Shabbat 129b — La saignée : jours, dates et précautions ; les soins du nouveau-né le Chabbat

Shabbat 129b

Sougya : Le daf poursuit les conseils médicaux liés à la saignée (hakaza) : se reposer avant de se lever, fréquence selon l'âge, jours de la semaine à éviter (lundi et jeudi, jours de jugement ; mardi, à cause de l'astre Maadim en heure paire) et dates dangereuses du mois et des veilles de fête. Suivent les règles de boire et manger après la saignée, deux questions laissées en teikou, et une remarque de Rav sur les bonnes affaires.

Enfin, retour à la Michna : on noue le cordon ombilical le Chabbat, Rabbi Yossi permet même de le couper et la halakha suit son avis ; Rav tire de Ye'hezkel 16,4 la liste des soins permis pour l'accouchée et l'enfant le Chabbat. Fin du perek Mefanin.

Quand pratiquer la saignée ? (Chmouel) Dimanche permis Lundi non : jour des tribunaux Mardi non : Maadim heure paire Mercredi permis Jeudi non : jour des tribunaux Vendredi permis : les foules y sont habituées Chabbat - Lundi et jeudi : permis seulement à qui a le mérite des Pères (zekhout avot) Dates dangereuses dans le mois Mercredi tombant le 4, le 14, le 24 où à moins de 4 jours de la fin du mois -> danger (sakanta) Roch Hodech et le 2 du mois : faiblesse le 3 du mois : danger Veilles de fête Veille de fête -> faiblesse (houlcha) Veille de Chavouot -> danger (vent Tavoah) Gezera des Sages : toutes les veilles de fête
Les jours et dates de la saignée selon Chmouel, avec les raisons données par la Guemara.
Maadim (Mars) dans les heures du jour - calcul de Rachi 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Dim Hama M Lun Levana M M Mar Maadim M M Mer Kokhav M M Jeu Tsedek M M Ven Noga M Chab Chabtai M M Colonne grise = heure paire (zougot). M rouge = Maadim en heure paire ; M ocre = heure impaire. Petite colonne : astre de la 1re heure (sigle hal'am katsnach). Mardi : 8e heure ; vendredi : 6e heure (Rachi). Mercredi : 12e heure, au soir, heure où l'on ne saigne pas (Tossefot).
Heures planétaires selon Rachi (ordre chtsam hanakhal), recalculées heure par heure : Maadim en heure paire le mardi et le vendredi.
Le nouveau-né le Chabbat : cordon et Ye'hezkel 16,4 Tanna Kamma on noue le cordon (koucherin) Rabbi Yossi on le coupe aussi (hotkhin) Halakha (Rav) comme Rabbi Yossi Jumeaux reliés par un cordon : tous admettent qu'on coupe (danger) Pasouk de la tokhaha : chaque membre de phrase = un acte permis pour la hayya (accouchée) ou-moledotayikh beyom houledet on accouche l'enfant lo koret charrekh on coupe le cordon ou-vamayim lo rouhats on lave l'enfant ve-hamelah lo homlaht on sale l'enfant ve-hahatel lo houtalt on emmaillote l'enfant
Fin du perek : le cordon ombilical et les soins au nouveau-né dérivés de Yehezkel 16,4.
1
בְּדָבָר אַחֵר — קָשֶׁה לְדָבָר אַחֵר.

(Il est mauvais) pour la chose autre ; (et) dur pour la chose autre.

📜 Rachi (2)
בְּדָבָר אַחֵר חֲזִיר:
Pour la chose autre : le porc.
קָשֶׁה לְדָבָר אַחֵר צָרַעַת שֶׁהַחֲזִירִים מְנֻוגָּעִים הֵם כִּדְאָמְרִינַן בְּקִדּוּשִׁין (ד' מט:) י' קַבִּים נְגָעִים יָרְדוּ לָעוֹלָם תִּשְׁעָה נָטְלוּ חֲזִירִים:
Dur pour la chose autre : la lèpre (tsaraat), car les porcs sont frappés de plaies, comme nous le disons dans Kiddouchin (49b) : dix mesures (kabin) de plaies sont descendues dans le monde, les porcs en ont pris neuf.
💡 Explication

Fin d'une phrase commencée au daf précédent. Davar aher (la chose autre) est un euphémisme : la première fois pour le porc, la seconde pour la tsaraat (lèpre), selon Rachi.

2
רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: הַאי מַאן דְּעָבֵיד מִילְּתָא — לִישְׁהֵי פֻּורְתָּא וַהֲדַר לֵיקוּם — דְּאָמַר מַר: חֲמִשָּׁה דְּבָרִים קְרוֹבִין לְמִיתָה יוֹתֵר מִן הַחַיִּים, וְאֵלּוּ הֵן: אָכַל וְעָמַד, שָׁתָה וְעָמַד, יָשַׁן וְעָמַד, הִקִּיז דָּם וְעָמַד, שִׁימֵּשׁ מִטָּתוֹ וְעָמַד.

Rav et Chmouel ont dit tous deux : celui qui fait la chose (la saignée), qu'il attende un peu puis qu'il se lève. Car le Maître a dit : cinq choses rapprochent l'homme de la mort plus que de la vie, et les voici : il a mangé et s'est levé, il a bu et s'est levé, il a dormi et s'est levé, il s'est fait saigner et s'est levé, il a eu des rapports conjugaux et s'est levé.

📜 Rachi (1)
אָכַל וְעָמַד מַהֵר לַעֲמֹוד פִּתְאוֹם אַחַר שֶׁאָכַל שָׂובְעוֹ:
Il a mangé et s'est levé : il s'est empressé de se lever brusquement après avoir mangé à satiété.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְהוּ: הַאי מַאן דְּעָבֵיד מִלְּתָא, לִיטְעֹום מִידִי. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מַאי קָא מַשְׁמַע לַן בְּאוֹמְרוֹ דְּאָמְרִי תַּרְוַיְהוּ ? וְנִרְאֶה לִי דְּאִיתָא בְּחֻולִּין (דַּף פד.) אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ מָנֶה יִקַּח לְפָסוֹ לִיטְרָא יָרָק, עֲשָׂרָה יִקַּח לְפָסוֹ לִיטְרָא דָּגִים, חֲמִשִּׁים מָנֶה יִקַּח לְפָסוֹ לִיטְרָא בָּשָׂר, וְכָל זֶה דַּוְקָא מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת, וְאָמַר רַב צְרִיכִין אֲנַחְנוּ לָחוּשׁ לְדִבְרֵי זָקֵן לְהִסְתַּפֵּק בִּמְזוֹנוֹת קַלִּים, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַב מִמִּשְׁפַּחַת בְּרִיאִים הֲוָה, אֲבָל כְּגוֹן אָנוּ, מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ פְּרוּטָה בְּתוֹךְ כִּיסוֹ יְרִצֶּנָּה לַחֶנְוָנִי וְלֹא יְסַגֵּף עַצְמוֹ בְּעִינּוּי יְעֻוייַּן שָׁם. נִמְצָא רַב דַּעְתּוֹ לְהִתְנַהֵג הָאָדָם בְּסִיגּוּף הַרְבֵּה, עַל כֵּן אִם שְׁמוּאֵל לְבַדּוֹ הָיָה אוֹמֵר זֶה הָיִינוּ אוֹמְרִים לִהְיוֹתוֹ רוֹפֵא הִפְלִיג בִּדְבָרִים אֵלּוּ כְּדֵי לְהַחֲרִיד לְבָבוֹת בְּנֵי אָדָם שֶׁיִּהְיוּ נִשְׁמָרִים לְנַפְשׁוֹתָם, וּלְכָךְ הִפְרִיז לוֹמַר מְקִילִּין לוֹ מְזוֹנוֹתָיו מִן הַשָּׁמַיִם, אַךְ הַחִידּוּשׁ הוּא דְּרַב נָמֵי קָאָמַר דָּבָר זֶה עִם שְׁמוּאֵל, וּלְפִי זֶה מוּכָח דְּלָא נֶאֶמְרוּ דְּבָרִים אֵלּוּ עַל דֶּרֶךְ הַהַפְלָגָה.
Rav et Chmouel ont dit tous deux : celui qui fait la chose, qu'il goûte quelque chose. Il faut demander : que nous apprend-on en disant qu'ils l'ont dit tous deux ? Il me semble qu'il est rapporté dans Houllin (84a) : Rabbi Elazar ben Azaria a dit : celui qui possède une mane, qu'il achète pour son repas une litra de légumes ; dix manes, qu'il achète une litra de poisson ; cinquante manes, qu'il achète une litra de viande ; et tout cela seulement d'une veille de Chabbat à l'autre. Et Rav a dit : nous devons tenir compte des paroles de l'ancien et nous contenter de nourritures légères. Et Rabbi Yo'hanan a dit : Rav était d'une famille de gens robustes ; mais des gens comme nous, celui qui a une prouta dans sa bourse, qu'il la porte à l'épicier et qu'il ne se mortifie pas par la privation ; voir là-bas. Il en ressort que Rav est d'avis que l'homme se conduise avec beaucoup de privation. C'est pourquoi, si Chmouel seul avait dit cela, nous aurions dit qu'étant médecin il a exagéré ces paroles pour faire trembler le cœur des gens afin qu'ils se gardent, et c'est pourquoi il a amplifié en disant qu'on lui réduit sa nourriture du Ciel. La nouveauté est que Rav aussi dit cette chose avec Chmouel ; il est donc prouvé que ces paroles n'ont pas été dites par exagération.
💡 Explication

Mahan de-avid milta (celui qui fait la chose) désigne la hakaza, la saignée. Rav et Chmouel recommandent un temps de repos avant de se lever. La baraita citée énumère cinq situations où se lever brusquement met le corps en danger.

Le Ben Yehoyada explique pourquoi l'accord des deux maîtres est signalé : Rav, qui prône la sobriété, n'a pas de raison d'exagérer un conseil médical ; son accord montre que le conseil est à prendre au sens propre.

3
אָמַר שְׁמוּאֵל: פֻּורְסָא דִּדְמָא — כָּל תְּלָתִין יוֹמִין. וּבֵין הַפְּרָקִים — יְמַעֵט, וּבֵין הַפְּרָקִים יַחְזֹור וִימַעֵט.

Chmouel a dit : l'intervalle (pourssa) de la saignée est de trente jours. Et entre les périodes (de la vie), il réduira ; et entre les périodes (suivantes), il réduira encore.

📜 Rachi (4)
פֻּורְסָא דִּדְמָא זְמַן הַקָּזָה כְּמוֹ בִּפְרוֹס הַפֶּסַח:
Pourssa de sang : le moment de la saignée, comme dans (l'expression) bifross ha-Pessa'h (à l'approche de Pessa'h).
בֵּין הַפְּרָקִים פִּירְקֵי שְׁנוֹתָיו כְּגוֹן לְאַחַר מ' שָׁנָה:
Entre les périodes : les périodes de ses années, par exemple après quarante ans.
יְמַעֵט בְּהַקָּזָה לֹא יַקִּיז בְּכָל חֹדֶשׁ אֶלָּא לֵב' חֳדָשִׁים:
Il réduira : la saignée ; il ne se fera pas saigner chaque mois mais tous les deux mois.
וּבֵין הַפְּרָקִים יַחְזֹור וִימַעֵט לְאַחַר שִׁשִּׁים יַקִּיז לֹג' חֳדָשִׁים לְפִי שֶׁאֵין כֹּחוֹ עָלָיו וְאֵין דָּמוֹ חַם וְגוּפוֹ מִצְטַנֵּן כְּשֶׁמְּחַסֵּר דָּמוֹ:
Et entre les périodes il réduira encore : après soixante ans, il se fera saigner tous les trois mois, car sa force n'est plus en lui, son sang n'est plus chaud et son corps se refroidit lorsqu'il perd de son sang.
💡 Explication

Rythme de base : une saignée par mois. Rachi précise les perakim (périodes de la vie) : à partir de 40 ans, tous les deux mois ; à partir de 60 ans, tous les trois mois.

🖼️ Schéma
Fréquence de la saignée selon l'âge (Rachi) Jusqu'à 40 ans tous les 30 jours Après 40 ans tous les 2 mois Après 60 ans tous les 3 mois Raison : la force diminue, le sang se refroidit (Rachi)
Les trois périodes de la vie selon Rachi.
4
וְאָמַר שְׁמוּאֵל: פֻּורְסָא דִּדְמָא — חַד בְּשַׁבְּתָא, אַרְבָּעָה, וּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא, אֲבָל שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי — לֹא. דְּאָמַר מַר: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ זְכוּת אָבוֹת יַקִּיז דָּם בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי, שֶׁבֵּית דִּין שֶׁל מַעְלָה וְשֶׁל מַטָּה שָׁוִין כְּאֶחָד.

Et Chmouel a dit : (le moment de) la saignée est le premier jour de la semaine, le quatrième et la veille de Chabbat ; mais le deuxième et le cinquième, non. Car le Maître a dit : celui qui a le mérite des Pères peut se faire saigner le deuxième et le cinquième jour, car le tribunal d'en haut et celui d'en bas sont égaux, ensemble.

📜 Rachi (1)
שב"ד שֶׁל מַעְלָה וְשֶׁל מַטָּה שָׁוִין אָדָם נִדּוֹן בְּכָל יוֹם וב"ד יוֹשְׁבִין בַּעֲייָרוֹת בָּב' וּבָהּ' מִתַּקָּנַת עֶזְרָא וְאֵילָךְ (ב"ק ד' פב.) וְכֵיוָן דְּיוֹם הַדִּין וּפְקִידָה הִיא עֲוֹנֹותָיו נִזְכָּרִים:
Le tribunal d'en haut et celui d'en bas sont égaux : l'homme est jugé chaque jour, et les tribunaux siègent dans les villes le lundi et le jeudi, depuis l'ordonnance d'Ezra (Baba Kamma 82a) ; et puisque c'est un jour de jugement et d'examen, ses fautes sont rappelées.
🗂️ Tossefot (1)
מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ זְכוּת אָבוֹת וְקֹודֶם תַּקָּנַת עֶזְרָא אע"פ שֶׁהָיוּ דָּנִין בְּכָל יוֹם שֶׁהָיוּ צְרִיכִים לֹא הָיוּ קוֹבְעִים לֵישֵׁב בְּכָל יוֹם:
Celui qui a le mérite des Pères : avant l'ordonnance d'Ezra, bien qu'on jugeât chaque jour où c'était nécessaire, on ne fixait pas de siège chaque jour.
💡 Explication

Jours recommandés : dimanche, mercredi, vendredi. Le lundi et le jeudi sont des jours où siègent les tribunaux (takana d'Ezra) ; le tribunal céleste siège en même temps. En un jour de jugement, l'acte dangereux fait rappeler les fautes de l'homme. Seul celui qui a zekhout avot (le mérite des Pères) peut s'y fier.

5
בִּתְלָתָא בְּשַׁבְּתָא מַאי טַעְמָא לָא? מִשּׁוּם דְּקָיְימָא לֵיהּ מַאְדִּים בְּזָווֵי. מַעֲלֵי שַׁבְּתָא נָמֵי קָיְימָא בְּזָוֵוי! כֵּיוָן דְּדָשׁוּ בֵּיהּ רַבִּים — ״שׁוֹמֵר פְּתָאִים ה׳״.

Le troisième jour de la semaine, pourquoi pas ? Parce que Maadim (Mars) se tient (en service) dans les (heures) paires.

La veille de Chabbat aussi, il se tient dans les paires ! Puisque les foules y sont habituées, (on applique) : Hachem garde les simples (Tehilim 116,6).

📜 Rachi (3)
דְּקָייְמָא לֵיהּ מַאְדִּים בְּזָוֵוי שֶׁמַּזַּל מַאְדִּים מְשַׁמֵּשׁ בּוֹ בִּשְׁעוֹת זוּגוֹת וּמַזַּל מַאְדִּים מְמֻונֶּה עַל הַחֶרֶב וְעַל הַדֶּבֶר וְעַל הַפֻּורְעָנִיּוֹת וְהַזּוּגוֹת קָשִׁין שֶׁהֵן רְשׁוּת לַשֵּׁדִים כִּדְאָמַר בִּפְסָחִים (ד' קי:) וְהַפֻּורְעָנִיּוֹת מוּכָנִין שצ"מ חנכ"ל סֵדֶר הַשָּׁעוֹת כְּשֶׁנִּתְלוּ הַמְּאוֹרוֹת וְהַמַּזָּלוֹת שָׁעָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל ד' בַּשַּׁבָּת שִׁימֵּשׁ שַׁבְּתַאי וּבַשְּׁנִיָּה צֶדֶק וְאַחֲרָיו מַאְדִּים וְאַחֲרָיו חַמָּה וְאַחֲרָיו נֹוגַהּ וְאַחֲרָיו כּוֹכָב וְאַחֲרָיו לְבָנָה נִמְצְאוּ ז' הַמַּזָּלוֹת לז' הַשָּׁעוֹת וְחוֹזְרִים חָלִילָה לָעוֹלָם נִמְצָא בְּסֵדֶר זֶה לְעוֹלָם סִימָנֵי מַזָּלוֹת הַמְּשַׁמְּשִׁין בִּתְחִלַּת לֵילֵי הַשָּׁבוּעַ כצנ"ש חל"ם מוֹצָאֵי שַׁבָּת שָׁעָה רִאשׁוֹנָה שֶׁלּוֹ כּוֹכָב תְּחִלַּת לֵיל שֵׁנִי צֶדֶק וְכֵן בַּסֵּדֶר הַזֶּה וְסֵדֶר תְּחִלַּת סִימָנֵי הַיָּמִים חל"ם כצנ"ש שָׁעָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל אֶחָד בְּשַׁבָּת חַמָּה וְשֶׁל שֵׁנִי בְּשַׁבָּת לְבָנָה וְשֶׁל שְׁלִישִׁי בְּשַׁבָּת מַאְדִּים נִמְצָא מַאְדִּים חוֹזֵר בּוֹ חָלִילָה בְּשָׁעָה שְׁמִינִית בַּיּוֹם וְהִיא זוּגוֹת אֲבָל שְׁאָר יָמִים אֵין מַאְדִּים בְּזוּגוֹת שֶׁלָּהֶם אִם לֹא בַּלַּיְלָה וּבַלַּיְלָה אֵין דֶּרֶךְ לְהַקִּיז:
Parce que Maadim se tient dans les paires : l'astre Maadim sert en ce jour dans les heures paires. Maadim est préposé à l'épée, à la peste et aux calamités ; et les paires sont dangereuses, car elles sont le domaine des démons, comme il est dit dans Pessahim (110b), et les calamités s'y trouvent prêtes. Chtsam hanakhal est l'ordre des heures lorsque les luminaires et les astres ont été suspendus : à la première heure du quatrième jour servit Chabtai (Saturne), à la deuxième Tsedek (Jupiter), puis Maadim (Mars), puis Hama (le Soleil), puis Noga (Vénus), puis Kokhav (Mercure), puis Levana (la Lune). Les sept astres se trouvent ainsi pour sept heures, et ils reviennent en boucle à jamais. Selon cet ordre, les sigles des astres qui servent au début des nuits de la semaine sont toujours katsnach hal'am : à l'issue du Chabbat, la première heure est Kokhav ; au début de la nuit du deuxième jour, Tsedek, et ainsi de suite dans cet ordre. Et l'ordre du début des jours est hal'am katsnach : la première heure du premier jour est Hama, celle du deuxième jour Levana, celle du troisième jour Maadim. Il en ressort que Maadim revient en boucle à la huitième heure du jour, qui est paire ; mais les autres jours, Maadim n'est pas dans les paires, sinon la nuit, et la nuit on n'a pas coutume de se faire saigner.
מַעֲלֵי שַׁבְּתָא נָמֵי קָיְימָא מַאְדִּים בְּזָוֵוי שֶׁהֲרֵי שָׁעָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל יוֹם נֹוגַהּ לְפִי הַסֵּדֶר שֶׁל חל"ם כצנ"ש תְּחִלַּת הַיָּמִים וְכֵיוָן שֶׁתְּחִלָּתוֹ נֹוגַהּ וְסֵדֶר הֲלִיכָתָן שצ"ם חנכ"ל נִמְצְאוּ מַתְחִילִין לַחֲזֹור חָלִילָה בְּשָׁעָה רְבִיעִית נִמְצָא מַאְדִּים בְּשָׁעָה שִׁשִּׁית:
La veille de Chabbat aussi Maadim se tient dans les paires : car la première heure du jour est Noga, selon l'ordre hal'am katsnach du début des jours ; et puisque le jour commence par Noga et que l'ordre de leur marche est chtsam hanakhal, ils recommencent le cycle à la quatrième heure ; Maadim se trouve donc à la sixième heure.
כֵּיוָן דְּדָשׁוּ בֵּיהּ רַבִּים הֻורְגְּלוּ בּוֹ מִפְּנֵי דָּוחְקָן שֶׁיִּהְיוּ קְרוֹבִים לִסְעוּדַת שַׁבָּת וְאָמְרִינַן בְּפִירְקִין דִּלְעֵיל (ד' קיד:) כְּבוֹד שַׁבָּת בְּדָגִים גְּדוֹלִים וּבְמַסֶּכֶת ע"ז (ד' כט.) אָמְרִינַן שֵׁנִי לְדַם דָּג:
Puisque les foules y sont habituées : ils s'y sont habitués par contrainte, afin d'être proches du repas de Chabbat ; et nous disons dans notre perek plus haut (114b ; Rachi renvoie à une page antérieure) : honorer le Chabbat avec de grands poissons ; et dans le traité Avoda Zara (29a) nous disons que le poisson est bon pour le sang.
🗂️ Tossefot (1)
דְּקָאֵי מַאְדִּים בְּזָוֵוי בָּרְבִיעִי נָמֵי קָאֵי מַאְדִּים בְּזָווֵי בְּסוֹף הַיּוֹם אֶלָּא לֹא חָשׁוּ חֲכָמִים לְכָךְ דְּאֵין דֶּרֶךְ לְהַקִּיז כָּל כָּךְ בְּסָמוּךְ לַלַּיְלָה:
Maadim se tient dans les paires : le quatrième jour aussi Maadim se tient dans les paires à la fin du jour ; mais les Sages n'en ont pas tenu compte, car on n'a pas coutume de se faire saigner si près de la nuit.
💡 Explication

La Guemara explique l'exclusion du mardi : chaque heure est gouvernée par un astre, dans l'ordre chtsam hanakhal (Chabtai, Tsedek, Maadim, Hama, Noga, Kokhav, Levana). Le mardi, Maadim (Mars, astre du sang et de l'épée) tombe en heure paire (zougot), heure jugée dangereuse.

Objection : le vendredi aussi. Réponse : dachou bei rabim, la multitude a pris cette habitude (pour arriver affaiblie au repas de Chabbat et s'y refaire) ; on applique alors chômer petaim Hachem. Tossefot : le mercredi, Maadim tombe en heure paire en fin de journée seulement, moment où l'on ne saigne pas. Le schéma de synthèse recalcule la grille heure par heure : Maadim y tombe aussi en heure paire le lundi et le jeudi, jours déjà exclus pour une autre raison.

6
אָמַר שְׁמוּאֵל: אַרְבַּע דְּהוּא אַרְבַּע, אַרְבַּע דְּהוּא אַרְבֵּיסַר, אַרְבַּע דְּהוּא עֶשְׂרִים וְאַרְבְּעָה, אַרְבַּע דְּלֵיכָּא אַרְבַּע בָּתְרֵיהּ — סַכַּנְתָּא.

Chmouel a dit : le quatrième (jour de la semaine) qui est le quatre (du mois), le quatrième qui est le quatorze, le quatrième qui est le vingt-quatre, le quatrième après lequel il n'y a pas quatre (jours) : danger.

📜 Rachi (2)
אַרְבַּע דְּהוּא ד' ד' בְּשַׁבָּת שֶׁהוּא ד' לְחֹדֶשׁ אוֹ אַרְבֵּיסַר לְחֹדֶשׁ אוֹ כ"ד לְחֹדֶשׁ כֻּולְּהוֹן קָשֶׁה לְהַקָּזָה:
Le quatrième qui est le quatre : le quatrième jour de la semaine qui est le quatre du mois, ou le quatorze du mois, ou le vingt-quatre du mois ; tous sont mauvais pour la saignée.
ד' דְּלֵיכָּא ד' בָּתְרֵיהּ שֶׁאֵין ד' יָמִים עַד סוֹף הַחֹדֶשׁ וְאִיכָּא דְּאָמְרִי דְּלֵיכָּא ד' בְּשַׁבָּת בָּתְרֵיהּ בְּאוֹתוֹ חֹדֶשׁ וְאֵינוֹ כֵּן:
Le quatrième après lequel il n'y a pas quatre : qu'il n'y ait pas quatre jours jusqu'à la fin du mois. Certains disent : qu'il n'y ait plus de quatrième jour de la semaine après lui dans ce mois ; et il n'en est pas ainsi.
🗂️ Tossefot (1)
דְּלֵיכָּא אַרְבַּע בָּתְרֵיהּ שֶׁאֵין ד' יָמִים עַד סוֹף הַחֹדֶשׁ כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דְּלֵיכָּא לְמֵימַר רְבִיעִי בְּשַׁבָּת דְּהָא ד' דְּהוּא עֶשְׂרִין וְאַרְבַּע הַיְינוּ דְּלֵיכָּא רְבִיעִי בָּתְרֵיהּ:
Après lequel il n'y a pas quatre : qu'il n'y ait pas quatre jours jusqu'à la fin du mois, comme l'a expliqué le Kountrass (Rachi). On ne peut pas dire (qu'il s'agit du) quatrième jour de la semaine, car le quatrième qui est le vingt-quatre est justement celui après lequel il n'y a pas de quatrième jour.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רְבִיעִי דְּהוּא אַרְבָּעָה בְּחֹדֶשׁ. נִמְצָא רְבִיעִי דְּשָׁבוּעַ צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה בְּאַרְבַּע מִינֵי עִתִּים, שֶׁהֵם אַרְבָּעָה לַחֹודֶשׁ, וְ'יִד' לַחֹודֶשׁ, וּ'כְד' לַחֹודֶשׁ, וְגַם צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה שְׁלֹשָׁה יָמִים אַחֲרָיו וְלֹא יוֹתֵר. וְצֵירוּף כָּל חֲלוּקוֹת אֵלּוּ הֵם מִסֵּפֶר 'מֶה' כְּמִנְיַן 'אָדָם' [קכט:] שֶׁהֵם אַרְבָּעָה וְ'יִד' וּ'כְדִ' וּשְׁלֹשָׁה. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד רָמַז הַכָּתוּב (בְּרֵאשִׁית ט, ו) שֹׁפֵךְ דַּם הָאָדָם בָּאָדָם דָּמוֹ יִשָּׁפֵךְ, רְצוֹנוֹ לוֹמַר שָׁפַךְ דָּם הָאָדָם הוּא דָּם דְּהַקָּזָה, אִם יִהְיֶה בָּאָדָם רְצוֹנוֹ לוֹמַר יָמִים הַנִּזְכָּרִים הָרְמוּזִים בְּמִסְפַּר אָדָם, הֲרֵי זֶה רָאוּי דָּמוֹ שֶׁל מַקִּיז יִשָּׁפֵךְ מִשּׁוּם דַּעֲבִיד סַכָּנָה.
Le quatrième qui est le quatre du mois. Il en ressort que le quatrième jour de la semaine doit se trouver en quatre sortes de moments : le 4 du mois, le 14 du mois, le 24 du mois, et aussi il faut qu'il y ait trois jours après lui et pas davantage. La somme de toutes ces divisions donne le nombre 45, comme la valeur numérique de adam (homme) : 4, 14, 24 et 3. Par là se comprend, avec l'aide du Ciel, l'allusion du verset (Berechit 9,6) : celui qui verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé. C'est-à-dire : celui qui verse le sang de l'homme, c'est le sang de la saignée ; s'il le fait be-adam, c'est-à-dire aux jours mentionnés, évoqués par le nombre de adam, il mérite que le sang de celui qui se fait saigner soit versé, parce qu'il crée un danger.
💡 Explication

Le mercredi, jour permis en principe, devient dangereux quand il tombe le 4, le 14 ou le 24 du mois, ou dans les trois derniers jours du mois. Rachi et Tossefot rejettent la lecture plus de mercredi dans le mois : le mercredi 24 est déjà le dernier mercredi possible, la clause serait redondante.

7
רֹאשׁ חֹודֶשׁ וְשֵׁנִי לוֹ — חֻולְשָׁא. שְׁלִישִׁי לוֹ — סַכָּנָה. מְעַלֵּי יוֹמָא טָבָא — חֻולְשָׁא. מְעַלֵּי יוֹמָא דַּעֲצַרְתָּא — סַכַּנְתָּא. וּגְזַרוּ רַבָּנַן אַכֻּולְּהוּ מַעֲלֵי יוֹמָא טָבָא מִשּׁוּם יוֹמָא (טָבָא) דַּעֲצַרְתָּא, דְּנָפֵיק בֵּיהּ זִיקָא וּשְׁמֵיהּ ״טְבוֹחַ״, דְּאִי לָא קַבִּלוּ יִשְׂרָאֵל תּוֹרָה — הֲוָה טָבַח לְהוּ לְבִשְׂרַיְיהוּ וְלִדְמַיְיהוּ.

Roch Hodech et le deuxième (jour) : faiblesse ; le troisième : danger. La veille d'une fête : faiblesse ; la veille de Atseret (Chavouot) : danger.

Et les Sages ont décrété sur toutes les veilles de fête à cause (de la veille) de Atseret, jour où sort un vent nommé Tavoah (égorgeur) : car si Israël n'avait pas reçu la Torah, il aurait égorgé leur chair et leur sang.

📜 Rachi (1)
ה"ג ר"ח וְשֵׁנִי לוֹ חֻולְשָׁא שְׁלִישִׁי לוֹ סַכַּנְתָּא:
Telle est notre version : Roch Hodech et le deuxième : faiblesse ; le troisième : danger.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דְּנָפֵק בֵּיהּ זִיקָא וּשְׁמֵיהּ 'טְבוֹחַ'. נִמְצָא כֵּיוָן שֶׁקִּבְּלוּ הַתּוֹרָה בִּיטְּלוּ אֶת זִיקָא דִּשְׁמֵיהּ 'טְבוֹחַ'. וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַתּוֹרָה נִקְרֵאת טוֹב, וְגַם יֵשׁ בָּהּ ח' דַּרְגִין כָּשֵׁר וּפָסוּל טָמֵא וְטָהוֹר חַיָּיב וְזַכַּאי אָסוּר וּמֻותָּר, הֲרֵי י בָּהּ ח' פְּעָמִים טוֹב שֶׁכָּל חֵלֶק מִשְּׁמֹנָה דַּרְגִין הֲנֵז' נִקְרָא טוֹב, וְזֶהוּ ח' טוֹב אוֹתִיּוֹת 'טְבוֹחַ' , וְלָכֵן בְּקַבָּלַת יִשְׂרָאֵל הַתּוֹרָה שֶׁהִיא ח' טוֹב בִּטְּלוּ אֶת הַטְּבוֹחַ. גַּם עוֹד יֵשׁ לוֹמַר דְּאִיתָא בְּסִפְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל דְּבַתּוֹרָה נִתְקַן הָרוּחַ לְכָךְ בִּיטְּלוּ כֹּחוֹ שֶׁל אוֹתוֹ זִיקָא שֶׁהוּא רוּחַ, וְנִרְאֶה לִי לְהָכִי קָרוּ לֵיהּ 'טְבוֹחַ' וְלָא קָרוּ לֵיהּ 'טוֹבֵחַ' כְּדֵי שֶׁתַּחֲזֹור מַשְׁמָעוּת הַטְּבִיחָה עָלָיו עַצְמוֹ שֶׁהוּא יִהְיֶה טָבוּחַ וְנֶהֱרַג.
Où sort un vent nommé Tavoah. Il en ressort qu'en recevant la Torah, ils ont annulé le vent nommé Tavoah. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la Torah est appelée tov (bien), et qu'elle comporte huit degrés : cacher et passoul, impur et pur, coupable et acquitté, interdit et permis. Il y a donc en elle huit fois tov, chaque partie de ces huit degrés étant appelée tov ; et c'est ce que forment het tov, les lettres de Tavoah. C'est pourquoi, lorsqu'Israël a reçu la Torah, qui est het tov, ils ont annulé le Tavoah. On peut dire encore : il est rapporté dans les livres de notre maître le Ari que par la Torah le roua'h (l'esprit) est réparé ; c'est pourquoi ils ont annulé la force de ce vent, qui est un roua'h. Et il me semble que c'est pour cela qu'on l'a appelé Tavoah (égorge) et non Tovea'h (égorgeur), afin que le sens de l'égorgement se retourne contre lui : c'est lui qui sera égorgé et tué.
💡 Explication

Dates du mois : Roch Hodech et le 2 affaiblissent, le 3 met en danger. La veille de Chavouot (Atseret) est dangereuse à cause du vent Tavoah ; les Sages ont étendu l'interdit à toutes les veilles de fête, par gezera, pour ne pas distinguer.

Le Ben Yehoyada lit Tavoah comme het tov : les huit couples de catégories halakhiques de la Torah, chacun appelé tov. La Torah reçue annule ce vent.

8
אָמַר שְׁמוּאֵל: אָכַל חִטָּה וְהִקִּיז דָּם — לֹא הִקִּיז אֶלָּא לְאוֹתָהּ חִטָּה. וְהָנֵי מִילֵּי לִרְפוּאָה, אֲבָל אַקּוּלֵי — מֵיקֵיל.

Chmouel a dit : celui qui a mangé du blé et s'est fait saigner n'a saigné que pour ce blé. Et cela vaut pour (une saignée) de guérison ; mais pour s'alléger, il s'allège.

📜 Rachi (3)
אָכַל חִטָּה וְהִקִּיז דָּם לֹא הִקִּיז אֶלָּא לְחִטָּה שֶׁהָאֹוכֶל מַכְבִּיד אֶת הָאָדָם וְהַקָּזָה שֶׁאַחַר אֲכִילָה אֵינוֹ מוֹעִיל אֶלָּא לְאוֹתוֹ כֹּובֶד:
A mangé du blé et s'est fait saigner, il n'a saigné que pour le blé : car la nourriture alourdit l'homme, et la saignée faite après le repas n'est utile que pour cette lourdeur.
וה"מ בְּמַקִּיז לִרְפוּאָה:
Et cela vaut : pour celui qui se fait saigner en vue d'une guérison.
אֲבָל אַקּוּלֵי מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ דָּם הַמַּכְבִּיד עָלָיו אַפֵּי' לְאַחַר אֲכִילָה מַקִּיז וּמֵיקֵל:
Mais pour s'alléger : celui qui a un sang qui l'alourdit, même après avoir mangé, se fait saigner et s'allège.
💡 Explication

Après un repas, la saignée ne sert qu'à compenser la lourdeur du repas : elle n'a pas de valeur thérapeutique (refoua). Elle garde son effet d'allégement (akouleï) pour qui souffre d'un excès de sang.

9
הַמַּקִּיז דָּם, שְׁתִייָּה — לְאַלְתַּר. אֲכִילָה — עַד חֲצִי מִיל.

Celui qui se fait saigner : la boisson, aussitôt ; la nourriture, (au bout du temps d'un) demi-mil.

💡 Explication

Un mil est une distance (environ 2000 coudées) ; le temps d'un demi-mil est le temps de marcher cette distance, soit environ neuf minutes selon l'estimation courante.

🖼️ Schéma
Après la saignée : boire et manger saignée temps d'un demi-mil Boire : aussitôt Manger : au demi-mil Avant / après : nuisible ou neutre ? Les deux questions restent sans réponse : teikou
Boire et manger après la saignée ; les deux questions restent ouvertes (teikou).
10
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שְׁתִייָּה לְאַלְתַּר מְעַלֵּי, אֲבָל בָּתַר הָכִי קָשֵׁי, אוֹ דִּילְמָא לָא קָשֵׁי וְלָא מְעַלֵּי? תֵּיקוּ.

Ils ont demandé : la boisson, aussitôt, est-elle bonne, mais après cela nuisible ; ou peut-être ni nuisible ni bonne ? Teikou (la question demeure).

💡 Explication

La Guemara se demande si la règle fixe un moment optimal (et le reste nuit) ou seulement un moment bénéfique (et le reste est neutre). Teikou : question non tranchée.

11
אִיבַּעְיָא לְהוּ: אֲכִילָה עַד חֲצִי מִיל הוּא דְּקָמְעַלֵּי, הָא בָּתַר הָכִי וּמִקַּמֵּי הָכִי — קָשֵׁי, אוֹ דִּילְמָא לָא קָשֵׁי וְלָא מְעַלֵּי? תֵּיקוּ.

Ils ont demandé : la nourriture, c'est au demi-mil qu'elle est bonne, mais après cela et avant cela nuisible ; ou peut-être ni nuisible ni bonne ? Teikou.

12
מַכְרִיז רַב: מְאָה קָרֵי בְּזוּזָא, מֵאָה רֵישֵׁי בְּזוּזָא, מֵאָה שְׂפָמֵי וְלָא כְלוּם. אָמַר רַב יוֹסֵף: כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב הוּנָא, יוֹמָא דִּמְפַגְּרִי בֵּיהּ רַבָּנַן, אָמְרִי: הָאִידָּנָא יוֹמָא דִשְׂפָמֵי הוּא, וְלָא יָדַעְנָא מַאי קָאָמְרִי.

Rav proclamait : cent kari pour un zouz, cent richei pour un zouz, cent chafmei et rien. Rav Yossef a dit : quand nous étions chez Rav Houna, le jour où les Sages étaient abattus, ils disaient : aujourd'hui c'est le jour des chafmei ; et je ne savais pas ce qu'ils disaient.

📜 Rachi (4)
מְאָה רֵישֵׁי בְּזוּזָא כְּלוֹמַר אִם יִהְיוּ בְּזוֹל מְאֹד קְנֵה רָאשֵׁי בְּהֵמָה וְאִם לָאו אַל תִּקַּח שֶׁאֵינָן בְּרִיאִין לֶאֱכֹול:
Cent têtes pour un zouz : c'est-à-dire, si elles sont très bon marché, achète des têtes de bétail ; sinon, n'en prends pas, car elles ne sont pas saines à manger.
מֵאָה קֶרִי דְּלוּעִין:
Cent kari : des courges.
מֵאָה שְׂפָמֵי כְּמוֹ עַל שָׂפָם (וַיִּקְרָא ינ) גרויינו"ן בְּלַעַז שְׂפָתַיִם שֶׁל בְּהֵמָה:
Cent chafmei : comme al safam (Vayikra 13) ; grenons en langue étrangère : les lèvres de la bête.
יוֹמָא דִּמְפַגְּרִי בֵּיהּ רַבָּנַן שֶׁהָיוּ הַתַּלְמִידִים מִתְעַצְּלִין מִלָּבֹא בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ קָרֵי לֵיהּ יוֹמָא דִּשְׂפָמֵי כְּלוֹמַר הַיּוֹם הַזֶּה אָבַד לוֹ וְאֵין בּוֹ תּוֹעֶלֶת:
Le jour où les Sages étaient abattus : quand les élèves étaient paresseux pour venir à la maison d'étude, on l'appelait le jour des chafmei, c'est-à-dire : ce jour est perdu pour lui et n'a pas d'utilité.
🗂️ Tossefot (2)
מֵאָה רֵישֵׁי בְּזוּזָא מֵאָה קְרֵי בְּזוּזָא לְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס תֵּימַהּ מַה שַׁייָּךְ הָכָא ור"ח גָּרֵיס מֵאָה קַרְנֵי בְּזוּזָא וּמְפָרֵשׁ מֵאָה רֵישֵׁי מֵאָה רָאשֵׁי בְּנֵי אָדָם (וְנִרְאֶה) שֶׁהָיָה מִנְהָג קָצוּב לְסַפֵּר לְגַלֵּחַ בְּזוּזָא וְכֵן מִנְהַג ק' קַרְנֵי לְהַקִּיז בְּזוּזָא כְּמוֹ קַרְנָא דְּאֻומָּנָא (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף קנד:) אֲבָל מֵאָה שְׂפָמֵי לְתַקֵּן הַשָּׂפָה בִּוְלֹא כְּלוּם דְּבִשְׂכַר גִּילּוּחַ וְהַקָּזָה הָיָה מְתַקֵּן הַשָּׂפָה וּבַיּוֹם שֶׁהָיָה מְתַקֵּן שְׂפָמוֹ לֹא הָיָה נוֹטֵל כְּלוּם וְעַל כֵּן הָיָה לְמָשָׁל כָּל מִי שֶׁהָיָה יָגֵעַ וְלֹא עָלָה בְּיָדוֹ שְׂכָרוֹ הָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ יוֹמָא דִּשְׂפָמֵי:
Cent têtes pour un zouz, cent kari pour un zouz : selon l'explication du Kountrass, on s'étonne : quel rapport ici ? Et Rabbenou Hananel lit : cent karnei pour un zouz, et explique : cent richei, cent têtes d'hommes. Il semble qu'il y avait une coutume de prix fixé : couper les cheveux et raser pour un zouz ; de même cent karnei (cornes, ventouses) pour saigner pour un zouz, comme karna de-oumana (la corne du saigneur, plus loin 154b). Mais cent chafmei, arranger la moustache, pour rien : car avec le salaire du rasage et de la saignée, il arrangeait la moustache ; et le jour où il n'arrangeait que des moustaches, il ne prenait rien. C'est pourquoi, en exemple, quiconque se fatiguait sans recevoir de salaire, on l'appelait jour des chafmei.
מְפַגְּרִי רַבָּנָן תָּשַׁשׁ כֹּחָם וְהָיוּ מִתְחַלְּשִׁין וְלָא יָכְלוּ לְמִיגְרַס כְּדִכְתִיב (שְׁמוּאֵל א ל׳:י׳) וַיִּרְדֹּוף דָּוִד הוּא וְאַרְבַּע מֵאוֹת אִישׁ (עִמּוֹ) וַיַּעַמְדוּ מָאתַיִם אִישׁ אֲשֶׁר פִּגְּרוּ מֵעֲבֹור אֶת נַחַל הַבְּשׂוֹר:
Les Sages étaient abattus : leur force s'était affaiblie, ils étaient épuisés et ne pouvaient étudier, comme il est écrit (Chmouel I 30,10) : David poursuivit, lui et quatre cents hommes, et deux cents hommes qui étaient trop épuisés (pigrou) pour traverser le torrent de Bessor s'arrêtèrent.
💡 Explication

Deux lectures. Rachi : conseil de marché alimentaire (courges et têtes de bétail seulement à très bas prix ; les lèvres de la bête ne valent rien). Rabbenou Hananel (Tossefot) : tarifs du saigneur-barbier ; cent saignées pour un zouz, cent coupes de cheveux pour un zouz, et la moustache offerte. Selon cette lecture, le lien avec le sujet de la saignée est clair.

D'où l'expression yoma de-chafmei : une journée de travail sans profit, dite des jours où les élèves ne parvenaient pas à étudier.

13
וְקוֹשְׁרִין הַטַּבּוּר. תָּנוּ רַבָּנַן: קוֹשְׁרִין הַטַּבּוּר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף חוֹתְכִין. וְטוֹמְנִין הַשִּׁלְיָא כְּדֵי שֶׁיֵּחַם הַוָּלָד. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: בְּנוֹת מְלָכִים — טוֹמְנוֹת בִּסְפָלִים שֶׁל שֶׁמֶן, בְּנוֹת עֲשִׁירִים — בִּסְפוֹגִים שֶׁל צֶמֶר, בְּנוֹת עֲנִיִּים בְּמוֹכִין.

Et on noue le cordon ombilical. Les Rabbanan ont enseigné : on noue le cordon ombilical ; Rabbi Yossi dit : on le coupe aussi.

Et on enveloppe (au chaud) le placenta, pour que l'enfant se réchauffe. Rabban Chimon ben Gamliel a dit : les filles de rois l'enveloppent dans des coupes d'huile, les filles de riches dans des éponges de laine, les filles de pauvres dans des chiffons (mokhin).

📜 Rachi (2)
וְטוֹמְנִין אֶת הַשַּׁלְיָא כְּדִמְפָרֵשׁ רַשְׁבָּ"ג שֶׁהִיא רְפוּאָה לְהִתְחַמֵּם הַוָּלָד:
Et on enveloppe le placenta : comme l'explique Rabban Chimon ben Gamliel, c'est un remède pour que l'enfant se réchauffe.
סִפּוּגִין שֶׁל צֶמֶר צֶמֶר מְנֻופָּץ:
Éponges de laine : laine cardée.
💡 Explication

Retour à la Michna (128b) : on noue le tabour (cordon) du nouveau-né le Chabbat. Rabbi Yossi permet aussi de le couper. On garde le placenta (chilya) au chaud, remède de l'époque pour réchauffer l'enfant ; le matériau dépend des moyens de la famille.

14
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי.

Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh au nom de Rav : la halakha est comme Rabbi Yossi.

💡 Explication

On peut donc couper le cordon le Chabbat, et pas seulement le nouer.

15
וְאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי יוֹסֵי בְּטַבּוּר שֶׁל שְׁנֵי תִינוֹקוֹת, שֶׁחוֹתְכִין. מַאי טַעְמָא? דִּמְנַתְּחִי אַהֲדָדֵי.

Et Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh au nom de Rav : les Sages admettent (l'avis de) Rabbi Yossi pour le cordon de deux enfants, qu'on le coupe. Pourquoi ?

Parce qu'ils se tirent l'un l'autre.

📜 Rachi (2)
שֶׁל שְׁנֵי תִּינוֹקוֹת תְּאוֹמִים וְקִשּׁוּרִין טַבּוּרָן זֶה בָּזֶה:
De deux enfants : des jumeaux dont les cordons sont liés l'un à l'autre.
מִשּׁוּם דִּמְנַתְּחִי מְהֻדְּדֵי זֶה אֵילָךְ וְזֶה אֵילָךְ וְנִמְצְאוּ מְסֻוכָּנִין:
Parce qu'ils se tirent l'un l'autre : l'un par ici, l'autre par là, et ils se trouvent en danger.
💡 Explication

Même selon les Rabbanan qui ne permettent que de nouer, des jumeaux reliés par le cordon sont en danger : chaque mouvement de l'un tire sur l'autre. On coupe donc.

16
וְאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: כָּל הָאָמוּר בְּפָרָשַׁת תּוֹכָחָה עוֹשִׂין לְחַיָּה בְּשַׁבָּת. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמוֹלְדוֹתַיִךְ בְּיוֹם הוּלֶּדֶת אֹותָךְ לֹא כָרַּת שָׁרֵּךְ וּבְמַיִם לֹא רֻחַצְתְּ לְמִשְׁעִי וְהָמְלֵחַ לֹא הֻמְלַחַתְּ וְהָחְתֵּל לֹא חֻתָּלְתְּ״.

Et Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh au nom de Rav : tout ce qui est dit dans la section de la tokhaha, on le fait pour l'accouchée (hayya) le Chabbat. Car il est dit : Et quant à ta naissance, le jour où tu es née, ton cordon n'a pas été coupé, tu n'as pas été lavée dans l'eau pour être polie, tu n'as pas été salée, et tu n'as pas été emmaillotée (Ye'hezkel 16,4).

📜 Rachi (3)
בְּפָרָשַׁת תּוֹכֵחָה שֶׁהוֹכִיחַ יְחֶזְקֵאל לְיִשְׂרָאֵל אֶת חַסְדֵי הקב"ה שֶׁעִמָּהֶן:
Dans la section de la tokhaha : où Ye'hezkel reprocha à Israël (en leur rappelant) les bontés du Saint, béni soit-Il, envers eux.
תּוֹכָחָה לְשׁוֹן לְכוּ וְנִוָּכְחָה (יְשַׁעְיָהוּ א׳:י״ח) לְהִתְווַכֵּחַ וּלְהוֹדִיעַ מִי הוּא שֶׁסָּרַח עַל שֶׁכְּנֶגְדּוֹ:
Tokhaha : du langage de lekhou ve-nivakhe'ha (venez, débattons, Yechaya 1,18) : débattre et faire savoir qui a failli envers l'autre.
לְמִשְׁעִי לָטוּחַ וּלְהַחֲלִיק בְּשָׂרוֹ:
Pour être polie (lemich'i) : pour enduire et lisser sa chair.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל הָאָמוּר בְּפָרָשַׁת תּוֹכָחָה לָאו מִקְּרָא מַפִּיק אֶלָּא מִסְּתָמָא כֵּיוָן שֶׁבָּא בְּפָרָשַׁת תּוֹכָחָה אִם כֵּן צַעַר הוּא אִם אֵין עוֹשִׂין וְהֵקֵילּוּ חֲכָמִים לַעֲשׂוֹת וּבְכֻולָּן אֵין בָּהֶן אִיסּוּרָא דְּאוֹרָיְיתָא:
Tout ce qui est dit dans la section de la tokhaha : il ne le tire pas du verset (comme une source), mais par présomption : puisque cela figure dans la section de reproche, c'est donc une souffrance si on ne le fait pas ; et les Sages ont allégé pour qu'on le fasse. Et dans aucun de ces (actes) il n'y a d'interdit de la Torah.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל הָאָמוּר בְּפָרָשַׁת תּוֹכָחָה, עוֹשִׂין לַחַיָּה בְּשַׁבָּת. נִרְאֶה לִי בס"ד בָּזֶה רָמַז הַכָּתוּב (יְשַׁעְיָהוּ כו, ט) כַּאֲשֶׁר מִשְׁפָּטֶיךָ לָאָרֶץ צֶדֶק לָמְדוּ יֹשְׁבֵי תֵבֵל, מִשְׁפָּטֶיךָ הֵם תּוֹכָחוֹת, אֵלּוּ לָמְדוּ מִזֶּה צֶדֶק שֶׁהֵם הֲלָכוֹת שֶׁקּוֹרְאִים 'צֶדֶק'. וּמַה שֶׁאָמַר מִכָּאן שֶׁמְּיַלְּדִין אֶת הַוָּלָד בְּשַׁבָּת נִרְאֶה לִי בס"ד דְּמַפִּיק לָהּ מִן יִתּוּרָא דְּבַיּוֹם, דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'בְּהֻלֶּדֶת אוֹתְךָ' וְאָמַר 'בַּיּוֹם' לוֹמַר עַל שַׁבָּת שֶׁהוּא יוֹם יְחִידִי שֶׁאֵין לוֹ זוּג בְּיוֹמֵי הַשָּׁבוּעַ.
Tout ce qui est dit dans la section de la tokhaha, on le fait pour l'accouchée le Chabbat. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est l'allusion du verset (Yechaya 26,9) : car lorsque Tes jugements (s'exercent) sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice. Tes jugements, ce sont les reproches ; d'eux ils ont appris tsedek, ce sont les halakhot, que l'on appelle tsedek. Et quant à ce qu'il dit : d'ici (on apprend) qu'on accouche l'enfant le Chabbat, il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il le tire du mot superflu beyom (le jour) : il aurait dû dire be-houledet otakh (à ta naissance), et il a dit beyom, pour désigner le Chabbat, qui est un jour unique, sans partenaire parmi les jours de la semaine.
💡 Explication

Dans la tokhaha de Ye'hezkel 16, le prophète décrit Israël comme un enfant abandonné à la naissance, privé des soins habituels. Rav en déduit que ces soins sont nécessaires et permis le Chabbat pour l'accouchée et l'enfant.

Tossefot : le verset sert d'indice (asmakhta) ; puisque l'absence de ces soins est citée comme une souffrance, les Sages ont permis ces actes, dont aucun n'enfreint un interdit de la Torah.

17
״וּמוֹלְדוֹתַיִךְ בְּיוֹם הֻולֶּדֶת״ — מִכָּאן שֶׁמְייַלְּדִים אֶת הַוָּלָד בְּשַׁבָּת. ״לֹא כָּרַת שֶׁרַךְ״ — מִכָּאן שֶׁחוֹתְכִין הַטַּבּוּר בְּשַׁבָּת. ״וּבְמַיִם לֹא רֻחַצְתְּ לְמִשְׁעִי״ — מִכָּאן שֶׁרוֹחֲצִין הַוָּלָד בְּשַׁבָּת. ״וְהַמֶּלַח לֹא הִמְלַחְתָּ״ — מִכָּאן שֶׁמּוֹלְחִין הַוָּלָד בְּשַׁבָּת. ״וְהַחֹתֶל לֹא חִתַּלְתְּ״ — מִכָּאן שֶׁמְּלַפְּפִין הַוָּלָד בְּשַׁבָּת.

Et quant à ta naissance, le jour où tu es née : d'ici (on apprend) qu'on fait accoucher l'enfant le Chabbat. Ton cordon n'a pas été coupé : d'ici, qu'on coupe le cordon le Chabbat.

Tu n'as pas été lavée dans l'eau pour être polie : d'ici, qu'on lave l'enfant le Chabbat. Tu n'as pas été salée : d'ici, qu'on sale l'enfant le Chabbat.

Et tu n'as pas été emmaillotée : d'ici, qu'on emmaillote l'enfant le Chabbat.

📜 Rachi (2)
שֶׁמּוֹלְחִין וּבְשָׂרוֹ מִתְקַשֶּׁה:
On sale : et sa chair se raffermit.
מְלַפְּפִין אנמליו"ן בְּלַעַ"ז וְלָאו הַיְינוּ אַסֻּובֵּי יָנוֹקָא דַּאֲמַרַן לְעֵיל בְּפֶרֶק כָּל הַכֵּלִים (שַׁבָּת דַּף קכג.) דְּהָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַב נַחְמָן דְּאָסַר אֶלָּא לִפּוּפֵי בְּעָלְמָא כְּמוֹ שֶׁעוֹשִׂין בַּחֲגוֹרוֹת וּפְסִיקְיָאוֹת:
On emmaillote : enmaillolier en langue étrangère. Il ne s'agit pas du redressement de l'enfant (assouvei yanouka) dont nous avons parlé plus haut au perek Kol ha-Kelim (123a), car nous avons entendu que Rav Nahman l'interdit ; il s'agit simplement d'envelopper, comme on le fait avec des ceintures et des bandes.
💡 Explication

Cinq soins, cinq membres de phrase : accoucher, couper le cordon, laver, saler, emmailloter. Rachi distingue l'emmaillotage simple, permis, de l'assouvei yanouka (redresser les membres du nouveau-né), interdit selon Rav Nahman.

18
הַדְרָן עֲלָךְ מְפַנִּין

Nous reviendrons sur toi, (perek) Mefanin.

💡 Explication

Formule de conclusion du 18e perek de Chabbat, Mefanin.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).