Shabbat 101b — Barques attachées, erouv et paroi faite le Chabbat

Shabbat 101b

Sougya : Le daf conclut la preuve de Rav Achi : la paroi suspendue n'est efficace que dans l'eau, et le passage des poissons ne compte pas comme passage. Il passe ensuite à la mishna des barques attachées : Rava y lit une permission de transporter par une petite barque intermédiaire, Rav Safra la rejette et y lit l'obligation d'un erouv, appuyée sur une baraita (barques détachées puis rattachées, nattes enroulées puis étendues).

La Guemara concilie cette baraita avec Rav Nahman, pour qui une paroi faite volontairement le Chabbat ne sert que pour lancer. Enfin, Chemouel admet même le fil d'une encolure pour attacher les barques, à la différence de la tuma, où il exige une chaîne de fer.

Barques attachées : deux lectures de la mishnaeau = karmelitbarque Abitsit (petite barque)non attachéebarque Battache (même hout hasarbal)Rava (rejeté)La mishna viendrait permettrede transporter de A à Ben passant par la bitsit,libre entre les deux.Rav Safra : Moche, tu dis bien ?La mishna dit : de l'une à l'autre,sans barque intermédiaire.Rav Safra (retenu)La mishna enseigne qu'il fautun erouv entre les barques(deux propriétaires).attachées -> erouv, transport permisdétachées -> interditrattachées (même mezid)-> retour à la permission
La mishna des barques attachées selon Rava et selon Rav Safra.
Une paroi faite le Chabbat : à quoi sert-elle ?Paroi faite le Chabbatchem mehitsa (elle compte)Chogeg / anous / mouta(inadvertance, contrainte, erreur)-> retour à la permission premièreMezid (volontairement)Rav Nahman : valable pour zorek(lancer), transport interditPourquoi le transport interdit ?kenas (amende) des Sagescontre celui qui a agi mezidRachiLa baraita : retour à la permissionpour chogeg, anous, mouta seulement.Mezid se rapporte à chem mehitsa= pour lancer, comme Rav Nahman.Rabbenou Tam (Tossefot, Roch)Rav Nahman : paroi qui CRÉE un r. hayahid.Barques, nattes : permis même mezid.
Paroi faite le Chabbat : la baraita, Rav Nahman, Rachi et Rabbenou Tam.
Attacher une barque : tuma et ChabbatTuma (mishna Ohalot 8,5)Attachée par ce qui la retient :elle amène la tuma.Chemouel : par une chaîne de fer.Chabbat (notre mishna)Attachée par ce qui peut la retenir :une seule rechout, simple heker (signe).Chemouel : même le fil de l'encolure.Pourquoi le fer ?Rachi : herev kehalal (l'épée estcomme le cadavre) -> av hatuma.Tossefot : fer = attache solide,la barque ne bouge plus -> ohel.Chemouel lachonSes deux paroles se distinguent :le fil suffit pour Chabbat,il ne suffit pas pour la tuma.
Chemouel : chaîne de fer pour la tuma, fil de l'encolure pour le Chabbat.
1
אֶלָּא בְּמַיִם, קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם. וְאַמַּאי, הָא אִיכָּא בְּקִיעַת דָּגִים? אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה — בְּקִיעַת דָּגִים לֹא שְׁמָהּ בְּקִיעָה.

que dans l'eau : c'est une indulgence que les Hakhamim ont accordée pour l'eau. Et pourquoi ?

Il y a pourtant le passage des poissons ! Déduis-en donc : le passage des poissons ne s'appelle pas un passage.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא בְּמַיִם כְּגוֹן גְּזֻוזְטְרָא שֶׁהִיא לְמַעְלָה מִן הַיָּם דִּתְנַן בְּעֵירוּבִין (דַּף פז:) דְּעוֹשֶׂה מְחִיצָּה תְּלוּיָה סָבִיב וּמְמַלֵּא וְכֵן בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵרוֹת וְחִלְּקוּ בִּמְחִיצָּה תְּלוּיָה מִלְמַעְלָה מְמַלֵּא זֶה מִכָּאן וְזֶה מִכָּאן וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא עֵירְבוּ (שָׁם דַּף פו.):
Que dans l'eau : par exemple un balcon qui est au-dessus de la mer, comme nous avons appris dans Erouvin (87b) : on fait une paroi suspendue autour et on puise ; et de même un puits situé entre deux cours, que l'on a divisé par une paroi suspendue en haut : celui-ci puise de ce côté et celui-là de l'autre, bien qu'ils n'aient pas fait d'erouv (ibid. 86a).
הָא אִיכָּא בְּקִיעַת דָּגִים גַּבֵּי גְּזֻוזְטְרָא כָּךְ נִרְאֶה שִׁיטָה זוֹ בְּעֵינַי וְעַל מַה שֶׁפֵּירְשׁוּ רַבּוֹתַי תָּמַהְתִּי [שֶׁהֵם פֵּירְשׁוּ] דְּהַאי מִידֵּי אִירְיָא הָתָם מִשּׁוּם דַּהֲוָה לֵיהּ מְחִיצָּה שֶׁהַגְּדָיִים בּוֹקְעִים בָּהּ רַב יוֹסֵף קָא מַהְדַּר לֵיהּ לְאַבַּיֵּי הָכִי מִידִי אִירְיָא הַךְ דְּעַמּוּד לִדְהָכָא הָתָם מִשּׁוּם דְּהָוֵי מְחִיצָה שֶׁהַגְּדָיִים בּוֹקְעִין בָּהּ וּצְרִיכָה לְגוּד אַחִית הִלְכָּךְ אָמְרִינַן בָּהּ גּוּד אַחִית אֲבָל גַּבֵּי סְפִינָה דְּלֵיכָּא בְּקִיעַת גְּדָיִים לָא אָמְרִינַן גּוּד אַחִית וְתָמַהְתִּי אִם אָמְרוּ רַבּוֹתַי כֵּן דְּאִי אֶפְשָׁר לְאוֹמְרוֹ דְּהָא בפ"ק דְּעֵירוּבִין בִּתְרֵי דֻּוכְתֵי (דַּף יד: וְדַף טז.) אָמְרִינַן בְּקִיעַת גְּדָיִים לְעַכּוֹבֵי גּוּד אַחִית דְּלָא לֵימְרֵיהּ בִּמְחִיצָּה תְּלוּיָה וְהָכָא הֵיכִי אָמְרִינַן דִּמְהַנֵּי גַּבֵּי גּוּד אַחִית וְעוֹד מַאי דֻּוחְקֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְשַׁנּוֹיֵי הָכִי נֵימָא לֵיהּ הָא מַנִּי רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה הִיא וְאַבַּיֵּי גּוּפֵיהּ מַאי מוֹתִיב לֵיהּ וְאַתְּ לָא תִּסְבְּרָא הָא וַדַּאי רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה הִיא דְּהָא חָזֵינַן דַּחֲכָמִים פּוֹטְרִים גַּבֵּי טְרַסְקָל אֶלָּא ע"כ הַאי מִידִי אִירְיָא מַסְּקָנָא דְּמִילְּתֵיהּ דְּאַבַּיֵּי הִיא וּלְמֵימַר דְּרַבָּנָן קָאָמְרִי לָהּ דְּלָא דָּמְיָא לִטְרַסְקָל אֶלָּא לִסְפִינָה:
Il y a pourtant le passage des poissons : à propos du balcon. Telle me semble être cette explication. Et de ce que mes maîtres ont expliqué, je me suis étonné : [ils ont expliqué] que [la phrase] est-ce comparable, là-bas c'est parce que c'est une paroi que traversent les chevreaux, est la réponse de Rav Yossef à Abaye : est-ce comparable, ce [cas] de la colonne à celui d'ici ? Là-bas, puisque c'est une paroi que traversent les chevreaux, elle a besoin de gud ahit, c'est pourquoi on y dit gud ahit ; mais pour la barque, où il n'y a pas de passage de chevreaux, on ne dit pas gud ahit. Et je me suis étonné que mes maîtres aient dit cela, car il est impossible de le dire : au premier chapitre d'Erouvin, a deux endroits (14b et 16a), nous disons que le passage des chevreaux empêche le gud ahit, qu'on ne le dise pas pour une paroi suspendue ; et ici, comment dirions-nous qu'il aide pour le gud ahit ? De plus, qu'est-ce qui a contraint Rav Yossef à répondre ainsi ? Qu'il lui dise : de qui est [cette baraita] ? C'est Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda. Et Abaye lui-même, que lui objecte-t-il ? Et toi, ne le penses-tu pas ? Ceci est certainement Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, puisque nous voyons que les Hakhamim exemptent pour la corbeille. C'est donc forcément que [la phrase] est-ce comparable est la conclusion du propos d'Abaye, pour dire que les Rabbanan le disent [aussi], car [la colonne] ne ressemble pas à la corbeille, mais à la barque.
💡 Explication

Fin de la preuve de Rav Achi. Rav a répondu à Rabbi Tavlà qu'une mehitsa teloula (paroi suspendue) n'est efficace que dans l'eau, par une indulgence des Sages. Or, sous une paroi suspendue au-dessus de l'eau, des poissons passent. Si leur passage annulait la paroi, cette indulgence n'aurait aucun effet. On en conclut que la bekiat dagim (passage des poissons) ne compte pas, ce qui permet de dire gud ahit pour la barque.

2
סְפִינוֹת קְשׁוּרוֹת כו׳. פְּשִׁיטָא! אָמַר רָבָא: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְהַתִּיר בִּיצִּית שֶׁבֵּינֵיהֶן.

Des barques attachées, etc. C'est évident !

Rava a dit : ce n'est nécessaire que pour permettre [le transport par] la bitsit (petite barque) qui est entre elles.

📜 Rachi (3)
פְּשִׁיטָא דְּמִטַּלְטְלִין:
C'est évident : qu'on transporte.
לָא נִצְרְכָא מְטַלְטְלִין דְּמַתְנִי' אֶלָּא לְטַלְטֵל מִזּוֹ לְזוֹ דֶּרֶךְ בִּיצִּית קְטַנָּה שֶׁבֵּין שְׁתֵּי הַגְּדוֹלוֹת ואע"פ שֶׁאֵינָהּ קְשׁוּרָה נִיתֶּרֶת ע"י קְשִׁירַת שְׁתַּיִם הַחִיצוֹנוֹת וְלָא חָיְישִׁינַן דִּילְמָא מִישְׁתַּקְלָא מִבֵּינַייְהוּ וְקָא מְטַלְטֵל דֶּרֶךְ אֲוִיר כַּרְמְלִית:
Ce n'est nécessaire : ce qu'on transporte [selon] notre mishna, que pour transporter de l'une à l'autre par la petite bitsit qui est entre les deux grandes ; bien qu'elle ne soit pas attachée, elle devient permise par l'attache des deux extérieures, et on ne craint pas qu'elle se retire d'entre elles et qu'on transporte par l'air de la karmelit.
בִּיצִּית הַייְנוּ בִּיצִּיָּאתָא דִּלְעֵיל:
Bitsit : c'est la bitsiata [mentionnée] plus haut.
🗂️ Tossefot (1)
פְּשִׁיטָא אָמַר רָבָא לֹא נִצְרְכָא כּוּ' הַשְׁתָּא ס"ד דְּמַייְרֵי שֶׁשְּׁתֵּי הַסְּפִינוֹת שֶׁל אָדָם אֶחָד וּלְהָכִי פָּרִיךְ פְּשִׁיטָא וּכְשֶׁאֵינָן קְשׁוּרוֹת אֵין מְטַלְטְלִין דִּגְזֵירָה שֶׁמָּא יִפֹּול הַחֵפֶץ אֶל הַמַּיִם וּמְטַלְטֵל מרה"י לְכַרְמְלִית וְאָתֵי לַאֲתוּיֵי אע"ג דִּלְעֵיל גַּבֵּי ב' בָּתִּים (דַּף צז.) לָא גָּזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאֵתוּיֵי הָכָא בִּסְפִינוֹת דְּלָא קְבִיעִי אִיכָּא לְמִיגְזַר טְפֵי דִּילְמָא נָפֵיל וּמַסִּיק לָא נִצְרְכָא אֶלָּא לְעָרֵב וּלְטַלְטֵל וקמ"ל דְּעֵירוּב מְהַנֵּי בִּסְפִינוֹת אע"פ שֶׁאֵין קְבוּעוֹת שָׁם דס"ד כֵּיוָן שֶׁאֵין עֲתִידוֹת לִהְיוֹת שָׁם לֹא יֵהָנֶה עֵירוּב קמ"ל דִּמְהַנֵּי וְעוֹד מְפָרֵשׁ רִ"י דְּמֵעִיקָּרָא נָמֵי הֲוָה אַייְרֵי בִּסְפִינוֹת שֶׁל שְׁנֵי בְּנֵי אָדָם וע"י עֵירוּב קָאָמַר דִּמְטַלְטְלִין מִזּוֹ לְזוֹ וְאַפֵּ"ה פָּרִיךְ פְּשִׁיטָא דִּמְהַנֵּי עֵירוּב וּלְהָכִי כְּשֶׁאֵין קְשׁוּרוֹת אֵין מְטַלְטְלִין דְּלָא מְהַנֵּי הָתָם עֵירוּב וּמַסִּיק לָא נִצְרְכָא אֶלָּא לְעָרֵב וּלְטַלְטֵל וַאֲפִילּוּ נִפְסְקוּ כֵּיוָן דְּחָזְרוּ וְנִתְקַשְּׁרוּ וְכִדְתַנְיָא כו':
C'est évident ! Rava a dit : ce n'est nécessaire, etc. : on pense maintenant qu'il s'agit de deux barques appartenant à un seul homme ; c'est pourquoi il objecte : c'est évident. Et quand elles ne sont pas attachées, on ne transporte pas, par décret de peur que l'objet tombe à l'eau, qu'on transporte du reshout hayahid vers la karmelit et qu'on vienne à le ramener. Bien que plus haut, à propos de deux maisons (97a), on ne décrète pas de peur qu'on vienne à le ramener, ici, pour des barques qui ne sont pas fixes, il y a davantage lieu de décréter, de peur qu'il tombe et qu'on le remonte. Et il conclut : ce n'est nécessaire que pour faire un erouv et transporter ; il nous apprend que l'erouv est efficace pour des barques bien qu'elles ne soient pas fixées là ; car on aurait pu penser que, puisqu'elles ne sont pas destinées à rester là, l'erouv ne serait pas efficace ; il nous apprend qu'il est efficace. Et le Ri explique encore que dès le départ aussi, il s'agissait de barques de deux personnes, et c'est par un erouv qu'il dit qu'on transporte de l'une à l'autre ; et malgré cela il objecte : il est évident que l'erouv est efficace ! C'est pourquoi, quand elles ne sont pas attachées, on ne transporte pas, car là l'erouv n'est pas efficace. Et il conclut : ce n'est nécessaire que pour faire un erouv et transporter, même si elles se sont détachées, puisqu'elles se sont rattachées, comme il a été enseigné, etc.
💡 Explication

La mishna (100b) enseigne : des barques attachées l'une à l'autre, on transporte de l'une à l'autre. La Guemara s'étonne : attachées, elles forment un seul domaine, c'est évident. Rava répond que la nouveauté porte sur une bitsit, petite barque non attachée placée entre les deux grandes : on peut transporter à travers elle, sans craindre qu'elle se retire et qu'on transporte par l'air de la karmelit.

3
אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא: מֹשֶׁה, שַׁפִּיר קָאָמְרַתְּ?! ״מְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ״ תְּנַן! אֶלָּא אָמַר רַב סָפְרָא: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְעָרֵב וּלְטַלְטֵל מִזּוֹ לָזוֹ, וְכִדְתַנְיָא: סְפִינוֹת קְשׁוּרוֹת זוֹ בָּזוֹ — מְעָרְבִין וּמְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ. נִפְסְקוּ — נֶאֶסְרוּ. חָזְרוּ וְנִקְשְׁרוּ, בֵּין שׁוֹגְגִין וּבֵין מְזִידִין בֵּין אֲנוּסִין בֵּין מֻוטְעִין — חָזְרוּ לְהֶיתֵּרָן הָרִאשׁוֹן.

Rav Safra lui a dit : Moche, dis-tu bien ? Nous avons appris : on transporte de l'une à l'autre !

Rav Safra a donc dit : ce n'est nécessaire que pour faire un erouv et transporter de l'une à l'autre, comme il a été enseigné : des barques attachées l'une à l'autre, on fait un erouv et on transporte de l'une à l'autre. Se sont-elles détachées, elles deviennent interdites.

Se sont-elles rattachées, que ce soit par inadvertance (chogeguin), volontairement (mezidin), par contrainte (anoussin) ou par erreur (mouta'in), elles reviennent à leur permission première.

📜 Rachi (7)
מֹשֶׁה כְּלוֹמַר רַבֵּינוּ בְּדוֹרוֹ כְּמֹשֶׁה בְּדוֹרוֹ:
Moche : c'est-à-dire notre maître dans sa génération, comme Moche dans sa génération.
שַׁפִּיר קָאָמְרַתְּ בִּתְמִיהַּ:
Dis-tu bien : sur le ton de l'étonnement.
מִזּוֹ לְזוֹ תְּנַן מַשְׁמַע שֶׁאֵין אַחֶרֶת מַפְסֶקֶת לִיכָּנֵס בָּהּ הַמִּטַּלְטֵל הַזֶּה:
Nous avons appris : de l'une à l'autre : cela implique qu'aucune autre n'interrompt, dans laquelle cet objet transporté entrerait.
לְעָרֵב הָא אַשְׁמוֹעִינַן בְּמַתְנִיתִין דַּאֲפִילּוּ שְׁתֵּי הַסְּפִינוֹת לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁצְּרִיכִין לְעָרֵב מְעָרְבִין וּמְטַלְטְלִין:
Faire un erouv : ceci nous est appris dans notre mishna : même si les deux barques [appartiennent] à deux personnes, qui ont besoin de faire un erouv, on fait un erouv et on transporte.
נִפְסְקוּ בָּטֵל הָעֵירוּב מִפְּנֵי שֶׁנִּפְרָדוֹת:
Se sont-elles détachées : l'erouv est annulé, parce qu'elles sont séparées.
שׁוֹגְגִין שִׁגְגַת שַׁבָּת אוֹ שִׁגְגַת מְלָאכוֹת:
Par inadvertance : inadvertance quant au Chabbat ou inadvertance quant aux melakhot.
מֻוטְעִין מִתְעַסְּקִין בְּדָבָר אַחֵר לְקָושְׁרוֹ וְנִקְשַׁר זֶה:
Par erreur : occupés à autre chose, pour attacher cela, et celle-ci s'est attachée.
🗂️ Tossefot (1)
נִפְסְקוּ נֶאֶסְרוּ וְלָא דָּמֵי לְעֵירַב דֶּרֶךְ הַפֶּתַח וְנִסְתַּם דְּאָמַר רַב הוּנָא וְרַב יְהוּדָה בספ"ק דְּעֵירוּבִין (דַּף יז.) דְּשַׁבָּת הוֹאִיל וְהֻותְּרָה הֻותְּרָה דְּהָכָא כֵּיוָן דְּנִפְסְקוּ הָוֵי כְּאִילּוּ הָוֵי רה"ר בֵּינֵיהֶם וְאִם עֵירְבוּ ג' בָּתִּים (בֵּינֵיהֶם) וְנָפַל הָאֶמְצָעִי וְנַעֲשָׂה רה"ר פְּשִׁיטָא דְּלָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְהַיְּתֵרָה הֻותְּרָה:
Se sont-elles détachées, elles deviennent interdites : et ce n'est pas comparable à celui qui a fait un erouv par la porte et [la porte] s'est bouchée, où Rav Houna et Rav Yehouda ont dit à la fin du premier chapitre d'Erouvin (17a) : le Chabbat, puisqu'il a été permis, il est resté permis. Car ici, puisqu'elles se sont détachées, c'est comme s'il y avait entre elles un reshout harabim ; et si trois maisons ont fait un erouv et que celle du milieu est tombée et est devenue un reshout harabim, il est évident qu'on ne dit pas : puisqu'il a été permis, il est resté permis.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אִיתְּמַר סְפִינָה רַב הוּנָא אוֹמֵר מוֹצִיא מִמֶּנָּה זִיז כָּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא רַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אֲמַרוּ עוֹשֶׂה מָקוֹם אַרְבַּע וּמְמַלֵּא פִּי' עוֹשֶׂה מָקוֹם רֹוחַב אַרְבַּע מֻוקָּף מְחִיצּוֹת גְּבוֹהוֹת עֲשָׂרָה וּמְמַלֵּא דֶּרֶךְ אוֹתוֹ מָקוֹם וְרוֹאִין אָנוּ אֶת הַמְּחִיצּוֹת כְּאִלּוּ הֵן מַגִּיעוֹת לַמַּיִם דִּמְחִיצָּה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת בַּמַּיִם. וְהִלְכְתָא כְּוָותַייְהוּ דַּהֲוָה לֵיהּ רַב הוּנָא חַד וְהָנֵי תְּרֵי וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל אֶחָד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם. אֲבָל שׁוֹפְכִין דִּידֵיהּ שׁוֹפֵךְ אַדֻּופְנֵי דִּסְפִינָה ואע"ג דְּנָחֲתִי מִכֹּחוֹ לַיָּם כֹּחוֹ בְּכַרְמְלִית לֹא גְּזוּר. סְפִינוֹת קְשׁוּרוֹת זוֹ לְזוֹ מְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ וְעַל יְדֵי עֵירוּב כִּדְרַב סִפְרָא וְכִדְתַנְיָא סְפִינוֹת קְשׁוּרוֹת זוֹ לְזוֹ מְעָרְבִין וּמְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ נִפְסְקוּ נֶאֶסְרוּ. חָזְרוּ וְנִתְקַשְּׁרוּ בֵּין שׁוֹגְגִין בֵּין מְזִידִין בֵּין אֲנוּסִין בֵּין מֻוטְעִין חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן. וְכֵן מַחְצְלָאוֹת הַפְּרוּסוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים מְעָרְבִין וּמְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ. נִגְלְלוּ נֶאֶסְרוּ חָזְרוּ וְנִפְרְסוּ בֵּין שׁוֹגְגִין בֵּין מְזִידִין בֵּין אֲנוּסִין בֵּין מֻוטְעִין חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן. שֶׁכָּל מְחִיצָּה הַנַּעֲשֵׂית בַּשַּׁבָּת בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד שְׁמָהּ מְחִיצָה. אִינִי וְהָאָמַר רַב נַחְמָן לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לִזְרוֹק אֲבָל לְטַלְטֵל אָסוּר. כִּי אִיתְּמַר דְּרַב נַחְמָן אַמֵּזִיד אִיתְּמַר. פרש"י וְהַאי דְּקָתָנֵי חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן לָא קָאֵי אַמֵּזִיד וְלָא נְהִירָא דְּא"כ אַמַּאי קָתָנֵי מְזִידִין וְהוּא עִיקַּר הַחִידּוּשׁ וְאִי לָא קָאֵי עָלֶיהָ אַמַּאי תַּנְייֵהּ. וְגַם מַה שפירש"י דְּרַב נַחְמָן קָאֵי אַסֵּיפָא דְּהַךְ בָּרַיְיתָא לָא נְהִירָא דְּא"כ בְּמַסֶּכֶת עֵירוּבִין דְּהַךְ בָּרַיְיתָא עִיקָּרָהּ שְׁנוּיָה שָׁם ה"ל לְאֵיתוֹיֵי עֲלָהּ מִילְּתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן. וּפִי' ר"ת דְּמִילְּתָא דְּרַב נַחְמָן בְּעָלְמָא אִיתְּמַר אַמְּחִיצָּה הַנַּעֲשֵׂית בְּמֵזִיד וְלֹא אַהַךְ בָּרַיְיתָא וְאַגַּב דְּהֵבִיא הַךְ בָּרַיְיתָא הָכָא אַמִּילְּתָא דְּרַב סָפְרָא דְּמַתִּיר לְעָרֵב וּלְטַלְטֵל אֲפִילּוּ נִפְסְקוּ וְחָזְרוּ וְנִקְשְׁרוּ פָּרִיךְ מִינָּהּ לְרַב נַחְמָן. וְהָכִי פֵּירוּשָׁא דְּבָרַייְתָא מַחְצְלָאוֹת הַפְּרוּסוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים כְּעֵין בָּתִּים זוֹ אֵצֶל זוֹ מְעָרְבִין וּמְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ כְּמוֹ כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת וְיֵשׁ בֵּינֵיהֶן חַלּוֹן אוֹ כֹּותֶל שֶׁאִם רָצוּ מְעָרְבִין שְׁנַיִם וְאִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד נִגְלְלוּ נֶאֶסְרוּ פֵּירוּשׁ אִם עֵירְבוּ שְׁנַיִם וְסָמְכוּ עַל פְּרִיסַת מַחְצְלָאוֹת שֶׁבֵּינֵיהֶם כְּשֶׁנִּגְלְלוּ נֶאֶסְרוּ כְּמוֹ שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת שֶׁנִּפְרְצוּ בִּמְלוֹאָן זוֹ לְתוֹךְ זוֹ. חָזְרוּ וְנִפְרְסוּ וְכוּ' חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן דְּהָיוּ כִּשְׁתֵּי חֲצֵירוֹת וּמִטַּלְטְלִין אֵלּוּ בְּכָאן וְאֵלּוּ בְּכָאן. שֶׁכָּל מְחִיצָּה הַנַּעֲשֵׂית בְּשַׁבָּת כו' טַעְמָא קָיָהֵיב לְמִילְּתֵיהּ דקי"ל בְּעָלְמָא מְחִיצָּה הַנַּעֲשֵׂית בְּשַׁבָּת וַאֲפִילּוּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים שְׁמָהּ מְחִיצָּה וְכָל שֶׁכֵּן הָכָא דְּהַאי מְחִיצָּה אֵינָהּ בָּאָה אֶלָּא לְהַתִּיר אִיסּוּר דִּיּוּרִין שֶׁל שְׁתֵּי הַחֲצֵירוֹת הִלְכָּךְ חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן אֲפִילּוּ מְזִידִין דְּלָא שַׁיָּיךְ לְמִילְּתֵיהּ דְּרַב נֶאֱמָן כְּלָל דְּרַב נַחְמָן אַיְירֵי בְּעוֹשֶׂה מְחִיצָּה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים שֶׁעַל יָדָהּ נַעֲשֵׂית רְשׁוּת הַיָּחִיד אֲבָל הָכָא בְּלֹא הַךְ מְחִיצָּה נַעֲשֵׂית רְשׁוּת הַיָּחִיד וְהַמְּחִיצָּה אֵינָהּ בָּאָה אֶלָּא לְחַלֵּק הַדָּיּוֹרִין. וּמִסֵּיפָא דְּקָתָנֵי שֶׁכָּל מְחִיצָּה הַנַּעֲשֵׂית בְּשַׁבָּת שְׁמָהּ מְחִיצָּה דְּמַשְׁמַע אֲפִילּוּ לְטַלְטֵל דֻּומְיָא דְּרֵישָׁא פָּרִיךְ אַהַהִיא דְּרַב נַחְמָן דְּאִיתְּמַר בְּעָלְמָא וּמְשַׁנֵּי דְּרַב נַחְמָן אַמֵּזִיד אִיתְּמַר הֵיכָא דְּעוֹשֶׂה מְחִיצָּה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְהַךְ דְּמַחְצְלָאוֹת חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן וַאֲפִילּוּ בְּמֵזִיד:
Guemara. Il a été dit : une barque — Rav Houna dit : on en fait sortir une saillie (ziz) de n'importe quelle taille et on puise ; Rav Hisda et Rabba bar Rav Houna ont dit : on fait un emplacement de quatre et on puise. Explication : on fait un emplacement de quatre [tefahim] de large, entouré de parois hautes de dix, et on puise par cet emplacement ; et nous considérons les parois comme si elles atteignaient l'eau, car une paroi suspendue rend permis dans l'eau. Et la halakha est selon eux, car Rav Houna est seul et ceux-là sont deux, et les paroles d'un seul ne comptent pas face à deux. Mais ses eaux usées, il les verse sur la paroi de la barque ; et bien qu'elles descendent par sa force dans la mer, pour koho (sa force) dans une karmelit, on n'a pas décrété. Des barques attachées l'une à l'autre : on transporte de l'une à l'autre, et par un erouv, comme Rav Safra, et comme il a été enseigné : des barques attachées l'une à l'autre, on fait un erouv et on transporte de l'une à l'autre ; se sont-elles détachées, elles deviennent interdites ; se sont-elles rattachées, que ce soit par inadvertance, volontairement, par contrainte ou par erreur, elles reviennent à leur permission première. Et de même, des nattes étendues dans le domaine public : on fait un erouv et on transporte de l'une à l'autre ; se sont-elles enroulées, elles deviennent interdites ; se sont-elles de nouveau étendues, que ce soit par inadvertance, volontairement, par contrainte ou par erreur, elles reviennent à leur permission première, car toute paroi faite le Chabbat, que ce soit par inadvertance ou volontairement, s'appelle paroi. Est-ce vrai ? Rav Nahman n'a-t-il pas dit : on ne l'a enseigné que pour lancer, mais pour transporter c'est interdit ? Quand [la parole] de Rav Nahman a été dite, elle a été dite à propos de [celui qui agit] volontairement. Rachi a expliqué : ce qu'il enseigne, elles reviennent à leur permission première, ne se rapporte pas à volontairement. Et cela n'est pas satisfaisant : s'il en était ainsi, pourquoi enseigne-t-il volontairement, alors que c'est l'essentiel de la nouveauté ? Et si cela ne s'y rapporte pas, pourquoi l'a-t-il enseigné ? De même, ce qu'a expliqué Rachi, que [la parole de] Rav Nahman se rapporte à la fin de cette baraita, n'est pas satisfaisant, car alors, dans le traité Erouvin, où cette baraita est principalement enseignée, il aurait fallu y rapporter la parole de Rav Nahman. Et Rabbenou Tam a expliqué que la parole de Rav Nahman a été dite de manière générale, à propos d'une paroi faite volontairement, et non à propos de cette baraita ; et puisqu'il a apporté ici cette baraita à propos de la parole de Rav Safra, qui permet de faire un erouv et de transporter même si elles se sont détachées puis rattachées, il en tire une objection contre Rav Nahman. Et voici l'explication de la baraita : des nattes étendues dans le domaine public, comme des maisons l'une à côté de l'autre : on fait un erouv et on transporte de l'une à l'autre, comme un mur entre deux cours, avec une fenêtre entre elles, ou un mur, ou, s'ils le veulent, ils font deux erouvin, et s'ils le veulent, ils font un seul erouv. Se sont-elles enroulées, elles deviennent interdites : c'est-à-dire, s'ils avaient fait deux erouvin en s'appuyant sur l'étendue des nattes entre eux, lorsqu'elles se sont enroulées, elles deviennent interdites, comme deux cours dont la séparation s'est ouverte sur toute sa largeur, l'une dans l'autre. Se sont-elles de nouveau étendues, etc., elles reviennent à leur permission première : car elles étaient comme deux cours, et ceux-ci transportent ici et ceux-là là. Car toute paroi faite le Chabbat, etc. : il donne la raison de son propos, car nous tenons en général qu'une paroi faite le Chabbat, même dans le domaine public, s'appelle paroi ; à plus forte raison ici, où cette paroi ne vient que pour lever l'interdit lié aux habitants des deux cours. C'est pourquoi elles reviennent à leur permission première, même volontairement, car la parole de Rav Nahman ne s'y applique pas du tout : Rav Nahman parle de celui qui fait une paroi dans le domaine public, par laquelle se forme un domaine privé ; ici, sans cette paroi, [l'endroit] est déjà un domaine privé, et la paroi ne vient que pour séparer les habitants. Et de la fin, qui enseigne : car toute paroi faite le Chabbat s'appelle paroi, ce qui implique même pour transporter, à l'image du début, il objecte contre cette [parole] de Rav Nahman dite de manière générale ; et il répond que [la parole de] Rav Nahman a été dite à propos de [celui qui agit] volontairement, là où on fait une paroi dans le domaine public ; et ce [cas] des nattes, elles reviennent à leur permission première, même volontairement.
💡 Explication

Rav Safra appelle Rava Moche : le maître de sa génération, comme Moche dans la sienne. L'objection porte sur les mots mizo lezo (de l'une à l'autre) : ils impliquent qu'aucune autre barque ne s'interpose.

Selon Rav Safra, la mishna parle de barques appartenant à deux personnes : elles ont besoin d'un erouv, comme deux cours. La baraita ajoute que la séparation des barques annule l'erouv, et que leur nouvelle attache le rétablit, même si elle a été faite mezid. Les quatre termes : chogeg (oubli du Chabbat ou de l'interdit), mezid (volontaire), anous (contraint), mouta (occupé à autre chose, la corde s'est nouée).

4
וְכֵן מַחְצָלוֹת הַפְּרוּסוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים — מְעָרְבִין וּמְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ. נִגְלְלוּ — נֶאֶסְרוּ. חָזְרוּ וְנִפְרְשׂוּ, בֵּין שׁוֹגְגִין בֵּין מְזִידִין בֵּין אֲנוּסִין וּבֵין מֻוטְעִין — חָזְרוּ לְהֶיתֵּרָן הָרִאשׁוֹן, שֶׁכָּל מְחִיצָה שֶׁנַּעֲשֵׂת בַּשַּׁבָּת, בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד — שְׁמָהּ מְחִיצָּה.

Et de même, des nattes étendues vers le domaine public : on fait un erouv et on transporte de l'une à l'autre. Se sont-elles enroulées, elles deviennent interdites.

Se sont-elles de nouveau étendues, que ce soit par inadvertance, volontairement, par contrainte ou par erreur, elles reviennent à leur permission première, car toute paroi faite le Chabbat, que ce soit par inadvertance ou volontairement, s'appelle paroi.

📜 Rachi (1)
מַחְצָלוֹת הַפְּרוּסוֹת וְעָשׂוּ מְחִיצּוֹת הַרְבֵּה וְשָׁבְתוּ יְחִידִים בָּהֶן זֶה בְּזוֹ וְזֶה בְּזוֹ:
Des nattes étendues : elles ont fait de nombreuses parois, et des particuliers y ont établi leur lieu de Chabbat, celui-ci dans l'une et celui-là dans l'autre.
💡 Explication

Selon Rachi, des nattes forment plusieurs enclos où des particuliers se sont installés pour le Chabbat. Tant qu'elles sont étendues, chaque enclos est un domaine, et un erouv les relie. Enroulées, elles ne séparent plus rien ; étendues à nouveau, elles redeviennent des parois.

Le principe final est général : kol mehitsa hanaassit beChabbat chema mehitsa, toute paroi faite le Chabbat compte comme paroi, même faite volontairement.

🖼️ Schéma
Nattes étendues : deux groupes, deux erouvinGroupe 1 (erouv 1)Groupe 2 (erouv 2)natte étendue = paroienroulée -> une seule cour, deux erouvin : interditétendue à nouveau -> retour à la permission
Lecture de Rabbenou Tam (Tossefot, Roch) : la natte sépare deux groupes qui ont fait chacun un erouv.
5
אֵינִי?! וְהָאָמַר רַב נַחְמָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לִזְרוֹק, אֲבָל לְטַלְטֵל אָסוּר! כִּי אִיתְּמַר דְּרַב נַחְמָן — אַמֵּזִיד אִיתְּמַר.

Est-ce vrai ? Rav Nahman n'a-t-il pas dit : on ne l'a enseigné que pour lancer, mais pour transporter c'est interdit !

Quand [la parole] de Rav Nahman a été dite, elle a été dite à propos de [celui qui agit] volontairement.

📜 Rachi (4)
לֹא שָׁנוּ דִּשְׁמָהּ מְחִיצָּה:
On ne l'a enseigné : qu'elle s'appelle paroi.
אֶלָּא לִזְרֹוק לְחַיֵּיב הַזּוֹרֵק מִתּוֹכָהּ לרה"ר אוֹ לְהֵפֶךְ:
Que pour lancer : pour rendre passible celui qui lance de l'intérieur vers le reshout harabim, ou l'inverse.
אֲבָל לְטַלְטֵל לִהְיוֹת מֻותָּר לְטַלְטֵל בְּתוֹכָהּ אָסוּר מִדִּבְרֵיהֶם:
Mais pour transporter : qu'il soit permis de transporter à l'intérieur, c'est interdit, de leurs paroles (miderabbanan).
אַמֵּזִיד אִיתְּמַר וּמִשּׁוּם קְנָסָא וּדְקָתָנֵי מַתְנֵי' חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן אַשּׁוֹגְגִין וַאֲנוּסִין וְאַמֻּוטְעִין קָאֵי וְכִי קָתָנֵי מְזִידִין אַשְׁמָה מְחִיצָּה קָאֵי וְלִזְרֹוק כְּרַב נַחְמָן:
À propos de volontairement : et c'est une amende. Et ce que la baraita enseigne, elles reviennent à leur permission première, se rapporte à par inadvertance, par contrainte et par erreur ; et quand elle enseigne volontairement, cela se rapporte à elle s'appelle paroi, et [c'est] pour lancer, comme Rav Nahman.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי אִיתְּמַר דְּרַב נַחְמָן אַמֵּזִיד אִיתְּמַר וְהָא דְּקָתָנֵי חָזְרוּ לְהֶיתֵּרָן הָרִאשׁוֹן אַף בְּמֵזִיד לֹא לְגַמְרֵי חָזְרוּ לְהֶיתֵּרָן הָרִאשׁוֹן לְטַלְטֵל אֶלָּא דְּהָווּ רה"י דְּאוֹרָייְתָא וּמִיהוּ אַסְּפִינוֹת לָא א"ש דִּבְלֹא חָזְרוּ וְנִתְקַשְּׁרוּ הָוֵי רה"י דְּאוֹרָיְיתָא ור"ת מְפָרֵשׁ דְּחָזְרוּ לְהֶיתֵּרָן הָרִאשׁוֹן אֲפִילּוּ אַמְּזִידִין ור"נ דְּאָמַר דִּבְמֵזִיד לָא הָוֵי מְחִיצָּה אֶלָּא לִזְרֹוק וְלֹא לְטַלְטֵל הַיְינוּ שע"י הַמְּחִיצָּה נַעֲשָׂה רה"י אֲבָל סְפִינוֹת דִּבְלָאו הָכִי הָווּ רה"י כִּי קָשְׁרוּ אֲפִילּוּ מֵזִיד שָׁרִי לְטַלְטֵל וּמַחְצָלוֹת הַפְּרוּסוֹת ברה"י אַיְירֵי שֶׁיֵּשׁ מַחְצָלוֹת מַפְסִיקוֹת בֵּין שְׁתֵּי חֲצֵרוֹת נִתְגַּלְגְּלוּ נֶאֶסְרוּ שֶׁהֲרֵי הֵן כְּחָצֵר אַחַת וְהֵם עֵירְבוּ שְׁנַיִם חָזְרוּ וְנִפְרְשׂוּ חָזְרוּ לְהֶיתֵּירָן הָרִאשׁוֹן וּמִטַּלְטְלֵי אֵלּוּ לְכָאן וְאֵלּוּ לְכָאן וְהָא דְּקָאָמַר שֶׁכָּל מְחִיצָּה הַנַּעֲשֶׂה בְּשַׁבָּת שְׁמָהּ מְחִיצָּה טַעְמָא קָא יָהֵיב לְמִילְּתֵיהּ דַּאֲפִילּוּ הֵיכָא דע"י הַמְּחִיצָּה נַעֲשָׂה רה"י הָוְיָא מְחִיצָּה אוֹ לִזְרוֹק אוֹ לְטַלְטֵל כ"ש מְחִיצָּה זוֹ שֶׁאֵינָהּ עֲשׂוּיָה אֶלָּא לְהַתִּיר עֵירוּב כְּבַתְּחִלָּה דְּהָוְיָא מְחִיצָּה וּמִסֵּיפָא דְּקָתָנֵי שֶׁכָּל מְחִיצָּה הַנַּעֲשֵׂית בְּשַׁבָּת כו' פָּרִיךְ לר"נ וְהַהִיא דְּכָל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צג:) כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵרוֹת שֶׁנָּפַל וְאִיכָּא דְּשָׁרֵי הָתָם לְטַלְטֵל עַד עִיקַּר מְחִיצָּה לָא דָּמֵי לְהָכָא דְּהָתָם אַייְרֵי שֶׁלֹּא הָיָה אֶלָּא בַּיִת אֶחָד בְּחָצֵר זֶה וְאֶחָד בְּחָצֵר זֶה אֲבָל הָכָא כְּשֶׁיֵּשׁ רַבִּים כָּאן וְכָאן אָמְרִינַן נִתְגַּלְגְּלוּ נֶאֶסְרוּ וצ"ע בִּשְׁמַעְתָּא דְּדַיּוֹרִין הַבָּאִין בְּשַׁבָּת (עֵירוּבִין שָׁם) דְּאָמַר שַׁבָּת הוֹאִיל וְהֻותְרָה הֻותְּרָה:
Quand [la parole] de Rav Nahman a été dite, elle a été dite à propos de volontairement : et ce qu'il enseigne, elles reviennent à leur permission première, même volontairement, elles ne reviennent pas complètement à leur permission première pour transporter, mais [seulement en ce sens] qu'elles sont reshout hayahid de la Tora. Toutefois, pour les barques, cela ne convient pas, car même sans s'être rattachées, elles sont reshout hayahid de la Tora. Et Rabbenou Tam explique : elles reviennent à leur permission première même volontairement ; et Rav Nahman, qui dit que volontairement ce n'est une paroi que pour lancer et non pour transporter, [parle du cas] où c'est par la paroi que se forme un reshout hayahid ; mais les barques, qui sont de toute façon un reshout hayahid, quand on les a attachées, même volontairement, il est permis de transporter. Et les nattes étendues [parlent] d'un reshout hayahid où des nattes séparent deux cours : se sont-elles enroulées, elles deviennent interdites, car elles sont comme une seule cour alors qu'ils avaient fait deux erouvin ; se sont-elles de nouveau étendues, elles reviennent à leur permission première, et ceux-ci transportent ici et ceux-là là. Et ce qu'il dit : car toute paroi faite le Chabbat s'appelle paroi, donne la raison de son propos : puisque même là où c'est par la paroi que se forme un reshout hayahid, c'est une paroi, soit pour lancer soit pour transporter, à plus forte raison cette paroi, qui n'est faite que pour permettre l'erouv comme au début, est une paroi. Et de la fin, qui enseigne : car toute paroi faite le Chabbat, etc., il objecte contre Rav Nahman. Et le [cas de] Kol gaggot (Erouvin 93b), un mur entre deux cours qui est tombé, où certains permettent là de transporter jusqu'à la base de la paroi, n'est pas comparable à ici : là-bas il s'agit du cas où il n'y avait qu'une maison dans cette cour et une dans l'autre ; ici, quand il y a plusieurs [habitants] ici et là, on dit : se sont-elles enroulées, elles deviennent interdites. Et il faut examiner [cela] à la lumière de la sougya des habitants qui arrivent le Chabbat (Erouvin, ibid.), où il dit : le Chabbat, puisqu'il a été permis, il est resté permis.
💡 Explication

Rav Nahman limite l'efficacité d'une paroi faite le Chabbat : elle suffit pour rendre passible celui qui lance (zorek) d'un domaine à l'autre ; le transport à l'intérieur reste interdit par les Sages. La Guemara répond que Rav Nahman parle du mezid : c'est une kenas (amende) contre celui qui a fait la paroi volontairement.

Deux lectures. Rachi : dans la baraita, le retour à la permission ne concerne que chogeg, anous et mouta ; le mot mezid se rapporte seulement à chem mehitsa, pour lancer. Rabbenou Tam : Rav Nahman parle d'une paroi qui crée un reshout hayahid ; pour les barques et les nattes, la paroi ne fait que séparer les habitants, et le transport est permis même mezid.

6
אָמַר שְׁמוּאֵל: וַאֲפִילּוּ קְשׁוּרוֹת בְּחוּט הַסַּרְבָּל. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּיָכוֹל לְהַעֲמִידָן — פְּשִׁיטָא. אִי דְּאֵין יָכוֹל לְהַעֲמִידָן — אַמַּאי?

Chemouel a dit : et même si elles sont attachées par le fil de l'encolure (hout hasarbal). Comment est le cas ?

S'il peut les retenir, c'est évident. S'il ne peut pas les retenir, pourquoi [serait-ce permis] ?

📜 Rachi (2)
בְּחוּט הַסַּרְבָּל שֶׁקּוֹשְׁרִין בּוֹ אֶת בֵּית הַצַּוָּאר שֶׁקּוֹרִין מונטי"ל:
Par le fil de l'encolure : avec lequel on attache l'ouverture du cou, qu'on appelle en langue vernaculaire montil.
לְהַעֲמִידָן שֶׁלֹּא יִתְפָּרְדוּ:
Les retenir : pour qu'elles ne se séparent pas.
💡 Explication

Le hout hasarbal est le cordon qui ferme l'encolure d'un vêtement. Chemouel permet de relier les barques même par un lien aussi mince. La Guemara pose un dilemme : si le fil retient les barques, la règle est évidente ; s'il ne les retient pas, il ne devrait pas suffire.

7
לְעוֹלָם דְּיָכוֹל לְהַעֲמִידָן. וּשְׁמוּאֵל לְאַפּוֹקֵי מִדְּנַפְשֵׁיהּ קָאָתֵי. דִּתְנַן: קְשָׁרָהּ בְּדָבָר הַמַּעֲמִידָהּ — מֵבִיא לָהּ טֻומְאָה. בְּדָבָר שֶׁאֵין מַעֲמִידָהּ — אֵין מֵבִיא לָהּ טֻומְאָה. וְאָמַר שְׁמוּאֵל: וְהוּא שֶׁקְּשׁוּרָה בְּשַׁלְשֶׁלֶת שֶׁל בַּרְזֶל.

En réalité, il peut les retenir, et Chemouel vient exclure [ce cas] de sa propre [parole]. Car nous avons appris : s'il l'a attachée avec une chose qui la retient, elle lui amène l'impureté ; avec une chose qui ne la retient pas, elle ne lui amène pas l'impureté.

Et Chemouel a dit : à condition qu'elle soit attachée par une chaîne de fer.

📜 Rachi (5)
לְאַפּוֹקֵי מִדְּנַפְשֵׁיהּ מִמִּילְּתָא דְּאָמַר בְּעָלְמָא דְּבָעֵינַן שַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל וְאַשְׁמוֹעִינַן הָכָא דְּלָא בָּעֵינַן כִּי הָתָם:
Exclure de sa propre [parole] : de ce qu'il a dit ailleurs, qu'il faut des chaînes de fer ; et il nous apprend ici qu'on n'en a pas besoin comme la-bas.
קְשָׁרָהּ לַסְּפִינָה:
S'il l'a attachée : la barque.
בְּדָבָר הַמַּעֲמִידָהּ מֵבִיא לָהּ טֻומְאָה אִם הָיָה רֹאשׁוֹ אֶחָד קָשׁוּר בְּאֹהֶל הַמֵּת מֵבִיא טֻומְאָה לְכֵלִים שֶׁבַּסְּפִינָה וְלַסְּפִינָה עַצְמָהּ כְּגוֹן סְפִינַת הַיַּרְדֵּן שֶׁמְּקַבֶּלֶת טֻומְאָה כִּדְאָמְרִינַן (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף פג:):
Avec une chose qui la retient, elle lui amène l'impureté : si l'une de ses extrémités était attachée dans la tente du mort, elle amène l'impureté aux objets qui sont dans la barque et à la barque elle-même, par exemple une barque du Jourdain, qui reçoit l'impureté, comme nous l'avons dit (plus haut, Chabbat 83b).
בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מַעֲמִידָהּ כְּלוֹמַר שֶׁאֵינוֹ רָגִיל לְהַעֲמִיד בָּהּ כְּגוֹן מִידִי דְּלָאו מַתָּכוֹת אֵין מֵבִיא לָהּ טֻומְאָה דְּאִילּוּ סְפִינָה לֹא מִיטַּמְּאָהּ מֵחֲמַת אוֹתוֹ כְּלִי לִהְיוֹת אַב הַטֻּומְאָה אֶלָּא רִאשׁוֹן לְטֻומְאָה וְאֵינָהּ מְטַמְּאָה כֵּלִים שֶׁבְּתוֹכָהּ וְאַשְׁמְעִינַן שְׁמוּאֵל הָכָא דְּהַאי קְשׁוּרוֹת דְּמַתְנִיתִין אַף עַל גַּב דְּדָבָר הַמַּעֲמִידָהּ בָּעֵינַן כָּל שֶׁהוּא מַעֲמִידָהּ לְעִנְיַן שַׁבָּת כָּשֵׁר וְלָא דָּמֵי לְמַעֲמִידָהּ דְּהָתָם:
Avec une chose qui ne la retient pas : c'est-à-dire qu'on n'a pas l'habitude de la retenir avec, par exemple une chose qui n'est pas en métal, elle ne lui amène pas l'impureté ; car la barque ne devient pas, à cause de cet objet, av hatuma, mais rishon letuma, et elle ne rend pas impurs les objets qui sont dedans. Et Chemouel nous apprend ici que ces [barques] attachées de la mishna, bien qu'il faille une chose qui la retienne, tout ce qui la retient est valable pour le Chabbat, et ce n'est pas comparable au qui la retient de là-bas.
וְאָמַר שְׁמוּאֵל וְהוּא שֶׁקְּשָׁרָהּ בְּשַׁלְשֶׁלֶת שֶׁל בַּרְזֶל הַאי קְשָׁרָהּ בְּדָבָר הַמַּעֲמִידָהּ שַׁלְשֶׁלֶת שֶׁל בַּרְזֶל הוּא כְּדִמְפָרֵשׁ טַעְמָא וְאָזֵיל כְּלוֹמַר קְשָׁרָהּ בְּדָבָר שֶׁרְגִילִין לְהַעֲמִידָהּ בּוֹ דְּהַיְינוּ שַׁלְשֶׁלֶת מֵבִיא טֻומְאָה שֶׁמְּטַמְּאָה אֶת הַסְּפִינָה לִהְיוֹת אַב הַטֻּומְאָה:
Et Chemouel a dit : à condition qu'il l'ait attachée avec une chaîne de fer : ce [cas de] attachée avec une chose qui la retient est une chaîne de fer, comme il en explique ensuite la raison ; c'est-à-dire attachée avec une chose avec laquelle on a l'habitude de la retenir, à savoir une chaîne, elle amène l'impureté, car elle rend la barque av hatuma.
🗂️ Tossefot (1)
קְשָׁרָהּ בְּדָבָר הַמַּעֲמִידָהּ מֵבִיא לָהּ טֻומְאָה פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס כְּגוֹן שֶׁרֹאשׁוֹ אֶחָד בְּאֹהֶל הַמֵּת וְלֹא יִתָּכֵן חֲדָא דְּמַאי קָאָמַר לְאַפּוֹקֵי מִדִּשְׁמוּאֵל מַה שַׁייְכָא הָא לְדִשְׁמוּאֵל דְּהָתָם הוּא מִשּׁוּם חֶרֶב הֲרֵי הוּא כְּחָלָל וְלֹא מִשּׁוּם קְשִׁירָה וְעוֹד אַמַּאי קָתָנֵי קְשָׁרָהּ אֲפִילּוּ הַשַּׁלְשֶׁלֶת מֻונַּחַת עַל הַסְּפִינָה בְּלֹא קְשִׁירָה טְמֵאָה וְעוֹד דְּלִישְׁמְעִינַן בְּהֶדְיָא דְּחֶרֶב הֲרֵי הוּא כְּחָלָל וּלְשׁוֹן הֲבָאַת טֻומְאָה נָמֵי לֹא שַׁייָּךְ בכה"ג וְנִרְאֶה לְרַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל דְּלָא גָּרְסִינַן מֵבִיא לָהּ אֶת הַטֻּומְאָה אֶלָּא מְבִיאָה אֶת הַטֻּומְאָה וּמִשְׁנָה הִיא בפ"ח דְּאֹהָלוֹת (מִשְׁנָה ה) וְרֵישָׁא דְּהַךְ בָּבָא קָתָנֵי אֵלּוּ לֹא מְבִיאִין וְלֹא חוֹצְצִין הַזְּרָעִים וְהָעוֹף הַפּוֹרֵחַ וְטַלִּית הַמְנַפְנֶפֶת וּסְפִינָה שֶׁהִיא שָׁטָה עַל פְּנֵי הַמַּיִם פֵּירוּשׁ שֶׁאִם יֵשׁ מִתַּחְתֶּיהָ מֵת מִצַּד אֶחָד וְטָהֳרָה מִצַּד אַחֵר אֵינָהּ מְבִיאָה טֻומְאָה מִצַּד זֶה לְצַד אַחֵר דְּלָא חֲשִׁיבִי אֹהֶל כֵּיוָן שֶׁמְּנַעְנְעִים תָּמִיד וְקָתָנֵי דְּאִם קְשָׁרָהּ בְּדָבָר הַמַּעֲמִידָהּ מְבִיאָה אֶת הַטֻּומְאָה וּמְפָרֵשׁ שְׁמוּאֵל וְהוּא שֶׁקְּשָׁרָהּ בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל וְלָאו דַּוְקָא נְקַט שֶׁל בַּרְזֶל אֶלָּא כְּלוֹמַר שֶׁקְּשׁוּרָה בְּחֹוזֶק עַד שֶׁאֵינָהּ מִתְנַעְנַעַת וְזָזָה מִמְּקוֹמָהּ וְכֵן דֶּרֶךְ כְּשֶׁרוֹצֶה לְהַזְכִּיר דָּבָר חָזָק מַזְכִּיר בַּרְזֶל כְּמוֹ אֲפִילּוּ מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל אֵינָהּ מַפְסֶקֶת (סוֹטָה דַּף לח:) וּכְמוֹ נִכְסֵי צֹאן בַּרְזֶל (בּ"ק דַּף פט.) לְפִי שֶׁהֵן בְּאַחְרָיוּתוֹ וְקָשִׁים כְּבַרְזֶל ול"ג לְעִנְיַן טֻומְאָה הוּא דִּכְתִיב בַּחֲלַל חֶרֶב חֶרֶב הֲרֵי הוּא כְּחָלָל וְשִׁיבּוּשׁ הוּא אֶלָּא מִשּׁוּם דִּנְקַט שַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל טָעוּ לוֹמַר דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּחֶרֶב הֲרֵי הוּא כְּחָלָל אֶלָּא גָּרְסִינַן ה"מ לְעִנְיַן טֻומְאָה דְּבָעֵינַן אֹהֶל שֶׁיְּהֵא נָח לְגַמְרֵי אֲבָל גַּבֵּי שַׁבָּת שֶׁהַטַּעַם הוּא מִשּׁוּם רְשׁוּת אַחַת בְּחוּט הַסַּרְבָּל סַגִּי:
S'il l'a attachée avec une chose qui la retient, elle lui amène l'impureté : Rachi a expliqué dans le Kountres : par exemple, si l'une de ses extrémités est dans la tente du mort. Et cela ne convient pas. D'abord, que veut dire : exclure de [la parole] de Chemouel ? Quel rapport cela a-t-il avec celle de Chemouel, puisque la-bas c'est à cause de : l'épée est comme le cadavre, et non à cause de l'attache ? De plus, pourquoi enseigne-t-il : s'il l'a attachée ? Même si la chaîne repose sur la barque sans attache, elle est impure. De plus, il aurait dû nous enseigner explicitement que l'épée est comme le cadavre ; et l'expression amener l'impureté ne convient pas non plus dans un tel cas. Et Rabbenou Chemouel est d'avis qu'on ne lit pas : elle lui amène l'impureté, mais : elle amène l'impureté ; et c'est une mishna au chapitre 8 d'Ohalot (mishna 5), dont le début de ce passage enseigne : voici ceux qui n'amènent pas [l'impureté] et ne font pas écran : les graines, l'oiseau qui vole, le talit qui flotte au vent et la barque qui flotte sur l'eau. Explication : s'il y a un mort sous elle d'un côté et [une chose] pure de l'autre côté, elle n'amène pas l'impureté d'un côté à l'autre, car ils ne comptent pas comme une tente, puisqu'ils bougent constamment. Et il enseigne que s'il l'a attachée avec une chose qui la retient, elle amène l'impureté ; et Chemouel explique : à condition qu'elle soit attachée par des chaînes de fer. Et de fer n'est pas dit au sens précis, mais [au sens] qu'elle est attachée solidement, de sorte qu'elle ne bouge pas et ne se déplace pas de sa place. Et c'est l'usage, quand on veut mentionner une chose solide, de mentionner le fer, comme : même une paroi de fer ne sépare pas (Sota 38b), et comme nikhsei tson barzel (biens de fer, Baba Kama 89a), parce qu'ils sont sous sa responsabilité et durs comme le fer. Et on ne lit pas : c'est pour la tuma, car il est écrit : bahalal herev, l'épée est comme le cadavre ; c'est une erreur de texte : c'est parce qu'il a dit chaînes de fer qu'ils se sont trompés en disant que la raison est que l'épée est comme le cadavre. Mais on lit : cela vaut pour la tuma, où il faut une tente complètement immobile ; mais pour le Chabbat, où la raison est [qu'il faut] un seul domaine, le fil de l'encolure suffit.
💡 Explication

Chemouel a exigé ailleurs, pour la tuma, une chaîne de fer. Il précise ici qu'au Chabbat tout lien capable de retenir les barques suffit, même un fil.

Rachi explique la mishna ainsi : une extrémité de la chaîne est dans la tente du mort, et la chaîne de fer transmet à la barque une impureté d'av hatuma. Tossefot rejette cette lecture : la mishna (Ohalot 8,5) parle d'une barque flottante, qui ne compte pas comme ohel (tente) parce qu'elle bouge ; attachée solidement, elle transmet l'impureté d'un côté à l'autre. Le fer désigne alors une attache solide.

8
לְעִנְיַן טֻומְאָה הוּא, דִּכְתִיב: ״בַּחֲלַל חֶרֶב״ — חֶרֶב הֲרֵי הוּא כְּחָלָל. (אֵין) אֲבָל לְעִנְיַן שַׁבָּת, כֵּיוָן דְּיָכוֹל לְהַעֲמִידָהּ, הֶיכֵּר בְּעָלְמָא הוּא — אֲפִילּוּ בְּחוּט הַסַּרְבָּל.

c'est pour la tuma, car il est écrit : bahalal herev (par un tué d'épée) : l'épée est comme le cadavre. (Oui.) Mais pour le Chabbat, puisqu'il peut la retenir, ce n'est qu'un simple signe distinctif (heker) : même le fil de l'encolure [suffit].

💡 Explication

Le verset (Bamidbar 19,16) dit bahalal herev. On en déduit herev kehalal : un objet de métal au contact d'un mort prend le degré d'impureté du mort lui-même. D'où l'exigence du fer pour la tuma, selon notre texte.

Au Chabbat, l'attache sert de heker, un signe qui montre que les barques forment un seul ensemble. Il suffit qu'elle puisse les retenir.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).