Rosh Hashanah 10a — orla et rêva'i jusqu'au 15 Chevat, 'un jour dans l'année vaut une année', et le kal va-homer de Rava

Rosh Hashanah 10a

Sougya : Le daf poursuit la michna sur les Roch Hachana : pour un arbre, les années d'orla et de rêva'i se comptent jusqu'au 15 Chevat, si bien que des fruits noués après Tichri mais avant le 15 Chevat restent soumis à l'année précédente (parfois encore orla en 4e année civile, parfois encore rêva'i en 5e). R.

Yo'hanan au nom de R. Yannai en tire la source du verset (Lévitique 19:23-25) grâce au vav de 'et la quatrième année' / 'et la cinquième année'.

La Guemara demande si la baraita contredit R. Meir, qui tient 'un jour dans l'année vaut une année' (d'où un par à 24 mois et 1 jour, contre 24 mois et 30 jours pour R.

Elazar) ; on répond que R. Meir ne le dit qu'à la FIN de l'année, non au début.

Rava objecte alors par un kal va-homer tiré de la nidda : si le début du jour lui compte au commencement de sa période, à plus forte raison un jour doit-il compter au début d'une année.

Orla et Rêva'i : deux Roch Hachana se chevauchent (Tichri vs 15 Chevat) Arbre planté 30+ jours avant Roch Hachana. La 1ère année est déjà acquise à Tichri. RH Tichri fin an 3 15 Chevat an 4 RH Tichri an 5 (civil) 15 Chevat an 5 encore ORLA (interdit) RÊVA'I (rachat) encore RÊVA'I libre Pour un ARBRE, le Roch Hachana des années d'orla/rêva'i est le 15 Chevat (et non Tichri). Fruits noués APRÈS Tichri mais AVANT le 15 Chevat : encore soumis à l'année précédente. -> parfois déjà en 4e année (civile) et encore orla ; parfois déjà en 5e et encore rêva'i. Source : Lévitique 19:23-25, le vav de 'et la 4e année' / 'et la 5e année' (R. Yannai).
Pourquoi orla et rêva'i se prolongent jusqu'au 15 Chevat (segments 1-3).
À quel âge un bovin est-il un 'par' ? R. Meir vs R. Elazar Rabbi Meir Rabbi Elazar par = 24 mois + 1 jour par = 24 mois + 30 jours un seul jour dans l'année compte comme une année il faut 30 jours pleins pour acquérir l'année egel = 1 an ; ben bakar = 2 ans par = 3 ans (le 1er jour de l'an 3) objection à la michna de la plantation : elle exige 30 jours
La mahloket R. Meir / R. Elazar sur l'âge du 'par' (segments 4-5).
Le kal va-homer de Rava : de la nidda a l'année Nidda (7 jours) Début du jour NE compte PAS à la fin (7e jour incomplet) MAIS fin du jour compte au début (elle vit avant le soir = jour 1 des 7) à fortiori Année (par, orla...) Un seul jour compte pour une année À LA FIN. Rava : alors à plus forte raison au DÉBUT ! (la suite réfute cet à fortiori en 10b)
Le kal va-homer de Rava, de la nidda a l'année (segment 7).
1
וּפֵירוֹת נְטִיעָה זוֹ אֲסוּרִין עַד חֲמִשָּׁה עָשָׂר בִּשְׁבָט, אִם לְעָרְלָה — עָרְלָה, וְאִם לָרְבָעִי — רְבָעִי.

Et les fruits de cette plantation sont interdits jusqu'au quinze Chevat : si c'est au titre de l'orla (les fruits des trois premières années, interdits à toute jouissance) — orla ; et si c'est au titre du rêva'i (les fruits de la quatrième année, à manger à Jérusalem ou à racheter) — rêva'i.

📜 Rachi (1)
וּפֵירוֹת נְטִיעָה זוֹ אֲסוּרִים כו' וְאַף עַל פִּי שֶׁאָמַרְנוּ עָלְתָה לוֹ שָׁנָה אִם חָנְטוּ בָּהּ פֵּירוֹת לְאַחַר ר"ה שֶׁל שָׁנָה שְׁלִישִׁית מִיָּד עֲדַייִן אֲסוּרִין הֵן עוֹלָמִית מִשּׁוּם עָרְלָה שאע"פ שר"ה תִּשְׁרֵי לִנְטִיעָה ט"ו בִּשְׁבָט ר"ה לְאִילָן וְזוֹ כְּבָר נַעֲשֵׂית אִילָן לְפִיכָךְ אֵין שְׁנָתָהּ מִתְחַדֶּשֶׁת לָצֵאת מִידֵי עָרְלָה עַד ט"ו בִּשְׁבָט אֲבָל מִשָּׁם וּלְהַלָּן אִם יַחְנְטוּ בָּהּ פֵּירוֹת דִּין רְבָעִי עֲלֵיהֶם לֶאֱכֹול בִּירוּשָׁלַיִם ובט"ו לַשָּׁנָה הַבָּאָה יָצְאוּ מִידֵי רְבָעִי פֵּירוֹת הַחֲנוּטִים בָּהּ מִכָּאן וְאֵילָךְ לְכָךְ הוֹעִילוּ לָהּ ל' שֶׁלִּפְנֵי ר"ה שֶׁמְּמַהֵר הִתִּירָהּ מט"ו בִּשְׁבָט וְעַד ר"ה:
Et les fruits de cette plantation sont interdits, etc. — bien que nous ayons dit qu'une année lui est acquise, si des fruits y ont noué après le Roch Hachana de la troisième année, ils sont aussitôt encore interdits à jamais au titre de l'orla ; car même si le Roch Hachana [du calendrier] est Tichri, pour la plantation, le 15 Chevat est le Roch Hachana de l'arbre, et celle-ci est déjà devenue un arbre. C'est pourquoi son année ne se renouvelle pas pour sortir du régime de l'orla avant le 15 Chevat ; mais à partir de là, si des fruits y nouent, le régime du rêva'i leur est applique, [à manger] à Jérusalem, et le 15 Chevat de l'année suivante, les fruits qui y ont noué à partir de ce moment sortent du régime du rêva'i. Voilà en quoi lui servent les 30 jours d'avant le Roch Hachana : ils hâtent son permis [en le faisant sortir] du 15 Chevat au [prochain] Roch Hachana.
🗂️ Tossefot (1)
וּפֵירוֹת נְטִיעָה זוֹ אֲסוּרִין עַד ט"ו בִּשְׁבָט. דִּנְהִי דְּלִנְטִיעָה ר"ה תִּשְׁרֵי לְעִנְיַן עָרְלָה לְאִילָן מִיהָא ט"ו בִּשְׁבָט כִּדְדָרֵישׁ רַבִּי יַנַּאי מִדִּכְתִיב וּבַשָּׁנָה הָרְבִיעִית וּבַשָּׁנָה הַחֲמִישִׁית וְהָא דְּקָבָעֵי שְׁבָט ר"ה הוֹאִיל וְיָצְאוּ רֹוב גִּשְׁמֵי שָׁנָה כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (רֹאשׁ הַשָּׁנָה דַּף יד.) מ"מ נָפְקָא מִינַּהּ בְּמַאי דְּתִשְׁרֵי ר"ה לְעִנְיַן נוֹטֵעַ ל' יוֹם לִפְנֵי ר"ה דְּעָלְתָה לוֹ שָׁנָה וְלָא אָזְלִינַן בָּתַר ט"ו בִּשְׁבָט לִמְנוֹת ל' יוֹם לִפְנֵי ט"ו בִּשְׁבָט וְיֵשׁ הֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת שֶׁכָּתוּב בָּהֶם וּפֵירוֹת שָׁנָה רְבִיעִית בָּתַר דְּפָרֵיק לְהוּ אֲסוּרִין עַד דְּנָפְקָא וְעָיְילָא חֲמִישִׁית וְשִׁבּוּשׁ הוּא דִּבְהָנֵי לָא אַייְרֵי בִּשְׁמַעְתִּין כְּלָל דְּאוֹתָן שֶׁחָנְטוּ בָּרְבִיעִית קֹודֶם ט"ו בִּשְׁבָט אֲסוּרִין לְעוֹלָם וְהַחֲנוּטִין בָּרְבִיעִית אַחַר ט"ו בִּשְׁבָט שָׁרוּ לְאַחַר פְּדִייָּה לְאַלְתַּר ובהג"ה שֶׁל אַסְפַּמְיָא כָּתוּב וּפֵירֵי דְּפַרְדֵּס דִּשְׁנַת אַרְבַּע אֲסִירִי עַד . דְּפָרֵיק לְהוּ:
Et les fruits de cette plantation sont interdits jusqu'au 15 Chevat — car même si pour la plantation [en général] le Roch Hachana est Tichri, s'agissant de l'orla, pour l'arbre le [Roch Hachana] est le 15 Chevat, comme l'exege R. Yannai de ce qui est écrit 'et la quatrième année' et 'et la cinquième année'. Et si l'on a fixé [le] Chevat comme Roch Hachana, c'est parce que la plupart des pluies de l'année sont déjà tombées, comme nous le disons plus loin (Roch Hachana 14a). Quoi qu'il en soit, la différence [pratique] du fait que Tichri est le Roch Hachana concerne celui qui plante 30 jours avant le Roch Hachana : une année lui est acquise, et l'on ne va pas compter les 30 jours avant le 15 Chevat. Et il y a des Halakhot Guedolot où il est écrit 'et les fruits de la quatrième année, après qu'on les a rachetés, sont interdits jusqu'à la sortie [de la 4e] et l'entrée de la 5e' ; c'est une erreur, car ceux-là ne sont pas du tout traités dans notre sougya : ceux qui ont noué en 4e année avant le 15 Chevat sont interdits à jamais, et ceux qui ont noué en 4e année après le 15 Chevat sont permis aussitôt après rachat. Et dans la glose d'Espagne (Aspamia) il est écrit : 'et les fruits du verger de la quatrième année sont interdits jusqu'à ce qu'on les rachète'.
⚖️ Rosh (1)
דַּף י וּפֵירוֹת נְטִיעָה זוֹ אֲסוּרִין עַד ט"ו בִּשְׁבָט אִם לְעָרְלָה עָרְלָה אִם לָרְבָעִי רְבָעִי. מְנָהָנֵי מִילֵּי כְּתִיב ג' שָׁנִים יִהְיֶה לָכֶם עֲרֵלִים וּכְתִיב וּבַשָּׁנָה הָרְבִיעִית וּכְתִיב וּבַשָּׁנָה הַחֲמִישִׁית הָא כֵיצַד פְּעָמִים שֶׁבָּרְבִיעִית וַעֲדַיִין אֲסוּרָה מִשּׁוּם עָרְלָה וּפְעָמִים שֶׁבַּחֲמִישִׁית וַעֲדַייִן אֲסוּרָה מִשּׁוּם רְבָעִי מִכָּאן שֶׁהֵן אֲסוּרִין עַד ט"ו בִּשְׁבָט וְאוֹקֵימְנָא לָהּ
Feuillet 10. « Et les fruits de cette plantation sont interdits jusqu'au 15 Chevat : si c'est au titre de l'orla (les fruits des trois premières années de l'arbre, interdits à toute jouissance) — orla ; si c'est au titre du rêva'i (les fruits de la quatrième année, à consommer à Jérusalem ou à racheter) — rêva'i. » D'où [tient-on] ces choses ? Il est écrit « trois années ils seront pour vous incirconcis (orla) », et il est écrit « et la quatrième année », et il est écrit « et la cinquième année ». Comment [concilier] cela ? Il y a des cas où l'on est en quatrième [année] et [où le fruit] est encore interdit au titre de l'orla, et il y a des cas où l'on est en cinquième et [où il est] encore interdit au titre du rêva'i. De là [l'on apprend] qu'ils sont interdits jusqu'au 15 Chevat ; et nous l'avons établi [= expliquée, la baraita].
💡 Explication

Fin de la michna : bien qu'on ait dit que 30 jours avant Roch Hachana font compter une année, les fruits noués après le Roch Hachana de Tichri mais avant le 15 Chevat (Roch Hachana de l'arbre) restent liés à l'année précédente : encore orla (interdits à jamais) si l'arbre est en 3e année révolue, et déjà rêva'i (rachat / consommation à Jérusalem) au-delà.

2
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וּמָטוּ בָּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי, אֲמַר קְרָא: ״וּבַשָּׁנָה הָרְבִיעִית וּבַשָּׁנָה הַחֲמִישִׁית״.

D'où [tient-on] ces choses ? Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan — et certains l'inclinent [= le rapportent] au nom de Rabbi Yannai — : le verset dit 'et la quatrième année et la cinquième année' (Lévitique 19:24-25).

📜 Rachi (4)
מְנָא הָנֵי מִילֵּי שֶׁשְּׁנוֹת עָרְלָה וּרְבָעִי נִמְשָׁכִין לֶאֱסוֹר פֵּירוֹת הַחֲנוּטִים קֹודֶם ט"ו בִּשְׁבָט לְאַחַר שֶׁכָּלוּ שְׁלֹשֶׁת שְׁנֵי עָרְלָה:
D'où [tient-on] ces choses — que les années d'orla et de rêva'i se prolongent pour interdire les fruits noués avant le 15 Chevat, après l'achèvement des trois années d'orla.
וּמָטוּ בָּהּ יֵשׁ מַטִּין וּמַכְרִיעִין בִּשְׁמוּעָה זוֹ לְאוֹמְרָהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי:
Et certains l'inclinent — il y a [des maîtres] qui inclinent et tranchent, dans cette tradition, pour la dire au nom de Rabbi Yannai.
וּבַשָּׁנָה הָרְבִיעִית וָי"ו מוֹסִיף עַל עִנְיָן רִאשׁוֹן יִהְיֶה לָכֶם עֲרֵלִים אַף בְּתוֹךְ שָׁנָה הָרְבִיעִית:
Et la quatrième année — le vav ajoute au sujet précédent : 'ils seront pour vous incirconcis (orla)' même pendant la quatrième année.
וּבַשָּׁנָה הַחֲמִישִׁית תֹּאכְלוּ אֶת פִּרְיוֹ מוֹסִיף עַל עִנְיָן רְבָעִי דְּסָלֵיק מִינֵּיהּ:
Et la cinquième année — 'vous en mangerez le fruit' : cela ajoute au sujet du rêva'i qui précède.
💡 Explication

Question : quelle est la source du fait que les années d'orla et de rêva'i se prolongent (interdisant les fruits noués avant le 15 Chevat, même après les trois années révolues) ? Réponse : le verset (Lev 19:24-25) et surtout ses vav de liaison, qui rattachent l'année suivante à la précédente.

3
פְּעָמִים שֶׁבָּרְבִיעִית וַעֲדַייִן אֲסוּרָה מִשּׁוּם עָרְלָה, וּפְעָמִים שֶׁבַּחֲמִישִׁית וַעֲדַיִין אֲסוּרָה מִשּׁוּם רְבָעִי.

Il y a des cas où l'on est en quatrième [année] et [où le fruit] est encore interdit au titre de l'orla ; et il y a des cas où l'on est en cinquième et [où il est] encore interdit au titre du rêva'i.

📜 Rachi (3)
פְּעָמִים שֶׁבָּרְבִיעִית כְּגוֹן אִם מִיהֲרוּ פֵּירוֹתָיו לַחֲנֹוט בִּרְבִיעִית לִפְנֵי שְׁבָט:
Il y a des cas où l'on est en quatrième — par exemple si ses fruits se sont hâtés de nouer en [début de] quatrième année, avant Chevat.
וַעֲדַייִן אֲסוּרִים מִשּׁוּם עָרְלָה אֲסוּרִין בַּהֲנָאָה עוֹלָמִית:
Et [ils sont] encore interdits au titre de l'orla — interdits à toute jouissance, à jamais.
פְּעָמִים שֶׁבַּחֲמִישִׁית כּוּ' כְּגוֹן פֵּירוֹת שֶׁחָנְטוּ בָּהּ קֹודֶם שְׁבָט טְעוּנִין חִלּוּל אֲבָל אִם אִיחֲרָה חֲנִיטָתָהּ עַד לְאַחַר ט"ו בִּשְׁבָט אֵין בָּהֶן אִיסּוּר:
Il y a des cas où l'on est en cinquième, etc. — par exemple des fruits qui y ont noué avant Chevat requièrent le rachat ; mais si leur nouaison a tardé jusqu'après le 15 Chevat, il n'y a en eux aucune interdiction.
💡 Explication

La baraita explique la portée des vav : parfois l'arbre est déjà en 4e année (civile) et son fruit est encore orla (noué avant le 15 Chevat), parfois il est en 5e année et son fruit est encore rêva'i (donc soumis au rachat).

4
לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאִי רַבִּי מֵאִיר — הָא אָמַר: יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה חָשׁוּב שָׁנָה. דְּתַנְיָא: פַּר הָאָמוּר בַּתּוֹרָה סְתָם — בֶּן עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה חֹדֶשׁ וְיוֹם אֶחָד. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.

Dirons-nous que ce n'est pas selon Rabbi Meir ? Car si c'était Rabbi Meir — n'a-t-il pas dit : un seul jour dans l'année est considéré comme une année ?

Comme il est enseigné (baraita) : le 'par' (taureau) mentionné dans la Torah sans précision — [c'est un bovin] âgé de vingt-quatre mois et un jour. Paroles de Rabbi Meir.

📜 Rachi (1)
נֵימָא הָא דְּקָתָנֵי לְעֵיל פָּחוֹת מָל' יוֹם לֹא עָלְתָה לוֹ שָׁנָה דְּלָא כְּרַבִּי מֵאִיר:
Dirons-nous — cela qu'on a enseigné plus haut, [à savoir] que moins de 30 jours ne font pas compter une année, n'est pas selon Rabbi Meir.
🗂️ Tossefot (2)
הָא אָמְרִי' יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה חָשׁוּב שָׁנָה. הַשְׁתָּא לֹא יָדַע הָא דְּמַסְּקִינַן לְבַסּוֹף דָּל' לִקְלִיטָה:
N'a-t-il pas dit : un jour dans l'année vaut une année — à ce stade [le Talmud] ne connaît pas encore ce que nous concluons à la fin, que les 30 jours sont [requis] pour la prise de racine (klita).
בֶּן כ"ד חֹדֶשׁ וְיוֹם אֶחָד. סְתָם פַּר בֶּן שָׁלֹשׁ כִּדְקָתָנֵי סֵיפָא וְהַאי יוֹם אֶחָד מִשּׁוּם דְּיוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה חָשׁוּב שָׁנָה ולר"א ל' וְכָל אוֹתוֹ יוֹם ל' אֵין דִּינוֹ לֹא כְּבֶן בָּקָר וְלֹא כְּפַר מִידֵּי דַּהֲוָה אַפַּלְגָּס בְּסוֹף פּ"ק דְּחֻולִּין (ד' כג. וְשָׁם) דְּאִיצְטְרִיךְ אוֹ לְרַבּוֹיֵי וְשֶׁמָּא הָתָם שָׁאנֵי מִדְּקָתָנֵי בפ"ק דְּפָרָה (מִשְׁנָה ג) דְּבֶן י"ג חֹדֶשׁ אֵינוֹ כָּשֵׁר לֹא לְאַיִל וְלֹא לְכֶבֶשׂ וְלָא קָתָנֵי הָכִי גַּבֵּי פַּר וְלֹא לְכָל מִילֵּי אָמְרִינַן דְּיוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה חָשׁוּב שָׁנָה דְּיֵשׁ דְּבָרִים דַּאֲפִילּוּ מֵעֵת לְעֵת בָּעֵינַן כְּדִתְנַן בְּפֶ' יוֹצֵא דֹּופֶן (נִדָּה ד' מה.) בֶּן ט' שָׁנִים וְיוֹם אֶחָד בֶּן י"ג שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד בַּת י"ב שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד דְּאוֹתוֹ יוֹם אֶחָד כְּדֵי לְהַשְׁלִים מֵעֵת לְעֵת דִּבְבַת ג' שָׁנִים וְיוֹם אֶחָד פְּלִיגִי תַּנָּאֵי בגמ' (שָׁם ד' מד:) דלר"מ אַפֵּי' בְּבַת שְׁתֵּי שָׁנִים וְיוֹם אֶחָד מִתְקַדֶּשֶׁת בְּבִיאָה דִּכְבַת ג' שְׁלֵימוֹת דָּמְיָא דְּיוֹם אֶחָד חָשׁוּב שָׁנָה וַחֲכָמִים בָּעוּ בַּת ג' וְיוֹם אֶחָד דְּמֵעֵת לְעֵת בָּעֵינַן:
Âge de 24 mois et un jour — un 'par' sans précision a trois ans, comme l'énonce la fin [de la baraita], et ce 'un jour' [en sus] tient à ce qu'un jour dans l'année vaut une année ; et pour Rabbi Elazar il faut 30 [jours] : durant tout ce 30e jour, [le bovin] n'a le statut ni de 'ben bakar' ni de 'par', comme c'est le cas du 'palguess' à la fin du premier chapitre de Houlin (23a), pour lequel il a fallu [un mot] 'ou' pour l'inclure. Peut-être est-ce différent là-bas ; car il est enseigné au premier chapitre de Para (michna 3) qu'à 13 mois [l'animal] n'est valable ni comme bélier ni comme agneau, alors qu'on n'enseigne pas ainsi pour le 'par'. Et l'on ne dit pas en toute matière qu'un jour dans l'année vaut une année, car il est des choses où l'on exige [une durée] de moment à moment (mee-et le-et), comme nous l'avons appris au chapitre 'Yotse dofen' (Nidda 45a) : 'un garçon de 9 ans et un jour, un garçon de 13 ans et un jour, une fille de 12 ans et un jour' — ce 'un jour' étant [nécessaire] pour compléter [la durée] de moment à moment ; car pour 'une fille de 3 ans et un jour' les Tannaim divergent dans la Guemara (Nidda 44b) : pour Rabbi Meir, même 'une fille de 2 ans et un jour' est acquise par la relation, [comme] une fille de 3 ans révolus, car un jour dans l'année vaut une année ; et les Sages exigent 3 ans et un jour, car ils requièrent [une durée] de moment à moment.
💡 Explication

La Guemara suggère que la baraita (qui exige 30 jours pour acquérir une année) contredit R. Meir, lequel tient qu'un seul jour dans l'année vaut une année : de là, un 'par' (taureau) est un bovin de 24 mois et 1 jour — car dès le premier jour de sa 3e année, il est réputé avoir trois ans.

5
רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: בֶּן עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה חֹדֶשׁ וּשְׁלֹשִׁים יוֹם. שֶׁהָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר עֵגֶל בַּתּוֹרָה סְתָם — בֶּן שָׁנָה, ״בֶּן בָּקָר״ — בֶּן שְׁתַּיִם, ״פַּר״ — בֶּן שָׁלֹשׁ.

Rabbi Elazar dit : [le 'par' est un bovin de] vingt-quatre mois et trente jours. Car Rabbi Meir disait : partout où est dit 'egel' (veau) dans la Torah sans précision — [c'est] un [animal d']un an ; 'ben bakar' — de deux ans ; 'par' — de trois ans.

📜 Rachi (4)
עֵגֶל בֶּן שָׁנָה דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא ט) עֵגֶל וְכֶבֶשׂ בְּנֵי שָׁנָה:
Egel, un an — comme il est écrit (Lévitique 9) 'un veau (egel) et un agneau d'un an'.
בֶּן בָּקָר שֶׁל שְׁמִינִי לַמִּלּוּאִים שֶׁנֶּאֱמַר (שָׁם) קַח לְךָ עֵגֶל בֶּן בָּקָר לְחַטָּאת:
Ben bakar — [celui] du huitième jour des consécrations (miloueem), comme il est dit (ibid.) 'prends-toi un veau, fils de troupeau (ben bakar), en offrande pour le péché'.
בֶּן שְׁתַּיִם שֶׁנֶּאֱמַר קַח לְךָ עֵגֶל בֶּן בָּקָר וְאַיִל לְעוֹלָה תְּמִימִים וְהָכִי תַּנְיָא לָהּ בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים הִשְׁוָה בֶּן בָּקָר וְאַיִל לְעוֹלָה תְּמִימִים אַף בִּשְׁנַיִם:
De deux ans — comme il est dit 'prends-toi un veau fils de troupeau et un bélier en holocauste, sans défaut' ; et ainsi l'enseigne le Torat Kohanim : l'Écriture a mis sur le même plan 'ben bakar' et le 'bélier en holocauste sans défaut' même quant aux années.
פַּר אֲפִילּוּ כָּתַב פַּר בֶּן בָּקָר לֹא נִקְרָא פַּר בְּפָחוֹת מג' שָׁנִים:
Par — même si [l'Écriture] écrit 'par ben bakar', [le bovin] n'est pas appelé 'par' à moins de trois ans.
🗂️ Tossefot (1)
עֵגֶל סְתָם בֶּן שָׁנָה בֶּן בָּקָר בֶּן שְׁתַּיִם פַּר בֶּן ג'. ע"כ בֶּן בָּקָר בֶּן שְׁתַּיִם דְּקָאָמְרִינַן הַייְנוּ עֵגֶל בֶּן בָּקָר וְלֹא פַּר בֶּן בָּקָר כִּדְמוֹכַח בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים גַּבֵּי פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ דְּתַנְיָא פַּר יָכוֹל אֲפִילּוּ זָקֵן ת"ל בֶּן אִי בֶּן יָכוֹל קָטָן ת"ל פַּר הָא כֵיצַד בֶּן ג' כְּדִבְרֵי חֲכָמִים ר"מ אוֹמֵר אַף בֶּן אַרְבַּע בֶּן חָמֵשׁ כְּשֵׁרִים וְתֵימַהּ דִּתְנַן בפ"ק דְּפָרָה (מִשְׁנָה ב) ר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר פָּרִים בְּנֵי שְׁתַּיִם שֶׁנֶּאֱמַר וּפַר שֵׁנִי בֶן בָּקָר תִּקַּח לְחַטָּאת וחכ"א אַף בְּנֵי ג' ר"מ אוֹמֵר אַף בְּנֵי אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה כְּשֵׁרִים אַלְמָא מַכְשִׁיר ר"מ בְּפַר אֲפִילּוּ בְּנֵי שְׁתֵּי שָׁנִים דְּהָא מוֹסִיף אַרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְהָכָא מַשְׁמַע מִדְּעֵגֶל בֶּן בָּקָר לר"מ בֶּן שְׁנַיִם פַּר בֶּן בָּקָר בֶּן ג' אֲבָל פָּחוֹת מִבֶּן ג' לֹא וצ"ל דְּאַף דְּקָאָמַר ר"מ בְּמַסֶּכֶת פָּרָה (שָׁם) אַרַבָּנָן קָאֵי וְלֹא אַר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי וּבְתוֹרַת כֹּהֲנִים מַתְנֵי דְּר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי בָּתַר מִילְּתָא דר"מ וַחֲכָמִים וְרַבָּנָן דְּהָתָם לָאו רַבָּנָן דְּפָרָה:
'Egel' sans précision = 1 an ; 'ben bakar' = 2 ans ; 'par' = 3 ans — c'est donc que le 'ben bakar de deux ans' dont on parle est [l'expression] 'egel ben bakar' et non 'par ben bakar', comme le prouve le Torat Kohanim à propos du 'par' du kohen oint, où il est enseigné : '[si l'on avait écrit seulement] par, on aurait pu penser même [un bovin] vieux ; [c'est pourquoi] l'Écriture dit 'ben' [= jeune] ; si [seulement] 'ben', on aurait pu penser [un bovin] petit [très jeune] ; [c'est pourquoi] l'Écriture dit 'par' ; comment [concilier] ? [Un bovin] de trois ans, selon les Sages ; Rabbi Meir dit : même de quatre ans et de cinq ans sont valables'. Et cela étonne, car nous avons appris au premier chapitre de Para (michna 2) : 'Rabbi Yossi le Galiléen dit : les 'parim' ont deux ans, comme il est dit ''et un second par, fils de troupeau, tu prendras en offrande pour le péché'' ; et les Sages disent : même de trois ans ; Rabbi Meir dit : même de quatre et cinq ans sont valables' — d'où il ressort que Rabbi Meir déclare valable un 'par' même de deux ans, puisqu'il ajoute [sa liste] à celle de Rabbi Yossi le Galiléen, alors qu'ici il ressort que, 'egel ben bakar' étant à deux ans pour Rabbi Meir, le 'par ben bakar' est à trois ans, mais pas en dessous ! Et il faut dire que, même si Rabbi Meir parle dans le traité Para (ibid.), c'est sur les Sages qu'il porte et non sur Rabbi Yossi le Galiléen ; et dans le Torat Kohanim, la mention de Rabbi Yossi le Galiléen figure après les paroles de Rabbi Meir et des Sages, et 'les Sages' de là-bas ne sont pas les 'Sages' de Para.
💡 Explication

R. Elazar exige au contraire 24 mois et 30 jours pour le 'par'. La baraita rappelle la nomenclature (au nom de R. Meir) : egel = 1 an, ben bakar = 2 ans, par = 3 ans. Puisque la michna de la plantation exige 30 jours (et non 1 seul), elle semble ne pas suivre R. Meir.

6
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי מֵאִיר, כִּי קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה חָשׁוּב שָׁנָה — בְּסוֹף שָׁנָה, אֲבָל בִּתְחִלַּת שָׁנָה — לֹא.

Tu peux même dire [que la baraita est] selon Rabbi Meir : quand Rabbi Meir dit 'un jour dans l'année vaut une année', c'est à la FIN de l'année ; mais au DÉBUT de l'année — non.

📜 Rachi (2)
כִּי קָאָמַר ר"מ בְּסוֹף שָׁנִים כְּגוֹן יוֹם אֶחָד בְּשָׁנָה שְׁלִישִׁית שֶׁהוּא סוֹף הֶכְשֵׁר שְׁנוֹתָיו שֶׁל פַּר:
Quand Rabbi Meir dit [cela], c'est à la fin des années — par exemple, un jour dans la troisième année, qui est la fin des années d'aptitude du 'par'.
אֲבָל בִּתְחִילַּת שָׁנִים כְּגוֹן שָׁנָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל נְטִיעָה שֶׁהִיא תְּחִילַּת מִנְיַן שְׁנֵי עָרְלָה לֹא אָמַר:
Mais au début des années — par exemple la première année de la plantation, qui est le début du décompte des années d'orla, [là] il n'a pas dit [qu'un jour vaut une année].
💡 Explication

La Guemara rejette la contradiction : R. Meir ne dit 'un jour vaut une année' que lorsque ce jour se situe à la fin de l'année (le décompte de la nouvelle année va commencer) ; mais au début de l'année, un seul jour ne vaut pas une année — d'où l'exigence de 30 jours pour la plantation, qui est au commencement du décompte des années d'orla.

7
אָמַר רָבָא: וְלָאו קַל וָחֹומֶר הוּא? וּמַה נִדָּה, שֶׁאֵין תְּחִילַּת הַיּוֹם עוֹלָה לָהּ בְּסוֹפָהּ — סוֹף הַיּוֹם עוֹלֶה לָהּ בִּתְחִלָּתָהּ. שָׁנָה, שֶׁיּוֹם אֶחָד עוֹלֶה לָהּ בְּסוֹפָהּ —

Rava dit : n'est-ce pas un à fortiori (kal va-homer) ?! De même que la nidda, pour laquelle le début du jour ne lui compte pas à sa fin — [pourtant] la fin du jour lui compte à son début ; l'année, pour laquelle un [seul] jour lui compte à sa fin —

📜 Rachi (3)
וּמַה נִדָּה שֶׁאֵין תְּחִלַּת הַיּוֹם עוֹלָה לָהּ בְּסוֹפָהּ שֶׁנֶּאֱמַר (שָׁם טו) שִׁבְעַת יָמִים תִּהְיֶה בְּנִדָּתָהּ תְּהֵא בְּנִדָּתָהּ כָּל ז' וְלֹא תֹּאמַר מִקְצָת יוֹם שְׁבִיעִי כְּכֻולּוֹ וְתִטְבֹּול בַּיּוֹם:
De même que la nidda, pour laquelle le début du jour ne lui compte pas à sa fin — comme il est dit (Lévitique 15) 'elle sera dans sa nidda sept jours' : elle est dans sa nidda tout au long des sept, et l'on ne dira pas 'une partie du septième jour vaut le tout' pour qu'elle s'immerge de jour.
סוֹף הַיּוֹם עוֹלֶה לָהּ בִּתְחִלָּתָהּ שֶׁאִם רָאֲתָה סָמוּךְ לִשְׁקִיעַת הַחַמָּה עוֹלֶה לָהּ יוֹם זֶה בַּז' יְמֵי נִדָּה וְאֵינָהּ צְרִיכָה לִמְנוֹת אֶלָּא ו' וְהוּא וּבְנִדָּה דְּאוֹרָייְתָא קָאָמַר שֶׁאֵינָהּ זְקוּקָה לִנְקִיִּים שֶׁלֹּא הִצְרִיכָה תּוֹרָה סְפִירַת ז' נְקִיִּים אֶלָּא לְזָבָה אֲבָל לְנִדָּה אַפֵּי' רָאֲתָה כָּל ז' וּפָסְקָה עִם שְׁקִיעַת הַחַמָּה טוֹבֶלֶת לָעֶרֶב וּמִיהוּ עַכְשָׁיו הֶחֱמִירוּ בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל עַל עַצְמָם לְהַחֲזִיקָן בִּסְפֵק זִיבוּת לִטְעוֹן ז' נְקִיִּים בְּלֹא דָּם וְאֵין יוֹם שֶׁפּוֹסֶקֶת בּוֹ עוֹלֶה לָהּ לְמִנְיַן ז' וְהַרְבֵּה טָעוּ בִּשְׁמוּעָה זוֹ לִלְמֹוד מִכָּאן לִסְפֹּור יוֹם שֶׁפּוֹסֶקֶת בּוֹ לְמִנְיַן ז' נְקִיִּים שֶׁהָיוּ מְפָרְשִׁים סוֹף הַיּוֹם עוֹלֶה לָהּ בִּתְחִלָּתָהּ דְּסוֹף יוֹם שֶׁפּוֹסֶקֶת בּוֹ עוֹלֶה לָהּ רִאשׁוֹן לז' נְקִיִּים וְזוֹ מִדַּת בְּנוֹת כּוּתִיִּים הוּא שֶׁשָּׁנִינוּ בָּהֶן (נִדָּה דַּף לג.) יוֹם שֶׁפּוֹסֶקֶת בּוֹ סוֹפֶרֶת לְמִנְיַן ז':
La fin du jour lui compte à son début — car si elle a vu [du sang] près du coucher du soleil, ce jour lui compte parmi les sept jours de nidda, et elle n'a plus qu'à compter six [autres] jours plus celui-ci. [Rachi précise :] et il parle de la nidda de la Torah, laquelle n'est pas tenue à des jours 'nets' (nekiyim) — car la Torah n'a imposé de compter sept jours nets qu'à la zava, mais la nidda, même si elle a vu du sang durant tous les sept jours et s'est arrêtée au coucher du soleil, s'immerge le soir. Toutefois, de nos jours, les filles d'Israël se sont imposées une rigueur, se tenant pour douteuses [quant à un écoulement de] zava, [au point] d'exiger sept jours nets sans sang ; et le jour où elle s'arrête ne lui compte pas dans le décompte des sept. Beaucoup se sont trompés dans cette tradition, apprenant d'ici à compter le jour de l'arrêt dans les sept jours nets, expliquant que 'la fin du jour lui compte à son début' [signifierait que] la fin du jour de l'arrêt lui compte comme premier des sept jours nets — or c'est là 'la mesure des filles des Samaritains (koutim)' dont nous avons appris (Nidda 33a) : 'le jour où elle s'arrête, elle le compte dans le décompte des sept'.
ה"ג שָׁנִים שֶׁיּוֹם אֶחָד עוֹלֶה לָהֶם בְּסוֹפוֹ כו' שָׁנִים הַקִּצּוּבִין לְכָל דָּבָר שֶׁיּוֹם אֶחָד עוֹלֶה לָהֶן בִּתְחִלַּת שָׁנָה אַחֲרוֹנָה בְּסוֹף שָׁנִים הַקְּצוּבוֹת לַדָּבָר:
Ainsi faut-il lire : les années, pour lesquelles un jour leur compte à leur fin, etc. — les années fixées pour toute chose, pour lesquelles un jour [entame] leur compte au début de la dernière année, à la fin des années fixées pour la chose.
🗂️ Tossefot (2)
וְלָאו ק"ו הוּא וּמַה נִדָּה מֵרֵישׁ פִּירְקִין ל"ק מִידִי כִּדְפָרֵישִׁית הָתָם (ד' בד"ה אֲבָל):
'N'est-ce pas un à fortiori ?! De même que la nidda' — [tiré] du début du chapitre. Cela ne fait aucune difficulté, comme je l'ai expliqué là-bas (page 6, s.v. 'aval').
שָׁנִים שֶׁיּוֹם אֶחָד עוֹלֶה לָהֶם בִּתְחִילָּתָן אֵינוֹ דִּין שֶׁיּוֹם אֶחָד עוֹלֶה לָהֶם בְּסוֹפָן. הַאי תְּחִילָּתָן הַיְינוּ תְּחִילַּת שָׁנָה וְסוֹף חֶשְׁבּוֹן וְהַאי סוֹפָן הַיְינוּ סוֹף שָׁנָה וּתְחִילַּת חֶשְׁבּוֹן וא"ת זָבָה תּוֹכִיחַ שֶׁהִיא אִיפְּכָא מִנִּדָּה שֶׁאֵין סוֹף הַיּוֹם עוֹלֶה לָהּ בִּתְחִילָּתָהּ שֶׁזֶּהוּ מִנְהַג כּוּתִים כִּדְאִיתָא בְּרֵישׁ פֶּרֶק בְּנוֹת כּוּתִים (נִדָּה ד' לג. וְשָׁם) דְּיוֹם שֶׁפּוֹסֶקֶת בּוֹ סוֹפַרְתּוֹ לְמִנְיַן ז' דאע"ג דְּפָרִיךְ עֲלָהּ אֲנַן נָמֵי נִסְפְּרֵיהּ לָא קַייְמָא לַן הָכִי מִדְּפָרִיךְ בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּנִדָּה (ד' סט.) וְרַב כְּכוּתָאֵי אֲמָרָהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ וְאַפֵּ"ה תְּחִילַּת הַיּוֹם עוֹלֶה בְּסוֹפָהּ לְר' יוֹסֵי בְּפֶרֶק כֵּיצַד צוֹלִין (פְּסָחִים ד' פא.) דְּאָמְרִינַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ דְּלָא מָצֵי לְמִשְׁכַּח טֻומְאַת הַתְּהוֹם דְּזָבָה מִשּׁוּם דְּאֵין סוֹתֶרֶת לְמַפְרֵעַ וְאֵינָהּ מְטַמְּאָה אֶלָּא מִכָּאן וּלְהַבָּא וְזָבָה גְּדוֹלָה נָמֵי לָא מַשְׁכַּחַת אֶלָּא בְּשׁוֹפַעַת אוֹ בְּרוֹאָה שְׁנֵי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וצ"ל דְּהַאי ק"ו דְּהָכָא לְרַבָּנָן וְלֹא לְרַבִּי יוֹסֵי מִיהוּ אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן קַשְׁיָא דִּנְהִי נָמֵי דִּלְכִי חָזְיָא בִּשְׁבִיעִי מְטַמְּאָה לְמַפְרֵעַ מ"מ כֵּיוָן דְּשָׁרְיָא לְשַׁמֵּשׁ לְאַחַר טְבִילָה מִיָּד מִדְּאוֹרַיְיתָּא אִי לָאו מִשּׁוּם דְּאָסְרוּ רַבָּנָן שֶׁמָּא תָּבֹא לִידֵי סָפֵק כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּנִדָּה (ד' עב. וְשָׁם) ע"כ עוֹלֶה לָהּ תְּחִלַּת הַיּוֹם דְּאִי לָאו הָכִי וְסָפְרָה לָהּ ז' יָמִים וְאַחַר תִּטְהָר אֲמַר רַחֲמָנָא (וַיִּקְרָא טו) וְלֵיכָּא וְנִרְאֶה דְּלָא דָּמְיָא זָבָה לְהָנֵי דְּהָא אַיָּמִים נְקִיִּים קָפֵיד רַחֲמָנָא וְהֵיאַךְ יַעֲלֶה סוֹף הַיּוֹם וַהֲרֵי אֵין יוֹם זֶה טָהוֹר דִּכְבָר רָאֲתָה ואע"פ דִּבְשׁוֹמֶרֶת יוֹם סוֹף הַיּוֹם עוֹלֶה כְּמוֹ שֶׁאֲפָרֵשׁ שָׁאנֵי הָתָם דִּסְפִירַת אֶחָד לְאֶחָד נָפְקָא לָן בְּסוֹף נִדָּה (דַּף עג.) מִדִּכְתִיב יִהְיֶה אֲבָל הָכָא אַחַר תִּטְהַר כְּתִיב דְּדָרְשִׁינַן שֶׁלֹּא תְּהֵא טֻומְאָה מַפְסֶקֶת אֲבָל תְּחִלַּת הַיּוֹם דִּין הוּא שֶׁיַּעֲלֶה בְּסוֹפָהּ דְּכָל כַּמָּה דְּלָא רָאֲתָה הֲרֵי הוּא טָהוֹר וא"ת וְאַמַּאי דָּחֵיק לְאַשְׁכּוֹחֵי זָבָה גְּמוּרָה לְר' יוֹסֵי בְּרוֹאָה בִּשְׁתֵּי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת הָא מַשְׁכַּחַת לָהּ בְּרוֹאָה בַּלֵּילוֹת דִּסְפִירַת לַיְלָה לָאו סְפִירָה הִיא כִּדְאִיתָא בפ"ב דִּמְגִילָּה (ד' כ. וְשָׁם) וי"ל דִּדְחִיק אַזָּבָה בִּימָמֵי מִשּׁוּם דִּכְתִיב כָּל יְמֵי זוֹבָהּ דְּמֵהַאי טַעְמָא א"ל ר' שְׁמַעְיָה לֵר' אַבָּא בְּסוֹף נִדָּה (שָׁם) אֵימָא בִּימָמֵי תֶּהֱוֵי זָבָה בַּלֵּילוֹת תֶּהֱוֵי נִדָּה ובפ"ק דְּהוֹרָיוֹת (ד' ד.) נָמֵי גַּבֵּי צָדוֹקִים דְּאָמַר זָבָה לָא הָוֵי אֶלָּא בִּימָמָא וּמִיהוּ לֹא יִתָּכֵן דְּאִם כֵּן הֲוָה לֵיהּ לְפָרוּשֵׁי וְלֵימָא זָבָה בִּימָמֵי הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ וְעוֹד דְּכִי מְשַׁנֵּי דְּרוֹאָה שֵׁנִי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת הל"ל שָׁלֹשׁ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וּמִיהוּ בְּסוֹף פֶּרֶק שֵׁנִי דְּנָזִיר (ד' טז. וְשָׁם) גָּרְסִי' בְּכָל הַסְּפָרִים כְּגוֹן דַּחֲזָא שְׁלֹשָׁה בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת סָמוּךְ לִשְׁקִיעַת הַחַמָּה דְּלָא הָוֵי שְׁהוּת בַּיּוֹם לִסְלֵיק לֵיהּ לְמִנְיָינָא וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דִּלְכָךְ לָא קָאָמַר בְּרוֹאָה בַּלֵּילוֹת מִשּׁוּם דְּר' יוֹסֵי כִּי הֵיכִי דִּתְחִילַּת הַיּוֹם סָלֵיק לָהּ שִׁימּוּר ה"נ סוֹף הַיּוֹם סָלֵיק לָהּ שִׁימּוּר וּבְסוֹף פ"ב דְּנָזִיר (גז"ש) מוֹכִיחַ כֵּן דְּגָרֵיס הָתָם כֵּיוָן דַּחֲזַאי בְּפַלְגֵי דְּיוֹמָא וְאִידָךְ פַּלְגֵי דְּיוֹמָא סָלֵיק לָהּ שִׁימּוּר ואע"ג שר"ת מְפָרֵשׁ דְּאִידָךְ פַּלְגָא דְּיוֹם שֶׁל אַחֲרָיו קָאָמַר לֹא מַשְׁמַע כֵּן וְגַם מִתּוֹךְ שִׁנּוּייָא דִּמְשַׁנֵּי דְּלֹא הֲוָה שְׁהוּת בַּיּוֹם וְאֵין זֶה מִנְהַג כּוּתִים דְּסוֹפֶרֶת יוֹם שֶׁפּוֹסֶקֶת דְּהָתָם בְּזָבָה גְּמוּרָה דִּצְרִיכָה ז' נְקִיִּים וְיוֹם שֶׁפּוֹסֶקֶת לָאו נָקִי הוּא אֲבָל בְּשׁוֹמֶרֶת יוֹם לָא כְּתִיב טָהֳרָה אֶלָּא מֵרִבּוּיָיא דִּקְרָא אָתֵי כִּדְפָרֵישִׁית וְעוֹד דִּבְסוֹפֶרֶת ז' הָוֵי סוֹף הַיּוֹם בִּתְחִלַּת סְפִירָה אֲבָל בְּשׁוֹמֶרֶת יוֹם הָוֵי בְּסוֹף סְפִירָה דְּסַגִּי לֵיהּ בְּחַד יוֹמָא:
Les années, pour lesquelles un jour leur compte à leur début, n'est-il pas juste qu'un jour leur compte à leur fin ? — ce 'à leur début' [de Rava] désigne le début de l'année, [qui est] la fin du décompte ; et ce 'à leur fin' désigne la fin de l'année, [qui est] le début du décompte. Et si tu objectes : que la zava le prouve [le contraire], elle qui est l'inverse de la nidda, [car] la fin du jour ne lui compte pas à son début — c'est [pourtant] là la coutume des Samaritains (koutim), comme il est dit au début du chapitre 'Benot koutim' (Nidda 33a), [à savoir] que le jour où elle s'arrête, elle le compte dans le décompte des sept ; et bien qu'on lui objecte 'nous aussi, comptons-le', nous ne tranchons pas ainsi, car on objecte au dernier chapitre de Nidda (69a) 'et Rav a énoncé sa tradition selon les Samaritains !'. Et malgré cela, [selon] Rabbi Yossi au chapitre 'Keitzad tsolin' (Pessahim 81a) le début du jour compte à sa fin, puisque nous disons 'une partie du jour vaut le tout' — de sorte qu'on ne peut trouver [de cas de] 'toumat ha-tehom' pour la zava, parce qu'elle ne 'détruit' pas rétroactivement et ne rend impur que de ce moment vers l'avant ; et la grande zava, on ne la trouve elle-même que chez celle qui a un écoulement continu ou qui voit durant les deux crépuscules. Et il faut dire que ce kal va-homer d'ici est selon les Sages (Rabbanan) et non selon Rabbi Yossi. Néanmoins, même selon les Sages, cela fait difficulté : bien qu'en voyant [du sang] le septième [jour] elle devienne impure rétroactivement, quoi qu'il en soit, puisqu'elle est permise à son mari immédiatement après immersion, de par la Torah — n'était l'interdiction des Sages, de peur qu'elle n'en vienne à un doute, comme nous le disons au dernier chapitre de Nidda (72a) — le début du jour lui compte forcément ; car sinon, [le verset] 'et elle comptera pour elle sept jours, et après elle sera pure' (Lévitique 15) dit par le Miséricordieux ne serait pas [réalisé]. Et il apparaît que la zava n'est pas comparable à celles-ci, car le Miséricordieux a été strict sur des jours 'nets', et comment la fin du jour compterait-elle alors qu'il n'est pas pur, puisqu'elle a déjà vu ? Et bien que, pour la 'chomeret yom [ke-neged yom]', la fin du jour compte — comme je l'expliquerai — c'est différent là-bas, car [le principe de] 'compter un [jour] pour un [jour]' se déduit à la fin de [Massekhet] Nidda (73a) de ce qui est écrit 'yihyeh' ; mais ici il est écrit 'et après elle sera pure', d'où nous exégètons que l'impureté ne fasse pas interruption. En revanche, le début du jour, il est juste qu'il [lui] compte à sa fin, car tant qu'elle n'a pas vu [de sang] elle est pure. Et si tu objectes : pourquoi [le Talmud] se force-t-il à trouver une zava complète pour Rabbi Yossi chez celle qui voit durant les deux crépuscules, alors qu'on la trouve chez celle qui voit la nuit, [puisque] compter la nuit n'est pas [un] compte [valable], comme il est dit au 2e chapitre de Meguila (20a) ? Il faut répondre qu'[il] se force [à chercher] une zava de jour, parce qu'il est écrit 'tous les jours de son écoulement' ; c'est pour ce motif que Rabbi Chemaya dit à Rabbi Abba a la fin de Nidda (ibid.) : 'dis donc : de jour ce serait zava, la nuit ce serait nidda' ; et de même au premier chapitre de Horayot (4a), à propos des Sadducéens, il est dit que la zava n'existe que de jour. Toutefois cela ne tient pas, car alors il aurait fallu préciser et dire 'une zava de jour, comment la trouve-t-on ?' ; et de plus, lorsqu'il répond 'chez celle qui voit durant les deux crépuscules', il aurait dû dire 'les trois crépuscules'. Néanmoins, à la fin du 2e chapitre de Nazir (16a), on lit dans tous les livres 'par exemple chez celle qui a vu durant les trois crépuscules, près du coucher du soleil, en sorte qu'il ne reste pas assez de jour pour que [le jour] lui compte au décompte'. Et il apparaît qu'il faut expliquer ainsi : si [le Talmud] ne dit pas 'chez celle qui voit la nuit', c'est parce que, pour Rabbi Yossi, de même que le début du jour fait 'monter' pour elle la garde (chimour), de même la fin du jour fait 'monter' pour elle la garde ; et à la fin du 2e chapitre de Nazir (ibid.) cela se prouve, car on lit la-bas 'puisqu'elle a vu au milieu du jour, l'autre moitié du jour lui fait monter la garde'. Et bien que Rabbenou Tam explique que 'l'autre moitié du jour' désigne [la moitié] du lendemain, cela ne semble pas [exact], et cela ressort aussi de la réponse [du Talmud] qui dit 'qu'il ne restait pas assez de jour'. Et ce n'est pas la coutume des Samaritains qui compte le jour de l'arrêt, car là-bas il s'agit d'une zava complète qui requiert sept jours nets, et le jour de l'arrêt n'est pas 'net' ; mais pour la 'chomeret yom ke-neged yom', il n'est pas écrit [d'exigence de] 'pureté', [le principe] ne venant que d'un surplus [exégétique] du verset, comme je l'ai expliqué ; et de plus, chez celle qui compte les sept, la fin du jour se situe au début du décompte, tandis que chez la 'chomeret yom', elle se situe à la fin du décompte, car un seul jour lui suffit.
💡 Explication

Rava objecte par un kal va-homer (à fortiori). Pour la nidda (7 jours d'impureté) : le début du 7e jour ne compte PAS comme jour entier à la fin (elle ne se purifie qu'au soir) — et pourtant la fin du 1er jour compte comme jour entier au début (si elle voit du sang juste avant le coucher du soleil, ce jour est le premier des sept). Donc, si pour l'année un seul jour compte déjà à la fin, à plus forte raison devrait-il compter au début ! (La réfutation de ce raisonnement se poursuit en 10b.)

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).