Shabbat 109a — Soins le Chabbat : collyre, herbes, blessures et bains thérapeutiques

Shabbat 109a

Sougya : L'amud achève la liste des dangers de la main non lavée le matin et de l'esprit qui repose sur elle jusqu'à trois ablutions. Il examine ensuite quels remèdes sont permis le Chabbat : herbes et plantes (alin, coriandre, houblon, teruza), jus de melon, blessure trempée dans le vin ou le vinaigre.

Le critère est de savoir si l'usage est celui des bien-portants ou s'il montre clairement un soin ; une blessure au dos de la main ou du pied est dangereuse et on transgresse le Chabbat pour elle. Enfin, deux baraitot se contredisent sur le bain dans la Grande Mer ; Rabbi Yo'hanan les attribue à Rabbi Meir et à Rabbi Yehouda, qui divergent sur le statut des mers comme mikve.

Refoua le Chabbat : le critère de ce qui est visible (mokha milta)Produit ou geste utilisé le Chabbata-t-il l'air d'un soin médical ?NON : usage courant des bien-portantsla chose ne se voit pas => permisOUI : on ne le fait que pour guérirla chose se voit => interditExemples permisalin, kusbarta, kechout : sans effet (seg. 1)toutes les kechout (sauf teruza)vin sur une blessure (seg. 3)bain à Guerar, Hamatan, Assia, TibériadeExemples interditsteruza : mangée seulement comme remèdevinaigre sur une blessure (seg. 3)vin pour les gens de Mehoza (délicats)eau de rouissage du lin, mer de SedomException : mal dangereuxdos de la main ou du pied = comme une blessure interne (makka chel halal)on transgresse le Chabbat pour la soigner (seg. 4-5)
Le critère de la refoua le Chabbat appliqué aux exemples de l'amud.
Statut des mers : Rabbi Meir, Rabbi Yehouda, Rabbi YossiRabbi MeirToutes les mers= mikve(Berechit 1,10 :'mikve des eaux,Il l'appela yamim')Grande Mer = autres mers=> bain permis le Chabbat(2e baraita)Rabbi YehoudaSeule la Grande Mer= mikve'yamim' au pluriel :beaucoup de merss'y mêlentGrande Mer à part=> bain interdit le Chabbat(1re baraita)Rabbi YossiToutes les merspurifient mêmeen coulant (zohalin)mais pas 'eaux vives'(zav, metsora, mei hatat)Objection de Rav Nahmanbar Yitshak(suite au 109b)Rabbi Yo'hanan : chaque baraita suit un Tana différent (seg. 8).
Les trois positions sur le statut des mers (mikve, eaux courantes, eaux vives).
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לַגִּיגִית — תִּיקָּצֵץ, יָד מְסָמָא, יָד מֵחֵרֶשֶׁת, יָד מַעֲלֶה פּוֹלִיפּוֹס. תַּנְיָא, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: בַּת חוֹרִין הִיא זוֹ וּמַקְפֶּדֶת עַד שֶׁיִּרְחֹוץ יָדָיו שָׁלֹשׁ פְּעָמִים. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: פּוּךְ מַעֲבִיר בַּת מֶלֶךְ, וּפוֹסֵק אֶת הַדִּמְעָה, וּמַרְבֶּה שֵׂיעָר בָּעַפְעַפַּייִם. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: פּוּךְ מַעֲבִיר בַּת מֶלֶךְ, וּפוֹסֵק אֶת הַדִּמְעָה, וּמַרְבֶּה שֵׂיעָר בָּעַפְעַפַּיִם.

[La main qui touche] le tonneau (guiguit) : qu'elle soit coupée. La main [qui touche] l'œil rend aveugle, la main [qui touche] l'oreille rend sourd, la main [qui touche le nez ou la bouche] fait monter un polype.

Il a été enseigné : Rabbi Natan dit : c'est une [entité] libre (bat horin), et elle insiste jusqu'à ce qu'on se lave les mains trois fois. Rabbi Yo'hanan a dit : le fard (poukh) fait passer la bat melekh, arrête les larmes et fait pousser les cils.

On a enseigné de même : Rabbi Yossi dit : le fard fait passer la bat melekh, arrête les larmes et fait pousser les cils.

📜 Rachi (10)
לַגִּיגִית שֶׁמְּטִילִין בָּהּ שֵׁכָר:
Dans lequel on met de la bière.
תִּיקָּצֵץ דְּלָא תִּיגַּע קֹודֶם נְטִילַת שַׁחֲרִית:
Qu'elle ne le touche pas avant l'ablution du matin.
יד לְעַיִן מְסָמָא קֹודֶם נְטִילָה:
La main [qui touche] l'œil avant l'ablution rend aveugle.
יד לְאֹזֶן מֵחֵרֶשֶׁת:
La main [qui touche] l'oreille rend sourd.
יד לְפֶה אוֹ לַחֹוטֶם:
La main [qui touche] la bouche ou le nez.
מַעֲלֶה פּוֹלִיפּוֹס רֵיחַ הַחֹוטֶם וְהַפֶּה ול"נ דְּיָד לָאַמָּה לָאו לְעִנְיַן שַׁחֲרִית נְקַט לָהּ אֶלָּא מִשּׁוּם דְּמֵבִיא לִידֵי קֶרִי וּבְמַסֶּכֶת נִדָּה (דַּף יג:) אָמְרִינַן בָּהּ תִּקָּצֵץ מִשּׁוּם הַאי טַעְמָא וּמִשּׁוּם דְּתַנְיָא בָּהּ נָמֵי לָטוּתָא דְּתִיקָּצֵץ תַּנְייָה נָמֵי גַּבֵּי הָנָךְ וְכֵן יָד לְפִי טַבַּעַת לְמַשְׁמֵשׁ בָּהּ תָּדִיר מְבִיאָתוֹ לִידֵי תַּחְתּוֹנִיּוֹת:
[C'est-à-dire] une [mauvaise] odeur du nez et de la bouche. Et il me semble que [la mention de] la main [qui touche] l'organe (ama) n'a pas été citée à propos du matin, mais parce qu'elle amène à une émission (keri) ; et au traité Nida (13b) on dit à son sujet 'qu'elle soit coupée' pour cette raison. Et comme la malédiction 'qu'elle soit coupée' y est enseignée aussi, on l'a enseignée avec celles-ci. De même, la main [portée] à l'anus, la toucher souvent l'amène aux hémorroïdes (tahtoniyot).
בַּת חוֹרִין הִיא הָרוּחַ הַשּׁוֹרָה עַל הַיָּדַיִם לִפְנֵי נְטִילָה:
L'esprit qui repose sur les mains avant l'ablution.
וּמַקְפֶּדֶת בִּנְטִילָתוֹ לְנָוטְלָהּ יָפֶה עַד שֶׁיִּשְׁפֹּוךְ מַיִם יָפֶה ג' פְּעָמִים עַל יָדָיו:
Pour son ablution : qu'il la fasse bien, jusqu'à ce qu'il verse bien de l'eau trois fois sur ses mains.
פּוּךְ אִם נוֹתְנוֹ בְּעֵינָיו:
Si on le met dans ses yeux.
מַעֲבִיר בַּת מֶלֶךְ אִם הִזִּיקָה לְעֵינָיו:
Si elle (la bat melekh) a fait du tort à ses yeux.
🪔 Ben Yehoyada (2)
יָד לַגִּיגִית תִּקָּצֵץ. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'שֶׁמִּטַּלְיָן בָּהּ שֵׁכָר' וְקַשָּׁא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'יָד לְשָׂכָר'? אַךְ נִרְאֶה לִי בס"ד, גִּיגִית זוֹ שֶׁשּׁוֹרִין בְּתוֹכָהּ תְּמָרִים אוֹ צִמּוּקִין בְּמַיִם עַד שֶׁיִּהְיוּ רָאוְיָן לִמְשֹׁוךְ מֵהֶם הַשֵּׁכָר עַל יְדֵי בִּישּׁוּל בָּאֵשׁ, וְיָדוּעַ שֶׁבִּזְמַן שֶׁהֵם שֶׁרָוִים בְּמַיִם בְּתוֹךְ הַגִּיגִית צָרִיךְ שֶׁיְּהַפְּכוּ אוֹתָם בְּיָדַיִם בְּכָל יוֹם וְיוֹם וְאִם לָאו יִתְקַלְקְלוּ, וְלָכֵן נָקֵיט יָד לַגִּיגִית אוֹרְחָא דְמִלְּתָא שֶׁמַּנִּיחַ יָדוֹ בְּתוֹךְ הַגִּיגִית כְּדֵי לְהַפֵּךְ הַתְּמָרִים אוֹ הַצִּמּוּקִין הַשְׁרוּיָם בְּתוֹכָהּ וּמַזְהִירוֹ שֶׁלֹּא יוֹשִׁיט יָדוֹ שָׁם קֹודֶם נְטִילַת יָדַייִם, וְיֵשׁ לְפָרֵשׁ תִּקָּצֵץ לְשׁוֹן קוֹצִין כְּמוֹ שֶׁכָּתַב הֶעָרוּךְ (בְּשֹׁרֶשׁ קֵץ בְּבֵיאוּר שָׂדֶה שֶׁנִּתְקַוְּוצָה) עַייֵּן שָׁם. וְכֵן זֶה הַנּוֹגֵעַ שָׁם קֹודֶם נְטִילָה נֶחְשֶׁבֶת יָדוֹ כְּמוֹ קוֹצִין הַמַּזִּיקִין שָׁם מֵחֲמַת רוּחַ רָעָה.
'La main [qui touche] le tonneau : qu'elle soit coupée.' Rachi explique : 'dans lequel on met de la bière'. La difficulté : il aurait dû dire 'la main [qui touche] la bière' ! Mais il me semble, avec l'aide du Ciel : ce tonneau est celui où l'on fait tremper des dattes ou des raisins secs dans l'eau jusqu'à ce qu'ils soient prêts pour qu'on en tire la bière par cuisson sur le feu. Et on sait que, pendant qu'ils trempent dans l'eau du tonneau, il faut les retourner à la main chaque jour, sinon ils se gâtent. C'est pourquoi il dit 'la main au tonneau' : c'est l'usage que l'on mette la main dans le tonneau pour retourner les dattes ou les raisins secs qui y trempent, et il le met en garde de ne pas y tendre la main avant la netilat yadayim. On peut aussi expliquer tikatsets au sens de kotsin (épines), comme l'a écrit le Aroukh (à la racine kats, à propos de 'un champ devenu épineux'), voir là-bas. De même, celui qui touche là avant l'ablution, sa main est comptée comme des épines qui y font du tort, à cause de l'esprit mauvais.
בַּת חוֹרִין הִיא זוֹ, וּמַקְפֶּדֶת עַד שֶׁיִּרְחֹץ יָדָיו שָׁלֹשׁ פְּעָמִים. פֵּירֵשׁ בֶּעָרוּךְ יֵשׁ לָהּ כָּבוֹד בָּרוּחוֹת כְּמוֹ בֶּן חוֹרִין בִּבְנֵי אָדָם עַייֵּן שָׁם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בְּדֶרֶךְ מְלִיצָה , רְצוֹנוֹ לוֹמַר כַּת נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים שֶׁדַּרְכָּם לִהְיוֹת בַּחוֹרִין וּבַסְּדָקִים, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (יְשַׁעְיָהוּ יא, ח) וְשִׁעֲשַׁע יוֹנֵק עַל חֻר פָּתֶן, שֶׁגַּם הִיא מַזֶּקֶת כְּמוֹתָם וְדָמְיָיא לְהוּ. וְהָא דְּמַקְפֶּדֶת עַד שָׁלֹשׁ פְּעָמִים , נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּעֵץ חַיִּים דְּעִיקַּר אֲחִיזַת הַקְּלִיפּוֹת הוּא בִּשְׁלֹשָׁה סְפִירוֹת תַּחְתּוֹנוֹת שֶׁבְּכָל עוֹלָם וְעוֹלָם, בְּסוֹד (מִשְׁלֵי ה, ה) רַגְלֶיהָ יֹרְדוֹת מָוֶת עַיֵּין שָׁם. וְלָכֵן רוּחַ רָעָה שֶׁנִּמְשְׁכָה מִן הַקְּלִיפּוֹת אֵינָהּ עוֹבֶרֶת מִן הַיָּדַיִם עַד שֶׁיִּרְחָצֵם ג' פְּעָמִים כְּנֶגֶד אֲחִיזַת הַקְּלִיפּוֹת בִּשְׁלֹשָׁה סְפִירוֹת. אוֹ יוּבָן עַל פִּי מַה שֶׁכָּתוּב בְּעֵץ חַיִּים (שַׁעַר קְלִיפַּת נֹגַהּ), דְּעִיקַּר הַקְּלִיפּוֹת הֵם שְׁלֹשָׁה שֶׁהֵם רוּחַ סְעָרָה, עָנָן גָּדוֹל, וְאֵשׁ מִתְלַקַּחַת עַיֵּין שָׁם. וְלָכֵן כְּנֶגֶד שָׁלֹשׁ הַקְּלִיפּוֹת אֵלּוּ צָרִיךְ לִרְחֹוץ ג' פְּעָמִים וְאָז עוֹבֶרֶת רוּחַ רָעָה. אִי נָמֵי נִרְאֶה לִי הָאֶצְבָּעוֹת הֵם ג' פְּרָקִים, וּתְחִלָּה בְּפַעַם א' נִשְׁמֶטֶת מִפֶּרֶק הַסָּמוּךְ לְכַף, וְאַחַר כָּךְ לִסְמֹוךְ לוֹ, וְאַחַר כָּךְ לִסְמֹוךְ לוֹ וְאָז יוֹצְאָהּ לְגַמְרֵי, שֶׁאֵין לָהּ מָקוֹם לָחוּל עָלָיו.
'C'est une [entité] libre, et elle insiste jusqu'à ce qu'on se lave les mains trois fois.' Le Aroukh explique : elle a de l'honneur parmi les esprits, comme un homme libre (ben horin) parmi les hommes, voir là-bas. Et il me semble encore, par allusion (derekh melitsa), qu'il veut parler de la classe des serpents et des scorpions, qui se tiennent d'habitude dans les trous (horin) et les fentes, comme il est dit (Yechaya 11,8) : 'le nourrisson jouera sur le trou (hor) de l'aspic' ; car elle aussi nuit comme eux et leur ressemble. Quant au fait qu'elle insiste jusqu'à trois fois, il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est selon ce qu'a dit notre maître le Ari z'l dans le Ets Haim : la prise principale des kelipot (écorces, forces du mal) est dans les trois sefirot inférieures de chaque monde, selon le sod de (Michle 5,5) 'ses pieds descendent vers la mort', voir là-bas. C'est pourquoi l'esprit mauvais, qui provient des kelipot, ne quitte pas les mains tant qu'on ne les a pas lavées trois fois, en correspondance à la prise des kelipot dans trois sefirot. Ou bien on peut le comprendre selon ce qui est écrit dans le Ets Haim (Chaar kelipat noga) : les kelipot principales sont trois, le vent de tempête, la grande nuée et le feu qui flamboie, voir là-bas. C'est pourquoi, en face de ces trois kelipot, il faut se laver trois fois, et alors l'esprit mauvais s'en va. Ou encore, il me semble : les doigts ont trois phalanges ; la première fois, [l'esprit] se retire de la phalange proche de la paume, ensuite de la suivante, puis de la suivante, et alors il sort complètement, car il n'a plus d'endroit où se poser.
💡 Explication

Suite de la liste commencée au 108b : la main qui n'a pas été lavée le matin porte un esprit mauvais (roua'h raa) et nuit aux organes qu'elle touche. Rabbi Natan précise que cet esprit est bat horin : il ne part qu'après trois ablutions ; c'est la source de la netilat yadayim du matin versée trois fois.

Le poukh (fard pour les yeux, kohol) chasse la bat melekh, un mal des yeux attribué à un esprit. Le lien avec le Chabbat : on peut s'en servir, car c'est aussi un usage cosmétique.

2
וְאָמַר מָר עֻוקְבָא אָמַר שְׁמוּאֵל: עָלִין אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם רְפוּאָה. אָמַר רַב יוֹסֵף: כֻּוסְבַּרְתָּא אֵין בָּהּ מִשּׁוּם רְפוּאָה. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: כְּשׁוּת אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם רְפוּאָה. אָמַר רַב יוֹסֵף: כֻּוסְבַּרְתָּא, אֲפִילּוּ לְדִידִי קַשְׁיָא לִי. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: גַּרְגִּירָא, אֲפִילּוּ לְדִידִי מֵעָלַי [לִי]. וְאָמַר מָר עֻוקְבָא אָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל מִינֵי כְּשׁוּת שְׁרוּ לְבַר מִטָּרוֹזָא.

Mar Oukva a dit au nom de Chmouel : les alin (feuilles) n'ont pas d'effet de guérison (refoua). Rav Yossef a dit : la coriandre (kusbarta) n'a pas d'effet de guérison.

Rav Chechet a dit : le houblon (kechout) n'a pas d'effet de guérison. Rav Yossef a dit : la coriandre, même à moi, elle me fait du mal.

Rav Chechet a dit : la roquette (gargira), même à moi, elle me fait du bien. Mar Oukva a dit au nom de Chmouel : toutes les espèces de kechout sont permises, sauf la teruza.

📜 Rachi (8)
עָלִין כָּךְ שֵׁם הָעֵשֶׂב:
C'est le nom de l'herbe.
אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם רְפוּאָה בַּאֲכִילָתוֹ לְהָאִיר הָעֵינַיִם דְּלָא מַסּוּ:
Quand on la mange pour éclairer les yeux, car elle ne guérit pas.
כֻּוסְבַּרְתָּא אלייאנדר"א:
'Aliandra' [en langue vernaculaire : coriandre].
אֲפִילּוּ לְדִידִי דִּמְאוֹר עֵינַיִם אֲנָא קָשֶׁה לִי לִכְאֵב הָעַיִן אִם אֹוכְלֶנּוּ:
Moi qui suis aveugle (meor einayim), elle me fait du mal pour la douleur des yeux si je la mange.
גַּרְגִּירָא אורוג"א:
'Oruga' [en langue vernaculaire : roquette].
אֲפִילּוּ לְדִידִי דִּמְאוֹר עֵינַיִם אֲנָא מְעַלְּיָא לִי:
Moi qui suis aveugle, elle me fait du bien.
כָּל מִינֵי כְּשׁוּת שָׁרִי לְמֵיכַל בְּשַׁבָּת כְּדִתְנַן בְּמָתְנֵי' כָּל הָאֳוכָלִים אוֹכֵל אָדָם לִרְפוּאָה דְּלָא מוֹכְחָא מִילְּתָא:
[Permises] à la consommation le Chabbat, comme nous l'avons appris dans la mishna : 'tous les aliments, l'homme peut les manger comme remède', car la chose ne se voit pas.
לְבַר מִטָּרוֹזָא שֶׁאֵין אָדָם אוֹכֵל אֶלָּא לִרְפוּאָה וּמוֹכְחָא מִלְּתָא:
Qu'on ne mange que comme remède, et la chose se voit.
🗂️ Tossefot (2)
עָלִין אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם רְפוּאָה פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּבַאֲכִילָה מַייְרֵי וְאֵין נִרְאֶה לר"י אֶלָּא אַייְרֵי לְהָשִׂים עַל הָעַיִן דִּבְהָכִי אַיְירֵי כֻּולָּהּ סוּגְיָא וְעוֹד אִי בַּאֲכִילָה מַייְרֵי הֵיכִי אָסַר רַב שֵׁשֶׁת גַּרְגִּירָא כֵּיוָן דְּמַאֲכָל בְּרִיאִין הוּא וְהִתְנָן כָּל הָאֳוכָלִים אוֹכֵל אָדָם לִרְפוּאָה:
Le Kountrass (Rachi) explique qu'il s'agit de manger. Cela ne semble pas juste au Ri : il s'agit de poser sur l'œil, car toute la sougya porte sur ce cas. De plus, s'il s'agissait de manger, comment Rav Chechet interdirait-il la roquette, puisque c'est une nourriture de gens bien-portants, et nous avons appris : 'tous les aliments, l'homme peut les manger comme remède' ?
לְדִידִי אֲפִילּוּ כֻּוסְבַּרְתָּא קָשֵׁי לִי קָשֶׁה לר"י א"כ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְמֵימַר רַב יוֹסֵף כֻּוסְבַּרְתָּא אֵין בּוֹ מִשּׁוּם רְפוּאָה כֵּיוָן דְּמַזֶּקֶת לָעֵינַיִם כ"ש דְּלָא מְרַפְּאָה וְאוֹמֵר ר"י דה"ק אֵין בָּהּ מִשּׁוּם רְפוּאָה כְּלוֹמַר יֵשׁ שֶׁטּוֹעִין וְסִבּוּרִין שֶׁיֵּשׁ בָּהּ רְפוּאָה וְאֵין בָּהּ רְפוּאָה אֶלָּא מַזֶּקֶת לָעֵינַיִם וְיָכוֹל לִהְיוֹת שֶׁמְּהַנֶּה אוֹתוֹ בְּשׁוּם עִנְיָן:
Le Ri trouve difficile : s'il en est ainsi, pourquoi Rav Yossef a-t-il eu besoin de dire que la coriandre n'a pas d'effet de guérison, puisqu'elle fait du mal aux yeux, à plus forte raison elle ne guérit pas ! Le Ri dit que le sens est : 'elle n'a pas d'effet de guérison', c'est-à-dire que certains se trompent et pensent qu'elle guérit, alors qu'elle ne guérit pas mais fait du mal aux yeux ; et il se peut qu'elle lui profite d'une certaine manière.
💡 Explication

Les Sages ont interdit les remèdes le Chabbat par gezera (décret), de peur qu'on en vienne à broyer des plantes (chehikat samemanim). Ce qui n'a pas d'effet de guérison reste permis. Rav Yossef et Rav Chechet étaient aveugles : ils parlent de leur propre expérience des yeux.

Rachi comprend ces énoncés comme portant sur la nourriture ; Tossefot soutient qu'il s'agit de ce qu'on pose sur l'œil. Critère de fond (Rachi) : un aliment consommé aussi par les bien-portants est permis, car on ne voit pas qu'il s'agit d'un soin (la mokha milta) ; la teruza ne se mange que comme remède, donc on le voit.

3
אָמַר רַב חִסְדָּא: שִׁירְקָא טַוְיָא — שָׁרֵי, פִּיעְפּוּעֵי בֵּיעֵי — אָסוּר. דְּבֵיתְהוּ דִּזְעֵירִי עֲבַדָא לֵיהּ לְחִייָּא בַּר אָשֵׁי, וְלֹא אָכַל. אָמְרָה לֵיהּ: לְרַבָּךְ עֲבַדִי לֵיהּ וַאֲכַל, וְאַתְּ לֹא אָכַלְתָּ?! זְעֵירִי לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר זְעֵירִי: נוֹתֵן אָדָם יַיִן צָלוּל וּמַיִם צְלוּלִין לְתוֹךְ הַמְשַׁמֶּרֶת בְּשַׁבָּת וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. אַלְמָא כֵּיוָן דְּמִשְׁתְּתֵי הָכִי — לָאו מִידִי קָעֲבִיד, הָכָא נָמֵי כֵּיוָן דְּמִיתְּכִיל הָכִי — לָאו מִידִי קָעֲבִיד.

Rav Hisda a dit : le chirka touya est permis ; les pia'pouei beie (œufs battus) sont interdits. La femme de Zeiri en a fait pour Hiya bar Achi, et il n'en a pas mangé.

Elle lui a dit : je l'ai fait pour ton maître et il en a mangé, et toi tu n'en manges pas ?! Zeiri suit son propre raisonnement, car Zeiri a dit : on peut mettre du vin clair et de l'eau claire dans le filtre (mechameret) le Chabbat, sans crainte.

Il en ressort que, puisqu'on les boit ainsi, on ne fait rien ; ici aussi, puisqu'on le mange ainsi, on ne fait rien.

📜 Rachi (8)
שְׁרִיקָא טַוְיָא לִשְׁרוֹק וְלָטוּחַ שֶׁמֶן וּבֵיצִים מְגֻולְגָּלִין עַל הַצָּלִי כְּשֶׁהוּא חַם מִשֶּׁחֲשֵׁכָה שָׁרִי וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא רוֹתֵחַ כְּדֵי לְבַשֵּׁל וְלָא אָמְרִינַן דָּמֵי לְמַתְּקָן:
Frotter et enduire d'huile et d'œufs battus le rôti quand il est chaud, après la tombée de la nuit, est permis, à condition qu'il ne soit pas brûlant au point de cuire ; et on ne dit pas que cela ressemble à une préparation (metaken).
פִּיעְפּוּעֵי בֵּיעֵי לִטְרוֹף בֵּיצִים מְגֻולְגָּלִין בַּקְּעָרָה:
Battre des œufs brouillés dans un bol.
אָסוּר דְּמִתְחֲזֵי כְּמַאן דְּבָעֵי לְמִשְׁדִּינְהוּ בִּקְדֵרָה:
Car on a l'air de vouloir les jeter dans la marmite.
עַבְדָּא לֵיהּ שְׁרִיקָא טַוְיָא:
Du chirka touya.
לְרַבָּךְ זְעֵירִי:
Zeiri.
מִשְׁמֶרֶת שֶׁמְּסַנְּנִין בָּהּ שְׁמָרִים:
Dans lequel on filtre la lie.
כֵּיוָן דְּמִשְׁתְּתֵי הָכִי שֶׁרָאוּי לִשְׁתּוֹתוֹ כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּלֹא סִינּוּן:
Qu'il est bon à boire tel quel, sans filtrage.
דְּמִיתְּכִיל הָכִי בְּלֹא שִׁירְקָא:
Sans chirka.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁרִיקָא טַוְיָא פֵּירֵשׁ רַ"ח מַיִם שֶׁמְּסַנְּנִים מִמְּעֵי אֲבַטִּיחַ וְשׁוֹתִים כְּדֵי לְשַׁלְשֵׁל ור"ל דְּמֻותָּר לְסַנֵּן מַיִם שֶׁבַּמַּעְיָין כִּדְמַסִּיק כֵּיוָן דְּמִיתְּכִיל הָכִי לָאו מִידֵּי קָעָבֵיד אֲבָל פַּעְפּוּעֵי בֵּיעֵי אָסוּר דְּלָא מִיתְּכִיל בְּלֹא סִינּוּן שַׁפִּיר וְהַשְׁתָּא אָתֵי שַׁפִּיר לְפִי' ר"ח דְּשַׁיְיכָא הָא מִלְּתָא לְהָכָא דְּמַיְירֵי בִּרְפוּאָה:
Rabbenou Hananel explique : de l'eau qu'on filtre de l'intérieur d'un melon et qu'on boit pour relâcher [les intestins]. Il veut dire qu'il est permis de filtrer l'eau qui est à l'intérieur, comme on le conclut : 'puisqu'on le mange ainsi, on ne fait rien' ; mais les œufs battus sont interdits, car on ne les mange pas convenablement sans filtrage. Ainsi, selon l'explication de Rabbenou Hananel, on comprend bien pourquoi cet enseignement se trouve ici, où il est question de guérison.
💡 Explication

Deux lectures du chirka touya. Selon Rachi : enduire un rôti chaud d'huile et d'œufs battus après la tombée de la nuit est permis ; battre des œufs dans un bol est interdit, car on semble vouloir les jeter dans la marmite. Selon Rabbenou Hananel (Tossefot) : il s'agit du jus de melon, filtré et bu comme laxatif ; ce qui rattache ce passage au sujet de la refoua.

La règle de Zeiri : filtrer un liquide qu'on consomme de toute façon sans filtrage n'est pas l'acte de borer (trier) ; on n'y ajoute rien.

4
וְאָמַר מַר עוּקְבָא: מִי שֶׁנִּגְּפָה יָדוֹ אוֹ רַגְלוֹ, צוֹמְתָהּ בְּיַיִן וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. אִיבַּעְיָא לְהוּ: חַלָּא מַאי? אָמַר רַב הִלֵּל לְרַב אָשֵׁי: כִּי הֲוֵינָא בֵּי רַב כָּהֲנָא אָמְרִי חַלָּא לָא. אָמַר רָבָא: וְהָנֵי בְּנֵי מָחוֹזָא, כֵּיוָן דִּמְפַנְּקִי — אֲפִילּוּ חַמְרָא נָמֵי מַסֵּי לְהוּ.

Mar Oukva a dit : celui dont la main ou le pied a été heurté peut la serrer (tsomta) dans du vin sans crainte. On a demandé : et le vinaigre, qu'en est-il ?

Rav Hillel a dit à Rav Achi : quand j'étais chez Rav Kahana, on disait : le vinaigre, non. Rava a dit : et ces gens de Mehoza, puisqu'ils sont délicats, même le vin les guérit.

📜 Rachi (3)
שֶׁנִּגְּפָה שֶׁנִּכְשְׁלָה וְלָקְתָה לְשׁוֹן פֶּן תִּגֹּוף (תְּהִילִּים צ״א:י״ב) דַּם מַגֵּפָתָהּ (מַכְשִׁירִין פ"ו מ"ח):
Qui a trébuché et a été blessé, de l'expression 'de peur que tu ne heurtes (tigof)' (Tehilim 91,12), 'le sang de sa blessure (magefata)' (Makhchirin 6,8).
צוֹמְתָהּ בְּיַיִן לְשַׁכֵּךְ הַדָּם:
Pour calmer [l'écoulement du] sang.
דִּמְפַנְּקִי מְעֻונָּגִין הֵן וְכָל דָּבָר שֶׁהוּא חָזָק קְצָת קָשֶׁה לִבְשָׂרָן וְצוֹמְתָהּ:
Ils sont délicats, et toute chose un peu forte est dure pour leur chair et la resserre.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר מָר עֻוקְבָא מִי שֶׁנִּיגְּפָה יָדוֹ אוֹ רַגְלוֹ צוֹמְתָא בְּיַיִן וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ אִיבַּעְיָא לְהוּ חַלָּא מַאי אֲמַר לֵיהּ רַב הִלֵּל לְרַב כִּי הֲוֵינָא בֵּי רַב כָּהֲנָא אֲמַר לַן חַלָּא לָא. אָמַר רָבָא הָנֵי בְּנֵי מָחוֹזָא כֵּיוָן דִּמְפַנְּקִי אֲפִילּוּ חַמְרָא נָמֵי מַסֵּי לְהוּ. וַאֲסִיר. רָבִינָא אִיקְּלַע לְבֵי רַב אָשֵׁי חַזְיֵיהּ דְּדַרְכָּא לֵיהּ חֲמָרָא אַגַּבָּא דְכַרְעֵיהּ וְקָצְמִית לֵיהּ בְּחַמְרָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא סָבַר לַהּ מָר הָא דְּאָמַר רָבָא הָנֵי בְּנֵי מָחוֹזָא כֵּיוָן דִּמְפַנְּקִי אַפֵּי' חַמְרָא מַסֵּי לְהוּ וּמָר נָמֵי הָא מְפַנַּק. אֲמַר לֵיהּ גַּב הַיָּד וְגַב הָרֶגֶל שָׁאנֵי דְּאָמַר רַב אַדָּא בַּר מַתְנָא אָמַר רַב גַּב הַיָּד וְגַב הָרֶגֶל הֲרֵי הֵן כְּמַכָּה שֶׁל חָלָל וּמְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת:
Mar Oukva a dit : celui dont la main ou le pied a été heurté peut la serrer dans du vin sans crainte. On a demandé : et le vinaigre ? Rav Hillel a dit à Rav : quand nous étions chez Rav Kahana, il nous a dit : le vinaigre, non. Rava a dit : ces gens de Mehoza, puisqu'ils sont délicats, même le vin les guérit. Et c'est interdit. Ravina est venu chez Rav Achi ; il a vu qu'un âne lui avait marché sur le dos du pied et qu'il le serrait dans du vin. Il lui a dit : le Maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rava, que ces gens de Mehoza, puisqu'ils sont délicats, même le vin les guérit ? Et le Maître aussi est délicat ! Il lui a dit : le dos de la main et le dos du pied sont différents, car Rav Ada bar Matna a dit au nom de Rav : le dos de la main et le dos du pied sont comme une blessure interne (makka chel halal), et on transgresse le Chabbat pour eux.
💡 Explication

Le vin sert d'abord à arrêter le sang et n'est pas perçu comme un remède ; le vinaigre, plus fort, soigne : le geste se voit comme un traitement. Pour les gens de Mehoza, peau sensible, le vin a déjà un effet thérapeutique : il leur est interdit.

🖼️ Schéma
Tremper une blessure : vin ou vinaigre ?Vinpermis (Mar Oukva)arrête le sangVinaigreinterdit (chez Rav Kahana)remède reconnuGens de Mehozadélicats : même le vinles soigne => interditRav Achi, pied piétiné par un ânetrempe dans le vinaigre (ou le vin, selon l'autre version)Dos de la main / du pied : blessure dangereuseRav : on transgresse le Chabbat pour elle
Vin, vinaigre, gens délicats et blessure dangereuse (seg. 3-5).
5
רָבִינָא אִיקְּלַע לְבֵי רַב אָשֵׁי, חַזְיֵיהּ דִּדְרִיכָא לֵיהּ חֲמָרָא אַגַּבָּא דְכַרְעֵיהּ, וְיָתֵיב קָא צָמֵית לֵיהּ בְּחַלָּא. אֲמַר לֵיהּ: לֹא סָבַר לָהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רַב הִילֵּל חַלָּא לָא? אֲמַר לֵיהּ: גַּב הַיָּד וְגַב הָרֶגֶל שָׁאנֵי.

Ravina est venu chez Rav Achi ; il a vu qu'un âne lui avait marché sur le dos du pied, et [Rav Achi] était assis et le serrait dans du vinaigre. Il lui a dit : le Maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rav Hillel : le vinaigre, non ?

Il lui a dit : le dos de la main et le dos du pied sont différents.

📜 Rachi (2)
דִּדְרִיכָא לֵיהּ חַמְרָא חָמוּר דֶּרֶךְ לוֹ עַל רַגְלוֹ:
Un âne lui a marché sur le pied.
שָׁאנֵי שֶׁמַּכָּתוֹ קָשָׁה וּמְסֻוכָּן וּמְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת:
Car sa blessure est grave et dangereuse, et on transgresse le Chabbat pour elle.
6
אִיכָּא דְאָמְרִי, חַזְיֵיהּ דְּקָא צָמֵית לֵיהּ בְּחַמְרָא. אֲמַר לֵיהּ: לֹא סָבַר לָהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רָבָא: הָנֵי בְּנֵי מָחוֹזָא כֵּיוָן דִּמְפַנְּקִי — אֲפִילּוּ חַמְרָא נָמֵי מַסֵּי לְהוּ? וּמָר נָמֵי הָא מְפַנַּק! אֲמַר לֵיהּ: גַּב הַיָּד וְגַב הָרֶגֶל שָׁאנֵי. דְּאָמַר רַב אַדָּא בַּר מַתְנָה אָמַר רַב: גַּב הַיָּד וְגַב הָרֶגֶל הֲרֵי הֵן כְּמַכָּה שֶׁל חָלָל וּמְחַלְּלִין עֲלֵיהֶן אֶת הַשַּׁבָּת.

Certains disent : il a vu qu'il le serrait dans du vin. Il lui a dit : le Maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rava : ces gens de Mehoza, puisqu'ils sont délicats, même le vin les guérit ?

Et le Maître aussi est délicat ! Il lui a dit : le dos de la main et le dos du pied sont différents, car Rav Ada bar Matna a dit au nom de Rav : le dos de la main et le dos du pied sont comme une blessure interne (makka chel halal), et on transgresse le Chabbat pour eux.

💡 Explication

Une makka chel halal (blessure à l'intérieur du corps) met la vie en danger : on transgresse le Chabbat pour la soigner (pikouah nefech). Rav l'étend au dos de la main et du pied. Les deux versions (vinaigre ou vin) mènent à la même conclusion.

7
תָּנוּ רַבָּנַן: רוֹחֲצִים בְּמֵי גְּרָר, בְּמֵי חַמָּתָן, בְּמֵי עַסְיָא וּבְמֵי טְבֶרְיָא, אֲבָל לֹא בַּיָּם הַגָּדוֹל וְלֹא בְּמֵי מִשְׁרָה וְלֹא בְּיַמָּהּ שֶׁל סְדוֹם.

Les Sages ont enseigné : on se baigne dans les eaux de Guerar, dans les eaux de Hamatan, dans les eaux d'Assia et dans les eaux de Tibériade, mais pas dans la Grande Mer, ni dans l'eau de rouissage (mei michra), ni dans la mer de Sedom.

📜 Rachi (3)
רוֹחֲצִין בְּמֵי גְּרָר ואע"פ שֶׁהֵן מְלוּחִין קְצָת דֶּרֶךְ לִרְחֹוץ בָּהֶן בְּחוֹל וְלָא מוֹכְחָא מִילְּתָא דְּלִרְפוּאָה הִיא:
Bien qu'elles soient un peu salées, on a l'habitude de s'y baigner en semaine, et on ne voit pas que c'est pour un soin.
אֲבָל לֹא בַּיָּם הַגָּדוֹל לְקַמָּן מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
On en expliquera la raison plus loin.
וְלֹא בְּמֵי מִשְׁרָה שֶׁשּׁוֹרִין בּוֹ פִּשְׁתָּן וְאֵין דֶּרֶךְ רְחִיצָה בָּהֶן אֶלָּא לִרְפוּאָה דְּמַסּוּ וְכֵן בִּימָה שֶׁל סְדוֹם דְּמָלִיחַ טוּבָא וְאֵין רוֹחֲצִין בָּהּ אֶלָּא לִרְפוּאָה וּמוֹכְחָא מִילְּתָא:
Où l'on fait tremper le lin ; on n'a l'habitude de s'y baigner que pour un soin, car elles guérissent. De même la mer de Sedom, qui est très salée : on ne s'y baigne que pour un soin, et la chose se voit.
🗂️ Tossefot (1)
רוֹחֲצִין בְּמֵי גְּרָר בְּמֵי חַמָּתָן בְּמֵי טְבֶרְיָא וְהָא דִּתְנַן בְּפֶ' חָבִית (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף קמז.) הָרוֹחֵץ בְּמֵי מְעָרָה בְּמֵי טְבֶרְיָא וְדִיֵּיק בַּגְּמָרָא דִּיעֲבַד אִין לְכַתְּחִילָּה לָא הָתָם מַיְירֵי בְּרוֹחֵץ בְּגֻומָּא דְּדָמְיָא לְמֶרְחָץ אֲבָל בְּנָהָר מֻותָּר לְכַתְּחִילָּה כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל בְּפֶרֶק כִּירָה (לְעֵיל לט: ד"ת וְהָא) וְרַבֵּינוּ נִסִּים כָּתַב בִּמְגִילַּת סְתָרִים דְּהָא דְּקָתָנֵי הָרוֹחֵץ דִּיעֲבַד אִין לְכַתְּחִילָּה לָא מִשּׁוּם מֵי מְעָרָה אֲבָל בְּמֵי טְבֶרְיָא אֲפִילּוּ לְכַתְּחִילָּה שָׁרִי וְלָא קָתָנֵי בְּמֵי טְבֶרְיָא אֶלָּא לְלַמֵּד עַל מֵי מְעָרָה שֶׁהֵן חַמִּין דֻּומְיָא דְּמֵי טְבֶרְיָא וְטַעְמָא מִשּׁוּם דְּמֵי טְבֶרְיָא מְגֻולִּין אֲבָל מְעָרָה מְכֻוסָּה הִיא כִּדְאָמַר בְּשׁוֹר שֶׁנָּגַח אֶת הַפָּרָה (בּ"ק דַּף נ:) דִּמְעָרָה עֲבִידָא דְּמִטַּלְּלָא וּנְפִישׁ הַבְלָא וְחָיְישִׁינַן שֶׁמָּא יַזִּיעַ ומש"ה לְכַתְּחִילָּה לֹא:
Ce que nous avons appris au chapitre Havit (plus loin 147a) : 'celui qui se baigne dans l'eau d'une grotte, dans les eaux de Tibériade', et on en déduit dans la Guemara : a posteriori (bediavad) oui, a priori (lekhatehila) non. La-bas, il s'agit de se baigner dans une fosse, qui ressemble à un bain public ; mais dans un fleuve c'est permis à priori, comme je l'ai expliqué plus haut au chapitre Kira (39b, s.v. vehaa). Et Rabbenou Nissim a écrit dans la Meguilat Setarim : ce qui est enseigné 'celui qui se baigne', a posteriori oui, a priori non, est à cause de l'eau de la grotte ; mais dans les eaux de Tibériade, même a priori c'est permis. On n'a mentionné les eaux de Tibériade que pour apprendre que l'eau de la grotte est chaude comme les eaux de Tibériade. La raison : les eaux de Tibériade sont à découvert, mais la grotte est couverte, comme on le dit au chapitre Chor chenagah et haPara (Bava Kama 50b) : une grotte est faite avec un toit, sa vapeur est abondante, et on craint qu'il ne transpire ; c'est pourquoi, a priori, non.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר רוֹחֲצִים בְּמֵי גְּרָר וּבְמֵי חַמָּתָן וּבְמֵי עַסְיָא וּבְמֵי טְבֶרְיָא אֲבָל לֹא בַּיָּם הַגָּדוֹל וְלֹא בְּמֵי מִשְׁרָה וְלֹא בְּמֵימֵי שֶׁל סְדוֹם בַּיָּם הַגָּדוֹל אוֹקֵימְנָא בְּמַיִם הָרָעִים שֶׁבּוֹ אֲבָל בְּמַיִם הַיָּפִים שֶׁבּוֹ רוֹחֲצִין. וְלֹא בְּמֵי מִשְׁרָה אוֹקֵימְנָא דְּאִישְׁתַּהִי בֵּיהּ אֲבָל לָא אִישְׁתַּהִי בֵּיהּ רוֹחֲצִין:
Les Sages ont enseigné : on se baigne dans les eaux de Guerar, dans les eaux de Hamatan, dans les eaux d'Assia et dans les eaux de Tibériade, mais pas dans la Grande Mer, ni dans l'eau de rouissage, ni dans les eaux de Sedom. La Grande Mer : nous l'avons établi pour ses eaux mauvaises, mais dans ses eaux bonnes on se baigne. L'eau de rouissage : nous l'avons établi quand on y reste longtemps, mais si on n'y reste pas, on s'y baigne.
💡 Explication

Même critère : les sources chaudes ou salées de Guerar, Tibériade, etc. servent aussi au bain ordinaire, on ne voit pas qu'il s'agit d'un soin. L'eau où l'on fait tremper le lin et la mer de Sedom (mer Morte), très salée, ne servent qu'à se soigner : la chose se voit. La raison pour la Grande Mer (Méditerranée) est donnée plus loin.

8
וּרְמִינְהוּ: רוֹחֲצִים בְּמֵי טְבֶרְיָא וּבַיָּם הַגָּדוֹל, אֲבָל לֹא בְּמֵי מִשְׁרָה וְלֹא בְּיַמָּהּ שֶׁל סְדוֹם — קַשְׁיָא יָם הַגָּדוֹל אַיָּם הַגָּדוֹל!

On oppose [une autre baraita] : on se baigne dans les eaux de Tibériade et dans la Grande Mer, mais pas dans l'eau de rouissage ni dans la mer de Sedom. Il y a une difficulté : la Grande Mer contre la Grande Mer !

🖼️ Schéma
Deux baraitot sur la Grande MerBaraita 1 (seg. 6)pas de bain dans la Grande MerBaraita 2 (seg. 7)bain permis dans la Grande MerRabbi Yehoudala Grande Mer diffère des autresRabbi Meirtoutes les mers sont égales
La contradiction et sa résolution par Rabbi Yo'hanan.
9
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, לָא קַשְׁיָא: הָא — רַבִּי מֵאִיר, הָא — רַבִּי יְהוּדָה. דִּתְנַן: כָּל הַיַּמִּים כְּמִקְוֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְמִקְוֵה הַמַּיִם קָרָא יַמִּים״, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יָם הַגָּדוֹל כְּמִקְוֶה, וְלֹא נֶאֱמַר ״יַמִּים״, אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מִינֵי יַמִּים הַרְבֵּה.

Rabbi Yo'hanan a dit : il n'y a pas de difficulté. Celle-ci est de Rabbi Meir, celle-là de Rabbi Yehouda.

Car nous avons appris : toutes les mers sont comme un mikve, car il est dit : 'et l'amas (mikve) des eaux, Il l'appela mers (yamim)' ; ce sont les paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : la Grande Mer est comme un mikve ; et on a dit 'mers' seulement parce qu'il y a en elle de nombreuses espèces de mers.

📜 Rachi (5)
הָא דְּקָתָנֵי רוֹחֲצִים בַּיָּם הַגָּדוֹל ר"מ הִיא דִּמְשַׁוֵּי כָּל הַיָּמִים כִּי הֲדָדֵי וְלָא מְפַלֵּיג בֵּין יָם הַגָּדוֹל לִשְׁאָר הַיָּמִים:
[La baraita] qui enseigne qu'on se baigne dans la Grande Mer est de Rabbi Meir, qui met toutes les mers sur le même plan et ne distingue pas entre la Grande Mer et les autres mers.
וְהָא דְּתָנֵי אֵין רוֹחֲצִין רַבִּי יְהוּדָה הִיא דִּמְפַלֵּיג בֵּין יָם הַגָּדוֹל לִשְׁאָר יָמִים:
[La baraita] qui enseigne qu'on ne s'y baigne pas est de Rabbi Yehouda, qui distingue entre la Grande Mer et les autres mers.
כָּל הַיַּמִּים כְּמִקְוֶה לְכָל תּוֹרַת מִקְוֶה וְאֵין לָהֶם תּוֹרַת מַעְיָין וּמַה בֵּין מִקְוֶה לַמְּעַיֵּין הַמַּעְייָן כָּשֵׁר לִטְבִילַת זָב וְהַזָּאַת צִפּוֹר מְצֹורָע דָּמִים חַיִּים הֵן וּלְקַדֵּשׁ מֵי חַטָּאת דִּבְכוּלְּהוּ מַיִם חַיִּים כְּתִיב בְּזָב כְּתִיב (וַיִּקְרָא ט״ו:י״ג) וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בְּמַיִם חַיִּים בִּמְצוֹרָע כְּתִיב (שָׂם יָד) אֶל כְּלִי חֶרֶס עַל מַיִם חַיִּים בְּמֵי חַטָּאת כְּתִיב (בַּמִּדְבָּר י״ט:י״ז) מַיִם חַיִּים אֶל כֶּלִי וּמְטַהֵר טְמֵאִים הַטּוֹבְלִים בְּמֵימָיו כְּשֶׁהֵן זוֹחֲלִין וּמְקַלְּחִים שֶׁהֲרֵי זֶה דַּרְכּוֹ שֶׁל מַעְיָין כָּל עַצְמָן זוֹחֲלִין הֵן וּמִקְוֶה שֶׁהֵן מַיִם מְכֻונָּסִין אִם הִטְבִּיל בְּמֵימָיו דֶּרֶךְ זְחִילָתָן בְּמָקוֹם קָטַפְרֵס אֵינָהּ טְבִילָה עַד שֶׁיְּהֵא בִּמְקוֹם אַשְׁבֹּורֶן שֶׁלּוֹ קַווְיָן וְעוֹמְדִין וְהָכִי תַּנְיָא בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים אִי מַה מַעְייָן מְטַהֵר בְּזוֹחֲלִין אַף מִקְוֶה מְטַהֵר בְּזוֹחֲלִין ת"ל אַךְ מַעְיָין מְטַהֵר בְּזוֹחֲלִין וְהַמִּקְוֶה בְּאַשְׁבֹּורֶן זֶהוּ פֵּירוּשׁ מְטַהֵר בְּזוֹחֲלִין בְּכָל מָקוֹם וַאֲנִי לֹא שְׁמַעְתִּיו כֵּן וְאֵין הַמִּקְוֶה כָּשֵׁר לִטְבִילַת זָב וּלְהַזָּיַית מְצֹורָע וּלְקַדֵּשׁ מֵי חַטָּאת וְכָל הַיָּמִים כְּמִקְוֶה שֶׁהַכָּתוּב קְרָאָן מִקְוֶה:
[Elles ont] toute la loi du mikve et n'ont pas la loi de la source (maayan). Quelle est la différence entre mikve et source ? La source est valable pour l'immersion du zav, pour l'aspersion [liée à] l'oiseau du metsora, car ce sont des eaux vives (mayim 'hayim), et pour sanctifier les eaux de purification (mei hatat) ; car pour tous, il est écrit 'eaux vives'. Pour le zav il est écrit (Vayikra 15,13) : 'il lavera sa chair dans des eaux vives' ; pour le metsora il est écrit (ibid. 14) : 'dans un récipient de terre, sur des eaux vives' ; pour les mei hatat il est écrit (Bamidbar 19,17) : 'des eaux vives dans un récipient'. Et [la source] purifie les impurs qui s'immergent dans ses eaux quand elles coulent et s'écoulent, car c'est la nature de la source : ses eaux coulent entièrement. Le mikve, qui est de l'eau rassemblée, si l'on s'immerge dans ses eaux pendant qu'elles coulent sur une pente, ce n'est pas une immersion, tant que ce n'est pas à l'endroit de son bassin (achboren), [où les eaux sont] rassemblées et immobiles. Ainsi est-il enseigné dans le Torat Kohanim : peut-être, de même que la source purifie en coulant, le mikve purifie-t-il en coulant ? Le texte dit : 'mais (akh) une source' : la source purifie en coulant et le mikve dans le bassin. Tel est le sens de 'purifie en coulant' partout, et je ne l'ai pas entendu ainsi [de mes maîtres]. Le mikve n'est pas valable pour l'immersion du zav, pour l'aspersion du metsora ni pour sanctifier les mei hatat. Et toutes les mers sont comme un mikve, car le verset les a appelées mikve.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר לֹא קָרָא הַכָּתוּב מִקְוֶה אֶלָּא לַיָּם הַגָּדוֹל דְּבֵיהּ מִשְׁתַּעֵי קְרָא בְּמַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית שֶׁשָּׁם נִקְווּ כָּל מֵי בְּרֵאשִׁית:
Le verset n'a appelé mikve que la Grande Mer, car c'est d'elle que parle le verset dans l'œuvre de la Création : c'est là que se sont rassemblées toutes les eaux du commencement.
וְלֹא נֶאֱמַר יָמִים בִּלְשׁוֹן רַבִּים אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁמְּעֹורָבִין בּוֹ מִינֵי יַמִּים הַרְבֵּה שֶׁכָּל הַנְּחָלִים הֹולְכִים אֶל הַיָּם:
On a dit 'mers' au pluriel seulement parce que de nombreuses espèces de mers sont mêlées en elle, car tous les fleuves vont à la mer.
🗂️ Tossefot (1)
הָא ר"מ וְהָא רַבִּי יְהוּדָה תֵּימַהּ הֵיכִי מְדַמֵּי הָא פְּלוּגְתָּא לִפְלוּגְתָּא דִּלְעֵיל דְּמַיְירֵי בִּרְפוּאָה:
Étonnant : comment compare-t-il ce désaccord au désaccord précédent, qui porte sur la guérison ?
💡 Explication

Mikve et maayan (source) : un mikve purifie seulement si ses eaux sont stagnantes (achboren) ; une source purifie même quand elle coule (zohalin) et compte comme mayim 'hayim (eaux vives), requises pour le zav, le metsora et les mei hatat.

Pour Rabbi Meir, toutes les mers ont le statut de mikve : la Grande Mer n'a rien de particulier, on peut s'y baigner. Pour Rabbi Yehouda, seule la Grande Mer est le mikve du verset : elle a un statut à part, et la baraita qui interdit d'y baigner suit son avis. Tossefot relève que le lien entre les deux sujets (pureté et refoua) reste à expliquer.

10
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כָּל הַיַּמִּים מְטַהֲרִין בְּזוֹחֲלִין, וּפְסוּלִים לְזָבִים וְלִמְצֹורָעִים וּלְקַדֵּשׁ בָּהֶן מֵי חַטָּאת. מַתְקִיף לַהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק:

Rabbi Yossi dit : toutes les mers purifient [même] en coulant (zohalin), et elles sont invalides pour les zavim, pour les metsoraim et pour y sanctifier les mei hatat. Rav Nahman bar Yitshak objecte :

📜 Rachi (1)
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר כָּל הַיַּמִּים וְיָם הַגָּדוֹל תּוֹרַת מַעְייָן מַיִם זוֹחֲלִין עֲלֵיהֶן לְעִנְיָן שֶׁהֵם מְטַהֲרִין בְּזוֹחֲלִין מִפְּנֵי שֶׁדֶּרֶךְ לִהְיוֹת נְחָלִים זוֹחֲלִין עֲלֵיהֶן וְזֶה דַּרְכָּן אֲבָל פְּסוּלִין הֵן לְתוֹרַת מַיִם חַיִּים דְּהַכָּתוּב קְרָאָן מִקְוֶה:
Et la Grande Mer [ont] la loi de la source pour les eaux qui coulent, c'est-à-dire qu'elles purifient en coulant, parce que d'habitude des fleuves y coulent et c'est leur nature ; mais elles ne sont pas valables pour la loi des eaux vives, car le verset les a appelées mikve.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר כָּל הַיַּמִּים מְטַהֲרִין בְּזוֹחֲלִין נִרְאֶה לְרִיבָ"א דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּכָל שָׁעָה הוֹלְכִים וְשָׁבִים מִכָּאן לְכָאן וְהָוֵי כְּזוֹחֲלִין הִלְכָּךְ יֵשׁ לָהֶם לְטַהֵר בְּזוֹחֲלִין כְּמוֹ שְׁאָר נְהָרוֹת אֲבָל מַיִם חַיִּים אֵינָם שֶׁהֲרֵי אֵינָם נוֹבְעִים הִלְכָּךְ מִיסְתַּבֵּר טְפֵי מַה שֶׁהַכָּתוּב קְרָאָן מִקְוֶה הַיְינוּ לְפָוסְלָן מִמַּיִם חַיִּים:
Il semble au Riva que la raison est que, à tout moment, [leurs eaux] vont et viennent d'un côté à l'autre, et c'est comme si elles coulaient ; c'est pourquoi elles doivent purifier en coulant, comme les autres fleuves. Mais ce ne sont pas des eaux vives, car elles ne jaillissent pas. Il est donc plus logique que le fait que le verset les ait appelées mikve serve à les exclure des eaux vives.
💡 Explication

Rabbi Yossi donne aux mers un statut intermédiaire : comme une source, elles purifient même quand leurs eaux sont en mouvement ; comme un mikve, elles ne sont pas des eaux vives et ne conviennent pas aux purifications qui en exigent. L'objection de Rav Nahman bar Yitshak suit au 109b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).