Shabbat 117a — La peau du Pessa'h et l'étui du Sefer Torah ; l'impasse ouverte et l'impasse fermée pour sauver les Écrits saints

Shabbat 117a

Sougya : Le daf achève la discussion ouverte en 116b sur la réponse des Sages à Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka : le 14 Nissan tombant un Chabbat, peut-on dépouiller entièrement l'agneau pascal, ou déplacer sa peau avec la viande, en s'appuyant sur l'étui du Sefer Torah que l'on sauve avec son contenu d'argent ? Plusieurs formulations sont rejetées ('mi dami'), puis Mar bar Rav Achi revient à la première : il s'agit d'un dépouillement sans besoin de la peau, fait par lanières (be-berazei) pour échapper au psik reicha.

La Guemara passe ensuite à la Michna : dans quelle impasse (mavoy) sauve-t-on les Écrits saints ? Rav 'Hisda définit l'impasse ouverte et fermée selon Rabbi Eliezer, Rabba selon Rabbi Yehouda, et Abaye objecte à Rabba.

La réponse des Sages à Rabbi Yichmael : quatre formulations Baraita : 14 Nissan un Chabbat. R. Yichmael : on dépouille le Pessa'h jusqu'à la poitrine. Hakhamim : on le dépouille entièrement. 1. Mar Ouqba Si l'on sauve l'étui avec le livre, ne dépouillera-t-on pas le Pessa'h ? Objection (116b) Là-bas : déplacement (tiltoul) Ici : travail (melakha, dépouiller) 2. Rav Achi : déplacer la peau avec la viande (si l'étui avec argent se sauve avec le livre) Mi dami ? (seg. 0) Étui : support du permis (livre) Peau : support de l'interdit 3. Même étui, mais avec argent Étui : support du permis et de l'interdit Peau : tout entière pour l'interdit 4. On apporte d'ailleurs un étui contenant de l'argent pour y mettre le livre : et la peau ? D'où le sait-on ? (seg. 1) Qu'il jette l'argent en chemin : rejet Mar bar Rav Achi : retour à la version 1 Il n'a pas besoin de la peau (sans intention) Abaye et Rava : R. Chimon admet le psik reicha (conséquence inévitable) Réponse : be-berazei il l'enlève par lanières : pas de dépouillement Jaune : formulation proposée ; rouge : objection ; vert : solution retenue
Le fil de la sougya de la peau du Pessa'h : quatre formulations de la réponse des Sages, objections et solution de Mar bar Rav Achi.
Où sauver les Écrits saints : impasse non ouverte ou ouverte ? Rav 'Hisda selon Rabbi Eliezer (exige 2 montants) Rabba selon Rabbi Yehouda (2 murs suffisent) Non ouverte (Tana Qamma) 3 murs + 2 montants Non ouverte (Tana Qamma) 2 murs + 2 montants (un à chaque bout) Ouverte (Ben Betera) 3 murs + 1 montant Ouverte (Ben Betera) 2 murs + 1 montant Objections de Rabba 1. 3 murs + 1 montant : appeler cela 'ouverte' ? 2. Les Rabbanan : pourquoi ne pas y sauver aussi aliments et boissons ? Objection d'Abaye (seg. 6) Selon toi aussi : pour les Rabbanan, l'impasse non ouverte est pleinement permise ; qu'on y sauve aliments et boissons ! (suite en 117b) Ben Betera : pour les Écrits saints, un montant de moins que la règle suffit. Aliments et boissons (Michna 117b) : seulement dans une cour ayant un erouv.
Carte de mahloket : définitions de l'impasse ouverte et non ouverte selon Rav 'Hisda et selon Rabba.
1
מִי דָמֵי?! הָתָם — נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הַמֻּותָּר, הָכָא — נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר! אֶלָּא הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ: אִם מַצִּילִין תִּיק שֶׁל סֵפֶר עִם הַסֵּפֶר, וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכוֹ מָעוֹת, לֹא נְטַלְטֵל עוֹר אַגַּב בָּשָׂר?! מִי דָמֵי? הָתָם נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר וּלְדָבָר הַמֻּותָּר, הָכָא — כֻּולּוֹ נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר. אֶלָּא הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ: אִם מְבִיאִין תִּיק שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכוֹ מָעוֹת מֵעָלְמָא לְהַצִּיל בּוֹ סֵפֶר תּוֹרָה, לֹא נְטַלְטֵל עוֹר אַגַּב בָּשָׂר?!

Sont-ce des cas comparables ?! Là-bas, [l'étui] est devenu support (bassis) d'une chose permise ; ici, [la peau] est devenue support d'une chose interdite !

Voici plutôt ce qu'ils lui dirent : si l'on sauve l'étui du livre avec le livre, et même s'il contient de l'argent, ne déplacerons-nous pas la peau avec la viande ?! Sont-ce des cas comparables ?

Là-bas, [l'étui] est devenu support d'une chose interdite et d'une chose permise ; ici, [la peau] est tout entière devenue support d'une chose interdite. Voici plutôt ce qu'ils lui dirent : si l'on apporte d'ailleurs un étui contenant de l'argent pour y sauver un Sefer Torah, ne déplacerons-nous pas la peau avec la viande ?!

📜 Rachi (3)
מִי דָמֵי תִּיק הַסֵּפֶר נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הַמֻּותָּר לְטַלְטְלוֹ בְּלֹא שׁוּם דְּלֵיקָה דְּסֵפֶר בַּר טִלְטוּל הוּא וּלְדַבֵּר הָאָסוּר כְּגוֹן מָעוֹת:
Sont-ce des cas comparables : l'étui du livre est devenu support d'une chose qu'il est permis de déplacer même sans aucun incendie, car le livre peut être déplacé (bar tiltoul), et d'une chose interdite, comme l'argent.
הָכָא הַאי עוֹר נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר שֶׁכֻּולּוֹ אָסוּר בְּטִילְטוּל שֶׁהַבָּשָׂר אָסוּר לְטַלְטְלוֹ דְּלָא חֲזִי לַאֲכִילָה עַד אֻורְתָּא דְּפֶסַח אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא בַּלַּיְלָה וְצָלִי וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל לֵית לֵיהּ כְּבוֹד שָׁמַיִם בְּנֶאֱכָל לְהֶדְיוֹט וַאֲפִילּוּ הָוֵי עוֹר תּוֹרַת כְּלִי עָלָיו מִיתְּסַר מִשּׁוּם דְּהָוֵי בָּסִיס לְאִיסּוּר וכ"ש דְּהוּא גּוּפֵיהּ לָאו בַּר טִלְטוּל הוּא:
Ici : cette peau est devenue support d'une chose entièrement interdite au déplacement, car la viande est interdite au déplacement, puisqu'elle n'est pas propre à la consommation avant le soir de Pessa'h : [l'agneau] ne se mange que la nuit, et rôti. Et Rabbi Yichmael n'admet pas [l'argument de] l'honneur du Ciel pour ce qui est mangé par un simple particulier. Et même si la peau avait le statut d'un ustensile, elle serait interdite parce qu'elle est support d'un interdit ; à plus forte raison, puisqu'elle-même n'est pas déplaçable.
אִם מְבִיאִין תִּיק שֶׁבְּתוֹכוֹ מָעוֹת דְּהָוֵי בָּסִיס לַדָּבָר שֶׁכֻּולּוֹ אָסוּר וּמַנִּיחַ בּוֹ סֵפֶר לְהַצִּילוֹ וְאֵינוֹ צָרִיךְ לְהַשְׁלִיךְ הַמָּעוֹת כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל לֹא נְטַלְטֵל עוֹר אַגַּב הַבָּשָׂר:
Si l'on apporte un étui contenant de l'argent : qui est support d'une chose entièrement interdite, et l'on y pose le livre pour le sauver, sans devoir jeter l'argent, comme la Guemara l'explique ensuite ; ne déplacerons-nous pas la peau avec la viande ?
🗂️ Tossefot (1)
הָכָא נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁהַבָּשָׂר אָסוּר לְטַלְטֵל שֶׁהֲרֵי אֵינוֹ רָאוּי לַאֲכִילָה עַד הַלַּיְלָה וְאֵינוֹ נִרְאֶה דְּא"כ הֵיכִי קָאָמַר לֹא נְטַלְטֵל עוֹר אַגַּב בָּשָׂר כֵּיוָן דְּבָשָׂר אָסוּר לְטַלְטֵל וְנִרְאֶה דלכ"ע בָּשָׂר מֻותָּר לְטַלְטֵל אע"ג דְּמַאן דְּשָׁרֵי בָּשָׂר תָּפֵל בְּעָלְמָא לְטַלְטֵל הַייְנוּ מִשּׁוּם דַּחֲזֵי לִכְלָבִים וְהָכָא לָא חֲזִי לִכְלָבִים מ"מ מִשּׁוּם בִּזְיוֹן קָדְשֵׁי שָׁמַיִם שָׁרֵי לכ"ע וּבְטִלְטוּל עוֹר אַגַּב בָּשָׂר הוּא דִּפְלִיגִי וְהָא דְּקָאָמַר הָכָא דְּהָוֵי בָּסִיס לַדָּבָר הָאָסוּר הַיְינוּ קֹודֶם שֶׁנִּשְׁחֲטָה הָיָה בָּסִיס לַדָּבָר הָאָסוּר שֶׁכָּל הַבְּהֵמָה מֻוקְצֶה הִיא מִטִּלְטוּל:
Ici elle est devenue support d'une chose interdite : le Kountres (Rachi) explique que la viande est interdite au déplacement, puisqu'elle n'est pas propre à la consommation avant la nuit. Cela ne semble pas juste : s'il en était ainsi, comment dirait-on 'ne déplacerons-nous pas la peau avec la viande', puisque la viande est interdite au déplacement ? Il semble plutôt que, selon tous, il est permis de déplacer la viande. Certes, celui qui permet de déplacer de la viande crue ordinaire le fait parce qu'elle convient aux chiens, et ici elle ne convient pas aux chiens ; néanmoins, à cause du mépris des choses consacrées au Ciel, c'est permis selon tous, et ils ne divergent que sur le déplacement de la peau avec la viande. Et ce qu'on dit ici, qu'elle est support d'une chose interdite, signifie qu'avant l'abattage elle était support d'une chose interdite, car toute la bête est mouktse (exclue du déplacement).
💡 Explication

Suite de 116b. Les Sages ont répondu à Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka par l'exemple de l'étui du Sefer Torah qu'on sauve avec le livre. Rav Achi a dit que la controverse porte aussi sur le déplacement de la peau avec la viande. La Guemara teste ici trois formulations de l'argument, en examinant à chaque fois ce dont l'objet est le bassis (support) : un objet qui porte une chose interdite au déplacement devient lui-même interdit.

L'étui qui ne porte que le livre sert une chose permise ; l'étui avec de l'argent sert une chose permise et une chose interdite ; la peau ne sert que l'interdit. Seule la troisième formulation, l'étui avec de l'argent apporté d'ailleurs, place les deux cas au même niveau.

🖼️ Schéma
Bassis : de quoi l'objet est-il le support ? Étui + livre seul support du permis (le livre se déplace) comparaison refusée : la peau porte l'interdit Étui + livre + argent support du permis ET de l'interdit comparaison refusée : la peau : tout interdit Étui avec argent apporté d'ailleurs support du seul interdit comparaison proposée (examinée au seg. 1) Peau de l'agneau pascal : support d'une chose interdite (Rachi : la viande, mangée seulement la nuit ; Tossefot : la bête était mouktse avant l'abattage)
Les trois formulations de l'argument des Sages, classées selon ce dont l'objet est le support.
2
וְהִיא גּוּפָהּ מִנָּלַן? אִילֵּימָא דְּמִדְּהֵיכָא דְּאִית בֵּיהּ לָא שָׁדֵי לְהוּ, אֵיתוֹיֵי נָמֵי מַייְתִינַן — מִי דָמֵי?! הָתָם — אַדְּהָכִי וְהָכִי נָפְלָה דְּלֵיקָה, הָכָא — אַדְּהָכָא וְהָכִי לִישְׁדִּינְהוּ. אֶלָּא אָמַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי: לְעוֹלָם כִּדְאָמְרִינַן מֵעִיקָּרָא. וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ: הָכָא טִלְטוּל וְהָכָא מְלָאכָה — כְּגוֹן דְּלָא קָבָעֵי לֵיהּ לְעוֹר.

Et cela même, d'où le savons-nous ? Si l'on dit : du fait que, là où [l'étui] en contient, on ne [l'argent] jette pas, on peut aussi en apporter — sont-ce des cas comparables ?!

Là-bas, entre-temps l'incendie pourrait atteindre [le livre] ; ici, entre-temps, qu'il le jette ! Mar bar Rav Achi dit plutôt : en réalité, c'est comme nous l'avons dit au début.

Et quant à ce qui te faisait difficulté, ici un déplacement et là un travail (melakha) : il s'agit d'un cas où il n'a pas besoin de la peau.

📜 Rachi (8)
אִי נֵימָא דְּמִדְּהֵיכָא דְּאִית בֵּיהּ מָעוֹת עִם הַסֵּפֶר לָא שָׁדֵי לְהוּ לָא מַצְרִיךְ לֵיהּ תַּנָּא דִידַן לְמִשְׁדִּינְהוּ כִּדְקָתָנֵי ואע"פ שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכוֹ מָעוֹת:
Si l'on dit que, du fait que là où il y en a : de l'argent avec le livre, on ne le jette pas : notre Tana n'exige pas qu'on le jette, comme il enseigne 'et même s'il contient de l'argent'.
אֵיתוֹיֵי נָמֵי מַיְיתִינַן מֵעָלְמָא מֵאַחַת זָוִית הַבַּיִת תִּיק וּבְתוֹכוֹ מָעוֹת לְהַנִּיחַ בְּתוֹכוֹ סֵפֶר וּלְהַצִּיל:
On en apporte aussi : d'ailleurs, d'un coin de la maison, un étui contenant de l'argent, pour y poser le livre et le sauver.
מִי דָמֵי הֵיכָא דְּהַסֵּפֶר מֻונָּח עִם הַמָּעוֹת לְהֵיכָא דְּהוּא בָּא עַכְשָׁיו לַהֲבִיאוֹ עִם הַמָּעוֹת וְלָתֵת בּוֹ סֵפֶר:
Sont-ce des cas comparables : le cas où le livre est posé avec l'argent, et le cas où il vient maintenant apporter [l'étui] avec l'argent pour y mettre le livre ?
הָתָם דְּסֵפֶר וּמָעוֹת בְּתוֹכוֹ לְהָכִי לָא מַצְרְכִינַן לֵיהּ לְמִישְׁדִּינְהוּ:
Là-bas : où le livre et l'argent sont dedans, c'est pour cela qu'on ne l'oblige pas à le jeter,
דִּילְמָא אַדְּהָכִי וְהָכִי נָפְלָה דְּלֵיקָה עַל הַסֵּפֶר:
De peur qu'entre-temps l'incendie atteigne : le livre.
הָכָא אַדְּמַייְתֵי לֵיהּ נִישְׁדִּינְהוּ דֶּרֶךְ בִּיאָתוֹ:
Ici : pendant qu'il l'apporte, qu'il le jette en chemin.
כִּדְאָמְרִינַן מֵעִיקָּרָא דְּלָא פְּלִיגִי אֶלָּא בְּהַפְשָׁטָה וּמַייְתִי רַבָּנָן רְאָיָה מִתִּיק הַסֵּפֶר דְּמַתְנִי' דְּמַצִּילִין מָעוֹת אַגַּב סֵפֶר צָרְכֵי הֶדְיוֹט אַגַּב צָרְכֵי גָּבוֹהַּ הוֹאִיל וְלֵיכָּא שְׁהוּת לְמִשְׁדִּינְהוּ וה"נ אַגַּב צָרְכֵי גָּבוֹהַּ דְּכָל פֹּעַל ה' לְמַעֲנֵהוּ יַפְשִׁיט:
Comme nous l'avons dit au début : qu'ils ne divergent que sur le dépouillement ; et les Rabbanan apportent une preuve de l'étui du livre de notre Michna, où l'on sauve l'argent avec le livre, les besoins d'un particulier accessoirement aux besoins du Très-Haut, puisqu'on n'a pas le temps de le jeter ; de même ici, accessoirement aux besoins du Très-Haut, car 'Hachem a tout fait pour Lui', il dépouillera [la bête].
וּדְקַשְׁיָא לָךְ כו' דְּלָא בָּעֵי לֵיהּ לְעוֹר אֵינוֹ צָרִיךְ לוֹ לְעוֹר וְאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְהַפְשִׁיט מִשּׁוּם עוֹר וְלָא דָּמֵי לְהֶפְשֵׁט אֵילִים וּתְחָשִׁים דְּמִשְׁכָּן:
Et ce qui te faisait difficulté, etc., où il n'a pas besoin de la peau : il n'a pas besoin de la peau et n'a pas l'intention de dépouiller pour la peau ; cela ne ressemble donc pas au dépouillement des [peaux de] béliers et de tahach du Michkan.
🗂️ Tossefot (2)
מִי דָּמֵי הָתָם אַדְּהָכִי וְהָכִי נָפְלָה דְּלֵיקָה וא"ת אַמַּאי לָא קָאָמַר הָתָם נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הַמֻּותָּר וּלְדַבֵּר הָאָסוּר הָכָא נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר גְּרֵידָא וי"ל דְּאֵין נִרְאֶה לוֹ לְחַלֵּק כֵּיוָן דְּהַשְׁתָּא סָבוּר שֶׁיָּכוֹל לְנַעֵר מָעוֹת מִן הַכִּיס וַאֲפִילּוּ הָכֵי א"צ לְנַעֵר וְשָׁרִי כָּל שֶׁהוּא עוֹשֶׂה לְהַצָּלַת ס"ת ה"ה דְּשָׁרֵי לְהָבִיא תִּיק שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מָעוֹת גְּרֵידָא:
Sont-ce des cas comparables ? Là-bas, entre-temps l'incendie... : Et si tu demandes : pourquoi ne dit-on pas 'là-bas il est devenu support d'une chose permise et d'une chose interdite, ici support d'une chose interdite seule' ? On peut répondre qu'il ne lui paraît pas juste de distinguer ainsi : puisqu'on pense maintenant qu'on peut secouer l'argent de la bourse, et que néanmoins on n'est pas tenu de le secouer et que c'est permis, [car] tout ce qu'on fait pour sauver un Sefer Torah [est permis], il en va de même : il est permis d'apporter un étui qui ne contient que de l'argent.
אַדְּהָכֵי וְהָכֵי לִשְׁדִּינְהוּ מַשְׁמַע דְּאִי לָא מָצֵי לְמִשְׁדֵּי הַמָּעוֹת הֲוָה מָצֵי לְהָבִיא הַתִּיק עִם הַמָּעוֹת לְהָבִיא בּוֹ ס"ת וא"כ כְּשֶׁאֵינוֹ מֻופְשָׁט אֶלָּא עַד הֶחָזֶה מֻותָּר לכ"ע לְטַלְטֵל הוֹאִיל וְלָא מָצֵי שָׁדֵי לֵיהּ וְלָא פְּלִיגִי אֶלָּא כְּשֶׁהֻופְשַׁט לְגַמְרֵי כִּדְפֵי' לְעֵיל:
Entre-temps, qu'il les jette : cela implique que, s'il ne pouvait pas jeter l'argent, il pourrait apporter l'étui avec l'argent pour y mettre le Sefer Torah. S'il en est ainsi, lorsque [l'agneau] n'est dépouillé que jusqu'à la poitrine, il est permis selon tous de le déplacer, puisqu'on ne peut pas l'en séparer ; ils ne divergent que lorsqu'il a été entièrement dépouillé, comme nous l'avons expliqué plus haut.
💡 Explication

La troisième formulation repose sur une règle absente de la Michna : peut-on apporter un étui contenant de l'argent pour y mettre le livre ? La déduire du cas où l'argent est déjà dans l'étui ne tient pas : là, vider l'étui ferait perdre un temps pendant lequel le feu gagne le livre ; ici, on peut jeter l'argent en chemin.

Mar bar Rav Achi revient donc à la première formulation (le dépouillement). L'objection 'déplacement contre travail' se résout : il s'agit d'un cas où il n'a pas besoin de la peau. C'est un davar che-eino mitkaven (acte sans intention du résultat interdit), que Rabbi Chimon permet ; le travail du Michkan, lui, visait les peaux.

3
וְהָא אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּ״פָּסֵיק רֵישֵׁיהּ וְלָא יָמוּת״ — דְּשָׁקִיל לֵיהּ בְּבַרְזֵי.

Mais Abaye et Rava ont dit tous deux : Rabbi Chimon reconnaît [l'interdit] dans le cas de 'on lui coupe la tête, et il ne mourrait pas ?!' (psik reicha) ! — [Il s'agit d'un cas] où il l'enlève par lanières (be-berazei).

📜 Rachi (2)
וְהָא ר"ש מוֹדֶה בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלָא יְמוּת וְהָכָא אע"ג דְּלָא מִיכַּוֵּין מִיפְּשִׁיט הוּא:
Mais Rabbi Chimon reconnaît dans psik reicha : et ici, bien qu'il n'en ait pas l'intention, [la peau] se trouve dépouillée.
דְּשָׁקִיל לֵיהּ בְּבַרְזֵי בַּחֲתִיכוֹת דַּקּוֹת מַפְשִׁיט וְחוֹתֵךְ דְּאֵין דֶּרֶךְ הַפְשָׁטָה בְּכָךְ וְלָאו מְלָאכָה הוּא אֶלָּא שְׁבוּת:
Où il l'enlève par lanières : il dépouille et coupe en petits morceaux, ce qui n'est pas la manière de dépouiller ; ce n'est donc pas une melakha, mais seulement une chevout (interdit rabbinique).
🗂️ Tossefot (2)
דְּשָׁקִיל לֵיהּ בְּבַרְזֵי פֵּירֵשׁ בַּקְּוַנְט' דְּאִיכָּא שְׁבוּת בכה"ג וְקָשֶׁה דַּהֲוָה לֵיהּ לְמִיתְנֵי בִּפְסָחִים בְּפֶרֶק אֵלּוּ דְּבָרִים (פְּסָחִים דַּף סה:) הַפְּשָׁט דְּדָחֵי שַׁבָּת בַּהֲדֵי הָנְהוּ שְׁבוּת דְּקָתָנֵי הָתָם דְּדָחוּ שַׁבָּת וְנִרְאֶה לר"י דְּלֵיכָּא אֲפִילּוּ שְׁבוּת דְּאֵינוֹ מַפְשִׁיט כְּשִׁיעוּר חֲשִׁיבוּת עוֹר יַחַד וְלָא דָּמֵי לְמֵפִיס מֻורְסָא דְּהָתָם פֶּתַח קָעֲבִיד אַךְ שא"צ לוֹ וְכֵן צַד מַזִּיקִין מ"מ צַד הוּא אֲבָל הָכָא דְּלָא קָא עֲבִיד הַפְּשָׁט אַפֵּי' שְׁבוּת לֵיכָּא:
Où il l'enlève par lanières : le Kountres explique qu'il y a une chevout dans ce cas. C'est difficile : il aurait fallu enseigner dans Pessa'him, au chapitre Elou devarim (Pessa'him 65b), le dépouillement qui repousse le Chabbat, avec ces chevout dont il est enseigné là-bas qu'elles repoussent le Chabbat. Il semble au Ri qu'il n'y a même pas de chevout, car il ne dépouille pas d'un seul tenant une surface ayant l'importance d'une peau. Cela ne ressemble pas à celui qui perce un abcès : là-bas il fait une ouverture, mais sans en avoir besoin ; de même celui qui attrape des nuisibles attrape tout de même. Mais ici, où il ne fait pas de dépouillement, il n'y a même pas de chevout.
(דְּשָׁקִיל לֵיהּ בְּבַרְזֵי) וא"ת דְּתָנֵי' בְּסוֹף תָּמִיד נִשְׁחָט (פְּסָחִים סה:) תְּנָא חֲשֵׁכָה כָּל אֶחָד וְאֶחָד נוֹטֵל פִּסְחוֹ בְּעוֹרוֹ אִם כֵּן לָאו בְּבַרְזֵי הָיָה מֻופְשָׁט וּמַשְׁמַע דִּבְשַׁבָּת אַייְרֵי דְּאַמַּתְנִי' דְּהָתָם קָאֵי דְּקָתָנֵי אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל בְּשַׁבָּת וְאִיכָּא לְמֵימַר דְּלָא קָאֵי אַשַּׁבָּת א"נ נוֹטְלוֹ בְּעוֹרוֹ שֶׁנִּפְשַׁט עַד הֶחָזֶה וְעוֹד אוֹמֵר רִ"י דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּרַבָּנָן לְדִבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל קָאָמְרִי לְדִידַן מֻותָּר לְהַפְשִׁיט לְגַמְרֵי לְדִידָךְ אוֹדֵי לָן מִיהָא דְּמֻותָּר לְהַפְשִׁיט בְּבַרְזֵי וא"ת לְפִי זֶה ה"ל לְמִיחְשַׁב הָתָם דְּחִייַּת הַפְּשָׁט וי"ל דְּבִפְלֻוגְתָּא לָא קָא מַיְירֵי דִּלֵּר' יִשְׁמָעֵאל לָא דָּחֵי לֵיהּ הֶפְשֵׁט כְּלָל ואע"ג דְּחָשֵׁיב הַרְכָּבָתוֹ וַהֲבָאָתוֹ מִחוּץ לַתְּחוּם דִּפְלִיגִי בָּהּ ר"ע וְר' אֱלִיעֶזֶר לָא חֲשִׁיב לָהּ פְּלֻוגְתָּא דר"א דְּשַׁמּוּתִי הוּא וְעוֹד דְּמֵהַהִיא פְּלוּגְתָּא יָלְפִינַן דְּהַזָּאָה אֵינָהּ דּוֹחָה לְהָכִי קָתָנֵי לָהּ:
(Où il l'enlève par lanières) : Et si tu demandes : il est enseigné à la fin de Tamid nich'hat (Pessa'him 65b) : 'La nuit tombée, chacun prend son Pessa'h dans sa peau' ; il n'était donc pas dépouillé par lanières, et il semble qu'il s'agisse du Chabbat, puisque cela se rattache à la Michna de là-bas qui enseigne 'le 14 qui tombe un Chabbat'. On peut dire que cela ne se rapporte pas au Chabbat ; ou bien 'il le prend dans sa peau' vise celui qui a été dépouillé jusqu'à la poitrine. Le Ri dit encore qu'on peut dire que les Rabbanan parlent selon Rabbi Yichmael : 'selon nous, il est permis de dépouiller entièrement ; selon toi, admets au moins avec nous qu'il est permis de dépouiller par lanières.' Et si tu demandes : selon cela, il aurait fallu compter là-bas le dépouillement parmi ce qui repousse [le Chabbat] ? On peut répondre que [la Michna] ne traite pas d'un point controverse, puisque selon Rabbi Yichmael le dépouillement ne repousse pas du tout [le Chabbat]. Et bien qu'elle compte le fait de le porter sur les épaules et de l'apporter de l'extérieur de la limite (te'houm), sur lesquels divergent Rabbi Akiva et Rabbi Eliezer, elle ne compte pas cela comme controverse, car Rabbi Eliezer était un chamoutti (mis au ban) ; de plus, de cette controverse on apprend que l'aspersion ne repousse pas [le Chabbat], c'est pourquoi elle l'enseigne.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תָּנוּ רַבָּנַן הַתּוֹלֵשׁ עֳולָשִׁין וְהַמְזָרֵד זְרָדִין אִם לַאֲכִילָה כִּגְרוֹגָרוֹת אִם לִבְהֵמָה כִּמְלֹא פִּי הַגְּדִי אִם לְהֶיסֵּק כְּדֵי לְבַשֵּׁל בּוֹ בֵּיצָה קַלָּה וְאִם לְיַפּוֹת אֶת הַקַּרְקַע כָּל שֶׁהוּא. אַטּוּ כּוּלְּהוּ לָאו לְיַפּוֹת אֶת הַקַּרְקַע נִינְהוּ. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ בַּאֲגַם שָׁנוּ. אַבַּיֵּי אוֹמֵר אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּשָׂדֶה כְּגוֹן דְּלָא מְכַוֵּין. וְהָא אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ מוֹדֶה ר"ש בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלָא יְמוּת. לָא צְרִיכָא דְּקָעָבֵיד בְּאַרְעָא דְּחַבְרַיָּא. פִּי' בֶּעָרוּךְ דְּמֵאַחַר שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה כְּלָל בְּיִפּוּי קַרְקַע שֶׁל חֲבֵירוֹ שָׁרִי לְכַתְּחִלָּה ואע"ג דַּהֲוָה פְּסִיק רֵישֵׁיהּ וְהָא דְּאָמַר אַבַּיֵּי וְרָבָא דְּאָמְרוּ תַּרְוַוייְהוּ מוֹדֶה ר"ש בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלָא יְמוּת שֶׁהוּא אָסוּר הַייְנוּ בְּדָבָר שֶׁהוּא נֶהֱנֶה כְּגוֹן דַּעֲבִיד בְּאַרְעָא דִּידֵיהּ וּכְגוֹן אָב הַקּוֹצֵץ בַּהֶרֶת בְּנוֹ בִּשְׁעַת מִילָה שֶׁהוּא נֶהֱנֶה בַּדָּבָר אֲבָל פְּסִיק רֵישֵׁיהּ דַּעֲבִיד בְּאַרְעָא דְּחַבְרֵיהּ וְאַחַר הַקּוֹצֵץ בַּהֶרֶת בִּשְׁעַת מִילָה שֶׁאֵין נֶהֱנִין בַּדָּבָר מֻותָּרִין לְכַתְּחִלָּה וַאֲפִילּוּ אִיסּוּרָא דְּרַבָּנָן לֵיכָּא. הִלְכָּךְ חָבִית הַפְּקוּקָה בְּפִשְׁתָּן מֻותָּר לְהָסִיר הַפְּקָק וְלִיקַּח מִמֶּנּוּ יַיִן בְּשַׁבָּת אע"פ שֶׁאִי אֶפְשָׁר בְּשָׁעָה שֶׁנּוֹטֵל הַפְּקָק מִן הַפִּשְׁתָּן שֶׁהוּא בִּמְקוֹם בַּרְזָא שֶׁלֹּא יִסְחֹוט וַהֲוָה לֵיהּ פְּסִיק רֵישֵׁיהּ מֵאַחַר שֶׁאֵין נֶהֱנֶה בִּסְחִיטָה זֹאת שֶׁהַיַּיִן נוֹפֵל לָאָרֶץ מֻותָּר. וְנִרְאֶה דְּלָאו רְאָיָה הִיא דְּהָא דְּאָמַר הָכָא לָא צְרִיכָא דַּעֲבַד בְּאַרְעָא דְּחַבְרֵיהּ דְּלָאו לְעִנְיַן אִיסּוּר לְכַתְּחִלָּה קָמְפַלֵּיג בֵּין עֲבִיד בְּאַרְעָא דִּידֵיהּ בֵּין עֲבִיד בְּאַרְעָא דְּחַבְרֵיהּ אֶלָּא לְעִנְיַן חִיּוּב חַטָּאת וּפָטוּר קָמְפַלֵּיג דִּבְהָכִי אַייְרֵי אֲבָל לְעִנְיַן אִיסּוּר אֲפִילּוּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֲסִיר לְכַתְּחִלָּה מִדְּרַבָּנָן אע"פ שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה בֶּעָרוּךְ מֵהָא דְּאָמַר לְקַמָּן בְּפֶרֶק רַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּמִילָה (שַׁבָּת דַּף קלג.) וְאַבָּיֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הַאי בְּשַׂר מַאי עָבֵיד לֵיהּ אָמַר רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּאוֹמֵר אֲבִי הַבֵּן לָקֹוץ בַּהֶרֶת בְּנוֹ קָמִיכַּוֵּין וְאִי אִיכָּא אַחֵר לֶיעְבֵּד אַחֵר כִּדְרֵישׁ לָקִישׁ דְּלֵיכָּא אַחֵר. אֲבָל אִי הֲוָה אַחֵר מֻותָּר לְכַתְּחִלָּה אע"ג דִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ הוּא דְּאִי אֶפְשָׁר לָמוּל בְּלֹא קְצִיצַת הַבַּהֶרֶת מֵאַחַר שִׁין נֶהֱנֶה בַּדָּבָר אַלְמָא דְּשָׁרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן פְּסִיק רֵישֵׁיהּ בְּדָבָר שֶׁאֵין נֶהֱנֶה וְאֵינָהּ רְאָיָה דְּהָא דְּבָעֵי הַשַּׁ"ס אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הַאי בְּשַׂר מַאי עָבֵיד לֵיהּ לָא קָאֵי אַמַּסְּקָנָא דְּסָבַר אַבַּיֵּי דְּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלֹא יָמוּת כִּדְקָאָמַר הָתָם לְבָתַר דְּשַׁמְעֵהּ מֵרָבָא סַבְרַהּ וְלָא קָאֵי אֶלָּא אַהָא דְּאַבַּיֵּי דַּהֲוָה מְשַׁנֵּי מֵעִיקָּרָא לָא צְרִיכָא אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר אֲבָל לר"ש לָא אִיצְטְרִיךְ קְרָא דְּהָא פְּלִיג אַף בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלָא יְמוּת דְּאַכַּתִּי לֹא שָׁמַע מֵרָבָא דְּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וּבָעֵי אַבַּיֵּי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשַׂר מַאי עָבֵיד לֵיהּ אַלְמָא סָבַר אַבַּיֵּי מֵעִיקָּרָא דִּפְלִיג רַבִּי שִׁמְעוֹן אַף בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ הַאי בְּשַׂר מַאי עָבֵיד לֵיהּ אֲבָל בַּמַּסְּקָנָא דְּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ לָא שְׁנָא אָב וְלָא שְׁנָא אַחֵר. וְעוֹד אַף לִדְבָרָיו מָה רְאָיָה מֵבִיא דְּמָצִינוּ לְמֵימַר דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה דְּאִיכָּא אִיסּוּר דְּרַבָּנָן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ דְּאֵין נֶהֱנֶה דִּבְפֶרֶק ר' אֱלִיעֶזֶר דְּמִילָה לָא אַשְׁכְּחַן דִּסְבִירָא לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֶלָּא שֶׁמֻּותָּר מִן הַתּוֹרָה. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה בֶּעָרוּךְ מֵהָא דְּאוֹמֵר פֶּרֶק כָּל כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ דַּף קיז. לָא צְרִיכָא דְּשָׁקִיל לֵיהּ בְּבַרְזָא אע"ג דְּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ מֵאַחַר שֶׁאֵין נֶהֱנֶה מֻותָּר שֶׁאֵין צָרִיךְ לַחֲתִיכוֹת קְטַנּוֹת כָּל כָּךְ. וְאֵינוֹ רְאָיָה כְּמוֹ שפירש"י שָׁם שֶׁאֵין דֶּרֶךְ הַפְּשָׁט בְּכָךְ וְלֵיכָּא אִיסִירָא. וְעוֹד יֵשׁ לְפָרֵשׁ דְּמֵאַחַר דְּשָׁקִיל לֵיהּ בְּבַרְזָא אֵין זֶה עוֹר שֶׁאֵין בּוֹ כְּדֵי לַעֲשׂוֹת קָמֵיעַ. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה מֵהַהִיא דְּסֻוכָּה פֶּרֶק לוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף לג:) תָּנוּ רַבָּנַן אֵין מְמַעֲטִין ביו"ט מִשּׁוּם ר' אֶלְעָזָר בַּר' שִׁמְעוֹן אָמְרוּ מְמַעֲטִין פֵּירוּשׁ עִנְבֵי הֲדַס שֶׁפּוֹסְלִין אוֹתוֹ וּפָרִיךְ וְהָא קָמְתַקֵּן מָנָא וּמְשַׁנֵּי הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן שֶׁלִּקְּטָן לַאֲכִילָה וְדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר וּפָרִיךְ וְהָא אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ מוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלֹא יָמוּת וּמְשַׁנֵּי לָא צְרִיכָא דְּאִית לֵיהּ הוֹשַׁעְנָא אַחֲרִיתִי וּמֵאַחַר שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה מֻותָּר אע"ג דְּהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ. וְיֵשׁ לִדְחוֹת דְּמִצְוָה שָׁאנֵי אִי נָמֵי כֵּיוָן דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר מִן הַתּוֹרָה הָכָא אע"ג דִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ הוּא הוֹאִיל וְאִית לֵיהּ אַחֲרֵינִי שָׁרִי לְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּשֶׁמָּא לֹא יְהֵא צָרִיךְ לָזֶה שֶׁתִּקֵּן וְאִיגַּלַּאי מִילְּתֵיהּ דְּלָא תִּקֵּן כְּלִי אֲבָל לְרַבִּי יְהוּדָה דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר וְאִי צְרִיךְ לֵיהּ אִיכָּא אִיסּוּר דְּאוֹרָייְתָא לָא שָׁרֵינַן אע"ג דְּאִית לֵיהּ הוֹשַׁעְנָא אַחֲרִיתִי. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה לִדְבָרָיו מֵהָא דְּאָמַר בִּזְבָחִים בְּשִׁלְהֵי כָּל הַתָּדִיר דַּף צא: הַמִּתְנַדֵּב יַיִן מְבִיאוֹ וּמְזַלְּפוֹ עַל גַּבֵּי הָאִישִּׁים וּפָרִיךְ וְהָא קָמְכְּבָה וּמוּקֵי לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר ואע"ג דְּהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ דְּאִי אֶפְשָׁר לְזַלֵּף עַל גַּבֵּי הָאִישִּׁים שֶׁלֹּא יִכְבֶּה מַתִּיר רַבִּי שִׁמְעוֹן לְכַתְּחִלָּה מֵאַחַר שֶׁאֵין נֶהֱנֶה. וְיֵשׁ לִדְחוֹת דְּאֶפְשָׁר שֶׁיִּפֹּול עַל עֲצֵי הַמַּעֲרָכָה אוֹ עַל הָאֵבָרִים וְעוֹד קָשֶׁה לְפֵירוּשׁ הֶעָרוּךְ דְּהָא מֵפִיס מֻורְסָא בְּשַׁבָּת לְהוֹצִיא מִמֶּנָּה לֵיחָה פָּטוּר אֲבָל אָסוּר אִי לָאו מִשּׁוּם צַעֲרָא דְּגוּפָא אע"פ דְּאֵינוֹ נֶהֱנֶה בְּבִנְיַן הַפֶּתַח וְגַם אֵינוֹ מְכַוֵּין בְּבִנְיַן הַפֶּתַח אֶלָּא לִנְקִיבָה בְּעָלְמָא כְּדֵי שֶׁתֵּצֵא הַלֵּיחָה. וְגַם קָשֶׁה מִמַּחַט לִיטּוֹל בָּהּ אֶת הַקּוֹץ דְּמוּקֵי לָהּ בְּסַנְהֶדְרִין דַּף פד: כַּר' שִׁמְעוֹן דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ פָּטוּר עָלֶיהָ וְדַוְקָא מִשּׁוּם צַעֲרָא דְּגוּפָא ואע"ג דְּאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת חַבּוּרָה אֶלָּא לְהוֹצִיא אֶת הַקּוֹץ:
Guemara. Les Rabbanan ont enseigné : celui qui arrache des chicorées (oulchin) ou taille des pousses (zeradin) : si c'est pour manger, [il est coupable pour] la mesure d'une figue sèche ; si c'est pour une bête, la mesure d'une bouchée de chevreau ; si c'est pour le feu, de quoi cuire un œuf léger ; et si c'est pour embellir le sol, la moindre quantité. — Mais tous ces cas n'embellissent-ils pas le sol ? Rabba et Rav Yossef disent tous deux : on l'a enseigné pour un marais. Abaye dit : tu peux même dire dans un champ, dans le cas où il n'en a pas l'intention. — Mais Abaye et Rava ont dit tous deux : Rabbi Chimon reconnaît dans psik reicha ! — Ce n'est nécessaire que lorsqu'il le fait dans le terrain de son prochain. L'Aroukh explique : puisqu'il ne tire aucun profit de l'embellissement du terrain de son prochain, c'est permis à priori, bien que ce soit un psik reicha. Et ce qu'Abaye et Rava ont dit tous deux, que Rabbi Chimon reconnaît que le psik reicha est interdit, concerne une chose dont il tire profit, comme lorsqu'il agit dans son propre terrain, ou comme un père qui coupe la tache (baheret) de son fils au moment de la circoncision, qui en tire profit. Mais un psik reicha dans le terrain de son prochain, ou un autre qui coupe la baheret au moment de la circoncision, qui n'en tirent pas profit, sont permis à priori, et il n'y a même pas d'interdit rabbinique. C'est pourquoi, pour un tonneau bouche avec du lin, il est permis d'enlever le bouchon et d'en prendre du vin le Chabbat, bien qu'il soit impossible, en retirant le bouchon de lin qui est à la place de la bonde, de ne pas l'essorer, ce qui est un psik reicha : puisqu'il ne tire pas profit de cet essorage, car le vin tombe à terre, c'est permis. Il semble que ce ne soit pas une preuve : ce qu'on dit ici, 'ce n'est nécessaire que lorsqu'il le fait dans le terrain de son prochain', ne distingue pas, pour l'interdit à priori, entre agir dans son terrain et agir dans celui de son prochain ; la distinction porte sur l'obligation d'un sacrifice 'hatat ou l'exemption, car c'est de cela qu'il est question. Mais quant à l'interdit, même selon Rabbi Chimon c'est interdit à priori d'ordre rabbinique, bien qu'il n'en tire pas profit. L'Aroukh a encore apporté une preuve de ce qui est dit plus loin, au chapitre Rabbi Eliezer de-Mila (Chabbat 133a) : 'Et Abaye, selon Rabbi Chimon, que fait-il de ce [mot] basar (chair) ? Rav Macharchia dit : [il s'agit du cas] où le père de l'enfant dit : c'est pour couper la baheret de mon fils que je vise. Et s'il y a un autre, qu'un autre le fasse ! Comme Rech Lakich : [il s'agit d'un cas] où il n'y a pas d'autre.' Donc s'il y avait un autre, ce serait permis à priori, bien que ce soit un psik reicha, puisqu'il est impossible de circoncire sans couper la baheret, du moment qu'il n'en tire pas profit ; il ressort que Rabbi Chimon permet le psik reicha dans une chose dont on ne tire pas profit. Ce n'est pas une preuve : la question du Talmud 'selon Rabbi Chimon, que fait-il de ce basar ?' ne repose pas sur la conclusion, où Abaye pense que Rabbi Chimon reconnaît dans psik reicha, comme il est dit là-bas 'après avoir entendu de Rava son raisonnement'. Elle ne se rapporte qu'à ce qu'Abaye répondait d'abord : ce n'est nécessaire que selon Rabbi Yehouda, qui dit qu'une chose non intentionnelle est interdite, mais selon Rabbi Chimon le verset n'est pas nécessaire, puisqu'il diverge même dans psik reicha, car il n'avait pas encore entendu de Rava que Rabbi Chimon reconnaît dans psik reicha. Et Abaye demande selon Rabbi Chimon : ce basar, que fait-il ? Il en ressort qu'Abaye pensait d'abord que Rabbi Chimon diverge même dans psik reicha, [d'où la question] 'ce basar, que fait-il ?'. Mais selon la conclusion, que Rabbi Chimon reconnaît dans psik reicha, il n'y a pas de différence entre le père et un autre. De plus, même selon ses propres paroles, quelle preuve apporte-t-il ? Nous pouvons dire que Rabbi Chimon reconnaît qu'il y a un interdit rabbinique dans un psik reicha dont on ne tire pas profit, car au chapitre Rabbi Eliezer de-Mila nous ne trouvons Rabbi Chimon affirmer que ceci : c'est permis selon la Torah. L'Aroukh a encore apporté une preuve de ce qui est dit au chapitre Kol kitvei ha-kodech, page 117a : 'ce n'est nécessaire que lorsqu'il l'enlève par lanières' : bien que Rabbi Chimon reconnaisse dans psik reicha, puisqu'il n'en tire pas profit, c'est permis, car il n'a pas besoin de si petits morceaux. Ce n'est pas une preuve, comme Rachi l'a expliqué là-bas : ce n'est pas la manière de dépouiller, et il n'y a pas d'interdit. On peut encore expliquer : puisqu'il l'enlève par lanières, ce n'est pas une peau contenant de quoi faire une amulette. L'Aroukh a encore apporté une preuve de Soucca, chapitre Loulav ha-gazoul (Soucca 33b) : 'Les Rabbanan ont enseigné : on ne retire pas [les baies] le jour de fête ; au nom de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, ils ont dit : on les retire' — c'est-à-dire les baies du myrte qui le rendent invalide. [La Guemara] objecte : mais il répare un objet ! Et elle répond : de quoi s'agit-il ? De celui qui les a cueillies pour les manger, et une chose non intentionnelle est permise. Elle objecte : mais Abaye et Rava ont dit tous deux que Rabbi Chimon reconnaît dans psik reicha ! Elle répond : ce n'est nécessaire que lorsqu'il a une autre hochaana ; et puisqu'il n'en tire pas profit, c'est permis, bien que ce soit un psik reicha. On peut rejeter [cette preuve] : une mitsva est un cas particulier ; ou bien : puisque Rabbi Chimon pense qu'une chose non intentionnelle est permise selon la Torah, ici, bien que ce soit un psik reicha, puisqu'il en a un autre, c'est permis selon Rabbi Chimon, car peut-être n'aura-t-il pas besoin de celui qu'il a réparé, et il apparaît alors qu'il n'a pas réparé d'objet. Mais selon Rabbi Yehouda, une chose non intentionnelle est interdite, et s'il en a besoin il y a un interdit de la Torah ; on ne le permet pas, même s'il a une autre hochaana. L'Aroukh a encore apporté une preuve à ses propos de Zeva'him, à la fin de Kol ha-tadir (page 91b) : 'Celui qui fait don de vin l'apporte et le répand sur les feux [de l'autel]'. [La Guemara] objecte : mais il éteint ! et l'établit selon Rabbi Chimon, qui dit qu'une chose non intentionnelle est permise ; bien que ce soit un psik reicha, car il est impossible de répandre sur les feux sans éteindre, Rabbi Chimon permet à priori, puisqu'il n'en tire pas profit. On peut rejeter : il est possible [que le vin] tombe sur le bois de l'autel ou sur les membres. De plus, l'explication de l'Aroukh fait difficulté : celui qui perce un abcès le Chabbat pour en faire sortir le pus est exempt mais [agit de façon] interdite, n'était la souffrance du corps, bien qu'il ne tire pas profit de la construction de l'ouverture et n'ait pas l'intention de construire l'ouverture, mais seulement de percer pour que le pus sorte. Il y a aussi une difficulté de l'aiguille pour retirer une épine, que [la Guemara] établit dans Sanhédrin page 84b selon Rabbi Chimon, qui dit qu'un travail non requis pour lui-même (melakha che-einah tsrikha le-goufah) est exempt ; et [ce n'est permis] qu'à cause de la souffrance du corps, bien qu'il n'ait pas l'intention de faire une blessure, mais seulement de retirer l'épine.
💡 Explication

Objection : la réponse précédente suppose que Rabbi Chimon permet le davar che-eino mitkaven. Or Abaye et Rava enseignent qu'il reconnaît l'interdit dans le psik reicha : quand la conséquence interdite est inévitable (couper la tête d'un animal sans qu'il meure), l'absence d'intention ne sert à rien. Dépouiller la bête produit nécessairement une peau dépouillée.

Réponse : il l'enlève be-berazei, par petites lanières. Aucune peau utilisable ne résulte de l'acte, donc il n'y a pas de melakha de dépouillement. Rachi y voit encore une chevout (interdit rabbinique) ; pour le Ri (Tossefot), il n'y a même pas de chevout.

Le Roch rapporte ici la position de l'Aroukh : un psik reicha dont on ne tire aucun profit (psik reicha de-lo ni'ha leih) serait permis à priori. Il la discute et la rejette preuve par preuve.

🖼️ Schéma
Davar che-eino mitkaven et psik reicha selon Rabbi Chimon Il dépouille sans avoir besoin de la peau Conséquence non certaine R. Chimon : permis (sans intention) Conséquence inévitable (psik reicha) Abaye et Rava : R. Chimon admet Solution : be-berazei, par lanières Rachi : chevout seulement ; Ri (Tossefot) : pas même chevout
Pourquoi l'absence d'intention ne suffit pas, et comment le dépouillement par lanières résout la difficulté.
4
וּלְהֵיכָן מַצִּילִין אוֹתָן וְכוּ׳. הֵיכִי דָמֵי מְפֻולָּשׁ, הֵיכִי דָּמֵי שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ? אָמַר רַב חִסְדָּא: שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת וּשְׁנֵי לְחָיַיִן — זֶהוּ מָבוֹי שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ. שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת וְלֶחִי אֶחָד — זֶהוּ מָבוֹי הַמְפֻולָּשׁ. וְתַרְוַיְיהוּ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דִּתְנַן: הֶכְשֵׁר מָבוֹי — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֶחִי וְקוֹרָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אוֹ לֶחִי אוֹ קוֹרָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: שְׁנֵי לְחָיַיִם.

'Et où les sauve-t-on ?', etc. Qu'est-ce qu'une [impasse] ouverte (mefoulach), qu'est-ce qu'une [impasse] non ouverte ?

Rav 'Hisda dit : trois murs et deux montants (le'hayayim), voilà une impasse (mavoy) non ouverte ; trois murs et un seul montant, voilà une impasse ouverte. Et tous deux sont selon Rabbi Eliezer, comme nous l'avons appris : l'aménagement (hekhcher) d'une impasse — Beit Chamai disent : un montant et une poutre (kora) ; Beit Hillel disent : soit un montant, soit une poutre ; Rabbi Eliezer dit : deux montants.

📜 Rachi (3)
שְׁנֵי לְחָיַיִם לְפֶתַח שֶׁאֵין לוֹ מְחִיצָּה:
Deux montants : pour l'ouverture qui n'a pas de mur.
זֶהוּ מָבוֹי שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ כְּלוֹמַר מָבוֹי הַנִּיתָּר בְּכָל הִלְכוֹתָיו בֵּין בְּעֵירוּב בֵּין בִּשְׁאָר דְּבָרִים וְכָל הֶיתֵּר שְׁאָר מְבוֹאוֹת יֵשׁ לוֹ כְּגוֹן שִׁיתּוּפֵי מְבוֹאוֹת:
Voilà une impasse non ouverte : c'est-à-dire une impasse permise selon toutes ses règles, tant pour l'erouv que pour les autres choses, et qui a toutes les permissions des autres impasses, comme le chitouf des impasses.
וְתַרְוַיְיהוּ רַבָּנָן וּבֶן בְּתֵירָא סְבִירָא לְהוּ כר"א דְּאָמַר אֵין מָבוֹי וַאֲפִילּוּ סָתוּם נִיתָּר בְּלֶחִי א' וְאַשְׁמְעִינַן בֶּן בְּתֵירָא דִּבְהַצָּלַת כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ לָא בָּעֵינַן לְחָיַיִם כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר:
Et tous deux : les Rabbanan et Ben Betera pensent comme Rabbi Eliezer, qui dit qu'une impasse, même fermée, n'est pas permise par un seul montant ; et Ben Betera nous apprend que, pour sauver les Écrits saints, on n'exige pas les [deux] montants de Rabbi Eliezer.
🗂️ Tossefot (1)
שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת וּשְׁנֵי לְחָיַיִם כּוּ' הַשְׁתָּא הַאי דִּמְפָרֵשׁ לָהּ הָכִי וּמוּקֵי תַּרְוַיְיהוּ אַלִּיבָּא דר"א וְלָא בָּעֵי לְמֵימַר שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת וְלֶחִי א' אֵינוֹ מְפֻולָּשׁ וּבְלֹא לֶחִי זֶהוּ מְפֻולָּשׁ וַהֲוָה מְפָרֵשׁ אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּסָבַר דִּבְלֹא לֶחִי כְּלָל לָא הֲוָה שָׁרֵי בֶּן בְּתֵירָא דְּהָוֵי כַּרְמְלִית וְלָא דָּמֵי לְחָצֵר שֶׁאֵינָהּ מְעֹורֶבֶת דְּסֵיפָא:
Trois murs et deux montants, etc. : S'il l'explique ainsi et établit les deux [avis] selon Rabbi Eliezer, sans vouloir dire 'trois murs et un montant, non ouverte ; sans montant, ouverte', ce qui l'aurait expliqué selon la halakha, c'est parce qu'il pense que, sans aucun montant, Ben Betera ne permettrait pas, car ce serait un karmelit ; et cela ne ressemble pas à la cour sans erouv de la fin [de la Michna].
⚖️ Rosh (2)
וּמִפְּנֵי מָה אֵין קוֹרִין בָּהֶן וְכוּ' אָמַר רַב לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ אֲבָל שֶׁלֹּא בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ קוֹרִין. וְהִלְכְתָא כְּרַב. גָּרְסִינַן בְּגִיטִּין פֶּרֶק הַשּׁוֹלֵחַ (גִּיטִּין דַּף לח:) אָמַר רַבָּה בְּהָנֵי תְּלָת מִילֵּי נָחֲתִי בַּעֲלֵי בָתִּים מִנִּכְסֵיהֶם דְּמַפְּקִי עַבְדַיְיהוּ לְחֵירוּתָא. וּדְסָיְירִי נִכְסַייְהוּ בְּשַׁבְּתָא וּדְקָבְעִי סְעוּדְתַּיְיהוּ בְּשַׁבְּתָא בְּעִידָּן בֵּית מִדְרְשָׁא. וְאָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר ר' יוֹחָנָן שְׁתֵּי מִשְׁפָּחוֹת הָיוּ בִּירוּשָׁלַיִם. אַחַת קָבְעָה סְעוּדָה בע"ש וְאַחַת קָבְעָה סְעוּדָה בְּשַׁבָּת וּשְׁתֵּיהֶן נֶעֶקְרוּ. פִּי' בְּשַׁבָּת בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ: וְהִלְכְתָא אָסוּר לִקְרוֹת בְּשִׁטְרֵי הֶדְיוֹטוֹת בַּשַּׁבָּת פרש"י אִגְּרוֹת שֶׁל מְצוֹא חֵפֶץ. לְהֵיכָן מַצִּילִין אוֹתָן וְכוּ' הֵיכִי דָּמֵי מְפֻולָּשׁ וה"ד שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ. אָמַר רַב אַשִּׁי שְׁלֹשָׁה מְחִיצּוֹת בְּלֹא לֶחִי זֶהוּ מְפֻולָּשׁ. וְלֵית הִלְכְתָא כְּבֶן בְּתֵירָא לֹא בְּמָבוֹי וְלֹא בֶּחָצֵר:
'Et pourquoi ne les lit-on pas ?', etc. Rav dit : on ne l'a enseigné que pour le temps du beit ha-midrach ; mais en dehors du temps du beit ha-midrach, on les lit. Et la halakha est comme Rav. Nous lisons dans Guittin, chapitre Ha-cholea'h (Guittin 38b) : Rabba dit : pour ces trois choses, des propriétaires perdent leurs biens : parce qu'ils affranchissent leurs esclaves, parce qu'ils inspectent leurs propriétés le Chabbat, et parce qu'ils fixent leur repas le Chabbat au moment du beit ha-midrach. Et Rabbi 'Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il y avait deux familles à Jérusalem ; l'une fixait son repas la veille du Chabbat et l'autre fixait son repas le Chabbat, et toutes deux furent déracinées. Explication : le Chabbat, au moment du beit ha-midrach. Et la halakha : il est interdit de lire des écrits profanes le Chabbat ; Rachi explique : des lettres d'affaires. 'Où les sauve-t-on ?', etc. Qu'est-ce qu'une [impasse] ouverte et qu'est-ce qu'une non ouverte ? Rav Achi dit : trois murs sans montant, voilà une [impasse] ouverte. Et la halakha n'est pas comme Ben Betera, ni pour l'impasse ni pour la cour.
אָמַר רַב חִסְדָּא לְעוֹלָם יַשְׁכִּים אָדָם לְהוֹצָאַת שַׁבָּת שֶׁנֶּאֱמַר וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ לְאַלְתַּר. אָמַר ר' אַבָּא חַיָּיב אָדָם לִבְצֹועַ עַל שְׁתֵּי כִכָּרוֹת בְּשַׁבָּת שֶׁנֶּאֱמַר לָקְטוּ לֶחֶם מִשְׁנֶה. אָמַר רַב אָשֵׁי חֲזֵינָא לֵיהּ לְרַב כָּהֲנָא דְּנָקֵיט תַּרְתֵּי וּבָצַע חֲדָא. רַבִּי זֵירָא בָּצַע אַכּוּלֵּיהּ שֵׁירוּתָא א"ל רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי וְהָא מִיחְזֵי כְּרַעַבְתָנוּתָא א"ל כֵּיוָן דְּכָל יוֹמָא לָא עָבֵיד הָכִי וְהָאִידָּנָא עֲבִיד לָא מִיחְזֵי כְּרַעַבְתָנוּתָא רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי כִּי מִיקְּלַע לְהוּ רִיפְתָּא דְעֵירוּבָא שָׁרוּ עָלֶיהָ הַמּוֹצִיא אָמְרִי הוֹאִיל וְאִיתְעֲבִיד בַּהּ חֲדָא מִצְוָה נִיעַבֵּיד בָּהּ מִצְוָה אַחֲרִיתִי: כֵּיצַד נָפְלָה דְּלֵיקָה וְכוּ'. ת"ר כַּמָּה סְעוּדוֹת חַייָּב אָדָם לֶאֱכוֹל בַּשַּׁבָּת שָׁלֹשׁ. ר' חַדְּקָא אוֹמֵר אַרְבַּע. א"ר יוֹחָנָן וּשְׁנֵיהֶם מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אִכְלֻוהוּ הַיּוֹם כִּי שַׁבָּת הַיּוֹם לַה' הַיּוֹם לֹא תִמְצָאֻוהוּ וְגוֹ' רַבִּי חַדְּקָא סָבַר הָנָךְ תְּלָתָא דִּכְתִיבִי לְבַר מִדְּאֻורְתָּא וְרַבָּנַן סָבְרִי בַּהֲדֵי דְּאוּרְתָּא: ת"ר מְדִיחִין כֵּלִים בְּשַׁבָּת לְצֹורֶךְ שַׁבָּת כֵּיצַד קְעָרוֹת שֶׁאָכַל בָּהֶן עַרְבִית מַדִּיחָן לֶאֱכוֹל בָּהֶן שַׁחֲרִית שַׁחֲרִית מַדִּיחָן לֶאֱכוֹל בָּהֶן בַּמִּנְחָה מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה לֹא יְדִיחֵם. אֲבָל כּוֹסוֹת וְקִתּוֹנִיּוֹת וּצְלוֹחִית מַדִּיחַ וְהוֹלֵךְ כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ לְפִי שֶׁאֵין קֶבַע לִשְׁתִייָּה מִכָּאן מוּכָח דִּקְבִיעַת זְמַן סְעוּדָה שְׁלִישִׁית הִיא מִשֶּׁתַּגִּיעַ זְמַן הַמִּנְחָה וְלֹא קֹודֶם. וְאוֹתָן שֶׁמַּפְסִיקִין סְעוּדַת שַׁחֲרִית לִשְׁתַּיִם קֹודֶם זְמַן הַמִּנְחָה לֹא יָפֶה הֵם עוֹשִׂין. וְכֵן מַשְׁמַע בְּפ"ק דִּפְסָחִים דַּף יג. דְּתַנְיָא י"ד שֶׁחָל בְּשַׁבָּת מְבַעֲרִין אֶת הַכֹּל מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת וּמְשַׁיְּירִין מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת וּסְעוּדָה שְׁלִישִׁית א"צ לְשַׁייֵּר דְּחָמֵץ אָסוּר מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה אַלְמָא שֶׁאֵין זְמַנָּהּ אֶלָּא בְּמִנְחָה וְהַךְ רְאָיָה אֵין נ"ל דְּאַף אִם יַחֲלֹוק סְעוּדָה אַחַת לִשְׁתַּיִם מְזוֹן סְעוּדָה אַחַת הִיא: א"ר שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אָמַר רִיבָּ"ל מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא כָּל הַמְקַיֵּים שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת בְּשַׁבָּת נִצּוֹל מִשָּׁלֹשׁ פֻּורְעָנִיּוֹת מֵחֶבְלוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ וּמִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם וּמִמִּלְחֶמֶת גּוֹג וּמָגוֹג. מֵחֶבְלוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ כְּתִיב הָתָם לִפְנֵי בָּא יוֹם וּכְתִיב הָכָא יוֹם. וּמְדִינָה שֶׁל גֵּיהִנָּם כְּתִיב הָכָא יוֹם וּכְתִיב הָתָם יוֹם עֶבְרָה. וּמִמִּלְחֶמֶת גּוֹג וּמָגוֹג כְּתִיב הָכָא יוֹם וּכְתִיב הָתָם בְּיוֹם בֹּא גּוֹג וְגוֹ'. א"ר יוֹחָנָן מִשּׁוּם ר' יוֹסֵי כָּל הַמְעַנֵּג אֶת הַשַּׁבָּת נוֹתְנִין לוֹ נַחֲלָה בְּלֹא מְצָרִים שֶׁנֶּאֱמַר אָז תִּתְעַנַּג עַל ה' וְגוֹ' וְהַאֲכַלְתִּיךָ נַחֲלַת יַעֲקֹב. לֹא כְּאַבְרָהָם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ קוּם הִתְהַלֵּךְ בָּאָרֶץ וְגוֹ' וְלֹא כְּיִצְחָק שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ לְךָ וּלְזַרְעֲךָ אֶתֵּן אֶת כָּל הָאֲרָצֹות הָאֵל אֶלָּא כְּיַעֲקֹב שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ וּפָרַצְתָּ יָמָּה וָקֵדְמָה וְצָפֹונָה וָנֶגְבָּה רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר אַף נִצּוֹל מִשִּׁעְבּוּד גָּלִיּוֹת כְּתִיב הָכָא וְהִרְכַּבְתִּיךָ עַל בָּמֳותֵי אָרֶץ וּכְתִיב הָתָם עַל בָּמוֹתֵימוֹ תִּדְרוֹךְ: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב כָּל הַמְעַנֵּג אֶת הַשַּׁבָּת נוֹתְנִין לוֹ מִשְׁאֲלוֹת לִבּוֹ שֶׁנֶּאֱמַר וְהִתְעַנַּג עַל ה' וְיִתֶּן לְךָ מִשְׁאֲלֹות לִבֶּךָ עֹונֶג זֶה אֵינִי יוֹדֵעַ מַהוּ כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר וְקָרָאתָ לַשַּׁבָּת עֹונֶג הֱוֵי אוֹמֵר זֶה עֹונֶג שַׁבָּת: בַּמֶּה מֵעָנְגּוֹ אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב בְּתַבְשִׁיל שֶׁל תְּרָדִין וְדָגִים גְּדוֹלִים וְרָאשֵׁי שׁוּמִין. רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר אֲפִילּוּ דָּבָר מוּעָט וַעֲשָׂאוֹ לִכְבוֹד שַׁבָּת הָוֵי עֹונֶג. מַאי הִיא אָמַר רַב פָּפָּא כָּסָא דְהַרְסָנָא: א"ר חַייָּא בַּר אַבָּא א"ר יוֹחָנָן כָּל הַמְשַׁמֵּר שַׁבָּת כְּהִלְכָתָהּ אַפֵּי' עוֹבֵד ע"ז כַּדּוּר שֶׁל אֱנוֹשׁ מוֹחֲלִין לוֹ שֶׁנֶּאֱמַר אַשְׁרֵי אֱנוֹשׁ יַעֲשֶׂה זֹּאת שׁוֹמֵר שַׁבָּת מֵחַלְּלוֹ אַל תִּקְרֵי מֵחַלְּלוֹ אֶלָּא מָחוּל לוֹ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אִלְמָלֵי שָׁמְרוּ יִשְׂרָאֵל שַׁבָּת רִאשׁוֹנָה לֹא שָׁלְטָה בָּהֶן אֻומָּה וְלָשׁוֹן שֶׁנֶּאֱמַר וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי יָצְאוּ מִן הָעָם לִלְקֹוט וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ וַיָּבֹא עֲמָלֵק. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אִלְמָלֵי מְשַׁמְּרִין. יִשְׂרָאֵל שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת מִיָּד נִגְאָלִין שֶׁנֶּאֱמַר כֹה אָמַר ה' לַסָּרִיסִים אֲשֶׁר יִשְׁמְרוּ אֶת שַׁבְּתוֹתַי וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ וַהֲבִיאוֹתִים אֶל הַר קָדְשִׁי. א"ר יוֹסֵי יְהֵא חֶלְקִי מֵאוֹכְלֵי שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת בַּשַּׁבָּת. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי יְהֵא חֶלְקִי מִגּוֹמְרֵי הַלֵּל בְּכָל יוֹם וְהָאָמַר מָר הָאוֹמֵר הַלֵּל בְּכָל יוֹם הֲרֵי זֶה מְחָרֵף וּמְגַדֵּף כִּי קָאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בִּפְסוּקֵי דְּזִמְרָא. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי יְהֵא חֶלְקִי עִם מַכְנִיסֵי שַׁבָּת בִּטְבֶרְיָא וְעִם מוֹצִיאֵי שַׁבָּת בְּצִיפּוֹרִי. ר' חֲנִינָא מְעַטֵּף וְקָאֵי אָפְנִיָּה דְּשַׁבְּתָא וְאוֹמֵר בּוֹאוּ וְנֵצֵא לִקְרַאת שַׁבָּת מַלְכְּתָא. ר' יַנַּאי אָמַר בּוֹאִי כַלָּה בּוֹאִי כַלָּה: רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אִיקְּלַע לְבֵי רַבָּה בַּר רַב נַחְמָן קָרִיבוּ לֵיהּ תְּלֵיסַר סְאֵי טָחֵי אָמַר לָהֶן מִי הֲוָה יָדְעִיתוּן דְּקָאָתֵינָא דְּטָרְחִיתוּן כֻּולֵּי הַאי אָמְרוּ לֵיהּ וּמִי עֲדִיפַת לָן מִינָּהּ. ר' אַבָּא הֲוָה זָבִין בִּשְׂרָא בִּתְלֵיסַר אִיסְתְּרִי פְּשִׁיטֵי מִתְּלֵיסַר טַבָּחֵי וּמְשַׁלֵּם לְהוּ אַצִּנּוֹרָא דְּדַשָּׁא וַאֲמַר לְהוּ אַשּׁוּר הַאי אַשּׁוּר הַאי. ר' אֲבָהוּ הֲוָה יָתֵיב אַתַּכְתָּקָא דְשִׁינָּא וּמְשַׁיֵּף נוּרָא. רַב עָנָן לָבֵישׁ גֻּונְדָּא דְּתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּגָדִים שֶׁבִּשֵּׁל בָּהֶן קְדֵרָה לְרַבּוֹ לֹא יִמְזֹוג בָּהֶן כּוֹס לְרַבּוֹ. רַב סָפְרָא מְחָרֵיךְ רֵישָׁא. רָבָא מִלַּת שִׁיבּוּטָא. רַב הוּנָא מַדְלִיק שְׁרָגָא. רַב פָּפָּא גָּדֵיל פְּתִילָתָא. רַב חִסְדָּא פָּרֵים סִילְקָא. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף מְצַלְּחִי צִיבֵי. רַבִּי זֵירָא מְצַתֵּת צַתּוֹתֵי. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מְכַתֵּף וְעָיֵיל מְכַתֵּף וְנָפֵיק אָמַר אִלּוּ מִיקַּלְעָן לִי ר' אַמִּי וְר' אַסִּי מִי לָא מְכַתֵּיפְנָא קַמַּייְהוּ. אִיכָּא דְאָמְרִי ר' אַמִּי וְר' אַסִּי הָווּ מְכַתְּפִי וְעָיְילִי מְכַתְּפִי וְנָפְקִי אָמְרִי אִילּוּ מִיקְלַע ר' יוֹחָנָן מִי לָא מְכַתְּפִינַן קַמֵּיהּ. בָּעֵי מִינֵּיהּ רַבִּי מַר' יִשְׁמָעֵאל בַּר' יוֹסֵי עֲשִׁירִים שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל בַּמָּה הֵן זוֹכִין. בִּשְׁבִיל שֶׁמְּעַשְּׂרִין דִּכְתִיב עַשֵּׂר תְּעַשֵּׂר עַשֵּׂר בִּשְׁבִיל שֶׁתִּתְעַשֵּׁר. עֲשִׁירִים שֶׁבְּבָבֶל בַּמָּה הֵן זוֹכִין בִּזְכוּת שֶׁמְּכַבְּדִין אֶת הַתּוֹרָה. בִּשְׁאָר אֲרָצוֹת בַּמָּה הֵן זוֹכִין בִּזְכוּת שֶׁמְּכַבְּדִין אֶת הַשַּׁבָּת: א"ר חַיָּיא בַּר אַבָּא א"ר יוֹחָנָן פַּעַם אַחַת נִתְאָרַחְתִּי אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת בְּלוּדְקִיָּא וְהֵבִיאוּ לְפָנָיו שֻׁולְחָן שֶׁל זָהָב מַשּׂוֹי שִׁשָּׁה עָשָׂר בְּנֵי אָדָם וְשִׁשָּׁה עָשָׂר שַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל כֶּסֶף קְבוּעוֹת בּוֹ וּקְעָרוֹת וְכוֹסוֹת וּצְלוֹחִיּוֹת קְבוּעוֹת בּוֹ וְעָלָיו כָּל מִינֵי מַאֲכָל וּמִשְׁתֶּה וּכְשֶׁהָיוּ מַנִּיחִין אוֹתוֹ אוֹמְרִים לַה' הָאָרֶץ וּמְלוֹאָהּ וּכְשֶׁהָיוּ מְסַלְּקִין אוֹתוֹ אוֹמְרִים הַשָּׁמַיִם שָׁמַיִם לַה' וְהָאָרֶץ נָתַן לִבְנֵי אָדָם. אָמַרְתִּי לוֹ בְּנִי בַּמֶּה זָכִיתָ לְכָךְ אָמַר לִי קַצָּב הָיִיתִי וְכָל בְּהֵמָה נָאָה שֶׁמָּצָאתִי אָמַרְתִּי זוֹ לִכְבוֹד שַׁבָּת. אָמַרְתִּי לוֹ אַשְׁרֶיךָ שֶׁזָּכִיתָ וּבָרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁזִּיכְּךָ לְכָךְ. גָּרְסִי' בְּפֶרֶק י"ט שֶׁחָל לִהְיוֹת בע"ש דַּף טו: תָּנֵי רַב תַּחְלִיפָא אֲחוּהּ דְּרַבְנַאי חוֹזָאָה כָּל מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם קְצוּבִין לוֹ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה חוּץ מֵהוֹצָאַת שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב וְהוֹצָאַת בָּנָיו לְתַלְמוּד תּוֹרָה שֶׁאִם פִּיחֵת פּוֹחֲתִין לוֹ וְאִם מוֹסִיף מוֹסִיפִין לוֹ. תַּנְיָא אָמְרוּ עָלָיו עַל שַׁמַּאי הַזָּקֵן שֶׁכָּל יָמָיו הָיָה אוֹכֵל לִכְבוֹד שַׁבָּת. מָצָא בְּהֵמָה נָאָה אוֹמֵר זוֹ לִכְבוֹד שַׁבָּת מָצָא אַחֶרֶת נָאָה הֵימֶנָּה מַנִּיחַ אֶת הַשְּׁנִיָּה וְאוֹכֵל הָרִאשׁוֹנָה. אֲבָל הִלֵּל הַזָּקֵן מִדָּה אַחֶרֶת הָיְתָה לוֹ כָּל מַעֲשָׂיו הָיוּ לְשֵׁם שָׁמַיִם שֶׁנֶּאֱמַר בָּרוּךְ ה' יוֹם יוֹם: אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ גָּלוּתָא לְרַב הַמְנוּנָא מַאי דִּכְתִיב וְלִקְדוֹשׁ ה' מְכֻובָּד אֲמַר לֵיהּ זֶהוּ יוֹם כִּפּוּרִים שֶׁאֵין בּוֹ אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה אָמְרָה תּוֹרָה כַּבְּדֵהוּ בִּכְסוּת נְקִיָּה וּכְתִיב בְּאוּרִים כִּבְּדוּ ה' וּמְתַרְגְּמִינַן בְּפַנָּסַיָּא יְקָרוּךָ. עַל כֵּן נָהֲגוּ לְכַבְּדוֹ בְּנֵרוֹת יָפִים. וְכִבַּדְתּוֹ רַב אָמַר לְהַקְדִּים וּשְׁמוּאֵל אוֹמֵר לְאַחֵר: א"ל רַב פָּפָּא בַּר אַבָּא לְרַב סָפְרָא כְּגוֹן אֲנַן דִּשְׁכִיחַ לַן בִּשְׂרָא וְחַמְרָא כָּל יוֹמָא בְּמַאי נִשַׁנְּיֵיהּ. אָמַר לְהוּ אִי. רְגִילִיתוּ לְאַקְדּוֹמֵי אַחֲרוּהָ וְאִי רְגִילִיתוּ לַאֲחוֹרֵי אַקְדִּימוּהָ. רַב שֵׁשֶׁת בְּקַיְיטָא מוֹתֵיב לְהוּ לְרַבָּנַן לְהֵיכָא דְּמָטֵי שִׁמְשָׁא. וּבְסִתְוָא הֵיכָא דְּמָטֵי טֻולָּא. ר' זֵירָא הֲוָה מַהְדַּר אַזּוּגֵי דְּרַבָּנַן אֲמַר לְהוּ בְּמָטוּתָא מִינַּייְכוּ לָא תְּחַלְּלוּנֵיהּ. אָמַר רַב וְאִיתֵּימָא רִיבָּ"ל אֲפִילּוּ יָחִיד הַמִּתְפַּלֵּל בְּעֶרֶב שַׁבָּת צָרִיךְ לוֹמַר וַיְכֻולּוּ. וְאָמַר רַב הַמְנוּנָא כָּל הַמִּתְפַּלֵּל וְאוֹמֵר וַיְכֻולּוּ מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ נַעֲשָׂה שֻׁותָּף לְהַקָּבָּ"ה בְּמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית שֶׁנֶּאֱמַר וַיְכֻולּוּ אַל תִּקְרֵי וַיְכֻולּוּ אֶלָּא וַיְכַלּוּ כְּלוֹמַר הקב"ה וְהוּא. אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר מָר עֻוקְבָא כָּל הַמִּתְפַּלֵּל בע"ש וְאוֹמֵר וַיְכֻולּוּ שְׁנֵי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מְלַוִּין לוֹ וּמַנִּיחִין יְדֵיהֶם עַל רֹאשׁוֹ וְאוֹמְרִים וְסָר עֲוֹנֶךָ וְחַטָּאתְךָ תְּכֻופָּר. וְתִקְּנוּ לוֹמַר וַיְכֻולּוּ בִּתְפִלַּת אַתָּה קִדַּשְׁתָּ. וּמַה שֶׁאוֹמֵר אוֹתוֹ אַחַר הַתְּפִלָּה מִשּׁוּם יו"ט שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת נָהֲגוּ כֵּן לְפִי שֶׁלֹּא אֲמָרוּהוּ בִּתְפִלָּה. וְרָאִיתִי בְּסֵדֶר תְּפִלּוֹת הַקַּדְמוֹנִים שֶׁאֵין אוֹמְרִים וַיְכֻולּוּ בְּאַתָּה קִדַּשְׁתָּ אֶלָּא כָּךְ סִיגְנוֹן הַבְּרָכָה וּבֵרַכְתּוֹ מִכָּל הַיָּמִים וְקִדַּשְׁתּוֹ מִכָּל הַזְּמַנִּים כַּכָּתוּב בְּתוֹרָתְךָ וַיְבָרֶךְ אֱ-לֹהִים אֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי וַיְקַדֵּשׁ אֹותוֹ וְגוֹ'. וּמַה שֶׁאוֹמֵר אוֹתוֹ גַּם עַל הַכּוֹס כְּדֵי לְהוֹצִיא אֶת בְּנֵי הַבַּיִת. תַּנְיָא ר' יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר שְׁנֵי מַלְאָכִים מְלַוִּין לוֹ לְאָדָם בְּעֶרֶב שַׁבָּת מִבֵּית הַכְּנֶסֶת לְבֵיתוֹ אֶחָד טוֹב וְאֶחָד רָע. כְּשֶׁבָּא לְבֵיתוֹ וּמֹצֵא נֵר דָּלוּק וְשֻׁלְחָן עָרוּךְ וּמִטָּה מֻוצַּעַת מַלְאָךְ טוֹב אוֹמֵר יְהִי רָצוֹן שֶׁיְּהֵא כֵּן לְשַׁבָּת אַחֶרֶת וּמַלְאָךְ רַע בְּעַל כָּרְחוֹ עוֹנֶה אָמֵן. וְאִם לָאו מַלְאָךְ רַע אוֹמֵר יְהִי רָצוֹן שֶׁיְּהֵא לַשַּׁבָּת הַבָּאָה כָּךְ וּמַלְאָךְ טוֹב בְּעַל כָּרְחוֹ עוֹנֶה אָמֵן. א"ר אֶלְעָזָר לְעוֹלָם יְסַדֵּר אָדָם שֻׁולְחָנוֹ בְּעֶרֶב שַׁבָּת אע"פ שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא לִכְזַיִת. א"ר חֲנִינָא לְעוֹלָם יְסַדֵּר אָדָם שֻׁולְחָנוֹ בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת אע"פ שֶׁאֵין צָרִיךְ אֶלָּא לְכַזַּיִת. ר' אָבָהוּ הָווּ עָבְדִין לֵיהּ כָּל אִפּוּקֵי שַׁבְּתָא עִגְלָא תִּילְתָּא וַהֲוָה אָכֵיל מִינֵּיהּ כֻּולְייְתָא כִּי גְדַל אַבְדִּימִי בְּרֵיהּ א"ל לָמָּה לֵיהּ לְמַר לְאַפְסוֹדֵי כֻּולֵּי הַאי לְיַשְׁבֵּיק כּוֹלְייָתָא מִמַּעֲלֵי שַׁבְּתָא. שַׁבְקֵיהּ. אֲתָא אֲרִי אַכְלֵיהּ לְעִגְלָא אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב אֵין הַדְּלֵיקָה מְצוּיָה אֶלָּא בְּבַיִת שֶׁמְּחַלְּלִין בּוֹ אֶת הַשַּׁבָּת שֶׁנֶּאֱמַר וְאִם לֹא תִשְׁמְעוּ אֵלַי לְקַדֵּשׁ אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת וְהִצַּתִּי אֵשׁ בִּשְׁעָרֶיהָ וְאָכְלָה אַרְמְנוֹת יְרוּשָׁלִַים וְלֹא תִכְבֶּה. מַאי לֹא תִּכְבֶּה אָמַר רַב נַחְמָן בְּשָׁעָה שֶׁאֵין בְּנֵי אָדָם מְצֻוִּין לְכַבּוֹתָהּ:
Rav 'Hisda dit : on se lèvera toujours tôt pour les dépenses du Chabbat, comme il est dit : 'Et le sixième jour, ils prépareront' : aussitôt. Rabbi Abba dit : on est tenu de rompre le pain sur deux pains le Chabbat, comme il est dit : 'ils recueillirent un pain double (le'hem michne)'. Rav Achi dit : j'ai vu Rav Kahana qui en tenait deux et en rompait un. Rabbi Zeira rompait [un morceau] pour tout le repas. Ravina dit à Rav Achi : mais cela paraît de la gloutonnerie ! Il lui répondit : puisque tous les jours il ne le fait pas et qu'aujourd'hui il le fait, cela ne paraît pas de la gloutonnerie. Rabbi Ami et Rabbi Assi, quand leur parvenait le pain de l'erouv, disaient dessus ha-motsi ; ils disaient : puisqu'on a accompli avec lui une mitsva, accomplissons avec lui une autre mitsva. 'Comment ? Un incendie se déclara', etc. Les Rabbanan ont enseigné : combien de repas doit-on manger le Chabbat ? Trois. Rabbi 'Hidka dit : quatre. Rabbi Yo'hanan dit : et tous deux ont interprété le même verset : 'Moche dit : mangez-le aujourd'hui, car c'est aujourd'hui Chabbat pour Hachem ; aujourd'hui vous ne le trouverez pas', etc. Rabbi 'Hidka pense : ces trois qui sont écrits, en plus de celui du soir ; et les Rabbanan pensent : y compris celui du soir. Les Rabbanan ont enseigné : on rince les ustensiles le Chabbat pour les besoins du Chabbat. Comment ? Les assiettes dans lesquelles on a mangé le soir, on les rince pour y manger le matin ; [celles] du matin, on les rince pour y manger à Min'ha ; à partir de Min'ha et au-delà, on ne les rincera pas. Mais les coupes, les cruches et les flacons, on les rince tout au long de la journée, car il n'y a pas de moment fixe pour boire. D'ici il ressort que le moment fixe du troisième repas commence à l'arrivée du temps de Min'ha, et pas avant ; et ceux qui divisent le repas du matin en deux avant le temps de Min'ha n'agissent pas bien. C'est aussi ce qui ressort du premier chapitre de Pessa'him, page 13a, comme il est enseigné : le 14 qui tombe un Chabbat, on élimine tout avant le Chabbat et on garde la nourriture de deux repas ; le troisième repas, on n'a pas besoin de le garder, car le 'hamets est interdit à partir de la sixième heure ; il en ressort que son temps n'est qu'à Min'ha. Mais cette preuve ne me semble pas [valable] : même si l'on divise un repas en deux, c'est la nourriture d'un seul repas. Rabbi Chimon ben Pazi dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi au nom de Bar Kappara : quiconque accomplit trois repas le Chabbat est sauvé de trois calamités : des douleurs [de l'avènement] du Machia'h, du jugement de la Guehinam et de la guerre de Gog et Magog. Des douleurs du Machia'h : il est écrit là-bas 'avant que vienne le jour' et il est écrit ici 'jour'. Du jugement de la Guehinam : il est écrit ici 'jour' et il est écrit là-bas 'jour de colère'. De la guerre de Gog et Magog : il est écrit ici 'jour' et il est écrit là-bas 'au jour où viendra Gog', etc. Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Yossi : quiconque fait du Chabbat un délice, on lui donne un héritage sans limites, comme il est dit : 'Alors tu te délecteras en Hachem, etc., et Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov' ; non comme Avraham, dont il est dit : 'Lève-toi, parcours le pays', etc., ni comme Its'hak, dont il est dit : 'À toi et à ta descendance Je donnerai tous ces pays', mais comme Yaakov, dont il est dit : 'Tu te répandras à l'ouest et à l'est, au nord et au sud'. Rav Na'hman bar Its'hak dit : il est aussi sauvé de l'asservissement des exils : il est écrit ici 'Je te ferai monter sur les hauteurs de la terre' et il est écrit là-bas 'et toi, tu fouleras leurs hauteurs'. Rav Yehouda dit au nom de Rav : quiconque fait du Chabbat un délice, on lui accorde les demandes de son cœur, comme il est dit : 'Délecte-toi en Hachem et Il te donnera les demandes de ton cœur'. Ce délice, je ne sais pas ce que c'est ; quand il dit 'et tu appelleras le Chabbat un délice', dis : c'est le délice du Chabbat. Avec quoi en fait-on un délice ? Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat dit au nom de Rav : avec un plat de bettes, de gros poissons et des têtes d'ail. Rav 'Hiya bar Achi dit : même une petite chose, si on l'a faite en l'honneur du Chabbat, est un délice. Qu'est-ce ? Rav Papa dit : un plat de petits poissons (kassa de-harsana). Rabbi 'Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : quiconque garde le Chabbat selon sa règle, même s'il sert l'idolâtrie comme la génération d'Enoch, on lui pardonne, comme il est dit : 'Heureux l'homme (enoch) qui fait cela... qui garde le Chabbat pour ne pas le profaner (me-hallelo)' ; ne lis pas me-hallelo mais ma'houl lo (il lui est pardonné). Rav Yehouda dit au nom de Rav : si Israël avait gardé le premier Chabbat, aucune nation ni langue ne l'aurait dominé, comme il est dit : 'Et le septième jour, des gens du peuple sortirent pour ramasser', et il est écrit ensuite : 'Amalek vint'. Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo'haï : si Israël gardait deux Chabbats, ils seraient aussitôt délivrés, comme il est dit : 'Ainsi dit Hachem aux eunuques qui garderont Mes Chabbats', et il est écrit ensuite : 'Je les amènerai à Ma montagne sainte'. Rabbi Yossi dit : que ma part soit avec ceux qui mangent trois repas le Chabbat. Et Rabbi Yossi dit : que ma part soit avec ceux qui achèvent le Hallel chaque jour. Mais le Maître n'a-t-il pas dit : celui qui dit le Hallel chaque jour outrage et blasphème ? Quand Rabbi Yossi l'a dit, il visait les Pessoukei de-zimra. Et Rabbi Yossi dit : que ma part soit avec ceux qui font entrer le Chabbat à Tibériade et avec ceux qui font sortir le Chabbat à Tsippori. Rabbi 'Hanina s'enveloppait et se tenait au soir du Chabbat, et disait : venez, sortons à la rencontre du Chabbat la reine. Rabbi Yannai disait : viens, fiancée ; viens, fiancée. Rabba bar Rav Houna arriva chez Rabba bar Rav Na'hman ; on lui présenta treize se'a de galettes (ta'hei). Il leur dit : saviez-vous que je venais, pour vous donner tant de peine ? Ils lui dirent : es-tu plus important pour nous que lui [le Chabbat] ? Rabbi Abba achetait de la viande pour treize istira pechitei à treize bouchers, et les payait au gond de la porte en leur disant : vite, vite. Rabbi Abahou s'asseyait sur un tabouret d'ivoire et attisait le feu. Rav Anan revêtait un tablier (gounda), comme on l'a enseigné à l'école de Rabbi Yichmael : les vêtements dans lesquels on a cuit un plat pour son maître, on n'y versera pas une coupe pour son maître. Rav Safra flambait la tête. Rava salait un poisson chibouta. Rav Houna allumait la lampe. Rav Papa tressait la mèche. Rav 'Hisda coupait des bettes. Rabba et Rav Yossef fendaient du bois. Rabbi Zeira allumait des brindilles. Rav Na'hman bar Its'hak portait [les objets] sur l'épaule pour les entrer et les sortir, et disait : si Rabbi Ami et Rabbi Assi venaient chez moi, ne porterais-je pas devant eux ? Certains disent : Rabbi Ami et Rabbi Assi portaient pour entrer et sortir, et disaient : si Rabbi Yo'hanan venait, ne porterions-nous pas devant lui ? Rabbi demanda à Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi : les riches de la terre d'Israël, par quoi méritent-ils ? Parce qu'ils prélèvent la dîme, comme il est écrit 'asser te'asser' : prélève la dîme pour t'enrichir. Les riches de Babylonie, par quoi méritent-ils ? Par le mérite d'honorer la Torah. Dans les autres pays, par quoi méritent-ils ? Par le mérite d'honorer le Chabbat. Rabbi 'Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une fois, je fus reçu chez un maître de maison à Laodicée ; on apporta devant lui une table d'or, la charge de seize hommes, avec seize chaînes d'argent fixées sur elle, et des bols, des coupes et des flacons fixés sur elle, et sur elle toutes sortes de mets et de boissons. Quand on la posait, on disait : 'À Hachem la terre et ce qu'elle contient', et quand on la retirait, on disait : 'Les cieux sont les cieux de Hachem, et la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme'. Je lui dis : mon fils, par quoi as-tu mérité cela ? Il me dit : j'étais boucher, et de toute belle bête que je trouvais, je disais : celle-ci est pour l'honneur du Chabbat. Je lui dis : heureux es-tu d'avoir mérité, et béni soit le Makom qui t'a fait mériter cela. Nous lisons au chapitre Yom tov che-hal lihyot be-erev Chabbat, page 15b : Rav Ta'hlifa, frère de Rabbanai de 'Hozai, a enseigné : toute la subsistance d'un homme lui est fixée de Roch Hachana a Roch Hachana, excepté les dépenses du Chabbat et du Yom tov et les dépenses pour l'étude de la Torah de ses enfants : s'il diminue, on lui diminue, et s'il ajoute, on lui ajoute. Il est enseigné : on a dit de Chammai l'Ancien que toute sa vie il mangeait en l'honneur du Chabbat : trouvait-il une belle bête, il disait : celle-ci est pour le Chabbat ; en trouvait-il une autre plus belle, il mettait la seconde de côté et mangeait la première. Mais Hillel l'Ancien avait une autre mesure : tous ses actes étaient pour le Ciel, comme il est dit : 'Béni soit Hachem jour après jour'. L'exilarque dit à Rav Hamnouna : que signifie ce qui est écrit : 'et le [jour] saint de Hachem, honoré' ? Il lui dit : c'est Yom Kippour, où il n'y a ni manger ni boire ; la Torah a dit : honore-le par un vêtement propre. Et il est écrit 'par les lumières (ba-ourim) honorez Hachem', et nous traduisons (Targoum) : 'par les flambeaux (panseya), honorez'. C'est pourquoi on a coutume de l'honorer par de belles bougies. 'Et tu l'honoreras' : Rav dit : avancer [le repas] ; Chmouel dit : le retarder. Rav Papa bar Abba dit à Rav Safra : pour nous, qui avons de la viande et du vin chaque jour, par quoi le changerons-nous ? Il leur dit : si vous avez l'habitude d'avancer, retardez ; si vous avez l'habitude de retarder, avancez. Rav Chechet, en été, installait les Sages là où le soleil arrivait, et en hiver là où l'ombre arrivait. Rabbi Zeira cherchait les paires de Sages et leur disait : je vous en prie, ne le profanez pas. Rav dit, et certains disent Rabbi Yehochoua ben Levi : même un individu qui prie la veille du Chabbat doit dire Vaykhoulou. Et Rav Hamnouna dit : quiconque prie et dit Vaykhoulou, le verset le considère comme s'il était devenu l'associé du Saint, béni soit-Il, dans l'œuvre de la Création, comme il est dit 'vaykhoulou' ; ne lis pas vaykhoulou mais vaykhalou (ils achevèrent), c'est-à-dire le Saint, béni soit-Il, et lui. Rav 'Hisda dit au nom de Mar Ouqba : quiconque prie la veille du Chabbat et dit Vaykhoulou, deux anges du service l'accompagnent, posent leurs mains sur sa tête et disent : 'ta faute est écartée et ton péché expié'. On a institué de dire Vaykhoulou dans la prière Ata kidachta. Et si on le dit après la prière, c'est à cause du Yom tov qui tombe un Chabbat : on a pris cette coutume puisqu'on ne l'avait pas dit dans la prière. Et j'ai vu dans l'ordre des prières des Anciens qu'on ne dit pas Vaykhoulou dans Ata kidachta, mais que la bénédiction se formule ainsi : 'et Tu l'as béni plus que tous les jours et sanctifié plus que tous les temps, comme il est écrit dans Ta Torah : Et D.ieu bénit le septième jour et le sanctifia', etc. Et si on le dit aussi sur la coupe, c'est pour en acquitter les gens de la maison. Il est enseigné : Rabbi Yossi bar Yehouda dit : deux anges accompagnent l'homme la veille du Chabbat de la synagogue à sa maison, l'un bon et l'autre mauvais. Quand il arrive à sa maison et trouve une lampe allumée, une table dressée et un lit préparé, l'ange bon dit : qu'il soit Sa volonté qu'il en soit ainsi un autre Chabbat, et l'ange mauvais répond amen malgré lui. Sinon, l'ange mauvais dit : qu'il soit Sa volonté qu'il en soit ainsi le Chabbat prochain, et l'ange bon répond amen malgré lui. Rabbi Elazar dit : on dressera toujours sa table la veille du Chabbat, même si l'on n'a besoin que d'un kazayit. Rabbi 'Hanina dit : on dressera toujours sa table à l'issue du Chabbat, même si l'on n'a besoin que d'un kazayit. Pour Rabbi Abahou, à chaque issue du Chabbat, on préparait un veau de trois ans, et il en mangeait un rognon. Quand son fils Avdimi grandit, il lui dit : pourquoi le Maître gaspille-t-il autant ? Laissons un rognon de la veille du Chabbat. Il le laissa. Un lion vint et dévora le veau. Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat dit au nom de Rav : l'incendie ne survient que dans une maison où l'on profane le Chabbat, comme il est dit : 'Et si vous ne M'écoutez pas pour sanctifier le jour du Chabbat... J'allumerai un feu dans ses portes, il dévorera les palais de Jérusalem et ne s'éteindra pas'. Que signifie 'ne s'éteindra pas' ? Rav Na'hman dit : à un moment où il ne se trouve personne pour l'éteindre.
💡 Explication

Retour à la Michna : on sauve les Écrits saints vers une impasse non ouverte (mavoy che-eino mefoulach) ; Ben Betera permet même une impasse ouverte. Une impasse est une ruelle fermée sur trois côtés et ouverte sur le domaine public. Pour y porter le Chabbat, il faut un aménagement (hekhcher) à l'ouverture : un le'hi (montant vertical) ou une kora (poutre transversale).

Rav 'Hisda place les deux avis selon Rabbi Eliezer, qui exige deux montants : le Tana Qamma veut l'impasse pleinement aménagée (deux montants) ; Ben Betera se contente, pour les Écrits saints, d'un seul montant.

Les deux gloses du Roch couvrent sa halakha sur ce passage et sur la suite du chapitre (117b-119b) : lecture le Chabbat, trois repas, honneur et délice du Chabbat, Vaykhoulou.

🖼️ Schéma
Rav 'Hisda : trois murs, l'ouverture compte les montants impasse 2 montants NON OUVERTE (Tana Qamma) impasse 1 montant OUVERTE (Ben Betera) mur (mehitsa) montant (le'hi) ouverture sur le domaine public
Plans vus de dessus selon Rav 'Hisda : l'impasse a trois murs se distingue par le nombre de montants à l'ouverture.
5
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה: שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת וְלֶחִי אֶחָד ״מְפֻולָּשׁ״ קָרֵית לֵיהּ? וְעוֹד, לְרַבָּנַן נַצִּיל לְתוֹכוֹ אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין! אֶלָּא אָמַר רַבָּה: שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת וּשְׁנֵי לְחָיַיִן — זֶהוּ מָבוֹי שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ. שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת וְלֶחִי אֶחָד — זֶהוּ מָבוֹי הַמְפֻולָּשׁ.

Rabba lui dit : trois murs et un seul montant, tu l'appelles 'ouverte' ? De plus, selon les Rabbanan, sauvons-y aussi les aliments et les boissons !

Rabba dit plutôt : deux murs et deux montants, voilà une impasse non ouverte ; deux murs et un seul montant, voilà une impasse ouverte.

📜 Rachi (5)
מְפֻולָּשׁ קָרֵית לֵיהּ נְהִי נָמֵי דְּבָעֵי ר' אֱלִיעֶזֶר לְחָיַיִם מִיהוּ מְפֻולָּשׁ לָא מִיקְּרֵי:
Tu l'appelles ouverte : admettons même que Rabbi Eliezer exige deux montants ; néanmoins, on ne l'appelle pas ouverte.
וְעוֹד לְרַבָּנָן דְּאָמְרִי לְשֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ וְקָאָמְרַתְּ דְּהַיְינוּ מָבוֹי הַנִּיתָּר בְּכָל הִלְכוֹתָיו:
Et de plus, selon les Rabbanan : qui disent 'dans une [impasse] non ouverte', et tu dis qu'il s'agit d'une impasse permise selon toutes ses règles,
נַצִּיל לְתוֹכָן אַף אוֹכְלִין וּמַשְׁקִין כְּמוֹ לְחָצֵר הַמְעֹורֶבֶת וְאַמַּאי פַּלְגִינְהוּ מְהֻדְּדֵי דְּגַבֵּי סֵפֶר קָתָנֵי לְמָבוֹי שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ וְגַבֵּי אוֹכְלִין קָתָנֵי לְהֵיכָן מַצִּילִין אוֹתָן לֶחָצֵר הַמְעֹורֶבֶת דְּמַשְׁמַע אֲבָל לַמָּבוֹי לֹא:
Sauvons-y aussi les aliments et les boissons : comme dans une cour ayant un erouv. Pourquoi les a-t-on séparés l'un de l'autre ? Pour le livre, il est enseigné 'dans une impasse non ouverte', et pour les aliments, il est enseigné 'où les sauve-t-on ? Dans une cour ayant un erouv', ce qui implique : mais pas dans une impasse.
שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת מִכָּאן וּמִכָּאן:
Deux murs : de part et d'autre.
שְׁנֵי לְחַיִּין לֶחִי לְכָל פֶּתַח וּפֶתַח:
Deux montants : un montant à chaque ouverture.
🗂️ Tossefot (2)
וְעוֹד לְרַבָּנַן נַצִּיל לְתוֹכוֹ אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין (וְאַמַּאי נְקַט חָצֵר מְעֹורֶבֶת) וְאַדִּמְפַלְּגִי בֵּין חָצֵר מְעֹורֶבֶת לְמָבוֹי הֲוָה לָן לִפְלוּגֵי בֵּין מָבוֹי מְשֻׁותָּף לְמָבוֹי שֶׁאֵינוֹ מְשֻׁותָּף דְּבִמְשֻׁותָּף יְהֵא מֻותָּר לְהַצִּיל לְתוֹכוֹ אוֹכְלִין וּמַשְׁקִין וְאַמַּאי נְקַט חָצֵר מְעֹורֶבֶת:
Et de plus, selon les Rabbanan, sauvons-y aussi les aliments et les boissons : (Et pourquoi a-t-il mentionné une cour ayant un erouv ?) Plutôt que de distinguer entre une cour ayant un erouv et une impasse, il aurait fallu distinguer entre une impasse ayant un chitouf et une impasse sans chitouf : dans celle qui a un chitouf, il serait permis d'y sauver aliments et boissons. Pourquoi a-t-il mentionné une cour ayant un erouv ?
אֶלָּא אָמַר רַבָּה כּוּ' תֵּימַהּ מַה תֵּירֵץ רַבָּה מִקֻּושְׁיָא דְּנַצִּיל לְתוֹכוֹ אוֹכְלִין וּמַשְׁקִין וְאוֹמֵר ר"י דְּרַבָּה רוֹצֶה לוֹמַר דְּרַבָּנָן סָבְרִי כְּרַבִּי יְהוּדָה דַּוְקָא לְצֹורֶךְ הַצָּלַת כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ וְלֹא לְצֹורֶךְ אַחֵר וְאַבַּיֵּי פָּרֵיךְ מִשּׁוּם דְּאֵינוֹ נִרְאֶה לוֹ סְבָרָא שֶׁיִּסְבְּרוּ כְּר' יְהוּדָה לַחֲצָאִין וּמְשַׁנֵּי אַבַּיֵּי ג' מְחִיצּוֹת כו' וּלְאַבַּיֵּי לָא סָבְרִי רַבָּנָן כר"א לַחֲצָאִין דר"א לְהַצָּלַת כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ סַגִּי בְּלֶחִי אֶחָד כְּדִמְסַיֵּים וְאָזֵיל וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר כוּ':
Rabba dit plutôt, etc. : Étonnant ! Qu'a répondu Rabba à l'objection 'sauvons-y aliments et boissons' ? Le Ri dit que Rabba veut dire que les Rabbanan pensent comme Rabbi Yehouda seulement pour sauver les Écrits saints, et non pour un autre besoin. Abaye objecte, parce qu'il ne lui paraît pas logique qu'ils pensent comme Rabbi Yehouda à moitié. Et Abaye répond : trois murs, etc. Selon Abaye, les Rabbanan ne pensent pas comme Rabbi Eliezer à moitié, car selon Rabbi Eliezer, pour sauver les Écrits saints, un seul montant suffit, comme il le conclut ensuite : 'et même selon Rabbi Eliezer', etc.
💡 Explication

Rabba attaque Rav 'Hisda sur deux points. Une impasse fermée sur trois côtés ne mérite pas le nom d'ouverte, même s'il lui manque un montant selon Rabbi Eliezer. Et si le Tana Qamma parle d'une impasse permise en tout point, pourquoi la Michna réserve-t-elle aux aliments la cour ayant un erouv ? Ils devraient pouvoir être sauvés dans cette impasse aussi.

Rabba redéfinit donc : une impasse à deux murs parallèles, ouverte aux deux bouts. Avec un montant à chaque bout, elle est non ouverte ; avec un seul, elle est ouverte. Tossefot (Ri) explique que, pour Rabba, les Rabbanan ne suivent Rabbi Yehouda que pour les Écrits saints, ce qui répond à la seconde objection.

🖼️ Schéma
Rabba : deux murs, ouvert aux deux bouts impasse un montant à chaque ouverture NON OUVERTE (Tana Qamma) impasse 1 seul montant OUVERTE (Ben Betera) mur (mehitsa) montant (le'hi) ouverture sur le domaine public
Plans vus de dessus selon Rabba : une ruelle à deux murs ouverte aux deux extrémités.
6
וְתַרְוַייְהוּ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה. דְּתַנְיָא, יֶתֶר עַל כֵּן אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁנֵי בָּתִּים בִּשְׁנֵי צִדֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים — עוֹשֶׂה לֶחִי מִיכָּן וְלֶחִי מִיכָּן, אוֹ קוֹרָה מִיכָּן וְקוֹרָה מִיכָּן, וְנוֹשֵׂא וְנוֹתֵן בָּאֶמְצַע. אָמְרוּ לוֹ: אֵין מְעָרְבִין רְשׁוּת הָרַבִּים בְּכָךְ.

Et tous deux sont selon Rabbi Yehouda, comme il est enseigné : Bien plus, Rabbi Yehouda dit : celui qui a deux maisons des deux côtés du domaine public fait un montant d'ici et un montant de là, ou une poutre d'ici et une poutre de là, et il porte et dépose au milieu. Ils lui dirent : on ne fait pas d'erouv sur le domaine public de cette manière.

📜 Rachi (1)
אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר בִּשְׁתֵּי מְחִיצּוֹת סַגִּי וּשְׁנֵי לְחָיַיִם וַאֲתָא בֶּן בְּתֵירָא לְמֵימַר דִּלְגַבֵּי סֵפֶר מוֹדֶה ר' יְהוּדָה דְּסַגִּי בְּחַד דָּג' מְחִיצּוֹת הָווּ:
Selon Rabbi Yehouda : qui dit que deux murs suffisent, avec deux montants ; et Ben Betera vient dire que, pour le livre, Rabbi Yehouda reconnaît qu'un seul suffit, car il y a trois murs.
💡 Explication

Source de Rabba : pour Rabbi Yehouda, deux parois face à face (les murs des deux maisons) complétées par un montant ou une poutre à chaque bout suffisent à créer un domaine où l'on porte, même au milieu du domaine public. Les Sages refusent : on ne transforme pas le domaine public de cette manière.

Selon Rachi, Ben Betera ajoute que, pour sauver un livre, Rabbi Yehouda se contente d'un seul montant : deux murs et un montant forment déjà trois parois.

🖼️ Schéma
Rabbi Yehouda : deux maisons face à face de part et d'autre du domaine public Maison A (son mur fait paroi) Maison B (son mur fait paroi) domaine public (rue) : il porte et dépose au milieu Rabbanan : on ne fait pas d'erouv sur le domaine public ainsi le'hi le'hi ou bien une poutre (kora) à chaque bout, d'une maison à l'autre
Le cas de Rabbi Yehouda : deux maisons de part et d'autre d'une rue, fermée par un montant ou une poutre à chaque bout.
7
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: לְדִידָךְ נָמֵי, לְרַבָּנַן נַצִּיל לְתוֹכוֹ אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין?

Abaye lui dit : selon toi aussi, selon les Rabbanan, sauvons-y aussi les aliments et les boissons ?

📜 Rachi (2)
לְדִידָךְ נָמֵי אִיכָּא לְמִיפְרַךְ כְּאַתְקָפְתָּא דִּלְעֵיל:
Selon toi aussi : on peut objecter comme dans l'attaque précédente.
לְרַבָּנָן כֵּיוָן דַּאֲמַרְתְּ דְּתַרְוַייְהוּ כְּר' יְהוּדָה לְרַבָּנָן דְּאָמְרִי לְשֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ וּמְפָרְשִׁי לֵיהּ לְשֶׁאֵינוֹ חָסֵר כְּלוּם כַּר' יְהוּדָה דְּלָא בָּעֵי אֶלָּא שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת וּשְׁנֵי לְחָיַיִם אִי הָכִי לְרַבָּנָן יַצִּיל לְתוֹכוֹ אוֹכְלִין וּמַשְׁקִין כְּמוֹ לְחָצֵר הַמְעֹורֶבֶת:
Selon les Rabbanan : puisque tu as dit que tous deux sont selon Rabbi Yehouda, les Rabbanan qui disent 'dans une [impasse] non ouverte' l'expliquent comme une [impasse] à laquelle rien ne manque, selon Rabbi Yehouda, qui n'exige que deux murs et deux montants ; s'il en est ainsi, selon les Rabbanan, qu'on y sauve aussi aliments et boissons, comme dans une cour ayant un erouv.
💡 Explication

Abaye retourne contre Rabba sa propre seconde objection : selon lui aussi, l'impasse non ouverte du Tana Qamma est pleinement permise selon Rabbi Yehouda ; on devrait donc y sauver aussi les aliments. La réponse d'Abaye et sa propre définition suivent en 117b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).