Pesachim 98b - Bekhor mélangé, pesach perdu, haburot qui s'échangent un membre

Pesachim 98b

Sougya : L'amud achève la michna du pesach mélangé à des bekhorot. Rabbi Shimon laisse une habura de kohanim tout manger la nuit du pesach, quitte à amener des kodashim au beit ha-pasul.

Les Rabbins refusent. Rava, pour eux, attend le défaut, fait passer la sainteté du pesach sur une bête grasse, et le mélange se mange comme un bekhor baal moum.

Une michna nouvelle suit le pesach perdu : selon qui a nommé l'autre, on sait qui mange, ce qui brûle, et qui est dispensé du pesach sheni. Puis deux haburot, ou deux particuliers, dont les pesachim se sont mélangés : une formule de retrait pour qu'aucune bête ne reste sans propriétaire.

Amener des kodashim au beit ha-pasulPesach mêlé à des bekhorot : Rabbi Shimon et les RabbinsRabbi ShimonOn amène au beit ha-pasulPreuve : acham et shelamimTout le lot abattu au nordRepas selon l'ashamPesach et bekhorotHabura de kohanimTout se mange la nuitdu pesachLe bekhor brûle à l'aubeLes RabbinsOn n'amène pas au beit ha-pasulAcham, ola : on fait paîtreVente, puis le sacrificeavec le prixLe bekhor : lo tifdePas de pidyonRava : attendre le moumSainteté sur la bête grasseRepas en bekhor baal moumL'horloge qui crée le beit ha-pasulPesach : la nuit, jusqu'au matin. Bekhor : deux jours et une nuit.
Rabbi Shimon raccourcit le temps du bekhor à la nuit du pesach. Les Rabbins envoient paître, et Rava déplace la sainteté du pesach parce que le bekhor ne se rachète pas.
Pesach perdu : qui a nommé l'autre ?L'ordre d'abattage décide le repas, la combustion, le pesach sheniEux l'ont nomméSors, cherche, abats pour nousSien d'abord : tous du sienLe leur brûle, sans baalimLeur d'abord : chacun le sienInconnu : lui seul mangeLe leur brûleDispensés du pesach sheniLui les a nommésSi je tarde, abattez pour moiLeur d'abord : tous du leurLe sien brûleSien d'abord : chacun le sienInconnu : eux seuls mangentLe sien brûleLui, dispensé du pesach sheniChacun a nommé l'autreTous mangent du premierLe second brûleOrdre inconnu : les deux brûlentDispensés du pesach sheniPersonne n'a nomméAucune responsabilitéChacun mange le sienL'ordre reste indifférentPas de pesach à brûlerInscrits sur le premier : l'akhila ne bloque pasLe repas manque, le pesach sheni ne s'impose pas
Quatre formules de nomination. L'ordre d'abattage fixe le repas et la combustion. Inscrits sur le premier, ils sont dispensés du pesach sheni.
Pesachim mélangés : garder un propriétaireDeux haburot, puis le même geste à cinq ou dix1. TirerChaque haburaprend un pesachdu mélange2. EnvoyerUn membrepassedans l'autrehabura3. DireSi c'est le nôtreretire-toi du tienSi c'est le tiennous quittonsle nôtre4. ResterUn baald'originedemeuresur la bêteInterdit : toute la habura se retireLe pesach resterait sans propriétairesRabbi Yehuda et Rabbi Yose, d'après la beraita citée par Rachi
Deux haburot tirent chacune un pesach, s'échangent un membre, et stipulent. Un propriétaire d'origine reste. Toute la habura ne peut pas se retirer.
1
גְּמָ׳ וְהָא קָא מַייְתֵי קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל?

Guemara. Or, n'amène-t-il pas des kodashim (choses saintes) au beit ha-pasul (la maison de l'invalidation) ?

📜 Rachi (1)
גְּמָ' וְהָא קָא מַייְתֵי קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל לר"ש קָא פָּרֵיךְ דִּמְמַעֵט בִּזְמַן אֲכִילַת הַבָּשָׂר וְשׂוֹרְפוֹ לְנוֹתָר עַד בֹּקֶר שֶׁלֹּא כַּדִּין מִשּׁוּם סָפֵק פֶּסַח והל"ל יִרְעוּ שֶׁדִּין הַבְּכוֹר לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד:
L'objection vise Rabbi Shimon. Il réduit le temps où l'on mange la viande, et il brûle le notar (le reste) au matin, hors de la règle, à cause du doute du pesach. Il aurait fallu dire : qu'ils aillent paître. Car la règle du bekhor (premier-né) est de deux jours et une nuit.
💡 Explication

La michna, en haut de l'amud précédent, parle d'un pesach mélangé à des bekhorot. Rabbi Shimon : si la habura est faite de kohanim, ils mangent tout le lot la nuit du pesach.

Le bekhor se mange deux jours et une nuit. Le pesach, la nuit seulement, jusqu'au matin. Manger le bekhor aux heures du pesach, c'est le brûler à l'aube alors qu'il est encore permis. C'est amener des kodashim au beit ha-pasul : on le fait sortir du temps où il était valide.

2
רַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: מְבִיאִין קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל. דִּתְנַן: אָשָׁם שֶׁנִּתְעָרֵב בִּשְׁלָמִים — רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: יִשְׁחֲטוּ בַּצָּפוֹן, וְיֹאכְלוּ כַּחֹומֶר שֶׁבָּהֶן.

Rabbi Shimon parle selon son principe. Car il a dit : on amène des kodashim au beit ha-pasul.

Comme nous l'avons appris : un acham (sacrifice de culpabilité) qui s'est mélangé à des shelamim (sacrifices de paix), Rabbi Shimon dit : qu'on les abatte au nord, et qu'on les mange selon la rigueur du plus strict d'entre eux.

📜 Rachi (2)
מְבִיאִין קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל לְמַעֵט בִּזְמַן אֲכִילָתָן מוּטָב מִלְּנַתְּקָן לִרְעִיָּיה:
Réduire le temps où on les mange vaut mieux que de les arracher pour les envoyer paître.
יִשְׁחֲטוּ בַּצָּפוֹן כְּחֹומֶר אָשָׁם וְלֹא כִּשְׁלָמִים בְּכָל מָקוֹם וְיֵאָכְלוּ כַּחֹומֶר שֶׁבָּהֶן כְּתוֹרַת הָאָשָׁם לְזִכְרֵי כְהֻונָּה לְיוֹם וָלַיְלָה לִפְנִים מִן הַקְּלָעִים:
Selon la rigueur de l'acham, et non comme les shelamim, que l'on abat en tout lieu. Et qu'on les mange selon la rigueur du plus strict : selon la règle de l'acham, par les hommes de la kehunah (les kohanim), un jour et une nuit, à l'intérieur des kelaim (les rideaux de l'enceinte).
💡 Explication

Rabbi Shimon a déjà tranché ainsi pour un acham mêlé à des shelamim. L'asham s'abat au nord, se mange un jour et une nuit, par des kohanim, dans les kelaim. Les shelamim s'abattent dans tout le parvis et se mangent deux jours et une nuit, à Jérusalem.

Traiter tout le lot comme l'asham raccourcit les shelamim. Rabbi Shimon l'accepte. Mieux vaut réduire le temps que d'arracher les bêtes et de les envoyer paître.

3
אָמְרוּ לוֹ: אֵין מְבִיאִין קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל.

Ils lui ont dit : on n'amène pas des kodashim au beit ha-pasul.

📜 Rachi (1)
לְבֵית הַפָּסוּל שֶׁמְּמַעֵט בִּזְמַן אֲכִילַת הַשְּׁלָמִים אֶלָּא יִרְעוּ:
Il réduit le temps où l'on mange les shelamim. Qu'ils aillent paître.
💡 Explication

Les Rabbins refusent le geste de Rabbi Shimon. Réduire le temps des shelamim, c'est déjà le beit ha-pasul. Leur issue : les bêtes paissent jusqu'au défaut, puis on les vend.

4
וְרַבָּנָן, הֵיכִי עָבְדִינַן? אָמַר רָבָא: נַמְתִּין לוֹ עַד שֶׁיּוּמְמוּ, וְיָבִיא בְּהֵמָה שְׁמֵינָה, וְלֵימָא: כֹּל הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ לְפֶסַח — תָּחוּל עֲלֵיהּ דְּהַאי, וְאָכֵיל לְהוּ בְּתוֹרַת בְּכוֹר בַּעַל מוּם.

Et les Rabbins, comment fait-on ? Rava a dit : attendons, pour lui, qu'ils contractent un défaut ; qu'il apporte une bête grasse, et qu'il dise : partout où se trouve le pesach, que sa sainteté prenne effet sur celle-ci.

Et il les mange selon la règle du bekhor baal moum (premier-né atteint d'un défaut).

📜 Rachi (5)
וְרַבָּנָן דְּאָמְרִי אֵין מְבִיאִין הֵיכִי עָבְדִינַן לְפֶסַח שֶׁנִּתְעָרֵב בִּבְכוֹרוֹת בִּשְׁלָמָא גַּבֵּי אָשָׁם שֶׁנִּתְעָרֵב בִּשְׁלָמִים אוֹ פֶּסַח שֶׁנִּתְעָרֵב בְּעוֹלָה וְאָשָׁם אִיכָּא לְמֵימַר יִרְעוּ וְיִמָּכְרוּ וְיָבִיא בִּדְמֵיהֶן אוֹתָן קָרְבָּנוֹת כְּדַאֲמַרַן לְעֵיל אֲבָל בְּכוֹר נֶאֱמַר בּוֹ לֹא תִּפָּדֶה וְאֵין לוֹ פִּדְיוֹן וְאֵינוֹ תּוֹפֵס אֶת דָּמָיו וְאֵינוֹ יוֹצֵא מִקְּדֻושָּׁתוֹ לָחוּל עַל הַמָּעוֹת אֶלָּא נֶאֱכָל בְּמוּמוֹ לְכֹהֵן וּפֶסַח בַּר פִּדְיוֹן הוּא וְאֵינוֹ נֶאֱכָל בְּלֹא פִּדְיוֹן:
Les Rabbins, qui disent qu'on n'amène pas [au beit ha-pasul] : comment fait-on pour un pesach mélangé à des bekhorot ? Soit, pour un acham mélangé à des shelamim, ou un pesach mélangé à une ola (holocauste) et à un acham, on peut dire : qu'ils paissent, qu'on les vende, et qu'il apporte avec leur prix ces sacrifices, comme nous l'avons dit plus haut. Mais pour le bekhor il est dit : tu ne le rachèteras pas. Il n'a pas de pidyon (rachat). Il ne saisit pas son prix. Il ne sort pas de sa sainteté pour qu'elle prenne effet sur les pièces. Il se mange, avec son défaut, par le kohen. Le pesach, lui, admet un pidyon, et on ne le mange pas sans pidyon.
מַמְתִּין עַד שֶׁיּוּמְמוּ וְיָבִיא בְּהֵמָה שְׁמֵינָה בְּיָפֶה שֶׁבָּהֶן:
Par la plus belle d'entre elles.
וְנֵימָא כֹּל הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ לְפֶסַח תֵּיחוּל קְדֻושְׁתֵּיהּ אַהָנָךְ מָעוֹת וּמַייְתִי בְּהָנָךְ מָעוֹת שְׁלָמִים כְּדִין מוֹתַר הַפֶּסַח:
Que sa sainteté prenne effet sur ces pièces, et qu'il apporte avec ces pièces des shelamim, selon la règle du motar ha-pesach (surplus du pesach).
וְאָכִיל לְהוּ לְכָל הַתַּעֲרֹובֶת:
Tout le mélange.
בְּתוֹרַת בְּכוֹר בַּעַל מוּם וְאֵיזוֹ הִיא תּוֹרָתוֹ אֵין נִשְׁחָט בְּאִטְלִיז וְאֵין נִמְכָּר בְּאִטְלִיז וְאֵין נִשְׁקָל בְּלִיטְּרָא וְאִם הָיָה מַכִּיר בְּפֶסַח שֶׁנִּפְדָּה הָיָה שׁוֹחֲטוֹ וּמוֹכְרוֹ בְּאִטְלִיז אִם יִרְצֶה:
Et quelle est sa règle ? On ne l'abat pas à l'atliz (l'étal), on ne le vend pas à l'atliz, on ne le pèse pas à la litra (à la livre). S'il reconnaissait le pesach qui a été racheté, il l'abattrait et le vendrait à l'atliz, s'il le voulait.
💡 Explication

Le procédé ordinaire, paître puis vendre, échoue sur le bekhor. Le verset dit lo tifde : tu ne le rachèteras pas. Sa sainteté ne passe pas sur l'argent. Le pesach, lui, se rachète. Tant qu'il est dans le lot, on ne peut pas manger le mélange comme de simples bekhorot tarés.

Rava : on attend le moum. On apporte une bête grasse. On stipule : là où est le pesach, sa sainteté prend effet sur celle-ci. Le lot se mange alors comme un bekhor baal moum.

Rachi lit la bête grasse comme la plus belle d'entre elles, et la sainteté sur les pièces : avec cet argent, des shelamim, règle du motar ha-pesach. Tout le mélange suit les limites du bekhor taré : pas d'atliz, pas de litra. Le pesach, une fois racheté et reconnu, pourrait se vendre à l'étal.

🖼️ Schéma
Rava : pesach mêlé à des bekhorot, selon les RabbinsLe bekhor ne passe pas sur les pièces. On déplace le pesach.1. DéfautOn attendle moumsur tout le lot2. Bête grasseRachi : la plusbelle d'entre ellesLes pièces3. StipulationOù est le pesachsa saintetéprend effetShelamim4. RepasTout le mélangeen bekhorbaal moumLe kohenLimites du bekhor taréPas d'abattage à l'atliz, pas de vente à l'étal, pas de pesée à la litra
Quatre temps de Rava. Rachi fait tomber la sainteté sur les pièces de la plus belle, puis des shelamim. Le lot se mange en bekhor baal moum.
5
מַתְנִי׳ חֲבוּרָה שֶׁאָבַד פִּסְחָהּ וְאָמְרוּ לְאֶחָד ״צֵא וּבַקֵּשׁ וּשְׁחֹוט עָלֵינוּ״, וְהָלַךְ וּמָצָא וְשָׁחַט, וְהֵם לָקְחוּ וְשָׁחֲטוּ, אִם שֶׁלּוֹ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ, וְהֵם אוֹכְלִין עִמּוֹ מִשֶּׁלּוֹ. וְאִם שֶׁלָּהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הֵם אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶן, וְהוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ.

Michna. Une habura (groupe inscrit sur un même pesach) dont le pesach s'est perdu.

Ils ont dit à l'un : "Sors, cherche, et abats pour nous." Il est allé, il a trouvé, et il a abattu. Eux ont pris [une autre bête] et ont abattu.

Si le sien a été abattu le premier, il mange du sien, et eux mangent avec lui du sien. Si le leur a été abattu le premier, ils mangent du leur, et lui mange du sien.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' צֵא וּבִקֵּשׁ אֶת הָאָבוּד וּשְׁחֹוט עָלֵינוּ:
Le perdu, et abats-le pour nous.
אִם שֶׁלּוֹ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן הוֹאִיל וְהֵם אָמְרוּ לוֹ שְׁחוֹט עָלֵינוּ עַל שֶׁלּוֹ הֵם נִמְנִין וְשׁוּב אֵין יְכוֹלִין לְהִימָּנוֹת עַל שֶׁלָּהֶן וְשֶׁלָּהֶן יִשָּׂרֵף דְּפֶסַח בְּלֹא בְּעָלִים הוּא וְאוֹכְלִין כֻּולָּן מִשֶּׁלּוֹ:
Puisqu'ils lui ont dit "abats pour nous", c'est sur le sien qu'ils sont inscrits, et ils ne peuvent plus s'inscrire sur le leur. Le leur sera brûlé, car c'est un pesach sans baalim (propriétaires). Et tous mangent du sien.
וְאִם שֶׁלָּהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן הוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ שֶׁהֲרֵי לֹא נִמְנָה עַל שֶׁלָּהֶן וְהֵם אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶן שֶׁהֲרֵי חָזְרוּ בָּהֶן מִן הָאָבוּד וּמָשְׁכוּ יְדֵיהֶן מִמֶּנּוּ:
Car il n'était pas inscrit sur le leur. Et eux mangent du leur, car ils sont revenus sur le perdu et ont retiré leurs mains de lui.
💡 Explication

Nouvelle michna. La habura envoie un des siens chercher le pesach perdu, avec mandat : abats pour nous. Pendant ce temps, elle abat une autre bête.

S'il a abattu le premier, tous sont inscrits sur le sien. Le leur n'a plus de baalim : il brûle. S'ils ont abattu les premiers, ils se sont retirés du perdu (meshikhat yadayim, retrait des mains). Lui n'était pas inscrit sur le leur : chacun mange le sien.

6
וְאִם אֵינוֹ יָדוּעַ אֵיזֶה מֵהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן, אוֹ שֶׁשָּׁחֲטוּ שְׁנֵיהֶם כְּאֶחָד — הוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ, וְהֵם אֵינָם אוֹכְלִין עִמּוֹ, וְשֶׁלָּהֶן יֵצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה. וּפְטוּרִין מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.

Et si l'on ne sait pas lequel des deux a été abattu le premier, ou s'ils ont abattu les deux en même temps : lui mange du sien, eux ne mangent pas avec lui, et le leur sort vers le beit ha-sereifa (le lieu de la combustion). Et ils sont dispensés de faire un pesach sheni (second pesach).

📜 Rachi (3)
וְהֵן אֵינָן אוֹכְלִין עִמּוֹ שֶׁמָּא שֶׁלָּהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן וְנִמְשְׁכוּ מִזֶּה:
Peut-être le leur a été abattu le premier, et ils se sont retirés de celui-ci.
וְשֶׁלָּהֶן יֵצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה שֶׁמָּא שֶׁלּוֹ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן וְאֵין נִמְנִים עַל הַשֵּׁנִי:
Peut-être le sien a été abattu le premier, et l'on ne s'inscrit pas sur le second.
וּפְטוּרִין מִפֶּסַח שֵׁנִי דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ בָּרִאשׁוֹן נִימְנוּ וַאֲכִילָה לָא מְעַכְּבָא:
Car, dans les deux hypothèses, ils ont été inscrits sur le premier, et l'akhila (le repas) n'est pas me'akev (elle n'empêche pas l'accomplissement).
🗂️ Tossefot (1)
וּפְטוּרִין מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי לָא דָּמֵי לְהָא דְּאָמַר לְעֵיל (פְּסָחִים פח:) שָׁכַח לִפְנֵי זְרִיקָה חַיָּיבִין לַעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי:
Cela ne ressemble pas à ce qui est dit plus haut (Pesachim 88b) : s'il a oublié avant la zerika (aspersion du sang), ils sont tenus de faire un pesach sheni.
💡 Explication

L'ordre est inconnu, ou les deux shehitot (abattages) sont simultanées. Deux craintes. Si le leur est premier, ils se sont retirés du sien : ils ne mangent pas avec lui. Si le sien est premier, le leur est un second pesach, sans inscription : il va au beit ha-sereifa.

Dans les deux cas ils étaient inscrits sur le premier. L'akhila manque, et elle n'est pas me'akev. Ils sont dispensés du pesach sheni.

Tossefot écarte le cas de 88b : un oubli avant la zerika oblige au pesach sheni. Ici l'inscription sur le premier a eu lieu.

🖼️ Schéma
Ordre inconnu : deux craintes en sens inverseEux l'ont nommé. On ne sait pas qui a abattu le premier.Crainte sur le sienLe leur a été abattu d'abordIls se sont retirés du sienIls ne mangent pas avec luiCrainte sur le leurLe sien a été abattu d'abordOn ne s'inscrit plus au secondLe leur part à la combustionDans les deux cas, inscrits sur le premierDispensés du pesach sheni. L'akhila n'empêche pas.
Deux craintes opposées quand l'ordre est inconnu. L'inscription sur le premier dispense du pesach sheni.
7
אָמַר לָהֶן: ״אִם אִחַרְתִּי — צְאוּ וּשְׁחָטוֹ עָלַי״. הָלַךְ וּמָצָא וְשָׁחַט, וְהֵן לָקְחוּ וּשְׁחָטוֹ. אִם שֶׁלָּהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הֵן אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶן, וְהוּא אוֹכֵל עִמָּהֶן. וְאִם שֶׁלּוֹ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ, וְהֵן אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶם.

Il leur a dit : "Si je tarde, sortez et abattez pour moi." Il est allé, il a trouvé, et il a abattu. Eux ont pris et ont abattu.

Si le leur a été abattu le premier, ils mangent du leur, et lui mange avec eux. Si le sien a été abattu le premier, il mange du sien, et eux mangent du leur.

📜 Rachi (2)
אָמַר לָהֶם אִם אִיחַרְתִּי שְׁחָטוּ עָלַי יָחִיד שֶׁהָלַךְ לְבַקְּשׁוֹ וְאָמַר לִבְנֵי חֲבוּרָה אִם אִיחַרְתִּי שְׁחָטוֹ עָלַי וְהַמְנוּנִי עִמָּכֶם וְהֵן לֹא אָמְרוּ שָׁחוּט עָלֵינוּ:
Un particulier qui est allé le chercher, et qui a dit aux membres de la habura : si je tarde, abattez pour moi et inscrivez-moi avec vous. Et eux ne lui ont pas dit "abats pour nous".
הוּא אוֹכֵל עִמָּהֶן וְשֶׁלּוֹ יִשָּׂרֵף דְּכֵיוָן שֶׁהִמְנוּהוּ עַל שֶׁלָּהֶן הֲרֵי נִמְשַׁךְ מִן הָרִאשׁוֹן וְחָזַר בּוֹ מִשְּׁלִיחוּתוֹ:
Et le sien sera brûlé. Car, une fois qu'ils l'ont inscrit sur le leur, le voilà retiré du premier, et il s'est dédit de son mandat (shelichut).
💡 Explication

Cas inverse. C'est lui qui les nomme : si je tarde, abattez pour moi. Eux ne lui ont pas dit d'abattre pour eux.

S'ils ont abattu les premiers, il est inscrit avec eux. Le sien brûle : il s'est retiré du premier. S'il a abattu le premier, il mange du sien, et eux du leur : ils ne lui avaient pas donné mandat sur le perdu.

8
וְאִם אֵינוֹ יָדוּעַ אֵיזֶה מֵהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן, אוֹ שֶׁשָּׁחֲטוּ שְׁנֵיהֶם כְּאֶחָד — הֵן אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶן, וְהוּא אֵינוֹ אוֹכֵל עִמָּהֶן. וְשֶׁלּוֹ יֵצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה, וּפָטוּר מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.

Et si l'on ne sait pas lequel des deux a été abattu le premier, ou s'ils ont abattu les deux en même temps : eux mangent du leur, et lui ne mange pas avec eux. Le sien sort vers le beit ha-sereifa, et il est dispensé de faire un pesach sheni.

📜 Rachi (2)
וְשֶׁלּוֹ יֵצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה שֶׁמָּא שֶׁלָּהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן וְנִמְשַׁךְ מִשֶּׁלּוֹ שֶׁהֲרֵי עֲשָׂאָן שְׁלוּחִין:
Peut-être le leur a été abattu le premier, et il s'est retiré du sien, puisqu'il les a faits shlihim (mandataires).
וּפָטוּר מִפֶּסַח שֵׁנִי מִמַּה נַפְשָׁךְ בָּרִאשׁוֹן יָצָא:
Dans les deux hypothèses, il est quitte par le premier.
💡 Explication

Même doute, rôles renversés. Eux mangent le leur à coup sûr : en l'abattant, ils ont quitté le perdu. Lui ne mange pas avec eux : peut-être a-t-il abattu le premier, et il n'est alors plus sur le leur. Son pesach brûle, de crainte qu'il s'en soit retiré.

Mima nafshakh (dans les deux hypothèses) il est quitte par le premier. Dispensé du pesach sheni.

9
אָמַר לָהֶן וְאָמְרוּ לוֹ — אוֹכְלִין כֻּולָּן מִן הָרִאשׁוֹן. וְאִם אֵין יָדוּעַ אֵיזֶה מֵהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — שְׁנֵיהֶן יוֹצְאִין לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה.

Il leur a dit, et ils lui ont dit : tous mangent du premier. Et si l'on ne sait pas lequel des deux a été abattu le premier, les deux sortent vers le beit ha-sereifa.

📜 Rachi (2)
אָמַר לָהֶם שְׁחָטוֹ עָלַי אִם אִיחַרְתִּי וְאָמְרוּ לוֹ בַּקֵּשׁ וּשְׁחֹוט עָלֵינוּ יֹאכְלוּ כֻּולָּן מִן הָרִאשׁוֹן דְּהֵם שְׁלוּחָיו וְהוּא שְׁלוּחָם:
[Il leur a dit :] abats pour moi si je tarde. Et ils lui ont dit : cherche et abats pour nous. Tous mangeront du premier, car eux sont ses shlihim et lui est leur shaliah (mandataire).
וְאִם אֵין יָדוּעַ אֵיזֶהוּ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן יִשָּׂרְפוּ שְׁנֵיהֶם וּפְטוּרִין מִפֶּסַח שֵׁנִי:
On brûlera les deux, et ils sont dispensés du pesach sheni.
💡 Explication

Les deux formules sont dites. Chacun est shaliah de l'autre. Tout le monde est donc sur le pesach abattu le premier. Le second brûle.

Si l'ordre est inconnu, chaque bête est peut-être la seconde. Les deux vont au beit ha-sereifa. Rachi ajoute qu'ils sont dispensés du pesach sheni.

10
לֹא אָמַר לָהֶן וְלֹא אָמְרוּ לוֹ — אֵין אַחֲרָאִין זֶה לָזֶה.

Il ne leur a pas dit, et ils ne lui ont pas dit : ils ne sont pas responsables l'un de l'autre.

📜 Rachi (1)
אֵינָן אַחֲרָאִין זֶה לָזֶה אֵין אַחְרָיוּת וְטַעֲנָה זֶה עַל זֶה וְאֵין זֶה וְזֶה חוֹשְׁשִׁין אֵיזוֹ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן אֶלָּא הֵן אוֹכְלִים מִשֶּׁלָּהֶם וְהוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ:
Il n'y a ni responsabilité ni réclamation de l'un envers l'autre. Ni les uns ni l'autre ne se soucient de savoir lequel a été abattu le premier. Eux mangent du leur, et lui mange du sien.
💡 Explication

Aucune formule. Personne n'est inscrit sur la bête de l'autre. Chacun mange la sienne. L'ordre d'abattage ne change rien : il n'y a pas d'ahariout (responsabilité) de l'un sur l'autre.

11
שְׁתֵּי חֲבוּרוֹת שֶׁנִּתְעָרְבוּ פִּסְחֵיהֶן, אֵלּוּ מוֹשְׁכִין לָהֶן אֶחָד וְאֵלּוּ מוֹשְׁכִין לָהֶן אֶחָד. אֶחָד מֵאֵלּוּ בָּא לוֹ אֵצֶל אֵלּוּ, וְאֶחָד מֵאֵלּוּ בָּא לוֹ אֵצֶל אֵלּוּ, וְכָךְ הֵם אוֹמְרִים: אִם שֶׁלָּנוּ הוּא הַפֶּסַח הַזֶּה — יָדֶיךָ מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלְּךָ וְנִמְנֵיתָ עַל שֶׁלָּנוּ. וְאִם שֶׁלְּךָ הוּא הַפֶּסַח הַזֶּה — יָדֵינוּ מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלָּנוּ וְנִמְנֵינוּ עַל שֶׁלָּךְ.

Deux haburot dont les pesachim se sont mélangés. Celles-ci tirent pour elles un, et celles-là tirent pour elles un.

L'un de celles-ci vient auprès de celles-là, et l'un de celles-là vient auprès de celles-ci. Et voici ce qu'ils disent : si ce pesach est le nôtre, tes mains sont retirées du tien et tu es inscrit sur le nôtre ; et si ce pesach est le tien, nos mains sont retirées du nôtre et nous sommes inscrits sur le tien.

📜 Rachi (4)
אֵלּוּ מוֹשְׁכִין לָהֶם אֶחָד מִן הַפְּסָחִים וְאֵלּוּ מוֹשְׁכִין אֶחָד:
Parmi les pesachim, et celles-là en tirent un.
אֶחָד מִבְּנֵי חֲבוּרָה זוֹ בָּא לוֹ אֵצֶל חֲבוּרָה זוֹ וְאֶחָד מִזּוֹ בָּא לוֹ אֵצֶל זוֹ:
Un des membres de cette habura vient auprès de cette habura, et un de celle-là vient auprès de celle-ci.
וְכֵן הֵם אוֹמְרִים לְאוֹתוֹ יָחִיד הַבָּא אֶצְלָן:
À ce particulier qui vient auprès d'elles.
אִם שֶׁלָּנוּ הוּא פֶּסַח זֶה שֶׁמִּשְׁכְּנוֹ אֵלֵינוּ וְיָפֶה בֵּירַרְנוּ אֶת שֶׁלָּנוּ מְשׁוֹךְ יָדֶיךָ מִשֶּׁלְּךָ וְהֵימֶנָּה עִמָּנוּ עַל שֶׁלָּנוּ וְאִם שֶׁלְּךָ הוּא פֶּסַח זֶה הֲרֵי אַתָּה עָלָיו וְיָדֵינוּ מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלָּנוּ וִיהֵא לִבְנֵי חֲבוּרָה הָאַחֶרֶת וְנִמְנֵינוּ עַל זֶה שֶׁלְּךָ נִמְצָא אִם הֶחֱלִיפוּ הֲרֵי זֶה הֻומְשְׁכוּ כָּל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה מִשֶּׁלָּהֶן וְנִמְנוּ עַל אוֹתוֹ שֶׁבֵּירְרוּ וְכֵן בְּנֵי חֲבוּרָה הַשְּׁנִיָּה אוֹמְרִים לַיָּחִיד הַבָּא אֶצְלָן וְעַל כָּרְחֵינוּ צָרִיךְ אֶחָד מֵאֵלּוּ לָבוֹא אֵצֶל אֵלּוּ וְלִימָּנוֹת עִמָּהֶן וְלָא אָמְרִינַן יִמָּשְׁכוּ אֵלּוּ מִשֶּׁלָּהֶן בְּכָל מָקוֹם שֶׁהוּא וְאֵלּוּ מִשֶּׁלָּהֶן וְיַחְזְרוּ וִימַנּוּ אֵלּוּ עַל הָאֶחָד וְאֵלּוּ עַל הָאֶחָד מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן בַּבָּרַיְיתָא בגמ' בֵּין לְרַבִּי יְהוּדָה בֵּין לְר' יוֹסֵי אָסוּר לִימָּשֵׁךְ כָּל בְּנֵי חֲבוּרָה מִן הַפֶּסַח לְהַנִּיחוֹ בְּלֹא בְּעָלִים וְעַכְשָׁיו כְּשֶׁהָאֶחָד מִבְּנֵי הַחֲבוּרָה זוֹ בָּא אֵצֶל הַחֲבוּרָה הָאַחֶרֶת מִמַּה נַפְשָׁךְ אֵין כָּאן פֶּסַח בְּלֹא בְּעָלִים אִם יָפֶה בֵּירְרוּ הֲרֵי כָּל חֲבוּרָתוֹ עָלָיו חוּץ מִן הָאֶחָד שֶׁפֵּירַשׁ מֵהֶן וּמָשַׁךְ יָדוֹ וְאִם הֵם הֶחֱלִיפוּ הֲרֵי הָלַךְ אֶחָד מֵהֶם עִם חֲבוּרָה הָאַחֶרֶת וּכְשֶׁמָּשְׁכוּ הַנּוֹתָרִים אֶת יְדֵיהֶן מִמֶּנּוּ נִשְׁאַר הוּא עָלָיו:
Celui que nous avons tiré vers nous, et nous avons bien distingué le nôtre : retire tes mains du tien et inscris-toi avec nous sur le nôtre. Et si ce pesach est le tien, te voilà sur lui ; nos mains sont retirées du nôtre ; il sera aux membres de l'autre habura ; et nous nous inscrivons sur celui-ci, le tien. Il en résulte : s'ils ont interverti, chaque habura s'est retirée du sien et s'est inscrite sur celui qu'elle a choisi. De même, les membres de la seconde habura le disent au particulier qui vient auprès d'elles. Et de force, il faut que l'un de celles-ci vienne auprès de celles-là et s'inscrive avec elles. On ne dit pas : que celles-ci se retirent du leur, où qu'il soit, et celles-là du leur, puis que celles-ci s'inscrivent de nouveau sur l'un et celles-là sur l'un. Car on dit dans une beraita, dans la Guemara, tant selon Rabbi Yehuda que selon Rabbi Yose : il est interdit que tous les membres d'une habura se retirent du pesach et le laissent sans baalim. Et maintenant, quand l'un des membres de cette habura vient auprès de l'autre habura, dans les deux hypothèses il n'y a pas ici de pesach sans baalim. S'ils ont bien distingué, toute sa habura est sur lui, hormis celui qui s'est séparé d'eux et a retiré sa main. Et s'ils ont interverti, l'un d'eux est allé avec l'autre habura, et quand les restants ont retiré leurs mains de lui, lui est resté sur lui.
💡 Explication

Deux haburot, deux pesachim mêlés. Chacune tire une bête. Chacune envoie un membre chez l'autre. On lui dit la formule.

Si la bête tirée est la nôtre, l'arrivant quitte la sienne et s'inscrit ici. Si elle est la sienne, nous quittons la nôtre et nous nous inscrivons sur la sienne. L'autre habura dit la même phrase à l'arrivant qu'elle reçoit.

Pourquoi un homme doit passer : Rabbi Yehuda et Rabbi Yose interdisent que toute une habura se retire et laisse un pesach sans baalim. Avec un membre déjà passé chez l'autre, dans les deux hypothèses quelqu'un reste.

🖼️ Schéma
Pesachim mélangés : garder un propriétaireDeux haburot, puis le même geste à cinq ou dix1. TirerChaque haburaprend un pesachdu mélange2. EnvoyerUn membrepassedans l'autrehabura3. DireSi c'est le nôtreretire-toi du tienSi c'est le tiennous quittonsle nôtre4. ResterUn baald'originedemeuresur la bêteInterdit : toute la habura se retireLe pesach resterait sans propriétairesRabbi Yehuda et Rabbi Yose, d'après la beraita citée par Rachi
Tirer, envoyer un membre, dire la formule. Un propriétaire d'origine reste sur chaque pesach.
12
וְכֵן חָמֵשׁ חֲבוּרוֹת שֶׁל חֲמִשָּׁה חֲמִשָּׁה וְשֶׁל עֲשָׂרָה עֲשָׂרָה — מוֹשְׁכִין לָהֶן אֶחָד מִכָּל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה וְכֵן הֵם אוֹמְרִים.

Et de même cinq haburot de cinq personnes chacune, ou de dix chacune : elles tirent pour elles un de chaque habura, et elles disent de même.

📜 Rachi (2)
וְכֵן חָמֵשׁ חֲבוּרוֹת שֶׁל חָמֵשׁ חָמֵשׁ בְּנֵי אָדָם שֶׁנִּתְעָרְבוּ פִּסְחֵיהֶם כָּל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה מוֹשְׁכִים לָהֶם א' מִן הַפְּסָחִים וְחָמֵשׁ אֲנָשִׁים שֶׁבְּכָל חֲבוּרָה וְחַבּוּרָה מִתְחַלְּקִין לַחֲמִשָּׁה פְּסָחִים שֶׁאִם הֶחֱלִיפוּ לֹא יְהֵא כָּאן פֶּסַח שֶׁלֹּא יְהֵא אֶחָד מִבְּעָלָיו הָרִאשׁוֹנִים עָלָיו:
Des personnes dont les pesachim se sont mélangés. Chaque habura tire pour elle un des pesachim, et les cinq hommes de chaque habura se répartissent sur les cinq pesachim, afin que, s'ils ont interverti, chaque pesach garde l'un de ses propriétaires d'origine.
וְכֵן הֵם אוֹמְרִים כְּשֶׁנַּעֲשׂוּ עַתָּה חֲבוּרוֹת חֲדָשִׁים אוֹמְרִים הָאַרְבָּעָה לְאֶחָד אִם שֶׁלְּךָ הוּא פֶּסַח זֶה יָדַי אַרְבַּעְתֵּינוּ מִשּׂוֹכִין מֵאַרְבָּעָה פִּסְחֵינוּ בְּכָל מָקוֹם שֶׁהֵן וְנִימְנִינוּ עִמְּךָ וְכָךְ הֵן חוֹזְרִין וְאוֹמְרִים לַשֵּׁנִי וְכֵן הָאַרְבָּעָה לְכָל א' שֶׁבַּחֲבוּרָה וְכֵן כָּל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה:
Quand elles sont devenues maintenant de nouvelles haburot, les quatre disent à l'un : si ce pesach est le tien, les mains de nous quatre sont retirées de nos quatre pesachim, où qu'ils soient, et nous nous inscrivons avec toi. Et ainsi ils se tournent et le disent au second, et ainsi les quatre à chacun de la habura, et ainsi chaque habura.
💡 Explication

Le même procédé, à cinq ou à dix. Chaque habura tire un pesach. Les hommes se répartissent : un de chaque groupe d'origine sur chaque bête.

Dans la habura nouvelle, les quatre disent à chacun : si ce pesach est le tien, nous quittons nos pesachim, où qu'ils soient, et nous nous inscrivons avec toi. Ainsi, même en cas d'échange, un propriétaire d'origine reste sur chaque bête.

13
שְׁנַיִם שֶׁנִּתְעָרְבוּ פִּסְחֵיהֶן — זֶה מוֹשֵׁךְ לוֹ אֶחָד וְזֶה מוֹשֵׁךְ לוֹ אֶחָד, זֶה מְמַנֶּה עִמּוֹ אֶחָד מִן הַשּׁוּק וְזֶה מְמַנֶּה עִמּוֹ אֶחָד מִן הַשּׁוּק,

Deux [particuliers] dont les pesachim se sont mélangés : celui-ci tire pour lui un, et celui-là tire pour lui un ; celui-ci inscrit avec lui quelqu'un du marché, et celui-là inscrit avec lui quelqu'un du marché.

📜 Rachi (1)
שֶׁנִּתְעָרְבוּ פִּסְחֵיהֶן רְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן שֶׁנִּתְעָרְבוּ פִּסְחֵיהֶן רְאוּבֵן מוֹשֵׁךְ לוֹ אֶחָד וְשִׁמְעוֹן מוֹשֵׁךְ לוֹ אֶחָד רְאוּבֵן הוֹלֵךְ וּמִמֶּנָּה עִמּוֹ אֶת לֵוִי מִן הַשּׁוּק וְאוֹמֵר כָּל מָקוֹם שֶׁהוּא פֶּסַח שֶׁלִּי הֲרֵי אַתָּה נִמְנֶה עָלָיו שִׁמְעוֹן מְמַנֶּה עִמּוֹ אֶת יְהוּדָה מִן הַשּׁוּק דְּעַכְשָׁיו יְהוּ שְׁנַיִם עַל כָּל אֶחָד כָּל מָקוֹם שֶׁהוּא:
Reouven et Shimon, dont les pesachim se sont mélangés. Reouven tire pour lui un, Shimon tire pour lui un. Reouven va et inscrit avec lui Levi, pris au marché, et il dit : partout où se trouve mon pesach, tu es inscrit dessus. Shimon inscrit avec lui Yehuda, pris au marché. Maintenant ils sont deux sur chacun, partout où il se trouve.
💡 Explication

Ici il n'y a pas de habura, seulement deux particuliers. S'ils se retirent l'un vers l'autre, le pesach quitté resterait sans baal, le temps que l'autre s'inscrive.

Chacun inscrit d'abord un homme du marché, sur son pesach où qu'il soit. Rachi les nomme : Reouven avec Levi, Shimon avec Yehuda. La suite de la phrase est au segment suivant.

14
זֶה בָּא אֵצֶל זֶה, וְזֶה בָּא אֵצֶל זֶה, וְכָךְ הֵם אוֹמְרִים: אִם שֶׁלִּי הוּא פֶּסַח זֶה — יָדֶיךָ מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלְּךָ וְנִמְנֵיתָ עַל שֶׁלִּי, וְאִם שֶׁלְּךָ הוּא פֶּסַח זֶה — יָדַי מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלִּי וְנִמְנֵיתִי עַל שֶׁלָּךְ.

Celui-ci vient auprès de celui-là, et celui-là vient auprès de celui-ci, et voici ce qu'ils disent : si ce pesach est le mien, tes mains sont retirées du tien et tu es inscrit sur le mien ; et si ce pesach est le tien, mes mains sont retirées du mien et je suis inscrit sur le tien.

📜 Rachi (1)
זֶה בָּא אֵצֶל זֶה רְאוּבֵן בָּא לוֹ אֵצֶל פֶּסַח שֶׁמָּשַׁךְ לוֹ שִׁמְעוֹן וְשִׁמְעוֹן בָּא לוֹ אֵצֶל פֶּסַח שֶׁמָּשַׁךְ לוֹ רְאוּבֵן וְכֵן אוֹמֵר רְאוּבֵן לִיהוּדָה הַנִּשְׁאָר עַל פֶּסַח שֶׁבֵּירֵר לוֹ שִׁמְעוֹן אִם שֶׁלְּךָ הוּא פֶּסַח זֶה שֶׁיָּפֶה בֵּירֵר לוֹ שִׁמְעוֹן תְּחִלָּה הֲרֵי יָדִי מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלִּי וַהֲרֵינִי נִמְנֶה עִמְּךָ עַל זֶה וְאִם שֶׁלִּי הוּא פֶּסַח זֶה שֶׁלֹּא כִּיוּוּנֵנוּ לְבָרֵר תְּחִלָּה יָפֶה וְאֵין זֶה פֶּסַח שֶׁנִּימְנֵית עָלָיו עִם שִׁמְעוֹן הֲרֵי יָדֶיךָ מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלְּךָ וְהַמָּנֶה עַל זֶה וּלְכָךְ הֻוצְרַךְ כָּל אֶחָד לְהִמָּנוֹת אֶחָד מִן הַשּׁוּק שֶׁאִם בָּאוּ לְהַתְנוֹת כְּשֶׁהֵן יְחִידִין וְלוֹמַר אִם שֶׁלִּי הוּא פֶּסַח זֶה וְשֶׁלְּךָ שֶׁלְּךָ הֲרֵי יָפֶה בֵּירַרְנוּ וְאִם לָאו הֲרֵינִי מוֹשֵׁךְ מִשֶּׁלִּי וְנִמְנֶה עַל שֶׁלְּךָ נִמְצָא כְּשֶׁהוּא נִמְשָׁךְ מִשֶּׁלּוֹ הֲרֵי הוּא מַנִּיחַ פִּסְחוֹ כְּמוֹת שֶׁהוּא כְּלוֹמַר בְּלֹא בְּעָלִים שֶׁעֲדַיִין לֹא נִמְנָה אַחֵר עָלָיו וְאַפֵּי' לְר' יוֹסֵי לֵית לֵיהּ וְהָא לֵיכָּא לְמֵימַר שֶׁיְּמַנֶּה כָּל א' עַל שֶׁל חֲבֵירוֹ קֹודֶם שֶׁיִּמָּשֵׁךְ מִשֶּׁלּוֹ דְּהַנִּמְנֶה עַל שְׁנֵי פְּסָחִים אֵין זֶה מִנְיָן:
Reouven vient auprès du pesach que Shimon a tiré pour lui, et Shimon vient auprès du pesach que Reouven a tiré pour lui. Et ainsi Reouven dit à Yehuda, qui reste sur le pesach que Shimon a choisi : si ce pesach est le tien, celui que Shimon a d'abord bien distingué, mes mains sont retirées du mien et je m'inscris avec toi sur celui-ci. Et si ce pesach est le mien, celui que nous n'avons pas d'abord bien distingué, et ce pesach n'est pas celui sur lequel tu t'es inscrit avec Shimon : tes mains sont retirées du tien, et inscris-toi sur celui-ci. C'est pourquoi chacun a dû inscrire quelqu'un du marché. Car s'ils venaient stipuler alors qu'ils sont seuls, et dire : si ce pesach est le mien et que le tien est le tien, nous avons bien distingué ; sinon, je me retire du mien et je m'inscris sur le tien : il en résulte qu'en se retirant du sien, il laisse son pesach tel quel, c'est-à-dire sans baalim, puisqu'un autre ne s'y est pas encore inscrit. Même Rabbi Yose ne l'admet pas. Et l'on ne peut pas dire que chacun s'inscrive sur celui de son compagnon avant de se retirer du sien : celui qui est inscrit sur deux pesachim, cette inscription ne compte pas.
💡 Explication

Reouven va sur la bête de Shimon et parle à Yehuda. Shimon va sur la bête de Reouven et parle à Levi. La formule est celle des haburot, au singulier.

L'homme du marché est déjà inscrit avant le retrait. Sans lui, au moment où l'on quitte son pesach, la bête n'a plus de baal. Même Rabbi Yose refuse cela.

On ne s'inscrit pas d'abord sur les deux : être nimna (inscrit) sur deux pesachim, cette inscription ne compte pas.

🖼️ Schéma
Deux particuliers : Reouven, Shimon, et le marchéNoms de Rachi. Chaque bête garde un inscrit au moment du retrait.Pesach tiré par ReouvenReouven inscrit Levipartout où est son pesachShimon vient parler à LeviLevi reste le temps du retraitPesach tiré par ShimonShimon inscrit Yehudapartout où est son pesachReouven vient parler à YehudaYehuda reste le temps du retraitSi ce pesach est le tienJe quitte le mienJe m'inscris ici, avec toiSi ce pesach est le mienToi, tu quittes le tienTu t'inscris sur le mienInscrit sur deux pesachim : l'inscription ne compte pasD'où l'homme du marché, déjà en place avant le retrait
Levi et Yehuda, pris au marché, sont déjà inscrits. Le retrait laisse toujours un baal sur la bête.
15
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אָמַר לָהֶן וְאָמְרוּ לוֹ — אוֹכֵל מִן הָרִאשׁוֹן. לֹא אָמַר לָהֶן וְלֹא אָמְרוּ לוֹ — אֵינָן אַחֲרָאִין זֶה לָזֶה.

Guemara. Les Rabbins ont enseigné : il leur a dit et ils lui ont dit, il mange du premier.

Il ne leur a pas dit et ils ne lui ont pas dit, ils ne sont pas responsables l'un de l'autre.

💡 Explication

La beraita reprend deux clauses de la michna. Les deux formules dites : on mange du premier abattu. Aucune formule : pas de responsabilité mutuelle, chacun reste sur le sien.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).