Rosh Hachana 6b — bal teaher : chana ou regalim, la date variable de Chavouot, et qui est tenu (héritier, femme, bekhor)

Rosh Hashanah 6b

Sougya : La sougya poursuit l'étude de bal teaher (l'interdit de tarder à apporter ses offrandes). Rava enseigne qu'une fois trois fêtes passées, on transgresse chaque jour.

Une baraita fixe deux délais parallèles : une année sans trois fêtes, ou trois fêtes sans une année entière ; on transgresse dès que l'un d'eux est atteint. La Guemara cherche comment réaliser le cas rare d'une année sans trois fêtes, en s'appuyant sur la mahloket Rabbi / Sages sur le calcul de l'année (365 jours solaires contre douze mois lunaires) et sur la baraita de Rav Chemaya : Chavouot tombe le 5, 6 ou 7 Sivan selon que Nissan et Iyar sont pleins ou creux.

Enfin, deux questions de Rabbi Zera : l'héritier est-il soumis à bal teaher (non : me-imekha l'exclut) et la femme (selon R. Zera, oui, car elle est tenue de la joie de la fête) ; puis, à partir de quand compte-t-on l'année du premier-né (bekhor) ?

Bal teaher : deux compteurs parallèles pour le bekhor et les qodachim Selon la baraita, on transgresse dès que L'UN des deux délais est atteint Une année sans 3 fêtes 3 fêtes sans année chana be-lo regalim regalim be-lo chana Cas rare : la Guemara cherche comment le trouver (année bissextile, calcul de la date de Chavouot) Facile : entre Pessa'h et Souccot, 3 fêtes passent en une demi-année, sans qu'une année entière passe Le bekhor est cité car c'est chez lui que le compte d'une ANNÉE est écrit (Dt 15:20) tandis que les autres qodachim en sont déduits
Les deux compteurs de bal teaher pour le bekhor et les qodachim (segments 2-8).
Pourquoi la date de Chavouot varie : 5, 6 ou 7 Sivan 50 jours après le 16 Nissan, selon la longueur de Nissan et Iyar (baraita de Rav Chemaya) Les deux pleins Un plein, un creux Les deux creux Nissan 30 + Iyar 30 Nissan+Iyar = 59 j Nissan 29 + Iyar 29 5 Sivan 6 Sivan 7 Sivan (mois longs) (cas intermédiaire) (mois courts) Cas d'une année sans 3 fêtes : vœu le 6 Sivan (Chavouot le 5), l'an d'après Chavouot le 7 : les 365 jours sont écoulés, mais la 3e fête n'a pas encore eu lieu
Pourquoi la date de Chavouot varie et crée le cas d une année sans trois fêtes (segment 9).
Deux questions de R. Zera : qui est soumis à bal teaher ? L'héritier (yorésh) La femme (icha) Le père a fait le vœu, pas lui Exempte du pèlerinage (reiya) mais il est tenu d'apporter mais tenue de la joie (simha) Tranché : EXEMPTE Selon R. Zera : TENUE me-imekha exclut l'héritier car elle est dans la simha (R. Hiyya, Dt 23:22) (Abaye : selon R. Zera)
Les deux questions de R. Zera : l héritier et la femme face à bal teaher (segments 11-15).
1
שֶׁהָיָה חוֹלֶה בַּעֲצֶרֶת. רַב אַשִּׁי אָמַר: מַאי ״וְאָכַלְנוּ וְלָדָהּ שְׁלָמִים בֶּחָג״ דְּקָתָנֵי — חַג הַשָּׁבוּעוֹת.

[C'est] lorsque [le petit] était malade à Atzeret (Chavouot) [et donc impropre à être offert ce jour-là, si bien qu'il ne put être apporté qu'à la fête suivante]. Rav Achi dit : que signifie 'et nous avons mangé son petit en offrande de paix à la Fête (Hag)' qui est enseigné [dans la michna] ?

[Hag y désigne] la fête de Chavouot [et non Souccot].

📜 Rachi (1)
שֶׁהָיָה חוֹלֶה הַוָּלָד:
Qui était malade — le petit (le nouveau-né).
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁהָיָה חוֹלֶה בַּעֲצֶרֶת. דְּפָסוּל לְהַקְרָבָה כְּדִתְנַן בִּבְכוֹרוֹת (דַּף מא.) זָקֵן חוֹלֶה וּמְזֹוהָם וּבְפֶרֶק כָּל הָאֲסוּרִים (תְּמוּרָה דַּף כֹּח:) דָּרְשִׁינַן לֵיהּ מִדִּכְתִיב מִן הַצֹּאן מִן הַכְּבָשִׂים וּמִן הָעִזִּים וְעוֹד כְּתִיב (מַלְאָכִי א) כִּי תַגִּישׁוּ פִּסֵּחַ וְחֹולֶה אֵין רָע:
'Qui était malade à Atzeret' — car [alors] il est impropre à l'offrande, comme nous l'avons appris dans Bekhorot (41a) : 'âgé, malade ou infect' ; et au chapitre 'Kol ha-assourim' (Temoura 28b) on le déduit du fait qu'il est écrit 'du menu bétail, des agneaux et des chèvres' (Lv 1:10), et de plus il est écrit (Malachie 1:8) 'quand vous approchez un [animal] boiteux ou malade, n'est-ce pas mal ?'.
💡 Explication

Fin de la résolution d'une difficulté : comment un petit né après une fête a-t-il pu être mangé à la fête suivante ? Réponse : il était malade (impropre à l'offrande) le jour de Chavouot. Rav Achi propose une autre lecture : le mot Hag (la Fête) dans la michna désigne ici Chavouot, non Souccot.

2
וְאִידָךְ: כֹּל הֵיכָא דְּתָנֵי פֶּסַח, תָּנֵי עֲצֶרֶת.

Et l'autre [Rav Zevid, comment répond-il] ? Partout où [le tana] enseigne 'Pessa'h', il enseigne [ensuite] 'Atzeret' [et non 'Hag' ; le terme Hag reste alors réservé exclusivement à Souccot].

📜 Rachi (1)
כָּל הֵיכָא דְּקָתָנֵי פֶּסַח דְּבָעֵי לְמִיתְנֵי בָּתְרֵיהּ שָׁבוּעוֹת תָּנֵי עֲצֶרֶת וְלֹא חַג:
Partout où il enseigne 'Pessa'h' — [c'est-à-dire] quand il veut enseigner ensuite [le cas de] Chavouot, il [la] nomme 'Atzeret' et non 'Hag'.
💡 Explication

Réponse de l'autre amora (Rav Zevid) : dans le langage de la michna, quand on cite Pessa'h, on nomme Chavouot par le mot Atzeret, jamais par Hag. Donc si la michna dit 'Hag', c'est forcément Souccot.

3
אָמַר רָבָא: כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ עָלָיו שְׁלֹשָׁה רְגָלִים, בְּכָל יוֹם וָיוֹם עוֹבֵר ב״בל תְּאַחֵר״. מֵיתִיבִי: אֶחָד בְּכוֹר, וְאֶחָד כָּל הַקֳּדָשִׁים, כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶם שָׁנָה בְּלֹא רְגָלִים, רְגָלִים בְּלֹא שָׁנָה — עוֹבֵר ב״בל תְּאַחֵר״.

Rava dit : une fois que trois fêtes (chelocha regalim) ont passé sur lui [sans qu'il apporte son offrande], chaque jour qui passe il transgresse 'tu ne tarderas pas' (bal teaher). On objecte : aussi bien le premier-né (bekhor) que tous les [autres] biens consacrés (qodachim) — dès lors qu'il a passé sur eux une année sans [trois] fêtes, ou [trois] fêtes sans une année [entière] — on transgresse 'bal teaher'.

📜 Rachi (1)
שָׁנָה בְּלֹא רְגָלִים לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ:
Une année sans fêtes — [cela] sera expliqué plus bas.
🗂️ Tossefot (1)
אֶחָד בְּכוֹר וְאֶחָד כָּל הַקֳּדָשִׁים. לְהָכִי נְקַט בְּכוֹר דְּעִיקַּר שָׁנָה בִּבְכוֹר כְּתִיב מִדִּכְתִיב כָּל הַבְּכוֹר אֲשֶׁר יִוָּלֵד (דְּבָרִים טו) מְלַמֵּד שֶׁהַבְּכוֹר נֶאֱכָל כָּל שְׁנָתוֹ כְּלוֹמַר דִּכְתִיב בֵּיהּ תֹּאכְלֶנּוּ שָׁנָה בְּשָׁנָה וּשְׁאָר הַקֳּדָשִׁים דָּרֵישׁ הָתָם מִדִּכְתִיב כֹּל:
'Aussi bien le premier-né que tous les [autres] biens consacrés' — s'il mentionne le premier-né, c'est parce que le compte de l 'année' est énoncé en premier chez le bekhor, du fait qu'il est écrit 'tout premier-né qui naîtra' (Dt 15:19-20) : cela enseigne que le premier-né se mange durant toute son année, c'est-à-dire qu'il y est écrit 'tu le mangeras année par année' (Dt 15:20) ; et pour les autres biens consacrés, on le déduit là-bas du fait qu'il est écrit 'tout'.
💡 Explication

Rava : quand trois fêtes se sont écoulées sans qu'on apporte l'offrande, on transgresse bal teaher chaque jour. Objection tirée d'une baraita : pour le bekhor comme pour tous les qodachim, il y a deux délais possibles — une année (même sans trois fêtes) ou trois fêtes (même sans une année entière).

🖼️ Schéma
Bal teaher : deux compteurs parallèles pour le bekhor et les qodachim Selon la baraita, on transgresse dès que L'UN des deux délais est atteint Une année sans 3 fêtes 3 fêtes sans année chana be-lo regalim regalim be-lo chana Cas rare : la Guemara cherche comment le trouver (année bissextile, calcul de la date de Chavouot) Facile : entre Pessa'h et Souccot, 3 fêtes passent en une demi-année, sans qu'une année entière passe Le bekhor est cité car c'est chez lui que le compte d'une ANNÉE est écrit (Dt 15:20) tandis que les autres qodachim en sont déduits
Les deux délais de la baraita.
4
וְהַאי מַאי תְּיוּבְתֵּיהּ? אָמַר רַב כָּהֲנָא: מַאן דְּקָא מוֹתֵיב — שַׁפִּיר קָא מוֹתִיב: מִכְּדֵי תַּנָּא אַלָּאוֵי קָא מְהַדַּר, לִיתְנֵי: בְּכָל יוֹם וָיוֹם עוֹבֵר ב״בל תְּאַחֵר״.

Or [en quoi] ceci est-il une objection ? Rav Kahana dit : celui qui objecte objecte à bon droit.

En effet, puisque le tana cherche à [multiplier] les interdits [transgressés], qu'il enseigne [donc aussi] : 'chaque jour qui passe il transgresse bal teaher' [ce qu'il n'a pas fait — d'où l'objection contre Rava].

💡 Explication

La Guemara s'étonne d'abord de l'objection, puis Rav Kahana la valide : le tana de la baraita cherche à énumérer les interdits transgressés ; s'il tenait comme Rava (transgression quotidienne), il aurait dû le dire. Son silence contredit donc Rava.

5
וְאִידָךְ — תַּנָּא לְמִיקְבְּעֵיהּ בְּלָאו קָא מְהַדַּר, בְּלָאוֵי יְתֵירִי לָא קָא מְהַדַּר.

Et l'autre [Rava] ? Le tana cherche à établir [l'acte] comme soumis à un interdit (le-mikbeih be-lav) [c'est-à-dire à fixer les bornes de l'interdit] ; il ne cherche pas à [énumérer] des interdits supplémentaires.

📜 Rachi (2)
לְמִיקְבְּעֵיהּ בְּלָאו קָא מְהַדַּר לְהוֹדִיעֲךָ כָּל צִידֵּי זְמַן הַתְחָלַת בַּל תְּאַחֵר שֶׁבּוֹ:
Il cherche à établir [l'acte] comme soumis à un interdit — pour t enseigner tous les cas de figure du début du délai de bal teaher.
אַלָּאוֵי יַתִּירֵי לָא מַהְדַּר לְהוֹדִיעֲךָ לָאוְיָן הָרַבִּים שֶׁבּוֹ:
Il ne cherche pas [à énumérer] les interdits supplémentaires — [c'est-à-dire] à t enseigner les nombreux interdits [transgressés].
💡 Explication

Réponse de Rava : le tana veut seulement établir les frontières de l'interdit (à partir de quand il s'applique) — non pas compter le nombre de transgressions. Son silence sur la transgression quotidienne n'est donc pas une preuve.

6
גּוּפָא: אֶחָד בְּכוֹר וְאֶחָד כָּל הַקֳּדָשִׁים, כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶם שָׁנָה בְּלֹא רְגָלִים, רְגָלִים בְּלֹא שָׁנָה — עוֹבֵר ב״בל תְּאַחֵר״. בִּשְׁלָמָא רְגָלִים בְּלֹא שָׁנָה מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ, אֶלָּא שָׁנָה בְּלֹא רְגָלִים הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

[Examinons] le corps [de la baraita] : aussi bien le premier-né que tous les biens consacrés, dès lors qu'il a passé sur eux une année sans [trois] fêtes, ou [trois] fêtes sans une année [entière] — on transgresse 'bal teaher'. Soit pour '[trois] fêtes sans une année', tu le trouves ; mais 'une année sans [trois] fêtes', comment le trouves-tu ?

🗂️ Tossefot (2)
בִּשְׁלָמָא רְגָלִים בְּלֹא שָׁנָה מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. כְּגוֹן דְּאַקְדְּשָׁה עֶרֶב פֶּסַח כָּךְ הַפֵּי' הָנִיחָא לְמ"ד דְּבָעֵי כְּסִדְרָן מַשְׁכַּחַת לָהּ כְּגוֹן דְּאַקְדְּשֵׁיהּ בָּתַר חַג הַמַּצּוֹת:
'Soit pour trois fêtes sans une année, tu le trouves' — par exemple s'il [l ]a consacré la veille de Pessa'h. Voici l'explication : cela convient bien selon celui qui exige [les fêtes] dans l'ordre — tu le trouves, par exemple s'il [l ]a consacré après la fête des Matsot (Souccot n'étant pas la troisième dans l'ordre).
שָׁנָה בְּלֹא רְגָלִים הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. דְּאִי בְּאַקְדְּשֵׁיהּ בְּתוֹךְ הָרֶגֶל דְּכִי מָטְיָא שַׁתָּא אַכַּתִּי לֵיכָּא שָׁלֹשׁ רְגָלִים דִּשְׁלֵימִים בָּעֵינַן כְּדִלְעֵיל ה"נ אִיכָּא רְגָלִים שְׁלֵימִים דְּסוֹף רֶגֶל רִאשׁוֹן דְּאֶשְׁתָּקַד מִצְטָרֵף (עַל) תְּחִלַּת רֶגֶל דְּהַשְׁתָּא וּבַיְּרוּשַׁלְמִי מְפָרֵשׁ תִּפָּתֵר כְּגוֹן דְּאַקְדְּשֵׁיהּ כְּשֶׁהָיָה מְחֻוסַּר זְמַן בְּפֶסַח וּלְקַמָּן אֵין מַשְׁמַע כֵּן דְּאָמְרִינַן אֵין מוֹנִין שָׁנָה לִבְכוֹר אֶלָּא מִשָּׁעָה שֶׁרָאוּי לְהַרְצָאָה:
'Une année sans [trois] fêtes, comment le trouves-tu ?' — car si [on dit qu ]il l'a consacré pendant la fête, [alors] quand l'année arrive il n'y a pas encore trois fêtes [complètes] — puisqu'il faut des fêtes complètes, comme plus haut ; de même ici, il y a des fêtes complètes, [car] la fin de la première fête de l'an passé se joint au début de la fête de cette année. Et dans le Yerouchalmi on explique : interprète-le du cas où il [l ]a consacré alors qu'il était 'mehoussar zeman' (avant le huitième jour) à Pessa'h ; mais plus bas cela ne semble pas [ainsi], car nous disons qu'on ne compte l'année du premier-né qu'à partir du moment où il est apte à l'offrande (le-hartsaa).
💡 Explication

La Guemara analyse la baraita. Le cas 'trois fêtes sans une année' est aisé (Pessa'h, Chavouot, Souccot passent en une demi-année). Mais comment réaliser 'une année sans trois fêtes' — puisqu'en principe trois fêtes tombent toujours dans une année ?

🖼️ Schéma
Bal teaher : deux compteurs parallèles pour le bekhor et les qodachim Selon la baraita, on transgresse dès que L'UN des deux délais est atteint Une année sans 3 fêtes 3 fêtes sans année chana be-lo regalim regalim be-lo chana Cas rare : la Guemara cherche comment le trouver (année bissextile, calcul de la date de Chavouot) Facile : entre Pessa'h et Souccot, 3 fêtes passent en une demi-année, sans qu'une année entière passe Le bekhor est cité car c'est chez lui que le compte d'une ANNÉE est écrit (Dt 15:20) tandis que les autres qodachim en sont déduits
Le cas problématique : une année sans trois fêtes.
7
הָנִיחָא לְמַאן דְּאִית לֵיהּ כְּסִדְרָן, מַשְׁכַּחַת לָהּ. אֶלָּא לְמַאן דְּלֵית לֵיהּ כְּסִדְרָן, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

Cela convient bien selon celui qui tient [qu'il faut les fêtes] dans l'ordre (kesidran) : tu le trouves. Mais selon celui qui ne tient pas [qu'il les faut] dans l'ordre, comment le trouves-tu ?

📜 Rachi (1)
הָנִיחָא לְמַאן דְּבָעֵי כְּסִדְרָן מַשְׁכַּחַת לָהּ דְּעָבְרָה שָׁנָה וְלֹא עָבְרוּ רְגָלִים כְּסִדְרָן וְלִמֶּדְךָ דְּכֵיוָן דְּעָבְרָה שָׁנָה אע"פ שֶׁלֹּא עָבְרוּ רְגָלִים כְּסִדְרָן חַיָּיב וְסָבַר לָהּ כְּר"ש בַּחֲדָא וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא:
Cela convient bien selon celui qui exige [les fêtes] dans l'ordre : tu le trouves — [un cas où] une année a passé sans que les fêtes soient passées dans l'ordre ; [la baraita] t enseigne que dès lors qu'une année a passé, même si les fêtes ne sont pas passées dans l'ordre, [le propriétaire] est tenu. [Ce tana] tient comme R. Chimon sur un point et diverge de lui sur un autre.
💡 Explication

Première piste : le cas 'une année sans trois fêtes' se trouve selon l'avis qui exige que les trois fêtes passent dans leur ordre (kesidran, Pessa'h puis Chavouot puis Souccot). Mais selon l'avis qui n'exige pas l'ordre, comment le réaliser ?

8
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּשָׁנָה מְעֻובֶּרֶת. דְּתַנְיָא: ״שָׁנָה תְּמִימָה״, רַבִּי אוֹמֵר: מוֹנֶה שְׁלֹשׁ מֵאוֹת וְשִׁשִּׁים וַחֲמִשָּׁה יוֹם כְּמִנְיָן יְמוֹת הַחַמָּה,

Soit selon Rabbi, tu le trouves dans une année embolismique (chana meouberet), comme il est enseigné : 'une année entière (chana temima)' — Rabbi dit : on compte trois cent soixante-cinq jours, selon le nombre des jours de l'année solaire,

📜 Rachi (2)
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי דְּאָמַר חֹדֶשׁ הָעִיבּוּר אֵינוֹ מִן הַשָּׁנָה חוּץ מי"א יוֹם שֶׁשְּׁנַת חַמָּה יְתֵירָה עַל הַלְּבָנָה מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּשָׁנָה מְעֻובֶּרֶת:
Soit selon Rabbi — qui dit que le mois d'embolisme ne fait pas partie de l'année, hormis les onze jours par lesquels l'année solaire dépasse l'année lunaire — tu le trouves dans une année embolismique.
שָׁנָה תְּמִימָה הָאֲמוּרָה בְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה מוֹנֶה שס"ה יָמִים וְאַפֵּי' בְּשָׁנָה פְּשׁוּטָה וְאַף בְּשָׁנָה מְעֻובֶּרֶת כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ ג' מֵאוֹת וְשִׁשִּׁים וַחֲמִשָּׁה יָמִים מִשֶּׁמְּכָרָהּ נֶחְלָט לוֹ:
'Année entière' — celle qui est énoncée à propos des maisons des villes murées : on compte 365 jours, même dans une année ordinaire ; et même dans une année embolismique, dès lors que 365 jours ont passé depuis la vente, [la maison] lui est acquise définitivement.
🗂️ Tossefot (2)
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּשָׁנָה מְעֻובֶּרֶת. לר"מ דְּאָמַר לְעֵיל בְּרֶגֶל אֶחָד ולר"א בֶּן יַעֲקֹב דְּאָמַר שְׁנֵי רְגָלִים לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ אֶלָּא בְּחוֹלֶה בָּרְגָלִים וְהוּא הַדִּין דַּהֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי הָכָא לְרַבִּי וּלְרַבָּנָן:
'Soit selon Rabbi, tu le trouves dans une année embolismique' — selon R. Meir qui dit plus haut [qu'il suffit] d'une seule fête, et selon R. Eliezer ben Yaakov qui dit deux fêtes, on ne le trouve que [dans le cas d'un animal] malade durant les fêtes ; et il en va de même, car on aurait pu répondre ici 'selon Rabbi et selon les Sages'.
כְּמִנְיַן יְמוֹת הַחַמָּה. וּפִי' בַּקְּוַנְט' וה"ה בְּכָל שָׁנִים סְתָם לְרַבִּי דְּיָלְפִינַן מִתְּמִימָה דְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק (שֵׁנִי) דַּעֲרָכִין (דַּף לא:):
'Selon le nombre des jours de l'année solaire' — Rachi a expliqué : et il en va de même pour toutes les années en général selon Rabbi, car nous [le] déduisons de 'temima' [dit à propos] des maisons des villes murées, comme il ressort du chapitre [second] de Arakhin (31b).
💡 Explication

La Guemara cherche un cas d'année sans trois fêtes indépendant de l'ordre. Selon Rabbi, cela se trouve dans une année embolismique (à treize mois). Rabbi, à propos de l'expression 'année entière' (Lv 25:30, sur les maisons des villes murées), compte 365 jours solaires et non les douze mois lunaires.

9
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מוֹנֶה שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ מִיּוֹם לְיוֹם, וְאִם נִתְעַבְּרָה שָׁנָה — נִתְעַבְּרָה לוֹ. מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ לְרַבִּי דְּאַקְדְּשַׁהּ בָּתַר חַג הַמַּצּוֹת, דְּכִי מְטָא שִׁילְהֵי אֲדָר בָּתְרָאָה — שָׁנָה מַלְיָא, רְגָלִים לָא מָלוּ. אֶלָּא לְרַבָּנָן, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

et les Sages disent : on compte douze mois de date à date, et si l'année a été embolismique — elle l'est embolismique à son [profit]. Tu le trouves selon Rabbi [dans le cas où] il l'a consacré après la fête des Matsot (Pessa'h), car lorsqu'arrive la fin du second Adar — l'année est pleine [365 jours], [mais] les fêtes ne sont pas complètes.

Mais selon les Sages, comment le trouves-tu ?

📜 Rachi (3)
מִיּוֹם לְיוֹם מט"ו בְּנִיסָן לַחֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּנִיסָן אִם מְכָרָהּ בט"ו בְּנִיסָן נִתְעַבְּרָה לוֹ לַמּוֹכֵר וְעַל כָּרְחוֹ שֶׁל לוֹקֵחַ אֵינוֹ נֶחְלָט עַד שֶׁיַּגִּיעַ ט"ו בְּנִיסָן:
De date à date — du 15 Nissan au 15 Nissan : s'il [l ]a vendue le 15 Nissan, [l'année embolismique] profite au vendeur, et malgré l'acheteur [la maison] n'est acquise définitivement que lorsqu'arrive le 15 Nissan.
בָּתַר חַג הַמַּצּוֹת בְּתוֹךְ הָרֶגֶל וְאִית דְּאָמְרִי לְאַחַר הָרֶגֶל וְשִׁילְהֵי אֲדָר בָּתְרָא לָאו דַּוְקָא אֶלָּא לְאַחַר שֶׁיָּצָא אֲדָר קָאָמַר:
Après la fête des Matsot — [c'est-à-dire] pendant la fête ; et certains disent : après la fête. Et 'fin du second Adar' n'est pas au sens strict, mais [signifie] 'après que Adar est sorti'.
שָׁנָה מָלְיָא ג' מֵאוֹת וְשִׁשִּׁים וַחֲמִשָּׁה יָמִים:
L'année est pleine — trois cent soixante-cinq jours.
🗂️ Tossefot (1)
בָּתַר חַג הַמַּצּוֹת. לָאו דַּוְקָא דְּהוּא הַדִּין בְּתוֹךְ חַג הַמַּצּוֹת כִּדְמוֹכַח לְעֵיל דְּכֻולֵּי רֶגֶל בָּעֵי:
'Après la fête des Matsot' — non au sens strict, car il en va de même [s'il l'a consacré] pendant la fête des Matsot, comme il ressort plus haut : [on exige] toute la fête.
💡 Explication

Les Sages comptent douze mois de date à date, et dans une année embolismique le mois supplémentaire profite [au vendeur / propriétaire]. Selon Rabbi, le cas se réalise : vœu après Pessa'h, et à la fin du second Adar les 365 jours sont écoulés alors que la troisième fête n'a pas encore eu lieu. Mais selon les Sages (qui comptent en mois), comment ?

10
כִּדְתָנֵי רַב שְׁמַעְיָה: עֲצֶרֶת פְּעָמִים חֲמִשָּׁה, פְּעָמִים שִׁשָּׁה, פְּעָמִים שִׁבְעָה. הָא כֵיצַד? שְׁנֵיהֶן מְלֵאִין — חֲמִשָּׁה, שְׁנֵיהֶן חֲסֵרִין — שִׁבְעָה, אֶחָד מָלֵא וְאֶחָד חָסֵר — שִׁשָּׁה.

Comme l'a enseigné Rav Chemaya : Atzeret (Chavouot) [tombe] parfois le cinq [Sivan], parfois le six, parfois le sept. Comment cela ?

Si les deux [mois, Nissan et Iyar] sont pleins — le cinq ; les deux creux — le sept ; l'un plein et l'autre creux — le six.

📜 Rachi (3)
פְּעָמִים שִׁשָּׁה שֶׁהוּא שִׁשָּׁה בְּסִיוָן יוֹם הַחֲמִשִּׁים לָעֹומֶר:
Parfois le six — c'est-à-dire le six Sivan, cinquantième jour du omer.
שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים נִיסָן וְאִייָּר הֲרֵי ט"ו יָמִים מִנִּיסָן וְל' דְּאִיָּיר מָלֵא לְהוּ חֲמִשִּׁים בַּחֲמִשָּׁה בְּסִיוָן:
Les deux pleins — Nissan et Iyar : voici quinze jours de Nissan [restants] et trente de Iyar plein, ce qui fait cinquante [jours] le cinq Sivan.
א' מָלֵא כו' וּמַשְׁכַּחַת לָהּ שָׁנָה בְּלֹא רְגָלִים כְּגוֹן שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים וְאֵירַע עֲצֶרֶת בָּהּ' בְּסִיוָן וְהִקְדִּישָׁהּ לְמָחֳרַת בּוֹ' בְּסִיוָן וְלַשָּׁנָה הַבָּאָה הָיוּ שְׁנֵיהֶן חֲסֵרִים וְאֵירַע עֲצֶרֶת בַּז' בְּסִיוָן וְהַשָּׁנָה מְלֵאָה בְּיוֹם ו' בְּסִיוָן מִשֶּׁהִקְדִּישָׁהּ וַעֲדַיִין לֹא עָבַר עֲצֶרֶת עָלָיו:
L'un plein, etc. — et tu trouves [le cas d ]une année sans fêtes : par exemple si les deux [mois] sont pleins et que Atzeret tombe le cinq Sivan, et qu'il l'a consacrée le lendemain, le six Sivan ; l'année suivante les deux sont creux et Atzeret tombe le sept Sivan, et l'année est pleine le six Sivan depuis qu'il l'a consacrée — [or] Atzeret n'a pas encore passé sur lui.
💡 Explication

Réponse (valable aussi selon les Sages) : d'après Rav Chemaya, la date de Chavouot (50 jours après le 16 Nissan) varie : le 5 Sivan si Nissan et Iyar sont pleins (30 j chacun), le 7 s'ils sont creux (29 j), le 6 si l'un est plein et l'autre creux. On peut ainsi construire une année sans trois fêtes.

🖼️ Schéma
Pourquoi la date de Chavouot varie : 5, 6 ou 7 Sivan 50 jours après le 16 Nissan, selon la longueur de Nissan et Iyar (baraita de Rav Chemaya) Les deux pleins Un plein, un creux Les deux creux Nissan 30 + Iyar 30 Nissan+Iyar = 59 j Nissan 29 + Iyar 29 5 Sivan 6 Sivan 7 Sivan (mois longs) (cas intermédiaire) (mois courts) Cas d'une année sans 3 fêtes : vœu le 6 Sivan (Chavouot le 5), l'an d'après Chavouot le 7 : les 365 jours sont écoulés, mais la 3e fête n'a pas encore eu lieu
Les trois dates possibles de Chavouot et le cas d'une année sans trois fêtes.
11
וּמַאן תַּנָּא דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַב שְׁמַעְיָה — אֲחֵרִים הִיא. דְּתַנְיָא, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: אֵין בֵּין עֲצֶרֶת לַעֲצֶרֶת, אֵין בֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְרֹאשׁ הַשָּׁנָה, אֶלָּא אַרְבָּעָה יָמִים בִּלְבַד. וְאִם הָיְתָה שָׁנָה מְעֻובֶּרֶת — חֲמִשָּׁה.

Et quel tana diverge de Rav Chemaya ? C'est Aherim.

Comme il est enseigné : Aherim disent : il n'y a entre une Atzeret et l [autre] Atzeret, ni entre un Roch Hachana et l [autre] Roch Hachana, que quatre jours seulement ; et si l'année était embolismique — cinq.

📜 Rachi (3)
מַאן תְּנָא כו' ת"ק דְּלָא אַייְרֵי בְּשָׁנָה בְּלֹא רְגָלִים:
Quel tana, etc. — le premier tana [Aherim], qui ne traite pas [du cas] d'une année sans fêtes.
אֶלָּא ד' יָמִים קָסָבְרִי לְעוֹלָם כָּל חָדְשֵׁי הַשָּׁנָה אֶחָד מָלֵא וְאֶחָד חָסֵר וְאֵין מְעַבְּרִין וְאֵין מְחַסְּרִין שׁוּם חֹדֶשׁ לְצֹורֶךְ וְהָוְיָא לָהּ שָׁנָה שנ"ד יָמִים נִמְצֵאת כָּל הַשָּׁנָה שְׁבוּעַיִם שְׁלֵמִים חוּץ מד' הַיָּמִים וְהֵן הַדּוֹחִין קְבִיעוּת הַשָּׁנָה מִקְּבִיעוּת חֲבֶרְתָּהּ:
Que quatre jours — ils tiennent que toujours [tous] les mois de l'année sont l'un plein l'autre creux, qu'on n'ajoute ni ne retranche aucun mois selon le besoin ; l'année fait alors 354 jours, et il se trouve que toute l'année est faite de semaines complètes hormis quatre jours, qui sont ceux qui décalent la fixation d'une année par rapport à celle de sa voisine.
וְאִם הָיְתָה שָׁנָה מְעֻובֶּרֶת חֲמִשָּׁה קָסָבַר חֹדֶשׁ עִיבּוּר לְעוֹלָם חָסֵר וְאֵינוֹ דּוֹחֶה אֶת הַמּוֹעֲדוֹת אֶלָּא יוֹם אֶחָד שֶׁהוּא יָתֵר עַל ד' שָׁבוּעוֹת:
Et si l'année était embolismique, cinq — il tient que le mois d'embolisme est toujours creux et ne décale les fêtes que d'un seul jour, en sus des quatre semaines [entières].
💡 Explication

Le tana qui diverge (tenant que l'année a un nombre de jours fixe) est Aherim : d'une Chavouot / d'un Roch Hachana a l'autre, l'écart n'est que de quatre jours [de la semaine] (354 jours = 50 semaines + 4 jours), et cinq en année embolismique. Pour Aherim, la date de Chavouot ne peut donc pas varier comme le dit Rav Chemaya.

12
בָּעֵי רַבִּי זֵירָא: יוֹרֵשׁ, מַהוּ ב״בל תְּאַחֵר״? ״כִּי תָּדוּר נֶדֶר״ אֲמַר רַחֲמָנָא, וְהָא לֹא נָדַר, אוֹ דִּלְמָא: ״וּבָאתָ שָּׁמָּה וַהֲבֵאתֶם שָׁמָּה״, וְהָא מִיחַייַּב.

Rabbi Zera demande : l'héritier (yorésh), qu'en est-il de 'bal téaher' [pour le vœu de son père] ? Le Miséricordieux a dit 'lorsque tu voueras un vœu' (Dt 23:22) — or celui-ci [l'héritier] n'a pas voué ; ou peut-être [au contraire] : 'et tu viendras là et vous apporterez là' (Dt 12:5-6) — or celui-ci est tenu [d'apporter les offrandes de son père].

📜 Rachi (1)
יוֹרֵשׁ מַהוּ בְּבַל תְּאַחֵר עַל נֶדֶר אָבִיו:
L'héritier, qu'en est-il de bal téaher — au sujet du vœu de son père.
🗂️ Tossefot (1)
יוֹרֵשׁ מַהוּ בְּבַל תְּאַחֵר. דְּיוֹרֵשׁ חַייָּב לְהָבִיא כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת קִינִּין (פ"ב מִשְׁנָה ה) וּמַייְתִי לָהּ בְּכַמָּה דֻּוכְתֵי הָאִשָּׁה שֶׁהֵבִיאָה חַטָּאתָהּ וּמֵתָה יָבִיאוּ יוֹרְשִׁים עוֹלָתָהּ וּמַשְׁמַע בפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף יג:) דְּלָמֶ"ד שִׁעְבּוּדָא לָאו דְּאוֹרַיְיתָא כְּשֶׁהִפְרִישָׁה מֵחַיִּים וְלָמֶ"ד דְּאוֹרָיְיתָא אע"פ שֶׁלֹּא הִפְרִישָׁה מֵחַיִּים וּבְסוֹף יֵשׁ בְּכוֹר (בְּכוֹרוֹת דַּף נא:) נָמֵי אָמַר מַה לְהַלָּן יוֹרְשִׁים חַיָּיבִים בְּעוֹלַת רְאִיָּה שֶׁל אֲבִיהֶן:
'L héritier, qu'en est-il de bal téaher' — car l'héritier est tenu d'apporter, comme nous l'avons appris dans le traité Kinnim (2:5), et on le cite en plusieurs endroits : 'la femme qui a apporté son [offrande de] faute et est morte, les héritiers apporteront son holocauste' ; et il ressort du premier chapitre de Kiddouchin (13b) que, selon celui qui tient que l'engagement [des biens] n'est pas d'ordre toranique, [c'est] lorsqu'elle [l ]a mis à part de son vivant, et selon celui qui tient qu'il est d'ordre toranique, même si elle ne l'a pas mis à part de son vivant ; et à la fin de 'Yech bekhor' (Bekhorot 51b) il est dit aussi : de même que là-bas les héritiers sont tenus de l'holocauste de comparution (olat reiya) de leur père.
💡 Explication

Question de Rabbi Zera : l héritier transgresse-t-il bal téaher pour le vœu de son père ? Deux côtés : le verset dit 'lorsque tu voueras' — l'héritier, lui, n'a pas voué (donc exempt) ; ou bien, puisqu'il est tenu d'apporter les offrandes ('et vous apporterez là'), il serait soumis à l'interdit.

🖼️ Schéma
Deux questions de R. Zera : qui est soumis à bal téaher ? L'héritier (yorésh) La femme (icha) Le père a fait le vœu, pas lui Exempte du pèlerinage (reiya) mais il est tenu d'apporter mais tenue de la joie (simha) Tranche : EXEMPTE Selon R. Zera : TENUE me-imekha exclut l'héritier car elle est dans la simha (R. Hiyya, Dt 23:22) (Abaye : selon R. Zera)
Les deux côtés de la question sur l'héritier.
13
תָּא שְׁמַע: דְּתָנֵי רַבִּי חַיָּיא — ״מֵעִמְּךָ״, פְּרָט לְיוֹרֵשׁ.

Viens et écoute : Rabbi Hiyya a enseigné — 'de toi' (me-imekha, Dt 23:22) exclut l'héritier.

💡 Explication

Réponse : la baraita de Rabbi Hiyya exégète le mot 'me-imekha' (de toi) du verset de bal téaher comme venant exclure l'héritier. L'héritier ne transgresse donc pas l'interdit pour le vœu de son père.

14
וְהַאי ״מֵעִמָּךְ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ, זֶה לֶקֶט שִׁכְחָה וּפֵאָה! קְרִי בֵיהּ ״עִמְּךָ״, וּקְרֵי בֵּיהּ ״מֵעִמָּךְ״.

Or ce 'me-imekha', on en a besoin [pour enseigner] ceci : [même] le glanage (leket), l'oubli (chikhécha) et le coin du champ (pea) [sont soumis à bal téaher] ! [Réponse :] lis-y 'imekha' (avec toi) et lis-y [aussi] 'me-imekha' (de toi) [on en déduit deux enseignements].

📜 Rachi (1)
קְרִי בֵיהּ עִמְּךָ וּמֵעַמְּךָ וּדְרֵישׁ בָּהּ תַּרְתֵּי דְּעִמְּךָ מַשְׁמַע לֵיהּ חֶלְקוֹ שֶׁל עָנִי וּמִ יַתִּירָא לִמְעוּטֵי יוֹרֵשׁ:
Lis-y 'imekha' et 'me-imekha' — il en exégète deux [choses] : 'imekha' (avec toi) lui indique la part du pauvre, et le mem superflu [vient] exclure l'héritier.
💡 Explication

Objection : le mot 'me-imekha' sert déjà à inclure dans bal téaher les dons aux pauvres — leket (glanage), chikhécha (gerbe oubliée) et pea (coin du champ). Réponse : R. Hiyya en tire deux leçons — 'imekha' (avec toi) inclut la part du pauvre, et le mem supplémentaire de 'me-imekha' exclut l'héritier.

15
בָּעֵי רַבִּי זֵירָא: אִשָּׁה, מַה הִיא ב״בל תְּאַחֵר״? מִי אָמְרִינַן: הָא לָא מִיחַייְּבָא בִּרְאִיָּה, אוֹ דִּלְמָא הָא אִיתַהּ בְּשִׂמְחָה?

Rabbi Zera demande : la femme (icha), qu'en est-il de 'bal téaher' ? Dit-on : elle n'est pas tenue de la comparution (reiya) [donc exempte], ou peut-être [au contraire] : elle est [tenue] de la joie (simha) [donc soumise à l'interdit] ?

📜 Rachi (1)
מִי אָמְרִי' הָא לָא מִיחַייְּבָא בִּרְאִיָּה דִּכְתִיב (דְּבָרִים טז) כָּל זְכוּרְךָ וְכֵיוָן דְּלָא מִיחַייְּבָא לְמִיסַּק לֹא שַׁייָּךְ בָּהּ זְמַן רְגָלִים לְבַל תְּאַחֵר אוֹ דִּלְמָא מִיחַייְּבָא לְמִיסַּק מִשּׁוּם שִׂמְחָה דִּכְתִיב (שָׁם) וְשָׂמַחְתָּ בְּחַגֶּךָ וְאָמַר מָר (פְּסָחִים ד' קט.) בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּבָשָׂר שְׁלָמִים שֶׁנֶּאֱמַר וְזָבַחְתָּ שְׁלָמִים וְאָכַלְתָּ שָּׁם (וְאָכַלְתָּ) וְשָׂמַחְתָּ:
Dit-on : elle n'est pas tenue de la comparution — comme il est écrit 'tout mâle parmi toi' (Dt 16:16) ; et dès lors qu'elle n'est pas tenue de monter [au Temple], le [délai des] fêtes pour bal téaher ne la concerne pas. Ou peut-être est-elle tenue de monter au titre de la joie, comme il est écrit (Dt 16:14) 'et tu te réjouiras en ta fête', et le Maître a dit (Pesahim 109a) : au temps où le Temple existe, il n'y a de joie que dans la chair des offrandes de paix, comme il est dit 'tu sacrifieras des offrandes de paix et tu [les] mangeras là et tu te réjouiras'.
🗂️ Tossefot (1)
הָא לֵיתָא בִּרְאָיָה. וְהוּא הַדִּין זָקֵן וְחוֹלֶה וּמִי שֶׁאֵין לוֹ קַרְקַע וְכָל הַפְּטוּרִים מִן הָרְאָיָה:
'Elle n'est pas [tenue] de la comparution' — et il en va de même de l'âge, du malade, de celui qui n'a pas de terre, et de tous ceux qui sont exemptés de la comparution.
💡 Explication

Seconde question de Rabbi Zera : la femme transgresse-t-elle bal téaher ? Elle est exempte du pèlerinage (reiya, mitsva positive liée au temps) — donc peut-être exempte de l'interdit ; ou bien, puisqu'elle est tenue de la joie de la fête (simha), elle y serait soumise.

🖼️ Schéma
Deux questions de R. Zera : qui est soumis à bal téaher ? L'héritier (yorésh) La femme (icha) Le père a fait le vœu, pas lui Exempte du pèlerinage (reiya) mais il est tenu d'apporter mais tenue de la joie (simha) Tranche : EXEMPTE Selon R. Zera : TENUE me-imekha exclut l'héritier car elle est dans la simha (R. Hiyya, Dt 23:22) (Abaye : selon R. Zera)
Les deux côtés de la question sur la femme.
16
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּהָא אִיתַהּ בְּשִׂמְחָה. וּמִי אָמַר אַבָּיֵי הָכִי? וְהָאָמַר אַבַּיֵּי: אִשָּׁה — בַּעְלָהּ מְשַׂמְּחָהּ! לִדְבָרָיו דְּרַבִּי זֵירָא קָאָמַר.

Abaye lui dit : déduis-le [plutôt] du fait qu'elle est [tenue] de la joie ! Et Abaye a-t-il [vraiment] dit cela ?

Or Abaye a dit : la femme — c'est son mari qui la réjouit ! [Réponse :] c'est selon les paroles de Rabbi Zera qu'il [le] dit.

📜 Rachi (1)
בַּעְלָהּ מְשַׂמְּחָהּ בְּבָבֶל בְּבִגְדֵי צִבְעוֹנִין בא"י בְּבִגְדֵי פִּשְׁתָּן הַמְגֹוהָצִים הָכִי אִיתָא בְּקִדּוּשִׁין (ד' לד:):
Son mari la réjouit — à Babylone par des vêtements de couleur, en Terre d'Israël par des vêtements de lin repassés ; ainsi est-il [enseigné] dans Kiddouchin (34b).
🗂️ Tossefot (2)
דְּהָא אִיתָּה בְּשִׂמְחָה. וְקָרֵינָא בָּהּ וּבָאתָ שָּׁמָּה וַהֲבֵאתֶם שָׁמָּה:
'Puisqu elle est [tenue] de la joie' — et l'on lit à son sujet 'et tu viendras là et vous apporterez là' (Dt 12:5-6).
אִשָּׁה בַּעְלָהּ מְשַׂמְּחָהּ. פֵּי' בַּקּוּנְטְ' בְּבָבֶל בִּבְגָדִים [צִבְעוֹנִים] ובא"י בִּכְלֵי פִּשְׁתָּן הַמְגֹוהָצִין כִּדְאִיתָא בְּקִדּוּשִׁין (ד' לד: וְשָׁם) וְקַשְׁיָא לר"ת דְּהָנֵי מִילֵּי בַּזְּמַן הַזֶּה אֲבָל בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּבָשָׂר כִּדְאָמַר בע"פ (פְּסָחִים ד' קט. וְשָׁם) וְעוֹד אָמְרִי' פּ"ק דַחֲגִיגָה (ד' ו. וְשָׁם) אַמַּתְנִי' דְּאֵיזֶה קָטָן כֹּל שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לֶאֱחֹוז בְּיָדוֹ [שֶׁל אָבִיו] לַעֲלוֹת מִירוּשָׁלַיִם לְהַר הַבַּיִת עַד הָכָא מַאן אַתְיֵיהּ וּמְשַׁנֵּי עַד הָכָא מִיחַייְּבָה אִמֵּיהּ בְּשִׂמְחָה מַשְׁמַע שֶׁזְּקוּקָה לַעֲלוֹת מִשּׁוּם שַׁלְמֵי שִׂמְחָה וּמְפָרֵשׁ ר"ת בַּעְלָהּ מְשַׂמְּחָהּ שֶׁהַחִיּוּב עַל בַּעְלָהּ וְלֹא עָלֶיהָ לְפִיכָךְ לָא קָרֵינָא בָּהּ וּבָאת שְׁמָהּ וְהָא דְּקָאָמַר בַּחֲגִיגָה דְּמִיחַייְּבָה אִמֵּיהּ מִשּׁוּם בַּעְלָהּ וְלֹא מִשּׁוּם הִיא וּמִיהוּ אַשְׁכְּחַן בִּפְסָחִים פ' אֵלּוּ דְּבָרִים (פְּסָחִים ד' עא.) אַפֵּי' בִּזְמַן שֶׁבהמ"ק קַייָּם הֵיכָא דְּלָא אֶפְשָׁר מְשַׂמְּחָהּ בִּכְסוּת נְקִיָּה וְיַיִן יָשָׁן כְּגוֹן הֵיכָא דְּחָל יו"ט רִאשׁוֹן שֶׁל חַג לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת דְּבָעֵינַן זְבִיחָה בִּשְׁעַת שִׂמְחָה:
'La femme — son mari la réjouit' — Rachi a expliqué : à Babylone par des vêtements de couleur, en Terre d'Israël par des ustensiles de lin repassés, comme dans Kiddouchin (34b). Et cela fait difficulté à Rabbenou Tam, car ceci ne vaut qu'au temps présent ; mais au temps où le Temple existe, il n'y a de joie que dans la chair [des offrandes], comme il est dit dans 'Arvei Pesahim' (Pesahim 109a). De plus, nous disons au premier chapitre de Haguiga (6a), sur la michna 'quel [est le] petit [tenu de monter] ? Celui qui ne peut tenir la main de son père pour monter de Jérusalem au mont du Temple' — 'jusqu où ? qui l'amène ?', et l'on répond 'jusque-là sa mère est tenue au titre de la joie', ce qui donne à entendre qu'elle doit monter au titre des offrandes de paix de la joie. Et Rabbenou Tam explique : 'son mari la réjouit' — [signifie que] l'obligation incombe au mari et non à elle, c'est pourquoi on ne lit pas à son sujet 'et tu viendras là' ; et ce que dit Haguiga, qu'elle est tenue, [c'est] au titre [de l'obligation] de son mari et non au titre d'elle-même. Toutefois nous trouvons dans Pesahim, au chapitre 'Elou devarim' (71a), que même au temps où le Temple existe, la où ce n'est pas possible, on la réjouit par un vêtement propre et du vin vieux — par exemple lorsque le premier jour de fête de Souccot tombe un Chabbat, où l'on exige que l'abattage se fasse au moment de la joie.
💡 Explication

Abaye répond à R. Zera : la femme est soumise à bal téaher parce qu'elle est tenue de la joie. Objection : Abaye tient pourtant que la femme n'a pas d'obligation propre — 'c'est son mari qui la réjouit' ! Réponse : Abaye parlait selon l'avis de R. Zera (pour qui la femme est bien tenue de la joie), non selon le sien.

17
אִיבַּעְיָא לְהוּ: בְּכוֹר, מֵאֵימָתַי מוֹנִין לוֹ שָׁנָה? אַבַּיֵּי אָמַר: מִשָּׁעָה שֶׁנּוֹלַד, רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: מִשָּׁעָה שֶׁנִּרְאָה לְהַרְצָאָה.

On leur a demandé : le premier-né (bekhor), à partir de quand lui compte-t-on [son] année ? Abaye dit : depuis l'heure où il est né.

Rav Aha bar Yaakov dit : depuis l'heure où il devient apte à l'offrande (le-hartsaa).

💡 Explication

Nouvelle question : pour le bekhor, à partir de quand compte-t-on l'année (pertinente pour bal téaher) ? Abaye : dès la naissance. Rav Aha bar Yaakov : dès qu'il devient apte à l'offrande (le-hartsaa), c'est-à-dire dès son huitième jour (cf. Lv 22:27).

18
וְלָא פְּלִיגִי: הָא בְּתָם,

Et ils ne divergent pas [réellement] : ceci [Rav Aha, qui compte depuis l'aptitude à l'offrande, parle] d'un [premier-né] sans défaut (tam),

📜 Rachi (1)
הָא בְּתָם דְּקָאֵי לְהַרְצָאָה מִשֶּׁנִּרְאָה לְהַרְצָאָה:
Ceci [parle] d'un [premier-né] sans défaut — qui se tient [prêt] à l'offrande depuis qu'il devient apte à l'offrande.
💡 Explication

La Guemara concilie : les deux avis ne se contredisent pas. Rav Aha (compte depuis l'aptitude à l'offrande) parle du bekhor sans défaut (tam), qui doit être offert sur l'autel. [La suite — le cas du bekhor avec défaut — se poursuit sur 7a.]

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).