Shabbat 109b — Bains et remèdes le Chabbat : le critère des bien-portants

Shabbat 109b

Sougya : L'amud achève la discussion sur le bain dans la Grande Mer et dans l'eau de rouissage du lin le Chabbat : Rav Nahman bar Yitshak distingue d'abord selon qu'on s'attarde dans l'eau, puis, après objection, selon la qualité des eaux de la mer. La Mishna pose ensuite le principe : on peut manger et boire ce que mangent les bien-portants, même pour se soigner, mais on évite ce qui révèle un soin (eizoveyon, eau de palmier, kos iqarin).

La Guemara identifie les plantes citées (ezov, yoezer, abouvroe) et énumère des remèdes contre les vers, l'eau découverte (guiluy), le serpent avalé ou la morsure de serpent.

Bain dans la Grande Mer et dans l'eau de rouissage : résolution des contradictionsBaraita A (109à)pas de bain dans la Grande Mer,ni dans l'eau de rouissage (mei michra)Baraita B / baraita de Tibériadebain permis dans la Grande Meret dans l'eau de rouissageRabbi Yo'hanan (109à) : Rabbi Yehouda / Rabbi MeirObjection : ils divergent sur la pureté, pas sur le Chabbat (seg. 0)Rav Nahman bar Yitshak, 1re réponseA : il s'attarde dans l'eau / B : il ne s'attarde pas (seg. 0)Objection (seg. 1)sans s'attarder, même l'eau de rouissage est permise : A ne peut l'interdireGrande Mer (seg. 2)eaux belles : permiseaux mauvaises : interdit (on s'attarde dans les deux)Eau de rouissage (seg. 2)il s'attarde : interditil ne s'attarde pas : permis
Déroulement de la sougya du bain le Chabbat (fin du 109à et seg. 0-2).
Mishna : aliments et boissons médicinaux le ChabbatAliment ou boisson pris le Chabbatles bien-portants en consomment-ils ?OUI : ma'akhal beriimpermis, même dans un but de guérisonNON : on voit qu'il se soigneinterdit (décret sur le broyage des remèdes)Permisyoezer (potnak)abouvroe (houmtaria)tout aliment et toute boisson courantsInterditeizoveyonmei deqalim (eau de palmier)kos iqarin (contre la jaunisse)Sans intention de soin : eau de palmier pour la soif, huile d'iqarin en onction
Le critère de la Mishna : ce que mangent les bien-portants est permis.
1
אֵימוֹר דִּפְלִיגִי לְעִנְיַן טֻומְאָה וְטָהֳרָה, לְעִנְיַן שַׁבָּת מִי שָׁמְעַתְּ לְהוּ? אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, לָא קַשְׁיָא: הָא דְּאִישְׁתַּהִי, הָא דְּלָא אִישְׁתַּהִי.

Admettons qu'ils divergent au sujet de l'impureté et de la pureté ; au sujet du Chabbat, les as-tu entendus [diverger] ? Rav Nahman bar Yitshak a donc dit : il n'y a pas de difficulté : celle-ci [traite du cas] où il s'attarde [dans l'eau], celle-là où il ne s'attarde pas.

📜 Rachi (4)
אֵימוֹר דִּפְלִיגִי לְעִנְיַן טֻומְאָה וְטָהֳרָה וּמִשּׁוּם קְרָא:
Et [ils divergent] à cause d'un verset.
לְעִנְיַן שַׁבָּת דְּטַעְמָא מִשּׁוּם רְפוּאָה הוּא מִי שָׁמְעַת לְהוּ:
Ou la raison [de l'interdit] est le soin : les as-tu entendus [diverger] ?
הָא דְּאִישְׁתַּהִי בְּגַוַּייְהוּ אָסוּר דְּמוֹכְחָא מִלְּתָא דְּלִרְפוּאָה קָא מְכַוֵּין:
S'il s'attarde en elles, c'est interdit, car il est manifeste qu'il vise un soin.
הָא דְּלָא אִישְׁתַּהִי אֶלָּא רָחַץ וְיָצָא מֻותָּר:
Mais s'il s'est lavé et est sorti, c'est permis.
💡 Explication

Au 109à, Rabbi Yo'hanan avait attribué les deux baraitot sur la Grande Mer à Rabbi Meir et à Rabbi Yehouda. La Guemara objecte : leur désaccord porte sur la tahara (la mer est-elle un mikve ?), sans lien avec l'interdit de refoua (soin) le Chabbat.

Rav Nahman bar Yitshak propose une autre distinction : celui qui s'attarde (ichtehei) dans l'eau montre qu'il cherche un soin, ce qui est interdit ; celui qui entre et sort aussitôt se baigne comme tout le monde.

2
בְּמַאי אוֹקִימְתָּא לְבָתְרָיָיתָא — דְּלָא אִישְׁתַּהִי, אִי דְּלָא אִישְׁתַּהִי — אֲפִילּוּ בְּמֵי מִשְׁרָה נָמֵי. דְּהָתַנְיָא: רוֹחֲצִין בְּמֵי טְבֶרְיָא וּבְמֵי מִשְׁרָה וּבְיַמָּה שֶׁל סְדוֹם, וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֲטָטִים בְּרֹאשׁוֹ. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁלֹּא נִשְׁתַּהָא, אֲבָל נִשְׁתַּהָא — אָסוּר.

Comment as-tu établi la dernière [baraita] ? [Dans le cas] où il ne s'attarde pas ?

S'il ne s'attarde pas, même dans l'eau de rouissage (mei michra) [ce serait permis] aussi ! Car il a été enseigné : on se baigne dans les eaux de Tibériade, dans l'eau de rouissage et dans la mer de Sedom, même si l'on a des croûtes (hatatin) sur la tête.

De quoi parle-t-on ? Lorsqu'il ne s'attarde pas ; mais s'il s'attarde, c'est interdit.

📜 Rachi (3)
בָּתְרָיְיתָא דְּקָתָנֵי רוֹחֲצִין בִּדְלָא אִישְׁתַּהִי:
Qui enseigne : on se baigne, [tu l'as établie] dans le cas où il ne s'attarde pas.
חֲטָטִין מאלנ"ץ:
Hatatin : 'malanz' en langue étrangère (croûtes, ulcères).
שֶׁלֹּא נִשְׁתַּהֵי בְּתוֹךְ הַמַּיִם דְּנִרְאֶה כְּמֵיקֵר בְּעָלְמָא:
Dans l'eau, car il semble simplement se rafraîchir.
💡 Explication

L'objection : la baraita qui permet le bain dans la Grande Mer interdit, dans la même phrase, l'eau de rouissage du lin (mei michra). Si elle parlait de celui qui ne s'attarde pas, elle devrait permettre aussi l'eau de rouissage, puisqu'une autre baraita l'autorise dans ce cas. La première réponse de Rav Nahman bar Yitshak ne tient donc pas.

3
אֶלָּא יָם הַגָּדוֹל אַיָּם הַגָּדוֹל לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּיָפִין שֶׁבּוֹ, הָא — בְּרָעִים שֶׁבּוֹ. מֵי מִשְׁרָה אַמֵּי מִשְׁרָה נָמֵי לָא קַשְׁיָא: הָא — דְּאִישְׁתַּהִי, הָא — דְּלָא אִישְׁתַּהִי.

Mais [pour la contradiction] Grande Mer contre Grande Mer, il n'y a pas de difficulté : celle-ci [parle] de ses [eaux] belles, celle-là de ses [eaux] mauvaises. [Pour la contradiction] eau de rouissage contre eau de rouissage non plus, il n'y a pas de difficulté : celle-ci [parle du cas] où il s'attarde, celle-là où il ne s'attarde pas.

📜 Rachi (3)
בְּיָפִין שֶׁכֵּן רוֹחֲצִין בָּהֶן בְּחוֹל לִרְחִיצָה שֶׁאֵינָהּ לִרְפוּאָה:
Car on s'y baigne en semaine, pour un bain qui n'est pas un soin.
בְּרֵעִים אֵין רוֹחֲצִין דְּמוֹכְחָא מִלְּתָא דְּלִרְפוּאָה וְתַרְוַיְיהוּ בִּדְאִישְׁתַּהִי:
On ne s'y baigne pas, car il est manifeste que c'est pour un soin ; et les deux [baraitot parlent du cas] où il s'attarde.
מֵי הַמִּשְׁרָה אַמֵּי הַמִּשְׁרָה לָא קַשְׁיָא הַךְ דְּקָתָנֵי רוֹחֲצִין בְּמֵי הַמִּשְׁרָה אַהָנָךְ תַּרְתֵּי דִּלְעֵיל דְּקָתָנֵי אֲבָל לֹא בְּמֵי הַמִּשְׁרָה הָא דְּאִישְׁתַּהִי הָא דְּלָא אִשְׁתַּהִי:
Celle qui enseigne : on se baigne dans l'eau de rouissage, [contredit] les deux [baraitot] ci-dessus qui enseignent : mais pas dans l'eau de rouissage. Celle-ci où il s'attarde, celle-là où il ne s'attarde pas.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר רוֹחֲצִים בְּמֵי גְּרָר וּבְמֵי חַמָּתָן וּבְמֵי עַסְיָא וּבְמֵי טְבֶרְיָא אֲבָל לֹא בַּיָּם הַגָּדוֹל וְלֹא בְּמֵי מִשְׁרָה וְלֹא בְּמֵימֵי שֶׁל סְדוֹם בַּיָּם הַגָּדוֹל אוֹקֵימְנָא בְּמַיִם הָרָעִים שֶׁבּוֹ אֲבָל בְּמַיִם הַיָּפִים שֶׁבּוֹ רוֹחֲצִין. וְלֹא בְּמֵי מִשְׁרָה אוֹקֵימְנָא דְּאִישְׁתַּהִי בֵּיהּ אֲבָל לָא אִישְׁתַּהִי בֵּיהּ רוֹחֲצִין:
Nos maîtres ont enseigné : on se baigne dans les eaux de Guerar, de Hamatan, d'Assia et de Tibériade, mais pas dans la Grande Mer, ni dans l'eau de rouissage, ni dans la mer de Sedom. Pour la Grande Mer, nous avons établi [qu'il s'agit] de ses eaux mauvaises, mais dans ses eaux belles on se baigne. Pour 'ni dans l'eau de rouissage', nous avons établi [qu'il s'agit du cas] où il s'y attarde ; mais s'il ne s'y attarde pas, on s'y baigne.
💡 Explication

Résolution finale, en deux volets :

Grande Mer : les eaux belles servent à se baigner en semaine, pour le plaisir ; y entrer le Chabbat ne révèle pas un soin. Les eaux mauvaises ne servent qu'à se soigner ; y entrer est interdit. Selon Rachi, les deux baraitot parlent ici de celui qui s'attarde.

Eau de rouissage : la distinction de Rav Nahman bar Yitshak reste valable, selon qu'il s'attarde ou non.

4
מַתְנִי׳ אֵין אוֹכְלִין אֵיזֹבְיוֹן בְּשַׁבָּת לְפִי שֶׁאֵינוֹ מַאֲכַל בְּרִיאִים, אֲבָל אוֹכֵל הוּא אֶת יוֹעֶזֶר, וְשׁוֹתֶה אַבּוּבְּרוֹאָה. כָּל הָאֳוכָלִין — אוֹכֵל אָדָם לִרְפוּאָה, וְכָל הַמַּשְׁקִין — שׁוֹתֶה, חוּץ מִמֵּי דְקָלִים וְכוֹס עִיקָּרִין, מִפְּנֵי שֶׁהֵן לִירוֹקָה. אֲבָל שׁוֹתֶה הוּא מֵי דְקָלִים לִצְמָאוֹ, וְסָךְ שֶׁמֶן עִיקָּרִין שֶׁלֹּא לִרְפוּאָה.

MISHNA. On ne mange pas d'eizoveyon le Chabbat, car ce n'est pas la nourriture des bien-portants ; mais on peut manger du yoezer et boire de l'abouvroe.

Tous les aliments, on peut les manger pour se soigner, et toutes les boissons, les boire, sauf l'eau de palmier (mei deqalim) et le kos iqarin, parce qu'ils sont [un remède] contre la jaunisse (yeroqa). Mais on peut boire l'eau de palmier pour sa soif, et s'oindre d'huile d'iqarin sans intention de soin.

📜 Rachi (6)
מַתְנֵי' אֵיזֹבְיוֹן מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא שֶׁאֵינוֹ מַאֲכַל בְּרִיאִים וּמוֹכְחָא מִלְּתָא דְּלִרְפוּאָה אָכִיל לֵיהּ:
La Guemara explique [ce que c'est]. Ce n'est pas la nourriture des bien-portants, et il est manifeste qu'il le mange pour se soigner.
אֲבָל אוֹכֵל הוּא אֶת יוֹעֶזֶר שֶׁהַרְבֵּה אוֹכְלִין אוֹתוֹ כְּשֶׁהֵן בְּרִיאִין:
Car beaucoup en mangent quand ils sont en bonne santé.
מִמֵּי דְקָלִים מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
La Guemara l'explique.
וְכוֹס עִיקָּרִין מַשְׁקֶה שֶׁכּוֹתְשִׁין לְתוֹכוֹ עִיקְּרֵי יְרָקוֹת וּבְשָׂמִים וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ לֵיהּ:
Une boisson dans laquelle on pile des racines de légumes et des aromates ; la Guemara l'explique.
מִפְּנֵי שֶׁהֵן לִירוֹקָה לְחֹולִי שֶׁל יֵרָקוֹן וְאֵינוֹ מַאֲכַל בְּרִיאִים:
Pour la maladie de la jaunisse (yeraqon) ; et ce n'est pas la nourriture des bien-portants.
לִצְמָאוֹ אִם אֵינוֹ חוֹלֶה:
S'il n'est pas malade.
💡 Explication

Les Sages ont interdit les soins le Chabbat par un décret : on craint qu'on en vienne à broyer des remèdes (chehikat samemanim), travail interdit. La Mishna donne le critère : ce qu'on consomme habituellement quand on est en bonne santé (ma'akhal beriim) est permis, même si on le prend pour se soigner, car le geste ne montre rien.

Ce qui n'est consommé que comme remède est interdit : eizoveyon, eau de palmier, kos iqarin. L'eau de palmier redevient permise quand on la boit pour la soif, et l'huile d'iqarin quand on s'en oint sans intention de soin.

5
גְּמָ׳ אָמַר רַב יוֹסֵף: אֵזוֹב — ״אֶבְרָתָהּ בַּר הֲמַג״, אֵיזֹבְיוֹן — ״אַבָּרָתָהּ בַּר הִינְג״. עֻולָּא אָמַר: מַרְוָא חִיוָּרָא. עֻולָּא אִיקְּלַע לְבֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה, אַיְיתוֹ לְקַמֵּיהּ מָרְוָא חִיוָּרָא. אָמַר: הַייְנוּ אֵזוֹב דִּכְתִיב בְּאוֹרָייְתָא. רַב פַּפִּי אָמַר: שׁוּמְשׁוּק. אָמַר רַב יִרְמְיָה מִדִּיפְתִּי: כְּוָותֵיהּ דְּרַב פַּפֵּי מִסְתַּבְּרָא, דִּתְנַן: מִצְוַת אֵזוֹב שְׁלֹשָׁה קְלָחִין וּבָהֶן שְׁלֹשָׁה גִבְעוֹלִין, וְשֻׁומְשׁוּק הוּא דְּמִשְׁתַּכְחָא הָכִי. לְמַאי אָכְלִי לֵיהּ — לְקוֹקְאִינֵי. בְּמַאי אָכְלִי לֵיהּ — בְּשֶׁבַע תַּמְרֵי אֻוכַּמְתָּא. מִמַּאי הָוְיָא — מִקִּימְחָא דִּשְׂעָרֵי בְּמָנָא דַּחֲלֵיף עֲלֵיהּ אַרְבְּעִין יוֹמִין.

GUEMARA. Rav Yosef a dit : l'ezov [est ce qu'on appelle] abarta bar hamag, l'eizoveyon [est] abarta bar hing.

Oulla a dit : [l'ezov est] la marva blanche (marva hivara). Oulla arriva chez Rav Chmouel bar Yehouda ; on apporta devant lui de la marva blanche.

Il dit : c'est l'ezov écrit dans la Torah. Rav Papi a dit : [c'est] le chumchuk.

Rav Yirmeya de Difti a dit : l'avis de Rav Papi est le plus logique, car nous avons appris : la mitsva de l'ezov est trois tiges portant trois rameaux, et c'est le chumchuk qu'on trouve ainsi. Pour quoi le mange-t-on ?

Contre les vers intestinaux (kukaini). Avec quoi le mange-t-on ?

Avec sept dattes noires. D'où [ces vers] viennent-ils ?

D'une farine d'orge dans un récipient sur lequel sont passés quarante jours.

📜 Rachi (8)
גְּמָ' אָמַר רַב יוֹסֵף אֵזוֹב דְּאוֹרָייְתָא שֶׁהֻוכְשַׁר לְהַזָּאָה הוּא שֶׁקּוֹרִין אַבְרָתָא בַּר הֲמַג:
L'[ezov] de la Torah, valable pour l'aspersion, est ce qu'on appelle abarta bar hamag.
אֵיזֹבְיוֹן דְּמַתְנִיתִין הוּא שֶׁקּוֹרִין אַבְרָתָא בַּר הִינְג וְיֵשׁ מֵרַבּוֹתַי מְפָרְשִׁים בַּר הֲמַג שֶׁגָּדֵל בִּמְקוֹם גֶּמִי בַּר הִינְג שֶׁגָּדֵל בֵּין הֶהָגִים רונצ"ץ:
Celui de la Mishna est ce qu'on appelle abarta bar hing. Certains de mes maîtres expliquent : bar hamag, qui pousse dans un lieu de joncs (gome) ; bar hing, qui pousse parmi les hagim, 'ronces' en langue étrangère.
עֻולָּא אָמַר אֵזוֹב דְּאוֹרָייְתָא הוּא מַרְוָא חִיוָּרָא בְּלַעַ"ז שלוי"א:
L'ezov de la Torah est la marva blanche, en langue étrangère 'salvia' (sauge).
שׁוּמְשׁוּק הוּא אֵזוֹב דְּאוֹרָיְיתָא:
C'est l'ezov de la Torah.
ג' קְלָחִים דַּאֲגֻודָּה כְּתִיב וְאֵין אֲגֻודָּה פָּחוֹת מִג':
Car il est écrit 'aguda' (bouquet), et il n'y a pas d'aguda de moins de trois.
וּבָהֶן ג' גִּבְעוֹלִין בְּכָל קֶלַח ג' גִּבְעוֹלִין קָנִים דַּקִּים כְּעֵין שֶׁל קַנַּבּוֹס:
Dans chaque tige, trois rameaux, des tiges fines comme celles du chanvre.
לְקוּקְיָינֵי תּוֹלָעִים שֶׁבִּבְנֵי מֵעַיִם:
Des vers qui sont dans les intestins.
דַּחֲלֵיף עָלֶיהָ מ' יוֹמֵי מִשֶּׁנִּטְחַן:
Depuis qu'elle a été moulue.
💡 Explication

La Guemara cherche à identifier deux plantes : l'ezov de la Torah, utilisé pour l'aspersion (para aduma, metsora), et l'eizoveyon de la Mishna, qui en est distinct. Trois avis sur l'ezov : Rav Yosef, Oulla (marva blanche, sauge) et Rav Papi (chumchuk).

Rav Yirmeya de Difti appuie Rav Papi par la Mishna (Para 11,9) : l'ezov de la mitsva doit avoir trois tiges (une aguda, bouquet), chacune à trois rameaux, forme propre au chumchuk. L'eizoveyon sert contre les vers intestinaux : d'où l'interdit, puisqu'on ne le mange que comme remède.

🖼️ Schéma
Identifier l'ezov de la Torah (seg. 4)Rav Yosefezov = abarta bar hamageizoveyon = abarta bar hing(deux plantes voisines)Oullaezov = marva hivara(sauge blanche)reconnu chez Rav Chmouel bar YehoudaRav Papiezov = chumchukRav Yirmeya de Difti l'appuie :3 tiges, 3 rameaux chacuneEizoveyon : contre les vers intestinaux (kukaini)mange avec 7 dattes noires ; les vers viennent d'une farine d'orge de 40 jours
Trois identifications de l'ezov de la Torah et l'usage de l'eizoveyon.
6
אֲבָל אוֹכֵל הוּא אֶת יוֹעֶזֶר. מַאי יוֹעֶזֶר? פּוּתַּנְקְ. לְמַאי אָכְלִי לָהּ — לְאַרְקְתָא. בְּמַאי אָכְלִי לָהּ — בְּשֶׁבַע תַּמְרֵי חִיווָּרָתָא. מִמַּאי הָוְיָא — מֵאֻומְצָא וּמַיָּא אַלִּיבָּא רֵיקָנָא, וּמִבִּישְׂרָא שַׁמִּינָא אַלִּיבָּא רֵיקָנָא, וּמִבִּישְׂרָא דְתוֹרָא אַלִּיבָּא רֵיקָנָא, מֵאַמְגּוֹזָא אַלִּיבָּא רֵיקָנָא, וּמִגִּירֵי דְּרֻובְיָא אַלִּיבָּא רֵיקָנָא וּמִשְׁתֵּי מַיָּא אַבָּתְרֵיהּ.

'Mais on peut manger du yoezer.' Qu'est-ce que le yoezer ? Le potnak.

Pour quoi le mange-t-on ? Contre les vers du foie (arqeta).

Avec quoi le mange-t-on ? Avec sept dattes blanches.

D'où [ces vers] viennent-ils ? De la viande grillée (umtsa) et de l'eau à jeun, de la viande grasse à jeun, de la viande de bœuf à jeun, de noix à jeun, et de pousses de fenugrec à jeun en buvant de l'eau ensuite.

📜 Rachi (8)
פּוּתַּנְקְ בְּלַעַ"ז פולא"ל:
En langue étrangère 'pulial' (menthe pouliot).
לְאַרְקְתָא תּוֹלָעִים שֶׁבַּכָּבֵד:
Des vers qui sont dans le foie.
מִמַּאי הָוֵי הַחֹולִי:
La maladie.
מֵאֻומְצָא בָּשָׂר בְּגֶחָלִים:
De la viande [grillée] sur les braises.
אַלִּיבָּא רֵיקָנָא קֹודֶם אֲכִילָה:
Avant le repas.
וּמִגִּירֵי דְּרֻובְּיָיא לוּלְבֵי תִּילְתָּן כְּעֵין לוּלְבֵי גְּפָנִים:
Les vrilles du fenugrec, comme les vrilles de la vigne.
רֻובְּיָא תִּילְתָּן פִּינְגְּרִי:
Rouvia : le fenugrec, 'fenugrec' [en langue étrangère].
וּמִשְׁתֵּי מַיָּא בָּתְרַיְיהוּ הָאוֹכֵל אֶחָד מֵאֵלּוּ קֹודֶם אֲכִילָה וְשׁוֹתֶה אַחֲרָיו מַיִם:
Celui qui mange l'une de ces choses avant le repas et boit de l'eau après.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' אֵין אוֹכְלִין אֵזוֹב יוֹן לְפִי שֶׁאֵינוֹ מַאֲכַל בְּרִיאִים אֲבָל אוֹכֵל הוּא אֶת יוֹעֶזֶר וְשׁוֹתֶה הוּא אֶת אַבּוּב רָאָה. כָּל הָאֳוכָלִין אוֹכֵל אָדָם לִרְפוּאָה וְכָל הַמַּשְׁקִין שׁוֹתֶה הוּא לִרְפוּאָה חוּץ מִמֵּימֵי דְּקָלִים וְכוֹס שֶׁל עִיקָּרִין מִפְּנֵי שֶׁהֵן לִירוֹקָה. אֲבָל שׁוֹתֶה הוּא מֵי דְּקָלִים לִצְמָאוֹ וְסָךְ שֶׁמֶן שֶׁל עִיקָּרִין שֶׁלֹּא לִרְפוּאָה:
Mishna. On ne mange pas d'eizoveyon car ce n'est pas la nourriture des bien-portants ; mais on peut manger du yoezer et boire de l'abouvroe. Tous les aliments, on peut les manger pour se soigner, et toutes les boissons, les boire pour se soigner, sauf l'eau de palmier et le kos iqarin, parce qu'ils sont [un remède] contre la jaunisse. Mais on peut boire l'eau de palmier pour sa soif, et s'oindre d'huile d'iqarin sans intention de soin.
💡 Explication

Le yoezer (potnak, pouliot) sert aussi de remède contre les vers du foie, mais il est permis car les bien-portants en mangent couramment (Rachi sur la Mishna). Le texte énumère ensuite les aliments qui, consommés à jeun (aliba reiqana), provoquent cette maladie.

7
וְאִי לָא — לִיבָּלַע תַּחְלֵי חִיווָּרָתָא. וְאִי לָא — לִיתֵּיב בְּתַעֲנִיתָא, וְלַיְתֵי בִּישְׂרָא שַׁמִּינָא וְלִישְׁדֵּי אַגֻּומְרֵי, וְלִימִּיץ גְּרָמָא, וְלִיגָּמַע חַלָּא. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: חַלָּא לָא, מִשּׁוּם דְּקָשֵׁי לְכַבְדָּא. וְאִי לָא — לַיְיתֵי גִּירְדָּא דַּאֲסִינְתָּא דִּגְרִידָא מֵעִילַּאי לְתַתַּאי, וְלָא מִתַּתַּאי לְעִילַּאי, דִּילְמָא נָפְקָא אַיְּידֵי פֻּומֵּיהּ, וְלִישְׁלְקַהּ בְּשִׁיכְרָא בֵּי שִׁיבָבֵי, וּלְמָחָר נִסְכְּרִינּוּן לְנִקְבִין דִּידֵיהּ וְלִישְׁתֵּי, וְכִי מִפְּנֵי — מִפְּנֵי אַפִּשְׁיָחָא דְּדִקְלָא.

Sinon, qu'il avalé du cresson blanc (tahalei hivarta). Sinon, qu'il reste à jeun, qu'il prenne de la viande grasse, la pose sur des braises, suce l'os et avalé du vinaigre.

Certains disent : pas de vinaigre, car il est nuisible au foie. Sinon, qu'il prenne des raclures d'un buisson épineux, raclées de haut en bas et non de bas en haut, de peur [que les vers] ne sortent par sa bouche ; qu'il les fasse bouillir dans de la bière au crépuscule (bei chivevei), et le lendemain qu'il se bouche les orifices et boive.

Et quand il va à la selle, qu'il y aille contre la fente d'un palmier.

📜 Rachi (10)
וְאִי לָא אִי לֵית לֵיהּ פּוּתַּנְקְ א"נ אַכְלֵיהּ וְלָא אִיתַּסִּי:
S'il n'a pas de potnak, ou bien il en a mangé et n'a pas guéri.
תַּחֲלֵי שֶׁחֹלִי כרישו"ן:
Du cresson, 'cresson' [en langue étrangère].
לִימּוֹץ גְּרָמָא יְהֵא מוֹצֵץ אֵבֶר יָפֶה מֵאוֹתוֹ בָּשָׂר וַיִּמֶץ שַׁמְנוֹ בְּפִיו:
Qu'il suce un bon morceau de cette viande et exprime sa graisse dans sa bouche.
גּוּרְדָּא דַּאֲסִינְתָּא קְלִיפָּה גְּרוּדָה מִן הַסְּנֶה:
Une écorce raclée du buisson épineux (sne).
מֵעִילַּאי לְתַתַּאי שֶׁתְּהֵא גְּרוּדָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה:
Qu'elle soit raclée de haut en bas.
דִּלְמָא נְפַק הַתּוֹלָעִים:
Les vers.
אַיְּידֵי פֻּומֵּיהּ דֶּרֶךְ פִּיו:
Par sa bouche.
בֵּי שֶׁבְּבֵי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת בְּחַשְׁכוּתָא דְּשִׁמְשֵׁי. ל"א בֵּי שֶׁבְּבֵי בְּבַיִת אֶחָד מִשְּׁכֵנָיו שֶׁלֹּא יָרִיחַ הוּא הָרֵיחַ שֶׁהוּא קָשֶׁה לוֹ:
Au crépuscule, dans l'obscurité du soleil. Autre explication : bei chivevei, dans la maison d'un de ses voisins, pour qu'il ne sente pas l'odeur, qui lui est pénible.
נְסַכְּרִינַן לִנְקָבִים דִּילֵיהּ יִסְתֹּום נְחִירָיו שֶׁלֹּא יָרִיחַ ל"א יִסְתֹּום נְחִירָיו וְנִקְבֵי אָזְנָיו שֶׁלֹּא יָצָא כֹּחַ הַמַּשְׁקֶה מִגּוּפוֹ:
Qu'il se bouche les narines pour ne pas sentir. Autre explication : qu'il se bouche les narines et les oreilles pour que la force de la boisson ne sorte pas de son corps.
מִפְּנֵי אַפְּשִׁיחָה מָקוֹם שֶׁנִּפְשַׁח הַדֶּקֶל אישברנקי"ר:
L'endroit où le palmier est fendu, 'esbrancher' en langue étrangère.
💡 Explication

Suite des remèdes contre les vers du foie, par ordre de recours : cresson, jeûne avec viande grasse, puis une décoction de raclures de buisson épineux. Le sens du raclage (de haut en bas) est censé orienter la sortie des vers vers le bas.

Rachi donne deux sens à bei chivevei : au crépuscule, ou chez un voisin, pour ne pas sentir l'odeur de la décoction.

8
וְשׁוֹתִין אַבּוּבְּרוֹאה. מַאי אַבּוּבְרוֹאָה? חֻומְטַרְיָא. מַאי חֻומְטַרְיָא? חוּטְרָא יְחִידָאָה. לְמַאי עָבְדִי לָהּ — לְגִילּוּיָא. וְאִי לָא — לַיְתֵי חַמְשָׁא כְּלִילֵי וְחַמְשָׁא כּוֹסָתָא דְשִׁיכְרָא, וְנִישְׁלוֹקִינְהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי עַד דְּקַיְימָא אַאַנְפָּקָא, וְנִישְׁתֵּי.

'Et on peut boire de l'abouvroe.' Qu'est-ce que l'abouvroe ? La houmtaria.

Qu'est-ce que la houmtaria ? Le bâton solitaire (hutra yehidaa).

Pour quoi l'emploie-t-on ? Contre l'eau découverte (guiluy).

Sinon, qu'il prenne cinq roses et cinq coupes de bière, qu'il les fasse bouillir ensemble jusqu'à ce qu'il en reste un anpaq, et qu'il boive.

📜 Rachi (5)
חוּטְרָא יְחִידָאָה עֵץ הַגָּדֵל יְחִידִי בְּלֹא עָנָף:
Un bois qui pousse seul, sans branche.
לְגִילּוּיָיא מִי שֶׁשָּׁתָה מַיִם מְגֻולִּין:
Celui qui a bu de l'eau restée découverte.
חֲמִשָּׁה כְּלֵילֵי ווְרָדִין:
Des roses.
כּוֹסָאתָא דְּשִׁיכְרָא כּוֹסוֹת:
Des coupes.
עַד דְּקָייְמִי אַאַנְפְּקָא שֶׁיַּעַמְדוּ עַל מִדָּה מַחֲזֶקֶת אַנְפַּק וְהִיא רְבִיעִית הַלּוֹג כִּדְאָמְרִינַן בְּחֶזְקַת הַבָּתִּים (ב"ב נח:):
Qu'elles se réduisent à la mesure contenue dans un anpaq, qui est un quart de log, comme nous le disons dans Hezkat habatim (Baba Batra 58b).
💡 Explication

Guiluy : eau laissée découverte, dont on craint qu'un serpent ait bu en y laissant son venin. L'abouvroe sert de remède, mais la Mishna le permet parce que les bien-portants le boivent aussi.

L'anpaq est une mesure d'un quart de log (reviit), selon Rachi.

9
אִימֵּיהּ דְּרַב אַחָדְבוּי בַּר אַמֵּי עֲבַדָה לֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא חַד כְּלִילָא וְחַד כּוֹסְתָּא דְשִׁיכְרָא. שֶׁלָּקָה וְאִישְׁקֵיתֵיהּ, וּשְׁגַרָא תַּנּוּרָא וּגְרַפְתֵּיהּ, (וְאוֹתְבִיתֵיהּ לְבֵינְתָּא) [וְאוֹתִיבָה בֵּיהּ לְבֵינְתָּא, וְאוֹתֵיבְתֵּיהּ] בְּגַוֵּויהּ, וּנְפַק [מִינֵּיהּ] כְּהוּצָא יַרְקָא.

La mère de Rav Ahadboi bar Ami le prépara pour un homme [avec] une rose et une coupe de bière. Elle les fit bouillir et le lui fit boire ; elle chauffa le four, le vida [des braises], y posa une brique et l'y fit asseoir.

Et il sortit de lui comme une feuille verte de palmier.

📜 Rachi (5)
וּשְׁגַרָא תַּנּוּרָא הִסִּיקָהּ תַּנּוּר:
Elle chauffa le four.
וּגְרַפְתֵּיהּ מִגֶּחָלִים שֶׁיִּצְטַנֵּן קְצָת:
[Elle le vida] des braises, pour qu'il refroidisse un peu.
וְאוֹתְבָה לְבֵינְתָּא בְּגַוֵּיהּ שֶׁיֵּשֵׁב עָלֶיהָ וְלֹא יִכָּוֶה:
Pour qu'il s'assoie dessus et ne se brûle pas.
וּנְפַק מִינֵּיהּ הֵקִיא הָאֶרֶס שֶׁבָּלַע:
Il vomit le venin qu'il avait avalé.
הוּצָא עָלֶה שֶׁל לוּלָב:
Une feuille de loulav (palmier).
💡 Explication

Récit illustrant le remède précédent avec une dose réduite (une rose, une coupe). La chaleur du four fait vomir le venin, qui sort sous la forme d'une feuille verte.

10
רַב אַוְיָא אָמַר: רְבִיעֵתָא דַחֲלָבָא מֵעִיזָּא חִיוָּרְתָּא. רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אָמַר: לַיְיתֵי אֶתְרוֹגָא חֲלִיתָא וְלִחַיְּיקֵיהּ וְלִימַלְּיֵיהּ דֻּובְשָׁא, וְלוֹתְבֵהּ בֵּי מִילְלֵי דְנוּרָא, וְלֵיכְלֵיהּ. רַבִּי חֲנִינָא אָמַר, מֵי רַגְלַיִם בְּנֵי אַרְבָּעִים יוֹם: בַּרְזִינָא — לְזִיבּוּרָא, רְבִיעֲתָא — לְעַקְרַבָּא, פַּלְגָא רִיבְעָא — לְגִילּוּיָא, רִיבְעָא — אֲפִילּוּ לִכְשָׁפִים מָעֲלוּ. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲנִיגְרוֹן, וַאֲבַנְגַּר, וְתִירִיָּיקָה — מְעַלּוּ בֵּין לְגִילּוּיָא בֵּין לִכְשָׁפִים.

Rav Avya a dit : un quart [de log] de lait de chèvre blanche. Rav Houna bar Yehouda a dit : qu'on apporte un etrog doux, qu'on le creuse, qu'on le remplisse de miel, qu'on le pose sur des braises ardentes et qu'on le mange.

Rabbi Hanina a dit : de l'urine de quarante jours : une berzina contre la guêpe, un quart [de log] contre le scorpion, un demi-quart contre l'eau découverte, un quart est efficace même contre la sorcellerie. Rabbi Yo'hanan a dit : l'anigron, l'abangar et la thériaque sont efficaces aussi bien contre l'eau découverte que contre la sorcellerie.

📜 Rachi (9)
אֶתְרוֹג חֲלֵיתָא מָתוֹק:
Doux.
וּלְחַיְּיקֵיהּ לְגוֹיָה יַחֲקֹוק בְּתוֹכוֹ חָקַק:
À l'intérieur, qu'on y creuse un creux.
וְלִיתְּבָה בֵּי מִילְלֵי דְּנוּרָא מַנִּיחוֹ ע"ג גֶּחָלִים לוֹחֲשׁוֹת שֶׁיִּתְבַּשֵּׁל הָאֶתְרוֹג בִּדְבַשׁ:
Qu'on le pose sur des braises ardentes, pour que l'etrog cuise dans le miel.
בְּנֵי מ' יוֹם שֶׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶם מ' יוֹם. ל"א שֶׁל תִּינוֹק בֶּן מ' יוֹם:
Sur lesquelles sont passés quarante jours. Autre explication : celle d'un nourrisson de quarante jours.
רִבְעָא לוֹג:
Un log.
בַּרְזִינָא לְזִיבּוּרָא כּוֹס קָטָן מְאֹד וּשְׁמוֹ בַּרְזִינָא מֵאוֹתָן מֵי רַגְלַיִם שׁוֹתִין לְמִי שֶׁנְּשָׁכַתּוּ צִרְעָה וּמִתְרַפֵּא:
Une très petite coupe appelée berzina : de cette urine, on en fait boire à celui qu'une guêpe a piqué, et il guérit.
רְבִיעֲתָא לְעַקְרָב רְבִיעִית לוֹג לְמִי שֶׁעֲקָצוֹ עַקְרָב:
Un quart de log pour celui qu'un scorpion a piqué.
פַּלְגָא רִיבְעָא לְגִילּוּיָא חֲצִי לֹוג:
Un demi-log.
אֲנִיגְרוֹן וַאֲבַנְגַּר וְתִירְיָיקִי מַיִם שֶׁנִּשְׁלַק בָּהֶם בְּנִגְרֵי מִין עֵשֶׂב שֶׁשְּׁמוֹ בְּנִגְרֵי וּסְתָם אֲנִיגְרוֹן מֵי שֶׁלֶק תְּרָדִין כִּדְאָמְרִינַן (בְּרָכוֹת דַּף לה:) אֲנִיגְרוֹן מַיָּא דְּסִילְקָא וְתִירְיָיקִי צֳרִי:
De l'eau dans laquelle on a fait cuire du bangri, une herbe appelée bangri ; l'anigron, sans précision, est l'eau de cuisson des blettes, comme nous le disons (Berakhot 35b) : l'anigron est l'eau des blettes ; et la thériaque, c'est le baume (tseri).
💡 Explication

Autres remèdes contre le guiluy. Pour les mesures de Rabbi Hanina, Rachi explique riv'a comme un log et palga riv'a comme un demi-log : la dose augmente avec la gravité du mal. 'De quarante jours' : urine gardée quarante jours, ou celle d'un nourrisson de quarante jours (Rachi).

Anigron : eau de cuisson de blettes ; abangar : eau de cuisson d'une herbe appelée bangri ; thériaque : baume (tseri).

🖼️ Schéma
Rabbi Hanina : urine de quarante jours, dose et usage (seg. 9)berzina (très petite coupe)piqûre de guêperevi'it (quart de log)piqûre de scorpiondemi-log (selon Rachi)eau découverte (guiluy)log (selon Rachi)même contre la sorcellerie
Les doses de Rabbi Hanina selon l'explication de Rachi.
11
הַאי מַאן דִּבְלַע חִיוְיָא — לוֹכְלֵיהּ כְּשׁוּתָא בְּמִילְחָא, וְלִירְהֲטֵיהּ תְּלָתָא מִילֵּי. רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי חַזְיֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דִּבְלַע חִיוְיָא. אִידְּמִי לֵיהּ כְּפִרְשָׁא. אוֹכְלֵיהּ כְּשׁוּתָא בְּמִילְחָא וְאַרְהֲטֵיהּ קַמֵּיהּ תְּלָתָא מִילֵּי, וּנְפַק מִינֵּיהּ גֻּובֵּי גֻּובֵּי. אִיכָּא דְאָמְרִי: רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי בְּלַע חִיוְיָא, אֲתָא אֵלִיָּהוּ אִידְּמִי לֵיהּ כְּפַרָּשָׁא. אוֹכְלֵיהּ כְּשׁוּתָא בְּמִילְחָא וְאַרְהֲטֵיהּ קַמֵּיהּ תְּלָתָא מִילֵּי וּנְפַק מִינֵּיהּ גֻּובֵּי גֻּובֵּי. הַאי מַאן דְּטַרְקֵיהּ חִיוְיָא — לֵיתֵי עֻובָּרָא דַחֲמָרָא חִיוָּרְתִּי, וְלִיקְרְעֵיהּ, וְלוֹתְבֵיהּ עִילָּוֵיהּ. וְהָנֵי מִילֵּי דְּלָא אִישְׁתְּכַח טְרֵפָה. הַהוּא

Celui qui a avalé un serpent, qu'on lui fasse manger du houblon (kechuta) avec du sel et qu'on le fasse courir trois mils. Rav Chimi bar Achi vit un homme qui avait avalé un serpent.

Il lui apparut comme un cavalier, lui fit manger du houblon avec du sel et le fit courir devant lui trois mils ; [le serpent] sortit de lui en morceaux. Certains disent : Rav Chimi bar Achi avala un serpent ; Eliyahou vint, lui apparut comme un cavalier, lui fit manger du houblon avec du sel et le fit courir devant lui trois mils, et [le serpent] sortit de lui en morceaux.

Celui qu'un serpent a mordu, qu'on apporte le foetus d'une ânesse blanche, qu'on le déchire et qu'on le pose sur [la morsure]. Cela vaut quand [l'ânesse] n'a pas été trouvée tereifa.

Un certain...

📜 Rachi (5)
אִידְּמִי לֵיהּ כְּפִרְשָׁא תּוֹפְסוֹ וּמְייַסְּרוֹ שֶׁהַפַּחַד וְהַמְּרוּצָה וְהַכְּשׁוּת מַתִּישִׁין כֹּחוֹ וּמְחַמֵּם וּמֵת הַנָּחָשׁ בְּתוֹכוֹ:
Il le saisit et le presse, car la peur, la course et le houblon épuisent sa force et le réchauffent, et le serpent meurt en lui.
גֻּובֵּי חֲתִיכוֹת חֲתִיכוֹת יָצָא הַנָּחָשׁ מִמֶּנּוּ: גּוֹבֵי טרונצו"ץ בְּלַעַ"ז:
En morceaux, le serpent sortit de lui ; gubei : 'tronçons' en langue étrangère.
דְּטַרְקֵיהּ נְשָׁכוֹ:
Il l'a mordu.
עֻובָּרָא דְּחַמְרָא חִיווַּרְתִּי עֻובָּר הַנִּמְצָא בִּמְעֵי חֲמוּרָה לְבָנָה:
Un foetus trouvé dans le ventre d'une ânesse blanche.
דְּלָא אִשְׁתְּכַח טְרֵפָה הַאִם:
La mère.
💡 Explication

Rachi explique le rôle du cavalier : il saisit l'homme et le presse ; la peur, la course et le houblon l'épuisent et le réchauffent, et le serpent meurt dans son corps.

Pour la morsure : le foetus d'une ânesse blanche n'est efficace que si la mère n'est pas tereifa (atteinte d'une lésion mortelle).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).