Shabbat 107b — La peau des cheratsim, tuer un pou et la melakha sans besoin

Shabbat 107b

Sougya : Fin de la discussion sur la blessure (havoura) des huit cheratsim : Abaye, Rava et Rav Ada bar Matana cherchent à lire la baraita pour savoir si Rabbi Yo'hanan ben Nouri et les Sages divergent seulement pour la toumah ou aussi pour Chabbat ; Rav Achi attribue le premier Tanna à Rabbi Yehouda. Rabbi dérive du verset de Yirmeyahou qu'une blessure est un dommage qui ne revient pas.

La mishna sur les autres cheratsim ouvre la mahloket entre Rabbi Eliezer et les Rabbanan sur le fait de tuer un pou, tous deux tirant leur critère des béliers du Michkan. Rav rattache ensuite trois cas à la règle de Rabbi Chimon (melakha she-eina tsrikha legoufa), puis Chmouel traite du poisson sorti de l'eau et du foetus détaché dans le ventre de l'animal.

Les quatre lectures de la baraita sur la peau des cheratsimLecture littéraleLes Sages: seuls les 4 énumérésont une peaurejetée: ce sont eux dont la peau = chairAbayeSeuls les 4 NON énumérés ont unepeau distincte de la chairRava: le texte dit 'énumérés'RavaSeule la peau des 4 énumérésrend impur comme la chairmais RYBN: les 8 ont une peau non impureRav Ada bar MatanaPour la toumah, les 4 énumérésn'ont pas de peau (= chair)retenue: désaccord limité à la toumah
Comment lire la baraita des Sages sur la peau des cheratsim : quatre tentatives.
Tuer à Chabbat: quel critère tiré des eilim (béliers) du Michkan ?Éilim méadamimbéliers abattus pour leur peauRabbi Eliezercritère: netilat nechama (une vie prise)Rabbanancritère: l'espèce se reproduitPou (kina): hayavcomme tuer un chameauPou (kina): patouril ne se reproduit pasPuce, autres cheratsim: hayavPuce, autres cheratsim: hayavils se reproduisentRav Yossef: la mishna (tuer les autres cheratsim = hayav) convient donc aussi aux Rabbanan
Rabbi Eliezer et les Rabbanan tirent des béliers du Michkan deux critères différents.
Mélakha she-eina tsrikha legoufa (R. Chimon): trois applications de RavCasBut recherché: hayavAutre but: patourCapturer des cheratsimpour s'en servirsans besoinPercer un abcèspour lui faire une ouverturepour en faire sortir le pusCapturer un serpentpour un remèdepour ne pas être morduPatour: l'acte n'est pas fait pour le résultat qui définit la melakha
Les trois cas que Rav attribue à Rabbi Chimon.
1
לְמַה שֶׁמָּנוּ חֲכָמִים. אַדְּרַבָּה, לְמַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים אֵין לָהֶם עוֹר! וְאָמַר אַבַּיֵּי, הָכִי קָאָמַר: אֵין עוֹר חָלוּק מִבָּשָׂר אֶלָּא לְמַה שֶּׁלֹּא מָנוּ חֲכָמִים, אֲמַר לֵיהּ רָבָא: הָא ״לְמַה שֶׁמָּנוּ חֲכָמִים״ קָאָמַר? אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָאָמַר: אֵין עוֹר מְטַמֵּא כְּבָשָׂר אֶלָּא לְמַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים. מִכְּלָל דְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי הָנָךְ נָמֵי דְּלֹא מָנוּ חֲכָמִים מְטַמְּאִין? וְהָא קָתָנֵי, רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: שְׁמֹנָה שְׁרָצִים יֵשׁ לָהֶן עוֹרוֹת וְלֹא מְטַמְּאִין! [אָמַר רַב] אַדָּא בַּר מַתָּנָה: תְּרִיץ הָכֵי, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לְעִנְיַן טֻומְאָה אֵין עוֹר לְמַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים.

... pour ceux que les Sages ont énumérés. [La Guemara objecte :] Au contraire, ceux que les Sages ont énumérés n'ont pas de peau !

Abaye a dit : voici ce qu'il dit : il n'y a de peau distincte de la chair que pour ceux que les Sages n'ont pas énumérés. Rava lui a dit : mais il dit bien 'pour ceux que les Sages ont énumérés' !

Rava a donc dit : voici ce qu'il dit : la peau ne rend impur comme la chair que pour ceux que les Sages ont énumérés. [La Guemara demande :] Faut-il en déduire que pour Rabbi Yo'hanan ben Nouri, ceux que les Sages n'ont pas énumérés rendent aussi impur ?

Or il est enseigné : Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit : les huit cheratsim ont des peaux et ne rendent pas impur ! Rav Ada bar Matana a dit : corrige ainsi : Et les Sages disent : pour la toumah (impureté), il n'y a pas de peau pour ceux que les Sages ont énumérés.

📜 Rachi (6)
לְמַה שֶׁמָּנוּ חֲכָמִים בִּשְׁחִיטַת חֻולִּין אֵלּוּ שֶׁעוֹרוֹתֵיהֶן כִּבְשָׂרָן וְהָא וַדַּאי מְשַׁבַּשְׁתָּא הִיא אַדְּרַבָּה לְמַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים אֵין לָהֶם עוֹר דְּהָא עוֹרוֹתֵיהֶן כִּבְשָׂרָן קָאָמְרִי:
Pour ceux que les Sages ont énumérés : dans [le traité] Chehitat Houlin, 'voici ceux dont la peau est comme leur chair'. Et ceci est certainement une erreur : au contraire, ceux que les Sages ont énumérés n'ont pas de peau, puisqu'on a dit que leurs peaux sont comme leur chair.
וְאָמַר אַבָּיֵי הָכִי קָאָמַר אֵין עוֹר חָלוּק מִבָּשָׂר אֶלָּא לְאוֹתָן ד' שֶׁלֹּא מָנוּ חֲכָמִים חֹולֶד וְעַכְבָּר וְצָב וְתִנְשֶׁמֶת אֲבָל הָאֲנָקָה הַכֹּחַ וְהַלְּטָאָה וְהַחֹומֶט אֵין עוֹרָן חָלוּק מִבְּשָׂרָן וְלָא הָוֵי חַבּוּרָה ומ"מ קַשְׁיָא לְרַב:
Et Abaye a dit : voici ce qu'il dit : il n'y a de peau distincte de la chair : que pour les quatre que les Sages n'ont pas énumérés, la belette, la souris, le tsav et la tinchemet ; mais l'anaka, le koah, la letaa et le homet, leur peau n'est pas distincte de leur chair, et il n'y a pas [chez eux] de havoura. De toute façon, il y a une difficulté contre Rav.
א"ל רָבָא וְהָא לְמַה שֶׁמָּנוּ קָאָמַר וְלָא טָעֵי תַּנָּא בֵּין מַנּוּ לְלֹא מַנּוּ:
Rava lui a dit : mais il dit 'pour ceux que [les Sages] ont énumérés' : et le Tanna ne confond pas 'énumérés' et 'non énumérés'.
אֵין עוֹר מְטַמֵּא כְּבָשָׂר כו' וְהָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ דְּקָאָמְרַתְּ לְעִנְיַן שַׁבָּת יֵשׁ לָהֶן עוֹר אֲבָל לְעִנְיַן טֻומְאָה עוֹרוֹתֵיהֶן כִּבְשָׂרָן דְּאִיתְרַבּוֹ מֵהַטְּמֵאִים אֵין עוֹר מְטַמֵּא כְּבָשָׂר אֶלָּא לְאוֹתָן אַרְבָּעָה שֶׁמָּנוּ:
La peau ne rend impur comme la chair, etc. : et voici ce qu'ils lui disent : ce que tu dis, pour Chabbat ils ont une peau ; mais pour la toumah, leurs peaux sont comme leur chair, car ils sont inclus par [le verset] 'ce sont eux les impurs' ; la peau ne rend impur comme la chair que pour ces quatre qu'on a énumérés.
מִכְּלָל דְּר' יוֹחָנָן כּוּ' בִּתְמִיָּה וְהָא קָתָנֵי הָתָם גַּבֵּי טֻומְאָה דְּכָל ח' שְׁרָצִים לֵר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי יֵשׁ לָהֶן עוֹרוֹת:
Faut-il en déduire que pour Rabbi Yo'hanan, etc. : [question] sur le ton de l'étonnement. Or il est enseigné là-bas, à propos de la toumah, que pour Rabbi Yo'hanan ben Nouri les huit cheratsim ont tous des peaux.
תְּרִיץ הָכֵי סַמִּי מִבָּרַייְתָא אֶלָּא וְתָנֵי אֵין עוֹר לְמַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים וּמִיהוּ לְרַב לָא תִּקְשֵׁי דְּהָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ לְעִנְיַן שַׁבָּת מוֹדֵינָא לָךְ דְּהַחוֹבֵל בָּהֶן חַיָּיב אֲבָל לְעִנְיַן טֻומְאָה פְּלִיגָא דְּאֵין עוֹר לְאוֹתָן ד' שֶׁמָּנוּ:
Corrige ainsi : retire [ce texte] de la baraita et enseigne plutôt : 'il n'y a pas de peau pour ceux que les Sages ont énumérés'. Et toutefois, contre Rav il n'y a pas de difficulté, car voici ce qu'ils lui disent : pour Chabbat, nous admettons avec toi que celui qui les blesse est hayav ; mais pour la toumah, nous sommes en désaccord : il n'y a pas de peau pour ces quatre qu'on a énumérés.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר אַבַּיֵּי אֵין עוֹר חָלוּק מִבָּשָׂר כּוּ' מַסְּקָנָא דְּפִירְכָא הִיא מֵאַבַּיֵּי דְּוַדַּאי אַלִּיבָּא דְּאַבַּיֵּי פְּלִיגִי לְעִנְיַן שַׁבָּת אֲבָל לְמַאי דִּמְפָרֵשׁ רָבָא וְרַב אַדָּא לָא פְלִיגִי מִידִי לְעִנְיַן שַׁבָּת וְתֵימַהּ הוּא כֵּיוָן דְּלָא קַיְימָא שִׁינּוּיָא דְּאַבַּיֵּי הֵיכִי פָּרֵיךְ מִינָּהּ:
Abaye a dit : il n'y a de peau distincte de la chair, etc. : c'est la conclusion de l'objection, de la part d'Abaye, car certainement selon Abaye ils sont en désaccord pour Chabbat ; mais selon ce qu'expliquent Rava et Rav Ada, ils ne sont en désaccord en rien pour Chabbat. Et c'est étonnant : puisque la réponse d'Abaye ne tient pas, comment [la Guemara] en tire-t-elle une objection ?
💡 Explication

La baraita (fin de 107a) oppose Rabbi Yo'hanan ben Nouri, pour qui les huit cheratsim ont une peau, aux Sages. La mishna de Houlin (122a) énumère quatre cheratsim (anaka, koah, letaa, homet) dont la peau est considérée comme leur chair. Il faut donc comprendre la phrase des Sages 'pour ceux que les Sages ont énumérés'.

Abaye inverse le sens ; Rava refuse et parle de la peau qui rend impur ; Rav Ada bar Matana corrige le texte : le désaccord porte sur la toumah. L'enjeu : savoir si, pour Chabbat, blesser ces quatre cheratsim constitue une havoura (blessure).

2
וְאַכַּתִּי, לְעִנְיַן שַׁבָּת לָא פְּלִיגִי? וְהָתַנְיָא: הַצָּד אֶחָד מִשְּׁמֹנָה שְׁרָצִים הָאֲמוּרִים בַּתּוֹרָה, הַחוֹבֵל בָּהֶן — חַייָּב, בִּשְׁרָצִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶן עוֹרוֹת. וְאֵיזוֹ הִיא חַבּוּרָה שֶׁאֵינָהּ חוֹזֶרֶת — נִצְרַר הַדָּם אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא יָצָא. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: שְׁמֹנָה שְׁרָצִים יֵשׁ לָהֶן עוֹרוֹת.

Et encore : pour Chabbat, ne sont-ils pas en désaccord ? Or il est enseigné : celui qui capture l'un des huit cheratsim mentionnés dans la Torah, ou qui les blesse, est hayav, [s'il s'agit] des cheratsim qui ont des peaux.

Et quelle est la blessure qui ne revient pas ? Quand le sang s'est amassé (nitsrar), même s'il n'est pas sorti.

Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit : les huit cheratsim ont des peaux.

📜 Rachi (2)
בִּשְׁרָצִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶן עוֹרוֹת לְאוֹתָן ד' שֶׁלֹּא מָנוּ:
Des cheratsim qui ont des peaux : ces quatre qu'on n'a pas énumérés.
נִצְרַר הַדָּם נֶאֱסַף וְנִקְשַׁר בְּמָקוֹם אֶחָד שׁוּב אֵינוֹ חוֹזֵר וְנִבְלָע:
Le sang s'est amassé : rassemblé et noué en un seul endroit ; il ne revient plus et n'est plus résorbé.
💡 Explication

Cette baraita parle explicitement de Chabbat : le premier Tanna limite l'interdit de blesser aux cheratsim 'qui ont des peaux', et Rabbi Yo'hanan ben Nouri l'étend aux huit. Il semble donc qu'il y ait aussi un désaccord pour Chabbat.

On y apprend aussi la définition de la havoura : un hématome ou le sang s'amasse sous la peau suffit, sans écoulement.

3
אָמַר רַב אַשִּׁי: מַאן תְּנָא קַמָּא — רַבִּי יְהוּדָה דְּאָזֵיל בָּתַר גִּישְׁתָּא. דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַלְּטָאָה כְּחֻולְדָּה. אֲבָל רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן לְעִנְיַן טֻומְאָה, לְעִנְיַן שַׁבָּת מוֹדוּ לֵיהּ. אִי הָכִי, הַאי ״דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי״, ״דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן וּמַחְלֻוקְתּוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! תָּנֵי: ״דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וּמַחְלֻוקְתּוֹ״.

Rav Achi a dit : qui est le premier Tanna ? C'est Rabbi Yehouda, qui suit la texture [de la peau] (guichta).

Comme nous avons appris : Rabbi Yehouda dit : la letaa est comme la belette. Mais les Rabbanan, qui sont en désaccord avec Rabbi Yo'hanan pour la toumah, l'admettent pour Chabbat.

Si c'est ainsi, ce [texte] 'paroles de Rabbi Yo'hanan ben Nouri' aurait dû dire 'paroles de Rabbi Yo'hanan et de ses contradicteurs' ! Enseigne : 'paroles de Rabbi Yo'hanan ben Nouri et de ses contradicteurs'.

📜 Rachi (3)
מַאן ת"ק דְּהַךְ מַתְנִיתָא דְּאָמַר בִּשְׁרָצִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶן עוֹרוֹת דְּמַשְׁמַע דְּיֵשׁ מֵהֶן דְּפָטוּר:
Qui est le premier Tanna : de cette baraita qui dit 'des cheratsim qui ont des peaux', ce qui implique que pour certains d'entre eux on est patour.
רַבִּי יְהוּדָה הִיא דִּלְעִנְיַן טֻומְאָה לָא יָלֵיף מֵאֵלֶּה הַטְּמֵאִים אֶלָּא הַהוּא דְּאִית לֵיהּ גִּישְׁתָּא שֶׁעוֹרוֹ עָב וְיֵשׁ לוֹ עוֹר מַמָּשׁ אֵינוֹ כְּבָשָׂר וְשֶׁאֵינוֹ עָב הָוֵי כְּבָשָׂר וְהַלְּטָאָה מִשּׁוּם דְּעוֹרָהּ עָב מְשַׁוֵּי לֵיהּ כְּחֻולְדָּה בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב הִלְכָּךְ לְעִנְיַן שַׁבָּת נָמֵי לָאו עוֹר הוּא בְּשָׁלֹשׁ מֵהֶן אֲנָקָה וְכֹחַ וְחֹומֶט אֲבָל לְרַבָּנָן דְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב שֶׁמָּנוּ הַלְּטָאָה בְּהַךְ שֶׁעוֹרוֹתֵיהֶן כִּבְשָׂרָן אַלְמָא דְּטַעְמַייְהוּ לָאו מִשּׁוּם עוֹר וְלָאו עוֹר אֶלָּא מִשּׁוּם דְּרָשָׁה דִּקְרָא לְעִנְיַן טֻומְאָה הוּא דִּפְלִיגִי מִשּׁוּם קְרָא אֲבָל לְעִנְיַן שַׁבָּת מוֹדוֹ דְּוַדַּאי עוֹר הֵן:
C'est Rabbi Yehouda : qui, pour la toumah, ne tire pas [la règle] de 'ceux-là sont les impurs', mais [considère] celui qui a une guichta, dont la peau est épaisse, comme ayant une vraie peau, pas comme la chair, et celui dont [la peau] n'est pas épaisse comme la chair ; et il met la letaa, parce que sa peau est épaisse, au rang de la belette dans [le chapitre] Ha-or veharotev. C'est pourquoi pour Chabbat aussi, chez trois d'entre eux, l'anaka, le koah et le homet, ce n'est pas une peau. Mais pour les Rabbanan de Ha-or veharotev, qui ont énuméré la letaa parmi ceux dont la peau est comme la chair, il apparaît que leur raison ne tient pas au fait que ce soit une peau ou non, mais à la dérivation du verset ; ils ne sont en désaccord que pour la toumah, à cause du verset, mais pour Chabbat ils admettent que ce sont certainement des peaux.
דִּבְרֵי ר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי דְּקָתָנֵי בְּהַהִיא בָּרַייְתָא דִּלְעֵיל לְעִנְיַן שַׁבָּת כֵּיוָן דְּלָא אִיפְּלַגוּ רַבָּנָן עֲלֵיהּ אֶלָּא לְעִנְיַן טֻומְאָה דִּבְרֵי ר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וּמַחְלֻוקְתּוֹ מִיבְּעֵי לֵיהּ:
Paroles de Rabbi Yo'hanan ben Nouri : qu'on enseigne dans cette baraita citée plus haut à propos de Chabbat ; puisque les Rabbanan ne sont en désaccord avec lui que pour la toumah, il aurait dû dire 'paroles de Rabbi Yo'hanan ben Nouri et de ses contradicteurs'.
💡 Explication

Rav Achi identifie l'auteur de la baraita restrictive : Rabbi Yehouda, qui juge la peau selon sa texture (guichta) et non selon la dérivation du verset. Pour lui, une peau fine est comme la chair, même pour Chabbat. Les Rabbanan, eux, ne divergent que pour la toumah à cause d'un verset.

Conséquence : la conclusion 'paroles de Rabbi Yo'hanan ben Nouri' est corrigée en 'Rabbi Yo'hanan ben Nouri et ses contradicteurs', puisque les Rabbanan l'admettent pour Chabbat.

4
בְּעָא מִינֵּיהּ לֵוִי מֵרַבִּי: מִנַּיִן לְחַבּוּרָה שֶׁאֵינָהּ חוֹזֶרֶת? דִּכְתִיב: ״הֲיַהֲפֹוךְ כּוּשִׁי עוֹרוֹ וְנָמֵר חֲבַרְבֻּרֹתָיו״. מַאי ״חֲבַרְבֻּרֹתָיו״? אִילֵּימָא דְּקָאֵי רִיקְמֵי רִיקְמֵי — הַאי ״וְנָמֵר חֲבַרְבֻּרֹתָיו״, ״נָמֵר גְּוָונָיו״ מִבָּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא — כְּכוּשִׁי: מָה עוֹרוֹ דְּכוּשִׁי אֵינָהּ חוֹזֶרֶת, אַף חַבּוּרָה אֵינָהּ חוֹזֶרֶת.

Levi a demandé à Rabbi : d'où [apprend-on que] la blessure est ce qui ne revient pas ? Car il est écrit : 'Le Kouchi changera-t-il sa peau, et le léopard ses havarbourotav ?' (Yirmeyahou 13,23).

Que signifie havarbourotav ? Si l'on dit [des taches] qui se tiennent, motif par motif, alors ce [verset] 'et le léopard ses havarbourotav' aurait dû dire 'le léopard ses couleurs' !

Il faut donc [comprendre] : comme le Kouchi ; de même que la peau du Kouchi ne change pas, de même la blessure ne revient pas.

📜 Rachi (3)
מִנַּיִן לְחַבּוּרָה שֶׁאֵינָהּ חוֹזֶרֶת וּלְמֵילַף דְּהַהִיא דְּחוֹזֶרֶת לָאו חַבּוּרָה הִיא כְּגוֹן הָנָךְ דְּאֵין לָהֶן עוֹר שֶׁנִּצְרַר בּוֹ הַדָּם חֲבוּרָתוֹ חוֹזֶרֶת לְקַדְמוּתָהּ אוֹ מַכָּה קְטַנָּה שֶׁלֹּא נִצְרַר הַדָּם:
D'où [apprend-on que] la blessure est ce qui ne revient pas : et pour en déduire que celle qui revient n'est pas une blessure, par exemple chez ceux qui n'ont pas de peau ou le sang s'amasse, dont la blessure revient à son état premier, ou une petite plaie ou le sang ne s'est pas amassé.
אִילֵּימָא דְּקָאֵי רִיקְמֵי רִיקְמֵי וְנָמֵר מַמָּשׁ אֲמַר קְרָא שֶׁהוּא מְנֻומָּר בִּגְוָונִים:
Si l'on dit [des taches] qui se tiennent, motif par motif : et le verset dit 'léopard' au sens propre, parce qu'il est tacheté de couleurs.
אֶלָּא כְּכוּשִׁי כו' וְהַאי נָמֵר לְשׁוֹן תְּמוּרָה הֲיַהֲפֹוךְ כּוּשִׁי עוֹרוֹ וְנָמֵר חֲבַרְבֻּורֹותָיו כְּלוֹמַר וְיָמִיר חֲבוּרַת עוֹרוֹ לַחֲזֹור לְקַדְמוּתוֹ שֶׁלֹּא יִתְקַשֶּׁה הָעוֹר בִּמְקוֹם הַמַּכָּה:
Il faut donc [comprendre] comme le Kouchi, etc. : et ce namer est un terme de temoura (échange) : 'le Kouchi changera-t-il sa peau, et changera-t-il (yamir) ses havarbourot', c'est-à-dire : changera-t-il la blessure de sa peau pour revenir à son état premier, pour que la peau ne durcisse pas à l'endroit du coup ?
💡 Explication

Levi demande la source de la définition : une havoura est un dommage irréversible. Le verset de Yirmeyahou emploie le mot havarbourotav, proche de havoura. Il ne peut désigner les taches du léopard, sinon le verset aurait dit 'ses couleurs'.

Rachi lit namer au sens de 'changer' (temoura) : la blessure, comme la couleur du Kouchi, ne revient pas à son état premier.

5
וּשְׁאָר שְׁקָצִים כו׳. הָא הוֹרְגָן — חַייָּב. מַאן תְּנָא? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הַהוֹרֵג כִּינָּה בְּשַׁבָּת — כְּהוֹרֵג גָּמָל בְּשַׁבָּת. מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא בְּכִינָּה, דְּאֵינָהּ פָּרָה וְרָבָה. אֲבָל שְׁאָר שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים דְּפָרִין וְרָבִין — לָא פְלִיגִי.

'Et les autres chekatsim, etc.' [la mishna dit que celui qui les capture est patour]. Donc celui qui les tue est hayav.

Qui est le Tanna ? Rabbi Yirmeya a dit : c'est Rabbi Eliezer.

Car il est enseigné : Rabbi Eliezer dit : celui qui tue un pou (kina) à Chabbat est comme celui qui tue un chameau à Chabbat. Rav Yossef objecte : les Rabbanan ne sont en désaccord avec Rabbi Eliezer que pour le pou, qui ne se reproduit pas ; mais pour les autres chekatsim et remasim, qui se reproduisent, ils ne sont pas en désaccord.

📜 Rachi (1)
גָּמָל מִשּׁוּם דְּגָדוֹל הוּא נְקַט לֵיהּ:
Chameau : on le cite parce qu'il est grand.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר הַמְפַלֶּה אֶת כֵּלָיו מוֹלֵל וְזוֹרֵק וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַהֲרֹוג אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר נוֹטֵל וְזוֹרֵק וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִמְלֹול. ונ"ל דְּהָנֵי תַּנָּאֵי לָא פְלִיגִי אב"ה שֶׁמַּתִּירִין דְּאִי הֲווּ פְּלִיגִי לֹא הָיָה רִי"ף מֵבִיא דִּבְרֵיהֶם וְדִבְרֵי ב"ה. אֶלָּא מוֹדוֹ דְּמֻותָּר לַהֲרֹוג כִּינָּה בְּשַׁבָּת אֲבָל פַּרְעוֹשׁ אָסוּר כִּדְאָמַר לְקַמָּן בְּפֶרֶק ח' שְׁרָצִים (שַׁבָּת דַּף קז:) אַהָא דְּאָמַר הַהוֹרֵג כִּינָּה בְּשַׁבָּת כְּאִילּוּ הוֹרֵג גָּמָל דְּרַבָּנָן לָא פְּלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא בְּכִינָּה דְּאֵינָהּ פָּרָה וְרָבָה אֲבָל בְּפַרְעוֹשׁ דְּפָרָה וְרָבֶה מוֹדוּ רַבָּנָן דְּחַיָּיב הִלְכָּךְ הַלּוֹקֵחַ כִּינָּה מֵעַל בְּשָׂרוֹ בְּשַׁבָּת אוֹ מֵעַל חֲלוּקוֹ מֻותָּר לְהָרְגָהּ כב"ה אֲבָל בִּמְפַלֶּה אֶת כֵּלָיו לְהָסִיר מֵהֶם פַּרְעוֹשִׁים וְכִנִּים פְּלִיגִי הָנֵי תַּנָּאֵי ת"ק סָבַר דִּגְזוּר הֲרִיגָה דְּכִנִּים אַטּוּ הֲרִיגָה דְּפַרְעוֹשִׁים וְאַבָּא שָׁאוּל מַחְמִיר לִגְזֹור אֲפִילּוּ בִּמְלִילָה דְּכִנִּים אַטּוּ פַּרְעוֹשִׁים וּבְסִפְרֵי הָרַמְבַּ"ם זַ"ל כָּתַב הַמְּפַלֶּה כֵּלָיו בַּשַּׁבָּת מוֹלֵל אֶת הַכִּנִּים וְזוֹרְקָן וּמֻותָּר לַהֲרֹוג כִּנִּים בְּשַׁבָּת וְהַיְינוּ כְּמוֹ שֶׁפֵּירַשְׁתִּי וה"ר יוֹסֵף מאורליינ"ש הָיָה אוֹמֵר דְּכִינָּה הוּא הַשָּׁחוֹר הַקּוֹפֵץ וּפַרְעוֹשׁ הוּא הַלָּבָן וְהֵבִיא רְאָיָה מִמַּכַּת מִצְרַיִם דִּכְתִיב וְהַךְ אֶת עֲפַר הָאָרֶץ וְהָיָה לְכִנִּים וְדֶרֶךְ הַשָּׁחוֹר לָצֵאת מִן הֶעָפָר. וְאֵינוֹ נִרְאֶה לר"ת דְּאָמְרִי' בַּמִּדְרָשׁ אַף כִּי אֱנוֹשׁ רִמָּה אֵלּוּ כִּנִּים שֶׁבָּרֹאשׁ וּבֶן אָדָם תּוֹלֵעָה לְאַחַר מִיתָה וְדֶרֶךְ הַלָּבָן לִהְיוֹת גָּדֵל בְּרֹאשׁ וְלֹא הַשָּׁחוֹר וְעוֹד דְּאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת נִדָּה בְּשִׁילְהֵי פּ"ב דַּף כ: הַהוּא בָּתְרָאָה דַּם כִּנִּים הֲוָה שְׁלַח לָהּ סְרִיקוּתָא מִקַּטְלָא כַּלְמֵי וְכַלְמֵי הוּא תַּרְגּוּם שֶׁל כִּנִּים וְאֵין דֶּרֶךְ לַהֲרֹוג אֶת הַשָּׁחוֹר בְּמַסְרֵק וְעוֹד דְּאָמְרִינַן בִּבְרָכוֹת דַּף נא: בְּעֻובְדָּא דְּיַלְתָּא מִמְּהַדּוּרֵי מִילֵּי וּמִסְּמַרְטוּטֵי כַּלְמֵי פֵּירוּשׁ מִסְּמַרְטוּטֵי בְּגָדִים יְשָׁנִים יוֹצְאִין הַכִּנִּים וְזֶהוּ הַלְּבֵנִים שֶׁיּוֹצְאִים מִבְּגָדִים יְשָׁנִים וְכֵן עַמָּא דְּבַר כְּדִבְרֵי ר"ת זַ"ל. אָמַר רַב הוּנָא הֲלָכָה מוֹלֵל וְזוֹרֵק וְזֶהוּ כְּבוֹדוֹ אֲפִילּוּ בְּחוֹל. רַבָּה מְקַטַּע לְהוּ רַב שֵׁשֶׁת מְקַטַּע לְהוּ וְקָאֵי אַדְּרַב הוּנָא דְּאָמַר זֶהוּ כְּבוֹדוֹ אֲפִילּוּ בְּחוֹל. וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ בְּשֵׁם רַבּוֹתָיו דִּבְשַׁבָּת מַייְרֵי עַל זֶה נָהֲגוּ לְהָקֵל לַהֲרֹוג כִּינָּה אֲפִילּוּ בִּמְפַלֶּה כֵּלָיו דִּלְפִי פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י דִּמְקַטַּע לְהוּ בְּשַׁבָּת ע"כ בִּמְפַלֶּה כֵּלָיו אַיְירֵי דִּפְשִׁיטָא דְּמֻותָּר לַהֲרֹוג כִּינָּה בְּשַׁבָּת כב"ה דְּמַתִּירִין מִיהוּ תֵּימַהּ הֵיאַךְ פְּלִיגִי אַהָנֵי תַּנָּאֵי דְּתַרְוַיְיהוּ אָסְרִי הֲרִיגַת כִּינָּה בִּמְפַלֶּה כֵּלָיו וְאֶפְשָׁר דְּאַייְרֵי בִּמְפַלֶּה רֹאשׁוֹ דְּהָתָם לָא גָּזְרִינַן כִּנִּים אַטּוּ פַּרְעוֹשִׁים שֶׁאֵין פַּרְעוֹשִׁים מְצֻוִּין בְּרֹאשׁ:
Nos maîtres ont enseigné : celui qui épouille ses vêtements [à Chabbat] écrase (molel) [les poux] et les jette, à condition de ne pas les tuer. Abba Chaoul dit : il les prend et les jette, à condition de ne pas les écraser. Et il me semble que ces Tannaim ne sont pas en désaccord avec Beit Hillel, qui permettent [de tuer], car s'ils étaient en désaccord, le Rif n'aurait pas cité leurs paroles avec celles de Beit Hillel. Ils admettent plutôt qu'il est permis de tuer un pou (kina) à Chabbat, mais la puce (parooch) est interdite, comme on le dit plus loin au chapitre Chemona cheratsim (Chabbat 107b), à propos de 'celui qui tue un pou à Chabbat est comme celui qui tue un chameau' : les Rabbanan ne sont en désaccord avec Rabbi Eliezer que pour le pou, qui ne se reproduit pas ; mais pour la puce, qui se reproduit, les Rabbanan admettent qu'on est hayav. C'est pourquoi celui qui prend un pou sur sa chair à Chabbat, ou sur sa chemise, peut le tuer, selon Beit Hillel. Mais pour celui qui épouille ses vêtements pour en retirer puces et poux, ces Tannaim sont en désaccord : le premier Tanna pense qu'on a fait une gezera (décret) contre le fait de tuer les poux à cause du fait de tuer les puces ; et Abba Chaoul est plus strict et fait une gezera même contre l'écrasement des poux à cause des puces. Dans les livres du Rambam z.l. il est écrit : celui qui épouille ses vêtements à Chabbat écrase les poux et les jette, et il est permis de tuer les poux à Chabbat ; c'est conforme à ce que j'ai expliqué. Et Rabbi Yossef d'Orléans disait que la kina est le [petit insecte] noir qui saute, et que le parooch est le blanc ; il en apportait une preuve de la plaie d'Égypte, où il est écrit : 'et frappe la poussière de la terre, et elle deviendra des kinim', et le noir a coutume de sortir de la poussière. Cela ne semble pas juste à Rabbenou Tam, car on dit dans le Midrach : 'à plus forte raison l'homme, une vermine (rima)' : ce sont les poux de la tête ; 'et le fils de l'homme, un ver' : après la mort ; or c'est le blanc qui pousse d'ordinaire dans la tête, et non le noir. De plus, on dit dans le traité Nidda, a la fin du chapitre 2 (20b) : 'celle-là, la dernière, était du sang de kinim' ; il lui envoya un peigne qui tue les kalmei, et kalmei est la traduction araméenne de kinim ; or on n'a pas coutume de tuer le noir avec un peigne. De plus, on dit dans Berakhot (51b), dans l'épisode de Yalta : 'des colporteurs, des paroles ; des haillons, des kalmei' ; explication : des haillons, c'est-à-dire des vieux vêtements, sortent les poux, et ce sont les blancs qui sortent des vieux vêtements. Et l'usage suit l'avis de Rabbenou Tam z.l. Rav Houna a dit : la halakha est qu'on écrase et qu'on jette, et c'est la manière convenable même en semaine. Rabba les coupait (mekate'a), Rav Chechet les coupait ; et cela se rapporte à Rav Houna qui a dit 'c'est la manière convenable même en semaine'. Rachi a expliqué au nom de ses maîtres qu'il s'agit de Chabbat ; c'est sur cela qu'on a l'usage d'être indulgent et de tuer le pou même en épouillant ses vêtements, car selon l'explication de Rachi, puisqu'ils les coupaient à Chabbat, il s'agit forcément de celui qui épouille ses vêtements, car il est évident qu'il est permis de tuer un pou à Chabbat selon Beit Hillel, qui le permettent. Il est toutefois étonnant [de voir] comment ils divergent de ces Tannaim, qui interdisent tous deux de tuer le pou en épouillant ses vêtements. Il est possible qu'il s'agisse de celui qui épouille sa tête, car là on n'a pas fait de gezera pour les poux à cause des puces, puisque les puces ne se trouvent pas dans la tête.
💡 Explication

La mishna exempte la capture des autres chekatsim ; on en déduit que les tuer rend hayav. Rabbi Yirmeya y voit l'avis de Rabbi Eliezer, qui rend hayav même pour un pou. Rav Yossef répond que les Rabbanan aussi rendent hayav pour les espèces qui se reproduisent ; ils n'exemptent que le pou.

6
וּשְׁנֵיהֶם לֹא לְמָדוּהָ אֶלָּא מֵאֵילִים. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר כְּאֵילִים: מָה אֵילִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן נְטִילַת נְשָׁמָה — אַף כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ נְטִילַת נְשָׁמָה. וְרַבָּנָן סָבְרִי כְּאֵילִים: מָה אֵילִים דְּפָרִין וְרָבִין — אַף כֹּל דְּפָרֶה וְרָבֶה. אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וְכִינָּה אֵין פָּרָה וְרָבָה? וְהָאָמַר מַר: יוֹשֵׁב הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְזָן מִקַּרְנֵי רֵאמִים וְעַד בֵּיצֵי כִינִּים! מִינָא הוּא דְּמִיקְּרֵי ״בֵּיצֵי כִּינִּים״.

Et tous deux ne l'ont appris que des eilim (béliers). Rabbi Eliezer pense [qu'on compare] aux eilim : de même que les eilim, chez qui il y a netilat nechama (prise de vie), de même tout ce chez qui il y a netilat nechama.

Et les Rabbanan pensent [qu'on compare] aux eilim : de même que les eilim se reproduisent, de même tout ce qui se reproduit. Abaye lui a dit : et le pou ne se reproduit pas ?

Le Maître n'a-t-il pas dit : le Saint, béni soit-Il, siège et nourrit [tout], des cornes des reemim jusqu'aux œufs des poux ! C'est une espèce qu'on appelle 'œufs de poux'.

📜 Rachi (3)
מֵאֵילִים אֵילִים מְאָדָּמִים שֶׁנִּשְׁחֲטוּ לִמְלֶאכֶת הַמִּשְׁכָּן בִּשְׁבִיל עוֹרוֹתֵיהֶן:
Des eilim : les béliers teints en rouge, abattus pour le travail du Michkan à cause de leurs peaux.
וְהָא אָמַר מַר בִּשְׁמַעְתָּא קַמַּייְתָא דְּמַס' ע"ז:
Le Maître n'a-t-il pas dit : dans la première sougya du traité Avoda Zara.
בֵּיצֵי כִּינִּים קס"ד כִּינִּים קְטַנִּים כְּשֶׁיּוֹצְאִים מְבֻיְּצֵיהֶן:
Œufs des poux : il pensait [qu'il s'agit] de petits poux lorsqu'ils sortent de leurs œufs.
💡 Explication

Les trente-neuf melakhot sont tirées du travail du Michkan. On y abattait des eilim méadamim (béliers) pour leur peau : c'est la source de l'interdit de tuer. Rabbi Eliezer en retient le simple fait de prendre une vie ; les Rabbanan retiennent une créature qui se reproduit, ce qui exclut le pou, censé naître de la sueur.

Abaye objecte par la formule 'des cornes des reemim aux œufs des poux' ; Rav Yossef répond qu'il s'agit d'une autre espèce portant ce nom.

7
וְהָתַנְיָא: טְפוּיָין וּבֵיצֵי כִּינִּים! מִינָא הוּא דְּמִיקְּרֵי ״בֵּיצֵי כִּינִּים״. וַהֲרֵי פַּרְעוֹשׁ דְּפָרֶה וְרָבֶה, וְתַנְיָא: הַצָּד פַּרְעוֹשׁ בְּשַׁבָּת, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מְחַייֵּב וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ פּוֹטֵר! אָמַר רַב אַשִּׁי: צֵידָה אַהֲרִיגָה קָרָמֵית?! עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, אֶלָּא דְּמַר סָבַר: דָּבָר שֶׁאֵין בְּמִינוֹ נִיצּוֹד — חַייָּב, וּמַר סָבַר: פָּטוּר. אֲבָל לְעִנְיַן הֲרִיגָה — אֲפִילּוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ מוֹדֶה.

Mais il est enseigné : 'les tefouyin et les œufs de poux' ! C'est une espèce qu'on appelle 'œufs de poux'.

Et voici la puce, qui se reproduit, et il est enseigné : celui qui capture une puce à Chabbat, Rabbi Eliezer le rend hayav et Rabbi Yehochoua l'exempte ! Rav Achi a dit : tu opposes la capture au fait de tuer ?

Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua ne sont en désaccord que [sur ceci] : l'un pense qu'une chose dont l'espèce n'est pas capturée [habituellement], [on est] hayav ; l'autre pense [qu'on est] patour. Mais pour le fait de tuer, même Rabbi Yehochoua l'admet.

📜 Rachi (2)
הַטְּפוּיִין שֶׁיָּרוּץ הַטְּפוּיִין וּבֵיצֵי כִּינִּים מַתְנִיתָא הִיא וְלָא יָדַעְנָא הֵיכָא תַּנְיָא:
Les tefouyin : 'le fourmillement des tefouyin et des œufs de poux' est une baraita, et je ne sais pas où elle est enseignée.
הַצַּד פַּרְעוֹשׁ מִמָּקוֹם שֶׁאֵינוֹ נִיצּוֹד וְעוֹמֵד כְּגוֹן מֵעַל גַּבֵּי קַרְקַע אוֹ מִבְּגָדָיו מִבַּחוּץ:
Celui qui capture une puce : d'un endroit où elle n'est pas déjà capturée, par exemple du sol ou de l'extérieur de ses vêtements.
🗂️ Tossefot (2)
הַצָּד אֶת הַפַּרְעוֹשׁ כו' ר"י פּוֹטֵר מַשְׁמַע דְּפָטוּר אֲבָל אָסוּר וְאוֹמֵר רִ"י בְּשֵׁם הָרַב פּוֹרָת דְּאַפֵּ"ה אִם נוֹשֵׁךְ הָאָדָם מֻותָּר לִיקְחֵנוּ וּלְהַשְׁלִיכוֹ מֵעָלָיו דְּמִשּׁוּם צַעַר שָׁרִי אֲבָל אִם הוּא בְּאוֹתוֹ עִנְיָן עַל הָאָדָם שֶׁאֵינוֹ יָרֵא שֶׁיִּנְשְׁכֶנּוּ כְּגוֹן עַל סַרְבָּלוֹ מִבַּחוּץ אָסוּר לִיטְלוֹ אֲבָל יָכוֹל לְהַפִּילוֹ מֵעָלָיו:
Celui qui capture la puce, etc., Rabbi Yehochoua l'exempte : cela implique qu'il est patour mais que c'est interdit. Et le Ri dit au nom du Rav Porat que malgré cela, si elle mord l'homme, il est permis de la prendre et de la jeter loin de soi, car c'est permis à cause de la souffrance (tsaar). Mais si elle est sur l'homme dans une situation où il ne craint pas qu'elle le morde, par exemple sur l'extérieur de son manteau, il est interdit de la prendre, mais il peut la faire tomber.
יֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִי מ"ט מִחַייַּב רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לָאו מִשּׁוּם דְּפָרָה וְרָבֶה וְשִׁיבּוּשׁ הוּא דְּהָא אֲפִילּוּ בְּכִינָּה מִחַייַּב רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וּפַרְעוֹשׁ נְקַט לִרְבוּתָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דַּאֲפִילּוּ פַּרְעוֹשׁ פּוֹטֵר וְשִׁינּוּיָא נָמֵי דִּמְשַׁנֵּי לָא מַשְׁמַע דְּגָרֵיס לֵיהּ ור"ת נָמֵי מְחָקוֹ מִסִּפְרוֹ:
Certains livres ont la version : 'quelle est la raison pour laquelle Rabbi Eliezer rend hayav ? N'est-ce pas parce qu'elle se reproduit ?' Et c'est une erreur, car Rabbi Eliezer rend hayav même pour le pou ; et il a cité la puce pour montrer la force [de la position] de Rabbi Yehochoua, qui exempte même pour une puce. La réponse donnée [par la Guemara] non plus n'indique pas qu'il avait cette version, et Rabbenou Tam aussi l'a effacée de son livre.
💡 Explication

Nouvelle objection : pour la puce, qui se reproduit, Rabbi Yehochoua exempte ; il semble donc que même une espèce qui se reproduit ne rende pas hayav. Rav Achi distingue deux melakhot : la tsida (capture) et la hariga (tuer). Le désaccord porte sur une espèce qu'on ne chasse pas d'habitude ; pour le fait de la tuer, tous rendent hayav.

8
הַצָּדָן לְצֹורֶךְ חַייָּב וְכוּ׳. מַאן תְּנָא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ — פָּטוּר עָלֶיהָ.

'Celui qui les capture pour un besoin est hayav, etc.' Qui est le Tanna ? Rav Yehouda a dit au nom de Rav : c'est Rabbi Chimon, qui a dit : une melakha she-eina tsrikha legoufa (qui n'est pas requise pour elle-même), on en est patour.

💡 Explication

Principe de Rabbi Chimon : une melakha n'est pleinement interdite par la Torah que si on la fait pour le but qui la définit dans le Michkan. Capturer des cheratsim sans en avoir besoin est une melakha she-eina tsrikha legoufa : patour (mais interdit par les Rabbanan).

9
אִיכָּא דְמַתְנֵי לַהּ אַהָא: הַמֵּפִיס מֻורְסָא בְּשַׁבָּת, אִם לַעֲשׂוֹת לָהּ פֶּה — חַייָּב, אִם לְהוֹצִיא מִמֶּנָּה לֵחָה — פָּטוּר. מַאן תְּנָא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ — פָּטוּר עָלֶיהָ.

Certains l'enseignent à propos de ceci : celui qui perce un abcès (morsa) à Chabbat, si c'est pour lui faire une ouverture, est hayav ; si c'est pour en faire sortir le pus, il est patour. Qui est le Tanna ?

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : c'est Rabbi Chimon, qui a dit : une melakha she-eina tsrikha legoufa, on en est patour.

📜 Rachi (1)
לְהוֹצִיא מִמֶּנָּה לֵחָה מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ הִיא שֶׁהַפֶּתַח הִיא הַמְּלָאכָה וְזֶה אֵין צָרִיךְ לִהְיוֹת כָּאן פֶּתַח מֵעַכְשָׁיו:
Pour en faire sortir le pus : c'est une melakha she-eina tsrikha legoufa, car l'ouverture est la melakha, et celui-ci n'a pas besoin qu'il y ait une ouverture à partir de maintenant.
💡 Explication

Faire une ouverture durable relève de la melakha de boneh ou de makeh bepatich. Celui qui veut seulement vider le pus n'a pas besoin de l'ouverture en elle-même : patour selon Rabbi Chimon.

10
וְאִיכָּא דְּמַתְנֵי לָהּ אַהָא: הַצָּד נָחָשׁ בְּשַׁבָּת, אִם מִתְעַסֵּק בּוֹ שֶׁלֹּא יִשְּׁכֶנּוּ — פָּטוּר, אִם לִרְפוּאָה — חַייָּב. מַאן תְּנָא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ פָּטוּר עָלֶיהָ.

Et certains l'enseignent à propos de ceci : celui qui capture un serpent à Chabbat, s'il s'en occupe pour qu'il ne le morde pas, est patour ; si c'est pour un remède, il est hayav. Qui est le Tanna ?

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : c'est Rabbi Chimon, qui a dit : une melakha she-eina tsrikha legoufa, on en est patour.

📜 Rachi (1)
הַצַּד נָחָשׁ נָמֵי הַצִּידָה הִיא הַמְּלָאכָה וְזֶה אֵינוֹ צָרִיךְ לְצִידָה אֶלָּא שֶׁלֹּא תִּשְּׁכֶנּוּ וְאִם יוֹדֵעַ שֶׁתַּעֲמֹוד וְלֹא תַּזִּיקֶנּוּ לֹא הָיָה צָד:
Celui qui capture un serpent : ici aussi la capture est la melakha, et celui-ci n'a pas besoin de la capture, mais [il veut seulement] qu'il ne le morde pas ; s'il savait qu'il resterait sans lui nuire, il ne le capturerait pas.
💡 Explication

La capture a pour but de posséder l'animal. Celui qui neutralise un serpent pour ne pas être mordu n'a pas besoin de l'avoir : patour selon Rabbi Chimon. Celui qui le prend pour un remède a besoin de l'animal lui-même : hayav.

11
אָמַר שְׁמוּאֵל: הַשּׁוֹלֶה דָּג מִן הַיָּם, כֵּיוָן שֶׁיָּבַשׁ בּוֹ כַּסֶּלַע — חַייָּב. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין: וּבֵין סְנַפִּירָיו. אָמַר רַב אַשִּׁי: לָא תֵּימָא יָבֵשׁ מַמָּשׁ, אֶלָּא אֲפִילּוּ דְּעָבֵד רִירֵי.

Chmouel a dit : celui qui retire un poisson de la mer, des qu'une [surface] comme un sela a sèche sur lui, est hayav. Rabbi Yossi bar Avin a dit : et entre ses nageoires.

Rav Achi a dit : ne dis pas 'sec' au sens propre, mais même [quand] il fait des filaments (riri).

📜 Rachi (4)
הַשּׁוֹלֶה דָּג שֶׁהָיָה נִיצּוֹד וְעוֹמֵד מִבְּעוֹד יוֹם:
Celui qui retire un poisson : qui était déjà capturé depuis la veille.
כַּסֶּלַע כְּרֹוחַב סֶלַע:
Comme un sela : de la largeur d'un sela.
חַיָּיב מִשּׁוּם נְטִילַת נְשָׁמָה דְּתוּ לָא חָיֵי:
Hayav : au titre de netilat nechama, car il ne vivra plus.
עֲבִיד רִירֵי שֶׁנּוֹגְעִין בּוֹ וְחוּט הָרִירִין נִמְשָׁךְ מִן הָאֶצְבַּע:
Il fait des filaments : quand on le touche, un fil de mucus s'étire depuis le doigt.
🗂️ Tossefot (1)
כֵּיוָן שֶׁיָּבַשׁ בּוֹ כַּסֶּלַע בְּנִיצּוֹד וְעוֹמֵד בְּמַיִם מַיְירֵי מִדְּלָא מִחַייַּב לֵיהּ עַד שֶׁיָּבַשׁ כַּסֶּלַע:
Dès qu'une [surface] comme un sela a sèche sur lui : il s'agit [d'un poisson] déjà capturé dans l'eau, puisqu'on ne le rend hayav que lorsqu'il a sèche comme un sela.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אָמַר שְׁמוּאֵל הַשּׁוֹלֶה דָּג מִן הַיָּם כֵּיוָן שֶׁיָּבַשׁ בּוֹ כַּסֶּלַע חַייָּב. א"ר יוֹסֵי בַּר אָבִין וּבֵין שְׁנֵי סְנַפִּירָיו. רַב אַשִּׁי אוֹמֵר לָא תֵּימָא יָבֵשׁ מַמָּשׁ אֶלָּא אַפֵּי' מִכִּי דָּיֵיב רִירֶיהָ. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת הַאי מַאן דִּתְלַשׁ כְּשׁוּתָא דִּמְסַגֵּי מֵהִיזְמֵי אוֹ מֵהִיגֵי חַייָּב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ. אָמַר אַבָּיֵי הַאי מַאן דִּתְלַשׁ פִּיטְרָא מֵאַוָּנָא דְּחַצְבָּא חַייָּב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ:
Guemara. Chmouel a dit : celui qui retire un poisson de la mer, des qu'une [surface] comme un sela a sèche sur lui, est hayav. Rabbi Yossi bar Avin a dit : et entre ses deux nageoires. Rav Achi dit : ne dis pas 'sec' au sens propre, mais même dès qu'il fait des filaments. Rav Chechet a dit : celui qui arrache de la kechouta (houblon) des broussailles ou des épines est hayav au titre de 'arracher une chose de son lieu de croissance' (oker davar migidoulo). Abaye a dit : celui qui arrache un champignon de l'anse d'une cruche est hayav au titre de 'arracher une chose de son lieu de croissance'.
💡 Explication

Retirer de l'eau un poisson déjà capturé n'est pas une capture. On devient hayav au titre de netilat nechama (tuer) quand le poisson ne peut plus survivre : quand une surface de la taille d'un sela (pièce de monnaie) a sèche, entre les nageoires. Rav Achi précise : dès que la peau devient gluante au toucher.

🖼️ Schéma
Le poisson sorti de l'eau: quand devient-on hayav ?Chmouelsurface sèche = un selaR. Yossi bar Avinentre les nageoiresRav Achidès qu'il fait des filamentsHayav: netilat nechamale poisson ne peut plus survivre
Les trois précisions sur le poisson sorti de l'eau.
12
אָמַר מָר בַּר הַמְדּוּרֵי אָמַר שְׁמוּאֵל: הוֹשִׁיט יָדוֹ לִמְעֵי בְּהֵמָה וְדִלְדֵּל עֻובָּר שֶׁבְּמֵעֶיהָ — חַייָּב. מַאי טַעְמָא? אָמַר רָבָא: בַּר הַמְדּוּרֵי אַסְבְּרַהּ לִי, לָאו אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הַאי מַאן דִּתְלַשׁ כְּשׁוּתָא מֵהִיזְמֵי וְהִיגֵי מִיחַייַּב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ. הָכָא נָמֵי, מִיחַיַּיב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ. אָמַר אַבַּיֵּי: הָאִי מָאן דְּתָלַשׁ

Mar bar Hamdouri a dit au nom de Chmouel : [celui qui] a tendu la main dans les entrailles d'une bête et a détaché (dildel) le foetus qui est dans son ventre est hayav. Quelle en est la raison ?

Rava a dit : Bar Hamdouri me l'a expliqué : Rav Chechet n'a-t-il pas dit : celui qui arrache de la kechouta des broussailles et des épines est hayav au titre de 'arracher une chose de son lieu de croissance' ? Ici aussi, il est hayav au titre de 'arracher une chose de son lieu de croissance'.

Abaye a dit : celui qui arrache ...

📜 Rachi (4)
דִּלְדֵּל עִקָּר שֶׁהִפִּילַתּוּ עַל יְדֵי דִּלְדּוּל זֶה:
Il a détaché : il l'a arraché, de sorte qu'elle l'a avorté à cause de ce détachement.
בַּר הַמְדוֹרֵי אַסְּבָרָא לִי טַעְמָא דְּהָא מִילְּתָא:
Bar Hamdouri me l'a expliqué : la raison de cette chose.
כְּשׁוּתָא הוֹמְלוֹן וְגָדֵל מִתּוֹךְ הַהִיזְמֵי מֵרֵיחַ הַקַּרְקַע שֶׁהַהִיזְמֵי יוֹנֵק מִמֶּנּוּ:
Kechouta : le houblon, qui pousse à partir des broussailles, grâce à l'odeur (l'humidité) du sol dont les broussailles se nourrissent.
מִיחַיַּיב וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מְחֻובָּר לַקַּרְקַע כִּדְאָמְרִינַן בְּעָלְמָא (עֵירוּבִין דַּף כֹּח:) מֵאֲוִירָא רַבִּי:
Il est hayav : bien qu'elle ne soit pas attachée au sol, comme nous le disons ailleurs (Erouvin 28b) : 'elle est nourrie de l'air'.
💡 Explication

Détacher un foetus dans le ventre de sa mère ne tue pas un être vivant au sens de la melakha. Chmouel le rend pourtant hayav. Rava explique par analogie avec la kechouta (houblon) : elle pousse sur des arbustes sans être reliée au sol, et l'arracher est quand même kotser (moissonner), 'arracher une chose de son lieu de croissance'. Le foetus pousse dans le ventre de sa mère : le détacher est du même ordre.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).