Sougya : La michna dit : celui qui a mis à part son pesach et qui meurt, son fils ne l'apporte pas après lui en pesach, mais en shelamim. La Guemara tire d'abord, de la michna de la femelle (97b), trois règles : les animaux vivants sont écartés, l'écartement dès l'origine compte, et l'écartement vaut pour les damim.
Elle cherche ensuite à quelle heure le père est mort, pour que la beraïta tienne : Rava, Abaye, Rav Cherevya, Rav Achi et Ravina. Une seconde michna envoie au pâturage le pesach mélangé à d'autres sacrifices, puis traite le mélange avec des premiers-nés dans une compagnie de cohanim.
Celui qui met à part son pesach et meurt : son fils ne l'apportera pas après lui au titre de pesach, mais au titre de shelamim (sacrifice de paix).
Michna. Le pesach est lié à ses menouyim, les personnes inscrites dessus. Le père meurt. Le fils n'était pas inscrit avec lui : la bête est un pesach dont les maîtres sont morts.
On ne l'offre plus en pesach. On l'offre en shelamim, statut du surplus de pesach.
Guemara. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : on en déduit trois choses.
On en déduit : les animaux vivants sont écartés (nidchin).
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, tire trois règles. La première : baalei 'hayim nidchin, les animaux vivants sont écartés d'un dihoui complet.
Rachi lit cela sur la michna de la femelle, ou du mâle dans sa deuxième année, dite en 97b. Après Pessa'h, tout surplus de pesach est apte aux shelamim, et une femelle y est apte. La michna l'envoie au pâturage : elle-même n'est pas offerte. L'écartement survenu du vivant de la bête demeure.
Rabbi Chimon, Yoma 63b, tient l'inverse : ein baalei 'hayim nidchin. Il l'apprend du baal moum : le défaut passé, la bête redevient offrable.
Et on en déduit : un écartement dès l'origine (dihoui me-ikara) est un écartement. Et on en déduit : il y a un écartement dans les damim (la valeur).
Deuxième règle : dihoui me-ikara havi dihoui. La femelle, ou le mâle dans sa deuxième année, n'a jamais été apte au pesach. L'écartement compte pourtant. Un avis, Souka 33b, limite le dihoui au cas nireh ve-nidche : d'abord apte, puis écarté.
Troisième règle : yech dihoui be-damim. La femelle est consacrée pour sa valeur, kedouchat damim, et non pour que son corps soit le pesach. Cette sainteté suffit à écarter le corps pour toujours. Après Pessa'h, on n'offre qu'avec l'argent.
Tossefot séparent ce dihoui de celui du loulav. Ils montrent aussi un dihoui dès l'origine en kedouchat ha-gouf : le sang reçu dans un récipient qui contient déjà de l'eau. La troisième règle ne fait donc pas double emploi avec la deuxième.
" Celui qui met à part son pesach, etc. " Nos maîtres ont enseigné : celui qui met à part son pesach et meurt, si son fils est inscrit avec lui, il l'apportera au titre de pesach ; si son fils n'est pas inscrit avec lui, il l'apportera au titre de shelamim, le seize.
Le seize, oui ; le quinze, non. Il tient que les vœux (nedarim) et les offrandes volontaires (nedavot) ne sont pas offerts le jour de fête.
Retour sur la michna. La beraïta distingue. Fils manouï avec le père : des propriétaires restent, il apporte la bête en pesach. Fils non inscrit : shelamim, et seulement le 16 nissan.
Le 16, oui ; le 15, non. Le 15 est Yom Tov. La beraïta tient que les nedarim et les nedavot ne sont pas offerts un jour de fête. Le shelamim issu d'un pesach dont les maîtres sont morts entre dans cette catégorie.
Quand le père est-il mort ? Si l'on dit qu'il est mort avant midi (hatsot) : son fils, inscrit avec lui, l'apporterait au titre de pesach ?
Mais l'aninoute a pris effet sur lui dès le début !
Hatsot, midi du 14 nissan, fait naître l'obligation du pesach. Mort avant midi : l'aninoute du fils précède cette obligation.
Un onen n'offre pas pour lui seul (Pesachim 91a). La beraïta dit pourtant qu'il apporte le pesach. Tossefot : même s'il pourra manger la nuit, au titre de lefi okhlo, il ne peut pas envoyer le sacrifice. Les shelamim exigent un maître shalem, entier (Zevahim 99b).
Dis plutôt qu'il est mort après midi. Son fils n'est pas inscrit avec lui : il l'apporterait au titre de shelamim ?
Mais midi l'a fixée !
Mort après midi : le fils non inscrit apporterait des shelamim. Or hatsot kovea : midi a fixé la bête comme pesach. Non offerte, elle est écartée des shelamim et doit paître (Pesachim 96b).
Les deux heures font difficulté. Avant midi, le pesach du fils inscrit ne tient pas. Après midi, les shelamim du fils non inscrit ne tiennent pas.
Rava a dit : en réalité, il est mort avant midi. Et que signifie " il l'apportera au titre de pesach " ?
Au titre du second pesach (pesach cheni).
Rava maintient la mort avant midi. " Au titre de pesach " vise le pesach cheni, le 14 iyar. Le fils inscrit n'a pas fait le premier pesach à cause de l'aninoute. Il apporte cette bête au second pesach, une fois le deuil aigu passé.
Abaye a dit : elle enseigne par cas séparés (le-tsedadin). Mort après midi : son fils est inscrit avec lui, il l'apportera au titre de pesach.
Mort avant midi : son fils n'est pas inscrit avec lui, il l'apportera au titre de shelamim.
Abaye : la beraïta enseigne le-tsedadin, par cas séparés, qui ne se répondent pas.
Mort après midi et fils inscrit : l'obligation du pesach a précédé l'aninoute, des propriétaires restent, on offre le pesach. Mort avant midi et fils non inscrit : midi n'a pas fixé, on offre en shelamim.
La beraïta ne parle pas des deux autres cas. Mort après midi sans inscription : la michna, la bête paît, midi l'ayant fixée. Mort avant midi avec inscription : pesach cheni, sans qu'il faille l'enseigner. Autre version de Rachi : si l'aninoute précède, l'obligation du pesach ne naît plus. " On égorge pour l'onen " (Pesachim 90b) vise l'obligation d'abord, l'aninoute ensuite.
Rav Cherevya a dit : en réalité, il est mort après midi, dans un cas où son père était agonisant (gosses) à midi.
Rav Cherevya maintient la mort après midi. Le père était gosses, agonisant, déjà à midi.
Présomption : rov gossesin le-mita, la plupart des agonisants meurent. Midi ne fixe pas une bête que son maître ne pourra pas offrir. Le fils non inscrit l'apporte en shelamim. Le fils inscrit l'apporte en pesach : l'obligation a pris effet avant la mort.
Rav Achi a dit : en réalité, il est mort après midi, et c'est l'avis de Rabbi Chimon, qui a dit : les animaux vivants ne sont pas écartés.
Rav Achi maintient la mort après midi, et il lit la beraïta selon Rabbi Chimon : ein baalei 'hayim nidchin.
Un animal vivant reste écarté de façon durable à cause d'un moum, d'un etnan ou d'un mehir, interdits sur l'autel. Pour ce à quoi il est apte, il est offert. Midi a fixé, la mort a écarté, la bête reste apte aux shelamim : on l'offre. C'est le refus de la première déduction de Rav Houna.
Ravina a dit : par exemple, on l'a mis à part après midi et les propriétaires sont morts après midi, et il tient que midi fixe (hatsot kovea).
Ravina : mise à part après midi, mort des propriétaires après midi. Le tanna tient hatsot kovea : seul midi fixe, et non le reste du temps de la chehita.
À midi la bête n'était pas encore consacrée. Aucune fixation ne l'écarte des shelamim. Le fils non inscrit l'offre en shelamim. Le fils inscrit l'offre en pesach : l'obligation du pesach a pris effet avant la mort.
Michna. Le pesach qui s'est mélangé à des sacrifices (zevahim) : tous paîtront jusqu'à ce qu'ils contractent un défaut, on les vendra, et il apportera, avec la valeur du plus beau d'entre eux, de cette espèce, et avec la valeur du plus beau d'entre eux, de cette autre espèce, et il perdra le surplus sur ses biens.
Michna. Un pesach s'est mélangé à d'autres zevahim, par exemple un acham et une ola. Aucune bête ne peut être offerte au hasard : le rite du sang diffère.
Toutes paissent jusqu'au moum. On les vend. Pour chaque espèce, on rachète une bête au prix du plus beau du lot : le plus cher appartenait peut-être à cette espèce. Le surplus, motar, sort de sa poche.
Avant Pessa'h, la part du pesach sert à un pesach. Après Pessa'h, à un shelamim. Rachi empêche le transfert d'une kedoucha à une autre : trois sela distincts, et une formule de hilloul pour chaque sainteté.
S'il s'est mélangé à des premiers-nés (bekhorot), Rabbi Chimon dit : si c'est une compagnie de cohanim, ils mangeront.
Mélange avec des bekhorot. Rabbi Chimon : si la havoura est entièrement de cohanim, ils mangent toutes les bêtes la nuit du pesach.
Le matan dam du premier-né et celui du pesach sont les mêmes. Ni l'un ni l'autre n'a de tenoufa de la poitrine et de la cuisse, ni de semikha, ni de nesakhim. On offre chaque bête sous son nom, où qu'elle soit dans le mélange. Les cohanim mangent le premier-né : une havoura de cohanim peut donc tout manger.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).