Sougya : Le daf ouvre sur la fin de la beraïta du mandataire et de la compagnie : si chacun a chargé l'autre d'abattre, le second pesach n'a pas de remède ; s'ils se sont tus, les deux sont valides, et chacun mange du sien. De là, les Sages disent que le silence sied aux sages, et à plus forte raison aux sots.
La Guemara demande ensuite si la michna des deux pesachim mélangés peut suivre Rabbi Yehouda, qui exige qu'un membre de la compagnie première subsiste. Rabbi Yo'hanan la maintient dans son avis, parce qu'on n'abat pas le pesach pour un seul.
Rav Ashi le confirme par le libellé : cinq compagnies de cinq, et non une compagnie de quatre. Le daf se ferme sur le hadran du chapitre Mi shehaya tame et l'achèvement de Pessa'h cheni.
De là, les Sages ont dit : le silence sied aux sages, à plus forte raison aux sots. Car il est dit : un sot qui se tait, on le tient pour un sage.
La beraïta, juste avant, pose deux conduites du mandataire et de la compagnie. S'il a parlé et qu'ils ont parlé, on mange le premier pesach abattu, et le second n'a pas de remède (ein lo takana). Si nul n'a parlé, les deux sont valides, et chacun mange du sien.
De ce cas, les Sages tirent : le silence sied aux sages, et par kal va-homer (à plus forte raison) aux sots (tipshim). Le verset cité (Proverbes 17, 28) tient pour sage le sot qui se tait.
Deux dont les pesachim se sont mélangés, etc. Dirons-nous que notre michna n'est pas selon Rabbi Yehouda ?
Car on a enseigné : Et si la maison vient à diminuer au point de n'être pas assez pour un agneau, cela enseigne qu'ils diminuent au fur et à mesure, à condition qu'un des membres de la compagnie subsiste : paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossi dit : à condition qu'ils ne laissent pas le pesach tel qu'il est.
La Guemara cite la michna des deux hommes dont les pesachim se sont mélangés. Chacun tire un animal, inscrit un homme du marché, puis retire ses mains du sien pour s'inscrire sur l'autre. À la fin, l'homme du marché est seul sur l'animal.
Exode 12, 4, ve-im yimat ha-bayit, enseigne qu'une compagnie (havoura) peut diminuer. Rabbi Yehouda : un membre de la compagnie première, présent à la lekicha, doit subsister. Le mot diminue laisse un shiour, un reliquat. Rabbi Yossi : on ne laisse pas le pesach tel qu'il est, sans propriétaire. S'ils partent tous, ils inscrivent d'autres d'abord.
Les hommes du marché étaient absents à la lekicha. Après le retrait, aucun premier ne reste. Rachi : si un inscrit d'après coup suffisait, Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi diraient la même chose. Dans la michna des compagnies, un propriétaire est encore là pour autoriser l'inscription : sans son accord, on ne peut pas dire nous nous inscrivons sur celui-ci.
Rabbi Yo'hanan a dit : même si tu dis Rabbi Yehouda. Puisque Rabbi Yehouda a dit : on n'abat pas le pesach pour un seul, dès l'origine il se tient à ce qu'un autre soit inscrit avec lui, et il est semblable à l'un des membres de la compagnie.
Rabbi Yo'hanan maintient la michna dans l'avis de Rabbi Yehouda. En Pessahim 91a, Rabbi Yehouda tient qu'on n'abat pas le pesach pour un yahid, un seul inscrit.
Dès l'origine, l'animal se tient à recevoir un second. Cet homme, venu du marché, a le statut d'un membre de la compagnie première, même sans mélange, et là où se trouve le pesach. Le retrait du propriétaire laisse donc un membre premier sur l'animal.
Rav Ashi a dit : notre michna aussi est précise, car elle enseigne : et de même cinq compagnies de cinq et cinq. De cinq, oui ; mais de cinq et quatre, non.
N'est-ce pas parce qu'il ne reste pas un des membres de la compagnie auprès de lui ? Apprends-en.
Rav Ashi tire un diyuk du libellé : cinq compagnies de cinq. Le cas de cinq est dit. Le cas où l'une d'elles n'a que quatre hommes ne l'est pas.
Cinq hommes de la compagnie couvrent les cinq pesachim : un sur chaque animal. Quatre hommes en laissent un sans membre de cette compagnie. La compagnie nouvelle, formée ensuite, aurait quatre hommes venus de quatre compagnies, et personne de celle de quatre.
Selon Rabbi Yossi, on inscrirait un homme du marché et l'on aurait cinq parts, un propriétaire inscrivant le dernier. La michna, qui s'arrête au cas de cinq, suit l'exigence de Rabbi Yehouda sur les membres de la compagnie. Chema mina : apprends-en.
Nous reviendrons vers toi, Mi shehaya tame (Celui qui était impur), et s'achève Pessa'h cheni.
Hadran alakh : formule de clôture. On reviendra au chapitre Mi shehaya tame. Selika : Pessa'h cheni s'achève.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).