Rosh Hashanah 18a — verdict et techouva (avant/après le gzar din, serment et maison d'Eli), les benei maron à Roch Hachana, et les six mois où sortent les messagers

Rosh Hashanah 18a

Sougya : La sougya poursuit le débat : le cri et la techouva peuvent-ils annuler un verdict déjà prononcé (gzar din) ? On distingue l'individu (mahloket entre R.

Eliezer et R. Yitzhak) et la communauté, puis un verdict assorti d'un serment (irrévocable, comme celui prononcé contre la maison d'Eli, I Sam 3:14) d'un verdict sans serment (déchirable).

Rava et Abaye enseignent que la faute de la maison d'Eli s'expie par la Tora (et les actes de bonté) — illustré par leurs propres longévités et par la famille de Jérusalem sauvée par R. Yo'hanan ben Zakkai.

La sougya explique ensuite les 'dix jours' (de Roch Hachana a Kippour) via Naval, puis la michna : à Roch Hachana tous passent 'comme des benei maron', scrutés d'un seul regard. La dernière michna énumère les six mois où le Beit Din envoie des messagers annoncer le nouveau mois.

La techouva peut-elle déchirer le verdict (gzar din) ? Individu (yahid) Communauté (tsibour) Avant le verdict : le cri est efficace (tous en conviennent) Le verdict est-il déchirable ? -> oui, même scellé (nehtam) Après le verdict : mahloket R. Yitzhak : le cri sert TOUJOURS R. Eliezer : seulement avant Distinction décisive : verdict SANS serment -> déchirable verdict AVEC serment -> irrévocable Preuve du serment : la maison d'Eli (I Sam 3:14) - 'ne sera pas expiée par sacrifice ni offrande' Rava : mais expie par la Tora -> Rabba vécut 40 ans. Abaye : Tora + guemilout hassadim -> Abaye vécut 60 ans. La famille de Jérusalem (morts à 18 ans) : R. Yo'hanan ben Zakkai -> étudiez la Tora et vivez.
Verdict et techouva : individu vs communauté, serment vs sans serment, et la maison d'Eli (segments 0-8).
'Comme des benei maron' - les trois lectures kivnei imrana comme un troupeau de moutons (imra) comptés un à un à l'étroite ouverture maalot beit maron la montée de Beit Maron (sentier étroit) un seul à la fois, précipice des 2 côtés hayalot beit David les soldats de la maison de David recensés un par un au départ en guerre R. Yo'hanan : et pourtant tous scrutés d'un seul regard (seqira ahat)
Les trois lectures de 'benei maron' dans la michna (segments 12-13).
Les 6 mois où sortent les messagers (chelouhim) du Beit Din Nissan à cause de Pessa'h Av à cause du jeûne (9 Av) Eloul à cause de Roch Hachana Tichri réglage des fêtes Kislev à cause de 'Hanouka Adar à cause de Pourim + Iyar (Pessa'h katan) uniquement du temps du Temple Guemara : et Tamouz / Tevet (jeûnes publics) ? - voir la suite du daf
Les six mois où sortent les messagers du Beit Din (segments 14-16).
1
כָּאן קֹודֶם גְּזַר דִּין, כָּאן לְאַחַר גְּזַר דִּין! הָכָא נָמֵי בְּיָחִיד.

Ici, [c'est] avant le verdict (gzar din) ; là, [c'est] après le verdict ! Ici aussi, [il s'agit] d'un individu (yahid).

🗂️ Tossefot (1)
כָּאן קֹודֶם גְּזַר דִּין. בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּנִדָּה (דַּף ע: וְשָׁם) מְשַׁנֵּי נָמֵי הָכִי וַהֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי כִּדְאָמַר לְהוּ קב"ה לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת בְּפָ' מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כ:) וְלֹא אֶשָּׂא פָּנִים לְיִשְׂרָאֵל אֲנִי אָמַרְתִּי וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ וּבֵרַכְתָּ וְהֵם דִּקְדְּקוּ עַד כַּזַּיִת עַד כַּבֵּיצָה וּמִיהוּ גַּם זֶה אֱמֶת שֶׁאַף לְיִשְׂרָאֵל אֵינוֹ נוֹשֵׂא פָּנִים אֶלָּא קֹודֶם גְּזָר דִּין:
'Ici, avant le verdict' — au dernier chapitre de Nidda (70b) on répond aussi de cette manière. On aurait pu répondre comme le dit le Saint béni soit-Il aux anges du service, au chapitre 'Mi che-meto' (Berakhot 20b) : 'Et Je ne ferais pas grâce à Israël ?! Moi J'ai dit ''tu mangeras, te rassasieras et béniras'' (Dt 8:10), et eux se montrent scrupuleux jusqu'à un ke-zayit, jusqu'à un ke-betsa !' Néanmoins, ceci aussi est vrai : que même pour Israël Il ne fait grâce qu'avant le verdict.
💡 Explication

La Guemara résout une contradiction : un verset laisse entendre que Dieu pardonne, un autre non. Réponse : le premier vise avant le verdict (gzar din), le second après le verdict. Objection implicite : cela contredirait R. Yo'hanan (pour qui la techouva agit même après). Réponse : cela ne vaut que pour l'individu ; la communauté, elle, est pardonnée même après le verdict.

2
וּגְזַר דִּין דְּיָחִיד תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: שְׁנַיִם שֶׁעָלוּ לַמִּטָּה וְחָולְייָן שָׁוֶה, וְכֵן שְׁנַיִם שֶׁעָלוּ לַגַּרְדּוֹם לִידּוֹן וְדִינָן שָׁוֶה. זֶה יָרַד וְזֶה לֹא יָרַד, זֶה נִיצַּל וְזֶה לֹא נִיצַּל.

Et [la question de savoir si] le verdict d'un individu [est irrévocable] est [l'objet d'une controverse de] tannaim. Car il a été enseigné (baraita) : Rabbi Meir disait : deux [hommes] alités, et leur maladie est identique ; de même, deux [hommes] montés au tribunal (gardom) pour être jugés, et leur jugement est identique.

[Pourtant] celui-ci descend [guéri] et celui-là ne descend pas, celui-ci est sauvé et celui-là n'est pas sauvé.

📜 Rachi (4)
לַגַּרְדּוֹם בֵּית ווַעַד שֶׁדָּנִים בּוֹ נְפָשׁוֹת לַהֲרִיגָה:
Au tribunal (gardom) — lieu de réunion où l'on juge les affaires capitales, pour la mise à mort.
וְדִינָם שָׁוֶה שְׁנֵיהֶם נִתְפְּשׂוּ עַל דָּבָר אֶחָד:
Et leur jugement est identique — tous deux ont été saisis pour une seule et même affaire.
זֶה יָרַד מִן הַמִּטָּה:
Celui-ci descend — du lit.
זֶה נִיצּוֹל מִן הַוַּועַד:
Celui-ci est sauvé — [du] tribunal.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: שְׁנַיִם שֶׁעוֹלִין לְמַטָּה וְחֻלִּין שָׁוֶה.. זֶה הִתְפַּלֵּל וְנַעֲנָה וְכוּ'. נִרְאֶה לִי בס"ד לְפִי זֶה הַיְינוּ טַעְמָא לְמִנְהַג יִשְׂרָאֵל שֶׁנּוֹדְרִים בְּעֵת צָרָה נְדָרִים לְעִילּוּי נִשְׁמַת רַבִּי מֵאִיר זיע"א וּמוֹצְאִין בָּזֶה תּוֹעֶלֶת וְהַצְלָחָה, הַייְנוּ כִּי מֵאַרְיֵה דְּהַאי הִלְכְתָא שֶׁתּוֹעִיל תְּפִלָּה לְיָחִיד גַּם אַחַר גְּזָר דִּין הוּא רַבִּי מֵאִיר בַּעַל הַנֵּס זיע"א וְלָכֵן נוֹדְרִים וּמְבַקְּשִׁים בִּזְכוּתוֹ שֶׁהוּא יִהְיֶה מֵלִיץ טוֹב עַל פִּי סְבָרָתוֹ. וּבָזֶה יוּבַן הַטַּעַם דְּרַבִּי מֵאִיר בַּעַל הַנֵּס זיע"א נִקְבַּר מְעֻומָּד לִרְמֹוז כִּי הוּא עַמּוּד גָּדוֹל עוֹמֵד לְיִשְׂרָאֵל לְהוֹשִׁיעָן בְּעֵת צָרָה עַל פִּי סְבָרָתוֹ. וּבָזֶה יוּבַן רֶמֶז הַכָּתוּב בְּמִשְׁלֵי (מִשְׁלֵי ד, כ) 'בְּנִי לִדְבָרַי הַקְשִׁיבָה לַאֲמָרַי הַט אָזְנְךָ' לְאָמְרִי אוֹתִיּוֹת לַמֵּאִיר הוּא רַבִּי מֵאִיר דִּסְבִירָא לֵיהּ שֶׁתּוֹעִיל הַתְּשׁוּבָה לְיָחִיד גַּם אַחַר גְּזָר דִּין וְדוּק.
'Rabbi Meir disait : deux [hommes] alités et leur maladie est identique... celui-ci a prié et a été exaucé, etc.' Il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est là la raison de la coutume d'Israël : on formule, en temps de détresse, des vœux (nedarim) pour l'élévation de l'âme de Rabbi Meir — que son mérite nous protège — et l'on y trouve profit et réussite. Car le maître de cette halakha, [selon laquelle] la prière est efficace pour l'individu même après le verdict, c'est Rabbi Meir baal ha-Ness — que son mérite nous protège ; c'est pourquoi l'on formule des vœux et l'on implore en son mérite, afin qu'il soit un bon défenseur (melits) conformément à son opinion. Ainsi comprend-on pourquoi Rabbi Meir baal ha-Ness fut enterré debout (me-oumad) : pour faire allusion à ce qu'il est une grande colonne (amoud) dressée pour Israël, [prête] à les sauver en temps de détresse selon son opinion. Et l'on comprend ainsi l'allusion du verset dans les Proverbes (4:20) 'Mon fils, sois attentif à mes paroles (li-devarai), tends ton oreille à mes dires (le-amarai)' : 'le-amarai' a les mêmes lettres que 'le-Meir', c'est Rabbi Meir qui tient que la techouva est efficace pour l'individu même après le verdict — et médite [là-dessus].
💡 Explication

La question — le verdict de l'individu est-il révocable — est une controverse de tannaim. Baraita de R. Meir : deux malades de même maladie, ou deux accusés au même tribunal (gardom) avec le même chef d'accusation ; pourtant l'un guérit / est acquitté, l'autre non.

3
מִפְּנֵי מַה זֶה יָרַד וְזֶה לֹא יָרַד, זֶה נִיצַּל וְזֶה לֹא נִיצַּל? זֶה הִתְפַּלֵּל וְנַעֲנָה, וְזֶה הִתְפַּלֵּל וְלֹא נַעֲנָה. מִפְּנֵי מַה זֶה נַעֲנָה וְזֶה לֹא נַעֲנָה? זֶה הִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה שְׁלֵימָה — נַעֲנָה, וְזֶה לֹא הִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה שְׁלֵימָה — לֹא נַעֲנָה

Pour quelle raison celui-ci descend-il et celui-là ne descend-il pas, celui-ci est-il sauvé et celui-là n'est-il pas sauvé ? Celui-ci a prié et a été exaucé, et celui-là a prié et n'a pas été exaucé.

Pour quelle raison celui-ci a-t-il été exaucé et celui-là non ? Celui-ci a prié une prière complète (tefila chelema) — [et] a été exaucé ; et celui-là n'a pas prié une prière complète — [et] n'a pas été exaucé.

📜 Rachi (1)
תְּפִלָּה שְׁלֵימָה נִתְכַּוֵּון:
Une prière complète — il a eu [pleine] intention (kavana).
💡 Explication

La différence tient à la prière : l'un a prié et a été exaucé, l'autre non. Et pourquoi ? L'un a prié une prière complète (tefila chelema, avec pleine concentration/kavana), l'autre non.

4
רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: כָּאן קֹודֶם גְּזַר דִּין, כָּאן לְאַחַר גְּזַר דִּין. רַבִּי יִצְחָק אָמַר: יָפָה צְעָקָה לָאָדָם בֵּין קֹודֶם גְּזַר דִּין בֵּין לְאַחַר גְּזַר דִּין.

Rabbi Elazar dit : ici [c'est] avant le verdict, là [c'est] après le verdict. Rabbi Yitzhak dit : le cri (tseaka) est bon (efficace) pour l'homme, aussi bien avant le verdict qu'après le verdict.

💡 Explication

Deux tannaim expliquent le sort différent : selon R. Elazar, l'un a prié avant le verdict (exaucé), l'autre après (non). Selon R. Yitzhak, le cri (tseaka) est efficace avant comme après le verdict.

5
וּגְזַר דִּין דְּצִבּוּר מִי מִיקְּרַע? וְהָא כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״כִּבְסִי מִרְעֶה לִבֶּךָ״, וּכְתִיב: ״כִּי אִם תְּכַבְּסִי בַּנֶּתֶר וְתַרְבִּי לָךְ בֹּורִית נִכְתָּם עֲוֹנֵךְ לְפָנַי״, מַאי לַָאו: כָּאן קֹודֶם גְּזַר דִּין, כָּאן לְאַחַר גְּזַר דִּין!

Et le verdict de la communauté (tsibour), est-il déchirable ? Or un verset dit : 'Lave ton cœur du mal [afin d'être sauvée]' (Jer 4:14), et il est écrit : 'Même si tu te laves au nitre et prodigues la potasse, ta faute reste marquée (nikhtam) devant Moi' (Jer 2:22) !

N'est-ce pas : ici avant le verdict, là après le verdict ?!

⚖️ Rosh (1)
דַּף יח וּגְזַר דִּין דְּצִיבּוּר מִי מִיקְּרַע וְהָכְתִיב יִרְמְיָה ד כַּבְּסִי מֵרָעָה לִבֵּךְ יְרוּשָׁלִַים לְמַעַן תִּוָּשֵׁעִי וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר שָׁם כִּי אִם תְּכַבְּסִי בַּנֶּתֶר וְתַרְבִּי לָךְ בֹּורִית נִכְתָּם עֵינֶךָ לְפָנַי מַאי לָאו כָּאן קֹודֶם גְּזַר דִּין וְכָאן לְאַחַר גְּזָר דִּין. לָא אִידֵּי וְאִידֵּי לְאַחַר גז"ד וְלָא קַשְׁיָא כָּאן בִּגְזַר דִּין שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ שְׁבוּעָה כָּאן בגז"ד שֶׁאֵין עִמּוֹ שְׁבוּעָה. כִּדְאָמַר ר' שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר ר' יוֹנָתָן מִנַּיִן לִגְזַר דִּין שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ שְׁבוּעָה שֶׁאֵינוֹ נִקְרָע. שֶׁנֶּאֱמַר שְׁמוּאֵל א ג לָכֵן נִשְׁבַּעְתִּי לְבֵית עֵלִי אִם יְכֻופַּר עֲוֹן בֵּית עֵלִי בְּזֶבַח וּבְמִנְחָה עַד עוֹלָם. אָמַר אַבַּיֵּי בְּזֶבַח וּמִנְחָה הוּא דְּאֵינוֹ מִתְכַּפֵּר אֲבָל מִתְכַּפֵּר הוּא בד"ת. ר' יִצְחָק אָמַר יָפָה צְעָקָה לָאָדָם בֵּין קֹודֶם גְּזַר דִּין בֵּין לְאַחַר גְּזַר דִּין. כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר דְּבָרִים ד מִי כַּה' אֱ-לֹהֵינוּ בְּכָל קָרְאֵינוּ אֵלָיו וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר יְשַׁעְיָה נה דָּרְשׁוּ ה' בְּהִמָּצְאוֹ. לָא קַשְׁיָא הָא בְּיָחִיד וְהָא בְּצִיבּוּר. יָחִיד אֵימַת אר"נ אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אֵלּוּ עֲשֶׂרֶת יָמִים שֶׁבֵּין ר"ה ליה"כ: ובר"ה כָּל בָּאֵי עוֹלָם עוֹבְרִין לְפָנָיו כִּבְנֵי מָרוֹן. מַאי כִּבְנֵי מָרוֹן הָכָא תַּרְגִּימוּ כִּבְנֵי אִימְּרָנָא. רשב"ל אוֹמֵר כְּמַעֲלוֹת בֵּית חוֹרוֹן:
Feuillet 18. « Et le verdict de la communauté (gzar din de-tsibour), est-il déchirable ? » Or il est écrit (Jer 4:14) : « Lave de mal ton cœur, Jérusalem, afin d'être sauvée » ; et un [autre] verset dit là-bas (Jer 2:22) : « Même si tu te laves au natron (nether, une lessive alcaline) et prodigues pour toi de la potasse (borith, un savon végétal), ta faute reste marquée (nikhtam) devant Moi. » N'est-ce pas [ainsi] : ici avant le verdict, et là après le verdict ? — Non : l'un et l'autre [visent le temps] après le verdict, et ce n'est pas difficile (lo kachia) : ici il s'agit d'un verdict qui est accompagné d'un serment (chevoua), là d'un verdict qui n'est pas accompagné d'un serment. Comme l'a dit Rabbi Chmouel bar Nahmani au nom de Rabbi Yonatan : D'où [sait-on] qu'un verdict accompagné d'un serment ne se déchire pas ? De ce qu'il est dit (I Sam 3:14) : « C'est pourquoi J'ai juré à la maison d'Eli que la faute de la maison d'Eli ne sera pas expiée (yekhoupar) par sacrifice ni par offrande (minha), à jamais. » Abaye a dit : c'est par sacrifice et par offrande qu'elle ne s'expie pas, mais elle s'expie par les paroles de Tora (divre Tora). Rabbi Yitzhak a dit : le cri (tseaka) est bon (efficace) pour l'homme, aussi bien avant le verdict qu'après le verdict. Un verset dit (Dt 4:7) : « Quel [autre grand peuple a un dieu si proche de lui] comme l'Éternel notre D.ieu chaque fois que nous L'appelons » ; et un [autre] verset dit (Is 55:6) : « Cherchez l'Éternel pendant qu'Il se laisse trouver. » Ce n'est pas difficile : ceci [vise] l'individu (yahid) et cela la communauté (tsibour). L'individu, quand [se laisse-t-Il trouver] ? Rabbi Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouah : ce sont les dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour. « Et à Roch Hachana tous ceux qui viennent au monde passent devant Lui comme des benei maron. » Qu'est-ce que benei maron ? Ici [en Babylonie] on l'a traduit : comme des agneaux (kivnei imrana). Rech Lakich dit : comme les montées de Beit Horon.
💡 Explication

Question sur la communauté : son verdict est-il déchirable ? Deux versets s'opposent : 'lave ton cœur' (la techouva purifie) contre 'ta faute reste marquée' (rien n'y fait). N'est-ce pas la même distinction avant / après le verdict ?

6
לֹא, אִידֵּי וְאִידֵּי לְאַחַר גְּזַר דִּין, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּגְזַר דִּין שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ שְׁבוּעָה, כָּאן בִּגְזַר דִּין שֶׁאֵין עִמּוֹ שְׁבוּעָה.

Non, l'un et l'autre [visent le temps] après le verdict, et [pourtant] ce n'est pas difficile : ici [il s'agit] d'un verdict accompagné d'un serment (chevoua), là [il s'agit] d'un verdict non accompagné d'un serment.

💡 Explication

Réponse : les deux versets visent l'après-verdict, sans contradiction — car il y a deux types de verdict : celui assorti d'un serment (chevoua) est irrévocable ('ta faute reste marquée'), celui sans serment reste déchirable par la techouva.

7
כִּדְרַב שְׁמוּאֵל בַּר אַמֵּי. דְּאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אַמֵּי. וְאָמְרִי לָהּ, אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַב יוֹנָתָן: מִנַּיִן לִגְזַר דִּין שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ שְׁבוּעָה שֶׁאֵינוֹ נִקְרָע — שֶׁנֶּאֱמַר: ״[ו]לָכֵן נִשְׁבַּעְתִּי לְבֵית עֵלִי אִם יִתְכַּפֵּר עֲוֹן בֵּית עֵלִי בְּזֶבַח וּבְמִנְחָה״.

Comme [l'enseignement] de Rav Chmouel bar Ami. Car Rav Chmouel bar Ami a dit — et certains le rapportent [ainsi] : Rav Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : D'où [sait-on] qu'un verdict accompagné d'un serment n'est pas déchirable ?

De ce qu'il est dit : 'C'est pourquoi J'ai juré à la maison d'Eli que la faute de la maison d'Eli ne sera pas expiée par sacrifice ni par offrande [à jamais]' (I Sam 3:14).

💡 Explication

Source du principe : un verdict avec serment est irrévocable, prouvé par le serment divin contre la maison d'Eli — 'ne sera pas expiée par sacrifice ni offrande à jamais' (I Sam 3:14).

8
אָמַר רָבָא: בְּזֶבַח וּבְמִנְחָה אֵינוֹ מִתְכַּפֵּר — אֲבָל מִתְכַּפֵּר בַּתּוֹרָה. אַבַּיֵּי אָמַר: בְּזֶבַח וּמִנְחָה אֵינוֹ מִתְכַּפֵּר — אֲבָל מִתְכַּפֵּר בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים. רַבָּה וְאַבָּיֵי מִדְּבֵית עֵלִי קָאָתוּ. רַבָּה דְּעָסַק בַּתּוֹרָה — חָיָה אַרְבְּעִין שְׁנִין, אַבָּיֵי דַּעֲסַק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים — חָיָה שִׁיתִין שְׁנִין.

Rava dit : par sacrifice et offrande elle n'est pas expiée — mais elle est expiée par la Tora. Abaye dit : par sacrifice et offrande elle n'est pas expiée — mais elle est expiée par la Tora et par les actes de bonté (guemilout hassadim).

Rabba et Abaye descendaient de la maison d'Eli : Rabba, qui s'adonnait à la Tora, vécut quarante ans ; Abaye, qui s'adonnait à la Tora et aux actes de bonté, vécut soixante ans.

📜 Rachi (1)
אַבַּיֵּי וְרָבָא מִדְּבֵית עֵלִי אָתוּ כָּךְ שָׁמַעְתִּי וּבִשְׁחִיטַת חֻולִּין פֶּרֶק הַזְּרוֹעַ (חֻולִּין דַּף קלג.) אַשְׁכְּחַן דְּרָבָא לָאו כֹּהֵן הוּא וְשֶׁמָּא אִמּוֹ מִבֵּית עֵלִי הָיְתָה וְיֵשׁ גּוֹרְסִין רַבָּה וְאַבַּיֵּי וּמְפָרְשִׁי לָהּ בְּרַבָּה בַּר נַחְמָנִי:
Abaye et Rava descendaient de la maison d'Eli — ainsi l'ai-je entendu ; mais dans Chehitat Houlin, chapitre 'Ha-zeroa' (Houlin 133a), nous trouvons que Rava n'était pas cohen — peut-être sa mère était-elle de la maison d'Eli. Et certains lisent 'Rabba et Abaye', et l'expliquent de Rabba bar Nahmani.
🗂️ Tossefot (1)
רַבָּה וְאַבָּיֵי מִדְּבֵית עֵלִי קָאָתוּ. רָבָא חֲבֵירוֹ שֶׁל אַבַּיֵּי לָא הֲוָה כֹּהֵן כִּדְמוֹכַח בְּפֶ' הַזְּרוֹעַ (חֻולִּין דַּף קלג.) וְהָכָא רַבָּה חֲבֵירוֹ שֶׁל רַב חִסְדָּא וְכֵן מַשְׁמַע נַמֵּי בְּפֶרֶק בָּתְרָא דמו"ק (דַּף כֹּח. וְשָׁם) דְּאָמַר רָבָא חַיֵּי בְּנֵי וּמְזוֹנֵי לָא בִּזְכוּתָא תַּלְיָא מִילְּתָא אֶלָּא בְּמַזָּלָא תַּלְיָא מִילְּתָא דְּהָא רַבָּה וְרַב חִסְדָּא תַּרְוַייְהוּ צַדִּיקִים גְּמוּרִים הֲווֹ מָר מְצַלֵּי וְאָתֵי מִיטְרָא וּמָר מְצַלֵּי וְאָתֵי מִיטְרָא רַבָּה חָיָה אַרְבְּעִין שְׁנִין וְרַב חִסְדָּא חָיָה תִּשְׁעִין שְׁנִין וא"ת מְנָא לֵיהּ דְּמִשּׁוּם מַזָּלָא הֲוָה דִּלְמָא מִשּׁוּם דְּרַבָּה אֲתָא מִדְּבֵית עָלַי וי"ל דְּאַפֵּ"ה אִי לָאו מַזָּלָא הֲוָה מֵגֵין עָלָיו זְכוּת תּוֹרָה וא"ת דְּהָכָא מַשְׁמַע דְּרַבָּה לֹא הָיָה לוֹ זְכוּת שֶׁל גְּמִילוּת חֲסָדִים וְהָא אָמְרִינַן בְּפֶ' חֵלֶק (סַנְהֶדְרִין דַּף צח:) אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַבָּה מַר הָא תּוֹרָה הָא גְּמִילוּת חֲסָדִים וְי"ל דְּמ"מ אַבַּיֵּי עָסַק טְפֵי מִינֵּיהּ:
'Rabba et Abaye descendaient de la maison d'Eli' — Rava, le compagnon d'Abaye, n'était pas cohen, comme le prouve le chapitre 'Ha-zeroa' (Houlin 133a) ; il s'agit donc ici de Rabba, le compagnon de Rav Hisda. Cela ressort aussi du dernier chapitre de Moed Katan (28a) où Rava dit : les enfants, la vie et la subsistance ne dépendent pas du mérite mais de la constellation (mazal) — car Rabba et Rav Hisda étaient tous deux des justes accomplis ; l'un priait et la pluie venait, l'autre priait et la pluie venait, [pourtant] Rabba vécut quarante ans et Rav Hisda vécut quatre-vingt-dix ans. Et si tu demandes : d'où [Rava sait-il] que c'était à cause du mazal, peut-être était-ce parce que Rabba descendait de la maison d'Eli ? On peut répondre : même ainsi, s'il n'y avait pas eu le mazal, le mérite de la Tora l'aurait protégé. Et si tu demandes : ici il ressort que Rabba n'avait pas le mérite des actes de bonté, or nous disons au chapitre 'Helek' (Sanhédrin 98b) qu'Abaye dit à Rabba : 'Maître, tu as ceci — la Tora, [et] ceci — les actes de bonté' ? On peut répondre : quoi qu'il en soit, Abaye s'y adonnait davantage que lui.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רַבָּה דְּעָסַק בַּתּוֹרָה, חַיֵּי אַרְבְּעִין שְׁנִין. אַבָּיֵי דַּעֲסַק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים, חַיֵּי שִׁתִּין שְׁנִין. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם כִּי בֵּית עֵלִי דִּינָם שֶׁלֹּא יִחְיוּ יוֹתֵר מִן י"ח לְכָךְ רַבָּה דְּעָסַק בַּתּוֹרָה שֶׁהִיא בְּנוּיָה בכ"ב אוֹתִיּוֹת הוֹסִיפוּ לוֹ כ"ב שָׁנָה עַל י"ח וָחַי מ' אַךְ אַבַּיֵּי דְּלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ אֶלָּא רַק בְּשִׁשָּׁה דְּבָרִים שֶׁהֵם יַעַ"ל קַגַ"ם לֹא הוֹסִיפוּ לוֹ עַל י"ח מִצַּד עֵסֶק הַתּוֹרָה אֶלָּא רַק י"ב שָׁנָה כְּנֶגֶד שִׁשָּׁה הֲלָכוֹת שֶׁל יַעַ"ל קַגַ"ם שֶׁהֵם כְּפוּלִים בְּגִרְסָא וּבְעִיּוּן וְנַעֲשָׂה לוֹ שְׁלֹשִׁים, וְהוֹסִיפוּ לוֹ עוֹד שְׁלֹשִׁים שָׁנָה בִּשְׁבִיל גְּמִילוּת חֲסָדִים כִּי מִצְוָה זוֹ הִיא בִּסְפִירַת הַחֶסֶד שֶׁנְּקֻודָּתוֹ סגו"ל שֶׁהוּא שְׁלֹשָׁה יודי"ן שֶׁהֵם מִסְפַּר שְׁלֹשִׁים וְנַעֲשָׂה לוֹ שִׁשִּׁים.
'Rabba, qui s'adonnait à la Tora, vécut quarante ans ; Abaye, qui s'adonnait à la Tora et aux actes de bonté, vécut soixante ans.' Il me semble, avec l'aide du Ciel, en voici la raison : la maison d'Eli est condamnée à ne pas vivre au-delà de dix-huit [ans]. Aussi Rabba, qui s'adonnait à la Tora — laquelle est bâtie sur vingt-deux lettres — on lui ajouta vingt-deux ans aux dix-huit, et il vécut quarante. Mais Abaye, dont la halakha n'est [tranchée] comme lui que sur six points — [les mnémotechniques] YA'L KaGaM — on ne lui ajouta, du fait de son étude, que douze ans, correspondant aux six halakhot de YA'L KaGaM, qui sont doubles en énonciation (guirsa) et en analyse (iyoun) : cela lui fit trente ; puis on lui ajouta encore trente ans pour les actes de bonté, car cette mitsva relève de la sefira de 'Hessed dont le point-voyelle est le seggol, [formé de] trois youdin qui totalisent trente — et cela lui fit soixante.
💡 Explication

La faute de la maison d'Eli, dit Rava, ne s'expie pas par sacrifice mais par la Tora ; Abaye ajoute les actes de bonté (guemilout hassadim). Preuve vécue : tous deux descendaient d'Eli — Rabba (Tora seule) vécut 40 ans, Abaye (Tora + 'hessed) vécut 60 ans.

9
תָּנוּ רַבָּנַן: מִשְׁפָּחָה אַחַת הָיְתָה בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁהָיוּ מֵתֶיהָ מֵתִין בְּנֵי שְׁמֹונֶה עֶשְׂרֵה שָׁנָה. בָּאוּ וְהוֹדִיעוּ אֶת רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, אָמַר לָהֶם: שֶׁמָּא מִמִּשְׁפַּחַת עֵלִי אַתֶּם, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״וְכָל מַרְבִּית בֵּיתְךָ יָמוּתוּ אֲנָשִׁים״ — לְכוּ וְעִסְקוּ בַּתּוֹרָה וִחְיוּ. הָלְכוּ וְעָסְקוּ בַּתּוֹרָה וְחָיוּ. וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתָהּ מִשְׁפַּחַת רַבָּן יוֹחָנָן עַל שְׁמוֹ.

Nos maîtres ont enseigné : il y avait une famille à Jérusalem dont les membres mouraient à dix-huit ans. Ils vinrent en informer Rabban Yo'hanan ben Zakkai.

Il leur dit : peut-être descendez-vous de la famille d'Eli, dont il est écrit : 'Et tout l'accroissement de ta maison mourra [dans la force de l'âge,] des hommes [jeunes]' (I Sam 2:33) — allez, adonnez-vous à la Tora, et vous vivrez. Ils allèrent, s'adonnèrent à la Tora, et vécurent.

Et on appelait cette famille 'la famille de Rabban Yo'hanan', de son nom.

💡 Explication

Baraita illustrant l'expiation par la Tora : une famille de Jérusalem dont les membres mouraient à 18 ans. R. Yo'hanan ben Zakkai devine qu'ils descendent d'Eli (I Sam 2:33) et leur prescrit l'étude de la Tora — ils vécurent, et la famille porta désormais son nom.

10
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אִינְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: מִנַּייִן לִגְזַר דִּין שֶׁל צִבּוּר שֶׁאֵינוֹ נֶחְתָּם. אֵינוֹ נֶחְתַּם?! וְהָכְתִיב: ״נִכְתָּם עֲוֹנֵךְ לִפְנֵי״! אֶלָּא: אַף עַל גַּב שֶׁנֶּחְתָּם — נִקְרַע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כַּה׳ אֱ-לֹהֵינוּ בְּכָל קָרְאֵנוּ אֵלָיו״.

Rav Chmouel bar Inya a dit au nom de Rav : D'où [sait-on] que le verdict de la communauté n'est pas scellé (nehtam) ? — N'est pas scellé ?! Or il est écrit : 'ta faute reste marquée (nikhtam) devant Moi' (Jer 2:22) ! — Plutôt : bien qu'il soit scellé, il est [encore] déchirable, comme il est dit : 'comme l'Éternel notre Dieu chaque fois que nous L'invoquons' (Dt 4:7).

🪔 Ben Yehoyada (1)
מִנַּיִן שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁנֶּחְתַּם, מִתְקָרֵעַ? שֶׁנֶּאֱמַר: (דְּבָרִים ד, ז) "כִּי מִי גוֹי גָּדוֹל אֲשֶׁר לוֹ אֱ-לֹהִים קְרֹבִים אֵלָיו כַּה' אֱלֹקֵינוּ בְּכָל קָרְאֵנוּ אֵלָיו". פֵּירוּשׁ דְּמַשְׁמַע בְּכָל אֹופֶן שֶׁיִּהְיֶה, וְקָשֶׁה וַהֲלֹא לְכֻולֵּי עָלְמָא אִם יֵשׁ עִם גְּזָר דִּין שְׁבוּעָה אֵינוֹ מִתְקָרֵעַ כִּדְאָמַר לְעֵיל, וְאִם כֵּן מֻוכְרָח לְפָרֵשׁ הַאי 'בְּכָל קָרְאֵנוּ' לָאו דַּוְקָא אֶלָּא הוּא חוּץ מִגְּזַר דִּין דְּאִיכָּא בּוֹ שְׁבוּעָה וְאַזְדָּא לָהּ רְאָיָה זוֹ דְּיֵשׁ לוֹמַר נָמֵי חוּץ מִגְּזַר דִּין שֶׁנֶּחְתַּם וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהֵיכָא דְּאִיכָּא שְׁבוּעָה שָׁאנֵי דְּגַם מִצִּידּוֹ יִתְבָּרַךְ אִי אֶפְשָׁר לְבַטֵּל הַגְּזֵרָה כֵּיוָן דְּנִשְׁבַּע, אֲבָל בְּנֶחְתַּם אֵין מְנִיעָה מֻוכְרַחַת מִצִּידּוֹ יִתְבָּרֵךְ דִּלְגַבֵּי דִּידֵיהּ אֵין הֶפְרֵשׁ בֵּין נֶחְתַּם בֵּין אִם לֹא נֶחְתַּם שֶׁאִם יִרְצֶה לַחֲזֹור וּלְבַטֵּל אֶפְשָׁר שֶׁיְּבַטֵּל גַּם בְּנֶחְתָּם. וְלָכֵן שַׁפִּיר יָלֵיף כֵּיוָן דְּאָמַר בְּכָל כְּלָל כָּל גַּוְונָא אֲפִילּוּ בְּנֶחְתַּם.
'D'où [sait-on] que bien que scellé, il est déchirable ? — comme il est dit (Dt 4:7) : ''Car quelle grande nation a un Dieu proche d'elle comme l'Éternel notre Dieu chaque fois que nous L'invoquons''.' Explication : cela signifie 'en toute manière qu'il en soit'. Or c'est difficile : car de l'avis de tous, si le verdict est assorti d'un serment il n'est pas déchirable, comme il a été dit plus haut ! Il faut donc nécessairement expliquer ce 'chaque fois que nous L'invoquons' non à la lettre, mais [comme valant] hormis le verdict comportant un serment — et cette preuve s'effondre [alors], car on pourrait dire de même : hormis le verdict scellé. Il me semble, avec l'aide du Ciel : là où il y a serment, c'est différent, car même du côté de Lui — béni soit-Il — il est impossible d'annuler le décret, puisqu'Il a juré. Mais [pour ce qui est] scellé, il n'y a pas d'empêchement nécessaire de Son côté — béni soit-Il — car à Son égard il n'y a pas de différence entre scellé et non scellé : s'Il veut revenir [dessus] et l'annuler, Il peut l'annuler même scellé. C'est donc à bon droit qu'il tire [la preuve] : puisqu'il dit 'chaque fois (be-khôl)', cela inclut tous les cas, même scellé.
💡 Explication

Rav enseigne que le verdict de la communauté n'est jamais scellé (nehtam). Objection : mais 'ta faute reste marquée' (nikhtam) ! Rectification : bien que scellé, il reste déchirable — car Dieu est proche 'chaque fois que nous L'invoquons' (Dt 4:7).

11
וְהָכְתִיב: ״דָּרְשׁוּ ה׳ בְּהִמָּצְאוֹ״! הָתָם בְּיָחִיד, הָכָא בְּצִבּוּר.

Or il est écrit : 'Cherchez l'Éternel tant qu'Il se laisse trouver (be-himatzo)' (Isaie 55:6) ! — Là, [c'est] pour l'individu ; ici, [c'est] pour la communauté.

💡 Explication

Objection : 'Cherchez l'Éternel tant qu'Il se laisse trouver' (Is 55:6) implique qu'Il n'est pas toujours proche. Réponse : ce verset vise l'individu (proche seulement à certains moments) ; le précédent vise la communauté (proche à tout moment).

12
בְּיָחִיד, אֵימַת? אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: אֵלּוּ עֲשָׂרָה יָמִים שֶׁבֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים. ״וַיְהִי כַּעֲשֶׂרֶת הַיָּמִים וַיִּגֹּף ה׳ אֶת נָבָל״ — עֲשָׂרָה יָמִים מַאי עֲבִידְתַּייְהוּ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כְּנֶגֶד עֶשֶׂר לְגִימוֹת שֶׁנָּתַן נָבָל לְעַבְדֵי דָּוִד. אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: אֵלּוּ עֲשָׂרָה יָמִים שֶׁבֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים.

Pour l'individu, quand [se laisse-t-Il trouver] ? Rabba bar Avouh dit : ce sont les dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour. 'Et ce fut, au bout d'environ dix jours, l'Éternel frappa Naval [et il mourut]' (I Sam 25:38) — ces dix jours, que font-ils la ?

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : ils correspondent aux dix bouchées (leguimot) que Naval donna aux serviteurs de David. Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh : ce sont les dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour.

📜 Rachi (3)
וְיָחִיד אֵימַת מָצוּי לוֹ דִּכְתִיב בְּהִמָּצְאוֹ:
Et l'individu, quand [se laisse-t-Il trouver] ? — [quand] Il lui est accessible, car il est écrit 'tant qu'Il se laisse trouver'.
כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה לְגִימוֹת עֲשָׂרָה עֲבָדִים שָׁלַח לוֹ דָּוִד כְּדִמְפָרֵשׁ בִּקְרָא (שְׁמוּאֵל א כה) וְנָתַן לָהֶם סְעוּדָה אַחַת לְפִיכָךְ נִתְלוּ לוֹ עֲשָׂרָה יָמִים:
Correspondant aux dix bouchées — dix serviteurs que David lui envoya, comme l'expose le verset (I Sam 25), et il leur donna un [seul] repas ; c'est pourquoi on lui accorda un sursis de dix jours.
רַב נַחְמָן אָמַר אֵלּוּ עֲשָׂרָה יָמִים כו' שֶׁהִמְתִּין לוֹ הקב"ה שֶׁיָּשׁוּב וְלֹא שָׁב:
Rav Nahman dit : ce sont les dix jours, etc. — que le Saint béni soit-Il lui accorda pour qu'il se repente ; et il ne se repentit pas.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֵלּוּ עֲשֶׂרֶת יָמִים, שֶׁמֵּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד יוֹם הַכִּפּוּרִים. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ תְּשׁוּבָה עִילָּאָה הִיא בַּבִּינָה שֶׁהִיא סוֹד אוֹת ה"ה רִאשׁוֹנָה וּמְלֹואָהּ גַּם כֵּן ה' הֲרֵי הִיא מִסְפַּר עֲשָׂרָה כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה יָמִים שֶׁמִּתְגַּלֶּה בָּהֶם אוֹר הַבִּינָה וַעֲלֵיהֶם נֶאֱמַר (יְשַׁעְיָהוּ נה, ו) דִּרְשׁוּ ה' 'בְּהִמָּצְאוֹ' קְרִי בֵיהּ 'ב' ה' מָצְאוּ' רוֹצֶה לוֹמַר שְׁנֵי ההי"ן שֶׁהוּא אוֹת ה' וּמִילּוּאָה ה' שֶׁעוֹלִים מִסְפַּר עֲשָׂרָה. (שְׁמוּאֵל א' כה, לח) "וַיְהִי כַּעֲשֶׂרֶת הַיָּמִים, וַיִּגֹּף ה' אֶת נָבָל". "עֲשֶׂרֶת יָמִים", מַאי עֲבִידְתַּיְהוּ? אָמַר רַב יְהוּדָה, אָמַר רַב: כְּנֶגֶד עָשָׂר לְגִימוֹת, שֶׁנָּתַן נָבָל לְעַבְדֵי דָּוִד. רַב נַחְמָן אָמַר: אֵלּוּ עֲשֶׂרֶת יְמֵי תְּשׁוּבָה, שֶׁמֵּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד יוֹם הַכִּפּוּרִים [יח.] פֵּירֵשׁ הַגָּאוֹן מֵהָרֵי"שׁ זַ"ל בְּשֵׁם הַגָּאוֹן מהר"ח זַ"ל בְּיִשּׁוּב שְׁנֵי הַמַּאֲמָרִים הַנִּזְכָּר יַחַד דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (סַנְהֶדְרִין קב:) 'אַחְאָב שָׁקוּל הָיָה' וּפָרִיךְ הַשַּׁ"ס וְהָא עָבַד עֲבוֹדָה זָרָה? וְתֵירֵץ בִּשְׁבִיל שֶׁמְּהַנֶּה לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים מִנְּכָסָיו נַעֲשָׂה שָׁקוּל! וּלְפִי זֶה גַּם נָבָל בִּשְׁבִיל שֶׁהִינָּהּ לְעַבְדֵי דָּוִד נַעֲשֶׂה בֵּינוֹנִי וְדִין בֵּינוֹנִים מַאֲרִיךְ לָהֶם הקב"ה עֲשֶׂרֶת יְמֵי תְּשׁוּבָה, וְלָכֵן אַחַר שֶׁאָמַר רַב 'כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה לְגִימוֹת' בָּא רַב נַחְמָן לְפָרֵשׁ דִּבְרֵי רַב לוֹמַר כֵּיוָן שֶׁהִינָּהּ בִּלְגִימוֹת אֵלּוּ לְכָךְ נִיתְּנוּ לוֹ 'עֲשֶׂרֶת יְמֵי תְּשׁוּבָה' כִּי נַעֲשָׂה בֵּינוֹנִי עַד כָּאן דְּבָרָיו, יְעֻויַּן שָׁם. וְעַל פִּי זֶה נִרְאֶה לִי בס"ד סָמַךְ הַכְּתוּבִים (שְׁמוּאֵל א' כה, לז) 'וַיָּמָת לִבּוֹ בְּקִרְבּוֹ וְהוּא הָיָה לְאָבֶן וַיְהִי כַּעֲשֶׂרֶת הַיָּמִים וַיִּגֹּף ה' אֶת נָבָל וְיָמָת' וְהַיְינוּ דְּיָדוּעַ מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל, כִּי לָבָן נִתְגַּלְגֵּל בְּבִלְעָם וְאַחַר כָּךְ נִתְגַּלְגֵּל בְּנָבָל וְלָכֵן נָבָל רָאשֵׁי תֵּיבוֹת נָבָל בִּלְעָם לָבָן וְכַנִּזְכָּר בְּשַׁעַר הַפְּסוּקִים, יְעֻויַּן שָׁם. וְהִנֵּה אִם תָּסִיר אוֹת א' מִן 'לְאֶבֶן' יִשָּׁאֵר 'לָבָן' רֶמֶז כִּי תְּחִילָּתוֹ הָיָה לָבָן וְהוֹסִיף בּוֹ אוֹת א' עַתָּה וְנַעֲשָׂה 'לְאֶבֶן' וְהַיְינוּ לִרְמֹוז כִּי עַתָּה הוּא שָׁקוּל, וְהַייְנוּ כִּי צוּרַת א' הוּא מֹאזְנַיִם שְׁקוּלִים דְּאוֹת ו' שֶׁבָּאֶמְצַע הוּא כְּנֶגֶד הָעַמּוּד שֶׁתְּלוּיִים בּוֹ כַּפּוֹת הַמֹּאזְנַייִם וּשְׁנֵי יודי"ן אַחַת מִכָּאן וְאַחַת מִכָּאן הֵם כְּנֶגֶד שְׁתֵּי כַּפּוֹת וְהֵם שְׁקוּלִים נִמְצָא צוּרַת א הוּא צוּרַת מֹאזְנַיִם שֶׁקּוֹלִין לִרְמֹוז כִּי עַתָּה הוּא שָׁקוּל דְּהַייְנוּ בֵּינוֹנִי וְלָכֵן וַיְהִי כַּעֲשֶׂרֶת הַיָּמִים וְכוּ' שֶׁנָּתַן לוֹ זְמַן עֲשֶׂרֶת יְמֵי תְּשׁוּבָה שֶׁהוּא זְמַן שֶׁל בֵּינוֹנִים שֶׁהֵם שְׁקוּלִים. וְדַע דְּמַה שֶׁאָמַר 'עֲשָׂרָה לְגִימוֹת' הוּא לֹא רָצָה לְהַאֲכִילָם אֲפִילּוּ סְעוּדָה אַחַת וְרַק מִנְהַג הָעוֹלָם לְהָבִיא לָאוֹרֵחַ דָּבָר מוּעָט לִטְעֹום בְּעֵת שֶׁנִּכְנַס אֶצְלָם וְהוּא גַּם כֵּן הֶאֱכִילָם עֲשָׂרָה כַּפּוֹת שֶׁל מָתוֹק אוֹ דָּבָר אַחֵר שֶׁלְּכָל אֶחָד נָתְנוּ לוֹ כַּף אַחַת אֹוכֶל וּלְהָכִי קָרֵי לְהוּ לְגִימוֹת.
'Ce sont les dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour.' Il me semble, avec l'aide du Ciel : il est connu que la techouva supérieure (techouva ilaa) réside dans Bina, qui est le secret (sod) de la première lettre hé, et son épellation (miloui) est aussi un hé — voilà donc le nombre dix, correspondant aux dix jours où se révèle la lumière de Bina ; c'est d'eux qu'il est dit (Isaie 55:6) 'cherchez l'Éternel tant qu'Il se laisse trouver (be-himatzô)' — lis-y 'be-hé matzô', c'est-à-dire les deux hé, la lettre hé et son épellation hé, qui totalisent dix. 'Et ce fut, au bout d'environ dix jours, l'Éternel frappa Naval' — 'dix jours', que font-ils la ? Rav Yehouda dit au nom de Rav : correspondant aux dix bouchées que Naval donna aux serviteurs de David. Rav Nahman dit : ce sont les dix jours de techouva de Roch Hachana a Yom Kippour. Le Gaon Maharich, au nom du Gaon Maharah, a concilié ces deux enseignements : nos maîtres ont dit (Sanhédrin 102b) qu'Ahav était 'équilibré' (chakoul, mi-parts mérites mi-parts fautes) ; la Guemara objecte : mais il pratiquait l'idolâtrie ! Et l'on répond : parce qu'il faisait profiter de ses biens les érudits (talmidei hakhamim), il devint équilibré. De même Naval, parce qu'il fit profiter les serviteurs de David, devint 'moyen' (beinoni), et pour les beinonim le Saint béni soit-Il prolonge [le sursis] des dix jours de techouva. C'est pourquoi, après que Rav eut dit 'correspondant aux dix bouchées', Rav Nahman vient expliquer les paroles de Rav : puisqu'il fit profiter de ces bouchées, on lui accorda 'les dix jours de techouva', car il était devenu beinoni. Et sur cette base il me semble, avec l'aide du Ciel, [comprendre] l'enchaînement des versets (I Sam 25:37) 'son cœur mourut en lui et il devint comme pierre (le-even), et ce fut au bout d'environ dix jours que l'Éternel frappa Naval et il mourut' : car il est connu, du Ari zal, que Lavan se réincarna en Bilam puis en Naval — d'où 'NaVaL' comme initiales de Naval, Bilam, Lavan, cité au Chaar ha-Pessoukim. Or si tu retires la lettre alef de 'le-even' (pierre) il reste 'Lavan' : allusion à ce qu'il fut d'abord Lavan, et qu'à présent s'y ajouta la lettre alef, devenant 'le-even' — pour signifier qu'il est désormais équilibré. Car la forme de l'alef est une balance en équilibre : le vav du milieu figure le fléau auquel pendent les plateaux, et les deux youdin, un de chaque côté, figurent les deux plateaux égaux ; ainsi la forme de l'alef est celle d'une balance équilibrée, allusion à ce qu'il est maintenant chakoul, c'est-à-dire beinoni. Voilà pourquoi 'ce fut au bout d'environ dix jours' — on lui accorda le délai des dix jours de techouva, temps des beinonim qui sont équilibrés. Et sache que ce qui est dit 'dix bouchées' [signifie qu']il ne voulut pas leur donner même un [vrai] repas : selon l'usage, on apporte à l'hôte un peu de quoi goûter à son arrivée — il leur donna dix cuillerées de mets sucré ou autre, une cuillerée à chacun, et c'est pourquoi on les appelle 'leguimot' (bouchées).
💡 Explication

Quand Dieu est-Il proche de l'individu ? Selon Rabba bar Avouh, durant les dix jours de Roch Hachana a Kippour. Rattachement au verset : Naval mourut 'au bout de dix jours' — soit (Rav) en correspondance aux dix bouchées offertes aux serviteurs de David, soit (Rav Nahman) ces mêmes dix jours de techouva où Dieu attendit son repentir.

13
בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה כָּל בָּאֵי הָעוֹלָם עוֹבְרִין לְפָנָיו כִּבְנֵי מָרוֹן. מַאי ״כִּבְנֵי מָרוֹן״? הָכָא תַּרְגִּימוּ: כִּבְנֵי אָמַרְנָא. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: כְּמַעֲלוֹת בֵּית מָרוֹן. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כַּחֲיָילוֹת שֶׁל בֵּית דָּוִד.

'À Roch Hachana, tous les venants au monde passent devant Lui comme des benei maron' (michna). Que signifie 'benei maron' ?

Ici (en Babylonie) on l'a traduit : comme des moutons (kivnei imrana). Rech Lakich dit : comme la montée de Beit Maron.

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : comme les troupes (hayalot) de la maison de David.

📜 Rachi (3)
בר"ה כָּל בָּאֵי עוֹלָם כו' כִּבְנֵי אָמַרְנָא כִּכְבָשִׁים שֶׁמּוֹנִין אוֹתָן לְעַשְּׂרָן וְיוֹצְאִין זֶה אַחַר זֶה בְּפֶתַח קָטָן שֶׁאֵין יְכוֹלִין לָצֵאת כְּאֶחָד:
À Roch Hachana tous les venants au monde... comme des moutons (kivnei imrana) — comme des agneaux que l'on compte pour [en prélever] la dîme : ils sortent l'un après l'autre par une petite ouverture par laquelle ils ne peuvent sortir ensemble.
כְּמַעֲלוֹת בֵּית מָרוֹן הַדֶּרֶךְ קָצָר וְאֵין שְׁנַיִם יְכוֹלִין לֵילֵךְ זֶה בְּצַד זֶה שֶׁהָעֵמֶק עָמֹוק מִשְּׁנֵי צִידֵּי הַדֶּרֶךְ: ה"ג וְרַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל כַּחֲייָלוֹת שֶׁל בֵּית דָּוִד וַהֲדַר גָּרְסִינַן אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה כו':
Comme la montée de Beit Maron — le chemin est étroit, et deux [personnes] ne peuvent y marcher côté à côté, car la vallée est profonde des deux côtés du chemin. On lit : 'et Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : comme les troupes de la maison de David', puis on enchaîne : 'Rabba bar bar Hana a dit, etc.'
כַּחֲייָלוֹת שֶׁל בֵּית דָּוִד וְכִבְנֵי מָרוֹן כִּבְנֵי חֲייָלוֹת שֶׁל מֶלֶךְ מָרוֹן לְשׁוֹן מָרוּת וְאַדְנוּת וְכָךְ הָיוּ מוֹנִין אוֹתָם יוֹצְאִים זֶה אַחַר זֶה בְּצֵאתָם לַמִּלְחָמָה:
Comme les troupes de la maison de David — et 'ke-vnei maron' [signifie] comme les troupes du roi ; 'maron' est un terme de domination et de seigneurie ; et ainsi les comptait-on, sortant l'un après l'autre lorsqu'ils partaient à la guerre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מַאי 'כִּבְנֵי מָרוֹן'? הָכָא תַּרְגִּימוּ, כִּבְנֵי אִימְּרַנָא. הִנֵּה תְּלָת פֵּירוּשֵׁי דַּאֲמוּר רַבָּנָן כֻּולְּהוּ אִיתַנְהוּ וְלָא פְּלִיגִי אֶלָּא מָר אֲמַר חֲדָא וּמָר אֲמַר חֲדָא כְּמוֹ שֶׁכָּתַב מָהַרְשָׁ"א זַ"ל. וְנִרְאֶה לִי בס"ד אוֹמְרוֹ 'כִּבְנֵי אִימְּרַנָא' עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בְּמִדְרַשׁ רַבָּה פָּרָשַׁת בְּשַׁלַּח (מִדְרַשׁ רַבָּה פָּרָשָׁה כד, ב) 'וַיִּסַּע כְּצֹאן עִמּוֹ' (תְּהִלִּים עח, נב) מָה הַצֹּאן אֲפִילּוּ מְחַבְּלִים הָאִילָנוֹת אֵין בַּעֲלִיָּה מַעֲלִין עָלֶיהָ כָּךְ יִשְׂרָאֵל אַף עַל פִּי שֶׁחוֹטְאִין הקב"ה נוֹהֵג עִמָּהֶם כְּצֹאן וּפֵירֵשׁ מַתְּנַת כְּהֻונָּה זַ"ל אֵין בְּעָלֶיהָ מַעֲלִין פֵּירוּשׁ אֵין מְחַשְּׁבִין הַנֶּזֶק עֲלֵיהֶם כִּי יוֹדְעִים פְּתָאִים הֵם בָּזֶה וְכֵן כָּאן דָּן אוֹתָם כִּפְתָאִים לַחְשֹׁוב הַמְּזִידִין כִּשְׁגָגוֹת, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (יְשַׁעְיָה נח, א) 'וּלְבֵית יַעֲקֹב חַטָּאתָם' וְכֵן הוּא אוֹמֵר (הוֹשֵׁעַ יד, ב) 'כִּי כָּשַׁלְתָּ בַּעֲוֹ‍נֶךָ' יְעֻויַּן שָׁם. וְלָזֶה אָמַר כָּאן כִּבְנֵי אִימְּרַנָא שֶׁאִם יֵרָאֶה דּוֹר חַייָּב הַרְבֵּה נוֹהֵג עִמָּהֶם כְּצֹאן. וְאוֹמְרוֹ כְּמַעֲלוֹת בֵּית חוֹרוֹן הַיְינוּ שֶׁשָּׁם הַמָּקוֹם צַר וְאִם הָאָדָם יִפֹּול שָׁם הַמָּקוֹם גּוֹרֵם לוֹ הַנְּפִילָה, וְכֵן אֵצֶל יִשְׂרָאֵל יְלַמֵּד זְכוּת עֲלֵיהֶם לוֹמַר הַמָּקוֹם שֶׁהוּא חֹומֶר עָכוּר גָּרַם לָהֶם לְהִמָּשֵׁךְ אַחַר תַּאֲוָה רָעָה וְכָל שֶׁכֵּן בִּזְמַן שֶׁהֵם בְּחוּץ לָאָרֶץ שֶׁיִּתְלֶה טֻומְאַת הַמָּקוֹם שֶׁהוּא אֶרֶץ הָעַמִּים גָּרְמָה לָהֶם. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי הַכָּתוּב בִּיחֶזְקֵאל (יְחֶזְקֵאל לז, כג) 'וְהוֹשַׁעְתִּי אֹתָם מִכֹּל מוֹשְׁבֹתֵיהֶם אֲשֶׁר חָטְאוּ בָּהֶם' כְּלוֹמַר מוֹשְׁבוֹתֵיהֶם גָּרְמוּ לָהֶם. וְאוֹמְדוֹ כַּחֲיָלוֹת שֶׁל בֵּית דָּוִד הַיְינוּ שֶׁהָיוּ יוֹצְאִים מְיֻוחָסִים כֻּולָּם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְכוּת אֲבוֹתָם מְסַייַּעְתָּן וְכַנִּזְכָּר בַּמִּדְרָשׁ וְכֵן אֵצֶל יִשְׂרָאֵל אִם לֹא יִמָּצֵא זְכוּת מַסְפִּיק בְּיָדָם יַסְפִּיק לָהֶם זְכוּת אֲבוֹתָם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי אוֹמֵר כַּחֲיָלוֹת שֶׁל בֵּית דָּוִד שֶׁנִּקְרְאוּ מַחֲנֵה אֱלֹקִים כַּנִּזְכָּר בְּדִבְרֵי הַיָּמִים (דִּבְרֵי הַיָּמִים א' יב, כג) 'עַד לְמַחֲנֶה גָדוֹל כְּמַחֲנֵה אֱלֹקִים' כֵּן יִשְׂרָאֵל נִקְרְאוּ עַל שְׁמוֹ שֶׁל הקב"ה שֶׁנִּקְרָאִים עַם ה' וְעַל כֵּן לֹא יִהְיֶה לָהֶם בִּיטּוּל גַּם בְּרֻובָּם עוֹנוֹת. וְהִנֵּה לְמָאֵן דְּאָמַר זֶה פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל מָרוֹן לְשׁוֹן מָרוּת וְאַדְנוּת. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שְׁאֵיתָא בְּסֵפֶר הַלִּיקּוּטִים פָּרָשַׁת עֵקֶב בְּסוֹד רִמּוֹן דְּשֵׁם מטטרו"ן הַלְּבוּשׁ הוּא מָרוֹן שֶׁהוּא מ' מִיָּמִין ורו"ן מִשְּׂמֹאל וְהַחַיּוֹת הוּא ט"ט, עַיֵּין שָׁם. נִמְצָא 'מָרוֹן' קָאֵי עַל מַלְאַךְ מטטרו"ן שֶׁהוּא רֹאשׁ צָבָא שֶׁל מַעְלָה וְחַיָּילוֹת דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה הֵם דֻּוגְמַת צָבָא שֶׁל מַעְלָה שֶׁקְּרָאָם הַכָּתוּב בְּדִבְרֵי הַיָּמִים 'מַחֲנֵה אֱלֹקִים' וְלָכֵן קוֹרֵא כָּאן לַחֲיָלוֹת שֶׁל בֵּית דָּוִד בְּשֵׁם 'בְּנֵי מָרוֹן' דְּהֵם דֻּוגְמַת צָבָא שֶׁל מַעְלָה. אוֹ יוּבַן חֵילוֹת שֶׁל בֵּית דָּוִד נִכְתַּב חֶשְׁבּוֹנָם בְּפִנְקַס הַצָּבָא כְּפִי אֵיכוּתָם, זֶה נִכְתַּב כְּמֵאָה בְּנֵי אָדָם וְזֶה כְּמָאתַיִם וְזֶה כְּיוֹתֵר דִּלְכָךְ פֵּירֵשׁ הַכָּתוּב בִּשְׁמוּאֵל (שְׁמוּאֵל ב' כג, ח) 'אֵלֶּה שְׁמוֹת הַגִּבֹּרִים אֲשֶׁר לְדָוִד יֹשֵׁב בַּשֶּׁבֶת תַּחְכְּמֹנִי רֹאשׁ הַשָּׁלִשִׁי הוּא עֲדִינוֹ הָעֶצְנִי עַל שְׁמֹנֶה מֵאוֹת חָלָל בְּפַעַם אַחַת' הִנֵּה זֶה וַדַּאי נִכְתַּב בְּחֶשְׁבּוֹן הַצָּבָא כְּמִסְפַּר ח' מֵאוֹת וְלֹא כְּמִסְפַּר אִישׁ אֶחָד, וְכֵן בְּכֻולָּם, וְאָמַר כָּאן שֶׁגַּם בְּיוֹם רֹאשׁ הַשָּׁנָה עוֹבְרִין לְפָנָיו כְּפִי אֵיכוּתָם וַחֲשִׁיבוּתָם.
Que signifie 'ke-vnei maron' ? Ici on l'a traduit : comme des moutons (kivnei imrana). Ces trois explications énoncées par nos maîtres sont toutes [vraies] et ne se contredisent pas ; simplement, l'un énonce l'une, l'autre l'autre, comme l'écrit le Maharcha. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, [pour] 'ke-vnei imrana' [comme des moutons], selon ce que nos maîtres ont dit dans le Midrach Rabba, parachat Bechalah (24:2) : 'Il fit voyager son peuple comme un troupeau (ka-tson)' (Ps 78:52) — de même que le troupeau, même s'il abîme les arbres, son propriétaire ne lui en tient pas rigueur, ainsi Israël : bien qu'ils fautent, le Saint béni soit-Il se conduit envers eux comme [envers] un troupeau. Le Matnat Kehouna explique : 'ne lui en tient pas rigueur' signifie qu'on ne compte pas le dommage à leur charge, car on sait qu'ils sont naïfs (petaim) en cela. De même ici, Il les juge comme des naïfs, pour tenir les fautes délibérées (mezidin) pour des inadvertances (chegagot), comme il est dit (Isaie 58:1) 'et à la maison de Yaakov leurs péchés', et de même (Osée 14:2) 'car tu as trébuché par ta faute'. C'est pourquoi il est dit ici 'comme des moutons' : car s'Il voit une génération très coupable, Il se conduit envers eux comme [envers] un troupeau. Et l'expression 'comme la montée de Beit Horon' [sic] : là, le lieu est étroit, et si l'homme y tombe, c'est le lieu qui cause sa chute ; de même pour Israël, Il plaide en leur faveur en disant : c'est le lieu — matière trouble et opaque — qui les a portés à suivre un mauvais désir, à plus forte raison quand ils sont hors de la Terre [d'Israël], où l'on impute la faute à l'impureté du lieu, la terre des nations. C'est ainsi que j'ai expliqué le verset d'Ezechiel (37:23) 'Je les sauverai de toutes leurs demeures où ils ont fauté' : c'est-à-dire ce sont leurs demeures qui les ont fait fauter. Et l'expression 'comme les troupes de la maison de David' : car ils sortaient tous de lignage pur (meyouhassim), afin que le mérite de leurs pères les assiste, comme il est dit dans le Midrach ; de même pour Israël, si l'on ne trouve pas en leurs mains un mérite suffisant, le mérite de leurs pères leur suffira. Et il me semble encore : 'comme les troupes de la maison de David' — qui sont appelées 'camp de Dieu' (mahane Elokim), comme dans les Chroniques (I Chr 12:23) 'jusqu'à un grand camp, comme le camp de Dieu' ; de même Israël est appelé du Nom du Saint béni soit-Il, étant appelé 'peuple de l'Éternel', et c'est pourquoi il n'y aura pas pour eux d'anéantissement, même si les fautes sont en majorité. Selon cet avis, Rachi a expliqué 'maron' comme terme de domination et de seigneurie. Et il me semble encore, avec l'aide du Ciel, d'après le Sefer ha-Likoutim, parachat Ekev, dans le secret de 'rimon' : que le nom de Metatron, le vêtement [de l'ange], est 'maron' — soit mem à droite, roun à gauche, et le hayot [la vie] est têt-têt ; il ressort donc que 'maron' se rapporte à l'ange Metatron, chef de l'armée d'en-haut, et les troupes du roi David — la paix soit sur lui — sont à l'image de l'armée d'en-haut, que l'Écriture appelle dans les Chroniques 'camp de Dieu' ; c'est pourquoi l'on nomme ici les troupes de la maison de David du nom de 'benei maron', car elles sont à l'image de l'armée d'en-haut. Ou bien on comprendra : les troupes de la maison de David étaient inscrites en leur nombre sur le registre de l'armée selon leur qualité — celui-ci compté pour cent hommes, celui-là pour deux cents, et tel autre davantage ; c'est pourquoi l'Écriture précise dans Samuel (II Sam 23:8) 'voici les noms des héros qu'avait David... il brandit sa lance sur huit cents [ennemis] tués en une seule fois' — celui-là fut certainement inscrit au compte de l'armée pour le nombre de huit cents et non pour un seul homme ; et de même pour tous. Et il est dit ici que le jour de Roch Hachana aussi, ils passent devant Lui selon leur qualité et leur importance.
💡 Explication

Explication de la michna : à Roch Hachana tous passent 'comme des benei maron'. Trois lectures : comme un troupeau (imrana), compté un à un ; comme la montée de Beit Maron, sentier si étroit qu'on n'y passe qu'un par un ; comme les soldats (hayalot) de la maison de David, recensés un par un.

🖼️ Schéma
'Comme des benei maron' - les trois lectures kivnei imrana comme un troupeau de moutons (imra) comptés un à un à l'étroite ouverture maalot beit maron la montée de Beit Maron (sentier étroit) un seul à la fois, précipice des 2 côtés hayalot beit David les soldats de la maison de David recensés un par un au départ en guerre R. Yo'hanan : et pourtant tous scrutés d'un seul regard (seqira ahat)
Les trois lectures de 'benei maron'.
14
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְכֻולָּן נִסְקָרִין בִּסְקִירָה אַחַת. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: ״הַיֹּוצֵר יַחַד לִבָּם הַמֵּבִין אֶל כָּל מַעֲשֵׂיהֶם״. מַאי קָאָמַר? אִילֵּימָא הָכִי קָאָמַר: דִּבְרַנְהוּ לְכֻולֵּי עָלְמָא וּמְיַיחֵד לִבַּייְהוּ כַּהֲדָדָי — וְהָא קָא חָזֵינַן דְּלָאו הָכִי הוּא! אֶלָּא לָאו, הָכִי קָאָמַר: הַיּוֹצֵר רוֹאֶה יַחַד לִבָּם וּמֵבִין אֶל כָּל מַעֲשֵׂיהֶם.

Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et tous sont scrutés d'un seul regard (seqira ahat). Rav Nahman bar Yitzhak dit : nous aussi l'avons enseigné [dans un verset] : 'Celui qui façonne ensemble (yahad) leurs cœurs, qui discerne toutes leurs actions' (Ps 33:15).

Que dit-[il] ? Si l'on dit qu'il dit ceci : Il les a tous créés et unit leurs cœurs de façon identique — mais nous voyons qu'il n'en est pas ainsi !

Plutôt, n'est-ce pas qu'il dit ceci : le Façonneur voit ensemble leurs cœurs et discerne toutes leurs actions.

📜 Rachi (4)
וְכֻולָּן נִסְקָרִין וְכוּ' ואע"פ שֶׁעוֹבְרִין זֶה אַחַר זֶה:
Et tous sont scrutés, etc. — bien qu'ils passent l'un après l'autre.
אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא דְּכֻולָּן נִסְקָרִים בִּסְקִירָה אַחַת מִדְּנָסֵיב תַּנָּא דִידַן תַּלְמוּדָא לְמִלְּתֵיהּ מֵהַאי קְרָא הַיּוֹצֵר יַחַד לִבָּם:
Nous aussi l'avons enseigné — [à savoir] que tous sont scrutés d'un seul regard, du fait que le tanna de notre [michna] a rattaché son propos à ce verset 'Celui qui façonne ensemble leurs cœurs'.
וְלִבַּייְהוּ מְייַחֵד כִּי הֲדָדֵי כַּלְבּוֹ שֶׁל זֶה כָּךְ לִבּוֹ שֶׁל זֶה:
Et unit leurs cœurs de façon identique — le cœur de celui-ci comme le cœur de celui-là.
הָכִי קָאָמַר הַיּוֹצֵר רוֹאֶה יַחַד לִבָּם וְאַקְּרָא דִּלְעֵיל מִינֵּיהּ קָא מַהְדַּר הִשְׁגִּיחַ אֶל כָּל יֹושְׁבֵי הָאָרֶץ הַיּוֹצֵר אוֹתָם הִשְׁגִּיחַ יַחַד אֶת לִבָּם:
Il dit ceci : le Façonneur voit ensemble leurs cœurs — et il renvoie au verset qui précède : 'Il observe tous les habitants de la terre' — Celui qui les façonne observe ensemble leurs cœurs.
💡 Explication

Bien qu'ils passent un à un, dit R. Yo'hanan, tous sont scrutés d'un seul regard (seqira ahat). Preuve de Rav Nahman bar Yitzhak par Ps 33:15 : 'yahad' (ensemble) ne peut vouloir dire qu'Il rend les cœurs identiques (contredit par l'expérience), mais qu'Il voit tous les cœurs d'un seul coup et discerne toutes les actions.

15
מַתְנִי׳ עַל שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים הַשְּׁלוּחִין יוֹצְאִין: עַל נִיסָן מִפְּנֵי הַפֶּסַח, עַל אָב מִפְּנֵי הַתַּעֲנִית, עַל אֱלוּל מִפְּנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה, עַל תִּשְׁרֵי מִפְּנֵי תַקָּנַת הַמּוֹעֲדוֹת, עַל כִּסְלֵיו מִפְּנֵי חֲנֻוכָּה, וְעַל אֲדָר מִפְּנֵי הַפּוּרִים.

MICHNA : Pour six mois les messagers (chelouhim) sortent : pour Nissan à cause de Pessa'h ; pour Av à cause du jeûne (9 Av) ; pour Eloul à cause de Roch Hachana ; pour Tichri à cause du réglage des fêtes (takanat ha-moadot) ; pour Kislev à cause de 'Hanouka ; et pour Adar à cause de Pourim.

📜 Rachi (5)
מַתְנִי' עַל שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים שְׁלוּחִים יוֹצְאִים שֶׁקָּדְשׁוּ ב"ד הַחֹדֶשׁ ע"פ עֵדִים כְּשֶׁרָאוּ אֶת הַחֹדֶשׁ וּמוֹדִיעִים הַשְּׁלוּחִין לַגּוֹלָה יוֹם שֶׁקִּדְּשׁוּהוּ אִם בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים וְחֹדֶשׁ שֶׁעָבַר חָסֵר אוֹ בְּיוֹם ל"א וְחֹדֶשׁ שֶׁעָבַר מָלֵא:
MICHNA : pour six mois les messagers sortent — [après] que le Beit Din a sanctifié le mois sur la parole de témoins, quand ils ont vu [la nouvelle lune], les messagers informent l'exil du jour où il a été sanctifié : si c'est le trentième jour — [alors] le mois précédent est défectueux (haser) ; ou si c'est le trente-et-unième jour — [alors] le mois précédent est plein (mâle).
מִפְּנֵי הַפֶּסַח וְהוֹלְכִין הַשְּׁלוּחִין עַד הַפֶּסַח חוּץ מִן הַשַּׁבָּתוֹת:
À cause de Pessa'h — et les messagers vont [en chemin] jusqu'à Pessa'h, sauf les chabbats.
וְעַל אָב מִפְּנֵי הַתַּעֲנִית וְהוֹלְכִין כָּל שְׁמוֹנַת הַיָּמִים חוּץ מִן הַשַּׁבָּת:
Et pour Av à cause du jeûne — et ils vont [en chemin] durant les huit jours, sauf le chabbat.
עַל אֱלוּל מִפְּנֵי ר"ה מוֹדִיעִים מָתַי הִתְחִיל אֱלוּל וְעוֹשִׂין ר"ה בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים לֶאֱלוּל בַּגּוֹלָה דְּרֹוב שָׁנִים אֵין אֱלוּל מְעֻובָּר ואע"פ שֶׁסָּפֵק הוּא בְּיָדָם שֶׁמָּא יְעַבְּרוּהוּ ב"ד אִי אֶפְשָׁר לָהֶן לָדַעַת וְעַל כָּרְחָן הוֹלְכִין אַחַר רֹוב שָׁנִים וְאִם לֹא יֵדְעוּ מָתַי הִתְחִיל אֱלוּל לֹא יֵדְעוּ יוֹם שְׁלֹשִׁים שֶׁלּוֹ:
Pour Eloul à cause de Roch Hachana — ils informent quand a commencé Eloul, et l'on fait Roch Hachana le trentième jour d'Eloul dans l'exil, car la plupart des années Eloul n'est pas prolongé (meoubar) ; et bien qu'ils aient un doute — peut-être le Beit Din le prolongera-t-il —, il leur est impossible de [le] savoir, et ils doivent forcément suivre la majorité des années ; et s'ils ne savaient pas quand a commencé Eloul, ils ne connaîtraient pas son trentième jour.
וְעַל תִּשְׁרִי מִפְּנֵי תַּקָּנַת הַמּוֹעֲדוֹת לְאַחַר שֶׁקִּדְּשׁוּהוּ ב"ד לְתִשְׁרֵי הַשְּׁלוּחִין יוֹצְאִין לְיוֹם הַמָּחֳרָת וְהוֹלְכִין עַד מָקוֹם שֶׁיְּכוֹלִין לְהַגִּיעַ עַד הֶחָג וּמוֹדִיעִים אִם עִיבְּרוּ ב"ד אֶת אֱלוּל וְאִם לָאו כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא לִבָּם נוֹקְפָן ביוה"כ וְסֻוכּוֹת:
Et pour Tichri à cause du réglage des fêtes — après que le Beit Din a sanctifié [le mois] pour Tichri, les messagers sortent le lendemain et vont jusqu'au lieu qu'ils peuvent atteindre avant la fête [de Souccot], et informent si le Beit Din a prolongé Eloul ou non, afin que le cœur [des gens] ne les tourmente pas à Yom Kippour et à Souccot.
🗂️ Tossefot (2)
עַל נִיסָן מִפְּנֵי הַפֶּסַח. אֲבָל עַל סִיוָן מִפְּנֵי עֲצֶרֶת לֹא צָרִיךְ דְּבָעֹומֶר הַדָּבָר תָּלוּי כִּדְאָמְרִי' לְעֵיל (רֹאשׁ הַשָּׁנָה דַּף ו:) דְּתָנֵי רַב שְׁמַעְיָה עֲצֶרֶת פְּעָמִים חֲמִשָּׁה פְּעָמִים שִׁשָּׁה פְּעָמִים שִׁבְעָה:
'Pour Nissan à cause de Pessa'h' — mais pour Sivan à cause de Chavouot, ce n'est pas nécessaire, car la chose dépend du [compte du] omer, comme nous l'avons dit plus haut (Roch Hachana 6b) : car Rav Chemaya a enseigné que Chavouot [tombe] tantôt le cinq, tantôt le six, tantôt le sept [de Sivan].
וְעַל אֱלוּל מִפְּנֵי ר"ה. מוֹדִיעִים מָתַי מַתְחִיל אֱלוּל וְעוֹשִׂין ר"ה בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים לֶאֱלוּל בַּגּוֹלָה וְגַם לְמָחֳרָתוֹ כִּדְמַשְׁמַע בפ"ק דְּבֵיצָה (דַּף ה.) וּבְפֶ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לט. וְשָׁם) שֶׁהָיוּ עוֹשִׂין שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה מִסָּפֵק דִּלְמָא עִבְּרוּהָ לֶאֱלוּל מ"מ אִם לֹא יָדְעוּ מָתַי מַתְחִיל אֱלוּל לֹא יָדְעוּ יוֹם שְׁלֹשִׁים:
'Et pour Eloul à cause de Roch Hachana' — ils informent quand commence Eloul, et l'on fait Roch Hachana le trentième jour d'Eloul dans l'exil, ainsi que le lendemain, comme il ressort du premier chapitre de Betsa (5a) et du chapitre 'Be-khôl mearvin' (Erouvin 39a) : car on faisait deux jours de fête à Roch Hachana par doute, [craignant] qu'on ait peut-être prolongé Eloul ; quoi qu'il en soit, s'ils ne savaient pas quand commence Eloul, ils ne connaîtraient pas le trentième jour.
⚖️ Rosh (1)
דַּף לח אִילֵימָא מִשּׁוּם דִּנְפִישִׁי בְּהוּ קְרָאֵי וְהָא אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב נַחְמָן כֵּיוָן שֶׁאָמַר וּבְתוֹרָתְךָ כָּתוּב לֵאמֹר שׁוּב א"צ. פֵּי' רַשִׁ"י שׁוּב א"צ לוֹמַר קָרְבְּנוֹת הַמּוּסָפִין וּבְשֵׁם רַבּוֹתָיו פִּי' מַלְכֻיוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת. וְהִקְשָׁה הָא דְּלָא כְּרַבָּנָן וּדְלָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי דִּתְנַן אֵין פּוֹחֲתִין מִי' מַלְכֻיוֹת רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אָמַר שָׁלֹשׁ. ור"ת מְפָרֵשׁ דְּאַמַּלְכֻיוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת קָאֵי. וְהֵיכָא דְּאַתְחִיל פְּלִיגִי דְּלָא יִפְחֹות לְמָר כִּדְאִית לֵיהּ וּלְמָר כִּדְאִית לֵיהּ אֲבָל אִם אֵינוֹ רוֹצֶה לוֹמַר כְּלָל יִפְטֹור אֶת עַצְמוֹ. עַל יְדֵי כַּכָּתוּב בְּתוֹרָתֶךָ שֶׁאָז הוּא כּוֹלֵל כֻּולָּם יַחַד דִּנְבִיאִים וּכְתוּבִים כֻּולְּהוּ אִיַּקַּרוּ תּוֹרָה. אֲבָל כְּשֶׁאָמַר פָּסוּק אֶחָד גִּילָּה בְּדַעְתּוֹ שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לִכְלֹול כֻּולָּם בִּכְלָל וּבְתוֹרָתְךָ כָּתוּב לֵאמֹר וא"כ לֹא יִפְחֹות מִן הַמִּנְיָן לְמָר כִּדְאִית לֵיהּ וּלְמָר כִּדְאִית לֵיהּ. אֲבָל מִקְרָאוֹת שֶׁל מוּסָף שֶׁהֵן בִּמְקוֹם הַקָּרְבָּנוֹת כְּדִכְתִיב וּנְשַׁלְּמָה פָּרִים שְׂפָתֵינוּ וּבִזְמַן שֶׁהֶרְאָה הקב"ה לְאַבְרָהָם אָבִינוּ בִּבְרִית בֵּין הַבְּתָרִים כְּשֶׁיִּתְבַּטְּלוּ הַקָּרְבָּנוֹת שֶׁיִּהְיוּ יִשְׂרָאֵל יוֹצְאִין בְּהַזְכָּרָתָן תַּעֲנִית דַּף כז: אֵין לְבַטְּלָן וְצָרִיךְ לְהַזְכִּירָם לְעוֹלָם. אֲבָל מוּסָף שֶׁל ר"ח בר"ה אֵין צָרִיךְ לְהַזְכִּיר אֶלָּא דַּי בָּזֶה שֶׁהוּא אוֹמֵר מִלְּבַד עֹולַת הַחֹודֶשׁ וּמִנְחָתָהּ שֶׁבָּזֶה נִכְלָל כָּל מוּסְפֵי ר"ח וְיֹאמַר נָמֵי וּשְׁנֵי שְׂעִירִים לְכַפֵּר. וְהַרְבֵּה נֶחְלְקוּ עַל ר"ת בָּזֶה כִּי עָשָׂה אֶת הַטָּפֵל עִיקָּר וְאֶת הָעִיקָּר טָפֵל כִּי פְּסוּקֵי מַלְכֻיוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת נִשְׁנוּ בַּמִּשְׁנָיוֹת וּפְסוּקֵי קָרְבָּנוֹת לֹא הֻוזְכְּרוּ לֹא בַּמִּשְׁנָה וְלֹא בַּגְּמָרָא אֶלָּא שֶׁנָּהֲגוּ לְאוֹמְרָם בִּמְקוֹם הַקָּרְבָּנוֹת וְאִם עַל מַלְכֻיוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת אָמַר רַב כֵּיוָן שֶׁאָמַר וּבְתוֹרָתְךָ כָּתוּב לֵאמֹר כְּאִילּוּ הִזְכִּירָן כ"ש בְּקָרְבְּנוֹת מוּסָפִין דְּהָוֵי כְּאִילּוּ הִזְכִּירָם וְקִייֵּם וּנְשַׁלְּמָה פָּרִים שְׂפָתֵינוּ. וְנָהֲגוּ בִּסְפָרַד שֶׁאֵין מַזְכִּירִין פְּסוּקֵי מוּסָפִין אֶלָּא בְּשַׁבָּת ור"ח דִּרְגִילִי וְלָא אָתֵי לְמִיטְעֵי בָּהֶן אֲבָל בְּכָל הַמּוֹעֲדוֹת אֵין מַזְכִּירִין דְּאָתֵי לְמִיטְעֵי בְּהוּ. אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאָווְשִׁי בִּבְרָכוֹת דְּכָל שַׁבָּתוֹת וְי"ט מִתְפַּלְּלִין שֶׁבַע בְּרָכוֹת וּבְהָנֵי תֵּשַׁע. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר לְעוֹלָם יַסְדִּיר אָדָם תְּפִלָּתוֹ וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל. אָמַר רָבָא מִסְתַּבְּרָא מִילְּתֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בִּבְרָכוֹת שֶׁל ר"ה ויה"כ וּבִפְרָקִים אֲבָל שֶׁל שְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה לֹא צָרִיךְ וְכַמָּה הוּא שֶׁל פְּרָקִים מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם וּלְהַלָּן. גָּרְסִינַן בְּעֵירוּבִין דַּף מ. אָמַר רָבָא כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא אִיבַּעְיָא לַן מַהוּ לְהַזְכִּיר שֶׁל ר"ח בר"ה כֵּיוָן דַּחֲלוּקִין הֵן בְּמוּסָפִין אָמְרִינַן אוֹ דִּלְמָא זִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לְכָאן וּלְכָאן. וּמַסִּיק דְּזִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לְכָאן וּלְכָאן כְּשֶׁאוֹמֵר אֶת יוֹם הַזִּכָּרוֹן הַזֶּה עוֹלֶה גַּם לר"ח דִּכְתִיב וּבְרָאשֵׁי חָדְשֵׁיכֶם וְנִזְכַּרְתֶּם לִפְנֵי ה' אֱ-לֹהֵיכֶם וְקָרְבְּנוֹת מוּסָף ר"ח אֵין צָרִיךְ לְהַזְכִּיר כִּדְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁהֵבֵאתִי לְמַעְלָה סִי' ג'. ור"ת הָיָה אוֹמֵר מִלְּבַד עֹולַת הַחֹודֶשׁ וּמִנְחָתָהּ וּבָזֶה נִכְלַל כָּל הַמּוּסָפִין שֶׁהֵן כֻּולָּן עוֹלוֹת וְהָיָה אוֹמֵר וּשְׁנֵי שְׂעִירִים לְכַפֵּר. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי רַב מְפַקֵּד לְתַלְמִידָיו לְאַדְכּוֹרֵי מוּסָפִין וְעוֹלַת הַחֹודֶשׁ וּמִנְחָתָהּ וּשְׁנֵי שְׂעִירִים לְכַפֵּר וּשְׁנֵי תְּמִידִים כְּהִלְכָתָן וְאָמַר רָבָא שָׁם: כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב הוּנָא אִיבַּעְיָא לַן מַהוּ לְהַזְכִּיר זְמַן בר"ה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים כֵּיוָן דְּמִזְּמַן לִזְמַן אָתוּ אָמְרִינַן אוֹ דִלְמָא כֵּיוָן דְּלֹא אִקְּרוּ רְגָלִים לָא אָמְרִינַן לָא הֲוָה בִּידֵיהּ כִּי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה אֲמַר לֵיהּ אֲנָא אַקָּרָא חַדְתָּא נָמֵי אָמַר זְמַן א"ל רְשׁוּת נָמֵי לָא אִיבַּעְיָא לַן כִּי קָמִיבַּעְיָא לַן חוֹבָה. וּמַסִּיק וְהִלְכְתָא אָמַר זְמַן בר"ה ויה"כ. וּלְעִנְיַן זְמַן בְּלֵיל שֵׁנִי כָּתַב רַשִׁ"י בִּתְשׁוּבָה רַבּוֹתֵינוּ אָמְרוּ שֶׁאֵין אוֹמְרִים אֶלָּא בְּיוֹם רִאשׁוֹן לְפִי שֶׁהֵן קְדֻושָּׁה אַחַת וּכְיוֹמָא אֲרִיכְתָּא דָּמֵי מַה שֶׁאֵין כֵּן בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת שֶׁהֵן מִשּׁוּם סָפֵק וּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵם וְאוֹמֵר זְמַן בִּשְׁנֵיהֶם. אֲבָל אֲנִי אוֹמֵר שצ"ל בּוֹ זְמַן וְכֵן נוֹהֲגִין בִּמְקוֹמֵינוּ וּבְכָל הַמְּקוֹמוֹת שֶׁעָבַרְתִּי וְאֵין חִילּוּק בֵּין י"ט שֶׁל ר"ה לִשְׁאָר יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת אֶלָּא לְעִנְיַן בֵּיצָה וּמְחֻובָּר כְּאָסוּר אֶת שֶׁל זֶה בָּזֶה וְטַעְמָא מִשּׁוּם דְּאַף בִּזְמַן ב"ד פְּעָמִים שֶׁהָיוּ עוֹשִׂין שְׁנֵיהֶם יוֹם טוֹב אע"פ שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם סָפֵק דְּיוֹם שֵׁנִי הָיָה עִיקַּר יוֹם טוֹב וְהָיוּ גּוֹמְרִים יוֹם רִאשׁוֹן בִּקְדֻושָּׁה כְּדֵי שֶׁלֹּא יְזַלְזְלוּ לַשָּׁנָה הַבָּאָה אֲבָל לְעִנְיַן זְמַן מִמַּה נַפְשָׁךְ אִי סְפֵיקָא הוּא אוֹמֵר וְאִי אַמִּנְהָגָא דב"ד סָמְכִינַן שֶׁהַיּוֹם נוֹהֲגִים קֹודֶשׁ וּלְמָחָר קוֹדֶשׁ אוֹמֵר זְמַן דְּהָא מִיּוֹם שֵׁנִי הָיוּ מוֹנִין תִּיקּוּן הַמּוֹעֲדוֹת וְהוּא עִיקַּר ר"ה וצ"ל בּוֹ זְמַן וְכֵן הֲלָכָה ע"כ. וְכֵן כָּתַב רַשְׁבַּ"ם בְּשֵׁם רַשִׁ"י זְקֵנוֹ וְכֵן מִסְתַּבֵּר טַעְמָא הִלְכָּךְ י"ל זְמַן גַּם בְּיוֹם שֵׁנִי. וְהַגְּאוֹנִים כָּתְבוּ שֶׁאֵין לוֹמַר זְמַן בַּשֵּׁנִי לֹא בְּקִדּוּשׁ וְלֹא בְּשׁוֹפָר. וְכֵן כָּתַב רַבֵּינוּ יִצְחָק בַּר יְהוּדָה. וּבַעַל הָעִיטּוּר כָּתַב כְּרַשִׁ"י. וְכֵן הֵשִׁיב רַבֵּינוּ מְשֻׁולָּם בַּר קָלוֹנִימוּס זַ"ל. וְטוֹב שֶׁיִּקַּח אָדָם פְּרִי חָדָשׁ וְיַנִּיחֶנּוּ לְפָנָיו וִיבָרֵךְ שֶׁהֶחֱייָנוּ וְיִהְיֶה דַּעְתּוֹ עַל הַפְּרִי וְיֵצֵא יְדֵי סָפֵק וְכֵן הָיָה אוֹמֵר רַבֵּינוּ מֵאִיר זַ"ל. רַבֵּינוּ יִצְחָק בַּר יְהוּדָה הִנְהִיג בְּמָגֶנְצָא לוֹמַר וְהַשִּׂיאֵנוּ בר"ה ויה"כ בְּשֵׁם רַבֵּינוּ אֶלְעָזָר הַגָּדוֹל וְכֵן רַבֵּינוּ מְשֻׁולָּם שָׁאַל אֶת פִּי רֹאשׁ יְשִׁיבָה שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם וְהֵשִׁיבוּ שֶׁאוֹמְרִים וְהַשִּׂיאֵנוּ בר"ה ויה"כ. וֶהֱבִיאוֹ רְאָיָה מִיְּרוּשַׁלְמִי דְּפֶרֶק הָרוֹאֶה. אֲבָל גָּאוֹן רַבֵּינוּ יִצְחָק הַלֵּוִי זַ"ל הִנְהִיג בגרמיי"ש שֶׁלֹּא לוֹמַר לְפִי שֶׁבִּרְכַּת מוֹעֲדִים לֹא שַׁיָּיךְ אֶלָּא בְּשָׁלֹשׁ רְגָלִים דִּכְתִיב ג"פ בַּשָּׁנָה יֵרָאֶה וּסְמִיךְ לֵיהּ אִישׁ כְּמַתְּנַת יָדוֹ כְּבִרְכַּת ה' וְגוֹ'. וְכֵן כָּתַב רַבֵּינוּ שַׁלְתִּיאֵל דְּבִרְכַּת מוֹעֲדֶיךָ זֶהוּ קָרְבַּן חֲגִיגָה דִּכְתִיב בֵּיהּ כְּבִרְכַּת ה' אֱ-לֹהֶיךָ וְזֶה אֵינוֹ כ"א שָׁלֹשׁ פְּעָמִים בַּשָּׁנָה וּמִטַּעַם זֶה אֵין לוֹמַר וְאֵין אָנוּ יְכוֹלִין לַעֲלוֹת וּלְהַרְאוֹת לְפָנֶיךָ אֶלָּא יֵשׁ לוֹמַר אֵין אָנוּ יְכוֹלִין לַעֲשׂוֹת חוֹבוֹתֵינוּ לְפָנֶיךָ. כָּתַב רָאַבְיָ"ה שָׁאַלְתִּי אֶת רַבּוֹתַי ר"ה שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת אִם אוֹמְרִים לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת וְתוֹדִיעֶנּוּ מִפְּנֵי שֶׁאוֹמְרִים בּוֹ וַחֲגִיגַת הָרֶגֶל ור"ה לֹא חָג וְלֹא רֶגֶל. וַהֲשִׁיבוּנִי דאע"פ כֵּן מִתְפַּלְּלִין וְתוֹדִיעֶנּוּ כִּי הֵיכִי דְּאָמְרִינַן חֻולִּין דַּף כו: בְּמוֹצָאֵי יו"ט בְּהַבְדָּלָה בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה דְּאָמְרִינַן סֵדֶר הַבְדָּלוֹת הוּא מוֹנֶה הָכָא נָמֵי סִידּוּר תִּיקּוּן הוּא מוֹנֶה. אֲבָל בִּתְשׁוּבַת מַר שַׂר שָׁלוֹם כָּתוּב בר"ה הָיוּ אוֹמְרִים בִּשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת בֵּין בִּתְפִלָּה בֵּין בְּקִידּוּשָׁא מוֹעֲדִים לְשִׂמְחָה חַגִּים וּזְמַנִּים לְשָׂשׂוֹן אֶת יוֹם הַזִּכָּרוֹן הַזֶּה שֶׁהֲרֵי כָּתוּב אֵלֶּה מוֹעֲדֵי ה' בְּרֵישׁ עִנְיָנָא וּבְסוֹף מִנְיָנָא וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה' וְקָאֵי אָכַל עִנְיָנָא פֶּסַח וַעֲצֶרֶת וְרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים וְסֻוכּוֹת וּשְׁמִינִי עֲצֶרֶת וְכֻולְּהוּ אִיתַּקּוּשׁ לַהֲדָדֵי לִקְרוֹתָם מוֹעֲדֵי ה' מִקְרָאֵי קֹדֶשׁ וּכְתִיב זִכְרוֹן תְּרוּעָה מִקְרָא קֹדֶשׁ. וְשָׁנִינוּ בַּמִּשְׁנָה לְעֵיל (רֹאשׁ הַשָּׁנָה יח.) עַל שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים שְׁלוּחִים יוֹצְאִים כו' בֶּאֱלוּל מִפְּנֵי תַּקָּנַת הַמּוֹעֲדוֹת מַקִּישׁ ר"ה לְסֻוכּוֹת וּמִנַּיִן שֶׁנִּקְרָא חַג שֶׁנֶּאֱמַר בַּכֶּסֶה לְיוֹם חַגֵּינוּ. וּמִנַּיִן שֶׁנִּקְרָא שִׂמְחָה שֶׁנֶּאֱמַר וּבְיוֹם שִׂמְחַתְכֶם וּבְמוֹעֲדֵיכֶם וּבְרָאשֵׁי חָדְשֵׁיכֶם וְאָמַר מַר סֻוכָּה נה. חָדְשֵׁיכֶם כֵּיצַד זֶה ר"ה. וְגַם בְּסֵפֶר עֶזְרָא מָצִינוּ שֶׁהָיוּ בּוֹכִים בְּשׁוּבָם מִן הַגּוֹלָה וְאָמַר לָהֶם עֶזְרָא כִּי קָדוֹשׁ הַיּוֹם לַאֲדוֹנֵנוּ וְאָמַר אִכְלוּ מַעֲדַנִּים וְשָׁתוּ מִמַּתְּקִים כְּדֵי שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה שְׁמֵינָה וּמְתוּקָה עֲלֵיכֶם וְשִׁלְחוּ מָנוֹת לְאֵין נָכוֹן לוֹ וְדָרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בֵּיצָה טו. לְמִי שֶׁלֹּא הִנִּיחַ עֵירוּבֵי תַבְשִׁילִין. וּפָשְׁטוּ שֶׁל מִקְרָא לְמִי שֶׁהָיָה בְּדַעְתּוֹ לְהִתְעַנּוֹת מֵאֶתְמוֹל וְלֹא הֵכִין לוֹ מַאֲכָל. מִכָּאן שֶׁאֵין מִתְעַנִּין בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְהָכִי אִיתָא בְּרֵישׁ פֶּרֶק שְׁלִישִׁי דְּתַעֲנִיּוֹת בִּירוּשַׁלְמִי הֲלָכָה ג ר"ע אוֹמֵר מַתְרִיעִין וְלֹא מִתְעַנִּין שֶׁכֵּן מַתְרִיעִין בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְלֹא מִתְעַנִּין. וּבְפֶרֶק שֵׁנִי דְּמַס' עֲרָכִין דַּף י: אָמְרִינַן דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים אִיַּקַּרוּ מוֹעֵד וּבְסוֹטָה דַּף מא. גַּבֵּי פָּרָשַׁת הַמֶּלֶךְ קָאָמַר אִי כְּתַב רַחֲמָנָא בַּמּוֹעֵד הֲוָה אֲמִינָא ר"ה דְּאִקְּרִי מוֹעֵד. וְגַם רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל בַּר רַבִּי חָפְנֵי כָּתַב שֶׁמִּנְהָג בִּשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת שֶׁאִם חָל רֹאשׁ הַשָּׁנָה בְּשַׁבָּת אוֹמְרִים מוֹעֲדִים לְשִׂמְחָה חַגִּים וּזְמַנִּים לְשָׂשׂוֹן אֶת יוֹם הַזִּכָּרוֹן הַזֶּה זִכְרוֹן תְּרוּעָה מִקְרָא קֹודֶשׁ. וְאִם חָל לִהְיוֹת בְּחוֹל אוֹמְרִים יוֹם תְּרוּעָה מִקְרָא קֹודֶשׁ. וְכֵן כָּתַב רַב פַּלְטוֹי גָּאוֹן וַתִּתֶּן לָנוּ בְּאַהֲבָה מוֹעֲדִים לְשִׂמְחָה חַגִּים וּזְמַנִּים לְשָׂשׂוֹן. וְרַב הַאי כָּתַב אֵין מִנְהָג לוֹמַר חַגִּים וּזְמַנִּים לְשָׂשׂוֹן וְכֵן הַמִּנְהָג פָּשׁוּט בַּזְּמַן הַזֶּה בְּכָל הַמְּקוֹמוֹת. וּבְאַשְׁכְּנַז וּבְצָרְפַת נוֹהֲגִין שֶׁלֹּא לוֹמַר וְהַשִּׂיאֵנוּ בר"ה ויה"כ וּבִשְׁאָר מְקוֹמוֹת אוֹמְרִים אוֹתוֹ. וְכֵן כָּתַב רי"ץ גֵּיאוּת זַ"ל שֶׁנָּהֲגוּ בִּשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת וּבְכוּלְּהוּ בָּבֶל שֶׁמִּתְפַּלְּלִין הַצִּבּוּר רַק שֶׁבַע בְּרָכוֹת וש"צ יוֹרֵד וְאוֹמֵר תֵּשַׁע. וְהֵבִיא תְּשׁוּבוֹת הַרְבֵּה לָרִאשׁוֹנִים לְרַב עַמְרָם וּלְרַב נַטְרוֹנַאי שֶׁאָמְרוּ מֵעוֹלָם לֹא הִתְפַּלְּלוּ צִבּוּר בר"ה אֶלָּא שֶׁבַע. וְרַב שְׁרִירָא גָּאוֹן בְּנוֹ כָּךְ אָמְרוּ וְהִזְכִּיר עוֹד גְּאוֹנִים אֲחֵרִים וְכֻולָּם כָּךְ אָמְרוּ וְכֵן הֵעִידוּ. אֲבָל הוּא כָּתַב וְאָנוּ קִבַּלְנוּ מֵחֲכָמִים גְּדוֹלִים וּבַעֲלֵי הוֹרָאָה וְאַנְשֵׁי מַעֲשֶׂה שֶׁקִּבְּלוּ הֵם מֵחֲכָמִים שֶׁלִּפְנֵיהֶם כְּגוֹן רַב שְׁמוּאֵל הַלֵּוִי שֶׁקִּבֵּל וּמִן רַב חֲנוֹךְ וּזְקֵנִים שֶׁבַּדּוֹר הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה שֶׁאֵין מִתְפַּלְּלִין ז' אֶלָּא ט' וְכֵן מוֹרִין וְעוֹשִׂין וּמַתְנִיתִין מְסַיֵּיעַ לְהוּ דְּמַקְשֵׁי רַבָּנָן לר"ג לִדְבָרֶיךָ לָמָּה צִבּוּר מִתְפַּלְּלִין וְהוּא אוֹמֵר לָהֶם לָמָּה ש"צ יוֹרֵד אַלְמָא מַה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִים ש"צ יוֹרֵד וְאוֹמֵר. לְרַבָּנָן צִבּוּר עִיקָּר ולר"ג ש"צ עִיקָּר. וְכָתַב הָרַמְבַּ"ן זַ"ל בֶּאֱמֶת שֶׁטַּעֲנוֹתָיו שֶׁל הָרַב גְּדוֹלוֹת הֵם אֲבָל כֵּיוָן שֶׁהַגְּאוֹנִים מְעִידִים וְאוֹמְרִים שֶׁמֵּעוֹלָם לֹא נַעֲשָׂה כֵּן בִּישִׁיבָה שֶׁהַיְּחִידִים אוֹמְרִים שֶׁבַע וּשְׁלִיחַ צִבּוּר יוֹרֵד וְאוֹמֵר תֵּשַׁע וְכָךְ מִנְהָגָם מֵעוֹלָם ע"כ יֵשׁ לָנוּ לְקַבֵּל עֵדוּתָם שֶׁהַגְּאוֹנִים קִבְּלוּ מֵרַבָּנָן סָבוֹרָאֵי וְרַבָּנָן סָבוֹרָאֵי מֵרַבָּנָן אָמוֹרָאֵי וּבִישִׁיבָתָן עַל כִּסֵּא שֶׁל רַב אַשִּׁי הֵן יוֹשְׁבִים ובבהכ"נ שֶׁלּוֹ הָיוּ מִתְפַּלְּלִין. וְעוֹד שֶׁהָיָה מִנְהָגָם פָּשׁוּט בְּרוֹב יִשְׂרָאֵל עַד שֶׁבָּאוּ דִּבְרֵי הרי"ץ גֵּאוּת זַ"ל וְחָזַר מִקְצָת הַמַּעֲרָב לַמִּנְהָג שֶׁלָּנוּ וּלְמִנְהַג זֶה נָתַתִּי לִבִּי בַּדָּבָר וְנִתְקַיֵּים בִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ כָּל דָּבָר שֶׁבֵּית דִּין נוֹתְנִין לִבָּם עָלָיו לַסּוֹף עוֹלֶה בְּיָדָם כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר לְמֹשֶׁה מִסִּינַי וְכֵן הִיא הַצָּעָה שֶׁל הֲלָכָה זוֹ דְּוַדַּאי ר"ג וְרַבָּנָן בְּכָל הַשָּׁנָה כֻּולָּהּ פְּלִיגִי מִדְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בר"ה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים בִּלְבַד מִכְּלָל דִּפְלִיגִי אֲפִילּוּ בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה וְנִפְסְקָה הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בר"ה וביה"כ בִּלְבַד וְנִמְצְאוּ פְּטוּרִין בְּתֵשַׁע בִּלְבַד מִשּׁוּם דְּאָוְושִׁי וְחַייָּבִין בְּשֶׁבַע כִּשְׁאָר יָמִים טוֹבִים שֶׁהֲרֵי חוֹבַת הַיּוֹם הֵן וְחַיָּיבִין בָּהּ כִּשְׁאָר יָמִים טוֹבִים כְּמוֹ שֶׁהֵן חַייָּבִין בְּשֶׁבַע בְּיוֹצֵר וּבְמִנְחָה אֲבָל הַתְּקִיעוֹת דְּאִינּוּן מַלְכֻיוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת שֶׁתּוֹקְעִין בָּהֶן הֵן הֵן שֶׁשְּׁלִיחַ צִבּוּר פּוֹטֵר וְכֵן נָכוֹן. וְלֹא הֵבַנְתִּי הַדְּבָרִים הַלָּלוּ שֶׁנֶּאֶמְרוּ לְמֹשֶׁה מִסִּינַי דְּכֵיוָן שֶׁתִּקְּנוּ תֵּשַׁע בְּרָכוֹת לְאָומְרָן בְּמוּסָף שֶׁל ר"ה הֵיאַךְ יְהוּ הַקָּהָל חַייָּבִין לוֹמַר שֶׁבַע מֵהֶם הַשְׁתַּיִם שֶׁתְּשַׁע שֶׁל מוּסָף רֹאשׁ הַשָּׁנָה הֵן כְּמוֹ שֶׁבַע שֶׁל שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים וּכְמוֹ שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְדַלֵּג מֵאוֹתָן שֶׁבַע כָּךְ אִי אֶפְשָׁר לְדַלֵּג מִן הַתֵּשַׁע דִּבְרָכוֹת מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ וּשְׁלִיחַ צִבּוּר פּוֹטֵר אֶת הַצִּבּוּר מִכֻּולָּן מִשּׁוּם דְּאָווְשִׁי אֶלָּא שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין כְּדֵי שֶׁיַּסְדִּיר שְׁלִיחַ צִבּוּר אֶת תְּפִלָּתוֹ וּצְרִיכִים לְהִתְפַּלֵּל כֻּולָּן דְּאִם הִתְפַּלְּלוּ שֶׁבַע יְהוּ כֻּולָּן לְבַטָּלָה כֵּיוָן שֶׁמְּחַסֵּר מִן הַבְּרָכָה וּמִנְהַג אֲבוֹתֵינוּ תּוֹרָה הִיא וְאֵין לְשַׁנּוֹת: תַּנָּא בְּפִרְקֵי דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר פֶּרֶק מ"ו רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה אוֹמֵר אַרְבָּעִים יוֹם עָמַד מֹשֶׁה בָּהָר קוֹרֵא מִקְרָא בַּיּוֹם וְשׁוֹנֶה מִשְׁנָה בַּלַּיְלָה לְאַחַר אַרְבָּעִים יוֹם יָרַד וְשָׁבַר אֶת הַלֻּוחוֹת בְּשִׁבְעָה עָשָׂר בְּתַמּוּז וְעָשָׂה אַרְבָּעִים יוֹם בַּמַּחֲנֶה וְהָרְגוּ הַלְוִיִּם אֶת יִשְׂרָאֵל וְשָׂרַף אֶת הָעֵגֶל וְהִכְרִית ע"ז מִיִּשְׂרָאֵל וְהִתְקִין כָּל שֵׁבֶט שֵׁבֶט בִּמְקוֹמָן בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ אֱלוּל אָמַר הקב"ה לְמֹשֶׁה עֲלֵה אֵלַי הָהָרָה וְהֶעֱבִירוּ שׁוֹפָר בְּכָל הַמַּחֲנֶה שֶׁהֲרֵי מֹשֶׁה עָלָה לָהָר שֶׁלֹּא יִטְעוּ עוֹד בע"ז והקב"ה נִתְעַלָּה בְּאוֹתוֹ שׁוֹפָר שֶׁנֶּאֱמַר עָלָה אֱ-לֹהִים בִּתְרוּעָה וְגוֹ'. וּלְכָךְ הִתְקִינוּ חֲכָמִים שֶׁיְּהוּ תּוֹקְעִין שׁוֹפָר בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ אֱלוּל בְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה כְּדֵי לְהַזְהִיר אֶת יִשְׂרָאֵל שֶׁיָּשׁוּבוּ בִּתְשׁוּבָה שֶׁנֶּאֱמַר אִם יִתָּקַע שׁוֹפָר בְּעִיר וְגוֹ' וּכְדֵי לְעַרְבֵּב אֶת הַשָּׂטָן שֶׁלֹּא לְהַשְׂטִין עַל יִשְׂרָאֵל ע"כ וְכֵן נָהֲגוּ בְּאַשְׁכְּנַז לִתְקֹועַ כָּל חֹדֶשׁ אֱלוּל בֹּקֶר וָעֶרֶב אַחַר הַתְּפִלָּה. וְנִרְאֶה לִי דְּטָעוּת סוֹפֵר בְּפִרְקֵי דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מַה שֶׁכָּתַב וְעָשָׂה אַרְבָּעִים יוֹם בַּמַּחֲנֶה שֶׁהֲרֵי בָּהָר הָיָה שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים אַרְבָּעִים יוֹם וּבְשִׁבְעָה עָשָׂר בְּתַמּוּז שָׁבַר אֶת הַלּוּחוֹת וְדָן אֶת יִשְׂרָאֵל וּבִשְׁמוֹנָה עָשָׂר עָלָה וְיָרַד בְּתִשְׁעָה וְעֶשְׂרִים בְּאָב ובר"ח אֱלוּל עָלָה. אָמַר לִי רַב כֹּהֵן צֶדֶק מִנְהָג בִּשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת לוֹמַר תַּחֲנוּנִים בְּהָנֵי עֲשָׂרָה יוֹמֵי שֶׁבֵּין ר"ה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים וְכֵן אוֹמֵר רַב עַמְרָם וְרַב הַאי מִנְהָג לוֹמַר תַּחֲנוּנִים בְּהָנֵי עֲשָׂרָה יָמִים בִּלְחוּד וְשָׁמְעִינַן דְּמִקְצָת אַתְרָוָותָא קָייְמִי מֵרֹאשׁ חֹודֶשׁ אֱלוּל וְאָמְרִי דְּבֵיהּ סָלֵיק מֹשֶׁה לָהָר פַּעַם שְׁלִישִׁית וְנַחַת בְּלוּחוֹת שְׁנִיּוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים וְכָל הַמּוֹסִיף לְבַקֵּשׁ רַחֲמִים זְכוּת הוּא לוֹ. להרי"ץ הַגֵּיאוּת זַ"ל וַאֲנַן מִנְהָגֵינוּ מֵהָנָךְ דְּקָייְמִי מר"ח אֱלוּל. וּלְהִתְעַנּוֹת בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה וּבְשַׁבָּת שֶׁבֵּין ר"ה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים הָכִי אָמַר מַר רַב נַטְרוֹנַאי גָּאוֹן ביו"ט רִאשׁוֹן שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה אִי אֶפְשָׁר לֵישֵׁב בּוֹ בְּתַעֲנִית מִשּׁוּם דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא הוּא אֲבָל ביו"ט שֵׁנִי וּבְשַׁבָּת לֵית בְּהוּ קֻושְׁיָא מִשּׁוּם דַּעֲשָׂרָה יוֹמֵי אִינּוּן מְשֻׁונִּין מִכָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה. לְפִיכָךְ נוֹהֲגִין רַבּוֹתֵינוּ לֵישֵׁב בָּהֶן בְּתַעֲנִיּוֹת בֵּין בְּחוֹל בֵּין בְּשַׁבָּת. ע"כ. וּדְבָרָיו תְּמוּהִין שֶׁאָסַר לְהִתְעַנּוֹת ביו"ט רִאשׁוֹן שֶׁל ר"ה וְהִתִּיר לְהִתְעַנּוֹת בְּשַׁבָּת. וְנִרְאֶה דִּבְרֵי רַב הַאי שֶׁכָּתַב וּלְהִתְעַנּוֹת בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה אָנוּ רוֹאִין שֶׁיָּפֶה הוּא שֶׁלֹּא לְהִתְעַנּוֹת שֶׁכָּךְ אָמְרוּ פַּרְנָסֵי יִשְׂרָאֵל הָרִאשׁוֹנִים לְיִשְׂרָאֵל בר"ה אָכְלוּ מַעֲדַנִּים וְשָׁתוּ מִמַּתְּקִים כִּי קָדוֹשׁ הַיּוֹם. וְכֵן בְּשַׁבָּת שׁוּבָה אֵין אָנוּ רוֹאִין שֶׁיִּתְעַנֶּה אָדָם שֶׁהֲרֵי תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁהוּא תַּעֲנִית חָמוּר לֹא רָצוּ לִקְבֹּועַ אוֹתוֹ בְּשַׁבָּת אֶלָּא דָּחוּ אוֹתוֹ וְאַפֵּי' לְהַשְׁלִים בְּתַעֲנִית שֶׁהִתְחִיל בְּעֶרֶב שַׁבָּת נִסְתַּפְּקוּ בְּכַמָּה דּוֹרוֹת עַד שֶׁנֶּחְתְּכָה הֲלָכָה עֵירוּבִין מא. מִתְעַנֶּה וּמַשְׁלִים וְאִם לְהַשְׁלִים בְּשַׁבָּת כָּךְ הֵיאַךְ נֹאמַר שֶׁבְּתַעֲנִית נְדָבָה שַׁפִּיר דָּמֵי הִילְכָּךְ לֹא תַּעֲשׂוּ כֵּן ע"כ. וְכֵן דַּעַת הרי"ז גֵּיאוּת זַ"ל וְכָתַב דַּעֲשֶׂרֶת יְמֵי תְּשׁוּבָה מִיקְּרֵי יוֹם צוֹם לָא מִיקְּרֵי. וְכֵן כָּתַבְתִּי לְמַעְלָה בְּשֵׁם מַר שַׂר שָׁלוֹם גָּאוֹן. וְעוֹד הֵבִיא רָאַבְיָ"ה רְאָיָה מֵהַיְּרוּשַׁלְמִי בפ"ק דר"ה הֲלָכָה ג אָמַר רַבִּי סִימוֹן כְּתִיב כִּי מִי גוֹי גָּדוֹל רַבִּי חֲנַנְיָא וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ חַד אָמַר אֵיזוֹ אֻומָּה כְּאֻומָּה זֹאת שֶׁיּוֹדַעַת אָופְיָהּ שֶׁל אֱ-לֹהֶיהָ בְּנֹוהַג שֶׁבָּעוֹלָם אָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ דִּין לוֹבֵשׁ שְׁחֹורִים וּמִתְכַּסֶּה שְׁחוֹרִים וּמְגַדֵּל זְקָנוֹ וְאֵינוֹ חוֹתֵךְ צִפָּרְנָיו לְפִי שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ אֵיךְ דִּינוֹ יוֹצֵא אֲבָל יִשְׂרָאֵל אֵינָן כֵּן לוֹבְשִׁים לְבָנִים וּמִתְעַטְּפִין לְבָנִים וּמְגַלְּחִים זְקָנָם וְחוֹתְכִים צִפָּרְנֵיהֶם וְאוֹכְלִין וְשׁוֹתִין וּשְׂמֵחִים בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה לְפִי שֶׁיּוֹדְעִין שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עוֹשֶׂה לָהֶם נִסִּים וּמַטֶּה אֶת דִּינָם לְכַף זְכוּת וְקוֹרֵעַ לָהֶם גְּזַר דִּינָם. וְהָכִי אִיתָא נַמֵּי בְּוַיִּקְרָא רַבָּה. וּבִתְשׁוּבַת רַב נַחְשׁוֹן גָּאוֹן אוֹסֵר נָמֵי לְהִתְעַנּוֹת בר"ה. יְרוּשַׁלְמִי בפ"ק דְּשַׁבָּת הֲלָכָה א ר' חַיָּיא רַבָּה מַפְקִיד לְרַב אִי אַתְּ יָכוֹל לְמֵיכַל כֻּולָּהּ שַׁתָּא בְּטָהֳרָה אֱכוֹל וְאִי לָא אֱכוֹל שִׁבְעָה יָמִים בְּשַׁתָּא וְכָתַב ראב"י הָעִירִי זַ"ל קִבַּלְתִּי שֶׁאֵלּוּ שִׁבְעָה יָמִים הֵן שֶׁבֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים עַל כֵּן נָהֲגוּ בְּאַשְׁכְּנַז אַף אוֹתָן שֶׁאֵין נִזְהָרִין מִפַּת שֶׁל נָכְרִים כָּל הַשָּׁנָה בַּעֲשֶׂרֶת יְמֵי הַתְּשׁוּבָה נִזְהָרִין: הַדְרָן עֲלָךְ יוֹם טוֹב וּסְלִיקָא לַהּ מַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה
Feuillet 38. Si tu dis : c'est parce que les versets y sont nombreux (denefichi behou keraei) [qu'on a fixé neuf bénédictions pour le Moussaf de Roch Hachana] — mais Rav Houna n'a-t-il pas dit au nom de Rav Nahman : dès lors qu'il a dit « et dans Ta Tora il est écrit, disant... », il n'a plus besoin [d'en dire davantage] ? Rachi a expliqué : « il n'a plus besoin » de mentionner les sacrifices supplémentaires (korbenot ha-moussafin), et au nom de ses maîtres il a expliqué : [il n'a plus besoin de citer les versets de] Malkhouyot (royauté), Zikhronot (souvenirs) et Chofarot (sonneries). Et il a objecté : cela ne serait ni selon les Sages (Rabbanan) ni selon Rabbi Yo'hanan ben Nouri, car il a été enseigné (michna) : on ne récite pas moins de dix [versets de] Malkhouyot ; Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit : trois. Or Rabbenou Tam explique que [le propos de Rav] porte sur Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot, et que là où l'on a commencé, [les tannaim] sont en désaccord : qu'on n'en récite pas moins, selon l'un comme selon l'autre [chacun selon son opinion] ; mais si l'on ne veut pas en dire du tout, on peut s'en acquitter par [le verset] « comme il est écrit dans Ta Tora », car alors il les englobe tous ensemble, puisque les Prophètes et les Écrits (Neviim ou-Khetouvim) ont tous été honorés du titre de Tora. Mais lorsqu'il a dit un [seul] verset, il a révélé son intention de ne pas vouloir tous les englober dans la formule générale « et dans Ta Tora il est écrit, disant... » ; et s'il en est ainsi, il ne récitera pas moins que le nombre [requis], selon l'un comme selon l'autre. Mais quant aux versets du Moussaf qui tiennent lieu des sacrifices — comme il est écrit (Osée 14:3) « nous acquitterons [l'offrande de] taureaux par nos lèvres » —, et [ce] depuis le temps où le Saint béni soit-Il montra à Abraham notre père, lors de l'Alliance entre les morceaux (brith ben ha-betarim), que lorsque les sacrifices seraient abolis, Israël s'en acquitterait par leur mention (Taanit 27b) — on ne doit pas les abolir et il faut les mentionner à jamais. Mais le Moussaf de Roch Hodech à Roch Hachana n'a pas besoin d'être mentionné [en détail] ; il suffit de dire « en plus de l'holocauste du [nouveau] mois et de son offrande », car cela englobe tous les Moussafin de Roch Hodech ; et l'on dira aussi « et deux boucs pour expier ». Beaucoup ont contesté Rabbenou Tam sur ce point, car il a fait de l'accessoire (tafel) l'essentiel (ikkar) et de l'essentiel l'accessoire : les versets de Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot sont enseignés dans les michnayot, tandis que les versets des sacrifices ne sont mentionnés ni dans la michna ni dans la guemara, mais [seulement] on a pris l'usage de les réciter en place des sacrifices. Et si à propos de Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot Rav a dit que dès lors qu'il dit « et dans Ta Tora il est écrit, disant... » c'est comme s'il les avait mentionnés, à plus forte raison (kal va-homer) pour les sacrifices du Moussaf : c'est comme s'il les avait mentionnés et avait accompli « nous acquitterons [l'offrande de] taureaux par nos lèvres ». On a pris l'usage en Sefarad de ne mentionner les versets des Moussafin qu'à Chabbat et Roch Hodech, où l'on y est accoutumé et l'on ne risque pas de s'y tromper, mais à toutes les fêtes on ne les mentionne pas car on risquerait de s'y tromper. Plutôt [la raison des neuf bénédictions est] parce que [les bénédictions] y sont nombreuses (de-avchi bi-verakhot) : car tous les Chabbats et jours de fête on prie sept bénédictions, mais ces [jours-là], neuf. Rabbi Elazar a dit : que l'homme mette toujours en ordre sa prière (yasdir tefilato) puis prie. Rava a dit : le propos de Rabbi Elazar est plausible pour les bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour, et aux intervalles (perakim), mais pour le reste des jours de l'année ce n'est pas nécessaire. Et de combien est [l'intervalle] des perakim ? De trente jours et au-delà. Nous lisons dans Eirouvin (40a) : Rava a dit : lorsque nous étions à l'école de Rav Kahana, nous nous sommes demandé : peut-on mentionner Roch Hodech à Roch Hachana ? Puisqu'ils diffèrent quant à leurs Moussafin, dirons-nous [qu'il faut les mentionner séparément], ou bien peut-être un seul « souvenir » (zikaron) vaut-il pour l'un et pour l'autre ? Et l'on conclut qu'un seul souvenir vaut pour l'un et pour l'autre : quand il dit « ce jour du Souvenir (yom ha-zikaron) », cela vaut aussi pour Roch Hodech, car il est écrit (Nb 10:10) « et aux débuts de vos mois... et vous serez rappelés en souvenir devant l'Éternel votre D.ieu » ; et les sacrifices du Moussaf de Roch Hodech, on n'a pas besoin de les mentionner, comme il est [dit] dans le Yerouchalmi que j'ai rapporté plus haut, siman 3. Et Rabbenou Tam disait « en plus de l'holocauste du mois et de son offrande », et cela englobe tous les Moussafin qui sont tous des holocaustes, et il disait « et deux boucs pour expier ». Et ainsi est-il [dit] dans le Yerouchalmi : Rav ordonnait à ses élèves de mentionner les Moussafin, « et l'holocauste du mois et son offrande, et deux boucs pour expier, et deux offrandes perpétuelles selon leur loi ». Et Rava a dit là-bas [Eirouvin] : lorsque nous étions à l'école de Rav Houna, nous nous sommes demandé : peut-on dire le zeman (la bénédiction chehecheyanou marquant le temps) à Roch Hachana et Yom Kippour ? Puisqu'ils reviennent d'une période à l'autre (mi-zeman li-zeman), dirons-nous [qu'on le dit], ou bien peut-être, puisqu'ils ne sont pas appelés « fêtes de pèlerinage » (regalim), ne le dirons-nous pas ? Il n'avait pas [la réponse] en main. Lorsqu'il vint devant Rav Yehouda, celui-ci lui dit : moi, même sur une courge nouvelle (akara hadta) je dis le zeman. Il lui dit : sur ce qui est [seulement] facultatif (rechout), nous ne nous interrogeons pas ; nous nous interrogeons sur ce qui est obligatoire (hova). Et l'on conclut : la halakha est qu'on dit le zeman à Roch Hachana et Yom Kippour. Et quant au zeman le second soir [de Roch Hachana], Rachi a écrit dans une responsum (techouva) : nos maîtres ont dit qu'on ne le dit que le premier jour, car [les deux jours] constituent une seule sainteté (kedoucha ahat) et sont comme un seul long jour (yoma arikhta), à la différence des deux jours de fête de la diaspora (galouyot) qui sont [tenus] par doute (safek) et sont deux saintetés, [de sorte] qu'on dit le zeman les deux [jours]. Mais moi je dis qu'on doit dire en lui [le second jour] le zeman, et c'est ainsi que l'on fait dans nos contrées et dans tous les lieux que j'ai traversés ; et il n'y a de différence entre le jour de fête de Roch Hachana et les autres jours de fête de la diaspora que sur le point de l'œuf [pondu ce jour-là] et du [fruit] rattaché [à l'arbre] — [ce qui est] interdit de l'un pour l'autre. La raison en est que même au temps du Beit Din, il arrivait parfois qu'on fît des deux [jours] un jour de fête, bien qu'il n'y eût là aucun doute — car le second jour était le jour de fête essentiel (ikkar yom tov), et l'on achevait le premier jour en sainteté afin de ne pas [le] traiter avec légèreté l'année suivante. Mais quant au zeman, de toute manière (mi-ma-nafchakh) : si c'est [par] doute, on le dit ; et si l'on se fie à l'usage du Beit Din — [à savoir] qu'aujourd'hui on tient [le jour] saint et demain saint —, on dit le zeman, car c'est à partir du second jour que l'on comptait la fixation des fêtes (tikoun ha-moadot) et [ce jour] est le Roch Hachana essentiel, et l'on doit dire en lui le zeman ; telle est la halakha. Fin [de la citation]. Et de même le Rachbam a écrit au nom de Rachi son grand-père, et ainsi la raison est plausible ; donc on dit le zeman aussi le second jour. Mais les Gueonim ont écrit qu'on ne dit pas le zeman le second [jour], ni dans le Kidouch ni sur le Chofar. Et ainsi a écrit Rabbenou Yitzhak bar Yehouda. Et le Baal ha-Ittour a écrit comme Rachi. Et ainsi a répondu Rabbenou Mechoulam bar Kalonymous, de mémoire bénie. Et il est bon que l'homme prenne un fruit nouveau (péri hadach), le place devant lui et récite chehecheyanou en ayant en vue le fruit, afin de sortir du doute ; et ainsi disait Rabbenou Meir, de mémoire bénie. Rabbenou Yitzhak bar Yehouda a institué à Mayence (Magentsa) de dire « et fais-nous hériter (ve-hasieinou) » à Roch Hachana et Yom Kippour, au nom de Rabbenou Elazar le Grand ; de même Rabbenou Mechoulam interrogea le chef de la yechiva de Jérusalem, et l'on répondit qu'on dit « ve-hasieinou » à Roch Hachana et Yom Kippour, et il en apporta preuve du Yerouchalmi du chapitre « Ha-roeh ». Mais le Gaon Rabbenou Yitzhak ha-Levi, de mémoire bénie, a institué à Worms (Garmaïsa) de ne pas [le] dire, parce que la bénédiction des « fêtes » (moadim) ne se rapporte qu'aux trois fêtes de pèlerinage, car il est écrit (Dt 16:16) « trois fois l'an paraîtra [tout mâle...] » et il y est accolé (Dt 16:17) « chacun selon le don de sa main, selon la bénédiction de l'Éternel [ton D.ieu] ». Et ainsi a écrit Rabbenou Chaltiel : que « la bénédiction de tes fêtes (birkat moadeikha) » désigne le sacrifice de fête (korban hagiga), à propos duquel il est écrit « selon la bénédiction de l'Éternel ton D.ieu », et cela n'a lieu que trois fois l'an ; et pour cette raison on ne doit pas dire [à Roch Hachana] « et nous ne pouvons pas monter et paraître devant Toi », mais on doit dire « nous ne pouvons pas accomplir nos devoirs devant Toi ». Le Raavia a écrit : j'ai interrogé mes maîtres [au sujet de] Roch Hachana qui tombe un Chabbat, [pour savoir] si l'on dit [le soir suivant] « et Tu nous as fait connaître (ve-todieinou) » à l'issue du Chabbat, du fait qu'on y dit « et la fête de pèlerinage (ve-hagigat ha-regel) » — or Roch Hachana n'est ni hag ni regel [fête de pèlerinage]. Et ils m'ont répondu que malgré cela on prie « ve-todieinou », de même qu'on dit (Houlin 26b) à l'issue d'un jour de fête, dans la Havdala, « entre le septième jour et les six jours ouvrables » — car [même si Chabbat n'est pas un jour ouvrable], on dit que c'est l'ordre des havdalot qu'il énumère ; ici de même, c'est l'ordre de la fixation [des jours] qu'il énumère. Mais dans la responsum de Mar Sar Chalom il est écrit : à Roch Hachana on disait dans les deux yechivot, tant dans la prière que dans le Kidouch : « des fêtes (moadim) pour la joie, des hag et des zemanim (temps fixés) pour l'allégresse, ce jour du Souvenir » — car il est écrit (Lev 23:2) « voici les fêtes de l'Éternel » au début du passage, et à la fin du compte (Lev 23:44) « et Moché dit les fêtes de l'Éternel », ce qui se rapporte à tout le passage : Pessa'h, Chavouot (Atseret), Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot et Chemini Atseret — et tous ont été rattachés (itkouch) les uns aux autres pour être appelés « fêtes de l'Éternel, convocations saintes (mikraei kodech) » ; et il est écrit (Lev 23:24) « souvenir de sonnerie (zikhron teroua), convocation sainte ». Et nous avons enseigné dans la michna plus haut (Roch Hachana 18a) : « pour six mois les messagers (chelouhim) sortent... [et] en Eloul à cause de la fixation des fêtes » — ce qui rattache Roch Hachana a Souccot. Et d'où [sait-on] qu'il est appelé hag (fête) ? De ce qu'il est dit (Ps 81:4) « au [jour] caché (ba-kesse), au jour de notre fête (hageinou) ». Et d'où [sait-on] qu'il est appelé « joie » (simha) ? De ce qu'il est dit (Nb 10:10) « et au jour de votre joie et à vos fêtes et aux débuts de vos mois » — et le Maître a dit (Soucca 55a) : « aux débuts de vos mois », comment [cela] ? Ceci [désigne] Roch Hachana. Et aussi dans le livre d'Ezra nous trouvons qu'ils pleuraient à leur retour de l'exil, et Ezra leur dit (Neh 8:9-10) « car ce jour est saint pour notre Seigneur », et il dit « mangez des mets savoureux et buvez des boissons douces » — afin que l'année vous soit grasse et douce — « et envoyez des portions à celui qui n'a rien de prêt » ; et nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué (Betsa 15a) : [des portions] à celui qui n'a pas fait le eirouv des mets (eirouve tavchilin) ; et le sens simple (péchât) du verset [est : des portions] à celui qui avait l'intention de jeûner depuis la veille et ne s'était pas préparé de nourriture. De là [on apprend] qu'on ne jeûne pas à Roch Hachana. Et ainsi est-il [dit] au début du troisième chapitre de Taaniyot dans le Yerouchalmi (halakha 3) : Rabbi Akiva dit : on sonne l'alarme (matriin) et on ne jeûne pas, car de même on sonne l'alarme à Roch Hachana et on ne jeûne pas. Et au deuxième chapitre du traité Arakhin (10b) on dit que Roch Hachana et Yom Kippour ont été honorés du titre de « fête » (moed) ; et dans Sota (41a), à propos du passage du roi (parachat ha-melekh), on dit : si le Miséricordieux (Rahamana) avait écrit « lors de la fête (ba-moed) », j'aurais dit [qu'il s'agit de] Roch Hachana qui est appelé moed. Et aussi Rabbenou Chmouel bar Rabbi Hofni a écrit que l'usage dans les deux yechivot est que si Roch Hachana tombe un Chabbat on dit « des fêtes pour la joie, des hag et des zemanim pour l'allégresse, ce jour du Souvenir, souvenir de sonnerie, convocation sainte » ; et s'il tombe un jour ouvrable on dit « jour de sonnerie (yom teroua), convocation sainte ». Et de même a écrit Rav Paltoï Gaon : « et Tu nous as donnés avec amour des fêtes pour la joie, des hag et des zemanim pour l'allégresse ». Mais Rav Haï a écrit : il n'est pas d'usage de dire « des hag et des zemanim pour l'allégresse ». Et tel est l'usage répandu de nos jours en tous lieux. En Achkenaz et en France (Tsarfat) l'usage est de ne pas dire « ve-hasieinou » à Roch Hachana et Yom Kippour, et dans les autres lieux on le dit. Et de même a écrit le RiTs Guiat (Rabbi Yitzhak ibn Guiat), de mémoire bénie, que l'usage dans les deux yechivot et dans toute la Babylonie est que la communauté (tsibour) ne prie que sept bénédictions, et que l'officiant (cheliah tsibour) descend [devant l'arche] et en dit neuf. Et il a apporté de nombreuses responsa des premiers [maîtres], de Rav Amram et de Rav Natronaï, qui ont dit que jamais la communauté n'a prié à Roch Hachana [autrement] que sept [bénédictions] ; et Rav Chérira Gaon son fils, ainsi ont-ils dit ; et il a mentionné encore d'autres Gueonim, et tous ont ainsi dit et ainsi témoigné. Mais lui [le RiTs Guiat] a écrit : et nous, nous avons reçu de grands Sages, de maîtres d'enseignement (baale horaa) et d'hommes d'action (anche maase), qui l'ont reçu eux-mêmes des Sages qui les ont précédés — tels Rav Chmouel ha-Levi, qui l'a reçu, et de Rav Hanokh et des anciens de la génération — [une tradition de] halakha appliquée (halakha le-maase) selon laquelle on ne prie pas sept mais neuf ; et ainsi on enseigne et on pratique ; et la michna les appuie, car les Sages (Rabbanan) objectent à Rabban Gamliel : « selon tes paroles, pourquoi la communauté prie-t-elle ? » — et il leur dit : « [selon vos paroles,] pourquoi l'officiant descend-il ? » Il apparaît [de là] que ce que la communauté prie, l'officiant [le] descend et [le] dit : selon les Sages la communauté est l'essentiel (ikkar), et selon Rabban Gamliel l'officiant est l'essentiel. Et le Ramban, de mémoire bénie, a écrit : en vérité les arguments du Rav [RiTs Guiat] sont grands, mais puisque les Gueonim témoignent et disent que jamais on n'a fait ainsi dans la yechiva, [à savoir] que les individus disent sept et que l'officiant descend et dit neuf, et que tel est leur usage de toujours — nous devons accepter leur témoignage : car les Gueonim ont reçu des Rabbanan Savoraï, et les Rabbanan Savoraï des Rabbanan Amoraï, et [ces Gueonim] siègent sur le siège de Rav Achi et priaient dans sa synagogue. En outre leur usage était répandu dans la majeure partie d'Israël, jusqu'à ce que vinssent les paroles du RiTs Guiat, de mémoire bénie, et [alors] une partie de l'Occident (Maarav) revint à notre usage [de sept]. Fin [de la citation du Ramban]. Et à cet usage j'ai applique mon cœur (natati libi) dans cette affaire, et s'est accompli en moi ce qu'ont dit nos maîtres : toute chose sur laquelle le tribunal (beit din) applique son cœur, finit par leur réussir comme si elle avait été dite à Moché du Sinaï. Et voici l'exposé (hatsaa) de cette halakha : assurément Rabban Gamliel et les Sages sont en désaccord pour toute l'année entière, car du fait que Rabbi Yo'hanan a dit « la halakha est selon Rabban Gamliel à Roch Hachana et Yom Kippour seulement », il ressort qu'ils sont en désaccord même pour le reste des jours de l'année ; et la halakha a été tranchée selon Rabban Gamliel à Roch Hachana et Yom Kippour seulement. Il se trouve [donc] qu'ils [les fidèles] sont exemptés [par l'officiant] des neuf [bénédictions] seulement, du fait que [les bénédictions] y sont nombreuses (de-avchi), mais [restent] tenus aux sept comme les autres jours de fête, car ce sont l'obligation du jour (hovat ha-yom) et l'on y est tenu comme aux autres jours de fête, de même qu'on est tenu aux sept à la prière du matin (yotser) et de l'après-midi (minha) ; mais les sonneries (tekiot), qui sont Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot au cours desquels on sonne, ce sont elles précisément dont l'officiant [les] acquitte. Et cela est correct. Et je n'ai pas compris ces paroles selon lesquelles [cela aurait été] dit à Moché au Sinaï : car dès lors qu'on a institué neuf bénédictions à réciter au Moussaf de Roch Hachana, comment l'assemblée (kahal) serait-elle tenue de n'en dire que sept ? — puisque les neuf du Moussaf de Roch Hachana sont comme les sept des Chabbats et jours de fête, et de même qu'il est impossible d'omettre l'une de ces sept, de même il est impossible d'omettre l'une des neuf, car les bénédictions se conditionnent mutuellement (meakvot zo et zo) ; et l'officiant acquitte la communauté de toutes, du fait que [les bénédictions] sont nombreuses ; seulement, la communauté prie afin que l'officiant mette en ordre sa prière, et ils doivent [alors] toutes les prier, car s'ils priaient [seulement] sept, elles seraient toutes en vain (le-vatala), puisqu'il manquerait [une part] de la bénédiction. Et l'usage de nos pères est Tora, et il n'y a pas à [le] changer. Il a été enseigné (tana) dans les Pirke de-Rabbi Eliezer, chapitre 46 : Rabbi Yehochoua ben Korha dit : quarante jours Moché se tint sur la montagne, lisant l'Écriture (mikra) le jour et répétant la michna la nuit ; au bout de quarante jours il descendit et brisa les Tables le dix-sept Tammouz ; et il passa quarante jours dans le camp, et les Lévites tuèrent [les coupables] d'Israël, et il brûla le veau [d'or], et il extirpa l'idolâtrie (avoda zara) d'Israël, et il rétablit chaque tribu à sa place. Au début du mois d'Eloul, le Saint béni soit-Il dit à Moché : « Monte vers Moi sur la montagne » ; et l'on fit passer le chofar dans tout le camp — [pour signifier] que Moché était monté à la montagne, afin qu'ils ne s'égarassent plus dans l'idolâtrie ; et le Saint béni soit-Il s'éleva par ce chofar, comme il est dit (Ps 47:6) « D.ieu s'est élevé au son de la teroua... ». C'est pourquoi les Sages ont institué qu'on sonne le chofar au début du mois d'Eloul chaque année, afin d'avertir Israël de revenir en repentir (techouva), comme il est dit (Amos 3:6) « si le chofar sonne dans une ville [le peuple ne tremble-t-il pas ?] », et afin de troubler le Satan pour qu'il n'accuse pas Israël. Fin [de la citation]. Et ainsi a-t-on pris l'usage en Achkenaz de sonner [le chofar] tout le mois d'Eloul, matin et soir, après la prière. Et il me semble qu'il y a une erreur de scribe (taout sofer) dans les Pirke de-Rabbi Eliezer, dans ce qu'il a écrit « et il passa quarante jours dans le camp », car il fut sur la montagne trois fois quarante jours ; et le dix-sept Tammouz il brisa les Tables et jugea Israël ; et le dix-huit il monta ; et il descendit le vingt-neuf Av ; et au début du mois d'Eloul (Roch Hodech Eloul) il monta [de nouveau]. Rav Kohen Tsedek m'a dit : l'usage dans les deux yechivot est de dire des supplications (tahanounim) durant ces dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour ; et ainsi disent Rav Amram et Rav Haï : l'usage est de dire des supplications durant ces dix jours seulement. Et nous entendons que dans une partie des contrées on commence dès le début du mois d'Eloul, et l'on dit qu'en lui Moché monta à la montagne pour la troisième fois et [en] descendit avec les secondes Tables à Yom Kippour ; et quiconque ajoute à demander miséricorde, cela lui est un mérite. [Ainsi] pour le RiTs Guiat, de mémoire bénie. Et notre usage à nous est [conforme] à ceux qui commencent dès le début du mois d'Eloul. Et quant à jeûner durant les deux jours de fête de Roch Hachana et durant le Chabbat qui sépare Roch Hachana de Yom Kippour, ainsi a dit Mar Rav Natronaï Gaon : le premier jour de fête de Roch Hachana, il est impossible d'y siéger en jeûne (taanit) parce qu'il est [d'obligation] de la Tora (mide-oraïta) ; mais le second jour de fête et le Chabbat, il n'y a en eux point de difficulté, parce que ces dix jours diffèrent de tous les jours de l'année ; c'est pourquoi nos maîtres ont l'usage d'y siéger en jeûne, tant en semaine que le Chabbat. Fin [de la citation]. Et ses paroles sont étonnantes, car il a interdit de jeûner le premier jour de fête de Roch Hachana et permis de jeûner le Chabbat. Et il apparaît [que] les paroles de Rav Haï, qui a écrit au sujet de jeûner durant les deux jours de fête de Roch Hachana — nous voyons qu'il est bon de ne pas jeûner, car ainsi ont dit les premiers dirigeants (parnassim) d'Israël à Israël : à Roch Hachana « mangez des mets savoureux et buvez des boissons douces, car ce jour est saint ». Et de même au Chabbat Chouva, nous ne voyons pas qu'un homme doive jeûner : car [même] le neuf Av, qui est un jeûne rigoureux, on n'a pas voulu le fixer un Chabbat mais on l'a repoussé ; et même quant à achever (le-hachlim) [le jeûne] un jeûne commencé la veille du Chabbat, on hésita durant plusieurs générations, jusqu'à ce que la halakha fut tranchée (Eirouvin 41a) : il jeûne et achève. Et si [même] pour achever un [jeûne obligatoire] le Chabbat [il y eut hésitation], comment dire qu'un jeûne volontaire (taanit nedava) serait convenable [le Chabbat] ? Donc ne faites pas ainsi. Fin [de la citation]. Et telle est aussi l'opinion du RiZ Guiat, de mémoire bénie, et il a écrit que les dix jours de repentir (aseret yeme techouva) sont appelés « jour[s] », [mais] ne sont pas appelés « jour de jeûne (yom tsom) ». Et j'ai écrit de même plus haut au nom de Mar Sar Chalom Gaon. Et le Raavia a encore apporté preuve du Yerouchalmi, au premier chapitre de Roch Hachana (halakha 3) : Rabbi Simon a dit : il est écrit (Dt 4:7) « car quel [autre] grand peuple [a un dieu si proche...] » ; Rabbi Hanania et Rabbi Yehochoua, l'un a dit : quelle nation est comme cette nation, qui connaît la nature (ofya) de son D.ieu ? L'usage du monde est qu'un homme qui a un procès (din) revêt des [habits] noirs, se couvre de noir, laisse pousser sa barbe et ne coupe pas ses ongles, parce qu'il ne sait pas comment son jugement sortira ; mais Israël n'est pas ainsi : ils revêtent des [habits] blancs, s'enveloppent de blanc, rasent leur barbe, coupent leurs ongles, mangent, boivent et se réjouissent à Roch Hachana, parce qu'ils savent que le Saint béni soit-Il leur fait des miracles, incline leur jugement du côté du mérite (lekhaf zekhout) et déchire pour eux leur verdict (gzar din). Et ainsi est-il [dit] aussi dans le Vayikra Rabba. Et dans la responsum de Rav Nahchon Gaon, il interdit lui aussi de jeûner à Roch Hachana. Yerouchalmi, au premier chapitre de Chabbat (halakha 1) : Rabbi Hiya le Grand (Rabba) ordonnait à Rav : si tu peux manger toute l'année en pureté (be-tohora), mange ; et sinon, mange [au moins] sept jours dans l'année [en pureté]. Et le Raavi ha-Iri, de mémoire bénie, a écrit : j'ai reçu [par tradition] que ces sept jours sont ceux qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour ; c'est pourquoi on a pris l'usage en Achkenaz que même ceux qui ne s'abstiennent pas du pain des non-Juifs (pat chel nokhrim) toute l'année, s'en abstiennent durant les dix jours de repentir. Nous revenons à toi [chapitre] « Yom Tov », et le traité Roch Hachana est achevé.
💡 Explication

Michna : le Beit Din envoie des messagers (chelouhim) annoncer le nouveau mois lors de six mois, chacun à cause d'une échéance : Nissan (Pessa'h), Av (jeûne du 9 Av), Eloul (Roch Hachana), Tichri (fixer les fêtes du mois), Kislev ('Hanouka), Adar (Pourim).

🖼️ Schéma
Les 6 mois où sortent les messagers (chelouhim) du Beit Din Nissan à cause de Pessa'h Av à cause du jeûne (9 Av) Eloul à cause de Roch Hachana Tichri réglage des fêtes Kislev à cause de 'Hanouka Adar à cause de Pourim + Iyar (Pessa'h katan) uniquement du temps du Temple Guemara : et Tamouz / Tevet (jeûnes publics) ? - voir la suite du daf
Les six mois d'envoi des messagers.
16
וּכְשֶׁהָיָה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם — יוֹצְאִין אַף עַל אִיָּיר מִפְּנֵי פֶּסַח קָטָן.

Et quand le Temple existait — ils sortaient aussi pour Iyar, à cause du petit Pessa'h (Pessa'h katan).

📜 Rachi (1)
פֶּסַח קָטָן פֶּסַח שֵׁנִי לְטָמֵא וְשֶׁהָיָה בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה בָּרִאשׁוֹן:
Petit Pessa'h — le second Pessa'h, pour l'impur (tame) et celui qui était en voyage lointain lors du premier.
💡 Explication

Complément : du temps du Temple, les messagers sortaient aussi pour Iyar, à cause du petit Pessa'h (Pessa'h cheni, le 14 Iyar, pour les impurs ou éloignés qui n'ont pu offrir l'agneau pascal en Nissan).

17
גְּמָ׳ וְלִיפְּקוּ נָמֵי אַתַּמּוּז וְטֵבֵת!

GUEMARA : Et qu'ils sortent aussi pour Tamouz et Tevet !

💡 Explication

La Guemara ouvre : si l'on envoie des messagers pour Av à cause du jeûne, qu'on en envoie aussi pour Tamouz (17 Tamouz) et Tevet (10 Tevet), qui comportent également des jeûnes publics ! (La réponse suit dans le daf.)

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).