ שְׁתֵּי חַטָּאוֹת לְאַחְרָיוּת קָשֶׁה לְרִיבָ"א הֵיכִי דָמֵי אִי דְּאָמַר הֲרֵי זוֹ חַטָּאת וְחָזַר וְאָמַר הֲרֵי זוֹ חַטָּאת אֵין קְדֻושָּׁה חָל עַל הַשְּׁנִיָּה דְּאֵין אָדָם מֵבִיא שְׁתֵּי חַטָּאוֹת עַל חֵטְא אֶחָד וְאִי דְּאָמַר הֲרֵי אֵלּוּ בְּהֵמוֹת חַטָּאוֹת הָאָמַר רַבָּה בְּמִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין ד' נ.) כֹּל שֶׁאֵינוֹ בְּזֶה אַחַר זֶה אַפֵּי' בְּבַת אַחַת אֵינוֹ וְאַפֵּי' אַחַת מֵהֶן לֹא קָדְשָׁה וע"כ אִית לָן לְמֵימַר כְּגוֹן שֶׁאָמַר אַחַת מֵהֶן תְּהֵא חַטָּאת וְהָאַחֶרֶת לְאַחְרָיוּת וְקָשֶׁה לָן בְּשֶׁלֹּא נֶאֶבְדָה הַחַטָּאת אַחַת אַמַּאי שֵׁנִי' תֵּרַע' וְהָא לֹא הֻוקְדְּשָׁה אֶלָּא לְאַחְרָיוּת הַחַטָּאת דְּהַייְנוּ אִם תֹּאבַד אֲבָל אִם לֹא נֶאֶבְדָה לֹא נִתְקַדְּשָׁה וְנִרְאֶה לר"י דְּכֹל כִּי הַאי גַוְונָא גְּמִירִי לָהּ דְּרוֹעָה:
Le Riva a une difficulté : quel est le cas ? S'il a dit " celle-ci est hatat ", puis de nouveau " celle-ci est hatat ", la sainteté ne prend pas effet sur la seconde, car on n'apporte pas deux hatat pour un seul péché. Et s'il a dit " ces bêtes sont des hatat ", Rabba a dit dans le chapitre " Celui qu'on a fait sortir " (Eruvin 50a) : tout ce qui ne peut pas prendre effet l'un après l'autre ne le peut pas non plus d'un seul coup, et même une seule d'entre elles n'est pas consacrée. On doit donc dire, par exemple, qu'il a dit : l'une des deux sera hatat, et l'autre pour garantie. Nous avons une difficulté : quand la hatat ne s'est pas perdue, pourquoi la seconde paît-elle ? Elle n'a été consacrée que comme garantie de la hatat, c'est-à-dire au cas où elle se perdrait. Si elle ne s'est pas perdue, elle n'a pas été consacrée. Il semble au Ri que, dans tout cas de ce genre, la tradition reçue (gemiri) est qu'elle paît.
💡 Explication

La question ouverte en 97a : selon Rabbi, toute vraie perte va à la mort. Où une hatat perdue paît-elle encore ? Rabbi Ochaya : on met à part deux hatat pour garantie (ahariout). Si l'une se perd, l'autre sert. L'une expie. La seconde paît.

Rachi note l'objection possible : cette seconde a été mise à part d'avance, elle n'est pas une perdue. La Guemara passe à une autre question. Le Ri lit Rabbi Ochaya plus large : la réserve paît dans tous les cas, même si elle se perd ensuite. Sa mise à part initiale visait déjà l'écart (dihoui). Les autres perdues, elles, avaient été mises à part pour l'autel.

Le Riva demande comment la sainteté prend effet sur les deux. Deux formules successives " celle-ci est hatat " ne consacrent pas la seconde. Une formule commune ne consacre même pas l'une d'elles, d'après Rabba en Eruvin. Le cas retenu : l'une sera hatat, l'autre sera la réserve. Le Ri : la tradition est que cette réserve paît.

🖼️ Schéma
Deux hatat pour garantieRabbi Ochaya : l'une expie, l'autre paîtPremièreElle est offerteLes propriétaires expientSeconde, en réserveElle paîtMême sans s'être perdueSi la première se perd, la réserve prend sa place
L'une des deux hatat expie. La réserve, mise à part pour le cas où la première se perdrait, est envoyée au pâturage.
2
וְהָא אִילּוּ בְּפֶסַח כִּי הַאי גַווְנָא קָרֵב שְׁלָמִים! אֶלָּא שְׁמוּאֵל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר: חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת.

Or, dans le pesach, un cas pareil est offert en shelamim. Plutôt : Shmuel tient comme Rabbi Shimon, qui a dit : cinq hatat meurent.

📜 Rachi (2)
ה"ג וְהָא אִלּוּ בְּפֶסַח כִּי הַאי גַוְונָא קָרֵב שְׁלָמִים דְּהַייְנוּ מוֹתַר הַפֶּסַח גָּמוּר שֶׁהֲרֵי לְכָךְ הֻופְרַשׁ וְאֵין כָּאן דִּחוּי:
Voici la leçon : Or ceux-ci, dans le pesach, dans un cas pareil, il est offert en shelamim. C'est un surplus de pesach complet, puisqu'il a été mis à part pour cela, et il n'y a pas ici d'écart.
אֶלָּא לָא תִּיבְּעֵי רוֹעֶה בְּחַטָּאת הֵיכָא מַשְׁכַּחַת לָהּ דִּשְׁמוּאֵל כר"ש ס"ל דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת תְּמוּרָה חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת הַנִּזְכָּרוֹת לְמִיתָה מֵתוֹת הֵן בְּכָל עִנְיָנִים שֶׁאַתָּה מוֹצֵא וְחֵטְא' שֶׁכִּיפְּרוּ בְּעָלֶיהָ מֵתָה בְּכָל שֶׁהִיא בֵּין שֶׁנִּמְצֵאת קֹודֶם כַּפָּרָה בֵּין שֶׁנִּמְצֵאת לְאַחַר כַּפָּרָה בֵּין שֶׁהִפְרִישָׁהּ לְאַחְרָיוּת מֵתָה הַנּוֹתֶרֶת:
Plutôt : ne demande plus où l'on trouve un pâturage dans la hatat. Car Shmuel tient comme Rabbi Shimon, qui a dit dans le traité Temoura : cinq hatat meurent. Celles qui sont dites pour la mort meurent dans toutes les manières où on les trouve. Et une hatat dont les propriétaires ont déjà obtenu l'expiation meurt dans tout état : retrouvée avant l'expiation ou après l'expiation. Et s'il l'a mise à part pour garantie, celle qui reste meurt.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא שְׁמוּאֵל כְּר' שִׁמְעוֹן סְבִיר' לֵיהּ פרש"י דְּאִי כְּרַבִּי מַאי סִימָנָא דְּנָקֵיט שְׁמוּאֵל הֲלֹא אַף הָרוֹעֶה בְּחַטָּאת בְּפֶסַח קְרֵיבָה שְׁלָמִים וְלָא נְהִירָא לר"י דְּמַאי קָאָמַר הָא בַּאֲבוּדָה לָא מַשְׁכַּחַת לְרַבִּי דְּרוֹעֶה דִּבְהִפְרִישׁ שְׁתֵּי חַטָּאוֹת לְאַחְרָיוּת פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י גּוּפֵיהּ דְּלָאו אָבוּד הוּא וּמִיהוּ לְפֵירוּשׁ ר"י דְּפֵירֵשׁ דָּר' אוֹשַׁעְיָא מַייְרֵי אַפֵּי' בַּאֲבוּדָה אָתֵי שַׁפִּיר וְנִרְאֶה לר"י דְּכַר' שִׁמְעוֹן נַמֵּי לָא מִתּוֹקַם אֶלָּא בְּאִבּוּדִין דְּאִם לֹא כֵן תִּיקְשֵׁי דְּנֶאֱבַד קֹודֶם חֲצוֹת וְנִמְצָא קֹודֶם חֲצוֹת בְּפֶסַח רוֹעֶה וַאֲבוּדַת לַיְלָה דְּלָאו אֲבוּדָה (הִיא) בְּפֶסַח קֹודֶם חֲצוֹת מֵתָה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן ואע"ג דִּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן אִית לֵיהּ לְקַמָּן (פְּסָחִים ד' צח.) בַּעֲלֵי חַיִּים אֵינָן נִדְחִין וּסְבִירָא לֵיהּ בְּפֶסַח [דְּמִית] אַחַר חֲצוֹת קָרֵב שְׁלָמִים אע"פ שֶׁנִּדְחָה שְׁמוּאֵל לָא קָסָבַר לָהּ בְּהָא כְּר' שִׁמְעוֹן וְרַשְׁבָּ"ם מְפָרֵשׁ דְּהָא דְּשַׁנִּינַן כִּי קָאָמַר שְׁמוּאֵל בַּאֲבוּדִין בִּדְחוּיִין לָא אָמַר שִׁנּוּיָא דְחִיקָא הוּא וְהַשְׁתָּא דִּמְשַׁנֵּי סָבַר לָהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן מְתָרֵץ מִילְּתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל כְּמַשְׁמָעוּת הָרִאשׁוֹן דְּמַייְרֵי בֵּין בְּאִבּוּדִין בֵּין בִּדְחוּיִין וְהַשְׁתָּא לָא מָצֵי שְׁמוּאֵל סָבַר כְּרַבִּי דְּאִם כֵּן קַשְׁיָא חַטָּאת שֶׁעָבְרָה שְׁנָתָהּ וְהִפְרִישׁ שְׁתֵּי חַטָּאוֹת לְאַחְרָיוּת דִּלְרַבִּי לָאו לְמִיתָה אָזְלִי וּבְפֶסַח קְרֵיבָה שְׁלָמִים הִלְכָּךְ מוּקֵי לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר בְּכָל חָמֵשׁ חַטָּאוֹת דִּלְמִיתָה אָזְלִי בְּכָל עִנְיָן וְאִילּוּ בְּפֶסַח קָרְבִי שְׁלָמִים ואע"ג דְּנֶאֱבַד וְנִמְצָא קֹודֶם חֲצוֹת בְּפֶסַח רוֹעֶה לִשְׁמוּאֵל דְּהָא קָתָנֵי לָהּ בְּהֶדְיָא בְּמָתְנֵי' מִיהוּ חַד צַד בְּאָבַד קָרֵב שְׁלָמִים כְּגוֹן נִמְצָא אַחַר חֲצוֹת וה"ק בְּכָל עִנְיָן שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה אִיכָּא צַד דִּבְפֶסַח קָרֵב שְׁלָמִים וְקָא מַשְׁמַע לַן לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יוֹחָנָן דבע"א לָא הֲוָה קָמַשְׁמַע לַן מִידִי דִּבְעִנְיָנִים אֲחֵרִים מִיתְּנוּ אוֹ בַּמִּשְׁנָה אוֹ בַּבָּרַייְתָא דְּקָרֵב שְׁלָמִים וְאֵין ר"י יוֹדֵעַ מְנָא לֵיהּ לַגְּמָרָא דִּלֵּר' שִׁמְעוֹן חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת בְּכָל עִנְיָן וְיֵשׁ לְדַקְדֵּק מִדְּקָתָנֵי בְּפֶרֶק שֵׁנִי דִתְמוּרָה (דַּף טו.) רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת וְלַד חַטָּאת תְּמוּרַת חַטָּאת כו' וְלָא מְפַלֵּיג כְּדִמְפַלֵּיג בְּרֵישׁ וְלַד חַטָּאת (תְּמוּרָה דַּף כא:) בְּמָתְנֵי' בְּאָבְדָה בֵּין כִּיפְּרוּ הַבְּעָלִים לְלֹא כִּיפְּרוּ וְאִיהוּ לָא מְפַלֵּיג לֹא בְּהָא וְלֹא בְּאַחֲרֵינִי מַשְׁמַע דִּבְכָל עִנְיָן קָאָמַר:
Rachi a expliqué : s'il tenait comme Rabbi, quel signe Shmuel tiendrait-il ? Même celle qui paît dans la hatat est offerte en shelamim dans le pesach. Cela ne tient pas pour le Ri. Que dit-on là ? Dans la perdue, on ne trouve pas, selon Rabbi, une bête qui paît. Pour les deux hatat de garantie, Rachi lui-même a expliqué que ce n'est pas une perdue. Toutefois, selon l'explication du Ri, Rabbi Ochaya parle aussi d'une perdue, et la lecture se tient. Il semble au Ri qu'on n'aligne Shmuel sur Rabbi Shimon que pour les perdus. Sinon, une difficulté : perdu avant midi et retrouvé avant midi, dans le pesach il paît ; et la perte de nuit, qui n'est pas une perdue, dans le pesach avant midi elle meurt selon Rabbi Shimon. Rabbi Shimon tient plus loin (Pesachim 98a) que les animaux vivants ne sont pas écartés, et il tient qu'un pesach mort après midi est offert en shelamim bien qu'il ait été écarté. Shmuel ne le suit pas sur ce point. Le Rashbam explique autrement : la réponse " quand Shmuel a parlé, il a parlé des perdus, et des écartés il n'a pas parlé " est une réponse forcée. Maintenant qu'on répond qu'il tient comme Rabbi Shimon, on rétablit la parole de Shmuel dans son premier sens : elle porte sur les perdus et sur les écartés. Shmuel ne peut plus tenir comme Rabbi. Sinon, difficulté : une hatat dont l'année est passée, et celui qui a mis à part deux hatat pour garantie, selon Rabbi ne vont pas à la mort, et dans le pesach elles sont offertes en shelamim. On l'établit donc comme Rabbi Shimon, qui a dit que les cinq hatat vont à la mort dans toute manière, tandis que dans le pesach elles sont offertes en shelamim. Perdu et retrouvé avant midi, dans le pesach il paît selon Shmuel, car la michna l'enseigne expressément. Un côté de la perte, en revanche, est offert en shelamim, par exemple quand on le retrouve après midi. Voici le sens : dans toute manière où la hatat meurt, il y a un côté où le pesach est offert en shelamim. Et cela nous est appris pour écarter Rabbi Yo'hanan. Autrement, Shmuel ne nous apprendrait rien : les autres manières sont déjà enseignées, dans la michna ou dans une beraita, comme offertes en shelamim. Le Ri ne sait pas d'où la Guemara tient que, selon Rabbi Shimon, les cinq hatat meurent dans toute manière. On peut le déduire de ce qui est enseigné au deuxième chapitre de Temoura (15a) : Rabbi Shimon dit : cinq hatat meurent, le petit d'une hatat, la temoura d'une hatat, et la suite. Il ne distingue pas comme la michna distingue au début de " le petit d'une hatat " (Temoura 21b), pour la perdue, entre le cas où les propriétaires ont obtenu l'expiation et le cas où ils ne l'ont pas obtenue. Lui ne distingue ni là ni dans les autres. Il parle donc de toute manière.
💡 Explication

Le signe de Shmuel jumelle les sorts. Si la seconde hatat paît, le pesach du même geste devrait paître. Or ce pesach est un surplus : on l'a mis à part pour cela, et on l'offre en shelamim. Tant que Shmuel suit Rabbi, le signe ne tient plus.

On le fait suivre Rabbi Shimon. Chez lui, cinq hatat meurent, dans toutes les manières : le petit, la temoura, les propriétaires morts, l'expiation déjà obtenue, l'année passée. La réserve qui reste meurt aussi. Il ne reste plus de pâturage à jumeler.

3
וְהָא רוֹעָה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן לֵית לֵיהּ כְּלָל! שְׁמוּאֵל נָמֵי חֲדָא קָאָמַר: כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה — בְּפֶסַח קָרֵב שְׁלָמִים.

Or le pâturage, Rabbi Shimon ne l'a pas du tout. Shmuel, lui aussi, n'a dit qu'une chose : tout ce qui dans la hatat meurt, dans le pesach est offert en shelamim.

📜 Rachi (2)
וְהָא רוֹעֶה לְר' שִׁמְעוֹן לֵית לֵיהּ וּמַאי הִיא דְּקָאָמַר שְׁמוּאֵל כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת רוֹעָה:
Or le pâturage, Rabbi Shimon ne l'a pas. Alors, que veut dire Shmuel par " tout ce qui dans la hatat paît " ?
שְׁמוּאֵל נָמֵי חֲדָא קָאָמַר כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה דְּהַייְנוּ כִּיפְּרוּ בְּעָלֶיהָ מ"מ בְּפֶסַח קָרֵב שְׁלָמִים וְתוּ לָא אָמַר מִידִי וְעַל כְּרִחְיַן כֵּיוָן דְּכָל אַבּוֹדִין בְּפֶסַח קְרֵיבִין שְׁלָמִים וּשְׁמוּאֵל חֲדָא קָאָמַר מוֹקְמִי' לָהּ כְּר"ש דְּאִי כַּר' אוֹ כְּרַבָּנָן דְּאִית לְהוּ רוֹעֶה בְּחַטָּאת מַאי סִימָנָא קָא נָקֵיט שְׁמוּאֵל לְמֵימַר חֲדָא כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה בְּפֶסַח קָרֵב שְׁלָמִים הֲלֹא אַף הָרוֹעֶה בְּחַטָּאת קְרֵיבָה שְׁלָמִים בְּפֶסַח אֲבָל הַשְׁתָּא דס"ל כר"ש הָוֵי סִימָן שָׁלֵם דְּאֵין לְךָ אָבוּד בְּחַטָּאת שֶׁאֵינוֹ מֵת וְאֵין לְךָ אָבוּד בְּפֶסַח שֶׁאֵינוֹ קָרֵב:
Shmuel, lui aussi, n'a dit qu'une chose : tout ce qui dans la hatat meurt, c'est-à-dire quand les propriétaires ont obtenu l'expiation. De toute façon, dans le pesach, il est offert en shelamim, et il n'a rien dit de plus. Forcément, puisque tous les perdus, dans le pesach, sont offerts en shelamim, et que Shmuel n'a dit qu'une chose, on l'établit comme Rabbi Shimon. S'il tenait comme Rabbi, ou comme les Sages, qui ont un pâturage dans la hatat, quel signe tiendrait-il en ne disant qu'une chose : tout ce qui dans la hatat meurt est offert en shelamim dans le pesach ? Même celle qui paît dans la hatat est offerte en shelamim dans le pesach. Maintenant qu'il tient comme Rabbi Shimon, le signe est complet : tu n'as aucune perdue de hatat qui ne meure, et tu n'as aucun perdu de pesach qui ne soit offert.
💡 Explication

Rabbi Shimon n'a aucun cas de pâturage. Le second membre du signe, " tout ce qui dans la hatat paît, le pesach paît ", n'a plus de sujet. Shmuel n'a donc dit qu'une chose : tout ce qui dans la hatat meurt est offert en shelamim quand c'est un pesach.

Rachi : le signe redevient complet. Selon Rabbi Shimon, tout perdu de hatat meurt, et tout perdu de pesach est offert. S'il suivait Rabbi ou les Sages, qui gardent un pâturage, ne dire que le membre de la mort laisserait de côté des pesach qui sont aussi des shelamim.

4
וּמַאי קָא מַשְׁמַע לַן? לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר: אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה, אֲבָל קֹודֶם שְׁחִיטָה — לֹא. אַלְמָא: שְׁחִיטָה קָבַע. קָא מַשְׁמָע לַן: חֲצוֹת קֶבַע.

Et qu'est-ce qu'il nous apprend ? À écarter Rabbi Yo'hanan, qui a dit : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita (abattage).

Avant la shehita, non. Donc la shehita fixe.

Il nous apprend : midi (hatsot) fixe.

📜 Rachi (4)
וּמַאי קָא מַשְׁמַע לַן שְׁמוּאֵל כֵּיוָן דְּכָל אַבּוֹדִין בְּחַטָּאת מֵתִין וַאֲתָא שְׁמוּאֵל לְמֵימַר כָּל אַבּוֹדִין בְּפֶסַח קְרֵיבִין שְׁלָמִים מַתְנִיתִין הִיא הַפֶּסַח שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה וּמְתָרְצִינַן לָהּ לְעֵיל אַחַר זְמַן שְׁחִיטָה יִקְרַב אַלְמָא קָסָבַר הָאָבוּד בַּחֲצוֹת יִקְרַב:
Et qu'est-ce que Shmuel nous apprend ? Puisque tous les perdus, dans la hatat, meurent, et que Shmuel vient dire que tous les perdus, dans le pesach, sont offerts en shelamim, c'est la michna : le pesach retrouvé après la shehita. Et on l'a expliqué plus haut : après le temps de la shehita, il sera offert. Il tient donc que le perdu à midi sera offert.
לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יוֹחָנָן דִּפְלִיג עָלֶיהָ וְאָמַר אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה:
À écarter Rabbi Yo'hanan, qui est en débat avec lui et a dit : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita.
אֲבָל נִמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה ואע"ג דְּאָבוּד הָיָה בַּחֲצוֹת רוֹעֶה דִּשְׁחִיטַת הַשְּׁנִיָּה קָבְעָה לֵיהּ לְקַמָּא בְּדִחוּי:
Mais s'il est retrouvé avant la shehita, même s'il était perdu à midi, il paît. La shehita de la seconde fixe la première dans l'écart.
קָא מַשְׁמָע לַן שְׁמוּאֵל דְּאָמַר כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה וְכַר' שִׁמְעוֹן דְּאָמַר אֲבוּדָה בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה מֵתָה וְאַשְׁמְעִינַן שְׁמוּאֵל אָבוּד בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה וּבַחֲצוֹת שֶׁהוּא נִקְרָא אָבוּד אַפֵּי' נִמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה קָרֵב שְׁלָמִים דַּחֲצוֹת הוּא דְּקַבְעֵיהּ בְּדִחוּי וְהַשְׁתָּא אע"ג דְּאוֹקֵימְנָא לִשְׁמוּאֵל חֲדָא קָאָמַר לֵיכָּא לְאוֹקוּמָא כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה אַמְּתוּ לָהּ בְּעָלֶיהָ דְּהָא כָּל מֵתוּ בְּעָלֶיהָ מֵתוֹת וְאֵלּוּ פֶּסַח מֵתוּ בְּעָלָיו אַחַר חֲצוֹת רוֹעֶה וּקְבַעְתֵּיהּ חֲצוֹת וְלֵיכָּא לְמֵימַר דִּסְבִיר' לֵיהּ שְׁמוּאֵל חֲצוֹת לֹא קְבָעָהּ דְּהָא ר' יוֹחָנָן בַּר פְּלֻוגְתֵּיהּ הָא סְבָרָא אִית לֵיהּ הִלְכָּךְ עַל כָּרְחָיךְ בְּאִבּוּדִין מוֹקְמִינַן לֵיהּ וְעוֹד דְּר' יוֹחָנָן בַּר פְּלֻוגְתֵּיהּ אַאִבּוּדִין פְּלִיג דְּקָאָמַר נִמְצָא:
Il nous apprend : Shmuel, qui a dit " tout ce qui dans la hatat meurt ", et comme Rabbi Shimon, qui a dit qu'une perdue au moment de la mise à part meurt. Shmuel nous apprend qu'une perdue au moment de la mise à part, et à midi, heure où elle porte le nom de perdue, même retrouvée avant la shehita, est offerte en shelamim. C'est midi qui la fixe dans l'écart. Et maintenant, bien qu'on ait établi que Shmuel n'a dit qu'une chose, on ne peut pas faire porter " tout ce qui dans la hatat meurt " sur " ses propriétaires sont morts ". Car toutes celles dont les propriétaires sont morts, meurent. Or un pesach dont le propriétaire est mort après midi paît, et midi l'a fixé. Et on ne peut pas dire que Shmuel tienne : midi ne fixe pas. Car Rabbi Yo'hanan, son contradicteur, tient ce raisonnement. Forcément, on l'établit sur les perdus. De plus, Rabbi Yo'hanan, son contradicteur, débat sur les perdus, puisqu'il dit " retrouvé ".
💡 Explication

Si tout perdu de hatat meurt et tout perdu de pesach est un shelamim, la michna le dit déjà : le pesach retrouvé après la shehita est offert. Shmuel apprend donc autre chose. Il écarte Rabbi Yo'hanan.

Rabbi Yo'hanan : la shehita du remplaçant fixe l'écart. Retrouvé avant cette shehita, le premier paît, même s'il était perdu à midi. Shmuel : midi fixe. Perdu à midi, il est shelamim, même retrouvé avant la shehita.

Rachi écarte une autre lecture du membre " meurt " : le cas où les propriétaires sont morts. Un pesach dont le propriétaire meurt après midi paît. Le débat avec Rabbi Yo'hanan porte sur les perdus. Il dit " retrouvé ".

5
לִישָּׁנָא אַחְרִינָא: וְאִילּוּ בְּפֶסַח הֵיכָא דְּאָבַד וְנִמְצָא אַחַר חֲצוֹת, קֹודֶם שְׁחִיטָה יִקְרַב שְׁלָמִים! שְׁמוּאֵל כְּרַבָּה סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר: שְׁחִיטָה קָבַע.

Autre version : Or, dans le pesach, là où il s'est perdu et où on l'a retrouvé après midi, avant la shehita, il est offert en shelamim. Shmuel tient comme Rabba, qui a dit : la shehita fixe.

📜 Rachi (2)
הָכִי גָּרְסִינַן לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא וְאִלּוּ בְּפֶסַח הֵיכָא דְּאָבַד וְנִמְצָא אַחַר חֲצוֹת קֹודֶם שְׁחִיטָה קָרֵב שְׁלָמִים וּלְעֵיל קָא מִיהְדָּר וַהֲרֵי אֲבוּדָה בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה לְרַבָּנַן וְכוּ' וְאִלּוּ בְּפֶסַח הָאָבוּד בַּחֲצוֹת וְהִפְרִישׁ אַחֵר תַּחְתָּיו וְנִמְצָא זֶה אַחַר חֲצוֹת קָרֵב שְׁלָמִים כַּר' זֵירָא ואע"ג דְּאָבוּד הָיָה בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה:
Voici la leçon : Autre version. Or ceux-ci, dans le pesach, là où il s'est perdu et où on l'a retrouvé après midi, avant la shehita, il est offert en shelamim. Et plus haut on revient à : et voici une perdue au moment de la mise à part, selon les Sages, etc. Et ceux-ci, dans le pesach : le perdu à midi, on a mis un autre à sa place, et celui-ci a été retrouvé après midi, il est offert en shelamim, comme Rabbi Zeira, bien qu'il ait été perdu au moment de la mise à part.
וּמְשַׁנֵּי בְּלִישָּׁנָא אַחַרְיַנָא שְׁמוּאֵל כְּרַבָּה סְבִירָא לֵיהּ דְּאָמַר קֹודֶם שְׁחִיטָה שָׁנִינוּ שֶׁהַנִּמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה רוֹעֶה בְּפֶסַח כְּרַבָּנָן בְּחַטָּאת:
Et on répond, dans l'autre version : Shmuel tient comme Rabba, qui a dit que " avant la shehita " est la leçon enseignée. Le retrouvé avant la shehita paît dans le pesach, comme les Sages pour la hatat.
💡 Explication

Autre version. Elle reprend plus haut : une perdue au moment de la mise à part, selon les Sages, paît. Dans le pesach, perdu à midi, un remplaçant mis à sa place, le premier retrouvé après midi et avant la shehita, est offert en shelamim, comme Rabbi Zeira. Le jumelage cède encore.

Réponse de cette version : Shmuel suit Rabba. La shehita fixe. Le retrouvé avant la shehita paît, comme les Sages pour la hatat. Sur ce cas, le signe se referme.

6
וְהָא מִדְּקָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן עֲלַהּ: אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה, אֲבָל קֹודֶם שְׁחִיטָה — לֹא. אַלְמָא: שְׁחִיטָה קָבַע. מִכְּלָל דִּשְׁמוּאֵל סָבַר: חֲצוֹת קֶבַע.

Or, du fait que Rabbi Yo'hanan a dit à ce sujet : le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita. Avant la shehita, non.

Donc la shehita fixe. Il s'ensuit que Shmuel tient : midi fixe.

📜 Rachi (1)
וּפָרְכִינַן וְהָא מִדְּאָמַר ר' יוֹחָנָן עֲלַהּ אֵין הַפֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא אַחַר שְׁחִיטָה מִכְּלָל דִּשְׁמוּאֵל אָמַר אֲפִילּוּ נִמְצָא קֹודֶם שְׁחִיטָה קָרֵב שְׁלָמִים דְּלָאו שְׁחִיטָה קָבְעָה אֶלָּא חֲצוֹת קְבָעָהּ וְזֶה כֵּיוָן דְּבַחֲצוֹת אָבוּד הָיָה קָרֵב שְׁלָמִים אַלְמָא לִשְׁמוּאֵל אָבוּד בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה אע"פ שֶׁהָיָה בִּשְׁעַת כַּפָּרָה קָרֵב שְׁלָמִים:
Et nous objectons : or, du fait que Rabbi Yo'hanan a dit à ce sujet que le pesach n'est offert en shelamim que s'il est retrouvé après la shehita. Il s'ensuit que Shmuel a dit : même retrouvé avant la shehita, il est offert en shelamim. Midi fixe, et la shehita ne fixe pas. Et celui-ci, puisqu'à midi il était perdu, est offert en shelamim. Donc, selon Shmuel, perdu au moment de la mise à part, même présent au moment de l'expiation, est offert en shelamim.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan ne dit " shelamim seulement après la shehita " que face à un avis adverse. S'il tient que la shehita fixe, Shmuel tient que midi fixe.

Shmuel offre donc en shelamim le pesach retrouvé avant la shehita, dès lors qu'il était perdu à midi. La réponse " Shmuel suit Rabba " lui prêtait l'avis de Rabbi Yo'hanan. Elle ne tient plus.

7
אֶלָּא: שְׁמוּאֵל כְּרַבִּי סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר: אֲבוּדָה לְמִיתָה אָזְלָא. וְהָא כֹּל אֲבוּדִין לְרַבִּי מֵתִין, וְאִילּוּ בְּפֶסַח, הֵיכָא דְּאָבַד קֹודֶם חֲצוֹת וְנִמְצָא קֹודֶם חֲצוֹת — רוֹעֶה! קָסָבַר: קֹודֶם חֲצוֹת לָאו אָבוּד הוּא, וְקָסָבַר חֲצוֹת קֶבַע.

Plutôt : Shmuel tient comme Rabbi, qui a dit : la perdue va à la mort. Or tous les perdus, selon Rabbi, meurent.

Et dans le pesach, là où il s'est perdu avant midi et où on l'a retrouvé avant midi, il paît. Il tient : avant midi, ce n'est pas un perdu, et il tient que midi fixe.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא שְׁמוּאֵל כַּר' סְבִירָא לֵיהּ כְּדִלְעֵיל עַד קָא מַשְׁמַע לַן חֲצוֹת קָבַע:
Plutôt, Shmuel tient comme Rabbi : comme plus haut, jusqu'à " il nous apprend que midi fixe ".
💡 Explication

Retour à Rabbi. La perdue va à la mort. Reste le pesach perdu avant midi et retrouvé avant midi : il paît, la michna le dit.

Avant midi, l'heure de l'offrande n'est pas arrivée. Cette absence ne reçoit pas le nom de perte, sur le modèle de la perte de nuit chez Rava (97a). Et midi fixe le statut. Rachi renvoie à la fin déjà vue : Shmuel nous apprend que midi fixe.

🖼️ Schéma
Autre version : trois essais, une conclusionLe pesach retrouvé après midi et avant la shehitaFait : ce pesach est offert en shelamimLe signe cède si la hatat du même moment paîtEssai : Shmuel suit Rabba, la shehita fixeRetrouvé avant la shehita, il paîtrait, comme les SagesRabbi Yo'hanan ne limite la shehita que face à ShmuelDonc Shmuel tient que midi fixe, et le shelamim tientConclusion : Shmuel suit RabbiLa perdue va à la mort. Avant midi, elle n'est pas perdue
L'autre version essaie Rabba, puis revient à Rabbi : la perdue meurt, et avant midi la perte ne compte pas.
8
מַתְנִי׳ הַמַּפְרִישׁ נְקֵבָה לְפִסְחוֹ, אוֹ זָכָר בֶּן שְׁתֵּי שָׁנִים — יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב, וְיִמָּכֵר, וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה לִשְׁלָמִים.

Michna. Celui qui met à part une femelle pour son pesach, ou un mâle de deux ans, le fera paître jusqu'à ce qu'il contracte un défaut, on le vendra, et son argent tombera en offrande volontaire (nedava) pour des shelamim.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' אוֹ זָכָר בֶּן שְׁתֵּי שָׁנִים דְּאֵינוֹ רָאוּי לְפֶסַח:
Ou un mâle de deux ans : il n'est pas apte au pesach.
יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב וְיָבִיא בְּדָמָיו שְׁלָמִים דִּקְבַעְתֵּיהּ הַפְרָשָׁה אע"פ שֶׁמֵּעִיקָּרוֹ דָּחוּי הוּא הֲרֵי הוּא כְּקָבוּעַ שֶׁנִּדְחָה שֶׁאֵין הוּא עַצְמוֹ קָרֵב שְׁלָמִים אֶלָּא דָּמָיו:
Il paîtra jusqu'à ce qu'il contracte un défaut, et on apportera des shelamim avec son argent. La mise à part l'a fixé. Bien que dès l'origine il soit écarté, il est comme un animal fixé puis écarté : lui-même n'est pas offert en shelamim, on offre son argent.
🗂️ Tossefot (2)
הַמַּפְרִישׁ נְקֵבָה לְפִסְחוֹ כו' וְיָבִיא בְּדָמֶיהָ שְׁלָמִים אוֹמֵר ר"ת דְּהָא דְּקָתָנֵי וְיָבִיא בְּדָמֶיהָ שְׁלָמִים הַיְינוּ בְּשֶׁנִּשְׁתַּייְּרָה אַחַר הַפֶּסַח כְּמוֹ כֻּולָּהּ בָּבָא דִּלְעֵיל אֲבָל קֹודֶם הַפֶּסַח יָבִיא בְּדָמֶיהָ פֶּסַח וְכֵן מְחַלֵּק בְּהֶדְיָא בַּבָּרַיְיתָא בִּתְמוּרָה בְּאֵלּוּ קָדָשִׁים (תְּמוּרָה דַּף יט.):
Rabbenou Tam dit : ce qu'on enseigne, " on apportera des shelamim avec son argent ", vise le cas où elle est restée après Pessa'h, comme toute la clause précédente. Avant Pessa'h, on apportera un pesach avec son argent. Une beraita le distingue expressément dans Temoura, au chapitre " Voici les choses consacrées " (Temoura 19a).
וְיָבִיא בְּדָמֶיהָ שְׁלָמִים אֲבָל הִיא עַצְמָהּ אֵינָהּ קְרֵיבָה שְׁלָמִים דְּיֵשׁ דִּחוּי בְּדָמִים כִּדְאָמַר בַּגְּמָרָא שֶׁמִּתְּחִלָּה לֹא הֻוקְדְּשָׁה לִיקָּרֵב הִיא עַצְמָהּ וא"ת יִמְכְּרֶנָּה כְּמוֹת שֶׁהִיא בְּלֹא מוּם כֵּיוָן שֶׁמֵּעוֹלָם לֹא נִתְקַדְּשָׁה קְדֻושַּׁת הַגּוּף ואור"י דְּלָא מִיבַּעְיָא מַקְדִּישׁ נְקֵבָה לְפִסְחוֹ דְּפֶסַח קָרֵב שְׁלָמִים אַחַר הַפֶּסַח וְהִיא רְאוּיָה לִשְׁלָמִים אִם תְּחִלָּה הֻוקְדְּשָׁה לְכָךְ אֶלָּא אֲפִי' מַקְדִּישׁ נְקֵבָה לַאֲשָׁמוֹ אָמַר בְּאֵלּוּ קָדָשִׁים (שָׁם:) תִּרְעֶה עַד שֶׁתִּסְתָּאֵב וְתִימָּכֵר וְיָבִיא אָשָׁם וַאֲפִילּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר הָתָם תִּימָּכֵר שֶׁלֹּא בְּמוּם מָצֵי מוֹדֶה הָכָא כִּדְפָרֵישִׁית:
On apportera des shelamim avec son argent. Elle-même n'est pas offerte en shelamim, car il y a un écart qui porte sur l'argent (dihoui be-damim), comme le dit la Guemara : dès le départ, elle n'a pas été consacrée pour être offerte elle-même. Si l'on objecte : qu'on la vende telle qu'elle, sans défaut, puisqu'elle n'a jamais reçu la sainteté du corps (kedushat ha-guf). Le Ri répond. Le cas de celui qui consacre une femelle pour son pesach est le plus simple : un pesach est offert en shelamim après Pessa'h, et elle serait apte aux shelamim si, dès le départ, elle avait été consacrée pour cela. Le même régime vaut pour celui qui consacre une femelle pour son acham. On dit dans " Voici les choses consacrées " (là-même) : elle paîtra jusqu'à ce qu'elle contracte un défaut, on la vendra, et on apportera un acham. Même Rabbi Shimon, qui dit là-bas qu'on la vend sans défaut, peut en convenir ici, comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

Nouvelle michna. On a mis à part une femelle, ou un mâle dans sa deuxième année. Le pesach est un mâle dans sa première année. La bête paît jusqu'au défaut (moum), on la vend, l'argent tombe en nedava pour des shelamim.

Rachi : la mise à part a fixé la sainteté. Dès l'origine la bête est écartée, et on la traite comme un animal fixé puis écarté. On offre l'argent. La bête elle-même reste hors de l'autel.

Rabbenou Tam : " shelamim " vise le reste après Pessa'h. Avant la fête, l'argent sert à un pesach. Le Ri : on ne vend pas la bête sans défaut. Même une femelle vouée en acham paît jusqu'au moum. La sainteté porte sur la valeur (kedushat damim).

🖼️ Schéma
Pourquoi attendre un défaut avant de vendre ?La bête n'a jamais été apte. La sainteté porte sur l'argentQuestionJamais de saintetédu corpsLa vendre tout de suite ?RiMême une femellevouée en achampaît jusqu'au défautRégimeDéfaut, ventepuis l'offrandeavec l'argentLa bête elle-même ne monte pas en shelamim
Sans sainteté du corps, on pourrait vendre tout de suite. Le Ri aligne ce cas sur la femelle vouée en acham : défaut, puis vente.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).