Shabbat 103b — Écrire deux lettres : Chem de Chimon, lettres ouvertes et fermées

Shabbat 103b

Sougya : La baraita discute de la quantité minimale d'écriture qui rend hayav le Chabbat : le tanna kamma exige un nom court tiré d'un nom long (Chem de Chimon), Rabbi Yehouda au nom de Rabban Gamliel se contente de deux lettres identiques, Rabbi Yossi range cet acte sous rochem (marquer), et Rabbi Chimon exige un travail qui subsiste. La Guemara précise que Rabbi Chimon demande le mot entier, puis explique la drasha de Rabbi Yossi sur 'ahat' et 'hena' (une ou plusieurs hataot).

Elle objecte enfin que le mem de Chem est fermé et celui de Chimon ouvert ; Rav Hisda en déduit qu'une lettre fermée faite ouverte est valable, en s'appuyant sur l'allusion de Rabbi Yehouda ben Betera à la libation d'eau.

Écrire deux lettres : à partir de quand est-on hayav ?Tanna kammaUn nom court tiré d'un nom longChem de Chimon, Noah de Nahor, Dan de DanielR. Yehouda (au nom de R. Gamliel)Deux lettres identiques suffisentchech, tat, rar, gag, hahR. Yehouda (son avis propre)Comme la mishna : deux lettres différentesmitsinou chem katan mi-chem gadolR. YossiTitre : rochem (marquer) des planches du Michkanun trait sur deux planches / deux sur uneR. Chimon (texte corrigé)Il faut tout le mot, pas tout le versetune melakha dont le pareil subsisteQuestion de la Guemara : R. Chimon = tanna kamma ? Alef alef de aazerkha ne les sépare pas,car R. Chimon est le plus souple (baraita du perçage) : il exige le mot entier.
Les positions de la baraita sur la quantité minimale d'écriture.
R. Yossi : quatre mots du verset, quatre enseignementsAhatuneChimon : le mot entierMéahatd'uneChem de Chimon suffitHenacelles-ciles avot (travaux principaux)Méhenade celles-ciinclut les toladotAhat she-hi henaune qui est plusieurszadon Chabbat + chegagat melakhot=> une hatat par melakhaHena she-hen ahatplusieurs qui sont unechegagat Chabbat + zadon melakhot=> une seule hatat
La drasha de Rabbi Yossi sur ahat / méahat et hena / méhena.
1
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אַחַת״. הָא כֵיצַד, אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּכְתֹּוב שֵׁם קָטָן מִשֵּׁם גָּדוֹל — ״שֵׁם״ מִשִּׁמְעוֹן וּמִשְּׁמוּאֵל, ״נֹחַ״ מִנָּחוֹר, ״דָּן״ מִדָּנִיֵּאל, ״גָּד״ מִגַּדִּיאֵל. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ לֹא כָּתַב אֶלָּא שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת וְהֵן שֵׁם אֶחָד — חַיָּיב, כְּגוֹן: ״שֵׁשׁ״ ״תֵּת״, ״רָר״, ״גַּג״, ״חָח״.

L'Écriture dit : 'une'. Comment [concilier] ?

Il n'est hayav que s'il écrit un nom court [tiré] d'un nom long : Chem de Chimon et de Chmouel, Noah de Nahor, Dan de Daniel, Gad de Gadiel. Rabbi Yehouda dit : même s'il n'a écrit que deux lettres et qu'elles sont d'un seul nom, il est hayav, par exemple : chech, tat, rar, gag, hah.

📜 Rachi (4)
ת"ל אַחַת שֶׁתְּהֵא מְלָאכָה שְׁלֵימָה בְּמָקוֹם אֶחָד:
L'Écriture dit 'une' : que ce soit un travail complet en un seul endroit.
שֵׁם מִשִּׁמְעוֹן וּלְגַבֵּי בֶּגֶד נָמֵי שְׁנֵי חוּטִין וּבְנָפָה שְׁנֵי בָּתִּין שֶׁמְּקַייְּמִין כָּךְ לְפִי שֶׁאֵין אָדָם אוֹרֵג בֶּגֶד בְּיוֹם אֶחָד וְעוֹשֶׂה נָפָה בְּבַת אַחַת וּמַתְחִיל וְעוֹשֶׂה כְּדֵי קִיּוּם שֶׁלֹּא יְהֵא נִסְתָּר מֵאֵלָיו:
Chem de Chimon : et pour le vêtement aussi, deux fils, et pour le tamis deux mailles, car on les fait ainsi : on ne tisse pas un vêtement en un jour et on ne fait pas un tamis d'un coup ; on commence et on fait assez pour que cela tienne et ne se défasse pas de soi-même.
אֲפִילּוּ לֹא כָּתַב מִתֵּיבָה גְּדוֹלָה:
Même s'il n'a écrit : [une partie] d'un mot long.
אֶלָּא ב' אוֹתִיּוֹת שֶׁל שֵׁם אֶחָד כְּגוֹן שֵׁשׁ תֵּת וְהֵן מִתֵּיבוֹת גְּדוֹלוֹת כְּגוֹן שֵׁשׁ מִשֵּׁשְׁבַּצַּר מִשֵּׁשַׁךְ שֶׁשְּׁמָם תֵּת מִתִּתְרָאוּ תִּתְּנוּ וכ"ש אִם נִתְכַּוֵּין לִקְטַנָּה תְּחִילָּה:
Seulement deux lettres d'un même nom, comme chech, tat : et elles proviennent de mots longs, comme chech de Chechbatsar, de Chechakh, de chechamam ; tat de tetarou, de titnou ; et à plus forte raison s'il visait d'emblée le mot court.
💡 Explication

Fin de la baraita commencée à l'amud précédent. Les mots 'méahat' (d'une) et 'ahat' (une) se limitent l'un l'autre : il faut une partie d'un travail, à condition qu'elle forme en elle-même un travail complet. Pour l'écriture, c'est un nom court contenu dans un nom long.

Rabbi Yehouda admet deux lettres identiques (chin-chin, tav-tav...), qui forment à elles seules un mot.

2
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: וְכִי מִשּׁוּם כּוֹתֵב הוּא חַיָּיב?! וַהֲלֹא אֵינוֹ חַייָּב אֶלָּא מִשּׁוּם רוֹשֵׁם, שֶׁכֵּן רוֹשְׁמִין עַל קַרְשֵׁי הַמִּשְׁכָּן לֵידַע אֵיזוֹ הִיא בֶּן זוּגוֹ. לְפִיכָךְ, שָׂרַט שְׂרִיטָה אַחַת עַל שְׁנֵי נְסָרִין, אוֹ שְׁתֵּי שְׂרִיטוֹת עַל נֶסֶר אֶחָד — חַיָּיב.

Rabbi Yossi a dit : est-ce au titre d'écrire qu'il est hayav ? Il n'est hayav qu'au titre de marquer, car on marquait les planches du Michkan pour savoir laquelle était sa paire.

C'est pourquoi, s'il a tracé un trait sur deux planches, ou deux traits sur une planche, il est hayav.

💡 Explication

Pour Rabbi Yossi, la melakha du Michkan qui sert de modèle est rochem (marquer) : on traçait des signes sur les planches pour les remonter dans le même ordre. Il suffit donc de deux traits qui permettent d'apparier, sans lettre reconnaissable.

3
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״וְעָשָׂה אַחַת״, יָכוֹל עַד שֶׁיִּכְתֹּוב אֶת כָּל הַשֵּׁם, עַד שֶׁיֶּאֱרֹוג כָּל הַבֶּגֶד, עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה אֶת כָּל הַנָּפָה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מֵאַחַת״. אִי ״מֵאַחַת״, יָכוֹל אֲפִילּוּ לֹא כָּתַב אֶלָּא אוֹת אַחַת, וַאֲפִילּוּ לֹא אָרַג אֶלָּא חוּט אֶחָד, וַאֲפִילּוּ לֹא עָשָׂה אֶלָּא בַּיִת אֶחָד בַּנָּפָה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אַחַת״. הָא כֵיצַד? אֵינוֹ חַייָּב עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה מְלָאכָה שֶׁכַּיּוֹצֵא בָּהּ מִתְקַיֶּימֶת.

Rabbi Chimon dit : 've-asa ahat' (et il fait une) ; je pourrais penser [qu'il n'est hayav] que s'il écrit tout le nom, tisse tout le vêtement, fait tout le tamis ; l'Écriture dit : 'méahat' (d'une). Si 'd'une', je pourrais penser [qu'il est hayav] même s'il n'a écrit qu'une lettre, tissé qu'un fil, fait qu'une maille du tamis ; l'Écriture dit : 'une'.

Comment [concilier] ? Il n'est hayav que s'il fait un travail dont le pareil subsiste.

📜 Rachi (1)
שֶׁכַּיּוֹצֵא בָּהּ מִתְקַיֶּימֶת וּלְקַמֵּיהּ פָּרֵיךְ הַיְינוּ ת"ק:
Dont le pareil subsiste : et plus loin la Guemara objecte : c'est [l'avis du] tanna kamma.
💡 Explication

Rabbi Chimon emploie la même drasha que le tanna kamma, mais formule la règle en termes généraux : une melakha shekéyotsé ba mitkayémet, dont le pareil subsiste, c'est-à-dire une pièce qui a une existence propre.

4
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: ״וְעָשָׂה אַחַת״ ״וְעָשָׂה הִנֵּה״, פְּעָמִים שֶׁחַיָּיב אַחַת עַל כֻּולָּן, וּפְעָמִים שֶׁחַייָּב עַל כָּל אַחַת וְאַחַת.

Rabbi Yossi dit : 've-asa ahat' (et il fait une), 've-asa hena' (et il fait celles-ci) : parfois il est hayav une seule [hatat] pour toutes, et parfois il est hayav pour chacune.

📜 Rachi (1)
ר' יוֹסֵי אוֹמֵר מְפָרֵשׁ לְמִילְּתֵיהּ לְקַמָּן:
Rabbi Yossi dit : la Guemara explique ses paroles plus loin.
💡 Explication

Rabbi Yossi (un autre enseignement) lit dans le verset (Vayikra 4, 2) deux mots opposés : 'une' et 'celles-ci'. La Guemara l'explique aux segments 9-10.

5
קָתָנֵי מִיהָא: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אֲפִילּוּ לֹא כָּתַב אֶלָּא שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת וְהֵן שֵׁם אֶחָד — חַיָּיב. לָא קַשְׁיָא: הָא דִּידֵיהּ, הָא דְּרַבֵּיהּ. דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבָּן גַּמְלִיאֵל: אֲפִילּוּ לֹא כָּתַב אֶלָּא שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת וְהֵן שֵׁם אֶחָד — חַיָּיב, כְּגוֹן ״שֵׁשׁ״, ״תֵּת״, ״רָר״, ״גַּג״, ״חָח״.

On enseigne en tout cas : Rabbi Yehouda dit : même s'il n'a écrit que deux lettres et qu'elles sont d'un seul nom, il est hayav. Pas de difficulté : l'une est son [avis], l'autre celui de son maître.

Car il a été enseigné : Rabbi Yehouda dit au nom de Rabban Gamliel : même s'il n'a écrit que deux lettres et qu'elles sont d'un seul nom, il est hayav, par exemple chech, tat, rar, gag, hah.

💡 Explication

Dans la mishna, Rabbi Yehouda exige deux lettres différentes (il cite Chem de Chimon). Dans la baraita, il se contente de deux lettres identiques. Réponse : la baraita rapporte l'avis de son maître Rabban Gamliel ; la mishna donne son avis propre.

6
רַבִּי שִׁמְעוֹן הַייְנוּ תַּנָּא קַמָּא? וְכִי תֵּימָא אָלֶ״ף אָלֶ״ף ד״אֲאַזֶּרְךָ״ אִיכָּא בֵינַייְהוּ, דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר אָלֶ״ף אָלֶ״ף דִּ״אֲאַזֶּרְךָ״ לָא מִיחַייַּב, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר כֵּיוָן דְּאִיתֵיהּ בִּגְלָטוֹרֵי בְּעָלְמָא — חַייָּב, לְמֵימְרָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן לְחֻומְרָא?

Rabbi Chimon, c'est [l'avis du] tanna kamma ! Et si tu dis que alef alef de 'aazerkha' les sépare : le tanna kamma pense que pour alef alef de 'aazerkha' il n'est pas hayav, et Rabbi Chimon pense que, puisque cela se trouve dans les simples amulettes (galatorei), il est hayav ; cela voudrait dire que Rabbi Chimon est plus sévère ?

📜 Rachi (3)
הַייְנוּ ת"ק שֵׁשׁ תֵּת:
C'est [l'avis du] tanna kamma : chech, tat.
וכ"ת אָלֶף אָלֶף דַּאֲאַזֶּרְךָ שֶׁהֵם שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת מִתֵּיבָה גְּדוֹלָה אֲבָל לֹא מָצִינוּ שֶׁהִיא תֵּיבָה קְטַנָּה בְּכָל הַמִּקְרָא:
Et si tu dis alef alef de aazerkha : ce sont deux lettres d'un mot long, mais nous ne trouvons pas qu'elles forment un mot court dans toute l'Écriture.
כֵּיוָן דְּאִיתָא בִּגְלָטוֹרֵי קְמֵיעוֹת וּכְתָבִים שֶׁל מְכַשְּׁפוּת וְשֶׁל שֵׁמוֹת קוֹרִין בִּלְשׁוֹן לטי"ן שֶׁל מִינִין קְלוּטְרוֹס וּרְגִילִין סוֹפְרִין לִכְתֹּוב בָּהֶן תֵּיבוֹת שֶׁל שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת וְאֵינָם תֵּיבוֹת בְּמָקוֹם אַחֵר:
Puisque cela se trouve dans les galatorei : amulettes et écrits de sorcières et de noms, appelés en latin des minim kloturos ; les scribes ont l'habitude d'y écrire des mots de deux lettres qui ne sont des mots nulle part ailleurs.
🗂️ Tossefot (2)
א"א דַּאֲאַזֶּרְךָ אִיכָּא בֵינַיְיהוּ לָאו דַּוְקָא דְּהָא ת"ק פָּטַר אַפֵּי' שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת מִשֵּׁם אֶחָד עַד שֶׁיִּכְתֹּוב שֵׁם מִשִּׁמְעוֹן אֶלָּא מִשּׁוּם ר"ש נַקְטֵיהּ דְּאַפֵּי' בְּהָא מִיחַייַּב:
Alef alef de aazerkha les sépare : pas au sens strict, car le tanna kamma exempte même deux lettres d'un seul nom tant qu'il n'écrit pas Chem de Chimon ; mais il mentionne ce cas à cause de Rabbi Chimon, qui rend hayav même dans ce cas.
בִּגְלָטוֹרֵי בְּעָלְמָא חַיָּיב פֵּירוּשׁ א"א שֶׁכּוֹתְבִין בְּקָמֵיעַ וְכֵן פֵּירֵשׁ רַ"ח וְיֵשׁ מְפָרְשִׁים א"א הַייְנוּ אָמֵן אָמֵן (סֶלָה) שֶׁכּוֹתְבִין בִּקְמֵיעִין וְלֵיתָא דְּהַיְינוּ נוֹטָרִיקוֹן וְחַיָּיב אֲפִילּוּ בְּאֶחָד וְרַבָּנָן דְּפָטְרִי בְּמָתְנֵי' פָּטְרִי אֲפִילּוּ בָּב' וג':
Dans les simples galatorei, il est hayav : c'est-à-dire alef alef qu'on écrit dans une amulette ; ainsi l'a expliqué Rabbenou Hananel. Certains expliquent alef alef comme 'amen amen (sela)' qu'on écrit dans les amulettes ; ce n'est pas juste, car ce serait un notarikon, et il serait hayav même pour une seule [lettre], alors que les Rabbanan qui exemptent dans la mishna exemptent même pour deux ou trois.
💡 Explication

Rabbi Chimon et le tanna kamma semblent dire la même chose. On propose une nafka mina : deux alef, début du mot 'aazerkha' (Yechaya 45, 5), ne forment nulle part un mot dans le Tanakh, mais on les écrit dans les amulettes. Pour Rabbi Chimon, cela suffirait à faire un écrit qui subsiste. La Guemara s'étonne : Rabbi Chimon serait-il le plus sévère ?

7
וְהָתַנְיָא: הַקּוֹדֵחַ כָּל שֶׁהוּא חַייָּב, הַמְגָרֵר כָּל שֶׁהוּא, הַמְּעַבֵּד כָּל שֶׁהוּא, הַצָּר בִּכְלִי צוּרָה כָּל שֶׁהוּא. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עַד שֶׁיִּקְדַּח אֶת כֻּולּוֹ, עַד שֶׁיִּגְרֹור אֶת כֻּולּוֹ, עַד שֶׁיְּעַבֵּד אֶת כֻּולּוֹ, עַד שֶׁיִּצֹּור כֻּולּוֹ.

Or il a été enseigné : celui qui perce une quantité quelconque est hayav ; celui qui racle une quantité quelconque, celui qui tanne une quantité quelconque, celui qui dessine une forme quelconque sur un objet. Rabbi Chimon dit : [il n'est hayav] que s'il perce le tout, racle le tout, tanne le tout, dessine le tout.

📜 Rachi (4)
הַקּוֹדֵחַ כָּל שֶׁהוּא קְצָת הַנֶּקֶב ואע"פ שֶׁלֹּא עָבַר עֳובִי הָעֵץ לִרְאוֹת בָּעֵבֶר הַשֵּׁנִי:
Celui qui perce une quantité quelconque : une partie du trou, même s'il n'a pas traversé l'épaisseur du bois pour voir de l'autre côté.
כָּל שֶׁהוּא מִן הַצּוּרָה:
Quelconque : de la forme.
הַמְגָרֵר כְּלוֹנָסוֹת אוֹ קְלָפִים דְּהָוְיָא תּוֹלָדָה דִּמְמַחֵק:
Celui qui racle : des poutres ou des parchemins, ce qui est une toldah de memahek (lisser).
אֶת כֻּולּוֹ כָּל מַה שֶׁנִּתְכַּוֵּין לְגָרֵר אוֹ לְעַבֵּד מִתְּחִלָּה בְּבַת אַחַת:
Le tout : tout ce qu'il avait l'intention de racler ou de tanner d'emblée, en une fois.
🗂️ Tossefot (1)
הַמְעַבֵּד כָּל שֶׁהוּא לָאו דַּוְקָא כָּל שֶׁהוּא אֶלָּא כַּשִּׁיעוּר הַמְפֹורָשׁ בְּהַמּוֹצִיא (לְעֵיל דָּן עט:) וְלָא נְקַט כָּל שֶׁהוּא אֶלָּא לְאַפּוּקֵי מדר"ש דְּאָמַר עַד שִׁיעְבֵּד כָּל הָעוֹר:
Celui qui tanne une quantité quelconque : pas au sens strict, mais selon la mesure explicitée au perek Hamotsi (plus haut 79b) ; il n'a dit 'quantité quelconque' que pour exclure Rabbi Chimon, qui dit : jusqu'à ce qu'il tanne toute la peau.
💡 Explication

Cette baraita montre que Rabbi Chimon est le plus souple : il exige que le travail visé soit achevé en entier. L'hypothèse du segment précédent tombe.

8
אֶלָּא, רַבִּי שִׁמְעוֹן הָא אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן, עַד שֶׁיִּכְתֹּוב אֶת הַשֵּׁם כֻּולּוֹ. וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי? וְהָתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״וְעָשָׂה אַחַת״, יָכוֹל עַד שֶׁיִּכְתֹּוב אֶת הַשֵּׁם כֻּולּוֹ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מֵאַחַת״! תָּרֵיץ וְאֵימָא הָכִי: יָכוֹל עַד שֶׁיִּכְתֹּוב אֶת הַפָּסוּק כֻּולּוֹ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מֵאַחַת״.

Mais Rabbi Chimon vient nous apprendre ceci : [il n'est hayav] que s'il écrit le nom en entier. Et peux-tu dire cela ?

Il a été enseigné : Rabbi Chimon dit : 'et il fait une' ; je pourrais penser jusqu'à ce qu'il écrive le nom en entier ; l'Écriture dit : 'd'une' ! Corrige et dis ainsi : je pourrais penser jusqu'à ce qu'il écrive le verset en entier ; l'Écriture dit : 'd'une'.

📜 Rachi (1)
כָּל הַשֵּׁם כָּל הַתֵּיבָה:
Tout le nom : tout le mot.
🗂️ Tossefot (1)
תָּרֵיץ הָכִי יָכוֹל עַד שֶׁיִּכְתֹּוב כָּל הַפָּסוּק כּוּ' וְא"ת ומ"ש אֲרִיגָה מְהַנֵּי דְּהָכָא לָא מִחַיַּיב ר"ש עַד שֶׁיְּתַקֵּן אֶת כֻּולּוֹ וי"ל דִּבְאָרִיג שֶׁעוֹשֶׂה דָּבָר חָדָשׁ שֶׁאֵינוֹ בָּעוֹלָם מְחַיֵּיב שַׁפִּיר בִּשְׁנֵי בָּתֵּי נִירִין אֲבָל עִיבּוּד שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא תִּיקּוּן הָעוֹר בְּעָלְמָא וְכֵן גּוֹרֵר וְצַר צוּרָה בָּעֵי ר"ש עַד שֶׁיְּתַקֵּן אֶת כֻּולּוֹ:
Corrige ainsi : je pourrais penser jusqu'à ce qu'il écrive tout le verset, etc. : et si tu demandes : en quoi le tissage diffère-t-il de ceux d'ici, pour lesquels Rabbi Chimon ne rend hayav que s'il achève le tout ? On peut répondre : pour le tissage, qui produit une chose nouvelle qui n'existait pas dans le monde, il rend bien hayav pour deux mailles ; mais le tannage n'est qu'une amélioration de la peau, et de même racler et dessiner une forme : pour eux Rabbi Chimon exige qu'il achève le tout.
💡 Explication

Nouvelle différence : Rabbi Chimon exige le mot entier qu'il voulait écrire, alors que le tanna kamma se contente de Chem tiré de Chimon. La baraita de Rabbi Chimon est corrigée (tarets) : 'méahat' exclut l'exigence du verset entier, pas celle du mot entier.

9
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: ״וְעָשָׂה אַחַת״ ״וְעָשָׂה הֵנָּה״ — פְּעָמִים שֶׁחַיָּיב אַחַת עַל כֻּולָּן, וּפְעָמִים שֶׁחַייָּב עַל כָּל אַחַת וְאַחַת.

Rabbi Yossi dit : 'et il fait une', 'et il fait celles-ci' : parfois il est hayav une seule [hatat] pour toutes, et parfois il est hayav pour chacune.

💡 Explication

La Guemara reprend la fin de la baraita pour l'expliquer.

10
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי ״אַחַת״ ״מֵאַחַת״, ״הִנֵּה״ ״מֵהֵנָּה״, אַחַת שֶׁהִיא ״הִנֵּה״, וְ״הִנֵּה״ שֶׁהִיא אַחַת.

Rabbi Yossi, fils de Rabbi Hanina, a dit : quelle est la raison de Rabbi Yossi ? 'Ahat', 'méahat' ; 'hena', 'méhena' : une qui est 'celles-ci', et 'celles-ci' qui sont une.

📜 Rachi (3)
מ"ט דְּר' יוֹסֵי הֵיכִי דָרֵישׁ לֵיהּ:
Quelle est la raison de Rabbi Yossi : comment l'interprète-t-il ?
אַחַת מֵאַחַת אַחַת ה"ל לְמִכְתַּב וְלִשְׁתּוֹק וְכָתַב מֵ"ם יְתֵירָה [וּמְהַנֶּה יַתִּירָא]:
Ahat, méahat : [le verset] aurait dû écrire 'ahat' et s'arrêter, et il a écrit un mem superflu [et 'méhena' est superflu].
הִנֵּה מְהַנֶּה א"נ הִנֵּה הֲוָה לֵיהּ לְמִכְתַּב וְכָתַב מֵהֵנָּה מֵ"ם יְתֵירָה וּמֵאֶחָת יְתֵירָה הִלְכָּךְ לְמִדְרְשִׁינְהוּ לְכוּלְּהוּ כַּתְבִינְהוּ וּדְרוּשׁ אַחַת הֵנָּה בְּלֹא מֵ"ם הָכִי אַחַת שֶׁהִיא הֵנָּה הֵנָּה שֶׁהִיא אַחַת לִתְרֵי גַּוְונֵי אִיכָּא לְמִידְרַשׁ מַשְׁמָעוּתַיְיהוּ וְעָשָׂה עֲבֵירָה אַחַת וְהִיא לוֹ הִנֵּה חַייָּב חַטָּאוֹת הַרְבֵּה אִי נָמֵי וְעָשָׂה אַחַת עֲשִׂייָּתוֹ חֲשׁוּבָה לוֹ כְּאַחַת ואע"פ שֶׁהִנֵּה הָיוּ מַשְׁמַע שֶׁהַרְבֵּה עֲבֵירוֹת עָשָׂה וְהַייְנוּ הֵנָּה שֶׁהִיא אַחַת הִלְכָּךְ תַּרְוַיְיהוּ דָּרֵישׁ בֵּיהּ פְּעָמִים שֶׁהִיא כֵּן וּפְעָמִים שֶׁהִיא כֵּן כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמֵּיהּ:
Hena, méhena : ou bien : il aurait dû écrire 'hena', et il a écrit 'méhena' avec un mem superflu, et 'méahat' est superflu. C'est pourquoi il les a tous écrits, pour les interpréter tous. Interprète 'ahat' et 'hena' sans le mem ainsi : une qui est 'celles-ci', 'celles-ci' qui sont une. Leur sens s'interprète de deux manières : il commet une seule transgression et elle compte pour lui comme 'celles-ci' : il doit plusieurs hataot ; ou bien : il fait 'une' : son acte compte pour lui comme un seul, bien que 'celles-ci' laisse entendre qu'il a commis plusieurs transgressions ; c'est 'celles-ci qui sont une'. C'est pourquoi il interprète les deux : parfois c'est ainsi et parfois c'est ainsi, comme la Guemara l'explique ensuite.
💡 Explication

Le verset dit 'méahat méhena' (d'une de celles-ci). Chaque mot porte un mem superflu : on lit donc à la fois 'ahat' et 'méahat', 'hena' et 'méhena', et l'on combine 'ahat' et 'hena' en deux sens opposés.

11
״אַחַת״ — ״שִׁמְעוֹן״, ״מֵאַחַת״ — ״שֵׁם״ מִ״שִׁמְעוֹן״. ״הִנֵּה״ — אָבוֹת, ״מְהַנֶּה״ — תּוֹלָדוֹת. אַחַת שֶׁהִיא הֵנָּה — זְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת. הֵנָּה שֶׁהִיא אַחַת — שִׁגְגַת שַׁבָּת וּזְדוֹן מְלָאכוֹת.

'Ahat' : Chimon ; 'méahat' : Chem de Chimon. 'Hena' : les avot ; 'méhena' : les toladot. Une qui est 'celles-ci' : zadon Chabbat et chegagat melakhot. 'Celles-ci' qui sont une : chegagat Chabbat et zadon melakhot.

📜 Rachi (5)
אַחַת שִׁמְעוֹן כְּלוֹמַר דְּרֵישׁ מֵ"ם יְתֵירָה אַחַת הָוֵי מַשְׁמַע דְּאֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּכְתֹּוב כָּל הַתֵּיבָה שֶׁנִּתְכַּוֵּין לִכְתֹּוב:
Ahat : Chimon : c'est-à-dire il interprète le mem superflu : 'ahat' laisserait entendre qu'il n'est hayav que s'il écrit tout le mot qu'il voulait écrire.
מֵאַחַת שֵׁם מִשִּׁמְעוֹן כָּתַב מֵאַחַת לְמֵימַר דַּאֲפִילּוּ לֹא כָּתַב אֶלָּא מִקְצָתָהּ וּבִלְבַד שֶׁתְּהֵא מְקֻוייֶּמֶת בְּמָקוֹם אַחֵר דֻּומְיָא דְּאַחַת דְּרֵישֵׁיהּ דִּקְרָא:
Méahat : Chem de Chimon : [le verset] a écrit 'méahat' pour dire que même s'il n'en a écrit qu'une partie [il est hayav], à condition qu'elle subsiste ailleurs, à l'image de 'ahat' au début du verset.
הִנֵּה הָוֵי מַשְׁמַע אָבוֹת כְּתַב מֵהֵנָּה לְרַבּוֹיֵי תּוֹלָדוֹת:
'Hena' laisserait entendre les avot ; [le verset] a écrit 'méhena' pour inclure les toladot.
אַחַת שֶׁהִיא הֵנָּה דַּאֲמַרַן לְעֵיל ה"ד כְּגוֹן שֶׁעֲשָׂאָן בִּזְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת ואע"ג דְּכֻולָּן אֵינָן אֶלָּא חִילּוּל שַׁבָּת אַחַת מִיחַייַּב לְכָל מְלָאכָה וּמְלָאכָה דְּגוּפֵי מְלָאכוֹת מְחַלְּקִין הוֹאִיל וְאִיכָּא שְׁגָגָה טוּבָא:
Une qui est 'celles-ci' : dont nous avons parlé plus haut ; quel est le cas ? Par exemple s'il les a faits avec zadon Chabbat et chegagat melakhot ; et bien que tous ne soient qu'une seule profanation du Chabbat, il est hayav pour chaque travail, car les travaux eux-mêmes divisent, puisqu'il y a de nombreuses inadvertances.
הֵנָּה שֶׁהִיא אַחַת שִׁגְגַת שַׁבָּת וּזְדוֹן מְלָאכוֹת שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁהֵן גּוּפֵי מְלָאכוֹת הַרְבֵּה אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת דַּחֲדָא שְׁגָגָה הִיא:
Celles-ci qui sont une, chegagat Chabbat et zadon melakhot : bien que ce soient de nombreux travaux distincts, il n'est hayav qu'une seule [hatat], car c'est une seule inadvertance.
💡 Explication

Zadon Chabbat, chegagat melakhot : il sait que c'est Chabbat mais ignore que ces travaux sont interdits ; chaque travail est un oubli distinct, d'où une hatat par melakha. Chegagat Chabbat, zadon melakhot : il sait que les travaux sont interdits mais oublie que c'est Chabbat ; il n'y a qu'un oubli, d'où une seule hatat.

🖼️ Schéma
Combien de hataot pour plusieurs melakhot en un seul oubli ?Sait que c'est ChabbatOublie que c'est ChabbatIgnore que cestravaux sont interditsSait que cestravaux sont interditsUne hatat par melakhachaque travail = un oubli distinct(hors du texte ici)Mezid totalpas de hatatUne seule hatatun seul oubli : le Chabbat
Le nombre de hataot suit le nombre d'oublis.
12
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מָצִינוּ שֵׁם קָטָן מִשֵּׁם גָּדוֹל. מִי דָמֵי? מֵ״ם ד״שם״ סָתוּם, מֵ״ם דְּ״שִׁמְעוֹן״ פָּתוּחַ! אָמַר רַב חִסְדָּא: זֹאת אוֹמֶרֶת סָתוּם וַעֲשָׂאוֹ פָּתוּחַ — כָּשֵׁר.

Rabbi Yehouda a dit : nous trouvons un nom court [tiré] d'un nom long. Est-ce comparable ?

Le mem de Chem est fermé, le mem de Chimon est ouvert ! Rav Hisda a dit : cela veut dire qu'une [lettre] fermée qu'on a faite ouverte est kacher.

📜 Rachi (1)
מִי דָמֵי כו' זֶה שֶׁנִּתְכַּוֵּין לִכְתֹּוב שֵׁם מִשִּׁמְעוֹן מֵ"ם פְּתוּחָה כָּתַב וְהֵיכִי קָרֵי לֵיהּ מִתְקַייֶּמֶת בְּמָקוֹם אַחֵר וְהָא לָא הָוְיָא:
Est-ce comparable, etc. : celui qui voulait écrire Chem de Chimon a écrit un mem ouvert ; comment l'appeler 'subsistant ailleurs', alors que ce n'est pas le cas ?
💡 Explication

Celui qui voulait écrire Chimon a tracé un mem ouvert (mem du milieu du mot). Or Chem s'écrit avec un mem fermé (mem final). Les deux lettres écrites ne forment donc pas vraiment le mot Chem. Rav Hisda en tire une règle : une lettre fermée écrite ouverte reste kacher.

13
מֵיתִיבִי: ״וּכְתַבְתָּם״ — שֶׁתְּהֵא כְּתִיבָה תַּמָּה, שֶׁלֹּא יִכְתֹּוב אַלְפִין עַיְינִין, עַייְנִין אַלְפִין. בֵּיתִין כִּפִּין, כִּפִּין בֵּיתִין. גַּמִּין צָדִין, צָדִין גַּמִּין. דָּלֶתִין רֵישִׁין, רֵישִׁין דָּלֶתִין. הֵיהִין חֵיתִין, חֵיתִין הֵיהִין. וָוִין יוֹדִין, יוֹדִין וָוִין. זַיְינִין נוּנִין, נוּנִין זַייְנִין. טֵיתִין פֵּיפִין, פֵּיפִין טֵיתִין.

On objecte : 'oukhtavtam' (et vous les écrirez) : que ce soit une écriture parfaite (tama) ; qu'il n'écrive pas des alef [pour des] ayin, des ayin [pour des] alef ; des beit [pour des] kaf, des kaf [pour des] beit ; des guimel [pour des] tsadi, des tsadi [pour des] guimel ; des dalet [pour des] rech, des rech [pour des] dalet ; des hé [pour des] het, des het [pour des] hé ; des vav [pour des] yod, des yod [pour des] vav ; des zayin [pour des] noun, des noun [pour des] zayin ; des têt [pour des] pe, des pe [pour des] têt.

📜 Rachi (6)
וּכְתַבְתָּם דִּתְפִילִּין וּמְזוּזָה:
Et vous les écrirez : [le verset] des tefilin et de la mezouza.
תַּם שָׁלֵם כְּהִלְכָתָהּ:
Tam : complète, selon sa halakha.
אַלְפִין עַיְינִין יֵשׁ שֶׁכּוֹתְבִין כֵּן מִפְּנֵי שֶׁדּוֹמִין בִּקְרִיאָתָן:
Des alef [pour des] ayin : certains écrivent ainsi parce qu'ils se ressemblent à la lecture.
בֵּיתִין כִּפִּין דּוֹמִין בִּכְתִיבָתָן:
Des beit [pour des] kaf : ils se ressemblent à l'écriture.
גַּמִּין צָדִין דּוֹמִין בִּכְתִיבָתָן אֶלָּא שֶׁזֶּה לְמַעְלָה וְזֶה לְמַטָּה:
Des guimel [pour des] tsadi : ils se ressemblent à l'écriture, sauf que l'un [a son trait] en haut et l'autre en bas.
זַייְנִין נוּנִין פְּשׁוּטִין:
Des zayin [pour des] noun : [les noun] droits.
🗂️ Tossefot (1)
טֵיתִין פֵּיפִין מִכָּאן נִרְאֶה לר"ת שֶׁצָּרִיךְ לָכֹוף רֹאשׁ הַטֵּית לְתוֹכָהּ דְּדָמֵי כְּעֵין פ':
Des têt [pour des] pe : de la, Rabbenou Tam déduit qu'il faut courber la tête du têt vers l'intérieur, car elle ressemble à une sorte de pe.
💡 Explication

La baraita lit dans 'oukhtavtam' (Devarim 6, 9) le mot tam : écriture parfaite. Elle énumère les lettres qu'on confond, soit à la prononciation (alef/ayin), soit par la forme (beit/kaf, dalet/rech...).

14
כְּפּוּפִין פְּשׁוּטִין, פְּשׁוּטִין כְּפּוּפִין. מִיָּמִין סַמְּכִין, סַמְּכִין מִיָּמִין. סְתוּמֵין פִּתּוּחִין, פִּתּוּחִין סְתוּמֵין. פָּרָשָׁה פְּתוּחָה לֹא יַעֲשֶׂנָּה סְתוּמָה, סְתוּמָה לֹא יַעֲשֶׂנָּה פְּתוּחָה. כְּתֻבָּה כְּשֵׁירָה, אוֹ שֶׁכָּתַב אֶת הַשִּׁירָה כַּיּוֹצֵא בָהּ, אוֹ שֶׁכָּתַב שֶׁלֹּא בִּדְיוֹ, אוֹ שֶׁכָּתַב אֶת הָאַזְכָּרוֹת בְּזָהָב — הֲרֵי אֵלּוּ יִגָּנְזוּ.

Des [lettres] courbées [pour des] droites, des droites [pour des] courbées ; des mem [pour des] samekh, des samekh [pour des] mem ; des fermées [pour des] ouvertes, des ouvertes [pour des] fermées. Une section ouverte, qu'il n'en fasse pas une fermée ; une fermée, qu'il n'en fasse pas une ouverte.

S'il l'a écrite comme un cantique, ou s'il a écrit le cantique comme elle, ou s'il a écrit sans encre, ou s'il a écrit les azkarot (noms divins) en or, tous ceux-là doivent être mis en guenizah.

📜 Rachi (7)
כְּפּוּפִין כַּף פֹּה צִדֵּי נוּן:
Courbées : kaf, pe, tsadi, noun.
פְּשׁוּטִין הַכְּפוּלוֹת שֶׁלָּהֶן פְּשׁוּטוֹת:
Droites : leurs doubles, qui sont droits.
מִמִּין סַמְּכִין מֵ"ם סְתוּמָה שֶׁדּוֹמֶה לִסְמֹךְ:
Des mem [pour des] samekh : le mem fermé, qui ressemble au samekh.
פִּתּוּחִין מֵ"ם פְּתוּחָה:
Ouvertes : le mem ouvert.
סְתוּמֵין מֵ"ם סְתוּמָה:
Fermées : le mem fermé.
כְּתֻבָּה לְסַפֵּר תּוֹרָה:
L'a écrite : un Sefer Torah.
כְּשֵׁירָה בְּדִילּוּגִין אָרִיחַ וּלְבֵינָה:
Comme un cantique : avec des intervalles, demi-brique sur brique (ariah al gabei levena).
💡 Explication

La baraita interdit d'écrire une lettre fermée à la place d'une ouverte et inversement : cela contredit Rav Hisda. Elle étend la règle aux sections (paracha petouha et setouma) et à la mise en page des cantiques. Un tel sefer ne peut servir ; on le range en guenizah (dépôt des écrits saints).

15
הוּא דְּאָמַר כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה אוֹמֵר: נֶאֱמַר בַּשֵּׁנִי ״וְנִסְכֵּיהֶם״. בַּשִּׁשִּׁי ״וּנְסָכֶיהָ״, בַּשְּׁבִיעִי ״כְּמִשְׁפָּטָם״, הֲרֵי מֵ״ם יוֹ״ד מֵ״ם — ״מַיִם״, מִכָּאן רֶמֶז לְנִיסּוּךְ מַיִם מִן הַתּוֹרָה.

Il a parlé selon ce tanna. Car il a été enseigné : Rabbi Yehouda ben Betera dit : il est dit au deuxième [jour] 've-niskeihem', au sixième 'û-nesakhéha', au septième 'ke-mishpatam' : voici mem, yod, mem : mayim (eau).

D'ici une allusion à la libation d'eau, de la Torah.

📜 Rachi (1)
מִכָּאן רֶמֶז כו' כְּלוֹמַר מֵ"ם דִּוְנִסְכֵּיהֶם דְּרֵישׁ לֵיהּ בִּפְתוּחָה [שְׁמַע מִינָּה] בְּפָתוּחַ וַעֲשָׂאוֹ סָתוּם דְּכָשֵׁר וּמִדְּפָתוּחַ וַעֲשָׂאוֹ סָתוּם כָּשֵׁר הוּא הַדִּין נָמֵי סָתוּם וַעֲשָׂאוֹ פָּתוּחַ כְּגוֹן שֵׁם מִשִּׁמְעוֹן וְכָשֵׁר לְהִתְקַיֵּים בִּמְקוֹם שֵׁם:
D'ici une allusion, etc. : c'est-à-dire le mem de ve-niskeihem, il l'interprète comme ouvert ; on en déduit qu'une [lettre] ouverte qu'on a faite fermée est kacher ; et puisqu'une ouverte faite fermée est kacher, il en va de même d'une fermée faite ouverte, comme Chem de Chimon, et elle est valable pour subsister à la place de Chem.
🗂️ Tossefot (1)
בַּשְּׁבִיעִי כְּמִשְׁפָּטָם גָּרְסִינַן כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק קַמָּא דְּתַעֲנִית (דַּף ב:) וְכֵן הוּא בַּמָּסֹורֶת הַגְּדוֹלָה וּדְלֹא כְּרַשִׁ"י דְּגָרַס בִּשְׁמִינִי בס"פ לוּלָב וַעֲרָבָה (סֻוכָּה דַּף מז:):
Au septième, ke-mishpatam, c'est ainsi que nous lisons : comme le prouve le premier chapitre de Taanit (2b), et ainsi dans la Massora gedola ; à la différence de Rachi, qui lit 'au huitième' à la fin du chapitre Loulav vaarava (Soukka 47b).
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִכָּאן רֶמֶז לְנִסּוּךְ מַיִם מִן הַתּוֹרָה. הָא דְּנֶאֱמַר נִסּוּךְ הַמַּיִם בַּתּוֹרָה בְּרֶמֶז נִסְתָּר וְלֹא בְּפֵירוּשׁ כְּמוֹ הַיַּיִן? נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דְּהַיַּיִן הוּא גְּבוּרוֹת וְהֵם מְגֻולִּים, וְהַמַּיִם חֲסָדִים שֶׁהֵם מְכֻוסִּים, כְּמוֹ שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּסוֹד הַכָּתוּב (מִשְׁלֵי כז, ה) טוֹבָה תּוֹכַחַת מְגֻלָּה מֵאַהֲבָה מְסֻתָּרֶת. וְהָא דְּנִיתַּן נִסּוּךְ הַמַּיִם בְּחַג הַסֻּוכּוֹת דַּוְקָא , נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם, דְּיָדוּעַ דִּישִׁיבַת הַסֻּוכָּה הִיא אוֹת וְסִימָן שֶׁיִּשְׂרָאֵל לְבַדָּם נִתְקַבְּלוּ בִּתְשׁוּבָה מַה שֶׁאֵין כֵּן אוּמוֹת הָעוֹלָם, לָכֵן לֶעָתִיד הקב"ה בּוֹדֵק אֶת אוּמוֹת הָעוֹלָם בְּסֻוכּוֹת וְסוֹף דָּבָר בּוֹעֲטִין בָּהּ וְיוֹצְאִין. וּבָזֶה פֵּירְשׁוּ הַמְפָרְשִׁים רָמַז הַכָּתוּב (שׁוֹפְטִים ח, טז) וַיֹּדַע בָּהֶם אֵת אַנְשֵׁי סֻכּוֹת, וּבָזֶה פֵּירְשׁוּ (הוֹשֵׁעַ יד, ח) יָשְׁבוּ יֹשְׁבֵי בְּצִלּוֹ, וְהַטַּעַם פֵּרַשְׁתִּי בס"ד בְּמָקוֹם אַחֵר, כִּי הַתְּשׁוּבָה מִן הַבִּינָה שה"ס [שֶׁהוּא סוֹד] הַבְּרִיאָה, וְיִשְׂרָאֵל נִשְׁמָתָם מִן הַבְּרִיאָה הַנִּקְרֵאת כִּסֵּא הַכָּבוֹד שֶׁהִיא בְּסוֹד הַבִּינָה, כמ"ש בָּרוּךְ אֱ-לֹהֵינוּ שֶׁבְּרָאָנוּ לִכְבוֹדוֹ, וְאֻומּוֹת הָעוֹלָם אֵין לָהֶם חֵלֶק וְשֹׁורֶשׁ לֹא בִּבְרִיאָה וְגַם לֹא בִּיצִירָה אֶלָּא רַק בַּעֲשִׂיָּה, וְלָכֵן אֵין לָהֶם חֵלֶק בַּתְּשׁוּבָה מֵאַחַר שֶׁאֵין לָהֶם חֵלֶק בַּבִּינָה שה"ס הַבְּרִיאָה שֶׁמִּשָּׁם אוֹר הַתְּשׁוּבָה, כִּי כָּל אֶחָד עֲלִיָּיתוֹ תִּהְיֶה כְּפִי מַדְרֵגַת שָׁרְשׁוֹ. וְדָבָר זֶה נִרְאֶה לָעַיִן בַּעֲלִייַּת הַמַּיִם, וְהוּא כִּי הַמַּיִם אֲשֶׁר יוֹצְאִים וּבָאִים מִמָּקוֹם גָּבוֹהַּ אַף עַל פִּי שֶׁיּוֹרְדִים בְּתוֹךְ הַצִּינּוֹר לְמָקוֹם תַּחְתּוֹן, הִנֵּה הֵם יְכוֹלִים לַעֲלוֹת מֵאֲלֵיהֶם בְּתוֹךְ הַצִּינּוֹר הַהוּא עַד שִׁיעוּר גֹּובַהּ הַמָּקוֹם שֶׁיָּצְאוּ וּבָאוּ מִמֶּנּוּ בְּאוֹתוֹ הַצִּינּוֹר כָּזֶה וְכֵן הָעִנְיָן כָּאן, יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר נֶחְצְבוּ מִן הַבְּרִיאָה אַף עַל פִּי שֶׁיָּרְדוּ הַנְּשָׁמוֹת לְמַטָּה, יְכוֹלִים הֵם לַעֲלוֹת עַד מָקוֹם שֶׁנֶּחְצְבוּ לְקַבֵּל שֶׁפַע אוֹר הַתְּשׁוּבָה מִשָּׁם, מַה שֶׁאֵין כֵּן אוּמוֹת הָעוֹלָם שֶׁנַּפְשׁוֹתָם נֶחְצְבוּ מִן הָעֲשִׂיָּה אֵיךְ יַעֲלוּ לְקַבֵּל שֶׁפַע מִן הַבְּרִיאָה?! וְיָדוּעַ כִּי בְּסֻוכּוֹת יֵשׁ הֶאָרַת הַבִּינָה כִּי הַסֻּוכָּה הִיא סוֹד הַבִּינָה הַסּוֹכֶכֶת עָלֵינוּ כַּנִּזְכָּר בְּכַוָּנוֹת, וְלָכֵן בְּסֻוכּוֹת שֶׁאֲנַחְנוּ יוֹשְׁבִין בְּצֵל הַבִּינָה עוֹשִׂין הַנִּסּוּךְ בַּמַּיִם, שֶׁהוּא הַמּוֹרֶה בְּטִבְעוֹ אֵיךְ יִהְיוּ יִשְׂרָאֵל לְבַדָּם יְכוֹלִים לְקַבֵּל שֶׁפַע הַבִּינָה. אוֹ יוּבָן הַטַּעַם לְנִסּוּךְ הַמַּיִם בַּסֻּוכּוֹת, כִּי יִשְׂרָאֵל נִתְקַבְּלָה תְּשׁוּבָתָם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מֵחֲמַת טֹוהַר לְבָבָם, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּמִּדְרָשׁ לְקָווּץ וְקֹרַח שֶׁהָלְכוּ לְנֶגְדָּן וְכוּ', וְנִמְצָא עַתָּה יִשְׂרָאֵל בְּסֻוכּוֹת הֵם תּוֹכָם כְּבָרָם שֶׁנִּטְהֲרוּ עַל יְדֵי הַתְּשׁוּבָה, לָכֵן עוֹשִׂין שִׂמְחַת הַנִּסּוּךְ בְּמַיִם, כִּי הַמַּיִם תּוֹכָם כְּבָרָם, דְּהַמִּלּוּי הוּא כְּמוֹ מִסֵּפֶר הַפָּשׁוּט, מַה שֶׁאֵין כֵּן הַ'יַיִן' יֵשׁ בָּהֶם אוֹת וָא"ו בֵּנְתַיִים.
D'ici une allusion à la libation d'eau, de la Torah. Pourquoi la libation d'eau est-elle dite dans la Torah par une allusion cachée, et non explicitement comme le vin ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison est que le vin correspond aux guevourot, qui sont dévoilées, et l'eau aux hassadim, qui sont couverts, comme l'a dit notre maître le Ari z.l. sur le sod du verset (Michle 27, 5) : 'Mieux vaut une réprimande dévoilée qu'un amour caché.' Et pourquoi la libation d'eau est-elle donnée précisément à la fête de Soukkot ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison est la suivante. On sait que le séjour dans la soukka est un signe qu'Israël seul à été accepté dans sa techouva, à la différence des nations ; c'est pourquoi, dans le futur, le Saint, béni soit-Il, éprouvera les nations par la soukka, et à la fin elles la rejetteront du pied et sortiront. Par là les commentateurs ont expliqué l'allusion du verset (Choftim 8, 16) : 'Il fit connaître par eux aux gens de Soukkot', et de même (Hochea 14, 8) : 'Ils reviendront, ceux qui habitent à son ombre.' J'en ai expliqué la raison, avec l'aide du Ciel, ailleurs : la techouva vient de la Bina, qui est le sod de la Beria ; les nechamot d'Israël viennent de la Beria, appelée Trône de gloire, qui est dans le sod de la Bina, comme nous disons : 'Béni soit notre D.ieu, qui nous a créés pour Sa gloire.' Les nations n'ont ni part ni racine dans la Beria, ni dans la Yetsira, mais seulement dans la Assiya ; c'est pourquoi elles n'ont pas de part à la techouva, puisqu'elles n'ont pas de part à la Bina, sod de la Beria, d'où vient la lumière de la techouva, car chacun s'élève selon le degré de sa racine. Cela se voit dans la montée de l'eau : l'eau qui sort et vient d'un endroit élevé, bien qu'elle descende dans un tuyau vers un endroit bas, peut remonter d'elle-même dans ce tuyau jusqu'à la hauteur de l'endroit d'où elle est sortie. De même ici : Israël, taillé dans la Beria, bien que les nechamot soient descendues en bas, peut remonter jusqu'à l'endroit d'où il a été taillé, pour y recevoir l'abondance de la lumière de la techouva ; mais les nations, dont les âmes ont été taillées dans la Assiya, comment monteraient-elles recevoir l'abondance de la Beria ? On sait qu'à Soukkot il y a un éclairage de la Bina, car la soukka est le sod de la Bina qui nous abrite, comme il est dit dans les kavanot ; c'est pourquoi à Soukkot, quand nous sommes assis à l'ombre de la Bina, on fait la libation avec de l'eau, qui montre par sa nature comment Israël seul peut recevoir l'abondance de la Bina. Ou bien on comprendra la raison de la libation d'eau à Soukkot ainsi : la techouva d'Israël a été acceptée à Yom Kippour grâce à la pureté de leur cœur, comme il est dit dans le Midrach : 'le-kovets ve-korah qui allaient contre eux', etc. Israël se trouve donc à Soukkot 'l'intérieur comme l'extérieur' (tokham ke-varam), purifié par la techouva ; c'est pourquoi on fait la réjouissance de la libation avec de l'eau, car pour mayim l'intérieur est comme l'extérieur : le milouy (lettres écrites en entier) vaut le même compte que le simple ; il n'en est pas ainsi de yayin (vin), qui a une lettre vav au milieu.
💡 Explication

Dans les sacrifices de Soukkot (Bamidbar 29), trois mots ont une lettre de plus que d'habitude : mem, yod, mem. Ensemble, ils forment mayim. Le premier mem est un mem final (fermé), et Rabbi Yehouda ben Betera le lit comme le mem ouvert du début de mayim. Rav Hisda s'appuie sur ce tanna.

🖼️ Schéma
Trois lettres en trop : mem, yod, mem = mayim (eau)2e jourve-niskeihemmem en trop(mem fermé)6e jourû-nesakhéhayod en trop7e jourke-mishpatammem en trop(mem fermé)mayim : libation d'eau à Soukkotle 1er mem, fermé, est lu ouvert
L'allusion à la libation d'eau selon Rabbi Yehouda ben Betera.
16
וּמִדְּפָתוּחַ וַעֲשָׂאוֹ סָתוּם — כָּשֵׁר, סָתוּם נָמֵי סָתוּם וַעֲשָׂאוֹ פָּתוּחַ — כָּשֵׁר.

Et puisqu'une [lettre] ouverte qu'on a faite fermée est kacher, une fermée aussi, une fermée qu'on a faite ouverte, est kacher.

💡 Explication

Le mem de 've-niskeihem' est lu comme le mem ouvert de mayim, alors qu'il est écrit fermé : une lettre ouverte faite fermée est donc kacher. La Guemara en déduit l'inverse, qui appuie Rav Hisda.

17
מִי דָמֵי? פָּתוּחַ וַעֲשָׂאוֹ סָתוּם —

Est-ce comparable ? Une ouverte qu'on a faite fermée —

💡 Explication

La Guemara conteste la comparaison ; la suite est à l'amud suivant (104a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).