Shabbat 129a — L'accouchée et le Chabbat ; les précautions de la saignée

Shabbat 129a

Sougya : Le daf achève la discussion sur l'accouchée (haya) : deux versions de l'enseignement de Chmouel (Rav Achi, sévère ; Mar Zoutra, indulgent) et la décision selon Mar Zoutra, car dans le doute de vie on est indulgent. On précise quand commence l'ouverture du col et combien de temps elle dure, et les Nehardeens fixent trois paliers : trois, sept et trente jours.

Puis la Guemara passe à la saignée (hakaza) : on allume un feu pour celui qui s'est fait saigner et a pris froid, même en été ; on décrit le repas qui suit la saignée (viande selon Rav, vin selon Chmouel), les usages des Amoraim et une série de précautions de Rav et Chmouel.

Deux versions de l'enseignement de Chmouel - halakha comme Mar Zoutra Rav Achi (sévère) Mar Zoutra (indulgent) Col ouvert (keve r patouah) on profane dans tous les cas on profane, même si elle dit je n'en ai pas besoin Col fermé, elle dit : on ne profane pas on profane Col fermé, elle ne dit rien on ne profane pas on ne profane pas Mareimar à Ravina : halakha comme Mar Zoutra - dans le doute de vie (safek nefachot), on est indulgent
Les deux versions de l'enseignement de Chmouel et la décision de Mareimar.
Accouchée : 3, 7, 30 jours (Nehardeens) - profaner le Chabbat ? naissance 3e jour 7e jour 30e jour Jours 1 à 3 Elle dit : j'en ai besoin ou : je n'en ai pas besoin -> on profane Jours 4 à 7 Elle dit : j'en ai besoin -> on profane Elle dit : pas besoin -> non Jours 8 à 30 Même si elle dit : j'en ai besoin -> un Juif ne profane pas -> on fait faire par un non-Juif Source du dernier palier : Rav Oulla fils de Rav Ilai (besoins du malade par un non-Juif) et Rav Hamnouna (chose sans danger : on le dit au non-Juif et il le fait). Tossefot : Abaye (3), Rava (7) et l'autre version (30) ne se contredisent pas.
Les trois paliers de l'accouchée selon les Nehardeens (seg. 5-6).
Le jour de la saignée (hakaza) : les précautions du daf Saignée (avidat milta) Repas après la saignée Rav : viande (vie pour vie) Chmouel : vin (rouge pour rouge) Chaleur Feu même en Tammouz, même le Chabbat ; bal tachhit du corps Pas de courant d'air le vent pourrait tirer du sang sous le revi it vital Sans argent goûter le vin dans 7 boutiques ; sinon 7 dattes, huile, soleil Mépris du repas celui qui le néglige, le Ciel néglige sa subsistance Avant de sortir goûter quelque chose, sinon danger à l'extérieur
Les précautions liées à la saignée énoncées dans le daf (seg. 9-23).
1
״צְרִיכָה אֲנִי״, בֵּין לֹא אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״ — אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת.

[...] "j'en ai besoin", ou qu'elle n'ait pas dit "j'en ai besoin", on ne profane pas le Chabbat pour elle.

📜 Rachi (1)
צְרִיכָה אֲנִי לְחִילּוּל:
J'en ai besoin : de la profanation [du Chabbat].
💡 Explication

Fin de la version de Rav Achi commencée au daf précédent : une fois le kever (littéralement la tombe, ici le col de l'utérus) refermé, on ne profane plus le Chabbat pour l'accouchée, quoi qu'elle dise.

2
רַב אָשֵׁי מַתְנֵי הָכִי. מָר זוּטְרָא מַתְנֵי הָכִי: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: חַיָּה כָּל זְמַן שֶׁהַקֶּבֶר פָּתוּחַ, בֵּין אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״, וּבֵין אָמְרָה ״אֵין צְרִיכָה אֲנִי״ — מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. נִסְתַּם הַקֶּבֶר, אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״ — מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. לֹא אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״ — אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת.

Rav Achi enseignait ainsi. Mar Zoutra enseignait ainsi : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : l'accouchée (haya), tout le temps que le col est ouvert, qu'elle ait dit "j'en ai besoin" ou qu'elle ait dit "je n'en ai pas besoin", on profane pour elle le Chabbat.

Le col s'est fermé : si elle a dit "j'en ai besoin", on profane pour elle le Chabbat ; si elle n'a pas dit "j'en ai besoin", on ne profane pas pour elle le Chabbat.

📜 Rachi (1)
בֵּין שֶׁאָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי וְחַבְרוֹתֶיהָ אוֹמְרוֹת שֶׁהִיא צְרִיכָה מְחַלְּלִין:
Même si elle a dit : je n'en ai pas besoin - et ses compagnes disent qu'elle en a besoin, on profane.
💡 Explication

Les deux versions diffèrent sur deux points. Col ouvert : chez Mar Zoutra, on profane même si elle affirme ne pas en avoir besoin (Rachi : quand ses compagnes disent qu'elle en a besoin). Col fermé : chez Mar Zoutra, sa demande suffit pour profaner ; chez Rav Achi, on ne profane plus du tout.

3
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְמָרִימָר: מָר זוּטְרָא מַתְנֵי לְקֻולָּא, וְרַב אָשֵׁי מַתְנֵי לְחֻומְרָא, הִלְכְתָא כְּמַאן? אֲמַר לֵיהּ: הֲלָכָה כְּמַר זוּטְרָא, סְפֵק נְפָשׁוֹת לְהָקֵל.

Ravina dit à Mareimar : Mar Zoutra enseigne dans le sens de l'indulgence et Rav Achi enseigne dans le sens de la sévérité ; selon qui est la halakha ? Il lui dit : la halakha est comme Mar Zoutra : dans le doute concernant des vies (safek nefachot), on est indulgent.

💡 Explication

Principe général : safek nefachot lehakel. Quand il y a doute sur un danger pour la vie, on tranche dans le sens qui permet de sauver, c'est-à-dire "indulgent" quant à l'interdit du Chabbat.

4
מֵאֵימָתַי פְּתִיחַת הַקֶּבֶר? אָמַר אַבַּיֵּי: מִשָּׁעָה שֶׁתֵּשֵׁב עַל הַמַּשְׁבֵּר. רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר: מִשָּׁעָה שֶׁהַדָּם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד, וְאָמְרִי לַהּ מִשָּׁעָה שֶׁחַבְרוֹתֶיהָ נוֹשְׂאוֹת אוֹתָהּ בַּאֲגַפֶּיהָ.

À partir de quand [compte] l'ouverture du col ? Abaye dit : à partir du moment où elle s'assied sur le machber (siège d'accouchement).

Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, dit : à partir du moment où le sang s'écoule et descend ; et certains disent : à partir du moment où ses compagnes la portent par les bras.

📜 Rachi (1)
בַּאֲגַפֶּיהָ בִּזְרוֹעוֹתֶיהָ שֶׁאֵינָהּ יְכוֹלָה לְהַלֵּךְ:
Par les bras : par ses bras, car elle ne peut plus marcher.
🖼️ Schéma
À partir de quand le col est-il ouvert ? Abaye dès qu'elle s'assied sur le machber (siège d'accouchement) Rav Houna fils de Rav Yehochoua dès que le sang coule et descend Autre version (de Rav Houna) dès que ses amies la portent par les bras Dès ce moment, on profane le Chabbat pour elle sans lui demander son avis.
Trois critères pour le début du "col ouvert".
5
עַד מָתַי פְּתִיחַת הַקֶּבֶר? אָמַר אַבַּיֵּי: שְׁלֹשָׁה יָמִים. רָבָא אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: שִׁבְעָה, וְאָמְרִי לָהּ: שְׁלֹשִׁים.

Jusqu'à quand dure l'ouverture du col ? Abaye dit : trois jours.

Rava dit au nom de Rav Yehouda : sept ; et certains disent : trente.

🗂️ Tossefot (1)
רָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה אָמַר שִׁבְעָה לִכְאוֹרָה מַשְׁמַע דְּרָבָא לְטַעְמֵיהּ דִּבְפֶרֶק הֲדַר (עֵירוּבִין דַּף סח.) גַּבֵּי הָהוּא יָנוֹקָא דְּאִישְׁתְּפוּךְ חַמִּימֵיהּ אֲמַר לְהוּ רָבָא נִישַׁיְּילֵיהּ לְאִימֵּיהּ אִם צְרִיכָה נִיחַיְּימוּ אַגַּב אִימֵּיהּ דְּמִסְּתָמָא בְּיוֹם שְׁמִינִי הָיָה קֹודֶם מִילָה שֶׁהָיָה צָרִיךְ חַמִּין לְמוּלוֹ דִּלְאַחַר מִילָה מְסֻוכָּן הוּא וּבְלָא אִימֵּיהּ בְּיוֹם שְׁמִינִי מְחַלְּלִין עָלָיו שַׁבָּת וְהַייְנוּ לְאַחַר שִׁבְעָה דִּבְנִסְתַּם הַקֶּבֶר בָּעֵינַן צְרִיכָה מִיהוּ לְלִישָּׁנָא דְּאָמְרִי לָהּ לְרָבָא שְׁלֹשִׁים תִּיקְשֵׁי לָמָּה צְרִיכָה וְעוֹד דְּבַקּוּנְטְרֵס פִּי' הָתָם נִיחַיְּימוּ אַגַּב אִימֵּיהּ ע"י נָכְרִי וְכֵן פֵּירֵשׁ רַ"ח לְכָךְ יֵשׁ לְפָרֵשׁ דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא וְאָמְרִי לָהּ מָר אֲמַר חֲדָא וּמָר אֲמַר חֲדָא וְלָא פְּלִיגִי וְכֻולְּהוּ קִייְּמוֹ כִּנְהַרְדָּעֵי:
Rava dit au nom de Rav Yehouda : sept - À première vue, il ressort que Rava suit son propre raisonnement, car au chapitre Ha-Dar (Erouvin 68a), au sujet de cet enfant dont l'eau chaude s'était renversée, Rava leur dit : qu'on interroge sa mère ; si elle en a besoin, qu'on chauffe [l'eau] par le biais de sa mère. Car vraisemblablement c'était le huitième jour, avant la mila, quand il fallait de l'eau chaude pour le circoncire - car après la mila, c'est un danger, et même sans sa mère, le huitième jour, on profane le Chabbat pour lui. Et c'est après sept [jours], car une fois le col fermé nous exigeons [qu'elle dise] "j'en ai besoin". Cependant, selon la version qui dit que Rava a dit trente, il est difficile de comprendre pourquoi [il faut] "j'en ai besoin". De plus, dans le Kountres (Rachi), il a expliqué là-bas "qu'on chauffe par le biais de sa mère" : par un non-Juif ; et ainsi a expliqué Rabbenou Hananel. C'est pourquoi il faut expliquer qu'Abaye, Rava et "certains disent" : l'un a dit une chose et l'autre une autre, ils ne sont pas en désaccord, et tous se tiennent comme les Nehardeens.
💡 Explication

Trois durées : 3, 7 ou 30 jours. Tossefot montre qu'il ne s'agit pas d'une controverse : chacun parle d'un palier différent, et tous suivent le découpage des Nehardeens (segment suivant). La preuve vient d'Erouvin 68a : au huitième jour, l'eau chaude de l'enfant ne se chauffe que "par le biais de sa mère" et par un non-Juif, ce qui correspond au palier 7-30.

6
אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי: חַיָּה שְׁלֹשָׁה שִׁבְעָה וּשְׁלֹשִׁים. שְׁלֹשָׁה, בֵּין אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״, וּבֵין אָמְרָה ״לֹא צְרִיכָה אֲנִי״ — מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. שִׁבְעָה, אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״ — מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת, אָמְרָה ״לֹא צְרִיכָה אֲנִי״ — אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. שְׁלֹשִׁים, אֲפִילּוּ אָמְרָה ״צְרִיכָה אֲנִי״ — אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת, אֲבָל עוֹשִׂין עַל יְדֵי אַרְמַאי.

Les Nehardeens disent : l'accouchée - trois, sept et trente. Trois : qu'elle ait dit "j'en ai besoin" ou qu'elle ait dit "je n'en ai pas besoin", on profane pour elle le Chabbat.

Sept : si elle a dit "j'en ai besoin", on profane pour elle le Chabbat ; si elle a dit "je n'en ai pas besoin", on ne profane pas pour elle le Chabbat. Trente : même si elle a dit "j'en ai besoin", on ne profane pas pour elle le Chabbat, mais on fait [ce qu'il faut] par un araméen (non-Juif).

📜 Rachi (1)
חָיָה ג' יָמִים וְז' יָמִים וְל' יוֹם הֻוזְכְּרוּ בָּהּ לְחִילּוּק הִלְכוֹת חִילּוּל שַׁבָּת ל' מז' עַד הַשְׁלָמַת ל' וְכֵן ז' מג' עַד הַשְׁלָמַת ז':
L'accouchée, trois jours, sept jours et trente jours : ils ont été mentionnés à son sujet pour distinguer les lois de la profanation du Chabbat : trente, de sept jusqu'à l'achèvement de trente ; et de même sept, de trois jusqu'à l'achèvement de sept.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' כִּי אֲתָא רָבִין א"ר אָבָהוּ א"ר אֶלְעָזָר הֲלָכָה כַּר' אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה בֵּין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ בְּשַׁבָּת בֵּין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת בֵּין הַרְחָצַת כָּל גּוּפוֹ בֵּין הַרְחָצַת מִילָה מִפְּנֵי שֶׁסַּכָּנָה הִיא לוֹ. וְאָמְרִי רַבְּווָתָא שֶׁהֲלָכָה כְּר' אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה בְּיוֹם שְׁלִישִׁי כ"ש בְּיוֹם רִאשׁוֹן שֶׁמַּרְחִיצִין אוֹתוֹ כְּדַרְכּוֹ בֵּין לִפְנֵי הַנִּרְלֶה בֵּין לְאַחַר הַמִּילָה בֵּין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ בְּשַׁבָּת בֵּין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ בְּעֶרֶב שַׁבָּת. ואע"פ שֶׁכּוֹלְלָן רַב אִלְפָּס זַ"ל יַחַד וְכָתַב שֶׁמַּרְחִיצִין אוֹתוֹ כְּדַרְכּוֹ בֵּין לִפְנֵי הַמִּילָה בֵּין בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ וְכוּ' אֵין דִּינָן שָׁוֶה. דִּלְאַחַר הַמִּילָה כֵּיוָן דְּסַכָּנָה הוּא אֲפִילּוּ יִשְׂרָאֵל מַבְעִיר הָאֵשׁ וּמְחַמֵּם הַמַּיִם וְכָל הַזָּרִיז הֲרֵי זֶה מְשֻׁובָּח. אֲבָל לִפְנֵי הַמִּילָה אַפֵּי' ע"י נָכְרִי אָסוּר לְהָחֵם חַמִּין כִּדְמוֹכַח בְּפֶ' הֲדַר עֵרוּבִין דַּף סז: בְּהַהוּא יָנוֹקָא דְּאִישְׁתְּפוּךְ חַמִּימֵיהּ אֲמַר רַבָּה לַיְּתֵי לֵיהּ מִגּוֹ בִּיתַאי א"ל אַבַּיֵּי וְהָא לֹא עֵירְבוּ א"ל לִסְמֹוךְ אַשִּׁיתּוּף וְהָא לָא שִׁיתְּפוּ לֵימְרוּ לֵיהּ לְנָכְרִי דְּלֵיזַל וְלַייְתֵי מִגּוֹ בִּיתַאי. א"ל אַבַּיֵּי בְּעַאי לְאוֹתוֹבֵי לֵיהּ לְמָר וְלָא שַׁבְקַן רַב יוֹסֵף אָמַר רַב כָּהֲנָא כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב יְהוּדָה אֲמַר לַן בִּדְאוֹרָיְיתָא מוֹתְבִינַן תְּיוּבְתָּא וַהֲדַר עָבְדִינַן מַעֲשֶׂה בִּדְרַבָּנַן עָבְדִינַן מַעֲשֶׂה וַהֲדַר מוֹתְבִינַן תְּיוּבְתָּא. בָּתַר הָכִי א"ל מַאי בָּעֵית לְאוֹתוֹבֵי א"ל מִכְּדֵי הַזָּאָה שְׁבוּת וַאֲמִירָה לְנָכְרִי שְׁבוּת מָה הַזָּאָה אֵינָהּ דּוֹחָה שַׁבָּת אַף אֲמִירָה לְנָכְרִי אֵינָהּ דּוֹחָה שַׁבָּת. א"ל וְלָא שָׁנֵי לָךְ בֵּין שְׁבוּת דְּאִית בֵּהּ מַעֲשֶׂה לִשְׁבוּת דְּלֵית בֵּהּ מַעֲשֶׂה דְּהָא מָר לָא א"ל זִיל אַחֵים לִי. וְכָתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל כַּמָּה רַבְּוָותָא טָעוּ בְּפֵירוּשָׁא דְּהַאי מֵימְרָא דְּקָסָבְרִי הַאי דְּקָאָמַר לֵיהּ וְלָא שָׁנֵי לָךְ בֵּין שְׁבוּת דְּאִית בֵּהּ מַעֲשֶׂה לִשְׁבוּת דְּלֵית בֵּהּ מַעֲשֶׂה דְּבֵין שְׁבוּת דְּהַזָּאָה הוּא וּבֵין שְׁבוּת דַּאֲמִירָה הוּא. דִּשְׁבוּת דְּהַזָּאָה אִית בָּהּ מַעֲשֶׂה וּשְׁבוּת דַּאֲמִירָה לֵית בָּהּ מַעֲשֶׂה דְּדִיבּוּרָא בְּעָלְמָא הוּא וְקַשְׁיָא לְהוּ אַמַּאי הוֹאִיל וַאֲמִירָה לְנָכְרִי שְׁבוּת דְּלֵית בָּהּ מַעֲשֶׂה מַה לִי אָמַר לַיְיתֵי מִגּוֹ בִּיתַאי וּמַה לִי אָמַר זִיל אַחֵים לִי דְּתַרְוַוייְהוּ שְׁבוּת דְּלֵית בָּהּ מַעֲשֶׂה דְּדִיבּוּרָא בְּעָלְמָא הוּא וְשָׁרִי. וְאַטְעַי לְכוּלְּהוּ נֻוסְחַאי דִּגְמָרָא וְאָמְרוּ דְּלֵיתָא בַּגְּמָרָא דְּהָא מָר לָא אֲמַר לֵיהּ זִיל אַחִים אֶלָּא טָעוּתָא דְּנֻוסְחַאי. וְלָא כִּדְקָא סָבְרִי הוּא וְנֻוסְחַאי לֵית בְּהוּ טָעִיתָא אֶלָּא נֻוסְחַאי מְעַלְּיָא נִינְהוּ וְלָא פֵּירוּשָׁא כְּדִסְבִירָא לְהוּ אֶלָּא הָא דַּאֲמַר לֵיהּ וְלָא שָׁנֵי לֵיהּ לְמָר בֵּין שְׁבוּת דְּאִית בֵּהּ מַעֲשֶׂה לִשְׁבוּת דְּלֵית בֵּהּ מַעֲשֶׂה לֹא שְׁבוּת דְּהַזָּאָה קָאָמַר לֵיהּ אֶלָּא ה"ק לֵיהּ הַאי דְּקָאָמְרַתְּ אֲמִירָה לְנָכְרִי שְׁבוּת וְקָמִדְּמֵיתוּ לִשְׁבוּת דְּהַזָּאָה דַּאֲסִירָא וְלָא שְׁנֵי לָךְ בִּשְׁבוּת דַּאֲמִירָה גּוּפָא בֵּין שְׁבוּת דְּאִית בֵּהּ מְלָאכָה לִשְׁבּוֹת דְּלֵית בָּהּ מְלָאכָה דְּהָא מָר לָא אֲמַר לֵיהּ זִיל אַחֵים לִי דְּאִית בָּהּ מְלָאכָה אֶלָּא אַייְּתִי לִי מִגּוֹ בִּיתַאי קָאָמַר לֵיהּ דְּטִלְטוּל בְּעָלְמָא הוּא וְלֵית בָּהּ מְלָאכָה. וְשָׁמְעִי' מִינָּהּ דְּכִי אָמַר אֲמִירָה לְנָכְרִי שְׁבוּת וְאָסְרִינַן לָהּ לְצֹורֶךְ מִילָה ה"מ בְּמִילְּתָא דְּאִית בָּהּ מְלָאכָה אֲבָל מִילְּתָא דְּלֵית בָּהּ מְלָאכָה לָא אָמְרִינַן אֲמִירָה לְנָכְרִי שְׁבוּת וּמִילֵּי דִּבְרִירָן אִינּוּן וְלֵית בְּהוּ טָעוּתָא. וְהַאי דְּקָאָמַר שְׁבוּת דְּלֵית בָּהּ מַעֲשֶׂה וְלָא קָאָמַר שְׁבוּת דְּלֵית בָּהּ מְלָאכָה. מַעֲשֶׂה וּמְלָאכָה בְּהַאי עִנְיָינָא חֲדָא מִילְּתָא הִיא כִּדְאָמַר בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה דְּהַיְינוּ מְלָאכָה. וְכָךְ פר"י בפ"ק דְּגִיטִּין ח: דְּלָא שָׁרֵינַן אֲמִירָה לְנָכְרִי שְׁבוּת לְצֹורֶךְ הַמִּילָה אֶלָּא כְּשֶׁהָעוֹשֶׂה אֵינוֹ עוֹשֶׂה אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁהוּא אָסוּר מִדְּרַבָּנָן אֲבָל בְּאִיסּוּר דְּאוֹרָייְתָא לֹא וְהֵבִיא רְאָיָה מֵאִידָךְ עֻובְדָּא דְּפֶרֶק הֲדַר (עֵירוּבִין דַּף סח.) הַהוּא יָנוֹקָא דְּאִישְׁתְּפוּךְ חַמִּימֵי' אָמַר רָבָא לִישַׁיְּילֵיהּ לְאִימֵּיהּ אִי צְרִיכָא לְיָחֵם לֵיהּ אַגַּב אִימֵּיהּ ופרש"י לְיָחֵם לֵיהּ נָכְרִי אַגַּב אִימִּי' וְכֵן פר"ח זַ"ל. וְכֵן צָרִיךְ לִהְיוֹת דְּיוֹם שְׁמִינִי הָיָה וְהָיָה לְאַחַר שִׁבְעָה דַּאֲפִילּוּ אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת אֲבָל עוֹשִׂין לָהּ ע"י נָכְרִי כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּפֶרֶק מְפַנִּין (שַׁבָּת קכט.) וְדַוְקָא אַגַּב אִימֵּיהּ אֲבָל בִּשְׁבִיל עַצְמוֹ אַפֵּי' ע"י נָכְרִי לֹא. דְּדַוְקָא בְּאִידָךְ עֻובְדָּא לְאֵיתוֹיֵי דֶּרֶךְ חָצֵר וּמָבוֹי שֶׁלֹּא עֵירְבוּ וְשֶׁלֹּא נִשְׁתַּתְּפוּ הוּא דְּשָׁרֵי' ע"י נָכְרִי לְצֹורֶךְ הַמִּילָה אֲבָל בְּאִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא כְּגוֹן לְהָחֵם לוֹ חַמִּין לָא שָׁרֵינַן ע"י נָכְרִי. וּמִיהוּ בה"ג מַשְׁמַע דְּאַפֵּי' בְּאִיסּוּר דְּאוֹרָייְתָא שָׁרֵי ע"י נָכְרִי. כִּי כָּתְבוּ לוֹמַר לֵיהּ לְנָכְרִי דְּלַייְתֵי מִגּוֹ בִּיתַאי אַפֵּי' דֶּרֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים. וּלְפִי דִּבְרֵיהֶם צ"ל דְּהַךְ עֻובְדָּא דִּלְיָחֵם לֵיהּ אַגַּב אִימֵּיהּ לְאַחַר יוֹם שְׁלִישִׁי שֶׁל הַמִּילָה. וְרַב אִלְפָּס זַ"ל הֵבִיא נָמֵי דִּבְרֵי ה"ג שֶׁכָּתַב הֵיכָא דְּאִישְׁתְּפוּךְ חֲמִימֵיהּ דְּתִינוֹק יִשְׂרָאֵל וְאֶבְדּוֹר סַמְמָנֶיהָ בָּתַר דְּאִימְּהוּל עָבְדִינַן לֵיהּ בְּשַׁבְּתָא מִשּׁוּם סַכַּנְתָּא. וְהֵיכָא דְּאַיְּיתִי אִיזְמֵל מִמַּעֲלֵי שַׁבְּתָא לְשַׁבְּתָא וְאִיגְּנִיב אוֹ אִיפְּגִים אִי מִקַּמֵּי מִילָה שָׁרִי לְמֵימַר לְנָכְרִי לְצַבְתֵּיהּ אוֹ לַאֲתוּיֵי אִיזְמְלָא אַחַרְיַנָא. וְכָתַב רַב אִלְפָּס דְּאֵין לִסְמֹוךְ עָלָיו דְּטָעוּתָא הוּא וּמַה שֶּׁכָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁמַּרְחִיצִין אוֹתוֹ כְּדַרְכּוֹ לִפְנֵי הַמִּילָה בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ בְּשַׁבָּת לֹא שֶׁיֹּאמַר לְנָכְרִי לְהָחֵם אֶלָּא אִם הַנָּכְרִי עֲשָׂאָן לְעַצְמוֹ אוֹ אִם עָבַר יִשְׂרָאֵל וְהַחַם אוֹתָן בְּשַׁבָּת מַרְחִיצִין בָּהֶן אֶת הַקָּטָן אע"פ שֶׁאָסְרוּ רְחִיצַת כָּל גּוּפוֹ בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ אֲפִילּוּ מע"ש לְצֹורֶךְ הַמִּילָה שָׁרִי:
Guemara : Quand Ravin vint, il dit au nom de Rabbi Abahou au nom de Rabbi Elazar : la halakha est comme Rabbi Elazar ben Azaria, que ce soit avec de l'eau chauffée le Chabbat ou avec de l'eau chauffée la veille du Chabbat, que ce soit pour laver tout son corps ou pour laver [l'endroit de] la mila, car c'est un danger pour lui. Et les Maîtres (rabvata) disent que la halakha est comme Rabbi Elazar ben Azaria au troisième jour ; à plus forte raison au premier jour, on le lave de la manière habituelle, que ce soit avant la mila ou après la mila, avec de l'eau chauffée le Chabbat ou avec de l'eau chauffée la veille du Chabbat. Et bien que Rav Alfas (le Rif) les englobe ensemble et écrive qu'on le lave de la manière habituelle, que ce soit avant la mila ou après, avec de l'eau chauffée etc., leur statut n'est pas identique. Car après la mila, puisque c'est un danger, même un Juif allume le feu et chauffe l'eau, et quiconque se hâte est louable. Mais avant la mila, même par un non-Juif il est interdit de chauffer de l'eau, comme cela ressort du chapitre Ha-Dar (Erouvin 67b) : un enfant dont l'eau chaude s'était renversée. Rabba dit : qu'on lui en apporte de chez moi. Abaye lui dit : mais on n'a pas fait d'erouv ! Il lui dit : qu'on s'appuie sur le chitouf. - Mais on n'a pas fait de chitouf ! - Qu'on dise au non-Juif d'aller en apporter de chez moi. Abaye dit : je voulais objecter au Maître, et Rav Yossef ne me l'a pas permis, [car] Rav Kahana a dit : quand nous étions chez Rav Yehouda, il nous disait : dans ce qui est de la Torah, nous objectons d'abord, puis nous agissons ; dans ce qui est rabbinique, nous agissons d'abord, puis nous objectons. Après cela, il lui dit : que voulais-tu objecter ? Il lui dit : l'aspersion (haza'a) est un chevout (interdit rabbinique) et la parole au non-Juif (amira le-nokhri) est un chevout ; de même que l'aspersion ne repousse pas le Chabbat, de même la parole au non-Juif ne repousse pas le Chabbat. Il lui dit : et ne fais-tu pas de différence entre un chevout qui comporte un acte et un chevout qui ne comporte pas d'acte ? Car le Maître ne lui a pas dit : va me chauffer. Et Rav Alfas a écrit : plusieurs Maîtres se sont trompés dans l'explication de cette parole, car ils pensaient que ce qu'il lui dit, "ne fais-tu pas de différence entre un chevout qui comporte un acte et un chevout qui n'en comporte pas", [distinguait] entre le chevout de l'aspersion et le chevout de la parole : le chevout de l'aspersion comporte un acte, et le chevout de la parole ne comporte pas d'acte, puisque ce n'est qu'une parole. Et ils avaient une difficulté : pourquoi ? Puisque la parole au non-Juif est un chevout qui ne comporte pas d'acte, quelle différence y a-t-il entre dire "apporte de chez moi" et dire "va me chauffer" ? Les deux sont un chevout sans acte, une simple parole, et c'est permis. Et cela les a conduits à corriger toutes les versions de la Guemara, en disant que "car le Maître ne lui a pas dit : va chauffer" ne figure pas dans la Guemara, et que c'est une erreur des copies. Il n'en est pas comme ils le pensent : les versions ne comportent pas d'erreur, ce sont de bonnes versions, et l'explication n'est pas celle qu'ils pensent. Mais voici ce qu'il lui dit par "ne fais-tu pas de différence, Maître, entre un chevout qui comporte un acte et un chevout qui n'en comporte pas" : il ne parle pas du chevout de l'aspersion ; il lui dit ceci : tu dis que la parole au non-Juif est un chevout, et tu la compares au chevout de l'aspersion, qui est interdit ; ne fais-tu pas de différence, dans le chevout de la parole lui-même, entre un chevout qui comporte une melakha et un chevout qui ne comporte pas de melakha ? Car le Maître ne lui a pas dit "va me chauffer", qui comporte une melakha, mais il lui a dit "apporte-moi de chez moi", qui n'est qu'un simple déplacement et ne comporte pas de melakha. Et nous en apprenons que, lorsqu'on dit que la parole au non-Juif est un chevout et qu'on l'interdit pour les besoins de la mila, cela vaut pour une chose qui comporte une melakha ; mais pour une chose qui ne comporte pas de melakha, on ne dit pas que la parole au non-Juif est un chevout. Ce sont des choses claires, sans erreur. Et s'il dit "chevout qui ne comporte pas d'acte" et non "chevout qui ne comporte pas de melakha", [c'est que] acte et melakha, en cette matière, sont une seule chose, comme il est dit : "entre le septième jour et les six jours de l'acte", c'est-à-dire de la melakha. Et ainsi l'a expliqué le Ri au premier chapitre de Guittin (8b) : on ne permet la parole au non-Juif, [qui est un] chevout, pour les besoins de la mila, que lorsque celui qui agit ne fait qu'une chose interdite d'ordre rabbinique ; mais pour un interdit de la Torah, non. Et il en a apporté une preuve de l'autre récit du chapitre Ha-Dar (Erouvin 68a) : un enfant dont l'eau chaude s'était renversée ; Rava dit : qu'on interroge sa mère ; si elle en a besoin, qu'on chauffe pour lui par le biais de sa mère. Et Rachi a expliqué : que le non-Juif chauffe pour lui par le biais de sa mère ; et ainsi a expliqué Rabbenou Hananel. Et il doit en être ainsi, car c'était le huitième jour, donc après sept [jours], où même si elle dit "j'en ai besoin", on ne profane pas pour elle le Chabbat, mais on le fait pour elle par un non-Juif, comme il est dit plus haut au chapitre Mefanin (Chabbat 129a). Et seulement par le biais de sa mère ; mais pour lui-même, même par un non-Juif, non. Car c'est seulement dans l'autre récit, pour apporter [l'eau] par une cour et une impasse où l'on n'avait fait ni erouv ni chitouf, qu'on a permis par un non-Juif pour les besoins de la mila ; mais pour un interdit de la Torah, comme lui chauffer de l'eau, on ne permet pas par un non-Juif. Cependant, des Halakhot Guedolot il ressort que même pour un interdit de la Torah on permet par un non-Juif, car ils ont écrit qu'on dit au non-Juif d'apporter de chez moi, même par le domaine public. Et selon leurs paroles, il faut dire que ce récit ("qu'on chauffe pour lui par le biais de sa mère") se situait après le troisième jour de la mila. Et Rav Alfas a aussi cité les paroles des Halakhot Guedolot, qui écrivent : lorsque l'eau chaude d'un enfant juif s'est renversée et que ses remèdes se sont perdus après qu'il a été circoncis, on les lui fait le Chabbat, à cause du danger. Et lorsqu'on a apporté un scalpel (izmel) de la veille du Chabbat pour le Chabbat et qu'il a été volé ou ébréché, si c'est avant la mila, il est permis de dire au non-Juif de le réparer ou d'apporter un autre scalpel. Et Rav Alfas a écrit qu'on ne peut pas s'appuyer sur cela, car c'est une erreur. Et ce que Rav Alfas a écrit, qu'on le lave de la manière habituelle avant la mila avec de l'eau chauffée le Chabbat, [cela ne veut pas dire] qu'on dise au non-Juif de chauffer ; mais si le non-Juif les a faites pour lui-même, ou si un Juif a transgressé et les a chauffées le Chabbat, on y lave l'enfant ; car bien qu'on ait interdit le lavage de tout le corps avec de l'eau chauffée même la veille du Chabbat, pour les besoins de la mila c'est permis.
💡 Explication

Les Nehardeens découpent la période en trois paliers (voir le schéma de synthèse). Rachi précise que chaque palier commence à la fin du précédent : "sept" désigne les jours 4 à 7, "trente" les jours 8 à 30.

Au dernier palier, un Juif ne fait pas de melakha, mais on peut demander à un non-Juif (ici "araméen") de la faire.

Le Roch reproduit ici un passage de ses Piskei sur la mila (Chabbat 134) : il distingue l'eau chauffée après la mila (danger : un Juif la chauffe) et avant la mila (même par un non-Juif, interdit), et il s'appuie sur notre daf pour situer le récit d'Erouvin 68a après le septième jour.

7
כִּדְרַב עֻולָּא בְּרֵיהּ דְּרַב עִילַּאי, דְּאָמַר: כָּל צָרְכֵי חוֹלֶה נַעֲשִׂין עַל יְדֵי אַרְמַאי בְּשַׁבָּת, וְכִדְרַב הִמְנוּנָא, דְּאָמַר רַב הַמְנוּנָא: דָּבָר שֶׁאֵין בּוֹ סַכָּנָה — אוֹמֵר לַגּוֹי וְעוֹשֶׂה.

[Ceci est] conforme à Rav Oulla, fils de Rav Ilai, qui a dit : tous les besoins d'un malade se font par un araméen (non-Juif) le Chabbat ; et conforme à Rav Hamnouna, car Rav Hamnouna a dit : une chose qui ne comporte pas de danger, on la dit au non-Juif et il la fait.

📜 Rachi (3)
כָּל צָרְכֵי חוֹלֶה וְהָא חַיָּה עַד ל' יוֹם סְתָמָא חוֹלָה הִיא:
Tous les besoins d'un malade : or l'accouchée, jusqu'à trente jours, est par défaut une malade.
דָּבָר שֶׁאֵין בּוֹ סַכָּנָה חוֹלֶה שֶׁאִם לֹא יַעֲשׂוּ לוֹ רְפוּאָה זוֹ אֵין מְסֻוכָּן לָמוּת ומ"מ צָרִיךְ הוּא לָהּ:
Une chose qui ne comporte pas de danger : un malade qui, si on ne lui fait pas ce remède, n'est pas en danger de mort, mais qui en a tout de même besoin.
אוֹמֵר לַאֲרַמַּאי וְעוֹשֶׂה אֲבָל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ סַכָּנָה יִשְׂרָאֵל עַצְמוֹ עוֹשֶׂה לוֹ:
On le dit à l'araméen et il le fait : mais pour une chose qui comporte un danger, le Juif lui-même le fait pour lui.
💡 Explication

Deux catégories de malades : le holé ché-yech bo sakana (en danger) pour qui un Juif profane lui-même le Chabbat, et le holé ché-ein bo sakana (malade sans danger) pour qui l'on demande à un non-Juif. L'accouchée du 8e au 30e jour entre dans la seconde catégorie.

8
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לַחַיָּה שְׁלֹשִׁים יוֹם. לְמַאי הִלְכְתָא? אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי: לִטְבִילָה.

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : pour l'accouchée, trente jours. Pour quelle halakha ?

Les Nehardeens disent : pour l'immersion (tevila).

📜 Rachi (1)
לִטְבִילָה עַד ל' יוֹם לֹא תִּטְבֹּול מִפְּנֵי הַצִּינָּה:
Pour l'immersion : jusqu'à trente jours, elle ne s'immergera pas, à cause du froid.
9
אָמַר רָבָא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין בַּעְלָהּ עִמָּהּ, אֲבָל בַּעְלָהּ עִמָּהּ — בַּעְלָהּ מְחַמְּמָהּ. כִּי הָא דִּבְרַתֵּיה דְּרַב חִסְדָּא טְבַלָה בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין שֶׁלֹּא בִּפְנֵי בַּעְלָהּ וְאִצְטְנִיאַת, וְאַמְטְיוּהָא לְעַרְסַהּ בָּתְרֵיהּ דְּרָבָא לְפֻומְבְּדִיתָא.

Rava dit : nous ne l'avons dit que lorsque son mari n'est pas avec elle ; mais quand son mari est avec elle, son mari la réchauffe. Comme dans ce cas : la fille de Rav Hisda s'immergea au cours des trente jours, en l'absence de son mari ; elle prit froid, et on porta son lit [funéraire] derrière Rava à Poumbedita.

📜 Rachi (2)
שֶׁאֵין בַּעֲלָהּ עִמָּהּ וְהִיא טוֹבֶלֶת לִטְהָרוֹת:
Quand son mari n'est pas avec elle : et elle s'immerge pour les [aliments] purs.
בַּעֲלָהּ מְחַמְּמָהּ לְאַחַר טְבִילָה בְּתַשְׁמִישׁ וְהַגּוּף מִתְחַמֵּם מִן הַגּוּף:
Son mari la réchauffe : après l'immersion, par l'union conjugale, et le corps se réchauffe au contact du corps.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב חִייָּא בַּר אָשֵׁי לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם קוֹרוֹת בֵּיתוֹ וְיִקְנֶה בָּהֶן מִנְעָלִים לְרַגְלָיו. הִקִּיז דָּם וְאֵין לוֹ מַה לֶאֱכֹול יִמְכֹּור מִנְעָלִים מֵרַגְלָיו וְיַסְפִּיק מֵהֶם צָרְכֵי סְעוּדָה. מַאי צָרְכֵי סְעוּדָה. רַב אָמַר בָּשָׂר. וּשְׁמוּאֵל אָמַר יַיִן. רַב אָמַר בָּשָׂר נַפְשָׁא חֲלַף נַפְשָׁא. וּשְׁמוּאֵל אָמַר יַיִן סֻומָּקָא חֲלַף סֻומָּקָא: וְקוֹשְׁרִין אֶת הַטַּבּוּר ת"ר קוֹשְׁרִין אֶת הַטַּבּוּר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר אַף חוֹתְכִין. וְטוֹמְנִין אֶת הַשִּׁילְיָא כְּדֵי שֶׁיֵּחַם הַווָּלָד. אָמַר רַשְׁבָּ"ג בְּנוֹת מְלָכִים טוֹמְנִין אוֹתָם בִּסְפָלִים שֶׁל שֶׁמֶן. בְּנוֹת עֲשִׁירִים בִּסְפוֹגִין שֶׁל צֶמֶר. בְּנוֹת עֲנִיִּים בְּמוֹכִין אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי יוֹסֵי בְּטַבּוּר שֶׁל שְׁנֵי תִינוֹקוֹת שֶׁחוֹתְכִין. מ"ט מִנַּתְּחִי אַהֲדָדֵי וְאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ כָּל הָאָמוּר בְּפָרָשַׁת תּוֹכָחָה עוֹשִׂין לְחַיָּה בְּשַׁבָּת שֶׁנֶּאֱמַר וּמוֹלְדוֹתַיִךְ בְּיוֹם הוּלֶּדֶת אֹותָךְ מִכָּאן שֶׁמּוֹלִידִין אֶת הָאִשָּׁה בְּשַׁבָּת לֹא כָרַּת שָׁרֵּךְ מִכָּאן שֶׁחוֹתְכִים אֶת הַטַּבּוּר בְּשַׁבָּת. וּבְמַיִם לֹא רֻוחַצְתְּ לְמִישְׁעִי מִכָּאן שֶׁמַּרְחִיצִין אֶת הַוָּלָד בְּשַׁבָּת. וְהָמְלֵחַ לֹא הֻומְלַחַתְּ מִכָּאן שֶׁמּוֹלְחִין אֶת הַוָּלָד בְּשַׁבָּת. וְהָחְתֵּל לֹא חֻותָּלְתְּ מִכָּאן שֶׁמְּלַפְּפִין אֶת הַווָּלָד בְּשַׁבָּת: הַדְרָן עֲלָךְ מְפַנִּין
Rav Hiya bar Achi a dit : un homme doit toujours vendre les poutres de sa maison et acheter avec elles des chaussures pour ses pieds. S'il s'est fait saigner et n'a rien à manger, qu'il vende les chaussures de ses pieds et pourvoie avec elles aux besoins du repas. Quels sont les besoins du repas ? Rav dit : de la viande ; et Chmouel dit : du vin. Rav dit : de la viande, une vie à la place d'une vie ; et Chmouel dit : du vin, du rouge à la place du rouge. [Michna :] Et on noue le nombril. Nos Maîtres ont enseigné : on noue le nombril ; Rabbi Yossi dit : on le coupe aussi. Et on enveloppe le placenta pour que le nouveau-né ait chaud. Rabban Chimon ben Gamliel dit : les filles de rois l'enveloppent dans des bassins d'huile, les filles de riches dans des toisons de laine, les filles de pauvres dans des chiffons (mokhin). Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouha : les Sages reconnaissent à Rabbi Yossi, pour le cordon de deux nouveau-nés, qu'on le coupe. Pourquoi ? Parce qu'ils se tirent l'un l'autre. Et Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouha : tout ce qui est dit dans la section de la réprimande (Ye'hezkel 16), on le fait pour l'accouchée le Chabbat, car il est dit : "Et tes origines, au jour où tu es née" : de là, qu'on fait accoucher la femme le Chabbat ; "ton nombril n'a pas été coupé" : de là, qu'on coupe le nombril le Chabbat ; "et tu n'as pas été lavée dans l'eau pour être nettoyée" : de là, qu'on lave le nouveau-né le Chabbat ; "et tu n'as pas été frottée de sel" : de là, qu'on sale le nouveau-né le Chabbat ; "et tu n'as pas été emmaillotée" : de là, qu'on emmaillote le nouveau-né le Chabbat. Hadran alakh Mefanin (nous reviendrons à toi, chapitre Mefanin).
💡 Explication

La règle des trente jours concerne la tevila : une immersion dans l'eau froide expose l'accouchée affaiblie à un refroidissement. Rava limite la règle au cas où le mari est absent (Rachi : immersion pour pouvoir manipuler des aliments purs). Le récit tragique de l'épouse de Rava, fille de Rav Hisda, illustre le danger.

Le Roch place ici la fin de ses Piskei sur le chapitre : la saignée (129a) puis le nombril et le placenta (129b), avec la liste des soins permis le Chabbat tirée d'Ezechiel 16,4.

10
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: עוֹשִׂין מְדוּרָה לְחַיָּה בְּשַׁבָּת בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים. סְבוּר מִינָּה לַחַיָּה — אִין, לְחוֹלֶה — לֹא, בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים — אִין, בִּימוֹת הַחַמָּה — לֹא. וְלֹא הִיא, לָא שְׁנָא חַיָּה וְלָא שְׁנָא חוֹלֶה, לָא שְׁנָא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים וְלָא שְׁנָא בִּימוֹת הַחַמָּה. מִדְּאִתְּמַר, אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר שְׁמוּאֵל: הִקִּיז דָּם וְנִצְטַנֵּן — עוֹשִׂין לוֹ מְדוּרָה אֲפִילּוּ בִּתְקוּפַת תַּמּוּז.

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : on fait un feu pour l'accouchée le Chabbat pendant la saison des pluies. Ils en déduisirent : pour l'accouchée, oui ; pour le malade, non ; à la saison des pluies, oui ; à la saison chaude, non.

Mais il n'en est rien : il n'y a pas de différence entre l'accouchée et le malade, ni entre la saison des pluies et la saison chaude. Car il a été dit : Rav Hiya bar Avin a dit au nom de Chmouel : celui qui s'est fait saigner et a pris froid, on lui fait un feu, même à la saison (tekoufa) de Tammouz.

📜 Rachi (2)
מְדוּרָה הֶיסֵּק גָּדוֹל:
Un feu : un grand feu de chauffage.
הִקִּיז דָּם וכ"ש חוֹלֶה:
Qui s'est fait saigner : et à plus forte raison un malade.
💡 Explication

On aurait pu lire l'enseignement de Chmouel de manière restrictive. La Guemara le rejette à partir d'un autre enseignement de Chmouel : pour la saignée (hakaza), on allume un feu même en été (tekoufat Tammouz). Rachi : si c'est permis pour celui qui s'est fait saigner, à plus forte raison pour un malade.

11
שְׁמוּאֵל צַלַּחוּ לֵיהּ תַּכְתָּקָא דְּשָׁאגָא, רַב יְהוּדָה צַלַּחוּ לֵיהּ פָּתוּרָא דְיוֹנָה, לְרַבָּה צַלַּחוּ לֵיהּ שַׁרְשִׁיפָא.

Pour Chmouel, on fendit une chaise de chaga ; pour Rav Yehouda, on fendit une table de yavna ; pour Rabba, on fendit un banc.

📜 Rachi (3)
צַלַּחוּ לֵיהּ תַּכְתָּקָא דְּשָׁאגָא לֹא מָצְאוּ עֵצִים מוּכָנִים לְהֶיסֵּק בְּיוֹם הַקָּזָה וְצִוָּה וּבִקְּעוּ כִּסֵּא שֶׁל תִּדְהָר שֶׁהוּא מְעֻולֶּה בְּדָמִים:
On lui fendit une chaise de chaga : on ne trouva pas de bois préparé pour le chauffage le jour de la saignée, et il ordonna qu'on fende une chaise de tidhar, qui est d'un grand prix.
פָּתוּרָא דְּיוֹנָה מִין אֶרֶז הוּא וְרַבֵּינוּ הַלֵּוִי אָמַר בוי"ש:
Table de yavna : c'est une espèce de cèdre ; et Rabbenou Ha-Levi a dit : bouis (buis).
רָבָא צַלַּחוּ לֵיהּ שַׁרְשִׁיפָא סַפְסָל:
Pour Rava, on fendit un sarchifa : un banc.
💡 Explication

Ces Amoraim, après une saignée, ont sacrifié des meubles de valeur pour faire du feu, faute de bois disponible. Le segment suivant soulève la question du gaspillage.

12
וַאֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַבָּה: וְהָא קָעָבַר מָר מִשּׁוּם ״בַּל תַּשְׁחִית״! אֲמַר לֵיהּ: ״בַּל תַּשְׁחִית״ דְּגוּפַאי עָדִיף לִי.

Abaye dit à Rabba : mais le Maître transgresse [l'interdit de] "ne pas détruire" (bal tachhit) ! Il lui dit : le "ne pas détruire" de mon corps est plus important pour moi.

💡 Explication

Bal tachhit : l'interdit de détruire inutilement un objet utile (Devarim 20,19). Rabba répond que ne pas porter atteinte à son propre corps relève du même principe, et passe avant la préservation d'un meuble.

13
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם קוֹרוֹת בֵּיתוֹ וְיִקַּח מִנְעָלִים לְרַגְלָיו. הִקִּיז דָּם וְאֵין לוֹ מַה יֹּאכַל — יִמְכֹּור מִנְעָלִים שֶׁבְּרַגְלָיו וְיַסְפִּיק מֵהֶן צָרְכֵי סְעוּדָה.

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : un homme doit toujours vendre les poutres de sa maison et acheter des chaussures pour ses pieds. S'il s'est fait saigner et n'a rien à manger, qu'il vende les chaussures de ses pieds et pourvoie avec elles aux besoins du repas.

📜 Rachi (1)
וַיִּקַּח מִנְעָלִים שֶׁאֵין לְךָ בִּיזּוּי מִן הַמְהַלֵּךְ יָחֵף בַּשּׁוּק:
Et acheter des chaussures : car il n'est pas de plus grand déshonneur que de marcher pieds nus au marché.
14
מַאי צָרְכֵי סְעוּדָה? רַב אָמַר: בָּשָׂר, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: יַיִן. רַב אָמַר: בָּשָׂר — נַפְשָׁא חֲלַף נַפְשָׁא. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: יַיִן — סֻומָּקָא חֵלֶף סֻומָּקָא.

Que sont les besoins du repas ? Rav dit : de la viande ; et Chmouel dit : du vin.

Rav dit : de la viande - une vie à la place d'une vie (nafcha half nafcha). Et Chmouel dit : du vin - du rouge à la place du rouge (soumka half soumka).

📜 Rachi (1)
(מַאי) צָרְכֵי סְעוּדָה (צָרְכֵי) סְעוּדַת הַקָּזָה:
Les besoins du repas : le repas de la saignée.
⚖️ Rosh (1)
וּמְיַלְּדִין אֶת הָאִשָּׁה. ת"ר אִם הָיְתָה צְרִיכָה לְנֵר חֲבֶרְתָּהּ מַדְלֶקֶת אֶת הַנֵּר. אִם הָיְתָה צְרִיכָה שֶׁמֶן חֲבֶרְתָּהּ מְבִיאָה לָהּ בַּיָּד. וְאִם אֵין סִפּוּק בְּיָדָהּ מְבִיאָה לָהּ בִּשְׂעָרָהּ. וְאִם אֵין סִפּוּק בִּשְׂעָרָהּ מְבִיאָה לָהּ בִּכְלִי דֶּרֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים: אָמַר מָר אִם הָיְתָה צְרִיכָה לְנֵר חֲבֶרְתָּהּ מַדְלֶקֶת לָהּ אֶת הַנֵּר פְּשִׁיטָא. אָמַר רַב אָשֵׁי לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְסוּמָא. מַהוּ דְּתֵימָא כֵּיוָן דְּלָא חַזְיָא אֲסִיר קמ"ל דְּיַתּוֹבֵי מִיַּתְּבָא דַּעְתַּהּ סָבְרָא אִי צְרִיכְנָא מִידִי חַזְיָא חֲבִירְתִּי וְעַבְדָּא לִי. אָמַר מַר צְרִיכָה שֶׁמֶן וְכוּ' וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם סְחִיטָה. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ אֵין סְחִיטָה בְּשֵׂיעָר. וְרַב אַשִּׁי אָמַר אֲפִי' תֵּימָא יֵשׁ סְחִיטָה בְּשֵׂיעָר מְבִיאָה בִּכְלִי דֶּרֶךְ שְׂעָרָהּ דְּכַמָּה דְּאֶפְשָׁר לְשַׁנּוֹיֵי מְשַׁנִּינַן. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל חַיָּה כָּל זְמַן שֶׁהַקֶּבֶר פָּתוּחַ בֵּין שֶׁאָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי וּבֵין שֶׁלֹּא אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת נִסְתַּם הַקֶּבֶר אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת לֹא אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת רַב אָשֵׁי מַתְנֵי הָכִי. וּמַר זוּטְרָא מַתְנֵי הָכִי אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל חַיָּה כָּל זְמַן שֶׁהַקֶּבֶר פָּתוּחַ בֵּין אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי וּבֵין אָמְרָה לֹא צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. פִּי' כְּשֶׁחַבְרוֹתֶיהָ אוֹמְרוֹת שֶׁהִיא צְרִיכָה. נִסְתַּם הַקֶּבֶר אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת לֹא אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. א"ל רָבִינָא לְמָרִימָר מָר זוּטְרָא מַתְנֵי לְקֻולָּא וְרַב אָשֵׁי מַתְנֵי לְחֻומְרָא. הִלְכְתָא כְּמַאן. א"ל הִלְכְתָא כְּמַר זוּטְרָא דִּסְפֵק נְפָשׁוֹת לְהָקֵל. מֵאֵימָתַי פְּתִיחַת הַקֶּבֶר. אַבַּיֵּי אָמַר מִשֶּׁתֵּשֵׁב עַל הַמַּשְׁבֵּר. רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר מִשָּׁעָה שֶׁהַדָּם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד. וְאָמְרִי לַהּ מִשָּׁעָה שֶׁחַבְרוֹתֶיהָ מַשִּׁיאוֹת אוֹתָהּ בַּמִּטָּה. וְדָיְיקִי רַבְּווָתָא מִדְּלָא קָאָמַר רַב הוּנָא עַד שֶׁיַּתְחִיל הַדָּם לִהְיוֹת שׁוֹתֵת ש"מ דְּקֹודֶם שֶׁתֵּשֵׁב עַל הַמַּשְׁבֵּר קָאָמַר. וּכְאַבַּיֵּי עָבְדִינַן וְלֹא מְחַלְּלִין שַׁבָּת עַד שֶׁיְּהֵא הַדָּם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד וְתֵשֵׁב עַל הַמַּשְׁבֵּר. וּתְמֵיהֵנִי לָמָּה פָּסְקוּ סְפֵק נְפָשׁוֹת לְחוּמְרָא. עַד מָתַי פְּתִיחַת הַקֶּבֶר וְאַסִּיקְנָא נְהַרְדָּעֵי אָמְרִי חַיָּה ג' שִׁבְעָה שְׁלֹשִׁים. שְׁלֹשָׁה בֵּין אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי בֵּין אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. שִׁבְעָה אָמְרָה אֵין צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ הָא סְתָמָא מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. שְׁלֹשִׁים אַפֵּי' אָמְרָה צְרִיכָה אֲנִי אֵין מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת אֶלָּא עוֹשִׂין לָהּ ע"י נָכְרִי. כִּדְרַב עֻולָּא בְּרֵיהּ דְּרַב עִילַּאי דְּאָמַר כָּל צָרְכֵי חוֹלֶה עוֹשִׂין בְּשַׁבָּת ע"י נָכְרִי וְכִדְרַב הִמְנוּנָא דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין בּוֹ סַכָּנָה אוֹמֵר לְנָכְרִי וְעוֹשֶׂה. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל לְחַיָּה שְׁלֹשִׁים יוֹם לְמַאי הִלְכְתָא. אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי לִטְבִילָה. אָמַר רָבָא לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין בַּעְלָהּ עִמָּהּ אֲבָל בַּעְלָהּ עִמָּהּ בַּעְלָהּ מְחַמְּמָה: בְּרַתֵּיה דְּרַב חִסְדָּא טְבַלָה בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין שֶׁלֹּא בִּפְנֵי בַּעְלָהּ וְאִצְטְנִיאַת וְאַמְטְיוּהּ לְעַרְסָא בָּתְרֵיהּ דְּרָבָא לְפוּמְבְּדִיתָא: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב עוֹשִׂין מְדוּרָה לַחַיָּה בְּשַׁבָּת סְבוּר מִינָּה לְחַיָּה אִין לְחוֹלֶה לָא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים אִין בִּימוֹת הַחַמָּה לָא. וְאַסִּיקְנָא לָא שְׁנָא חַיָּה ול"ש חוֹלֶה ל"ש בִּימוֹת הַחַמָּה לָא שְׁנָא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים מִדְּאָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר שְׁמוּאֵל הִקִּיז דָּם וְנִצְטַנֵּן עוֹשִׂין לוֹ מְדוּרָה אֲפִילּוּ בִּתְקוּפַת תַּמּוּז. שְׁמוּאֵל צַלַּחוּ לֵיהּ תַּכְתָּקָא דְּשָׁאגָא רַב יְהוּדָה צַלַּחוּ לֵיהּ פָּתוּרָא דְיוֹנָה לְרַבָּה שַׁרְשִׁיפָא א"ל אַבַּיֵּי לְרַבָּה קָעָבַר מָר מִשּׁוּם בַּל תַּשְׁחִית. א"ל בַּל תַּשְׁחִית דְּגוּפָא עֲדִיף:
Et on fait accoucher la femme. Nos Maîtres ont enseigné : si elle a besoin d'une lampe, sa compagne lui allume la lampe ; si elle a besoin d'huile, sa compagne la lui apporte à la main ; et si ce n'est pas suffisant dans la main, elle la lui apporte dans ses cheveux ; et si ce n'est pas suffisant dans les cheveux, elle la lui apporte dans un récipient par le domaine public. Le Maître a dit : si elle a besoin d'une lampe, sa compagne lui allume la lampe. C'est évident ! Rav Achi dit : ce n'est nécessaire que pour une aveugle. On aurait pu dire : puisqu'elle ne voit pas, c'est interdit ; [la baraita] nous enseigne [que non], car son esprit est apaisé ; elle pense : si j'ai besoin de quelque chose, ma compagne le verra et me le fera. Le Maître a dit : si elle a besoin d'huile, etc. Et que l'on déduise [l'interdit] de l'essorage (sehita) ! Rabba et Rav Yossef disent tous deux : il n'y a pas d'essorage dans les cheveux. Et Rav Achi dit : tu peux même dire qu'il y a essorage dans les cheveux ; elle l'apporte dans un récipient [suspendu] à ses cheveux, car autant qu'il est possible de changer [la manière], on change. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : l'accouchée, tout le temps que le col est ouvert, qu'elle ait dit "j'en ai besoin" ou qu'elle n'ait pas dit "j'en ai besoin", on profane pour elle le Chabbat ; le col s'est fermé, si elle a dit "j'en ai besoin", on profane pour elle le Chabbat ; si elle n'a pas dit "j'en ai besoin", on ne profane pas pour elle le Chabbat. Rav Achi enseignait ainsi. Et Mar Zoutra enseignait ainsi : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : l'accouchée, tout le temps que le col est ouvert, qu'elle ait dit "j'en ai besoin" ou qu'elle ait dit "je n'en ai pas besoin", on profane pour elle le Chabbat - explication : quand ses compagnes disent qu'elle en a besoin. Le col s'est fermé : si elle a dit "je n'en ai pas besoin", on ne profane pas pour elle le Chabbat ; si elle n'a pas dit "je n'en ai pas besoin", on profane pour elle le Chabbat. Ravina dit à Mareimar : Mar Zoutra enseigne dans le sens de l'indulgence et Rav Achi dans le sens de la sévérité ; selon qui est la halakha ? Il lui dit : la halakha est comme Mar Zoutra, car dans le doute concernant des vies on est indulgent. À partir de quand [compte] l'ouverture du col ? Abaye dit : dès qu'elle s'assied sur le machber. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, dit : à partir du moment où le sang s'écoule et descend. Et certains disent : à partir du moment où ses compagnes la portent sur le lit. Et les Maîtres (rabvata) déduisent : puisque Rav Houna n'a pas dit "jusqu'à ce que le sang commence à s'écouler", on en apprend qu'il parle d'avant qu'elle s'asseye sur le machber. Et nous agissons selon Abaye, et on ne profane pas le Chabbat avant que le sang ne s'écoule et descende et qu'elle s'asseye sur le machber. Et je m'étonne : pourquoi ont-ils tranché, dans le doute concernant des vies, dans le sens de la sévérité ? Jusqu'à quand dure l'ouverture du col ? Et nous avons conclu : les Nehardeens disent : l'accouchée - trois, sept, trente. Trois : qu'elle ait dit "j'en ai besoin" ou qu'elle ait dit "je n'en ai pas besoin", on profane pour elle le Chabbat. Sept : si elle a dit "je n'en ai pas besoin", on ne profane pas pour elle ; donc sans précision, on profane pour elle le Chabbat. Trente : même si elle a dit "j'en ai besoin", on ne profane pas pour elle le Chabbat, mais on fait pour elle par un non-Juif, conformément à Rav Oulla fils de Rav Ilai, qui a dit : tous les besoins d'un malade se font le Chabbat par un non-Juif ; et conformément à Rav Hamnouna, qui a dit : une chose qui ne comporte pas de danger, on la dit au non-Juif et il la fait. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : pour l'accouchée, trente jours ; pour quelle halakha ? Les Nehardeens disent : pour l'immersion. Rava dit : nous ne l'avons dit que lorsque son mari n'est pas avec elle ; mais quand son mari est avec elle, son mari la réchauffe. La fille de Rav Hisda s'immergea au cours des trente jours en l'absence de son mari, elle prit froid, et on porta son lit [funéraire] derrière Rava à Poumbedita. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : on fait un feu pour l'accouchée le Chabbat. Ils en déduisirent : pour l'accouchée, oui ; pour le malade, non ; à la saison des pluies, oui ; à la saison chaude, non. Et nous avons conclu : il n'y a pas de différence entre l'accouchée et le malade, ni entre la saison chaude et la saison des pluies, puisque Rav Hiya bar Avin a dit au nom de Chmouel : celui qui s'est fait saigner et a pris froid, on lui fait un feu même à la saison de Tammouz. Pour Chmouel, on fendit une chaise de chaga ; pour Rav Yehouda, on fendit une table de yavna ; pour Rabba, un banc. Abaye dit à Rabba : le Maître transgresse [l'interdit de] "ne pas détruire" ! Il lui dit : le "ne pas détruire" du corps est plus important.
💡 Explication

Après une saignée, il faut reconstituer ses forces. Rav : de la viande, car elle restaure la force vitale (nefech, vie pour vie). Chmouel : du vin rouge, qui remplace le sang rouge perdu.

Le Roch résume toute la sougya de l'accouchée (128b-129a) et tranche : on profane selon Mar Zoutra ; pour le début de l'ouverture, la pratique suit Abaye, mais le Roch s'étonne de cette sévérité en cas de doute sur la vie. À noter : sa version de Mar Zoutra pour le col fermé diffère légèrement de celle de notre texte.

15
(סִימָן ״שֶׁנִּמְסַר״).

(Signe mnémotechnique : ChNMSR.)

💡 Explication

Moyen de retenir l'ordre des Sages du segment suivant : Chmouel, rabbi Yo'hanan (Noun), Rav NahMan, Rav YoSef, Rava.

16
שְׁמוּאֵל בְּיוֹמָא דַּעֲבַד מִילְּתָא, עָבְדִי לֵיהּ תַּבְשִׁילָא דִטְחָלֵי. רַבִּי יוֹחָנָן שָׁתֵי עַד דְּנָפֵיק תִּיהְיָא מֵאֻונֵּיהּ. וְרַב נַחְמָן שָׁתֵי עַד דְּקָפֵי טְחָלֵיהּ. רַב יוֹסֵף שָׁתֵי עַד דְּנָפֵיק מֵרִיבְדָּא דְכוּסִילְתָּא. רָבָא מְהַדַּר אַחַמְרָא בַּר תְּלָתָא טַרְפֵי.

Chmouel, le jour où il faisait "la chose" (la saignée), on lui préparait un plat de rates. Rabbi Yo'hanan buvait [du vin] jusqu'à ce que l'odeur sorte de ses oreilles.

Rav Nahman buvait jusqu'à ce que sa rate flotte. Rav Yossef buvait jusqu'à ce que [le vin] sorte par l'incision de la saignée.

Rava recherchait du vin de trois feuilles.

📜 Rachi (7)
בְּיוֹמָא דְּמִלְּתָא דְּהַקָּזָה:
Le jour de la chose : de la saignée.
דִּטְחָלִי טְחוֹל סֻומָּקָא חֵלֶף סֻומָּקָא:
De rates : la rate [est] rouge, du rouge à la place du rouge.
עַד דְּנָפֵיק תִּיהִי הָרֵיחַ:
Jusqu'à ce que sorte l'odeur : l'odeur.
מֵאֻונֵּיהּ מֵאָזְנָיו מְרִיחִין הַיַּיִן:
De ses oreilles : ses oreilles sentaient le vin.
עַד דְּקָפֵי טְחָלֵיהּ טְחוֹל שֶׁלּוֹ צָף בְּיַיִן:
Jusqu'à ce que sa rate flotte : sa rate flottait dans le vin.
מֵרִיבְדָּא דְּכוּסִילְתָּא נִקְבֵי כְּלִי הָאֻומָּן שֶׁבִּבְשָׂרוֹ פלימ"א:
De l'incision de la lancette : les trous faits dans sa chair par l'instrument du saigneur, flieme (lancette, en vieux français).
בַּר תְּלָתָא טַרְפֵי בֶּן ג' שָׁנִים שֶׁטָּעֲנָה אִמּוֹ מִשֶּׁנִּקְלַט ג' עָלִין חֲדָשִׁין:
De trois feuilles : [vin] de trois ans, [issu d'une vigne] dont la mère a porté [ces raisins] depuis qu'ont pris trois feuilles nouvelles.
💡 Explication

Usages des Amoraim le jour de la saignée, que la Guemara appelle par euphémisme avidat milta ("faire la chose"). Chacun applique à sa manière le principe de Chmouel : du rouge à la place du rouge (rate, vin).

17
אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרַבָּנַן: בְּמָטוּתָא מִינַּייְכוּ, בְּיוֹמָא דְהַקָּזָה אֱמַרוּ לְבֵיתַיְיכוּ: נַחְמָן אִקְּלַע לְגַבֵּן.

Rav Nahman bar Yitshak dit aux Sages : je vous en prie, le jour de la saignée, dites à vos maisonnées : "Nahman est venu chez nous."

📜 Rachi (2)
לְרַבָּנָן לְתַלְמִידָיו:
Aux Sages : à ses disciples.
אָמְרוּ נַחְמָן אִיקְּלַע לְגַבֵּן הִרְבּוּ בִּסְעוּדָה כְּאִילּוּ אֲנִי סוֹעֵד אֶצְלְכֶם:
Dites : Nahman est venu chez nous - augmentez le repas comme si je prenais un repas chez vous.
💡 Explication

Par égard pour un hôte important, l'épouse prépare un repas plus copieux ; ainsi l'élève qui s'est fait saigner mange convenablement.

18
וְכוּלְּהוּ אַעֲרוּמַי אֲסִירִי, בַּר מֵהַאי עָרְמָה דִּשְׁרֵי: מַאן דְּעָבֵיד מִילְּתָא וְלָא אֶפְשָׁר לֵיהּ, לִישְׁקוֹל זוּזָא מָכָא וְלֵיזִיל לְשַׁב חַנְוָאתָא, עַד דְּטָעֵים שִׁיעוּר רְבִיעֲתָא. וְאִי לָא — לֵיכוֹל שַׁב תַּמְרֵי אֻוכָּמָתָא, וְלֵישׁוּף מִישְׁחָא בְּצִידְעֵיהּ, וְנִיגְנֵי בְּשִׁמְשָׁא.

Et toutes les ruses sont interdites, sauf cette ruse qui est permise : celui qui a fait "la chose" et n'en a pas les moyens, qu'il prenne un zouz usé et aille dans sept boutiques, jusqu'à ce qu'il ait goûté la mesure d'un revi'it. Et sinon, qu'il mange sept dattes noires, s'enduise d'huile les tempes et se couche au soleil.

📜 Rachi (6)
בַּר מֵהַהִיא עָרְמָה: דִּמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Sauf cette ruse : qu'il explique ensuite.
וְלָא אֶפְשָׁר לֵיהּ לִקְנוֹת יַיִן:
Et n'en a pas les moyens : d'acheter du vin.
לִשְׁקוֹל זוּזָא מָכָא זוּז רַע וּפָחוֹת שֶׁאֵינוֹ יוֹצֵא בְּהוֹצָאָה:
Qu'il prenne un zouz usé : un zouz mauvais et diminué, qui n'a pas cours.
וְלִיזִּיל לְשֵׁב חָנוּתָא וְדֶרֶךְ הַלּוֹקְחִים לְטוֹעֲמוֹ תְּחִלָּה שֶׁיְּהֵא טוֹב וְיִטְעֹום וּכְשֶׁיִּתֵּן לוֹ הַזּוּז וְהַחֶנְווָנִי יִמְצָאֶנּוּ רַע וְלֹא יְקַבְּלֶנּוּ וְהוּא יֵלֵךְ לַחֲנוּת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כֵּן:
Et aille dans sept boutiques : l'usage des acheteurs est de goûter d'abord [le vin] pour voir s'il est bon ; il goûtera, et quand il donnera le zouz, le boutiquier le trouvera mauvais et ne l'acceptera pas ; et il ira à une autre boutique et fera de même.
וְאִי לָא דְּאֵין לוֹ זוּז רַע:
Et sinon : s'il n'a pas de zouz usé.
וְלֵישׁוּף מִשְׁחָא בְּצִידְעֵיהּ בְּרַקָּתוֹ וְהַתְּמָרִים וְהַשֻּׁומָּן מְחַמְּמִין אוֹתוֹ:
Qu'il s'enduise d'huile les tempes : ses tempes ; les dattes et la graisse le réchauffent.
💡 Explication

La ruse (arma) consiste à goûter le vin comme un acheteur, puis à offrir une pièce refusée. Elle est tolérée en raison du danger lié à la saignée. Revi'it : un quart de log, mesure standard d'une boisson.

19
אַבְלֵט אַשְׁכְּחֵיהּ לִשְׁמוּאֵל דְּגָנֵי בְּשִׁמְשָׁא. אֲמַר לֵיהּ: חַכִּימָא דִּיהוּדָאֵי, בִּישָׁא מִי הָוֵי טָבָא?! אֲמַר לֵיהּ: יוֹמָא דְּהַקָּזָה הוּא.

Ablat trouva Chmouel couché au soleil. Il lui dit : sage des Juifs, ce qui est mauvais peut-il devenir bon ?

Il lui dit : c'est un jour de saignée.

📜 Rachi (1)
בִּישָׁא מִי הֲוָה טָבָא חֹום הַשֶּׁמֶשׁ שֶׁהוּא קָשֶׁה לָאָדָם כְּלוּם מֵטִיב לוֹ:
Ce qui est mauvais peut-il devenir bon ? : la chaleur du soleil, qui est dure pour l'homme, lui fait-elle du bien en quoi que ce soit ?
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲמַר לֵיהּ: חַכִּימָא דִּיהוּדָאֵי, בִּישָׁא מִי הָוֵי טָבָא. נִרְאֶה לִי בס"ד מִלְּבַד פְּשַׁט הַדְּבָרִים רָמַז לוֹ בָּזֶה רֶמֶז, מִצַּד הַקְּלִיפָּה שֶׁמְּדַבֶּרֶת בִּגְרוֹנוֹ בִּרְאוֹתוֹ יוֹשֵׁב בַּשֶּׁמֶשׁ שֶׁהוּא אוֹהֵב אוֹתָהּ, וְיָדוּעַ מַה שֶׁכָּתַב בְּפֶתַח עַיְּינִים בְּשֵׁם זֹוהַר חָדָשׁ כִּי שֶׁמֶשׁ מַזַּל יַעֲקֹב, וְיָרֵחַ מַזַּל עֵשָׂו, וְעַתָּה בָּעוֹלָם הַזֶּה נָתַן הקב"ה שֶׁל זֶה בָּזֶה, הַיָּרֵחַ לְיַעֲקֹב בָּעוֹלָם הַזֶּה, עַל כֵּן רוֹאִין צָרוֹת וְחֶסְרוֹנוֹת, וְהַשֶּׁמֶשׁ לְעֵשָׂו בָּעוֹלָם הַזֶּה, עַל כֵּן רוֹאִין רֹוב טוֹבָה וּשְׂרָרָה בְּיוֹתֵר עַד כָּאן דְּבָרָיו עַייֵּן שָׁם. וְלָזֶה אָמַר לוֹ חַכִּימָא דִּיהוּדָאֵי , שֶׁהָיְתָה הַשֶּׁמֶשׁ שֶׁלָּכֶם וְנִיטְּלָה מֵאִתְּכֶם וְנִיתְּנָה לְעֵשָׂו, בִּישָׁא זֶה עָשׂוּ מִי הָוֵי טָבָא כְּדֵי שֶׁנָּתַן לוֹ הקב"ה אֶת הַשֶּׁמֶשׁ שֶׁבָּזֶה יֵשׁ לוֹ טוֹבָה וּשְׂרָרָה גְּדוֹלָה. וְהֵשִׁיב לָהּ בְּרֶמֶז יוֹמָא דְּהַקָּזָה הוּא , רְצוֹנוֹ לוֹמַר עוֹלָם הַזֶּה הוּא יוֹמָא דְּהַקָּזָה שֶׁצָּרִיךְ לִמְשֹׁוךְ בּוֹ נִיצוֹצֵי הַקְּדֻושָּׁה מִן הַקְּלִיפָּה, וְזוֹ הַהַמְשָׁכָה שֶׁל נִיצוֹצֵי הַקְּדֻושָּׁה תִּהְיֶה עַל יְדֵי שֶׁתִּרְאֶה אֻומַּת עֵשָׂו רֹוב טוֹבָה וּשְׂרָרָה וּבָזֶה תִּפְלוֹט הַקְּלִיפָּה שֶׁלָּהֶם נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה, וּכְמוֹ מָשָׁל דְּאִיכָּא בַּמִּדְרָשׁ (אֶסְתֵּר רַבָּה פָּרָשָׁה ז) בִּמְגִילַּת אֶסְתֵּר בַּפָּסוּק (אֶסְתֵּר ג, א) אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה גִּדַּל הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ אֶת הָמָן וְכוּ', מָשָׁל לְאָדָם שֶׁהָיָה לוֹ סְיָיחָה וַחֲמוֹרָה וַחֲזִירָה וְכוּ', שֶׁאֵין מַאֲכִילִין אוֹתָהּ לְטוֹבָתָהּ אֶלָּא בִּשְׁבִיל טוֹבָתָם לִשְׁחֹוט אוֹתָהּ וּלְאָוכְלָהּ אַחַר כָּךְ עַייֵּן שָׁם. וְכֵן הָעִנְיָן בְּאֻומַּת, עָשׂוּ שֶׁנָּתַן לָהֶם בָּעוֹלָם הַזֶּה הַשֶּׁמֶשׁ כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה לָהֶם טוֹבָה וּשְׂרָרָה, וְכָל זֶה לְרָעָתָם וּלְטוֹבַת יִשְׂרָאֵל שֶׁבָּזֶה הַמְּנוּחָה וְטוֹבָה וְשַׁלְוָה שֶׁיֵּשׁ לָהֶם יְכוֹלִים לְבָרֵר הַנִּיצוֹצוֹת קְדוֹשָׁה מֵהֶם. וְלָזֶה אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה (תְּהִלִּים ד, ח) נָתַתָּה שִׂמְחָה בְלִבִּי מֵעֵת דְּגָנָם וְתִירוֹשָׁם רָבּוּ. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי הַכָּתוּב בס"ד (יְשַׁעְיָהוּ ט, ב) הָרִבִּית הַגּוֹי לֹא [לוֹ] הַגְדָּלַת הַשִּׂמְחָה, כְּתִיב לֹא בְּאָלֶף וְקָרֵינַן לוֹ בְּוָא"ו וְדָרְשִׁינַן לְתַרְוַוייְהוּ כְּאִלּוּ אָמַר לֹא לוֹ הִגְדַּלְתָּ הַשִּׂמְחָה. וְעִנְיַן פְּלֵיטָה זוֹ שֶׁל נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה הוּא כְּמוֹ עִנְיַן הַהַקָּזָה, וְלָכֵן קָרֵי לְעוֹלָם הַזֶּה יוֹמָא דְּהַקָּזָה , וְאֶחָד גְּמַר הַהַקָּזָה שֶׁיִּתְבָּרְרוּ וְיֵצְאוּ כָּל נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה אָז תַּחֲזֹור הַשֶּׁמֶשׁ לְיִשְׂרָאֵל, כְּדִכְתִיב (מַלְאָכִי ג, כ) וְזָרְחָה לָכֶם יִרְאֵי שְׁמִי שֶׁמֶשׁ צְדָקָה וּמַרְפֵּא בִּכְנָפֶיהָ. וּלְפִי פְּשׁוּטָן שֶׁל דְּבָרִים נִרְאֶה לִי נָמֵי דְּלָא שִׁיקֵּר חָס וְחָלִילָה בָּזֶה שֶׁאָמַר לוֹ יוֹמָא דְּהַקָּזָה , כִּי לֹא אָמַר שֶׁהוּא הִקִּיז, אֶלָּא אָמַר יוֹם זֶה זֶה הוּא טוֹב לְהַקָּזָה, כִּי אֶפְשָׁר דְּאוֹתוֹ הַיּוֹם הָיָה פֻּורְסָא דְּדָמָהּ דְּקָאָמַר הַשַּׁ"ס הָכָא.
Il lui dit : sage des Juifs, ce qui est mauvais peut-il devenir bon ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'outre le sens simple des paroles, il lui a fait la une allusion, du côté de la klipa (écorce, force d'impureté) qui parlait par sa gorge, en le voyant assis au soleil, qu'il aime. Et l'on sait ce qu'a écrit le Petah Einayim au nom du Zohar Hadach : le soleil est le mazal (astre) de Yaakov et la lune le mazal d'Essav ; et maintenant, en ce monde, le Saint, béni soit-Il, a donné ce qui revient à l'un à l'autre : la lune à Yaakov en ce monde - c'est pourquoi ils voient des détresses et des manques - et le soleil à Essav en ce monde - c'est pourquoi ils voient beaucoup de bien et de domination. Fin de ses paroles, voir là-bas. C'est pourquoi il lui dit "sage des Juifs" : le soleil était à vous, il vous a été retiré et a été donné à Essav. "Ce qui est mauvais" : c'est Essav ; "est-il devenu bon" pour que le Saint, béni soit-Il, lui donne le soleil, par lequel il a bien et grande domination ? Et il lui répondit par allusion : "c'est un jour de saignée", c'est-à-dire : ce monde est un jour de saignée, où il faut tirer les étincelles (nitsotsot) de sainteté hors de la klipa ; et cette extraction des étincelles de sainteté se fera par le fait que la nation d'Essav voit beaucoup de bien et de domination, et par là leur klipa rejettera des étincelles de sainteté. C'est comme la parabole du Midrach (Esther Rabba 7) sur le verset (Esther 3,1) "Après ces événements, le roi Assuérus éleva Haman", etc. : parabole d'un homme qui avait une pouliche, une ânesse, une truie, etc. ; on ne la nourrit pas pour son bien, mais pour leur propre bien, afin de l'abattre et de la manger ensuite ; voir là-bas. Il en va de même pour la nation d'Essav : on lui a donné en ce monde le soleil pour qu'elle ait bien et domination, et tout cela est pour son mal et pour le bien d'Israël, car par ce repos, ce bien et cette quiétude qu'ils ont, on peut extraire d'eux les étincelles de sainteté. C'est pourquoi David le roi, que la paix soit sur lui, a dit (Tehilim 4,8) : "Tu as mis la joie dans mon cœur, du temps où leur blé et leur vin abondaient." Et par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, le verset (Yechayahou 9,2) : "Tu as multiplié la nation, pour elle (lo) tu as agrandi la joie" : il est écrit lo avec un alef (non) et on lit lo avec un vav (pour elle), et nous interprétons les deux, comme s'il disait : ce n'est pas pour elle que tu as agrandi la joie. Et cette expulsion des étincelles de sainteté est comme la saignée ; c'est pourquoi il appelle ce monde "jour de saignée". Et lorsque la saignée sera achevée, que toutes les étincelles de sainteté auront été triées et seront sorties, alors le soleil reviendra à Israël, comme il est écrit (Malakhi 3,20) : "Et pour vous qui craignez Mon Nom se lèvera le soleil de justice, avec la guérison dans ses ailes." Et selon le sens simple des paroles, il me semble aussi qu'il n'a pas menti, à D.ieu ne plaise, en lui disant "c'est un jour de saignée", car il n'a pas dit qu'il s'était fait saigner ; il a dit : ce jour est bon pour la saignée, car il est possible que ce jour ait été la [période] de la saignée dont parle ici la Guemara.
💡 Explication

Ablat, un sage non-juif ami de Chmouel, s'étonne de le voir au soleil, considéré comme nocif. Chmouel explique que, le jour d'une saignée, le soleil réchauffe et fait du bien.

Le Ben Yehoyada lit l'échange comme une allusion : le soleil, donné en ce monde à Essav, sert en réalité à extraire les nitsotsot (étincelles de sainteté) de la klipa ; ce monde est un "jour de saignée" avant que le soleil revienne à Israël.

20
וְלֹא הִיא, אֶלָּא אִיכָּא יוֹמָא דִּמְעַלֵּי בֵּהּ שִׁמְשָׁא בְּכֻולַּהּ שַׁתָּא — יוֹמָא דְּנָפְלָה בֵּיהּ תְּקוּפַת תַּמּוּז. וְסָבַר: לָא אִיגְלֵי לֵיהּ.

Mais il n'en est rien. Plutôt : il y a un jour dans toute l'année où le soleil est bienfaisant : le jour où tombe la tekoufa (solstice) de Tammouz.

Et il pensait : je ne le lui révélerai pas.

💡 Explication

La Guemara corrige : la vraie raison n'était pas la saignée, mais le jour du solstice d'été, où le soleil est bénéfique. Chmouel a préféré ne pas divulguer ce savoir à Ablat.

21
(הֵיקֵיל בְּרוּחַ טַעְמָא שָׁהָה — סִימָן) רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כָּל הַמַּקֵּיל בִּסְעוּדַת הַקָּזַת דָּם — מְקִילִּין לוֹ מְזוֹנוֹתָיו מִן הַשָּׁמַיִם, וְאוֹמְרִים: הוּא עַל חַיָּיו לֹא חָס, אֲנִי אָחוּס עָלָיו?!

(Signe mnémotechnique : heikil, be-roua'h, taama, chaha.) Rav et Chmouel disent tous deux : quiconque néglige (mekil) le repas de la saignée, on néglige pour lui sa subsistance depuis le Ciel, et l'on dit : lui n'a pas eu pitié de sa propre vie, et Moi, J'aurais pitié de lui ?!

💡 Explication

Le signe annonce les quatre enseignements de Rav et Chmouel qui suivent : heikil (négliger le repas), roua'h (le vent), taama (goûter avant de sortir), chaha (attendre, au daf suivant). Mesure pour mesure : qui méprise sa santé voit sa subsistance négligée.

22
רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: הַאי מַאן דְּעָבֵיד מִילְּתָא — לָא לִיתִּיב הֵיכָא דִּכְרִיךְ זִיקָא, דִּילְמָא שָׁפֵי לֵיהּ אֻומָּנָא וּמוֹקֵים לֵיהּ אַרְבִיעֵתָא, וְאָתֵי זִיקָא וְשָׁאֵיף מִינֵּיהּ, וְאָתֵי לִידֵי סַכָּנָה.

Rav et Chmouel disent tous deux : celui qui fait "la chose" ne doit pas s'asseoir là où le vent tourbillonne, de peur que le saigneur ne l'ait vidé [de son sang] et ne l'ait laissé à un revi'it ; le vent viendrait et en tirerait encore, et il en viendrait au danger.

📜 Rachi (3)
הֵיכָא דִּכְרִיךְ זִיקָא אינדרו"ן שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חַלּוֹנוֹת וְהָרוּחַ נִכְנֶסֶת בָּהֶם נִכְרֶכֶת וּמִתְגַּלְגֶּלֶת באינדרו"ן:
Là où le vent tourbillonne : un indron (galerie) qui a des fenêtres ; le vent y entre, tourbillonne et roule dans l'indron.
דִּילְמָא שָׁפֵי לֵיהּ אֻומָּנָא מְרִיקוֹ מִדָּמוֹ כְּמוֹ הַשּׁוֹפֶה יַיִן לַחֲבֵירוֹ (בּ"מ דַּף ס.):
De peur que le saigneur ne l'ait vidé : qu'il ait vidé son sang, comme celui qui verse (chofe) du vin à son prochain (Bava Metsia 60a).
וּמוּקִי לֵיהּ אַרְבִיעֲתָא לֹא הִנִּיחַ בּוֹ דָּם אֶלָּא כְּדֵי חַיָּיו דְּהַייְנוּ רְבִיעִית וַהֲדַר אָתֵי לֵיהּ זִיקָא וְשָׁיֵיף לֵיהּ מִדַּם הַנּוֹתָר בְּגוּפוֹ וּמְחַסְּרוֹ מִשִּׁיעוּרוֹ וּמִסְתַּכֵּן:
Et ne l'ait laissé à un revi'it : il ne lui a laissé de sang que ce qu'il faut pour sa vie, c'est-à-dire un revi'it ; puis le vent vient, tire du sang restant dans son corps, le fait descendre en dessous de sa mesure, et il est en danger.
💡 Explication

Le revi'it de sang est considéré comme le minimum vital. Si la saignée a laissé tout juste cette quantité, le courant d'air, qui "aspire" selon la Guemara, peut faire passer sous le seuil.

23
שְׁמוּאֵל הֲוָה רְגִיל דְּעָבֵיד מִילְּתָא בְּבֵיתָא דְּשַׁב לִבְנֵי וְאַרְחָא. יוֹמָא חֲדָא עֲבַד, וְאַרְגִּישׁ בְּנַפְשֵׁיהּ. בְּדַק וַחֲסַר חַד אַרְחָא.

Chmouel avait l'habitude de faire "la chose" dans une maison [aux murs] de sept briques et demie. Un jour, il la fit et se sentit [faible].

Il vérifia : il manquait une demi-brique.

📜 Rachi (3)
שָׁב לְבֵינֵי וַאֲרִיחָא עֹובִי הַחוֹמָה ז' לְבֵינִים מֻוטָּלִין לְרָחְבָּן זֶה אֵצֶל זֶה דְּכָל לְבֵינָהּ ג"ט וַאֲרִיחָא אָרִיחַ חֲצִי לְבֵינָהּ טֶפַח וּמֶחֱצָה:
Sept briques et demie : l'épaisseur du mur, sept briques posées dans leur largeur l'une à côté de l'autre, car chaque brique [fait] trois tefahim ; et arih, un arih, c'est une demi-brique, un tefah et demi.
אַרְגִּישׁ בְּנַפְשֵׁיהּ הִרְגִּישׁ בְּעַצְמוֹ שֶׁהוּא נֶחֱלַשׁ:
Il se sentit : il sentit en lui-même qu'il était affaibli.
חָסֵר חַד אֲרִיחָא הַחוֹמָה הָיְתָה חֲסֵירָה מֵעָובְיָהּ אָרִיחַ:
Il manquait une demi-brique : le mur manquait d'un arih dans son épaisseur.
🖼️ Schéma
Mur de 7 briques et demie (d'après Rachi) 3 tefahim 3 tefahim 3 tefahim 3 tefahim 3 tefahim 3 tefahim 3 tefahim arih 1,5 t. Épaisseur : 7 x 3 + 1,5 = 22,5 tefahim (briques posées en largeur) Le jour où il manquait la demi-brique (en rouge), Chmouel s'est senti faible.
Épaisseur du mur de la maison de saignée de Chmouel selon Rachi.
24
רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: הַאי מַאן דְּעָבֵיד מִילְּתָא — לִיטְעוֹם מִידֵּי וַהֲדַר לִיפּוֹק. דְּאִי לָא טָעֵים מִידֵּי, אִי פָּגַע בְּשָׁכְבָא — יַרְקֵי אַפֵּיהּ. אִי פָּגַע בְּמַאן דְּקָטֵל נַפְשָׁא — מִית. אִי פָּגַע

Rav et Chmouel disent tous deux : celui qui fait "la chose" doit goûter quelque chose, et ensuite sortir. Car s'il n'a rien goûté, s'il rencontre un mort, son visage verdit ; s'il rencontre un meurtrier, il meurt ; s'il rencontre [...]

💡 Explication

Troisième enseignement du signe (taama) : manger un peu avant de sortir. La liste des rencontres dangereuses se poursuit au daf 129b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).