Rosh Hashanah 27b — le chofar valide ou invalide : perforations, placage d'or, fentes, mesure, et le son entendu dans une fosse

Rosh Hashanah 27b

Sougya : Ce daf poursuit les règles de validité du chofar. La braita énumère ce qui le laisse kacher (long puis raccourci, gratté jusqu'à la peau) et ce qui le rend passoul (ajout de matière, placage d'or à l'appui de la bouche ou à l'intérieur, son modifié).

On discute la perforation colmatée (mahloket Rabbanan/R. Nathan : dans son espèce ou hors de son espèce), et R.

Yo'hanan précise la condition du 'reste majoritaire' selon deux versions. Rav Papa explique 'retourné' (hafkho) via le verset veha'avarta : le chofar doit être sonné dans le sens où il était porte sur la tête de l'animal.

La sougya traite enfin de celui qui perce la corne dans sa 'masculinité' (zahrout, l'os), puis du son entendu dans une fosse (bor) : Rav Houna distingue celui qui se tient au bord (entend l'écho, ne s'acquitte pas) de celui qui se tient dans la fosse (entend le vrai son, s'acquitte). Le daf s'ouvre aussi sur l'intention (kavana) requise pour s'acquitter en entendant le chofar.

Le chofar : quelles modifications le rendent passoul (invalide) ? Kacher (valide) Passoul (invalide) Long et raccourci ; gratté jusqu'à la peauAjout de matière (quoi que ce soit) Plaqué d'or : hors de l'appui de la bouchePlaqué d'or : à l'appui de la bouche Plaqué à l'extérieur : son inchangéPlaqué à l'intérieur ; ou son changé Percé+bouche : n'entrave pas la sonneriePercé+bouche : entrave la sonnerie Fendu en largeur : reste la mesure requiseFendu en longueur (de bout en bout) Colmaté dans son espèce (R. Nathan)Collé des tessons ; retourné (inversé) Principe : ne rien interposer entre le souffle et la corne ; garder son passage naturel (veha'avarta)
Synthèse des modifications du chofar et leur statut (kacher / passoul) selon la braita.
Sonner dans une fosse (bor) : qui s'acquitte ? Fosse (bor) chofar sonné ici Celui EN BAS : entend le vrai son -> s'acquitte Au bord entend l'ÉCHO -> ne s'acquitte pas Rav Houna réconcilie michna (au bord) et braita (dans la fosse)
Sonner dans une fosse : distinction de Rav Houna entre le bord (écho) et le fond (vrai son).
1
נִיקַּב וּסְתָמוֹ, אִם מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה — פָּסוּל, וְאִם לָאו — כָּשֵׁר. הַתּוֹקֵעַ לְתוֹךְ הַבּוֹר אוֹ לְתוֹךְ הַדּוּת אוֹ לְתוֹךְ הַפִּיטָס, אִם קוֹל שׁוֹפָר שָׁמַע — יָצָא, וְאִם קוֹל הֲבָרָה שָׁמַע — לֹא יָצָא.

[Si le chofar] a été percé et qu'on l'a colmaté : s'il entrave la sonnerie (tekia) — [il est] passoul (invalide) ; sinon — kacher (valide). Celui qui sonne dans une fosse (bor), dans une citerne (dout) ou dans une grande jarre (pitas) : s'il a entendu le son du chofar — il s'est acquitté ; mais s'il a entendu un son d'écho (kol havara) — il ne s'est pas acquitté.

🗂️ Tossefot (1)
נִיקַּב וּסְתָמוֹ אִם מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה פָּסוּל וְאִם לָאו כָּשֵׁר. אִם נְפָרְשָׁהּ דְּאַיְירֵי לְאַחַר הַסְּתִימָה לְפִי שֶׁלֹּא הֻוחְלְקָה סְתִימַת הַנֶּקֶב אֵין הָרוּחַ יוֹצֵא בִּפְשִׁיטוּת וּמְעַכֵּב אֶת הַקּוֹל קַשְׁיָא כֵּיוָן דְּכָל הַקּוֹלוֹת כְּשֵׁרִין בַּשּׁוֹפָר כִּדְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא מַה לִי מְעַכֵּב מַה לִי אֵינוֹ מְעַכֵּב וְנִרְאֶה דְּאַיְירֵי קֹודֶם סְתִימָה דְּקֹודֶם שֶׁנִּסְתַּם הָיָה הַנֶּקֶב מְעַכֵּב אֶת הַקּוֹל שֶׁהָיָה הַקּוֹל מִשְׁתַּנֶּה מֵחֲמַת הַנֶּקֶב וּכְשֶׁסְּתָמוֹ חָזַר לִכְמוֹת שֶׁהָיָה וּבַיְּרוּשַׁלְמִי גָּרַס בְּהֶדְיָא אִם הָיָה מְעַכֵּב קֹודֶם שֶׁסָּתְמוּ פָּסוּל כְּשֶׁסְּתָמוֹ וְטַעֲמָא דְּפָסוּל כֵּיוָן דִּסְתִימָה זוֹ מְסַיְּיעָהּ לְקוֹל מִשּׁוּם דְּשׁוֹפָר אֶחָד אָמַר רַחֲמָנָא שֶׁלֹּא יְסַייֵּעַ דָּבָר אַחֵר לְקוֹל כְּמוֹ צִפָּהוּ זָהָב דְּאִם נִשְׁתַּנָּה קוֹלוֹ פָּסוּל אֲבָל אִם לֹא הָיָה מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה שֶׁלֹּא נִשְׁתַּנָּה קוֹלוֹ מִתְּחִילָּה מֵחֲמַת הַנֶּקֶב הֲרֵי הוּא כְּאִילּוּ לֹא נִיקַּב וְאֵין לָחוּשׁ בְּמַה שֶׁסָּתְמוּ וְהֵיכָא דְּלָא סָתְמוּ קָאָמַר בְּהֶדְיָא בִּירוּשַׁלְמִי דְּכָשֵׁר מִשּׁוּם דְּכָל הַקּוֹלוֹת כְּשֵׁרִין בַּשּׁוֹפָר וְהַשְׁתָּא רַבִּי נָתָן דְּקָאָמַר בַּגְּמָרָא בְּמִינוֹ כָּשֵׁר שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ פָּסוּל ע"כ אַהָיָה מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה קָאֵי דְּאַפֵּ"ה כָּשֵׁר בְּמִינוֹ דְּהָא ר' יוֹחָנָן קָאָמַר עֲלָהּ בַּגְּמָרָא וְהוּא שֶׁנִּשְׁתַּיֵּיר רֻובּוֹ וְהוּא שֶׁנִּפְחַת רֻובּוֹ וְאִי אֶפְשָׁר לְנֶקֶב גָּדוֹל כָּל כָּךְ שֶׁלֹּא יְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה וּמַתְנִי' כְּרַבָּנָן א"נ כְּר' נָתָן וּבְשֶׁלֹּא בְּמִינוֹ לְלִישָּׁנָא קַמָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן וּמִיהוּ לְאִידָךְ לִישָּׁנָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּקָאָמַר שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ פָּסוּל וְהוּא שֶׁנִּפְחַת רֻובּוֹ מַשְׁמַע אֲבָל בְּמִינוֹ אַף עַל פִּי שֶׁנִּפְחַת רֻובּוֹ כָּשֵׁר קַשְׁיָא מַתְנֵי' כְּמַאן דע"כ הָא דְּאָמְרִי רַבָּנָן בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ פָּסוּל יַעֲמִיד כְּמוֹ כֵן רַבִּי יוֹחָנָן כְּשֶׁנִּפְחַת רֻובּוֹ דְּמַאי שְׁנָא לְרַבִּי נָתָן מִלְּרַבָּנָן כְּמוֹ שֶׁדּוֹמֶה לוֹ לְרַבִּי נָתָן סְבָרַת דְּלָא נִפְחַת רֻובּוֹ כָּשֵׁר אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ לָמָּה לֹא יֹאמַר כְּמוֹ כֵן לְרַבָּנָן דְּכֻולָּהּ בָּרַייְתָא בְּנִפְחַת רֻובּוֹ מִיתּוֹקְמָא ואע"פ שֶׁלֹּא נִפְחַת אֶלָּא מִיעוּטוֹ אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יְעַכֵּב הַנֶּקֶב אֶת הַתְּקִיעָה אִם לֹא נִסְתַּם וַאֲפִילּוּ הָכֵי כָּשֵׁר וּלְכָךְ נִרְאֶה וַדַּאי לְפָרֵשׁ מ"מ דְּאִם מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה לְאַחַר שֶׁסָּתְמוּ קָאָמַר וּבַיְּרוּשַׁלְמִי קָתָנֵי בְּמִילְּתֵיהּ דְּרַבָּנָן בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ אִם מְעַכֵּב הַתְּקִיעָה פָּסוּל וְאִם לָאו כָּשֵׁר וְכֵן בַּתּוֹסֶפְתָּא (פ"ב) וַאֲפִילּוּ הָכִי קָאָמְרִי בַּיְּרוּשַׁלְמִי דְּמַתְנִי' ר' נָתָן וּמַסְּקָנָא דִּשְׁמַעְתָּא וַהֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה נִרְאֶה דְּשׁוֹפָר שֶׁנִּיקַּב וּסְתָמוֹ בְּמִינוֹ וְחָזַר לְקוֹלוֹ לִכְמוֹת שֶׁהָיָה מִתְּחִילָּתוֹ קֹודֶם שֶׁנִּקַּב לֵית דִּין וְלֵית דַּייָּן דְּכָשֵׁר אֲפִילּוּ הָיָה מְעַכֵּב הַתְּקִיעָה קֹודֶם שֶׁנִּסְתַּם דְּפִי' זֶה עִיקָּר דְּאִם מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה לְאַחַר שֶׁנִּסְתַּם קָאָמַר וְלֹא סָתְמוּ כְּלָל כָּשֵׁר אֲפִילּוּ מְעַכֵּב הַנֶּקֶב אֶת הַתְּקִיעָה כִּדְקָאָמְרִינַן בִּירוּשַׁלְמִי דְּכָל הַקּוֹלוֹת כְּשֵׁרִין בַּשּׁוֹפָר:
'Percé et colmaté : s'il entrave la sonnerie, passoul ; sinon, kacher.' Si l'on comprend qu'il s'agit du moment postérieur au colmatage — parce que le bouchage du trou n'a pas été lissé, l'air ne sort pas librement et [cela] entrave le son —, c'est difficile : puisque tous les sons sont valides dans un chofar, comme on le dit dans la Guemara, quelle différence [y a-t-il] entre 'entrave' et 'n'entrave pas' ? Il paraît donc qu'il s'agit du moment antérieur au colmatage : avant qu'il ne soit bouche, le trou entravait le son, car le son se modifiait à cause du trou, et une fois colmaté il est revenu à ce qu'il était. Le Yerouchalmi enseigne d'ailleurs explicitement : s'il entravait avant qu'on le colmate, [il devient] passoul une fois colmaté. Et la raison de l'invalidité est que ce colmatage vient renforcer le son : car la Torah a dit 'un [seul] chofar' — qu'aucune autre chose n'assiste le son, comme [pour] le placage d'or, ou [le chofar] est passoul si son son a changé. Mais si [le trou] n'entravait pas la sonnerie — son son n'ayant pas été modifié dès le départ à cause du trou —, c'est comme s'il n'avait pas été percé, et il n'y a pas à s'inquiéter de ce qu'on l'a colmaté. Et lorsqu'on ne l'a pas colmaté, le Yerouchalmi dit explicitement qu'il est kacher, parce que tous les sons sont valides dans un chofar. Or R. Nathan qui dit dans la Guemara 'dans son espèce, kacher ; hors de son espèce, passoul' se rapporte forcément au cas où [le trou] entravait la sonnerie, [et enseigne] que malgré cela il est kacher dans son espèce : car R. Yo'hanan dit à ce sujet dans la Guemara 'à condition qu'il en reste la majeure partie' et 'à condition que la majeure partie ait été entamée', et il est impossible qu'un trou aussi grand n'entrave pas la sonnerie ; notre michna [suit] soit les Rabbanan, soit R. Nathan dans le cas 'hors de son espèce', selon la première version de R. Yo'hanan. Mais selon l'autre version de R. Yo'hanan qui dit 'hors de son espèce, passoul, à condition que la majeure partie ait été entamée' — ce qui implique que dans son espèce, même si la majeure partie a été entamée, il est kacher —, notre michna est difficile : selon qui [serait-elle] ? Car forcément, ce que disent les Rabbanan 'que ce soit dans son espèce ou hors de son espèce, passoul', R. Yo'hanan l'établirait de même dans le cas où la majeure partie a été entamée : car quelle différence y a-t-il entre R. Nathan et les Rabbanan ? De même qu'il te semble, selon R. Nathan, que 'tant que la majeure partie n'est pas entamée, kacher' vaut même hors de son espèce, pourquoi ne dirait-il pas de même selon les Rabbanan, que toute la braita s'établit dans le cas où la majeure partie a été entamée ? Et bien que seule la minorité ait été entamée, il est impossible que le trou n'entrave pas la sonnerie s'il n'a pas été colmaté, et pourtant il est kacher. C'est pourquoi il paraît certain d'expliquer, en tout état de cause, que 's'il entrave la sonnerie' vise l'après-colmatage. Le Yerouchalmi enseigne dans les propos des Rabbanan : 'que ce soit dans son espèce ou hors de son espèce, s'il entrave la sonnerie, passoul ; sinon, kacher' — de même dans la Tossefta (ch. 2) — et malgré cela le Yerouchalmi dit que notre michna [suit] R. Nathan. Conclusion de la sougya et halakha pratique : un chofar percé et colmaté dans son espèce, dont le son est revenu à ce qu'il était avant d'être percé — il n'y a ni loi ni juge [pour en douter] : il est kacher, même s'il entravait la sonnerie avant d'être colmaté ; car cette explication est l'essentiel : 's'il entrave la sonnerie' vise l'après-colmatage. Et s'il ne l'a pas colmaté du tout, il est kacher même si le trou entrave la sonnerie, comme le dit le Yerouchalmi : tous les sons sont valides dans un chofar.
⚖️ Rosh (1)
דַּף לד שֶׁאֵין ת"ל בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי מַה ת"ל בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי שֶׁיְּהוּ כָּל תְּרוּעוֹת שֶׁל חֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי זֶה כָּזֶה. וּמִנַּיִן שֶׁפְּשׁוּטָה לְפָנֶיהָ ת"ל וְהַעֲבַרְתָּ וּמִנַּיִן שֶׁפְּשׁוּטָה לְאַחֲרֶיהָ ת"ל תַּעֲבִירוּ. אֵין לִי אֶלָּא בַּיּוֹבֵל בר"ה מִנַּיִן ת"ל בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי שֶׁיְּהוּ כָּל הַתְּרוּעוֹת שֶׁל חֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי שָׁווֹת. וּמִנַּיִן לְשָׁלֹשׁ שֶׁל שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ דִּכְתִיב וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה יוֹם תְּרוּעָה יִהְיֶה לָכֶם. וּמִנַּיִן לִיתֵּן אֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה וְשֶׁל זֶה בָּזֶה ת"ל שְׁבִיעִי שְׁבִיעִי לג"ש הָא כֵּיצַד שָׁלֹשׁ שֶׁהֵן תֵּשַׁע. שִׁיעוּר תְּקִיעָה כִּתְרוּעָה שִׁיעוּר תְּרוּעָה כִּשְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים. הִתְקִין ר' אָבָהוּ בְּקֵיסָרִי תְּקִיעָה וּשְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים וּתְרוּעָה וּתְקִיעָה. מִמַּה נַפְשָׁךְ אִי יַלּוֹלֵי יַלֵּיל לֶיעֱבֵד תְּקִיעָה וּתְרוּעָה וּתְקִיעָה. וְאִי גְּנוּחֵי גָּנַח לֶיעֱבֵד תְּקִיעָה וְשָׁלֹשׁ שְׁבָרִים וּתְקִיעָה. מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי גַּנּוֹחֵי גַּנַּח אִי יַלּוֹלֵי יַלֵּיל. מַתְקֵיף לַהּ רַב עַוִּירָא וְדִלְמָא יַלְּלָא הוּא וְקִפְסְקוּ שְׁבָרִים בֵּין תְּקִיעָה לַתְּרוּעָה. דַּהֲדַר עֲבִיד תְּקִיעָה וּתְרוּעָה וּתְקִיעָה. מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא וְדִלְמָא גַּנּוֹחֵי הוּא וְקָפְסִיק תְּרוּעָה בֵּין שְׁבָרִים לִתְקִיעָה. דַּהֲדַר עֲבִיד תְּקִיעָה וְשָׁלֹשׁ שְׁבָרִים וּתְקִיעָה. אֶלָּא ר' אֲבָהוּ מַאי אַתְקֵין אִי יַלּוֹלֵי יַלֵּיל הָא עָבְדִינַן וְאִי גְּנוּחֵי הוּא הָא עָבְדִינַן. מְסַפְּקָא לֵיהּ דִּלְמָא גְּנוּחֵי וְיַלֵּיל. אִי הָכִי אִיפְּכָא נָמֵי נִיעַבֵּיד. סְתָם אִינִישׁ כִּי מִיתְּרַע בֵּיהּ מִילְּתָא מְגַנַּח וַהֲדַר יַלֵּיל. כָּתַב רַב הַאיי בִּתְשׁוּבָה. אַל תַּחְשְׁבוּ כִּי נָפְלָה בִּימֵי ר' אָבָהוּ סָפֵק בְּדָבָר זֶה שֶׁהֲרֵי מִשְׁנָיוֹת קְדוּמוֹת אַחַת אוֹמֶרֶת שָׁלֹשׁ יְבָבוֹת וְאַחַת אוֹמֶרֶת שָׁלֹשׁ שְׁבָרִים וְקָאָמַר אַבַּיֵּי בְּהָא פְּלִיגִי. וְכָךְ הָיָה הַדָּבָר מִיָּמִים קַדְמוֹנִים מִנְהָג לְכָל יִשְׂרָאֵל מֵהֶם עוֹשִׂים תְּרוּעָה יְבָבוֹת קַלּוֹת. וּמֵהֶם עוֹשִׂים יְבָבוֹת כְּבֵדִים שֶׁהֵן שְׁבָרִים. אֵלּוּ וְאֵלּוּ יוֹצְאִין יְדֵי חוֹבָתָן כִּי שְׁבָרִים כְּבֵדִים תְּרוּעָה הֵן וִיבָבוֹת קַלּוּת תְּרוּעָה הֵן. וְהָיָה הַדָּבָר נִרְאֶה כַּחֲלוּקָה אע"פ שֶׁאֵינָהּ חֲלֻוקָּה. וְהֵן הַתַּנָּאִים כְּמוֹ שֶׁאָמַרְנוּ לְמַעְלָה הַלָּלוּ שׁוֹנִין שִׁיעוּר תְּרוּעָה כְּשָׁלשׁ יְבָבוֹת וְהַלָּלוּ שׁוֹנִין שִׁיעוּר תְּרוּעָה כִּשְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים. אֵלּוּ מִשֶּׁנָּתַן כְּמִנְהָגָם וְאֵלּוּ מִשֶּׁנָּתַן כְּמִנְהָגָם. וְקָאָמַר אַבַּיֵּי בְּהָא פְּלִיגִי וְלָאו פְּלֻוגְתָּא הִיא שֶׁיְּהוּ מַטְעִים אֵלּוּ אֶת אֵלּוּ. אֶלָּא מָר כִּי אַתְרֵיהּ וּמָר כִּי אַתְרֵיהּ. וַחֲכָמִים שֶׁל הַלָּלוּ מוֹדִים הֵם כִּי שְׁבָרִים תְּרוּעָה הֵם וַחֲכָמִים שֶׁל הַלָּלוּ מוֹדִים כִּי יְבָבוֹת תְּרוּעָה הֵן. וּכְשֶׁבָּא ר' אָבָהוּ רָאָה לְתַקֵּן תַּקָּנָה שֶׁיְּהוּ כָּל יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין מַעֲשֶׂה אֶחָד וְלֹא יְהֵא בֵּינֵיהֶם דָּבָר שֶׁל הֶדְיוֹטוֹת נִרְאֶה כַּחֲלוּקָה: שִׁיעוּר תְּרוּעָה כְּשִׁיעוּר שְׁלֹשָׁה יְבָבוֹת פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י שְׁלֹשָׁה קוֹלוֹת בְּעָלְמָא כָּל דְּהוּ. לְפִי זֶה צָרִיךְ לִיזָּהֵר בִּשְׁבָרִים שֶׁלֹּא יַאֲרִיךְ עַל כָּל אֶחָד בִּפְנֵי עַצְמוֹ כְּשָׁלֹשׁ יְבָבוֹת שֶׁל שָׁלֹשׁ כֹּחוֹת כָּל שֶׁהוּא דְּאִם כֵּן יָצְאוּ מִכְּלַל שְׁבָרִים וְנַעֲשׂוּ תְּקִיעָה דְּהָא שִׁיעוּר תְּקִיעָה כִּתְרוּעָה וְשִׁיעוּר תְּרוּעָה כְּשָׁלֹשׁ יְבָבוֹת. וְצָרִיךְ לְהַאֲרִיךְ בִּתְקִיעָה שֶׁל קשר"ק יוֹתֵר מִבְּשֶׁל קש"ק וּבְשֶׁל קש"ק יוֹתֵר מִבְּשֶׁל קר"ק דְּהָא שִׁיעוּר תְּקִיעָה כִּתְרוּעָה וקשר"ק אָנוּ עוֹשִׂין מִשּׁוּם דְּגָנַח וְיַלֵּיל נִמְצָא שֶׁצָּרִיךְ לְהַאֲרִיךְ בִּתְקִיעָה שֶׁל קשר"ק כְּשִׁיעוּר שְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים וּשְׁלֹשָׁה יְבָבוֹת וּבִתְקִיעָה שֶׁל קש"ק כְּשִׁיעוּר שְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים דקש"ק מִשּׁוּם סָפֵק גָּנַח עָבְדִינַן וקר"ק מִשּׁוּם יַלּוֹלֵי יְלֵיל. מִיהוּ אִם הוּא מַאֲרִיךְ בְּכָל הַתְּקִיעוֹת אֵין לָחוּשׁ דְּאֵין עֲלֵיהֶם שִׁיעוּר לְמַעְלָה וְיָכוֹל לְהַאֲרִיךְ בָּהּ כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה כְּדִתְנַן וּמָשַׁךְ בַּשְּׁנִיָּה כִּשְׁתַּיִם. וְכֵן תְּרוּעָה אע"ג דְּשִׁיעוּרָא כִּשְׁלֹשָׁה יְבָבוֹת יָכוֹל לְהַאֲרִיךְ בָּהּ כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה וּמִטַּעַם זֶה נָמֵי אֵין לָחוּשׁ אִם נַעֲשָׂה אַרְבָּעָה אוֹ חֲמִשָּׁה שְׁבָרִים שֶׁהַשְּׁבָרִים תְּרוּעָה הֵן יָכוֹל לְהַאֲרִיךְ בָּהֶן כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. וה"ר מֵאִיר וְרִיבָ"א זַ"ל הָיוּ אוֹמְרִים דְּיַבְּבָא הִיא שְׁלֹשָׁה כֹּחוֹת שֶׁל כָּל דְּהוּ וְנִמְצֵאת שִׁיעוּר תְּרוּעָה כְּתִשְׁעָה כֹּחוֹת וְכֵן תְּקִיעָה וּלְדִבְרֵיהֶם אֵין לָחוּשׁ אִם הֶאֱרִיךְ קְצָת בִּשְׁבָרִים וְצָרִיךְ לִמְשֹׁוךְ בִּתְקִיעָה שֶׁל קשר"ק כְּשִׁיעוּר שְׁלֹשָׁה שְׁבָרִים וְתֵשַׁע כֹּחוֹת וּמִי שֶׁלֹּא מָשַׁךְ בִּתְקִיעָה כַּשִּׁיעוּר הַזֶּה וּמָשַׁךְ קְצָת בִּשְׁבָרִים לֹא קִייֵּם מִצְוָה לָא כְּמַר וְלָא כְּמַר. ור"ח פִּי' כפרש"י וְכֵן הוּא אוֹמֵר בִּירוּשַׁלְמִי פֶּרֶק זֶה הֲלָכָה י אֵיזוֹהוֹ הָרָעָה בִּתְלָת דְּקִיקִין וּשְׁבָרִים וּתְרוּעָה יֵשׁ לַעֲשׂוֹת בִּנְשִׁימָה אַחַת מִשּׁוּם דִּלְמָא גְּנוּחֵי גָּנַח וְיַלּוֹלֵי יַלֵּיל וְהַכֹּל תְּרוּעָה אַחַת הֵן. ואע"פ שֶׁאֵין דֶּרֶךְ הָאָדָם לִגְנֹוחַ וְיַלֵּיל בִּנְשִׁימָה אַחַת מ"מ תְּרוּעָה הִיא גְּנוּחֵי וְיַלֵּיל בָּעֵינַן שֶׁתְּהֵא הַתְּרוּעָה כְּאַחַת בְּלֹא הֶפְסֵק. וְאִם עָשָׂה תְּקִיעָה תְּרוּעָה וּתְקִיעָה בִּנְשִׁימָה אַחַת לֹא יָצָא מִפְּנֵי שֶׁאֵין כָּאן לֹא סוֹף וְלֹא רֹאשׁ. וּמִיהוּ בִּירוּשַׁלְמִי לָא מַשְׁמַע הָכִי דְּגָרְסִי' הָתָם הֵל' י תָּנֵי עֲשָׂאוֹ בִּנְפִיחָה אַחַת יָצָא. וְהַתַּנְיָא ג' שֶׁל ג'. הָתָם שֶׁלֹּא יִפְחֹות פִּי' וְהִתְנָן ג' שֶׁל ג' וְאִם עֲשָׂאָן בִּנְפִיחָה אַחַת אֵין כָּאן ג' שֶׁל ג' וּמְשַׁנֵּי הָא דְּאָמַר ג' שֶׁל ג' הַיְינוּ שֶׁלֹּא יִפְחֹות מִן הַשִּׁיעוּר אֲבָל לְעִנְיָן שֶׁיַּפְסִיק בֵּינֵיהֶם לֹא נֶאֱמַר. וְנָהֲגוּ הָעָם לִתְקֹועַ מְיֻושָּׁב אַחַר קְרִיאַת הַתּוֹרָה קשר"ק ג' פְּעָמִים וקש"ק ג"פ וקר"ק ג"פ וּמְבָרְכִין עֲלֵיהֶן בִּרְכַּת הַתְּקִיעָה. וּמִפְּנֵי שֶׁהַצִּבּוּר צְרִיכִין לִשְׁמֹועַ תְּקִיעוֹת שֶׁל סֵדֶר בְּרָכוֹת לְפִיכָךְ חוֹזְרִין וְתוֹקְעִין עַל סֵדֶר בְּרָכוֹת קשר"ק פַּעַם אַחַת וקש"ק פַּעַם אַחַת וקר"ק פַּעַם אַחַת. וּבְדִין הוּא שֶׁיְּהוּ תּוֹקְעִין עַל סֵדֶר בְּרָכוֹת כַּסֵּדֶר שֶׁתָּקְעוּ כְּשֶׁהֵן יוֹשְׁבִין אֶלָּא כֵּיוָן שֶׁהַבְּרָכוֹת אֵינָן מְעַכְּבוֹת אֶת הַתְּקִיעוֹת הֲרֵי כְּבָר יָצְאוּ יְדֵי חוֹבָתָן בְּאוֹתָן שֶׁתָּקְעוּ יוֹשְׁבִין וְדַי לָהֶם לִתְקֹועַ קשר"ק קש"ק קר"ק עַל סֵדֶר הַבְּרָכוֹת פַּעַם אַחַת שֶׁלֹּא לְהַטְרִיחַ עַל הַצִּבּוּר וְכֵן מִנְהָג בְּכָל הָעוֹלָם וּבִשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת. וְרַבֵּינוּ תָּם זַ"ל הָיָה תָּמֵהַּ עַל מִנְהָג זֶה דקשר"ק שֶׁל מַלְכֻיוֹת וקש"ק שֶׁל זִכְרוֹנוֹת וקר"ק שֶׁל שׁוֹפָרוֹת סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה דְּאִי גָּנַח וְיַלֵּיל אִיבְּעִי לְמֶיעְבַּד כּוּלְּהוּ קשר"ק. וְאִי גָּנַח לְחוּד אִיבַּעְיָא לֵיהּ לְמֶיעְבַּד כֻּולְּהוּ. קש"ק. וְאִי יַלֵּיל לְחוּד בָּעֵי לְמֶיעְבַּד כּוּלְּהוּ קר"ק וְהִנְהִיג רַבֵּינוּ תָּם לִתְקֹועַ בְּזִכְרוֹנוֹת וּבְשׁוֹפָרוֹת קשר"ק כְּמוֹ בְּמַלְכֻיוֹת דְּהַשְׁתָּא נָפֵיק מִכָּל סְפֵיקֵי וְלֵיכָּא אֶלָּא הֶפְסֵק וּכְדֵי שֶׁלֹּא לְשַׁנּוֹת אֶת הַמִּנְהָג בְּיוֹתֵר לָא חָייְשִׁינַן לְהֶפְסֵק דְּהָא קי"ל שָׁמַע תֵּשַׁע תְּקִיעוֹת בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת בַּיּוֹם יָצָא. וְרַבֵּינוּ אבי"ה כָּתַב בְּשֵׁם רִיבָ"א דְּהָא דְּתִיקֵּן רַבִּי אָבָהוּ קשר"ק קש"ק קר"ק לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁהִפְסִיק בִּשְׁהִייָּה. אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁהִפְסִיק סֵדֶר הַתְּקִיעוֹת בְּקוֹל אַחֵר דְּבָעֵינַן פְּשׁוּטָה לְפָנֶיהָ וּפְשׁוּטָה לְאַחֲרֶיהָ בְּלֹא הֶפְסֵק קוֹל אַחֵר וְאִם שִׁינָּה בְּסֵדֶר הַתְּקִיעוֹת אַפֵּי' לֹא שָׁהָה כְּדֵי לִגְמֹור כֻּולָּהּ חוֹזֵר. וְהֵבִיא רָאַבְיָ"ה רְאָיָה מִיְּרוּשַׁלְמִי דְּפֶרֶק שֵׁנִי דִּבְרָכוֹת דְּמַיְיתֵי הָתָם הַךְ דְּר' יוֹחָנָן דְּתֵשַׁע שָׁעוֹת וּמְסַייֵּם אָמַר רַבִּי וְהוּא שֶׁשָּׁמַע עַל הַסֵּדֶר פִּי' שֶׁשָּׁהָה וְשָׁתַק וְלֹא שִׁינָּה הַסֵּדֶר וּלְדִבְרֵיהֶם הַהֶפְסֵק פּוֹסֵל. וּקְצָת לִיתֵּן טַעַם לַמִּנְהָג שֶׁלָּנוּ דְּשֶׁמָּא סְבִירָא לָן כמ"ד אַחַת מִדִּבְרֵי תוֹרָה וּשְׁתַּיִם מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים וְכֵיוָן שֶׁנַּעֲשׂוּ בִּישִׁיבָה כָּל הַסְּפֵיקוֹת שֶׁל תּוֹרָה וְשֶׁל סוֹפְרִים לֹא חָשׁוּ לַחֲזֹור לַעֲשׂוֹת בִּשְׁעַת תְּפִלָּה אֶלָּא סְפֵיקָא דְּאוֹרָיְיתָא מִפְּנֵי טֹורַח צִיבּוּר. וְצָרִיךְ לְדַקְדֵּק בִּתְקִיעָה שֶׁאָנוּ עוֹשִׂין מְיֻושָּׁב לְאַחַר שֶׁסִּייֵּם כָּל הקשרקי"ם וּמַתְחִיל בקש"ק וְכֵן לְאַחַר שֶׁסִּייֵּם כָּל הקשקי"ם וּמַתְחִיל בקר"ק לָמָּה תּוֹקְעִין שְׁתֵּי תְּקִיעוֹת זוֹ אַחַר זוֹ מִמַּה נַפְשָׁךְ פָּטוּר מִתְּקִיעָה אַחַת דְּאִי גָּנַח וְיַלֵּיל הֲרֵי יָצָא בקשר"ק וְאִי גָּנַח לְחוּד לֹא הֻוצְרַךְ לקשר"ק שֶׁתָּקַע וּתְקִיעָה אַחֲרוֹנָה שֶׁל קשר"ק תַּעֲלֶה לקש"ק וְכֵן תְּקִיעָה אַחֲרוֹנָה שֶׁל קש"ק תַּעֲלֶה לקר"ק. וְאֶפְשָׁר כֵּיוָן שֶׁעָשָׂה הַתְּקִיעָה לְשֵׁם פְּשׁוּטָה אַחֲרֵי תְּרוּעָה לֹא רָצוּ שֶׁתַּעֲלֶה לִפְשׁוּטָה שֶׁלִּפְנֵי תְּרוּעָה. ור"ת כָּתַב שֶׁיֵּשׁ לְבָרֵךְ עַל תְּקִיעַת שׁוֹפָר מִשּׁוּם דַּעֲשִׂיָּיתָהּ הִיא גְּמַר מִצְוָתָהּ. וְרָאַבְיָ"ה הֵבִיא הַיְּרוּשַׁלְמִי תּוֹקֵעַ שׁוֹפָר צָרִיךְ לְבָרֵךְ אקב"ו לִשְׁמֹועַ בְּקוֹל שׁוֹפָר וְשֶׁהֶחֱייָנוּ וְאַחַ"כּ תּוֹקְעִין. וְכֵן כָּתַב בה"ג הָא דִּמְבָרְכִים לִשְׁמֹועַ בְּקוֹל שׁוֹפָר וְלֹא מְבָרְכִים לִתְקֹועַ בְּשׁוֹפָר אוֹ עַל תְּקִיעַת שׁוֹפָר כְּמוֹ עַל מִקְרָא מְגִילָּה מִשּׁוּם דְּבִשְׁמִיעַת קוֹל שׁוֹפָר הוּא יוֹצֵא וְלֹא בִּתְקִיעַת שׁוֹפָר. כְּדִתְנַן לְעֵיל (רֹאשׁ הַשָּׁנָה דַּף כז:) הַתּוֹקֵעַ לְתוֹךְ הַבּוֹר וְכוּ' וּפְעָמִים שֶׁהַתּוֹקֵעַ וּבְעַצְמוֹ לֹא יָצָא כְּגוֹן שֶׁהָיָה עוֹמֵד עַל שְׂפַת הַבּוֹר וְהִכְנִיס פִּיו לְתוֹךְ הַבּוֹר וְתָקַע:
Folio 34 : « Puisqu'il n'était pas nécessaire que le texte dise "au septième mois", que vient enseigner l'expression "au septième mois" ? Que toutes les térou'ot (sonneries brisées/tremblées du chofar) du septième mois soient l'une comme l'autre. Et d'où sait-on qu'il faut une [tekia] pechouta (sonnerie simple, prolongée et continue) avant elle ? Le texte enseigne : "Tu feras passer [le chofar]" (wéhaavarta). Et d'où sait-on qu'il faut une pechouta après elle ? Le texte enseigne : "Vous ferez passer" (taaviru). Je n'ai [tiré cela] que pour le yovel (année du jubilé) ; pour Roch Hachana, d'où [le sait-on] ? Le texte enseigne : "au septième mois", afin que toutes les térou'ot du septième mois soient égales. Et d'où [sait-on qu'il faut] trois [séries] de trois-trois-trois [sonneries] ? Car il est écrit : "Tu feras passer le chofar de térou'a" [pour le yovel], "un repos, un souvenir de térou'a" [pour Roch Hachana au Lévitique], "ce sera pour vous un jour de térou'a" [aux Nombres]. Et d'où sait-on qu'il faut donner ce qui est dit de l'un à l'autre, et de l'autre à celui-ci [c.-à-d. transférer les détails d'un verset à l'autre] ? Le texte enseigne "septième", "septième", par guezera chava (analogie verbale fondée sur un mot commun aux deux versets). Comment cela ? Trois qui font neuf. La durée d'une tekia (sonnerie simple) est comme celle d'une térou'a ; la durée d'une térou'a est comme trois chevarim (sonnerie de trois sons entrecoupés, "brisés"). » Rabbi Abbahou institua à Césarée : tekia, trois chevarim, térou'a, et tekia. Quoi qu'il en soit [mima nafchakh] : si [le "gémissement" décrit par le verset] est un yeloulé yaleil (lamentation aiguë et haletante = térou'a), qu'il fasse tekia-térou'a-tekia ; et si c'est un guenouhé ganah (gémissement lourd et sanglotant = chevarim), qu'il fasse tekia-trois chevarim-tekia ? [Réponse :] il lui est douteux [mesapka leih] si c'est un guenouhé ganah ou un yeloulé yaleil [d'où l'institution qui combine les deux]. Rav Avira objecte : et peut-être est-ce [en réalité] un yeloulé [pure térou'a], et alors les chevarim [placés au milieu] auraient interrompu entre la tekia et la térou'a ? [Réponse :] car il refait ensuite tekia-térou'a-tekia [dans les séries suivantes]. Ravina objecte : et peut-être est-ce [en réalité] un guenouhé [pur chevarim], et alors la térou'a aurait interrompu entre les chevarim et la tekia ? [Réponse :] car il refait ensuite tekia-trois chevarim-tekia. Mais alors, qu'a donc institué Rabbi Abbahou [de nouveau, puisque les deux cas sont déjà couverts] ? Si c'est un yeloulé yaleil, voici que nous [le] faisons ; et si c'est un guenouhé, voici que nous [le] faisons ! [Réponse :] il lui est douteux que ce soit peut-être un guenouhé-puis-yaleil [les deux combinés en une seule térou'a : chevarim-térou'a d'un souffle]. Si c'est ainsi, faisons aussi l'inverse [yaleil-puis-guenouhé] ! [Réponse :] l'homme ordinaire, lorsque lui survient un malheur, gémit d'abord [ganah, sons lourds] puis se lamente [yaleil, sons aigus]. Rav Haï a écrit dans une responsa : Ne pensez pas qu'un doute soit tombé de nouveau dans cette affaire au temps de Rabbi Abbahou, car voici que des Michnayot anciennes [existaient déjà] : l'une dit "trois yevavot (sanglots brefs, sons légers)" et l'autre dit "trois chevarim", et Abayé a dit "sur ceci ils divergent". Et ainsi la chose était depuis les jours anciens : c'était une coutume pour tout Israël ; certains d'entre eux faisaient la térou'a en yevavot légères, et certains d'entre eux faisaient des yevavot lourdes, qui sont les chevarim. Les uns et les autres s'acquittent de leur obligation, car les chevarim lourds sont [une] térou'a et les yevavot légères sont [une] térou'a. Et la chose apparaissait comme une divergence [halouka] bien qu'elle ne fût pas une divergence. Et les Tannaïm, comme nous l'avons dit plus haut : ceux-ci enseignent que la durée de la térou'a est comme trois yevavot, et ceux-là enseignent que la durée de la térou'a est comme trois chevarim. Ceux-ci ont donné [la mesure] selon leur coutume, et ceux-là ont donné selon leur coutume. Et Abayé a dit "sur ceci ils divergent", mais ce n'est pas une [véritable] divergence [pleugta] où l'un réfuterait/contredirait l'autre [maté'im], mais plutôt : ce maître selon son lieu, et ce maître selon son lieu. Et les Sages de ceux-ci reconnaissent que les chevarim sont [une] térou'a, et les Sages de ceux-là reconnaissent que les yevavot sont [une] térou'a. Et lorsque Rabbi Abbahou vint, il jugea bon d'instituer une prise de position [takana] afin que tout Israël accomplisse un seul et même acte, et qu'il n'y ait pas entre eux une chose apparaissant, aux yeux du vulgaire [hediotot], comme une divergence. « La durée de la térou'a est comme la durée de trois yevavot » : Rachi a expliqué [que ce sont] trois sons quelconques, si minimes soient-ils. Selon cela, il faut prendre garde, dans les chevarim, de ne pas prolonger chacun d'eux séparément autant que trois yevavot de trois sons quelconques ; car si on le fait, ils sortent de la catégorie des chevarim et deviennent une tekia, puisque la durée de la tekia est comme [celle de] la térou'a et la durée de la térou'a est comme trois yevavot. Et il faut prolonger la tekia du [groupe] KCH"RK (tekia-chevarim-térou'a-tekia) plus que celle du KCH"K (tekia-chevarim-tekia), et celle du KCH"K plus que celle du KR"K (tekia-térou'a-tekia) ; car la durée de la tekia est comme [celle de] la térou'a, et le KCH"RK, nous le faisons parce que [le gémissement pourrait être] ganah-puis-yaleil. Il se trouve donc qu'il faut prolonger la tekia du KCH"RK autant que la durée de trois chevarim plus trois yevavot ; la tekia du KCH"K autant que la durée de trois chevarim, car le KCH"K, c'est à cause du doute que ce soit un ganah que nous le faisons ; et le KR"K, c'est à cause du [doute que ce soit un] yeloulé yaleil. Toutefois, s'il prolonge dans toutes les tekiot, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, car il n'y a pas pour elles de mesure maximale [par le haut], et il peut y prolonger autant qu'il le veut, comme nous l'avons enseigné [dans la Michna] : « et il prolongea la seconde [tekia] comme deux ». Et de même la térou'a : bien que sa mesure soit comme trois yevavot, il peut y prolonger autant qu'il le veut ; et pour cette raison aussi il n'y a pas lieu de s'inquiéter si l'on a fait quatre ou cinq chevarim, car les chevarim sont [une] térou'a [et] il peut y prolonger autant qu'il le veut. Et notre maître Rabbi Meïr et le Riva (Rabbi Its'hak ben Acher), que leur mémoire soit bénie, disaient que la yevava [est] trois sons quelconques, et il se trouve que la durée de la térou'a est comme neuf sons, et de même la tekia. Et selon leurs propos, il n'y a pas lieu de s'inquiéter si l'on a un peu prolongé les chevarim ; et il faut prolonger la tekia du KCH"RK autant que la durée de trois chevarim plus neuf sons ; et celui qui n'a pas prolongé la tekia selon cette mesure et a un peu prolongé les chevarim n'a accompli la mitsva ni selon ce maître ni selon ce maître. Et Rabbeinou Hananel a expliqué comme Rachi, et ainsi il est dit dans le Yerouchalmi (Talmud de Jérusalem), ce chapitre, halakha 10 : « Quelle est la [térou'a] mauvaise/tremblée ? Par trois [sons] fins ». Et les chevarim et la térou'a, on peut les faire d'un seul souffle, parce que peut-être est-ce un guenouhé ganah puis un yeloulé yaleil, et le tout est une seule térou'a. Et bien qu'il ne soit pas dans la manière de l'homme de gémir et de se lamenter d'un seul souffle, quoi qu'il en soit c'est [là] la térou'a ; nous exigeons [baeinan] guenouhé et yaleil, que la térou'a soit comme un [tout] sans interruption [hefsek]. Et s'il a fait tekia-térou'a-tekia d'un seul souffle, il ne s'est pas acquitté, parce qu'il n'y a là ni fin ni commencement. Toutefois, dans le Yerouchalmi il n'apparaît pas ainsi, car nous y lisons, là-bas, halakha 10 : « Il est enseigné : s'il l'a faite d'un seul souffle, il s'est acquitté ». Mais n'a-t-on pas enseigné [en baraïta] "trois de trois" [c.-à-d. trois sons distincts pour chacune] ? [Réponse :] là-bas, [cela signifie] qu'il ne doit pas [en] faire moins. Explication : et n'a-t-on pas enseigné "trois de trois" ? Or s'il les a faits d'un seul souffle, il n'y a pas là "trois de trois" ! Et [le Yerouchalmi] répond : ce qu'on a dit "trois de trois", c'est à savoir qu'il ne fasse pas moins que la mesure ; mais quant à devoir interrompre entre elles, cela n'a pas été dit. Et le peuple a pris l'usage de sonner, [étant] assis, après la lecture de la Torah : KCH"RK trois fois, KCH"K trois fois, et KR"K trois fois, et l'on récite sur elles la bénédiction de la tekia. Et parce que la communauté doit entendre les tekiot de l'ordre des bénédictions [de la 'amida], pour cette raison on retourne sonner sur l'ordre des bénédictions : KCH"RK une fois, KCH"K une fois, et KR"K une fois. Et en droit strict, on devrait sonner sur l'ordre des bénédictions dans le même ordre que celui où l'on a sonné étant assis ; mais puisque les bénédictions n'entravent pas [ne sont pas indispensables à] les tekiot, voici qu'ils se sont déjà acquittés de leur obligation par celles qu'ils ont sonnées étant assis, et il leur suffit de sonner KCH"RK, KCH"K, KR"K sur l'ordre des bénédictions une seule fois, afin de ne pas importuner la communauté ; et telle est la coutume dans le monde entier et dans les deux académies. Et Rabbeinou Tam, que sa mémoire soit bénie, s'étonnait de cette coutume : que le KCH"RK des Malkhouyot (versets de royauté), le KCH"K des Zikhronot (versets de souvenir) et le KR"K des Chofarot (versets du chofar) se contredisent l'un l'autre ; car si [le gémissement] est ganah-puis-yaleil, il aurait fallu faire toutes [les séries] en KCH"RK ; et si c'est un ganah seul, il lui aurait fallu faire toutes [les séries] en KCH"K ; et si c'est un yaleil seul, il aurait fallu faire toutes [les séries] en KR"K. Et Rabbeinou Tam a institué de sonner, aux Zikhronot et aux Chofarot, KCH"RK comme aux Malkhouyot, car ainsi l'on sort de tout doute et il n'y a plus qu'une [question d']interruption ; et afin de ne pas trop modifier la coutume, nous ne nous soucions pas de l'interruption, car nous tenons pour établi [kayla lan] : « celui qui a entendu neuf tekiot en neuf heures dans la journée s'est acquitté ». Et Rabbeinou Aviha (Rabbi Eliezer ben Yoël HaLévi, le Raavya) a écrit au nom du Riva : ce que Rabbi Abbahou a institué [de faire] KCH"RK, KCH"K, KR"K, ce n'est pas parce qu'il aurait interrompu par un temps d'attente [chehiya], mais parce qu'il aurait interrompu l'ordre des tekiot par un autre son ; car nous exigeons une pechouta avant elle et une pechouta après elle sans interruption d'un autre son ; et s'il a changé l'ordre des tekiot, même s'il n'a pas fait de pause de la durée nécessaire pour achever la totalité, il recommence. Et le Raavya a apporté une preuve du Yerouchalmi du deuxième chapitre de Berakhot, qui y rapporte cet [enseignement] de Rabbi Yo'hanan sur les neuf heures, et conclut : « Rabbi a dit : et cela [vaut] à condition qu'il ait entendu selon l'ordre » — explication : qu'il ait fait pause et se soit tu, mais qu'il n'ait pas changé l'ordre ; et selon leurs propos, l'interruption [par un autre son] rend passoul (invalide). Et [voici] quelque peu pour donner une raison à notre coutume [à nous, qui sonnons KCH"RK KCH"K KR"K aux différentes bénédictions] : car peut-être tenons-nous comme celui qui dit qu'une [tekia] est de la Torah et deux sont des paroles des Scribes (di-rabbanan) ; et puisque, [étant] assis, tous les doutes de la Torah et des Scribes ont été accomplis, ils n'ont pas eu de scrupule à revenir les refaire à l'heure de la prière, si ce n'est [pour] le doute de la Torah [seul], à cause du dérangement de la communauté [tora'h tsibbour]. Et il faut examiner minutieusement la tekia que nous faisons [étant] assis, après qu'il a achevé tous les KCH"RK et commence les KCH"K, et de même après qu'il a achevé tous les KCH"K et commence les KR"K : pourquoi sonne-t-on deux tekiot l'une après l'autre ? Car quoi qu'il en soit, on est dispensé d'une tekia [des deux] : car si [le gémissement] est ganah-puis-yaleil, voici qu'il s'est déjà acquitté par le KCH"RK ; et si c'est un ganah seul, il n'avait pas besoin du KCH"RK qu'il a sonné, et la dernière tekia du KCH"RK monterait [servirait aussi] pour le KCH"K ; et de même la dernière tekia du KCH"K monterait pour le KR"K. Et il est possible [de répondre que] puisqu'il a fait cette tekia à titre de pechouta après une térou'a, ils n'ont pas voulu qu'elle monte [serve] comme pechouta d'avant une térou'a. Et Rabbeinou Tam a écrit qu'il faut réciter la bénédiction sur la tekiat chofar (l'acte de sonner du chofar), parce que son accomplissement [par l'acte] est l'achèvement de sa mitsva. Et le Raavya a apporté le Yerouchalmi : « celui qui sonne du chofar doit bénir "[Béni...] qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné [achér kidechanou be-mitzvotav ve-tzivanou] d'entendre la voix du chofar", et Cheheheyanou, et ensuite on sonne ». Et ainsi a écrit le Behag (Baal Halakhot Guedolot) : la raison pour laquelle on bénit "d'entendre la voix du chofar", et non "de sonner du chofar" ou "sur la tekiat chofar" comme "sur la lecture de la meguila", c'est parce que c'est par l'audition de la voix du chofar qu'il s'acquitte, et non par la tekiat chofar. Comme nous l'avons enseigné plus haut (Roch Hachana folio 27b) : « Celui qui sonne dans une fosse, etc. » — et il y a des cas où celui qui sonne lui-même ne s'est pas acquitté, comme lorsqu'il se tenait au bord de la fosse et a introduit sa bouche à l'intérieur de la fosse et a sonné [de sorte qu'il n'entend que l'écho, et non la voix directe].
💡 Explication

Suite de la michna. Un chofar percé puis colmaté reste kacher tant que le colmatage n'entrave pas la sonnerie (le son n'est pas altéré). Sonner dans un espace clos (fosse, citerne, jarre) : ce qui compte est d'entendre le son du chofar lui-même (kol chofar) et non un simple écho (kol havara).

2
וְכֵן מִי שֶׁהָיָה עוֹבֵר אֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת, אוֹ שֶׁהָיָה בֵּיתוֹ סָמוּךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת, וְשָׁמַע קוֹל שׁוֹפָר אוֹ קוֹל מְגִילָּה, אִם כִּווֵּן לִבּוֹ — יָצָא, וְאִם לָאו — לֹא יָצָא. אַף עַל פִּי שֶׁזֶּה שָׁמַע וְזֶה שָׁמַע, זֶה כִּוֵּון לִבּוֹ, וְזֶה לֹא כִּוֵּון לִבּוֹ.

De même, celui qui passait derrière une synagogue, ou dont la maison était proche de la synagogue, et qui a entendu le son du chofar ou le son de la meguila : s'il a dirigé son cœur (kivèn libo) [= eu l'intention de s'acquitter] — il s'est acquitté ; sinon — il ne s'est pas acquitté. Bien que celui-ci ait entendu et que celui-là ait entendu, celui-ci a dirigé son cœur et celui-là n'a pas dirigé son cœur.

🗂️ Tossefot (1)
וְשָׁמַע קוֹל שׁוֹפָר אוֹ קוֹל מְגִילָּה אִם כִּווֵּן לִבּוֹ יָצָא. הָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צב: וְשָׁם) צִיבּוּר בַּקְּטַנָּה וּשְׁלִיחַ צִיבּוּר בַּגְּדוֹלָה אֵין יוֹצְאִין יְדֵי חוֹבָתָן שָׁאנֵי הָתָם דְּלֵיכָּא עֲשָׂרָה עִם שְׁלִיחַ צִיבּוּר וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּשִׁילְהֵי כֵּיצַד צוֹלִין (פְּסָחִים פה: וְשָׁם) מִן הָאֲגַף וּלְחוּץ כְּלַחוּץ וְאָמַר רַב וְכֵן לִתְפִלָּה וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר אֲפִילּוּ מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל אֵינָהּ מַפְסֶקֶת בֵּין יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם קָשֶׁה בְּמַאי קָא מַיְירֵי אִי לְעִנְיַן צֵרוּף כְּגוֹן צִבּוּר וּשְׁלִיחַ צִבּוּר אוֹ ט' וְיָחִיד אִם כֵּן הָוְיָא סֻוגְיָא דְּכָל גַּגּוֹת דְּלָא כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי וּכְוָותֵיהּ קַייְמָא לַן דְּהָא הָנֵי נָשֵׁי קָיְימִי לְחוּדַייְהוּ כִּדְמוֹכַח בְּסוֹטָה בְּפֶ' וְאֵלּוּ נֶאֱמָרִין (סוֹטָה דַּף לח: וְשָׁם) דְּמַיְיתִי מִינָּהּ רְאָייָה לְבִרְכַּת כֹּהֲנִים דְּאֵין מְחִיצָּה מַפְסֶקֶת וְאִי לְעִנְיַן לָצֵאת אַייְרֵי אִם כֵּן קַשְׁיָא מַתְנִיתִין לְרַב וְיֵשׁ לוֹמַר דְּאַיְירֵי לְעִנְיַן לַעֲנוֹת עִם הַצִּבּוּר קְדֻושָּׁה וִיהֵא שְׁמֵיהּ רַבָּא מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן (בְּרָכוֹת דַּף כא:) כָּל דָּבָר שֶׁבִּקְדֻושָּׁה לֹא יְהֵא פָּחוֹת מִי' אֲבָל בִּתְקִיעָה וּמְגִילָּה מוֹדוֹ:
'Et il a entendu le son du chofar ou le son de la meguila : s'il a dirigé son cœur, il s'est acquitté.' Ce qu'on dit au chapitre 'Kol gagot' (Erouvin 92b) — [si] le public est dans la [salle] petite et l'officiant (cheliah tsibbour) dans la grande, ils ne s'acquittent pas de leur obligation — là, c'est différent, parce qu'il n'y a pas dix [personnes] avec l'officiant. Et ce qu'on dit à la fin de 'Keitsad tsolin' (Pessahim 85b) : 'depuis le seuil (agaf) vers l'extérieur, c'est comme l'extérieur', et Rav dit 'de même pour la prière', tandis que R. Yehochoua ben Levi dit 'même une cloison de fer ne sépare pas entre Israël et leur Père qui est aux cieux' — [c'est] difficile : de quoi s'agit-il ? Si c'est à propos du regroupement [de quorum], comme public et officiant, ou neuf et un [dixième], alors la sougya de 'Kol gagot' ne serait pas selon R. Yehochoua ben Levi, alors que c'est selon lui que nous tranchons : car ces femmes se tiennent à part, comme le prouve Sota (38b) qui en tire une preuve pour la bénédiction des kohanim, [à savoir] qu'une cloison ne sépare pas. Et si cela concerne le fait de s'acquitter, alors la michna est difficile selon Rav. On peut dire qu'il s'agit de répondre avec le public la kedoucha et le 'que Son grand Nom [soit béni]', parce qu'on dit (Berakhot 21b) que rien de ce qui relève de la sainteté ne se dit à moins de dix ; mais pour la sonnerie [du chofar] et la meguila, ils [Rav et R. Yehochoua ben Levi] concèdent [qu'une cloison ne sépare pas].
💡 Explication

La michna enseigne que les mitsvot [comme entendre le chofar ou lire la meguila] requièrent l'intention (kavana) : deux personnes entendent le même son, mais seule celle qui a eu l'intention de s'acquitter (kivèn libo) s'acquitte. L'audition seule ne suffit pas.

3
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אָרֹוךְ וּקְצָרוֹ — כָּשֵׁר. גֵּרְדוֹ וְהֶעֱמִידוֹ עַל גִּלְדּוֹ — כָּשֵׁר. צִיפָּהוּ זָהָב בִּמְקוֹם הַנָּחַת פֶּה — פָּסוּל. שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם הַנָּחַת פֶּה — כָּשֵׁר. צִיפָּהוּ זָהָב מִבִּפְנִים — פָּסוּל. מִבַּחוּץ, אִם נִשְׁתַּנָּה קוֹלוֹ מִכְּמוֹת שֶׁהָיָה — פָּסוּל, וְאִם לָאו — כָּשֵׁר.

GUEMARA. Les Sages ont enseigné : [un chofar] long qu'on a raccourci — kacher.

On l'a gratté et ramené à sa [fine] peau (gueled) — kacher. On l'a plaqué d'or à l'endroit où l'on pose la bouche (mekom hanahat pe) — passoul ; ailleurs qu'à l'endroit où l'on pose la bouche — kacher.

On l'a plaqué d'or à l'intérieur — passoul ; à l'extérieur : si son son a changé de ce qu'il était — passoul ; sinon — kacher.

📜 Rachi (2)
גְּמ' הֶעֱמִידוּ עַל גִּלְדּוֹ גֶּלֶד דַּק:
Guemara. On l'a ramené à sa peau (gueled) — [le] gueled est [la] mince [peau].
מִבִּפְנִים פָּסוּל שֶׁהַתְּקִיעָה בְּזָהָב:
À l'intérieur, passoul — car la sonnerie [se fait alors] dans l'or.
🗂️ Tossefot (3)
אָרֹוךְ וּקְצָרוֹ כָּשֵׁר. אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּלָא תֵּימָא דְּפָסוּל מִשּׁוּם דִּכְתִיב וְהַעֲבַרְתָּ:
'Long qu'on a raccourci, kacher.' Il fallait nous l'apprendre, pour qu'on ne dise pas qu'il est passoul à cause de ce qui est écrit 'veha'avarta' (tu feras passer).
צִפָּהוּ זָהָב בִּמְקוֹם הַנָּחַת הַפֶּה. הָיָה נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּעֹובִי הַשּׁוֹפָר בְּמָקוֹם שֶׁמַּנִּיחַ פִּיו קָרֵי מְקוֹם הַנָּחַת הַפֶּה וְשֶׁלֹּא בִּמְקוֹם הַנָּחַת פֶּה הַיְינוּ מִבַּחוּץ אֲבָל א"כ הַייְנוּ צִפָּהוּ זָהָב מִבַּחוּץ וְאִם נְפָרֵשׁ דִּשְׁלָא בִּמְקוֹם הַנָּחַת הַפֶּה הַייְנוּ רֹאשׁוֹ הָאֶחָד לַצַּד הָרָחָב הָא אָמְרִינַן בְּסָמוּךְ הוֹסִיף עָלָיו כָּל שֶׁהוּא בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ פָּסוּל וְהָיִינוּ יְכוֹלִין לְפָרֵשׁ דְּהָתָם בְּשֶׁאֵין בֵּין הַכֹּל אֶלָּא שִׁיעוּר שׁוֹפָר וְדֹוחַק:
'On l'a plaqué d'or à l'endroit où l'on pose la bouche.' On aurait pu expliquer que l'épaisseur du chofar à l'endroit où il pose la bouche s'appelle 'l'endroit où l'on pose la bouche', et que 'ailleurs qu'à l'endroit où l'on pose la bouche' désigne l'extérieur ; mais alors ce serait la même chose que 'on l'a plaqué d'or à l'extérieur'. Et si l'on explique que 'ailleurs qu'à l'endroit où l'on pose la bouche' désigne son autre extrémité, du côté large, [c'est difficile car] on dit plus loin 'on y a ajouté quoi que ce soit, que ce soit dans son espèce ou hors de son espèce, passoul' ; on pourrait [alors] expliquer que là-bas il s'agit du cas où l'ensemble n'a que la mesure [minimale] d'un chofar — mais c'est forcé (dohak).
צִפָּהוּ מִבִּפְנִים פָּסוּל. לְפִי שֶׁאֵין קוֹל שׁוֹפָר אֶלָּא קוֹל זָהָב וְכֵן מִבַּחוּץ כֵּיוָן דְּנִשְׁתַּנָּה קוֹלוֹ:
'On l'a plaqué à l'intérieur, passoul' — parce que le son du chofar n'est que son d'or ; et de même à l'extérieur, dès lors que son son a changé.
💡 Explication

La braita ouvre la Guemara. Un chofar raccourci ou gratté jusqu'à la fine peau (gueled) reste valide. Le placage d'or l'invalide s'il est à l'appui de la bouche (car on souffle alors dans l'or) ou à l'intérieur ; à l'extérieur, tout dépend si le son a changé ou non. Principe récurrent : rien ne doit s'interposer entre le souffle et la corne.

4
נִיקַּב וּסְתָמוֹ, אִם מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה — פָּסוּל, וְאִם לָאו — כָּשֵׁר. נָתַן שׁוֹפָר בְּתוֹךְ שׁוֹפָר, אִם קוֹל פְּנִימִי שָׁמַע — יָצָא, וְאִם קוֹל חִיצוֹן שָׁמַע — לֹא יָצָא.

[Si] on l'a percé et colmaté : s'il entrave la sonnerie — passoul ; sinon — kacher. On a mis un chofar dans un [autre] chofar : s'il a entendu le son de l'intérieur (kol penimi) — il s'est acquitté ; et s'il a entendu le son de l'extérieur (kol hitson) — il ne s'est pas acquitté.

📜 Rachi (1)
אִם קוֹל חִיצוֹן שָׁמַע לֹא יָצָא דְּאִיכָּא מְחִיצּוֹת הַפְּנִימִי מַפְסֶקֶת הַתְּקִיעָה:
S'il a entendu le son de l'extérieur, il ne s'est pas acquitté — car il y a des parois : l'[chofar] intérieur interrompt la sonnerie.
🗂️ Tossefot (1)
אִם קוֹל חִיצוֹן שָׁמַע לֹא יָצָא. שֶׁהַקּוֹל יוֹצֵא בַּאֲוִיר שֶׁבֵּין חִיצוֹן לַפְּנִימִי וְהַיְינוּ ב' אוֹ ג' שׁוֹפָרוֹת:
'S'il a entendu le son de l'extérieur, il ne s'est pas acquitté.' Car le son sort dans l'air [compris] entre l'extérieur et l'intérieur, et ce sont [alors] deux ou trois chofars.
💡 Explication

Même règle que la michna pour le percé-colmaté. Cas nouveau : un chofar emboîté dans un autre. S'il entend le son du chofar intérieur (celui contre lequel sa bouche est posée), il s'acquitte, car c'est bien un chofar unique ; mais s'il entend le son du chofar extérieur, non, car le son passe alors par l'espace d'air entre les deux et provient de deux chofars.

5
תָּנוּ רַבָּנַן: גֵּרְדוֹ, בֵּין מִבִּפְנִים בֵּין מִבַּחוּץ — כָּשֵׁר. גֵּרְדוֹ וְהֶעֱמִידוֹ עַל גִּלְדּוֹ — כָּשֵׁר. הִנִּיחַ שׁוֹפָר בְּתוֹךְ שׁוֹפָר, אִם קוֹל פְּנִימִי שָׁמַע — יָצָא, וְאִם קוֹל חִיצוֹן שָׁמַע — לֹא יָצָא. הֲפָכוֹ וְתָקַע בּוֹ — לֹא יָצָא.

Les Sages ont enseigné : on l'a gratté, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur — kacher. On l'a gratté et ramené à sa [fine] peau — kacher.

On a placé un chofar dans un [autre] chofar : s'il a entendu le son de l'intérieur — il s'est acquitté ; et s'il a entendu le son de l'extérieur — il ne s'est pas acquitté. On l'a retourné (hafkho) et l'on a sonné avec — il ne s'est pas acquitté.

💡 Explication

Autre braita, largement paralle à la première. Nouveauté à la fin : celui qui retourne le chofar (hafkho) et sonne — ne s'acquitte pas. Le sens exact de 'retourner' sera précisé par Rav Papa au segment suivant.

6
אָמַר רַב פָּפָּא: לָא תֵּימָא דְּהַפְכֵיהּ כְּכִתּוּנָא, אֶלָּא שֶׁהִרְחִיב אֶת הַקָּצָר וְקִיצֵּר אֶת הָרָחָב. מַאי טַעְמָא — כִּדְרַב מַתָּנָה. דְּאָמַר רַב מַתָּנָה: ״וְהַעֲבַרְתָּ״ — דֶּרֶךְ הַעֲבָרָתוֹ בָּעֵינַן.

Rav Papa a dit : ne dis pas qu'il l'a retourné comme une tunique (ke-koutna) [= retourné l'intérieur à l'extérieur], mais [qu']il a élargi l'[extrémité] étroite et rétréci l'[extrémité] large. Quelle en est la raison ?

Selon [l'enseignement de] Rav Mattana. Car Rav Mattana a dit : 'veha'avarta' (tu feras passer) — nous exigeons [qu'il soit sonné] dans le sens de son passage (derekh haavarato).

📜 Rachi (3)
כְּכִתּוּנָא כַּהֲפִיכַת חָלוּק לַעֲשׂוֹת פְּנִימִי חִיצוֹן:
Comme une tunique — comme le retournement d'un vêtement pour mettre l'intérieur à l'extérieur.
שֶׁקִּיצֵּר אֶת הָרָחָב בְּרוֹתְחִין:
Qu'il a rétréci le large — [par] l'eau bouillante.
וְהַעֲבַרְתָּ דֶּרֶךְ הַעֲבָרָתוֹ כְּדֶרֶךְ שֶׁהָאַיִל מַעֲבִירוֹ בְּרֹאשׁוֹ בַּבְּהֵמָה מֵחַיִּים:
Veha'avarta — dans le sens de son passage, de la manière dont le bélier le portait sur sa tête, sur l'animal, de son vivant.
💡 Explication

Rav Papa précise 'retourner' (hafkho) : il ne s'agit pas de retourner la corne comme on retourne une tunique (l'intérieur dehors), mais d'inverser les extrémités — élargir le bout étroit et rétrécir le bout large (par la chaleur/eau bouillante). Pourquoi cela invalide-t-il ? Rav Mattana dérive du verset 'veha'avarta' (Lev 25:9, 'tu feras passer [le chofar]') que le chofar doit être sonné dans le sens où il était porte sur la tête de l'animal vivant. Inverser ce sens le rend passoul.

7
דִּיבֵּק שִׁבְרֵי שׁוֹפָרוֹת — פָּסוּל. תָּנוּ רַבָּנַן: הוֹסִיף עָלָיו כָּל שֶׁהוּא, בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ — פָּסוּל. נִיקַּב וּסְתָמוֹ, בֵּין בְּמִינוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ — פָּסוּל. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: בְּמִינוֹ — כָּשֵׁר, שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ — פָּסוּל.

[Si] on a collé des tessons de chofars — passoul. Les Sages ont enseigné : on y a ajouté quoi que ce soit, que ce soit dans son espèce (be-mino) ou hors de son espèce (chelo be-mino) — passoul.

On l'a percé et colmaté, que ce soit dans son espèce ou hors de son espèce — passoul. Rabbi Nathan dit : dans son espèce — kacher ; hors de son espèce — passoul.

📜 Rachi (1)
דִּיבֵּק שִׁבְרֵי שׁוֹפָרוֹת כו': בְּמִינוֹ כָּשֵׁר אִם אֵינוֹ מְעַכֵּב אֶת הַתְּקִיעָה:
On a collé des tessons de chofars, etc. ... dans son espèce, kacher — s'il n'entrave pas la sonnerie.
💡 Explication

Un chofar recomposé de tessons collés est passoul (ce n'est plus 'un [seul] chofar'). Braita sur l'ajout de matière et le colmatage : selon les Rabbanan, tout ajout ou colmatage — même dans son espèce (avec de la corne) — l'invalide. Rabbi Nathan distingue : colmaté dans son espèce (corne sur corne), kacher ; hors de son espèce (autre matière), passoul.

8
בְּמִינוֹ כָּשֵׁר — אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהוּא שֶׁנִּשְׁתַּיֵּיר רֻובּוֹ. מִכְּלָל דִּשְׁלָא בְּמִינוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁנִּשְׁתַּיֵּיר רֻובּוֹ — פָּסוּל.

'Dans son espèce, kacher' — Rabbi Yo'hanan a dit : à condition qu'il en reste la majeure partie (chenichtayer roubo). De là [on déduit] par implication que, hors de son espèce, même s'il en reste la majeure partie — passoul.

💡 Explication

Première version. R. Yo'hanan pose la condition du 'dans son espèce kacher' : il faut que la majeure partie du chofar d'origine subsiste (le rajout de corne n'étant qu'une petite pièce). Par implication : hors de son espèce, c'est passoul même si la majeure partie subsiste.

9
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַסֵּיפָא: שֶׁלֹּא בְּמִינוֹ — פָּסוּל, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהוּא שֶׁנִּפְחַת רֻובּוֹ. מִכְּלָל דִּבְמִינוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁנִּפְחַת רֻובּוֹ — כָּשֵׁר.

Certains rapportent cela sur la fin [de la braita] : 'hors de son espèce, passoul' — Rabbi Yo'hanan a dit : à condition que la majeure partie [du chofar] ait été entamée (chenifhat roubo). De là [on déduit] par implication que, dans son espèce, même si la majeure partie a été entamée — kacher.

💡 Explication

Seconde version, rattachée à la fin de la braita. R. Yo'hanan restreint le 'hors de son espèce passoul' : ce n'est passoul que si la majeure partie du chofar manquait (le rajout étranger constituant alors la majorité). Par implication : dans son espèce, c'est kacher même si la majeure partie manquait. Cette version est plus indulgente pour 'dans son espèce'.

10
צִיפָּהוּ זָהָב, מִבִּפְנִים — פָּסוּל. מִבַּחוּץ, אִם נִשְׁתַּנָּה קוֹלוֹ מִכְּמוֹת שֶׁהָיָה — פָּסוּל, וְאִם לָאו — כָּשֵׁר. נִסְדַּק לְאָורְכוֹ — פָּסוּל. לְרָוחְבּוֹ, אִם נִשְׁתַּיֵּיר בּוֹ שִׁיעוּר תְּקִיעָה — כָּשֵׁר, וְאִם לָאו — פָּסוּל.

[Si] on l'a plaqué d'or : à l'intérieur — passoul ; à l'extérieur : si son son a changé de ce qu'il était — passoul, sinon — kacher. [S']il s'est fendu en longueur (le-orko) — passoul.

En largeur (le-rohbo) : s'il en reste la mesure d'une sonnerie (chiour tekia) — kacher ; sinon — passoul.

📜 Rachi (2)
נִסְדַּק כֻּולּוֹ וְכֵן נִסְדַּק לְרָחְבּוֹ כָּל רָחְבּוֹ לְהַקִּיפוֹ:
Fendu — entièrement ; de même 'fendu en largeur' [signifie] sur toute sa largeur, [c'est-à-dire] sur tout son pourtour.
אִם נִשְׁתַּיֵּיר בּוֹ מִן מְקוֹם הַסֶּדֶק עַד מְקוֹם הַנָּחַת פֶּה שִׁיעוּר תְּקִיעָה כָּשֵׁר חֲשִׁיב לֵיהּ כְּמַאן דְּאִשְׁתְּקִיל כּוּלֵּיהּ וַהֲוָה לֵיהּ אָרֹוךְ וּקְצָרוֹ:
S'il en reste — depuis l'endroit de la fente jusqu'à l'endroit où l'on pose la bouche, la mesure d'une sonnerie — kacher : on le considère comme si tout [le reste] avait été retiré, et c'est [le cas d'] un [chofar] long qu'on a raccourci.
🗂️ Tossefot (1)
נִסְדַּק לְאָרְכוּ פָּסוּל. לָא תָּנֵי הָכָא אִם נִשְׁתַּיֵּיר בּוֹ שִׁיעוּר תְּקִיעָה כָּשֵׁר כִּדְקָתָנֵי גַּבֵּי נִסְדַּק לְרָחְבּוֹ מִשּׁוּם דִּלְאָרְכוּ לָא מִיפְסָל אא"כ נִסְדַּק עַל פְּנֵי אָרְכוּ מֵרֹאשׁוֹ וְעַד סוֹפוֹ:
'Fendu en longueur, passoul.' On n'enseigne pas ici 's'il en reste la mesure d'une sonnerie, kacher', comme on l'enseigne à propos du fendu en largeur, parce que, en longueur, il n'est passoul que s'il s'est fendu sur toute sa longueur, de son [une] extrémité jusqu'à l'autre.
💡 Explication

Reprise du placage d'or, puis les fentes. Fendu en longueur (sur toute sa longueur) : passoul, car il est comme brisé. Fendu en largeur : tout dépend s'il reste, du côté de l'embouchure, la mesure minimale d'une sonnerie (chiour tekia) ; si oui, on considère le reste comme un chofar 'long qu'on a raccourci', donc kacher.

11
וְכַמָּה שִׁיעוּר תְּקִיעָה? פֵּירֵשׁ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: כְּדֵי שֶׁיֹּאחֲזֶנּוּ בְּיָדוֹ וְיֵרָאֶה לְכָאן וּלְכָאן. הָיָה קוֹלוֹ דַּק אוֹ עָבֶה אוֹ צָרוּר — כָּשֵׁר, שֶׁכָּל הַקּוֹלוֹת כְּשֵׁירִין [בְּשׁוֹפָר].

Et quelle est la mesure d'une sonnerie (chiour tekia) ? Rabban Chimon ben Gamliel a expliqué : de quoi le tenir dans sa main et [qu']il dépasse de-ci de-là (de part et d'autre de la main).

[Si] son son était fin (dak), ou épais (avé), ou rauque (tsarour) — kacher, car tous les sons sont valides [dans un chofar].

📜 Rachi (1)
צְרוֹר לְשׁוֹן יָבֵשׁ רו"ייש בְּלַעַ"ז:
Tsarour — au sens de sec ; ro'yich en [ancien] français.
💡 Explication

Rabban Chimon ben Gamliel définit la mesure minimale : le chofar doit dépasser de la main qui le tient, des deux côtés. Enfin, un principe déjà invoqué par Tossafot : tous les sons sont valides — que le son soit fin (dak, aigu), épais (avé, grave) ou rauque/sec (tsarour) —, car la Torah n'exige pas de timbre particulier.

12
שְׁלַחוּ לֵיהּ לַאֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל: קְדָחוֹ וְתָקַע בּוֹ — יָצָא. פְּשִׁיטָא, כֻּולְּהוּ נָמֵי מִיקְדָּח קָדְחוּ לְהוּ?

On envoya [dire] au père de Chmouel : [si] on l'a percé/foré (kadho) et sonné avec — il s'est acquitté. [La Guemara demande :] c'est évident !

Tous [les chofars] aussi, ne les fore-t-on pas ?

📜 Rachi (1)
קְדָחוֹ נִקְּבוּ וקס"ד נֶקֶב הַנָּחַת פֶּה קָאָמַר:
Kadho — il l'a percé ; et l'on imagine [d'abord] qu'il parle d'un trou à l'endroit où l'on pose la bouche.
💡 Explication

Une décision envoyée d'Eretz Israël au père de Chmouel : [un chofar] qu'on a percé/foré (kadho) est valide. La Guemara s'étonne : cela va de soi, puisque tout chofar est nécessairement foré (on retire l'os qui remplit la corne et la relie à la tête de l'animal). Que nous apprend donc cette décision ? On croit d'abord qu'il s'agit d'un trou à l'appui de la bouche.

13
אָמַר רַב אַשִּׁי: שֶׁקְּדָחוֹ בְּזַכְרוּתוֹ. מַהוּ דְתֵימָא: מִין בְּמִינוֹ — חוֹצֵץ, קָא מַשְׁמָע לַן.

Rav Achi a dit : [il s'agit du cas] où il l'a foré dans sa 'masculinité' (zahrouto) [= l'os interne]. On aurait pu penser (mahou de-teima) : [même] une espèce dans son espèce (min be-mino) fait interposition (hotsets) ; [la décision] nous enseigne [qu'il n'en est rien].

📜 Rachi (1)
שֶׁקְּדָחוֹ בְּזַכְרוּתוֹ כְּשֶׁהוּא מְחֻובָּר בַּבְּהֵמָה עֶצֶם בּוֹלֵט מִן הָרֹאשׁ וְנִכְנַס לְתוֹכוֹ וּמוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִתּוֹכוֹ וְזֶה לֹא הוֹצִיאוֹ אֶלָּא נָקַב אֶת הַזַּכְרוּת:
Où il l'a foré dans sa masculinité (zahrouto) — quand [la corne] est attachée à l'animal, un os fait saillie depuis la tête et pénètre à l'intérieur ; on l'extrait de l'intérieur, mais celui-ci ne l'a pas extrait : il a [seulement] percé la 'masculinité'.
💡 Explication

Rav Achi résout : la décision vise le cas où l'on a foré l'os interne (zahrout, la 'masculinité' de la corne, l'os saillant qui la relie à la tête) au lieu de le retirer entièrement, laissant l'os en place mais percé. On aurait pu croire qu'une matière de même espèce fait interposition (hotsets) — le son sortant de l'os et non de la corne. La décision enseigne que l'os et la corne étant de même espèce, il n'y a pas d'interposition : le chofar est kacher.

14
הַתּוֹקֵעַ לְתוֹךְ הַבּוֹר אוֹ לְתוֹךְ הַדּוּת כּוּ׳. אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְאוֹתָן הָעוֹמְדִים עַל שְׂפַת הַבּוֹר, אֲבָל אוֹתָן הָעוֹמְדִין בַּבּוֹר — יָצְאוּ.

'Celui qui sonne dans une fosse ou dans une citerne, etc.' Rav Houna a dit : on n'a enseigné [qu'il ne s'acquitte pas] que pour ceux qui se tiennent au bord de la fosse (sefat ha-bor) ; mais ceux qui se tiennent dans la fosse — se sont acquittés.

📜 Rachi (1)
אוֹתָן הָעוֹמְדִין בַּבּוֹר יָצְאוּ שֶׁהֵן קוֹל הַשּׁוֹפָר לְעוֹלָם שָׁמְעוּ:
Ceux qui se tiennent dans la fosse se sont acquittés — car c'est le son du chofar qu'ils ont toujours entendu.
💡 Explication

Sur la michna (sonner dans une fosse). Rav Houna distingue : la michna 'ne s'acquitte pas' vise seulement ceux qui se tiennent au bord de la fosse (à l'extérieur), car ils n'entendent que l'écho. Mais ceux qui sont dans la fosse avec le sonneur s'acquittent, car ils entendent d'abord le vrai son du chofar.

15
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַתּוֹקֵעַ לְתוֹךְ הַבּוֹר אוֹ לְתוֹךְ הַדּוּת — יָצָא. וְהִתְנָן: לֹא יָצָא! אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ כִּדְרַב הוּנָא, שְׁמַע מִינָּה.

Cela aussi a été enseigné [dans une braita] : celui qui sonne dans une fosse ou dans une citerne — il s'est acquitté. Mais n'avons-nous pas appris [dans la michna] : il ne s'est pas acquitté !

N'est-ce pas, alors, qu'il faut en déduire [que la réconciliation se fait] comme [l'a dit] Rav Houna ? Déduis-le.

💡 Explication

Confirmation. Une braita enseigne 's'est acquitté', la michna 'ne s'est pas acquitté'. La contradiction se résout selon Rav Houna : la braita parle de ceux qui sont dans la fosse (s'acquittent), la michna de ceux qui sont au bord (ne s'acquittent pas).

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אִיכָּא דְּרָמֵי לְהוּ מִירְמָא. תְּנַן: הַתּוֹקֵעַ לְתוֹךְ הַבּוֹר אוֹ לְתוֹךְ הַדּוּת — לֹא יָצָא. וְהַתַּנְיָא: יָצָא! אָמַר רַב הוּנָא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן — לְאוֹתָן הָעוֹמְדִין עַל שְׂפַת הַבּוֹר, כָּאן — לְאוֹתָן הָעוֹמְדִין בַּבּוֹר.

Certains posent cela comme une contradiction [directe]. Nous avons appris [dans la michna] : celui qui sonne dans une fosse ou dans une citerne — il ne s'est pas acquitté.

Mais n'a-t-on pas enseigné [dans une braita] : il s'est acquitté ! Rav Houna a dit : ce n'est pas une difficulté : ici [la michna] — pour ceux qui se tiennent au bord de la fosse ; là [la braita] — pour ceux qui se tiennent dans la fosse.

📜 Rachi (1)
אִיכָּא דְּרָמֵי לְהוּ מִירְמָא יֵשׁ תַּלְמִידִים שֶׁאֵין שׁוֹנִין לְהָא דְּרַב הוּנָא בְּעִנְיָן לֹא שָׁנוּ לְפָרוֹשֵׁי מַתְנִיתִין אֶלָּא רָמוּ מִירְמָא מַתְנִיתִין וּבָרַיְיתָא אַהֲדָדֵי וַעֲלָהּ קָאֵי רַב הוּנָא וּמְשַׁנֵּי:
Certains posent cela comme une contradiction — il y a des élèves qui n'enseignent pas ce propos de Rav Houna sous la forme 'on n'a enseigné que...' pour expliquer la michna, mais opposent la michna et la braita l'une à l'autre comme une contradiction, et c'est sur cela que porte Rav Houna, qui [la] résout.
💡 Explication

Même matériau, présenté autrement : certains élèves n'énoncent pas Rav Houna comme un simple commentaire de la michna, mais opposent directement michna et braita comme une contradiction (rmi mirma), et c'est cette contradiction que Rav Houna vient résoudre par la même distinction (bord / fond de la fosse).

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אָמַר רַבָּה:

Rabba a dit :

💡 Explication

Début d'un nouvel enseignement de Rabba, dont la suite figure au daf 28a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).