Shabbat 106a — Le mekalkel dans la blessure et l'allumage

Shabbat 106a

Sougya : La michna a énoncé que tous les mekalkelin (ceux qui font une melakha de façon destructrice) sont patour. R.

Abbahou enseigne une baraita qui excepte celui qui blesse et celui qui allume ; R. Yo'hanan la rejette, ou la limite au cas où le sang sert au chien et la cendre sert à quelque chose.

La Guemara attribue la michna à R. Yehouda et la baraita à R.

Chimon, qui tire sa position de la mila et de l'exécution de la fille de Cohen ; R. Yehouda répond avec Rav Achi que ces cas sont des tikoun.

L'amud s'achève sur la mesure du sit kafoul et l'ouverture de la michna sur le piégeage (tseida).

Le déroulement de la sougyaBaraita de R. Abbahoutout mekalkel est patour, sauf celui qui blesse et celui qui allumeR. Yo'hanan : sors l'enseigner dehorsou alors : blesse pour son chien, allume pour la cendreQuestionla michna dit : tous les mekalkelin sont patour !Réponsemichna = R. Yehouda ; baraita = R. ChimonRaison de R. Chimonverset pour permettre la mila ; interdit d'allumer pour la fille de CohenR. Yehouda (Rav Achi)la mila répare l'homme, la mèche est cuite : ce sont des tikoun
Les étapes de la sougya, de la baraita de R. Abbahou a la réponse de R. Yehouda.
Mekalkel dans la blessure et l'allumage (selon Rachi)CasR. Yehouda (michna)R. Chimon (baraita)Mekalkel ordinaire(ex. déchirer sans but)patourpatourBlesser, le sangpour son chienhayav : il réparepour le chienhayavBlesser sansaucun besoinpatour : pur kilkoulhayav : appris de la milaAllumer, besoinde la cendrehayav : il réparepour la cendrehayavAllumer sans besoin(brûler une meule)patour : pur kilkoulhayav : appris dela fille de CohenR. Yehouda : melakha she-eina tsrikha legoufa hayav. R. Chimon : patour, sauf blessure et allumage.
Qui est hayav selon R. Yehouda et R. Chimon, dans la lecture de Rachi.
1
יִדְאֲגוּ כָּל הָאַחִין כֻּולָּן. אֶחָד מִבְּנֵי חֲבוּרָה שֶׁמֵּת — תִּדְאַג כָּל הַחֲבוּרָה כֻּולָּהּ. אָמְרִי לַהּ דְּמֵת גָּדוֹל, וְאָמְרִי לַהּ דְּמֵת קָטָן.

... tous les frères doivent s'inquiéter. Si l'un des membres d'une havoura (groupe) meurt, toute la havoura doit s'inquiéter.

Certains disent : [c'est le cas] quand le plus grand meurt ; et certains disent : quand le plus petit meurt.

📜 Rachi (3)
יִדְאֲגוּ יִירְאוּ מִן הַמִּיתָה:
Ils doivent s'inquiéter : qu'ils craignent la mort.
וְאָמְרִי לַהּ דְּמֵת קָטָן שֶׁבַּקַּלְקָלָה מַתְחִילִין מִן הַקָּטָן:
Et certains disent : quand le plus petit meurt : car dans le malheur on commence par le plus petit.
דְּמֵת גָּדוֹל יֵשׁ לִדְאֹוג הוֹאִיל וְשָׁלְטָה מִדַּת הַדִּין בְּרֹאשׁ הַבַּיִת:
Quand le plus grand meurt : il y a lieu de s'inquiéter, puisque la midat ha-din (rigueur divine) a dominé la tête de la maison.
💡 Explication

Fin de la sougya de 105b sur le deuil. La mort d'un membre d'une fratrie ou d'un groupe est un signal pour les autres. Selon la première opinion, la midat ha-din (rigueur divine) a frappé la tête de la maison ; selon la seconde, le châtiment commence par le plus petit (Rachi).

2
וְכָל הַמְקַלְקְלִין פְּטוּרִין. תָּנֵי רַבִּי אֲבָהוּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַמְקַלְקְלִין פְּטוּרִין חוּץ מֵחוֹבֵל וּמַבְעִיר. אֲמַר לֵיהּ: פּוּק תְּנִי לְבָרָא, חוֹבֵל וּמַבְעִיר אֵינָהּ מִשְׁנָה. וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר מִשְׁנָה — חוֹבֵל בְּצָרִיךְ לְכַלְבּוֹ, מַבְעִיר בְּצָרִיךְ לְאֶפְרוֹ.

'Et tous les mekalkelin (ceux qui abîment) sont patour.' R. Abbahou a enseigné devant R.

Yo'hanan : tous les mekalkelin sont patour, sauf celui qui blesse et celui qui allume. [R.

Yo'hanan] lui dit : sors l'enseigner dehors ; [la règle sur] celui qui blesse et celui qui allume n'est pas une michna (un enseignement retenu). Et si tu veux dire que c'est une michna : celui qui blesse, quand il a besoin [du sang] pour son chien ; celui qui allume, quand il a besoin de sa cendre.

📜 Rachi (4)
חוּץ מֵחוֹבֵל בְּאָדָם דִּמְקַלְקֵל הוּא וְחַייָּב דִּתְנַן (ב"ק פז.) הַחוֹבֵל בַּחֲבֵרוֹ בְּשַׁבָּת פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם מִפְּנֵי שֶׁנִּדּוֹן בְּנַפְשׁוֹ:
Sauf celui qui blesse : un homme ; il est mekalkel et pourtant hayav, comme nous l'avons appris (Bava Kama 87a) : celui qui blesse son prochain le Chabbat est dispensé de payer, parce qu'il est jugé sur sa vie.
וּמַבְעִיר אֶת הַגָּדִישׁ מְקַלְקֵל הוּא וְחַייָּב כְּדִתְנַן (שָׁם דַּף לד:) וְהוּא שֶׁהִדְלִיק אֶת הַגָּדִישׁ פָּטוּר מִן תַּשְׁלוּמִין מִפְּנֵי שֶׁנִּדּוֹן בְּנַפְשׁוֹ:
Et celui qui allume : la meule ; il est mekalkel et pourtant hayav, comme nous l'avons appris (ibid. 34b) : s'il a mis le feu à la meule [le Chabbat], il est dispensé de payer, parce qu'il est jugé sur sa vie.
אֵינָהּ מִשְׁנָה דְּאִם מְקַלְקֵל הוּא פָּטוּר:
Ce n'est pas une michna : car s'il est mekalkel, il est patour.
בְּצָרִיךְ לְדָם הַיּוֹצֵא מִן הַחַבָּלָה לְכַלְבּוֹ וְאִם מְקַלְקֵל הוּא אֵצֶל נֶחְבָּל מְתַקֵּן הוּא אֵצֶל הַכֶּלֶב:
Quand il a besoin : du sang qui sort de la blessure, pour son chien ; et s'il est mekalkel à l'égard du blessé, il répare à l'égard du chien.
🗂️ Tossefot (2)
חוּץ מֵחוֹבֵל וּמַבְעִיר א"ל פּוּק תְּנִי לְבָרָא כּוּ' פֵּי' רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל דְּר' אַבָּהוּ סָבַר כְּר"ש דְּאָמַר מְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה חַייָּב וְר' יוֹחָנָן סָבַר לָהּ כְּר' יְהוּדָה דְּאָמַר מְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה וּבְהַבְעָרָה פָּטוּר וְצָרִיךְ לְכַלְבּוֹ וּלְאֶפְרוֹ לָא חֲשִׁיב מְקַלְקֵל וְחַייָּב אֲפִי' לְר' יְהוּדָה וְכֵן מַשְׁמַע בְּסָמוּךְ מִתּוֹךְ פֵּי' רַשִׁ"י וְקָשֶׁה דְּא"כ אַמַּאי א"ל פּוּק תְּנִי לְבָרָא דְּאַטּוּ מִשּׁוּם דִּס"ל כְּר' יְהוּדָה מַאן דִּתְנָא כר"ש מְשַׁתְּקִינַן לֵיהּ דכה"ג פָּרֵיךְ בְּפ"ק דְּחֻולִּין (טו.) ע"כ נִרְאֶה דְּר' אַבָּהוּ וְר' יוֹחָנָן אַלִּיבָּא דר"ש פְּלִיגִי דְּר' אַבָּהוּ סָבַר דְּחוֹבֵל וּמַבְעִיר אע"פ שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לְכַלְבּוֹ וּלְאֶפְרוֹ חַיָּיב לְר' שִׁמְעוֹן דְּגָמַר מִמִּילָה וְהַבְעָרַת בַּת כֹּהֵן וְר' יוֹחָנָן סָבַר דר"ש נָמֵי לָא מִחַיַּיב אא"כ אִיכָּא קְצָת תִּיקּוּן כְּגוֹן דְּצָרִיךְ לְכַלְבּוֹ וּלְאֶפְרוֹ דְּמִילָה וְהַבְעָרָה אִיכָּא קְצָת תִּיקּוּן שֶׁהוּא צֹורֶךְ מִצְוָה אֲבָל לְר' יְהוּדָה אַפֵּי' צָרִיךְ לְאֶפְרוֹ וּלְכַלְבּוֹ פָּטוּר דְּאֵין זֶה תִּיקּוּן חָשׁוּב דְּאֵין דֶּרֶךְ לַחְבֹּול בַּחֲבֵירוֹ כְּדֵי לִיתֵּן לְכַלְבּוֹ אוֹ לִשְׂרֹוף גָּדִישׁ בִּשְׁבִיל הָאֵפֶר אע"ג דְּכָל שׁוֹחֵט מְקַלְקֵל הוּא כִּדְאָמְרִי' בפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף ח.) סַכִּין שֶׁל ע"ז מֻותָּר לִשְׁחֹוט בָּהּ מוֹדֶה ר' יְהוּדָה לְעִנְיַן שַׁבָּת דְּחַייָּב דְּדַוְקָא לְעִנְיַן ע"ז חָשׁוּב מְקַלְקֵל דִּכְתִיב וְלֹא יִדְבַּק בְּיָדְךָ מְאוּמָה מִן הַחֵרֶם וְלָא חֲשִׁיב לֵיהּ נֶהֱנֶה כֵּיוָן דְּקִלְקוּלוֹ יָתֵר עַל תִּקּוּנוֹ ור"ת מְפָרֵשׁ דְּהָא דַּחֲשִׁיב לְר' יְהוּדָה מְקַלְקֵל שֶׁצָּרִיךְ לְכַלְבּוֹ וְאֶפְרוֹ לְפִי שֶׁאֵין הַתִּיקּוּן בָּא בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אֶלָּא לְאַחַר מִכָּאן דִּלְאַחַר שֶׁנַּעֲשֵׂית חַבּוּרָה בָּא הַדָּם וּלְאַחַר שֶׁכָּלְתָה הַהַבְעָרָה בָּא הָאֵפֶר אֲבָל בְּשׁוֹחֵט בִּשְׁעַת הַקִּלְקוּל בָּא לוֹ הַתִּיקּוּן שֶׁמּוֹצִיאָה מִידֵי אֵבֶר מִן הַחַי וְקוֹרֵעַ לְמִירְמֵא אֵימְתָא אַאִינָשֵׁי דְּבֵיתֵיהּ חָשׁוּב לֵיהּ לר"י נָמֵי תִּיקּוּן לְפִי שֶׁבִּשְׁעַת הַקִּלְקוּל בָּא לוֹ הַתִּיקּוּן וְכֵן בַּהֲרִיגַת הַמַּזִּיקִין (לְקָטָן קכא:) חַיָּיב לְר' יְהוּדָה דְּבָא הַתִּיקּוּן בִּשְׁעַת הַקִּלְקוּל ולר"ש פָּטוּר מִשּׁוּם דְּהָוְיָא מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ וְקוֹרֵעַ ע"מ לִתְפֹּור וּמוֹחֵק ע"מ לִכְתֹּוב דְּמִיחַייַּב לכ"ע אע"ג שֶׁבִּשְׁעַת הַקִּלְקוּל אֵינוֹ בָּא הַתִּיקּוּן הַייְנוּ מִשּׁוּם שֶׁהַקִּלְקוּל גּוֹרֵם תִּיקּוּן יוֹתֵר טוֹב לְבַסּוֹף וְתִיקּוּן גָּמוּר הוּא שֶׁהֲרֵי אֵינוֹ יָכוֹל לַעֲשׂוֹת הַתִּיקּוּן אֶלָּא ע"י הַקִּלְקוּל:
Sauf celui qui blesse et celui qui allume ; il lui dit : sors l'enseigner dehors, etc. : Rabbenou Chemouel a expliqué que R. Abbahou pense comme R. Chimon, qui dit que le mekalkel dans la blessure est hayav, et que R. Yo'hanan pense comme R. Yehouda, qui dit que le mekalkel dans la blessure et dans l'allumage est patour ; et [le cas où] il en a besoin pour son chien ou pour sa cendre ne compte pas comme mekalkel, et il est hayav même selon R. Yehouda ; c'est aussi ce qui ressort plus loin de l'explication de Rachi. Mais c'est difficile : s'il en est ainsi, pourquoi lui a-t-il dit 'sors l'enseigner dehors' ? Parce que lui-même pense comme R. Yehouda, fait-on taire celui qui enseigne selon R. Chimon ? C'est ainsi que la Guemara objecte dans le premier chapitre de Houlin (15a). C'est pourquoi il semble que R. Abbahou et R. Yo'hanan divergent selon R. Chimon : R. Abbahou pense que celui qui blesse et celui qui allume, même s'il n'en a pas besoin pour son chien ou pour sa cendre, est hayav selon R. Chimon, qui l'apprend de la mila et de l'allumage pour la fille de Cohen ; et R. Yo'hanan pense que même R. Chimon ne rend hayav que s'il y a un peu de tikoun, par exemple s'il en a besoin pour son chien ou pour sa cendre, car dans la mila et l'allumage il y a un peu de tikoun, puisque c'est un besoin de mitsva. Mais selon R. Yehouda, même s'il en a besoin pour sa cendre ou pour son chien, il est patour, car ce n'est pas un tikoun important : on n'a pas l'habitude de blesser son prochain pour donner [le sang] à son chien, ni de brûler une meule pour la cendre. Et bien que tout égorgeur soit mekalkel, comme nous le disons dans le premier chapitre de Houlin (8a) : 'avec un couteau d'avoda zara, il est permis d'égorger' — R. Yehouda reconnaît qu'à l'égard du Chabbat il est hayav : c'est seulement à l'égard de l'avoda zara qu'il compte comme mekalkel, car il est écrit 'que rien de l'anathème ne s'attache à ta main', et on ne le considère pas comme tirant profit, puisque sa destruction dépasse sa réparation. Rabbenou Tam explique que, selon R. Yehouda, celui qui a besoin [du sang] pour son chien ou de la cendre compte comme mekalkel, parce que le tikoun ne vient pas au même moment, mais seulement après : une fois la blessure faite vient le sang, et une fois l'allumage terminé vient la cendre. Mais pour l'égorgeur, le tikoun vient au moment du kilkoul, puisqu'il fait sortir [l'animal] de l'interdit de ever min ha-haï (membre d'un animal vivant) ; et celui qui déchire pour inspirer la crainte aux gens de sa maison fait aussi un tikoun selon R. Yehouda, parce que le tikoun vient au moment du kilkoul. De même, celui qui tue des animaux nuisibles (plus loin 121b) est hayav selon R. Yehouda, car le tikoun vient au moment du kilkoul, et patour selon R. Chimon, parce que c'est une melakha she-eina tsrikha legoufa (qui n'est pas faite pour elle-même). Et celui qui déchire pour coudre ou efface pour écrire est hayav selon tous, bien qu'au moment du kilkoul le tikoun ne vienne pas : c'est parce que le kilkoul produit à la fin un meilleur tikoun, et c'est un tikoun complet, puisqu'il ne peut faire le tikoun que par le kilkoul.
בְּחוֹבֵל וְצָרִיךְ לְכַלְבּוֹ כּוּ' וְא"ת וְר' אָבָהוּ דְּמִחַייַּב אַפֵּי' בְּאֵין צָרִיךְ לְכַלְבּוֹ כֵּיוָן דְּאֵין צָרִיךְ כְּלָל הָוְיָא מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ דאע"ג דְּמִחַייַּב ר"ש מְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה מ"מ בָּעֵי צְרִיכָה לְגוּפָהּ כִּדְאָמְרִי' בְּרֵישׁ הַנֶּחֱנָקִין (סַנְהֶדְרִין פד:) מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר מְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה חַייָּב ר"ש הָאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ פָּטוּר (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף קכא:) ובס"פ סָפֵק אָכַל (כְּרִיתּוּחַ דַּף כ:) וי"ל דְּאַפֵּי' בִּמְקַלְקֵל גָּמוּר מַשְׁכַּחַת לָהּ דְּהָוְיָא צְרִיכָה לְגוּפָהּ כְּגוֹן חוֹבֵל וּמַבְעִיר בְּאִיסּוּרֵי הֲנָאָה שֶׁסָּבַר שֶׁיָּכוֹל לִיתֵּן לְכַלְבּוֹ וּלְבַשֵּׁל בּוֹ קְדֵרָה וְר' אֱבֵהוּ אע"ג דְּלָא חֲשִׁיב צֹורֶךְ מִצְוָה תִּיקּוּן מ"מ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חֲשִׁיב וא"ת צָרִיךְ לְכַלְבּוֹ וּלְאֶפְרוֹ הֵיכִי חֲשִׁיב צְרִיכָה לְגוּפָהּ מ"ש מֵחוֹפֵר גֻּומָּא וְאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא לַעֲפָרָהּ וי"ל דְּלָא דָּמֵי דְּהָכָא הוּא צָרִיךְ לִנְטִילַת נְשָׁמָה כְּדֵי לָתֵת לְכַלְבּוֹ דְּהַייְנוּ הַדָּם כִּי הַדָּם הוּא הַנָּפֶשׁ וּמַבְעִיר נָמֵי צָרִיךְ לְהַבְעָרָה כְּדֵי לַעֲשׂוֹת אֵפֶר כְּמוֹ מַבְעִיר כְּדֵי לְבַשֵּׁל קְדֵרָה אֲבָל חוֹפֵר הַגֻּומָּא נַעֲשֵׂית מֵאֵלֶיהָ וְאֵינוֹ נֶהֱנֶה מִמֶּנָּה כְּלוּם:
Celui qui blesse et a besoin [du sang] pour son chien, etc. : Et si tu dis : et R. Abbahou, qui rend hayav même s'il n'en a pas besoin pour son chien ? Puisqu'il n'en a aucun besoin, c'est une melakha she-eina tsrikha legoufa ! Car bien que R. Chimon rende hayav le mekalkel dans la blessure, il exige néanmoins [une melakha] tsrikha legoufa, comme nous le disons au début du chapitre Ha-nehnakin (Sanhédrin 84b) : 'Qui as-tu entendu dire que le mekalkel dans la blessure est hayav ? R. Chimon ; or il dit : une melakha she-eina tsrikha legoufa, on en est patour' (plus loin Chabbat 121b), et à la fin du chapitre Safek akhal (Keritot 20b). On peut répondre que même pour un mekalkel complet on trouve un cas où c'est tsrikha legoufa : par exemple, celui qui blesse ou allume [un objet interdit] au profit (issourei hanaa), en pensant pouvoir donner [le sang] à son chien ou cuire [au feu] une marmite. Pour R. Abbahou, même si cela ne compte pas comme tikoun au même titre qu'un besoin de mitsva, cela compte néanmoins comme tsrikha legoufa. Et si tu dis : 'il en a besoin pour son chien, pour la cendre' — comment est-ce considéré comme tsrikha legoufa ? En quoi est-ce différent de celui qui creuse une fosse et n'a besoin que de sa terre ? On peut répondre que ce n'est pas comparable : ici, il a besoin du prélèvement de l'âme (netilat nechama) pour donner à son chien, c'est-à-dire le sang, car le sang est l'âme ; et celui qui allume à aussi besoin de l'allumage pour faire de la cendre, comme celui qui allume pour cuire une marmite ; alors que pour celui qui creuse, la fosse se fait d'elle-même et il n'en tire aucun profit.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִפְּנֵי מַה קָנַסְתָּ מִיתָה עַל אָדָם הָרִאשׁוֹן. מַקְשִׁים וְכִי לָא יָדְעִי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַה שֶׁחָטָא בְּעֵץ הַדַּעַת? וְעוֹד לָמָּה קָרֵי לֵהּ מִצְוָה קַלָּה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי רָאוּ דְּמִלְּבַד הַמִּיתָה גָּזַר עָלָיו יִסּוּרִין קָשִׁים. (בְּרֵאשִׁית ג, יז) בְּעִצָּבוֹן תֹּאכֲלֶנָּה כֹּל יְמֵי חַיֶּיךָ וְקוֹץ וְדַרְדַּר תַּצְמִיחַ לָךְ וְאָכַלְתָּ אֶת עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה, בְּזֵעַת אַפֶּיךָ תֹּאכַל לֶחֶם, וְלָכֵן שֶׁאֵלּוּ כֵּיוָן שֶׁגָּזַרְתָּ עָלָיו יִסּוּרִין קָשִׁים לָמָּה קָנַסְתָּ עָלָיו מִיתָה, דַּי בְּיִסּוּרִין לְכַפֵּר? וְהֵשִׁיב לָהֶם מִצְוָה קַלָּה צִוִּיתִיו וְעָבַר עָלֶיהָ. וְהַכַּוָּנָה עַל פִּי מ"ש בְּמִדְרַשׁ רַבָּה עַל פָּסוּק (בְּרֵאשִׁית ג, יא) מִי הִגִּיד לְךָ כִּי עֵירֹם אָתָּה, אָמַר רַבִּי לֵוִי מָשָׁל לְשׁוֹאֶלֶת חֹומֶץ [אִשָּׁה שֶׁבָּאָה לִשְׁכֶנְתָּהּ כְּאִילּוּ כְּדֵי לִשְׁאוֹל חֹומֶץ, אַךְ בַּחֲלַקְלָקוֹת לְשׁוֹנָהּ הִיא מַסִּיתָה אוֹתָהּ, כְּנָחָשׁ, לִדְבַר עֲבֵירָה] שֶׁנִּכְנְסָה אֵצֶל אִשְׁתּוֹ שֶׁל חָבֵר שֶׁהוּא הַלּוֹחֵשׁ עַל נְחָשִׁים וּמַכְנִיסָם לְתוֹךְ כְּלִי אֶחָד, אָמְרָה לָהּ 'מַה בַּעֲלֵךְ עוֹשֶׂה עִמָּךְ?' אָמְרָה לָהּ: 'כָּל טוּב הוּא עוֹשֶׂה עִמִּי, חוּץ מֵחָבִית זֹאת, שֶׁהִיא מְלֵאָה נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים, שֶׁאֵינוֹ מִשֶּׁלִּיטָנִי עָלֶיהָ', אָמְרָה לָהּ: 'כָּל קֻוזְמִיחוֹן שֶׁלּוֹ [תַּכְשִׁיטָיו הַיְּקָרִים] שָׁם, וְהוּא מְבַקֵּשׁ לִישָּׂא אִשָּׁה אַחֶרֶת וְלִיתֵּן אוֹתָן לָה'. מֶה עָשְׂתָה [אֵשֶׁת הֶחָבֵר] ? הוֹשִׁיטָהּ יָדָהּ לְתוֹכָהּ. הִתְחִילוּ מְנַשְּׁכִים אוֹתָהּ. כֵּיוָון שֶׁבָּא בַּעְלָהּ, שָׁמַע קוֹלָהּ מִצְווָח. אָמַר לָהּ: 'שֶׁמָּא בְּאוֹתָהּ חָבִית נָגַעְתָּ?' כָּךְ אָמַר הקב"ה לָאָדָם הָרִאשׁוֹן (בְּרֵאשִׁית ג, יא) 'הֲמִן הָעֵץ אֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ לְבִלְתִּי אֲכָל מִמֶּנּוּ אָכָלְתָּ?' עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. וְצָרִיךְ לְהָבִין מַה בָּא רַבִּי לֵוִי לְלַמְּדֵנוּ בַּמָּשָׁל הַזֶּה? וְנִרְאֶה כִּי נִתְכַּוֵּין לְתָרֵץ בּוֹ קֻושְׁיָא הַנִּזְכָּר לָמָּה נִקְנַס מִיתָה לָאָדָם הָרִאשׁוֹן מֵאַחַר שֶׁגָּזַר עָלָיו יִסּוּרִים בַּעֲבוּר עָוֹן הַהִיא? וְתֵירֵץ דְּהַמִּיתָה לֹא בָּאָה לוֹ בְּתוֹרַת עֹונֶשׁ, אֶלָּא בָּאָה מִמֵּילָא מְאָרֵס אֲכִילַת עֵץ הַדַּעַת טוֹב וְרַע, שֶׁהָיָה בָּזֶה רַע שֶׁהוּא אֶרֶס הַמֵּמִית! וְלָזֶה הֵבִיא מָשָׁל הַנִּזְכָּר כִּי אוֹתָהּ אִשָּׁה בְּעֵת שֶׁהוֹשִׁיטָהּ יָדָהּ לְתוֹךְ הֶחָבִית עָבְרָה עַל צִוּוּי בַּעְלָהּ וְנִתְחַיְּיבָה עֹונֶשׁ, וּנְשִׁיכַת הַנְּחָשִׁים בָּא לָהּ מִמֵּילָא וְלֹא נָתְנוּ לָהּ בִּשְׁבִיל עֹונֶשׁ שֶׁעָבְרָה עַל דִּבְרֵי בַּעֲלָהּ. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד דְּבָרָיו יִתְבָּרֵךְ לָאָדָם הָרִאשׁוֹן (בְּרֵאשִׁית ב' י"ז) וּמֵעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ כִּי בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ מוֹת תָּמוּת, וְהַדְּבָרִים כְּפוּלִים, אַךְ בָּזֶה נִיחָא רְצוֹנוֹ לוֹמַר מֵעֵץ הַדַּעַת שֶׁהוּא טוֹב וְרַע שֶׁיֵּשׁ בּוֹ אֶרֶס שֶׁהוּא הָרַע שֶׁבּוֹ, הִנֵּה זֶה בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ מוֹת תָּמוּת , רְצוֹנוֹ לוֹמַר בְּאֶרֶס שֶׁל מָוֶת שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכוֹ תָּמוּת בּוֹ מִמֵּילָא, וְנִמְצָא הַמִּיתָה לֹא בָּאָה אֶל אָדָם הָרִאשׁוֹן בְּתוֹרַת עֹונֶשׁ אֶלָּא טִבְעִית, שֶׁגִּילָּה לוֹ מֵעִיקָּרָא שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה אֶרֶס שֶׁהוּא מֵמִית. וְלָכֵן הַיִּסּוּרִין שֶׁגָּזַר עָלָיו הֵמָּה צְרִיכִין לִהְיוֹת בִּשְׁבִיל עֹונֶשׁ עַל אֲשֶׁר עָבַר עַל צִוּוּי הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, וְלָזֶה אָמַר לָהֶם מִצְוָה קַלָּה צִוִּיתִיו , אַוַּת לָמֶ"ד שֶׁל ק ל ה נִדְרֶשֶׁת כִּפְלַיִם לְכָאן וּלְכָאן וְעַל כֵּן קָרֵי בָּהּ 'קַל לָהּ' וְהַייְנוּ 'קַל' כְּלוֹמַר קִלְקוּל כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר, הַשֹּׁרֶשׁ בְּשֹׁרֶשׁ קִלְקֵל בְּחִצִּים (יְחֶזְקֵאל כא, כו) וְכֵן, כָּל הַגְּבָעוֹת הִתְקַלְקְלוּ (יִרְמְיָהוּ ד, כד) שֶׁהוּא מֵעִנְיַן הֵהָרֵס וְהַהַשְׁחָתָה כְּדִבְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (שַׁבָּת קו.) בְּאָומְרָם כָּל הַמְקַלְקְלִין פְּטוּרִים, וְכֵן אוֹמְרָם (מִשְׁנָה דְּמַאי ג, ו) שֶׁחֲשׁוּדָה לַחֲלֹף אֶת הַמִּתְקַלְקֵל, וְכֵן יֵשׁ לְפָרֵשׁ בְּכָךְ פָּסוּק קַל הוּא עַל פְּנֵי מַיִם (אִיּוֹב כד, יח), דְּקָאֵי עַל דּוֹר הַמַּבּוּל שֶׁהוּא גַּם כֵּן לְשׁוֹן הַשְׁחָתָה, וְלָזֶה אָמַר הַמִּיתָה לֹא בָּאָה לוֹ בְּתוֹרַת עֹונֶשׁ, אֶלָּא הַמִּצְוָה שֶׁהִיא 'קַל לָהּ' רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁיֵּשׁ בָּהּ אֶרֶס הַמַּשְׁחִית וּמֵמִית הִיא הַמִּיתָה אוֹתוֹ. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד, שֶׁהֵם שָׁאֲלוּ אַמַּאי נִתְחַיֵּיב מִיתָה עַל עָוֹן אֶחָד, וַהֲלֹא מֻוכְרָח לַעֲבֹור כְּדֵי לְקַייֵּם מִצְוַת עֲשֵׂה דִּתְשׁוּבָה? וְהֵשִׁיב לָהֶם מִצְוָה קַלָּה צִוִּיתִיו וּבִתְשׁוּבָה עֲדַיִין לֹא צִווִּיתִיו! אַף עַל גַּב דְּיָדַע דְּאִיכָּא תְּשׁוּבָה הָא עַל כָּל פָּנִים בְּאוֹתוֹ זְמַן עַל זוֹ נִצְטַוָּה וְעַל זוֹ לֹא נִצְטַוָּה, וְעוֹד אֲנִי יוֹדֵעַ שֶׁכַּוָּנָתוֹ לַעֲבֹור עָלֶיהָ וְלֹא בִּשְׁבִיל לְקַייֵּם מִצְוַת הַתְּשׁוּבָה. וְנִרְאֶה דְּקָרֵי לָהּ מִצְוָה קַלָּה בִּשְׁבִיל שֶׁאֵין בָּהּ טֹורַח כִּי הִיא שֵׁב וְאַל תַּעֲשֶׂה, וְעוֹד 'קַלָּה' מִפְּנֵי שֶׁעֲדַייִן לֹא יָדַע טַעְמוֹ שֶׁל הָעֵץ מָה הוּא וְאֵין מִן הָרָאוּי שֶׁיִּהְיֶה יִצְרוֹ תּוֹקְפוֹ כָּל כָּךְ.
Pourquoi as-Tu infligé la mort à Adam harichon ? On objecte : les anges du service ne savaient-ils pas qu'il avait fauté par l'arbre de la connaissance ? Et de plus, pourquoi l'appelle-t-Il une mitsva légère ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils ont vu qu'en plus de la mort Il avait décrété sur lui de dures souffrances (Berechit 3,17) : 'c'est dans la peine que tu t'en nourriras tous les jours de ta vie ; elle fera pousser pour toi épines et chardons, et tu mangeras l'herbe des champs ; à la sueur de ton front tu mangeras du pain'. C'est pourquoi ils ont demandé : puisque Tu as décrété sur lui de dures souffrances, pourquoi lui as-Tu infligé la mort ? Les souffrances suffisent pour expier ! Et Il leur a répondu : Je lui ai ordonné une mitsva légère et il l'a transgressée. L'intention s'explique d'après ce qui est dit dans le Midrach Rabba sur le verset (Berechit 3,11) 'qui t'a appris que tu étais nu' : R. Levi a dit : c'est comparable à une femme venue emprunter du vinaigre [une femme qui vient chez sa voisine comme pour emprunter du vinaigre, mais qui, par la douceur de sa langue, l'entraîne à une faute, comme le serpent], qui entra chez l'épouse d'un haver, un charmeur de serpents qui les enfermait dans un récipient. Elle lui dit : 'Comment ton mari se conduit-il avec toi ?' Elle répondit : 'Il me fait tout le bien possible, sauf ce tonneau, plein de serpents et de scorpions, sur lequel il ne me donne pas autorité.' Elle lui dit : 'Tous ses bijoux précieux sont là ; il cherche à épouser une autre femme et à les lui donner.' Que fit [l'épouse du haver] ? Elle tendit la main à l'intérieur. Ils commencèrent à la mordre. Quand son mari arriva, il l'entendit crier. Il lui dit : 'Aurais-tu touché à ce tonneau ?' Ainsi le Saint, béni soit-Il, dit à Adam harichon (Berechit 3,11) : 'Est-ce de l'arbre dont Je t'avais ordonné de ne pas manger que tu as mangé ?' Fin de citation. Il faut comprendre ce que R. Levi vient nous enseigner par cette parabole. Il semble qu'il ait voulu répondre par elle à la question mentionnée : pourquoi la mort a-t-elle été infligée à Adam harichon, puisqu'Il avait décrété sur lui des souffrances pour cette faute ? Il répond que la mort ne lui est pas venue à titre de punition : elle est venue d'elle-même, du poison contenu dans la consommation de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car il s'y trouvait un mal, qui est un poison mortel. C'est pour cela qu'il a apporté cette parabole : cette femme, au moment où elle a tendu la main dans le tonneau, a transgressé l'ordre de son mari et s'est rendue passible de punition ; mais la morsure des serpents lui est venue d'elle-même, et ne lui a pas été donnée comme punition pour avoir transgressé les paroles de son mari. Ainsi se comprennent, avec l'aide du Ciel, les paroles de Hachem, béni soit-Il, à Adam harichon (Berechit 2,17) : 'mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement (mot tamout)'. Les mots sont redoublés ; mais ainsi tout s'explique. Il veut dire : l'arbre de la connaissance, qui est bien et mal, contient un poison, le mal qui est en lui ; 'le jour où tu en mangeras, mot tamout' veut dire : par le poison de mort qu'il contient, tu mourras de lui-même. Il en ressort que la mort n'est pas venue à Adam harichon à titre de punition ; elle est naturelle, puisqu'Il lui avait révélé dès le départ qu'il y avait là un poison qui tue. C'est pourquoi les souffrances qu'Il a décrétées sur lui doivent être la punition pour avoir transgressé l'ordre de Hachem, béni soit-Il. Et c'est pour cela qu'Il leur a dit : 'Je lui ai ordonné une mitsva légère (kala)' : la lettre lamed de K-L-H s'interprète deux fois, dans un sens et dans l'autre, et on y lit donc 'kal la' ; 'kal' au sens de kilkoul (destruction), comme il est dit : 'il secoue (kilkal) les flèches' (Ye'hezkel 21,26), et : 'toutes les collines ont été ébranlées (hitkalkalou)' (Yirmeyahou 4,24), qui relèvent de la ruine et de la destruction, comme le disent nos Sages (Chabbat 106a) : 'tous les mekalkelin sont patour', et comme ils disent (Michna Demai 3,6) : 'elle est soupçonnée d'échanger [le sien] contre ce qui est gâté (mitkalkel)'. On peut aussi expliquer ainsi le verset 'il est léger (kal) sur la face des eaux' (Iyov 24,18), qui se rapporte à la génération du déluge, et qui est aussi un terme de destruction. Il a donc dit : la mort ne lui est pas venue à titre de punition ; c'est la mitsva qui est 'kal la', c'est-à-dire qui contient un poison destructeur et mortel, qui l'a fait mourir. D'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils ont demandé : pourquoi a-t-il été passible de mort pour une seule faute, alors qu'il était obligé de fauter pour accomplir la mitsva positive de la techouva ? Il leur a répondu : Je lui ai ordonné une mitsva légère, et la techouva, Je ne la lui ai pas encore ordonnée ! Même s'Il savait que la techouva existe, à ce moment-là il avait reçu l'ordre de celle-ci et pas de celle-là ; et de plus, Je sais que son intention était de la transgresser, et non d'accomplir la mitsva de la techouva. Il semble qu'Il l'appelle mitsva légère parce qu'elle ne demande aucun effort, puisqu'elle consiste à s'abstenir (chev ve-al taase) ; et aussi 'légère' parce qu'il ne connaissait pas encore le goût de l'arbre, et il n'était pas normal que son penchant le presse autant.
💡 Explication

Un mekalkel fait une melakha d'une manière qui abîme au lieu de construire. La michna l'exempte. La baraita de R. Abbahou fait deux exceptions : hovel (blesser un être vivant) et mavir (allumer un feu). R. Yo'hanan la rejette : 'sors l'enseigner dehors' signifie qu'elle n'a pas sa place dans le beit midrach. À défaut, il la limite aux cas où le kilkoul produit aussi un tikoun : le sang pour le chien, la cendre pour un usage.

Tossefot discute : pour le Rachbam, R. Abbahou suit R. Chimon et R. Yo'hanan R. Yehouda ; Tossefot préfère dire que les deux discutent à l'intérieur de l'opinion de R. Chimon.

3
וְהָאֲנַן תְּנַן: כָּל הַמְקַלְקְלִין פְּטוּרִין! מַתְנִיתִין רַבִּי יְהוּדָה, בָּרַיְיתָא רַבִּי שִׁמְעוֹן. מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן: מִדְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְמִישְׁרֵא מִילָה, הָא חוֹבֵל בְּעָלְמָא חַיָּיב.

Mais nous avons appris [dans la michna] : 'tous les mekalkelin sont patour' ! La michna est [selon] R.

Yehouda, la baraita [selon] R. Chimon.

Quelle est la raison de R. Chimon ?

Du fait qu'un verset a été nécessaire pour permettre la mila, [on en déduit] qu'en général celui qui blesse est hayav.

📜 Rachi (4)
וְהָא תְּנַן כָּל הַמְקַלְקְלִין פְּטוּרִין וְאַפֵּי' חוֹבֵל וּמַבְעִיר וְקַשְׁייָן אַהֲדָדֵי וְלֵר' אָבָהוּ פָּרִיךְ:
Mais nous avons appris : tous les mekalkelin sont patour : même celui qui blesse et celui qui allume ; ils se contredisent, et c'est à R. Abbahou qu'on objecte.
מַתְנֵי' ר' יְהוּדָה דְּאִית לֵיהּ מְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה פָּטוּר וְלָא אִיתַּפְרַשׁ הֵיכָא ול"נ מַתְנֵי' ר' יְהוּדָה הִיא דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חַייָּב עָלֶיהָ הִלְכָּךְ חִיּוּבָא דְּחוֹבֵל בְּצָרִיךְ לְכַלְבּוֹ וּמַבְעִיר בְּצָרִיךְ לְאֶפְרוֹ מַשְׁכַּחַת לָהּ דאע"פ דִּמְקַלְקֵל הוּא אֵצֶל מְלָאכָה עַצְמָהּ מְתַקֵּן הוּא אֵצֶל אֲחֵרִים וְלֵר' יְהוּדָה כִּי הַאי גַוְונָא מְלָאכָה הוּא מִשּׁוּם תִּקּוּן אֲחֵרִים אֲבָל מְקַלְקֵל וְאֵינוֹ מְתַקֵּן פָּטוּר ואע"ג דְּרֵישָׁא דְּמַתְנִי' אוֹקֵימְנָא כר"ש דְּקָתָנֵי קוֹרֵעַ עַל מֵתוֹ פָּטוּר סֵיפָא ר"י:
La michna est [selon] R. Yehouda : qui pense que le mekalkel dans la blessure est patour ; et cela n'a été expliqué nulle part. Il me semble que la michna est [selon] R. Yehouda, qui dit que pour une melakha she-eina tsrikha legoufa on est hayav ; c'est pourquoi on trouve l'obligation de celui qui blesse quand il a besoin [du sang] pour son chien et de celui qui allume quand il a besoin de la cendre : bien qu'il soit mekalkel à l'égard de la melakha elle-même, il répare à l'égard d'autre chose, et selon R. Yehouda, dans un tel cas, c'est une melakha, à cause de la réparation d'autre chose ; mais celui qui abîme sans réparer est patour. Et bien que nous ayons établi le début de la michna selon R. Chimon, puisqu'il y est enseigné que celui qui déchire pour son mort est patour, la fin est [selon] R. Yehouda.
וּבָרַייְתָא ר"ש הִיא דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ פָּטוּר עָלֶיהָ הִלְכָּךְ אֵין לְךָ חוֹבֵל וּמַבְעִיר שֶׁאֵין מְקַלְקֵל וְאַפֵּי' מַבְעִיר עֵצִים לִקְדֵרָתוֹ מְקַלְקֵל הוּא אֵצֶל עֵצִים וּמַה שֶׁהוּא מְתַקֵּן אֵצֶל אֲחֵרִים לר"ש לָא חֲשִׁיב דְּהָא מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ הִיא אֶלָּא מִשּׁוּם דִּמְקַלְקֵל בְּחַבָּלָה וּבְהַבְעָרָה חַיָּיב כִּדְיָלֵיף לְקַמֵּיהּ:
Et la baraita est [selon] R. Chimon : qui dit que pour une melakha she-eina tsrikha legoufa on est patour ; c'est pourquoi il n'y a aucune blessure ni aucun allumage qui ne soit un kilkoul : même celui qui allume du bois pour sa marmite abîme le bois, et ce qu'il répare à l'égard d'autre chose ne compte pas pour R. Chimon, puisque c'est une melakha she-eina tsrikha legoufa. [Il est hayav] seulement parce que le mekalkel dans la blessure et dans l'allumage est hayav, comme il l'apprend plus loin.
מִדְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי בְּיוֹם יַתִּירָא וְאַפֵּי' בְּשַׁבָּת וּמִילָה חוֹבֵל הוּא מִכְּלָל דִּשְׁאָר מְקַלְקְלִין בְּחַבּוּרָה חַיָּיב:
Du fait qu'un verset a été nécessaire : 'et le huitième jour' (Vayikra 12,3) : 'jour' est superflu, [pour enseigner] même le Chabbat ; or la mila est une blessure : on en déduit que les autres mekalkelin dans la blessure sont hayav.
🗂️ Tossefot (1)
מִדְּאִצְטְרִיךְ קְרָא לְמִישְׁרֵי מִילָה כּוּ' וְא"ת לָמָּה לִי לְמֵילַף מִמִּילָה נֵילַף כֻּולָּהּ מִילְּתָא מֵהַבְעָרַת בַּת כֹּהֵן דְּלָא דָחֵי שַׁבָּת דִּבְהַבְעָרָה אִיכָּא נְטִילַת נְשָׁמָה וְחוֹבֵל נָמֵי לָא מִחַייַּב אֶלָּא מִשּׁוּם נְטִילַת נְשָׁמָה וי"ל דִּלְעִנְיַן מְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה לֵיכָּא לְמֵילַף מֵהַבְעָרָה דְּהָתָם הַתִּיקּוּן בָּא בִּשְׁעַת הַקִּלְקוּל אֲבָל לְעִנְיַן מְקַלְקֵל בְּהַבְעָרָה יָלֵיף שַׁפִּיר דְּאַחַר הַבְעָרָה בָּא הַתִּיקּוּן כִּדְפֵי' אִי נָמֵי אִי לָאו דְּיָלְפִינַן מִמִּילָה דִּמְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה חַייָּב הֵ"א דִּרְצִיחָה דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת דְּלָאו מְלָאכָה הִיא וְהַבְעָרָה לְחוּדָהּ הִיא דְּאִימַּעְטָה מִשּׁוּם דִּמְקַלְקֵל בְּהַבְעָרָה חַיָּיב:
Du fait qu'un verset a été nécessaire pour permettre la mila, etc. : Et si tu dis : pourquoi faut-il l'apprendre de la mila ? Apprenons tout de l'allumage pour la fille de Cohen, qui ne repousse pas le Chabbat : car dans l'allumage il y a netilat nechama (prélèvement de l'âme), et celui qui blesse n'est hayav, lui aussi, qu'à cause de la netilat nechama ! On peut répondre : pour le mekalkel dans la blessure, on ne peut pas l'apprendre de l'allumage, car là-bas le tikoun vient au moment du kilkoul ; mais pour le mekalkel dans l'allumage, on l'apprend bien, car le tikoun vient après l'allumage, comme je l'ai expliqué. Ou bien : si nous n'avions pas appris de la mila que le mekalkel dans la blessure est hayav, j'aurais dit que la mise à mort [par le tribunal] repousse le Chabbat, puisque ce n'est pas une melakha, et que seul l'allumage a été exclu, parce que le mekalkel dans l'allumage est hayav.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִפְּנֵי מַה קָנַסְתָּ מִיתָה עַל אָדָם הָרִאשׁוֹן. מַקְשִׁים וְכִי לָא יָדְעִי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַה שֶׁחָטָא בְּעֵץ הַדַּעַת? וְעוֹד לָמָּה קָרֵי לֵהּ מִצְוָה קַלָּה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי רָאוּ דְּמִלְּבַד הַמִּיתָה גָּזַר עָלָיו יִסּוּרִין קָשִׁים. (בְּרֵאשִׁית ג, יז) בְּעִצָּבוֹן תֹּאכֲלֶנָּה כֹּל יְמֵי חַיֶּיךָ וְקוֹץ וְדַרְדַּר תַּצְמִיחַ לָךְ וְאָכַלְתָּ אֶת עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה, בְּזֵעַת אַפֶּיךָ תֹּאכַל לֶחֶם, וְלָכֵן שֶׁאֵלּוּ כֵּיוָן שֶׁגָּזַרְתָּ עָלָיו יִסּוּרִין קָשִׁים לָמָּה קָנַסְתָּ עָלָיו מִיתָה, דַּי בְּיִסּוּרִין לְכַפֵּר? וְהֵשִׁיב לָהֶם מִצְוָה קַלָּה צִוִּיתִיו וְעָבַר עָלֶיהָ. וְהַכַּוָּנָה עַל פִּי מ"ש בְּמִדְרַשׁ רַבָּה עַל פָּסוּק (בְּרֵאשִׁית ג, יא) מִי הִגִּיד לְךָ כִּי עֵירֹם אָתָּה, אָמַר רַבִּי לֵוִי מָשָׁל לְשׁוֹאֶלֶת חֹומֶץ [אִשָּׁה שֶׁבָּאָה לִשְׁכֶנְתָּהּ כְּאִילּוּ כְּדֵי לִשְׁאוֹל חֹומֶץ, אַךְ בַּחֲלַקְלָקוֹת לְשׁוֹנָהּ הִיא מַסִּיתָה אוֹתָהּ, כְּנָחָשׁ, לִדְבַר עֲבֵירָה] שֶׁנִּכְנְסָה אֵצֶל אִשְׁתּוֹ שֶׁל חָבֵר שֶׁהוּא הַלּוֹחֵשׁ עַל נְחָשִׁים וּמַכְנִיסָם לְתוֹךְ כְּלִי אֶחָד, אָמְרָה לָהּ 'מַה בַּעֲלֵךְ עוֹשֶׂה עִמָּךְ?' אָמְרָה לָהּ: 'כָּל טוּב הוּא עוֹשֶׂה עִמִּי, חוּץ מֵחָבִית זֹאת, שֶׁהִיא מְלֵאָה נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים, שֶׁאֵינוֹ מִשֶּׁלִּיטָנִי עָלֶיהָ', אָמְרָה לָהּ: 'כָּל קֻוזְמִיחוֹן שֶׁלּוֹ [תַּכְשִׁיטָיו הַיְּקָרִים] שָׁם, וְהוּא מְבַקֵּשׁ לִישָּׂא אִשָּׁה אַחֶרֶת וְלִיתֵּן אוֹתָן לָה'. מֶה עָשְׂתָה [אֵשֶׁת הֶחָבֵר] ? הוֹשִׁיטָהּ יָדָהּ לְתוֹכָהּ. הִתְחִילוּ מְנַשְּׁכִים אוֹתָהּ. כֵּיוָון שֶׁבָּא בַּעְלָהּ, שָׁמַע קוֹלָהּ מִצְווָח. אָמַר לָהּ: 'שֶׁמָּא בְּאוֹתָהּ חָבִית נָגַעְתָּ?' כָּךְ אָמַר הקב"ה לָאָדָם הָרִאשׁוֹן (בְּרֵאשִׁית ג, יא) 'הֲמִן הָעֵץ אֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ לְבִלְתִּי אֲכָל מִמֶּנּוּ אָכָלְתָּ?' עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. וְצָרִיךְ לְהָבִין מַה בָּא רַבִּי לֵוִי לְלַמְּדֵנוּ בַּמָּשָׁל הַזֶּה? וְנִרְאֶה כִּי נִתְכַּוֵּין לְתָרֵץ בּוֹ קֻושְׁיָא הַנִּזְכָּר לָמָּה נִקְנַס מִיתָה לָאָדָם הָרִאשׁוֹן מֵאַחַר שֶׁגָּזַר עָלָיו יִסּוּרִים בַּעֲבוּר עָוֹן הַהִיא? וְתֵירֵץ דְּהַמִּיתָה לֹא בָּאָה לוֹ בְּתוֹרַת עֹונֶשׁ, אֶלָּא בָּאָה מִמֵּילָא מְאָרֵס אֲכִילַת עֵץ הַדַּעַת טוֹב וְרַע, שֶׁהָיָה בָּזֶה רַע שֶׁהוּא אֶרֶס הַמֵּמִית! וְלָזֶה הֵבִיא מָשָׁל הַנִּזְכָּר כִּי אוֹתָהּ אִשָּׁה בְּעֵת שֶׁהוֹשִׁיטָהּ יָדָהּ לְתוֹךְ הֶחָבִית עָבְרָה עַל צִוּוּי בַּעְלָהּ וְנִתְחַיְּיבָה עֹונֶשׁ, וּנְשִׁיכַת הַנְּחָשִׁים בָּא לָהּ מִמֵּילָא וְלֹא נָתְנוּ לָהּ בִּשְׁבִיל עֹונֶשׁ שֶׁעָבְרָה עַל דִּבְרֵי בַּעֲלָהּ. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד דְּבָרָיו יִתְבָּרֵךְ לָאָדָם הָרִאשׁוֹן (בְּרֵאשִׁית ב' י"ז) וּמֵעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ כִּי בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ מוֹת תָּמוּת, וְהַדְּבָרִים כְּפוּלִים, אַךְ בָּזֶה נִיחָא רְצוֹנוֹ לוֹמַר מֵעֵץ הַדַּעַת שֶׁהוּא טוֹב וְרַע שֶׁיֵּשׁ בּוֹ אֶרֶס שֶׁהוּא הָרַע שֶׁבּוֹ, הִנֵּה זֶה בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ מוֹת תָּמוּת , רְצוֹנוֹ לוֹמַר בְּאֶרֶס שֶׁל מָוֶת שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכוֹ תָּמוּת בּוֹ מִמֵּילָא, וְנִמְצָא הַמִּיתָה לֹא בָּאָה אֶל אָדָם הָרִאשׁוֹן בְּתוֹרַת עֹונֶשׁ אֶלָּא טִבְעִית, שֶׁגִּילָּה לוֹ מֵעִיקָּרָא שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה אֶרֶס שֶׁהוּא מֵמִית. וְלָכֵן הַיִּסּוּרִין שֶׁגָּזַר עָלָיו הֵמָּה צְרִיכִין לִהְיוֹת בִּשְׁבִיל עֹונֶשׁ עַל אֲשֶׁר עָבַר עַל צִוּוּי הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, וְלָזֶה אָמַר לָהֶם מִצְוָה קַלָּה צִוִּיתִיו , אַוַּת לָמֶ"ד שֶׁל ק ל ה נִדְרֶשֶׁת כִּפְלַיִם לְכָאן וּלְכָאן וְעַל כֵּן קָרֵי בָּהּ 'קַל לָהּ' וְהַייְנוּ 'קַל' כְּלוֹמַר קִלְקוּל כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר, הַשֹּׁרֶשׁ בְּשֹׁרֶשׁ קִלְקֵל בְּחִצִּים (יְחֶזְקֵאל כא, כו) וְכֵן, כָּל הַגְּבָעוֹת הִתְקַלְקְלוּ (יִרְמְיָהוּ ד, כד) שֶׁהוּא מֵעִנְיַן הֵהָרֵס וְהַהַשְׁחָתָה כְּדִבְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (שַׁבָּת קו.) בְּאָומְרָם כָּל הַמְקַלְקְלִין פְּטוּרִים, וְכֵן אוֹמְרָם (מִשְׁנָה דְּמַאי ג, ו) שֶׁחֲשׁוּדָה לַחֲלֹף אֶת הַמִּתְקַלְקֵל, וְכֵן יֵשׁ לְפָרֵשׁ בְּכָךְ פָּסוּק קַל הוּא עַל פְּנֵי מַיִם (אִיּוֹב כד, יח), דְּקָאֵי עַל דּוֹר הַמַּבּוּל שֶׁהוּא גַּם כֵּן לְשׁוֹן הַשְׁחָתָה, וְלָזֶה אָמַר הַמִּיתָה לֹא בָּאָה לוֹ בְּתוֹרַת עֹונֶשׁ, אֶלָּא הַמִּצְוָה שֶׁהִיא 'קַל לָהּ' רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁיֵּשׁ בָּהּ אֶרֶס הַמַּשְׁחִית וּמֵמִית הִיא הַמִּיתָה אוֹתוֹ. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד, שֶׁהֵם שָׁאֲלוּ אַמַּאי נִתְחַיֵּיב מִיתָה עַל עָוֹן אֶחָד, וַהֲלֹא מֻוכְרָח לַעֲבֹור כְּדֵי לְקַייֵּם מִצְוַת עֲשֵׂה דִּתְשׁוּבָה? וְהֵשִׁיב לָהֶם מִצְוָה קַלָּה צִוִּיתִיו וּבִתְשׁוּבָה עֲדַיִין לֹא צִווִּיתִיו! אַף עַל גַּב דְּיָדַע דְּאִיכָּא תְּשׁוּבָה הָא עַל כָּל פָּנִים בְּאוֹתוֹ זְמַן עַל זוֹ נִצְטַוָּה וְעַל זוֹ לֹא נִצְטַוָּה, וְעוֹד אֲנִי יוֹדֵעַ שֶׁכַּוָּנָתוֹ לַעֲבֹור עָלֶיהָ וְלֹא בִּשְׁבִיל לְקַייֵּם מִצְוַת הַתְּשׁוּבָה. וְנִרְאֶה דְּקָרֵי לָהּ מִצְוָה קַלָּה בִּשְׁבִיל שֶׁאֵין בָּהּ טֹורַח כִּי הִיא שֵׁב וְאַל תַּעֲשֶׂה, וְעוֹד 'קַלָּה' מִפְּנֵי שֶׁעֲדַייִן לֹא יָדַע טַעְמוֹ שֶׁל הָעֵץ מָה הוּא וְאֵין מִן הָרָאוּי שֶׁיִּהְיֶה יִצְרוֹ תּוֹקְפוֹ כָּל כָּךְ.
Pourquoi as-Tu infligé la mort à Adam harichon ? On objecte : les anges du service ne savaient-ils pas qu'il avait fauté par l'arbre de la connaissance ? Et de plus, pourquoi l'appelle-t-Il une mitsva légère ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils ont vu qu'en plus de la mort Il avait décrété sur lui de dures souffrances (Berechit 3,17) : 'c'est dans la peine que tu t'en nourriras tous les jours de ta vie ; elle fera pousser pour toi épines et chardons, et tu mangeras l'herbe des champs ; à la sueur de ton front tu mangeras du pain'. C'est pourquoi ils ont demandé : puisque Tu as décrété sur lui de dures souffrances, pourquoi lui as-Tu infligé la mort ? Les souffrances suffisent pour expier ! Et Il leur a répondu : Je lui ai ordonné une mitsva légère et il l'a transgressée. L'intention s'explique d'après ce qui est dit dans le Midrach Rabba sur le verset (Berechit 3,11) 'qui t'a appris que tu étais nu' : R. Levi a dit : c'est comparable à une femme venue emprunter du vinaigre [une femme qui vient chez sa voisine comme pour emprunter du vinaigre, mais qui, par la douceur de sa langue, l'entraîne à une faute, comme le serpent], qui entra chez l'épouse d'un haver, un charmeur de serpents qui les enfermait dans un récipient. Elle lui dit : 'Comment ton mari se conduit-il avec toi ?' Elle répondit : 'Il me fait tout le bien possible, sauf ce tonneau, plein de serpents et de scorpions, sur lequel il ne me donne pas autorité.' Elle lui dit : 'Tous ses bijoux précieux sont là ; il cherche à épouser une autre femme et à les lui donner.' Que fit [l'épouse du haver] ? Elle tendit la main à l'intérieur. Ils commencèrent à la mordre. Quand son mari arriva, il l'entendit crier. Il lui dit : 'Aurais-tu touché à ce tonneau ?' Ainsi le Saint, béni soit-Il, dit à Adam harichon (Berechit 3,11) : 'Est-ce de l'arbre dont Je t'avais ordonné de ne pas manger que tu as mangé ?' Fin de citation. Il faut comprendre ce que R. Levi vient nous enseigner par cette parabole. Il semble qu'il ait voulu répondre par elle à la question mentionnée : pourquoi la mort a-t-elle été infligée à Adam harichon, puisqu'Il avait décrété sur lui des souffrances pour cette faute ? Il répond que la mort ne lui est pas venue à titre de punition : elle est venue d'elle-même, du poison contenu dans la consommation de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car il s'y trouvait un mal, qui est un poison mortel. C'est pour cela qu'il a apporté cette parabole : cette femme, au moment où elle a tendu la main dans le tonneau, a transgressé l'ordre de son mari et s'est rendue passible de punition ; mais la morsure des serpents lui est venue d'elle-même, et ne lui a pas été donnée comme punition pour avoir transgressé les paroles de son mari. Ainsi se comprennent, avec l'aide du Ciel, les paroles de Hachem, béni soit-Il, à Adam harichon (Berechit 2,17) : 'mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement (mot tamout)'. Les mots sont redoublés ; mais ainsi tout s'explique. Il veut dire : l'arbre de la connaissance, qui est bien et mal, contient un poison, le mal qui est en lui ; 'le jour où tu en mangeras, mot tamout' veut dire : par le poison de mort qu'il contient, tu mourras de lui-même. Il en ressort que la mort n'est pas venue à Adam harichon à titre de punition ; elle est naturelle, puisqu'Il lui avait révélé dès le départ qu'il y avait là un poison qui tue. C'est pourquoi les souffrances qu'Il a décrétées sur lui doivent être la punition pour avoir transgressé l'ordre de Hachem, béni soit-Il. Et c'est pour cela qu'Il leur a dit : 'Je lui ai ordonné une mitsva légère (kala)' : la lettre lamed de K-L-H s'interprète deux fois, dans un sens et dans l'autre, et on y lit donc 'kal la' ; 'kal' au sens de kilkoul (destruction), comme il est dit : 'il secoue (kilkal) les flèches' (Ye'hezkel 21,26), et : 'toutes les collines ont été ébranlées (hitkalkalou)' (Yirmeyahou 4,24), qui relèvent de la ruine et de la destruction, comme le disent nos Sages (Chabbat 106a) : 'tous les mekalkelin sont patour', et comme ils disent (Michna Demai 3,6) : 'elle est soupçonnée d'échanger [le sien] contre ce qui est gâté (mitkalkel)'. On peut aussi expliquer ainsi le verset 'il est léger (kal) sur la face des eaux' (Iyov 24,18), qui se rapporte à la génération du déluge, et qui est aussi un terme de destruction. Il a donc dit : la mort ne lui est pas venue à titre de punition ; c'est la mitsva qui est 'kal la', c'est-à-dire qui contient un poison destructeur et mortel, qui l'a fait mourir. D'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils ont demandé : pourquoi a-t-il été passible de mort pour une seule faute, alors qu'il était obligé de fauter pour accomplir la mitsva positive de la techouva ? Il leur a répondu : Je lui ai ordonné une mitsva légère, et la techouva, Je ne la lui ai pas encore ordonnée ! Même s'Il savait que la techouva existe, à ce moment-là il avait reçu l'ordre de celle-ci et pas de celle-là ; et de plus, Je sais que son intention était de la transgresser, et non d'accomplir la mitsva de la techouva. Il semble qu'Il l'appelle mitsva légère parce qu'elle ne demande aucun effort, puisqu'elle consiste à s'abstenir (chev ve-al taase) ; et aussi 'légère' parce qu'il ne connaissait pas encore le goût de l'arbre, et il n'était pas normal que son penchant le presse autant.
💡 Explication

La Guemara oppose la baraita de R. Abbahou a la michna. Réponse : deux Tannaim. Selon Rachi, la mahloket repose sur la melakha she-eina tsrikha legoufa (melakha qui n'est pas faite pour son résultat propre). R. Yehouda en rend hayav : blesser pour le chien est un tikoun à l'égard du chien, donc hayav ; un pur kilkoul reste patour. R. Chimon en rend patour : pour lui, toute blessure et tout allumage sont un kilkoul, et il ne les rend hayav que parce que le verset l'impose.

La preuve : la Tora a eu besoin d'un verset ('le huitième jour', même Chabbat) pour permettre la mila. La mila est une blessure ; si la blessure était permise le Chabbat, le verset serait inutile.

4
וּמִדְּאָסַר רַחֲמָנָא הַבְעָרָה גַּבֵּי בַּת כֹּהֵן, שְׁמַע מִינַּהּ מַבְעִיר בְּעָלְמָא חַיָּיב.

Et du fait que le Miséricordieux a interdit l'allumage pour la fille de Cohen, déduis-en qu'en général celui qui allume est hayav.

📜 Rachi (1)
וּמִדְּאָסַר רַחֲמָנָא הַבְעָרָה דְּבַת כֹּהֵן בְּשַׁבָּת (לְקַמָּן בְּפֶרֶק ר' אֱלִיעֶזֶר):
Et du fait que le Miséricordieux a interdit l'allumage pour la fille de Cohen : le Chabbat (plus loin, chapitre R. Eliezer).
💡 Explication

La fille de Cohen adultère est condamnée à la srefa (combustion), qui se fait en versant du plomb fondu. Le verset 'vous n'allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Chabbat' interdit d'exécuter cette peine le Chabbat. L'exécution détruit ; si le mekalkel dans l'allumage était patour, il n'y aurait pas besoin de l'interdire. Donc, pour R. Chimon, mavir est hayav même en kilkoul.

5
וְרַבִּי יְהוּדָה? הָתָם — מְתַקֵּן הוּא, כִּדְרַב אַשִּׁי. דְּאָמַר רַב אַשִּׁי: מַה לִּי לְתַקֵּן מִילָּה, מַה לִּי לְתַקֵּן כְּלִי. מַה לִּי לְבַשֵּׁל פְּתִילָה, מַה לִּי לְבַשֵּׁל סַמָּנִין.

Et R. Yehouda ?

Là-bas, il répare, comme [l'explique] Rav Achi. Car Rav Achi a dit : quelle différence pour moi entre réparer [par] la mila et réparer un ustensile ?

Quelle différence pour moi entre cuire la mèche et cuire les ingrédients (samanim) ?

📜 Rachi (3)
מַה לִי מְתַקֵּן כְּלִי הָא נָמֵי מְתַקֵּן גַּבְרָא הוּא וְיֵשׁ מְלָאכָה בְּתִיקּוּן זֶה:
Quelle différence pour moi avec réparer un ustensile : ici aussi il répare l'homme, et dans cette réparation il y a une melakha.
בִּישּׁוּל פְּתִילָה שֶׁהוּא מַדְלִיק פְּתִילָה שֶׁל אֲבָר וְנוֹתְנָהּ לְתוֹךְ פִּיהָ וְדֶרֶךְ בִּישּׁוּל הוּא זֶה וְחַיָּיב עַל הַבִּישּׁוּל שֶׁאֵינוֹ מְקַלְקֵל הָאֵבֶר בְּבִישּׁוּלוֹ אֶלָּא מְתַקֵּן וְצוֹרֵף:
La cuisson de la mèche : il fait fondre une mèche de plomb et la verse dans sa bouche ; c'est une manière de cuire, et il est hayav pour la cuisson, car il n'abîme pas le plomb en le faisant fondre : il le répare et l'affine.
סַמָּנִין שֶׁל מְלֶאכֶת הַמִּשְׁכָּן:
Les ingrédients : de l'ouvrage du Michkan.
🗂️ Tossefot (2)
דְּאָמַר רַב אָשֵׁי מַה לִּי לְתַקֵּן מִילָּה מַה לִּי לְתַקֵּן כְּלִי לָאו מִשּׁוּם דְּסָבַר כְּר' יְהוּדָה אֶלָּא מְפָרֵשׁ הוּא אַלִּיבָּא דְּר' יְהוּדָה:
Car Rav Achi a dit : quelle différence pour moi entre réparer [par] la mila et réparer un ustensile : Rav Achi ne tranche pas comme R. Yehouda ; il explique [la position] selon R. Yehouda.
מַה לִּי לְבַשֵּׁל פְּתִילָה מַה לִּי לְבַשֵּׁל סַמָּנִין אֵין לְפָרֵשׁ כְּמוֹ שֶׁבִּישּׁוּל סַמְמָנִין מְתַקְּנָן לִהְיוֹת יוֹתֵר חֲשׁוּבִים כָּךְ פְּתִילָה חֲשׁוּבָה יוֹתֵר ע"י בִּישּׁוּל דְּאִי הַייְנוּ טַעְמָא דְּר' יְהוּדָה שְׁאָר מִיתוֹת ב"ד דְּלָא דָּחוּ שַׁבָּת מִנָּלַן כֵּיוָן דְּלָא שַׁיָּיךְ בְּהוּ תִּיקּוּן דְּהַבְעָרָה לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא מִשּׁוּם תִּיקּוּן פְּתִילָה וְעוֹד שְׂרֵיפַת בַּת כֹּהֵן גּוּפָהּ מִנָּלַן דְּלָא דָּחֵינַן הֵיכָא דְּתִיקֵּן הַפְּתִילָה מֵאֶתְמוֹל וְאוֹמֵר ר"י דה"פ מַה לִי בִּישּׁוּל פְּתִילָה לְצֹורֶךְ שְׂרֵיפַת בַּת כֹּהֵן מַה לִי בִּישּׁוּל סַמְמָנִין לְצֹורֶךְ צְבִיעַת בֶּגֶד דְּכִי הֵיכִי דְּבִישּׁוּל סַמְמָנִין לְצֹורֶךְ צְבִיעָה חָשׁוּב תִּיקּוּן ה"נ בִּישּׁוּל פְּתִילָה לְצֹורֶךְ שְׂרֵיפָה וּמֵהָכָא נָפְקָא לָן שַׁפִּיר דְּכָל שְׁאָר מִיתוֹת ב"ד חָשׁוּב תִּיקּוּן מִשּׁוּם מִצְוָה דְּאִי לָאו שְׂרֵיפָה עַצְמָהּ חֲשִׁיבָא תִּיקּוּן מִשּׁוּם בִּישּׁוּל פְּתִילָה לָא הֲוָה אֲסוּרָה אע"פ שֶׁמְּתַקֶּנֶת בְּכָךְ דְּכֵיוָן שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׂרֵיפָה לָא הֲוָה חֲשִׁיב תִּיקּוּן וְלָא מִיחַייַּב וְכֵן מוֹצִיא מָרָא לַחְפֹּור לִקְבֹּור בּוֹ מֵת לר"ש כְּמוֹ מוֹצִיא כִּיס לְקַבֵּל בּוֹ זִיבָה בפ"ק (דַּף יא.) וא"ת בִּשְׁלָמָא לְר' יְהוּדָה שַׁפִּיר שָׁמְעִינַן דְּהַבְעָרָה לְלָאו יָצָאת אוֹ לְחַלֵּק מִדְּלָא כְּתַב לֹא תַעֲשֶׂה מְלָאכָה בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם וְכָתַב הַבְעָרָה ש"מ לְלָאו יָצָאת אוֹ לְחַלֵּק כִּדְפָרֵישִׁית בְּפֶרֶק כְּלָל גָּדוֹל (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף ע.) [ד"ה הַבְעָרָה] אֶלָּא לר"ש דְּאִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב הַבְעָרָה לְחַייֵּב מְקַלְקֵל בְּהַבְעָרָה מְנָא לֵיהּ דְּיָצָאת לְלָאו אוֹ לְחַלֵּק וְלֵיכָּא לְמֵימַר דְּנָפְקָא לֵיהּ לְחַלֵּק מֵאַחַת מֵהֵנָּה כִּדְמַפִּיק לֵיהּ ר' יוֹסֵי דְּהָא בְּפֶרֶק הַבּוֹנֶה (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף קיג:) פְּלִיג ר"ש בְּהֶדְיָא אַר' יוֹסֵי וּדְרֵישׁ לֵיהּ לִדְרָשָׁה אַחֲרִיתִי וי"ל דְּנָפְקָא לֵיהּ לְחַלֵּק מֵהֵיכָא דְּנָפְקָא לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל בְּפֶרֶק כְּלָל גָּדוֹל (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף ע.) וְהַשְׁתָּא אָתֵי שַׁפִּיר הָא דַּהֲוָה קָשֶׁה שְׁמוּאֵל דְּאָמַר כְּמַאן לֹא כְּר' נָתָן וְלֹא כְּר' יוֹסֵי דְּהַשְׁתָּא כר"ש ס"ל ובפ"ק דִּיבָמוֹת (דַּף ו:) קָאָמַר דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְמֵיסַר הַבְעָרַת בַּת כֹּהֵן מִשּׁוּם דַּהֲוָה סָלְקָא דַעְתָּךְ לְמִישְׁרֵי מִקַּל וָחֹומֶר מֵעֲבוֹדָה דְּדָחֲיָא שַׁבָּת הַייְנוּ כְּר' יְהוּדָה דַּחֲשִׁיב לֵיהּ תִּיקּוּן אֲבָל לְר' שִׁמְעוֹן אִיצְטְרִיךְ קְרָא בְּהַבְעָרָה לְחַיֵּיב כָּל מְקַלְקֵל בְּהַבְעָרָה הַךְ פְּלוּגְתָּא דִּמְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה מְפָרֵשׁ רַשִׁ"י דְּנָפְקָא לָן מִפְּלֻוגְתָּא שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ מַשְׁמַע דְּלָא בָּעֵי לְר' שִׁמְעוֹן צָרִיךְ לְכַלְבּוֹ וּלְאֶפְרוֹ וּלְפִי זֶה צָרִיךְ לוֹמַר דְּר' אַבָּהוּ כר"ש וְר' יוֹחָנָן כְּר' יְהוּדָה וְאֵין נִרְאֶה כִּדְפֵי' לְעֵיל וצ"ל דְּהַךְ פְּלֻוגְתָּא דִּמְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה קַבָּלָה הָיְתָה בְּיָדָם:
Quelle différence pour moi entre cuire la mèche et cuire les ingrédients : on ne peut pas expliquer que, de même que la cuisson des ingrédients les améliore et les rend plus précieux, de même la mèche devient plus précieuse par la cuisson. Car si c'était là la raison de R. Yehouda, d'où saurions-nous que les autres mises à mort du tribunal ne repoussent pas le Chabbat, puisque le tikoun ne s'y applique pas ? La Tora n'aurait interdit l'allumage qu'à cause du tikoun de la mèche. Et de plus, pour la combustion de la fille de Cohen elle-même, d'où saurions-nous qu'elle ne repousse pas [le Chabbat] quand on a préparé la mèche la veille ? Le Ri dit que voici l'explication : quelle différence pour moi entre la cuisson de la mèche pour la combustion de la fille de Cohen et la cuisson des ingrédients pour teindre un vêtement ? De même que la cuisson des ingrédients en vue de la teinture compte comme tikoun, de même la cuisson de la mèche en vue de la combustion. De là nous apprenons bien que toutes les autres mises à mort du tribunal comptent comme tikoun à cause de la mitsva ; car si la combustion elle-même ne comptait pas comme tikoun, la cuisson de la mèche ne serait pas interdite, même si elle est améliorée par là : puisqu'elle n'est faite qu'en vue de la combustion, elle ne compterait pas comme tikoun et on ne serait pas hayav. De même, celui qui sort une pioche pour creuser [une tombe] afin d'y enterrer un mort, selon R. Chimon, est comme celui qui sort un sac pour y recevoir un écoulement (ziva), au premier chapitre (11a). Et si tu dis : pour R. Yehouda, on comprend bien que l'allumage a été mis à part pour [enseigner] un simple lav ou pour distinguer (lehalek) : puisque [la Tora] n'a pas écrit 'tu ne feras aucune melakha dans toutes vos demeures' mais a écrit l'allumage, on en déduit qu'il a été mis à part pour un lav ou pour distinguer, comme je l'ai expliqué au chapitre Kelal gadol (plus haut 70a) ; mais pour R. Chimon, pour qui il fallait écrire l'allumage afin de rendre hayav le mekalkel dans l'allumage, d'où sait-il qu'il a été mis à part pour un lav ou pour distinguer ? On ne peut pas dire qu'il déduit la distinction de 'l'une d'elles' (ahat mehena), comme le fait R. Yossi, car au chapitre Ha-bone (plus loin 113b) R. Chimon diverge explicitement de R. Yossi et interprète [ce verset] pour un autre enseignement. On peut répondre qu'il déduit la distinction de la source d'où la tire Chemouel au chapitre Kelal gadol (plus haut 70a). Ainsi se résout la difficulté qu'on avait : Chemouel, selon qui parle-t-il ? Ni selon R. Natan, ni selon R. Yossi ! Maintenant, il pense comme R. Chimon. Et dans le premier chapitre de Yevamot (6b), on dit qu'un verset était nécessaire pour interdire l'allumage pour la fille de Cohen parce qu'on aurait pu penser le permettre par un kal va-homer à partir du service [du Temple], qui repousse le Chabbat : c'est selon R. Yehouda, qui le considère comme tikoun ; mais selon R. Chimon, le verset de l'allumage était nécessaire pour rendre hayav tout mekalkel dans l'allumage. Cette mahloket sur le mekalkel dans la blessure, Rachi explique que nous la tirons de la mahloket sur [la melakha] she-eina tsrikha legoufa ; il en ressort que, selon R. Chimon, il n'est pas exigé qu'il en ait besoin pour son chien ou pour la cendre. D'après cela, il faudrait dire que R. Abbahou est selon R. Chimon et R. Yo'hanan selon R. Yehouda, ce qui ne semble pas juste, comme je l'ai expliqué plus haut. Il faut donc dire que cette mahloket sur le mekalkel dans la blessure était une tradition (kabbala) entre leurs mains.
💡 Explication

R. Yehouda rejette les deux preuves : la mila et l'exécution de la fille de Cohen sont des tikoun. La mila répare le corps de l'enfant comme on répare un ustensile. Pour la combustion, on fait fondre une petila (mèche) de plomb qu'on verse dans la bouche : c'est une cuisson, comme la cuisson des samanim (ingrédients de teinture) du Michkan, qui est une av melakha. Ces versets ne disent donc rien du mekalkel.

Tossefot (Ri) précise : l'exécution elle-même compte comme tikoun parce que c'est une mitsva ; c'est ce qui permet d'étendre l'interdit aux autres mises à mort du tribunal.

6
שִׁיעוּר הַמַּלְבֵּן כו׳. רַב יוֹסֵף מַחְוֵי כָּפוּל, רַב חִיָּיא בַּר אַמֵּי מַחְוֵי פָּשׁוּט.

'La mesure de celui qui blanchit, etc.' Rav Yossef montrait [le sit] double ; R. Hiyya bar Ami le montrait simple.

📜 Rachi (2)
רַב יוֹסֵף מַחְוֵי הַאי הַסִּיט כָּפוּל דְּמַתְנִי' כָּפוּל מַמָּשׁ בְּרִיוַּח קָצָר שֶׁבֵּין אֶצְבַּע לָאַמָּה מְשַׁעֵר שְׁנֵי פְּעָמִים:
Rav Yossef montrait : ce sit kafoul de la michna est au sens propre un double : il mesurait deux fois l'espace étroit qui est entre l'index et le majeur.
מָחוּי פָּשׁוּט בְּרִיוַּח שֶׁבֵּין גּוּדָל לְאֶצְבַּע פַּעַם אֶחָד הוּא כָּפוּל דְּמַתְנִיתָא שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כִּפְלַיִם כְּאוֹתוֹ שֶׁבֵּין אַמָּה לְאֶצְבַּע:
Il montrait simple : dans l'espace entre le pouce et l'index, une seule fois ; c'est cela le double de la michna, car il contient deux fois l'espace entre le majeur et l'index.
💡 Explication

La michna (105b) fixe le chiour de plusieurs melakhot à la largeur d'un sit kafoul (double sit). Le sit est l'écart entre deux doigts écartés. Rav Yossef montrait l'écart entre l'index et le majeur et le comptait deux fois. R. Hiyya bar Ami montrait une seule fois l'écart entre le pouce et l'index, qui vaut à lui seul le double (Rachi). Les deux gestes donnent la même longueur.

🖼️ Schéma
Mesurer le sit kafoul (double sit)Rav Yossefécart index - majeur, compte deux foisR. Hiyya bar Amiécart pouce - index, une seule fois1 sit+ 1 sitpouce - index = 2 sitMême longueur : le sit kafoul de la michna
Deux manières de montrer le sit kafoul, selon Rachi.
7
מַתְנִי׳ רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַצָּד צִפּוֹר לְמִגְדָּל, וּצְבִי לַבַּיִת — חַיָּיב. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: צִפּוֹר לְמִגְדָּל

MICHNA. R.

Yehouda dit : celui qui piège un oiseau dans un migdal (cage), ou un cerf dans une maison, est hayav. Et les Sages disent : un oiseau dans un migdal...

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' הַצַּד צִפּוֹר עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לַמִּגְדָּל משטיי"ר בְּלַעַ"ז חַייָּב דְּזוֹ הִיא צִידָתוֹ אֲבָל אִם הִכְנִיסוֹ לַבַּיִת אֵינוֹ נִיצּוֹד בְּכָךְ שֶׁיּוֹצֵא לוֹ דֶּרֶךְ חַלּוֹנוֹת:
MICHNA. Celui qui piège un oiseau : [seulement] quand il l'a fait entrer dans un migdal, 'mestier' en langue vernaculaire, il est hayav, car c'est cela sa capture ; mais s'il l'a fait entrer dans une maison, il n'est pas capturé par là, car il en sort par les fenêtres.
וּצְבִי נִיצּוֹד מִשֶּׁהִכְנִיסוֹ לְבֵיתוֹ וְנָעַל בְּפָנָיו אֲבָל אִם הִכְנִיסוֹ לְגִינָּה אוֹ לֶחָצֵר אֵין זוֹ צֵידָה:
Et un cerf : il est capturé dès qu'on l'a fait entrer dans sa maison et qu'on a fermé devant lui ; mais si on l'a fait entrer dans un jardin ou dans une cour, ce n'est pas une capture.
⚖️ Rosh (1)
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר הַצָּד צִפּוֹר לַמִּגְדָּל וּצְבִי לַבַּיִת חַיָּיב. וחכ"א צִפּוֹר לַמִּגְדָּל וּצְבִי לַבַּיִת לַגִּינָּה וְלֶחָצֵר וְלַבֵּיבָרִין חַייָּב. רַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר לֹא כָל הַבֵּיבָרִין שָׁוִין. זֶה הַכְּלָל כָּל הַמְחֻוסָּר צֵידָה פָּטוּר וְשֶׁאֵינוֹ מְחֻוסַּר צִידָה חַייָּב. צְבִי שֶׁנִּכְנַס לַבַּיִת וְנָעַל אֶחָד בְּפָנָיו חַייָּב. נָעֲלוּ שְׁנַיִם פְּטוּרִים. לֹא יָכוֹל אֶחָד לִנְעוֹל וְנָעֲלוּ שְׁנַיִם שְׁנֵיהֶם חַיָּיבִין. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר:
R. Yehouda dit : celui qui piège un oiseau dans un migdal et un cerf dans une maison est hayav. Et les Sages disent : un oiseau dans un migdal, et un cerf dans une maison, dans un jardin, dans une cour ou dans des bivarin (enclos), il est hayav. Rabban Chimon ben Gamliel dit : tous les bivarin ne sont pas semblables. Voici la règle : pour tout ce qui manque encore de capture (mehousar tseida), on est patour ; pour ce qui ne manque pas de capture, on est hayav. Un cerf qui est entré dans une maison et qu'une personne a enfermé : elle est hayav. Si deux l'ont enfermé, ils sont patour. Si un seul ne pouvait pas l'enfermer et que deux l'ont enfermé, tous deux sont hayav ; et R. Chimon rend patour.
💡 Explication

Nouvelle michna sur la melakha de tseida (piégeage). Le critère est que l'animal soit réellement capturé. Selon Rachi, un oiseau n'est capturé que dans un migdal (cage fermée) : dans une maison, il sort par les fenêtres. Un cerf est capturé dans une maison fermée, et pour R. Yehouda il ne l'est pas dans un jardin ou une cour. La position des Sages continue en 106b.

Le Roch cite la michna complète : les Sages rendent aussi hayav pour le jardin, la cour et les bivarin (enclos) ; règle : mehousar tseida (encore à capturer), patour.

🖼️ Schéma
Le piégeage (tseida) : où l'animal est-il capturé ?CasR. YehoudaHakhamim (suite en 106b)Oiseau dans un migdal(cage fermée)hayavhayavOiseau dans une maisonpatour : il sortpar les fenêtres (Rachi)patourCerf dans une maisonferméehayavhayavCerf dans un jardin,une cour, un enclospatour : pas encorecapturé (Rachi)hayavRègle : ce qui manque encore de capture (mehousar tseida), on en est patour.
Les lieux de capture dans la michna (la position des Sages se poursuit en 106b).
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).