Shabbat 128b — La souffrance des animaux, la poule qui s'enfuit et l'accouchée le Chabbat

Shabbat 128b

Sougya : Le daf achève la liste des choses que l'on peut déplacer le Chabbat, puis présente une michna sur les animaux : retourner un panier pour les poussins, pousser une poule, faire marcher veaux et enfants. La Guemara établit, avec Rav, que la souffrance des animaux (tsaar baalei 'hayim) est un interdit toranique qui repousse l'interdit rabbinique d'annuler un récipient (bitoul kli mehekhano).

Elle distingue ensuite pousser, faire marcher et soulever, avec le cas particulier de la poule. La seconde michna traite de la bête qui met bas le Yom Tov (Rav Yehouda et Rav Nahman sur mesaadin) et de l'accouchée le Chabbat : lampe pour l'aveugle, huile apportée de façon modifiée, et le critère du kever ouvert selon Chmouel.

Une bête tombée dans un canal d'eau le Chabbat Peut-on la nourrir sur place ? oui non (eau profonde) Parnassa : on la nourrit sur place et cela suffit (baraita) Coussins et couvertures placés sous elle ; si elle remonte, elle remonte (Rav) Objection : mevatel kli mehekhano (le récipient devient inutilisable) Bitoul kli = rabbinique ; tsaar baalei 'hayim = toranique Le toranique repousse le rabbinique Roch : Maharam permet de demander à un non-Juif de traire une bête qui souffre le Chabbat
Rav et la baraita conciliés : nourrir sur place si possible, sinon coussins ; tsaar baalei hayim repousse un interdit rabbinique.
Faire bouger un être vivant le Chabbat Pousser (dohin) Faire marcher : cour Faire marcher : rech. harabim Soulever (oqrin) Bêtes et oiseaux permis permis interdit interdit Poule permis interdit interdit interdit Enfant - permis permis * - * seulement s'il lève un pied et pose l'autre ; s'il traîne les pieds, elle le porte : interdit (R. Yehouda). La poule se soulève d'elle-même (makfia nafcha) : la faire marcher revient à la porter.
Pousser, faire marcher, soulever : bêtes, poule et enfant.
L'accouchée a besoin d'huile : autant que possible, on modifie 1. Dans la main manière inhabituelle 2. Dans les cheveux si la main ne suffit pas 3. Dans un récipient si les cheveux ne suffisent pas Question : les cheveux = sehita ? Rabba et Rav Yossef : pas de sehita dans les cheveux (durs, ils n'absorbent pas) Rav Achi : même s'il y a sehita, le récipient est attaché par les cheveux kama deefchar lechanouyei machninan
Gradation des moyens pour apporter de l'huile à l'accouchée.
1
בְּשַׂר תַּפּוּחַ — מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַאֲכָל לְחַיָּה, מַיִם מְגֻולִּין — מִפְּנֵי שֶׁהֵן רְאוּייִן לְחָתוּל. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כָּל עַצְמָן אָסוּר לְשַׁהוֹתָן מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה.

La viande tapouah (avariée) : (on peut la déplacer) parce qu'elle est nourriture pour les bêtes sauvages ; l'eau découverte : parce qu'elle convient au chat. Rabban Chimon ben Gamliel dit : il est interdit de les garder du tout, à cause du danger.

📜 Rachi (3)
בְּשַׂר תָּפוּחַ מַסְרִיחַ:
Viande tapouah : qui sent mauvais.
לְחָתוּל לָא מַזִּיק לֵיהּ אֶרֶס דְּנָחָשׁ שֶׁאַף הַנְּחָשִׁים הִיא אוֹכֶלֶת:
Au chat : le venin du serpent ne lui nuit pas, car il mange même les serpents.
מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה שֶׁמָּא יִשְׁתֶּה אָדָם מֵהֶם:
À cause du danger : de peur qu'un homme n'en boive.
🗂️ Tossefot (1)
בָּשָׂר תָּפוּחַ מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַאֲכָל לְחַיָּה תֵּימַהּ לֵימָא מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַאֲכָל לִכְלָבִים וי"ל דִּכְרַבִּי יְהוּדָה אָתְיָא וְאֵינוֹ מַסְרִיחַ כְּפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס אֶלָּא חֲזִי לֵיהּ וְכָל מִידִי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְאִינָשׁ לָא מַקְצֶה לִכְלָבִים אֲבָל מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַאֲכָל לְחַיָּה מֻותָּר לְטַלְטְלוֹ דְּכָל יִשְׂרָאֵל בְּנֵי מְלָכִים הֵם וְרַב חִסְדָּא דְּלָא שָׁרֵי בָּשָׂר תָּפֵל מֵהַאי טַעְמָא לֵית לֵיהּ כָּל יִשְׂרָאֵל בְּנֵי מְלָכִים:
La viande tapouah, parce qu'elle est nourriture pour les bêtes sauvages : c'est étonnant ; qu'on dise plutôt : parce qu'elle est nourriture pour les chiens ! On peut répondre que (cet enseignement) suit Rabbi Yehouda, et que la viande ne sent pas mauvais, contrairement à l'explication du Kountres ; elle convient encore (à l'homme), et tout ce qui convient à l'homme, on ne l'écarte pas (d'avance) pour les chiens. Mais parce qu'elle est nourriture pour les bêtes sauvages, il est permis de la déplacer, car tous les Israélites sont des fils de rois. Et Rav Hisda, qui ne permet pas la viande fade pour cette raison, ne tient pas que tous les Israélites sont des fils de rois.
💡 Explication

Fin de la baraita (commencée en 128a) sur ce qui n'est pas mouktse parce qu'il reste utilisable. L'eau découverte (mayim megoulin) est interdite à la boisson, car un serpent a pu y laisser son venin ; elle garde une utilité pour le chat. Rabban Chimon ben Gamliel ajoute qu'il ne faut pas garder une telle eau du tout, à cause du danger.

Tossefot explique le choix des bêtes sauvages plutôt que des chiens : un fils de roi peut entretenir des bêtes sauvages, donc la viande reste destinée à un usage prévu.

2
מַתְנִי׳ כּוֹפִין אֶת הַסַּל לִפְנֵי הָאֶפְרוֹחִים כְּדֵי שֶׁיַּעֲלוּ וְיֵרְדוּ. תַּרְנְגֹולֶת שֶׁבָּרְחָה — דּוֹחִין אוֹתָהּ עַד שֶׁתִּכָּנֵס.

MICHNA. On retourne le panier devant les poussins afin qu'ils montent et descendent.

Une poule qui s'est enfuie, on la pousse jusqu'à ce qu'elle rentre.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' כּוֹפִין סַל בִּפְנֵי הָאֶפְרוֹחִים אַשְׁמְעִינַן דִּכְלִי נִיטָּל לְדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת וְרַבִּי יִצְחָק מְשַׁנֵּי לָהּ בפ"ג בְּצָרִיךְ לִמְקוֹמוֹ:
MICHNA. On retourne le panier devant les poussins : (la michna) nous apprend qu'un objet peut être déplacé pour une chose qu'on ne peut pas déplacer le Chabbat ; et Rabbi Yitshak l'explique, au chapitre 3, comme le cas où l'on a besoin de sa place.
שֶׁבָּרְחָה מִן הַבַּיִת:
Qui s'est enfuie : de la maison.
דּוֹחִין בְּיָדַיִם:
On la pousse : avec les mains.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' כּוֹפִין אֶת הַסַּל לִפְנֵי הָאֶפְרוֹחִים כְּדֵי שֶׁיַּעֲלוּ וְיֵרְדוּ תַּרְנְגֹולֶת שֶׁבָּרְחָה דּוֹחִין אוֹתָהּ עַד שֶׁתִּכָּנֵס. מְדַדִּין עֲגָלִים וּסְייָחִים וְהָאִשָּׁה מְדַדָּה אֶת בְּנָהּ. א"ר יְהוּדָה אֵימָתַי בִּזְמַן שֶׁנּוֹטֵל אַחַת וּמַנִּיחַ אַחַת אֲבָל אִם הָיָה גּוֹרֵר אָסוּר:
MICHNA. On retourne le panier devant les poussins afin qu'ils montent et descendent. Une poule qui s'est enfuie, on la pousse jusqu'à ce qu'elle rentre. On fait marcher les veaux et les poulains, et la femme fait marcher son fils. Rabbi Yehouda a dit : quand ? Lorsqu'il lève un pied et pose l'autre ; mais s'il traîne (les pieds), c'est interdit.
💡 Explication

Le panier est un kli ; les poussins sont mouktse. Rachi note la difficulté : un objet ne se déplace normalement que pour un usage permis. Rabbi Yitshak (43a) répond qu'on déplace ici le panier parce qu'on a besoin de sa place (tsarikh limkomo).

3
מְדַדִּין עֲגָלִין וּסְייָחִין. אִשָּׁה מְדַדָּה אֶת בְּנָהּ. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי — בִּזְמַן שֶׁהוּא נוֹטֵל אַחַת וּמַנִּיחַ אַחַת, אֲבָל אִם הָיָה גּוֹרֵר — אָסוּר.

On fait marcher (medadin) les veaux et les poulains ; la femme fait marcher son fils. Rabbi Yehouda a dit : quand ?

Lorsqu'il lève un pied et pose l'autre ; mais s'il traîne (les pieds), c'est interdit.

📜 Rachi (4)
מְדַדִּין עֲגָלִים אוֹחֵז בְּצַוָּארוֹ וּבַצְּדָדִין וְגוֹרְרוֹ וּמְסַיְּיעוֹ וּמְנַעְנֵעַ לוֹ בְּרַגְלָיו:
On fait marcher les veaux : on le tient par le cou et par les flancs, on le tire et on l'aide, et il remue ses pattes.
אִשָּׁה מְדַדָּה אֶת בְּנָהּ אוֹחַזְתּוֹ בִּזְרוֹעוֹתָיו מֵאֲחוֹרָיו וּמְסַיַּיעְתּוֹ וְהוּא מֵנִיעַ רַגְלָיו וְהוֹלֵךְ:
La femme fait marcher son fils : elle le tient par les bras, par derrière, et l'aide ; lui remue ses jambes et marche.
שֶׁנּוֹטֵל אַחַת וּמַנִּיחַ אַחַת שֶׁהַתִּינוֹק מֵנִיעַ אֶת רַגְלָיו כְּשֶׁמַּנִּיחַ אַחַת מַגְבִּיהַּ אַחַת:
Qu'il lève un pied et pose l'autre : l'enfant remue ses jambes ; quand il en pose une, il lève l'autre.
אֲבָל גּוֹרֵר אָסוּר מִפְּנֵי שֶׁנּוֹשֵׂאתוֹ:
Mais s'il traîne, c'est interdit : car elle le porte.
💡 Explication

Medadin : soutenir un être vivant qui marche sur ses propres jambes. La limite de Rabbi Yehouda : tant que l'enfant pose ses pieds l'un après l'autre, il marche lui-même ; s'il se laisse traîner, la mère le porte, ce qui est un transport.

4
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּהֵמָה שֶׁנָּפְלָה לְאַמַּת הַמַּיִם — מֵבִיא כָּרִים וּכְסָתוֹת וּמַנִּיחַ תַּחְתֶּיהָ, וְאִם עָלְתָה — עָלְתָה.

GUEMARA. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : une bête tombée dans un canal d'eau (amat hamayim), on apporte des coussins et des couvertures et on les place sous elle ; et si elle remonte, elle remonte.

💡 Explication

On ne sort pas la bête à la main, car elle est mouktse. On lui fournit un appui ; si elle remonte d'elle-même, tant mieux.

5
מֵיתִיבִי: בְּהֵמָה שֶׁנָּפְלָה לְאַמַּת הַמַּיִם — עוֹשֶׂה לָהּ פַּרְנָסָה בִּמְקוֹמָהּ בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא תָּמוּת. פַּרְנָסָה — אִין, כָּרִים וּכְסָתוֹת — לָא!

On a objecté : une bête tombée dans un canal d'eau, on lui fournit sa subsistance (parnassa) à sa place, afin qu'elle ne meure pas. De la subsistance, oui ; des coussins et des couvertures, non !

6
לָא קַשְׁיָא, הָא — דְּאֶפְשָׁר בְּפַרְנָסָה, הָא — דְּאִי אֶפְשָׁר בְּפַרְנָסָה. אֶפְשָׁר בְּפַרְנָסָה — אִין, וְאִי לָא — מֵבִיא כָּרִים וּכְסָתוֹת וּמַנִּיחַ תַּחְתֶּיהָ.

Il n'y a pas de difficulté : ici, il est possible (de lui fournir) sa subsistance ; là, il est impossible (de lui fournir) sa subsistance. S'il est possible (de la nourrir), oui ; sinon, on apporte des coussins et des couvertures et on les place sous elle.

📜 Rachi (1)
גְּמ' וְאִי לָא כְּגוֹן שֶׁהַמַּיִם עֲמֻוקִּין:
GUEMARA. Et sinon : par exemple quand l'eau est profonde.
💡 Explication

Conciliation : la baraita vise le cas où la bête peut rester sur place et être nourrie ; Rav vise le cas où elle risque de se noyer.

7
וְהָא קָא מְבַטֵּל כְּלִי מֵהֵיכֵנוֹ! סָבַר מְבַטֵּל כְּלִי מֵהֵיכֵנוֹ דְּרַבָּנַן, צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים דְּאוֹרָיְיתָא, וְאָתֵי דְּאוֹרָייְתָא וְדָחֵי דְּרַבָּנַן.

Mais il annule un récipient de sa préparation (mevatel kli mehekhano) ! Il estime que l'annulation d'un récipient de sa préparation est d'ordre rabbinique, que la souffrance des animaux (tsaar baalei 'hayim) est d'ordre toranique, et que le (principe) toranique vient repousser le (principe) rabbinique.

📜 Rachi (2)
וְהָא קָמְבַטֵּל כְּלִי מֵהֵיכָנוֹ דְּמִשֶּׁהִנִּיחָם תַּחְתֶּיהָ אֵין יָכוֹל לְטַלְטְלָן דְּדוֹמֶה לְסוֹתֵר בִּנְיָן מִדְּרַבָּנָן:
Mais il annule un récipient de sa préparation : car dès qu'il les a placés sous elle, il ne peut plus les déplacer ; cela ressemble à la démolition d'un bâtiment, (interdite) par les Rabbanan.
צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים דְּאוֹרָיְיתָא שֶׁנֶּאֱמַר עָזֹוב תַּעֲזֹוב עִמּוֹ וְאִיכָּא מַאן דְּדָרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא מִשּׁוּם צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים בְּאֵלּוּ מְצִיאוֹת (בּ"מ דַּף לב:):
La souffrance des animaux est d'ordre toranique : comme il est dit : Tu l'aideras certes avec lui (Chemot 23,5) ; et il y a un avis qui explique la raison du verset par la souffrance des animaux, au chapitre Elou metsiot (Bava Metsia 32b).
💡 Explication

Bitoul kli mehekhano : rendre un objet inutilisable pour le reste du Chabbat. Les coussins mouillés sous une bête mouktse ne peuvent plus être repris ; c'est comme les fixer, d'où la comparaison avec soter (démolir). Cet interdit est derabbanan.

Tsaar baalei 'hayim (souffrance des animaux) est deoraita selon l'avis de Bava Metsia 32b, tiré de l'obligation d'aider à décharger l'âne. Un interdit rabbinique cède devant une obligation toranique.

8
תַּרְנְגֹולֶת שֶׁבָּרְחָה וְכוּ׳. דּוֹחִין — אִין, מְדַדִּין — לֹא. תְּנֵינָא לְהָא, דְּתָנוּ רַבָּנַן: מְדַדִּין בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף בֶּחָצֵר, אֲבָל לֹא אֶת הַתַּרְנְגֹולֶת.

Une poule qui s'est enfuie, etc. Pousser, oui ; faire marcher, non.

Nous l'avons déjà appris, car les Sages ont enseigné : on fait marcher la bête domestique, la bête sauvage et l'oiseau dans la cour, mais pas la poule.

📜 Rachi (1)
מְדַדִּין לֹא שֶׁלֹּא יְהֵא אוֹחֲזָהּ בְּגַפֶּיהָ וְרַגְלֶיהָ נוֹגְעִין לָאָרֶץ וּמוֹלִיכָהּ:
Faire marcher, non : qu'on ne la tienne pas par les ailes, ses pattes touchant le sol, pour la conduire.
9
תַּרְנְגֹולֶת מַאי טַעְמָא לָא? אָמַר אַבַּיֵּי: מִשּׁוּם דְּמַקְפְּיָא נַפְשָׁהּ.

La poule, pour quelle raison non ? Abaye a dit : parce qu'elle se soulève elle-même (makfia nafcha).

📜 Rachi (2)
דְּמַקְפְּיָא נַפְשָׁהּ מַגְבַּהַת עַצְמָהּ מִן הָאָרֶץ וְנִמְצָא זֶה מְטַלְטֵל אֲבָל אֲווָזִים כְּשֶׁאוֹחֲזִין בְּגַפֵּיהֶן הֵן מְהַלְּכִין בְּרַגְלֵיהֶן וּמִיהוּ ברה"ר לֹא מִשּׁוּם שֶׁמָּא יַגְבִּיהַּ מִן הָאָרֶץ וְנִמְצָא נוֹשְׂאָן דִּסְתָמָא כְּרַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי נָתָן בְּהַמַּצְנִיעַ (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף צַד.) גַּבֵּי הַמּוֹצִיא חַיָּה וָעוֹף בֵּין חַיִּין בֵּין שְׁחוּטִין חַייָּב וְהָאִשָּׁה מְדַדָּה אֶת בְּנָהּ אֲפִילּוּ בִּרה"ר דְּאִי נָמֵי מַגְבִּיהַּ לֵיהּ חַי נוֹשֵׂא אֶת עַצְמוֹ דְּהָכִי מוֹקְמִינַן הָתָם דִּבְאָדָם מוֹדוּ רַבָּנָן לְרַבִּי נָתָן:
Parce qu'elle se soulève : elle s'élève elle-même du sol, et il se trouve que celui-ci la déplace. Mais les oies, quand on les tient par les ailes, marchent sur leurs pattes. Toutefois, dans le domaine public, non, de peur qu'il ne les soulève du sol et se trouve les porter ; car la michna anonyme suit les Rabbanan qui divergent de Rabbi Natan au chapitre Hamatsnia (plus haut, Chabbat 94a), au sujet de celui qui fait sortir une bête sauvage ou un oiseau, vivants ou abattus : il est coupable. Et la femme fait marcher son fils même dans le domaine public, car même si elle le soulève, le vivant se porte lui-même ; c'est ainsi qu'on l'établit là-bas : pour l'homme, les Rabbanan reconnaissent (l'avis de) Rabbi Natan.
מַקְפְּיָא כְּגוֹן אַקְּפוּ יְדַיְכוּ דַּחֲגִיגָה (דַּף טז:):
Makfia : comme (l'expression) akfou yedeikhou (levez vos mains) de Haguiga (16b).
💡 Explication

La poule battant des ailes quitte le sol : celui qui la tient la porte, ce qui est tiltoul d'un animal mouktse. Rachi précise la règle du domaine public : pour un animal, pas de haï nossei et atsmo (le vivant se porte lui-même), selon les Rabbanan de 94a ; pour un enfant, ce principe s'applique.

10
תָּנֵי חֲדָא: מְדַדִּין בְּהֵמָה וְחַיָּה וָעוֹף בֶּחָצֵר אֲבָל לֹא בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, וְהָאִשָּׁה מְדַדָּה אֶת בְּנָהּ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בֶּחָצֵר. וְתַנְיָא אִידָךְ: אֵין עוֹקְרִין בְּהֵמָה וְחַיָּה וָעוֹף בֶּחָצֵר, אֲבָל דּוֹחִין בָּהֶן שֶׁיִּכָּנְסוּ.

Il a été enseigné dans une (baraita) : on fait marcher la bête domestique, la bête sauvage et l'oiseau dans la cour, mais pas dans le domaine public ; et la femme fait marcher son fils dans le domaine public, et inutile de dire dans la cour. Et il a été enseigné dans une autre : on ne soulève pas (ein ôqrin) la bête domestique, la bête sauvage et l'oiseau dans la cour, mais on les pousse pour qu'ils rentrent.

🗂️ Tossefot (1)
אֵין עוֹקְרִין בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף לַסְּפָרִים דְּגָרְסִי רה"ר הַךְ בָּרַיְיתָא פְּלִיגָא אַקַּמָּיְיתָא בָּתַרְתִּי דְּדָייְקִינַן הָא דְּדַוְיִי מִדְּדֵינַן אֲפִילּוּ בִּרה"ר וּלְעֵיל קָתָנֵי דַּוְוקָא בְּחָצֵר וְתוּ סֵיפָא דְּמֻוקַּמְתָּ לְתַרְנְגֹולֶת דְּאֵין מְדַדִּין ברה"ר וּלְעֵיל קָתָנֵי דְּאַפֵּי' בְּחָצֵר לֹא וְלִסְפָרִים דְּגָרְסִי אֵין עוֹקְרִין בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף בֶּחָצֵר אָתֵי שַׁפִּיר:
On ne soulève pas la bête domestique, la bête sauvage et l'oiseau : selon les textes qui lisent domaine public, cette baraita contredit la précédente sur deux points : nous en déduisons que les faire marcher se fait même dans le domaine public, alors que plus haut on enseigne : seulement dans la cour ; et de plus la fin, qu'on rapporte à la poule, (implique) qu'on ne la fait pas marcher dans le domaine public, alors que plus haut on enseigne : même dans la cour, non. Mais selon les textes qui lisent : on ne soulève pas la bête domestique, la bête sauvage et l'oiseau dans la cour, tout s'explique bien.
💡 Explication

Trois gestes, du plus léger au plus lourd : dôhin (pousser par derrière), medadin (tenir par les flancs en le faisant marcher), ôqrin (soulever du sol). Tossefot justifie la lecture dans la cour dans la seconde baraita, sinon elle contredirait la première.

11
הָא גוּפָא קַשְׁיָא: אָמַרְתָּ אֵין עוֹקְרִין, אֲבָל דְּדַוְיִי — מִדְּדֵינַן, הֲדַר אֲמַרְתְּ: דּוֹחִין אִין, מְדַדִּין — לָא! אָמַר אַבַּיֵּי: סֵיפָא אֲתַאן לְתַרְנְגֹולֶת.

Cela même est difficile : tu as dit on ne soulève pas, (ce qui implique que) les faire marcher, on le fait ; puis tu dis : pousser, oui ; faire marcher, non ! Abaye a dit : la fin nous amène à la poule.

📜 Rachi (4)
אֵין עוֹקְרִין רַגְלֶיהָ לְגַמְרֵי מִן הָאָרֶץ דְּמֻוקְצֶה. הִיא לְטַלְטְלָהּ:
On ne soulève pas : (on ne détache pas) ses pattes complètement du sol pour la déplacer, car elle est mouktse.
דְּדָוְיִי מִדְּדִינָן אוֹחֲזָהּ בִּשְׁנֵי צְדָדֶיהָ בְּיָדוֹ וּמְדַדָּהּ וַהֲוָה טִלְטוּל טְפֵי מִדְּחִיָּיה שֶׁדָּחֲפָה מֵאַחֲרֶיהָ:
Les faire marcher, on le fait : on la tient de la main par ses deux flancs et on la fait marcher ; c'est davantage un déplacement que la poussée, où on la pousse par derrière.
סֵיפָא דְּקָתָנֵי דּוֹחִין אֲבָל לֹא מְדַדִּין:
La fin : qui enseigne on pousse mais on ne fait pas marcher.
אֶתְאַן לְתַרְנְגֹולֶת וְרֵישָׁא בִּשְׁאָר עוֹפוֹת:
Nous amène à la poule : et le début concerne les autres oiseaux.
💡 Explication

Abaye répartit la baraita : le début (on ne soulève pas, donc on peut faire marcher) vise les autres oiseaux ; la fin (on pousse, on ne fait pas marcher) vise la poule. Voir le tableau en haut de page.

12
אָמַר אַבַּיֵּי: הַאי מַאן דְּשָׁחֵיט תַּרְנְגוֹלְתָּא — לִכְבְּשִׁינְהוּ לְכִרְעִיָּה בְּאַרְעָא, אִי נָמֵי נֵידֵל לְהוּ מֵידֵל, דְּדִילְמָא מַנַּח לְהוּ לְטֻופְרֵיהּ בְּאַרְעָא, וְעָקַר לְהוּ לַסִּימָנִים.

Abaye a dit : celui qui abat une poule, qu'il presse ses pattes contre le sol, ou bien qu'il les soulève (en l'air), de peur qu'elle ne pose ses griffes sur le sol et ne déplace les simanim (trachée et oesophage).

📜 Rachi (2)
לִכְבְּשִׁינְהוּ לְכִרְעִיָּה בְּאַרְעָא כְּדֵי שֶׁיִּתְכַּפְּלוּ וְלֹא יוּכַל לְהִתְחַזֵּק עֲלֵיהֶן:
Qu'il presse ses pattes contre le sol : afin qu'elles se replient et qu'elle ne puisse pas prendre appui sur elles.
אִי נָמֵי לִידְלִינְהוּ יַגְבִּיהֶנּוּ שֶׁלֹּא. יְהוּ רַגְלָיו נוֹגְעוֹת לָאָרֶץ:
Ou bien qu'il les soulève : qu'il la soulève, afin que ses pattes ne touchent pas le sol.
💡 Explication

Remarque d'Abaye, rattachée au sujet de la poule. En prenant appui sur ses griffes, la poule peut se débattre et provoquer ikour simanim (arrachement des simanim hors de leur place), ce qui rend la chehita invalide.

13
מַתְנִי׳ אֵין מְיַלְּדִין אֶת הַבְּהֵמָה בְּיוֹם טוֹב, אֲבָל מְסַעֲדִין. וּמְיַלְּדִין אֶת הָאִשָּׁה בְּשַׁבָּת, וְקוֹרִין לָהּ חֲכָמָה מִמָּקוֹם לְמָקוֹם, וּמְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת, וְקוֹשְׁרִין אֶת הַטִּיבּוּר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף חוֹתְכִין. וְכָל צָרְכֵי מִילָּה עוֹשִׂין בְּשַׁבָּת.

MICHNA. On n'accouche pas la bête le Yom Tov, mais on l'assiste (mesaadin).

On accouche la femme le Chabbat, on appelle pour elle la sage-femme (hakhama) d'un endroit à l'autre, on profane pour elle le Chabbat, et on noue le cordon ombilical. Rabbi Yossi dit : on le coupe aussi.

Et tous les besoins de la mila, on les fait le Chabbat.

📜 Rachi (6)
מַתְנֵי' מְסַעֲדִין מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
MICHNA. On l'assiste : c'est expliqué dans la Guemara.
חָכְמָה מְיַלֶּדֶת:
Hakhama : sage-femme.
אֵין מְיַלְּדִין אֶת הַבְּהֵמָה בְּיוֹם טוֹב דְּאִיכָּא טִרְחָא יְתֵירָה:
On n'accouche pas la bête le Yom Tov : car il y a une peine excessive.
אֲבָל מְסַעֲדִין אוֹתָהּ בי"ט:
Mais on l'assiste : le Yom Tov.
וּמְייַלְּדִין אִשָּׁה בַּשַּׁבָּת וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁמְּסַעֲדִין וְכָל שֶׁכֵּן בְּיוֹם טוֹב:
Et on accouche la femme le Chabbat : et inutile de dire qu'on l'assiste, et à plus forte raison le Yom Tov.
וְקוֹשְׁרִין הַטִּיבּוּר שֶׁל וָלָד שֶׁהוּא אָרֹוךְ שֶׁאִם לֹא יִתְקַשֵּׁר וְיִכָּרֵךְ בְּשׁוּם דָּבָר יֵצְאוּ מֵעָיו אִם יַגְבִּיהוּ הַתִּינוֹק:
Et on noue le cordon ombilical : celui du nouveau-né, qui est long ; car si on ne le noue pas et ne l'enroule pas avec quelque chose, ses entrailles sortiraient quand on soulève l'enfant.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' אֵין מְיַלְּדִין אֶת הַבְּהֵמָה ביו"ט אֲבָל מְסַעֲדִין. ר"י נִסְתַּפֵּק אִם הָא דְּקָתָנֵי מְסַעֲדִין אי"ט דַּוְקָא קָאֵי אוֹ דִּלְמָא אֲפִי' בְּשַׁבָּת שָׁרֵי וְהָא דְּקָתָנֵי בְּיוֹם טוֹב מִשּׁוּם רְבוּתָא דְּאֵין מְיַלְּדִין תַּנְיָא. וּמְיַלְּדִין אֶת הָאִשָּׁה בְּשַׁבָּת וְקוֹרִין לָהּ חֲכָמָה מִמָּקוֹם לְמָקוֹם וּמְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. וְקוֹשְׁרִין אֶת הַטַּבּוּר. ר' יוֹסֵי אוֹמֵר אַף חוֹתְכִין. וְכָל צָרְכֵי מִילָּה עוֹשִׂין בְּשַׁבָּת:
MICHNA. On n'accouche pas la bête le Yom Tov, mais on l'assiste. Le Ri s'est demandé si ce qui est enseigné on l'assiste se rapporte au Yom Tov uniquement, ou si c'est permis même le Chabbat, la mention du Yom Tov étant enseignée pour la nouveauté de on n'accouche pas. Et on accouche la femme le Chabbat, on appelle pour elle la sage-femme d'un endroit à l'autre, et on profane pour elle le Chabbat. Et on noue le cordon ombilical. Rabbi Yossi dit : on le coupe aussi. Et tous les besoins de la mila, on les fait le Chabbat.
💡 Explication

Deux régimes : pour la bête, pas d'accouchement complet le Yom Tov (effort excessif), seulement une aide (mesaadin) ; pour la femme, qui est en danger, on fait tout ce qui est nécessaire, même le Chabbat. Le Roch rapporte le doute du Ri : l'aide à la bête est-elle permise aussi le Chabbat ?

14
גְּמ׳ כֵּיצַד מְסַעֲדִין? רַב יְהוּדָה אָמַר: אוֹחֵז אֶת הַוָּלָד שֶׁלֹּא יִפּוֹל לָאָרֶץ, רַב נַחְמָן אָמַר: דּוֹחֵק בַּבָּשָׂר כְּדֵי שֶׁיֵּצֵא הַוָּלָד.

GUEMARA. Comment assiste-t-on ?

Rav Yehouda a dit : on tient le petit afin qu'il ne tombe pas à terre. Rav Nahman a dit : on presse la chair afin que le petit sorte.

📜 Rachi (1)
גמ' דֹּוחַק בְּבָשָׂר שֶׁל בְּהֵמָה לִפְנִים שֶׁיְּהֵא הַוָּלָד בּוֹלֵט לַחוּץ:
GUEMARA. On presse : la chair de la bête, vers l'intérieur, afin que le petit ressorte au-dehors.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' כֵּיצַד מְסַעֲדִין רַב יְהוּדָה אוֹמֵר אוֹחֵז אֶת הַוָּלָד שֶׁלֹּא יִפּוֹל לָאָרֶץ. תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה אוֹחֵז אֶת הַוָּלָד שֶׁלֹּא יִפּוֹל לָאָרֶץ. וְנוֹפֵחַ לוֹ בְּחָוטְמוֹ וְנוֹתֵן דַּד לְתוֹךְ פִּיו כְּדֵי שֶׁיִּינַק. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל מְרַחֲמִין עַל בְּהֵמָה טְהוֹרָה בְּיוֹם טוֹב. הֵיכִי עָבֵיד לֵיהּ אָמַר אַבָּיֵי מֵבִיא בּוּל שֶׁל מֶלַח וְנוֹתֵן לָהּ לְתוֹךְ הָרֶחֶם כְּדֵי שֶׁתִּזְכֹּור צַעֲרָהּ וּתְרַחֵם עָלָיו. וְדַוְקָא טְהוֹרָה אֲבָל טְמֵאָה לָא מ"ט דְּלָא מְרַחֲקָא וְאִי מְרַחֲקָא לָא מְקָרְבָא:
GUEMARA. Comment assiste-t-on ? Rav Yehouda dit : on tient le petit afin qu'il ne tombe pas à terre. Il a été enseigné conformément à Rav Yehouda : on tient le petit afin qu'il ne tombe pas à terre, on lui souffle dans les narines et on lui met le pis dans la bouche afin qu'il tête. Rabban Chimon ben Gamliel a dit : on attendrit (la mère) envers (son petit, pour) une bête pure, le Yom Tov. Comment fait-on ? Abaye a dit : on apporte une boule de sel et on la lui met dans la matrice, afin qu'elle se souvienne de sa douleur et qu'elle le prenne en pitié. Et seulement une (bête) pure, mais pas une impure. Pour quelle raison ? (L'impure) ne rejette pas (son petit), et si elle le rejette, elle ne le rapproche plus.
🖼️ Schéma
Comment assister (mesaadin) une bête qui met bas le Yom Tov ? Rav Yehouda On tient le petit pour qu'il ne tombe pas à terre Baraita : + souffler dans ses narines, donner le pis à téter Rav Nahman On presse la chair de la mère pour que le petit sorte (plus proche de l'accouchement interdit : meyaldin)
Deux définitions de mesaadin ; la baraita suit Rav Yehouda.
15
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: כֵּיצַד מְסַעֲדִין? אוֹחֲזִין אֶת הַוָּלָד שֶׁלֹּא יִפּוֹל לָאָרֶץ, וְנוֹפֵחַ לוֹ בְּחָוטְמוֹ, וְנוֹתֵן לוֹ דַּד לְתוֹךְ פִּיו כְּדֵי שֶׁיִּינַק.

Il a été enseigné conformément à Rav Yehouda : comment assiste-t-on ? On tient le petit afin qu'il ne tombe pas à terre, on lui souffle dans les narines, et on lui met le pis dans la bouche afin qu'il tête.

📜 Rachi (2)
וְנוֹפֵחַ לוֹ בְּחָוטְמוֹ שֶׁנְּחִירָיו סְתוּמֵין לוֹ בְּרִירִין:
Et on lui souffle dans les narines : car ses narines sont bouchées par des mucosités.
וְנוֹתֵן דַּד שֶׁל אִמּוֹ בְּתוֹךְ פִּיו:
Et on met le pis : de sa mère, dans sa bouche.
16
אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: מְרַחֲמִין הָיִינוּ עַל בְּהֵמָה טְהוֹרָה בְּיוֹם טוֹב. הֵיכִי עֲבִיד? אָמַר אַבַּיֵּי: מֵבִיא בּוּל שֶׁל מֶלַח וּמַנִּיחַ לָהּ בְּתוֹךְ הָרֶחֶם, כְּדֵי שֶׁתִּזְכֹּור צַעֲרָהּ וּתְרַחֵם עָלָיו. וּמְזַלְּפִין מֵי שִׁלְיָא עַל גַּבֵּי וָלָד, כְּדֵי שֶׁתָּרִיחַ רֵיחוֹ וּתְרַחֵם עָלָיו. וְדַוְקָא טְהוֹרָה, אֲבָל טְמֵאָה — לֹא.

Rabban Chimon ben Gamliel a dit : nous attendrissions (la mère) envers (son petit, dans le cas d')une bête pure, le Yom Tov. Comment fait-on ?

Abaye a dit : on apporte une boule de sel et on la lui met dans la matrice, afin qu'elle se souvienne de sa douleur et le prenne en pitié ; et on asperge l'eau du placenta sur le petit, afin qu'elle sente son odeur et le prenne en pitié. Et seulement une (bête) pure, mais pas une impure.

📜 Rachi (3)
מְרַחֲמִין מְאַהֲבִין אֶת וְלָדָהּ עָלֶיהָ:
Marhamin : on lui fait aimer son petit.
בּוּל שֶׁל מֶלַח מְלֹא אֶגְרוֹף דְּכָייֵב לָהּ וְזוֹכֶרֶת צַעַר לֵידָה וּמְרַחֲמָה אֶת הַוָּלָד אִם רִחֲקַתּוּ:
Une boule de sel : de la taille d'un poing, qui lui fait mal ; elle se souvient de la douleur de l'accouchement et prend le petit en pitié, si elle l'avait rejeté.
מֵי שָׁלְיָא שׁוֹרִין אֶת הַשַּׁלְיָא בְּמַיִם:
L'eau du placenta : on trempe le placenta dans l'eau.
💡 Explication

Une mère qui rejette son petit ne le nourrit pas, et le petit risque de mourir. Les deux moyens d'Abaye cherchent à rétablir le lien : la douleur rappelée par le sel, et l'odeur du placenta. La restriction à la bête pure (tehora) s'explique au segment suivant.

17
מַאי טַעְמָא? טְמֵאָה לָא מְרַחֲקָא וְלָדָא, וְאִי מְרַחֲקָא וַלְדָּא — לָא מְקָרְבָא.

Quelle en est la raison ? L'impure ne rejette pas son petit, et si elle rejette son petit, elle ne le rapproche plus.

📜 Rachi (1)
לֹא מְרַחֲקָהּ אֵין דַּרְכָּהּ לְרַחֵק:
Ne rejette pas : elle n'a pas l'habitude de rejeter.
💡 Explication

Le procédé serait inutile pour une bête impure : ou bien elle garde son petit, ou bien le rejet est définitif. On ne permet pas un effort le Yom Tov sans effet attendu.

18
מְיַלְּדִין אֶת הָאִשָּׁה וְכוּ׳. מִכְּדֵי תְּנָא לֵיהּ: מְיַלְּדִין אֶת הָאִשָּׁה וְקוֹרִין לָהּ חֲכָמָה מִמָּקוֹם לְמָקוֹם, ״וּמְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת״ לַאֲתוּיֵי מַאי?

On accouche la femme, etc. Puisque (le Tana) a déjà enseigné : on accouche la femme et on appelle pour elle la sage-femme d'un endroit à l'autre, (la clause) on profane pour elle le Chabbat vient inclure quoi ?

19
לְאֵתוֹיֵי הָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: אִם הָיְתָה צְרִיכָה לְנֵר — חֲבֶירְתָּהּ מַדְלֶקֶת לָהּ אֶת הַנֵּר. וְאִם הָיְתָה צְרִיכָה לְשֶׁמֶן — חֲבֶירְתָּהּ מְבִיאָה לָהּ שֶׁמֶן בַּיָּד, וְאִם אֵינוֹ סֹפֵק בַּיָּד — מְבִיאָה בִּשְׂעָרָהּ, וְאִם אֵינוֹ סֹפֵק בִּשְׂעָרָהּ — מְבִיאָה לָהּ בִּכְלִי.

Inclure ce que les Sages ont enseigné : si elle a besoin d'une lampe, son amie lui allume la lampe. Si elle a besoin d'huile, son amie lui apporte de l'huile dans la main ; si cela ne suffit pas dans la main, elle l'apporte dans ses cheveux ; si cela ne suffit pas dans ses cheveux, elle lui en apporte dans un récipient.

📜 Rachi (3)
מְבִיאָה לָהּ שֶׁמֶן דֶּרֶךְ רה"ר:
Lui apporte de l'huile : par le domaine public.
בַּיָּד בְּכַפָּהּ וְלֹא בִּכְלִי דְּכַמָּה דְּאֶפְשָׁר מַשְׁנִינַן:
Dans la main : dans sa paume et non dans un récipient, car autant que possible, on modifie (la manière de faire).
בִּשְׂעָרָהּ סָכָה שְׂעָרָהּ שֶׁמֶן וּכְשֶׁבָּאָה אֶצְלָהּ מְקַנַּחְתּוֹ וְאֵין כָּאן חִילּוּל שַׁבָּת כֵּיוָן שֶׁאֵין דֶּרֶךְ הוֹצָאָה בְּכָךְ:
Dans ses cheveux : elle s'enduit les cheveux d'huile, et quand elle arrive auprès d'elle, elle les essuie ; il n'y a pas là de profanation du Chabbat, puisque ce n'est pas la manière de transporter.
💡 Explication

Même en cas de danger, on préfère la manière la moins grave : transporter dans la main ou dans les cheveux est un transport kilahar yad (inhabituel), interdit seulement par les Rabbanan. On ne passe au récipient, transport toranique, que si le reste ne suffit pas.

🖼️ Schéma
L'accouchée a besoin d'huile : autant que possible, on modifie 1. Dans la main manière inhabituelle 2. Dans les cheveux si la main ne suffit pas 3. Dans un récipient si les cheveux ne suffisent pas Question : les cheveux = sehita ? Rabba et Rav Yossef : pas de sehita dans les cheveux (durs, ils n'absorbent pas) Rav Achi : même s'il y a sehita, le récipient est attaché par les cheveux kama deefchar lechanouyei machninan
Main, cheveux, récipient : on monte d'un degré seulement si le précédent ne suffit pas.
20
אָמַר מַר: אִם הָיְתָה צְרִיכָה לְנֵר — חֲבֶירְתָּהּ מַדְלֶקֶת לָהּ אֶת הַנֵּר. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא בְּסוּמָא, מַהוּ דְתֵימָא: כֵּיוָן דְּלָא חָזְיָא — אֲסִיר, קָא מַשְׁמַע לַן אִיַּתּוֹבֵי מִיַּתְּבָא דַּעְתַּהּ, סְבָרָא: אִי אִיכָּא מִידִי — חַזְיָא חֲבִירְתַּאי וְעָבְדָה לִי.

Le maître a dit : si elle a besoin d'une lampe, son amie lui allume la lampe. C'est évident !

Ce n'était nécessaire que pour une aveugle. On aurait pu dire : puisqu'elle ne voit pas, c'est interdit ; (la baraita) nous enseigne que (cela) apaise son esprit ; elle se dit : s'il y a quelque chose, mon amie verra et le fera pour moi.

📜 Rachi (1)
פְּשִׁיטָא דְּהָא פִּקּוּחַ נֶפֶשׁ דּוֹחֶה שַׁבָּת:
C'est évident : car le danger pour la vie (pikoua'h nefech) repousse le Chabbat.
🗂️ Tossefot (1)
קמ"ל אַיַּתּוֹבֵי מְיַתְּבָא דַּעְתָּהּ אע"ג דִּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּיוֹמָא (דַּף פג.) אָמַר חוֹלֶה אֵין מַאֲכִילִין אוֹתוֹ ביוה"כ אֶלָּא ע"פ מֻומְחֶה וְהָכָא שָׁרְיָא מִשּׁוּם יַתּוֹבֵי דַּעְתָּא הַייְנוּ שֶׁיּוֹתֵר יְכוֹלָה הַיּוֹלֶדֶת לְהִסְתַּכֵּן עַל יְדֵי פַּחַד שֶׁתִּתְפַּחֵד שֶׁמָּא אֵין עוֹשִׂין יָפֶה מַה שֶׁהִיא צְרִיכָה מִמַּה שֶׁיִּסְתַּכֵּן הַחוֹלֶה בָּרָעָב:
Il nous enseigne que cela apaise son esprit : bien que dans le dernier chapitre de Yoma (83a) il soit dit qu'on ne nourrit un malade à Yom Kippour que sur l'avis d'un expert, alors qu'ici on permet pour apaiser son esprit, c'est que l'accouchée risque davantage d'être en danger par la peur qu'elle aura qu'on ne fasse pas correctement ce dont elle a besoin, que le malade d'être en danger par la faim.
⚖️ Rosh (2)
גְּמָ' אָמַר רַב יְהוּדָה בְּהֵמָה שֶׁנָּפְלָה לְאַמַּת הַמַּיִם מֵבִיא כָּרִים וּכְסָתוֹת וּמַנִּיחַ תַּחְתֶּיהָ וְאִם עָלְתָה עָלְתָה. וְאַף ע"ג דְּקָא מְבַטֵּל כְּלִי מֵהֵיכֵנוֹ. מַאי טַעְמָא בִּיטּוּל כְּלִי מֵהֵיכָנוֹ דְּרַבָּנַן וְצַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים דְּאוֹרָיְיתָא וְאָתֵי דְּאוֹרָייְתָא וּמְבַטֵּל דְּרַבָּנָן. וה"מ דְּלָא אֶפְשָׁר לְמֶיעְבַּד פַּרְנָסָה בִּמְקוֹמָהּ אֲבָל אֶפְשָׁר עוֹשֶׂה לָהּ פַּרְנָסָה בִּמְקוֹמָהּ וְדַיּוֹ. מִכָּאן הִתִּיר רַבֵּינוּ מֵאִיר זַ"ל לִלְמֹוד לְנָכְרִי שֶׁיַּחֲלֹוב אֶת בְּהֶמְתּוֹ בְּשַׁבָּת שֶׁהַבְּהֵמָה מִצְטַעֲרָה מֵרֹוב הֶחָלָב שֶׁבְּדַדֶּיהָ וְצַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים דְּאוֹרָיְיתָא דָּחֵי שְׁבוּת דַּאֲמִירָה לְנָכְרִי: תַּרְנְגֹולֶת שֶׁבָּרְחָה דּוֹחִין אוֹתָהּ וְכוּ'. דּוֹחִין אִין מְדַדִּין לָא תְּנֵינָא לְהָא דְּתָנוּ רַבָּנַן מְדַדִּין בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף בֶּחָצֵר אֲבָל לֹא אֶת הַתַּרְנְגֹולֶת: תָּנוּ רַבָּנַן אֵין עוֹקְרִין בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף בֶּחָצֵר אֲבָל דּוֹחִין אוֹתָם עַד שֶׁיִּכָּנְסוּ: הָאִשָּׁה מְדַדָּה אֶת בְּנָהּ וְכוּ'. וְהִלְכְתָא כְּר' יְהוּדָה דקי"ל סַנְהֶדְרִין כה. כָּל הֵיכָא דא"ר יְהוּדָה אֵימָתַי אֵינוֹ אֶלָּא לְפָרֵשׁ דִּבְרֵי חֲכָמִים:
GUEMARA. Rav Yehouda a dit : une bête tombée dans un canal d'eau, on apporte des coussins et des couvertures et on les place sous elle ; et si elle remonte, elle remonte. Et cela bien qu'il annule un récipient de sa préparation. Pour quelle raison ? L'annulation d'un récipient de sa préparation est d'ordre rabbinique et la souffrance des animaux est d'ordre toranique ; le (principe) toranique vient et annule le rabbinique. Cela vaut quand il n'est pas possible de lui fournir sa subsistance à sa place ; mais si c'est possible, on lui fournit sa subsistance à sa place et cela suffit. De là, notre maître Rabbi Meir, de mémoire bénie, a permis d'indiquer à un non-Juif de traire sa bête le Chabbat, car la bête souffre de l'abondance du lait dans ses mamelles ; et la souffrance des animaux, d'ordre toranique, repousse le chevout de la demande faite à un non-Juif. Une poule qui s'est enfuie, on la pousse, etc. Pousser, oui ; faire marcher, non. Nous l'avons déjà appris, car les Sages ont enseigné : on fait marcher la bête domestique, la bête sauvage et l'oiseau dans la cour, mais pas la poule. Les Sages ont enseigné : on ne soulève pas la bête domestique, la bête sauvage et l'oiseau dans la cour, mais on les pousse jusqu'à ce qu'ils rentrent. La femme fait marcher son fils, etc. Et la halakha est comme Rabbi Yehouda, car nous tenons (Sanhédrin 25a) que partout où Rabbi Yehouda dit quand ?, il ne vient qu'expliquer les paroles des Sages.
וּמְיַלְּדִין אֶת הָאִשָּׁה. ת"ר אִם הָיְתָה צְרִיכָה לְנֵר חֲבֶרְתָּהּ מַדְלֶקֶת אֶת הַנֵּר. אִם הָיְתָה צְרִיכָה שֶׁמֶן חֲבֶרְתָּהּ מְבִיאָה לָהּ בַּיָּד. וְאִם אֵין סִפּוּק בְּיָדָהּ מְבִיאָה לָהּ בִּשְׂעָרָהּ. וְאִם אֵין סִפּוּק בִּשְׂעָרָהּ מְבִיאָה לָהּ בִּכְלִי דֶּרֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים: אָמַר מָר אִם הָיְתָה צְרִיכָה לְנֵר חֲבֶרְתָּהּ מַדְלֶקֶת לָהּ אֶת הַנֵּר פְּשִׁיטָא. אָמַר רַב אָשֵׁי לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְסוּמָא. מַהוּ דְּתֵימָא כֵּיוָן דְּלָא חַזְיָא אֲסִיר קמ"ל דְּיַתּוֹבֵי מִיַּתְּבָא דַּעְתַּהּ סָבְרָא אִי צְרִיכְנָא מִידִי חַזְיָא חֲבִירְתִּי וְעַבְדָּא לִי. אָמַר מַר צְרִיכָה שֶׁמֶן וְכוּ' וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם סְחִיטָה. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ אֵין סְחִיטָה בְּשֵׂיעָר. וְרַב אַשִּׁי אָמַר אֲפִי' תֵּימָא יֵשׁ סְחִיטָה בְּשֵׂיעָר מְבִיאָה בִּכְלִי דֶּרֶךְ שְׂעָרָהּ דְּכַמָּה דְּאֶפְשָׁר לְשַׁנּוֹיֵי מְשַׁנִּינַן. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל חַיָּה כָּל זְמַן שֶׁהַקֶּבֶר פָּתוּחַ בֵּין שֶׁאָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי וּבֵין שֶׁלֹּא אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת נִסְתַּם הַקֶּבֶר אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת לֹא אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת רַב אָשֵׁי מַתְנֵי הָכִי. וּמַר זוּטְרָא מַתְנֵי הָכִי אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל חַיָּה כָּל זְמַן שֶׁהַקֶּבֶר פָּתוּחַ בֵּין אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי וּבֵין אָמְרָה לֹא צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. פִּי' כְּשֶׁחַבְרוֹתֶיהָ אוֹמְרוֹת שֶׁהִיא צְרִיכָה. נִסְתַּם הַקֶּבֶר אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת לֹא אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. א"ל רָבִינָא לְמָרִימָר מָר זוּטְרָא מַתְנֵי לְקֻולָּא וְרַב אָשֵׁי מַתְנֵי לְחֻומְרָא. הִלְכְתָא כְּמַאן. א"ל הִלְכְתָא כְּמַר זוּטְרָא דִּסְפֵק נְפָשׁוֹת לְהָקֵל. מֵאֵימָתַי פְּתִיחַת הַקֶּבֶר. אַבַּיֵּי אָמַר מִשֶּׁתֵּשֵׁב עַל הַמַּשְׁבֵּר. רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר מִשָּׁעָה שֶׁהַדָּם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד. וְאָמְרִי לַהּ מִשָּׁעָה שֶׁחַבְרוֹתֶיהָ מַשִּׁיאוֹת אוֹתָהּ בַּמִּטָּה. וְדָיְיקִי רַבְּווָתָא מִדְּלָא קָאָמַר רַב הוּנָא עַד שֶׁיַּתְחִיל הַדָּם לִהְיוֹת שׁוֹתֵת ש"מ דְּקֹודֶם שֶׁתֵּשֵׁב עַל הַמַּשְׁבֵּר קָאָמַר. וּכְאַבַּיֵּי עָבְדִינַן וְלֹא מְחַלְּלִין שַׁבָּת עַד שֶׁיְּהֵא הַדָּם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד וְתֵשֵׁב עַל הַמַּשְׁבֵּר. וּתְמֵיהֵנִי לָמָּה פָּסְקוּ סְפֵק נְפָשׁוֹת לְחוּמְרָא. עַד מָתַי פְּתִיחַת הַקֶּבֶר וְאַסִּיקְנָא נְהַרְדָּעֵי אָמְרִי חַיָּה ג' שִׁבְעָה שְׁלֹשִׁים. שְׁלֹשָׁה בֵּין אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי בֵּין אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. שִׁבְעָה אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ הָא סְתָמָא מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. שְׁלֹשִׁים אַפֵּי' אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת אֶלָּא עוֹשִׂין לָהּ ע"י נָכְרִי. כִּדְרַב עֻולָּא בְּרֵיהּ דְּרַב עִילַּאי דְּאָמַר כָּל צָרְכֵי חוֹלֶה עוֹשִׂין בְּשַׁבָּת ע"י נָכְרִי וְכִדְרַב הִמְנוּנָא דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין בּוֹ סַכָּנָה אוֹמֵר לְנָכְרִי וְעוֹשֶׂה. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל לְחַיָּה שְׁלֹשִׁים יוֹם לְמַאי הִלְכְתָא. אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי לִטְבִילָה. אָמַר רָבָא לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין בַּעְלָהּ עִמָּהּ אֲבָל בַּעְלָהּ עִמָּהּ בַּעְלָהּ מְחַמְּמָה: בְּרַתֵּיה דְּרַב חִסְדָּא טְבַלָה בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין שֶׁלֹּא בִּפְנֵי בַּעְלָהּ וְאִצְטְנִיאַת וְאַמְטְיוּהּ לְעַרְסָא בָּתְרֵיהּ דְּרָבָא לְפוּמְבְּדִיתָא: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב עוֹשִׂין מְדוּרָה לַחַיָּה בְּשַׁבָּת סְבוּר מִינָּה לְחַיָּה אִין לְחוֹלֶה לָא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים אִין בִּימוֹת הַחַמָּה לָא. וְאַסִּיקְנָא לָא שְׁנָא חַיָּה ול"ש חוֹלֶה ל"ש בִּימוֹת הַחַמָּה לָא שְׁנָא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים מִדְּאָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר שְׁמוּאֵל הִקִּיז דָּם וְנִצְטַנֵּן עוֹשִׂין לוֹ מְדוּרָה אֲפִילּוּ בִּתְקוּפַת תַּמּוּז. שְׁמוּאֵל צַלַּחוּ לֵיהּ תַּכְתָּקָא דְּשָׁאגָא רַב יְהוּדָה צַלַּחוּ לֵיהּ פָּתוּרָא דְיוֹנָה לְרַבָּה שַׁרְשִׁיפָא א"ל אַבַּיֵּי לְרַבָּה קָעָבַר מָר מִשּׁוּם בַּל תַּשְׁחִית. א"ל בַּל תַּשְׁחִית דְּגוּפָא עֲדִיף:
Et on accouche la femme. Les Sages ont enseigné : si elle a besoin d'une lampe, son amie allume la lampe. Si elle a besoin d'huile, son amie lui en apporte dans la main ; si cela ne suffit pas dans sa main, elle l'apporte dans ses cheveux ; si cela ne suffit pas dans ses cheveux, elle lui en apporte dans un récipient, par le domaine public. Le maître a dit : si elle a besoin d'une lampe, son amie lui allume la lampe. C'est évident ! Rav Achi a dit : ce n'était nécessaire que pour une aveugle. On aurait pu dire : puisqu'elle ne voit pas, c'est interdit ; il nous enseigne que cela apaise son esprit ; elle se dit : si j'ai besoin de quelque chose, mon amie verra et le fera pour moi. Le maître a dit : (si elle) a besoin d'huile, etc. Déduis (l'interdit) de l'essorage (sehita) ! Rabba et Rav Yossef ont dit tous deux : il n'y a pas d'essorage dans les cheveux. Et Rav Achi a dit : même si tu dis qu'il y a essorage dans les cheveux, elle l'apporte dans un récipient par le moyen de ses cheveux, car autant qu'il est possible de modifier, on modifie. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : une accouchée (haya), tant que la matrice (kever) est ouverte, qu'elle ait dit j'en ai besoin ou qu'elle ne l'ait pas dit, on profane pour elle le Chabbat. Une fois la matrice fermée, si elle a dit j'en ai besoin, on profane pour elle le Chabbat ; si elle n'a pas dit j'en ai besoin, on ne profane pas pour elle le Chabbat. C'est ainsi que l'enseignait Rav Achi. Et Mar Zoutra l'enseignait ainsi : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : une accouchée, tant que la matrice est ouverte, qu'elle ait dit j'en ai besoin ou qu'elle ait dit je n'en ai pas besoin, on profane pour elle le Chabbat. Explication : lorsque ses compagnes disent qu'elle en a besoin. Une fois la matrice fermée, si elle a dit je n'en ai pas besoin, on ne profane pas pour elle le Chabbat ; si elle n'a pas dit je n'en ai pas besoin, on profane pour elle le Chabbat. Ravina a dit à Mareimar : Mar Zoutra l'enseigne dans le sens de l'indulgence, et Rav Achi dans le sens de la rigueur ; selon qui est la halakha ? Il lui a répondu : la halakha est comme Mar Zoutra, car en cas de doute portant sur des vies, on est indulgent. À partir de quand la matrice est-elle ouverte ? Abaye a dit : dès qu'elle s'assied sur la chaise d'accouchement (machber). Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : dès le moment où le sang s'écoule et descend. Et certains disent : dès le moment où ses compagnes la portent sur le lit. Nos maîtres ont déduit, du fait que Rav Houna n'a pas dit jusqu'à ce que le sang commence à s'écouler, qu'il parle d'un moment antérieur à celui où elle s'assied sur la chaise d'accouchement. Et on agit comme Abaye, et on ne profane pas le Chabbat tant que le sang ne s'écoule pas et qu'elle n'est pas assise sur la chaise d'accouchement. Et je m'étonne : pourquoi ont-ils tranché, dans un doute portant sur des vies, dans le sens de la rigueur ? Jusqu'à quand dure l'ouverture de la matrice ? La conclusion est que les gens de Nehardea disent : pour l'accouchée, trois, sept, trente (jours). Trois : qu'elle ait dit j'en ai besoin ou je n'en ai pas besoin, on profane pour elle le Chabbat. Sept : si elle a dit je n'en ai pas besoin, on ne profane pas pour elle ; donc sans précision, on profane pour elle le Chabbat. Trente : même si elle a dit j'en ai besoin, on ne profane pas pour elle le Chabbat, mais on le fait pour elle par un non-Juif ; comme Rav Oula, fils de Rav Ilai, qui a dit : tous les besoins d'un malade, on les fait le Chabbat par un non-Juif ; et comme Rav Hamnouna, qui a dit : pour une chose sans danger, on le dit à un non-Juif et il le fait. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : pour l'accouchée, trente jours ; pour quelle règle ? Les gens de Nehardea ont dit : pour l'immersion (tevila). Rava a dit : nous ne l'avons dit que lorsque son mari n'est pas avec elle ; mais si son mari est avec elle, son mari la réchauffe. La fille de Rav Hisda s'immergea dans les trente jours, en l'absence de son mari ; elle prit froid, et on la transporta sur un lit, à la suite de Rava, à Poumbedita. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : on fait un feu pour l'accouchée le Chabbat. On en a déduit : pour l'accouchée, oui ; pour le malade, non ; en saison des pluies, oui ; en été, non. La conclusion est : il n'y a pas de différence entre l'accouchée et le malade, ni entre l'été et la saison des pluies, puisque Rav Hiya bar Avin a dit au nom de Chmouel : celui qui s'est fait saigner et a pris froid, on lui fait un feu même en pleine saison de Tamouz. Pour Chmouel, on fendit une chaise en bois de teck ; pour Rav Yehouda, on fendit une table en bois de yona ; pour Rabba, un banc. Abaye dit à Rabba : le maître transgresse bal tachhit (l'interdit de détruire) ! Il lui répondit : bal tachhit de mon corps passe avant.
💡 Explication

Pour une aveugle, la lumière ne sert pas à elle-même ; elle sert à son apaisement (yatouvei daata) : savoir que ses aides voient suffit à réduire sa peur, et la peur est un danger pour l'accouchée. Tossefot distingue ce cas du malade à Yom Kippour, pour qui on exige l'avis d'un expert.

Le Roch regroupe ici la halakha de toute la sougya, jusqu'en 129a : Maharam de Rothenburg tire de Rav la permission de faire traire une bête par un non-Juif ; la halakha suit Rabbi Yehouda ; les délais de 3, 7 et 30 jours pour l'accouchée ; le feu fait pour le malade qui a froid.

21
אִם הָיְתָה צְרִיכָה לְשֶׁמֶן וְכוּ׳. תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם סְחִיטָה!

Si elle a besoin d'huile, etc. Déduis (l'interdit) de l'essorage (sehita) !

📜 Rachi (1)
תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם סְחִיטָה לָמָּה לֹא הֵבִיאָה לָהּ בִּכְלִי שֶׁלֹּא תְּחַלֵּל שַׁבָּת בְּהוֹצָאָה הָכָא נָמֵי הָא קָמְחַלְּלָה בִּסְחִיטָה:
Déduis-le de l'essorage : pourquoi ne lui a-t-elle pas apporté (l'huile) dans un récipient, afin de ne pas profaner le Chabbat par le transport ? Ici aussi, elle le profane par l'essorage.
💡 Explication

Objection : en essuyant ses cheveux enduits d'huile, l'amie accomplit sehita (essorage), dérive du travail de battre (dach). Le passage par les cheveux ne gagnerait donc rien.

22
רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ: אֵין סְחִיטָה בְּשֵׂיעָר. רַב אַשִּׁי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא יֵשׁ סְחִיטָה בְּשֵׂיעָר, מְבִיאָה לָהּ בִּכְלִי דֶּרֶךְ שְׂעָרָהּ, דְּכַמָּה דְּאֶפְשָׁר לְשַׁנּוֹיֵי — מַשְׁנִינַן.

Rabba et Rav Yossef ont dit tous deux : il n'y a pas d'essorage dans les cheveux. Rav Achi a dit : même si tu dis qu'il y a essorage dans les cheveux, elle lui apporte (l'huile) dans un récipient par le moyen de ses cheveux, car autant qu'il est possible de modifier, on modifie.

📜 Rachi (2)
אֵין סְחִיטָה בְּשֵׂיעָר שֶׁהוּא קָשֶׁה וְאֵין בּוֹלֵעַ:
Il n'y a pas d'essorage dans les cheveux : car ils sont durs et n'absorbent pas.
דֶּרֶךְ שְׂעָרָהּ כּוֹרֶכֶת הַכְּלִי בְּרֹאשָׁהּ בִּשְׂעָרָהּ:
Par le moyen de ses cheveux : elle attache le récipient sur sa tête avec ses cheveux.
💡 Explication

Deux réponses. Rabba et Rav Yossef : le cheveu n'absorbe pas, donc pas de sehita. Rav Achi : le récipient est noué dans les cheveux, ce qui reste un transport inhabituel ; il pose le principe kama deefchar lechanouyei machninan : autant que possible, on modifie la manière de faire.

23
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: חַיָּה כָּל זְמַן שֶׁהַקֶּבֶר פָּתוּחַ, בֵּין אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״, בֵּין לֹא אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״ — מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת.

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : une accouchée (haya), tant que la matrice (kever) est ouverte, qu'elle ait dit j'en ai besoin ou qu'elle n'ait pas dit j'en ai besoin, on profane pour elle le Chabbat.

📜 Rachi (2)
חַיָּה יוֹלֶדֶת:
Haya : accouchée.
קֶבֶר בֵּית הָרֶחֶם:
Kever : la matrice.
💡 Explication

Tant que la matrice est ouverte, l'accouchée est considérée en danger : on profane le Chabbat pour elle sans attendre sa demande. La suite (129a) traité du moment où la matrice est fermée.

🖼️ Schéma
Profaner le Chabbat pour l'accouchée (Chmouel, suite en 129a) Kever ouvert qu'elle dise j'en ai besoin ou non : on profane le Chabbat Kever fermé on dépend de ce qu'elle dit (deux versions : Rav Achi / Mar Zoutra) Nehardea (cité par le Roch) : 3 jours / 7 jours / 30 jours 3 : toujours ; 7 : sauf si elle dit je n'en ai pas besoin ; 30 : par un non-Juif seulement
Critère de la matrice ouverte ; les délais de Nehardea sont rapportés par le Roch.
24
נִסְתַּם הַקֶּבֶר, בֵּין אָמְרָה

Une fois la matrice fermée, qu'elle ait dit

💡 Explication

La phrase se poursuit au daf suivant (129a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).