Pesachim 98a - Mort du maître du pesach, écartement, et bêtes mélangées

Pesachim 98a

Sougya : La michna dit : celui qui a mis à part son pesach et qui meurt, son fils ne l'apporte pas après lui en pesach, mais en shelamim. La Guemara tire d'abord, de la michna de la femelle (97b), trois règles : les animaux vivants sont écartés, l'écartement dès l'origine compte, et l'écartement vaut pour les damim.

Elle cherche ensuite à quelle heure le père est mort, pour que la beraïta tienne : Rava, Abaye, Rav Cherevya, Rav Achi et Ravina. Une seconde michna envoie au pâturage le pesach mélangé à d'autres sacrifices, puis traite le mélange avec des premiers-nés dans une compagnie de cohanim.

Trois déductions de Rav Houna, fils de Rav YehochouaMichna de la femelle, ou du mâle dans sa deuxième année (97b)1. Baalei 'hayim nidchinAnimal vivant écarté :dihoui complet.Après Pessa'h, la femelleest apte aux shelamim.Elle-même paît.Rabbi Chimon refuse(Yoma 63b).2. Dihoui me-ikaraJamais apte au pesachdès la consécration.L'écartement comptequand même.Avis inverse : seulementnireh ve-nidche,apte puis écarté(Souka 33b).3. Yech dihoui be-damimKedouchat damim :consacrée pour sa valeur.Cette sainteté écartele corps pour toujours.On apporte l'argent,pas le corps.La michna : elle paît jusqu'au défaut, on la vend,et l'argent tombe en nedava de shelamim.
Michna de la femelle (97b) : trois règles d'écartement, Rav Houna fils de Rav Yehochoua.
À quelle heure le père est-il mort ?Beraïta : fils inscrit, pesach ; fils non inscrit, shelamim le 16Avant midiFils inscrit : aninoute d'abordIl n'apporte pas le pesach seulAprès midiFils non inscrit : midi a fixéShelamim interdits, la bête paîtRavaMort avant midi. " Au titre de pesach " = pesach cheni.Le fils n'a pas fait le premier, à cause de l'aninoute.AbayeLe-tsedadin : deux cas qui ne se répondent pas.Après + inscrit = pesach. Avant + non inscrit = shelamim.Rav CherevyaMort après midi, père gosses déjà à midi.La plupart des agonisants meurent : midi ne fixe pas.Rav AchiMort après midi, selon Rabbi Chimon.Ein baalei 'hayim nidchin : apte aux shelamim, on l'offre.RavinaMis à part après midi, mort après midi.Hatsot kovea : à midi la bête n'était pas encore mise à part.
Heure de la mort du père : la difficulté, puis Rava, Abaye, Rav Cherevya, Rav Achi et Ravina.
Pesach mélangé à d'autres zevahimOn ne sacrifie aucune bête au hasard : le rite du sang diffère1. MélangePesach, acham,ola2. PâturageJusqu'au moum,puis vente3. RachatChaque espèceau prix du plus beau4. SurplusL'écart de prixsort de sa pocheAvant Pessa'h : la part du pesach redevient un pesach. Après : un shelamim.
Pesach mélangé : pâturage jusqu'au défaut, vente, rachat au prix du plus beau, surplus à sa charge.
1
הַמַּפְרִישׁ פִּסְחוֹ וּמֵת, לֹא יְבִיאֶנּוּ בְּנוֹ אַחֲרָיו לְשֵׁם פֶּסַח אֶלָּא לְשֵׁם שְׁלָמִים.

Celui qui met à part son pesach et meurt : son fils ne l'apportera pas après lui au titre de pesach, mais au titre de shelamim (sacrifice de paix).

📜 Rachi (2)
הַמַּפְרִישׁ פִּסְחוֹ וּמֵת לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ אֵימַת מִית:
Plus loin, on explique à quel moment il est mort.
לֹא יְבִיאֶנּוּ בְּנוֹ אַחֲרָיו לְשֵׁם פֶּסַח דַּהֲוָה לֵיהּ פֶּסַח שֶׁמֵּתוּ בְּעָלָיו וְאֵין כָּאן מְנוּיִין:
C'est un pesach dont les propriétaires sont morts, et il n'y a plus ici d'inscrits (menouyim).
💡 Explication

Michna. Le pesach est lié à ses menouyim, les personnes inscrites dessus. Le père meurt. Le fils n'était pas inscrit avec lui : la bête est un pesach dont les maîtres sont morts.

On ne l'offre plus en pesach. On l'offre en shelamim, statut du surplus de pesach.

2
גְּמָ׳ אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: שְׁמַע מִינָּה תְּלָת. שְׁמַע מִינָּה: בַּעֲלֵי חַיִּים נִדְחִין.

Guemara. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : on en déduit trois choses.

On en déduit : les animaux vivants sont écartés (nidchin).

📜 Rachi (1)
גְּמ' שְׁמַע מִינַּהּ בַּעֲלֵי חַיִּים נִדְחִין בְּהֵמָה שֶׁנִּדְחֵית בַּחַיִּים דְּחוּיָה דִּיחוּי גָּמוּר שֶׁאַף לִכְשֶׁנִּרְאֵית לְמַה שֶׁהָיְתָה רְאוּיָה אֵינָהּ קְרֵיבָה אֶלָּא רוֹעֶה דְּהָא דִּתְנַן תִּרְעֶה וְלֹא קָרְבָה שְׁלָמִים הִיא גּוּפָהּ שֶׁזּוֹ הִיא רְאִייָּתָהּ כְּמִתְחַלָּה שֶׁכָּל מוֹתַר פֶּסַח קָרֵב שְׁלָמִים וּדְלֹא כר"ש דְּאָמַר בַּעֲלֵי חַיִּים אֵין נִדְחִין בְּפֶרֶק שְׁנֵי שְׂעִירֵי (יוֹמָא דַּף סג:) דְּגָמְרִינַן מִבַּעַל מוּם שֶׁנִּדְחָה וְלִכְשֶׁעָבַר מוּמוֹ נִרְאֶה וּמֵרֵישָׁא נָמֵי שָׁמְעִינַן לָהּ אֶלָּא מִשּׁוּם דְּמֵהָא שָׁמְעִינַן תְּלָת נְקַט לָהּ הָכָא:
Une bête écartée de son vivant est écartée d'un écartement complet : même lorsqu'elle redevient apte à ce pour quoi elle était apte, elle n'est pas offerte, elle paît. Car la michna enseigne : elle paîtra, et elle-même ne sera pas offerte en shelamim. Or c'est bien là son aptitude de départ, puisque tout surplus de pesach est offert en shelamim. Cela s'oppose à Rabbi Chimon, qui dit que les animaux vivants ne sont pas écartés, au chapitre Chnei Seirim (Yoma 63b) : on l'apprend d'un animal à défaut (baal moum) qui a été écarté et qui, le défaut passé, redevient apte. Du début aussi on le déduit. Il le prend ici parce que de ce texte on déduit les trois choses.
💡 Explication

Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, tire trois règles. La première : baalei 'hayim nidchin, les animaux vivants sont écartés d'un dihoui complet.

Rachi lit cela sur la michna de la femelle, ou du mâle dans sa deuxième année, dite en 97b. Après Pessa'h, tout surplus de pesach est apte aux shelamim, et une femelle y est apte. La michna l'envoie au pâturage : elle-même n'est pas offerte. L'écartement survenu du vivant de la bête demeure.

Rabbi Chimon, Yoma 63b, tient l'inverse : ein baalei 'hayim nidchin. Il l'apprend du baal moum : le défaut passé, la bête redevient offrable.

3
וּשְׁמַע מִינָּהּ: דָּחוּי מֵעִיקָּרָא הָוֵי דָּחוּי. וּשְׁמַע מִינָּהּ: יֵשׁ דִּחוּי בְּדָמִים.

Et on en déduit : un écartement dès l'origine (dihoui me-ikara) est un écartement. Et on en déduit : il y a un écartement dans les damim (la valeur).

📜 Rachi (2)
וּשְׁמַע מִינַּהּ דָּחוּי מֵעִיקָּרָא הָוֵי דָּחוּי דְּהָא נְקֵבָה אוֹ זָכָר בֶּן שְׁתֵּי שָׁנִים מִתְּחִלָּתוֹ לֹא נִרְאֶה לְמַה שֶׁהֻוקְדַּשׁ וְקָאָמַר יִרְעֶה וְלֹא יִקְרַב שְׁלָמִים הוּא עַצְמוֹ וְאִיכָּא לְמָאֵן דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת סֻוכָּה (דַּף לג:) דְּאֵין דָּחוּי אֶלָּא הַנִּרְאֶה וְנִדְחָה:
Une femelle, ou un mâle dans sa deuxième année, n'a jamais été apte, dès le début, à ce pour quoi elle a été consacrée. Et l'on dit : elle paîtra, et elle-même ne sera pas offerte en shelamim. Or il y a un avis, dans Souka 33b, pour qui il n'y a d'écartement que pour ce qui a d'abord été apte, puis écarté.
וּשְׁמַע מִינַּהּ יֵשׁ דִּחוּי בְּדָמִים כִּדְפָרֵישִׁית בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת בגמ' מָצִינוּ לָשׁוֹן זֶה גַּבֵּי הָא דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בְּהֵמָה שֶׁל שְׁנֵי שֻׁותָּפִין הִקְדִּישׁ חֶצְיָהּ וְחָזַר וְלָקַח חֶצְיָהּ קְדוֹשָׁה וְאֵינָהּ קְרֵיבָה שְׁמַע מִינָּה תְּלָת כו' כִּי הָכָא וּבְמַסֶּכֶת קִדּוּשִׁין (דַּף ז:) וּבִזְבָחִים (דַּף יב.) וְלָמַדְתִּי פֵּירוּשָׁהּ מִמַּסֶּכֶת כְּרִיתוֹת (דַּף כז.) דְּגָרַס הָתָם בַּלָּשׁוֹן הַזֶּה ש"מ קְדֻושַּׁת דָּמִים נִדְחֶה כְּלוֹמַר שְׁמַע מִינָּה אֲפִילּוּ דָּבָר שֶׁלֹּא קָדַשׁ תְּחִלָּה לְהַקְרָבַת גּוּפוֹ אֶלָּא לְדָמָיו כְּגוֹן הִקְדִּישׁ חֶצְיָהּ וְחֶצְיָהּ הַשֵּׁנִי חֻולִּין דָּחוּי לִיקָּרֵב לְגוּפוֹ בִּתְחִלַּת הֶקְדֵּישׁוֹ אֵינוֹ קָרֵב עוֹד לְעוֹלָם דְּהוֹאִיל וְנִדְחָה יִדָּחֶה וְלָא תֵּימָא אֵין דִּחוּי בְּקָדָשִׁים אֶלָּא הִקְדִּישׁ לְגוּפוֹ וְנִדְחָה מֵהִקָּרֵיב אֲבָל קְדֻושַּׁת דָּמִים לָא אַלִּימָא לְמֵימַר בֵּיהּ תּוֹרַת דִּחוּי וְאִי אָתְיָא לָהּ שְׁעַת הַכֹּשֶׁר הַקְרָבָה כְּגוֹן הָכָא דְּחָזַר וְלָקַח חֶצְיָהּ תִּקְרַב וְהָכָא נָמֵי הָכִי פָּרֵישְׁנָא לָהּ יֵשׁ דִּחוּי בְּדָמִים כְּגוֹן נְקֵיבָה לְפֶסַח לָא חַזְיָא גּוּפָהּ לְפֶסַח אֶלָּא כִּי אַקְדְּשָׁה לְדָמִים אַקְדְּשָׁה וְאַיְּידֵי דִּדְחוּיָה דְּלָא חַזְיָא לְאַקְרוֹבֵי גּוּפָהּ לְדָבָר שֶׁהֻוקְדְּשָׁה לָהּ אָמְרִינַן תִּדְחֶה לְעוֹלָם אֲפִילּוּ לְאַחַר הַפֶּסַח דְּכָל מוֹתַר הַפֶּסַח הָוֵי שְׁלָמִים וּנְקֵיבָה לִשְׁלָמִים מִחְזָא חַזְיָא דְּקָתָנֵי מַתְנֵי' דְּמֵי שְׁלָמִים אֲבָל גּוּפָהּ לָא אַלְמָא אַלִּימָא קְדֻושַּׁת דָּמִים לוֹמַר בָּהּ תּוֹרַת דָּחוּי וְלָא אַשְׁכְּחַן דִּפְלִיגִי תַּנָּאֵי בְּהָא מִילְּתָא מִיהוּ טוּבָא אַשְׁמְעִינַן תְּשׁוּבַת רַבֵּנוּ ע"כ וּתְמִיהָא לִי אַמַּאי גָּרַע מִמּוֹתַר הַפֶּסַח שֶׁרָאוּי לְפֶסַח כִּדְאָמְרִינַן בְּהָאִשָּׁה (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף פט:) וְנִטְרְחוּ וְנַיְיתֵי בַּמּוֹתָר:
Comme je l'ai expliqué en plusieurs endroits. On trouve cette formule dans la Guemara, à propos de ce qu'a dit Rabbi Yo'hanan : une bête de deux associés, il a consacré sa moitié, puis il a racheté l'autre moitié : elle est consacrée, et elle n'est pas offerte. On en déduit trois choses, etc., comme ici, dans Kiddouchin 7b et dans Zevahim 12a. J'en ai appris l'explication dans Keritot 27a, où la leçon porte : on en déduit que la kedouchat damim est écartée. C'est-à-dire : même une chose qui n'a pas été consacrée d'abord pour l'offrande de son corps, mais pour sa valeur - il a consacré sa moitié, l'autre moitié est houlin - est écartée, quant à être offerte en corps, dès le début de sa consécration. Elle n'est plus jamais offerte. Puisqu'elle a été écartée, elle le reste. On écarte ainsi la thèse selon laquelle l'écartement des kodachim ne vaudrait que si l'on a consacré pour le corps et que la bête a été écartée de l'offrande, la kedouchat damim n'étant pas assez forte pour qu'on y applique la règle du dihoui, de sorte que, si arrive l'heure où l'offrande est possible - ici, il a racheté l'autre moitié - elle serait offerte. Ici aussi, voici comment je l'explique. Il y a un écartement dans les damim. Exemple : une femelle pour le pesach. Son corps n'est pas apte au pesach. Quand il l'a consacrée, il l'a consacrée pour sa valeur. Et puisqu'elle est écartée, son corps n'étant pas apte à être offert pour ce à quoi elle a été consacrée, on dit qu'elle reste écartée pour toujours, même après Pessa'h. Car tout surplus de pesach devient shelamim, et une femelle est certes apte aux shelamim. Or la michna enseigne l'argent des shelamim, et non son corps. La kedouchat damim est donc assez forte pour qu'on y dise la règle du dihoui. On ne trouve pas de tannaïm en désaccord sur ce point. Il nous apprend toutefois beaucoup. Fin de la responsum de notre maître. Et je m'étonne : en quoi est-elle inférieure au surplus d'un pesach qui était apte au pesach, comme on le dit au chapitre Ha-icha (ci-dessus, Pesachim 89b) : qu'on se donne la peine de l'apporter en surplus.
🗂️ Tossefot (2)
שְׁמַע מִינַּהּ דִּחוּי מֵעִיקָּרוֹ הָוֵי דִּחוּי תֵּימַהּ לְרִ"י דִּבְפֶרֶק לוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף לג:) מַסִּיק גַּבֵּי לוּלָב דְּדָחוּי מֵעִיקָּרוֹ לָא הָוֵי דִּחוּי וְיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין דָּחוּי מֵעִיקָּרוֹ דְּגַבֵּי מִצְוֹת לְדִחוּי מֵעִיקָּרוֹ דְּהַקְרָבָה וְעוֹד דְּשָׁאנֵי הָתָם דְּמֵעִיקָּרָא אֶפְשָׁר לִמְעוּטֵי בְּתַקַּנְתָּא וְלֹא דָּחוּי גָּמוּר הוּא וא"ת מַאי קמ"ל ר' יוֹחָנָן בפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף ':) גַּבֵּי בְּהֵמָה שֶׁל שְׁנֵי שֻׁותָּפִים דְּכָל הָנְהוּ תְּלָת מִילֵּי דִּמְדַקְדֵּק מִמִּילְּתֵיהּ שָׁמְעִינַן מִמַּתְנִי' דְּהָכָא וי"ל דְּאַכַּתִּי אַשְׁמְעִינַן דְּעוֹשֶׂה תְּמוּרָה וּתְמוּרָתָהּ כַּיּוֹצֵא בָּהּ אע"ג דְּאֵינָהּ קְרֵיבָה כְּלָל וְהָא דְּלָא קָאָמַר הָתָם וש"מ דְּעוֹשֶׂה תְּמוּרָה כַּיּוֹצֵא בָּהּ לָא חֲשִׁיב אֶלָּא מִילֵּי דִּדְחִייָּה וא"ת וְנֵילַף מִמְּחֻוסַּר זְמַן דְּדָחוּי מֵעִיקָּרָא הוּא וְלָא הָוֵי דָּחוּי וְיֵשׁ לוֹמַר דְּשָׁאנֵי מְחֻוסַּר זְמַן דְּלָא אִיתְחֲזִי מֵעוֹלָם לְשׁוּם קָרְבָּן וּזְמַן קָבוּעַ לִהְיוֹת רָאוּי לַיּוֹם הַשְּׁמִינִי הִלְכָּךְ לֹא שַׁיָּיךְ לְמֵילַף מִינֵּיהּ בְּעָלְמָא:
Le Ri s'étonne. Au chapitre Loulav ha-gazoul (Souka 33b), on conclut, pour le loulav, que l'écartement dès l'origine ne compte pas comme écartement. On peut distinguer l'écartement dès l'origine en matière de mitsvot et l'écartement dès l'origine en matière d'offrande. De plus, là-bas le cas diffère : dès l'origine on peut faire disparaître le défaut par une réparation (takana), et l'écartement y reste incomplet. Si l'on objecte : qu'est-ce que Rabbi Yo'hanan nous apprend, au premier chapitre de Kiddouchin, au sujet de la bête de deux associés ? Toutes ces trois choses qu'on tire de sa parole, on les déduit déjà de notre michna. On répond : il nous apprend encore qu'elle produit une temoura, et que sa temoura lui est semblable, bien qu'elle ne soit pas offerte du tout. Là-bas, il ne dit pas qu'on en déduit qu'elle produit une temoura semblable à elle, parce qu'il ne compte que les points d'écartement. Si l'on objecte : déduisons-le du mehoussar zeman, la bête qui n'a pas l'âge, écartée dès l'origine et qui pourtant n'est pas tenue pour écartée. On répond : le mehoussar zeman diffère. Il n'a jamais été apte à aucun sacrifice, et un temps fixé le rend apte au huitième jour. On ne peut donc pas en tirer une règle pour les autres cas.
וּשְׁמַע מִינַּהּ יֵשׁ דִּחוּי בְּדָמִים פרש"י בִּתְשׁוּבָתוֹ דַּאֲפִילּוּ דָּבָר שֶׁלֹּא קָדַשׁ מִתְּחִלָּה קְדֻושַּׁת הַגּוּף אֶלָּא לִקְדֻושַּׁת דָּמִים דָּחוּי הוּא מִלִּקָּרֵב לְבַסּוֹף דְּלָא תֵּימָא אֵין דִּחוּי אֶלָּא בְּדָבָר הַקָּדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף וְנִדְחָה מֵהַקְרָבָה אֲבָל קְדֻושַּׁת דָּמִים לָא אַלִּימָא לְמִידְחֵי וְתֵימַהּ לר"י הָא כָּל דָּחוּי מֵעִיקָּרוֹ הוּא דִּחוּי בְּדָמִים וְאִם כֵּן כֵּיוָן דְּאָמַר דְּדָחוּי מֵעִיקָּרוֹ הָוֵי דָּחוּי שָׁמְעִינַן נַמֵּי דְּיֵשׁ דִּחוּי בְּדָמִים ואור"י דְּמַשְׁכַּחַת לֵיהּ דָּחוּי מֵעִיקָּרוֹ בְּקִדּוּשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף כְּגוֹן שֶׁשָּׁחַט וְקִיבֵּל הַדָּם בִּכְלִי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מַיִם דְּרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן דָּחוּי הוּא הִלְכָּךְ אֲפִילּוּ לְבַסּוֹף רַבָּה הַדָּם וְיֵשׁ בּוֹ מַרְאִית דָּם הָוֵי דָּחוּי וּלְהָכֵי אִיצְטְרִיךְ תּוּ לְאַשְׁמְעִינַן דְּאַפֵּי' בְּדָמִים יֵשׁ דָּחוּי ובפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף ז:) מְפֹורָשׁ כָּל הַצֹּורֶךְ:
Rachi explique dans sa responsum : même une chose qui n'a pas été consacrée au départ en kedouchat ha-gouf, mais en kedouchat damim, est écartée et ne sera pas offerte à la fin. On écarte la thèse selon laquelle l'écartement ne vaudrait que pour une chose consacrée en kedouchat ha-gouf, puis écartée de l'offrande, la kedouchat damim n'étant pas assez forte pour écarter. Le Ri s'étonne : tout écartement dès l'origine est un écartement de damim. Dès lors, puisqu'il a dit que l'écartement dès l'origine est un écartement, on en déduit aussi qu'il y a un écartement dans les damim. Le Ri répond : on trouve un écartement dès l'origine dans une chose consacrée en kedouchat ha-gouf. Exemple : on a fait la chehita et reçu le sang dans un récipient qui contient de l'eau. Chaque première part est écartée. Dès lors, même si à la fin le sang augmente et prend l'aspect du sang, il reste écarté. C'est pourquoi il faut encore apprendre que, même pour les damim, il y a un écartement. Au premier chapitre de Kiddouchin (7b), la chose est expliquée autant qu'il le faut.
💡 Explication

Deuxième règle : dihoui me-ikara havi dihoui. La femelle, ou le mâle dans sa deuxième année, n'a jamais été apte au pesach. L'écartement compte pourtant. Un avis, Souka 33b, limite le dihoui au cas nireh ve-nidche : d'abord apte, puis écarté.

Troisième règle : yech dihoui be-damim. La femelle est consacrée pour sa valeur, kedouchat damim, et non pour que son corps soit le pesach. Cette sainteté suffit à écarter le corps pour toujours. Après Pessa'h, on n'offre qu'avec l'argent.

Tossefot séparent ce dihoui de celui du loulav. Ils montrent aussi un dihoui dès l'origine en kedouchat ha-gouf : le sang reçu dans un récipient qui contient déjà de l'eau. La troisième règle ne fait donc pas double emploi avec la deuxième.

4
הַמַּפְרִישׁ פִּסְחוֹ וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמַּפְרִישׁ אֶת פִּסְחוֹ וּמֵת, אִם בְּנוֹ מְמֻונֶּה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשׁוּם פֶּסַח, אֵין בְּנוֹ מְמֻונֶּה עִמּוֹ — יְבִיאֶנּוּ לְשׁוּם שְׁלָמִים לְשִׁשָּׁה עָשָׂר. לְשִׁשָּׁה עָשָׂר אִין, לַחֲמִשָּׁה עָשָׂר — לָא. קָא סָבַר: נְדָרִים וּנְדָבוֹת אֵין קְרֵיבִין בְּיוֹם טוֹב.

" Celui qui met à part son pesach, etc. " Nos maîtres ont enseigné : celui qui met à part son pesach et meurt, si son fils est inscrit avec lui, il l'apportera au titre de pesach ; si son fils n'est pas inscrit avec lui, il l'apportera au titre de shelamim, le seize.

Le seize, oui ; le quinze, non. Il tient que les vœux (nedarim) et les offrandes volontaires (nedavot) ne sont pas offerts le jour de fête.

📜 Rachi (1)
בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ אִם הָיָה בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ וַעֲדַיִין יֵשׁ לוֹ בְּעָלִים:
Si son fils était inscrit avec lui, la bête a encore des propriétaires.
💡 Explication

Retour sur la michna. La beraïta distingue. Fils manouï avec le père : des propriétaires restent, il apporte la bête en pesach. Fils non inscrit : shelamim, et seulement le 16 nissan.

Le 16, oui ; le 15, non. Le 15 est Yom Tov. La beraïta tient que les nedarim et les nedavot ne sont pas offerts un jour de fête. Le shelamim issu d'un pesach dont les maîtres sont morts entre dans cette catégorie.

5
דְּמִית הָאָב אֵימַת? אִילֵּימָא דְּמִית קֹודֶם חֲצוֹת, בְּנוֹ מְמֻונֶּה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשׁוּם פֶּסַח? הָא חָלָה אֲנִינוּת עִילָּוֵיהּ מֵעִיקָּרָא!

Quand le père est-il mort ? Si l'on dit qu'il est mort avant midi (hatsot) : son fils, inscrit avec lui, l'apporterait au titre de pesach ?

Mais l'aninoute a pris effet sur lui dès le début !

📜 Rachi (1)
אִי נֵימָא דְּמִית קֹודֶם חֲצוֹת וּבוֹ בַּיּוֹם הָא חָל אֲנִינוּת עָלֶיהָ בְּרֵישָׁא וְתוּ לָא חָיְילָא עֲלֵיהּ חִיּוּבָא דְּפֶסַח לַהֲבִיאוֹ בִּפְנֵי עַצְמָן כְּדִתְנַן (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף צֵא.) וְכֻולָּן אֵין שׁוֹחֲטִין עֲלֵיהֶן בִּפְנֵי עַצְמָן וּמַתְנִי' קָתָנֵי יְבִיאֶנּוּ דְּמַשְׁמַע הוּא עַצְמוֹ:
Et ce même jour. L'aninoute a pris effet sur lui d'abord, et ensuite l'obligation du pesach ne prend plus effet sur lui pour qu'il l'apporte pour lui seul, comme la michna l'enseigne (ci-dessus, Pesachim 91a) : et sur aucun d'eux on n'égorge pour eux seuls. Et le texte enseigne " il l'apportera ", ce qui vise lui-même.
🗂️ Tossefot (1)
הָא חָייֵל עָלֶיהָ אֲנִינוּת אַף עַל גַּב דְּקָרֵינָא בֵּיהּ לְפִי אָכְלוֹ בַּלַּיְלָה מִכָּל מָקוֹם אֵינוֹ יָכוֹל לְשַׁלֵּחַ קָרְבְּנוֹתָיו כִּדְאָמְרִינַן (זְבָחִים דַּף צט:) שְׁלָמִים בִּזְמַן שֶׁהוּא שָׁלֵם:
Bien qu'on puisse lire à son sujet " selon ce qu'il mangera " (lefi okhlo) la nuit, il ne peut tout de même pas envoyer ses sacrifices, comme on le dit (Zevahim 99b) : les shelamim, au temps où il est entier (shalem).
💡 Explication

Hatsot, midi du 14 nissan, fait naître l'obligation du pesach. Mort avant midi : l'aninoute du fils précède cette obligation.

Un onen n'offre pas pour lui seul (Pesachim 91a). La beraïta dit pourtant qu'il apporte le pesach. Tossefot : même s'il pourra manger la nuit, au titre de lefi okhlo, il ne peut pas envoyer le sacrifice. Les shelamim exigent un maître shalem, entier (Zevahim 99b).

6
אֶלָּא דְּמִית אַחַר חֲצוֹת. אֵין בְּנוֹ מְמֻונֶּה עִמּוֹ — יְבִיאֶנּוּ לְשׁוּם שְׁלָמִים? הָא קְבַעְתֵּיהּ חֲצוֹת!

Dis plutôt qu'il est mort après midi. Son fils n'est pas inscrit avec lui : il l'apporterait au titre de shelamim ?

Mais midi l'a fixée !

📜 Rachi (2)
אֶלָּא דְּמֵת אַחַר חֲצוֹת דְּכֵיוָן דְּחָייְלָא עָלֶיהָ דִּין פֶּסַח בְּרֵישָׁא שׁוֹחֵט לְעַצְמוֹ וְלָא חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא יְבִיאוּהוּ לְבֵית הַפְּסוּל דְּמִזְהָר זָהִיר מִשּׁוּם חוֹבַת פֶּסַח דְּחָיֵיל עָלֶיהָ מֵעִיקָּרָא אֲבָל כִּי חָייְלָא אֲנִינוּת בְּרֵישָׁא לָא זָהִיר וּבְמֵת יוֹם אוֹ יוֹמַיִם קֹודֶם לָא מָצֵי לְאוֹקְמָא אֶלָּא סְתָמָא דְמִילְּתָא בּוֹ בַּיּוֹם הָיוּ מַפְרִישִׁין פִּסְחֵיהֶן:
Puisque le statut de pesach a pris effet sur lui d'abord, il égorge pour lui-même. On ne craint pas qu'on l'amène à l'invalidité (beit ha-passoul) : il se garde soigneusement, à cause de l'obligation du pesach qui a pris effet sur lui dès le début. Si l'aninoute a pris effet d'abord, il ne se garde pas. On ne peut pas poser une mort un jour ou deux jours plus tôt. Le cas ordinaire est qu'on mettait les pesachim à part le jour même.
הָא קְבָעַתּוּ חֲצוֹת לְפֶסַח וְאִידְּחִי מִשְּׁלָמִים דְּהָא תְּנַן (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף צו:) הַפֶּסַח הָעוֹמֵד בַּחֲצוֹת וְלֹא הִקְרִיבוֹ יִרְעֶה:
Pour le pesach, et elle est écartée des shelamim. Car la michna enseigne (ci-dessus, Pesachim 96b) : le pesach qui se tient à midi et qu'on n'a pas offert, paîtra.
💡 Explication

Mort après midi : le fils non inscrit apporterait des shelamim. Or hatsot kovea : midi a fixé la bête comme pesach. Non offerte, elle est écartée des shelamim et doit paître (Pesachim 96b).

Les deux heures font difficulté. Avant midi, le pesach du fils inscrit ne tient pas. Après midi, les shelamim du fils non inscrit ne tiennent pas.

7
אָמַר (רָבָא): לְעוֹלָם דְּמִית קֹודֶם חֲצוֹת, וּמַאי יְבִיאֶנּוּ לְשׁוּם פֶּסַח — לְשׁוּם פֶּסַח שֵׁנִי.

Rava a dit : en réalité, il est mort avant midi. Et que signifie " il l'apportera au titre de pesach " ?

Au titre du second pesach (pesach cheni).

📜 Rachi (1)
לְשֵׁם פֶּסַח שֵׁנִי אִם לֹא עָשָׂה אֶת הָרִאשׁוֹן מִפְּנֵי אֲנִינוּתוֹ:
S'il n'a pas fait le premier à cause de son aninoute.
💡 Explication

Rava maintient la mort avant midi. " Au titre de pesach " vise le pesach cheni, le 14 iyar. Le fils inscrit n'a pas fait le premier pesach à cause de l'aninoute. Il apporte cette bête au second pesach, une fois le deuil aigu passé.

8
אַבַּיֵּי אָמַר, לִצְדָדִין קָתָנֵי: מֵת אַחַר חֲצוֹת — בְּנוֹ מְמֻונֶּה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשׁוּם פֶּסַח. מֵת קֹודֶם חֲצוֹת — אֵין בְּנוֹ מְמֻונֶּה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשׁוּם שְׁלָמִים.

Abaye a dit : elle enseigne par cas séparés (le-tsedadin). Mort après midi : son fils est inscrit avec lui, il l'apportera au titre de pesach.

Mort avant midi : son fils n'est pas inscrit avec lui, il l'apportera au titre de shelamim.

📜 Rachi (2)
לִצְדָדִין קָתָנֵי מֵת אַחַר חֲצוֹת דְּחָייְלָא עָלֶיהָ זְמַן חִיּוּבָא דְּפֶסַח בְּרֵישָׁא וּבְנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ וְנִשְׁאֲרוּ לוֹ בְּעָלִים יְבִיאֶנּוּ לְשֵׁם פֶּסַח אֵין בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ לָא מַיְירֵי בָּהּ מִידִי וּמִמַּתְנִי' שָׁמְעִינַן יִרְעֶה דְּהָא קָבַעְתִּי' חֲצוֹת:
S'il est mort après midi, le temps de l'obligation du pesach a pris effet sur lui d'abord, son fils est inscrit avec lui, et il lui reste des propriétaires : il l'apportera au titre de pesach. S'il n'est pas inscrit avec lui, elle ne traite rien de ce cas, et de la michna on déduit qu'elle paîtra, car midi l'a fixée.
מֵת קֹודֶם חֲצוֹת וְאֵין בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשֵׁם שְׁלָמִים דְּלָא קְבַעְתֵּיהּ חֲצוֹת וְאִם בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ לָא אִיצְטְרִיךְ לְאוֹרוֹיֵי בָּהּ מִידֵּי דְּוַדַּאי מִיקָּרַב לְפֶסַח שֵׁנִי וְאַשְׁמְעִינַן מִינָּהּ דְּהֵיכָא דְּחָל עָלֶיהָ חִיּוּבָא דְּפֶסַח בְּרֵישָׁא שׁוֹחֲטִין עָלָיו. ל"א הָא חָל עֲלֵיהּ אֲנִינוּת בְּרֵישָׁא וְתוּ לָא חָיְילָא עֲלֵיהּ חִיּוּבָא דְּפֶסַח וְהָא דִּתְנַן (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף צ:) שׁוֹחֲטִין עַל הָאוֹנֵן ה"מ הֵיכָא דְּחָיְילָא חוֹבַת פֶּסַח עָלֶיהָ בְּרֵישָׁא וַהֲדַר חָל עָלֶיהָ אֲנִינוּת:
Car midi ne l'a pas fixée. Et si son fils est inscrit avec lui, il n'était pas besoin d'enseigner quoi que ce soit : à coup sûr, on l'offre au pesach cheni. Et l'on nous apprend que, là où l'obligation du pesach a pris effet d'abord, on égorge pour lui. Autre version : l'aninoute a pris effet sur lui d'abord, et ensuite l'obligation du pesach ne prend plus effet sur lui. Et ce que la michna enseigne (ci-dessus, Pesachim 90b), " on égorge pour l'onen ", ne vise que le cas où l'obligation du pesach a pris effet sur lui d'abord, et où l'aninoute prend effet ensuite.
💡 Explication

Abaye : la beraïta enseigne le-tsedadin, par cas séparés, qui ne se répondent pas.

Mort après midi et fils inscrit : l'obligation du pesach a précédé l'aninoute, des propriétaires restent, on offre le pesach. Mort avant midi et fils non inscrit : midi n'a pas fixé, on offre en shelamim.

La beraïta ne parle pas des deux autres cas. Mort après midi sans inscription : la michna, la bête paît, midi l'ayant fixée. Mort avant midi avec inscription : pesach cheni, sans qu'il faille l'enseigner. Autre version de Rachi : si l'aninoute précède, l'obligation du pesach ne naît plus. " On égorge pour l'onen " (Pesachim 90b) vise l'obligation d'abord, l'aninoute ensuite.

🖼️ Schéma
Abaye : la beraïta enseigne le-tsedadinDeux cases sont dites. Les deux autres se déduisent ailleurs.Fils inscritFils non inscritMort aprèsmidiPesachCase dite par la beraïtaElle paîtMidi a fixé (michna)Mort avantmidiPesach cheniÉvident, non enseignéShelamim le 16Case dite par la beraïta
Les deux cases dites par Abaye, et les deux cas que la beraïta laisse de côté.
9
רַב שֶׁרָבְיָא אָמַר: לְעוֹלָם דְּמִית לְאַחַר חֲצוֹת, וּכְגוֹן שֶׁהָיָה אָבִיו גּוֹסֵס בַּחֲצוֹת.

Rav Cherevya a dit : en réalité, il est mort après midi, dans un cas où son père était agonisant (gosses) à midi.

📜 Rachi (1)
שֶׁהָיָה אָבִיו גּוֹסֵס בַּחֲצוֹת וּמֵת לְאַחַר חֲצוֹת בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשֵׁם פֶּסַח דְּהָא חָל עָלֶיהָ חִיּוּבָא דְּפֶסַח בְּרֵישָׁא אֵין בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשֵׁם שְׁלָמִים דְּכֵיוָן דְּבַחֲצוֹת הָיָה גּוֹסֵס וְרֹוב גּוֹסְסִין לְמִיתָה לֹא קְבַעְתֵּיהּ חֲצוֹת:
Et il est mort après midi. Si le fils est inscrit avec lui, il l'apportera au titre de pesach, car l'obligation du pesach a pris effet sur lui d'abord. S'il n'est pas inscrit avec lui, il l'apportera au titre de shelamim : puisqu'à midi il était agonisant, et que la plupart des agonisants vont à la mort, midi ne l'a pas fixée.
💡 Explication

Rav Cherevya maintient la mort après midi. Le père était gosses, agonisant, déjà à midi.

Présomption : rov gossesin le-mita, la plupart des agonisants meurent. Midi ne fixe pas une bête que son maître ne pourra pas offrir. Le fils non inscrit l'apporte en shelamim. Le fils inscrit l'apporte en pesach : l'obligation a pris effet avant la mort.

🖼️ Schéma
Rav Cherevya : le père est gosses à midiMidiLe père agonise déjàPrésomptionRov gossesin le-mitaAprès midiIl meurtMidi ne fixe pas. Fils non inscrit : shelamim. Fils inscrit : pesach.
Agonisant à midi : la présomption de mort empêche midi de fixer le pesach.
10
רַב אַשִּׁי אָמַר: לְעוֹלָם דְּמִית לְאַחַר חֲצוֹת, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר: אֵין בַּעֲלֵי חַיִּים נִדְחִין.

Rav Achi a dit : en réalité, il est mort après midi, et c'est l'avis de Rabbi Chimon, qui a dit : les animaux vivants ne sont pas écartés.

📜 Rachi (1)
לְעוֹלָם דְּמִית אַחַר חֲצוֹת וּדְקַשְׁיָא לָךְ הֵיאַךְ יִקְרַב שְׁלָמִים הָא קְבַעְתֵּיהּ חֲצוֹת וְאִידְחֵי ר' שִׁמְעוֹן הִיא דְּאָמַר בְּסֵדֶר יוֹמָא בְּפֶ' ב' שְׂעִירֵי (יוֹמָא סג:) בַּעֲלֵי חַיִּים אֵין נִדְחִין אֶלָּא מֵחֲמַת מוּם אוֹ אֶתְנָן וּמְחִיר שֶׁאֵינָן רְאוּיִין אֲבָל לְמַה שֶׁהוּא רָאוּי יִקְרַב וְהַאי חֲזִי לִשְׁלָמִים:
Et ce qui te faisait difficulté : comment serait-elle offerte en shelamim, alors que midi l'a fixée et qu'elle a été écartée ? C'est l'avis de Rabbi Chimon. Il dit, dans le traité Yoma, au chapitre Chnei Seirim (Yoma 63b) : les animaux vivants ne sont écartés qu'à cause d'un défaut (moum), d'un etnan (salaire interdit) ou d'un mehir (prix d'un chien), qui sont inaptes. Pour ce à quoi il est apte, il est offert. Et celui-ci est apte aux shelamim.
💡 Explication

Rav Achi maintient la mort après midi, et il lit la beraïta selon Rabbi Chimon : ein baalei 'hayim nidchin.

Un animal vivant reste écarté de façon durable à cause d'un moum, d'un etnan ou d'un mehir, interdits sur l'autel. Pour ce à quoi il est apte, il est offert. Midi a fixé, la mort a écarté, la bête reste apte aux shelamim : on l'offre. C'est le refus de la première déduction de Rav Houna.

11
רָבִינָא אָמַר: כְּגוֹן שֶׁהִפְרִישׁוֹ אַחַר חֲצוֹת וּמֵתוּ בְּעָלִים אַחַר חֲצוֹת, וְקָא סָבַר חֲצוֹת קָבַע.

Ravina a dit : par exemple, on l'a mis à part après midi et les propriétaires sont morts après midi, et il tient que midi fixe (hatsot kovea).

📜 Rachi (1)
ה"ג רָבִינָא אָמַר כְּגוֹן שֶׁהִפְרִישׁוֹ אַחַר חֲצוֹת וּמֵתוּ בְּעָלָיו אַחַר חֲצוֹת בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לְשֵׁם פֶּסַח דְּחִיּוּבָא דְּפֶסַח חָייְלָא בְּרֵישָׁא אֵין בְּנוֹ נִמְנֶה עִמּוֹ יְבִיאֶנּוּ לִשְׁלָמִים דְּכֵיוָן דְּבַחֲצוֹת עֲדַיִין לֹא הֻופְרַשׁ אֵין כָּאן קֶבַע לִדְחוֹת וְקָסָבַר תַּנָּא דִידַן חֲצוֹת קֶבַע וְלֹא כָּל שְׁאָר זְמַן שְׁחִיטָה:
Voici la leçon : Ravina a dit, par exemple on l'a mis à part après midi et son propriétaire est mort après midi. Si le fils est inscrit avec lui, il l'apportera au titre de pesach, car l'obligation du pesach a pris effet d'abord. S'il n'est pas inscrit avec lui, il l'apportera en shelamim : puisqu'à midi il n'était pas encore mis à part, il n'y a pas de fixation qui écarte. Et notre tanna tient que midi fixe, et non tout le reste du temps de la chehita (abattage).
💡 Explication

Ravina : mise à part après midi, mort des propriétaires après midi. Le tanna tient hatsot kovea : seul midi fixe, et non le reste du temps de la chehita.

À midi la bête n'était pas encore consacrée. Aucune fixation ne l'écarte des shelamim. Le fils non inscrit l'offre en shelamim. Le fils inscrit l'offre en pesach : l'obligation du pesach a pris effet avant la mort.

12
מַתְנִי׳ הַפֶּסַח שֶׁנִּתְעָרֵב בִּזְבָחִים — כֻּולָּן יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ, וְיִמָּכְרוּ, וְיָבִיא בִּדְמֵי הַיָּפֶה שֶׁבָּהֶן מִמִּין זֶה וּבִדְמֵי הַיָּפֶה שֶׁבָּהֶן מִמִּין זֶה, [וְיַפְסִיד] הַמּוֹתָר מִבֵּיתוֹ.

Michna. Le pesach qui s'est mélangé à des sacrifices (zevahim) : tous paîtront jusqu'à ce qu'ils contractent un défaut, on les vendra, et il apportera, avec la valeur du plus beau d'entre eux, de cette espèce, et avec la valeur du plus beau d'entre eux, de cette autre espèce, et il perdra le surplus sur ses biens.

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' הַפֶּסַח שֶׁנִּתְעָרֵב בִּזְבָחִים שְׁלֹשָׁה טְלָאִים א' שֶׁל פֶּסַח וְא' שֶׁל אָשָׁם וְא' שֶׁל עוֹלָה וְנִתְעָרֵב הַפֶּסַח בֵּינֵיהֶן כֻּולָּם יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ וְיִמָּכְרוּ וְיָבִיא בִּדְמֵי הַיָּפֶה שֶׁבָּהֶן עוֹלָה דְּשֶׁמָּא הַיָּפֶה עוֹלָה הָיָה וּבִדְמֵי הַיָּפֶה שֶׁבָּהֶן אָשָׁם שֶׁמָּא הַיָּפֶה אָשָׁם הָיָה וּבִדְמֵי הַיָּפֶה שֶׁבָּהֶן פֶּסַח אִם קֹודֶם הַפֶּסַח [נִסְתָּאֲבוּ] וְאִם לְאַחַר הַפֶּסַח נִסְתָּאֲבוּ יְבִיאֶנּוּ שְׁלָמִים דְּשֶׁמָּא הַיָּפֶה פֶּסַח הָיָה וְאוֹתוֹ מֻותָּר שֶׁהוּא צָרִיךְ לְהוֹסִיף עַל הַשְּׁנַיִם עַד שֶׁיַּגִּיעוּ לִדְמֵי הַיָּפֶה שֶׁבָּהֶן יַפְסִיד מִבֵּיתוֹ מִשֶּׁלּוֹ וא"ת הֲרֵי הוּא מַחְלִיף שֶׁמֵּבִיא שְׁלָמִים בִּדְמֵי הָאָשָׁם אוֹ בִּדְמֵי הָעוֹלָה וַהֲרֵי קְדֻושַּׁת הַבְּהֵמָה חָלְתָה עַל מָעוֹת דָּמֶיהָ וְאֵין מְשַׁנִּין מִקְּדֻושָּׁה לִקְדֻושָּׁה כְּשֶׁבָּא לְחַלְּלָן לְהַבְּהֵמוֹת כָּךְ הוּא עוֹשֶׂה אִם יָפֶה שֶׁבָּהֶן שָׁוֶה סֶלַע מֵבִיא ג' סְלָעִים מִבֵּיתוֹ וְנוֹטֵל הַסֶּלַע הָאַחַת וְאוֹמֵר כָּל מָקוֹם שֶׁהִיא הָעוֹלָה הֲרֵי מְחֻולֶּלֶת עַל הַסֶּלַע זוֹ וְיָבִיא מִמֶּנּוּ עוֹלָה וְנוֹטֵל סֶלַע הַשֵּׁנִית וְאוֹמֵר כָּל מָקוֹם שֶׁהוּא הָאָשָׁם הֲרֵי הוּא מְחֻולָּל עַל סֶלַע זוֹ וּמֵבִיא בּוֹ אָשָׁם וְכֵן לִשְׁלָמִים:
Trois agneaux : un de pesach, un d'acham, un d'ola, et le pesach s'est mélangé parmi eux. Tous paîtront jusqu'à ce qu'ils contractent un défaut, on les vendra. Il apportera, avec la valeur du plus beau, une ola, car le plus beau était peut-être l'ola ; avec la valeur du plus beau, un acham, car le plus beau était peut-être l'acham ; avec la valeur du plus beau, un pesach, s'ils ont contracté le défaut avant Pessa'h. S'ils l'ont contracté après Pessa'h, il l'apportera en shelamim, car le plus beau était peut-être le pesach. Et le surplus qu'il doit ajouter aux deux autres jusqu'à atteindre la valeur du plus beau, il le perd sur ses biens, de son argent. Si l'on objecte : il permute, puisqu'il apporte des shelamim avec l'argent de l'acham ou avec l'argent de l'ola, et la sainteté de la bête a pris effet sur l'argent de son prix, or on ne change pas une sainteté pour une autre. Quand il vient les désacraliser en vue des bêtes, voici ce qu'il fait. Si le plus beau vaut un sela, il apporte trois sela de ses biens. Il prend le premier sela et dit : où qu'elle soit, l'ola est désacralisée sur ce sela, et il en apportera une ola. Il prend le deuxième sela et dit : où qu'il soit, l'acham est désacralisé sur ce sela, et il en apporte un acham. Et de même pour les shelamim.
💡 Explication

Michna. Un pesach s'est mélangé à d'autres zevahim, par exemple un acham et une ola. Aucune bête ne peut être offerte au hasard : le rite du sang diffère.

Toutes paissent jusqu'au moum. On les vend. Pour chaque espèce, on rachète une bête au prix du plus beau du lot : le plus cher appartenait peut-être à cette espèce. Le surplus, motar, sort de sa poche.

Avant Pessa'h, la part du pesach sert à un pesach. Après Pessa'h, à un shelamim. Rachi empêche le transfert d'une kedoucha à une autre : trois sela distincts, et une formule de hilloul pour chaque sainteté.

🖼️ Schéma
Hilloul : une pièce par saintetéLe plus beau vaut un sela. Il apporte trois sela de ses biens.Sela 1Où qu'elle soit, l'olaest désacralisée ici.Il en apporte une ola.Sela 2Où qu'il soit, l'achamest désacralisé ici.Il en apporte un acham.Sela 3Même formulepour les shelamim.Pas de transfert.Chaque kedoucha reste sur sa pièce, puis sur sa bête.
Trois sela, trois formules : chaque sainteté est rachetée à part, sans passer de l'une à l'autre.
13
נִתְעָרֵב בִּבְכוֹרוֹת, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אִם חֲבוּרַת כֹּהֲנִים — יֹאכְלוּ.

S'il s'est mélangé à des premiers-nés (bekhorot), Rabbi Chimon dit : si c'est une compagnie de cohanim, ils mangeront.

📜 Rachi (2)
נִתְעָרֵב בִּבְכוֹרוֹת שֶׁמַּתַּן דָּמָן וּמַתָּן דַּם הַפֶּסַח שָׁוֶה וְאֵין טְעוּנִין תְּנוּפַת חָזֶה וָשׁוֹק וְלֹא סְמִיכָה וּנְסָכִים:
Car l'application de leur sang et l'application du sang du pesach sont identiques. Ils n'exigent ni le balancement de la poitrine et de la cuisse (tenoufa), ni l'imposition des mains (semikha), ni les libations (nesakhim).
ר"ש אוֹמֵר אִם כָּל הַחֲבוּרָה כֻּולָּהּ כֹּהֲנִים הָיוּ יֹאכְלוּ אֶת כֻּולָּם בּוֹ בַּלַּיְלָה וְיִקְרַב פֶּסַח לְשֵׁם פֶּסַח כָּל מָקוֹם שֶׁהוּא וְהַבְּכוֹרוֹת לְשֵׁם בְּכוֹר בְּכָל מָקוֹם שֶׁהֵן:
Si toute la compagnie était des cohanim, ils mangeront toutes les bêtes cette nuit-là. Le pesach sera offert au titre de pesach, où qu'il soit, et les premiers-nés au titre de premier-né, où qu'ils soient.
💡 Explication

Mélange avec des bekhorot. Rabbi Chimon : si la havoura est entièrement de cohanim, ils mangent toutes les bêtes la nuit du pesach.

Le matan dam du premier-né et celui du pesach sont les mêmes. Ni l'un ni l'autre n'a de tenoufa de la poitrine et de la cuisse, ni de semikha, ni de nesakhim. On offre chaque bête sous son nom, où qu'elle soit dans le mélange. Les cohanim mangent le premier-né : une havoura de cohanim peut donc tout manger.

🖼️ Schéma
Pesach mélangé à des bekhorot : havoura de cohanimRabbi Chimon : ils mangent toutes les bêtes la nuit du pesachRites communsMême matan damPas de tenoufa, ni semikha,ni nesakhimIntentionPesach au titre de pesach,bekhor au titre de bekhor,où que soit la bêteLes cohanim mangent le bekhor. Une havoura de cohanim peut donc tout manger.
Bekhor et pesach : même sang, pas de tenoufa ni de semikha. Les cohanim mangent les deux.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).