Sougya : Le daf poursuit les conseils médicaux liés à la saignée (hakaza) : se reposer avant de se lever, fréquence selon l'âge, jours de la semaine à éviter (lundi et jeudi, jours de jugement ; mardi, à cause de l'astre Maadim en heure paire) et dates dangereuses du mois et des veilles de fête. Suivent les règles de boire et manger après la saignée, deux questions laissées en teikou, et une remarque de Rav sur les bonnes affaires.
Enfin, retour à la Michna : on noue le cordon ombilical le Chabbat, Rabbi Yossi permet même de le couper et la halakha suit son avis ; Rav tire de Ye'hezkel 16,4 la liste des soins permis pour l'accouchée et l'enfant le Chabbat. Fin du perek Mefanin.
(Il est mauvais) pour la chose autre ; (et) dur pour la chose autre.
Fin d'une phrase commencée au daf précédent. Davar aher (la chose autre) est un euphémisme : la première fois pour le porc, la seconde pour la tsaraat (lèpre), selon Rachi.
Rav et Chmouel ont dit tous deux : celui qui fait la chose (la saignée), qu'il attende un peu puis qu'il se lève. Car le Maître a dit : cinq choses rapprochent l'homme de la mort plus que de la vie, et les voici : il a mangé et s'est levé, il a bu et s'est levé, il a dormi et s'est levé, il s'est fait saigner et s'est levé, il a eu des rapports conjugaux et s'est levé.
Mahan de-avid milta (celui qui fait la chose) désigne la hakaza, la saignée. Rav et Chmouel recommandent un temps de repos avant de se lever. La baraita citée énumère cinq situations où se lever brusquement met le corps en danger.
Le Ben Yehoyada explique pourquoi l'accord des deux maîtres est signalé : Rav, qui prône la sobriété, n'a pas de raison d'exagérer un conseil médical ; son accord montre que le conseil est à prendre au sens propre.
Chmouel a dit : l'intervalle (pourssa) de la saignée est de trente jours. Et entre les périodes (de la vie), il réduira ; et entre les périodes (suivantes), il réduira encore.
Rythme de base : une saignée par mois. Rachi précise les perakim (périodes de la vie) : à partir de 40 ans, tous les deux mois ; à partir de 60 ans, tous les trois mois.
Et Chmouel a dit : (le moment de) la saignée est le premier jour de la semaine, le quatrième et la veille de Chabbat ; mais le deuxième et le cinquième, non. Car le Maître a dit : celui qui a le mérite des Pères peut se faire saigner le deuxième et le cinquième jour, car le tribunal d'en haut et celui d'en bas sont égaux, ensemble.
Jours recommandés : dimanche, mercredi, vendredi. Le lundi et le jeudi sont des jours où siègent les tribunaux (takana d'Ezra) ; le tribunal céleste siège en même temps. En un jour de jugement, l'acte dangereux fait rappeler les fautes de l'homme. Seul celui qui a zekhout avot (le mérite des Pères) peut s'y fier.
Le troisième jour de la semaine, pourquoi pas ? Parce que Maadim (Mars) se tient (en service) dans les (heures) paires.
La veille de Chabbat aussi, il se tient dans les paires ! Puisque les foules y sont habituées, (on applique) : Hachem garde les simples (Tehilim 116,6).
La Guemara explique l'exclusion du mardi : chaque heure est gouvernée par un astre, dans l'ordre chtsam hanakhal (Chabtai, Tsedek, Maadim, Hama, Noga, Kokhav, Levana). Le mardi, Maadim (Mars, astre du sang et de l'épée) tombe en heure paire (zougot), heure jugée dangereuse.
Objection : le vendredi aussi. Réponse : dachou bei rabim, la multitude a pris cette habitude (pour arriver affaiblie au repas de Chabbat et s'y refaire) ; on applique alors chômer petaim Hachem. Tossefot : le mercredi, Maadim tombe en heure paire en fin de journée seulement, moment où l'on ne saigne pas. Le schéma de synthèse recalcule la grille heure par heure : Maadim y tombe aussi en heure paire le lundi et le jeudi, jours déjà exclus pour une autre raison.
Chmouel a dit : le quatrième (jour de la semaine) qui est le quatre (du mois), le quatrième qui est le quatorze, le quatrième qui est le vingt-quatre, le quatrième après lequel il n'y a pas quatre (jours) : danger.
Le mercredi, jour permis en principe, devient dangereux quand il tombe le 4, le 14 ou le 24 du mois, ou dans les trois derniers jours du mois. Rachi et Tossefot rejettent la lecture plus de mercredi dans le mois : le mercredi 24 est déjà le dernier mercredi possible, la clause serait redondante.
Roch Hodech et le deuxième (jour) : faiblesse ; le troisième : danger. La veille d'une fête : faiblesse ; la veille de Atseret (Chavouot) : danger.
Et les Sages ont décrété sur toutes les veilles de fête à cause (de la veille) de Atseret, jour où sort un vent nommé Tavoah (égorgeur) : car si Israël n'avait pas reçu la Torah, il aurait égorgé leur chair et leur sang.
Dates du mois : Roch Hodech et le 2 affaiblissent, le 3 met en danger. La veille de Chavouot (Atseret) est dangereuse à cause du vent Tavoah ; les Sages ont étendu l'interdit à toutes les veilles de fête, par gezera, pour ne pas distinguer.
Le Ben Yehoyada lit Tavoah comme het tov : les huit couples de catégories halakhiques de la Torah, chacun appelé tov. La Torah reçue annule ce vent.
Chmouel a dit : celui qui a mangé du blé et s'est fait saigner n'a saigné que pour ce blé. Et cela vaut pour (une saignée) de guérison ; mais pour s'alléger, il s'allège.
Après un repas, la saignée ne sert qu'à compenser la lourdeur du repas : elle n'a pas de valeur thérapeutique (refoua). Elle garde son effet d'allégement (akouleï) pour qui souffre d'un excès de sang.
Celui qui se fait saigner : la boisson, aussitôt ; la nourriture, (au bout du temps d'un) demi-mil.
Un mil est une distance (environ 2000 coudées) ; le temps d'un demi-mil est le temps de marcher cette distance, soit environ neuf minutes selon l'estimation courante.
Ils ont demandé : la boisson, aussitôt, est-elle bonne, mais après cela nuisible ; ou peut-être ni nuisible ni bonne ? Teikou (la question demeure).
La Guemara se demande si la règle fixe un moment optimal (et le reste nuit) ou seulement un moment bénéfique (et le reste est neutre). Teikou : question non tranchée.
Ils ont demandé : la nourriture, c'est au demi-mil qu'elle est bonne, mais après cela et avant cela nuisible ; ou peut-être ni nuisible ni bonne ? Teikou.
Rav proclamait : cent kari pour un zouz, cent richei pour un zouz, cent chafmei et rien. Rav Yossef a dit : quand nous étions chez Rav Houna, le jour où les Sages étaient abattus, ils disaient : aujourd'hui c'est le jour des chafmei ; et je ne savais pas ce qu'ils disaient.
Deux lectures. Rachi : conseil de marché alimentaire (courges et têtes de bétail seulement à très bas prix ; les lèvres de la bête ne valent rien). Rabbenou Hananel (Tossefot) : tarifs du saigneur-barbier ; cent saignées pour un zouz, cent coupes de cheveux pour un zouz, et la moustache offerte. Selon cette lecture, le lien avec le sujet de la saignée est clair.
D'où l'expression yoma de-chafmei : une journée de travail sans profit, dite des jours où les élèves ne parvenaient pas à étudier.
Et on noue le cordon ombilical. Les Rabbanan ont enseigné : on noue le cordon ombilical ; Rabbi Yossi dit : on le coupe aussi.
Et on enveloppe (au chaud) le placenta, pour que l'enfant se réchauffe. Rabban Chimon ben Gamliel a dit : les filles de rois l'enveloppent dans des coupes d'huile, les filles de riches dans des éponges de laine, les filles de pauvres dans des chiffons (mokhin).
Retour à la Michna (128b) : on noue le tabour (cordon) du nouveau-né le Chabbat. Rabbi Yossi permet aussi de le couper. On garde le placenta (chilya) au chaud, remède de l'époque pour réchauffer l'enfant ; le matériau dépend des moyens de la famille.
Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh au nom de Rav : la halakha est comme Rabbi Yossi.
On peut donc couper le cordon le Chabbat, et pas seulement le nouer.
Et Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh au nom de Rav : les Sages admettent (l'avis de) Rabbi Yossi pour le cordon de deux enfants, qu'on le coupe. Pourquoi ?
Parce qu'ils se tirent l'un l'autre.
Même selon les Rabbanan qui ne permettent que de nouer, des jumeaux reliés par le cordon sont en danger : chaque mouvement de l'un tire sur l'autre. On coupe donc.
Et Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh au nom de Rav : tout ce qui est dit dans la section de la tokhaha, on le fait pour l'accouchée (hayya) le Chabbat. Car il est dit : Et quant à ta naissance, le jour où tu es née, ton cordon n'a pas été coupé, tu n'as pas été lavée dans l'eau pour être polie, tu n'as pas été salée, et tu n'as pas été emmaillotée (Ye'hezkel 16,4).
Dans la tokhaha de Ye'hezkel 16, le prophète décrit Israël comme un enfant abandonné à la naissance, privé des soins habituels. Rav en déduit que ces soins sont nécessaires et permis le Chabbat pour l'accouchée et l'enfant.
Tossefot : le verset sert d'indice (asmakhta) ; puisque l'absence de ces soins est citée comme une souffrance, les Sages ont permis ces actes, dont aucun n'enfreint un interdit de la Torah.
Et quant à ta naissance, le jour où tu es née : d'ici (on apprend) qu'on fait accoucher l'enfant le Chabbat. Ton cordon n'a pas été coupé : d'ici, qu'on coupe le cordon le Chabbat.
Tu n'as pas été lavée dans l'eau pour être polie : d'ici, qu'on lave l'enfant le Chabbat. Tu n'as pas été salée : d'ici, qu'on sale l'enfant le Chabbat.
Et tu n'as pas été emmaillotée : d'ici, qu'on emmaillote l'enfant le Chabbat.
Cinq soins, cinq membres de phrase : accoucher, couper le cordon, laver, saler, emmailloter. Rachi distingue l'emmaillotage simple, permis, de l'assouvei yanouka (redresser les membres du nouveau-né), interdit selon Rav Nahman.
Nous reviendrons sur toi, (perek) Mefanin.
Formule de conclusion du 18e perek de Chabbat, Mefanin.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).