Shabbat 121b — Couvrir les excréments d'un enfant, tuer les nuisibles le Chabbat et écraser "au passage"

Shabbat 121b

Sougya : Le daf poursuit la Michna qui permet de retourner un récipient sur les excréments d'un enfant et sur un scorpion. Rav Hanan bar Rava objecte que les excréments sont prêts pour les chiens et peuvent donc être enlevés ; la Guemara établit qu'il s'agit d'excréments de poules, sur un tas d'ordures situé dans la cour, où le principe du graf chel rei (pot d'excréments) ne s'applique pas.

Vient ensuite la question de tuer les nuisibles le Chabbat : Rabbi Yehochoua ben Levi permet de tuer tous les nuisibles, Rav Yossef lui oppose la baraita des cinq créatures, et la discussion dépend de la divergence entre Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon sur la melakha cheeina tsrikha legoufa. Les avis d'Amoraim divergent (Rava bar Rav Houna, Rav Houna, Rabbi Yannai), et la Guemara propose la voie de l'écrasement "au passage" (lefi toumo), illustrée par l'histoire d'Abba bar Minyomi chez l'Exilarque.

Le daf s'achève sur les chandeliers de la maison de Rabbi.

Pourquoi couvrir les excréments au lieu de les enlever ? Michna on retourne un récipient sur les excréments d'un enfant Rav Hanan bar Rava ils sont prêts pour les chiens : qu'on les enlève ! Réponse excréments de poules (inaptes aux chiens) couverts à cause de l'enfant Objection c'est un graf chel rei : chose répugnante qu'on a le droit de sortir Tentative graf chel rei permis seulement avec son récipient ? Rejet le rat de Rav Achi, sorti par la queue : on déplace même sans récipient Sur un tas d'ordures (ashpa) mais que ferait un enfant là ? dans une cour ? = encore graf chel rei Conclusion ashpa située dans la cour : l'enfant y va, mais pas de graf chel rei Donc : on peut seulement couvrir, on ne déplace pas les excréments
Les excréments de l'enfant : de l'objection de Rav Hanan à la conclusion (ashpa dans la cour).
Rav Yossef : ils courent après lui, et c'est l'avis de tous Lecture de Rachi Lecture du Ri (Tossefot) R. Yehochoua ben Levi tous les nuisibles, quand ils courent après lui : pikouah nefech, avis de tous Baraita des cinq quand ils ne courent pas après lui, selon Rabbi Chimon Baraita des cinq quand ils courent après lui, avis de tous : même R. Yehouda permet ces cinq R. Yehochoua ben Levi = R. Chimon tous les nuisibles, même s'ils ne courent pas après lui Difficultés relevées Rava bar Rav Houna et les hassidim le Niotite : question déjà tranchée ? "je la résous" vise la baraita Halakha (Ri, Rabbenou Hananel) pas d'indulgence comme R. Yehochoua ben Levi : seulement écraser au passage (lefi toumo) R. Yehouda : melakha cheeina tsrikha legoufa = passible ; R. Chimon : exempt (interdit rabbinique)
La réponse de Rav Yossef selon Rachi et selon le Ri.
Tuer serpents et scorpions le Chabbat : les avis Baraita (tanna) l'esprit des hassidim n'est pas satisfait de lui Rava bar Rav Houna l'esprit des Sages n'est pas satisfait de ces hassidim Rav Houna à celui qui tue une guêpe : les as-tu toutes achevées ? Rabbi Yannai je tue une guêpe, serpent et scorpion à plus forte raison Rejet de la preuve peut-être seulement au passage (lefi toumo), sans intention On écrase au passage la salive (Rav Yehouda), le serpent (Rav Chechet), le scorpion (Rav Ketina) Davar cheeino mitkaven : selon R. Yehouda interdit d'ordre rabbinique, non décrété pour les nuisibles (Rachi)
Les positions sur le fait de tuer serpents et scorpions le Chabbat.
1
אַייְּתוּ לְהוּ פּוּרְייָתָא, לְרַב חָנָן בַּר רָבָא לָא אַיְיתוֹ לֵיהּ. אַשְׁכְּחֵיהּ מַתְנֵי לֵיהּ לִבְרֵיהּ: וְעַל צוֹאָה שֶׁל קָטָן מִפְּנֵי קָטָן. אֲמַר לֵיהּ: אָבִין שָׁטְיָא מַתְנֵי שְׁטוּתָא לִבְנֵיהּ, וַהֲלֹא הִיא עַצְמָהּ מוּכֶנֶת לִכְלָבִים! וְכִי תֵּימָא דְּלָא חַזְיָא לֵיהּ מֵאֶתְמוֹל — וְהָתַנְיָא: נְהָרוֹת הַמּוֹשְׁכִין וּמַעְיָינוֹת הַנּוֹבְעִין — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כָּל אָדָם.

On leur apporta des lits (pouriyata) ; à Rav Hanan bar Rava, on n'en apporta pas. Il trouva [Rabbi Avin] qui enseignait à son fils : "Et sur les excréments d'un enfant, à cause de l'enfant." Il lui dit : Avin le sot enseigne la sottise à ses fils !

Ces [excréments] ne sont-ils pas eux-mêmes prêts pour les chiens ? Et si tu dis qu'ils n'étaient pas disponibles pour lui depuis la veille, n'a-t-on pas enseigné : les fleuves qui coulent et les sources qui jaillissent sont comme les pieds de tout homme.

📜 Rachi (7)
גְּמ' אַייְּתוּ לְהוּ פּוּרְיָיתָא מִטּוֹת לֵישֵׁב עֲלֵיהֶן:
Guem. On leur apporta des pouriyata : des lits pour s'y asseoir.
לָא אַייְּתוּ לֵיהּ וְהוֹשִׁיבוּהוּ לָאָרֶץ:
On ne lui en apporta pas : on le fit asseoir par terre.
מִפְּנֵי קָטָן שֶׁלֹּא יִטְפַּח בּוֹ וְיִתְלַכְלֵךְ:
À cause de l'enfant : pour qu'il n'y mette pas la main et ne se salisse pas.
א"ל רַב חָנָן שֶׁהָיָה כָּעוּס וּמִתְכַּוֵּין לְהַקְנִיטוֹ לֵר' אָבִין:
Il lui dit : Rav Hanan, qui était en colère et voulait provoquer Rabbi Avin.
וַהֲלֹא מוּכֶנֶת לַכְּלָבִים וְלָמָּה לִי לִכְפּוֹת כְּלִי יְפַנּוּהָ מִשָּׁם שֶׁהֲרֵי רְאוּיָה לְטַלְטֵל:
Ne sont-ils pas prêts pour les chiens : pourquoi faudrait-il retourner un récipient dessus ? Qu'on les enlève de là, puisqu'ils sont aptes à être déplacés.
דְּלָא חַזְיָא מֵאֶתְמוֹל שֶׁהַיּוֹם נוֹלְדָה:
Qu'ils n'étaient pas disponibles depuis la veille : car ils sont apparus aujourd'hui.
נְהָרוֹת הַמּוֹשְׁכִים כְּרַגְלֵי כָּל אָדָם מִשּׁוּם דְּמִידִי דְּנָייֵד הוּא וְלָא קְנִי שְׁבִיתָה ואע"פ שֶׁבָּא מִחוּץ לַתְּחוּם כָּל אָדָם מוֹלִיכָן לְמָקוֹם שֶׁעֵירֵב לוֹ לֵילֵךְ מִיהוּ שָׁמְעִינַן מִינָּהּ דְּמֻותָּרִין בְּטִלְטוּל ואע"ג דְּמֵאֶתְמוֹל לָא הָוֵי הָנֵי קַמַּן כֵּיוָן דְּאוֹרְחַיְיהוּ בְּהָכִי דַּעְתֵּיהּ עֲלַייְהוּ ה"נ כֵּיוָן דְּאוֹרְחֵיהּ דְּקָטָן בְּהָכִי דַּעְתֵּיהּ עָלֶיהָ דִּלְכִי תַּיְתֵי יַאֲכִילֶנָּה לִכְלָבִים:
Les fleuves qui coulent sont comme les pieds de tout homme : parce que c'est une chose qui se déplace, elle n'acquiert pas de chevita (lieu de résidence de Chabbat) ; et bien qu'elle vienne de l'extérieur du tehoum, chacun peut l'emporter jusqu'à l'endroit où il a fait son erouv pour aller. En tout cas, nous en apprenons qu'ils sont permis au déplacement (toltoul), et bien que la veille ces [eaux] n'étaient pas devant nous, puisque telle est leur manière, on y avait pensé. De même ici, puisque telle est la manière d'un enfant, on y avait pensé : quand ils viendraient, on les donnerait à manger aux chiens.
💡 Explication

La Michna (121a) permet de retourner un récipient sur les excréments d'un enfant. Rav Hanan bar Rava, vexé de ne pas avoir reçu de siège, attaque l'enseignement de Rabbi Avin : ce qui convient aux chiens n'est pas mouktse et peut être déplacé ; pourquoi seulement le couvrir ?

Il devance l'objection du nolad (chose apparue pendant le Chabbat) : l'eau des fleuves, absente la veille, est pourtant permise, car on s'attend à sa venue. De même, chacun sait qu'un enfant fera ses besoins.

2
וְאֶלָּא הֵיכִי אַתַּנְייָה? אֵימָא: עַל צוֹאָה שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים מִפְּנֵי קָטָן.

Et alors, comment dois-je le lui enseigner ? — Dis : sur les excréments de poules, à cause de l'enfant.

📜 Rachi (2)
א"ל ר' אָבִין וְאֶלָּא הֵיכִי אַתַּנְיָיה:
Rabbi Avin lui dit : alors comment le lui enseigner ?
צוֹאָה שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים דְּלָא חַזְיָא לִכְלָבִים וְשֶׁל קָטָן דְּקָתָנֵי מַתְנִיתִין שֶׁמְּטַפֵּחַ בָּהּ קָטָן קָאָמַר וּבִשְׁבִיל הַקָּטָן אָמַר כּוֹפִין:
Excréments de poules : qui ne conviennent pas aux chiens. Et "d'un enfant" qu'enseigne notre Michna signifie : [des excréments] dans lesquels un enfant met la main ; c'est à cause de l'enfant qu'il est dit qu'on retourne [un récipient].
💡 Explication

Correction de lecture : les excréments de poules ne servent pas aux chiens, ils sont donc mouktse et l'on ne peut que les couvrir. "De l'enfant" désigne la raison (protéger l'enfant), et non l'origine des excréments.

3
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּהָוֵי גְּרָף שֶׁל רְעִי! וְכִי תֵּימָא: גְּרָף שֶׁל רְעִי אַגַּב מָנָא — אִין, אִיהוּ גּוּפֵיהּ — לָא, וְהָא הָהוּא עַכְבָּר דְּאִישְׁתְּכַח בְּאִיסְפַּרְמָקֵי דְּרַב אָשֵׁי, וַאֲמַר לְהוּ: נַקְּטוּהָ בְּצוּצִיתֵיהּ וְאַפְּקוּהָ! בָּאַשְׁפָּה. וְקָטָן בְּאַשְׁפָּה מַאי בָּעֵי לֵיהּ? בְּחָצֵר. חָצֵר נָמֵי, גְּרָף שֶׁל רְעִי הוּא! בָּאַשְׁפָּה שֶׁבֶּחָצֵר.

Tire-le plutôt du fait que c'est un graf chel rei (pot d'excréments) ! Et si tu dis : un graf chel rei, avec le récipient oui, lui-même non — voici ce rat qui fut trouvé dans les épices (isperamaki) de Rav Achi, et il leur dit : prenez-le par la queue et sortez-le ! — Sur un tas d'ordures (ashpa). — Et que ferait un enfant sur un tas d'ordures ? — Dans une cour. — Dans une cour aussi, c'est un graf chel rei ! — Sur un tas d'ordures qui est dans la cour.

📜 Rachi (7)
תִּיפּוֹק לֵיהּ דִּגְרָף שֶׁל רְעִי הוּא דִּמְאִיס וּלְפַנְייֵהּ דְּהָא קי"ל בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה גְּרָף שֶׁל רְעִי מֻותָּר לְהוֹצִיאוֹ לָאַשְׁפָּה:
Tire-le plutôt du fait que c'est un graf chel rei : chose répugnante qu'on peut évacuer, car nous tenons dans le traité Beitsa qu'un graf chel rei, il est permis de le sortir vers le tas d'ordures.
וְכִי תֵּימָא גְּרָף שֶׁל רְעִי דְּמֻותָּר אַגַּב מָנָא אִין הָא דקי"ל מֻותָּר לְהוֹצִיאוֹ מִשּׁוּם דְּרָמֵי בְּמָנָא דִּגְרָף הַייְנוּ כְּלִי חֶרֶס הֶעָשׂוּי לְכָךְ וְאַגַּב מָנָא הוּא דְּשָׁרֵי לְטִלְטוּלֵי אֲבָל בִּפְנֵי עַצְמוֹ לֹא וְהָכָא לָאו בְּמָנָא רָמֵי:
Et si tu dis : un graf chel rei, permis avec le récipient, oui : ce que nous tenons, qu'il est permis de le sortir, c'est parce qu'il est posé dans un récipient, car le graf est un récipient de terre fait pour cela ; c'est avec le récipient qu'il est permis de le déplacer, mais pas seul ; et ici il n'est pas posé dans un récipient.
בְּאִסְפַּרְמְקֵי בְּשָׂמִים:
Isperamaki : des épices.
בְּצוּצִיתֵיהּ בִּזְנָבוֹ אַלְמָא בְּלָאו מְנָא נָמֵי מִטַּלְטְלֵי לֵיהּ:
Par sa queue (tsoutsitei) : on voit donc que même sans récipient on le déplace.
וּמְשַׁנֵּי בָּאַשְׁפָּה דְּלָא רָמֵי קַמַּייְהוּ וְלֹא גְּרָף שֶׁל רְעִי הוּא:
Et il répond : sur un tas d'ordures : là ce n'est pas posé devant eux, et ce n'est pas un graf chel rei.
קָטָן בָּאַשְׁפָּה מַאי בָּעֵי סְתָם אַשְׁפָּה ברה"ר הוּא וּמַאי בָּעֵי קָטָן הָתָם דְּקָא מִיכַּסֵּי לֵיהּ בִּשְׁבִיל קָטָן:
Que ferait un enfant sur un tas d'ordures : un tas d'ordures ordinaire se trouve dans le domaine public ; que ferait un enfant là-bas, pour qu'on doive le couvrir à cause de l'enfant ?
וּמְשַׁנֵּי בְּחָצֵר דִּשְׁכִיחַ קָטָן הָתָם קס"ד בֶּחָצֵר דְּלָאו אַשְׁפָּה וְקָפְרִיךְ סוֹף סוֹף גְּרָף שֶׁל רְעִי הוּא וּמְשַׁנֵּי בְּאַשְׁפָּה שֶׁבֶּחָצֵר:
Et il répond : dans une cour : où l'enfant se trouve fréquemment. On pensait d'abord [qu'il s'agit] d'une cour sans tas d'ordures, et il objecte : en fin de compte c'est un graf chel rei ; et il répond : sur un tas d'ordures qui est dans la cour.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' וְעַל צוֹאָה שֶׁל קָטָן אוֹקֵימְנָא שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין מִפְּנֵי הַקָּטָן שֶׁלֹּא יֻוזַּק בָּהּ וּבְחָצֵר אַחֶרֶת אֲבָל צוֹאָה שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין וְשֶׁל בְּנֵי אָדָם בְּאוֹתָהּ חָצֵר מֻותָּר לְגִבְּבָה וּלְהוֹלִיכָהּ לְבֵית הַכִּסֵּא כִּגְרָף שֶׁל רֵיעִי דקי"ל דִּגְרָף מֻותָּר לְטַלְטְלוֹ וּמַפְּקִינַן לֵיהּ. חֲמִשָּׁה נֶהֱרָגִים בְּשַׁבָּת וְאֵלּוּ הֵן זְבוּב שֶׁבְּמִצְרַיִם וְצִרְעָה שֶׁבְּנִיטֶּה וְעַקְרָב שֶׁבְּחַדְייָב וְנָחָשׁ שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְכֶלֶב שׁוֹטֶה שֶׁבְּכָל מָקוֹם. וּשְׁאָר כָּל הַמַּזִּיקִים אִם הָיוּ רָצִין אַחֲרָיו מֻותָּר לְהָורְגָן לְדִבְרֵי הַכֹּל. תָּנוּ רַבָּנַן נִזְדַּמְּנוּ לוֹ נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים בְּשַׁבָּת וַהֲרָגָן בְּיָדוּעַ שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לוֹ לְהָורְגָן לֹא הֲרָגָן בְּיָדוּעַ שֶׁלְּהָרְגוּ בָּאוּ וְנַעֲשָׂה לוֹ נֵס מִן הַשָּׁמַיִם וְחָסוּ עָלָיו. אָמַר עֻולָּא וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן וְהוּא שֶׁנִּישּׁוֹפִין בּוֹ. אָמַר רַב יְהוּדָה רֹוק דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת נָחָשׁ דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ רַב קַטִּינָא אָמַר עַקְרָב דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ:
Guemara. "Et sur les excréments d'un enfant" : nous l'avons établi [comme des excréments] de poules, à cause de l'enfant, pour qu'il n'en subisse pas de dommage, et dans une autre cour. Mais des excréments de poules ou d'hommes dans la même cour, il est permis de les ramasser et de les porter aux toilettes, comme un graf chel rei, car nous tenons qu'un graf peut être déplacé et nous le sortons. Cinq [créatures] sont tuées le Chabbat, et les voici : la mouche d'Égypte, la guêpe de Ninive, le scorpion d'Hadyav, le serpent de la terre d'Israël et le chien enragé en tout lieu. Et tous les autres nuisibles, s'ils courent après lui, il est permis de les tuer de l'avis de tous. Nos Maîtres ont enseigné : si des serpents et des scorpions se sont présentés à lui le Chabbat et qu'il les a tués, il est clair qu'ils se sont présentés à lui pour qu'il les tue ; s'il ne les a pas tués, il est clair qu'ils sont venus pour le tuer, qu'un miracle lui a été fait du Ciel et qu'on a eu pitié de lui. Oula, et certains disent Rabba bar bar Hana, a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et cela, lorsqu'ils sifflent contre lui. Rav Yehouda a dit : la salive, on l'écrase au passage (lefi toumo). Rav Chechet a dit : le serpent, on l'écrase au passage. Rav Ketina a dit : le scorpion, on l'écrase au passage.
💡 Explication

Le graf chel rei (pot de chambre) est une exception au mouktse : sa répugnance autorise à le sortir. La Guemara envisage de limiter cette exception au cas où l'objet répugnant est dans un récipient, mais le rat de Rav Achi, sorti directement par la queue, montre que l'objet seul peut aussi être déplacé.

La réponse finale : les excréments sont sur une ashpa située dans la cour. Là, ils ne gênent personne (pas de graf chel rei), mais l'enfant peut y accéder : on se contente donc de les couvrir. Le Roch en tire la halakha : dans la cour même, on peut les porter aux toilettes.

🖼️ Schéma
Pourquoi couvrir les excréments au lieu de les enlever ? Michna on retourne un récipient sur les excréments d'un enfant Rav Hanan bar Rava ils sont prêts pour les chiens : qu'on les enlève ! Réponse excréments de poules (inaptes aux chiens) couverts à cause de l'enfant Objection c'est un graf chel rei : chose répugnante qu'on a le droit de sortir Tentative graf chel rei permis seulement avec son récipient ? Rejet le rat de Rav Achi, sorti par la queue : on déplace même sans récipient Sur un tas d'ordures (ashpa) mais que ferait un enfant là ? dans une cour ? = encore graf chel rei Conclusion ashpa située dans la cour : l'enfant y va, mais pas de graf chel rei Donc : on peut seulement couvrir, on ne déplace pas les excréments
Graf chel rei, rat de Rav Achi et ashpa dans la cour.
4
וְעַל עַקְרָב שֶׁלֹּא תִישֹּׁךְ. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כָּל הַמַּזִּיקִין נֶהֱרָגִין בְּשַׁבָּת. מֵתִיב רַב יוֹסֵף: חֲמִשָּׁה נֶהֱרָגִין בְּשַׁבָּת, וְאֵלּוּ הֵן: זְבוּב שֶׁבְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, וְצִירְעָה שֶׁבְּנִינְוֵה, וְעַקְרָב שֶׁבְּחֶדְייָב, וְנָחָשׁ שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְכֶלֶב שׁוֹטֶה בְּכָל מָקוֹם. מַנִּי? אִילֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה — הָא אָמַר: מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חַיָּיב עָלֶיהָ. אֶלָּא לָאו רַבִּי שִׁמְעוֹן, וְהָנֵי הוּא דְּשָׁרֵי, אַחֲרֵינִי — לָא!

"Et sur un scorpion, pour qu'il ne pique pas." Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : tous les nuisibles (mazikin) sont tués le Chabbat. Rav Yossef objecta : cinq sont tués le Chabbat, et les voici : la mouche de la terre d'Égypte, la guêpe de Ninive, le scorpion d'Hadyav, le serpent de la terre d'Israël et le chien enragé en tout lieu.

Qui [est l'auteur] ? Si tu dis Rabbi Yehouda, il a dit : pour une melakha qui n'est pas nécessaire pour elle-même (melakha cheeina tsrikha legoufa), on est passible.

C'est donc Rabbi Chimon, et ceux-là il les permet, d'autres non !

📜 Rachi (4)
כָּל הַמַּזִּיקִין הַהוֹרְגִין:
Tous les nuisibles : qui tuent.
נֶהֱרָגִין בְּשַׁבָּת וקס"ד אַפֵּי' אֵין רָצִין אַחֲרָיו וּמִשּׁוּם דס"ל כר"ש דִּמְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ מִדְּרַבָּנָן הִיא דַּאֲסִירָא וְהָכָא לָא גְּזוּר:
Sont tués le Chabbat : on pensait d'abord : même s'ils ne courent pas après lui, parce qu'il pense comme Rabbi Chimon que la melakha qui n'est pas nécessaire pour elle-même n'est interdite que d'ordre rabbinique, et ici [les Sages] n'ont pas décrété.
(נֶהֱרָגִין בְּשַׁבָּת אַפֵּי' אֵין רָצִין אַחֲרָיו) מִשּׁוּם דִּס"ל דִּסְתָמָן הוֹרְגִין הֵן:
(Sont tués le Chabbat : même s'ils ne courent pas après lui) parce qu'il pense que d'ordinaire ils tuent.
הָאָמַר חַיָּיב עָלֶיהָ וְהֵיכִי שָׁרִי בִּמְלָאכָה גְּמוּרָה כְּשֶׁאֵין רָצִין אַחֲרָיו דְּלֵיכָּא פִּקּוּחַ נֶפֶשׁ:
Il a pourtant dit qu'on est passible : comment permettrait-il une melakha complète lorsqu'ils ne courent pas après lui, alors qu'il n'y a pas de danger de mort (pikouah nefech) ?
🗂️ Tossefot (1)
כָּל הַמַּזִּיקִין נֶהֱרָגִין בְּשַׁבָּת אַף עַל גַּב דִּתְנַן בְּמַתְנִיתִין וְעַל עַקְרָב שֶׁלֹּא יִשֹּׁוךְ אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמְעִינַן דַּהֲרִיגָה נָמֵי שָׁרֵינַן דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ דַּאֲסִירָא מִשּׁוּם דְּמִיפַּרְסְמָא מִילְּתָא טְפֵי מִבְּצִידָה וּמֵהַאי טַעְמָא נָמֵי פְּלִיג רַב הוּנָא בְּסָמוּךְ וְאָסַר הֲרִיגָה:
Tous les nuisibles sont tués le Chabbat : bien que nous ayons appris dans notre Michna "et sur un scorpion pour qu'il ne pique pas", il fallait nous enseigner que nous permettons aussi de tuer, car on aurait pu penser que c'est interdit parce que la chose est plus visible (mifarsema) que la capture. C'est pour cette raison aussi que Rav Houna, un peu plus loin, est en désaccord et interdit de tuer.
💡 Explication

Tuer un animal (netilat nechama) est une melakha. Tuer un nuisible pour s'en protéger est une melakha cheeina tsrikha legoufa : on ne cherche pas le résultat de l'acte pour lui-même. Selon Rabbi Yehouda on en est passible ; selon Rabbi Chimon l'interdit est seulement rabbinique.

La baraita permet cinq créatures seulement. Elle ne peut suivre Rabbi Yehouda, qui interdit tout ; elle suit donc Rabbi Chimon, et limite la permission à ces cinq. Cela contredit Rabbi Yehochoua ben Levi, qui permet tous les nuisibles.

5
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: וּמַאן נֵימָא לַן דְּהָא מְתָרַצְתָּא הִיא? דִּילְמָא מְשַׁבַּשְׁתָּא הִיא? אָמַר רַב יוֹסֵף: אֲנָא מַתְנֵינָא לָהּ, וְאוֹתֵיבְנָא לָהּ, וַאֲנָא מְתָרֵיצְנָא לָהּ: בְּרָצִין אַחֲרָיו, וְדִבְרֵי הַכֹּל.

Rabbi Yirmeya a dit : et qui nous dit que cette [baraita] est exacte (metartsta) ? Peut-être est-elle corrompue (mechabechta) ?

Rav Yossef a dit : c'est moi qui l'ai enseignée, c'est moi qui ai objecté à partir d'elle, et c'est moi qui la résous : lorsqu'ils courent après lui, et c'est l'avis de tous.

📜 Rachi (4)
וּמַאן לֵימָא לָן כו' דְּרַב יוֹסֵף הוּא מַתְנֵי לֵיהּ כְּדִלְקַמָּן וְלָא בִּדְבֵי ר' חִיָּיא וְר' אוֹשַׁעְיָא מִיתַּנְייָא וְכָל מַתְנִיתָא דְּלָא מִתַּנְייָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דָּר' חִיָּיא וְר' אוֹשַׁעְיָא אִיכָּא לְסַפּוֹקֵי בִּמְשַׁבַּשְׁתָּא וְלָא מוֹתְבִינַן מִינָּהּ:
Et qui nous dit, etc. : car c'est Rav Yossef qui l'enseigne, comme [on le voit] plus bas, et elle n'est pas enseignée dans [le recueil de] l'école de Rabbi Hiya et Rabbi Ochaya ; or toute baraita qui n'est pas enseignée dans la Tossefta de Rabbi Hiya et Rabbi Ochaya, on peut douter qu'elle soit corrompue, et on n'en tire pas d'objection.
אֲנָא תָּנֵינָא לָהּ בְּמַתְנִיתָא דִּידִי וַאֲנָא אוֹתְבִינָא בְּבֵי מִדְרְשָׁא אֶדֶר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי:
C'est moi qui l'ai enseignée : dans ma baraita ; et c'est moi qui ai objecté, dans la maison d'étude, contre Rabbi Yehochoua ben Levi.
וַאֲנָא מְתָרַצְנָא לָהּ דְּלָא תִּיקְשֵׁי כִּי אָמַר ר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כָּל הַמַּזִּיקִין נֶהֱרָגִין בְּרָצִין אַחֲרָיו קָאָמַר דְּפִקּוּחַ נֶפֶשׁ הוּא:
Et c'est moi qui la résous : de sorte qu'il n'y ait pas de difficulté : quand Rabbi Yehochoua ben Levi a dit "tous les nuisibles sont tués", il parlait du cas où ils courent après lui, car c'est un danger de mort (pikouah nefech).
וְדִבְרֵי הַכֹּל וְאַפֵּי' לְר' יְהוּדָה וְהָא דַּחֲמִשָּׁה נֶהֱרָגִין כְּשֶׁאֵין רָצִין אַחֲרָיו וְר' שִׁמְעוֹן:
Et c'est l'avis de tous : même de Rabbi Yehouda ; et [la baraita] "cinq sont tués" [parle] du cas où ils ne courent pas après lui, et [suit] Rabbi Chimon.
🗂️ Tossefot (1)
בְּרָצִין אַחֲרָיו וד"ה פֵּי' בַּקּוּנְטְ' דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי בְּרָצִין אַחֲרָיו וְהָוֵי פִּקּוּחַ נֶפֶשׁ וּבָרַיְיתָא בְּאֵין רָצִין וכר"ש וְקָשֶׁה דא"כ תִּקְשֶׁה מֵהַךְ בָּרַיְיתָא לְרָבָא בַּר רַב הוּנָא דְּשָׁרֵי לַהֲרֹוג נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים בְּשַׁבָּת דע"כ בְּאֵין רָצִין אַחֲרָיו מַיְירֵי דְּאִי בְּרָצִין אַחֲרָיו אַמַּאי אֵין רוּחַ חֲסִידִים נוֹחָה הֵימֶנּוּ לְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דִּבְרָצִין אַחֲרָיו אִיכָּא פִּקּוּחַ נֶפֶשׁ וְעוֹד בְּנִיּוֹתַי שֶׁהָרַג נָחָשׁ וּמִיבַּעְיָא לָן אִי שַׁפִּיר עֲבַד תִּיפְשֹׁוט מֵהָכָא דְּלָא שָׁרֵינַן לר"ש בְּאֵין רָצִין אֶלָּא ה' בִּלְבַד וְעוֹד קָשֶׁה לר"י דְּלִישָּׁנָא דַּאֲנָא מְתָרַצְנָא לָהּ מַשְׁמַע לַבָּרַייְתָא עַצְמָהּ וְנִרְאֶה לר"י לְפָרֵשׁ דְּבָרַיְיתָא בְּרָצִין אַחֲרָיו וד"ה פֵּירוּשׁ אֲפִילּוּ ר' יְהוּדָה מוֹדֶה דַּחֲמִשָּׁה שָׁרִי לַהֲרֹוג בְּרָצִין אַחֲרָיו אֲבָל שְׁאָר אָסוּר לְהָורְגָן אֲפִילּוּ רָצִין אַחֲרָיו לְר' יְהוּדָה וְר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כר"ש דְּשָׁרֵי שְׁאָר אֲפִילּוּ בְּאֵין רָצִין אַחֲרָיו וְרַב הוּנָא דְּאָסַר בְּסָמוּךְ לֹא סָבַר כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי וְנִרְאֶה לר"י וְכֵן פֵּירֵשׁ רַ"ח שֶׁאֵין לְהָקֵל כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אֶלָּא כְּהָנְהוּ אָמוֹרָאֵי דִּלְקַמָּן דְּלָא שָׁרוּ אֶלָּא בִּדְרִיסָה לְפִי תֻּומּוֹ:
Lorsqu'ils courent après lui, et c'est l'avis de tous : Rachi a expliqué dans son commentaire (kountres) que Rabbi Yehochoua ben Levi [parle] lorsqu'ils courent après lui, et c'est un pikouah nefech, et la baraita lorsqu'ils ne courent pas, selon Rabbi Chimon. Et c'est difficile : s'il en est ainsi, on objecterait à partir de cette baraita contre Rava bar Rav Houna, qui permet de tuer serpents et scorpions le Chabbat, [ce qui] parle forcément du cas où ils ne courent pas après lui ; car s'ils couraient après lui, pourquoi l'esprit des hassidim ne serait-il pas satisfait de lui, selon l'explication de Rachi, puisque lorsqu'ils courent après lui il y a pikouah nefech ? De plus, [dans le cas] du Niotite qui tua un serpent, où nous nous demandons s'il a bien agi, on pourrait trancher d'ici que, selon Rabbi Chimon, nous ne permettons, lorsqu'ils ne courent pas, que les cinq seulement. Et il est encore difficile pour le Ri que l'expression "et c'est moi qui la résous" indique [la résolution] de la baraita elle-même. Le Ri pense donc expliquer que la baraita [parle] lorsqu'ils courent après lui, et c'est l'avis de tous, c'est-à-dire : même Rabbi Yehouda admet qu'il est permis de tuer les cinq lorsqu'ils courent après lui, mais les autres il est interdit de les tuer, même s'ils courent après lui, selon Rabbi Yehouda ; et Rabbi Yehochoua ben Levi [suit] Rabbi Chimon, qui permet les autres même lorsqu'ils ne courent pas après lui ; et Rav Houna, qui interdit plus bas, ne pense pas comme Rabbi Yehochoua ben Levi. Et le Ri pense, et ainsi a expliqué Rabbenou Hananel, qu'il ne faut pas être indulgent comme Rabbi Yehochoua ben Levi, mais comme ces Amoraim cités plus loin, qui ne permettent qu'en écrasant au passage.
💡 Explication

Rabbi Yirmeya met en doute la fiabilité de la baraita : seules les baraitot du recueil de Rabbi Hiya et Rabbi Ochaya font autorité sans réserve. Rav Yossef, qui l'a lui-même transmise, propose une résolution.

Rachi : Rabbi Yehochoua ben Levi parle du cas où les nuisibles poursuivent l'homme (pikouah nefech, permis par tous), la baraita du cas où ils ne poursuivent pas. Le Ri objecte et inverse : c'est la baraita qui parle de poursuite, et Rabbi Yehochoua ben Levi suit Rabbi Chimon. En pratique, le Ri et Rabbenou Hananel ne permettent que l'écrasement au passage.

🖼️ Schéma
Rav Yossef : ils courent après lui, et c'est l'avis de tous Lecture de Rachi Lecture du Ri (Tossefot) R. Yehochoua ben Levi tous les nuisibles, quand ils courent après lui : pikouah nefech, avis de tous Baraita des cinq quand ils ne courent pas après lui, selon Rabbi Chimon Baraita des cinq quand ils courent après lui, avis de tous : même R. Yehouda permet ces cinq R. Yehochoua ben Levi = R. Chimon tous les nuisibles, même s'ils ne courent pas après lui Difficultés relevées Rava bar Rav Houna et les hassidim le Niotite : question déjà tranchée ? "je la résous" vise la baraita Halakha (Ri, Rabbenou Hananel) pas d'indulgence comme R. Yehochoua ben Levi : seulement écraser au passage (lefi toumo) R. Yehouda : melakha cheeina tsrikha legoufa = passible ; R. Chimon : exempt (interdit rabbinique)
Deux lectures de la résolution de Rav Yossef.
6
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרָבָא בַּר רַב הוּנָא: הַהוֹרֵג נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים בְּשַׁבָּת — אֵין רוּחַ חֲסִידִים נוֹחָה הֵימֶנּוּ. אֲמַר לֵיהּ: וְאוֹתָן חֲסִידִים אֵין רוּחַ חֲכָמִים נוֹחָה מֵהֶם. וּפְלִיגָא דְּרַב הוּנָא. דְּרַב הוּנָא חַזְיֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דְּקָא קָטֵיל זִיבּוּרָא, אֲמַר לֵיהּ: שַׁלֵּימְתִּינְהוּ לְכוּלְּהוּ?

Un tanna enseigna devant Rava bar Rav Houna : celui qui tue serpents et scorpions le Chabbat, l'esprit des hassidim (hommes pieux) n'est pas satisfait de lui. Il lui dit : et ces hassidim, l'esprit des Sages n'est pas satisfait d'eux.

Et cela est en désaccord avec Rav Houna. Car Rav Houna vit un homme qui tuait une guêpe ; il lui dit : les as-tu toutes achevées ?

📜 Rachi (5)
אֵין רוּחַ חֲסִידִים נוֹחָה הֵימֶנּוּ דַּעְתָּן שֶׁל חֲסִידִים אֵינָהּ מְעֹורֶבֶת עִמּוֹ שֶׁאֵינוֹ הָגוּן בְּעֵינֵיהֶם עַל מַה שֶּׁעָשָׂה:
L'esprit des hassidim n'est pas satisfait de lui : l'opinion des hassidim ne s'accorde pas avec lui, car il n'est pas convenable à leurs yeux pour ce qu'il a fait.
נוֹחָה עֲרֵיבָה אֵין מִתְרַצִּין בְּמַעֲשָׂיו:
Nouha (satisfait) : agréable ; ils n'agréent pas ses actes.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְתַנָּא:
Il lui dit : Rava au tanna.
וְאוֹתָן חֲסִידִים הַשּׂוֹנְאִין אוֹתוֹ עַל כָּךְ אֵין רוּחַ חֲכָמִים עֲרֵיבָה עִמָּהֶם לִהְיוֹת נוֹחָה וּמְיֻושֶּׁבֶת בְּמַה שֶׁרוֹאִין בְּמִדַּת חֲסִידִים הַלָּלוּ דְּשַׁפִּיר עֲבִיד דְּאִי לֹא מַזִּיקִין הַשְׁתָּא סוֹפָן לְהַזִּיק בִּשְׁעַת כַּעֲסָן:
Et ces hassidim : qui le détestent pour cela, l'esprit des Sages ne leur est pas agréable, [au point] d'être apaisé et serein devant ce qu'ils voient dans la conduite de ces hassidim ; car il a bien fait, puisque s'ils ne nuisent pas maintenant, ils finiront par nuire au moment de leur colère.
שַׁלֵּימְתִּינְהוּ לְכוּלְּהוּ הָרַגְתָּ אֶת כֻּולָּן כְּלוֹמַר מָה אַהֲנֵי בְּהָא אַכַּתִּי טוּבָא אִיכָּא אַלְמָא לָאו שַׁפִּיר עֲבַד וְהָא דְּרָבָא פְּלִיג אַדְּאָבוּהָ:
Les as-tu toutes achevées : tu les as toutes tuées ? C'est-à-dire : à quoi cela a-t-il servi ? Il en reste encore beaucoup. On voit donc qu'il n'a pas bien agi. Et [ainsi] Rava est en désaccord avec son père.
💡 Explication

Rava bar Rav Houna approuve celui qui tue serpents et scorpions : même s'ils ne nuisent pas maintenant, ils nuiront plus tard. Son père, Rav Houna, désapprouve par sa remarque ironique : tuer une guêpe n'élimine pas le danger, puisqu'il en reste beaucoup.

7
תָּנוּ רַבָּנַן: נִזְדַּמְּנוּ לוֹ נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים, הֲרָגָן — בְּיָדוּעַ שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לוֹ לְהָורְגָן. לֹא הֲרָגָן — בְּיָדוּעַ שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לְהָורְגוֹ וְנַעֲשָׂה לוֹ נֵס מִן הַשָּׁמַיִם. אָמַר עֻולָּא וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּנִישּׁוֹפִין בּוֹ.

Nos Maîtres ont enseigné : si des serpents et des scorpions se sont présentés à lui et qu'il les a tués, il est clair qu'ils se sont présentés à lui pour qu'il les tue. S'il ne les a pas tués, il est clair qu'ils se sont présentés pour le tuer, et un miracle lui a été fait du Ciel.

Oula a dit, et certains disent Rabba bar bar Hana, au nom de Rabbi Yo'hanan : lorsqu'ils sifflent contre lui (nichoufin bo).

📜 Rachi (3)
שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לוֹ לְהָורְגָן לְכָךְ בָּאוּ לְיָדוֹ שֶׁזִּימֵּן לוֹ הַמָּקוֹם לְאַבְּדָן לְפִי שֶׁהָיוּ עֲתִידוֹת לְהַזִּיק וְגִלְגְּלוּ זְכוּת עַל יְדֵי זַכַּאי:
Qu'ils se sont présentés à lui pour qu'il les tue : c'est pour cela qu'ils sont venus à sa portée, car Hachem (haMakom) lui a donné l'occasion de les détruire, parce qu'ils allaient nuire ; et l'on fait advenir un mérite par l'intermédiaire d'un homme méritant.
לֹא הֲרָגָן בְּיָדוּעַ שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לוֹ לַהֲרֹוג אוֹתוֹ וְהֶרְאָה לוֹ הקב"ה שֶׁחָטָא אֶלָּא שֶׁנַּעֲשָׂה לוֹ נֵס:
S'il ne les a pas tués, il est clair qu'ils se sont présentés pour le tuer : et le Saint, béni soit-Il, lui a montré qu'il avait fauté, mais un miracle lui a été fait.
בְּנִישּׁוֹפִין בּוֹ בכה"ג קָתָנֵי בְּיָדוּעַ שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לְהָורְגוֹ נִישּׁוֹפִין כָּךְ דֶּרֶךְ הַנָּחָשׁ עוֹשֶׂה כְּעֵין שְׁרִיקָה כְּשֶׁהוּא רוֹאֶה שׂוֹנְאוֹ וְכוֹעֵס:
Lorsqu'ils sifflent contre lui : dans un tel cas on enseigne qu'il est clair qu'ils se sont présentés pour le tuer. Nichoufin : ainsi fait le serpent, une sorte de sifflement, lorsqu'il voit son ennemi et qu'il est en colère.
💡 Explication

La baraita lit la rencontre avec un nuisible selon son issue : s'il l'a tué, il était l'instrument destiné à l'éliminer ; sinon, le nuisible venait le punir et il a été sauvé par miracle. Rabbi Yo'hanan limite ce second cas à une menace réelle, quand l'animal siffle contre lui.

8
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: פַּעַם אַחַת נָפַל אֶחָד בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ, וְעָמַד נְיוֹתִי אֶחָד וַהֲרָגוֹ. אָמַר רַבִּי: פָּגַע בּוֹ כַּיּוֹצֵא בּוֹ!

Rabbi Abba bar Kahana a dit : une fois, un [serpent] tomba dans la maison d'étude ; un Niotite (nivati) se leva et le tua. Rabbi dit : un semblable l'a rencontré.

📜 Rachi (1)
נִיוָתִי עַל שֵׁם מְקוֹמוֹ וְיִשְׂרָאֵל הָיָה:
Niotite : [nommé] d'après son lieu, et il était juif.
💡 Explication

La remarque de Rabbi est ambiguë : "un semblable" peut désigner un homme qui, comme le serpent, poursuit et frappe (éloge), ou un homme aussi nuisible que le serpent (blâme). La Guemara pose la question au segment suivant.

9
אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״פָּגַע בּוֹ כַּיּוֹצֵא בּוֹ״ דְּשַׁפִּיר עֲבַד, אוֹ לָא? תָּא שְׁמַע, דְּרַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא וְרַבִּי זֵירָא הֲווֹ יָתְבִי אַקִּילְעָא דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי. נְפַק מִילְּתָא מִבֵּינַייְהוּ, בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַבִּי יַנַּאי: מַהוּ לַהֲרֹוג נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים בְּשַׁבָּת? אֲמַר לְהוּ: צִירְעָה אֲנִי הוֹרֵג, נָחָשׁ וְעַקְרָב — לֹא כָל שֶׁכֵּן?! דִּילְמָא לְפִי תֻּומּוֹ. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: רֹוק דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ. וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת: נָחָשׁ דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ. וְאָמַר רַב קַטִּינָא: עַקְרָב דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ.

Ils demandèrent : "un semblable l'a rencontré" [signifie-t-il] qu'il a bien agi, ou non ? Viens et entends : Rabbi Abba, fils de Rabbi Hiya bar Abba, et Rabbi Zeira étaient assis dans la cour (kil'a) de la maison de Rabbi Yannai.

Une question se présenta entre eux ; ils demandèrent à Rabbi Yannai : qu'en est-il de tuer serpents et scorpions le Chabbat ? Il leur dit : je tue une guêpe ; serpent et scorpion, à plus forte raison ! — Peut-être au passage (lefi toumo).

Car Rav Yehouda a dit : la salive, on l'écrase au passage. Et Rav Chechet a dit : le serpent, on l'écrase au passage.

Et Rav Ketina a dit : le scorpion, on l'écrase au passage.

📜 Rachi (6)
דְּשַׁפִּיר עֲבִיד וְכַיּוֹצֵא בּוֹ דְּקָאָמַר לָאו לִגְנַאי הוּא אֶלָּא הַנָּחָשׁ רוֹדֵף וְנַעֲשָׂה זֶה כַּיּוֹצֵא בוֹ:
Qu'il a bien agi : et "un semblable" qu'il a dit n'est pas péjoratif ; le serpent poursuit, et celui-ci a agi comme lui.
אוֹ לָא וְכַיּוֹצֵא בּוֹ דְּקָאָמַר לִגְנַאי הוּא:
Ou non : et "un semblable" qu'il a dit est péjoratif.
צִרְעָה אֲנִי הוֹרֵג בְּשַׁבָּת לְכַלּוֹת מַזִּיקִין וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ מוּעֶדֶת כְּאִלּוּ:
Je tue une guêpe : le Chabbat, pour éliminer les nuisibles, bien qu'elle ne soit pas réputée dangereuse (mouedet) comme ceux-là.
לֹא כָל שֶׁכֵּן אַלְמָא שַׁפִּיר עֲבִיד:
À plus forte raison : on voit donc qu'il a bien agi.
דִּילְמָא לְפִי תֻּומּוֹ לֹא שֶׁיַּעֲמֹוד עָלָיו וְיַהַרְגֶנּוּ לְהֶדְיָא אֶלָּא כְּשֶׁהוּא הוֹלֵךְ לְתֻומּוֹ וְנָחָשׁ אוֹ עַקְרָב בְּפָנָיו אֵין צָרִיךְ לִישָּׁמֵט מִמֶּנּוּ אֶלָּא דּוֹרְכוֹ וְהוֹלֵךְ וְאִם מֵת בִּדְרִיכָתוֹ יָמוּת הוֹאִיל וְלֹא נִתְכַּוֵּין דְּדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לְר' יְהוּדָה מִדְּרַבָּנָן הוּא וּלְעִנְיַן מַזִּיקִין לָא גְּזוּר:
Peut-être au passage : non qu'il se tienne sur lui et le tue expressément ; mais lorsqu'il marche sans intention et qu'un serpent ou un scorpion est devant lui, il n'a pas à s'en écarter : il marche dessus et continue ; et s'il meurt sous son pas, qu'il meure, puisqu'il n'en avait pas l'intention. Car le davar cheeino mitkaven (acte non intentionnel), selon Rabbi Yehouda, n'est [interdit] que d'ordre rabbinique, et pour les nuisibles [les Sages] n'ont pas décrété.
רֹוק דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לְמָרֵחַ וּלְאַשְׁוִוי גֻּומּוֹת דְּאַף עַל גַּב דְּמִמֵּילָא מְמָרֵחַ הוּא כִּי לָא מִיכַּוֵין שָׁרֵי מִשּׁוּם מְאִיסוּתָא:
La salive, on l'écrase au passage : car il n'a pas l'intention d'étaler ni d'aplanir des creux ; bien qu'elle s'étale d'elle-même, lorsqu'il n'en a pas l'intention c'est permis, à cause de la répugnance.
💡 Explication

Rabbi Yannai semble trancher : il tue même une guêpe, donc a fortiori serpent et scorpion. La Guemara repousse la preuve : il parlait peut-être de l'écrasement lefi toumo, en marchant sans viser l'animal.

Ce mode d'action relève du davar cheeino mitkaven (conséquence non recherchée). Selon Rachi, même Rabbi Yehouda n'y voit qu'un interdit rabbinique, que les Sages n'ont pas étendu aux nuisibles. La salive suit la même règle : l'étalement et le nivellement du sol ne sont pas voulus.

🖼️ Schéma
Tuer serpents et scorpions le Chabbat : les avis Baraita (tanna) l'esprit des hassidim n'est pas satisfait de lui Rava bar Rav Houna l'esprit des Sages n'est pas satisfait de ces hassidim Rav Houna à celui qui tue une guêpe : les as-tu toutes achevées ? Rabbi Yannai je tue une guêpe, serpent et scorpion à plus forte raison Rejet de la preuve peut-être seulement au passage (lefi toumo), sans intention On écrase au passage la salive (Rav Yehouda), le serpent (Rav Chechet), le scorpion (Rav Ketina) Davar cheeino mitkaven : selon R. Yehouda interdit d'ordre rabbinique, non décrété pour les nuisibles (Rachi)
Des positions divergentes à l'écrasement au passage.
10
אַבָּא בַּר מָרְתָא דְּהוּא אַבָּא בַּר מִנְיוֹמֵי הֲווֹ מַסְּקִי בֵּיהּ דְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא זוּזֵי. אַייְתְיוּהָ, קָא מְצַעֲרִי לֵיהּ. הֲוָה שָׁדֵי רֻוקָּא. אֲמַר לְהוּ רֵישׁ גָּלוּתָא: אַיְיתוֹ מָאנָא סְחִיפוּ עִלָּוֵיהּ, אֲמַר לְהוּ: לָא צְרִיכִיתוּ, הָכִי אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: רֹוק דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּומּוֹ. אֲמַר לְהוּ: צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא, שִׁבְקוּהָ.

Abba bar Marta, qui est Abba bar Minyomi : les gens de la maison de l'Exilarque (Rech Galouta) lui réclamaient de l'argent (zouzei). Ils l'amenèrent et le tourmentaient.

Il y avait de la salive [par terre]. L'Exilarque leur dit : apportez un récipient et retournez-le dessus.

Il leur dit : vous n'en avez pas besoin ; ainsi a dit Rabbi Yehouda : la salive, on l'écrase au passage. [L'Exilarque] leur dit : c'est un jeune érudit (tsourba merabanan) ; laissez-le.

📜 Rachi (1)
הֲוָה שָׁדֵי רֻוקָּא הָיָה רֹוק מֻוטָּל לִפְנֵיהֶם וְשַׁבָּת הָיְתָה:
Il y avait de la salive : de la salive se trouvait devant eux, et c'était Chabbat.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲמַר לְהוּ: צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא, שֶׁבְּקוֹהוֹ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת וְכִי מִי שֶׁיּוֹדֵעַ לוֹמַר הֲלָכָה אַחַת נִתְבָּרֵר בָּזֶה שֶׁהוּא תַּלְמִיד חָכָם? וְדִילְמָא הוּא מֵהֲמוֹן הָעָם וְנִזְדַּמֵּן שֶׁשָּׁמַע הֲלָכָה הַזֹּאת מֵאֵיזֶה חָכָם שֶׁהוֹרָה דִּין זֶה לְפָנָיו, אוֹ מִן רַב יְהוּדָה שֶׁהוֹרָה דִּין זֶה לְפָנָיו לְאֵיזֶה אָדָם שֶׁשָּׁאֲלוּ, כִּי עִנְיָן זֶה הוּא שָׁגוּר, וּלְעוֹלָם הוּא אֵינוֹ יוֹדֵעַ בֵּין יְמִינוֹ לִשְׂמֹאלוֹ כְּלוּם! וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי בְּלָאו הָכִי יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת נָמֵי עוֹד, אֵיךְ צִעֲרוּהוּ וְעָבְרוּ עַל (דְּבָרִים טו, ב) לֹא יִגַּשׁ, כֵּיוָן דְּבֶאֱמֶת לֹא הָיָה לוֹ לְשַׁלֵּם! וַאֲפִילּוּ אִם לֹא נִתְבָּרֵר אֶצְלָם שֶׁהוּא עָנִי אֵיךְ יְצַעֲרוּהוּ וְיַעַבְרוּ עַל לָאו דְּאוֹרָיְיתָא אֲפִילּוּ בְּסָפֵק? וַהֲלֹא אוֹתוֹ רֵישׁ גָּלוּתָא הָיָה יְרֵא שָׁמַיִם דְּקָפֵיד עַל דְּרִיסַת הָרֹוק בְּשַׁבָּת וְאָמַר לִכְפּוֹת כְּלִי. עַל כֵּן נִרְאֶה וַדַּאי דְּלָא צִעֲרוּהוּ כְּדֵי לְשַׁלֵּם, אֶלָּא צִעֲרוּהוּ לְהַעֲנִישׁוֹ, עַל אֲשֶׁר הוּא יָדַע מֵעִיקָּרָא בְּעַצְמוֹ שֶׁאֵין לוֹ לְשַׁלֵּם וְלָוָה הַמָּעוֹת וְהוֹצִיאָם לְצָרְכּוֹ, דְּנִמְצָא כִּי מֵעִיקָּרָא כְּשֶׁלָּוָה אַדַּעְתָּא לִגְזוֹל הַמָּעוֹת עֲבִיד שֶׁלֹּא יְשַׁלֵּם, וְעַל זֹאת תָּפְסוּ אוֹתוֹ בְּבֵיתָם לְחָבְשׁוֹ וּלְצַעֲרוֹ. אַךְ כֵּיוָן שֶׁנִּזְדַּמֵּן דִּין זֶה לְפָנָיו וְאָמַר רֵישׁ גָּלוּתָא שֶׁיִּכְפּוּ עָלָיו כְּלִי וְהֵשִׁיב לָא צְרִיכְתּוּ, הָכִי אָמַר רַב יְהוּדָה רֹק דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּמּוֹ, הִנֵּה מִזֶּה הֵבִין רֵישׁ גָּלוּתָא שֶׁהוּא חָכָם שֶׁיָּדַע טַעְמוֹ שֶׁל דָּבָר וְעוֹד יֵשׁ לְאֵל יָדוֹ לְהַצִּיעַ תְּשׁוּבָה בְּדֶרֶךְ חָכְמָה וְרֶמֶז, וְהַיְינוּ שֶׁהוּא אָמַר הָכִי אָמַר רַב יְהוּדָה רֹק דּוֹרְסוֹ, וְתֵיבַת 'הָכִי' לְשׁוֹן יֶתֶר, אַךְ הוּא אָמַר לָשׁוֹן זֶה כְּדֵי לְהַצְדִּיק עַצְמוֹ לְפִי דַּרְכּוֹ בְּעִנְיָן שֶׁנִּתְפַּס בַּעֲבוּרוֹ, וּרְצוֹנוֹ לוֹמַר עִנְיָן זֶה שֶׁלִּי הוּא כְּמוֹ עִנְיַן ה'רק' שֶׁהִתִּיר ר' יְהוּדָה, כִּי אֲנִי בְּעֵת שֶׁלָּוִיתִי מִכֶּם הַמָּעוֹת לָוִיתִי לְפִי תּוּמֵי שֶׁלֹּא עָלָה עַל לִבִּי לֶאֱכֹול אוֹתָם כַּאֲשֶׁר חֲשַׁבְתֶּם, וְרַק קָרָה סִיבָּה בְּדֶרֶךְ מִקְרֶה שֶׁאָבְדוּ הַמָּעוֹת מִידִי, וְלָכֵן עַתָּה אֵין לִי יְכֹולֶת לְשַׁלֵּם, אֲבָל אֲנִי לֹא יָדַע נִתְכַּווַּנְתִּי לְכָךְ! וְכֵן רַב יְהוּדָה מַתִּיר לְדָרוֹם הָרֹוק לְפִי תֻּומּוֹ מֵהַאי טַעְמָא, דְּהוּא מִשּׁוּם שֶׁהַדּוֹרֵס אֵינוֹ מִתְכַּוֵּון דְּקַייְמָא לַן כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דָּבָר שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּון מֻותָּר, וְלָזֶה אָמַר לוֹ הָכִי אָמַר רַב יְהוּדָה כְּלוֹמַר כְּמוֹ עִנְיָן שֶׁלִּי שֶׁהָיָה בְּלִי מִתְכַּוֵּין, מֵהַאי טַעְמָא אָמַר רַב יְהוּדָה רֹק דּוֹרְסוֹ לְפִי תֻּמּוֹ. וּבִדְבָרִים קְצָרִים אֵלּוּ שֶׁדִּבֵּר בְּרֶמֶז הֵבִין רֵישׁ גָּלוּתָא שֶׁהוּא תַּלְמִיד חָכָם, חֲדָא דְּיָדַע טַעַם הַהֲלָכָה וְלֹא זְמוֹרְתָּא הָיְתָה בְּפִיו! וְעוֹד שֶׁיֵּשׁ לוֹ לֵב מֵבִין לְדַבֵּר דְּבָרִים בְּרֶמֶז שֶׁל חֲכָמִים וּנְבוֹנִים, שֶׁלֹּא אָמַר הַצַּדֶּקֶת נַפְשׁוֹ עַל עִנְיָינוֹ בְּפֵירוּשׁ כִּי אִם בְּרֶמֶז, שֶׁהִבְלִיעַ הַצַּדֶּקֶת נַפְשׁוֹ בְּרֶמֶז בַּהֲלָכָה זוֹ! וּלְכָךְ אָמַר לָהֶם שֶׁבְּקוֹהוֹ! וְנִרְאֶה וַדַּאי הֵם לֹא תָּפְסוּ אוֹתוֹ בְּיוֹם שַׁבָּת אֶלָּא קֹודֶם וַחֲבָשׁוּהוּ וּצְעָרוּהוּ, וְאַחַר כָּךְ נִזְדַּמֵּן עִנְיָן זֶה שֶׁל הָרֹוק בְּיוֹם שַׁבָּת.
Il leur dit : c'est un jeune érudit, laissez-le. On peut objecter : celui qui sait dire une seule halakha, est-il établi par là qu'il est un érudit (talmid 'hakham) ? Peut-être est-il un homme du peuple, et il se trouve qu'il a entendu cette halakha d'un sage qui avait enseigné cette règle devant lui, ou de Rav Yehouda qui l'avait enseignée devant lui à quelqu'un qui l'interrogeait, car c'est une chose courante ; et en réalité il ne sait rien, ne distinguant pas sa droite de sa gauche ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a de toute façon une autre difficulté : comment l'ont-ils tourmenté, transgressant [l'interdit] "il ne pressera pas" (Devarim 15,2), alors qu'en réalité il n'avait pas de quoi payer ? Et même s'il n'était pas établi pour eux qu'il était pauvre, comment le tourmenteraient-ils et transgresseraient-ils un interdit de la Torah, même en cas de doute ? Cet Exilarque était pourtant craignant le Ciel, puisqu'il était scrupuleux sur le fait d'écraser la salive le Chabbat et avait dit de retourner un récipient dessus. Il semble donc certain qu'ils ne l'ont pas tourmenté pour qu'il paie, mais pour le punir, parce qu'il savait lui-même dès le départ qu'il n'aurait pas de quoi payer, et il avait emprunté l'argent et l'avait dépensé pour ses besoins. Il s'avère donc que dès le départ, en empruntant, il agissait dans l'intention de s'emparer de l'argent sans payer ; et pour cela ils l'ont saisi dans leur maison pour l'emprisonner et le tourmenter. Mais comme ce cas se présenta devant lui, que l'Exilarque dit de retourner un récipient dessus et qu'il répondit : "vous n'en avez pas besoin, ainsi a dit Rav Yehouda : la salive, on l'écrase au passage", l'Exilarque comprit de là qu'il était un sage, qui connaissait la raison de la chose, et qui avait encore la capacité de présenter une réponse avec sagesse et allusion. En effet, il dit "ainsi (hakhi) a dit Rav Yehouda : la salive, on l'écrase", et le mot 'hakhi' est superflu ; mais il employa cette expression pour se justifier à sa manière dans l'affaire pour laquelle il avait été saisi. Il voulait dire : mon affaire est comme celle de la 'salive' que Rav Yehouda a permise ; car au moment où je vous ai emprunté l'argent, je l'ai emprunté sans arrière-pensée (lefi toumi), sans qu'il me vienne à l'esprit de le dévorer comme vous l'avez pensé ; seulement, une cause fortuite est survenue, l'argent s'est perdu de mes mains, et c'est pourquoi je n'ai pas maintenant la possibilité de payer ; mais je n'en avais pas sciemment l'intention ! Et de même Rav Yehouda permet d'écraser la salive au passage pour cette raison : celui qui l'écrase n'en a pas l'intention, car nous tenons comme Rabbi Chimon qu'un davar cheeino mitkaven est permis. C'est pourquoi il lui dit "ainsi a dit Rav Yehouda", c'est-à-dire : comme mon affaire, qui était sans intention, pour cette raison Rav Yehouda a dit : la salive, on l'écrase au passage. Par ces paroles brèves, dites par allusion, l'Exilarque comprit qu'il était un érudit : d'une part il connaissait la raison de la halakha, et ce n'était pas une chansonnette (zemorta) dans sa bouche ; d'autre part il avait un cœur intelligent pour parler par allusion, à la manière des sages et des gens avisés, puisqu'il n'exposa pas sa justification explicitement mais par allusion, en l'insérant dans cette halakha. C'est pourquoi il leur dit : laissez-le ! Et il semble certain qu'ils ne l'ont pas saisi le jour du Chabbat, mais auparavant ; ils l'ont emprisonné et tourmenté, et ensuite ce cas de la salive s'est présenté le jour du Chabbat.
💡 Explication

Le dicton cité est celui de Rav Yehouda rapporté au segment précédent (le texte porte ici "Rabbi Yehouda"). En le citant avec à propos, Abba bar Minyomi montre qu'il maîtrise la halakha, et l'Exilarque le reconnaît comme tsourba merabanan et le fait libérer.

Le Ben Yehoyada lit dans le mot superflu hakhi (ainsi) une allusion : comme celui qui écrase la salive lefi toumo sans intention, Abba avait emprunté sans intention de ne pas rembourser.

11
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: פָּמוֹטוֹת שֶׁל בֵּית רַבִּי מֻותָּר לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא: בְּנִיטָּלִין בְּיָדוֹ אַחַת, אוֹ בִּשְׁתֵּי יָדַיִם?

Rabbi Abba bar Kahana a dit au nom de Rabbi Hanina : les chandeliers (pamotot) de la maison de Rabbi, il est permis de les déplacer le Chabbat. Rabbi Zeira lui dit : [s'agit-il de ceux] qu'on porte d'une main, ou de deux mains ?

📜 Rachi (1)
פָּמוֹטוֹת מְנוֹרוֹת וְלֹא שֶׁל חֻולְיוֹת הָיוּ:
Pamotot : des chandeliers (menorot), et ils n'étaient pas faits de pièces articulées (houlyot).
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא פָּמוֹטוֹת שֶׁל בֵּית רַבִּי מֻותָּרִין לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת א"ל רַבִּי זֵירָא בְּנִיטָּלִין בְּיָדוֹ אַחַת אוֹ בְּנִיטָּלִין בִּשְׁתֵּי יָדָיו א"ל כְּאוֹתָן שֶׁל בֵּית אָבִיךָ פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י קְטַנִּים וּלְעֵיל פֵּרַשְׁתִּי פֶּרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין סִימָן כד בִּגְדוֹלִים וְכֵן נִרְאֶה מִדְּקָאָמַר שֶׁל בֵּית רַבִּי מַשְׁמַע שֶׁהָיוּ גְּדוֹלִים. א"ר אַבָּא בַּר כָּהֲנָא א"ר חֲנִינָא קְרוֹנוֹת שֶׁל בֵּית רַבִּי מֻותָּר לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת א"ל רַבִּי זֵירָא בְּנִיטָּלִין בְּאָדָם אֶחָד אוֹ בְּנִיטָּלִין בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם א"ל כְּאוֹתָן שֶׁל בֵּית אָבִיךָ:
Rabbi Abba bar Kahana a dit : les chandeliers de la maison de Rabbi, il est permis de les déplacer le Chabbat. Rabbi Zeira lui dit : [ceux] qu'on porte d'une main, ou [ceux] qu'on porte de deux mains ? Il lui dit : comme ceux de la maison de ton père. Rachi a expliqué : petits ; et plus haut j'ai expliqué, au chapitre Bameh madlikin, siman 24, [qu'il s'agit] de grands ; et c'est ce qui ressort de ce qu'il dit "de la maison de Rabbi", ce qui indique qu'ils étaient grands. Rabbi Abba bar Kahana a dit au nom de Rabbi Hanina : les chariots (karonot) de la maison de Rabbi, il est permis de les déplacer le Chabbat. Rabbi Zeira lui dit : [ceux] que tire un seul homme, ou [ceux] que tirent deux hommes ? Il lui dit : comme ceux de la maison de ton père.
💡 Explication

Rachi précise que ces chandeliers n'étaient pas faits de pièces articulées (houlyot), qu'on s'abstient de déplacer de peur qu'on ne les remonte. La question de Rabbi Zeira porte sur leur taille ; la réponse figure au daf suivant, et le Roch la cite déjà : "comme ceux de la maison de ton père", que Rachi comprend comme petits et le Roch comme grands.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).