Shabbat 108a — Peau d'oiseau et de poisson pour les tefillin, et les questions de Karna à Rav

Shabbat 108a

Sougya : Fin de la discussion sur 'arracher de son lieu de croissance' (champignon sur l'anse d'une cruche), puis la mishna sur celui qui blesse un animal ou un oiseau amène la question : l'oiseau a-t-il une peau, et peut-on y écrire des tefillin ? Rav Houna le permet ; Rabbi Zeira et Abaye discutent la peau de l'olat haof.

Pour le poisson kacher, Rav Nahman bar Its'hak répond 'si Eliyahou vient et le dit', à propos de sa mauvaise odeur. Suit le récit de Chmouel, Karna et Rav, avec trois questions : les tefillin, la couleur du dam et le lieu de la mila (discussion de Rabbi Yoshiya et Rabbi Natan), puis la baraita sur les peaux permises pour les tefillin et le dialogue avec un Boéthusien.

L'amud s'achève sur l'ouverture de la mishna des eaux salées (hilmei).

Sur quelle peau écrire des tefillin ?Peau d'un animalmin hamoutar befikhaBehema / haya tehora(animal kacher)Nevela / tereifad'un animal kacherBehema / haya temea(animal non kacher)Oiseau / poissonkacherKACHERbaraita (seg. 10)et Rav (seg. 5)cheveux et gid aussiKACHER'espèce' permisemort par le Roi(R. Yehochoua haGarsi)PASSOULespèce interditeà la consommationni cheveux ni gidOiseau : oui (Rav Houna)trous couverts d'encrePoisson : 'si Eliyahouvient' (zouhama)Source : Chemot 13,9 'afin que la Torah de Hachem soit dans ta bouche'=> seule une espèce dont la consommation est permise convient.Nevela et tereifa : l'espèce est permise ; l'interdit tient à la mort de cette bête.
Quelles peaux conviennent pour écrire des tefillin, selon les sources de l'amud.
Le récit de Rav, Karna et ChmouelSignele fleuve monteet se troubleChmouel envoieKarna testerle visiteur3 questionstefillin, dam,milaRav mauditKarna : une cornedans l'œilChmouel soigneRav : pain d'orge,petits poissons, bièreRav mauditcelui qui le faitsouffrir : sans filsLes trois réponses de RavTefillin : 'la Torah de Hachem dans ta bouche' => peau d'animal kacher seulementDam (nidda) : 'les eaux rouges comme le sang' (Melakhim II 3,22) => le dam est rougeMila : orlato / orlato => l'organe 'qui fait des fruits'(Ben Yehoyada : Karna devait jauger la faiblesse de Rav par ses réponses)
Le déroulement du récit de Chmouel, Karna et Rav, et les trois questions posées.
Où se fait la mila ? Deux dérivationsRabbi Yoshiya (et Rav à Karna)gezera chava : orlato (mila) / orlato (arbre)Rabbi Natan've'arel zakhar' (Berechit 17,14)arbre = 'chose qui fait des fruits'=> l'organe qui engendrele mot zakhar (mâle) indiquel'endroit qui distingue mâle et femelleObjection : cœur ? oreille ?orlat levavkhem / arela oznamRéponse : on dérive orlato 'complet'de orlato 'complet', pas de orlatsuivi d'un autre motMême conclusion pratiqueNafka mina : seulement la source(Rabbi Natan n'a pas besoinde la gezera chava)
Rabbi Yoshiya et Rabbi Natan : deux sources pour le lieu de la mila.
1
פִּיטְרָא מֵאֻונָּא דְּחַצְבָּא — מִיחַייַּב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ. מֵתִיב רַב אוֹשַׁעְיָא: הַתּוֹלֵשׁ מֵעָצִיץ נָקוּב — חַיָּיב, וְשֶׁאֵינוֹ נָקוּב — פָּטוּר. הָתָם — לָאו הַיְינוּ רְבִיתֵיהּ, הָכָא — הַיְינוּ רְבִיתֵיהּ.

[Celui qui arrache] un champignon (pitra) de l'anse d'une cruche est hayav au titre de 'arracher une chose de son lieu de croissance' (oker davar migidoulo). Rav Ochaya objecte : celui qui arrache d'un pot percé (atsits nakouv) est hayav, et d'un [pot] non percé, patour !

Là-bas, ce n'est pas sa façon de pousser ; ici, c'est sa façon de pousser (rabbeta).

📜 Rachi (4)
פִּיטְרָא פִּטְרִיּוֹת בולי"ן:
Champignons, 'boulein' [en langue vernaculaire].
מֵאֻונָּא דְּחַצְבָּא פְּעָמִים שֶׁהוּא גָּדֵל בִּשְׂפַת הַדְּלִי מִמַּיִם:
Il arrive qu'il pousse sur le bord du seau, à cause de l'eau.
וְשֶׁאֵינוֹ נָקוּב פָּטוּר מִשּׁוּם דְּלָא מְחֻובָּר בְּקַרְקַע עוֹלָם הוּא:
Parce qu'il n'est pas attaché à la terre du monde.
לָאו הַייְנוּ רְבִיתֵיהּ דְּאֵין דֶּרֶךְ זְרִיעָה שָׁם אֲבָל אֵלּוּ שֶׁאָמַרְנוּ הוּא עִיקַּר גִּידּוּלָן:
Car ce n'est pas un endroit où l'on sème ; mais ces [champignons] dont nous avons parlé, c'est là le lieu principal de leur croissance.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אָמַר שְׁמוּאֵל הַשּׁוֹלֶה דָּג מִן הַיָּם כֵּיוָן שֶׁיָּבַשׁ בּוֹ כַּסֶּלַע חַייָּב. א"ר יוֹסֵי בַּר אָבִין וּבֵין שְׁנֵי סְנַפִּירָיו. רַב אַשִּׁי אוֹמֵר לָא תֵּימָא יָבֵשׁ מַמָּשׁ אֶלָּא אַפֵּי' מִכִּי דָּיֵיב רִירֶיהָ. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת הַאי מַאן דִּתְלַשׁ כְּשׁוּתָא דִּמְסַגֵּי מֵהִיזְמֵי אוֹ מֵהִיגֵי חַייָּב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ. אָמַר אַבָּיֵי הַאי מַאן דִּתְלַשׁ פִּיטְרָא מֵאַוָּנָא דְּחַצְבָּא חַייָּב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ:
Guemara. Chmouel a dit : celui qui retire un poisson de la mer, des qu'il s'en est desséché [une surface] comme un sela, est hayav. Rabbi Yossi bar Avin a dit : et [il s'agit de l'endroit] entre ses deux nageoires. Rav Achi dit : ne dis pas 'desséché' au sens propre, mais même dès que sa bave devient gluante. Rav Chechet a dit : celui qui arrache la kechouta (cuscute) qui pousse sur les épines ou les ronces est hayav au titre de 'arracher une chose de son lieu de croissance'. Abaye a dit : celui qui arrache un champignon de l'anse d'une cruche est hayav au titre de 'arracher une chose de son lieu de croissance'.
💡 Explication

Abaye rend hayav celui qui arrache un champignon poussé sur l'anse d'une cruche. Rav Ochaya objecte depuis la règle de l'atsits (pot de fleurs) : une plante dans un pot non percé est considérée comme détachée du sol, et l'arracher n'est pas une melakha. La réponse distingue selon la façon normale de pousser : une plante se sème en terre, donc le pot non percé est un lieu anormal ; le champignon, lui, pousse habituellement sur de tels récipients humides. Son support compte donc comme son lieu de croissance.

🖼️ Schéma
Arracher : quand est-on hayav ?Atsits nakouvpot percé, relié à la terre=> HAYAVAtsits eino nakouvpot non percé=> PATOURChampignon sur l'ansed'une cruche=> HAYAV (Abaye)Pot non percé : lieu anormal pour une plante(on sème en terre) => pas de 'lieu de croissance'Le champignon pousse ainsinormalement : rabbeta=> oker davar migidoulo
Pot percé, pot non percé et champignon : le critère de la façon normale de pousser.
2
חַיָּה וְעוֹף כו׳. אָמַר רַב הוּנָא: כּוֹתְבִין תְּפִילִּין עַל גַּבֵּי עוֹר שֶׁל עוֹף טָהוֹר. אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי קָמַשְׁמַע לַן? דְּאִית לֵיהּ עוֹר — תְּנֵינָא: הַחוֹבֵל בָּהֶן — חַייָּב! אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: טוּבָא קָמַשְׁמַע לַן, דְּאִי מִמַּתְנִיתִין, הֲוָה אָמֵינָא כֵּיוָן דְּאִית בֵּיהּ נִיקְבֵי נִיקְבֵי לָא, קָמַשְׁמַע לַן כִּדְאָמְרִי בְּמַעְרְבָא: כָּל נֶקֶב שֶׁהַדְּיוֹ עוֹבֶרֶת עָלָיו — אֵינוֹ נֶקֶב.

'Un animal (haya) et un oiseau...' Rav Houna a dit : on écrit des tefillin sur la peau d'un oiseau kacher. Rav Yossef a dit : que nous apprend-il ?

Qu'il a une peau ? Nous l'avons appris : 'celui qui les blesse est hayav' !

Abaye lui a dit : il nous apprend beaucoup. Car si [on s'en tenait] à notre mishna, j'aurais pu dire : puisqu'elle a de nombreux trous, non [on n'y écrit pas].

Il nous apprend [la règle] que l'on dit en Occident (Erets Israël) : tout trou sur lequel l'encre passe n'est pas un trou.

📜 Rachi (2)
נִקְבֵי נִקְבֵי מְקוֹם מוֹשַׁב נוֹצָה:
L'emplacement où sont fichées les plumes.
לָא נִיכְתֹּוב דְּרַחֲמָנָא אָמַר וּכְתַבְתָּם כְּתִיבָה תַּמָּה שְׁלֵימָה וְלֹא מֻופְסֶקֶת:
'On n'écrirait pas' : car la Torah dit 'et tu les écriras' (ukhtavtam), une écriture parfaite, entière et non interrompue.
💡 Explication

La mishna (107a) rend hayav celui qui blesse un animal ou un oiseau : une blessure suppose une peau. Rav Yossef en déduit que l'enseignement de Rav Houna est superflu. Abaye répond que la question porte sur l'écriture : la peau d'oiseau est criblée des trous des plumes, et l'écriture des tefillin doit être continue. D'où la règle d'Erets Israël : un trou assez petit pour que l'encre le recouvre ne compte pas.

3
מֵיתִיב רַבִּי זֵירָא: ״בִּכְנָפָיו״, לְהַכְשִׁיר אֶת הָעוֹר. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ עוֹר הוּא, הֵיכִי מְרַבֵּי לֵיהּ קְרָא? אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: עוֹר הוּא וְרַחֲמָנָא רַבְּיֵיהּ.

Rabbi Zeira objecte : 'par ses ailes' (bikhnafav, Vayikra 1,17) - pour rendre la peau apte [à l'autel]. Si tu penses que c'est une peau, comment le verset l'inclurait-il ?

Abaye lui a dit : c'est une peau, et la Torah l'a incluse.

📜 Rachi (2)
בִּכְנָפָיו בְּעוֹלַת הָעוֹף מִשְׁתַּעֵי שֶׁיְּשַׁסְּעֶנּוּ בְּעוֹד כְּנָפָיו בּוֹ וּמְקַטֵּים כְּנָפָיו כָּל כַּנְפֵי הַגּוּף בלו"ש בְּלַעַ"ז נוֹצָה הוּא הַדַּקָּה שֶׁהִיא בְּבָשָׂר כְּמִין צֶמֶר שֶׁאֵין לָהּ שָׁרָשִׁים קָשִׁים:
'Par ses ailes' : il s'agit de l'olat haof, qu'il fend alors que ses plumes sont encore sur elle, et il fait brûler ses plumes - toutes les 'ailes' du corps, 'blouche' en langue vernaculaire, qui est le duvet fin dans la chair, comme une laine sans racines dures.
לְהַכְשִׁיר אֶת הָעוֹר לִימֶּדְךָ הַכָּתוּב שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ הֶפְשֵׁט כְּעוֹלַת בְּהֵמָה שֶׁפָּסַל בָּהּ אֶת הָעוֹר:
'Pour rendre la peau apte' : le verset t'enseigne qu'elle n'a pas besoin d'être dépouillée, à la différence de l'olat behema, pour laquelle [le verset] a écarté la peau.
🗂️ Tossefot (1)
וְאִי ס"ד עוֹר הוּא הֵיכִי מְרַבֵּי לֵיהּ קְרָא תֵּימַהּ לְרִ"י הָא אֲפִילּוּ נוֹצָה שֶׁבַּכְּנָפַיִם מַרְבֶּה קְרָא וי"ל דִּבְהֵמָה נַמֵּי אַשְׁכְּחַן שֶׁהָיָה קָרֵב שֵׂיעָר שֶׁבִּזְקַן תְּייָשִׁים וְצֶמֶר שֶׁבְּרֹאשׁ רְחֵלִים כִּדְאָמְרִינַן בִּזְבָחִים (דַּף פֹּה:) וּבְחֻולִּין (דַּף צ.) דְּלָא קָפֵיד קְרָא אֶלָּא אַהֶפְשֵׁט עוֹר וה"נ אע"פ שֶׁהַנּוֹצָה קְרֵיבָה אִי עוֹר הוּא צָרִיךְ הֶפְשֵׁט:
'Si tu penses que c'est une peau, comment le verset l'inclut-il ?' - Le Ri s'étonne : le verset inclut même les plumes des ailes ! On peut répondre : pour l'animal aussi, nous trouvons que l'on offrait les poils de la barbe des boucs et la laine de la tête des brebis, comme on le dit dans Zeva'him (85b) et dans 'Houlin (90a), car le verset n'est exigeant que sur le dépouillement de la peau. De même ici : bien que les plumes soient offertes, si c'était une peau, elle aurait besoin d'être dépouillée.
💡 Explication

Pour l'olat haof (holocauste d'oiseau), le verset dit que le Cohen la fend 'par ses ailes' ; la baraita en déduit que la peau monte sur l'autel sans être dépouillée. Pour l'olat behema, la peau est ôtée et donnée aux Cohanim. Rabbi Zeira raisonne : si la peau d'oiseau était une vraie peau, elle serait exclue comme celle de l'animal. Abaye répond que c'est une peau, et que la Torah l'a incluse par un décret spécifique.

4
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַבִּי זֵירָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא, ״בִּכְנָפָיו״ — לְרַבּוֹת אֶת הָעוֹר. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא עוֹר הוּא — הַיְינוּ דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְרַבּוֹייֵהּ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לָאו עוֹר הוּא — אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ קְרָא לְרַבּוֹייֵהּ? אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ לָאו עוֹר הוּא, וְאִיצְטְרִיךְ: סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא כֵּיוָן דְּאִית בֵּיהּ פִּירְצֵי פִּירְצֵי מְאִיס — קָמַשְׁמַע לַן.

Certains disent : Rabbi Zeira a dit : nous aussi l'avons appris : 'par ses ailes' - pour inclure la peau. Si tu dis que c'est une peau, c'est pourquoi un verset est nécessaire pour l'inclure.

Mais si tu dis que ce n'est pas une peau, pourquoi un verset serait-il nécessaire pour l'inclure ? Abaye lui a dit : en réalité, je te dirai que ce n'est pas une peau, et [le verset] était nécessaire : on aurait pu penser que, puisqu'elle a de nombreuses fissures, elle est répugnante.

Il nous apprend [le contraire].

📜 Rachi (1)
פִּירְצֵי הַייְנוּ נִקְבֵי:
'Fissures' (pirtsei) : ce sont les trous.
💡 Explication

Seconde version, inversée : Rabbi Zeira tire du même verset une preuve que la peau d'oiseau est une peau. Abaye refuse la preuve : même si elle n'est pas une peau, le verset reste utile, car on aurait pu la juger répugnante (maous) à cause de ses trous et donc indigne de l'autel.

5
בְּעָא מִינֵּיהּ מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא מֵרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַהוּ לִכְתֹּוב תְּפִילִּין עַל גַּבֵּי עוֹר שֶׁל דָּג טָהוֹר? אֲמַר לֵיהּ: אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר. מַאי ״אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר״? אִילֵּימָא אִי דְּאִית לֵיהּ עוֹר, אִי דְּלֵית לֵיהּ עוֹר — הָא חָזֵינַן דְּאִית לֵיהּ עוֹר! וְעוֹד, הִתְנָן: עַצְמוֹת הַדָּג וְעוֹרוֹ מַצִּילִין בְּאֹהֶל הַמֵּת! אֶלָּא אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר אִי פְּסַקָא זוּהֲמָא מִינֵּיהּ, אִי לָא פְּסַקָא זוּהֲמָא מִינֵּיהּ.

Mar, fils de Ravina, demanda à Rav Na'hman bar Its'hak : peut-on écrire des tefillin sur la peau d'un poisson kacher ? Il lui dit : si Eliyahou vient et le dit.

Que signifie 'si Eliyahou vient et le dit' ? Dirons-nous : [s'il dit] s'il a une peau ou s'il n'a pas de peau ?

Nous voyons qu'il a une peau ! Et de plus, nous avons appris : 'les os du poisson et sa peau protègent dans la tente du mort' !

Mais : si Eliyahou vient et dit si sa mauvaise odeur (zouhama) le quitte ou si sa mauvaise odeur ne le quitte pas.

📜 Rachi (2)
מַאי אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר הֶיתֵּר וְאִיסּוּר אֵין תָּלוּי בּוֹ דְּלָא בְּשָׂמִים הִיא:
Le permis et l'interdit ne dépendent pas de lui, car 'elle n'est pas dans le ciel'.
וְהִתְנָן עַצְמוֹת הַדָּג וְעוֹרוֹ מַצִּילִין בְּאֹהֶל הַמֵּת לְפִי שֶׁאֵין מְקַבְּלִין טֻומְאָה כִּדְתַנְיָא בת"כ עוֹר יָכוֹל עוֹרוֹת שֶׁבַּיָּם כו' וַעֲצָמוֹת הַדָּג נָמֵי דִּכְלִי עֶצֶם דִּמְקַבְּלִים טֻומְאָה מִכָּל מַעֲשֵׂה עִזִּים יָלְפִינַן לָהּ לְהָבִיא דָּבָר הַבָּא מִן הָעִזִּים מִן הַקַּרְנַיִם וּמִן הַטְּלָפַיִם אֲבָל דָּגִים לֹא וְכֹל שֶׁאֵינוֹ מְקַבֵּל טֻומְאָה חוֹצֵץ בִּפְנֵי הַטֻּומְאָה וּמִשְׁנָה זוֹ בְּמַס' כֵּלִים:
Parce qu'ils ne reçoivent pas l'impureté, comme on l'enseigne dans le Torat Kohanim : 'peau' - on pourrait penser [inclure] les peaux des animaux marins, etc. Et les os de poisson aussi : pour les ustensiles d'os, qui reçoivent l'impureté, nous l'apprenons de 'tout ouvrage de chèvre', pour inclure ce qui vient des chèvres, des cornes et des sabots ; mais pas les poissons. Et tout ce qui ne reçoit pas l'impureté fait écran devant l'impureté. Cette mishna est dans le traité Kelim.
🗂️ Tossefot (1)
ר"ח ל"ג וְקָדָלוּ מַיָּא לְאַקְבּוֹלֵי אַפֵּיהּ אֶלָּא הָכִי גָּרַס חֲזָנְהוּ שְׁמוּאֵל לְמַיָּא דְּקָדָלוּ וַעֲכִירִי אֲמַר שְׁמוּאֵל גַּבְרָא רַבָּה קָאָתֵי וְחָשׁ בְּמֵיעֶיהָ פִּי' שָׁמַע שְׁמוּאֵל שְׁמוּעָה שֶׁאָדָם גָּדוֹל הָיָה בָּא בִּסְפִינָה וְיָדַע שְׁמוּאֵל שֶׁיִּשְׁתֶּה מִן הַנָּהָר אוֹתוֹ אָדָם גָּדוֹל וּמִתּוֹךְ כָּךְ יָחוּשׁ בְּמֵעָיו לְפִי שֶׁהַמַּיִם הָיוּ עֲכוּרִים מֵחֲמַת הָרוּחַ שֶׁהָיָה מְבַלְבְּלָם וּלְפִי שֶׁשְּׁמוּאֵל הָיָה רוֹפֵא מֻומְחֶה א"ל לְקַרְנָא זִיל תְּהִי לֵיהּ בְּקַנְקְנֵּיהּ פִּי' תִּרְאֶה אִם הוּא חָכָם וְרָאוּי לְכַבְּדוֹ אֲבִיאֶנּוּ לְבֵיתִי וְאֶעֱשֶׂה לוֹ רְפוּאָה וַאֲכַבְּדֶנּוּ לְפִי מַה שֶּׁרָאוּי לוֹ:
Rabbenou 'Hananel n'a pas la version 'et les eaux montent pour aller à sa rencontre', mais lit ainsi : 'Chmouel vit que les eaux montaient et se troublaient. Chmouel dit : un grand homme arrive, et il souffre du ventre.' Explication : Chmouel avait entendu dire qu'un grand homme arrivait par bateau, et il savait que ce grand homme boirait l'eau du fleuve et en aurait mal au ventre, car les eaux étaient troubles à cause du vent qui les agitait. Et comme Chmouel était un médecin expert, il dit à Karna : 'va sentir son flacon', c'est-à-dire : vois s'il est un sage digne d'être honoré ; je l'amènerai chez moi, je le soignerai et je l'honorerai comme il convient.
💡 Explication

La réponse 'si Eliyahou vient' désigne une question de fait, que seul un prophète pourrait trancher. L'existence d'une peau est évidente et confirmée par la mishna de Kelim : ce qui ne reçoit pas l'impureté fait écran (hotsets) dans l'ohel hamet. La question porte sur la zouhama : le traitement de la peau parvient-il à en ôter l'odeur, pour qu'elle soit digne d'un écrit saint ?

6
שְׁמוּאֵל וְקַרְנָא הֲווֹ יָתְבִי אַגֻּודָּא דִּנְהַר מַלְכָּא. חֲזוֹנְהוּ לְמַיָּא דְּקָא דְּלוּ וַעֲכִירִי. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְקַרְנָא: גַּבְרָא רַבָּה קָאָתֵי מִמַּעְרְבָא וְחָיֵישׁ בִּמְעֵיהּ, וְקָא דְּלוּ מַיָּא לְאַקְבּוֹלֵי אַפֵּיהּ (קַמֵּיהּ), זִיל תְּהִי לֵיהּ אַקַּנְקַנֵּיהּ. אֲזַל אַשִּׁכְחֵיהּ לְרַב. אֲמַר לֵיהּ: מִנַּיִין שֶׁאֵין כּוֹתְבִין תְּפִילִּין אֶלָּא עַל גַּבֵּי עוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה? אֲמַר לֵיהּ: דִּכְתִיב: ״לְמַעַן תִּהְיֶה תּוֹרַת ה׳ בְּפִיךָ״ — מִן הַמֻּותָּר בְּפִיךָ. מִנַּייִן לְדָם שֶׁהוּא אָדֹום? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּרְאוּ מוֹאָב מִנֶּגֶד אֶת הַמַּיִם אֲדֻמִּים כַּדָּם״.

Chmouel et Karna étaient assis au bord du fleuve Malka. Ils virent que les eaux montaient et se troublaient.

Chmouel dit à Karna : un grand homme arrive d'Occident, il souffre du ventre, et les eaux montent pour aller à sa rencontre ; va sentir son flacon (examine-le). Il alla et trouva Rav.

Il lui dit : d'où [sait-on] que l'on n'écrit des tefillin que sur la peau d'un animal kacher ? Il lui dit : car il est écrit : 'afin que la Torah de Hachem soit dans ta bouche' (Chemot 13,9) - de ce qui est permis dans ta bouche.

D'où [sait-on] que le sang est rouge ? Car il est dit : 'Moav vit de loin les eaux rouges comme le sang' (Melakhim II 3,22).

📜 Rachi (5)
דְּהָווּ דְּלוּ גַּלֵּיהֶן מַגְבִּיהָן:
'Montaient' : leurs vagues s'élevaient.
וַעֲכִירִי עִנְיַן צַעַר מִשּׁוּם צַעֲרוֹ שֶׁאַף הוּא עָכוּר וּמִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיָה רוּחַ מְנַשֶּׁבֶת וְרָאָה הַמַּיִם נַעֲשִׂין גַּלִּין הֵבִין שֶׁלִּכְבוֹד אָדָם גָּדוֹל הוּא וְהַנָּהָר הָיָה מָשׁוּךְ מא"י לְבָבֶל:
'Et se troublaient' : cela exprime la peine, à cause de sa peine, car lui aussi était troublé. Et comme aucun vent ne soufflait et qu'il vit les eaux former des vagues, il comprit que c'était en l'honneur d'un grand homme ; et le fleuve coulait d'Erets Israël vers Bavel.
לְאַקְבּוֹלֵי אַפֵּיהּ לַעֲשׂוֹת מְחִיצָּה סְבִיבָיו כְּשֶׁהוּא נִפְנֶה עַל דָּופְנֵי הַסְּפִינָה שֶׁלֹּא יִרְאֶה גִּילּוּיוֹ. ע"א לְקַנֵּחַ:
'Pour aller à sa rencontre' : pour faire une cloison autour de lui lorsqu'il se soulage contre les parois du bateau, afin que sa nudité ne soit pas vue. Autre explication : pour s'essuyer.
תְּהִי הֵרִיחַ בּוֹ בְּקַנְקַנּוֹ אִם יַיִן הוּא אוֹ הֶחֱמִיץ כְּמוֹ בַּת תִּיהָא דְּאָמַר גַּבֵּי יֵין נֶסֶךְ (ע"ז ד' סו:) כְּלוֹמַר בָּדְקֵהוּ אִם חָכָם הוּא אִם לָאו:
'Sens' (tehei) : sens son flacon, [pour savoir] s'il contient du vin ou s'il a tourné au vinaigre, comme 'bat tiha' dont on parle à propos du yayin nesekh (Avoda Zara 66b). C'est-à-dire : examine-le, [pour savoir] s'il est un sage ou non.
מִנַּיִן לְדָם שֶׁהוּא אָדֹום דְּגַבֵּי נִדָּה דָּם כְּתִיב וּתְנַן (נִדָּה דַּף יט.) ה' דָּמִים טְמֵאִים בְּאִשָּׁה וְכֻולָּן מִשּׁוּם דְּמַרְאִיתָן אֲדֻומָּה אַף עַל גַּב דְּשָׁחוֹר תְּנָא בְּהוּ אָמְרִינַן שָׁחוֹר אָדֹום הוּא אֶלָּא שֶׁלָּקָה:
'D'où [sait-on] que le sang est rouge' : car à propos de la nidda il est écrit 'sang', et nous avons appris (Nidda 19a) : cinq sangs sont impurs chez la femme, et tous à cause de leur aspect rouge. Bien que la mishna mentionne le noir, nous disons : le noir est un rouge qui s'est altéré.
🗂️ Tossefot (1)
מִנַּייִן לְדָם שֶׁהוּא אָדֹום וְכָל אוֹתָן ד' מִינִין דְּמִרַבֵּינַן מִדָּמֶיהָ דָּמֶיהָ יֵשׁ בָּהֶן צַד אַדְמוּמִית:
'D'où [sait-on] que le sang est rouge' : et toutes ces quatre espèces que nous incluons de 'son sang, son sang' ont une nuance de rouge.
🪔 Ben Yehoyada (1)
זִיל תְּהִי אַקַּנְקְנֵּיהּ. אַף עַל גַּב דִּלְפִי פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י הֵבִין דְּגַבְרָא רַבָּא הוּא מִכֹּחַ נֵס שֶׁל הַגַּלִּים, עִם כָּל זֶה אֵין מִזֶּה הוֹכָחָה שֶׁהוּא אָדָם גָּדוֹל בַּתּוֹרָה אֶלָּא אֶפְשָׁר שֶׁהוּא צַדִּיק גָּדוֹל בְּמַעֲשִׂים וְזָכָה לְנֵס בִּזְכוּת מַעֲשָׂיו. בְּרַם קַשָּׁא לָמָּה מִיהֵר לְשַׁלֵּחַ לְקַרְנָא לְבָדְקוֹ בַּתּוֹרָה, וַהֲלֹא מֻוכְרָח שֶׁיַּזְמִינוֹ לְבֵיתוֹ כֵּיוָן דְּיָדַע שֶׁהוּא צַדִּיק גָּדוֹל וְאָז הוּא עַצְמוֹ יִבְדֹּוק אוֹתוֹ בַּתּוֹרָה? וְנִרְאֶה לִי דְּשָׁלַח קַרְנָא לְבָדְקוֹ בַּתּוֹרָה שֶׁאִם הוּא חָכָם בַּתּוֹרָה וְיָשִׁיב לוֹ תְּשׁוּבָה לִשְׁאֵלוֹתָיו יָבִין מִתְּשׁוּבוֹתָיו עַל חֻלְשָׁתוֹ, שֶׁאִם יָשִׁיב תְּשׁוּבוֹת כָּרָאוּי אָז וַדַּאי דַּעְתּוֹ מְיֻושֶּׁבֶת וְאֵין הַחֻולְשָׁה גּוֹבֶרֶת בּוֹ, וְאָז הוּא יָכִין לוֹ הָרְפוּאָה כְּפִי מַה שֶׁיָּבִין גֶּדֶר חֻולְשָׁתוֹ אֵיךְ הוּא, וְהוּא הָיָה רוֹצֶה לְמַהֵר לְהָכִין לוֹ הָרְפוּאָה קֹודֶם שֶׁיָּבֹא לְבֵיתוֹ, וְדַע דְּמַה שֶׁאָמְרוּ הֲווֹ יָתְבִי אַגֻּודָּא דִּנְהַר מַלְכָּא , נִרְאֶה לִי זֶה פְּרָת שֶׁהוּא מֶלֶךְ בְּאַרְבָּעָה נְהָרוֹת, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל פָּסוּק (בְּרֵאשִׁית ב, יד) וְהַנָּהָר הָרְבִיעִי הוּא פְרָת.
'Va sentir son flacon.' Bien que, selon l'explication de Rachi, [Chmouel] ait compris qu'il s'agissait d'un grand homme grâce au miracle des vagues, cela ne prouve pas qu'il soit grand dans la Torah : il peut être un grand tsaddik par ses actes, et avoir mérité le miracle par le mérite de ses actes. Il reste une difficulté : pourquoi s'est-il empressé d'envoyer Karna l'examiner en Torah ? Il allait forcément l'inviter chez lui, puisqu'il savait que c'était un grand tsaddik, et il l'aurait alors examiné lui-même. Il me semble qu'il envoya Karna l'examiner en Torah afin que, s'il est sage et répond à ses questions, [Chmouel] comprenne par ses réponses [l'état de] sa faiblesse : s'il répond comme il convient, son esprit est certainement posé et la faiblesse ne le domine pas ; il lui préparera alors le remède selon ce qu'il comprendra de la mesure de sa faiblesse. Il voulait se hâter de lui préparer le remède avant qu'il n'arrive chez lui. Et sache que ce qu'ils ont dit : 'ils étaient assis au bord du fleuve Malka' - il me semble qu'il s'agit du Perat, qui est roi parmi les quatre fleuves, comme nos Maîtres l'ont dit sur le verset (Berechit 2,14) : 'et le quatrième fleuve, c'est le Perat'.
💡 Explication

Chmouel interprète le trouble du fleuve comme un signe : un grand homme arrive d'Erets Israël. Il envoie Karna examiner ce visiteur ('sentir son flacon', comme on sent un vin pour savoir s'il a tourné). Karna pose des questions de source. Première réponse de Rav : le verset lie les tefillin à 'ta bouche', d'où la règle min hamoutar befikha. Deuxième : le dam qui rend nidda est rouge ; Rachi précise que même le 'noir' de la mishna de Nidda est un rouge altéré.

7
מִנַּייִן לַמִּילָה שֶׁבְּאוֹתוֹ מָקוֹם? נֶאֱמַר כָּאן ״עָרְלָתוֹ״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עָרְלָתוֹ״, מַה לְּהַלָּן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי — אַף כָּאן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי. אֵימָא לִבּוֹ, דִּכְתִיב: ״וּמַלְתֶּם אֵת עָרְלַת לְבַבְכֶם״?! אֵימָא אָזְנוֹ, דִּכְתִיב: ״הִנֵּה עָרְלָה אָזְנָם״?! דָּנִין ״עָרְלָתוֹ״ תַּמָּה מִ״עָרְלָתוֹ״ תַּמָּה, וְאֵין דָּנִין ״עָרְלָתוֹ״ תַּמָּה מִ״עָרְלָתוֹ״ שֶׁאֵינָהּ תַּמָּה.

D'où [sait-on] que la mila se fait à cet endroit ? Il est dit ici 'orlato' et il est dit plus loin 'orlato' : de même que plus loin, [il s'agit d']une chose qui fait des fruits, de même ici, une chose qui fait des fruits.

Dis [plutôt] son cœur, car il est écrit : 'circoncisez l'orla de votre cœur' (Devarim 10,16) ! Dis son oreille, car il est écrit : 'voici, leur oreille est incirconcise' (Yirmeyahou 6,10) !

On dérive 'orlato' complet de 'orlato' complet, et on ne dérive pas 'orlato' complet d'un 'orlat' incomplet.

📜 Rachi (3)
וְנֶאֱמַר לְהַלָּן עָרְלָתוֹ גַּבֵּי נְטִיעָה (וַיִּקְרָא יט):
'Et il est dit plus loin orlato' : à propos de la plantation (Vayikra 19).
תָּמַהּ בְּאוֹתִיּוֹתֶיהָ עָרְלָתוֹ:
'Complet' : dans ses lettres, 'orlato'.
וְאֵין דָּנִין עָרְלָתוֹ מֵעָרְלַת דְּאֵין זוֹ אֲמִירָה תַּמָּה שֶׁאֵינוֹ מְפֹורָשׁ בְּתוֹךְ הַתֵּיבָה עָרְלַת מַה:
'Et on ne dérive pas orlato de orlat' : car ce n'est pas une expression complète, puisqu'il n'est pas précisé dans le mot [lui-même] l'orla de quoi.
💡 Explication

Troisième question de Karna. Rav procède par gezera chava : le mot orlato de la mila (Vayikra 12,3) et celui de l'arbre en orla (Vayikra 19,23). L'arbre 'fait des fruits', donc la mila porte sur l'organe qui engendre. Karna objecte avec d'autres 'orla' : le cœur, l'oreille. Rav répond qu'on ne compare que des formes complètes (orlato, avec le suffixe) ; 'orlat levavkhem' et 'arela oznam' dépendent d'un autre mot qui les précise.

8
אֲמַר לֵיהּ: מַאי שִׁמְךָ? קַרְנָא. אֲמַר לֵיהּ: יְהֵא רַעֲוָא דְּתִיפּוֹק לֵיהּ קַרְנָא בְּעֵינֵיהּ.

Il lui dit : quel est ton nom ? - Karna. Il lui dit : qu'il soit [Sa] volonté qu'une corne (karna) lui sorte dans l'œil.

📜 Rachi (1)
תִּיפּוֹק קַרְנָא בְּעֵינֵיהּ הֵבִין בּוֹ שֶׁלְּנַסּוֹתוֹ בָּא:
'Qu'une corne lui sorte dans l'œil' : il comprit qu'il était venu pour l'éprouver.
🪔 Ben Yehoyada (1)
יְהֵא רַעֲוָא דְּתִיפּוֹק לֵיהּ קַרְנָא בְּעֵינֵיהּ. פֵּירֵשׁ הָרָ"ן זַ"ל שֶׁקִּלְּלוּ שֶׁיָּצָא 'קְרוּם בֵּין עֵינָיו' וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּקִלְּלוֹ שֶׁיִּהְיֶה לוֹ 'חֹולִי בְּעֵינָיו' שֶׁיְּנַגֵּיחַ הַחֹולִי בְּעֵינָיו כְּמוֹ קֶרֶן הַמְנַגֵּחַ. אוֹ יוּבָן 'קַרְנָא' רְצוֹנוֹ לוֹמַר 'אוֹר' כְּמוֹ קַרְנַיִם מִיָּדוֹ לוֹ, וְקִלְּלוֹ שֶׁיֵּצֵא הָאוֹר מֵעֵינָיו וְיִשָּׁאֲרוּ עֵינָיו בַּחֲשׁוּכָה, וְהָא דְּקִלְּלוֹ בְּעֹונֶשׁ כָּזֶה שֶׁהוּא מְנִיעַת רְאִיַּת עֵינָיו! נִרְאֶה לִי דְּעָשָׂה לוֹ מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה, הוֹאִיל שֶׁבָּא וְרָאָה בְּעֵינָיו אֵיךְ הוּא חָלוּשׁ הַרְבֵּה וְהָיָה לוֹ לָחוֹשׁ פֶּן לֹא יֵשׁ לוֹ דַּעַת צְלוּלָה לְהָשִׁיב וְיִתְבַּיֵּישׁ, וְכַמָּה שֶׁאָמַר רַבִּי חַייָּא לְרַב כִּי קָאֵי רַבִּי בְּמַסֶּכְתָּא לָא תְּשַׁיְּילֵיהּ בְּמַסֶּכְתָּא אַחֲרִיתִי כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְבַּלְבֵּל וְיָשִׁיב שֶׁלֹּא כַּהֹוגֶן (שַׁבָּת דַּף ג:), וְכָל שֶׁכֵּן הָכָא דַּחֲזָא בֵּיהּ חֻולְשָׁה טוּבָא מֵחֲמַת חָולְיוֹ, דְּהָיָה לוֹ לָחוּשׁ כֵּיוָן דְּאֵין דַּעֲתוֹ צְלוּלָה וּמְיֻושֶּׁבֶת שֶׁמָּא לֹא יוּכַל לְהָשִׁיב כַּהֹוגֶן, וּלְכָךְ קִלְּלוֹ בִּמְנִיעַת מַרְאֵה עֵינָיו, לוֹמַר וְכִי לֹא הָיָה לְךָ עֵינַיִם לִרְאוֹת אוֹתִי בְּאֵיזֶה מַצָּב אֲנִי עוֹמֵד. וּלְדִבְרֵי הָרָ"ן זַ"ל שֶׁקִּלְּלוּ שֶׁיַּעֲלֶה קְרוּם בְּעֵינָיו, נִרְאֶה לִי דְּקִלְּלוֹ בְּאַחַת, דְּאִם בִּשְׁתֵּיהֶם אִם כֵּן לֹא הָיָה רוֹאֶה כְּלָל.
'Qu'il soit [Sa] volonté qu'une corne lui sorte dans l'œil.' Le Ran explique qu'il le maudit pour qu'une 'membrane sorte entre ses yeux'. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il le maudit d'une 'maladie des yeux' : que la maladie frappe ses yeux comme une corne qui encorne. Ou bien on comprendra 'karna' au sens de 'lumière', comme 'des rayons (karnayim) sortent de Sa main', et il le maudit pour que la lumière sorte de ses yeux et que ses yeux restent dans l'obscurité. Pourquoi l'a-t-il maudit d'une telle punition, la privation de la vue ? Il me semble qu'il lui a appliqué la mesure pour mesure : puisqu'il était venu et avait vu de ses yeux combien il était affaibli, il aurait dû craindre qu'il n'ait pas l'esprit clair pour répondre et qu'il en ait honte. Comme Rabbi 'Hiya l'a dit à Rav : quand Rabbi est occupé à un traité, ne l'interroge pas sur un autre traité, afin qu'il ne se trouble pas et ne réponde pas de manière incorrecte (Chabbat 3b). À plus forte raison ici, où il voyait en lui une grande faiblesse due à sa maladie : il aurait dû craindre, puisque son esprit n'était ni clair ni posé, qu'il ne puisse pas répondre correctement. C'est pourquoi il le maudit par la privation de la vue, pour dire : n'avais-tu pas des yeux pour voir dans quel état je me trouve ? Et selon les paroles du Ran, qu'il le maudit pour qu'une membrane lui monte sur les yeux, il me semble qu'il le maudit sur un seul œil, car sur les deux, il ne verrait plus du tout.
💡 Explication

Rav comprend que Karna est venu le mettre à l'épreuve, alors qu'il est affaibli par la maladie, et il le maudit par un jeu sur son nom. Le Ben Yehoyada explique la nature de la malédiction et sa logique de mida keneged mida (mesure pour mesure).

9
לְסוֹף עַיְּילֵיהּ שְׁמוּאֵל לְבֵיתֵיהּ, אוֹכְלֵיהּ נַהֲמָא דִּשְׂעָרֵי וְכָסָא דְּהַרְסָנָא וְאַשְׁקְיֵיהּ שִׁיכְרָא וְלָא אַחְוִי לֵיהּ בֵּית הַכִּסֵּא כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתַּלְשַׁל. לט רַב וְאָמַר: מַאן דִּמְצַעֲרָן — לָא לִיקַיְּימוּ לֵיהּ בְּנֵי, וְכֵן הֲוָה.

Finalement, Chmouel le fit entrer chez lui, lui fit manger du pain d'orge et un plat de petits poissons frits (harsana), lui fit boire de la bière, et ne lui montra pas les toilettes, afin qu'il soit purgé. Rav maudit et dit : celui qui me fait souffrir, que ses fils ne subsistent pas.

Et il en fut ainsi.

📜 Rachi (2)
אֻוכְלֵיהּ נַהְמָא דִּשְׂעָרֵי כְּדֵי לְשַׁלְשֵׁל דְּרוֹפֵא הָיָה שְׁמוּאֵל:
'Il lui fit manger du pain d'orge' : pour le purger, car Chmouel était médecin.
וְלָא אַחְוִי לֵיהּ בֵּית הַכִּסֵּא שֶׁמִּתּוֹךְ כָּךְ מִתְהַפֵּךְ וּמִתְבַּלְבֵּל הַזֶּבֶל בְּמֵיעָיו וּמִתְמוֹגֵג כֻּולּוֹ:
'Et ne lui montra pas les toilettes' : car de ce fait, les matières se retournent et se mélangent dans ses intestins, et tout se dissout.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְלָא אַחְוִי לֵיהּ בֵּית הַכִּסֵּא. נִרְאֶה וַדַּאי שֶׁשְּׁמוּאֵל וּבְנֵי הַבַּיִת נִשְׁמְטוּ וְהָלְכוּ מִלְּפָנָיו כְּדֵי שֶׁלֹּא יִרְאַם וְיִשְׁאַל עַל בֵּית הַכִּסֵּא, שֶׁאָז בִּהְיוֹתוֹ לְבַדּוֹ בְּעַל כָּרְחוֹ יִתְאַפֵּק, שֶׁיַּמְתִּין עַד שֶׁיָּבֹא אֶחָד מִבְּנֵי הַבַּיִת כְּדֵי לִשְׁאֹל אוֹתוֹ, וּבְכָךְ הָיְתָה רְפוּאָתוֹ מִמֵּילָא! וְהָא דְּקִלֵּל לְהַמִּצְעָר אוֹתוֹ וְלֹא אָמַר דְּוַדַּאי הֵם עוֹשִׂים לְטוֹבָתוֹ, כִּי שֶׁמָּא בְּכָךְ רְפוּאָתוֹ דְּאֵין רָאוּי לְחָשְׁדָם שֶׁיְּצַעֲרוּ אוֹתוֹ בְּחִנָּם, וּבִפְרָט שֶׁהוּא אֹורַח חָדָשׁ שֶׁעֲדַייִן לֹא הָיָה לוֹ דִּבֵּר עִם שׁוּם אָדָם, וְהָיָה צָרִיךְ לָדוּן אֶת כָּל אָדָם לְכַף זְכוּת? נִרְאֶה לִי שֶׁהוּא מָצָא רַגְלַיִם לַדָּבָר לַחֲשֹׁוד שֶׁכַּוָּנָתָם לְצַעֲרוֹ, בִּשְׁבִיל שֶׁעַתָּה קִלֵּל אֶת קַרְנָא וּלְכָךְ חָשַׁב אוּלַי הוּא עָשָׂה לוֹ הַדָּבָר הַזֶּה שֶׁהִבְרִיחַ בְּנֵי הַבַּיִת מִלְּפָנָיו כְּדֵי לִנְקֹום מִמֶּנּוּ עַל קִלְלָתוֹ, וְלָכֵן הוּא קִלֵּל בִּסְתָם לְמִי שֶׁצִּוָּה לְצַעֲרוֹ בְּכָךְ. וְהָא דְּקִלְּלוֹ בְּבָנִים מִפְּנֵי שֶׁבְּדָבָר זֶה אֶפְשָׁר שֶׁיָּבֹא לִידֵי עֲקָרוֹת כִּי אוּלַי הוּא צָרִיךְ לְהַשְׁתִּין גַּם כֵּן, וּבִפְרָט שֶׁהֶאֱכִילוֹ לֶחֶם שְׂעוֹרִים וְטֶבַע הַשְּׂעוֹרִים לְהַרְבּוֹת הַהַשְׁתָּנָה וְאִם לֹא יַשְׁתִּין יַעֲקֹר, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא (יְבָמוֹת סד:) כַּמָּה סָבֵי אַעְקַרוּ מִפִּרְקֵיהּ דְּרַב הוּנָא, וְלָכֵן קִלְּלוֹ בְּבָנִים, מִשּׁוּם כִּי מִן הַצַּעַר שֶׁלֹּא גִּילּוּ בֵּית הַכִּסֵּא אֶפְשָׁר שֶׁיָּבֹא לִידֵי עֲקָרוֹת שֶׁלֹּא יוֹלִיד, וּמִשּׁוּם דְּקִלְלַת חָכָם אֲפִילּוּ עַל תְּנַאי פּוֹעֶלֶת לְכָךְ נָגְעָה קְלָלָה זוֹ בִּשְׁמוּאֵל דְּלָא הָיָה לוֹ בָּנִים זְכָרִים אֶלָּא בָּנוֹת בִּלְבַד.
'Et ne lui montra pas les toilettes.' Il semble certain que Chmouel et les gens de la maison s'éclipsèrent et le quittèrent, afin qu'il ne les voie pas et ne demande pas où sont les toilettes. Étant seul, il serait forcé de se retenir, attendant que l'un des gens de la maison vienne pour le lui demander, et ainsi sa guérison se ferait d'elle-même. Et pourquoi a-t-il maudit celui qui le faisait souffrir, au lieu de se dire qu'ils agissaient certainement pour son bien, que peut-être c'était là sa guérison, puisqu'il ne convient pas de les soupçonner de le faire souffrir pour rien, d'autant qu'il était un hôte nouveau qui n'avait encore d'affaire avec personne, et qu'il devait juger chacun favorablement ? Il me semble qu'il avait trouvé un indice pour soupçonner une intention de le faire souffrir : il venait de maudire Karna, et il pensa que peut-être celui-ci lui avait fait cela, éloignant les gens de la maison pour se venger de sa malédiction. C'est pourquoi il maudit, de façon générale, celui qui avait ordonné de le faire souffrir ainsi. Et s'il le maudit dans ses fils, c'est que cette situation pouvait conduire à la stérilité, car peut-être avait-il aussi besoin d'uriner ; d'autant qu'on lui avait fait manger du pain d'orge, et l'orge a pour nature d'augmenter la miction ; s'il n'urinait pas, il deviendrait stérile, comme on l'a dit dans la Guemara (Yevamot 64b) : combien d'anciens sont devenus stériles à cause du cours de Rav Houna. C'est pourquoi il le maudit dans les enfants, car la souffrance de ne pas lui avoir montré les toilettes pouvait mener à la stérilité, à ne plus engendrer. Et comme la malédiction d'un sage, même conditionnelle, produit son effet, cette malédiction atteignit Chmouel, qui n'eut pas de fils, seulement des filles.
💡 Explication

Chmouel, médecin, applique un traitement : une nourriture laxative, et l'attente, pour que les matières se dissolvent dans les intestins (Rachi). Rav ignore son intention et prononce une malédiction générale. Elle se réalise : Chmouel n'eut pas de fils survivants. Le Ben Yehoyada explique pourquoi Rav a soupçonné une intention de nuire et pourquoi la malédiction porte sur les enfants.

10
כְּתַנָּאֵי: מִנַּייִן לַמִּילָה שֶׁבְּאוֹתוֹ מָקוֹם? נֶאֱמַר כָּאן ״עָרְלָתוֹ״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עָרְלָתוֹ״. מַה לְּהַלָּן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי, אַף כָּאן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי — דִּבְרֵי רַבִּי יֹאשִׁיָּה. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר ״וְעָרֵל זָכָר אֲשֶׁר לֹא יִמּוֹל אֶת בְּשַׂר עָרְלָתוֹ״ — מְקוֹם שֶׁנִּיכָּר בֵּין זַכְרוּת לְנַקְבוּת.

C'est [une discussion] de Tannaim : d'où [sait-on] que la mila se fait à cet endroit ? Il est dit ici 'orlato' et il est dit plus loin 'orlato' : de même que plus loin, une chose qui fait des fruits, de même ici, une chose qui fait des fruits - ce sont les paroles de Rabbi Yoshiya.

Rabbi Natan dit : ce n'est pas nécessaire ; il dit : 'et un mâle (zakhar) incirconcis, qui n'aura pas circoncis la chair de son orla' (Berechit 17,14) - l'endroit où l'on reconnaît [la différence] entre mâle et femelle.

💡 Explication

La réponse de Rav à Karna correspond à l'avis de Rabbi Yoshiya (gezera chava avec l'arbre). Rabbi Natan tire le lieu de la mila du mot zakhar dans le verset : il s'agit de l'organe qui distingue le mâle de la femelle. La halakha est la même ; seule la source diffère.

🖼️ Schéma
Où se fait la mila ? Deux dérivationsRabbi Yoshiya (et Rav à Karna)gezera chava : orlato (mila) / orlato (arbre)Rabbi Natan've'arel zakhar' (Berechit 17,14)arbre = 'chose qui fait des fruits'=> l'organe qui engendrele mot zakhar (mâle) indiquel'endroit qui distingue mâle et femelleObjection : cœur ? oreille ?orlat levavkhem / arela oznamRéponse : on dérive orlato 'complet'de orlato 'complet', pas de orlatsuivi d'un autre motMême conclusion pratiqueNafka mina : seulement la source(Rabbi Natan n'a pas besoinde la gezera chava)
La dérivation de Rabbi Yoshiya et celle de Rabbi Natan.
11
תָּנוּ רַבָּנַן: כּוֹתְבִין תְּפִילִּין עַל גַּבֵּי עוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה, וְעַל גַּבֵּי עוֹר חַיָּה טְהוֹרָה, וְעַל גַּבֵּי עוֹר נְבֵלוֹת וּטְרֵפוֹת שֶׁלָּהֶן. וְנִכְרָכוֹת בְּשַׂעֲרָן וְנִתְפָּרוֹת בְּגִידָן, וַהֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי שֶׁהַתְּפִילִּין נִכְרָכוֹת בְּשַׂעֲרָן וְנִתְפָּרוֹת בְּגִידָן. אֲבָל אֵין כּוֹתְבִין לֹא עַל גַּבֵּי עוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה, וְלֹא עַל גַּבֵּי עוֹר חַיָּה טְמֵאָה, וְאֵינוֹ צָרִיךְ לוֹמַר עַל גַּבֵּי עוֹר נְבֵלָה וּטְרֵפָה שֶׁלָּהֶן. וְאֵין נִכְרָכוֹת בִּשְׂעָרָן, וְאֵין נִתְפָּרוֹת בְּגִידָן.

Nos Maîtres ont enseigné : on écrit des tefillin sur la peau d'un animal domestique (behema) kacher, sur la peau d'un animal sauvage (haya) kacher, et sur la peau de leurs nevelot et tereifot. Elles sont enroulées avec leurs poils et cousues avec leurs tendons (gidin) ; et c'est une halakha le-Moche mi-Sinaï que les tefillin sont enroulées avec leurs poils et cousues avec leurs tendons.

Mais on n'écrit ni sur la peau d'un animal domestique non kacher, ni sur la peau d'un animal sauvage non kacher, et il va sans dire sur la peau de leur nevela et tereifa ; et elles ne sont pas enroulées avec leurs poils ni cousues avec leurs tendons.

📜 Rachi (2)
וְנִכְרָכוֹת הָאִיגְּרוֹת:
'Elles sont enroulées' : les parchemins.
בִּשְׂעָרָן שֶׁל אֵלּוּ וְאַחַר כָּךְ מַכְנִיסָן בִּדְפוּסֵי הַקְּצִיצָה שֶׁלָּהֶן:
'Avec leurs poils' : de ces [animaux], et ensuite on les introduit dans leurs boîtiers (katsitsa).
💡 Explication

La baraita pose la règle d'ensemble : seules les espèces kachres conviennent, pour le parchemin, pour les poils qui enroulent les parchemins et pour les gidin qui cousent les boîtiers. La nevela (bête morte sans chehita) et la tereifa (bête atteinte d'une lésion mortelle) d'une espèce kachère sont permises. Les poils et les tendons relèvent d'une halakha le-Moche mi-Sinaï.

12
וְזוֹ שְׁאֵילָה שָׁאַל בַּיְתּוֹסִי אֶחָד אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הַגַּרְסִי: מִנַּיִין שֶׁאֵין כּוֹתְבִין תְּפִילִּין עַל עוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה? דִּכְתִיב: ״לְמַעַן תִּהְיֶה תּוֹרַת ה׳ בְּפִיךָ״ — מִדָּבָר הַמֻּותָּר בְּפִיךָ. אֶלָּא מֵעַתָּה, עַל גַּבֵּי עוֹר נְבֵלוֹת וּטְרֵפוֹת אַל יִכָּתְבוּ! אָמַר לוֹ: אֶמְשֹׁול לְךָ מָשָׁל, הָא לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה — לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁנִּתְחַיְּיבוּ הֲרִיגָה לַמַּלְכוּת. אֶחָד הֲרָגוֹ מֶלֶךְ וְאֶחָד הֲרָגוֹ אִיסְפַּקְלָטוֹר, אֵיזֶה מֵהֶן מְשֻׁובָּח — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה שֶׁהֲרָגוֹ מֶלֶךְ. אֶלָּא מֵעַתָּה יֹאכֵלוּ! אֲמַר לֵיהּ: הַתּוֹרָה אָמְרָה ״לֹא תֹאכְלוּ כָל נְבֵלָה״, וְאַתְּ אָמְרַתְּ יֹאכְלוּ?! אֲמַר לֵיהּ: קָאלוֹס.

Et c'est une question qu'un Boethusien posa à Rabbi Yehochoua haGarsi : d'où [sait-on] que l'on n'écrit pas de tefillin sur la peau d'un animal non kacher ? Car il est écrit : 'afin que la Torah de Hachem soit dans ta bouche' - de ce qui est permis dans ta bouche. - S'il en est ainsi, qu'on n'écrive pas sur la peau des nevelot et tereifot !

Il lui dit : je vais te dire une parabole. À quoi cela ressemble-t-il ?

À deux hommes condamnés à mort par le pouvoir royal : l'un fut tué par le roi, et l'autre fut tué par l'ispaklator (bourreau). Lequel est le plus honoré ?

Il faut dire : celui que le roi a tué. - S'il en est ainsi, qu'on les mange ! Il lui dit : la Torah a dit 'vous ne mangerez aucune nevela' (Devarim 14,21), et toi tu dis qu'on les mange ?

Il lui dit : kalos (bien dit).

📜 Rachi (3)
אִסְפַּקְלָטוֹר שַׂר הַטַּבָּחִים בִּלְשׁוֹן יְוָנִי:
'Ispaklator' : le chef des bourreaux, en langue grecque.
זֶה שֶׁהֲרָגוֹ מֶלֶךְ וְאֵלּוּ לָקוּ ע"י בּוֹרְאָן:
'Celui que le roi a tué' : et celles-ci ont été frappées par leur Créateur.
קָאלוֹס מְשֻׁובָּח טַעַם זֶה:
'Kalos' : cette raison est excellente.
🗂️ Tossefot (1)
אֵיזֶה מֵהֶן חָשׁוּב אוֹתוֹ שֶׁהֲרָגוֹ מֶלֶךְ וא"ת תִּינַח מֵתוּ מֵאֲלֵיהֶן נְחוּרוֹת וַעֲקוּרוֹת מַאי אִיכָּא לְמֵימַר וְי"ל כֵּיוָן דְּמֵתוּ שָׁרִי א"כ מִן הַמֻּותָּר בְּפִיךָ לָאו דַּוְקָא אֶלָּא מִמִּין הַמֻּותָּר בְּפִיךָ קָאָמַר:
'Lequel est le plus important ? Celui que le roi a tué' - Et si tu objectes : cela convient pour celles qui sont mortes d'elles-mêmes, mais que dire de celles dont la gorge a été arrachée (ne'hourot) ou déracinée (akourot) ? On peut répondre : puisque [même] celles qui sont mortes sont permises, 'de ce qui est permis dans ta bouche' n'est pas à prendre à la lettre ; il signifie : d'une espèce permise dans ta bouche.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲמַשֵּׁל לְךָ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דוֹמֶה? לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁנִּתְחַיְּבוּ הֲרִיגָה לַמַּלְכוּת; אֶחָד הֲרָגוֹ מֶלֶךְ, וְאֶחָד הֲרָגוֹ אִיסְפַּקְלִיטוֹר, אֵיזֶה מֵהֶן מְשַׁבֵּחַ. נִרְאֶה לִי בס"ד בְּכִיוֵּן הַמָּשָׁל עִם הַנִּמְשָׁל עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר טַעֲמֵי הַמִּצְוֹת, שֹׁורֶשׁ בְּהֵמוֹת הַטְּהוֹרוֹת מִבְּחִינַת הַדִּינִין שֶׁנִּתְמַתְּקוּ וְלֹא נֶאֶחְזוּ בָּהֶם הַחִיצוֹנִים, וּבְהֵמוֹת הַטְּמֵאוֹת הֵם מֵאוֹתָם דִּינִין שֶׁלֹּא נִמְתְּקוּ וְנֶאֶחְזוּ בָּהֶם הַחִיצוֹנִים עַיֵּין שָׁם. הִנֵּה כִּי כֵן בְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה בְּחַיֶּיהָ אֵינֶנָּה בִּרְשׁוּת הַסִּטְרָא אַחֲרָא, וְלָכֵן מִיתָתָהּ תִּתְיַיחֵס לְהָרְגוֹ מֶלֶךְ , יַעַן שֶׁהִיא בִּרְשׁוּת הַקְּדוֹשָׁה וְהַשּׁוֹחֵט אוֹתָהּ הוּא שָׁלִיחַ הַקְּדוֹשָׁה שֶׁנִּצְטַווָּה בַּתּוֹרָה עַל שְׁחִיטָתָהּ, וְאַף עַל גַּב דְּקָרָה לָהּ מִקְרֶה שֶׁנִּתְנַבְּלָה אוֹ נִטְרְפָה אֵין דָּבָר זֶה מוֹצִיאָה מֵרְשׁוּת הַקְּדוֹשָׁה לְהַכְנִיסָהּ בִּרְשׁוּת הַסִּטְרָא אַחֲרָא, כִּי אֵין זֶה נוֹגֵעַ לְשָׁרְשָׁהּ אֶלָּא לָקוּי הוּא דְּלָקְתָה בְּכָךְ לֶאֱסֹור כְּשֵׁרָה בַּאֲכִילָה וְהַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר הַשֹּׁורֶשׁ. אֲבָל בְּהֵמָה הַטְּמֵאָה בְּחַיֶּיהָ הִיא בִּרְשׁוּת הַסִּטְרָא אַחֲרָא קַייְמָא שֶׁכְּבָר נִתְאַחֲזוּ בָּהּ הַחִיצוֹנִים כַּמָּה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ זַ"ל, לָכֵן מִיתָתָהּ תִּתְיַיחֵס לְהָרְגוֹ אִיסְפַּקְלִיטוּר כֵּיוָן שֶׁהִיא בִּרְשׁוּת הַחִיצוֹנִים וְשֶׁלָּהֶם הִיא, וַאֲפִילּוּ אִם שְׁחָטָהּ יִשְׂרָאֵל הָוֵי כִּשְׁלוּחָא דִּידְהוֹן וְאֵינוֹ שְׁלִיחַ הַקְּדֻושָּׁה כִּי לֹא נִצְטַוָּוה לִשְׁחֹוט בְּהֵמָה טְמֵאָה. וּבָזֶה יָבֹא נָכוֹן בְּכִיוֵּן הַמָּשָׁל עִם הַנִּמְשָׁל, וְחָזַר וְשָׁאַל אִם כֵּן 'יֹאכְלוּ?' אֵין כַּוָּנָתוֹ עַל בְּשַׂר הַנְּבֵילָה אוֹ הַטְּרֵיפָה עַצְמָהּ דְּזֶה אֲסָרַתּוּ תּוֹרָה מֵחֲמַת טְרֵיפוֹת אוֹ נִיבּוּל הַנִּמְצָא בָּהּ, אֶלָּא הוּא שׁוֹאֵל עַל הָעֻובָּרִים הַנִּמְצָאִים בְּבֶטֶן הַנְּבֵילָה אוֹ טְרֵיפָה, דְּאֵלּוּ שָׁורְשָׁם בִּקְדֻושָּׁה וְלֹא נַעֲשָׂה נְבֵלוֹת אוֹ טְרֵפוֹת בְּגוּפָם וְרַק בְּאֵם. וְהֵשִׁיב הַתּוֹרָה אָמְרָה 'לֹא תֹאכְלוּ כָל נְבֵלָה' וְהַיְינוּ תֵּיבַת כֹּל לְרַבּוֹת הָעֻובָּרִים, וְאַתָּה אָמַרְתָּ יֹאכְלוּ דְּאִם כֵּן מַאי מַרְבֶּה בְּכָל? וְהֵשִׁיב לוֹ עַל נְבֵילוֹת וְהוּא הַדִּין לִטְרֵיפוֹת דְּמַאי שְׁנָא.
'Je vais te dire une parabole : à quoi cela ressemble-t-il ? À deux hommes condamnés à mort par le pouvoir royal ; l'un tué par le roi et l'autre par l'ispaklator : lequel est le plus honoré ?' Il me semble, avec l'aide du Ciel, [expliquer] l'accord de la parabole avec son objet selon ce qu'a dit notre maître le Ari dans le Chaar Taamei haMitsvot : la racine des animaux purs vient des dinim (rigueurs) qui ont été adoucis et auxquels les 'hitsonim (forces extérieures) ne se sont pas attachés ; les animaux impurs viennent des dinim qui n'ont pas été adoucis et auxquels les 'hitsonim se sont attachés, voir là-bas. Ainsi, l'animal pur, de son vivant, n'est pas sous l'autorité de la sitra a'hra ; c'est pourquoi sa mort s'attribue à 'celui que le roi a tué', puisqu'il est sous l'autorité de la sainteté, et celui qui l'abat est l'envoyé de la sainteté, à qui la Torah a ordonné de l'abattre. Et bien qu'il lui soit arrivé un accident, qu'il soit devenu nevela ou tereifa, cela ne le fait pas sortir de l'autorité de la sainteté pour le faire entrer dans celle de la sitra a'hra, car cela ne touche pas sa racine : c'est un défaut dont il a été frappé, qui interdit sa consommation, et tout va selon la racine. Mais l'animal impur, de son vivant, se tient sous l'autorité de la sitra a'hra, car les 'hitsonim s'y sont déjà attachés, comme l'a dit notre maître. C'est pourquoi sa mort s'attribue à 'celui que l'ispaklator a tué', puisqu'il est sous l'autorité des 'hitsonim et leur appartient ; et même si un Juif l'abat, il est comme leur envoyé et non l'envoyé de la sainteté, car il n'a pas reçu l'ordre d'abattre un animal impur. Ainsi s'accorde bien la parabole avec son objet. Puis il demanda encore : 'S'il en est ainsi, qu'on les mange !' Son intention ne porte pas sur la chair de la nevela ou de la tereifa elle-même, que la Torah a interdite à cause de la tereifa ou de la nevela qui s'y trouve ; il interroge sur les embryons trouvés dans le ventre de la nevela ou de la tereifa, dont la racine est dans la sainteté et qui ne sont pas devenus nevelot ou tereifot dans leur propre corps, seulement dans la mère. Il répondit : la Torah a dit 'vous ne mangerez aucune (kol) nevela', le mot 'kol' incluant les embryons, et toi tu dis qu'on les mange ? À quoi servirait alors l'inclusion de 'kol' ? Il lui a répondu sur les nevelot, et il en va de même pour les tereifot, car quelle différence y aurait-il ?
⚖️ Rosh (2)
הוּא הָיָה אוֹמֵר יָד לָעַיִן תִּקָּצֵץ יָד לַחֹטֶם תִּקָּצֵץ יָד לַפֶּה תִּקָּצֵץ יָד לָאֹזֶן תִּקָּצֵץ יָד לַחֲסוּדָה תִּקָּצֵץ יָד לָאַמָּה תִּקָּצֵץ יָד לְפִי הַטַּבַּעַת תִּקָּצֵץ יָד לַגִּיגִית תִּקָּצֵץ יָד מִסְּמֵית יָד מַחְרֶשֶׁת יָד מַעֲלָה פּוֹלִיפּוּס:
Il disait : la main [portée] à l'œil, qu'elle soit coupée ; la main au nez, qu'elle soit coupée ; la main à la bouche, qu'elle soit coupée ; la main à l'oreille, qu'elle soit coupée ; la main à la 'hasouda (plaie d'une saignée), qu'elle soit coupée ; la main au membre, qu'elle soit coupée ; la main à l'anus, qu'elle soit coupée ; la main au bassin (guiguit), qu'elle soit coupée. La main rend aveugle, la main rend sourd, la main fait naître un polype.
אָמַר ר' יְהוֹשֻׁעַ מַעֲלִין אֻונְקְלֵי בְּשַׁבָּת. מַאי אֻונְקְלֵי א"ר אַבָּא אִיסְטוֹמְכָא דְּלִיבָּא. פֵּירוּשׁ פוסא"ר מעיר"ה. ע"ז פּ"ב דַּף כח. אָמַר אַבַּיֵּי הַאי פְּדַעְתָּא סַכַּנְתָּא וּמְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. אָמַר רַב סָפְרָא הַאי עָנְבָא פְּרוֹנְקָא דְּמַלְאֲכָא דְּמִיתוּתָא הוּא. אָמַר רַבָּה הַאי סִימְטָא פַּרְוַנְקָא דְּאִישָּׁתָא הוּא:
Rabbi Yehochoua a dit : on remet en place l'ounkli le Chabbat. Qu'est-ce que l'ounkli ? Rabbi Abba a dit : l'istomkha deliba (la partie haute de l'estomac). Explication : 'fossar meira' [en langue vernaculaire] ; Avoda Zara, chapitre 2, page 28a. Abaye a dit : cette plaie (pedata) est un danger, et l'on profane le Chabbat pour elle. Rav Safra a dit : cette pustule (inba) est le messager de l'ange de la mort. Rabba a dit : cet abcès (simta) est le messager de la fièvre.
💡 Explication

Les Boethusiens rejetaient la Torah orale. Leur objection : la nevela est interdite à la consommation, donc sa peau devrait être exclue. Rabbi Yehochoua haGarsi répond par un machal : la bête morte d'elle-même a été frappée par le Créateur, ce qui est plus honorable qu'une mort par la main d'un homme. Relance : alors qu'on la mange ! Réponse : l'interdit de consommation est un décret explicite de la Torah, sans rapport avec la dignité de la peau. Tossefot précise que 'ce qui est permis dans ta bouche' désigne l'espèce permise.

🖼️ Schéma
Le machal de Rabbi Yehochoua haGarsiTué par le roi lui-même= plus honorablenevela / tereifa : frappée par son CréateurTué par l'ispaklator (bourreau)= moins honorablebête abattue par la chehitaLe Boethusien : alors qu'on les mange ! - Réponse : la Torah dit 'ne mangez aucune nevela'.L'interdit de manger est un décret ; la peau reste digne d'être écrite. Le Boethusien : 'kalos'.
La parabole du roi et du bourreau appliquée à la nevela.
13
מַתְנִי׳ אֵין עוֹשִׂין הֵילְמֵי בְּשַׁבָּת,

MISHNA. On ne fait pas de hilmei (saumure forte) le Chabbat,

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' הֵילְמֵי שלמוייר"א:
Mishna. 'Hilmei' : 'salmuire' [en langue vernaculaire].
🗂️ Tossefot (1)
אֵין עוֹשִׂין הֵילְמֵי בְּשַׁבָּת הֲלָכָה כְּרַבָּנָן דִּבְפֶרֶק קַמָּא דְּעֵירוּבִין (דַּף י':) אָמַר אֵין הֲלָכָה כַּר' יוֹסֵי לֹא בְּהֵילְמֵי וְלֹא בִּלְחָיַיִן וְאָמַר נָמֵי הָתָם פּוֹק חֲזִי מַאי עַמָּא דְּבַר וּפִי' בַּקּוּנְטְרֵס וּכְבָר נָהֲגוּ הָעָם בְּלֶחִי מַשֶּׁהוּ וְכֵיוָן דְּאֵין הֲלָכָה כְּר' יוֹסֵי בִּלְחָיַיִם כ"ש בְּהֵילְמֵי דַּאֲפִילּוּ רַב הוּנָא בַּר חֲנִינָא דִּפְלִיג הָתָם בִּלְחָיַיִם מוֹדֶה בְּהֵילְמֵי וְשָׁרֵי לַעֲשׂוֹת מֵי מֶלַח בְּשַׁבָּת לִיתֵּן עַל עוֹפוֹת צְלוּייָן וְאִם נוֹתֵן מֶלַח עַל הָעוֹפוֹת וְאַחַ"כּ נוֹתֵן מַשְׁקִין עֲלֵיהֶם שָׁרִי אֲפִילּוּ לְרַבִּי יוֹסֵי שֶׁהַשַּׁמְנוּנִית מַמְתִּיק הַמֶּלַח כְּמוֹ שֶׁמֶן:
'On ne fait pas de hilmei le Chabbat' : la halakha est selon les Rabbanan, car au premier chapitre d'Erouvin (10b) on dit que la halakha n'est pas selon Rabbi Yossi, ni pour le hilmei ni pour les le'hayayin. On y dit aussi : 'sors et vois ce que fait le peuple', et le Kountrass (Rachi) explique : le peuple a déjà l'usage d'un le'hi de toute taille. Puisque la halakha n'est pas selon Rabbi Yossi pour les le'hayayin, à plus forte raison pour le hilmei, car même Rav Houna bar 'Hanina, qui est en désaccord là-bas pour les le'hayayin, reconnaît pour le hilmei. Et il est permis de faire de l'eau salée le Chabbat pour la mettre sur des volailles rôties. Et si l'on met du sel sur les volailles et qu'ensuite on met des liquides dessus, c'est permis même selon Rabbi Yossi, car la graisse adoucit le sel, comme l'huile.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' אֵין עוֹשִׂין הַלְמֵי בְּשַׁבָּת אֲבָל עוֹשֶׂה הוּא מֵי מֶלַח וְטוֹבֵל בָּהֶן פִּתּוֹ. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי וַהֲלֹא הוּא הַלְמִי בֵּין מְרֻובֶּה בֵּין מוּעָט וְאֵלּוּ הֵן מֵי מֶלַח הַמֻּותָּרִין נוֹתֵן שֶׁמֶן לְכַתְּחִלָּה לְתוֹךְ הַמַּיִם אוֹ לְתוֹךְ הַמֶּלַח:
Mishna. On ne fait pas de hilmei le Chabbat, mais on fait de l'eau salée et on y trempe son pain. Rabbi Yossi a dit : n'est-ce pas du hilmei, en grande ou en petite quantité ? Et voici les eaux salées permises : on met d'abord l'huile dans l'eau ou dans le sel.
💡 Explication

Début d'une nouvelle mishna, qui se poursuit à l'amud b. Le hilmei est une saumure très salée servant à conserver ; sa préparation ressemble à la melakha de traiter les peaux (meabed) ou de faire une conserve. La suite de la mishna permet une eau salée pour y tremper son pain.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).