Sougya : Fin de la mishna sur la melakha de chasser (tsad) : un cerf poussé dans un jardin, une cour ou un bivar (enclos) rend hayav, mais pour Rabban Chimon ben Gamliel tout dépend si l'animal 'manque de capture'. La Guemara confronte la mishna de Beitsa et une baraita sur les animaux des bivarim à Yom Tov, et résout la contradiction par le tsipor deror et par la distinction entre petit et grand bivar, que Rav Ashi définit par trois critères.
Suivent les animaux déjà 'capturés' (boiteux, vieux, malade), les insectes, le lion, puis une nouvelle mishna sur la capture faite à deux : fermer la porte ou s'asseoir sur le seuil.
... et un cerf dans un jardin, une cour ou des bivarim (enclos) : [hayav]. Rabban Chimon ben Gamliel dit : tous les bivarim ne sont pas égaux.
Voici la règle : [si l'animal] manque [encore] de capture (mehoussar tseida), patour ; [s'il] ne manque pas de capture, hayav.
Suite de la mishna commencée à l'amud précédent. Pour les Rabbanan, faire entrer un cerf dans un jardin, une cour ou un bivar (enclos) suffit pour la melakha de tsad (chasser). Rabban Chimon ben Gamliel pose un critère : l'animal est-il encore mehoussar tseida, c'est-à-dire faut-il encore le poursuivre pour le saisir ? Si oui, la capture n'est pas achevée et on est patour.
GUEMARA. Nous avons appris là-bas (Beitsa 23b) : on ne capture pas de poissons dans les bivarim à Yom Tov et on ne place pas de nourriture devant eux ; mais on capture l'animal (haya) et l'oiseau, et on place de la nourriture devant eux.
Et on oppose : les bivarim d'animaux, d'oiseaux et de poissons, on n'y capture pas à Yom Tov et on ne place pas de nourriture devant eux. Difficulté : animal contre animal ; difficulté : oiseaux contre oiseaux.
À Yom Tov, on peut abattre un animal pour le repas, mais il est interdit de le chasser. Si un animal enfermé dans un bivar est déjà considéré comme capturé, on peut l'y prendre. La mishna de Beitsa le permet pour l'animal et l'oiseau ; la baraita l'interdit. Deux contradictions sont à résoudre.
Certes, animal contre animal n'est pas difficile : celle-ci est [selon] Rabbi Yehouda, celle-là [selon] les Rabbanan.
Pour Rabbi Yehouda, un cerf n'est capturé qu'une fois dans une maison ; dans un bivar il ne l'est pas encore, d'où l'interdit de la baraita. Pour les Rabbanan, le bivar suffit : l'animal y est déjà capturé, et la mishna de Beitsa permet de l'y prendre.
Mais oiseaux contre oiseaux est difficile ! Et si tu dis : oiseaux contre oiseaux non plus n'est pas difficile, celle-ci [parle] d'un bivar couvert, celle-là d'un bivar non couvert - or une maison est bien couverte, et aussi bien selon Rabbi Yehouda que selon les Rabbanan : un oiseau dans une tour, oui ; dans une maison, non !
Pour l'oiseau, R. Yehouda et les Rabbanan sont d'accord : il n'est capturé que dans un migdal (tour, petit abri fermé). On ne peut donc pas attribuer les deux sources à deux Tannaim. La proposition couvert / non couvert est rejetée : une maison est couverte, et l'oiseau n'y est pas considéré comme capturé.
Rabba bar Rav Houna a dit : ici, nous traitons du tsipor deror (oiseau libre), parce qu'il n'accepte pas d'autorité. Car l'école de Rabbi Yichmael a enseigné : pourquoi l'appelle-t-on 'tsipor deror' ?
Parce qu'il habite (dara) dans la maison comme dans le champ. Maintenant que tu en es arrivé là, animal contre animal non plus n'est pas difficile : celle-ci [parle] d'un grand bivar, celle-là d'un petit bivar.
La mishna (oiseau dans une maison : non capturé) vise un oiseau particulier, le tsipor deror, qui s'esquive d'un coin à l'autre même à l'intérieur. Pour un oiseau ordinaire, un bivar couvert vaut capturé ; la distinction couvert / non couvert redevient valable.
Puisque la contradiction se résout par les circonstances, on peut aussi expliquer les deux sources sur l'animal selon les Rabbanan : dans un petit bivar, l'animal est déjà capturé ; dans un grand bivar, il ne l'est pas encore.
Comment est un grand bivar, comment est un petit bivar ? Rav Ashi a dit : partout où l'on court après [l'animal] et on l'atteint d'un seul élan (chihaya), c'est un petit bivar ; et l'autre, un grand bivar.
Ou bien : partout où l'ombre des murs tombe l'une sur l'autre, c'est un petit bivar ; et l'autre, un grand bivar. Ou bien : partout où il n'y a pas de recoins et de recoins, c'est un petit bivar ; et l'autre, un grand bivar.
Trois critères pratiques pour savoir si l'animal est déjà à portée de main. Le deuxième suppose, selon Tossefot, que les murs des bivarim avaient une hauteur connue et uniforme : si les ombres des murs opposés se rejoignent, l'espace est étroit.
Rabban Chimon ben Gamliel dit, etc. Rav Yossef a dit au nom de Rav Yehouda au nom de Chmouel : la halakha est comme Rabban Chimon ben Gamliel.
Abayé lui dit : 'la halakha', cela implique qu'ils sont en désaccord ? Il lui dit : quelle différence cela fait-il pour toi ?
Il lui dit : 'apprends l'étude', que ce soit une chanson ?
On a établi que les Rabbanan aussi distinguent petit et grand bivar : ils sont donc d'accord avec RaChBaG. Pourquoi alors dire la halakha est comme lui, formule employée quand il y a mahloket ? Rav Yossef répond qu'en pratique rien ne change. Abayé réplique par un proverbe : on n'étudie pas une tradition en la récitant comme une chanson ; il faut en comprendre la portée.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui capture un cerf aveugle ou endormi est hayav ; boiteux, vieux ou malade, patour. Abayé dit à Rav Yossef : en quoi ceux-ci diffèrent-ils de ceux-là ?
Ceux-ci sont susceptibles de s'échapper, ceux-là ne sont pas susceptibles de s'échapper. Mais il est enseigné : malade, hayav !
Rav Chechet a dit : ce n'est pas difficile ; celle-ci [parle] d'un malade de fièvre (ichta), celle-là d'un malade d'épuisement (ovtsana).
Le critère est le même qu'au bivar : l'animal peut-il encore s'enfuir ? L'aveugle et l'endormi s'échappent dès qu'ils sentent la main : il faut les capturer. Le boiteux, le vieux et le malade épuisé sont déjà nitsod ve-omed (capturés et en place). Le malade de fièvre peut encore fuir.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui capture des sauterelles (hagavim), des gazin, des guêpes et des moustiques le Chabbat est hayav, selon Rabbi Meir. Et les Sages disent : tout ce dont l'espèce est capturée, hayav ; et tout ce dont l'espèce n'est pas capturée, patour.
Il est enseigné dans une autre [baraita] : celui qui capture des sauterelles au moment de la rosée est patour ; au moment de la forte chaleur (charav), hayav. Elazar ben Mehavai dit : si elles venaient en essaim, patour.
Ils ont demandé : Elazar ben Mehavai se rapporte-t-il à la première partie ou à la dernière ? Viens entendre : celui qui capture des sauterelles au moment de la rosée est patour ; au moment de la forte chaleur, hayav.
Elazar ben Mehavai dit : même au moment de la forte chaleur, si elles venaient en essaim, patour.
Pour les Sages, la melakha de chasser porte sur ce que l'on capture habituellement pour s'en servir : les sauterelles comestibles, et non les guêpes ou moustiques. Au moment de la rosée, les sauterelles sont engourdies, déjà comme capturées. Pour Elazar ben Mehavai, un essaim dense se ramasse sans effort, même par forte chaleur : il se rapporte à la fin de la baraita, dans le sens de la clémence.
MISHNA. Un cerf qui est entré dans une maison, et qu'un seul à fermé [la porte] devant lui : hayav.
Si deux l'ont fermée : patourim. Si un seul ne pouvait pas fermer et que deux l'ont fermée : hayavin.
Et Rabbi Chimon exempte.
Fermer la porte sur un animal entré de lui-même, c'est le capturer. Quand deux font ensemble ce qu'un seul pouvait faire, aucun n'a accompli la melakha : ils sont patour. Si un seul ne pouvait pas, la melakha se fait normalement à deux : chacun est hayav. Rabbi Chimon exempte toujours deux personnes qui font une seule melakha (zeh eino yakhol ve-zeh eino yakhol, Chabbat 92b).
GUEMARA. Rabbi Yirmeya bar Abba a dit au nom de Chmouel : celui qui capture un lion le Chabbat n'est hayav que lorsqu'il le fait entrer dans sa cage (gorzeki).
Un lion saisi reste dangereux et continue de se débattre : il n'est capturé qu'une fois dans la cage faite pour lui.
MISHNA. Si l'un s'est assis sur l'entrée et ne l'a pas remplie, et que le second s'est assis et l'a remplie, le second est hayav.
Si le premier s'est assis sur l'entrée et l'a remplie, et que le second est venu s'asseoir à côté de lui, même si le premier s'est levé et s'en est allé, le premier est hayav et le second patour. À quoi cela ressemble-t-il ?
À celui qui ferme sa maison pour la garder, et il se trouve qu'un cerf y est gardé à l'intérieur.
La capture est achevée par celui qui ferme la dernière issue. Quand le premier remplit déjà l'entrée, le cerf est capturé ; le second, en s'asseyant à côté puis en restant après le départ du premier, né fait que garder un animal déjà pris. Tossefot explique pourquoi l'exemple de la maison fermée est ajouté : on aurait pu penser que le second, qui vient exprès, cherche à renforcer la garde du cerf.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).