Rosh Hashanah 23b — des flambeaux jusqu'à la Diaspora, la cour Beit Yaazek et l'examen des témoins de la néoménie

Rosh Hashanah 23b

Sougya : La Guemara achève la description de la chaîne de feux annonçant le nouveau mois : la 'Golah' visée est Pumbedita, où chacun montait sur son toit avec une torche, la ville entière paraissant un seul brasier ; R. Yo'hanan fixe huit parsaot entre chaque station (trente-deux au total), et Abaye explique que les routes se sont depuis bouchées (Osée 2:8).

La michna décrit ensuite la grande cour de Jérusalem, Beit Yaazek, où les témoins de la néoménie se rassemblaient : Rabban Gamliel l'Ancien institua qu'ils puissent marcher deux mille coudées dans chaque direction, extension étendue à la sage-femme et aux sauveteurs. La guemara débat de la vocalisation du nom (Yaazek, terme noble, où Yazek, terme de souffrance).

Enfin la michna expose l'examen des témoins sur la forme et la position du croissant, et R. Yo'hanan enseigne que le soleil n'a jamais vu l'échancrure de la lune ni de l'arc-en-ciel : 'Il fait la paix en Ses hauteurs' (Job 25:2).

La chaîne de flambeaux : de Jérusalem à la Diaspora (Pumbedita) Mont des Oliviers (Jérusalem) stations relais 8 parsaot entre chacune (32 total) Beit Baltin (= Biram) Pumbedita = la "Golah" tel un brasier À Pumbedita, chacun prend une torche (avouka) et monte sur son toit : toute la ville paraît comme un seul grand brasier (medourat ha-ech). Aujourd'hui la distance est plus longue : les routes directes se sont bouchées (Osée 2:8)
La chaîne de flambeaux de Jérusalem jusqu'à Pumbedita (segments 0-4).
La position du croissant : soleil à l'ouest au coucher Le soleil parcourt E -> S -> O -> N. La lune du 30e jour n'apparaît qu'à l'ouest, près du coucher. Nord Sud horizon ouest soleil devant le soleil (= vers le nord) derrière le soleil (= vers le sud) R. Yo'hanan : le soleil n'a jamais vu l'échancrure (pegima) de la lune Le côté creux du croissant se détourne toujours du soleil -> "Il fait la paix en Ses hauteurs" (Job 25:2). Si le témoin dit que la pegima était "devant le soleil", il n'a rien dit (impossible).
L'examen des témoins sur la position du croissant et la pegima (segments 10-13).
1
זוֹ בֵּירָם.

Celle-ci [Beit Baltin, la dernière station citée dans la michna] est [la localité de] Biram.

🗂️ Tossefot (1)
זוֹ בֵּירָם. מַשְׁמַע כָּאן שֶׁהוּא מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְכֵן מְפָרֵשׁ ר"ת בְּקִדּוּשִׁין (דַּף עב.) גַּבֵּי מְיַחֲסִי דְּפֻומְבְּדִיתָא מִבִּירָם נָסְבִי:
'Celle-ci est Biram' — cela implique ici qu'elle est en Terre d'Israël ; ainsi l'explique Rabbenou Tam dans [le traité] Kidouchin (72a) à propos de [l'expression] 'les [familles] de lignage généalogique [pur] de Poumbedita prennent [femme] de Biram'.
💡 Explication

La michna (23a) énumérait la chaîne de stations depuis le Mont des Oliviers jusqu'à Beit Baltin. La guemara identifie ce dernier lieu : c'est Biram.

2
מַאי גּוֹלָה? אָמַר רַב יוֹסֵף: זוֹ פּוּמְבְּדִיתָא. מַאי כִּמְדוּרַת הָאֵשׁ? תְּנָא: כָּל אֶחָד וְאֶחָד נוֹטֵל אֲבוּקָה בְּיָדוֹ וְעוֹלֶה לְרֹאשׁ גַּגּוֹ.

Que [signifie] 'la Golah' (la Diaspora) [qu'il voyait s'illuminer] ? Rav Yossef dit : c'est Poumbedita.

Que [signifie] 'comme un brasier de feu' (medourat ha-ech) ? Il a été enseigné [dans une baraita] : chacun prend une torche (avouka) dans sa main et monte sur le sommet de son toit.

💡 Explication

La michna disait qu'on agitait le flambeau jusqu'à voir toute la Golah devant soi comme un brasier. Ici : la 'Golah' désigne la ville de Poumbedita en Babylonie ; le 'brasier' vient de ce que chacun montait sur son toit avec une torche, si bien que toute la ville semblait un seul grand feu.

3
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף חָרִים וּכְייָר וּגְדֹר וְחַבְרוֹתֶיהָ. אִיכָּא דְאָמְרִי: בֵּינֵי וּבֵינֵי הֲווֹ קָיְימִי. אִיכָּא דְאָמְרִי: לְהָךְ גִּיסָא דְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הֲווֹ קָיְימִי. מָר חָשֵׁיב דְּהַאי גִּיסָא, וּמָר חָשֵׁיב דְּהַאי גִּיסָא.

Il a été enseigné [dans une baraita] : Rabbi Chimon ben Elazar dit : [on allumait] aussi à Harim, à Kayar, à Gueder et leurs environs. Certains disent : ces [localités] se trouvaient entre-deux (entre celles de la michna).

Certains disent : elles se trouvaient de l'autre côté de la Terre d'Israël (le côté plus proche de Babylone) : ce Maître [de la michna] énumère [les localités] de ce côté-ci, et ce Maître [de la baraita] énumère celles de ce côté-là.

📜 Rachi (3)
אַף חָרִים וּכְיָיר וּגְדֹר הָיוּ מַשִּׂיאִין הַמַּשּׂוּאוֹת בְּרָאשֵׁי הָרִים שֶׁלָּהֶן:
Aussi à Harim, Kayar et Gueder — ils allumaient les flambeaux (mass'ouot) sur les sommets de leurs montagnes.
בֵּינֵי בֵּינֵי דְּהָנָךְ דְּמַתְנִי' הָווּ קַיָּימִין הָנָךְ:
Entre-deux (beini beini) — ces [localités-là] se tenaient entre celles de la michna.
בְּאִידָךְ גִּיסָא א"י לְצַד בָּבֶל שְׁנֵי צְדָדִים שֶׁל א"י נִמְשָׁכִין לְצַד בָּבֶל:
De l'autre côté (be-idakh guissa) — [du côté] de la Terre d'Israël [tourné] vers Babylone : deux flancs de la Terre d'Israël se prolongent vers Babylone.
💡 Explication

R. Chimon ben Elazar ajoute d'autres localités de la chaîne (Harim, Kayar, Gueder). Deux avis : soit elles sont intercalées entre celles de la michna, soit elles bordent l'autre flanc d'Eretz Israël (deux branches se prolongeant vers Babylone).

4
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת שְׁמֹונֶה פַּרְסָאוֹת. כַּמָּה הָווּ לְהוּ? תְּלָתִין וְתַרְתֵּין, וְהָא הָאִידָּנָא טוּבָא הָווּ! אָמַר אַבַּיֵּי: אִסְתַּתּוֹמֵי אִסְתַּתּוּם לְהוּ דַּרְכֵי.

Rabbi Yo'hanan dit : entre chacune [des stations] il y a huit parsaot. Combien font-elles [en tout] ?

Trente-deux. Mais aujourd'hui [la distance] est bien plus grande !

Abaye dit : les routes [directes] se sont bouchées pour eux [et l'on emprunte des chemins détournés].

📜 Rachi (2)
בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת דְּהָנָךְ דְּמַתְנִיתִין:
Entre chacune — de celles de la michna.
אִיסְתַּתּוּם דַּרְכֵי וְאָחֲזוּ הַהוֹלְכִין דֶּרֶךְ עֲקַלָּתוֹן:
Les routes se sont bouchées — et ceux qui vont [par là] prennent un chemin tortueux.
🗂️ Tossefot (1)
כַּמָּה הָווּ לְהוּ תְּלָתִין וְתַרְתֵּין. תֵּימַהּ בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם נָמֵי מְרַחֲקִי טוּבָא כִּדְמוֹכַח בפ"ק דְּתַעֲנִית (דַּף י.) שֶׁהָיָה מְהַלֵּךְ ט"ו יוֹם מִירוּשָׁלַיִם עַד סוֹפָהּ שֶׁל כָּל א"י גַּבֵּי כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מַגִּיעַ הָאַחֲרוֹן שבא"י לִנְהַר פְּרָת וְזֶה הָיָה לְצַד בָּבֶל דִּפְרָת לְצַד בָּבֶל הוּא וְאֵין לְחַלֵּק בֵּין מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן לְמִקְדָּשׁ שֵׁנִי כִּדְמַשְׁמַע בְּפֶרֶק אֵלּוּ מְצִיאוֹת (בּ"מ דַּף כח. וְשָׁם) וְצָרִיךְ לוֹמַר דִּרְצוּעָה נָפְקָא לא"י מִצַּד אֶחָד עַד פְּרָת חוּץ מִבָּבֶל וְקָשֶׁה הֵיאַךְ אֶפְשָׁר שֶׁיְּרוּשָׁלַיִם הָוְיָא טַבּוּר שֶׁל א"י שֶׁהִיא ד' מֵאוֹת פַּרְסָה עַל ד' מֵאוֹת לְכָל צַד הֲרֵי מַהֲלַךְ שְׁנֵי מֵאוֹת לְכָל צַד הֲרֵי מַהֲלַךְ עֶשְׂרִים יָמִים לָאַחֲרוֹן שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם מִמַּהֲלַךְ עֶשֶׂר פַּרְסָאוֹת וְעוֹד הֲרֵי יַרְדֵּן מִן הַמִּזְרָח מַהֲלַךְ יוֹם אֶחָד מִן הַמִּזְרָח לִירוּשָׁלַיִם וְהוּא קְצֵה א"י:
'Combien font-elles ? Trente-deux' — c'est étonnant : au temps où le Temple existait aussi [les distances] étaient bien plus grandes, comme le prouve le premier chapitre de Taanit (10a), où il y avait quinze jours de marche depuis Jérusalem jusqu'à l'extrémité de toute la Terre d'Israël, à propos de [l'enseignement] 'afin que le dernier [pèlerin] de Terre d'Israël parvienne au fleuve Euphrate' — et cela était du côté de Babylone, car l'Euphrate est du côté de Babylone ; et l'on ne peut distinguer entre le premier Temple et le second, comme le laisse entendre le chapitre 'Elou metsiot' (Baba Metsia 28a). Il faut donc dire qu'une bande [de territoire] sortait vers la Terre d'Israël d'un côté jusqu'à l'Euphrate, en dehors de Babylone. Et il est difficile [de comprendre] comment il serait possible que Jérusalem soit le nombril de la Terre d'Israël, laquelle fait quatre cents parsaot sur quatre cents de chaque côté : voici donc deux cents [parsaot] de marche de chaque côté, soit vingt jours de marche pour le dernier [pèlerin] à Jérusalem, à raison de dix parsaot [par jour] ; et de plus, voici le Jourdain à l'est, à un jour de marche de l'est vers Jérusalem, et c'est [là] l'extrémité de la Terre d'Israël.
💡 Explication

R. Yo'hanan : 8 parsaot séparent chaque station ; comme il y a quatre intervalles (5 stations principales), cela fait 32 parsaot. Objection : la distance réelle du Mont des Oliviers à Beit Baltin est aujourd'hui bien supérieure. Réponse d'Abaye : les routes directes se sont bouchées depuis, obligeant à des détours.

5
דִּכְתִיב: ״לָכֵן הִנְנִי שָׂךְ אֶת דַּרְכֵּךְ בַּסִּירִים״, רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר מֵהָכָא, דִּכְתִיב: ״נְתִיבוֹתַי עַוָּה״.

Comme il est écrit : 'C'est pourquoi voici que je vais barrer ton chemin avec des ronces' (Osée 2:8). Rav Nahman bar Yitzhak dit : [on l'apprend] d'ici, comme il est écrit : 'Il a rendu mes sentiers tortueux' (nativotai iwwa) (Lam 3:9).

📜 Rachi (1)
בַּסִּירִים קוֹצִים:
Avec des ronces (be-sirim) — des épines.
💡 Explication

Deux versets appuient l'idée que les chemins se sont allongés durant l'exil : 'je vais barrer ton chemin de ronces' (Osée 2:8), et selon Rav Nahman bar Yitzhak, 'Il a rendu mes sentiers tortueux' (Lam 3:9).

6
מַתְנִי׳ חָצֵר גְּדוֹלָה הָיְתָה בִּירוּשָׁלַיִם וּבֵית יַעְזֵק הָיְתָה נִקְרֵאת, וּלְשָׁם כָּל הָעֵדִים מִתְכַּנְּסִין. וּבֵית דִּין בּוֹדְקִין אוֹתָם שָׁם. וּסְעוּדוֹת גְּדוֹלוֹת עוֹשִׂין לָהֶם, בִּשְׁבִיל שֶׁיְּהוּ רְגִילִין לָבֹא.

MICHNA. Il y avait à Jérusalem une grande cour, appelée Beit Yaazek ; c'est là que tous les témoins se rassemblaient, et le tribunal (beit din) les examinait là.

On leur préparait de grands festins, afin qu'ils prennent l'habitude de venir.

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' חָצֵר גְּדוֹלָה הָיְתָה בִּירוּשָׁלַיִם כו' כָּל הָעֵדִים מִתְכַּנְּסִין בְּיוֹם הַשַּׁבָּת שֶׁחִלְּלוּהוּ לָבוֹא וּלְהָעִיד:
MICHNA. Il y avait à Jérusalem une grande cour... tous les témoins se rassemblaient — le jour du Chabbat, qu'ils profanaient [licitement] pour venir témoigner.
💡 Explication

La michna décrit la grande cour Beit Yaazek à Jérusalem : lieu de rassemblement des témoins de la néoménie, examinés par le beit din. On leur offrait de grands festins pour encourager les gens à venir témoigner.

7
בָּרִאשׁוֹנָה לֹא הָיוּ זָזִין מִשָּׁם כָּל הַיּוֹם. הִתְקִין רַבָּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן שֶׁיְּהוּ מְהַלְּכִין אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ.

Au début, ils ne bougeaient pas de là de toute la journée. Rabban Gamliel l'Ancien institua qu'ils puissent marcher deux mille coudées dans chaque direction.

📜 Rachi (1)
לֹא הָיוּ זָזִין מִשָּׁם לְפִי שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם וְהַיּוֹצֵא חוּץ לַתְּחוּם אֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת:
Ils ne bougeaient pas de là — parce qu'ils étaient sortis hors de la limite [du Chabbat], et celui qui sort hors de la limite n'a plus que quatre coudées.
🗂️ Tossefot (2)
לֹא הָיוּ זָזִים מִשָּׁם. לְפִי שֶׁהַיּוֹצֵא חוּץ לַתְּחוּם אֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת וְכָל הֶחָצֵר חֲשׁוּבָה כְּד' אַמּוֹת כְּדִתְנַן בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מא:) נְתָנוּהוּ בְּדִיר וְסַהַר וְכוּ' וְהָא דְּמַשְׁמַע בְּהַהוּא פִּירְקָא (דַּף מז: וְשָׁם) גַּבֵּי דִּיכְרַיָּא דְּאָתוּ לְמַבְרַכְתָּא שֶׁכָּל הָעִיר חֲשׁוּבָה לָהֶם כְּד' אַמּוֹת הַיְינוּ בְּעִיר הַמֻּוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת וְהָכָא בִּירוּשָׁלַיִם לְאַחַר שֶׁפָּרְצוּ בָּהּ יוֹנִים פְּרָצוֹת דַּחֲשִׁיב' כִּרְשׁוּת הָרַבִּים כִּדְאִיתָא פֶּרֶק הַמּוֹצֵא תְּפִילִּין (עֵירוּבִין דַּף קא.) וּמִיהוּ אַשְׁכְּחַן עִיר דַּחֲשׁוּבָה כד"א אַף בְּלֹא מְחִיצּוֹת כְּדִתְנַן בְּפֶרֶק כֵּיצַד מְעַבְּרִין (עֵירוּבִין דַּף נז.) נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָעִיר עוֹד תְּנַן (שָׁם דַּף ס.) הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם וְאִם לְעִנְיַן יוֹצֵא חוּץ לַתְּחוּם נָמֵי נוֹתְנִין לוֹ כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ עִם עִיבּוּרָהּ כְּד' אַמּוֹת אִם כֵּן בְּלֹא מְחִיצּוֹת נָמֵי תֵּחָשֵׁיב כֻּולָּהּ כְּד' אַמּוֹת:
'Ils ne bougeaient pas de là' — parce que celui qui sort hors de la limite n'a plus que quatre coudées, et toute la cour est considérée comme quatre coudées, ainsi qu'on l'enseigne au chapitre 'Mi che-hotsiouhou' (Erouvin 41b) : 'on l'a placé dans une bergerie ou un enclos, etc.'. Et ce qui est laissé entendre dans ce même chapitre (47b) à propos des béliers (dikhraya) venus à Mabrakhta — que toute la ville leur compte pour quatre coudées — cela vaut pour une ville entourée de cloisons ; or ici, il s'agit de Jérusalem après que les Grecs (Yevanim) y eurent ouvert des brèches, si bien qu'elle était considérée comme un domaine public (rechout ha-rabim), comme il est dit au chapitre 'Ha-motsé tefilin' (Erouvin 101a). Toutefois, on trouve [aussi] une ville comptée comme quatre coudées même sans cloisons, comme on l'enseigne au chapitre 'Keitzad me'abrin' (Erouvin 57a) : 'on donne un karpef à la ville' ; et on enseigne encore (ibid. 60a) : 'celui qui dépose son érouv dans le prolongement (ibbour) de la ville n'a rien fait [de valable]' — et si, concernant celui qui sort hors de la limite, on lui donne aussi toute la ville avec son prolongement comme quatre coudées, alors même sans cloisons on devrait la compter tout entière comme quatre coudées.
שֶׁיְּהוּ מְהַלְּכִין אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ. הָא דְּלָא חָשֵׁיב לָהּ בפ"ק דְּבֵיצָה (דַּף יא:) גַּבֵּי דְּבָרִים שֶׁהִתִּירוּ סוֹפָן מִשּׁוּם תְּחִילָּתָן מִשּׁוּם דִּבְהַךְ לָא קָשֶׁה לָן מִידִי דְּמַתְנִיתִין הִיא דְּאָכַל הָנֵי דְּהָתָם פָּרִיךְ תְּנֵינָא וּמְשַׁנֵּי לְהוּ:
'Qu'ils puissent marcher deux mille coudées dans chaque direction' — si [cette règle] n'est pas comptée au premier chapitre de Beitsa (11b) parmi 'les choses dont on a permis la fin à cause de leur commencement', c'est parce qu'ici rien ne nous fait difficulté : c'est [une règle explicite de] la michna, tandis que pour toutes celles [énumérées] là-bas, on objecte 'nous l'avons déjà apprise' et l'on [y] répond.
💡 Explication

Un témoin venu de loin le Chabbat avait quitté sa limite (tehoum) : arrivé à destination, il ne pouvait plus dépasser quatre coudées. De peur que cela dissuade les témoins, Rabban Gamliel l'Ancien institua qu'ils puissent marcher deux mille coudées dans chaque direction (comme un habitant de la ville).

8
וְלֹא אֵלּוּ בִּלְבַד, אֶלָּא אַף חֲכָמָה הַבָּאָה לְיַילֵּד, וְהַבָּא לְהַצִּיל מִן הַדְּלֵיקָה וּמִן הַגַּייִס וּמִן הַנָּהָר וּמִן הַמַּפֹּולֶת — הֲרֵי אֵלּוּ כְּאַנְשֵׁי הָעִיר, וְיֵשׁ לָהֶם אַלְפַּיִם לְכָל רוּחַ.

Et non seulement ceux-là [les témoins], mais aussi la sage-femme (hakhama) qui vient accoucher [une femme], et celui qui vient sauver [des Juifs] d'un incendie, d'une troupe [ennemie], d'un fleuve ou d'un éboulement — ceux-là sont comme les gens de la ville, et ils ont deux mille coudées dans chaque direction.

📜 Rachi (1)
מִן הַנָּהָר שֶׁהוּא גָּדֵל פִּתְאוֹם וְשׁוֹטֵף אֶת בְּנֵי הָעִיר וְאֶת הַיְּלָדִים:
D'un fleuve — qui grossit soudainement et emporte les habitants de la ville et les enfants.
💡 Explication

L'extension de Rabban Gamliel s'applique aussi à la sage-femme venue accoucher et à quiconque vient sauver d'un péril (incendie, invasion, crue, éboulement) : arrivés sur place le Chabbat, ils sont traités comme des habitants et disposent de 2000 coudées dans chaque direction.

9
גְּמ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״בֵּית יֵעָזֵק״ תְּנַן, אוֹ ״בֵּית יָזֹק״ תְּנַן? ״בֵּית יֵעָזֵק״ תְּנַן — לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא הוּא, דִּכְתִיב: ״וַיְעַזְּקֵהוּ וַיִּסְקְלֻהוּ״, אוֹ דִּלְמָא ״בֵּית יָזֹק״ תְּנַן — לִישָּׁנָא דְּצַעֲרָא הוּא, כְּדִכְתִיב: ״וְהוּא אָסוּר בַּאֲזִיקִּים״?

GUEMARA. On leur a demandé : avons-nous appris [dans la michna] 'Beit Yaazek', ou avons-nous appris 'Beit Yazek' ? 'Beit Yaazek' — c'est une expression noble, comme il est écrit 'il l'entoura et l'épierra' (vayaazkehou vayesaklehou, Isaie 5:2) [signe d'amélioration] ; ou peut-être avons-nous appris 'Beit Yazek' — c'est une expression de souffrance, comme il est écrit 'et il était lié de chaînes' (ba-zikim, Jer 40:1) ?

📜 Rachi (2)
גְּמ' וַיְעַזְּקֵהוּ סִייְּגוֹ בְּגֶדֶר אֲבָנִים סָבִיב סָבִיב בְּעִיגּוּל כְּמוֹ טַבַּעַת:
GUEMARA. 'Il l'entoura' (vayaazkehou) — il l'entoura d'une clôture de pierres tout autour, en cercle, comme une bague (tabaat).
לִישָּׁנָא דְּצַעֲרָא עַל שֵׁם שֶׁאֲסוּרִין כְּאִלּוּ בְּזִיקִּין שֶׁאֵין זָזִין מִשָּׁם כָּל הַיּוֹם:
Expression de souffrance — parce qu'ils sont comme liés dans des chaînes (zikim), ne bougeant pas de là de toute la journée.
🗂️ Tossefot (1)
אוֹ דִּילְמָא לִישָּׁנָא דְּצַעֲרָא. פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס מִשּׁוּם שֶׁעַל שֵׁם שֶׁאֲסוּרִין כְּאִילּוּ בְּזִיקִּין שֶׁאֵינָן זָזִים מִשָּׁם כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ וְהַיְינוּ קֹודֶם דְּאַתְקִין רַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁיְּהוּ מְהַלְּכִין אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ וְקַשְׁיָא מַאי מַיְיתֵי מִסְּעוּדוֹת גְּדוֹלוֹת הָא ע"כ קֹודֶם ר"ג הָכִי הֲוָה לְכָךְ נִרְאֶה דְּמִיבְּעֵי לֵיהּ אִי אוֹתוֹ מָקוֹם צַר לָהֶם אוֹ מַרְוַוח וּמַייְתִי רְאָיָה דִּמְרֻווָּח וְאִם תֹּאמַר כֵּיוָן דְּאִיסּוּר שַׁבָּת עֲלַייְהוּ הֵיאַךְ יוֹצְאִין מֵחָצֵר לְחָצֵר י"ל כֵּיוָן דְּקֹודֶם דְּפָרְצוּ בָּהּ הָיוּ יְכוֹלִים לָלֶכֶת בְּכָל הָעִיר גַּם עַתָּה מִשֶּׁנִּפְרְצָה אֶלָּא כַּמָּה מְבוֹאוֹת וַחֲצֵרוֹת פְּתוּחִים לְאוֹתוֹ חָצֵר שֶׁהָיוּ [רַשָּׁאִין] לְהַלֵּךְ בָּהֶן כְּאַרְבַּע אַמּוֹת:
'Ou peut-être est-ce une expression de souffrance' — Rachi (be-Kountres) a expliqué : parce qu'ils sont comme liés dans des chaînes, ne bougeant pas de là de toute la journée — c'est-à-dire avant que Rabban Gamliel n'institué qu'ils marchent deux mille coudées dans chaque direction. Et [voici] la difficulté : que prouve-t-on des 'grands festins' [que fait Abaye plus loin], puisque forcément c'était ainsi avant Rabban Gamliel ? Aussi paraît-il [préférable de dire] qu'on s'interroge : cet endroit était-il étroit pour eux, ou spacieux ? Et l'on apporte la preuve qu'il était spacieux. Et si tu objectes : puisque l'interdit du Chabbat pesait sur eux, comment sortaient-ils d'une cour à une autre ? On peut répondre : puisque avant qu'on y ouvrît des brèches ils pouvaient circuler dans toute la ville, de même maintenant qu'elle a été breechee, mais [seulement dans] les quelques ruelles et cours ouvertes sur cette cour-là, où ils avaient [le droit] de marcher [comme] à l'intérieur de quatre coudées.
💡 Explication

Débat sur la vocalisation du nom. 'Beit Yaazek' serait un terme noble (de la racine a-z-k, 'améliorer', Isaie 5:2 : on épierre et on entoure), indiquant un lieu agréable. Ou bien 'Beit Yazek', terme de souffrance (zikim = chaînes, Jer 40:1), évoquant les témoins immobilisés là tout le jour.

10
אָמַר אַבַּיֵּי, תָּא שְׁמַע: סְעוּדוֹת גְּדוֹלוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לָהֶם שָׁם, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ רְגִילִים לָבוֹא. דִּלְמָא תַּרְתֵּי הֲווֹ עָבְדִי בְּהוּ.

Abaye dit : viens et écoute [une preuve] : on leur préparait là de grands festins, afin qu'ils prennent l'habitude de venir [donc c'était un lieu agréable : 'Yaazek']. [Réfutation :] peut-être leur faisait-on les deux [à la fois : festins et immobilisation].

📜 Rachi (1)
סְעוּדוֹת גְּדוֹלוֹת אַלְמָא לָא הֲוָה לְהוּ צַעֲרָא:
De grands festins — preuve qu'ils n'éprouvaient pas de souffrance.
💡 Explication

Abaye tente de trancher par la michna : les grands festins montrent un lieu agréable, donc 'Yaazek'. La guemara rejette : peut-être les deux à la fois (on les régalait, mais on restreignait aussi leurs mouvements) — pas de preuve décisive.

11
מַתְנִי׳ כֵּיצַד בּוֹדְקִין אֶת הָעֵדִים? זוּג שֶׁבָּא רִאשׁוֹן — בּוֹדְקִין אוֹתוֹ רִאשׁוֹן. וּמַכְנִיסִין אֶת הַגָּדוֹל שֶׁבָּהֶן, וְאוֹמְרִין לוֹ, אֱמֹור כֵּיצַד רָאִיתָ אֶת הַלְּבָנָה: לִפְנֵי הַחַמָּה, אוֹ לְאַחַר הַחַמָּה? לִצְפוֹנָהּ, אוֹ לִדְרוֹמָהּ? כַּמָּה הָיָה גָּבוֹהַּ, וּלְאֵין הָיָה נוֹטֶה, וְכַמָּה הָיָה רָחָב. אִם אָמַר לִפְנֵי הַחַמָּה — לֹא אָמַר כְּלוּם.

MICHNA. Comment examine-t-on les témoins ?

La paire [de témoins] arrivée là première, on l'examine la première. On fait entrer le plus grand (le plus âgé) d'entre eux et on lui dit : dis comment tu as vu la lune : devant le soleil, ou derrière le soleil ?

Au nord de celui-ci, ou au sud ? Quelle était sa hauteur, de quel côté penchait-elle, et quelle était sa largeur ?

S'il dit 'devant le soleil', il n'a rien dit [de valable].

📜 Rachi (4)
מַתְנִי' כֵּיצַד בּוֹדְקִין אֶת הָעֵדִים כו' לִפְנֵי הַחַמָּה הַחַמָּה הוֹלֶכֶת לְעוֹלָם מִמִּזְרָח לַדָּרוֹם וּמִדָּרוֹם לַמַּעֲרָב וּמִמַּעֲרָב לַצָּפוֹן שֶׁנֶּאֱמַר הוֹלֵךְ אֶל דָּרוֹם וְסוֹבֵב אֶל צָפוֹן וְהַלְּבָנָה אֵינָהּ נִרְאֵית בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים לְעוֹלָם אֶלָּא סָמוּךְ לִשְׁקִיעַת הַחַמָּה שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁהִיא דַּקָּה וּקְטַנָּה אֵינָהּ נִרְאֵית בְּעוֹד שֶׁהַחַמָּה בִּגְבוּרָתָהּ מִדְּלָא קָתָנֵי לְמִזְרָחָהּ אוֹ לְמַעֲרָבָהּ שְׁמַע מִינָּה אֵין נִרְאֵית לָהֶם בַּדָּרוֹם וְקָא ס"ד שֶׁהָיוּ שׁוֹאֲלִין אֶת הָעֵדִים אִם רָאוּהָ מְהַלֶּכֶת לִפְנֵי הַחַמָּה אוֹ לְאַחֲרֶיהָ לִצְפוֹנָהּ שֶׁל חַמָּה רְאִיתֶם אוֹתָהּ אוֹ לִדְרוֹמָהּ שֶׁל חַמָּה וּבַגְּמָרָא פָּרִיךְ לִפְנֵי הַחַמָּה הַיְינוּ לִצְפוֹנָהּ שֶׁהֲרֵי אֵין נָכוֹן לִבְדֹּוק וְלִשְׁאֹול אִם לִדְרוֹמָהּ אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁשְּׁנֵיהֶן הַחַמָּה וְהַלְּבָנָה בַּמַּעֲרָב שֶׁאִם הֵם בַּדָּרוֹם אֵינָהּ יְכוֹלָה לִהְיוֹת לֹא לִצְפוֹנָהּ וְלֹא לִדְרוֹמָהּ אֶלָּא אוֹ לְמִזְרָחָהּ אוֹ לְמַעֲרָבָהּ וּכְשֶׁהֵן בַּמַּעֲרָב אִם לִפְנֵי הַחַמָּה הִיא זֶהוּ לִצְפוֹנָהּ שֶׁהֲרֵי לְצַד צָפוֹן הֵם הוֹלְכִין וְאִם לְאַחֲרֶיהָ הִיא הֲרֵי זֶה לְצַד דָּרוֹם:
MICHNA. Comment examine-t-on les témoins... 'devant le soleil' — le soleil va toujours d'est en sud, du sud à l'ouest, et de l'ouest au nord, comme il est dit 'il va vers le sud et tourne vers le nord' (Eccl 1:6) ; et la lune [du 30e jour] n'est jamais visible de jour, mais seulement près du coucher du soleil, car, étant mince et petite, elle n'est pas visible tant que le soleil est dans sa force. Du fait que la michna ne dit pas 'à l'est de celui-ci ou à l'ouest', on déduit qu'elle ne leur est pas visible au sud. Et l'on pensait [d'abord] qu'on demandait aux témoins : l'avez-vous vue cheminer devant le soleil ou derrière lui, au nord du soleil ou au sud du soleil ? Et dans la guemara on objectera : 'devant le soleil' revient à 'au nord', car il ne convient d'examiner et de demander 'ou au sud ?' qu'au moment où tous deux, le soleil et la lune, sont à l'ouest ; car s'ils sont au sud, elle ne peut être ni au nord ni au sud [du soleil], mais seulement à l'est ou à l'ouest de lui ; et lorsqu'ils sont à l'ouest, si elle est devant le soleil c'est [qu'elle est] au nord, car ils vont vers le nord, et si elle est derrière lui c'est [qu'elle est] vers le sud.
כַּמָּה הָיָה גָּבוֹהַּ מִן הָאָרֶץ לְפִי רְאִיַּית עֵינֵיכֶם:
Quelle était sa hauteur — au-dessus de la terre, selon ce que voyaient vos yeux.
לְאֵין הָיָה נוֹטֶה רָאשֵׁי הַפְּגִימָה לְאֵיזֶה צַד נוֹטִין לְצַד צָפוֹן כָּזֶה ( ] אוֹ לְצַד דָּרוֹם כָּזֶה [ ):
De quel côté penchait-elle — les pointes de l'échancrure (pegima), vers quel côté penchent-elles : vers le nord ainsi ( ] ou vers le sud ainsi [ ).
אִם אָמַר לִפְנֵי הַחַמָּה לֹא אָמַר כְּלוּם מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
S'il dit 'devant le soleil', il n'a rien dit — [cela] est expliqué dans la guemara.
💡 Explication

Procédure d'examen des témoins : on interroge d'abord la paire arrivée en premier, en commençant par l'aîné. Questions : la lune était-elle devant ou derrière le soleil, au nord ou au sud, quelle hauteur, quelle inclinaison des cornes, quelle largeur ? S'il répond 'devant le soleil' [de façon impossible], son témoignage est nul.

12
וְאַחַר כָּךְ הָיוּ מַכְנִיסִין אֶת הַשֵּׁנִי וּבוֹדְקִין אוֹתוֹ. אִם נִמְצְאוּ דִּבְרֵיהֶם מְכֻוָּונִים — עֵדוּתָן קַייֶּמֶת. וּשְׁאָר כָּל הַזּוּגוֹת, שׁוֹאֲלִין אוֹתָן רָאשֵׁי דְבָרִים. לֹא שֶׁהָיוּ צְרִיכִים לָהֶם, אֶלָּא כְּדֵי שֶׁלֹּא יֵצְאוּ בְּפַחֵי נֶפֶשׁ, בִּשְׁבִיל שֶׁיְּהוּ רְגִילִים לָבוֹא.

Puis on faisait entrer le second et on l'examinait. Si leurs paroles se trouvaient concordantes, leur témoignage est valide.

Et toutes les autres paires, on leur demandait [seulement] les grandes lignes (rachei devarim) — non qu'on eût besoin d'elles, mais pour qu'elles ne repartent pas déçues, et afin qu'elles prennent l'habitude de venir.

💡 Explication

On examine ensuite le second témoin ; si les dépositions concordent, le témoignage est retenu. Les autres paires ne sont interrogées que sur les grandes lignes — non par besoin, mais pour qu'elles ne repartent pas déçues et gardent l'habitude de venir témoigner.

13
גְּמָ׳ הַייְנוּ לִפְנֵי הַחַמָּה, הַיְינוּ לִצְפוֹנָהּ; הַייְנוּ לְאַחַר הַחַמָּה, הַייְנוּ לִדְרוֹמָהּ! אָמַר אַבַּיֵּי: פְּגִימָתָהּ — לִפְנֵי הַחַמָּה, אוֹ לְאַחַר הַחַמָּה? אִם אָמַר לִפְנֵי הַחַמָּה — לֹא אָמַר כְּלוּם.

GUEMARA. 'Devant le soleil' revient à 'au nord', et 'derrière le soleil' revient à 'au sud' [pourquoi donc poser les deux questions] ! Abaye dit : [la première question porte sur] son échancrure (pegima) — [pointait-elle] devant le soleil, ou derrière le soleil ?

S'il dit 'devant le soleil', il n'a rien dit [de valable].

📜 Rachi (2)
גְּמָ' הַייְנוּ לִפְנֵי הַחַמָּה הַיְינוּ לִצְפוֹנָהּ הָא חֲדָא מִילְּתָא הִיא כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל:
GUEMARA. 'Devant le soleil' revient à 'au nord' — c'est une seule et même chose, comme je l'ai expliqué plus haut.
פְּגִימָתָהּ לִפְנֵי הַחַמָּה פּוֹנֶה לְצַד הַחַמָּה אוֹ לְצַד אַחֵר וַעֲלָהּ קָתָנֵי סֵיפָא אִם אָמַר לִפְנֵי הַחַמָּה לֹא אָמַר כְּלוּם דְּמֵעוֹלָם לֹא רָאֲתָה חַמָּה פְּגִימָתָהּ שֶׁל לְבָנָה:
Son échancrure devant le soleil — [son côté creux] est-il tourné vers le soleil ou vers un autre côté ? Et sur cela porte la fin [de la michna] : 's'il dit devant le soleil, il n'a rien dit', car jamais le soleil n'a vu l'échancrure de la lune.
💡 Explication

Objection : 'devant le soleil' = 'au nord', 'derrière le soleil' = 'au sud' — les deux questions font double emploi ! Réponse d'Abaye : la première porte sur l'échancrure (pegima) — son côté creux était-il tourné vers le soleil ou à l'opposé ? Si le témoin dit qu'elle pointait 'devant le soleil' (vers lui), c'est impossible, donc nul.

14
דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, מַאי דִכְתִיב: ״הַמְשֵׁל וָפַחַד עִמּוֹ עֹושֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו״, מֵעוֹלָם לֹא רָאֲתָה חַמָּה פְּגִימָתָהּ שֶׁל לְבָנָה, וְלֹא פְּגִימָתָהּ שֶׁל קֶשֶׁת. פְּגִימָתָהּ שֶׁל לְבָנָה — דְּחָלְשָׁה דַּעְתָּהּ. פְּגִימָתָהּ שֶׁל קֶשֶׁת — דְּלָא לֵימְרוּ עוֹבְדֵי הַחַמָּה

Car Rabbi Yo'hanan a dit : que signifie ce qui est écrit 'la domination et la crainte sont avec Lui, Il fait la paix en Ses hauteurs' (Job 25:2) ? Jamais le soleil n'a vu l'échancrure (pegima) de la lune, ni l'échancrure de l'arc[-en-ciel].

L'échancrure de la lune — pour qu'elle ne soit pas affligée (dehalcha daata). L'échancrure de l'arc — afin que les adorateurs du soleil ne disent pas [que le soleil tire des flèches...]

📜 Rachi (1)
דְּלָא לֵימְרוּ עוֹבַדְיָה הָעוֹבְדִין אֶת הַחַמָּה:
Afin que ses adorateurs ne disent pas — ceux qui adorent le soleil.
💡 Explication

R. Yo'hanan (Job 25:2, 'Il fait la paix en Ses hauteurs') : le soleil n'a jamais vu l'échancrure (le côté creux) de la lune ni de l'arc-en-ciel — tous deux se détournent de lui. Pour la lune : afin qu'elle ne soit pas humiliée par sa petitesse (paix entre soleil et lune). Pour l'arc : afin que les adorateurs du soleil ne prétendent pas [qu'il décoche des flèches...]. (Suite sur 24a.)

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).