Shabbat 102b — Boneh et make bepatich : construire une quantité minime

Shabbat 102b

Sougya : Le perek Haboneh s'ouvre sur la mishna qui rend hayav celui qui construit, taille, frappe du marteau ou perce, même pour une quantité minime (kol shehou), selon la règle : tout travail qui subsiste rend hayav. La Guemara cherche à quoi sert une construction si petite, avec un équivalent dans le Michkan : Rabbi Yirmeya, Abaye et Rav Aha bar Yaakov proposent chacun un exemple.

Chmouel rend hayav celui qui cale une pierre ; la Guemara distingue trois rangées du mur. Enfin Rav et Chmouel discutent du titre (boneh ou make bepatich) de trois actes, et Rabbi Yo'hanan range le mesatet sous make bepatich.

La mishna : actes rendant hayav des kol shehouBonehconstruireMesatettaillerMake bepatichcoup finalMaatsadherminetteKodeahpercerZeh hakelaltout travail qui subsiste (mitkayemet), fait le Chabbat : hayavRabban Chimon ben Gamlielmême frapper l'enclume avec la masse : il améliore le travail
Les actes de la mishna et la règle générale.
Construire kol shehou (une quantité minime) : quel usage réel ?QuestionUne construction minime, à quoi sert-elle ? (il faut un équivalent au Michkan)R. YirmeyaLe pauvre creuse un trou pour cacher ses pièces / les couturiers, leurs aiguillesAbayeLes aiguilles rouillent en terre : on ne faisait pas ainsiAbayePieds d'un petit réchaud pour une petite marmite / petit chaudron de teintureRav Aha bar YaakovEin aniout bimkom achirout : au Michkan rien n'était au plus justeRav Aha bar YaakovOn bouche un petit trou de sa demeure / la planche percée par un ver
Le fil de la discussion sur kol shehou et son équivalent au Michkan.
Rav et Chmouel : boneh ou make bepatich ?Rav : boneh(construire)Chmouel : make bepatich(achèvement du travail)Mesatettailler la pierrehayavmanière de construirehayavrainure finaleTrou dans un poulaillerpour l'aérationhayavressemble à une maison(on y fait des fenêtres)hayavachève le poulaillerChoufta dans la houecheville dans l'œilhayavni manière ni ressemblancehayavachève l'outilR. Yo'hanan (à Rav Natan bar Ochaya) : le mesatet relève de make bepatichla Guemara relit la mishna : ha-mesatet ha-make bepatich (sans le vav)
Trois cas, deux titres : la mahloket de Rav et Chmouel.
1
מַתְנֵי׳ הַבּוֹנֶה , כַּמָּה יִבְנֶה וִיהֵא חַייָּב? הַבּוֹנֶה כָּל שֶׁהוּא, וְהַמְסַתֵּת וְהַמַּכֶּה בַּפַּטִּישׁ וּבְמַעֲצָד, הַקּוֹדֵחַ כָּל שֶׁהוּא — חַיָּיב. זֶה הַכְּלָל: כָּל הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה, וּמְלַאכְתּוֹ מִתְקַיֶּימֶת בְּשַׁבָּת — חַייָּב. וְכֵן רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף הַמַּכֶּה בְּקֻורְנָס עַל הַסַּדָּן בִּשְׁעַת מְלָאכָה — חַיָּיב, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כִּמְתַקֵּן מְלָאכָה.

MISHNA. Celui qui construit : combien doit-il construire pour être hayav (astreint) ?

Celui qui construit [est hayav pour] une quantité quelconque (kol shehou). Et celui qui taille [la pierre] (mesatet), celui qui frappe avec le marteau (make bepatich) ou avec l'herminette (maatsad), celui qui perce, [pour] une quantité quelconque, est hayav.

Voici la règle : tout celui qui fait un travail, et son travail subsiste, le Chabbat, est hayav. Et de même Rabban Chimon ben Gamliel dit : même celui qui frappe avec la masse sur l'enclume au moment du travail est hayav, parce qu'il est comme celui qui améliore le travail.

📜 Rachi (11)
מַתְנֵי' הַבּוֹנֶה שֶׁאָמְרוּ בַּאֲבוֹת מְלָאכוֹת כַּמָּה יִבְנֶה כו':
MISHNA. Celui qui construit, dont on a parlé parmi les avot melakhot (catégories principales de travaux) : combien doit-il construire, etc.
מְסַתֵּת מְרַבֵּעַ אֶת הָאֶבֶן וּמְתַקְּנָהּ הַכֹּל לְפִי הַמָּקוֹם שֶׁיֵּשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁרְגִילִין לְהַחְלִיק וְיֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁרְגִילִין לַחֲרֹוץ בָּהּ חֲרִיצִים חֲרִיצִים בְּאֶרֶץ אַשְׁכְּנַז:
Celui qui taille : il équarrit la pierre et la façonne, chaque chose selon le lieu : il y a des endroits où l'on a coutume de la polir, et des endroits où l'on a coutume d'y creuser des rainures, rainure après rainure, [comme] en terre d'Achkenaz.
הַמַּכֶּה בְּפַטִּישׁ גַּם הוּא בַּאֲבוֹת מְלָאכוֹת וְהוּא בְּלַעַז פי"ק (מַעְדֵּר) שֶׁמְּפוֹצֵץ בּוֹ אֶת הָאֶבֶן מִן הַסֶּלַע לְאַחַר שֶׁחָצַב אֶת הָאֶבֶן סָבִיב וּמַבְדִּיל מִן הָהָר קְצָת הוּא מַכֶּה בְּפַטִּישׁ מַכָּה גְּדוֹלָה וְהִיא מִתְפָּרֶקֶת וְנוֹפֶלֶת וְזֶהוּ גְּמַר מְלָאכָה שֶׁל חוֹצְבֵי אֶבֶן וְכָל הַגּוֹמֵר בְּשַׁבָּת מְלָאכָה תּוֹלֶדֶת מַכֶּה בְּפַטִּישׁ הִיא:
Celui qui frappe avec le marteau : lui aussi fait partie des avot melakhot ; en langue vernaculaire pic (pioche). On en fait éclater la pierre du rocher : après avoir taillé la pierre tout autour et l'avoir un peu détachée de la montagne, il frappe avec le marteau un grand coup, et elle se détache et tombe. C'est l'achèvement du travail des tailleurs de pierre ; et tout celui qui achève un travail le Chabbat [fait] une toleda (dérivée) de make bepatich.
מַעֲצָד אַף הוּא כְּמוֹ קוּרְנָס גָּדוֹל שֶׁל בַּרְזֶל לְבִנְיָן שֶׁל בַּרְזֶל:
Herminette (maatsad) : elle aussi est comme une grande masse de fer, pour la construction en fer.
וְהַקּוֹדֵחַ נוֹקֵב עֵץ אוֹ אֶבֶן בַּכֹּותֶל:
Et celui qui perce : il perce du bois ou une pierre dans le mur.
כָּל שֶׁהוּא אַכּוּלְּהוּ קָאֵי אַמְּסַתֵּת וּמַכֶּה בְּפַטִּישׁ וּבְמַעֲצָד וְהַקּוֹדֵחַ:
Une quantité quelconque : se rapporte à tous : à celui qui taille, à celui qui frappe avec le marteau et avec l'herminette, et à celui qui perce.
כָּל הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה וּמְלַאכְתּוֹ מִתְקַיֶּימֶת שֶׁיֵּשׁ מִתְקַייֶּמֶת כַּיּוֹצֵא בוֹ [וְאֵין מוֹסִיף עָלֶיהָ]:
Tout celui qui fait un travail et son travail subsiste : un travail tel qu'on en conserve de semblables [et auquel on n'ajoute rien].
בְּשַׁבָּת אַעוֹשֶׂה מְלָאכָה קָאֵי:
Le Chabbat : se rapporte à celui qui fait un travail.
עַל הַסַּדָּן בְּלַעַ"ז אינקלימ"א:
Sur l'enclume (sadan) : en langue vernaculaire enclume (enclume).
קוּרְנָס מרטי"ל:
Masse (kournas) : marteau (martel).
מִפְּנֵי שֶׁהוּא כִּמְתַקֵּן מְלָאכָה ואע"פ שֶׁאֵינוֹ מַכֶּה עַל הַפְּעֻולָּה אֶלָּא עַל הַסַּדָּן וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ מַאי מְתַקֵּן:
Parce qu'il est comme celui qui améliore le travail : bien qu'il ne frappe pas sur l'ouvrage mais sur l'enclume ; et la Guemara explique en quoi il améliore.
🗂️ Tossefot (2)
הַבּוֹנֶה צָרִיךְ לִיתֵּן טַעַם אַמַּאי תָּנֵי בּוֹנֶה אַחַר זְרִיקָה וְהוֹצָאָה:
Celui qui construit : il faut donner une raison pour laquelle [la mishna] enseigne construire après lancer et sortir [un objet].
מַכֶּה בְּפַטִּישׁ פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁמְּפוֹצֵץ בּוֹ אֶת הַסֶּלַע לְאַחַר שֶׁחֲצָבָהּ וְאֵין נִרְאֶה לר"י דְּבַמִּשְׁכָּן לָא הֲוָה בִּנְיַן אֲבָנִים וְלָא שָׁבֵיק תַּנָּא גְּמַר מְלָאכָה דְּכֵלִים דַּהֲוָה בַּמִּשְׁכָּן וּנְקַט מַכֶּה בְּפַטִּישׁ דְּאֶבֶן דְּלָא הֲוָה בַּמִּשְׁכָּן אֶלָּא נִרְאֶה לר"י דְּהַאי מַכֶּה בְּפַטִּישׁ הַיְינוּ מַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן שֶׁמַּכֶּה עַל הַכְּלִי בִּשְׁעַת גְּמַר מְלָאכָה:
Celui qui frappe avec le marteau : le Kountrass (Rachi) explique qu'on en fait éclater le rocher après l'avoir taillé. Cela ne paraît pas juste au Ri, car dans le Michkan il n'y avait pas de construction en pierres ; et le Tana n'aurait pas laissé de côté l'achèvement du travail des ustensiles, qui existait dans le Michkan, pour citer le make bepatich de la pierre, qui n'existait pas dans le Michkan. Le Ri estime plutôt que ce make bepatich est le dernier coup que l'on donne sur l'ustensile au moment de l'achèvement du travail.
💡 Explication

Boneh (construire) est l'une des 39 avot melakhot. La mishna enseigne qu'il n'y a pas de quantité minimale : une construction kol shehou suffit, pourvu qu'elle subsiste (mitkayemet).

Make bepatich, le coup de marteau final, désigne tout acte qui achève un travail. Rachi et Tossefot divergent sur l'image de base : pour Rachi, le coup qui détache la pierre du rocher ; pour le Ri, le dernier coup donné sur un ustensile.

2
גְּמָ׳ כָּל שֶׁהוּא לְמַאי חַזְיָא? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: שֶׁכֵּן עָנִי חוֹפֵר גֻּומָּא לְהַצְנִיעַ בָּהּ פְּרוּטוֹתָיו. דִּכְוָותָהּ גַּבֵּי מִשְׁכָּן, שֶׁכֵּן תּוֹפְרֵי יְרִיעוֹת חוֹפְרִין גֻּומָּא לְהַצְנִיעַ בָּהּ מַחֲטֵיהֶן. אַבַּיֵּי אָמַר: כֵּיוָן דְּמִשַּׁתְּכִי לָא עָבְדִי הָכִי. אֶלָּא, שֶׁכֵּן עָנִי עוֹשֶׂה פִּיטְפּוּטֵי כִּירָה קְטַנָּה לִשְׁפֹּות עָלֶיהָ קְדֵירָה קְטַנָּה. דִּכְוָותָהּ גַּבֵּי מִשְׁכָּן, מְבַשְּׁלֵי סַמָּנִין לִצְבֹּועַ יְרִיעוֹת שֶׁחָסְרָה מְלַאכְתָּן, עוֹשִׂין פִּיטְפּוּטֵי כִּירָה קְטַנָּה לִשְׁפֹּות עָלֶיהָ יוֹרָה קְטַנָּה.

GUEMARA. [Une construction d'une] quantité quelconque, à quoi sert-elle ?

Rabbi Yirmeya a dit : car le pauvre creuse un petit trou pour y cacher ses pièces. L'équivalent dans le Michkan : les couturiers des tentures (yeriot) creusaient un trou pour y cacher leurs aiguilles.

Abaye a dit : puisqu'elles rouillent, ils ne faisaient pas ainsi. Plutôt : car le pauvre fait les pieds d'un petit réchaud (pitpoutei kira) pour y poser une petite marmite.

L'équivalent dans le Michkan : ceux qui cuisaient les plantes (samemanim) pour teindre les tentures, dont le travail était incomplet, faisaient les pieds d'un petit réchaud pour y poser un petit chaudron.

📜 Rachi (4)
גְּמ' דִּמְשַׁתְּכִי מַעֲלִין חֲלוּדָה הַמְּחָטִין רואי"ל:
GUEMARA. Mishtakhei : les aiguilles se couvrent de rouille, rouille (roil).
פִּטְפּוּטֵי רַגְלֵי כִּירָה כְּמִין כְּלִי בַּרְזֶל שֶׁקּוֹרִין טרפיי"ד מַעֲמִידִין הַכִּירָה שֶׁל חֶרֶס:
Pitpoutei : les pieds du réchaud, sorte d'ustensile de fer qu'on appelle trépied, sur lequel on dresse le réchaud en terre cuite.
מְבַשְּׁלֵי סַמְמָנִים לִצְבֹּועַ שֶׁחֲסֵרָה מְלַאכְתָּן שֶׁצִּמְצְמוּ צֶמֶר צְבִיעָתָן וַחֲסֵרָה לִמְלַאכְתָּן וְהֻוצְרְכוּ לַחֲזֹור וּלְבַשֵּׁל סַמָּנִין וְלִצְבֹּועַ מְעַט:
Ceux qui cuisaient les plantes pour teindre, dont le travail était incomplet : ils avaient mesuré au plus juste la laine de leur teinture, et elle a manqué pour leur travail ; ils ont dû recuire des plantes et teindre un peu.
יוֹרֶה קְטַנָּה גָּרְסִינַן הָכָא:
On lit ici : yora ketana (petit chaudron).
🗂️ Tossefot (1)
כָּל שֶׁהוּא לְמַאי חֲזֵי דַּוְקָא הָכָא אִיצְטְרִיךְ לְפָרוּשֵׁי דַּהֲוָה דִּכְוָותֵיהּ בַּמִּשְׁכָּן מִשּׁוּם דְּלָא חֲשִׁיב בִּנְיָן כָּל שֶׁהוּא אֲבָל מוֹצִיא עִיטְרָן וּפִלְפֶּלֶת כָּל שֶׁהוּא סְבָרָא הוּא דְּמִיחַייַּב:
[Une construction d'une] quantité quelconque, à quoi sert-elle : c'est ici seulement qu'il a fallu expliquer qu'il y avait un équivalent dans le Michkan, parce qu'une construction d'une quantité quelconque n'a pas d'importance ; mais pour celui qui sort de la résine ou du poivre en quantité quelconque, il est logique qu'il soit hayav.
💡 Explication

Toute melakha doit avoir un modèle dans le travail du Michkan. La Guemara cherche donc une construction minime qui ait une utilité réelle, et son équivalent au Michkan.

Rabbi Yirmeya propose le trou pour cacher des pièces ou des aiguilles. Abaye objecte que les aiguilles rouillent en terre, et propose les pieds d'un petit réchaud, utiles pour compléter une petite quantité de teinture.

3
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: אֵין עֲנִיּוּת בִּמְקוֹם עֲשִׁירוּת. אֶלָּא, שֶׁכֵּן בַּעַל הַבַּיִת שֶׁיֵּשׁ לוֹ נֶקֶב בְּבִירָתוֹ וְסוֹתְמוֹ, דִּכְוָותָהּ גַּבֵּי מִשְׁכָּן, שֶׁכֵּן קֶרֶשׁ שֶׁנָּפְלָה בּוֹ דַּרְנָא — מַטִּיף לְתוֹכָהּ אֲבָר וְסוֹתְמוֹ.

Rav Aha bar Yaakov a dit : il n'y a pas de pauvreté dans un lieu de richesse. Plutôt : car le maître de maison qui a un trou dans sa demeure le bouche.

L'équivalent dans le Michkan : une planche (kerech) dans laquelle un ver (derana) est tombé : on y verse du plomb [fondu] et on la bouche.

📜 Rachi (3)
אֵין עֲנִיּוּת בִּמְקוֹם עֲשִׁירוּת לֹא עָשׂוּ דָּבָר בְּצִמְצוּם אֶלָּא הַכֹּל מִתְּחִלָּתָן דַּיָּים וְהֻותַּר:
Il n'y a pas de pauvreté dans un lieu de richesse : on n'y faisait rien au plus juste ; tout y était dès le départ en quantité suffisante et au-delà.
בְּבִירָתוֹ בִּירָה נָאָה שֶׁהוּא אוֹכֵל וְשׁוֹכֵב מַקְפִּיד עַל חוֹר קָטָן שֶׁבָּהּ אִם מְגֻונֶּה הוּא וְסוֹתְמוֹ בְּטִיט:
Dans sa demeure (bira) : une belle demeure où il mange et dort ; il tient [à boucher] un petit trou qui s'y trouve, s'il est disgracieux, et le bouche avec de l'argile.
דַּרְנָא תּוֹלַעַת:
Derana : un ver.
💡 Explication

Ein aniout bimkom achirout : au Michkan tout était prévu en abondance, on n'avait donc pas à teindre de petites quantités. Rav Aha bar Yaakov propose un autre modèle : un propriétaire soigneux bouche un petit trou dans sa maison, comme on bouchait avec du plomb le trou fait par un ver dans une planche du Michkan.

4
אָמַר שְׁמוּאֵל: הַמְצַדֵּד אֶת הָאֶבֶן — חַייָּב. מֵיתִיבִי, אֶחָד נוֹתֵן אֶת הָאֶבֶן וְאֶחָד נוֹתֵן אֶת הַטִּיט — הַנּוֹתֵן אֶת הַטִּיט חַיָּיב!

Chmouel a dit : celui qui cale (metsaded) une pierre est hayav. On objecte : l'un pose la pierre et l'autre pose le mortier : celui qui pose le mortier est hayav !

📜 Rachi (2)
הַמְצַדֵּד אֶת הָאֶבֶן מוֹשִׁיבָהּ וּמְצַדְּדָהּ עַד שֶׁמִּתְייַשֶּׁבֶת בְּקַרְקָעִית יְסוֹד הַבִּנְיָן יָפֶה מִתּוֹךְ שֶׁהוּא מְצַדְּדָהּ הוּא מְכִינָה תַּחְתֶּיהָ וּמוֹשִׁיבָהּ בָּאָרֶץ חַיָּיב וַאֲפִילּוּ לֹא נָתַן טִיט הָוֵי בּוֹנֶה כָּל שֶׁהוּא דְּיֵשׁ מְקַיְּימִין כֵּן בְּלֹא טִיט:
Celui qui cale la pierre : il l'assoit et l'incline d'un côté et de l'autre jusqu'à ce qu'elle soit bien assise sur le sol de la fondation du bâtiment ; en la calant, il la prépare en dessous et l'assoit en terre. Il est hayav même s'il n'a pas mis de mortier : c'est une construction d'une quantité quelconque, car il y a des gens qui construisent ainsi, sans mortier.
הַנּוֹתֵן אֶת הַטִּיט חַיָּיב אֲבָל הַנּוֹתֵן הָאֶבֶן פָּטוּר:
Celui qui pose le mortier est hayav : mais celui qui pose la pierre est exempt.
🗂️ Tossefot (1)
הָכִי גָּרְסִינַן הַמְצַדֵּד אֶת הָאֶבֶן חַיָּיב ול"ג מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ דְּבַמַּסְּקָנָא מוּקֵי לָהּ בְּתַתָּאָה דְּלָא שַׁיָּיךְ שֵׁם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ וְעוֹד דְּאַכַּתִּי קָאֵי בְּבוֹנֶה:
Voici la version : celui qui cale la pierre est hayav ; et on ne lit pas : au titre de make bepatich, car dans la conclusion on l'établit pour la rangée du bas, où make bepatich n'a pas de place ; de plus, [la Guemara] traite encore de construire.
💡 Explication

Metsaded : asseoir une pierre en la calant pour qu'elle tienne d'aplomb, sans mortier. Pour Chmouel, c'est déjà une construction. La baraita semble dire le contraire : quand deux personnes se partagent le travail, seul celui qui met le mortier est hayav.

5
וְלִיטַעֲמֵיךְ, אֵימָא סֵיפָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: וַאֲפִילּוּ הֶעֱלָה וְהִנִּיחַ עַל גַּבֵּי דִּימוֹס שֶׁל אֲבָנִים — חַיָּיב! אֶלָּא תְּלָתָא בִּנְייָנֵי הָווּ: תתא, מְצִיעָאָה, וְעִילָּאָה. תַּתָּא בָּעֵי צַדּוֹדֵי וְעַפְרָא. מְצִיעָא בָּעֵי נָמֵי טִינָא. עִילָּאָה בְּהַנָּחָה בְּעָלְמָא.

Et selon ton raisonnement, dis la fin : Rabbi Yossi dit : même s'il a monté [la pierre] et l'a posée sur une rangée (dimos) de pierres, il est hayav ! Plutôt, il y a trois [sortes de] constructions : celle du bas, celle du milieu et celle du haut.

Celle du bas demande calage et terre ; celle du milieu demande aussi du mortier ; celle du haut, une simple pose [suffit].

📜 Rachi (4)
דִּימוֹס שׁוּרַת אַבְנֵי חוֹמָה אַלְמָא בְּהַנָּחָה בְּעָלְמָא חַיָּיב וַאֲפִילּוּ לֹא צִידֵּד וַעֲדִיפָא הָא מִדִּשְׁמוּאֵל:
Dimos : une rangée de pierres de muraille ; il en ressort qu'on est hayav par une simple pose, même sans avoir calé ; cela va donc plus loin que [l'enseignement] de Chmouel.
אֶלָּא לָאו קוּשְׁיָא תְּלָתָא בִּנְיָינֵי הָוֵי:
Plutôt : il n'y a pas de difficulté : il y a trois [sortes de] constructions.
תתא יְסוֹד הַחוֹמָה תַּחְתִּית שֶׁמּוֹשִׁיבִין אֲבָנִים עַל הָאָרֶץ בְּלֹא טִיט בְּצִדּוּדֵי וְעָפָר כָּל עַצְמוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לְצַדֵּד אֶת הָאֶבֶן שֶׁתֵּשֵׁב בְּשָׁוֶה וְלֹא תַּטֶּה לְכָאן וּלְכָאן וִיהֵא עָפָר סָבִיב לָהּ לְסָומְכָהּ וּבְהַהוּא אָמַר שְׁמוּאֵל מִילְּתֵיהּ וּבָרַיְיתָא בְּמִיצְעָא כָּל הַבִּנְיָן כֻּולּוֹ שֶׁמִּן הַיְּסוֹד עַד שׁוּרָה הָעֶלְיוֹנָה בָּעֵי נָמֵי טִינָא עִם הַצִּידּוּד:
Celle du bas : la fondation de la muraille, en bas, où l'on assoit des pierres sur le sol sans mortier, par calage et terre. Tout l'enjeu est de caler la pierre pour qu'elle soit d'aplomb et ne penche ni d'un côté ni de l'autre, avec de la terre autour pour la soutenir. C'est de ce cas que Chmouel a parlé ; et la baraita [parle] de celle du milieu : tout le bâtiment, de la fondation jusqu'à la rangée supérieure, demande aussi du mortier avec le calage.
עִילָּאָה דִּימוֹס הָעֶלְיוֹן שֶׁאֵין עַל גַּבָּיו עוֹד דִּימוֹס אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ אִם נוֹטֶה הָאֶבֶן לְצַד אֶחָד הִלְכָּךְ בְּהַנָּחָה בְּעָלְמָא סַגִּי וְהוּא מִילְּתָא דְּרַבִּי יוֹסֵי:
Celle du haut : la rangée supérieure, au-dessus de laquelle il n'y a plus de rangée ; on ne se soucie pas que la pierre penche d'un côté ; aussi une simple pose suffit, et c'est l'enseignement de Rabbi Yossi.
🗂️ Tossefot (1)
וּלְטַעְמִיךְ אֵימָא סֵיפָא אֲפִילּוּ הֶעֱלָה ע"ג דִּימוֹס כּוּ' וְל"ג ר' יוֹסֵי אוֹמֵר אֲפִילּוּ הֶעֱלָה דְּאִי גָרְסִינַן לֵיהּ מַאי קָאָמַר וְלִיטַעֲמֵיךְ הָא פְּלִיגִי רַבָּנָן עָלֶיהָ וּבַתּוֹסֶפְתָּא נָמֵי ל"ג לֵיהּ:
Et selon ton raisonnement, dis la fin : même s'il a monté sur une rangée, etc. : on ne lit pas : Rabbi Yossi dit : même s'il a monté ; car si on le lisait, que signifierait : et selon ton raisonnement ? Les Rabbanan sont en désaccord avec lui ! Dans la Tossefta non plus, on ne le lit pas.
💡 Explication

La fin de la baraita rend hayav pour une simple pose, ce qui va plus loin que Chmouel. La Guemara résout la contradiction en distinguant trois rangées : la fondation (calage et terre, cas de Chmouel), les rangées intermédiaires (mortier requis, cas de la baraita) et la rangée supérieure (simple pose, cas de Rabbi Yossi).

🖼️ Schéma
Trois rangées, trois exigencesIlaa (haut)simple pose : hayavsource : R. YossiMetsiaa (milieu)calage + terre + mortier (tina)source : la baraitaTata (bas)calage (tsidoud) + terresource : Chmouelsol
Chaque rangée du mur a son propre critère d'achèvement.
6
וְהַמְסַתֵּת. מְסַתֵּת מִשּׁוּם מַאי מִיחַייַּב? רַב אָמַר: מִשּׁוּם בּוֹנֶה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ. הָעוֹשֶׂה נֶקֶב בְּלוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים, רַב אָמַר: מִשּׁוּם בּוֹנֶה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ. עַיֵּיל שֻׁופְתָּא בְּקוֹפִינָא דְמָרָא, רַב אָמַר: מִשּׁוּם בּוֹנֶה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ.

Et celui qui taille. Celui qui taille, à quel titre est-il hayav ?

Rav a dit : au titre de boneh (construire) ; Chmouel a dit : au titre de make bepatich. Celui qui fait un trou dans un poulailler : Rav a dit : au titre de construire ; Chmouel a dit : au titre de make bepatich.

Celui qui enfonce une cheville (choufta) dans l'œil (koufina) d'une houe (mara) : Rav a dit : au titre de construire ; Chmouel a dit : au titre de make bepatich.

📜 Rachi (7)
מִשּׁוּם מַאי אֵיזוֹ תּוֹלָדָה מִן הָאָבוֹת הוּא:
À quel titre : de quel av (catégorie) est-ce une toleda (dérivée) ?
מַכֶּה בְּפַטִּישׁ גְּמַר מְלָאכָה הוּא שֶׁהַמָּקוֹם שֶׁחָרַץ חָרִיץ זֶה לֹא יַחֲרֹוץ עוֹד:
Make bepatich : c'est un achèvement de travail, car la où il a creusé cette rainure, il n'en creusera plus.
לוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין שֶׁל עֵץ הוּא וְסָתוּם וּמְנַקְּבוֹ שֶׁיָּצָא הָרֵיחַ שֶׁל צוֹאָה וְלֹא יַזִּיק לְהוּ:
Poulailler : il est en bois et ferme, et on le perce pour que l'odeur des excréments sorte et ne leur nuise pas.
מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהִיא גְּמַר מְלֶאכֶת הַלּוּל וְכָל מִידֵּי דְּהוּא גְּמַר מְלָאכָה חַייָּב מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ כִּדְאָמְרִי' בְּפֶ' כְּלָל גָּדוֹל (שַׁבָּת דַּף עה:):
Au titre de make bepatich : car c'est l'achèvement du travail du poulailler ; et toute chose qui est un achèvement de travail rend hayav au titre de make bepatich, comme nous l'avons dit au chapitre Kelal gadol (Chabbat 75b).
עַייֵּל שֻׁופְתָּא בְּקוֹפִינָא דְמָרָא שֻׁופְתָּא יָתֵד קָטָן שֶׁתּוֹחֲבִין בְּתוֹךְ בֵּית יָד שֶׁל מָרָא בִּהְיוֹתוֹ בְּנֶקֶב הַבַּרְזֶל לְהַדְּקוֹ שֶׁלֹּא יֵצֵא שֶׁקּוֹרִין קאיינ"ל:
Il enfonce une choufta dans le koufina d'une mara : la choufta est une petite cheville qu'on insère dans le manche de la houe, quand il est dans le trou du fer, pour le serrer afin qu'il ne sorte pas ; on l'appelle coin (caignel).
קוֹפִינָא הוּא חוֹר שֶׁבְּרֹאשׁ הַמַּר:
Koufina : c'est le trou qui est à la tête de la houe.
מָרָא בְּלַעַ"ז פושי"ר:
Mara : en langue vernaculaire, fossoir (fossoir).
🗂️ Tossefot (2)
הָעוֹשֶׂה נֶקֶב בָּלוּל קָשֶׁה לְרַב דְּאָמַר מִשּׁוּם בּוֹנֶה אַמַּאי הִפְסִיק מַכֶּה בְּפַטִּישׁ בֵּין מְסַתֵּת לְקוֹדֵחַ דְּהָווּ תַּרְוַוייְהוּ מִשּׁוּם בּוֹנֶה וְלִשְׁמוּאֵל נָמֵי לִיתְנֵי תַּרְוַוייְהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי:
Celui qui fait un trou dans un poulailler : il y a une difficulté selon Rav, qui dit : au titre de construire : pourquoi [la mishna] a-t-elle intercalé make bepatich entre celui qui taille et celui qui perce, alors que les deux relèvent de construire ? Et selon Chmouel aussi, qu'elle enseigne les deux ensemble !
הָאִי מָאן דְּעָיֵיל שֻׁופְתָּא בְּקוֹפִינָא רַב אָמַר חַיָּיב מִשּׁוּם בּוֹנֶה ואע"ג דקי"ל אֵין בִּנְיָן. בְּכֵלִים אור"י דְּהַיְינוּ דַּווְקָא בְּהַחְזָרַת בָּתֵּי תְּרִיסִין אוֹ בִּמְנוֹרָה שֶׁל חֻולְיוֹת אֲבָל בִּנְיָן גָּמוּר מִיחַייַּב בְּכֵלִים כְּמוֹ בְּקַרְקַע כִּדְאָמְרִי' בס"פ כִּירָה (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף מז.) גַּבֵּי מִטָּה שֶׁל טַרְסִיִּים אִם תָּקַע חַיָּיב חַטָּאת וּמַחֲזִיר קְנֵי מְנוֹרָה חַיָּיב חַטָּאת וְקֶרֶן עֲגֻולָּה וְאֵין חִילּוּק. בֵּין כֵּלִים לְקַרְקַע. אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁאֵין חִיזּוּק וְאֻומָּנוּת דְּבִכְלִי לָא חֲשִׁיב בִּנְיָן וּבְקַרְקַע חֲשִׁיב בִּנְיָן וּבְפֶ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לה.) גַּבֵּי נְתָנוֹ בְּמִגְדָּל דְּמוּקִי לָהּ רַבָּה וְרַב יוֹסֵף בְּמִגְדָּל שֶׁל עֵץ דמ"ס כְּלִי הוּא וְאֵין בִּנְיָן בְּכֵלִים ומ"ס אֹהֶל הוּא הָתָם מַיְירֵי בְּמַנְעוּל וּקְטִיר בְּמִיתְנָא כִּדְמַסִּיק אַבַּיֵּי לְבַסּוֹף וְלֹא הֻוצְרְכוּ לְפָרֵשׁ מִשּׁוּם דִּפְשִׁיטָא דִּבְהָכִי אַייְרֵי דבע"א יֵשׁ סְתִירָה וּבִנְיָן בְּכֵלִים וְכֵן מַשְׁמַע מִדְּמוּקִי אַבַּיֵּי בְּמַנְעוּל וּקְטִיר בְּמִיתְנָא דְּהָוֵי כְּמוֹ חוֹתָמוֹת שֶׁבַּכֵּלִים הָא לָאו הָכִי אָסוּר וּבְרֵישׁ סֻוגְיָא דְּפָרִיךְ וְאַמַּאי הוּא בְּמָקוֹם אֶחָד וְעֵירוּבוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר הוּא אע"ג דִּסְתָם מִגְדָּל שֶׁל עֵץ הוּא דְּהָוֵי כְּלִי כִּדְמוֹכַח בְּכַמָּה דֻּוכְתֵי מֵעִיקָּרָא הֲוָה סָבַר דְּאַייְרֵי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לָקַחַת הָעֵירוּב אֶלָּא עַל יְדֵי סְתִירָה גְּמוּרָה:
Celui qui enfonce une choufta dans le koufina, Rav a dit : il est hayav au titre de construire : et bien que nous tenions qu'il n'y a pas de construction pour les ustensiles, le Ri dit que cela vaut uniquement pour le fait de remettre les battants de volets ou [d'assembler] une menora à segments ; mais une construction complète rend hayav pour les ustensiles comme pour le sol, comme nous l'avons dit à la fin du chapitre Kira (plus haut, Chabbat 47a) à propos du lit des tarsiyim : s'il a enfoncé [les pièces], il est hayav une hatat ; celui qui remet les branches d'une menora est hayav une hatat ; et [de même pour] la corne arrondie. Il n'y a pas de différence entre les ustensiles et le sol, sauf la où il n'y a ni renforcement ni savoir-faire : pour un ustensile ce n'est pas considéré comme une construction, et pour le sol c'est considéré comme une construction. Et au chapitre Bekhol maarivin (Erouvin 35a), à propos [de l'erouv] placé dans une armoire (migdal), Rabba et Rav Yossef l'établissent pour une armoire en bois : l'un pense que c'est un ustensile, et il n'y a pas de construction pour les ustensiles ; l'autre pense que c'est une tente (ohel). Là, il s'agit d'une serrure attachée par une corde, comme Abaye le conclut à la fin ; ils n'ont pas eu besoin de le préciser, car il est évident qu'il s'agit de ce cas, puisque autrement il y a démolition et construction pour les ustensiles. C'est aussi ce qui ressort du fait qu'Abaye l'établit pour une serrure attachée par une corde, ce qui est comme les sceaux des ustensiles ; sinon, ce serait interdit. Et au début de la sougya, où [la Guemara] objecte : pourquoi ? il est dans un lieu et son erouv dans un autre, bien qu'une armoire ordinaire soit en bois et donc un ustensile, comme on le prouve en plusieurs endroits : on pensait au départ qu'il s'agissait d'un cas où l'on ne peut prendre l'erouv qu'au moyen d'une démolition complète.
💡 Explication

La question porte sur la toleda : de quel av relève chaque acte ? Pour Rav, ces actes améliorent une structure et relèvent de boneh. Pour Chmouel, ils achèvent un objet et relèvent de make bepatich. L'enjeu pratique concerne notamment l'avertissement (hatraa), qui doit citer le bon titre.

Tossefot soulève le principe ein binyan bekelim (pas de construction pour les ustensiles) et le limite aux assemblages sans solidité ni savoir-faire.

7
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן קַמַּייְתָא — בְּהַהִיא קָאָמַר רַב, מִשּׁוּם דְּדֶרֶךְ בִּנְיָן בְּכָךְ. אֲבָל עוֹשֶׂה נֶקֶב בְּלוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים, דְּאֵין דֶּרֶךְ בִּנְיָן בְּכָךְ — אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל. וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא — בְּהָא קָאָמַר רַב, מִשּׁוּם דְּדָמֵי לְבִנְיָן, דְּעַבְדֵיהּ לַאֲוִירָא,

Et il fallait [enseigner chaque cas]. Car si on nous avait enseigné le premier, [on aurait dit que] c'est là que Rav parle, parce que c'est la manière de construire ; mais celui qui fait un trou dans un poulailler, qui n'est pas la manière de construire, dis qu'il reconnaît [la position] de Chmouel.

Et si on nous avait enseigné celui-ci, [on aurait dit que] c'est là que Rav parle, parce que cela ressemble à une construction, puisqu'on le fait pour l'aération ;

📜 Rachi (2)
וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא בְּעוֹשֶׂה נֶקֶב בָּלוּל:
Et si on nous avait enseigné celui-ci : celui qui fait un trou dans un poulailler.
דְּדָמֵי לְבִנְיָן שֶׁאַף בְּבִנְיַן הַבָּתִּים עוֹשִׂין נְקָבִים לַאֲוִיר כִּדְקָאָמַר וְעָבְדִי לַאֲוִירָא חוּרִים וְחַלּוֹנוֹת:
Cela ressemble à une construction : car dans la construction des maisons aussi on fait des ouvertures pour l'air, comme il dit : on les fait pour l'aération, trous et fenêtres.
🗂️ Tossefot (1)
לוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין דְּלָא חֲשִׁיב לֵיהּ שְׁמוּאֵל בּוֹנֶה אוֹמֵר רִ"י מִשּׁוּם דְּלָא חֲשִׁיב לְהַאי פֶּתַח עָשׂוּי לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא:
Poulailler : si Chmouel ne le considère pas comme construire, le Ri dit que c'est parce qu'il ne considère pas cette ouverture comme faite pour entrer et sortir.
💡 Explication

La tserikha montre que chaque cas apporte une information : on ne pourrait déduire aucun des trois à partir d'un autre. Le mesatet est la manière habituelle de construire ; le trou du poulailler ressemble aux fenêtres d'une maison ; la cheville de la houe n'a ni l'un ni l'autre.

🖼️ Schéma
Tserikha : pourquoi citer les trois cas ?Si seul ce cas était citéon aurait ditd'où l'utilitéMesatetRav : seulement la où c'estla manière de construireRav dit boneh ailleurs aussiPoulaillerRav : seulement la où celaressemble à une maisonRav dit boneh même pour la houeChouftaChmouel : seulement ici(ni manière ni ressemblance)Chmouel maintient sa position
Chaque cas ferme une déduction possible.
8
אֲבָל שֻׁופְתָּא בְּקוֹפִינָא דְּמָרָא דְּאֵין דֶּרֶךְ בִּנְיָן בְּכָךְ — אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל. וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא, בְּהָא קָאָמַר שְׁמוּאֵל, אֲבָל בְּהָנָךְ תַּרְתֵּי — אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לְרַב, צְרִיכָא.

mais la cheville dans l'œil de la houe, qui n'est pas la manière de construire, dis qu'il reconnaît [la position] de Chmouel. Et si on nous avait enseigné celui-ci, [on aurait dit que] c'est là que Chmouel parle, mais dans ces deux-là, dis qu'il reconnaît [la position] de Rav.

Il fallait [donc enseigner les trois].

📜 Rachi (2)
וְאִי אִיתְּמַר בְּהָא בְּשֻׁופְתָּא:
Et si on l'avait dit pour celui-ci : pour la choufta.
בְּהָא קָאָמַר שְׁמוּאֵל דְּאִי אַתְּרוּ בֵּיהּ מִשּׁוּם בּוֹנֶה לָא מִיחַייַּב דְּלָאו בִּנְיָן הוּא:
C'est là que Chmouel parle : que si on l'avait averti au titre de construire, il ne serait pas hayav, car ce n'est pas une construction.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל בְּהָנָךְ תַּרְתֵּי אֵימָא מוֹדֶה כו' וּמִקַּמָּייְתָא וּבָּתְרָייְתָא נָמֵי לָא יָדְעִינַן מְצִיעֲתָא:
Mais dans ces deux-là, dis qu'il reconnaît, etc. : et du premier et du dernier, nous ne saurions pas non plus [déduire] celui du milieu.
💡 Explication

Le cas de la houe, le plus éloigné de la construction, montre la force de la position de Rav ; les deux premiers cas montrent la force de la position de Chmouel. Tossefot ajoute que le cas du milieu ne se déduit pas non plus des deux autres.

9
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב נָתָן בַּר אוֹשַׁעְיָא מֵרַבִּי יוֹחָנָן: מְסַתֵּת מִשּׁוּם מַאי מִיחַייַּב? אַחְוִי לֵיהּ בִּידֵיהּ מִשּׁוּם מַכֶּה בַּפַּטִּישׁ. וְהָאֲנַן תְּנַן: הַמְסַתֵּת וְהַמַּכֶּה בְּפַטִּישׁ! אֵימָא: הַמְסַתֵּת הַמַּכֶּה בְּפַטִּישׁ.

Rav Natan bar Ochaya a demandé à Rabbi Yo'hanan : celui qui taille, à quel titre est-il hayav ? Il lui a montré de la main : au titre de make bepatich.

Mais nous avons appris : celui qui taille et celui qui frappe avec le marteau ! Dis : celui qui taille, [en tant que] celui qui frappe avec le marteau.

📜 Rachi (2)
אַחְוִי בִּידֵיהּ מַכֶּה בְּאֶגְרוֹפוֹ עַל כַּפּוֹ כְּמַכֶּה בְּפַטִּישׁ:
Il lui a montré de la main : il frappe de son poing sur sa paume, comme celui qui frappe avec un marteau.
אֵימָא הַמְסַתֵּת הַמַּכֶּה בַּפַּטִּישׁ וה"ק הַמְסַתֵּת שֶׁהוּא חַייָּב מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ חַיָּיב בכ"ש:
Dis : celui qui taille, celui qui frappe avec le marteau : et voici ce qu'elle dit : celui qui taille, qui est hayav au titre de make bepatich, est hayav pour une quantité quelconque.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan répond par un geste : il frappe du poing sur sa paume. La mishna semble pourtant distinguer le mesatet et le make bepatich. La Guemara corrige la lecture : sans le vav, la mishna dit que le mesatet, qui relève de make bepatich, est hayav pour kol shehou.

10
תָּא שְׁמַע:

Viens et entends :

💡 Explication

La Guemara introduit une preuve, citée sur la page suivante.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).