Shabbat 125b — La pierre sur le tonneau, les pierres de Rabbi, le sarment attaché et le bouchon de la fenêtre

Shabbat 125b

Sougya : La michna achève la liste des objets qui deviennent ustensiles : le sarment attaché à une cruche sert à puiser, et Rabbi Eliezer et les Sages divergent sur le bouchon de la fenêtre (pekak hahalon). La Guemara revient sur la pierre posée sur un tonneau : selon Rabba (au nom de Rabbi Ami), le tonneau devient support d'une chose interdite (bassis) ; selon Rav Yosef (au nom de Rabbi Asi), la pierre devient couvercle.

La question de fond est de savoir si un objet mouktse devient ustensile par la seule intention ou s'il faut un acte (maasse) ; on l'illustre par les pierres que Rabbi fit préparer pour s'y asseoir. Le daf explique ensuite pourquoi le sarment doit être attaché (Rav Chechet, Rav Achi), puis définit, au nom de Rabbi Yo'hanan, la divergence sur le bouchon : tous interdisent de faire une tente provisoire (ohel arai) au départ ; ils divergent sur l'ajout à une tente existante.

La pierre posée sur le tonneau : deux lectures de Rabbi Yo'hanan Michna : on penche le tonneau et la pierre tombe Rabba (au nom de Rabbi Ami) il faut un acte (maasse) Rav Yosef (au nom de Rabbi Asi) l'intention suffit Oubliée (chokheah) on penche : permis Posée (maniah) bassis : interdit de déplacer le tonneau Oubliée (chokheah) il faut pencher Posée (maniah) devient couvercle : on la soulève Michna de la gourde : pierre attachée (hidka) = paroi du récipient pierre non attachée = annulée Rabbi et les pierres : sans acte (R. Hanina) ou avec acte (R. Yo'hanan) : ranger (R. Ami) / frotter (R. Asi)
La pierre sur le tonneau : la divergence Rabba / Rav Yosef porte sur la nécessité d'un acte pour faire d'une pierre un ustensile.
Pekak hahalon : la tente provisoire (ohel arai) selon Rabbi Yo'hanan Cas Rabbi Eliezer Les Sages (Hakhamim) Faire une tente au départ (batehila) Interdit pour tous, même à Yom Tov (et à plus forte raison le Chabbat) Ajouter à une tente existante (lehossif) Interdit même à Yom Tov (à fortiori le Chabbat) Permis même le Chabbat (à fortiori à Yom Tov) Boucher la fenêtre = ajouter à la construction existante : la michna reste permise selon les Sages, attaché ou non (suite au daf 126a)
Rabbi Yohanan : faire une tente provisoire au départ est interdit pour tous ; la divergence porte sur l'ajout.
1
זְמוֹרָה שֶׁהִיא קְשׁוּרָה בַּטָּפִיחַ — מְמַלְּאִין בָּהּ בְּשַׁבָּת.

Un sarment (zemora) attaché à une cruche (tefiah) : on puise avec lui le Chabbat.

📜 Rachi (3)
זְמוֹרָה שֶׁל גֶּפֶן:
Sarment : de vigne.
שֶׁהִיא קְשׁוּרָה בְּטָפִיחַ פַּךְ שֶׁשּׁוֹאֲבִין בּוֹ מִן הַבּוֹר אוֹ מִן הַמַּעְיָן:
Attaché à une cruche : un pot avec lequel on puise à la citerne ou à la source.
מְמַלְּאִין בָּהּ דְּשַׁוְיָא כְּלִי לְהַךְ זְמוֹרָה:
On puise avec lui : car on a fait de ce sarment un ustensile.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הָאֶבֶן שֶׁבְּקֵרוּיָה אִם מְמַלְּאִים בָּהּ וְאֵינָהּ נוֹפֶלֶת מְמַלְּאִין בָּהּ. וְאִם לָאו אֵין מְמַלְּאִין בָּהּ. זְמוֹרָה שֶׁהִיא קְשׁוּרָה בַּטָּפִיחַ מְמַלְּאִין בָּהּ בְּשַׁבָּת. קְשׁוּרָה אִין שֶׁאֵינָהּ קְשׁוּרָה לֹא גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִקְטֹום:
Michna. La pierre qui est dans la gourde (keroua) : si l'on puise avec elle et qu'elle ne tombe pas, on puise avec elle ; sinon, on ne puise pas avec elle. Un sarment attaché à une cruche : on puise avec lui le Chabbat. Attaché, oui ; non attaché, non : décret de peur qu'il ne le coupe (yiktom).
💡 Explication

Le sarment sert d'anse ou de corde pour descendre la cruche. Attaché à elle, il fait partie de l'ustensile et perd son statut de mouktse (bois sans usage le Chabbat).

2
פְּקַק הַחַלּוֹן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בִּזְמַן שֶׁהוּא קָשׁוּר וְתָלוּי — פּוֹקְקִין בּוֹ, וְאִם לָאו — אֵין פּוֹקְקִין בּוֹ. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ — פּוֹקְקִין בּוֹ.

Le bouchon de la fenêtre (pekak hahalon) : Rabbi Eliezer dit : lorsqu'il est attaché et suspendu, on bouche avec ; sinon, on ne bouche pas avec. Et les Sages disent : dans un cas comme dans l'autre, on bouche avec.

📜 Rachi (3)
וְתָלוּי שֶׁאֵינוֹ נִגְרָר בָּאָרֶץ שֶׁהַחֶבֶל שֶׁהוּא קָשׁוּר בּוֹ אֵינוֹ מַגִּיעַ לָאָרֶץ:
Et suspendu : qu'il ne traîne pas par terre, la corde à laquelle il est attaché n'atteignant pas le sol.
אֵין פּוֹקְקִין בּוֹ דְּמִיחְזֵי כְּמוֹסִיף עַל הַבִּנְיָן:
On ne bouche pas avec : car cela ressemble à un ajout à la construction.
בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ לָהּ:
Dans un cas comme dans l'autre : la Guemara l'explique.
⚖️ Rosh (1)
ר"א אוֹמֵר פְּקַק הַחַלּוֹן בִּזְמַן שֶׁקָּשׁוּר וְתָלוּי פּוֹקְקִין בּוֹ וְאִם לָאו אֵין פּוֹקְקִין בּוֹ וַחֲכָמִים אוֹמְרִים בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ פּוֹקְקִין בּוֹ:
Rabbi Eliezer dit : le bouchon de la fenêtre, lorsqu'il est attaché et suspendu, on bouche avec ; sinon, on ne bouche pas avec. Et les Sages disent : dans un cas comme dans l'autre, on bouche avec.
💡 Explication

Le pekak est un volet ou une planche qui ferme l'ouverture. Pour Rabbi Eliezer, le fermer ressemble à construire (boneh) ; attaché et suspendu à la fenêtre, il apparaît comme une pièce de la maison déjà en place, et le geste devient permis.

3
גְּמ׳ תְּנַן הָתָם: אֶבֶן שֶׁעַל פִּי הֶחָבִית — מַטֵּה עַל צֵידָה, וְהִיא נוֹפֶלֶת. אָמַר רַבָּה אָמַר רַבִּי אַמֵּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּשׁוֹכֵחַ, אֲבָל בְּמַנִּיחַ — נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר. וְרַב יוֹסֵף אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּשׁוֹכֵחַ, אֲבָל בְּמַנִּיחַ — נַעֲשָׂה כִּיסּוּי לְחָבִית.

Guemara. Nous avons appris là-bas : une pierre qui est sur l'ouverture d'un tonneau, on le penche sur le côté et elle tombe.

Rabba a dit au nom de Rabbi Ami, au nom de Rabbi Yo'hanan : on ne l'a enseigné que pour celui qui oublie [la pierre] ; mais pour celui qui la pose, [le tonneau] devient support (bassis) d'une chose interdite. Et Rav Yosef a dit au nom de Rabbi Asi, au nom de Rabbi Yo'hanan : on ne l'a enseigné que pour celui qui oublie ; mais pour celui qui la pose, [la pierre] devient couvercle du tonneau.

📜 Rachi (9)
גְּמ' תְּנַן הָתָם לְקַמָּן בְּהַאי מַסֶּכְתָּא:
Guemara. Nous avons appris là-bas : plus loin dans ce traité.
הָאֶבֶן שֶׁעַל פִּי הֶחָבִית וְהֻוצְרַךְ לִיטֹּול מִן הַיַּיִן שֶׁבְּתוֹכָהּ:
La pierre qui est sur l'ouverture du tonneau : et il a besoin de prendre du vin qui s'y trouve.
מַטֵּה הֶחָבִית עַל צִדָּהּ וְהִיא נוֹפֶלֶת:
On penche : le tonneau sur le côté, et elle tombe.
לֹא שָׁנוּ דְּמֻותָּר לְטַלְטֵל הֶחָבִית וְהָאֶבֶן עָלֶיהָ דְּקָתָנֵי וְאִם הָיְתָה בֵּין חָבִיּוֹת שֶׁיָּרֵא לְהַטּוֹתָהּ שָׁם שֶׁלֹּא תִּפּוֹל הָאֶבֶן עַל הֶחָבִית שֶׁבְּצִדָּהּ מַגְבִּיהַּ וּמַטָּהּ עַל צִדָּהּ וְהִיא נוֹפֶלֶת:
On ne l'a enseigné : qu'il est permis de déplacer le tonneau avec la pierre dessus, comme il est enseigné : et s'il était parmi des tonneaux, qu'il craint de le pencher la, de peur que la pierre ne tombe sur le tonneau d'à côté, il le soulève, le penche sur le côté et elle tombe.
בְּשׁוֹכֵחַ הָאֶבֶן עָלֶיהָ שֶׁלֹּא בְּמִתְכַּוֵּין:
Pour celui qui oublie : la pierre dessus, sans intention.
אֲבָל בְּמַנִּיחַ נַעֲשֵׂית הֶחָבִית בָּסִיס לָאֶבֶן שֶׁהִיא דְּבַר הָאִיסּוּר וְאֵין מְטַלְטֵל אֶת הֶחָבִית:
Mais pour celui qui pose, [le tonneau] devient : support pour la pierre, qui est une chose interdite, et on ne déplace pas le tonneau.
וְרַב יוֹסֵף א"ר אַסִּי לְקֻולָּא אָמַר ר' יוֹחָנָן לֹא שָׁנוּ דְּהֻוצְרַךְ לְהַטּוֹת אֶת הֶחָבִית וְלֹא נִיתַּן לְטַלְטֵל הָאֶבֶן לְהֶדְיָא:
Et Rav Yosef au nom de Rabbi Asi : dans le sens de l'indulgence, Rabbi Yo'hanan a dit : on ne l'a enseigné, qu'il faille pencher le tonneau et qu'il ne soit pas permis de déplacer la pierre directement,
אֶלָּא בְּשׁוֹכֵחַ דְּלָא נִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹתָהּ כְּלִי:
que pour celui qui oublie : qui n'a pas eu l'intention d'en faire un ustensile.
אֲבָל בְּמַנִּיחַ נַעֲשָׂה הָאֶבֶן כִּיסּוּי לְחָבִית וּמְגַלֶּה אוֹתָהּ כְּדַרְכָּהּ:
Mais pour celui qui pose, [la pierre] devient : couvercle du tonneau, et on la découvre de la manière habituelle.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' הָאֶבֶן שֶׁעַל פִּי הֶחָבִית וְכוּ' אָמַר רָבָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּשׁוֹכֵחַ אֲבָל בְּמַנִּיחַ נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר לוֹ. וְהִלְכְתָא כְּרָבָא דְּקָאֵי רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אַמִּי כְּוָותֵיהּ בְּפֶרֶק כָּל הַכֵּלִים (שַׁבָּת דַּף קכה:) הָיְתָה בֵּין הֶחָבִיּוֹת וְכוּ' תַּנְיָא רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר הָיְתָה חָבִית מֻונַּחַת בָּאוֹצָר אוֹ שֶׁהָיוּ כְּלֵי זְכוּכִית מֻונָּחִין תַּחְתֶּיהָ מַגְבִּיהָה לְמָקוֹם אַחֵר וּמַטָּהּ עַל צִדָּהּ וְהִיא נוֹפֶלֶת וְנוֹטֵל מַה שֶּׁצָּרִיךְ לוֹ וּמַחְזִירָה לִמְקוֹמָהּ. מָעוֹת שֶׁעַל הַכַּר אָמַר רַב חִייָּא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּשׁוֹכֵחַ אֲבָל בְּמַנִּיחַ נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר לוֹ. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְצֹורֶךְ גּוּפוֹ אֲבָל לְצֹורֶךְ מְקוֹמוֹ מְטַלְטְלוֹ וְעוֹדָן עָלָיו:
Guemara. La pierre qui est sur l'ouverture du tonneau, etc. Rava a dit : on ne l'a enseigné que pour celui qui oublie, mais pour celui qui pose, [le tonneau] devient support (bassis) pour une chose qui lui est interdite. Et la halakha est comme Rava, car Rabbi Yo'hanan et Rabbi Ami se tiennent selon lui au chapitre Kol hakelim (Chabbat 125b). S'il se trouvait parmi les tonneaux, etc. Il est enseigné : Rabbi Yossi dit : si le tonneau était posé dans un entrepôt, ou si des ustensiles de verre étaient posés dessous, on le soulève vers un autre endroit, on le penche sur le côté et elle tombe ; on prend ce dont on a besoin et on le remet à sa place. Les pièces de monnaie sur le coussin : Rav Hiya bar Achi a dit au nom de Rav : on ne l'a enseigné que pour celui qui oublie, mais pour celui qui pose, [le coussin] devient support pour une chose qui lui est interdite. Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : on ne l'a enseigné que pour l'usage de l'objet lui-même (tsorekh goufo) ; mais pour l'usage de sa place (tsorekh mekomo), on le déplace alors qu'elles sont encore dessus.
💡 Explication

Deux transmissions opposées de Rabbi Yo'hanan. Pour Rabba, poser la pierre exprès rend le tonneau bassis ledavar haassour (support d'un objet mouktse) : il devient lui-même indéplaçable. Pour Rav Yosef, la pose intentionnelle fait de la pierre un couvercle, donc un ustensile : on peut la soulever directement. Le cas d'oubli, où il faut pencher le tonneau, n'est que la situation de la michna.

4
אָמַר רַבָּה, מוֹתְבִינַן אַשְּׁמַעְתִּין: הָאֶבֶן שֶׁבְּקֵירוּיָה אִם מְמַלְּאִין בָּהּ וְאֵינָהּ נוֹפֶלֶת — מְמַלְּאִין בָּהּ! וְלֹא הִיא. הָתָם, כֵּיוָן דְּהִדְּקָהּ — שַׁוְיָה דֹּופֶן.

Rabba a dit : nous objectons à notre enseignement : la pierre qui est dans la gourde (keroua), si l'on puise avec elle et qu'elle ne tombe pas, on puise avec elle ! Mais il n'en est rien : là, puisqu'il l'a serrée (hidka), il en a fait une paroi.

📜 Rachi (3)
אַשְּׁמַעְתִּין עַל שְׁמוּעָה שֶׁלִּי שֶׁאָמַרְתִּי בְּמַנִּיחַ אֵין הָאֶבֶן נַעֲשֶׂה כְּלִי:
À notre enseignement : à l'enseignement que j'ai dit, que pour celui qui pose, la pierre ne devient pas ustensile.
מְמַלְּאִין בָּהּ אַלְמָא אֶבֶן נַעֲשֶׂה כְּלִי:
On puise avec elle : donc une pierre devient ustensile.
דְּהִדְּקָהּ שֶׁקְּשָׁרָהּ יָפֶה:
Il l'a serrée : il l'a bien attachée.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְלִיקְטַר בֵּיהּ נִירָא בַּרְקָא. פֵּירוּשׁ חוּט שֵׂעָר לְשׁוֹן שְׁנֵי בָּתֵּי נִירִין, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ (בָּבָא קַמָּא קיט:) אֵין לוֹקְחִין מִן הַגַּרְדִּי לֹא נִירִין וְכוּ', וְ 'בַּרְקָא' הַיְינוּ שֵׂעָר וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב הֶעָרוּךְ, וּבִלְשׁוֹן עַרְבִי ר"ל טאק"א שעי"ר, וְאוֹמְרוֹ לִיחַדּוּק בֵּיהּ פּוּרְתָּא פֵּירוּשׁ יְחַזֵּק הַקֶּשֶׁר מְעַט, וְהוּא מִלְּשׁוֹן כֵּיוָן דְּהִדְּקָהּ שַׁוְיָא דֹּופֶן וְרֵוֵיהּ כַּנִּזְכָּר לְקַמָּן (דַּף קכה:), וְכֵן הוּא בַּמִּשְׁנָה דְּכֵלִים, וְכָאן רְצוֹנוֹ לוֹמַר יְהַדֵּק הַקֶּשֶׁר מְעַט, וּלְמָחָר יְהַדְּקֶנּוּ יוֹתֵר, וְכֵן בְּיוֹם שְׁלִישִׁי עוֹד יוֹתֵר, וְאוֹמֵר לְאִישָּׁתָא צְמִירְתָּא פֵּירוּשׁ קַדַּחַת חֲזָקָה שֶׁהִיא שְׁקוּעָה וּתְקוּעָה בַּגּוּף כְּמוֹ צוֹמְתָא בְּחֹומֶץ כִּי יֵשׁ קַדַּחַת בָּאָה לְשָׁעוֹת יְדוּעִים, אַךְ זוֹ שְׁקוּעָה וּתְקוּעָה בַּגּוּף וְאֵינָהּ חֻולְצָתוֹ.
Et qu'il noue avec un nira barka : c'est-à-dire un fil de cheveu. Nira au sens de deux batei nirin (les lisses du métier), comme on a dit (Bava Kamma 119b) : on n'achète pas au tisserand des nirin, etc. ; barka, c'est le cheveu, comme l'écrit le Aroukh, ce qu'on appelle en arabe taqa cha'ir. Et ce qu'il dit : qu'il serre un peu, c'est-à-dire qu'il resserre un peu le nœud ; c'est de la même racine que : puisqu'il l'a serrée (hidka), il en a fait une paroi, comme cité plus loin (125b), et de même dans la michna de Kelim. Ici il veut dire : qu'il serre le nœud un peu, le lendemain il le serre davantage, et le troisième jour davantage encore. Et ce qu'il dit : pour une ichta tsemirta, c'est-à-dire une forte fièvre, enfoncée et plantée dans le corps comme tsomta dans le vinaigre ; car il existe une fièvre qui vient à des heures connues, mais celle-ci est enfoncée et plantée dans le corps et ne le quitte pas.
💡 Explication

Rabba soupçonne que la michna de la gourde contredit sa position (une pierre peut devenir ustensile). Il répond : la pierre de la gourde, qui sert de lest, est attachée ; elle devient une paroi du récipient, par un acte. La pierre simplement posée sur le tonneau n'a reçu aucun acte.

La glose du Ben Yehoyada placée ici commente en réalité un remède contre la fièvre (Chabbat 67a) ; elle est rattachée à ce segment par le mot hidka (serrer).

5
אָמַר רַב יוֹסֵף, וּמוֹתְבִינַן אַשְּׁמַעְתִּין: אִם לָאו — אֵין מְמַלְּאִין בָּהּ! וְלֹא הִיא. הָתָם, כֵּיוָן דְּלָא הַדַּקָּה — בַּטֻּולֵּי בְּטֵלָה.

Rav Yosef a dit : et nous objectons à notre enseignement : sinon, on ne puise pas avec elle ! Mais il n'en est rien : là, puisqu'il ne l'a pas serrée, il l'a annulée.

📜 Rachi (2)
וְאִם לָאו אֵין מְמַלְּאִין וְלָא אָמְרִינַן נַעֲשָׂה כְּלִי בְּהַנָּחָה בְּעָלְמָא וְקַשְׁיָא לְדִידִי דְּאָמְרִי לְעֵיל בְּמַנִּיחַ נַעֲשָׂה כִּיסּוּי לֶחָבִית:
Sinon, on ne puise pas : et on ne dit pas qu'elle devient ustensile par une simple pose ; c'est une difficulté pour moi, qui ai dit plus haut que pour celui qui pose, [la pierre] devient couvercle du tonneau.
וְלֹא הִיא לָא קַשְׁיָא לִי דְּהָתָם הוֹאִיל וּבְלֹא קְשִׁירָה לָא חַזְיָא לְמַלֹּאות דְּהָא נָפְלָה וְהַאי לָאו הַדַּקָּה בַּטֻּולֵּי בָּטְלָה מִתּוֹרַת כְּלִי גַּלִּי דַעְתֵּיהּ דְּלָא חֲשִׁיב לֵיהּ אֲבָל כִּיסּוּי חָבִית הַנָּחָה מְשַׁוְּיָא לֵיהּ כְּלִי:
Mais il n'en est rien : ce n'est pas une difficulté pour moi, car là, puisque sans l'attacher elle ne convient pas pour puiser, puisqu'elle tombe, celui-ci, en ne la serrant pas, l'a annulée du statut d'ustensile : il a révélé qu'il n'en fait pas cas. Mais pour le couvercle du tonneau, la pose en fait un ustensile.
💡 Explication

Symétriquement, Rav Yosef craint la seconde moitié de la michna : une pierre non attachée ne devient pas ustensile. Réponse : dans la gourde, une pierre non attachée est inutilisable (elle tombe) ; ne pas l'attacher revient à l'annuler (bitoul). Sur le tonneau, la pose suffit à remplir la fonction de couvercle.

6
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר בָּעֵינַן מַעֲשֶׂה, וּמָר סָבַר לָא בָּעֵינַן מַעֲשֶׂה.

Sur quoi divergent-ils ? Celui-ci pense qu'il faut un acte (maasse), et celui-là pense qu'il ne faut pas d'acte.

💡 Explication

Le principe : Rabba exige un maasse pour qu'un objet mouktse devienne ustensile ; Rav Yosef se contente de l'intention accompagnée d'une pose.

7
וְאַזֵּדוֹ לְטַעְמַייְהוּ, דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי חֲנִינָא, וְאָמְרִי לָהּ אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: פַּעַם אַחַת הָלַךְ רַבִּי לְמָקוֹם אֶחָד וּמָצָא נִדְבָּךְ שֶׁל אֲבָנִים, וְאָמַר לְתַלְמִידָיו: צְאוּ וְחַשְּׁבוּ כְּדֵי שֶׁנֵּשֵׁב עֲלֵיהֶן לְמָחָר, וְלֹא הִצְרִיכָן רַבִּי לְמַעֲשֶׂה.

Et ils suivent leur raisonnement, car lorsque Rav Dimi vint, il dit au nom de Rabbi Hanina, et certains disent : Rabbi Zeira a dit au nom de Rabbi Hanina : une fois, Rabbi alla dans un endroit et trouva une rangée de pierres (nidbakh). Il dit à ses élèves : sortez et pensez [à elles], pour que nous nous asseyions dessus demain.

Et Rabbi ne leur a pas exigé d'acte.

📜 Rachi (2)
וְאַזֵּדוֹ לְטַעְמַיְיהוּ ר' אַמִּי וְר' אַסִּי:
Et ils suivent leur raisonnement : Rabbi Ami et Rabbi Asi.
נִדְבָּךְ שֶׁל אֲבָנִים אֲבָנִים סְדוּרוֹת וּמֻוקְצוֹת לְבִנְיָן:
Une rangée de pierres : des pierres rangées et réservées à la construction.
🗂️ Tossefot (1)
וְאַזֵּדוֹ לְטַעְמַיְיהוּ תֵּימַהּ הֵיכִי הֲוָה רַבִּי אַסִּי לְטַעְמֵיהּ אַדְּרַבָּה פְּלִיגִי דְּהָכָא קָאָמַר ר' אַסִּי נַעֲשָׂה כִּיסּוּי לְחָבִית בְּהַנָּחָה גְּרֵידָא בְּלֹא שׁוּם מַעֲשֶׂה וְגַבֵּי נִדְבָּךְ אָמַר ר' אַסִּי צְאוּ וְשַׁפְשְׁפוּם אָמַר לָהֶן דְּהַיְינוּ מַעֲשֶׂה שֶׁהִצְרִיכָן רַבִּי וְעוֹד קָשֶׁה גַּבֵּי נִדְבָּךְ קָאָמַר דְּסַגִּי בְּשִׁפְשׁוּף וּלְקַמָּן גַּבֵּי כִּיסּוּי כֵּלִים א"ר אַסִּי א"ר יוֹחָנָן וְהוּא שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם תּוֹרַת כְּלִי וְיֵשׁ לוֹמַר דְּכִיסּוּי חָבִית סַגִּי לָהּ בְּהַנָּחָה שֶׁדַּרְכּוֹ לַעֲשׂוֹתוֹ כָּל דְּהוּ דְּלָא בָּעֵי תִּיקּוּן וּמַעֲשֶׂה גָּמוּר כִּשְׁאָר כִּיסּוּי כֵּלִים וְנִדְבָּךְ שֶׁל אֶבֶן מְסֻותָּת וּמְרֻובָּע לְבִנְיָן סַגִּי לְהוּ בְּשִׁפְשׁוּף שֶׁאֵין צָרִיךְ עוֹד תִּיקּוּן ומ"מ הָוֵי ר' אַסִּי לְטַעְמֵיהּ דְּכִי הֵיכִי דְּמֵיקֵל רַבִּי אַסִּי גַּבֵּי נִדְבָּךְ ה"נ הָכָא וְהָא דְּקָאָמַר ר' אַסִּי בְּפֶרֶק בַּמֶּה טוֹמְנִין (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף נ.) חֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל יָשַׁב אע"פ שֶׁלֹּא קָשַׁר הָתָם רַב (אַשִּׁי) גָּרְסִינַן אִי נָמֵי רְאוּיִין הֵם לִישִׁיבָה טְפֵי מֵאֲבָנִים:
Et ils suivent leur raisonnement : c'est étonnant : comment Rabbi Asi suit-il son raisonnement ? Au contraire, ils se contredisent : ici Rabbi Asi dit que [la pierre] devient couvercle du tonneau par une simple pose, sans aucun acte, alors que pour la rangée, Rabbi Asi dit : sortez et frottez-les, il le leur a dit, ce qui est un acte que Rabbi leur a exigé. Autre difficulté : pour la rangée il dit que frotter suffit, et plus loin, à propos des couvercles d'ustensiles, Rabbi Asi dit au nom de Rabbi Yo'hanan : à condition qu'ils aient le statut d'ustensile (torat kli). On peut répondre : pour le couvercle d'un tonneau, la pose suffit, car on a l'habitude de le faire de n'importe quoi ; il n'exige pas de réparation ni d'acte complet, à la différence des autres couvercles d'ustensiles. Et pour la rangée de pierre taillée et équarrie pour la construction, frotter suffit, car elle n'a besoin d'aucune autre préparation. De toute façon, Rabbi Asi suit son raisonnement : de même qu'il est indulgent pour la rangée, il l'est ici. Et ce que dit Rabbi Asi au chapitre Bameh tomnin (plus haut, Chabbat 50a) : des palmes de palmier, on s'assied dessus même si on ne les a pas liées, là on lit Rav (Achi) ; ou bien, [les palmes] conviennent mieux à s'asseoir que des pierres.
💡 Explication

Première version du récit : Rabbi (Rabbi Yehouda Hanassi) se contente de la pensée (ma'hchava, désigner par l'intention) pour des pierres de construction, sans acte. Cela correspond à la position de Rav Yosef (Rabbi Asi).

8
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: הִצְרִיכָן רַבִּי לְמַעֲשֶׂה. מַאי אֲמַר לְהוּ? רַבִּי אַמִּי אָמַר: ״צְאוּ וְלַמְּדוּם״ אֲמַר לְהוּ. רַבִּי אַסִּי אָמַר: ״צְאוּ וְשַׁפְשְׁפוּם״ אֲמַר לְהוּ.

Rabbi Yo'hanan a dit : Rabbi leur a exigé un acte. Que leur a-t-il dit ?

Rabbi Ami a dit : sortez et rangez-les (lamdoum), leur a-t-il dit. Rabbi Asi a dit : sortez et frottez-les (chafchefoum), leur a-t-il dit.

📜 Rachi (4)
מַאי אֲמַר לְהוּ מַאי מַעֲשֶׂה הִצְרִיכָן לְרַבִּי יוֹחָנָן:
Que leur a-t-il dit : quel acte leur a-t-il exige selon Rabbi Yo'hanan ?
צְאוּ וְלַמְּדוּם סִדְּרוּ אוֹתָם וֶהֱשִׁיבוּם כְּדֵי שֶׁלֹּא נִצְטָרֵךְ לִיגַע בָּהֶם לְמָחָר לְפִי שֶׁאֵין הַזְמָנָה בְּמַעֲשֶׂה [כָּל דְּהוּ] מוֹעֶלֶת לָאֶבֶן לַעֲשׂוֹתָהּ כְּלִי וְר' אַמִּי לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר לְעֵיל אֵין אֶבֶן נַעֲשֵׂית כְּלִי בְּהַנָּחָה:
Sortez et rangez-les : disposez-les et installez-les, afin que nous n'ayons pas besoin de les toucher demain, car la désignation par un acte [minime] ne suffit pas à faire d'une pierre un ustensile ; et Rabbi Ami suit son raisonnement, lui qui a dit plus haut qu'une pierre ne devient pas ustensile par une pose.
לִמְּדוּם כִּדְאָמְרִי' במו"ק (דַּף יב.) עוֹשֶׂה לָהֶם לְמוֹדִים לְסַדֵּר נְסָרִים עַל פִּי הַבּוֹר:
Rangez-les (lamdoum) : comme on dit dans Moed Katan (12a) : il leur fait des limoudim, c'est-à-dire il range des planches sur l'ouverture de la citerne.
וְשַׁפְשְׁפוּם מִן הַטִּיט שֶׁיְּהוּ נָאוֹת לֵישֵׁב וּלְמָחָר תְּלַמְּדוּם דִּבְמַעֲשֶׂה כָּל דְּהוּ נַעֲשֶׂה כְּלִי:
Et frottez-les : [ôtez-en] la boue, pour qu'elles soient agréables pour s'asseoir, et demain vous les rangerez ; car par un acte minime elle devient ustensile.
💡 Explication

Seconde version : un acte était requis. Rabbi Ami, qui exige un vrai acte, lit lamdoum (disposez-les comme on les utilisera). Rabbi Asi se contente d'un acte léger, chafchefoum (frottez-en la boue). Chacun reste cohérent avec sa position sur la pierre du tonneau.

9
אִיתְּמַר, רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל אָמַר: סְוָאר שֶׁל קוֹרוֹת הֲוָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן שָׁאוּל אָמַר: גָּשׁוֹשׁ שֶׁל סְפִינָה הֲוָה. מַאן דְּאָמַר גָּשׁוֹשׁ — כָּל שֶׁכֵּן סְוָאר, וּמַאן דְּאָמַר סְוָאר — אֲבָל גָּשׁוֹשׁ קָפֵיד עֲלֵיהּ.

Il a été dit : Rabbi Yossi ben Chaoul a dit : c'était une pile de poutres (souar). Et Rabbi Yo'hanan ben Chaoul a dit : c'était une perche de sonde d'un bateau (gachouch).

Celui qui dit gachouch, à plus forte raison le souar ; et celui qui dit souar, mais pour le gachouch, on y tient.

📜 Rachi (4)
סְוָאר שֶׁל קוֹרוֹת הֲוָה וְלֹא אֲבָנִים:
Une pile de poutres : c'était, et non des pierres.
סְוָאר סֵדֶר שֶׁל קוֹרוֹת חֲדָשׁוֹת שֶׁמְּסַדְּרִין אוֹתָן לְבִנְיָן כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעַקְּמוּ:
Souar : un empilement de poutres neuves qu'on range pour la construction, afin qu'elles ne se déforment pas.
גָּשׁוֹשׁ עֵץ אָרֹוךְ שֶׁמְּגַשְּׁשִׁים בּוֹ הַמַּיִם לִפְנֵי הַסְּפִינָה לֵידַע שֶׁהוּא בְּעָומְקוֹ שֶׁתּוּכַל סְפִינָה לְהַלֵּךְ בָּהֶן:
Gachouch : un long bois avec lequel on sonde l'eau devant le bateau, pour savoir si elle a assez de profondeur pour que le bateau puisse y avancer.
קָפֵיד עָלֶיהָ שֶׁלֹּא יִתְעַקֵּם וּמְייַחֵד לֵיהּ מָקוֹם וּמַקְצֶה לֵיהּ בְּיָדַיִם וְאַפֵּי' לר"ש אָסוּר לְטַלְטְלוֹ דְּמֻוקְצֶה מֵחֲמַת חֶסְרוֹן כִּיס אַפֵּי' ר"ש מוֹדֶה:
On y tient : qu'il ne se déforme pas ; on lui réserve une place et on le met à part de ses mains ; même selon Rabbi Chimon il est interdit de le déplacer, car c'est un mouktse en raison de la perte d'argent (hessron kiss), que même Rabbi Chimon reconnaît.
💡 Explication

Deux autres versions de l'objet trouvé par Rabbi. La perche de sonde est un objet de valeur que son propriétaire écarte expressément de tout autre usage : mouktse mehamat hessron kiss, la catégorie la plus stricte, interdite même selon Rabbi Chimon.

🖼️ Schéma
Qu'avait trouvé Rabbi ? R. Yossi ben Chaoul : souar pile de poutres neuves R. Yo'hanan ben Chaoul : gachouch perche de sonde du bateau Permis pour le souar ; le gachouch reste interdit : mouktse (hessron kiss) Permis pour le gachouch, et à plus forte raison pour le souar
Les deux versions de ce que Rabbi avait trouvé, et leur portée.
10
זְמוֹרָה שֶׁהִיא קְשׁוּרָה כּוּ׳. קְשׁוּרָה — אִין, לֹא קְשׁוּרָה — לֹא. לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל.

Un sarment attaché, etc. Attaché, oui ; non attaché, non.

Disons que notre michna n'est pas selon Rabban Chimon ben Gamliel.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵינָהּ קְשׁוּרָה לֹא וְאַפֵּי' יֵשׁ עַקְמוּמִית בְּרֹאשָׁהּ כְּעֵין מַזְלֵג שֶׁרָאוּי לִתְלוֹת בָּהּ טָפִיחַ וּלְמַלֹּאות וְחִישֵּׁב עָלֶיהָ:
Non attaché, non : même s'il a à son extrémité une courbure en forme de fourche, apte à y suspendre la cruche et à puiser, et qu'il y a pensé.
💡 Explication

La Guemara déduit de la michna que la pensée seule ne suffit pas à faire du sarment un ustensile. Cela semble contredire Rabban Chimon ben Gamliel, cité au segment suivant.

11
דְּתַנְיָא: חֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל שֶׁגְּדָרָן לְעֵצִים וְנִמְלַךְ עֲלֵיהֶן לִישִׁיבָה — צָרִיךְ לִקְשֹׁור. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אֵין צָרִיךְ לִקְשֹׁור.

Car il est enseigné : des palmes de palmier (harayot) qu'on a coupées pour le bois, puis on s'est ravisé à leur sujet pour s'asseoir dessus : il faut les lier. Rabban Chimon ben Gamliel dit : il n'est pas nécessaire de les lier.

📜 Rachi (2)
שֶׁגְּדָרָן לְעֵצִים שֶׁחֲתָכָן לְהֶיסֵּק:
Qu'on a coupées pour le bois : qu'on a coupées pour le chauffage.
צָרִיךְ לִקְשֹׁור מע"ש:
Il faut les lier : la veille du Chabbat.
💡 Explication

Pour Rabban Chimon ben Gamliel, la seule décision (ma'hchava) de s'asseoir sur les palmes, prise avant Chabbat, les fait sortir du statut de bois à brûler.

12
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן — בִּמְחֻובֶּרֶת בְּאָבִיהָ. אִי הָכִי, קָא מִשְׁתַּמֵּשׁ בִּמְחֻובָּר לַקַּרְקַע! לְמַטָּה מִשְּׁלֹשָׁה. רַב אַשִּׁי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בִּתְלוּשָׁה, גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִקְטֹום.

Rav Chechet a dit : tu peux même dire [que la michna est selon] Rabban Chimon ben Gamliel ; de quoi s'agit-il ici ? D'un [sarment] encore relié à son père (la vigne).

S'il en est ainsi, il se sert de ce qui est attaché au sol ! Au-dessous de trois [tefahim].

Rav Achi a dit : tu peux même dire [qu'il s'agit] d'un [sarment] détaché : c'est un décret, de peur qu'il ne le coupe.

📜 Rachi (4)
בְּאָבִיהָ בְּגֶפֶן:
À son père : à la vigne.
וְהָא קָא מִשְׁתַּמֵּשׁ בִּמְחֻובָּר וַאֲפִילּוּ קְשׁוּרָה מִבְּעוֹד יוֹם לִיתְּסַר:
Il se sert de ce qui est attaché : et même attaché depuis la veille, ce devrait être interdit.
לְמַטָּה מִג' סָמוּךְ לַקַּרְקַע וּכְגוֹן לִשְׁאֹוב מִן הַמַּעְיָן שֶׁאֵינוֹ עָמֹוק וּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בְּאִילָן לְמַטָּה מִג' כִּדְאָמְרִי' בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין (דַּף צט:) הָיוּ שָׁרָשָׁיו גְּבוֹהִין מִן הָאָרֶץ ג' לֹא יָשַׁב עֲלֵיהֶם:
Au-dessous de trois : près du sol, par exemple pour puiser à une source peu profonde ; et il est permis de se servir d'un arbre au-dessous de trois [tefahim], comme on dit au dernier chapitre d'Erouvin (99b) : si ses racines sont à trois [tefahim] au-dessus du sol, il ne s'assiéra pas dessus.
גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִקְטֹום שֶׁמָּא לְמָחָר תִּהְיֶה לוֹ אֲרֻוכָּה וְיִקְטְמֶנָּה מִתּוֹךְ שֶׁהִיא רַכָּה וְנוֹחָה לִקְטֹום וְנִמְצָא עוֹשֶׂה כְּלִי וְחַייָּב מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ אֲבָל בַּחֲרִיּוֹת לִישִׁיבָה לֵיכָּא לְמִיגְזַר הָכִי הִלְכָּךְ בְּמַחְשָׁבָה סַגִּי:
Décret de peur qu'il ne le coupe : de peur que demain le sarment soit trop long pour lui et qu'il le coupe, puisqu'il est tendre et facile à couper ; il se trouverait fabriquer un ustensile et serait passible pour makeh bepatich. Mais pour les palmes destinées à s'asseoir, il n'y a pas lieu de décréter ainsi ; c'est pourquoi la pensée suffit.
💡 Explication

Deux réponses pour accorder la michna avec Rabban Chimon ben Gamliel. Rav Chechet : le sarment tient encore à la vigne ; l'attacher à la cruche est nécessaire pour en faire un ustensile, et l'interdit de se servir d'un végétal mehoubar (attaché au sol) ne s'applique pas sous trois tefahim. Rav Achi : le sarment est coupé, mais les Sages exigent de l'attacher de peur qu'on le taille le Chabbat, ce qui serait l'achèvement d'un ustensile (makeh bepatich).

🖼️ Schéma
Le sarment doit être attaché : la michna selon Rabban Chimon ben Gamliel Rav Chechet sarment encore relié à la vigne, à moins de 3 tefahim du sol Rav Achi sarment détaché (talouch) Non attaché : pas d'ustensile. Sous 3 tefahim, l'usage de ce qui tient au sol reste permis Décret : de peur qu'il ne le coupe (yiktom) = fabriquer un ustensile (makeh bepatich)
Rav Chechet et Rav Achi : deux manières d'expliquer l'exigence d'attacher le sarment.
13
פְּקַק הַחַלּוֹן כו׳. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה בְּיוֹם טוֹב, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא לְהוֹסִיף. שֶׁרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֵין מוֹסִיפִין בְּיוֹם טוֹב, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מוֹסִיפִין בְּשַׁבָּת, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בְּיוֹם טוֹב.

Le bouchon de la fenêtre, etc. Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : tous reconnaissent qu'on ne fait pas de tente provisoire (ohel arai) au départ à Yom Tov, et inutile de dire le Chabbat.

Ils ne divergent que sur l'ajout. Car Rabbi Eliezer dit : on n'ajoute pas à Yom Tov, et inutile de dire le Chabbat.

Et les Sages disent : on ajoute le Chabbat, et inutile de dire à Yom Tov.

📜 Rachi (2)
שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי לִפְרֹוס מַחְצֶלֶת עַל ד' מְחִיצּוֹת אוֹ עַל ד' קוּנְדָּסִים לִהְיוֹת צֵל לְאֹהֶל מִן הַחַמָּה וְדַוְקָא גַּג אֲבָל מְחִיצָּה לָאו אֹהֶל הוּא וְשָׁרִי לְפָורְסָהּ לִצְנִיעוּת כִּדְאָמְרִי' עֵירוּבִין (ד' צַד.) בְּעֻובְדָּא דִּשְׁמוּאֵל וּפְקַק הַחַלּוֹן דְּמַתְנִי' מִשּׁוּם דְּבִנְיָן קָבוּעַ הוּא וּמֶיחֱזֵי כְּמוֹסִיף עַל הַבִּנְיָן:
Qu'on ne fait pas de tente provisoire : étendre une natte sur quatre cloisons ou sur quatre piquets, pour faire l'ombre d'une tente contre le soleil. Il s'agit seulement du toit ; une cloison n'est pas une tente, et il est permis de l'étendre pour la pudeur, comme on dit dans Erouvin (94a) dans l'épisode de Chmouel. Et le bouchon de la fenêtre de la michna [pose question] parce que [la maison] est une construction fixe, et cela ressemble à un ajout à la construction.
לְהוֹסִיף כְּגוֹן שֶׁהָיָה מַחְצֶלֶת פְּרוּסָה עֲלֵיהֶן וּכְרוּכָה וְנִשְׁאַר בָּהּ אֲוִיר וּלְמָחָר פּוֹשְׁטָהּ דֻּומְיָא דִּפְקַק דְּמוֹסִיף בְּעָלְמָא הוּא:
Ajouter : par exemple une natte était étendue sur [les piquets], enroulée, et il y restait un espace ; le lendemain, il la déroule. C'est semblable au bouchon, qui n'est qu'un simple ajout.
🗂️ Tossefot (1)
הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה פִּי' בְּקוֹנ' דְּלָא אֲסִיר אֹהֶל אֶלָּא לְמַעְלָה בְּגַג אֲבָל בַּדְּפָנוֹת לֹא כִּדְמוֹכַח בְּעֻובְדָּא דִּשְׁמוּאֵל בְּכָל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צַד.) דְּאִיתְּמַר חָצֵר כֹּותֶל שֶׁנִּפְרְצָה רַב אָמַר אֵין מְטַלְטְלִין אֶלָּא בְּד' אַמּוֹת וּשְׁמוּאֵל אָמַר זֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר הַמְּחִיצָּה וְזֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר הַמְּחִיצָּה וְהָא דְּרַב לָאו בְּפֵירוּשׁ אִיתְּמַר אֶלָּא מִכְּלָלָא דִּשְׁמוּאֵל הֲוָה יָתֵיב בְּהָהוּא חָצֵר נְפַל גֻּודָּא דְּבֵינֵי בֵּינֵי אֲמַר לְהוּ שְׁמוּאֵל שְׁקוּלוּ גְּלִימָא נִגּוּדִי לֵיהּ אַהְדְּרִינְהוּ רַב לְאַפֵּיהּ כו' וּשְׁמוּאֵל לָמָּה לֵיהּ לְמֶיעְבַּד הָכֵי הָאָמַר זֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר הַמְּחִיצָּה כו' שְׁמוּאֵל לִצְנִיעוּתָא בְּעָלְמָא הוּא דַּעֲבַד אַלְמָא מַשְׁמַע דְּאֹהֶל דִּדְפָנוֹת שָׁרִי לְמֶיעְבַּד הָכִי וְרַב שֶׁהָיָה מַקְפִּיד לָאו מִשּׁוּם עֲשִׂיַּית אֹהֶל דְּשָׁרֵי כִּדְפָרֵישִׁית אֶלָּא הֲוָה קָפֵיד אַמַּאי דְּהָווּ מְטַלְטְלִין גְּלִימָא ד' אַמּוֹת בֶּחָצֵר וְקָשֶׁה דע"כ שַׁיָּיךְ אִיסּוּר אֹהֶל אֲפִילּוּ בַּדְּפָנוֹת כִּדְאִיתָא בְּעֵירוּבִין בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מד. וְשָׁם) גַּבֵּי עֲשִׂיַּית דֹּופֶן סֻוכָּה דְּפָרִיךְ הָתָם וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִילָּה וּמְשַׁנֵּי הָא בְּדֹופֶן שְׁלִישִׁית וְהָא בְּדֹופֶן רְבִיעִית אֶלָּא נִרְאֶה לְר"ת דְּשַׁפִּיר שַׁיָּיךְ בַּדְּפָנוֹת אֹהֶל הֵיכָא דִּמְחִיצָּה מוֹעֶלֶת לְהֶיתֵּר וּלְהָכִי בְּדֹופֶן שְׁלִישִׁית דְּהָוְיָא מְחִיצָּה וּמַכְשַׁר לֵיהּ לְסֻוכָּה חֲשִׁיב עֲשִׂייַּת אֹהֶל בַּתְּחִלָּה אֲבָל דֹּופֶן רְבִיעִית אֵינָהּ אֶלָּא תּוֹסֶפֶת בְּעָלְמָא הוֹאִיל וּכְבָר הַסֻּוכָּה הָיְתָה כְּשֵׁרָה וְעִיקַּר פְּלֻוגְתִּין דר"א וְרַבָּנָן אִיתָא בְּאֹהֶל כְּבַעֲשִׂיַּית דֹּופֶן דִּפְקַק הַחַלּוֹן מַשְׁמַע בַּחַלּוֹן שֶׁבַּכֹּותֶל דְּאִי בְּגַג מַייְרֵי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אֲרֻובָּה כְּמוֹ שֶׁשָּׁנִינוּ מַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה (בֵּיצָה דַּף לה:) וּמִיהוּ בְּאֹהֶל שֶׁבַּגָּג נָמֵי פְּלִיגִי כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן בְּפֶרֶק תּוֹלִין (שַׁבָּת דַּף קלז:) דְּמַיְיתֵי הַךְ גַּבֵּי תְּלִייַּת מִשְׁמֶרֶת שֶׁהִיא כְּעֵין גַּג וְכֵן מַשְׁמַע בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין (דַּף קב.) דְּאָמַר הָנְהוּ דִּיכְרֵי דְּהָווּ בֵּי רַב הוּנָא בִּימָמָא בְּעוֹ טֻולָּא וּבְלֵילְיָא בְּעוֹ אַוֵּירָא אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב אֲמַר לֵיהּ כְּרֹוךְ בֻּודְיָא וְשַׁייַּר בַּהּ טֶפַח דִּלְמָחָר הוּא מוֹסִיף עַל אֹהֶל עֲרַאי וּמֻותָּר וּמַשְׁמַע דְּהַייְנוּ נָמֵי תּוֹסֶפֶת אֹהֶל עֲרַאי דִּפְלִיגִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבָּנָן וְעֻובְדָּא דִּשְׁמוּאֵל דְּכָל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין צַד.) דְּפָרִיךְ וּשְׁמוּאֵל לָמָּה לֵיהּ לְמֶיעְבַּד הָכִי וְקָאָמַר זֶה מְטַלְטֵל כו' לָאו מִשּׁוּם דְּאִי הֲוָה אָמַר אֵין מְטַלְטְלִין בּוֹ אֶלָּא בְּד' אַמּוֹת דְּאָז הֲוָה נִיחָא לֵיהּ אֶלָּא אָז נָמֵי הָיָה קָשֶׁה הֵיכִי עֲבִיד הָכֵי כֵּיוָן דִּמְחִיצָּה מֻתֶּרֶת לְטַלְטֵל בֶּחָצֵר הֲוָה כַּעֲשִׂייַּת אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה וְאָסוּר כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל וּמֵהַאי טַעְמָא הָיָה מַקְפִּיד רַב דס"ל שֶׁאֵין מְטַלְטְלִין אֶלָּא בְּד' אֶלָּא מִשּׁוּם דְּהַשַּׁ"ס יָדַע דְּסָבַר שְׁמוּאֵל דְּזֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר הַמְּחִיצָּה נִיחָא לְמִיפְרַךְ לָמָּה הֻוצְרַךְ לַעֲשׂוֹת מְחִיצָּה:
Tous reconnaissent qu'on ne fait pas de tente provisoire au départ : Rachi a expliqué dans son commentaire que la tente n'est interdite qu'en haut, pour le toit, et non pour les parois, comme le prouve l'épisode de Chmouel au chapitre Kol gaggot (Erouvin 94a), où il a été dit : une cour dont le mur s'est effondre, Rav dit : on ne déplace que dans quatre coudées ; Chmouel dit : celui-ci déplace jusqu'à la base de la cloison et celui-là déplace jusqu'à la base de la cloison. Et l'avis de Rav n'a pas été dit explicitement, mais par déduction : Chmouel était assis dans une cour, le mur mitoyen tomba ; Chmouel leur dit : prenez un manteau, tendons-le comme cloison. Rav détourna son visage, etc. Et Chmouel, pourquoi avait-il besoin de faire ainsi ? Il dit bien : celui-ci déplace jusqu'à la base de la cloison, etc. Chmouel l'a fait seulement pour la pudeur. Il en ressort que la tente des parois est permise ; et Rav, qui était contrarié, ne l'était pas à cause de la fabrication de la tente, qui est permise comme je l'ai expliqué ; il était contrarié parce qu'ils déplaçaient le manteau sur quatre coudées dans la cour. Mais c'est difficile : l'interdit de tente s'applique forcément aussi aux parois, comme on le trouve dans Erouvin, chapitre Mi chehotsiouhou (Erouvin 44a), à propos de la fabrication d'une paroi de souka, où [la Guemara] objecte : Rabba bar bar Hana n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Yo'hanan : tous reconnaissent qu'on ne fait pas de tente provisoire au départ ? Et elle répond : ici, pour la troisième paroi ; là, pour la quatrième paroi. Il semble donc à Rabbenou Tam que la tente s'applique bien aux parois lorsque la cloison a un effet permissif ; c'est pourquoi la troisième paroi, qui constitue une cloison et rend la souka valide, compte comme fabrication d'une tente au départ ; la quatrième paroi n'est qu'un simple ajout, puisque la souka était déjà valide. L'essentiel de la divergence de Rabbi Eliezer et des Sages porte sur la tente, comme dans la fabrication d'une paroi, car bouchon de la fenêtre désigne une fenêtre dans le mur ; s'il s'agissait du toit, il aurait dû dire lucarne (arouba), comme nous avons appris : on fait tomber des fruits par la lucarne (Beitsa 35b). Toutefois, pour la tente du toit aussi ils divergent, comme le prouve plus loin le chapitre Tolin (Chabbat 137b), qui cite cette [divergence] à propos de la suspension du filtre (michmeret), qui est comme un toit ; et on le déduit aussi du dernier chapitre d'Erouvin (102a), où il est dit : ces béliers qui étaient chez Rav Houna, de jour ils avaient besoin d'ombre et de nuit d'air ; il vint devant Rav, qui lui dit : enroule la natte en laissant un tefah, et le lendemain il ajoute à une tente provisoire, ce qui est permis. Cela implique que c'est aussi l'ajout à une tente provisoire sur lequel divergent Rabbi Eliezer et les Sages. Quant à l'épisode de Chmouel dans Kol gaggot (Erouvin 94a), où [la Guemara] objecte : et Chmouel, pourquoi avait-il besoin de faire ainsi ?, et dit : celui-ci déplace, etc. : cela ne signifie pas que, s'il avait dit qu'on ne déplace que dans quatre coudées, son geste aurait été compris. Même dans ce cas il aurait été difficile de savoir comment il a pu agir ainsi : puisque la cloison permet de déplacer dans la cour, c'était comme fabriquer une tente provisoire au départ, ce qui est interdit, comme je l'ai expliqué plus haut ; et c'est pour cette raison que Rav était contrarié, lui qui pense qu'on ne déplace que dans quatre [coudées]. Mais comme la Guemara savait que Chmouel pense que celui-ci déplace jusqu'à la base de la cloison, il lui convenait d'objecter : pourquoi a-t-il eu besoin de faire une cloison ?
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה ביו"ט וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא לְהוֹסִיף שַׂר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אֵין מוֹסִיפִין בְּיוֹם טוֹב וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים מוֹסִיפִין בַּשַּׁבָּת וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בְּיוֹם טוֹב. רַשִׁ"י פִּי' דְּלָא מִיקְּרֵי אֹהֶל עֲרַאי אֶלָּא בַּעֲשִׂיַּית הַגַּג לְמַעְלָה אֲבָל בַּעֲשִׂיַּית הַדְּפָנוֹת לָא מִיקְּרֵי אֹהֶל עֲרַאי וְהֵבִיא רְאָיָה מִפֶּרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צג:) דְּאִיתְּמַר כֹּותֶל הֶחָצֵר שֶׁנָּפַל רַב אָמַר אֵין מְטַלְטְלִין אֶלָּא בְּד' אַמּוֹת וּשְׁמוּאֵל אָמַר זֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר מְחִיצָה וְזֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר מְחִיצָה וְהָא דְּרַב לָאו בְּפֵירוּשׁ אִיתְּמַר וְכוּ' דְּרַב וּשְׁמוּאֵל הֲווֹ יָתְבִי בְּהָהוּא חָצֵר נְפַל גֻּודָּא דְּבֵינֵי בֵּינֵי אֲמַר שְׁמוּאֵל שְׁקוּלוּ גְּלִימָא וַנְּגוּדוֹ הָתָם אַהְדְּרִינְהוּ רַב לְאַפֵּיהּ וְכוּ' וְלִשְׁמוּאֵל לָמָּה לִי לְמֶיעְבַּד הָכִי הָא אָמַר זֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר מְחִיצָה וְכוּ'. שְׁמוּאֵל דַּעֲבַד לִצְנִיעוּתָא בְּעָלְמָא הוּא דַּעֲבַד. אַלְמָא מַשְׁמַע אֹהֶל בַּדְּפָנוֹת שָׁרִי לְמֶיעְבַּד וְרַב שֶׁהִקְפִּיד לֹא עַל עֲשִׂיַּית הַמְּחִיצָּה אֶלָּא עַל טִלְטוּל הַגְּלִימָא אַרְבַּע אַמּוֹת בֶּחָצֵר. וּמֵהַאי טַעְמָא מָחַק רַשִׁ"י גִּירְסַת הַסְּפָרִים בְּפֶרֶק כֵּיצַד מִשְׁתַּתְּפִין (עֵירוּבִין דַּף פּוֹ:) גַּבֵּי הָא דְּקָאָמַר הָתָם פַּעַם אַחַת שָׁכְחוּ וְלֹא הֵבִיאוּ סֵפֶר תּוֹרָה מע"ש לְמָחָר פֵּרְסוּ סְדִינִים עַל גַּבֵּי הָעַמּוּדִים וְהֵבִיאוּ סֵפֶר תּוֹרָה וְקָרְאוּ בּוֹ וּפָרִיךְ וּפֵירְסוּ בַּתְּחִלָּה מִי שָׁרִי וְהָאָמַר ר' יוֹחָנָן הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי וְכוּ' וְרַשִׁ"י מְחָקוֹ שָׁם דְּלָא מִיקְּרֵי עֲשִׂייַּת אֹהֶל בַּעֲשִׂייַּת דְּפָנוֹת אֶלָּא ה"ג מִי שָׁרִי כְּלוֹמַר הֵיאַךְ הֵבִיאוּ הַסְּדִינִין בֶּחָצֵר אוֹ בַּמָּבוֹי כָּל זְמַן שֶׁלֹּא הָיְתָה שָׁם מְחִיצָּה. ור"ת הִקְשָׁה לְפִי' מַאי פָּרֵיךְ מִי שָׁרִי וַהֲלֹא הָיוּ יְכוֹלִין לַהֲבִיאוֹ דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁ. וְעוֹד ע"כ שַׁיָּיךְ אִיסּוּר אֹהֶל אַף בַּדְּפָנוֹת דִּבְעֵירוּבִין פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מד.) גַּבֵּי עֲשִׂיַּית דֹּופֶן סֻוכָּה פָּרִיךְ וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה וּמְשַׁנֵּי הָא בְּדֹופֶן שְׁלִישִׁית וְהָא בְּדֹופֶן רְבִיעִית. הִלְכָּךְ נִרְאֶה לר"ת זַ"ל דְּשַׁיָּיךְ שַׁפִּיר בַּעֲשִׂיַּית דְּפָנוֹת אִיסּוּר אֹהֶל הֵיכָא דְּצָרִיךְ הוּא לִמְחִיצָּה לְהֶיתֵּר טִלְטוּל אוֹ לְהֶכְשֵׁר סֻוכָּה אֲבָל בְּשֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לָהּ אֵינוֹ אֶלָּא תּוֹסֶפֶת בְּעָלְמָא וְשַׁרְיָא הִלְכָּךְ מְפַלֵּיג בְּסֻוכָּה בֵּין דֹּופֶן שְׁלִישִׁית לִרְבִיעִית. וּבְעֵירוּבִין פָּרִיךְ שַׁפִּיר לְכַתְּחִלָּה מִי שָׁרֵי כֵּיוָן שֶׁנַּעֲשֵׂית הַמְּחִיצָּה לְהֶיתֵּר טִלְטוּל. וְהַהִיא דְּכָל גַּגּוֹת הִקְפִּיד רַב עַל עֲשִׂיַּית הַמְּחִיצָּה דִּלְדִידֵיהּ לְהֶיתֵּר טִלְטוּל עִיקָּרָהּ נַעֲשֵׂית אֲבָל לִשְׁמוּאֵל לֹא נַעֲשֵׂית לְהֶיתֵּר טִלְטוּל. וְעִיקַּר פְּלֻוגְתָּא דְּר' אֱלִיעֶזֶר וְרַבָּנָן הָכָא בְּאֹהֶל דַּעֲשִׂיַּית דֹּופֶן דִּפְקַק הַחַלּוֹן מַשְׁמַע בַּחַלּוֹן שֶׁבַּכֹּותֶל דְּאִי בְּגַג הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אֲרֻובָּה כְּהַהִיא דְּמַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה וּמִיהוּ בְּאֹהֶל שֶׁבַּגַּג נָמֵי פְּלִיגִי כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן פֶּרֶק תּוֹלִין (שַׁבָּת דַּף קלז:) דְּמַיְיתִי הַךְ פְּלוּגְתָּא גַּבֵּי תְּלִייַּת מִשְׁמֶרֶת שֶׁהִיא כְּעֵין גַּג וְכֵן מַשְׁמַע פֶּרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין דַּף קב. גַּבֵּי הָנְהוּ דִּיכְרֵי דְּהָווּ בֵּי רַב הוּנָא דְּבִימָמָא הָווּ בָּעוּ טֻולָּא וּבְלֵילְיָא הָווּ בְּעוֹ אַוֵּירָא אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב א"ל זִיל כְּרֹוךְ בֻּודְיָא וְשַׁייַּר בַּהּ טֶפַח וּלְמָחָר הָוֵי מוֹסִיף עַל אֹהֶל עֲרַאי וּמֻותָּר דְּמַשְׁמַע דְּהַייְנוּ נָמֵי תּוֹסֶפֶת אֹהֶל עֲרַאי דִּפְלִיגִי בָּהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבָּנָן. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ פּוֹקְקִין בּוֹ מַאי בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ א"ר אַבָּא בַּר כָּהֲנָא בֵּין קָשׁוּר בֵּין שֶׁאֵינוֹ קָשׁוּר וְהוּא שֶׁמְּתֻוקָּן וְהִלְכְתָא כַּחֲכָמִים ואע"ג דְּסָתַם לָן תַּנָּא כַּר' אֱלִיעֶזֶר בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר שָׁם קַייְמָא לַן כִּי הַאי סְתָמָא אַחַרְיַנָא דִּתְנַן לְקַמָּן (שַׁבָּת דַּף קנז.) מִדִּבְרֵיהֶם לָמַדְנוּ שֶׁפּוֹקְקִין וְקוֹשְׁרִין בְּשַׁבָּת מִשּׁוּם דְּמַעֲשֵׂה רַב. תֵּימַהּ דְּרַב אִלְפָּס פָּסַק הָכָא כַּר' אַבָּא בַּר כָּהֲנָא דְּלָא בָּעֵי קָשׁוּר אֶלָּא מְתֻוקָּן וְהַאי מְתֻוקָּן לָאו בְּתִקּוּן מַעֲשֶׂה אַייְרֵי אֶלָּא בְּמַחְשָׁבָה בְּעָלְמָא כְּמוֹ שֶׁהוֹכִיחַ רַבֵּינוּ תָּם מִדְּאָמַר אֲנָא דְּאָמַר כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר מְתֻוקָּן ואע"פ שֶׁאֵינוֹ קָשׁוּר וּלְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סַגִּי בְּמַחְשָׁבָה וּמַשְׁמַע דִּלְגַמְרֵי סָבַר כְּוָותֵיהּ דְּגַבֵּי ר' יוֹחָנָן דַּוְקָא הוּא דְּקָאָמַר סָבַר לֵיהּ כְּוָותֵיהּ בַּחֲדָא וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא. וּבְעֵירוּבִין פָּסַק כְּר' יְהוּדָה בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר דְּבָעֵי קָשׁוּר מִדְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה אָמַר רָבָא וְהוּא שֶׁקָּשׁוּר בַּדֶּלֶת. וְנִרְאֶה לִי דְּלֵית לֵיהּ הָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כְּמַחֲלֹוקֶת כָּאן כָּךְ מַחֲלֹוקֶת בַּנֶּגֶר הַנִּגְרָר אֶלָּא סָבַר דִּבְנֶגֶר שֶׁתּוֹחֲבוֹ בַּקַּרְקַע דָּמֵי קְצָת לְבִנְיָן הִלְכָּךְ בָּעֵינַן קְשִׁירָה לְאַפּוֹקֵי מֵאִיסּוּר בִּנְיָן אֲבָל פְּקַק הַחַלּוֹן לֹא שַׁיָּיךְ בֵּיהּ בִּנְיָן כְּלָל וְסַגִּי בְּמַחְשָׁבָה לְאַפּוֹקֵי מֵאִיסּוּר טִלְטוּל. וּמִסְתַּיְּיעָן מִילְּתֵיהּ מִדִּשְׁמוּאֵל דְּפָסַק בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר כְּר' יְהוּדָה וּלְעֵיל בְּפֶרֶק בַּמֶּה טוֹמְנִין (שַׁבָּת דַּף נ.) סָבַר שְׁמוּאֵל כְּרַשְׁבָּ"ג גַּבֵּי חֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל שֶׁגְּדָרָן לְעֵצִים דְּסַגִּי בְּמַחְשָׁבָה אֶלָּא וַדַּאי צָרִיךְ לְחַלֵּק כִּדְפָרֵישִׁית וְכֵן צָרִיךְ לְחַלֵּק עוֹד לְדִבְרֵי רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּהָכָא פָּסַק כַּר' יוֹחָנָן דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בַּחֲדָא וּמַצְרִיךְ תּוֹרַת כְּלִי בְּקָנֶה שֶׁהִתְקִינוֹ לִהְיוֹת פּוֹתֵחַ וְנוֹעֵל בּוֹ וּלְעֵיל בְּפֶרֶק בַּמֶּה טוֹמְנִין פְּסַק הֲלָכָה כְּרַשְׁבָּ"ג בַּחֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל דְּסַגִּי בְּמַחְשָׁבָה אֶלָּא הַיְינוּ טַעְמָא לְפִי שֶׁקָּנָה הוּא לְצֹורֶךְ נְעִילַת בַּיִת וְדָמֵי קְצָת לְנֶגֶר הַנִּגְרָר חֲמִיר טְפֵי וְצָרִיךְ תִּיקּוּן כְּלִי. וְהִנֵּה עַתָּה שְׁלֹשָׁה חִלּוּקִים בִּפְסַק זֶה לְדִבְרֵי רַב אִלְפָּס. בִּפְקַק הַחַלּוֹן סַגִּי בְּמַחְשָׁבָה כְּמוֹ בַּחֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל. וּבַנֶּגֶר הַנִּגְרָר צָרִיךְ קְשִׁירָה לְאַפּוֹקֵי מֵאִיסּוּר בִּנְיָן. וּבְקָנֶה שֶׁהוּא פּוֹתֵחַ וְנוֹעֵל בּוֹ צָרִיךְ תִּקּוּן כְּלִי. וְר' יוֹחָנָן מְדַמֵּי פְּקַק הַחַלּוֹן וְנֶגֶר הַנִּגְרָר לְהָדְדִי וְסָבַר דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה מִדְּמוּקֵי רַבָּנָן כְּר' יְהוּדָה. וְגַם בִּירוּשַׁלְמִי פָּסַק בְּהֶדְיָא כְּר' יְהוּדָה וּבְקָנֶה סַגִּי בְּתִקּוּן כְּלִי אוֹ שֶׁמָּא סָבַר דְּתַקּוּן כְּלִי וּקְשִׁירָה שָׁוִין הֵן וּמוֹעִיל תִּקּוּן כְּלִי אַף בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר:
Guemara. Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : tous reconnaissent qu'on ne fait pas de tente provisoire au départ à Yom Tov, et inutile de dire le Chabbat. Ils ne divergent que sur l'ajout : Rabbi Eliezer dit : on n'ajoute pas à Yom Tov, et inutile de dire le Chabbat ; et les Sages disent : on ajoute le Chabbat, et inutile de dire à Yom Tov. Rachi a expliqué qu'on n'appelle tente provisoire que la fabrication du toit, en haut ; la fabrication des parois ne s'appelle pas tente provisoire. Il en a apporté une preuve du chapitre Kol gaggot (Erouvin 93b), où il a été dit : le mur d'une cour qui s'est effondre, Rav dit : on ne déplace que dans quatre coudées ; Chmouel dit : celui-ci déplace jusqu'à la base de la cloison et celui-là déplace jusqu'à la base de la cloison. Et l'avis de Rav n'a pas été dit explicitement, etc. : Rav et Chmouel étaient assis dans une cour, le mur mitoyen tomba ; Chmouel dit : prenez un manteau et tendons-le là. Rav détourna son visage, etc. Et Chmouel, pourquoi avait-il besoin de faire ainsi ? Il dit bien : celui-ci déplace jusqu'à la base de la cloison, etc. Chmouel l'a fait seulement pour la pudeur. Il en ressort que la tente des parois est permise ; et Rav, qui fut contrarié, l'était par le déplacement du manteau sur quatre coudées dans la cour, et non par la fabrication de la cloison. Pour cette raison, Rachi a effacé la version des livres au chapitre Keitsad michtatfin (Erouvin 86b), à propos de ce qui y est dit : une fois, on oublia d'apporter le Sefer Torah la veille du Chabbat ; le lendemain on étendit des draps sur les colonnes, on apporta le Sefer Torah et on y lut. [La Guemara] objecte : étendre au départ, est-ce permis ? Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : tous reconnaissent qu'on ne fait pas de tente provisoire, etc. Rachi l'a effacé là, parce que la fabrication de parois ne s'appelle pas fabrication d'une tente ; il lit seulement : est-ce permis ?, c'est-à-dire : comment ont-ils apporté les draps dans la cour ou dans l'impasse, tant qu'il n'y avait là aucune cloison ? Rabbenou Tam a objecté à cette explication : que demande-t-il, est-ce permis ? Ne pouvaient-ils pas les apporter en les portant comme vêtement ? De plus, l'interdit de tente s'applique forcément aussi aux parois, car dans Erouvin, chapitre Mi chehotsiouhou (Erouvin 44a), à propos de la fabrication d'une paroi de souka, [la Guemara] objecte : Rabba bar bar Hana n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Yo'hanan : tous reconnaissent qu'on ne fait pas de tente provisoire au départ ? Et elle répond : ici, pour la troisième paroi ; là, pour la quatrième paroi. C'est pourquoi il semble à Rabbenou Tam, de mémoire bénie, que l'interdit de tente s'applique bien à la fabrication de parois lorsqu'on a besoin de la cloison pour permettre le déplacement ou pour valider la souka ; quand on n'en a pas besoin, ce n'est qu'un simple ajout, et c'est permis. Voilà pourquoi on distingue, pour la souka, entre la troisième et la quatrième paroi. Et dans Erouvin, [la Guemara] objecte à juste titre : au départ, est-ce permis ?, puisque la cloison a été faite pour permettre le déplacement. Dans le cas de Kol gaggot, Rav fut contrarié par la fabrication de la cloison, car selon lui elle était faite essentiellement pour permettre le déplacement ; selon Chmouel, elle n'était pas faite pour permettre le déplacement. L'essentiel de la divergence de Rabbi Eliezer et des Sages porte ici sur la tente que constitue la fabrication d'une paroi, car bouchon de la fenêtre désigne une fenêtre dans le mur ; s'il s'agissait du toit, il aurait dû dire lucarne (arouba), comme dans : on fait tomber des fruits par la lucarne. Toutefois, pour la tente du toit aussi ils divergent, comme le prouve plus loin le chapitre Tolin (Chabbat 137b), qui cite cette divergence à propos de la suspension du filtre (michmeret), qui est comme un toit ; et on le déduit aussi du dernier chapitre d'Erouvin (102a), à propos des béliers qui étaient chez Rav Houna : de jour ils avaient besoin d'ombre et de nuit d'air. Il vint devant Rav, qui lui dit : va, enroule la natte en laissant un tefah, et le lendemain ce sera un ajout à une tente provisoire, ce qui est permis. Cela implique que c'est aussi l'ajout à une tente provisoire sur lequel divergent Rabbi Eliezer et les Sages. Et les Sages disent : dans un cas comme dans l'autre on bouche avec. Que signifie dans un cas comme dans l'autre ? Rabbi Abba bar Kahana a dit : qu'il soit attaché ou non, à condition qu'il soit préparé (metoukan). La halakha est comme les Sages ; et bien que le Tanna ait énoncé anonymement une michna selon Rabbi Eliezer au sujet du verrou traîne (néguer hanigrar), nous tenons selon cette autre michna anonyme, apprise plus loin (Chabbat 157a) : de leurs paroles nous avons appris qu'on bouche et qu'on attache le Chabbat, car un fait rapporté à valeur d'enseignement (maasse rav). Il est étonnant que Rav Alfas ait tranché ici selon Rabbi Abba bar Kahana, qui n'exige pas que le bouchon soit attaché mais seulement préparé ; or ce préparé ne désigne pas une préparation par un acte, mais la simple pensée, comme l'a démontré Rabbenou Tam d'après ce qui est dit : moi, qui dis comme Rabban Chimon ben Gamliel, qui dit : préparé, même s'il n'est pas attaché ; et pour Rabban Chimon ben Gamliel la pensée suffit. Il en ressort qu'il pense entièrement comme lui, car c'est seulement à propos de Rabbi Yo'hanan qu'il est dit qu'il pense comme lui sur un point et diverge de lui sur un autre. Or dans Erouvin, [Rav Alfas] a tranché comme Rabbi Yehouda au sujet du verrou traîne, qui exige qu'il soit attaché, d'après ce que Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : la halakha est comme Rabbi Yehouda ; Rava a dit : à condition qu'il soit attaché à la porte. Il me semble qu'il ne retient pas ce que dit Rabbi Yo'hanan : telle la divergence ici, telle la divergence sur le verrou traîne. Il pense que le verrou qu'on enfonce dans le sol ressemble quelque peu à une construction ; c'est pourquoi il faut l'attacher, pour sortir de l'interdit de construire. Au bouchon de la fenêtre, la construction ne s'applique pas du tout, et la pensée suffit pour sortir de l'interdit de déplacer. Ses paroles sont soutenues par Chmouel, qui a tranché pour le verrou traîne selon Rabbi Yehouda, alors que plus haut, au chapitre Bameh tomnin (Chabbat 50a), Chmouel pense comme Rabban Chimon ben Gamliel au sujet des palmes de palmier coupées pour le bois, où la pensée suffit ; il faut donc forcément distinguer comme je l'ai expliqué. Il faut encore distinguer selon les paroles de Rav Alfas, qui ici a tranché comme Rabbi Yo'hanan, lequel diverge de Rabban Chimon ben Gamliel sur un point et exige le statut d'ustensile pour le roseau préparé pour ouvrir et fermer, et qui plus haut, au chapitre Bameh tomnin, a tranché la halakha selon Rabban Chimon ben Gamliel pour les palmes, où la pensée suffit. La raison en est que le roseau sert à fermer la maison et ressemble quelque peu au verrou traîne : il est plus sévère et exige une préparation d'ustensile. Il y a donc maintenant trois distinctions dans ce psak selon Rav Alfas : pour le bouchon de la fenêtre, la pensée suffit, comme pour les palmes ; pour le verrou traîne, il faut l'attacher, pour sortir de l'interdit de construire ; pour le roseau avec lequel on ouvre et ferme, il faut une préparation d'ustensile. Rabbi Yo'hanan, lui, assimile le bouchon de la fenêtre et le verrou traîne l'un à l'autre, et pense que la halakha est comme Rabbi Yehouda, puisqu'il interprète les Sages selon Rabbi Yehouda. Dans le Yerouchalmi aussi, il est tranché explicitement comme Rabbi Yehouda ; et pour le roseau, la préparation d'ustensile suffit ; ou peut-être pense-t-il que préparation d'ustensile et fait d'attacher sont équivalents, et que la préparation d'ustensile est efficace même pour le verrou traîne.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan circonscrit la divergence de la michna. Dresser une tente provisoire (ohel arai, abri temporaire) au départ est interdit par les Sages pour tous. La discussion porte sur l'ajout (tossefet ohel) : compléter un abri existant. Boucher une fenêtre revient à compléter une maison déjà bâtie.

Rachi limite l'interdit au toit ; Rabbenou Tam (Tossefot, Roch) l'étend aux parois lorsque la cloison produit un effet halakhique (rendre une souka valide, permettre le transport dans une cour).

14
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ פּוֹקְקִין בּוֹ. מַאי ״בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ״? אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב כָּהֲנָא:

Et les Sages disent : dans un cas comme dans l'autre, on bouche avec. Que signifie dans un cas comme dans l'autre ?

Rabbi Abba a dit au nom de Rav Kahana :

💡 Explication

La réponse, au daf 126a : attaché ou non, à condition que le bouchon soit préparé (metoukan) pour cet usage.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).