Rosh Hashanah 24a — examen des témoins de la néoménie, sanctification du mois (mekaddech) et le tableau des lunes de Rabban Gamliel

Rosh Hashanah 24a

Sougya : Fin de la sougya sur l'interrogatoire des témoins de la nouvelle lune : vers quel côté penche le croissant (nord ou sud du soleil), résolu selon la saison (été / hiver) et la trajectoire du soleil ; quel écart de hauteur (en mardeot, aiguillons de bouvier) est tolérable ; et quels témoignages sont irrecevables (lune vue seulement dans l'eau, une lanterne, les nuages, ou un croissant aperçu puis introuvable — peut-être un simple nuage rond). Vient ensuite la michna de la sanctification (kidouch ha-hodech) : le chef du beit din dit 'sanctifie' et le peuple répond 'sanctifie, sanctifie' — avec les versets sources et la mahloket (R.

Elazar b. Tsadok, Palimo, R.

Elazar b. Chimon) sur la nécessité de sanctifier quand la lune n'a pas paru à temps ; la halakha suit R.

Elazar b. Tsadok.

Enfin la michna du tableau des formes de lune que Rabban Gamliel montrait aux témoins profanes, et la question de l'interdit 'lo taassoun iti' (ne pas façonner l'image de Mes serviteurs célestes).

Vers où penche le croissant : nord ou sud du soleil ? Deux braytot se contredisent — résolu par la saison Été (yemot ha-hamma) Hiver (yemot ha-gechamim) Soleil se couche loin au nord-ouest La lune neuve (sud-ouest) est au SUD du soleil valide : penche au SUD nord = ne dit rien (impossible) Soleil se couche à peine à l'ouest La lune neuve le devance à l'ouest : au NORD du soleil valide : penche au NORD sud = ne dit rien (impossible) Selon Rachi : trajectoire du soleil du nord-ouest (été) au sud-ouest (hiver)
Pourquoi la lune penche au sud en été et au nord en hiver (segments 1-2).
Témoignages sur le croissant : recevables ou non Non recevable (passoul) Recevable (kacher) Vu dans l'eau, une lanterne, ouà travers les nuages (reflet) Vu directement dans le ciel Moitié dans l'eau/nuage/lanterne,moitié dans le ciel Croissant entier vu à l'œil nudans le ciel Vu par hasard puis, en cherchantà le revoir, introuvable (peut-êtreun nuage rond blanc, koubita d'iba) Vu et revu volontairement Écart de 3 vs 5 mardeot (aiguillons) Écart de 2 vs 3 mardeot :petit écart admis Un témoin invalide peut s'associer à un autre témoignage (mitstarefin)
Ce qui rend un témoignage sur le croissant recevable ou non (segments 3-7).
Faut-il sanctifier (mekaddech) le mois si la lune n'a PAS été vue à temps ? R. Elazar b. Tsadok Vue à temps : on sanctifie PAS à temps : on ne sanctifie pas le Ciel l'a déjà sanctifié HALAKHA (Chmouel) Palimo (inverse) À temps : on ne sanctifie pas PAS à temps : on sanctifie renforcer l'imprévu R. Elazar b. Chimon Dans tous les cas : on ne sanctifie pas 'tu sanctifiés les années (yovel), non les mois' Lev 25:10
La mahloket sur la sanctification du mois vu / non vu à temps (segments 9, 13-14).
1
גֵּירֵי קָא מִשָּׁדְיָיא.

[La concavité de l'arc-en-ciel est tournée vers le bas] parce qu'[il semblerait] qu'[il] décoche des flèches [gire ka-mechadya]. [Selon les idolâtres, le soleil tire des flèches sur ceux qui le renient, se servant de l'arc-en-ciel comme d'un arc : sa partie concave est toujours à l'opposé du soleil, pour qu'il ne paraisse pas être un arc tenu par le soleil.]

📜 Rachi (1)
גֵּירֵי קָא מִשָּׁדְיָיא הַחַמָּה הַזֹּאת חִצִּים הִיא יוֹרֶה לְהִלָּחֵם בַּכּוֹפְרִין בָּהּ שֶׁהַיּוֹרָה בַּקֶּשֶׁת נוֹתֵן פְּגִימַת הַקֶּשֶׁת לְצַד פָּנָיו:
[Le soleil] décoche des flèches (gire ka-mechadya) — ce soleil tire des flèches pour faire la guerre à ceux qui le renient ; car celui qui tire à l'arc place l'entaille (la concavité) de l'arc du côté de son visage.
🗂️ Tossefot (1)
גֵּירֵי קָא מִשָּׁדְייָא. בַּלְּבָנָה אֵין לָחוּשׁ אִם רוֹאֶה פְּגִימַת הַקֶּשֶׁת דְּאֵין קֶשֶׁת אֶלָּא בַּיּוֹם וְאָז הַלְּבָנָה כִּשְׁרָגָא בְּטִיהֲרָא וְלָא אָמְרִי עוֹבַדְיָה גֵּירֵי קָא מִשָּׁדְיָיא:
[Le soleil] décoche des flèches (gire ka-mechadya) — pour la lune, il n'y a pas à craindre que l'on voie l'entaille de l'arc, car l'arc-en-ciel n'apparaît que le jour, et alors la lune est comme une lampe en plein midi (ke-chraga be-tihara) [invisible] ; et l'on ne dira pas de ses adorateurs qu'ils [prétendent que] la lune décoche des flèches.
💡 Explication

Fin du développement de 23b : la concavité (l'entaille) de l'arc-en-ciel est tournée à l'opposé du soleil pour ne pas donner l'impression que le soleil décoche des flèches (gire ka-mechadya). L'archer place l'entaille de l'arc vers lui ; on évite ainsi une lecture idolâtre où le soleil ferait la guerre à ceux qui le renient.

2
כַּמָּה הָיָה גָּבוֹהַּ, וּלְאַיִן הָיָה נוֹטֶה כּוּ׳. תְּנָא חֲדָא: לִצְפוֹנָהּ — דְּבָרָיו קַייָּמִין, לִדְרוֹמָהּ — לֹא אָמַר כְּלוּם. וְהַתַּנְיָא אִיפְּכָא: לִדְרוֹמָהּ — דְּבָרָיו קַיָּימִין, לִצְפוֹנָהּ — לֹא אָמַר כְּלוּם.

[La michna enseigne qu'on demandait aux témoins :] 'De quelle hauteur était-[la lune], et vers où penchait-elle ?' etc. Une brayta enseigne : [si le témoin dit qu'elle penchait] vers le nord — ses paroles tiennent (sont valides) ; vers le sud — il n'a rien dit [de valable].

Mais une autre brayta enseigne l'inverse : vers le sud — ses paroles tiennent ; vers le nord — il n'a rien dit.

🗂️ Tossefot (1)
תָּנֵי חֲדָא לִצְפוֹנָהּ דְּבָרָיו קַיָּימִין. קָשֶׁה לִי דְּדָרֵישׁ ר' יוֹחָנָן לְעֵיל (רֹאשׁ הַשָּׁנָה דַּף כג.) עֹושֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו מֵעוֹלָם לֹא רָאֲתָה חַמָּה פְּגִימָתָהּ שֶׁל לְבָנָה וּכְשֶׁהַלְּבָנָה לִפְנֵי הַחַמָּה וּפְגִימַת הַלְּבָנָה בְּחִידּוּשָׁהּ לְעוֹלָם כְּלַפֵּי מִזְרָח וּבוֹ רוֹאֶה הַחַמָּה פְּגִימוֹתֶיהָ וְר' אֵלִיָּהוּ בַּר שְׁלֹמֹה מגורגו"ש הִרְאַנִי דְּבִשְׁנֵי גַּלְגַּלִּים [הֵם] חַמָּה וּלְבָנָה וִיכוֹלָה לִהְיוֹת רְאִיַּית הַלְּבָנָה לִפְנֵי הַחַמָּה וְחַמָּה אֵינָהּ רוֹאָה פְּגִימוֹתֶיהָ שֶׁגַּלְגַּל הַלְּבָנָה לְמַטָּה מְגַלְגֵּל הַחַמָּה שֶׁהוּא לְמַעְלָה מִמֶּנּוּ וּלְחַכְמֵי הַמַּזָּלוֹת זֶה פָּשׁוּט:
'Une brayta enseigne : vers le nord — ses paroles tiennent' — cela m'est difficile : R. Yo'hanan a exposé plus haut (RH 23a) sur 'Il fait la paix en Ses hauteurs' que jamais le soleil n'a vu l'entaille (la face échancrée) de la lune ; or quand la lune est devant le soleil, l'entaille de la lune, à son renouvellement, est toujours tournée vers l'est, et c'est par là que le soleil verrait son échancrure. Mais R. Eliyahou bar Chelomo de Gorgo"ch m'a montré que le soleil et la lune sont sur deux sphères [distinctes] : la vision de la lune peut donc être devant le soleil sans que le soleil voie son échancrure, car la sphère de la lune est en dessous de celle du soleil, qui lui est supérieure ; et pour les astronomes cela est évident.
💡 Explication

La michna (22b) listait les questions posées aux témoins, dont : vers où penchait le croissant. Deux braytot se contredisent : l'une valide 'au nord', l'autre 'au sud'. La Guemara va résoudre la contradiction par la saison.

🖼️ Schéma
Vers où penche le croissant : nord ou sud du soleil ? Deux braytot se contredisent — résolu par la saison Été (yemot ha-hamma) Hiver (yemot ha-gechamim) Soleil se couche loin au nord-ouest La lune neuve (sud-ouest) est au SUD du soleil valide : penche au SUD nord = ne dit rien (impossible) Soleil se couche à peine à l'ouest La lune neuve le devance à l'ouest : au NORD du soleil valide : penche au NORD sud = ne dit rien (impossible) Selon Rachi : trajectoire du soleil du nord-ouest (été) au sud-ouest (hiver)
La contradiction entre les deux braytot sur le côté (nord/sud).
3
לָא קַשְׁיָא: כָּאן, בִּימוֹת הַחַמָּה. כָּאן, בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים.

Ce n'est pas difficile : ici, [c'est] pendant la saison chaude (yemot ha-hamma) ; là, [c'est] pendant la saison des pluies (yemot ha-gechamim).

📜 Rachi (1)
כָּאן בִּימוֹת הַחַמָּה כָּאן בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים בִּימוֹת הַחַמָּה כְּגוֹן בְּיוֹם אָרֹוךְ שֶׁל תְּקוּפַת תַּמּוּז חַמָּה שׁוֹקַעַת לְסוֹף מַעֲרָב לְצַד צָפוֹן כִּדְתַנְיָא בְּעֵירוּבִין (דַּף נו.) חַמָּה יוֹצֵאת בְּיוֹם אָרֹוךְ וְשׁוֹקַעַת בְּיוֹם אָרֹוךְ זֶהוּ פְּנֵי צָפוֹן חַמָּה יוֹצֵאת בְּיוֹם קָצָר וְשׁוֹקַעַת בְּיוֹם קָצָר זֶהוּ פְּנֵי דָּרוֹם נִיסָן וְתִשְׁרֵי חַמָּה יוֹצֵאת בַּחֲצִי מִזְרָח וְשׁוֹקַעַת בַּחֲצִי מַעֲרָב תְּקוּפַת נִיסָן הַיּוֹם וְהַלַּיְלָה שָׁוִין חַמָּה יוֹצֵאת בַּחֲצִי מִזְרָח וּמְהַלֶּכֶת חֲצִי מִזְרָח וְכָל דָּרוֹם וַחֲצִי מַעֲרָב וְשׁוֹקַעַת וּבַלַּיְלָה סוֹבֶבֶת לְמַעְלָה מִן הַכִּיפָּה חֲצִי מַעֲרָב וְכָל צָפוֹן וַחֲצִי מִזְרָח וְזוֹרַחַת וְלַמָּחֳרָת הִתְחִיל הַיּוֹם לִהְיוֹת זוֹרֵחַ מְעַט מִכְּנֶגֶד חֲצִי מִזְרָח לְצַד צָפוֹן וְשׁוֹקֵעַ לְהַלָּן מֵחֲצִי מַעֲרָב לְצַד צָפוֹן וְכֵן כָּל יוֹם וְיוֹם נִמְשֶׁכֶת מְעַט בֵּין בִּזְרִיחָה בֵּין בִּשְׁקִיעָה וּכְשֶׁמַּגִּיעַ יוֹם תְּקוּפַת תַּמּוּז הִיא זוֹרַחַת בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּמְהַלֶּכֶת ג' רוּחוֹת וְשׁוֹקַעַת בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית וּמִשָּׁם וְאֵילָךְ הַיָּמִים מִתְמַעֲטִין וְהַחַמָּה נִמְשֶׁכֶת מְעַט מְעַט בִּזְרִיחָתָהּ וּבִשְׁקִיעָתָהּ לְצַד דָּרוֹם וּכְשֶׁמַּגִּיעַ תְּקוּפַת תִּשְׁרֵי יוֹצֵאת בַּחֲצִי מִזְרָח וְשׁוֹקַעַת בַּחֲצִי מַעֲרָב וְהַיּוֹם וְהַלַּיְלָה שָׁוִין וְעוֹד מוֹשֶׁכֶת וְהוֹלֶכֶת לְצַד דָּרוֹם עַד תְּקוּפַת טֵבֵת וְאוֹתוֹ הַיּוֹם יוֹצֵאת בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְשׁוֹקַעַת בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וּמִשָּׁם וְאֵילָךְ נִמְשֶׁכֶת לַאֲחוֹרֶיהָ לְצַד צָפוֹן לִזְרִיחָתָהּ מַרְבָּה הִילּוּכָהּ לְצַד צָפוֹן מְעַט וְשׁוֹקַעַת וְכֵן תָּמִיד עַד תְּקוּפַת נִיסָן שֶׁיּוֹצֵאת בַּחֲצִי מִזְרָח וְשׁוֹקַעַת בַּחֲצִי מַעֲרָב נִמְצֵאת בִּימוֹת הַחַמָּה מְהַלֶּכֶת רֹוב רוּחַ מַעֲרָבִית לִפְנֵי שְׁקִיעָתָהּ וּפְעָמִים כֻּולָּהּ וְכָל יְמוֹת הַגְּשָׁמִים אֵינָהּ מְהַלֶּכֶת אֶלָּא מִיעוּט מַעֲרָב וּפְעָמִים שֶׁאֵינָהּ נִכְנֶסֶת בּוֹ אֶלָּא דָּבָר מוּעָט וְהַלְּבָנָה לְעוֹלָם בְּחִידּוּשָׁהּ בְּקֶרֶן מַעֲרָבִית דְּרוֹמִית הִלְכָּךְ בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים שֶׁאֵין הַחַמָּה נִכְנֶסֶת לַמַּעֲרָב אֶלָּא בִּשְׁקִיעָתָהּ הַלְּבָנָה קוֹדֶמֶת לְתוֹךְ הַמַּעֲרָב נִמְצֵאת לְבָנָה בַּצָּפוֹן וּבִימוֹת הַחַמָּה שֶׁהַחַמָּה בַּמַּעֲרָב הַרְבֵּה הִיא קוֹדֶמֶת הַלְּבָנָה בְּרוֹב הֶחֳדָשִׁים לְצַד צָפוֹן נִמְצֵאת לְבָנָה בַּדָּרוֹם:
Ici pendant la saison chaude, là pendant la saison des pluies — pendant la saison chaude, par exemple lors du jour long de la tekoufa de Tamouz, le soleil se couche à l'extrémité de l'ouest, du côté nord, comme il est enseigné dans Erouvin (56a) : 'le soleil se lève un jour long et se couche un jour long : c'est la face nord ; le soleil se lève un jour court et se couche un jour court : c'est la face sud ; à Nissan et à Tichri le soleil se lève au milieu de l'est et se couche au milieu de l'ouest.' À la tekoufa de Nissan, le jour et la nuit sont égaux : le soleil se lève au milieu de l'est, parcourt la moitié est, tout le sud et la moitié ouest, puis se couche ; la nuit il contourne par-dessus la voûte la moitié ouest, tout le nord et la moitié est, puis se lève. Le lendemain, le jour commence à se lever un peu du côté nord par rapport au milieu de l'est, et à se coucher au-delà du milieu de l'ouest vers le nord ; ainsi chaque jour il se décale un peu, au lever comme au coucher. Quand arrive le jour de la tekoufa de Tamouz, il se lève à l'angle nord-est, parcourt trois côtés et se couche à l'angle nord-ouest ; à partir de là les jours raccourcissent et le soleil se décale peu à peu, au lever et au coucher, vers le sud. Quand arrive la tekoufa de Tichri, il se lève au milieu de l'est et se couche au milieu de l'ouest, le jour et la nuit sont égaux ; il continue de se décaler vers le sud jusqu'à la tekoufa de Tevet, jour où il se lève à l'angle sud-est et se couche à l'angle sud-ouest ; à partir de là il revient en arrière vers le nord, augmentant peu à peu sa course vers le nord au lever et au coucher, et ainsi de suite jusqu'à la tekoufa de Nissan, où il se lève au milieu de l'est et se couche au milieu de l'ouest. Il en résulte que, durant la saison chaude, le soleil parcourt la plus grande partie du côté ouest avant son coucher — parfois tout ; et durant toute la saison des pluies il ne parcourt qu'une petite partie de l'ouest, parfois n'y pénétrant que fort peu. Or la lune, à son renouvellement, est toujours à l'angle sud-ouest. Donc pendant la saison des pluies, où le soleil n'entre à l'ouest qu'à son coucher, la lune le précède dans l'ouest : la lune se trouve alors au nord [du soleil]. Et pendant la saison chaude, où le soleil est déjà bien avancé à l'ouest, la lune le précède la plupart des mois du côté nord : la lune se trouve alors au sud [du soleil].
💡 Explication

Résolution : les deux braytot parlent de saisons différentes. En été (yemot ha-hamma) la lune neuve se trouve au sud du soleil ; en hiver (yemot ha-gechamim) elle se trouve au nord. Rachi détaille la trajectoire du soleil au fil de l'année.

🖼️ Schéma
Vers où penche le croissant : nord ou sud du soleil ? Deux braytot se contredisent — résolu par la saison Été (yemot ha-hamma) Hiver (yemot ha-gechamim) Soleil se couche loin au nord-ouest La lune neuve (sud-ouest) est au SUD du soleil valide : penche au SUD nord = ne dit rien (impossible) Soleil se couche à peine à l'ouest La lune neuve le devance à l'ouest : au NORD du soleil valide : penche au NORD sud = ne dit rien (impossible) Selon Rachi : trajectoire du soleil du nord-ouest (été) au sud-ouest (hiver)
La résolution par la saison, selon la course annuelle du soleil.
4
תָּנוּ רַבָּנַן: אֶחָד אוֹמֵר גָּבוֹהַּ שְׁתֵּי מַרְדְּעוֹת, וְאֶחָד אוֹמֵר שָׁלֹשׁ — עֵדוּתָן קַיֶּימֶת. אֶחָד אוֹמֵר שָׁלֹשׁ, וְאֶחָד אוֹמֵר חָמֵשׁ — עֵדוּתָן בְּטֵילָה. אֲבָל מִצְטָרְפִין לְעֵדוּת אַחֶרֶת.

Nos maîtres ont enseigné : [si] l'un dit 'elle était haute de deux aiguillons (mardeot)' et l'autre dit 'de trois' — leur témoignage tient (est valide). [Si] l'un dit 'trois' et l'autre 'cinq' — leur témoignage est annulé (batel).

Mais [chacun] peut s'associer (mitstarefin) à un autre témoignage.

📜 Rachi (1)
אֲבָל מִצְטָרְפִין לְעֵדוּת אַחֶרֶת אֶחָד מֵהֶן מִצְטָרֵף עִם עֵד אַחֵר שֶׁיֹּאמַר כְּמוֹתוֹ:
Mais ils s'associent à un autre témoignage — l'un d'eux s'associe à un autre témoin qui dira comme lui.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל מִצְטָרְפִין לְעֵדוּת. לָמֶ"ד (שְׁבוּעוֹת דַּף מז:) בָּב' כִּתֵּי עֵדִים הַמַּכְחִישׁוֹת זוֹ אֶת זוֹ זוֹ בָּאָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּמְעִידָה וְזוֹ בָּאָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּמְעִידָה נִיחָא דְּמִצְטָרְפִין לְעֵדוּת מָמוֹן אֲבָל לָמֶ"ד בַּהֲדֵי סָהֲדֵי שַׁקָּרֵי לָמָּה לִי הֵיאַךְ מִצְטָרְפִין לְשׁוּם עֵדוּת אֲפִילּוּ לְעֵדוּת הַחֹדֶשׁ לָכֵן דָּחַק בַּקְּוַנְט' לְפָרֵשׁ אֶחָד מֵהֶן מִצְטָרֵף עִם אַחֵר שֶׁיֹּאמַר כְּמוֹתוֹ וּבְעֵדוּת שֶׁל חֹדֶשׁ זֶה אַיְירֵי וְהָא דְּקָתָנֵי לְעֵדוּת אַחֶרֶת הַייְנוּ כְּלוֹמַר דְּמִצְטָרֵף עִם אֲחֵרִים דְּנַעֲשָׂה עֵדוּת אַחֶרֶת וְהָכִי מְפָרֵשׁ לָהּ בְּהֶדְיָא בְּסוֹף פֶּרֶק כָּל הַנִּשְׁבָּעִין (שְׁבוּעוֹת דַּף מח.) מִשּׁוּם דַּהֲוָה לֵיהּ חַד וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל חַד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם:
'Mais ils s'associent à un témoignage' — pour l'opinion (Chevouot 47b) selon laquelle, quand deux groupes de témoins se contredisent, chacun vient témoigner isolément, il est aisé [de comprendre] qu'ils s'associent pour un témoignage d'argent. Mais pour l'opinion qui dit 'parmi ces témoins il y a un menteur', à quoi bon ? Comment s'associeraient-ils à quelque témoignage que ce soit, même au témoignage de la néoménie ? C'est pourquoi le Commentateur (Rachi) s'est efforcé d'expliquer : l'un d'eux s'associe à un autre qui dira comme lui, et il s'agit ici du témoignage sur le [nouveau] mois ; et ce que la brayta enseigne 'à un autre témoignage' signifie qu'il s'associe à d'autres, de sorte que se forme un autre témoignage. Ainsi l'explique-t-on explicitement à la fin du chapitre 'Kol ha-nichbaïn' (Chevouot 48a) : parce qu'il est [alors] seul, et la parole d'un seul ne vaut pas la où il en faut deux.
💡 Explication

Sur l'écart de hauteur : une mardea est l'aiguillon du bouvier, servant d'unité de mesure. Un écart de 2 vs 3 est admissible (témoignage valide) ; un écart de 3 vs 5 est trop grand (témoignage annulé). Mais les témoins ne sont pas disqualifiés : chacun peut s'associer (mitstarefin) à un autre témoin qui dira comme lui.

🖼️ Schéma
Témoignages sur le croissant : recevables ou non Non recevable (passoul) Recevable (kacher) Vu dans l'eau, une lanterne, ouà travers les nuages (reflet) Vu directement dans le ciel Moitié dans l'eau/nuage/lanterne,moitié dans le ciel Croissant entier vu à l'œil nudans le ciel Vu par hasard puis, en cherchantà le revoir, introuvable (peut-êtreun nuage rond blanc, koubita d'iba) Vu et revu volontairement Écart de 3 vs 5 mardeot (aiguillons) Écart de 2 vs 3 mardeot :petit écart admis Un témoin invalidé peut s'associer à un autre témoignage (mitstarefin)
L'écart de hauteur tolérable entre deux témoins.
5
תָּנוּ רַבָּנַן: רְאִינוּהוּ בְּמַיִם, רְאִינוּהוּ בַּעֲשָׁשִׁית, רְאִינוּהוּ בְּעָבִים — אֵין מְעִידִין עָלָיו. חֶצְיוֹ בַּמַּיִם, חֶצְיוֹ בְּעָבִים, חֶצְיוֹ בַּעֲשָׁשִׁית — אֵין מְעִידִין עָלָיו.

Nos maîtres ont enseigné : [si les témoins disent] 'nous l'avons vue dans l'eau', 'nous l'avons vue dans une lanterne (achachit)', 'nous l'avons vue dans les nuages' — on ne témoigne pas à son sujet. [S'ils disent] 'la moitié dans l'eau, la moitié dans les nuages, la moitié dans la lanterne' — on ne témoigne pas à son sujet.

📜 Rachi (3)
רְאִינוּהוּ בְּמַיִם תּוֹךְ נָהָר אוֹ מֵעֵין רָאִינוּ דְּמוּתָהּ שֶׁל לְבָנָה:
Nous l'avons vue dans l'eau — dans un fleuve ou une source nous avons vu l'image de la lune.
בְּעָבִים יוֹם הַמְעֻונָּן הָיָה וּרְאִינוּהָ מְאִירָה דֶּרֶךְ עָובְיוֹ שֶׁל עָב:
Dans les nuages — c'était un jour couvert et nous l'avons vue briller à travers l'épaisseur du nuage.
עֲשָׁשִׁית קנדיל"ה בְּלַעַ"ז:
Achachit — candil"a en langue étrangère [lanterne, lampe de verre].
💡 Explication

Seule une vision directe du croissant est recevable. Un reflet dans l'eau, dans une lanterne de verre (achachit), ou une lumière filtrée à travers les nuages, ne compte pas — même si l'on n'en voit que la moitié ainsi.

🖼️ Schéma
Témoignages sur le croissant : recevables ou non Non recevable (passoul) Recevable (kacher) Vu dans l'eau, une lanterne, ouà travers les nuages (reflet) Vu directement dans le ciel Moitié dans l'eau/nuage/lanterne,moitié dans le ciel Croissant entier vu à l'œil nudans le ciel Vu par hasard puis, en cherchantà le revoir, introuvable (peut-êtreun nuage rond blanc, koubita d'iba) Vu et revu volontairement Écart de 3 vs 5 mardeot (aiguillons) Écart de 2 vs 3 mardeot :petit écart admis Un témoin invalidé peut s'associer à un autre témoignage (mitstarefin)
Les visions indirectes du croissant, irrecevables.
6
הַשְׁתָּא כֻּולּוֹ אָמְרַתְּ לָא, חֶצְיוֹ מִבַּעְיָא?! אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: חֶצְיוֹ בְּמַיִם חֶצְיוֹ בָּרָקִיעַ, חֶצְיוֹ בֶּעָבִים חֶצְיוֹ בָּרָקִיעַ, חֶצְיוֹ בַּעֲשָׁשִׁית חֶצְיוֹ בָּרָקִיעַ — אֵין מְעִידִין.

Or, puisque tu as dit que [voir] la totalité [dans l'eau etc.] — non [n'est pas valable], est-il besoin de [préciser pour] la moitié ?! Plutôt, voici ce que [la brayta] veut dire : la moitié dans l'eau et la moitié dans le ciel (rakia), la moitié dans les nuages et la moitié dans le ciel, la moitié dans la lanterne et la moitié dans le ciel — on ne témoigne pas.

💡 Explication

Objection logique : si voir la lune entière par reflet est déjà irrecevable, pourquoi enseigner le cas de la moitié ? La Guemara réinterprète : le cas visé est celui où l'on voit une moitié par reflet et l'autre moitié directement dans le ciel (rakia) — même alors, on ne témoigne pas tant qu'on n'a pas vu la lune entière à l'œil nu.

7
תָּנוּ רַבָּנַן: רְאִינוּהוּ וְשׁוּב לֹא רְאִינוּהוּ — אֵין מְעִידִין עָלָיו. כָּל הָכִי חָזוּ לֵהּ וְאָזְלִי?!

Nos maîtres ont enseigné : [s'ils disent] 'nous l'avons vue puis nous ne l'avons plus vue' — on ne témoigne pas à son sujet. [Objection :] doivent-ils vraiment continuer à la regarder [sans cesse] ?!

📜 Rachi (1)
כָּל הָכִי חָזוּ וְאָזְלִי בִּתְמִיהַּ מֵאַחַר שֶׁרָאוּהוּ לָמָּה לֹא יָעִידוּ וְכִי לְעוֹלָם הֵם צְרִיכִים לִרְאוֹתוֹ:
Doivent-ils vraiment continuer à la regarder — [dit] avec étonnement : dès lors qu'ils l'ont vue, pourquoi ne témoigneraient-ils pas ? Doivent-ils la regarder pour toujours ?
💡 Explication

Difficulté sur la brayta : s'ils l'ont bien vue, pourquoi ne pourraient-ils pas témoigner ? Doivent-ils la fixer indéfiniment ? Abaye va réinterpréter la brayta au segment suivant.

8
אָמַר אַבַּיֵּי, הָכִי קָאָמַר: רְאִינוּהוּ מֵאֵלֵינוּ, וְשֶׁבָּנוּ לִרְאוֹתוֹ מִדַּעְתֵּנוּ, וְלֹא רְאִינוּהוּ — אֵין מְעִידִין עָלָיו, מַאי טַעְמָא — אֵימוֹר כּוֹבִיתָא דְּעֵיבָא בְּעָלְמָא הוּא דְּחָזֵי.

Abaye dit : voici ce que [la brayta] veut dire : 'nous l'avons vue de nous-mêmes (par hasard), puis nous sommes retournés la regarder volontairement (pour témoigner), et nous ne l'avons plus vue' — on ne témoigne pas à son sujet. Quelle en est la raison ?

Dis [= on peut dire] que ce n'était qu'un simple nuage rond (koubita d'iba) qu'ils ont vu.

📜 Rachi (2)
מִדַּעְתֵּנוּ כְּדֵי לְהָעִיד עָלָיו:
Volontairement (mi-daatenou) — afin de témoigner à son sujet.
כּוֹבִיתָא דְּעֵיבָא עִיגּוּל שֶׁל עָב לָבָן:
Koubita d'iba — un rond de nuage blanc.
💡 Explication

Réinterprétation d'Abaye : le problème n'est pas qu'ils cessent de la fixer, mais qu'ils l'ont d'abord aperçue par hasard (me-alenou), puis, en cherchant à la revoir à dessein (mi-daatenou) pour témoigner, ne l'ont pas retrouvée. On soupçonne alors qu'ils avaient pris pour la lune un petit nuage rond et blanc (koubita d'iba).

9
מַתְנִי׳ רֹאשׁ בֵּית דִּין אוֹמֵר: ״מְקֻודָּשׁ״, וְכָל הָעָם עוֹנִין אַחֲרָיו: ״מְקֻודָּשׁ מְקֻודָּשׁ״. בֵּין שֶׁנִּרְאָה בִּזְמַנּוֹ, בֵּין שֶׁלֹּא נִרְאָה בִּזְמַנּוֹ — מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ.

MICHNA. Le chef du beit din (roch beit din) dit : 'sanctifie (mekoudach)', et tout le peuple répond après lui : 'sanctifie, sanctifie'.

Que [la lune] ait été vue en son temps (be-zmano) ou qu'elle n'ait pas été vue en son temps — on la sanctifie.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' רֹאשׁ ב"ד אוֹמֵר מְקֻודָּשׁ כו':
MICHNA. Le chef du beit din dit 'sanctifie' etc.
🪔 Ben Yehoyada (1)
ראש בית־דין אומר: 'מקדש' וכל העם עונין אחריו: 'מקדש, מקדש'. נראה לי בס"ד טעם לשלשה פעמים מקדש כי יש קדושה נמשכה מסוד המחשבה שהיא בראש, וכנגד זה ראש בית־דין אומר 'מקדש' פעם אחת, ויש קדושה נמשכה מסוד הדיבור ויש מסוד המעשה וכנגד שתים אלו כל העם עונין אחריו: 'מקדש, מקדש'. או יובן בס"ד הלבנה שמקדשים אותה יש לה שלשה שמות 'לבנה ירח סהר' וכנגד שם לבנה שהוא מעולה אומר ראש בית־דין 'מקדש' רמז לדבר (שיר השירים ה, יא) 'ראשו כתם פז' כי שם 'לבנה' [87] מספרו 'פז' וכנגד ב' שמות ירח סהר עונין כל העם: 'מקדש, מקדש'. או יובן החסד נחלק שני שלישים ושליש וכנגד שליש עליון אומר ראש בית־דין וכנגד שני שלישים אומרים כל העם. אי נמי ידוע כי קדוש החודש הוא במלכות, וידוע כי המלכות היא שתים בחינות לאה ורחל, וידוע כי לאה כנגד שליש עליון דתפארת וכנגד זה ראש בית־דין אומר 'מקדש' ורחל כנגד שני שלישים דתפארת וכנגד זה עונין כל העם: 'מקדש, מקדש'. ונראה לי בס"ד בתיבת 'מקדש' שהוא 'קום דש' כי במילוי הלבנה ישראל דורכים ודשים על אויביהם לכן אחר הברכה והדילוג אומרים פסוק (שמות טו, טז) 'תפל עליהם אימתה ופחד'. או נראה לי 'מקדש' הוא 'דום קש' שנסתם פה ת' כוחות טומאה שהם מספר ק"ש [400] בסוד הכתוב (בראשית לג, א) 'והנה עשו בא ועמו ארבע מאות איש' וגבר ישראל!
'Le chef du beit din dit : sanctifie (mekaddech), et tout le peuple répond après lui : sanctifie, sanctifie.' Il m'apparaît avec l'aide du Ciel une raison au triple 'sanctifie' : il existe une sainteté qui découle du secret (sod) de la pensée (ma'hchava), laquelle siège dans la tête (roch) ; en regard de cela, le chef du beit din (roch) dit 'sanctifie' une seule fois. Et il existe une sainteté qui découle du secret de la parole (dibour), et une autre du secret de l'acte (maasse) ; en regard de ces deux-là, tout le peuple répond après lui : 'sanctifie, sanctifie'. On peut aussi comprendre, avec l'aide du Ciel, que la lune que l'on sanctifie porte trois noms — 'levana, yareah, sahar' : en regard du nom 'levana', le plus élevé, le chef du beit din dit 'sanctifie' (allusion en Cantique 5:11 'sa tête est un or fin (kétem paz)', car le nom levana [87] a la valeur numérique de paz) ; et en regard des deux noms 'yareah' et 'sahar', tout le peuple répond 'sanctifie, sanctifie'. On peut aussi comprendre que le 'hessed se divise en deux tiers et un tiers : en regard du tiers supérieur, c'est le chef du beit din qui parle, et en regard des deux tiers, c'est tout le peuple. Ou encore : il est connu que la sanctification du mois relève de la Malkhout, et que la Malkhout comprend deux aspects, Léa et Rahel ; il est connu que Léa correspond au tiers supérieur du Tiféret, en regard de quoi le chef du beit din dit 'sanctifie', et Rahel aux deux tiers du Tiféret, en regard de quoi tout le peuple répond 'sanctifie, sanctifie'. Et il m'apparaît, avec l'aide du Ciel, dans le mot 'mekaddech' [qui se relit] 'koum dach' (lève-toi, foule) : car au moment où la lune s'emplit, Israël piétine et foule ses ennemis ; c'est pourquoi, après la bénédiction et le sautillement [de kidouch levana], on dit le verset (Ex 15:16) 'que tombe sur eux terreur et effroi'. Ou encore, il m'apparaît que 'mekaddech' [se relit] 'dom kach' (fais taire la paille) : sont scellés les 400 (t) pouvoirs d'impureté, qui sont au nombre de KaCh [400], selon le secret du verset (Gn 33:1) 'et voici Essav qui venait, et avec lui quatre cents hommes' — et Israël l'emporte !
💡 Explication

Michna du kidouch ha-hodech : une fois les témoins examinés et reçus, le chef du tribunal proclame 'sanctifie' (mekoudach) et le peuple répond 'sanctifie, sanctifie'. Selon le premier tana, on sanctifie dans les deux cas : que la lune ait paru le 30e jour (be-zmano) ou non.

🖼️ Schéma
Faut-il sanctifier (mekaddech) le mois si la lune n'a PAS été vue à temps ? R. Elazar b. Tsadok Vue à temps : on sanctifie PAS à temps : on ne sanctifie pas le Ciel l'a déjà sanctifié HALAKHA (Chmouel) Palimo (inverse) À temps : on ne sanctifie pas PAS à temps : on sanctifie renforcer l'imprévu R. Elazar b. Chimon Dans tous les cas : on ne sanctifie pas 'tu sanctifiés les années (yovel), non les mois' Lev 25:10
La proclamation de la sanctification et la mahloket qui suit.
10
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק אוֹמֵר: אִם לֹא נִרְאָה בִּזְמַנּוֹ — אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁכְּבָר קִידְּשׁוּהוּ שָׁמַיִם.

Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tsadok, dit : si [la lune] n'a pas été vue en son temps — on ne la sanctifie pas, car le Ciel l'a déjà sanctifiée (chekvar kidechouhou chamayim).

💡 Explication

Position de R. Elazar b. Tsadok : quand la lune ne paraît pas le 30e jour, le 31e est automatiquement Roch Hodech, sans besoin de proclamation, car la cour céleste l'a déjà sanctifiée (kidechouhou chamayim). La sanctification humaine ne s'impose que pour la lune vue à temps.

11
גְּמָ׳ רֹאשׁ בֵּית דִּין וְכוּ׳. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר גַּמְדָּא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל אָמַר רַבִּי: אֲמַר קְרָא ״וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה׳״ — מִכָּאן שֶׁרֹאשׁ בֵּית דִּין אוֹמֵר ״מְקֻודָּשׁ״.

GUEMARA. 'Le chef du beit din' etc. D'où vient cette règle (menahani mili) ?

Rabbi Hiyya bar Gamda dit au nom de Rabbi Yossi ben Chaoul au nom de Rabbi [Yehouda ha-Nassi] : le verset dit 'Moche déclara (va-yedaber) les fêtes de l'Éternel' (Lev 23:44) — de là [on apprend] que le chef du beit din dit 'sanctifie'.

💡 Explication

Source scripturaire de la proclamation par le chef : Moche, équivalent du chef du grand Sanhédrin, 'déclara les fêtes de l'Éternel' (Lev 23:44) — d'où l'usage que le roch beit din énonce lui-même 'mekoudach'.

12
וְכָל הָעָם עוֹנִין אַחֲרָיו ״מְקֻודָּשׁ מְקֻודָּשׁ״. מִנָּלַן? אָמַר רַב פָּפָּא: אֲמַר קְרָא ״אֲשֶׁר תִּקְרְאוּ אוֹתָם״, קְרִי בֵיהּ אַתֶּם. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: ״אֵלֶּה הֵם מוֹעֲדֵי״, הֵם יֹאמְרוּ מוֹעֲדֵי.

'Et tout le peuple répond après lui : sanctifie, sanctifie.' D'où [le tenons-]nous ? Rav Papa dit : le verset dit 'que vous proclamerez, eux (otam)' (Lev 23:2) — lis-y 'vous' (atem) [= atem, sans les points].

Rav Nahman bar Yitzhak dit : [du verset] 'ce sont là Mes fêtes' (Lev 23:2) — [c'est-à-dire] 'eux [aussi] diront Mes fêtes'.

💡 Explication

Source de la réponse du peuple. Rav Papa : 'otam' (eux) se relit 'atem' (vous) — vous, le peuple, proclamerez. Rav Nahman b. Yitzhak : 'hem' (ce sont / eux) enseigne qu'eux aussi, le peuple, diront 'Mes fêtes'.

13
״מְקֻודָּשׁ מְקֻודָּשׁ״ תְּרֵי זִימְנֵי לָמָּה לִי? דִּכְתִיב: ״מִקְרָאֵי קֹודֶשׁ״.

'Sanctifie, sanctifie' deux fois — pourquoi ? Parce qu'il est écrit 'mikraei kodech' [convocations saintes, au pluriel] (Lev 23:2).

📜 Rachi (1)
גְּמ' מִקְרָאֵי קֹדֶשׁ תְּרֵי זִימְנֵי מַשְׁמַע:
GUEMARA. 'Mikraei kodech' — cela implique deux fois.
💡 Explication

Pourquoi répéter 'sanctifie' deux fois ? Parce que le verset dit 'mikraei kodech' au pluriel (Lev 23:2), impliquant une double proclamation.

14
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק אוֹמֵר: אִם לֹא נִרְאָה בִּזְמַנּוֹ — אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ. תַּנְיָא, פְּלִימוֹ אוֹמֵר: בִּזְמַנּוֹ — אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ — מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ.

'Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tsadok, dit : si [la lune] n'a pas été vue en son temps — on ne la sanctifie pas.' Il est enseigné (tania) : Palimo dit : [vue] en son temps — on ne la sanctifie pas ; hors de son temps — on la sanctifie.

📜 Rachi (1)
ר' אֶלְעָזָר בְּר' צָדוֹק אוֹמֵר כוּ': בִּזְמַנּוֹ אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ חִיזּוּק:
Rabbi Elazar b. Rabbi Tsadok dit etc. [Vue] en son temps, on ne la sanctifie pas — car elle n'a pas besoin de renforcement (hizouk).
💡 Explication

Position inverse de Palimo : quand la lune paraît à temps (be-zmano), pas besoin de sanctification (rien d'inhabituel à renforcer) ; c'est quand elle paraît hors de son temps qu'on doit sanctifier.

🖼️ Schéma
Faut-il sanctifier (mekaddech) le mois si la lune n'a PAS été vue à temps ? R. Elazar b. Tsadok Vue à temps : on sanctifie PAS à temps : on ne sanctifie pas le Ciel l'a déjà sanctifié HALAKHA (Chmouel) Palimo (inverse) À temps : on ne sanctifie pas PAS à temps : on sanctifie renforcer l'imprévu R. Elazar b. Chimon Dans tous les cas : on ne sanctifie pas 'tu sanctifiés les années (yovel), non les mois' Lev 25:10
L'opinion de Palimo, inverse de R. Elazar b. Tsadok.
15
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקִדַּשְׁתֶּם אֵת שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים״ — שָׁנִים אַתָּה מְקַדֵּשׁ, וְאִי אַתָּה מְקַדֵּשׁ חֳדָשִׁים. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק.

Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon, dit : dans un cas comme dans l'autre, on ne la sanctifie pas, car il est dit 'et tu sanctifieras la cinquantième année' (Lev 25:10) — [donc] tu sanctifiés les années (le yovel) et tu ne sanctifiés pas les mois. Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : la halakha est comme Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tsadok.

💡 Explication

Troisième position, R. Elazar b. Chimon : on ne sanctifie jamais les mois, car 'tu sanctifieras la cinquantième année' (Lev 25:10) vise les années (le yovel), non les mois — sanctifiés automatiquement par le Ciel. Tranchement (Chmouel) : la halakha suit R. Elazar b. Tsadok (segment 9).

16
אָמַר אַבַּיֵּי, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: רָאוּהוּ בֵּית דִּין וְכָל יִשְׂרָאֵל, נֶחְקְרוּ הָעֵדִים וְלֹא הִסְפִּיקוּ לוֹמַר ״מְקֻודָּשׁ״ עַד שֶׁחֲשֵׁיכָה — הֲרֵי זֶה מְעֻובָּר. מְעֻובָּר — אִין, מְקֻודָּשׁ — לֹא.

Abaye dit : nous aussi, nous l'avons appris [dans une michna] : [si] le beit din et tout Israël l'ont vue, [que] les témoins ont été examinés mais qu'on n'a pas eu le temps de dire 'sanctifie' avant qu'il fasse nuit — la voici prolongée (meoubar). [Donc] prolongée — oui ; sanctifiée — non.

📜 Rachi (2)
מְעֻובָּר אִין דְּמַשְׁמַע מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה נִתְעַבֵּר:
Prolongée — oui — cela signifie qu'à partir de la tombée de la nuit [le mois] a été prolongé (rendu plein).
אֲבָל מְקֻודָּשׁ לֹא קָתָנֵי הֲרֵי זֶה מִתְקַדֵּשׁ לְמָחָר:
Mais 'sanctifiée' — non — [la michna] enseigne 'la voici sanctifiée le lendemain'.
💡 Explication

Abaye appuie R. Elazar b. Tsadok par une michna (à venir) : si l'on n'a pas pu proclamer 'sanctifie' avant la nuit, le mois précédent est simplement prolongé (meoubar, mois plein de 30 jours). La michna dit 'prolongé' mais pas 'sanctifié' — donc pas de sanctification nécessaire ici.

17
מְעֻובָּר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: הוֹאִיל וְרָאוּהוּ בֵּית דִּין וְכָל יִשְׂרָאֵל, אִיפַּרְסְמָא וְלָא לִיעַבְּרוּהָ, קָא מַשְׁמָע לַן.

[La Guemara réfute :] c'est 'prolongée' qu'il lui fallait [enseigner]. Il pourrait te venir à l'esprit de dire : puisque le beit din et tout Israël l'ont vue, [la chose] s'est ébruitée (ifparsema) et qu'on ne la prolonge donc pas — [la michna] nous apprend [qu'on la prolonge quand même].

📜 Rachi (2)
מְעֻובָּר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ כְּלוֹמַר לְעוֹלָם לְמָחָר בָּעֵי קִידּוּשׁ וְהַאי דְּלָא תַּנְיֵיהּ מִשּׁוּם דְּאִיצְטְרִיכָא לְאַשְׁמוֹעִינַן מְעֻובָּר:
'C'est prolongée qu'il lui fallait' — c'est-à-dire : en vérité, le lendemain, elle requiert bien une sanctification ; et si [la michna] ne l'a pas enseigné, c'est parce qu'elle avait besoin de nous apprendre [le cas de] 'prolongée'.
דְּהוֹאִיל וּבִזְמַנּוֹ רָאוּהוּ סד"א לָא לִיעַבְּרוּהָ וְאִי תְּנָא הֲרֵי זֶה מִתְקַדֵּשׁ לְמָחָר הֲוָה אֲמִינָא לְעוֹלָם מִיּוֹמָא קַמָּא מְתַקְּנִינַן מוֹעֲדוֹתֶיהָ:
Puisqu'ils l'ont vue en son temps — il pourrait te venir à l'esprit qu'on ne la prolonge pas ; et si [la michna] avait enseigné 'la voici sanctifiée le lendemain', j'aurais dit qu'en vérité c'est des le premier jour qu'on en fixe les fêtes.
💡 Explication

Réfutation de la preuve d'Abaye : la michna ne cite 'prolongé' que pour écarter une fausse déduction — on aurait pu croire que, la vision étant de notoriété publique (ifparsema), il serait inutile de prolonger. La michna enseigne qu'on prolonge tout de même. Elle ne prouve donc rien sur la sanctification, qui pourrait encore être requise le lendemain.

18
מַתְנִי׳ דְּמוּת צוּרוֹת לְבָנָה הָיוּ לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּטַבְלָא וּבְכֹותֶל בַּעֲלִייָּתוֹ, שֶׁבָּהֶן מַרְאֶה אֶת הַהֶדְיוֹטוֹת, וְאוֹמֵר: הֲכָזֶה רָאִיתָ אוֹ כָּזֶה.

MICHNA. Rabban Gamliel avait des figures de formes de lune sur une tablette (tavla) et sur le mur de son étage (aliya), qu'il montrait aux profanes (hedyotot), en disant : 'est-ce ainsi que tu as vu, ou ainsi ?'.

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' דְּמוּת צוּרוֹת לְבָנָה:
MICHNA. Des figures de formes de lune.
💡 Explication

Michna : Rabban Gamliel disposait d'un tableau des formes de la lune (dessiné sur une tablette et sur le mur de son étage) pour aider les témoins profanes (hedyotot), incapables de décrire ce qu'ils avaient vu, en leur demandant : 'as-tu vu une forme comme celle-ci, ou comme celle-là ?'.

19
גְּמ׳ וּמִי שָׁרִי? וְהָכְתִיב: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן כִּדְמוּת שַׁמָּשַׁיי.

GUEMARA. Mais est-ce permis ?!

N'est-il pas écrit 'vous ne ferez pas avec Moi (lo taassoun iti)' (Ex 20:20) — [c'est-à-dire] 'vous ne ferez pas à la ressemblance de Mes serviteurs (chamechai)' [les corps célestes qui Le servent] ?

📜 Rachi (1)
גְּמ' לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי צוּרוֹת הָעוֹמְדִים אִתִּי:
GUEMARA. 'Lo taassoun iti' — [ne faites pas] les figures de ceux qui se tiennent auprès de Moi (iti).
🗂️ Tossefot (1)
בִּדְמוּת שַׁמָּשַׁיי. בַּהֵיכָל וְאוּלָם מוּקֵי לָהּ ול"ג הַמְשַׁמְּשִׁין לִפְנֵי בַּמָּרוֹם:
'À la ressemblance de Mes serviteurs' — [le Talmud] établit [l'interdit] pour le heikhal et le oulam, et ne lit pas 'ceux qui Me servent là-haut, en hauteur' [mais bien les objets du Temple].
💡 Explication

Objection : comment Rabban Gamliel pouvait-il dessiner des lunes ? Le verset 'lo taassoun iti' (Ex 20:20) est lu 'ne faites pas [d'images] à la ressemblance de Mes serviteurs (chamechai)' — soit les astres créés pour servir, dont le soleil et la lune.

20
אָמַר אַבַּיֵּי: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא שַׁמָּשִׁין שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת כְּמוֹתָן, כִּדְתַנְיָא: לֹא יַעֲשֶׂה אָדָם בַּיִת תַּבְנִית הֵיכָל, אַכְסַדְרָה תַּבְנִית אוּלָם, חָצֵר כְּנֶגֶד עֲזָרָה, שֻׁלְחָן כְּנֶגֶד שֻׁלְחָן, מְנוֹרָה כְּנֶגֶד מְנוֹרָה. אֲבָל עוֹשֶׂה

Abaye dit : la Tora n'a interdit que les serviteurs qu'il est possible de reproduire à l'identique. Comme il est enseigné : un homme ne fera pas une maison à la forme du heikhal (le Sanctuaire), ni un portique (akhsadra) à la forme du oulam (le Vestibule), ni une cour face à la azara (le parvis), ni une table face à la [Table sainte], ni un candélabre face à la [Menora].

Mais il peut faire [la suite sur 24b]...

🗂️ Tossefot (1)
אַכְסַדְרָה תַּבְנִית אוּלָם. סְתָם אַכְסַדְרָה אֵין בּוֹ כִּי אִם ג' מְחִיצּוֹת וּרְבִיעִית פְּרוּצָה בִּמְלוֹאָהּ כִּדְמַשְׁמַע בְּפֶ' לֹא יַחְפֹּור (ב"ב דַּף כֹּה. וְשָׁם) דְּקָאָמַר עוֹלָם דּוֹמֶה לְאַכְסַדְרָה וְרוּחַ צְפוֹנִית אֵינָהּ מְסֻובֶּבֶת וְהָא דְּקָתָנֵי אַכְסַדְרָה תַּבְנִית אוּלָם לְפִי שֶׁהָיְתָה פִּתְחוֹ גְּדוֹלָה קָרֵי לֵיהּ אַכְסַדְרָה אע"פ שֶׁלֹּא הָיָה בִּמְלוֹאָהּ דה"ל גִּיפּוּפֵי ט"ו אַמָּה מִכָּאן וט"ו אַמָּה מִכָּאן וּכְדִתְנַן בְּמִדּוֹת (פ"ד מ"ז) וְשֶׁמָּא לְפִי שֶׁהָיָה שָׁם בֵּית הַחֲלִיפוֹת וְכֹותֶל מַפְסִיק בִּמְלוֹאוֹ בִּפְנִים:
'Un portique (akhsadra) à la forme du oulam' — un akhsadra ordinaire n'a que trois parois, la quatrième étant entièrement ouverte, comme il ressort de 'Lo yahpor' (Bava Batra 25a et là) où l'on dit 'le monde ressemble à un akhsadra et le côté nord n'est pas clos'. Et si [la brayta] enseigne 'un akhsadra à la forme du oulam', c'est parce que l'ouverture [du oulam] était grande qu'on l'appelle akhsadra, bien qu'elle ne fut pas entièrement [ouverte] : il y avait des retours de mur (gipoufei) de 15 amot d'un côté et 15 de l'autre, comme nous l'avons appris dans Middot (4:7) ; et peut-être [l'appelle-t-on ainsi] parce qu'il y avait là la chambre des couteaux (beit ha-halifot), avec un mur qui coupait entièrement à l'intérieur.
💡 Explication

Réponse d'Abaye : l'interdit ne vise que les serviteurs reproductibles à l'identique. Le soleil et la lune étant irréproductibles, les dessiner est permis. Preuve : la brayta interdit de bâtir une maison à la forme du heikhal, un portique à la forme du oulam, etc. — objets reproductibles. La suite (ce qui reste permis) est sur 24b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).