Sougya : La michna a énoncé que tous les mekalkelin (ceux qui font une melakha de façon destructrice) sont patour. R.
Abbahou enseigne une baraita qui excepte celui qui blesse et celui qui allume ; R. Yo'hanan la rejette, ou la limite au cas où le sang sert au chien et la cendre sert à quelque chose.
La Guemara attribue la michna à R. Yehouda et la baraita à R.
Chimon, qui tire sa position de la mila et de l'exécution de la fille de Cohen ; R. Yehouda répond avec Rav Achi que ces cas sont des tikoun.
L'amud s'achève sur la mesure du sit kafoul et l'ouverture de la michna sur le piégeage (tseida).
... tous les frères doivent s'inquiéter. Si l'un des membres d'une havoura (groupe) meurt, toute la havoura doit s'inquiéter.
Certains disent : [c'est le cas] quand le plus grand meurt ; et certains disent : quand le plus petit meurt.
Fin de la sougya de 105b sur le deuil. La mort d'un membre d'une fratrie ou d'un groupe est un signal pour les autres. Selon la première opinion, la midat ha-din (rigueur divine) a frappé la tête de la maison ; selon la seconde, le châtiment commence par le plus petit (Rachi).
'Et tous les mekalkelin (ceux qui abîment) sont patour.' R. Abbahou a enseigné devant R.
Yo'hanan : tous les mekalkelin sont patour, sauf celui qui blesse et celui qui allume. [R.
Yo'hanan] lui dit : sors l'enseigner dehors ; [la règle sur] celui qui blesse et celui qui allume n'est pas une michna (un enseignement retenu). Et si tu veux dire que c'est une michna : celui qui blesse, quand il a besoin [du sang] pour son chien ; celui qui allume, quand il a besoin de sa cendre.
Un mekalkel fait une melakha d'une manière qui abîme au lieu de construire. La michna l'exempte. La baraita de R. Abbahou fait deux exceptions : hovel (blesser un être vivant) et mavir (allumer un feu). R. Yo'hanan la rejette : 'sors l'enseigner dehors' signifie qu'elle n'a pas sa place dans le beit midrach. À défaut, il la limite aux cas où le kilkoul produit aussi un tikoun : le sang pour le chien, la cendre pour un usage.
Tossefot discute : pour le Rachbam, R. Abbahou suit R. Chimon et R. Yo'hanan R. Yehouda ; Tossefot préfère dire que les deux discutent à l'intérieur de l'opinion de R. Chimon.
Mais nous avons appris [dans la michna] : 'tous les mekalkelin sont patour' ! La michna est [selon] R.
Yehouda, la baraita [selon] R. Chimon.
Quelle est la raison de R. Chimon ?
Du fait qu'un verset a été nécessaire pour permettre la mila, [on en déduit] qu'en général celui qui blesse est hayav.
La Guemara oppose la baraita de R. Abbahou a la michna. Réponse : deux Tannaim. Selon Rachi, la mahloket repose sur la melakha she-eina tsrikha legoufa (melakha qui n'est pas faite pour son résultat propre). R. Yehouda en rend hayav : blesser pour le chien est un tikoun à l'égard du chien, donc hayav ; un pur kilkoul reste patour. R. Chimon en rend patour : pour lui, toute blessure et tout allumage sont un kilkoul, et il ne les rend hayav que parce que le verset l'impose.
La preuve : la Tora a eu besoin d'un verset ('le huitième jour', même Chabbat) pour permettre la mila. La mila est une blessure ; si la blessure était permise le Chabbat, le verset serait inutile.
Et du fait que le Miséricordieux a interdit l'allumage pour la fille de Cohen, déduis-en qu'en général celui qui allume est hayav.
La fille de Cohen adultère est condamnée à la srefa (combustion), qui se fait en versant du plomb fondu. Le verset 'vous n'allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Chabbat' interdit d'exécuter cette peine le Chabbat. L'exécution détruit ; si le mekalkel dans l'allumage était patour, il n'y aurait pas besoin de l'interdire. Donc, pour R. Chimon, mavir est hayav même en kilkoul.
Et R. Yehouda ?
Là-bas, il répare, comme [l'explique] Rav Achi. Car Rav Achi a dit : quelle différence pour moi entre réparer [par] la mila et réparer un ustensile ?
Quelle différence pour moi entre cuire la mèche et cuire les ingrédients (samanim) ?
R. Yehouda rejette les deux preuves : la mila et l'exécution de la fille de Cohen sont des tikoun. La mila répare le corps de l'enfant comme on répare un ustensile. Pour la combustion, on fait fondre une petila (mèche) de plomb qu'on verse dans la bouche : c'est une cuisson, comme la cuisson des samanim (ingrédients de teinture) du Michkan, qui est une av melakha. Ces versets ne disent donc rien du mekalkel.
Tossefot (Ri) précise : l'exécution elle-même compte comme tikoun parce que c'est une mitsva ; c'est ce qui permet d'étendre l'interdit aux autres mises à mort du tribunal.
'La mesure de celui qui blanchit, etc.' Rav Yossef montrait [le sit] double ; R. Hiyya bar Ami le montrait simple.
La michna (105b) fixe le chiour de plusieurs melakhot à la largeur d'un sit kafoul (double sit). Le sit est l'écart entre deux doigts écartés. Rav Yossef montrait l'écart entre l'index et le majeur et le comptait deux fois. R. Hiyya bar Ami montrait une seule fois l'écart entre le pouce et l'index, qui vaut à lui seul le double (Rachi). Les deux gestes donnent la même longueur.
MICHNA. R.
Yehouda dit : celui qui piège un oiseau dans un migdal (cage), ou un cerf dans une maison, est hayav. Et les Sages disent : un oiseau dans un migdal...
Nouvelle michna sur la melakha de tseida (piégeage). Le critère est que l'animal soit réellement capturé. Selon Rachi, un oiseau n'est capturé que dans un migdal (cage fermée) : dans une maison, il sort par les fenêtres. Un cerf est capturé dans une maison fermée, et pour R. Yehouda il ne l'est pas dans un jardin ou une cour. La position des Sages continue en 106b.
Le Roch cite la michna complète : les Sages rendent aussi hayav pour le jardin, la cour et les bivarin (enclos) ; règle : mehousar tseida (encore à capturer), patour.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).