Shabbat 130a — Les préparatifs de la mila le Chabbat : Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva

Shabbat 130a

Sougya : Début du chapitre Rabbi Eliezer de-Mila. La michna oppose Rabbi Eliezer, pour qui les préparatifs de la mila (porter l'izmel, couper du bois, forger l'instrument) repoussent le Chabbat, à Rabbi Akiva, pour qui seul ce qui ne pouvait pas être fait la veille repousse le Chabbat.

La Guemara établit que Rabbi Eliezer exige l'izmel à découvert par amour de la mitsva (hibbouv mitsva), puis discute du nombre de témoins. Elle rapporte les usages locaux (Rabbi Eliezer, Rabbi Yossi HaGlili et la volaille au lait) et la récompense de la ville qui suivait Rabbi Eliezer.

Deux baraitot comparent les mitsvot reçues dans la joie ou en querelle, avec ou sans sacrifice de soi, ce qui amène le récit d'Elicha 'aux ailes'.

Mila le Chabbat : que peut-on faire pour elle ? Mila au 8e jour tombant un Chabbat (la mila elle-même repousse le Chabbat) Rabbi Eliezer les makhchirim (préparatifs) aussi repoussent le Chabbat Rabbi Akiva (règle générale) ce qui pouvait se faire veille de Chabbat ne repousse pas le Chabbat Porter l'izmel (scalpel) permis, à découvert interdit (à faire la veille) Couper du bois, faire du charbon permis interdit Forger l'instrument en fer permis interdit Couper le prépuce (mila) permis permis : impossible la veille Halakha selon Rabbi Akiva (Rav Yehouda au nom de Rav, cité par le Roch).
Rabbi Eliezer contre Rabbi Akiva : les préparatifs de la mila repoussent-ils le Chabbat ?
Pourquoi Rabbi Eliezer exige-t-il l'izmel à découvert ? Cas-test : couvert + devant témoins, hors période de danger Hibbouv mitsva montrer publiquement l'amour de la mitsva Hachad (soupçon) éviter qu'on le croie porter un objet profane couvert = interdit couvert devant témoins = permis Conclusion : hibbouv mitsva (Rabbi Levi, baraita, diyouk de Rav Ashi : couvert seulement en temps de danger)
La raison de Rabbi Eliezer et sa conséquence pratique : l'izmel couvert devant témoins.
Comment une mitsva a été reçue détermine comment on l'accomplit Rabban Chimon ben Gamliel Rabbi Chimon ben Elazar Reçue avec joie ex. mila -> encore dans la joie (festin) Reçue en querelle ex. arayot -> encore en querelle (ketouba) Mesirout nefech ex. idolâtrie, mila -> encore solide Sans mesirout nefech ex. tefilin -> encore relâchée Preuve : gouf naki (R. Yannai) Abayé : ne pas laisser échapper de vent Rava : ne pas dormir avec Seul Elicha 'aux ailes' s'est sacrifié Source de la joie : Tehilim 119,162 Source de la querelle : Bamidbar 11,10 'pleurant selon ses familles'
Les deux baraitot sur la manière dont Israël a reçu les mitsvot.
1
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם לֹא הֵבִיא כְּלִי מֵעֶרֶב שַׁבָּת — מְבִיאוֹ בְּשַׁבָּת מְגֻולֶּה, וּבַסַּכָּנָה מְכַסֵּהוּ עַל פִּי עֵדִים.

MICHNA. Rabbi Eliezer dit : s'il n'a pas apporté l'instrument [de la mila] la veille de Chabbat, il l'apporte le Chabbat à découvert ; et en temps de danger, il le couvre, devant témoins.

📜 Rachi (4)
מַתְנִי' רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אִם לֹא הֵבִיא כְּלִי אִיזְמֵל לָמוּל אֶת הַתִּינוֹק וְקָאֵי אַמַּתְנִיתִין דְּפִרְקִין דִּלְעֵיל דְּסָלֵיק מִינֵּיהּ וְכָל צָרְכֵי מִילָּה עוֹשִׂין בְּשַׁבָּת:
Rabbi Eliezer dit : s'il n'a pas apporté l'instrument : l'izmel (scalpel) pour circoncire l'enfant. Cela se rattache à la michna du chapitre précédent, qui se termine par : et tous les besoins de la mila, on les accomplit le Chabbat.
מְגֻולֶּה בִּפְנֵי הַכֹּל וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ אַמַּאי מַצְרִיךְ לֵיהּ לְגִלּוּיָיהּ:
À découvert : devant tout le monde. La Guemara expliquera pourquoi il exige qu'il soit découvert.
וּבַסַּכָּנָה שֶׁגָּזְרוּ אַרַמָּאִים עַל הַמִּילָה:
Et en temps de danger : quand les non-Juifs ont décrété [l'interdiction] de la mila.
מְכַסֵּהוּ ע"פ עֵדִים שֶׁיָּעִידוּ שֶׁאִיזְמֵל שֶׁל מִצְוָה הוּא מֵבִיא וְלֹא יַחְשְׁדוּהוּ:
Il le couvre, devant témoins : pour qu'ils attestent que c'est l'izmel de la mitsva qu'il apporte, et qu'on ne le soupçonne pas.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אִם לֹא הֵבִיא כְּלִי כו' מְבִיאוֹ בְּשַׁבָּת מְגֻולֶּה וא"ת וְיָבִיאוּ הַתִּינוֹק אֵצֶל כְּלִי דְּהַשְׁתָּא לֵיכָּא אִיסּוּר שַׁבָּת כְּלָל דְּהַחַי נוֹשֵׂא אֶת עַצְמוֹ וי"ל דְּקָטָן צָרִיךְ לְאִמּוֹ הוּא וְאַחַר הַמִּילָה הָיָה צָרִיךְ לְהַחֲזִירוֹ לְאִמּוֹ וְאָז הָוֵי כָּפוּת לְפִי שֶׁהוּא חוֹלֶה כִּדְאָמְרִינַן בְּיוֹמָא (דַּף סו:) אַפֵּי' תֵּימָא ר' נָתָן חוֹלֶה שָׁאנֵי וְגַם אִמּוֹ שֶׁהִיא מְסֻוכֶּנֶת לֹא תּוּכַל לָבֹא אֵצֶל הַתִּינוֹק וְעוֹד י"ל כֵּיוָן דְּיוֹתֵר בְּקַל יָבִיא הַכְּלִי מִשֶּׁיָּבִיא הַתִּינוֹק שָׁרִי ר"א כְּדֵי לְמַהֵר הַמִּצְוָה כִּדְמוֹכַח בַּגְּמָרָא דְּאָמַר פַּעַם אַחַת שָׁכְחוּ וְלֹא הֵבִיאוּ אִיזְמֵל מע"ש וְהֵבִיאוּ בְּשַׁבָּת שֶׁלֹּא בִּרְצוֹנוֹ שֶׁהֵבִיאוּ דֶּרֶךְ חֲצֵרוֹת וְגַגּוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת וְהָיוּ יְכוֹלִין לְהָבִיא דֶּרֶךְ רה"ר אַלְמָא דְּשָׁרֵי ר"א דֶּרֶךְ רה"ר דְּהָוֵי דְּאוֹרָיְיתָא כְּדֵי לְמַהֵר הַמִּצְוָה אע"פ שֶׁיָּכוֹל לַעֲשׂוֹת [בְּעִנְיָן] דְּלֵיכָּא אֶלָּא אִיסּוּרָא דְּרַבָּנָן:
Rabbi Eliezer dit : s'il n'a pas apporté l'instrument... il l'apporte le Chabbat à découvert : si tu demandes : qu'on apporte l'enfant près de l'instrument ! Il n'y aurait alors aucun interdit de Chabbat, car un vivant se porte lui-même. On peut répondre qu'un nourrisson a besoin de sa mère ; après la mila, il faudrait le lui ramener, et il serait alors comme ligoté (kafout), car il est malade, comme nous le disons dans Yoma (66b) : 'même selon Rabbi Natan, un malade est différent'. De plus, sa mère, qui est en danger [après l'accouchement], ne pourra pas venir auprès de l'enfant. On peut encore répondre : puisqu'il est plus facile d'apporter l'instrument que d'apporter l'enfant, Rabbi Eliezer le permet afin de hâter la mitsva. Cela ressort de la Guemara, qui dit : une fois, on oublia d'apporter l'izmel la veille de Chabbat, et on l'apporta le Chabbat, sans l'accord [de Rabbi Eliezer], car on l'apporta par les cours, les toits et les enclos (karpifot), alors qu'on aurait pu l'apporter par le domaine public. Il en ressort que Rabbi Eliezer permet [de passer] par le domaine public, interdit de la Torah, afin de hâter la mitsva, bien qu'on puisse agir d'une manière qui n'implique qu'un interdit rabbinique.
⚖️ Rosh (1)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אִם לֹא הֵבִיא כְּלִי מע"ש מְבִיאוֹ בְּשַׁבָּת מְגֻולֶּה. וּבִשְׁעַת סַכָּנָה מְבִיאוֹ מְכֻוסֶּה וְעַל פִּי עֵדִים. וְעוֹד א"ר אֱלִיעֶזֶר כּוֹרְתִין עֵצִים לַעֲשׂוֹת פֶּחָמִין וְלַעֲשׂוֹת כְּלִי בַרְזֶל בְּשַׁבָּת. כְּלָל אָמַר ר' עֲקִיבָא כָּל מְלָאכָה שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מע"ש אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת. מִילָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מע"ש דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת:
Rabbi Eliezer dit : s'il n'a pas apporté l'instrument la veille de Chabbat, il l'apporte le Chabbat à découvert ; et en temps de danger, il l'apporte couvert, devant témoins. Et Rabbi Eliezer a dit encore : on coupe du bois pour faire du charbon et fabriquer un instrument de fer le Chabbat. Règle générale, dit Rabbi Akiva : tout travail qu'il est possible de faire la veille de Chabbat ne repousse pas le Chabbat ; la mila, qu'il est impossible de faire la veille de Chabbat, repousse le Chabbat.
💡 Explication

Le chapitre traite des makhchirei mila (préparatifs de la circoncision) un Chabbat. Pour Rabbi Eliezer, si la mila repousse le Chabbat, ses préparatifs aussi : on peut porter l'izmel même dans le domaine public.

Il exige que l'instrument soit porté megoule (à découvert). En période de persécution, où la mila était interdite par le pouvoir, on le couvre, et des témoins savent ce qu'il porte.

2
וְעוֹד אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כּוֹרְתִים עֵצִים לַעֲשׂוֹת פֶּחָמִין לַעֲשׂוֹת (כְּלֵי) בַּרְזֶל.

Et Rabbi Eliezer a dit encore : on coupe du bois pour faire du charbon, afin de fabriquer [un instrument de] fer.

💡 Explication

Rabbi Eliezer va jusqu'au bout de sa logique : même la fabrication de l'instrument, qui implique plusieurs melakhot (couper, allumer, forger), repousse le Chabbat.

3
כְּלָל אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: כָּל מְלָאכָה שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת — אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת, וּמִילָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת.

Règle générale, dit Rabbi Akiva : tout travail qu'il est possible de faire la veille de Chabbat ne repousse pas le Chabbat ; et la mila, qu'il est impossible de faire la veille de Chabbat, repousse le Chabbat.

📜 Rachi (2)
כְּלָל אָמַר ר"ע נֶחֱלַק עַל ר"א בְּמַכְשִׁירֵי מִצְוָה שֶׁאֵין דּוֹחִין הוֹאִיל וְאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָן מע"ש:
Règle générale, dit Rabbi Akiva : il est en désaccord avec Rabbi Eliezer sur les préparatifs de la mitsva, qui ne repoussent pas [le Chabbat], puisqu'on peut les faire la veille de Chabbat.
[וְשֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת מע"ש כְּגוֹן] מִילָה עַצְמָהּ שא"א לָהּ לֵיעָשׂוֹת דִּזְמַנָּהּ בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי דּוֹחֶה שַׁבָּת:
Et ce qu'il est impossible de faire la veille de Chabbat, par exemple : la mila elle-même, qu'il est impossible de faire [la veille], car son moment est le huitième jour ; elle repousse le Chabbat.
💡 Explication

Le critère de Rabbi Akiva : ce qui pouvait être fait avant Chabbat ne justifie pas de profaner le Chabbat. Seule la coupe elle-même, fixée au huitième jour, repousse le Chabbat. La halakha suit Rabbi Akiva (voir le Roch).

🖼️ Schéma
Mila le Chabbat : que peut-on faire pour elle ? Mila au 8e jour tombant un Chabbat (la mila elle-même repousse le Chabbat) Rabbi Eliezer les makhchirim (préparatifs) aussi repoussent le Chabbat Rabbi Akiva (règle générale) ce qui pouvait se faire veille de Chabbat ne repousse pas le Chabbat Porter l'izmel (scalpel) permis, à découvert interdit (à faire la veille) Couper du bois, faire du charbon permis interdit Forger l'instrument en fer permis interdit Couper le prépuce (mila) permis permis : impossible la veille Halakha selon Rabbi Akiva (Rav Yehouda au nom de Rav, cité par le Roch).
Ce que chacun permet le Chabbat.
4
גְּמ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מִשּׁוּם חַבּוֹבֵי מִצְוָה, אוֹ דִילְמָא מִשּׁוּם חֲשָׁדָא. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְאֵתוֹיֵי מְכֻוסֶּה עַל פִּי עֵדִים. אִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם חַבּוֹבֵי מִצְוָה, מְגֻולֶּה — אִין, מְכֻוסֶּה — לָא. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם חֲשָׁדָא — אֲפִילּוּ מְכֻוסֶּה, שַׁפִּיר דָּמֵי. מַאי?

GUEMARA. Ils ont posé la question : la raison de Rabbi Eliezer est-elle l'amour de la mitsva (hibbouv mitsva), ou bien est-ce à cause du soupçon (hachad) ?

Quelle différence pratique ? Le cas où on l'apporte couvert, devant témoins.

Si tu dis que c'est à cause de l'amour de la mitsva : à découvert, oui ; couvert, non. Mais si tu dis que c'est à cause du soupçon : même couvert, c'est bien.

Qu'en est-il ?

📜 Rachi (3)
גמ' טַעְמָא דר"א דְּאָמַר מְגֻולֶּה אִין מְכֻוסֶּה לָא:
La raison de Rabbi Eliezer : qui dit 'à découvert', oui, 'couvert', non.
מִשּׁוּם חִיבּוּב מִצְוָה לְהוֹדִיעַ שֶׁחֲבִיבָה מִצְוָה עָלָיו שֶׁמְּחַלֵּל שַׁבָּת עָלֶיהָ:
À cause de l'amour de la mitsva : pour faire savoir que la mitsva lui est chère, au point qu'il profane le Chabbat pour elle.
מִשּׁוּם חֲשָׁדָא שֶׁלֹּא יַחְשְׁדוּהוּ שֶׁהוּא נוֹשֵׂא שְׁאָר חֲפָצָיו וְסֵיפָא דְּמַתְנִי' דְּקָתָנֵי וּבַסַּכָּנָה מְכַסֵּהוּ ע"פ עֵדִים וַדַּאי מִשּׁוּם חֲשָׁדָא הוּא אֶלָּא רֵישָׁא מִיבַּעְיָא לָן דַּוְקָא מְגֻולֶּה קָאָמַר אֲבָל מְכֻוסֶּה ע"פ עֵדִים שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה לֹא וּמִשּׁוּם חִיבּוּב מִצְוָה אוֹ לָאו דַּוְקָא מְגֻולֶּה דְּטַעְמֵיהּ מִשּׁוּם חֲשָׁדָא וה"ה לִמְכֻוסֶּה עַל פִּי עֵדִים:
À cause du soupçon : qu'on ne le soupçonne pas de porter ses autres affaires. La fin de la michna, qui enseigne : 'en temps de danger, il le couvre devant témoins', est certainement à cause du soupçon. Notre question porte sur le début : [Rabbi Eliezer] a-t-il dit 'à découvert' strictement, et couvert devant témoins hors temps de danger ne serait pas [permis], à cause de l'amour de la mitsva ? Ou bien 'à découvert' n'est pas strict, car sa raison est le soupçon, et il en va de même couvert devant témoins ?
💡 Explication

Structure classique d'une ibbaya suivie de sa nafka mina (conséquence pratique). Les deux raisons s'accordent pour exiger l'instrument visible dans le cas simple ; elles divergent quand il est couvert mais que des témoins savent ce qu'il porte.

🖼️ Schéma
Pourquoi Rabbi Eliezer exige-t-il l'izmel à découvert ? Cas-test : couvert + devant témoins, hors période de danger Hibbouv mitsva montrer publiquement l'amour de la mitsva Hachad (soupçon) éviter qu'on le croie porter un objet profane couvert = interdit couvert devant témoins = permis Conclusion : hibbouv mitsva (Rabbi Levi, baraita, diyouk de Rav Ashi : couvert seulement en temps de danger)
Les deux raisons possibles et leur conséquence.
5
אִיתְּמַר אָמַר רַבִּי לֵוִי: לֹא אֲמָרָהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא לְחַבּוֹבֵי מִצְוָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מְבִיאוֹ מְגֻולֶּה וְאֵין מְבִיאוֹ מְכֻוסֶּה, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. אָמַר רַב אַשִּׁי: מַתְנִיתִין נָמֵי דַּיְקָא, דְּקָתָנֵי: וּבִשְׁעַת הַסַּכָּנָה מְכַסֵּהוּ עַל פִּי עֵדִים, בְּסַכָּנָה — אִין, שֶׁלֹּא בְּסַכָּנָה — לָא, שְׁמַע מִינַּהּ מִשּׁוּם חַבּוֹבֵי מִצְוָה. שְׁמַע מִינָּה.

Il a été dit : Rabbi Levi a dit : Rabbi Eliezer ne l'a dit que pour l'amour de la mitsva. On a enseigné aussi ainsi [dans une baraita] : on l'apporte à découvert, et on ne l'apporte pas couvert ; ce sont les paroles de Rabbi Eliezer.

Rav Achi a dit : la michna aussi est précise en ce sens, car elle enseigne : 'en temps de danger, il le couvre devant témoins' ; en temps de danger, oui, hors temps de danger, non. Déduis-en que c'est à cause de l'amour de la mitsva.

Déduis-en.

⚖️ Rosh (1)
גְּמ' א"ר אָבִין בַּר רַב אַדָּא אָמַר רַבִּי יִצְחָק פַּעַם אַחַת שָׁכְחוּ וְלֹא הֵבִיאוּ אִיזְמֵל מע"ש וְהֵבִיאוּ בְּשַׁבָּת שֶׁלֹּא בִּרְצוֹן חֲכָמִים וְשֶׁלֹּא בִּרְצוֹן ר' אֱלִיעֶזֶר דְּאִילּוּ ר"א שָׁרִי דֶּרֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים וְהֵם הֵבִיאוּ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת חֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת. שֶׁלֹּא בִּרְצוֹן חֲכָמִים דְּאָסְרִי אֲפִילּוּ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת חֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת. אֶלָּא בִּרְצוֹן ר' שִׁמְעוֹן דְּאָמַר גַּגּוֹת וַחֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת רְשׁוּת אַחַת הֵן לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן וְלֹא לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת. וּבְפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צֵא.) פָּסַק רַב הִלְכְתָא כְּר' שִׁמְעוֹן וְאַפֵּי' לִדְבַר הָרְשׁוּת חָשְׁבִינַן לְהוּ רְשׁוּת אַחַת וּמְטַלְטְלִין הַכֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן וכ"ש לִדְבַר מִצְוָה. וְהָא דְּאָמַר רָבָא בִּפְסָחִים בְּפֶרֶק הָאִשָּׁה דַּף צב. עָרֵל וְהַזָּאָה וְאִיזְמֵל הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶם בִּמְקוֹם כָּרֵת אִיזְמֵל מַאי הִיא דְּתַנְיָא כְּשֵׁם שֶׁאֵין מְבִיאִין אוֹתוֹ דֶּרֶךְ ר"ה כָּךְ אֵין מְבִיאִין אוֹתוֹ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת וַחֲצֵירוֹת. אָתֵי שַׁפִּיר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן כְּגוֹן שֶׁהָאִיזְמֵל הָיָה בַּבַּיִת: כְּלָל אָמַר ר"ע כו'. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב הֲלָכָה כַּר' עֲקִיבָא עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי ר' אֱלִיעֶזֶר וְר' עֲקִיבָא אֶלָּא בְּמַכְשִׁירֵי מִילָה אֲבָל מִילָה גּוּפָא דָּחֲיָא שַׁבָּת מִנָּלַן. א"ר יוֹחָנָן אֲמַר קְרָא וּבַיּוֹם אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת. ת"ר מִילָה דּוֹחָה צָרַעַת בֵּין בִּזְמַנָּהּ בֵּין שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ. יו"ט אֵינָהּ דּוֹחָה אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ בִּלְבַד. וּמִימְהָל לָא מָהֲלִינַן אֶלָּא בִּימָמָא דְּתַנְיָא יְבָמוֹת דַּף עב אֵין לִי אֶלָּא הַנִּימּוֹל לַח' שֶׁאֵין נִימּוֹל אֶלָּא בַּיּוֹם לְתִשְׁעָה לַעֲשָׂרָה לְאַחַד עָשָׂר לִשְׁנֵים עָשָׂר. וּשְׁאָר הַנִּימּוֹלִים שֶׁאֵין נִימּוֹלִין אֶלָּא בַּיּוֹם מִנַּיִן. ת"ל וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי. גָּרְסִינַן בפ"ק דְּקִידּוּשִׁין דַּף כט. הֵיכָא דְּלָא מַהְלֵיהּ אֲבוּהּ מִיחַייְּבִי בֵּי דִינָא לְמִימְהֲלֵיהּ דִּכְתִיב הִמּוֹל יִמּוֹל לָכֶם כָּל זָכָר. וְהֵיכָא דְּלָא מְהָלוּהוּ בֵּי דִינָא מִיחַייַּב אִיהוּ לְמִימְהַל נַפְשֵׁיהּ דִּכְתִיב וְעָרֵל זָכָר אֲשֶׁר לֹא יִמּוֹל אֶת בְּשַׂר עָרְלָתוֹ וְנִכְרְתָה וְגוֹ':
Guemara. Rabbi Avin bar Rav Ada a dit au nom de Rabbi Yitshak : une fois, on oublia d'apporter l'izmel la veille de Chabbat, et on l'apporta le Chabbat, sans l'accord des Sages et sans l'accord de Rabbi Eliezer. Car Rabbi Eliezer permet par le domaine public, et eux l'apportèrent par les toits, les cours et les enclos ; et sans l'accord des Sages, qui interdisent même par les toits, les cours et les enclos. Mais avec l'accord de Rabbi Chimon, qui dit : toits, cours et enclos sont un seul domaine pour les objets qui s'y trouvaient à l'entrée du Chabbat, mais pas pour les objets qui se trouvaient dans la maison. Et au chapitre Kol Gagot (Erouvin 91a), Rav a tranché la halakha selon Rabbi Chimon ; même pour une chose facultative, nous les considérons comme un seul domaine et on y déplace les objets qui s'y trouvaient à l'entrée du Chabbat, et à plus forte raison pour une mitsva. Quant à ce que Rava a dit dans Pessahim, au chapitre Haicha (92a) : 'l'incirconcis, l'aspersion et l'izmel : [les Sages] ont maintenu leurs paroles même face à un karet' ; l'izmel, qu'est-ce ? Car il est enseigné : de même qu'on ne l'apporte pas par le domaine public, on ne l'apporte pas par les toits, les enclos et les cours. Cela s'accorde avec Rabbi Chimon, dans le cas où l'izmel se trouvait dans la maison. Règle générale, dit Rabbi Akiva, etc. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : la halakha est selon Rabbi Akiva. Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva ne sont en désaccord que sur les préparatifs de la mila ; mais la mila elle-même repousse le Chabbat. D'où le savons-nous ? Rabbi Yo'hanan a dit : le verset dit 'et au jour' (Vayikra 12,3), même un Chabbat. Nos Maîtres ont enseigné : la mila repousse la tsaraat, qu'elle soit à son moment où non ; [elle repousse] le jour de fête seulement à son moment. On ne circoncit que de jour, comme il est enseigné (Yevamot 72) : je ne sais [cela] que pour celui qui est circoncis au huitième jour, qui n'est circoncis que de jour ; au neuvième, dixième, onzième, douzième [jour], et les autres circoncis, d'où savons-nous qu'on ne les circoncit que de jour ? Le verset dit : 'et au jour du huitième'. Nous lisons au premier chapitre de Kiddouchin (29a) : si le père ne l'a pas circoncis, le tribunal est tenu de le circoncire, car il est écrit : 'tout mâle parmi vous sera circoncis' ; et si le tribunal ne l'a pas circoncis, il est tenu de se circoncire lui-même, car il est écrit : 'et le mâle incirconcis qui n'aura pas circoncis la chair de son prépuce sera retranché', etc.
💡 Explication

Trois appuis pour hibbouv mitsva : la déclaration de Rabbi Levi, une baraita explicite, et un diyouk (lecture précise) de Rav Achi. Si l'on pouvait couvrir devant témoins en temps normal, la michna n'aurait pas limité ce cas au temps de danger.

6
תַּנְיָא אִידָךְ: מְבִיאוֹ מְגֻולֶּה וְאֵין מְבִיאוֹ מְכֻוסֶּה, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: נוֹהֲגִין הָיוּ בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה שֶׁהָיוּ מְבִיאִין מְכֻוסֶּה עַל פִּי עֵדִים.

On a enseigné dans une autre [baraita] : on l'apporte à découvert et on ne l'apporte pas couvert, ce sont les paroles de Rabbi Eliezer. Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Eliezer : on avait l'habitude, en temps de danger, de l'apporter couvert devant témoins.

7
אִיבַּעְיָא לְהוּ, עֵדִים דְּקָאָמַר: אִיהוּ וְחַד, אוֹ דִּילְמָא: הוּא וּתְרֵי.

Ils ont posé la question : les témoins dont il parle, est-ce lui et un autre, ou bien lui et deux [autres] ?

💡 Explication

Le porteur de l'izmel peut-il compter parmi les edim (témoins) qui le protègent du soupçon ? Si oui, un seul autre suffit.

8
תָּא שְׁמַע: וּבַסַּכָּנָה מְכַסֵּהוּ עַל פִּי עֵדִים. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא הוּא וּתְרֵי — שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ הוּא וְחַד, מַאי ״עֵדִים״? שֶׁרְאוּיִם לְהָעִיד בִּמְקוֹם אַחֵר.

Viens et entends : 'en temps de danger, il le couvre devant témoins'. Si tu dis : lui et deux [autres], c'est bien.

Mais si tu dis : lui et un autre, pourquoi 'témoins' ? [Réponse :] parce qu'ils sont aptes à témoigner ailleurs.

📜 Rachi (2)
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא הוּא וּתְרֵי שַׁפִּיר הַייְנוּ דְּמִיקְּרוּ עֵדִים אֶלָּא הוּא וְחַד מִי מִיקְּרֵי עֵדִים אִיהוּ לְגַבֵּיהּ נַפְשֵׁיהּ מִי מִיקְּרֵי עֵד:
Si tu dis : lui et deux [autres], c'est bien : c'est pour cela qu'on les appelle témoins. Mais lui et un autre, les appelle-t-on témoins ? Lui, à son propre sujet, l'appelle-t-on témoin ?
וּמְשַׁנֵּי שֶׁרְאוּיִם לְהָעִיד בִּמְקוֹם אַחֵר לְעוֹלָם הָכָא עֵדוּת לָא שַׁייְכָא דִּלְאַפּוֹקֵי מֵחֲשָׁדָא בְּעָלְמָא הוּא וְאֵין כָּאן לֹא דִּינֵי מָמוֹנוֹת וְלֹא דִּינֵי נְפָשׁוֹת שֶׁיְּהוּ שְׁנַיִם וּמַאי קָרוּ לְהוּ עֵדִים דְּאִיכָּא גִּילּוּי מִילְּתָא ע"י הַשֵּׁנִי וּשְׁנַיִם קָרוּ עֵדִים בְּעֵדוּת אַחֲרִיתִי שֶׁאֵינוֹ נוֹגֵעַ בָּהּ:
Et il répond : qu'ils sont aptes à témoigner ailleurs : en réalité, ici, le témoignage n'est pas en jeu, car il s'agit seulement d'écarter un soupçon ; il n'y a ici ni droit financier ni droit pénal, qui exigeraient deux [témoins]. Pourquoi les appelle-t-on témoins ? Parce que la chose est rendue publique par le second ; et deux sont appelés témoins dans un autre témoignage où il n'est pas partie prenante.
💡 Explication

La preuve tirée du pluriel edim est réfutée : ici on ne fait que dissiper un hachad, pas établir un fait en justice. Le mot 'témoins' désigne des personnes qui, dans un autre contexte, seraient aptes à témoigner. La question reste ouverte.

🖼️ Schéma
Les 'témoins' de la michna : combien ? Option 1 : lui + un autre le porteur compte lui-même Option 2 : lui + deux autres deux témoins en dehors de lui le pluriel 'témoins' convient Objection : pourquoi 'témoins' ? Réponse : ils sont aptes à témoigner ailleurs (on écarte un simple soupçon) -> question non tranchée
Lui et un autre, ou lui et deux autres ?
9
וְעוֹד אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, תָּנוּ רַבָּנַן: בִּמְקוֹמוֹ שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָיוּ כּוֹרְתִין עֵצִים לַעֲשׂוֹת פֶּחָמִין לַעֲשׂוֹת בַּרְזֶל בְּשַׁבָּת, בִּמְקוֹמוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי הָיוּ אוֹכְלִין בְּשַׂר עוֹף בְּחָלָב.

Et Rabbi Eliezer a dit encore [etc.]. Nos Maîtres ont enseigné : dans la localité de Rabbi Eliezer, on coupait du bois pour faire du charbon afin de fabriquer du fer le Chabbat ; dans la localité de Rabbi Yossi HaGlili, on mangeait de la viande de volaille au lait.

📜 Rachi (2)
לַעֲשׂוֹת בַּרְזֶל לְאִיזְמֵל שֶׁל מִילָה:
Pour fabriquer du fer : pour l'izmel de la mila.
הָיוּ אוֹכְלִין בְּשַׂר עוֹף בְּחָלָב כְּדִלְקַמָּן:
On mangeait de la viande de volaille au lait : comme [on l'explique] plus loin.
💡 Explication

Principe du mara de-atra (autorité locale) : dans la ville d'un maître, on suit sa position même contre la majorité.

10
לֵוִי אִיקְּלַע לְבֵי יוֹסֵף רִישְׁבָּא. קָרִיבוּ לֵיהּ רֵישָׁא דְטַווָּסָא בַּחֲלָבָא, לָא אָכַל. כִּי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי לָא תְּשַׁמְּתִינְהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה הֲוָה, וְאָמֵינָא: דִּילְמָא דְּרַשׁ לְהוּ כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי.

Levi arriva chez Yossef le chasseur d'oiseaux. On lui présenta une tête de paon au lait ; il ne mangea pas.

Quand il vint devant Rabbi, celui-ci lui dit : pourquoi ne les as-tu pas mis au ban (chamta) ? Il lui dit : c'était la localité de Rabbi Yehouda ben Beteira, et je me suis dit : peut-être leur a-t-il enseigné selon Rabbi Yossi HaGlili.

📜 Rachi (1)
רִישְׁבָּא צֵיד עוֹפוֹת:
Richba : un chasseur d'oiseaux.
💡 Explication

Levi s'abstient lui-même mais ne sanctionne pas ses hôtes : s'ils suivent l'enseignement de leur maître local, ils ne transgressent pas.

11
דִּתְנַן, רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: נֶאֱמַר ״לֹא תֹאכְלוּ כָל נְבֵלָה״, וְנֶאֱמַר ״לֹא תְבַשֵּׁל גְּדִי בַּחֲלֵב אִמּוֹ״. אֶת שֶׁאָסוּר מִשּׁוּם נְבֵלָה — אָסוּר לְבַשֵּׁל בְּחָלָב. עוֹף שֶׁאָסוּר מִשּׁוּם נְבֵלָה, יָכוֹל יְהֵא אָסוּר לְבַשֵּׁל בְּחָלָב — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּחֲלֵב אִמּוֹ״, יָצָא עוֹף שֶׁאֵין לוֹ חֲלֵב אֵם.

Comme nous l'avons appris : Rabbi Yossi HaGlili dit : il est dit 'vous ne mangerez aucune nevela' (Devarim 14,21) et il est dit 'tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère'. Ce qui est interdit à cause de nevela est interdit à cuire dans le lait.

La volaille, qui est interdite à cause de nevela, on pourrait penser qu'il soit interdit de la cuire dans le lait ; le verset dit : 'dans le lait de sa mère', ce qui exclut la volaille, qui n'a pas de lait maternel.

📜 Rachi (1)
נֶאֱמַר לֹא תֹאכְלוּ כָל נְבֵלָה וְנֶאֱמַר בְּאוֹתוֹ פָּסוּק עַצְמוֹ לֹא תְבַשֵּׁל גְּדִי מַשְׁמַע כָּל הָאָסוּר מִשּׁוּם נְבֵלָה נוֹהֵג בּוֹ אִיסּוּר בָּשָׂר בְּחָלָב:
Il est dit 'vous ne mangerez aucune nevela', et il est dit : dans ce même verset, 'tu ne cuiras pas le chevreau' ; cela signifie que tout ce qui est interdit à cause de nevela est soumis à l'interdit de viande au lait.
💡 Explication

Nevela : une bête morte sans chehita valide. La juxtaposition des deux interdits dans un même verset étend bassar be-halav à tout ce qui a un statut de nevela, puis l'expression 'de sa mère' exclut la volaille. Selon les autres Sages, la volaille au lait est interdite d'ordre rabbinique.

🖼️ Schéma
Rabbi Yossi HaGlili : volaille au lait Devarim 14,21 'ne mangez pas de nevela' + 'pas de chevreau...' Tout ce qui est interdit comme nevela est interdit cuit au lait Donc la volaille aussi ? (elle a un statut de nevela) 'dans le lait de SA MÈRE' la volaille n'a pas de lait maternel -> exclue de la Torah Autres Sages : interdit de Rabbanan d'où la question de Rabbi à Levi (pourquoi ne pas les avoir exclus ?)
Le raisonnement de Rabbi Yossi HaGlili.
12
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: עִיר אַחַת הָיְתָה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁהָיוּ עוֹשִׂין כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְהָיוּ מֵתִים בִּזְמַנָּן. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁפַּעַם אַחַת גָּזְרָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה גְּזֵרָה עַל יִשְׂרָאֵל עַל הַמִּילָה, וְעַל אוֹתָהּ הָעִיר לָא גָּזְרָה.

Rabbi Yitshak a dit : il y avait une ville en Erets Israël où l'on agissait selon Rabbi Eliezer, et ils mouraient en leur temps. Plus encore : une fois, le royaume impie a promulgué un décret contre Israël au sujet de la mila, et contre cette ville il n'a pas décrété.

🪔 Ben Yehoyada (1)
עִיר אַחַת הָיְתָה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, שֶׁהָיוּ עוֹשִׂים כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָיוּ מֵתִים בִּזְמַנָּם. נִרְאֶה בס"ד הַטַּעַם דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בַּמִּדְרָשׁ (בְּאוֹצַר הַמִּדְרָשִׁים עַמּוּד רכב) שַׁבָּת שְׁקוּלָה כְּנֶגֶד כָּל הַתּוֹרָה, וּמִילָה נָמֵי שְׁקוּלָה כְּנֶגֶד כָּל הַתּוֹרָה, וְלֹא יָדַעְנוּ מִי גְּדוֹלָה, אַךְ מִמַּה שֶׁרָאִינוּ שֶׁמִּילָה בִּזְמַנָּהּ דּוֹחָה שַׁבָּת נִמְצָא מִילָה גְּדוֹלָה מִשַּׁבָּת, מָשָׁל לְאִשְׁתּוֹ שֶׁל מֶלֶךְ וְאִשְׁתּוֹ שֶׁל הַמִּשְׁנָה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּעֲגָלוֹת בְּיַחַד וְלֹא הָיוּ יוֹדְעִין מִי זֹאת הַגְּדוֹלָה, כֵּיוָן שֶׁבָּאוּ לַגֶּשֶׁר נִדְחֵית עֲגָלָה שֶׁל אֵשֶׁת הַמִּשְׁנָה, וְיָדְעוּ בְּבֵירוּר אֲשֶׁר רִאשׁוֹנָה הִיא אִשְׁתּוֹ שֶׁל מֶלֶךְ עַד כָּאן, וְלָכֵן אוֹתָם שֶׁהָיוּ עוֹשִׂים כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְהָבִיא כְּלֵי הַמִּילָה מְגֻולִּין שֶׁנּוֹדַע בָּזֶה מִילָה בִּזְמַנָּהּ דּוֹחֶה שַׁבָּת, בִּזְכוּת זֶה הָיוּ מֵתִים בִּזְמַנָּם , וְהוֹאִיל וְאָמַר בְּמִילָה בְּדָמַיִךְ חֲיִי לְכָךְ הוֹעִיל זְכוּת זֶה לְעִנְיַן הַחַיִּים שֶׁלָּהֶם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם, דְּיָדוּעַ מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל (בְּשַׁעַר טַעֲמֵי הַמִּצְוֹת) בְּסוֹד הַמִּילָה שֶׁיֵּשׁ ע"ח אוֹרוֹת חֲסָדִים בְּעִנְיַן שְׁלֹשָׁה הויו"ת, אַךְ הַשְּׁמוֹנָה אוֹרוֹת הֵם מְכֻוסִּים וְהַשִּׁבְעִים הֵם מְגֻולִּים, וְאֵלּוּ הַשִּׁבְעִים הַמְגֻולִּים נִמְשָׁכִים עַל יְדֵי הַמִּילָה, וְנִרְמְזוּ בְּאוֹתִיּוֹת 'מָל' ד מ י ל ה שֶׁהוּא מִסְפַּר ע', וְזֶה סוֹד (בְּרֵאשִׁית כא, ח) בְּיוֹם הִגָּמֵל אֶת יִצְחָק, וְדָרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל 'הַג' 'מָל', שֶׁחִילּוּק אוֹתִיּוֹת 'הַג' שֶׁהֵם ח' אוֹרוֹת הַמְכֻוסִּים מִן אוֹתִיּוֹת 'מָל' שֶׁהֵם שִׁבְעִים אוֹרוֹת מְגֻולִּים עַייֵּן שָׁם. וְאָמַרְתִּי בס"ד לְכָךְ כְּלִי הַמִּילָה נִקְרָא אִזְמֵל שֶׁהוּא 'אָז' 'מָל', אָז הוּא ח' אוֹרוֹת הַמְכֻוסִּים, וְ'מֶל' ע' אוֹרוֹת הַמְגֻולִּים, נִמְצָא בְּאִזְמֵל שֶׁהוּא כְּלִי הַמִּילָה נִרְמְזוּ בּוֹ אוֹרוֹת הַמְכֻוסִּים וְאוֹרוֹת הַמְגֻולִּים, וּלְהָכִי סְבִירָא לֵיהּ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁיָּבִיא הַכְּלִי שֶׁהוּא הָאִזְמֵל מְגֻולֶּה מִשּׁוּם חִיבּוּב מִצְוָה מִפְּנֵי שֶׁבּוֹ נִרְמְזוּ אוֹרוֹת הַמְגֻולִּים גַּם כֵּן. וְיָדוּעַ קִצְבַּת חַיֵּי אָדָם הֵם שִׁבְעִים וְזוֹ מִיתָה בִּזְמַנָּהּ, וְלָכֵן בִּזְכוּת חִבּוּב מִצְוָה שֶׁהָיוּ עוֹשִׂין כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, לְהָבִיא הָאִזְמֵל שֶׁבּוֹ רָמוּז שִׁבְעִים אוֹרוֹת הַמְגֻולִּים הָיוּ מֵתִים בִּזְמַנָּם שֶׁהוּא שִׁבְעִים שָׁנָה.
Il y avait une ville en Erets Israël où l'on agissait selon Rabbi Eliezer, et ils mouraient en leur temps. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison est ce que nos Maîtres ont dit dans le Midrach (Otsar HaMidrachim p. 222) : le Chabbat équivaut à toute la Torah, et la mila aussi équivaut à toute la Torah, et nous ne savions pas laquelle est la plus grande. Mais puisque nous voyons que la mila a son moment repousse le Chabbat, il en ressort que la mila est plus grande que le Chabbat. On peut le comparer à l'épouse du roi et à l'épouse du vice-roi, qui voyageaient ensemble dans des chars, et l'on ne savait pas laquelle était la plus importante ; arrivées à un pont, le char de l'épouse du vice-roi fut écarté, et l'on sut avec certitude que la première était l'épouse du roi. Fin de citation. C'est pourquoi ceux qui agissaient selon Rabbi Eliezer, en apportant les instruments de la mila à découvert, faisaient connaître que la mila a son moment repousse le Chabbat ; par ce mérite, ils mouraient en leur temps. Et puisqu'il est dit à propos de la mila 'dans ton sang, vis', ce mérite a agi sur leur vie. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, une autre raison. On connaît ce qu'a écrit notre maître l'Ari (Chaar Taamei HaMitsvot) sur le sod de la mila : il y a soixante-dix-huit lumières de hassadim, en rapport avec trois Noms de quatre lettres ; huit de ces lumières sont couvertes et soixante-dix sont découvertes. Ces soixante-dix lumières découvertes sont attirées par la mila, et elles sont suggérées par les lettres 'mal' (mem-lamed) du mot mila, dont la valeur est soixante-dix. C'est le sod de 'au jour où Yitshak fut sevré (higamel)' (Berechit 21,8), que nos Maîtres ont lu 'hag mal' : les lettres 'hag' (huit) sont les huit lumières couvertes, séparées des lettres 'mal' (soixante-dix), les lumières découvertes ; voir là-bas. J'ai dit, avec l'aide du Ciel, que c'est pour cela que l'instrument de la mila s'appelle izmel, c'est-à-dire 'az' 'mal' : 'az' (huit) représente les huit lumières couvertes et 'mal' les soixante-dix lumières découvertes. Dans l'izmel sont donc suggérées les lumières couvertes et les lumières découvertes. C'est pourquoi Rabbi Eliezer estime qu'on apporte l'instrument, l'izmel, à découvert, par amour de la mitsva, car les lumières découvertes y sont aussi suggérées. Or on sait que la durée de la vie humaine est de soixante-dix [ans], et c'est cela mourir en son temps. Ainsi, par le mérite de l'amour de la mitsva, en agissant selon Rabbi Eliezer et en apportant [à découvert] l'izmel, où sont suggérées les soixante-dix lumières découvertes, ils mouraient en leur temps, à soixante-dix ans.
💡 Explication

Deux récompenses pour cette ville : ses habitants ne mouraient pas avant leur temps, et le décret romain contre la mila ne l'a pas visée. Cela illustre la valeur du hibbouv mitsva établi plus haut.

13
תַּנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כָּל מִצְוָה שֶׁקִּיבְּלוּ עֲלֵיהֶם בְּשִׂמְחָה, כְּגוֹן מִילָה, דִּכְתִיב: ״שָׂשׂ אָנֹכִי עַל אִמְרָתֶךָ כְּמוֹצֵא שָׁלָל רָב״ — עֲדַייִן עוֹשִׂין אוֹתָהּ בְּשִׂמְחָה. וְכָל מִצְוָה שֶׁקִּבְּלוּ עֲלֵיהֶם בִּקְטָטָה, כְּגוֹן עֲרָיוֹת, דִּכְתִיב: ״וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה אֶת הָעָם בֹּוכֶה לְמִשְׁפְּחֹותָיו״, עַל עִסְקֵי מִשְׁפְּחוֹתָיו — עֲדַייִן עוֹשִׂין אוֹתָהּ בִּקְטָטָה, דְּלֵיכָּא כְּתֻובָּה דְּלָא רָמוּ בַּהּ תִּיגְרָא.

On a enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : toute mitsva qu'ils ont acceptée dans la joie, comme la mila, ainsi qu'il est écrit : 'je me réjouis de Ta parole comme celui qui trouve un grand butin' (Tehilim 119,162), ils l'accomplissent encore dans la joie. Et toute mitsva qu'ils ont acceptée dans la querelle, comme les arayot (unions interdites), ainsi qu'il est écrit : 'Moche entendit le peuple pleurer selon ses familles' (Bamidbar 11,10), au sujet de ses familles, ils l'accomplissent encore dans la querelle : il n'y a pas de ketouba où l'on ne jette une dispute.

📜 Rachi (3)
שָׂשׂ אָנֹכִי עַל אִמְרָתֶךָ אֲמִירָה יְחִידָה שֶׁקָּדְמָה לִשְׁאָר אֲמִירוֹת וְהִיא מִילָה שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין וְשִׁשִּׁים עָלֶיהָ דְּכָל שְׁאָר מִצְוֹת אֵינָן מוֹכִיחוֹת כָּל שָׁעָה כְּגוֹן תְּפִילִּין וּמְזוּזָה וְצִיצִית דְּאֵינָן כְּשֶׁהוּא בַּשָּׂדֶה וְעָרוֹם בְּבֵית הַמֶּרְחָץ אֲבָל זוֹ מֵעִיד עֲלֵיהֶם לְעוֹלָם כִּדְאָמְרִינַן בִּמְנָחוֹת (דַּף מג:) בְּדָוִד שֶׁרָאָה עַצְמוֹ בְּבֵית הַמֶּרְחָץ וְנִצְטַעֵר אָמַר אוֹי לִי שֶׁאֲנִי עָרֹום מִכָּל מִצְוֹת כֵּיוָן שֶׁנִּסְתַּכֵּל בַּמִּילָה נִתְיַישְּׁבָה דַּעְתּוֹ:
Je me réjouis de Ta parole : une parole unique, qui a précédé les autres paroles ; c'est la mila, qu'Israël accomplit et dont il se réjouit. Car toutes les autres mitsvot ne témoignent pas [pour eux] à tout moment, comme les tefilin, la mezouza et les tsitsit, qui ne sont pas [sur lui] quand il est aux champs ou nu au bain ; mais celle-ci témoigne pour eux toujours, comme nous le disons dans Menahot (43b) au sujet de David : il se vit au bain et s'affligea ; il dit : malheur à moi, je suis nu de toute mitsva. Quand il regarda sa mila, il fut apaisé.
בְּשִׂמְחָה שֶׁעוֹשִׂין מִשְׁתֶּה:
Dans la joie : qu'on fait un festin.
עַל עִסְקֵי מִשְׁפְּחוֹתָיו שֶׁנֶּאֱסַר לָהֶם קְרוֹבוֹת:
Au sujet de ses familles : que les proches parentes leur furent interdites.
🗂️ Tossefot (1)
שָׂשׂ אָנֹכִי בַּמִּדְרָשׁ (שׁוֹחֵר טוֹב) לַמְנַצֵּחַ עַל הַשְּׁמִינִית כְּתִיב הַנִּדְרָשׁ עַל הַמִּילָה שֶׁהִיא בַּשְּׁמִינִי וְכֵן אָמְרִי' (פר"א פ' כ"ט) וַיַּעַשׂ אַבְרָהָם מִשְׁתֶּה גָדוֹל בְּיוֹם הִגָּמֵל אֶת יִצְחָק בְּיוֹם ה"ג מָל אֶת יִצְחָק דְּהַיְינוּ בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי דְּמִילָה כְּמִנְיַן ה"ג. ר"ת:
Je me réjouis : dans le Midrach (Chohar Tov), il est écrit 'lamnatseah al hacheminit' (sur la huitième), que l'on interprète au sujet de la mila, qui est au huitième [jour]. De même nous disons (Pirkei deRabbi Eliezer, ch. 29) : 'Avraham fit un grand festin au jour où Yitshak fut sevré (higamel)', au jour où 'hé-guimel mal' Yitshak, c'est-à-dire au huitième jour de la mila, selon la valeur de hé-guimel. Rabbenou Tam.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל מִצְוָה שֶׁקִּבְּלוּ עֲלֵיהֶם יִשְׂרָאֵל עֲלֵיהֶם בְּשִׂמְחָה כְּגוֹן מִילָה. נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי הַמִּילָה הִיא בְּאוֹת בְּרִית קֹודֶשׁ שֶׁבּוֹ יֵשׁ רֶמֶז לְאוֹתִיּוֹת 'וָהּ' כִּי הַגִּיד עַצְמוֹ הוּא דֻּוגְמַת וָא"ו, וְהָעֲטָרָה שֶׁבּוֹ הִיא אַוַּת הֵ"א כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל. נִמְצָא בְּאוֹת בְּרִית קֹודֶשׁ שֶׁשָּׁם עוֹשִׂין מִצְוַת הַמִּילָה יֵשׁ רֶמֶז לְאוֹתִיּוֹת 'וָהּ' שֶׁהֵם לְשׁוֹן שִׂמְחָה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ (אֵיכָה רַבָּתִי א, לב) בֵּין וַי לֹוֶה נִיצּוֹל רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי. נִמְצָא מִצְוַת הַמִּילָה קִבְּלוּ עֲלֵיהֶם לַעֲשׂוֹתָהּ בְּמָקוֹם הַמּוֹרֶה עַל הַשִּׂמְחָה, לְכָךְ עוֹשִׂין אוֹתָהּ בְּשִׂמְחָה.
Toute mitsva qu'Israël a acceptée dans la joie, comme la mila. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la mila se fait sur le signe de l'alliance sainte, où se trouve une allusion aux lettres vav-hé ; le membre lui-même a la forme d'un vav, et la couronne est la lettre hé, comme l'a écrit notre maître l'Ari. Ainsi le signe de l'alliance, où l'on accomplit la mitsva de la mila, contient une allusion aux lettres vav-hé, qui expriment la joie, comme l'ont dit nos Maîtres (Eikha Rabba 1,32) : 'entre vay (malheur) et vah (exclamation de joie), Rabban Yo'hanan ben Zakai fut sauvé'. La mitsva de la mila a donc été acceptée pour être accomplie dans un lieu qui désigne la joie ; c'est pourquoi on l'accomplit dans la joie.
💡 Explication

La manière dont une mitsva a été reçue marque durablement la manière dont elle est pratiquée. La mila est célébrée par un festin. Les arayot ont été reçues dans les pleurs, lus comme 'au sujet des familles', c'est-à-dire des proches désormais interdites ; les négociations de ketouba donnent encore lieu à des disputes.

🖼️ Schéma
Comment une mitsva a été reçue détermine comment on l'accomplit Rabban Chimon ben Gamliel Rabbi Chimon ben Elazar Reçue avec joie ex. mila -> encore dans la joie (festin) Reçue en querelle ex. arayot -> encore en querelle (ketouba) Mesirout nefech ex. idolâtrie, mila -> encore solide Sans mesirout nefech ex. tefilin -> encore relâchée Preuve : gouf naki (R. Yannai) Abayé : ne pas laisser échapper de vent Rava : ne pas dormir avec Seul Elicha 'aux ailes' s'est sacrifié Source de la joie : Tehilim 119,162 Source de la querelle : Bamidbar 11,10 'pleurant selon ses familles'
Les deux baraitot en parallèle.
14
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כָּל מִצְוָה שֶׁמָּסְרוּ יִשְׂרָאֵל עַצְמָן עֲלֵיהֶם לְמִיתָה בִּשְׁעַת גְּזֵרַת הַמַּלְכוּת, כְּגוֹן עֲבוֹדָה זָרָה וּמִילָה — עֲדַיִין הִיא מֻוחְזֶקֶת בְּיָדָם, וְכָל מִצְוָה שֶׁלֹּא מָסְרוּ יִשְׂרָאֵל עַצְמָן עָלֶיהָ לְמִיתָה בִּשְׁעַת גְּזֵרַת הַמַּלְכוּת, כְּגוֹן תְּפִילִּין — עֲדַיִין הִיא מְרֻופָּה בְּיָדָם.

On a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : toute mitsva pour laquelle Israël s'est livré à la mort au temps du décret du royaume, comme [le refus de] l'idolâtrie et la mila, est encore fermement tenue entre leurs mains ; et toute mitsva pour laquelle Israël ne s'est pas livré à la mort au temps du décret du royaume, comme les tefilin, est encore relâchée entre leurs mains.

📜 Rachi (1)
מְרֻופָּה רַפְיָא:
Meroupa : relâchée.
💡 Explication

Messirout nefech (se livrer à la mort pour une mitsva) : la mitsva défendue au prix de la vie reste solidement pratiquée. Les tefilin, pour lesquels on ne s'est pas sacrifié, sont restés négligés.

15
דְּאָמַר רַבִּי יַנַּאי: תְּפִילִּין צְרִיכִין גּוּף נָקִי כֶּאֱלִישָׁע בַּעַל כְּנָפַיִם. מַאי הִיא? אָמַר אַבַּיֵּי: שֶׁלֹּא יָפִיחַ בָּהֶם, רָבָא אָמַר: שֶׁלֹּא יִישַׁן בָּהֶם.

Car Rabbi Yannai a dit : les tefilin exigent un corps propre, comme Elicha l'homme aux ailes. Qu'est-ce que cela veut dire ?

Abayé a dit : qu'il ne laisse pas échapper de vent avec eux. Rava a dit : qu'il ne dorme pas avec eux.

📜 Rachi (1)
דא"ר יַנַּאי תְּפִילִּין צְרִיכוֹת גּוּף נָקִי שֶׁלֹּא יָפִיחַ אַלְמָא לָא זְהִירִי בְּהוּ וְשָׁמְעִינַן מִינָּהּ דְּלָא מָסְרוּ עָלֶיהָ אֶלָּא אֱלִישָׁע לְבַדּוֹ:
Car Rabbi Yannai a dit : les tefilin exigent un corps propre : qu'il ne laisse pas échapper de vent. Il en ressort qu'ils n'y étaient pas attentifs, et nous en déduisons que seul Elicha s'est livré [à la mort] pour elle.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רָבָא אָמַר: שֶׁלֹּא יִישַׁן בָּהֶם. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת בִּשְׁלָמָא אַזְהָרָה שֶׁל הֲפָחָה קָשֶׁה לַעֲמֹוד בָּהּ, שֶׁאֵין זֶה בְּיָדוֹ, כִּי אוּלַי יָבֹא לוֹ הֲפָחָה בְּעַל כָּרְחוֹ, אַךְ שֵׁינָה בְּיָדוֹ הִיא וְאֵינָהּ קָשָׁה כָּל כָּךְ, כִּי מִי זֶה גּוֹבֶרֶת הַשֵּׁינָה עָלָיו בַּיּוֹם וְהַתְּפִילִּין לוֹבֵשׁ בַּיּוֹם? וְנִרְאֶה לִי בס"ד לֹא שִׁינָּה מַמָּשׁ בִּלְבַד, אֶלָּא אַבְזָרֵיהּ דְּשֵׁינָה גַּם כֵּן, שֶׁהוּא הֶסַּח הַדַּעַת דְּהוּא חָשׁוּב כְּמוֹ שֵׁינָה, וְזֶה דָּבָר קָשֶׁה הוּא.
Rava a dit : qu'il ne dorme pas avec eux. On peut objecter : l'avertissement au sujet du vent est difficile à observer, car ce n'est pas en son pouvoir, un vent pouvant lui échapper malgré lui ; mais le sommeil dépend de lui et n'est pas si difficile [à éviter], car qui est dominé par le sommeil pendant la journée, alors qu'on porte les tefilin le jour ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il ne s'agit pas seulement du sommeil proprement dit, mais aussi de ce qui l'accompagne, c'est-à-dire le hessech hadaat (détournement de l'attention), qui est considéré comme un sommeil ; et cela est difficile.
💡 Explication

Le lien avec la baraita précédente : l'exigence de gouf naki rendait les tefilin difficiles à porter en permanence. Rachi en déduit qu'on y était peu attentif, et que seul Elicha a risque sa vie pour eux.

16
וְאַמַּאי קָרוּ לֵיהּ ״אֱלִישָׁע בַּעַל כְּנָפַיִם״? שֶׁפַּעַם אַחַת גָּזְרָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה גְּזֵרָה עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁכָּל הַמַּנִּיחַ תְּפִילִּין עַל רֹאשׁוֹ — יָקְרוּ אֶת מוֹחוֹ, וְהָיָה אֱלִישָׁע מַנִּיחַ תְּפִילִּין וְיָצָא לַשּׁוּק, וְרָאָהוּ קַסְדּוֹר אֶחָד. רָץ מִלְּפָנָיו וְרָץ אַחֲרָיו. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ אֶצְלוֹ, נְטָלָן מֵרֹאשׁוֹ וַאֲחָזָן בְּיָדוֹ. אָמַר לוֹ: מַה בְּיָדְךָ? אָמַר לוֹ: כַּנְפֵי יוֹנָה. פָּשַׁט אֶת יָדוֹ וְנִמְצְאוּ בָּהּ כַּנְפֵי יוֹנָה. לְפִיכָךְ הָיוּ קוֹרְאִין אוֹתוֹ ״בַּעַל כְּנָפַיִם״.

Et pourquoi l'appelait-on Elicha l'homme aux ailes ? Parce qu'une fois, le royaume impie promulgua un décret contre Israël : quiconque met les tefilin sur sa tête, on lui percera le cerveau.

Elicha mettait les tefilin et sortait au marché. Un officier (kasdor) le vit ; il courut devant lui, et l'officier courut après lui.

Quand il arriva près de lui, [Elicha] les retira de sa tête et les tint dans sa main. Il lui dit : qu'y a-t-il dans ta main ?

Il lui dit : des ailes de colombe. Il ouvrit la main, et on y trouva des ailes de colombe.

C'est pourquoi on l'appelait l'homme aux ailes.

📜 Rachi (3)
יָקְרוּ פוריי"ר בְּלַעַז לְשׁוֹן יִקְּרוּהָ עוֹרְבֵי נַחַל (מִשְׁלֵי ל) וּלְשׁוֹן תְּנַקֵּר לֹא נַעֲלֶה (בַּמִּדְבָּר טז):
Yakrou : 'percer' en langue vernaculaire, du sens de 'les corbeaux du torrent le crèveront' (Michle 30) et de 'tu crèveras [les yeux]... nous ne monterons pas' (Bamidbar 16).
אֶת מוֹחוֹ שֶׁכְּנֶגֶד תְּפִילִּין:
Son cerveau : [la partie] qui est en face des tefilin.
קַסְדּוֹר מְמֻונֶּה:
Kasdor : un officier.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר לֵיהּ כַּנְפֵי יוֹנָה הֲרֵי שֶׁלֹּא מָסַר עַצְמוֹ לוֹמַר תְּפִילִּין הֵן. רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל:
Il lui dit : des ailes de colombe : on voit qu'il ne s'est pas livré [à la mort] en disant : ce sont des tefilin. Rabbenou Chmouel.
🪔 Ben Yehoyada (1)
שֶׁפַּעַם אַחַת גָּזְרָה מַלְכוּת רוֹמִי שְׁמָד עַל יִשְׂרָאֵל, שֶׁכָּל הַמַּנִּיחַ תְּפִלִּין עַל רֹאשׁוֹ, יָקְרוּ אֶת מוֹחוֹ. מִן פְּשַׁט הַמַּאֲמָר נִרְאֶה דְּלָא גָּזְרוּ אֶלָּא עַל שֶׁל רֹאשׁ וְלֹא עַל תְּפִילִּין שֶׁל יָד, וְצָרִיךְ טַעַם לָזֶה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי בִּתְפִילִּין שֶׁל רֹאשׁ כְּתִיב (דְּבָרִים כח, י) וְרָאוּ כָּל עַמֵּי הָאָרֶץ כִּי שֵׁם ה' נִקְרָא עָלֶיךָ וְיָרְאוּ מִמֶּךָּ, וְתַנְיָא אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אֵלּוּ תְּפִילִּין שֶׁבָּרֹאשׁ. לְכָךְ הַקְּלִיפָּה צָרָה עֵינֶיהָ יוֹתֵר בִּתְפִילִּין שֶׁל רֹאשׁ שֶׁהוּא הַמַּטִּיל מוֹרָא עַל אוּמוֹת הָעוֹלָם. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁנֶּאֱמַר בַּגְּמָרָא (חֲגִיגָה ה:) דְּהֶרְאָה אוֹתוֹ הַמִּין לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה קַמֵּי קֵיסָר, עַמָּא דְּאַהְדְּרִינְהוּ מָרֵיהּ לְאַפֵּיהּ מִינֵּיהּ, וְהֶרְאָה לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה עוֹד יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ! וְלָכֵן לֹא גָּזְרוּ עַל שֵׁם יָד דְּעוֹד יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ, אֲבָל עַל שֶׁל רֹאשׁ בְּחוֹשְׁבָם דַּהֲדַר מָרַיְיהוּ אַפֵּי מִנַּייְהוּ, לָכֵן אוֹמְרִים 'לֹא יָאוּת לָכֶם לְהִתְקַשֵּׁט בְּמִצְוָה שֶׁל הָרֹאשׁ' וְכֵיוָן דְּלָא גָּזְרוּ עַל שֶׁל יָד לְכָךְ אַחַזָּן בְּיָדוֹ כְּדֵי שֶׁיַּחְשֹׁוב הַהֶגְמוֹן שֶׁהוּא תְּפִילִּין שֶׁל יָד, וְכֵיוָן דְּאָמַר לוֹ מַה זֶּה בְּיָדְךָ , שֶׁרָצָה לְעַייֵּן וְלִרְאוֹתוֹ אִם הוּא שֶׁל יָד אוֹ שֶׁל רֹאשׁ, הֵשִׁיב לוֹ כַּנְפֵי יוֹנָה שֶׁסָּמַךְ עַל הַנֵּס. וְנִרְאֶה לִי דְּיָפֶה כִּיוֵּן לְקָרְאוֹ כַּנְפֵי יוֹנָה , דְּיָדוּעַ שֶׁהָאַרְבָּעָה בָּתִּים עִם הָאַרְבַּע פָּרָשִׁיּוֹת שֶׁבְּתוֹכָם רוֹמְזִים לִבְחִינַת י"ה דְּשֵׁם הוי"ה, וְרֹאשׁ וְסוֹף י ונ ה שֶׁהֵם דֻּוגְמַת כְּנָפַיִם הֵם אוֹתִיּוֹת י"ה. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּבָזֶה הַנֵּס נַעֲשָׂה לוֹ שְׁתֵּי הַצָּלוֹת, כִּי אִם לֹא הָיָה הַנֵּס הָיָה מִתְחַיֵּיב בִּשְׁתַּיִם, א' עַל שֶׁעָבַר עַל גְּזֵרַת מַלְכוּת שֶׁלָּבַשׁ תְּפִילִּין, וְא' עַל שֶׁשָּׂחַק בָּזֶה הַקַּסְדּוֹר שֶׁאָמַר לוֹ שֶׁהֵם כַּנְפֵי יוֹנָה, וְהַיְינוּ שֶׁהֵגֵין עָלָיו שֵׁם י"ה שֶׁהוּא שְׁנֵי אוֹתִיּוֹת שֶׁהֵם חו"ב [חָכְמָה וּבִינָה] שֶׁהֵם סוֹד הַתְּפִילִּין הַבָּתִּים וְהַפָּרָשִׁיּוֹת וּבָזֶה נִיצּוֹל שְׁנֵי הַצָּלוֹת, וְלָזֶה אָמַר כַּנְפֵי יוֹנָה וְלֹא אָמַר כְּנַף יוֹנָה.
Une fois, le royaume de Rome promulgua un décret de persécution contre Israël : quiconque met les tefilin sur sa tête, on lui percera le cerveau. Selon le sens simple du récit, ils n'ont décrété que sur [les tefilin] de la tête et non sur les tefilin du bras ; il faut en donner la raison. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que pour les tefilin de la tête il est écrit (Devarim 28,10) : 'tous les peuples de la terre verront que le Nom de Hachem est proclamé sur toi, et ils te craindront', et il est enseigné : Rabbi Eliezer a dit, ce sont les tefilin de la tête. C'est pourquoi la kelipa (force impure) a l'œil plus mauvais envers les tefilin de la tête, qui inspirent la crainte aux nations. Ou bien on le comprendra, avec l'aide du Ciel, selon ce qui est dit dans la Guemara (Haguiga 5b) : un min montra à Rabbi Yehochoua ben Hanania, devant l'empereur, [par un geste] : un peuple dont son Maître a détourné Sa face ; et Rabbi Yehochoua ben Hanania lui montra [par un geste] : Sa main est encore tendue sur nous. C'est pourquoi ils n'ont pas décrété sur [les tefilin] du bras, car 'Sa main est encore tendue sur nous', mais sur ceux de la tête, pensant que leur Maître a détourné Sa face d'eux ; ils disaient donc : il ne vous convient pas de vous parer de la mitsva de la tête. Et puisqu'ils n'avaient pas décrété sur ceux du bras, il les tint dans sa main, pour que le gouverneur pense que c'étaient des tefilin du bras. Et quand il lui dit 'qu'y a-t-il dans ta main ?', voulant examiner et voir s'ils étaient du bras ou de la tête, il lui répondit 'des ailes de colombe', s'appuyant sur le miracle. Il me semble qu'il a bien visé en les appelant ailes de colombe (kanfei yona) : on sait que les quatre compartiments avec les quatre sections qu'ils contiennent font allusion à l'aspect Yod-Hé du Nom de quatre lettres ; et le début et la fin de [yona], yod, noun, hé, qui sont comme des ailes, sont les lettres Yod-Hé. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ce miracle lui valut deux sauvetages : sans le miracle, il aurait été coupable à deux titres, l'un pour avoir transgressé le décret du royaume en portant les tefilin, l'autre pour s'être moqué de l'officier en lui disant que c'étaient des ailes de colombe. Le Nom Yod-Hé, deux lettres qui sont 'Hokhma et Bina, le sod des tefilin, des compartiments et des sections, l'a protégé, et il fut ainsi sauvé deux fois. C'est pourquoi il a dit 'des ailes de colombe' et non 'une aile de colombe'.
💡 Explication

Elicha porte les tefilin malgré un décret passible de mort : c'est la messirout nefech dont parlait Rabbi Chimon ben Elazar. Selon Tossefot, il n'est pas allé jusqu'à déclarer qu'il s'agissait de tefilin.

17
מַאי שְׁנָא כַּנְפֵי יוֹנָה דַּאֲמַר לֵיהּ, וְלָא אֲמַר לֵיהּ שְׁאָר עוֹפוֹת? מִשּׁוּם דְּדָמְיָא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לְיוֹנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כַּנְפֵי יוֹנָה נֶחְפָּה בַכֶּסֶף וְאֶבְרוֹתֶיהָ בִּירַקְרַק חָרוּץ״ — מַה יּוֹנָה זוֹ כְּנָפֶיהָ מְגִינּוֹת עָלֶיהָ, אַף יִשְׂרָאֵל מִצְוֹת מְגִינּוֹת עֲלֵיהֶן.

Qu'y a-t-il de particulier aux ailes de colombe, pour qu'il les lui ait mentionnées, et non [les ailes] d'autres oiseaux ? Parce que l'assemblée d'Israël est comparée à une colombe, ainsi qu'il est dit : 'les ailes de la colombe couvertes d'argent, et ses plumes d'un or verdoyant' (Tehilim 68,14).

De même que la colombe, ses ailes la protègent, de même Israël, les mitsvot le protègent.

📜 Rachi (1)
מְגִינּוֹת עֲלֵיהֶן אֵינָהּ נִלְחֶמֶת בְּחַרְטוֹמֶיהָ אֶלָּא בִּכְנָפֶיהָ:
La protègent : elle ne combat pas avec son bec, mais avec ses ailes.
💡 Explication

Le miracle correspond au symbole : les mitsvot sont pour Israël ce que les ailes sont pour la colombe, sa seule protection.

18
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר רַב אַדָּא אָמַר רַבִּי יִצְחָק: פַּעַם אַחַת שָׁכְחוּ וְלֹא הֵבִיאוּ אִיזְמֵל מֵעֶרֶב שַׁבָּת, וֶהֱבִיאוּהוּ בְּשַׁבָּת [דֶּרֶךְ גַּגּוֹת וְדֶרֶךְ חֲצֵירוֹת]

Rabbi Abba bar Rav Ada a dit au nom de Rabbi Yitshak : une fois, on oublia et on n'apporta pas l'izmel la veille de Chabbat, et on l'apporta le Chabbat [par les toits et par les cours]

💡 Explication

Le récit se poursuit au daf 130b : ce passage par les toits et les cours suit l'avis de Rabbi Chimon, contre celui de Rabbi Eliezer et celui des Sages (voir le Roch sur le segment 4).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).