Rosh Hashanah 28b — les mitzvot exigent-elles la kavana ? Chofar entendu par hasard, bal tossif dans et hors de son temps

Rosh Hashanah 28b

Sougya : Ce daf poursuit le débat sur la kavana (intention) dans l'accomplissement des mitsvot. Rava soutient que 'les mitsvot n'exigent pas d'intention' (mitsvot einan tzerikhot kavana) : celui qui entend le chofar ou lit le Chema sans viser la mitsva s'acquitte néanmoins.

La Guemara oppose plusieurs michnayot et baraïtot (celui qui lit pour corriger, celui qui passe derrière la synagogue, le sonneur et l'auditeur) puis les résout. Abaye objecte que, selon Rava, dormir dans la souka a Chemini Atseret devrait valoir des coups pour bal tossif ; Rava distingue alors 'dans son temps' (bi-zmano) et 'hors de son temps' (chelo bi-zmano).

Le long développement sur la bénédiction des cohanim et l'aspersion des sangs mélangés (mahloket R. Eliezer / R.

Yehochoua) sert à établir quand une mitsva reste 'dans son temps' toute la journée. Conclusion de Rava : s'acquitter n'exige pas la kavana ; transgresser bal tossif dans son temps non plus, mais hors de son temps oui.

Les mitsvot exigent-elles l'intention (kavana) ? S'ACQUITTER (latzet) TRANSGRESSER bal tossif Rava : PAS besoin de kavana (l'acte accompli suffit) Dans son temps (bi-zmano) : PAS besoin de kavana Ex : entend le chofar sans viser la mitsva -> acquitte Hors de son temps (chelo bi-zmano) : EXIGE la kavana pour transgresser Conclusion de Rava (seg. 22-23) : latzet lo baei kavana ; laavor bi-zmano lo baei, chelo bi-zmano baei Application (Abaye) : dormir dans la souka le 8e jour (Chemini Atseret) n'est PAS bal tossif, car c'est hors du temps de la mitsva et il n'a pas l'intention d'accomplir la mitsva de souka.
La position de Rava : kavana pour s'acquitter vs pour transgresser bal tossif (synthèse des seg. 0, 7-8, 22-23).
Sangs mélangés : matan arba (4 aspersions) et matan ahat (1 aspersion) 4 dans 4 / 1 dans 1 même régime -> on applique le nombre commun (pas de litige) 4 mélangé avec 1 conflit : ajouter (tossif) ? ou retrancher (tigra) ? R. Eliezer : 4 aspersions craint 'bal tigra' (ne pas retrancher) bal tossif ne vaut pas dans un mélange -> verse pour le sang de l'holocauste R. Yehochoua : 1 aspersion bal tigra sans acte (passif) est mieux que bal tossif par un acte de la main -> mieux vaut ne pas agir
La mahloket R. Eliezer / R. Yehochoua sur les sangs mélangés 4-dans-1 (seg. 13-17).
Quand la mitsva reste-t-elle 'dans son temps' toute la journée ? Bénédiction des cohanim s'il croise une autre assemblée il peut ré-bénir -> tout le jour = son temps Aspersion du sang s'il croise un autre premier-né il DOIT asperger -> tout le jour = son temps Nuance (Rav Chemen bar Abba) : le cohen PEUT s'abstenir (rechout), l'aspersion du sang, non (il n'a pas le choix) — d'où la preuve tirée du sang
Pourquoi la bénédiction des cohanim et l'aspersion restent 'dans leur temps' toute la journée (seg. 12, 18-21).
1
אֲבָל הָכָא, ״זִכְרוֹן תְּרוּעָה״ כְּתִיב, וְהַאי מִתְעַסֵּק בְּעָלְמָא הוּא — קָא מַשְׁמָע לַן. אַלְמָא קָסָבַר רָבָא: מִצְוֹת אֵין צְרִיכוֹת כַּוָּונָה.

Mais ici, [pour le chofar,] il est écrit 'un souvenir de teroua' (Lev 23:24), et celui-ci [qui a sonné sans intention] n'est qu'un mitassek (agit par inadvertance, sans aucune intention) — [l'Écriture] nous enseigne [qu'il s'acquitte quand même]. Il en ressort que Rava tient : les mitsvot n'exigent pas d'intention (mitsvot einan tzerikhot kavana).

📜 Rachi (1)
קָא מַשְׁמָע לַן דאע"ג דְּמִתְעַסֵּק הוּא יָצָא דְּמִצְוֹת אֵין צְרִיכוֹת כַּוָּונָה:
[L'Écriture] nous enseigne — que même s'il est mitassek (agit par inadvertance), il s'acquitte, car les mitsvot n'exigent pas d'intention.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל הָכָא. תּוֹקֵעַ לָשִׁיר מִתְעַסֵּק בְּעָלְמָא הֲוָה וּלְקַמָּן בְּפֶרֶק בָּתְרָא (רֹאשׁ הַשָּׁנָה דַּף לב:) תְּנַן הַמִּתְעַסֵּק לֹא יָצָא:
'Mais ici' — celui qui sonne pour faire de la musique n'est qu'un mitassek ; or plus loin, au dernier chapitre (Roch Hachana 32b), nous avons appris [dans une michna] : le mitassek ne s'acquitte pas [— d'où une difficulté à résoudre].
💡 Explication

Rava conclut sa position : bien que le verset dise 'un souvenir de teroua', celui qui a sonné le chofar en simple mitassek (sans viser la mitsva) s'acquitte. Donc, pour Rava, les mitsvot n'exigent pas la kavana (intention).

🖼️ Schéma
Les mitsvot exigent-elles l'intention (kavana) ? S'ACQUITTER (latzet) TRANSGRESSER bal tossif Rava : PAS besoin de kavana (l'acte accompli suffit) Dans son temps (bi-zmano) : PAS besoin de kavana Ex : entend le chofar sans viser la mitsva -> acquitte Hors de son temps (chelo bi-zmano) : EXIGE la kavana pour transgresser Conclusion de Rava (seg. 22-23) : latzet lo baei kavana ; laavor bi-zmano lo baei, chelo bi-zmano baei Application (Abaye) : dormir dans la souka le 8e jour (Chemini Atseret) n'est PAS bal tossif, car c'est hors du temps de la mitsva et il n'a pas l'intention d'accomplir la mitsva de souka.
La thèse de Rava, développée dans tout le daf.
2
אַיְּתִיבֶיהָ: הָיָה קוֹרֵא בַּתּוֹרָה וְהִגִּיעַ זְמַן הַמִּקְרָא, אִם כִּוֵּון לִבּוֹ — יָצָא, וְאִם לָאו — לֹא יָצָא. מַאי לַָאו, כִּוֵּון לִבּוֹ: לָצֵאת!

On lui objecte : celui qui lisait dans la Torah et le moment de la lecture [du Chema] arriva — s'il a dirigé son cœur, il s'est acquitté ; sinon, il ne s'est pas acquitté. N'est-ce pas [qu'il faut] qu'il ait dirigé son cœur pour s'acquitter [— preuve que la mitsva exige la kavana] !

📜 Rachi (1)
זְמַן הַמִּקְרָא שֶׁל קְרִיאַת שְׁמַע וְהוּא הָיָה קוֹרֵא בַּתּוֹרָה פָּרָשַׁת שְׁמַע:
Le moment de la lecture — [le moment] de la lecture du Chema, alors qu'il lisait dans la Torah le passage du Chema.
💡 Explication

Objection : une michna enseigne que celui qui lisait le passage du Chema dans la Torah au moment de sa récitation ne s'acquitte que s'il a dirigé son cœur. Cela semble prouver que la mitsva exige la kavana, contre Rava.

3
לֹא: לִקְרוֹת. לִקְרוֹת?! הָא קָא קָרֵי! בְּקוֹרֵא לְהַגִּיהַּ.

Non : [qu'il ait dirigé son cœur] pour lire [correctement]. Pour lire ?!

Mais il lit déjà ! [On parle] de celui qui lit pour corriger (le-haggih).

📜 Rachi (1)
קוֹרֵא לְהַגִּיהַּ אַף קַרְייָה אֵין כָּאן אֶלָּא מְגַמְגֵּם:
Lit pour corriger — il n'y a même pas ici de lecture [véritable], seulement un [homme] qui balbutie.
💡 Explication

Réponse : 'diriger son cœur' ne signifie pas viser la mitsva, mais viser à lire correctement. Objection : il lit déjà ! Réponse : il s'agit de celui qui lit pour corriger (le-haggih) le rouleau, en marmonnant — s'il vise à articuler correctement, il s'acquitte.

4
תָּא שְׁמַע: הָיָה עוֹבֵר אֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת, אוֹ שֶׁהָיָה בֵּיתוֹ סָמוּךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת, וְשָׁמַע קוֹל שׁוֹפָר אוֹ קוֹל מְגִילָּה, אִם כִּווֵּן לִבּוֹ — יָצָא, וְאִם לָאו — לֹא יָצָא. מַאי לַָאו, אִם כִּוֵּון לִבּוֹ לָצֵאת?

Viens et entends [une autre objection] : celui qui passait derrière la synagogue, ou dont la maison était proche de la synagogue, et qui entendit le son du chofar ou le son de la meguila — s'il a dirigé son cœur, il s'est acquitté ; sinon, il ne s'est pas acquitté. N'est-ce pas [qu'il faut] qu'il ait dirigé son cœur pour s'acquitter ?

💡 Explication

Nouvelle objection tirée de notre michna : celui qui passe derrière la synagogue et entend le chofar ou la meguila ne s'acquitte que s'il a dirigé son cœur — apparemment une preuve que la mitsva exige la kavana.

5
לֹא — לִשְׁמֹועַ. לִשְׁמֹועַ?! וְהָא שָׁמַע! סָבוּר, חָמוּר בְּעָלְמָא הוּא.

Non : [qu'il ait dirigé son cœur] pour entendre. Pour entendre ?!

Mais il entend déjà ! [On parle de celui qui] pensait que ce n'était qu'un [braiment d']âne (hamor be-alma).

💡 Explication

Réponse : 'diriger son cœur' signifie ici viser à entendre [un chofar]. Objection : il entend déjà ! Réponse : il s'agit de celui qui croyait entendre un simple braiment d'âne ; il ne s'acquitte pas car il ne savait pas que c'était un chofar. La michna enseigne qu'il suffit de savoir qu'on entend un chofar.

6
אַיְּתִיבֶיהָ: נִתְכַּווֵּן שׁוֹמֵעַ וְלֹא נִתְכַּווֵּן מַשְׁמִיעַ, מַשְׁמִיעַ וְלֹא נִתְכַּווֵּן שׁוֹמֵעַ — לֹא יָצָא, עַד שֶׁיִּתְכַּוֵּון שׁוֹמֵעַ וּמַשְׁמִיעַ. בִּשְׁלָמָא נִתְכַּוֵּון מַשְׁמִיעַ וְלֹא נִתְכַּווֵּן שׁוֹמֵעַ — כְּסָבוּר חֲמוֹר בְּעָלְמָא הוּא, אֶלָּא נִתְכַּוֵּון שׁוֹמֵעַ וְלֹא נִתְכַּווֵּן מַשְׁמִיעַ — הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? לָאו בְּתוֹקֵעַ לָשִׁיר!

On lui objecte : si l'auditeur a eu l'intention mais que le sonneur n'a pas eu l'intention, ou [si] le sonneur [a eu l'intention] mais que l'auditeur n'a pas eu l'intention — il ne s'est pas acquitté, jusqu'à ce que l'auditeur et le sonneur aient tous deux l'intention. Passe encore [le cas où] le sonneur a l'intention mais non l'auditeur — [c'est] qu'il croyait à un simple braiment d'âne ; mais [le cas où] l'auditeur a l'intention et non le sonneur — comment le trouves-tu ?

N'est-ce pas [le cas de] celui qui sonne pour faire de la musique (toque le-chir) !

🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל נִתְכַּווֵּן שׁוֹמֵעַ וְלֹא נִתְכַּווֵּן מַשְׁמִיעַ הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. לָא הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר כְּגוֹן שֶׁלֹּא נִתְכַּוֵּון מַשְׁמִיעַ לְהוֹצִיא הַשּׁוֹמֵעַ דְּמַשְׁמַע לֵיהּ כִּדְדָיֵיק בְּסוֹף סֻוגְיָא מַשְׁמִיעַ לְעַצְמוֹ דֻּומְיָא דְּשׁוֹמֵעַ לְעַצְמוֹ אַלְמָא [לָא] בָּעֵי כַּוָּונָה:
'Mais [le cas où] l'auditeur a eu l'intention et non le sonneur — comment le trouves-tu ?' — [la Guemara] ne pouvait pas dire [qu'il s'agit] du cas où le sonneur n'a pas eu l'intention de faire s'acquitter l'auditeur, car [la baraïta] paraît comprendre — comme [la Guemara] le précise à la fin de la sougya — 'le sonneur pour lui-même', par analogie avec 'l'auditeur pour lui-même' : il en ressort qu'[on] n'exige [pas] l'intention [de faire s'acquitter autrui].
💡 Explication

Objection d'une baraïta : il faut que l'auditeur et le sonneur aient tous deux l'intention. Le cas 'sonneur oui, auditeur non' s'explique par le braiment d'âne. Mais le cas 'auditeur oui, sonneur non' ne peut être que celui du sonneur qui joue pour faire de la musique — preuve que la mitsva exige la kavana du sonneur.

7
דִּלְמָא דְּקָא מְנַבַּח נַבּוֹחֵי.

Peut-être [s'agit-il d'un cas] où il fait des sons semblables à des aboiements (menabeah nibouhi).

📜 Rachi (1)
דְּקָא מְנַבַּח נְבוּחֵי וְאֵינוֹ תּוֹקֵעַ כְּשִׁיעוּר תְּקִיעָה הַמְפֹורָשׁ בְּמִשְׁנָתֵנוּ בְּפֶ' אַחֲרוֹן (דַּף לג:):
Il fait des sons semblables à des aboiements — et il ne sonne pas selon la mesure de la teqia explicitée dans notre michna, au dernier chapitre (feuillet 33b).
🗂️ Tossefot (1)
דְּקָא מְנַבַּח נְבוּחֵי. פֵּי' בַּקּוּנְטְ' דְּאֵינוֹ תּוֹקֵעַ כְּשִׁיעוּר תְּקִיעָה הַמְפֹורָשׁ בְּמִשְׁנָתֵנוּ וְקַשְׁיָא דְּאִם כֵּן אֲפִילּוּ נִתְכַּווֵּן נַמֵּי לָא נָפֵיק וְנִרְאֶה לִי מְנַבַּח נְבוּחֵי שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לִתְקֹועַ שִׁיעוּר תְּקִיעָה וְתָקַע שִׁיעוּר תְּקִיעָה וְשֶׁמָּא כָּךְ רוֹצֶה לוֹמַר בַּקְּוַנְט' אִי נָמֵי כְּעֵין שֶׁפֵּירֵשׁ בַּקְּוַנְט' לְקַמָּן בְּפֶרֶק בָּתְרָא (רֹאשׁ הַשָּׁנָה דַּף לג:) מִתְעַסֵּק שֶׁהָיָה נוֹפֵחַ בַּשּׁוֹפָר וְעָלְתָה לוֹ בְּיָדוֹ תְּקִיעָה:
'Il fait des sons semblables à des aboiements' — Rachi explique qu'il ne sonne pas selon la mesure de la teqia explicitée dans notre michna ; et [cela fait] difficulté, car si tel était le cas, même avec l'intention il ne s'acquitterait pas [non plus]. Il me semble [que] 'il fait des sons semblables à des aboiements' [signifie qu']il n'a pas l'intention de sonner la mesure de la teqia mais qu'il sonne [de fait] la mesure de la teqia ; et c'est peut-être ce que Rachi veut dire. Ou bien, comme Rachi l'explique plus loin, au dernier chapitre (Roch Hachana 33b) : un mitassek qui soufflait dans le chofar et [pour qui] une teqia [valable] est venue à se produire entre ses mains.
💡 Explication

Réponse : la baraïta peut viser le sonneur qui produit des sons informes, comme des aboiements (menabeah nibouhi) — sans sonner selon la mesure requise. La baraïta enseigne que s'il a l'intention de sonner correctement, il s'acquitte : cela ne prouve donc pas que la kavana soit requise en général.

8
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: אֶלָּא מֵעַתָּה, הַיָּשֵׁן בַּשְּׁמִינִי בַּסֻּוכָּה — יִלְקֶה!

Abaye lui dit : mais alors, celui qui dort dans la souka le huitième jour (Chemini Atseret) devrait recevoir des coups [pour bal tossif] !

📜 Rachi (3)
אֶלָּא מֵעַתָּה דְּשָׁאִין מִתְכַּוֵּין לַמִּצְוָה כְּמִתְכַּוֵּין דָּמֵי:
Mais alors — [selon l'idée] que celui qui ne vise pas la mitsva est [traité] comme celui qui la vise.
הַיָּשָׁן בַּשְּׁמִינִי בַּסֻּוכָּה שֶׁלֹּא לְשׁוּם מִצְוָה:
Celui qui dort dans la souka le huitième jour — [dort] sans aucune intention de mitsva.
יִלְקֶה שֶׁהֲרֵי מוֹסִיף עַל מִצְוָה וְעוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל תּוֹסִיף:
Devrait recevoir des coups — car il ajoute à une mitsva et transgresse à cause de 'bal tossif' (ne pas ajouter).
💡 Explication

Abaye objecte : si la mitsva ne requiert pas la kavana, alors celui qui dort dans la souka le 8e jour (Chemini Atseret) — même sans viser la mitsva — accomplit un acte de souka hors du temps, et devrait recevoir des coups pour bal tossif (ne pas ajouter aux mitsvot).

9
אָמַר לוֹ, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: מִצְוֹת אֵינוֹ עוֹבֵר עֲלֵיהֶן אֶלָּא בִּזְמַנָּן.

Il lui dit : [non,] car je dis : on ne transgresse les mitsvot [par ajout] que dans leur temps.

📜 Rachi (1)
מִצְוֹת אֵין עוֹבֵר עֲלֵיהֶן בְּבַל תּוֹסִיף אֶלָּא בִּזְמַנָּן כְּגוֹן חֲמֵשֶׁת הַמִּינִין בְּלוּלָב וָהּ' טוֹטָפוֹת בִּתְפִלִּין חָמֵשׁ צִיצִיּוֹת בְּטַלִּית אֲבָל תּוֹסֶפֶת יוֹם עַל יָמִים אוֹ שָׁעָה עַל שָׁעָה אֵין זֶה מוֹסִיף:
On ne transgresse les mitsvot — [par] 'bal tossif', que dans leur temps : par exemple cinq espèces dans le loulav, cinq boîtiers (totafot) dans les téfilines, cinq franges (tsitsit) dans le talit ; mais ajouter un jour à des jours, ou une heure à des heures, cela n'est pas 'ajouter'.
💡 Explication

Réponse de Rava : on ne transgresse bal tossif qu'en ajoutant dans le temps de la mitsva. À Chemini Atseret, la mitsva de souka n'est plus en vigueur ; y dormir n'est donc pas une transgression.

10
מֵתִיב רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא: מִנַּיִן לְכֹהֵן שֶׁעוֹלֶה לַדּוּכָן, שֶׁלֹּא יֹאמַר: הוֹאִיל וְנָתְנָה לִי תּוֹרָה רְשׁוּת לְבָרֵךְ אֶת יִשְׂרָאֵל אוֹסִיף בְּרָכָה אַחַת מִשֶּׁלִּי, כְּגוֹן: ״ה׳ אֱ-לֹהֵי אֲבוֹתֵיכֶם יוֹסֵף עֲלֵיכֶם״ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תֹוסִיפוּ עַל הַדָּבָר״. וְהָא הָכָא, כֵּיוָן דְּבָרֶיךָ לֵיהּ — עָבְרָה לֵיהּ זִמְנֵיהּ, וְקָתָנֵי דְּעָבַר!

Rav Chemen bar Abba objecte : d'où [savons-nous] qu'un cohen qui monte à l'estrade (doukhan) ne doit pas dire 'puisque la Torah m'a donné le droit de bénir Israël, j'ajouterai une bénédiction de mon cru', par exemple 'que l'É-ternel, D-ieu de vos pères, vous multiplie [mille fois]' (Deut 1:11) ? [Car] l'Écriture enseigne : 'vous n'ajouterez pas à la chose' (Deut 4:2).

Or ici, puisqu'il a [déjà] béni, son temps est passé, et [pourtant la baraïta] enseigne qu'il transgresse !

💡 Explication

Objection de Rav Chemen bar Abba : une baraïta enseigne que le cohen ne doit pas ajouter une bénédiction de son cru à la birkat cohanim, en vertu de 'vous n'ajouterez pas' (Deut 4:2). Or, une fois la bénédiction achevée, son temps est passé — et pourtant il transgresse bal tossif. Cela contredit Rava (qui limite la transgression au temps de la mitsva).

11
הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן — בִּדְלָא סִיֵּים.

De quoi s'agit-il ici ? [D'un cas] où il n'a pas terminé [la bénédiction, mais a ajouté au milieu].

📜 Rachi (1)
בְּשֶׁלֹּא סִיֵּים אֶלָּא הוֹסִיפָהּ בְּאֶמְצַע:
Ou il n'a pas terminé — mais l'a ajoutée au milieu.
💡 Explication

Réponse : la baraïta vise le cohen qui n'a pas encore achevé la formule fixée, mais a ajouté au milieu — donc encore dans le temps de la mitsva.

12
וְהַתַּנְיָא סִיֵּים! סִייֵּם בְּרָכָה אַחַת.

Mais n'a-t-on pas enseigné 'il a terminé' ! [Réponse :] il a terminé une [seule] bénédiction.

📜 Rachi (1)
וְהָא סִייֵּם קָתָנֵי בַּבָּרַיְיתָא:
Mais n'a-t-on pas enseigné 'il a terminé' — dans la baraïta.
💡 Explication

Objection : une baraïta parallèle dit explicitement 'il a terminé' ! Réponse : il a terminé une seule bénédiction (le premier verset de la birkat cohanim), mais il lui en reste deux — il est donc encore dans le temps.

13
וְהַתַּנְיָא: סִייֵּם כָּל בִּרְכוֹתָיו! שָׁאנֵי הָכָא, כֵּיוָן דְּאִלּוּ מִתְרְמֵי לֵיהּ צִבּוּרָא אַחֲרִינָא, הֲדַר מְבָרֵךְ — כֻּולֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ הוּא.

Mais n'a-t-on pas enseigné 'il a terminé toutes ses bénédictions' ! Ici, c'est différent : puisque, s'il rencontrait une autre assemblée, il bénirait de nouveau — tout le jour est son temps.

💡 Explication

Nouvelle objection : une baraïta dit 'il a terminé toutes ses bénédictions' ! Réponse : la birkat cohanim est particulière — puisque le cohen peut ré-bénir une autre assemblée, tout le jour compte comme son temps. Ajouter, même après avoir fini, reste donc 'dans le temps'.

🖼️ Schéma
Quand la mitsva reste-t-elle 'dans son temps' toute la journée ? Bénédiction des cohanim s'il croise une autre assemblée il peut ré-bénir -> tout le jour = son temps Aspersion du sang s'il croise un autre premier-né il DOIT asperger -> tout le jour = son temps Nuance (Rav Chemen bar Abba) : le cohen PEUT s'abstenir (rechout), l'aspersion du sang, non (il n'a pas le choix) — d'où la preuve tirée du sang
Pourquoi tout le jour compte comme le temps de la bénédiction.
14
וּמְנָא תִּימְרָא — דִּתְנַן: הַנִּיתָּנִין בְּמַתָּנָה אַחַת, שֶׁנִּתְעָרְבוּ בְּנִיתָּנִין מַתָּנָה אַחַת — יִנָּתְנוּ מַתָּנָה אַחַת. מַתַּן אַרְבַּע בְּמַתַּן אַרְבַּע — יִנָּתְנוּ בְּמַתַּן אַרְבַּע.

Et d'où le dis-tu ? De ce que nous avons appris [dans une michna] : [les sangs] qui se donnent en une seule aspersion (matana ahat), qui se sont mélangés à [des sangs] qui se donnent en une seule aspersion — on les donne en une seule aspersion.

[Ceux qui se donnent] en quatre aspersions (matan arba), [mélangés] à [des sangs] en quatre aspersions — on les donne en quatre aspersions.

📜 Rachi (3)
הַנִּיתָּנִין בְּמַתָּנָה אַחַת כְּגוֹן דַּם בְּכוֹר שֶׁנִּתְעָרֵב בְּדַם בְּכוֹר חֲבֵירוֹ אוֹ בְּדַם מַעֲשֵׂר:
Qui se donnent en une seule aspersion — par exemple le sang d'un premier-né (bekhor) qui s'est mélangé au sang d'un autre premier-né, ou au sang d'une dîme [animale].
יִנָּתְנוּ מַתָּנָה אַחַת וַהֲרֵי יֵשׁ בָּהּ מִשְּׁנֵיהֶן וְעוֹלָה לִשְׁנֵיהֶן:
On les donne en une seule aspersion — et [le mélange] contient [du sang] des deux, et [une seule aspersion] compte pour les deux.
מַתַּן אַרְבַּע שְׁלָמִים וְאָשָׁם וְעוֹלָה וְתוֹדָה:
Quatre aspersions — [sangs des] chelamim, achamim, olot et todot [offrandes qui requièrent quatre aspersions].
🗂️ Tossefot (1)
וּמְנָא תִּימְרָא דִּתְנַן. גַּבֵּי זְרִיקַת דָּם תֵּימַהּ מַאי אֻולְמֵיהּ דְּהַךְ מֵהַהִיא דְּכֹהֵן שֶׁעוֹלֶה לַדּוּכָן וְיֵשׁ לוֹמַר דְּגַבֵּי כֹּהֵן שֶׁמִּתְכַּוֵּין לְבָרֵךְ וּלְהוֹסִיף יָכוֹל לִהְיוֹת שֶׁעוֹבֵר אע"ג דְּלָאו זִמְנֵיהּ הוּא אֲבָל כָּאן שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לְהוֹסִיף וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה אֶלָּא מֵחֲמַת סָפֵק אֵין לוֹ לַעֲבֹור אִי לָאו מִשּׁוּם דַּחֲשִׁיב זִמְנֵיהּ אֶלָּא וַדַּאי אָמְרִינַן דַּחֲשִׁיב זִמְנֵיהּ מִשּׁוּם זִמְנִין דְּאִי מִתְרַמֵּי לֵיהּ בֻּוכְרָא הָדַר מִזֶּה מִינֵּיהּ וְהוּא הַדִּין גַּבֵּי כֹּהֵן מֵהַאי טַעְמָא וא"ת הָא דְּאָמַר בפ"ק (דַּף טז: וְשָׁם) לָמָּה תּוֹקְעִין וּמְרִיעִין כְּשֶׁהֵן יוֹשְׁבִין וְתוֹקְעִין וּמְרִיעִין כְּשֶׁהֵן עוֹמְדִין כְּדֵי לְעַרְבֵּב אֶת הַשָּׂטָן וְהָא עָבַר מִשּׁוּם בַּל תּוֹסִיף וְעוֹד אָמַר בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף לד.) שָׁלֹשׁ תְּרוּעוֹת נֶאֶמְרוּ בר"ה שְׁנַיִם מִדִּבְרֵי תוֹרָה וְאַחַת מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים וְאִיכָּא לְמָאֵן דְּאָמַר ב' מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים וְהַשְׁתָּא עָבַר מִשּׁוּם בַּל תּוֹסִיף אע"ג דִּכְבָר עָבַר וְיָצְאוּ מִכָּל מָקוֹם אִי אַתָּרְמִי לֵיהּ צִבּוּרָא אַחֲרִינָא הָדַר וְתָקַע וַחֲשִׁיב זִמְנֵיהּ וְעוֹד דְּאַפֵּי' לָאו זִמְנֵיהּ כֵּיוָן דְּמִתְכַּוֵּין לְשֵׁם מִצְוָה עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל תּוֹסִיף דְּמַסִּיק רָבָא בְּסָמוּךְ לַעֲבֹור שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ בָּעֵי כַּוָּונָה וי"ל כִּדְפָרֵישִׁית בפ"ק (דַּף טז: וְשָׁם) דְּלָא שַׁיָּיךְ בַּל תּוֹסִיף בַּעֲשִׂייַּת הַמִּצְוָה שְׁתֵּי פְּעָמִים וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים נָמֵי אַפֵּי' מְבָרְכִין כַּמָּה פְּעָמִים לַצִּבּוּר אֶחָד אֵין זֶה בַּל תּוֹסִיף אֶלָּא אִם כֵּן מוֹסִיף בְּרָכָה אַחַת כְּגוֹן יוֹסֵף (ה') עֲלֵיכֶם כָּכֶם (דְּבָרִים א׳:י״א) אוֹ כַּיּוֹצֵא בָּהּ וְכֵן אִם נָטַל לוּלָב כַּמָּה פְּעָמִים בַּיּוֹם אוֹ אוֹכֵל בְּפֶסַח כַּמָּה זֵיתִים שֶׁל מַצָּה אֵין זֶה בַּל תּוֹסִיף וְכָל הַנִּיתָּנִים בְּמַתָּנָה אַחַת אִם נָתַן כַּמָּה פְּעָמִים בְּמָקוֹם אֶחָד אֵין זֶה בַּל תּוֹסִיף אֶלָּא אִם כֵּן נוֹתֵן בְּמָקוֹם אַחֵר וְכֵן בַּהֲדַס וַעֲרָבָה שֶׁבַּלּוּלָב אֲפִילּוּ נוֹתֵן כַּמָּה הֲדַסִּים וְכַמָּה עֲרָבוֹת בַּלּוּלָב אֵין זֶה בַּל תּוֹסִיף אֲפִילּוּ לָמֶ"ד צָרִיךְ אֶגֶד אֶלָּא אִם כֵּן מוֹסִיף מִין אַחֵר וּמִיהוּ תֵּימַהּ דִּלְפִי' זֶה אִם הָיָה נוֹתֵן כַּמָּה חוּטִין בְּצִיצִית וְכַמָּה פָּרָשִׁיּוֹת בִּתְפִלִּין בְּבַיִת אֶחָד לֹא הָיָה עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל תּוֹסִיף וּמִסֻּוכָּה אֵין לְהָבִיא רְאָיָה כָּאן מַה שֶׁאֵין עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה ד' מְחִיצּוֹת אע"ג דְּאָמְרִינַן שְׁתַּיִם כְּהִלְכָתָן וּשְׁלִישִׁית אַפֵּי' טֶפַח דְּכָל שֶׁכֵּן כְּשֶׁעוֹשֶׂה ד' מְחִיצּוֹת טְפֵי עָדִיף דְּהָוֵי תֵּשְׁבוּ כְּעֵין תָּדוּרוּ:
'Et d'où le dis-tu ? De ce que nous avons appris' — à propos de l'aspersion du sang. Difficulté : en quoi cette [preuve] est-elle plus forte que celle du cohen qui monte à l'estrade ? On peut répondre : chez le cohen qui a l'intention de bénir et d'ajouter, il peut transgresser même si ce n'est pas [dans] son temps ; mais ici, où il n'a pas l'intention d'ajouter et n'agit que par doute, il ne devrait pas transgresser — sauf à considérer que c'est [dans] son temps. Il faut donc dire qu'on considère que c'est [dans] son temps, parce que parfois, s'il lui advient un [autre] premier-né, il en asperge de nouveau ; et il en va de même pour le cohen, pour la même raison. Et si tu objectes : ce qui est dit au premier chapitre (feuillet 16b) 'pourquoi sonne-t-on téqia et teroua assis, puis téqia et teroua debout ? pour brouiller le Satan' — or [ce faisant] il transgresse 'bal tossif' ! Et de plus il est dit au dernier chapitre (feuillet 34a) que trois teroua ont été énoncées à Roch Hachana, deux de la Torah et une des sofrim, et selon un avis deux des sofrim — [le sonneur] transgresserait donc 'bal tossif' ! [Réponse :] bien qu'il ait déjà [sonné] et [que tous] se soient acquittés, néanmoins, s'il lui advient une autre assemblée, il sonne de nouveau, et [donc] c'est [considéré comme dans] son temps. Et de plus, même hors de son temps, puisqu'il a l'intention [d'accomplir] une mitsva, il transgresse 'bal tossif', car Rava conclut ci-après que transgresser hors de son temps exige l'intention. On peut répondre comme je l'ai expliqué au premier chapitre (feuillet 16b) : 'bal tossif' ne s'applique pas au fait d'accomplir la mitsva deux fois ; et pour la birkat cohanim de même, même s'il bénit plusieurs fois une même assemblée, ce n'est pas 'bal tossif', sauf s'il ajoute une bénédiction, comme 'que [D-ieu] vous multiplie [mille fois] comme vous êtes' (Deut 1:11) ou une [phrase] semblable ; de même, s'il prend le loulav plusieurs fois dans la journée, ou mange plusieurs olives de matsa à Pessa'h, ce n'est pas 'bal tossif' ; et pour tous les sangs à une aspersion, s'il en asperge plusieurs fois au même endroit, ce n'est pas 'bal tossif', sauf s'il asperge à un autre endroit ; de même pour le hadass et la arava du loulav, même s'il met plusieurs hadassim et aravot, ce n'est pas 'bal tossif', même selon l'avis qui exige un lien (aggoud), sauf s'il ajoute une autre espèce. Toutefois, difficulté : selon cette explication, s'il mettait plusieurs fils dans le tsitsit, ou plusieurs passages dans un [même] boîtier des téfilines, il ne transgresserait pas 'bal tossif'. Et de la souka on ne peut tirer de preuve ici, [du fait] qu'on ne transgresse pas en faisant quatre parois, bien qu'on dise [qu'il suffit de] deux parois selon la règle et une troisième même d'un tefah — car à plus forte raison, quand on fait quatre parois c'est encore mieux, puisque c'est 'vous habiterez comme vous demeurez' [conforme à l'habitation ordinaire].
💡 Explication

Preuve que 'tout le jour = le temps' quand la mitsva peut se refaire : une michna sur les sangs mélangés. Sangs à une aspersion mélangés entre eux : une aspersion. Sangs à quatre aspersions mélangés entre eux : quatre. (Cas sans litige.)

🖼️ Schéma
Sangs mélangés : matan arba (4 aspersions) et matan ahat (1 aspersion) 4 dans 4 / 1 dans 1 même régime -> on applique le nombre commun (pas de litige) 4 mélangé avec 1 conflit : ajouter (tossif) ? ou retrancher (tigra) ? R. Eliezer : 4 aspersions craint 'bal tigra' (ne pas retrancher) bal tossif ne vaut pas dans un mélange -> verse pour le sang de l'holocauste R. Yehochoua : 1 aspersion bal tigra sans acte (passif) est mieux que bal tossif par un acte de la main -> mieux vaut ne pas agir
Les cas simples : même nombre d'aspersions mélangé avec lui-même.
15
מַתַּן אַרְבַּע בְּמַתַּן אַחַת, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יִנָּתְנוּ בְּמַתַּן אַרְבַּע, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: יִנָּתְנוּ בְּמַתַּן אַחַת.

[Le sang qui se donne] en quatre aspersions [mélangé] à [un sang qui se donne] en une seule aspersion — Rabbi Eliezer dit : on les donne en quatre aspersions ; Rabbi Yehochoua dit : on les donne en une seule aspersion.

🗂️ Tossefot (1)
מַתַּן אַרְבַּע בְּמַתַּן אַחַת. כְּגוֹן דַּם בְּכוֹר שֶׁהוּא מַתַּן אַחַת בְּדַם עוֹלָה וּשְׁלָמִים שֶׁהֵם שְׁתֵּי מַתָּנוֹת שֶׁהֵן אַרְבַּע וְלֹא בְּדַם חַטָּאת שֶׁהֵן אַרְבַּע מַתָּנוֹת בַּד' קְרָנוֹת דְּהַהוּא לְמַעְלָה מִחוּט הַסִּקְרָא וְהָנֵי לְמַטָּה:
'[Le sang] en quatre aspersions [mélangé] à [un sang] en une aspersion' — par exemple le sang d'un premier-né, qui est [donné] en une aspersion, [mélangé] au sang d'un holocauste et de chelamim, qui sont [donnés en] deux aspersions valant quatre ; mais non au sang d'un sacrifice pour le péché (hatat), qui [se donne en] quatre aspersions aux quatre cornes — car ce dernier [se met] au-dessus du fil rouge (hout ha-sikra), tandis que ceux-ci [se mettent] en dessous.
💡 Explication

Le cas litigieux : sang à quatre aspersions mélangé à un sang à une seule. R. Eliezer : quatre aspersions. R. Yehochoua : une seule.

16
אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הֲרֵי הוּא עוֹבֵר עַל ״בַּל תִּגְרַע״! אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הֲרֵי הוּא עוֹבֵר עַל ״בַּל תּוֹסִיף״!

Rabbi Eliezer lui dit : mais il transgresse 'ne retranche pas' (bal tigra) [s'il n'asperge qu'une fois] ! Rabbi Yehochoua lui dit : mais il transgresse 'n'ajoute pas' (bal tossif) [s'il asperge quatre fois] !

💡 Explication

Le cœur du débat : R. Eliezer reproche à une seule aspersion de retrancher (bal tigra) au sang qui en requiert quatre. R. Yehochoua reproche à quatre aspersions d'ajouter (bal tossif) au sang qui n'en requiert qu'une.

17
אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: לֹא נֶאֱמַר ״בַּל תּוֹסִיף״ אֶלָּא כְּשֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ. אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: לֹא נֶאֱמַר ״בַּל תִּגְרַע״ אֶלָּא כְּשֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ.

Rabbi Eliezer lui dit : 'n'ajoute pas' n'est dit que lorsque [le sang] est seul (be-atzmo). Rabbi Yehochoua lui dit : 'ne retranche pas' n'est dit que lorsque [le sang] est seul.

🗂️ Tossefot (2)
לֹא נֶאֱמַר בַּל תּוֹסִיף אֶלָּא כְּשֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ. וְהִלְכָּךְ טוֹב שֶׁלֹּא יִגָּרַע הַמִּצְוָה:
'Bal tossif n'est dit que lorsque [le sang] est seul' — et par conséquent, mieux vaut ne pas retrancher à la mitsva.
לֹא נֶאֱמַר בַּל תִּגְרַע אֶלָּא כְּשֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ. וְהִלְכָּךְ כֵּיוָן דְּיוֹצֵא בְּאֶחָד לָמָּה נִזְקַקְנוּ לִיתֵּן אַרְבַּע וְעוֹד טְפֵי עָדִיף בְּאֶחָד מֵאַרְבַּע כְּמוֹ שֶׁמְּפָרֵשׁ:
'Bal tigra n'est dit que lorsque [le sang] est seul' — et par conséquent, puisqu'il s'acquitte avec une [aspersion], pourquoi nous imposer d'en donner quatre ? De plus, une [aspersion] vaut mieux que quatre, comme il [l']explique.
💡 Explication

Chacun neutralise l'objection de l'autre. R. Eliezer : bal tossif ne s'applique qu'à un sang isolé, pas dans un mélange — donc asperger quatre fois n'ajoute pas. R. Yehochoua : de même, bal tigra ne s'applique qu'à un sang isolé.

18
וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: כְּשֶׁלֹּא נָתַתָּ — עָבַרְתָּ עַל ״בַּל תִּגְרַע״ וְלֹא עָשִׂיתָ מַעֲשֶׂה בְּיָדֶךָ, כְּשֶׁנָּתַתָּ — עָבַרְתָּ עַל ״בַּל תּוֹסִיף״ וְעָשִׂיתָ מַעֲשֶׂה בְּיָדְךָ.

Et Rabbi Yehochoua dit encore : quand tu n'as pas donné [quatre], tu as transgressé 'ne retranche pas' mais tu n'as pas fait d'acte de ta main ; quand tu as donné [quatre], tu as transgressé 'n'ajoute pas' et tu as fait un acte de ta main.

💡 Explication

Argument décisif de R. Yehochoua : ne pas asperger (bal tigra) est une omission passive, sans acte ; asperger quatre fois (bal tossif) est un acte positif de la main. Contraint de déroger, mieux vaut le faire passivement — donc une seule aspersion.

19
וְהָא הָכָא, כֵּיוָן דְּיָהֵיב לֵיהּ מַתָּנָה מִבְּכוֹר — עָבְרָה לֵיהּ לְזִמְנֵיהּ, וְקָתָנֵי דְּעָבַר מִשּׁוּם ״בַּל תּוֹסִיף״. לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן: כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִתְרְמֵי לֵיהּ בֻּוכְרָא אַחֲרִינָא — הָדַר מִזֶּה מִינֵּיהּ, כּוּלֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ?!

Or ici, puisqu'il a donné l'aspersion du premier-né, son temps est passé, et [pourtant la michna] enseigne qu'il transgresse 'n'ajoute pas'. N'est-ce pas parce que nous disons : puisque, s'il lui advenait un autre premier-né, il en asperge de nouveau — tout le jour est son temps ?!

💡 Explication

La Guemara tire sa preuve : une fois l'aspersion du premier-né faite, son temps est passé — et pourtant R. Yehochoua dit qu'ajouter transgresse bal tossif. C'est donc que tout le jour reste son temps, puisqu'un autre premier-né pourrait survenir.

🖼️ Schéma
Quand la mitsva reste-t-elle 'dans son temps' toute la journée ? Bénédiction des cohanim s'il croise une autre assemblée il peut ré-bénir -> tout le jour = son temps Aspersion du sang s'il croise un autre premier-né il DOIT asperger -> tout le jour = son temps Nuance (Rav Chemen bar Abba) : le cohen PEUT s'abstenir (rechout), l'aspersion du sang, non (il n'a pas le choix) — d'où la preuve tirée du sang
Le même principe applique à l'aspersion du sang.
20
מִמַּאי? דִּלְמָא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ מִצְוֹת עוֹבֵר עֲלֵיהֶן אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּן.

D'où [le sais-tu] ? Peut-être Rabbi Yehochoua tient-il que les mitsvot, on les transgresse [par ajout] même hors de leur temps.

📜 Rachi (1)
דִּלְמָא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ כו' וּמִתַּרְתֵּי הָנָךְ מִמַּתְנִי' וּמִבָּרַיְיתָא אִיכָּא לְאוֹתוֹבֵי לְרָבָא:
Peut-être Rabbi Yehochoua tient... — et de ces deux [sources], la michna et la baraïta, on peut objecter à Rava.
🗂️ Tossefot (1)
דִּלְמָא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ מִצְוֹת עוֹבֵר עֲלֵיהֶן שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּן. וְהַיָּשֵׁן בַּשְּׁמִינִי בַּסֻּוכָּה יִלְקֶה לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וּבַשְּׁמִינִי סָפֵק שְׁבִיעִי לָא יָתֵיב וּמִיהוּ לָא קָיְימָא מַסְּקָנָא הָכִי:
'Peut-être Rabbi Yehochoua tient que les mitsvot, on les transgresse hors de leur temps' — et [alors] celui qui dort dans la souka le huitième jour recevrait des coups selon Rabbi Yehochoua ; et le huitième [jour], doute-septième, il ne s'y assoirait pas. Toutefois, la conclusion ne s'établit pas ainsi.
💡 Explication

Réfutation : rien ne prouve que 'tout le jour = son temps'. Peut-être R. Yehochoua tient-il simplement qu'on transgresse bal tossif même hors du temps de la mitsva.

21
אֲנַן הָכִי קָאָמְרִינַן: רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא מַאי טַעְמָא שָׁבֵיק מַתְנִיתִין וּמוֹתֵיב מִבָּרַייְתָא, לוֹתֵיב מִמַּתְנִיתִין! מַתְנִיתִין מַאי טַעְמָא לָא מוֹתֵיב? כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִתְרְמֵי לֵיהּ בֻּוכְרָא אַחֲרִינָא בָּעֵי מַזֶּה מִינֵּיהּ — כֻּולֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ הוּא, בָּרַיְיתָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּאִי מִתְרְמֵי צִבּוּרָא אַחֲרִינָא הָדַר מְבָרֵךְ — כּוּלֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ.

Voici ce que nous disions : Rav Chemen bar Abba, pour quelle raison a-t-il laissé [de côté] la michna et objecté à partir de la baraïta ? Qu'il objecte à partir de la michna !

Pour quelle raison n'objecte-t-il pas à partir de la michna ? Parce que, s'il lui advient un autre premier-né, il doit en asperger — tout le jour est son temps.

La baraïta aussi : puisque, s'il lui advient une autre assemblée, il bénit de nouveau — tout le jour est son temps.

📜 Rachi (3)
אֲנַן הָכִי אָמְרִינַן אֲנַן דְּמַיְיתִינַן סִייַּעְתָּא מֵהָא דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּאִי הֲדַר מִתְרַמֵּי לֵיהּ כּוּ' הָכִי קָאָמְרִינַן לֵיהּ לְרַב שֶׁמֶן:
Voici ce que nous disions — nous qui apportons un appui à partir de ce que la raison est 'parce que, s'il lui advient de nouveau [un cas], etc.' — voici ce que nous disons à Rav Chemen.
מַאי טַעְמָא שָׁבֵק מַתְנִיתִין כו' שְׁבַק מַתְנִיתִין הַנִּיתָּנִין בְּמַתָּנָה אַחַת מִשְׁנָה הִיא בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים:
Pour quelle raison a-t-il laissé la michna — il a laissé la michna 'ceux qui se donnent en une seule aspersion' ; c'est une michna dans [le traité] Chehitat Kodachim (Zevahim).
לוֹתֵיב מִמַּתְנִיתִין דְּאַלִּימָא לְאַקְשׁוֹיֵי:
Qu'il objecte à partir de la michna — car elle est plus forte pour objecter.
💡 Explication

La Guemara reformule : pourquoi Rav Chemen a-t-il objecté à partir de la baraïta (birkat cohanim) et non de la michna (sangs) ? Parce que la michna se réfute d'elle-même : un autre premier-né pouvant survenir, tout le jour est son temps. Mais alors la baraïta se réfute de la même façon (autre assemblée possible).

22
וְרַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא? הָתָם, לָא סַגִּי דְּלָא יָהֵיב. הָכָא, אִי בָּעֵי — מְבָרֵךְ, אִי בָּעֵי — לֹא מְבָרֵךְ.

Et Rav Chemen bar Abba ? Là-bas [pour le sang], il n'est pas possible de ne pas donner [l'aspersion] ; ici [pour la bénédiction], s'il veut, il bénit, s'il veut, il ne bénit pas.

📜 Rachi (1)
לָא סַגִּי דְּלָא יָהֵיב אִי הֲדַר מִתְרַמֵּי לֵיהּ דְּקָדָשִׁים לֹא מַפְסִיד:
Il n'est pas possible de ne pas donner — [car] si un [autre sang] de sacrifices lui advient de nouveau, il ne le laisse pas perdre [il est obligé d'asperger].
🗂️ Tossefot (1)
הָכָא אִי בָּעֵי מְבָרֵךְ. מַשְׁמַע מִכָּאן דְּכֵיוָן דְּעָלָה לַדּוּכָן פַּעַם אַחַת בַּיּוֹם שׁוּב אֵינוֹ עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה דַּאֲמוּר לָהֶם (בַּמִּדְבָּר ו) כָּל הַיּוֹם דְּהָא קָאָמַר אִי בָּעֵי לָא מְבָרֵךְ:
'Ici, s'il veut il bénit' — on déduit de là que, dès lors qu'il est monté à l'estrade une fois dans la journée, il ne transgresse plus le commandement positif de 'dis-leur' (Nombres 6, [la birkat cohanim vaut pour] tout le jour), puisqu'il [est] dit 's'il veut, il ne bénit pas'.
💡 Explication

Réponse pour Rav Chemen : les deux cas diffèrent. Pour le sang, le cohen n'a pas le choix : un autre premier-né l'oblige à asperger — donc tout le jour est vraiment son temps. Pour la bénédiction, il peut s'abstenir (reshout) — d'où l'objection est plus forte à partir de la baraïta.

23
רָבָא אָמַר, לָצֵאת — לָא בָּעֵי כַּוָּונָה, לַעֲבֹור — בָּעֵי כַּוָּונָה.

Rava dit : pour s'acquitter (latzét) — pas besoin d'intention ; pour transgresser (laavor) — besoin d'intention.

📜 Rachi (2)
לָצֵאת לָא בָּעֵי כַּוָּונָה דִּבְלָאו מִתְכַּוֵּין יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ:
Pour s'acquitter, pas besoin d'intention — car même sans viser [la mitsva] il s'acquitte de son obligation.
לַעֲבֹור בָּעֵי כַּוָּונָה שֶׁיִּתְכַּוֵּין לְשׁוּם מִצְוָה וְאִי לֹא לֹא עָבַר:
Pour transgresser, besoin d'intention — qu'il vise [l'accomplissement d']une mitsva ; sinon, il ne transgresse pas.
💡 Explication

Première formulation de Rava : s'acquitter n'exige pas la kavana ; en revanche, transgresser bal tossif exige la kavana (viser la mitsva).

🖼️ Schéma
Les mitsvot exigent-elles l'intention (kavana) ? S'ACQUITTER (latzét) TRANSGRESSER bal tossif Rava : PAS besoin de kavana (l'acte accompli suffit) Dans son temps (bi-zmano) : PAS besoin de kavana Ex : entend le chofar sans viser la mitsva -> acquitte Hors de son temps (chelo bi-zmano) : EXIGE la kavana pour transgresser Conclusion de Rava (seg. 22-23) : latzét lo baéi kavana ; laavor bi-zmano lo baéi, chelo bi-zmano baéi Application (Abaye) : dormir dans la souka le 8e jour (Chemini Atseret) n'est PAS bal tossif, car c'est hors du temps de la mitsva et il n'a pas l'intention d'accomplir la mitsva de souka.
La distinction de Rava : latzét vs laavor.
24
וְהָא מַתַּן דָּמִים לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּלַעֲבֹור וְלָא בָּעֵי כַּווָּנָה! אֶלָּא אָמַר רָבָא: לָצֵאת — לָא בָּעֵי כַּוָּונָה. לַעֲבֹור, בִּזְמַנּוֹ — לָא בָּעֵי כַּווָּנָה, שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ — בָּעֵי כַּוָּונָה.

Mais [dans le cas de] l'aspersion des sangs, selon Rabbi Yehochoua, [c'est un cas] où l'on transgresse sans intention ! Plutôt, Rava dit : pour s'acquitter — pas besoin d'intention ; pour transgresser, dans son temps (bi-zmano) — pas besoin d'intention, hors de son temps (chelo bi-zmano) — besoin d'intention.

📜 Rachi (1)
וְהָא מַתַּן דָּמִים כו' שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין בִּשְׁאָר מַתְּנוֹתָיו לְשֵׁם בְּכוֹר וְקָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הֲרֵי הוּא עוֹבֵר עַל בַּל תּוֹסִיף:
Mais [dans le cas de] l'aspersion des sangs — [le cohen] ne vise pas, dans ses autres aspersions, le [sang du] premier-né, et pourtant Rabbi Yehochoua dit qu'il transgresse 'bal tossif' [— donc transgresser dans son temps n'exige pas d'intention].
💡 Explication

Difficulté : pour R. Yehochoua, l'aspersion transgresse bal tossif sans intention (le cohen ne vise pas le premier-né). Rava reformule donc : s'acquitter n'exige pas la kavana ; transgresser dans le temps de la mitsva non plus ; mais transgresser hors du temps (ex. souka a Chemini Atseret) exige la kavana.

🖼️ Schéma
Les mitsvot exigent-elles l'intention (kavana) ? S'ACQUITTER (latzét) TRANSGRESSER bal tossif Rava : PAS besoin de kavana (l'acte accompli suffit) Dans son temps (bi-zmano) : PAS besoin de kavana Ex : entend le chofar sans viser la mitsva -> acquitte Hors de son temps (chelo bi-zmano) : EXIGE la kavana pour transgresser Conclusion de Rava (seg. 22-23) : latzét lo baéi kavana ; laavor bi-zmano lo baéi, chelo bi-zmano baéi Application (Abaye) : dormir dans la souka le 8e jour (Chemini Atseret) n'est PAS bal tossif, car c'est hors du temps de la mitsva et il n'a pas l'intention d'accomplir la mitsva de souka.
La formulation finale : bi-zmano vs chelo bi-zmano.
25
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְשַׁמָּעֵיהּ:

Rabbi Zeira dit à son serviteur [chamach] : [la suite sur 29a].

💡 Explication

Transition (concernant l'intention requise pour la mitsva du chofar) : Rabbi Zeira instruit son serviteur ; la suite est énoncée au feuillet 29a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).