Shabbat 12b — La visite du malade le Chabbat et la lecture à la lumière de la lampe

Shabbat 12b

Sougya : Le daf achève la baraita sur les formules de la visite au malade le Chabbat : Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi divergent sur l'inclusion du malade parmi les malades d'Israël, et Rabbi Hanina tranche comme Rabbi Yossi. Rabbi Elazar priait parfois en araméen pour le malade, bien que les anges du service ne connaissent pas cette langue : la Chekhina est avec le malade.

On en tire les règles de la visite (ne pas s'asseoir plus haut que le chevet). La Guemara revient ensuite à la Michna : on ne lit pas à la lumière de la lampe le Chabbat, de peur d'incliner la mèche ; Rabba étend le décret à toute hauteur, Rabbi Elazar permet à deux lecteurs d'un même sujet, Rav Houna interdit près d'un feu de camp, Rava permet à l'homme important, objection tirée de Rabbi Yichmael ben Elicha.

Suivent le serviteur qui examine les coupes (attitré ou non, huile ou naphte) et le hazan qui ordonne les débuts des paragraphes.

Visiter un malade le Chabbat : que dire ? Rabbi Yehouda Que le Makom ait pitié de toi ET des malades d'Israël Deux demandes juxtaposées Rabbi Yossi Que le Makom ait pitié de toi PARMI les malades d'Israël Le malade est inclus dans la collectivité (Rachi : mérite du nombre) Chevna de Jérusalem Entrée : Chalom Sortie : C'est Chabbat, on ne crie pas ; la guérison est proche ; Sa miséricorde est abondante ; reposez-vous en paix Rabbi Hanina : inclure le malade parmi les malades d'Israël = Rabbi Yossi Langue : Rabbi Elazar disait parfois en araméen Rahmana yidkérinakh li-chlam. Permis pour un malade : la Chekhina est avec lui, les anges ne sont pas nécessaires.
Les formules de la visite du malade le Chabbat et la halakha de Rabbi Hanina.
Lire à la lumière de la lampe le Chabbat Décret : on ne lit pas, de peur d'incliner la lampe (hatayah) Rabba : même à deux hauteurs d'homme, deux mardeot, dix maisons Un décret général ne distingue pas (Rachi : lo plug) Un lecteur seul personne pour le lui rappeler Deux, même sujet l'un rappelle l'autre (Rabbi Elazar) Deux, deux sujets chacun absorbe dans son texte Feu de camp même dix : assis loin, tisons à portée (Rav Houna) Interdit Permis Interdit Interdit Rava : l'homme important (adam hachouv) peut lire il n'incline pas la lampe même en semaine (Rachi) Objection : Rabbi Yichmael ben Elicha a lu et a incliné (ou voulu incliner) Réponse (Rabbi Abba) : pour la Torah il se comportait en homme simple
Le décret de la lecture à la lumière de la lampe : ses limites et ses exceptions.
Le serviteur qui examine les coupes : deux lectures Rachi : le serviteur attitré craint son maître Rabbenou Tam / Rif : le non attitré veut plaire Serviteur Naphte Huile Attitré Permis Interdit Non attitré Permis Question (ci-dessous) Serviteur Naphte Huile Non attitré Permis Interdit Attitré Permis Question (ci-dessous) Cas douteux : le serviteur le moins scrupuleux, avec de l'huile Rav : halakha (permis) mais on ne l'enseigne pas | R. Yirmeya bar Abba : on l'enseigne Le naphte sent mauvais : personne n'y touche, donc permis dans tous les cas. L'huile est propre : on risque d'y toucher pour mieux éclairer. Le Roch rapporte les deux lectures et tranche : il examine, mais on ne l'enseigne pas.
Le serviteur qui examine les coupes : lecture de Rachi et lecture de Rabbenou Tam.
1
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: ״הַמָּקוֹם יְרַחֵם עָלֶיךָ וְעַל חוֹלֵי יִשְׂרָאֵל״. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: ״הַמָּקוֹם יְרַחֵם עָלֶיךָ בְּתוֹךְ חוֹלֵי יִשְׂרָאֵל״. שֶׁבְנָא אִישׁ יְרוּשָׁלַיִם, בִּכְנִיסָתוֹ אוֹמֵר: ״שָׁלוֹם״, וּבִיצִיאָתוֹ אוֹמֵר: ״שַׁבָּת הִיא מִלִּזְעֹוק וּרְפוּאָה קְרוֹבָה לָבֹא, וְרַחֲמָיו מְרֻובִּין, וְשָׁבְתוּ בְּשָׁלוֹם״. כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ חוֹלֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ צָרִיךְ שֶׁיְּעָרְבֶנּוּ בְּתוֹךְ חוֹלֵי יִשְׂרָאֵל? כְּמַאן — כְּרַבִּי יוֹסֵי.

Rabbi Yehouda dit : "Que le Makom (l'Omniprésent) ait pitié de toi et des malades d'Israël." Rabbi Yossi dit : "Que le Makom ait pitié de toi parmi les malades d'Israël." Chevna, homme de Jérusalem, à son entrée disait : "Chalom", et à sa sortie il disait : "C'est Chabbat, (on s'abstient) de crier, la guérison est proche à venir, Sa miséricorde est abondante, et reposez-vous en paix pendant votre Chabbat." Selon qui va ce qu'a dit Rabbi Hanina : celui qui a un malade dans sa maison doit l'inclure parmi les malades d'Israël ? Selon qui ?

Selon Rabbi Yossi.

📜 Rachi (4)
בְּתוֹךְ חֹולִי יִשְׂרָאֵל שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁכּוֹלְלָן עִם הָאֲחֵרִים תְּפִלָּתוֹ נִשְׁמַעַת בִּזְכוּתָן שֶׁל רַבִּים:
Car en l'incluant avec les autres, sa prière est exaucée par le mérite du grand nombre.
שֶׁבְנָא אִישׁ יְרוּשָׁלַיִם אָדָם גָּדוֹל הָיָה בִּירוּשָׁלַיִם וּשְׁמוֹ שֶׁבְנָא:
C'était un grand homme de Jérusalem, et son nom était Chevna.
רַחֲמָיו שֶׁל הקב"ה מְרֻובִּים:
(La miséricorde) du Saint béni soit-Il est abondante.
שִׁבְתּוֹ בְּשָׁלוֹם נוּחוּ בְּשַׁבַּתְּכֶם לְשָׁלוֹם:
Reposez-vous en paix pendant votre Chabbat.
🗂️ Tossefot (2)
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר הַמָּקוֹם יְרַחֵם עָלֶיךָ כו' ק' לר"ת מַה מוֹעֶלֶת תְּפִלָּה לֵר' מֵאִיר וְר' יְהוּדָה דְּקָאָמַר בפ"ק דר"ה (ד' טז. וְשָׁם) הַכֹּל נִידּוֹנִים בר"ה וּגְזַר דִּין שֶׁלָּהֶם נֶחְתָּם ביוה"כ דִּבְרֵי ר"מ ר' יְהוּדָה אוֹמֵר הַכֹּל נִידּוֹנִין בר"ה וּגְזַר דִּין שֶׁל כָּל אֶחָד וְאֶחָד נֶחְתַּם בִּזְמַנּוֹ בַּפֶּסַח עַל הַתְּבוּאָה וְאָדָם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים ר' יוֹסֵי אוֹמֵר אָדָם נִידּוֹן בְּכָל יוֹם וְאָמַר הָתָם אָמַר רַב יוֹסֵף כְּמַאן מְצַלִּינַן הָאִידָּנָא אַקְּצִירֵי וְאַמְּרִיעֵי כְּר' יוֹסֵי מַשְׁמַע דלר"מ וְלֵר' יְהוּדָה לָא מְהַנְּיָא צְלוֹתָא וְי"ל דְּהָכָא בְּשַׁבָּת שֶׁבֵּין ר"ה וּבֵין יוה"כ אַיְירֵי וּלְפִי מַאי דִּמְשַׁנֵּי הָתָם אִיבָּעֵית אֵימָא כְּדָר' יִצְחָק דְּאָמַר ר' יִצְחָק יָפָה צְעָקָה לָאָדָם בֵּין קֹודֶם גז"ד כו' אָתֵי הָכָא שַׁפִּיר:
Rabbenou Tam s'interroge : à quoi sert la prière selon Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, qui disent au premier chapitre de Roch Hachana (16a) : tous sont jugés à Roch Hachana et leur verdict est scellé à Yom Kippour, paroles de Rabbi Meir ; Rabbi Yehouda dit : tous sont jugés à Roch Hachana et le verdict de chacun est scellé en son temps : à Pessa'h pour les céréales ... et l'homme à Yom Kippour ; Rabbi Yossi dit : l'homme est jugé chaque jour. Et il est dit là-bas : Rav Yossef a dit : selon qui prions-nous aujourd'hui pour les malades et les souffrants ? Selon Rabbi Yossi. Il en ressort que selon Rabbi Meir et Rabbi Yehouda la prière n'est d'aucune utilité. On peut répondre qu'ici il s'agit du Chabbat situé entre Roch Hachana et Yom Kippour. Et selon ce que la Guemara répond là-bas : "si tu veux, dis comme Rabbi Yitshak, car Rabbi Yitshak a dit : le cri est bon pour l'homme, tant avant le verdict, etc.", cela va bien ici.
שֶׁבְנָא אִישׁ יְרוּשָׁלַיִם ר"ת לָא גָּרֵיס שֶׁבְנָא דְּשֶׁבְנָא רָשָׁע הֲוָה וְלָא מַסְּקִינַן בִּשְׁמֵיהּ דְּשֵׁם רְשָׁעִים יִרְקָב כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה (יוֹמָא דַּף לח:) אֶלָּא גָּרַס שַׁכְנָא דְּהָוֵי נָמֵי שֵׁם אָדָם כִּדְאָמַר בְּסוֹטָה (דַּף כא.) אֶלָּא כְּשֶׁכַּנָּא אֲחִי הִלֵּל וְנִרְאֶה לר"י דְּשַׁפִּיר גָּרַס שֶׁבְנָא דְּאַטּוּ אִם אֶחָד רָשָׁע וּשְׁמוֹ אַבְרָהָם לֹא נִקְרָא בְּשֵׁם זֶה אַחֵר וְאַשְׁכְּחַן דִּתְרֵי שֶׁבְנָא הָווּ כְּמוֹ שֶׁמּוֹכִיחַ בִּישַׁעְיָה (כב) דִּכְתִיב שֶׁבְנָא אֲשֶׁר עַל הַבָּיִת וּכְתִיב וְקָרָאתִי לְעַבְדִּי לְאֶלְיָקִים וְגוֹ' וּמֶמְשַׁלְתְּךָ אֶתֵּן בְּיָדוֹ וּכְתִיב בָּתַר הָכִי (שָׁם לוֹ) וַיָּבֹא אֵלָיו אֶלְיָקִים אֲשֶׁר עַל הַבַּיִת וְשֶׁבְנָא הַסֹּופֵר מַשְׁמַע דְּשֶׁבְנָא אֲשֶׁר עַל הַבַּיִת כְּבָר מֵת וְהָיָה אֶלְיָקִים בִּמְקוֹמוֹ וְשֶׁבְנָא הַסּוֹפֵר הָיָה אַחֵר:
Rabbenou Tam ne lit pas Chevna, car Chevna était un méchant, et on ne mentionne pas son nom, selon "le nom des méchants pourrira", comme on le dit au chapitre Amar lahem hamemouné (Yoma 38b) ; il lit plutôt Chekhna, qui est aussi un nom de personne, comme on le dit dans Sota (21a) : "mais comme Chekhna, frère de Hillel". Il semble au Ri que la lecture Chevna est correcte : si un méchant s'appelle Avraham, un autre ne sera-t-il plus appelé de ce nom ? Et nous trouvons qu'il y a eu deux Chevna, comme le montre Yechaya (22) : il est écrit "Chevna qui est préposé sur la maison", et il est écrit "J'appellerai Mon serviteur Elyakim ... et Je remettrai ton pouvoir entre ses mains" ; et il est écrit ensuite (ibid. 36) : "Elyakim, préposé sur la maison, et Chevna le scribe vinrent à lui". Il en ressort que Chevna préposé sur la maison était déjà mort et qu'Elyakim était à sa place, et que Chevna le scribe était un autre.
💡 Explication

Fin de la baraita commencée en 12a : quelle formule dire au malade le Chabbat, jour où l'on évite de crier (zéaka, prière de supplication) ? Rabbi Yehouda juxtapose deux demandes ; Rabbi Yossi inclut le malade dans la collectivité. Selon Rachi, la prière faite pour le grand nombre est exaucée par le mérite du grand nombre.

Rabbi Hanina en tire une halakha générale, valable même en semaine : celui qui prie pour un malade de sa maison doit l'associer aux malades d'Israël. Tossefot discute l'identité de Chevna et l'utilité de la prière selon ceux qui fixent le jugement à Roch Hachana.

2
וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: בְּקֹושִׁי הִתִּירוּ לְנַחֵם אֲבֵלִים וּלְבַקֵּר חוֹלִים בְּשַׁבָּת. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: כִּי הֲוָה אָזְלִינַן בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר לְשַׁיּוֹלֵי בִּתְפִיחָה, זִימְנִין אָמַר: ״הַמָּקוֹם יִפְקְדֵךְ לְשָׁלוֹם״. וְזִימְנִין אֲמַר לֵיהּ: ״רַחֲמָנָא יְדַכְּרִינֵךְ לְשַׁלֵּם״. הֵיכִי עֲבִיד הָכִי? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַשּׁוֹאֵל צְרָכָיו בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי — אֵין מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת נִזְקָקִין לוֹ, שֶׁאֵין מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַכִּירִין בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי! שָׁאנֵי חוֹלֶה דִּשְׁכִינָה עִמּוֹ.

Et Rabbi Hanina a dit : c'est avec difficulté qu'on a permis de consoler les endeuillés et de visiter les malades le Chabbat. Rabba bar bar Hana a dit : quand nous allions à la suite de Rabbi Elazar pour prendre des nouvelles d'un malade (téfiha), parfois il disait : "Que le Makom se souvienne de toi pour la paix", et parfois il lui disait : "Que le Rahmana (le Miséricordieux) se souvienne de toi pour la paix" (en araméen).

Comment faisait-il ainsi ? Rav Yehouda n'a-t-il pas dit : jamais un homme ne demandera ses besoins en langue araméenne ?

Et Rabbi Yo'hanan a dit : quiconque demande ses besoins en langue araméenne, les anges du service ne s'occupent pas de lui, car les anges du service ne connaissent pas la langue araméenne ! Le malade est différent, car la Chekhina est avec lui.

📜 Rachi (4)
בְּקֹושִׁי הִתִּירוּ מִפְּנֵי שֶׁמִּצְטַעֵר:
Parce qu'il (le visiteur) s'afflige.
בִּתְפִיחָה בְּחוֹלֶה:
Auprès d'un malade.
זִימְנִין אֲמַר לָהּ בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ וְזִימְנִין אָמַר לָהּ בְּלָשׁוֹן אֲרַמִּי וְהָא לָאו לְעִנְיַן שַׁבָּת נְקַט:
Parfois il le disait en langue sainte et parfois en langue araméenne ; et cela, il ne l'a pas rapporté en rapport avec le Chabbat.
דִּשְׁכִינָה עִמּוֹ וְאֵין הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּזְדַּקְּקוּ לוֹ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לְהַכְנִיס תְּפִלָּתוֹ לִפְנִים מִן הַפַּרְגּוֹד:
Et celui qui prie n'a pas besoin que les anges du service s'occupent de lui pour introduire sa prière au-delà du rideau (pargod).
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁאֵין מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַכִּירִין בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי לְבַד מִגַּבְרִיאֵל כִּדְאָמַר בְּסוֹטָה בְּרֵישׁ אֵלּוּ נֶאֱמָרִין (סוֹטָה דַּף לג.) דְּאָמַר מָר בָּא גַּבְרִיאֵל וְלִמְּדוֹ שִׁבְעִים לְשׁוֹנוֹת לְיוֹסֵף וְתֵימַהּ דְּאַפֵּי' מַחֲשָׁבָה שֶׁבַּלֵּב כָּל אָדָם יוֹדְעִים וְלָשׁוֹן אֲרַמִּי אֵין יוֹדְעִים:
Sauf Gabriel, comme on le dit dans Sota au début du chapitre Elou neemarin (33a) : le maître a dit, Gabriel vint et enseigna les soixante-dix langues à Yossef. Et c'est étonnant : ils connaissent même la pensée dans le cœur de tout homme, et la langue araméenne ils ne la connaissent pas ?
🪔 Ben Yehoyada (5)
כִּי הֲוָה אָזְלִינַן בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְשַׁיּוֹלֵי בִּתְפִיחָה, זִמְנִין אֲמַר לֵיהּ: הַמָּקוֹם יִפְקְדֵךְ לְשָׁלוֹם. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁקּוֹרִין לַחוֹלֶה תְּפִיחָה עַל פִּי מַה שֶׁרַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בְּשַׁעַר הַפְּסוּקִים בַּפָּסוּק (תְּהִלִּים מא, ד) ה' יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי כָּל מִשְׁכָּבוֹ הָפַכְתָּ בְחָלְיוֹ, שֶׁהַחֲכָמָה שֶׁהִיא 'יו"ד' שֶׁבַּשֵּׁם כְּשֶׁהוּא מִסְתַּלֵּק מִן הָאָדָם נַעֲשֵׂית לוֹ 'דו"י' שֶׁהוּא הֶפֶךְ יוּ"ד שֶׁהָיְתָה מִחְיָה אוֹתוֹ וְעַל כֵּן נָפַל בְּחֹולִי. גַּם יוּ"ד [10] מִסְפָּרָהּ 'עָשָׂר' נֶהֶפְכָה וְנַעֲשֵׂית 'ער"ש' רֶמֶז עַל הַמִּטָּה שֶׁשּׁוֹכֵב עָלֶיהָ בְּחָלְיוֹ. וְלָכֵן כְּדֵי שֶׁיִּתְרַפֵּא אָז ה' יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי , שֶׁאָז כָּל מִשְׁכָּבוֹ שֶׁהֵם הער"ש והדו"י הָפַכְתָּ לוֹ בְּחָלְיוֹ לַטּוֹב שֶׁנַּעֲשִׂים עש"ר וְיוֹ"ד ועי"כ מִתְרַפֵּא עי"ש. וְיָדוּעַ שֶׁנָּקוּד הַפַתְ"ח הוּא בְּחָכְמָה, וְלָכֵן הַחוֹלֶה שֶׁהָיָה לוֹ הַחֹולִי מֵחֲמַת שֶׁאוֹר הַחָכְמָה נִסְתַּלֵּק מִמֶּנּוּ וְנֶהְפַּךְ לוֹ הַיּוֹ"ד שֶׁהִיא חָכְמָה לְאוֹתִיּוֹת דו"י וְעֶשֶׂר לְעֶרֶשׂ, כֵּן נֶהְפַּךְ ה פַתְ"ח שה"ס [שֶׁהוּא סוֹד] חָכְמָה לְאוֹתִיּוֹת תפח , לָכֵן נִקְרָא הַחוֹלֶה תְּפִיחָה וּמוֹסִיפִין לוֹ אוֹתִיּוֹת י"ה בְּתוֹךְ תָּפַח לְסִימָן טוֹב, מִפְּנֵי כִּי אוֹתִיּוֹת י"ה הֵם חָכְמָה וּבִינָה וְיָדוּעַ שֶׁהַחָכְמָה תִּמָּשֵׁךְ בְּהִתְלַבְּשׁוּת הַבִּינָה, וְלָכֵן אֵין קוֹרִין אוֹתוֹ בְּשֵׁם 'תָּפַח' שֶׁהוּא הֵפֶךְ הַפֶּתַח לַהֲדֵיהּ פֶּן יְבֻולַּע חָס וְחָלִילָה בִּקְרִיאַת הַשֵּׁם שֶׁקּוֹרִין עַל עַצְמוֹ מַמָּשׁ, וְלָכֵן מַכְנִיסִין בָּזֶה הַשֵּׁם אוֹתִיּוֹת 'יָהּ' שֶׁהֵם חו"ב [חָכְמָה וּבִינָה] לְסִימָן טוֹב, לְהוֹרוֹת שֶׁיִּמָּשֵׁךְ לוֹ אוֹר הַחָכְמָה בְּהִתְלַבְּשׁוּת הַבִּינָה וְיִתְרַפֵּא.
"Quand nous allions à la suite de Rabbi Eliezer pour prendre des nouvelles d'un malade (téfiha), parfois il lui disait : Que le Makom se souvienne de toi pour la paix." Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison pour laquelle on appelle le malade téfiha repose sur ce qu'ont écrit nos Maîtres dans le Chaar Hapessoukim sur le verset (Tehilim 41, 4) "Hachem le soutiendra sur le lit (ères) de douleur (devaï) ; tout son lit, Tu l'as retourné dans sa maladie" : la 'Hokhma (Sagesse), qui est le yod du Nom, lorsqu'elle se retire de l'homme, devient pour lui devaï (dalet-vav-yod), qui est l'inverse du yod (yod-vav-dalet) qui le faisait vivre ; c'est pourquoi il est tombé malade. De même yod, dont la valeur est dix (esser), s'est retourné et est devenu ères (lit), allusion au lit sur lequel il est couché dans sa maladie. C'est pourquoi, pour qu'il guérisse, "Hachem le soutiendra sur le lit de douleur" : alors "tout son lit", c'est-à-dire ères et devaï, "Tu l'as retourné dans sa maladie" en bien, et ils redeviennent esser et yod ; par cela il guérit, voir là-bas. Or il est connu que la voyelle patah se rattache à la 'Hokhma ; c'est pourquoi, pour le malade dont la maladie vient de ce que la lumière de la 'Hokhma s'est retirée de lui, et pour qui le yod, qui est la 'Hokhma, s'est retourné en lettres devaï et esser en ères, de même le patah, qui est en sod (secret) la 'Hokhma, s'est retourné en lettres tafah. C'est pourquoi on appelle le malade téfiha, et on ajoute les lettres yod-hé à l'intérieur de tafah comme bon signe, car les lettres yod-hé sont 'Hokhma et Bina, et il est connu que la 'Hokhma se diffuse revêtue de la Bina. On ne l'appelle donc pas du nom de tafah, qui est l'inverse explicite de patah, de peur qu'il ne soit englouti, D.ieu préserve, par le nom qu'on prononce sur lui-même ; on insère dans ce nom les lettres yod-hé, qui sont 'Hokhma et Bina, comme bon signe, pour indiquer que la lumière de la 'Hokhma se diffusera vers lui revêtue de la Bina et qu'il guérira.
אֲמַר לֵיהּ: הַמָּקוֹם יִפְקְדֵךְ לְשָׁלוֹם. נִרְאֶה לִי בס"ד כִּיוֵּן בְּרָאשֵׁי תֵּיבוֹת אֵלּוּ לְשֵׁם קָדוֹשׁ שֶׁהוּא שֵׁם מ"ד מִן ע"ב שֵׁמוֹת שֶׁל וְיֶשַׁע וְיָבֹא וַיֵּט וְנִקְרָא יל"ה רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ה מָקוֹם י פַּקָּדְךָ ל שָׁלוֹם, ומ"ש לִפְעָמִים ר חֵמַנָא י דִּכְרֵינָךְ ל שָׁלֵם, כִּיוֵּן בָּזֶה רָאשֵׁי תֵּיבוֹת רָחֵל יַעֲקֹב לֵאָה שֶׁמֵּהֶם יָצְאוּ כָּל יִשְׂרָאֵל שֶׁיָּגֵין זְכוּתָם.
"Il lui disait : Que le Makom se souvienne de toi pour la paix." Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il visait par les initiales de ces mots un Nom saint : le 44e des soixante-douze Noms (issus des versets) "Vayissa", "Vayavo", "Vayet", appelé Yod-Lamed-Hé, initiales de haMakom, Yifkedékha, leChalom. Et quand il disait parfois "Rahmana Yidkérinakh liChlam", il visait par là les initiales de Rahel, Yaakov, Leah, dont est sorti tout Israël, afin que leur mérite le protège.
שֶׁאֵין מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַכִּירִין בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי. הִקְשׁוּ הַתּוֹסְפוֹת דַּאֲפִילּוּ מַחְשָׁבָה שֶׁבַּלֵּב הָאָדָם יוֹדְעִין וְאֵיךְ לָשׁוֹן אֲרַמִּי אֵין מַכִּירִין? וְהִקְשָׁה הָרַב פֶּתַח עֵינַיִם זַ"ל דְּמוּכָח מֵהַכְּתוּבִים וּמֵאִמְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל דְּאֵין יוֹדֵעַ הַמַּחֲשָׁבוֹת אֶלָּא הקב"ה לְבַדּוֹ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּמַחֲשָׁבָה שֶׁל אָדָם בִּדְבָרִים שֶׁהוּא מוֹצִיא בְּפִיו יוֹדְעִים מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת, כִּי כֵּיוָן שֶׁהַדְּבָרִים אֵלּוּ מוֹצִיאָם בְּפִיו יְכוֹלִים לְהַשִּׂיג עַל יְדֵי קְדֻושָּׁתָם מַה מְחַשֵּׁב בְּלִבּוֹ בִּדְבָרִים אֵלּוּ, אַךְ מַחְשָׁבָה גְּרִידָה שֶׁמְּחַשֵּׁב בְּלִבּוֹ וְאֵין מוֹצִיא הַדְּבָרִים בְּפִיו לֹא יַכִּיר בָּזֶה אֶלָּא הקב"ה לְבַדּוֹ וְהוּא חִילּוּק נָכוֹן וְיָשָׁר. וּבָזֶה יְתֹורַץ הַקֻּושְׁיָא גַּם עַל רַבֵּינוּ מָהָרָ"ם אלשי"ך זַ"ל בַּפָּסוּק (בְּרֵאשִׁית לב, ג) וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו אֶל עֵשָׂו אָחִיו, שֶׁפֵּירֵשׁ שְׁלַח מַלְאָכִים שֶׁהֵם מַכִּירִים אִם דְּבָרִים שֶׁיְּדַבֵּר עָשָׁיו פִּיו וְלִבּוֹ שָׁוִים בָּהֶם אוֹ לָאו, וְגַם עַל הָרַב זַ"ל תִּגְדַּל קֻושְׁיַת הָרַב פֶּתַח עֵינַיִם זַ"ל וּבָזֶה הַחִילּוּק יָבֹא נָכוֹן.
"Car les anges du service ne connaissent pas la langue araméenne." Tossefot ont objecté : ils connaissent même la pensée dans le cœur de l'homme, comment ne connaîtraient-ils pas la langue araméenne ? Et le Rav Petah Einayim a objecté qu'il ressort des versets et des paroles de nos Maîtres que nul ne connaît les pensées sinon le Saint béni soit-Il seul. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la pensée de l'homme portant sur les paroles qu'il prononce de sa bouche, les anges du service la connaissent : puisqu'il prononce ces paroles, ils peuvent saisir par leur sainteté ce qu'il pense dans son cœur au sujet de ces paroles. Mais une pure pensée, qu'il pense dans son cœur sans prononcer les paroles de sa bouche, seul le Saint béni soit-Il la connaît ; c'est une distinction juste et droite. Par là se résout aussi la difficulté contre notre maître le Maharam Alchikh sur le verset (Berechit 32, 3) "Yaakov envoya des anges devant lui vers Essav son frère", qu'il a expliqué : il envoya des anges, qui reconnaissent si, dans les paroles que dira Essav, sa bouche et son cœur sont d'accord ou non. Contre ce Rav aussi la question du Rav Petah Einayim se fait forte, et par cette distinction tout s'explique bien.
שָׁאנֵי חוֹלֶה דִּשְׁכִינָה עִמּוֹ. קַשָּׁא וּמַה בְּכָךְ אִם הָיָה אוֹמֵר לְשׁוֹן הַקֹּודֶשׁ כָּל שֶׁכֵּן הוּא דְּעָדִיף טְפֵי וּמָה הֶכְרֵחַ הָיָה לוֹ לְדַבֵּר תַּרְגּוּם? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמַר לְשׁוֹן תַּרְגּוּם כְּדֵי לְהוֹדִיעַ לַחוֹלֶה שֶׁהַשְּׁכִינָה עִמּוֹ וּלְכָךְ הוּא מִתְפַּלֵּל בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם, וְכֵיוָן דְּיִתְבָּרֵר לַחוֹלֶה דִּשְׁכִינָה עִמּוֹ יִתְחַזֵּק לִבּוֹ שֶׁיָּבִין שֶׂה' יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי. אוֹ נִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁהָיָה מְדַבֵּר בְּלָשׁוֹן זֶה שֶׁמְּבִינִים אוֹתוֹ אִשְׁתּוֹ וּבָנָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ וְיִהְיֶה לָהֶם נַחַת רוּחַ וְשִׂמְחָה בִּבְרָכָה זוֹ וְיַעֲנוּ אָמֵן, יַעַן כִּי נִרְאֶה בְּאוֹתוֹ זְמַן שֶׁל הָאָמוֹרָאִים גַּם בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הָיוּ מְדַבְּרִים בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם וְכֵן תַּלְמוּד יְרוּשַׁלְמִי לְשׁוֹן תַּרְגּוּם מַה שֶׁאֵין כֵּן הַמִּשְׁנָה.
"Le malade est différent, car la Chekhina est avec lui." Difficulté : et alors ? S'il avait parlé en langue sainte, ce serait à plus forte raison préférable ; quelle nécessité avait-il de parler en langue du targoum ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il parlait la langue du targoum pour faire savoir au malade que la Chekhina est avec lui, et c'est pour cela qu'il prie en langue du targoum ; et lorsqu'il deviendra clair au malade que la Chekhina est avec lui, son cœur se renforcera, car il comprendra que "Hachem le soutiendra sur le lit de douleur". Ou bien il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il parlait dans cette langue que comprenaient sa femme, ses enfants et les gens de sa maison, afin qu'ils aient satisfaction et joie de cette bénédiction et répondent Amen ; car il semble qu'à l'époque des Amoraim on parlait la langue du targoum même en Terre d'Israël, et de même le Talmud de Jérusalem est en langue du targoum, ce qui n'est pas le cas de la Michna.
הֵיכִי עֲבִיד הָכִי? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי. וְהִנֵּה לְפִי הַחֲרָדָה הַזֹּאת שֶׁחָרַד הַשַּׁ"ס עַל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הֵיכִי עֲבִיד הָכִי הַדָּבָר יִפָּלֵא עַל כַּמָּה תְּפִילּוֹת וּתְחִינּוֹת שֶׁיֵּשׁ בְּיָדֵינוּ בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם, דִּלְפִי זֶה קַשָּׁא לָמָּה תִּיקֵּן ר' שִׁמְעוֹן בַּר יוֹחַאי תְּפִלָּה בְּעֵת הוֹצָאַת סֵפֶר תּוֹרָה בְּרִיךְ שְׁמָהּ דְּמָרָא עָלְמָא בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם? וְכֵן יֵשׁ לְהִתְפַּלְּאוּת בְּנֻוסַּח רַחֲמָנָא [רַחֲמָנָא אַדְּכַר לָן קִימָה דְּאַבְרָהָם רְחִימָא בְּדִיל וַיַּעֲבֹר וְכוּ'] שֶׁתִּקְּנוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה בִּסְלִיחוֹת עַל סֵדֶר אַלְפָא בֵּיתָא בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם, וְזֶה הַנֻּוסָּח שֶׁל רַחֲמָנָא וְכוּ ' הוּא גָּדוֹל מִכָּל שְׁאָר הַסְּלִיחוֹת כִּי הוּא בְּעַתִּיק וְכַנִּזְכָּר בְּסִדּוּר הָרָשָׁ"שׁ זַ"ל, וְכֵן מְקוֹמוֹ יַגִּיד עַל מַעֲלָתוֹ כִּי נֶאֱמַר רִאשׁוֹן לְכֻולָּם, וְעוֹד תִּיקְּנוּ בְּסוֹף הַסְּלִיחוֹת מָרַנָא דְּבִשְׁמַיָּא וּמְחִי וּמַסֵּי בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם? וְהִנֵּה מִלְּבַד זֶה יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת נָמֵי עַל לְשׁוֹן זֹוהַר הַקָּדוֹשׁ וְתִיקּוּנִים וְאַדְרָא לָמָּה דִּבְּרוּ בָּם בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם וַהֲלֹא כָּל דִּבְרֵי הַתַּנָּאִים בַּמִּשְׁנָה וּבָרַיְיתָא בִּלְשׁוֹן הַקֹּודֶשׁ אֲמוּרִים? וְעַל זֶה נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּסֵפֶר הַכַּוָּנוֹת בְּעִנְיַן הַקַּדִּישׁ, הַטַּעַם שֶׁנֶּאֱמַר בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם מִפְּנֵי שֶׁהַקְּלִיפּוֹת מְבִינִים בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם, וּבְהַיּוֹתֵנוּ אוֹמְרִים הַשֶּׁבַח הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ הַזֶּה בְּלָשׁוֹן שֶׁהֵם מְבִינִים אוֹתוֹ אָז הֵם נִכְנָעִים וְאֵינָם עוֹלִים וְכוּ' יְעֻויַּן שָׁם. וּלְפִי זֶה לְכָךְ דִּבֵּר רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר יוֹחַאי כָּל הַסּוֹדוֹת וְרָזִין עִילָּאִין בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם שֶׁמְּבִינִים הַקְּלִיפּוֹת כְּדֵי לְהַכְנִיעַ הַקְּלִיפּוֹת, כִּי כֹּחַ רָזִין עִלָּאִין הוּא רַב מְאֹד וּבְשִׁמְעָם דְּבָרִים עֶלְיוֹנִים אֵלּוּ שֶׁאוֹמְרִים הַתַּחְתּוֹנִים הֵם נִכְנָעִים. וּבָזֶה מוּבָן הַטַּעַם מַה שֶׁיִּיסֵּד רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל פִּיּוּטִין בְּשַׁבָּת בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם, מִפְּנֵי שֶׁמְּדַבֵּר בָּם בְּרָזִין עִלָּאִין וְאָז נִכְנָעִים הַקְּלִיפּוֹת בְּשִׁמְעָם רָזִין עִלָּאִין אֵלּוּ וּבִפְרָט שֶׁהוּא יוֹם שַׁבָּת. וּלְפִי זֶה אָמַרְתִּי בס"ד שֶׁגַּם קֻושְׁיָא הַנִּזְכָּר אֲשֶׁר נִתְקַשֵּׁיתִי בְּנֻוסַּח רַחֲמָנָא שֶׁבַּסְּלִיחוֹת נִתְרַצָּה שַׁפִּיר, שֶׁתִּיקְּנוּ אוֹתָהּ בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם שֶׁיָּבִינוּ הַקְּלִיפּוֹת, מִפְּנֵי כִּי בְּנֻוסָּח זֶה אוֹמְרִים תְּחִילָּה אִידְּכַר לָן קִימָה דְּאַבְרָהָם וְיִצְחָק וְכוּ' וּבָזֶה יוֹעִיל שֶׁלֹּא יִתְקַנְּאוּ הַקְּלִיפּוֹת בְּעַד שְׁאָר סְלִיחוֹת שֶׁאוֹמְרִים בָּהֶם כַּמָּה בַּקָּשׁוֹת, מִפְּנֵי כִּי תְּחִילַּת הַכֹּל אָנוּ אוֹמְרִים שֶׁאֵין מִכֹּחַ מַעֲשֵׂינוּ אֲנַחְנוּ בָּאִים לְבַקֵּשׁ וּלְהִתְחַנֵּן אֶלָּא רַק בִּזְכוּת אֲבוֹתֵינוּ וּשְׁאָר צַדִּיקִים כּוֹרְתֵי בְּרִית, וְלָכֵן בְּסוֹף הַסְּלִיחוֹת גַּם כֵּן שֶׁאֲנַחְנוּ אוֹמְרִים שֶׁאֲנַחְנוּ מִתְחַנְּנִים כְּעַבְדָּא דְּמִתְחַנֵּן לְמָרֵיהּ וְכוּ' וְלֹא בְּכֹחַ מַעֲשֵׂינוּ, גַּם זֶה נִתְקַן בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם לִסְתֹּום פֶּה הַמְקַטְרְגִים עַל דֶּרֶךְ הָאָמוּר, וְכֵן נֻוסַּח וִיהֵא רַעֲוָא שֶׁאוֹמְרִים קֹודֶם סְעוּדָה [וִיהֵא רַעֲוָא מִן קֳדָם עַתִּיקָא קַדִּישָׁא דְּכָל קַדִּישִׁין וְכוּ'] נִתְקַן בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם, מִפְּנֵי שֶׁכָּל בַּקָּשָׁה זוֹ הִיא מְיֻוסֶּדֶת בַּעֲבוּר הִשְׁתַּלְשְׁלוּת הַשֶּׁפַע לְמַעְלָה בְּמִדּוֹת הָעֶלְיוֹנוֹת וְדֶרֶךְ אַגַּב אֲנַחְנוּ מְבַקְּשִׁים לְעַצְמֵינוּ בְּסוֹף הַדְּבָרִים, וְהִנֵּה הַקְּלִיפּוֹת בְּשִׁמְעָם שֶׁאֲנַחְנוּ מִתְפַּלְּלִים בְּעַד מִידּוֹת הָעֶלְיוֹנוֹת נִכְנָעִים וְלֹא יִתְקַנְּאוּ וְלֹא יְקַטְרְגוּ עָלֵינוּ, וְעַל נֻוסַּח בְּרִיךְ שְׁמָהּ דְּמָרָא עָלְמָא יֵשׁ לְיַישֵּׁב.
"Comment faisait-il ainsi ? Rav Yehouda n'a-t-il pas dit : jamais un homme ne demandera ses besoins en langue araméenne." Or, selon cette inquiétude qu'éprouve le Chass au sujet de Rabbi Eliezer, "comment faisait-il ainsi", la chose est étonnante pour nombre de prières et de supplications que nous avons en langue du targoum. Selon cela, on objecte : pourquoi Rabbi Chimon bar Yohai a-t-il institué une prière au moment de la sortie du Sefer Torah, "Berikh chemei demara alma", en langue du targoum ? De même on peut s'étonner de la formule "Rahmana" [Rahmana, souviens-Toi pour nous de l'alliance d'Avraham le bien-aimé, à cause de ... etc.] que les hommes de la Grande Assemblée ont instituée dans les Selihot selon l'ordre alphabétique, en langue du targoum ; or cette formule Rahmana est plus grande que toutes les autres Selihot, car elle se situe dans Atik, comme il est mentionné dans le Siddour du Rachach, et sa place indique aussi son rang, car elle est dite la première de toutes. Et on a encore institué à la fin des Selihot "Marana di-vchmaya" et "Mahei oumassei" en langue du targoum. En plus de cela, on peut aussi objecter sur la langue du saint Zohar, des Tikounim et de l'Idra : pourquoi y a-t-on parle en langue du targoum, alors que toutes les paroles des Tannaim dans la Michna et la Baraita sont dites en langue sainte ? À ce sujet, il me semble, avec l'aide du Ciel, (répondre) selon ce qu'a écrit notre maître le Ari dans le Sefer Hakavanot au sujet du Kaddich : la raison pour laquelle il est dit en langue du targoum est que les kelipot (forces d'impureté) comprennent la langue du targoum ; et lorsque nous disons cette grande et sainte louange dans une langue qu'elles comprennent, elles sont soumises et ne montent pas, etc., voir là-bas. Selon cela, Rabbi Chimon bar Yohai a dit tous les secrets et mystères supérieurs (razin ilain) en langue du targoum, que comprennent les kelipot, afin de soumettre les kelipot : car la force des mystères supérieurs est très grande, et en entendant ces paroles supérieures que disent les êtres d'en bas, elles sont soumises. Par là se comprend pourquoi notre maître le Ari a composé des chants (piyoutim) de Chabbat en langue du targoum : il y parle de mystères supérieurs, et les kelipot sont soumises en entendant ces mystères supérieurs, surtout le jour du Chabbat. Selon cela, j'ai dit, avec l'aide du Ciel, que la difficulté mentionnée, qui m'avait arrêté, sur la formule Rahmana des Selihot se résout bien : on l'a instituée en langue du targoum pour que les kelipot la comprennent, car dans cette formule on dit d'abord "souviens-Toi pour nous de l'alliance d'Avraham et d'Yitshak", etc. ; et cela sert à ce que les kelipot ne soient pas jalouses à cause des autres Selihot dans lesquelles on dit de nombreuses demandes, car au début de tout nous disons que nous venons demander et supplier non par la force de nos actes, mais seulement par le mérite de nos Pères et des autres justes qui ont conclu l'alliance. De même à la fin des Selihot, où nous disons que nous supplions "comme un serviteur qui supplie son maître", etc., et non par la force de nos actes, cela aussi a été institué en langue du targoum pour fermer la bouche des accusateurs, de la manière dite. De même la formule "Vihe raava" que l'on dit avant le repas [Vihe raava min kodam Atika Kadicha dekhol kadichin, etc.] a été instituée en langue du targoum, car toute cette demande est fondée sur l'enchaînement de l'abondance (chefa) en haut dans les middot supérieures, et c'est en passant que nous demandons pour nous-mêmes à la fin des paroles ; or les kelipot, en entendant que nous prions pour les middot supérieures, sont soumises, ne sont pas jalouses et n'accusent pas contre nous. Et pour la formule "Berikh chemei demara alma", il y a lieu d'expliquer (de même).
💡 Explication

Rabbi Hanina : la visite du malade et la consolation des endeuillés ne sont permises le Chabbat qu'avec difficulté (be-kochi), car le visiteur s'afflige, ce qui contredit le repos du Chabbat. On l'a permis en raison de la mitsva.

Rabbi Elazar priait parfois en araméen. La Guemara objecte : la prière en araméen n'est pas portée par les malakhei hacharèt (anges du service), qui ne connaissent pas cette langue. Réponse : auprès du malade la Chekhina est présente ; la prière n'a pas besoin d'intermédiaire (Rachi : pour franchir le pargod). Rachi précise que l'épisode de Rabbi Elazar ne concerne pas spécialement le Chabbat.

3
דְּאָמַר רַב עָנָן אָמַר רַב: מִנַּיִן שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא סוֹעֵד אֶת הַחוֹלֶה? — שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי״. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַנִּכְנָס לְבַקֵּר אֶת הַחוֹלֶה לֹא יֵשֵׁב לֹא עַל גַּבֵּי מִטָּה וְלֹא עַל גַּבֵּי כִּסֵּא, אֶלָּא מִתְעַטֵּף וְיוֹשֵׁב לְפָנָיו, מִפְּנֵי שֶׁשְּׁכִינָה לְמַעְלָה מִמְּרַאֲשֹׁותָיו שֶׁל חוֹלֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי״. וְאָמַר רָבָא אָמַר רָבִין: מִנַּיִן שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא זָן אֶת הַחוֹלֶה? — שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי״.

Car Rav Anan a dit au nom de Rav : d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il soutient le malade ? Car il est dit : "Hachem le soutiendra sur le lit de douleur" (Tehilim 41, 4).

On a enseigné aussi ainsi : celui qui entre visiter le malade ne s'assoira ni sur le lit ni sur une chaise, mais il s'enveloppe et s'assoit devant lui, car la Chekhina est au-dessus du chevet du malade, ainsi qu'il est dit : "Hachem le soutiendra sur le lit de douleur." Et Rava a dit au nom de Ravin : d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il nourrit le malade ? Car il est dit : "Hachem le soutiendra sur le lit de douleur."

📜 Rachi (2)
סוֹעֵד סוֹמֵךְ בְּתַשּׁוּת כֹּחוֹ וּמִשּׁוּם רַבֵּינוּ יַעֲקֹב סוֹעֵר תַּרְגּוּמוֹ שֶׁל פּוֹקֵד כְּלוֹמַר מְבַקֵּר כְּמוֹ וְאֶת אַחֶיךָ תִּפְקֹוד לְשָׁלוֹם (שְׁמוּאֵל א י״ז:י״ח) וּמְתַרְגְּמִי' וְאֶת אָחִיךָ תִּסְעַר לְשַׁלֵּם וּלְהַךְ לִישָּׁנָא גָּרְסִינַן אַל תִּקְרֵי יִסְעָדֶנּוּ אֶלָּא יִסְעָרֶנּוּ:
Il le soutient dans la faiblesse de ses forces. Et au nom de Rabbenou Yaakov : soer, qui est la traduction araméenne de poked, c'est-à-dire visiter, comme "et ton frère, tu le visiteras pour la paix" (Chmouel I 17, 18), que l'on traduit "et ton frère, tu le visiteras (tisar) pour la paix" ; et selon cette version on lit : ne lis pas yisadenou mais yisarenou.
מִתְעַטֵּף מֵאֵימַת שְׁכִינָה כְּאָדָם הַיּוֹשֵׁב בְּאֵימָה וְאֵין פּוֹנֶה לַצְּדָדִין:
Par crainte de la Chekhina, comme un homme assis avec crainte, qui ne se tourne pas de côté et d'autre.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא יָשַׁב עַל גַּבֵּי מִטָּה וְלֹא עַל סַפְסָל נִרְאֶה דְּדַוְקָא כְּשֶׁחוֹלֶה שׁוֹכֵב בְּנָמוּךְ שֶׁלֹּא יֵשֵׁב גָּבוֹהַּ מִמְּרַאֲשׁוֹתָיו שֶׁל חוֹלֶה:
Il semble que c'est seulement lorsque le malade est couché bas : qu'il ne s'assoie pas plus haut que le chevet du malade.
💡 Explication

Le verset ה' יסעדנו על ערש דוי (Tehilim 41, 4) sert trois fois : la Chekhina soutient le malade, elle est au-dessus de son chevet, et Hachem le nourrit (sead au sens de repas). Il justifie la réponse précédente : la Chekhina étant présente, la prière en araméen est recevable.

Conséquence pratique : le visiteur ne s'assoit pas plus haut que la tête du malade ; il s'enveloppe (mitatef) par crainte. Tossefot limite la règle au malade couché bas.

🖼️ Schéma
Où s'asseoir en visitant le malade Lit du malade (ères devai) chevet Chekhina Pas sur le lit, pas sur une chaise (plus haut que le chevet) Enveloppé, assis devant lui, avec crainte
La baraita : la Chekhina au-dessus du chevet, le visiteur assis devant le malade.
4
וְלֹא יִקְרָא לְאוֹר הַנֵּר. אָמַר רַבָּה: אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ שְׁתֵּי קוֹמוֹת, וַאֲפִילּוּ שְׁתֵּי מַרְדְּעוֹת, וַאֲפִילּוּ עֲשָׂרָה בָּתִּים זֶה עַל גַּב זֶה. חַד הוּא דְּלָא לִיקְרֵי, הָא תְּרֵי — שַׁפִּיר דָּמֵי. וְהָתַנְיָא לֹא אֶחָד וְלֹא שְׁנַיִם! אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּעִנְיָן אֶחָד, כָּאן בִּשְׁנֵי עִנְיָנִים. אָמַר רַב הוּנָא: וּבִמְדוּרָה, אֲפִילּוּ עֲשָׂרָה בְּנֵי אָדָם אָסוּר.

"Et il ne lira pas à la lumière de la lampe." Rabba a dit : même (si elle est) haute de deux hauteurs d'homme, même de deux mardeot (aiguillons de bouvier), même de dix maisons l'une sur l'autre. C'est un seul qui ne doit pas lire ; mais deux, c'est bien.

Or n'a-t-on pas enseigné : ni un ni deux ! Rabbi Elazar a dit : il n'y a pas de difficulté : ici, dans un seul sujet ; là, dans deux sujets.

Rav Houna a dit : et près d'un feu de camp (medoura), même dix personnes, c'est interdit.

📜 Rachi (4)
וְאַפֵּי' גָּבוֹהַּ דְּלֵיכָּא לְמִיחַשׁ לְהַטָּייָה דְּכֵיוָן דִּגְזוּר לָא פְּלוּג לְמִילְּתַייְהוּ:
Où il n'y a pas à craindre qu'il incline (la lampe) ; puisqu'on a décrété, on n'a pas fait de distinction dans leur décision.
הָא תְּרֵי שַׁפִּיר דָּמֵי שֶׁאִם יָבֹא לְהַטּוֹת יַזְכִּירֶנּוּ חֲבֵרוֹ:
Car s'il vient à incliner, son compagnon le lui rappellera.
בִּשְׁנֵי עִנְיָנִים בִּשְׁתֵּי פָּרָשִׁיּוֹת הוֹאִיל וְכָל אֶחָד מְעַיֵּין לְעַצְמוֹ אֵין מַכִּיר בְּמַעֲשֵׂה חֲבֵירוֹ:
Dans deux paragraphes (parachiot) : puisque chacun étudie pour lui-même, il ne remarque pas l'action de son compagnon.
בִּמְדוּרָה מְדוּרַת אֵשׁ גְּדוֹלָה אָסוּר דְּהוֹאִיל וְיוֹשְׁבִין רָחוֹק זֶה מִזֶּה וְעוֹד שֶׁזַּנְבוֹת הָאוּדִים סְמוּכִים לָהֶם אֵין זֶה מַכִּיר בָּבָא חֲבֵירוֹ לְהַבְעִיר וְלַחְתּוֹת:
Un grand feu de camp : interdit, car ils sont assis loin l'un de l'autre, et de plus les extrémités des tisons sont proches d'eux ; l'un ne remarque pas que son compagnon vient attiser et remuer les braises.
💡 Explication

Retour à la Michna (11a) : on ne lit pas à la lumière de la lampe le Chabbat, de peur d'incliner la lampe (hatayah) pour rapprocher l'huile de la mèche, ce qui est une havara (allumage). Rabba : le décret s'applique même si la lampe est hors de portée, car les Sages n'ont pas distingué (lo plug).

Deux lecteurs d'un même sujet se surveillent mutuellement ; deux sujets différents, non. Au feu de camp, même dix personnes sont interdites : chacun est loin des autres et a les tisons à portée de main.

5
אָמַר רָבָא: אִם אָדָם חָשׁוּב הוּא — מֻותָּר. מֵיתִיבִי: לֹא יִקְרָא לְאוֹר הַנֵּר, שֶׁמָּא יַטֶּה. אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע: אֲנִי אֶקְרָא וְלֹא אַטֶּה. פַּעַם אַחַת קָרָא וּבִקֵּשׁ לְהַטּוֹת. אָמַר: כַּמָּה גְּדוֹלִים דִּבְרֵי חֲכָמִים שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים לֹא יִקְרָא לְאוֹר הַנֵּר. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר, קָרָא וְהִטָּה וְכָתַב עַל פִּנְקָסוֹ: אֲנִי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע, קָרִיתִי וְהִטֵּיתִי נֵר בְּשַׁבָּת, לִכְשֶׁיִּבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אָבִיא חַטָּאת שְׁמֵנָה! אָמַר רַבִּי אַבָּא: שָׁאנֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע, הוֹאִיל וּמֵשִׂים עַצְמוֹ עַל דִּבְרֵי תוֹרָה כְּהֶדְיוֹט.

Rava a dit : si c'est un homme important, c'est permis. On objecte : "Il ne lira pas à la lumière de la lampe, de peur qu'il n'incline (la lampe).

Rabbi Yichmael ben Elicha a dit : moi, je lirai et je n'inclinerai pas. Une fois il lut et voulut incliner.

Il dit : combien sont grandes les paroles des Sages qui disaient : il ne lira pas à la lumière de la lampe. Rabbi Natan dit : il lut et inclina, et il écrivit sur son carnet (pinkas) : Moi, Yichmael ben Elicha, j'ai lu et j'ai incliné la lampe le Chabbat ; quand le Temple sera reconstruit, j'apporterai un hatat (sacrifice expiatoire) gras." Rabbi Abba a dit : Rabbi Yichmael ben Elicha est différent, puisqu'il se considère, pour les paroles de Torah, comme un homme simple.

📜 Rachi (1)
מֻותָּר לִקְרוֹת לְאוֹר הַנֵּר שֶׁאֵינוֹ רָגִיל לְהַטּוֹת נֵר בְּחוֹל מִפְּנֵי חֲשִׁיבוּתוֹ:
(Il est permis) de lire à la lumière de la lampe, car il n'a pas l'habitude d'incliner la lampe en semaine, en raison de son importance.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר קָרָא וְהִטָּה הָכָא וּבְמַכּוֹת (דַּף ר:) גַּבֵּי יְהוּדָה בֶּן טַבַּאי שֶׁהָרַג עֵד זוֹמֵם וּבְהָאִשָּׁה רַבָּה (יְבָמוֹת דַּף צו:) גַּבֵּי הָא שֶׁנִּקְרַע ס"ת בַּחֲמָתָן לָא פָּרֵיךְ וּמַה בְּהֶמְתָּן שֶׁל צַדִּיקִים אֵין הַקב"ה מֵבִיא תַּקָּלָה כּוּ' אוֹמֵר ר"ת דְּלָא פָּרֵיךְ בְּשׁוּם מָקוֹם אֶלָּא גַּבֵּי אֲכִילַת אִיסּוּר שֶׁגְּנַאי הוּא לַצַּדִּיק בְּיוֹתֵר וְהַהוּא דְּעַרְבֵי פְּסָחִים (כְּסָחִים דַּף קג: וְשָׁם) דְּר' יִרְמְיָה אִישְׁתְּלִי וּטְעֵים קֹודֶם הַבְדָּלָה וְהָנְהוּ דְּמַס' ר"ה (דַּף כא.) דְּקָאָמַר בְּסִים תַּבְשִׁילָא דְּבַבְלָאֵי בְּצוֹמָא רַבָּה דְּמַעֲרָבָא הָתָם לָא הֲוָה מַאֲכַל אִיסּוּר אֶלָּא הַשָּׁעָה אֲסוּרָה וּבִבְרֵאשִׁית רַבָּה אָמְרִינַן ר' יִרְמְיָה שָׁלַח לֵר' זֵירָא חַד טְרַסְקָל דִּתְאֵנִים וּמַסִּיק בֵּין דִּין לְדִין מִתְאַכֵּל תְּאֵנְתָא בְּטַבְלָא הָא קָאָמַר עֲלָהּ ר' אַבָּא בַּר זִימְנָא בְּשֵׁם ר' אֱלִיעֶזֶר זְעֵירָא אִם הָרִאשׁוֹנִים מַלְאָכִים אָנוּ בְּנֵי אִינָשׁ וְאִם הֵם בְּנֵי אִינָשׁ אָנוּ כַּחֲמוֹרִים וְלֹא כַּחֲמוֹרוֹ שֶׁל ר' פִּנְחָס בֶּן יָאִיר:
Ici, et dans Makot (5b) au sujet de Yehouda ben Tabbai qui tua un témoin convaincu de faux (ed zomem), et au chapitre Haicha rabba (Yevamot 96b) au sujet de celui dont le Sefer Torah fut déchiré dans leur colère, la Guemara n'objecte pas : si même par les bêtes des justes le Saint béni soit-Il n'amène pas de faute, etc. Rabbenou Tam dit qu'on ne fait nulle part cette objection, sauf pour la consommation d'un aliment interdit, qui est la plus grande honte pour un juste. Et le cas de Arvei Pessahim (Pessahim 103b), où Rabbi Yirmeya oublia et goûta avant la Havdala, et ceux du traité Roch Hachana (21a), où il est dit "le plat des Babyloniens est savoureux au grand jeûne de l'Occident" : là, ce n'était pas un aliment interdit, c'est le moment qui était interdit. Et dans Berechit Rabba nous disons : Rabbi Yirmeya envoya à Rabbi Zeira un panier de figues, et le récit conclut qu'entre l'un et l'autre les figues furent mangées à l'état de tevel (non prélevées) ; et Rabbi Abba bar Zimna dit à ce sujet au nom de Rabbi Eliezer Zeira : si les premiers étaient des anges, nous sommes des hommes ; et s'ils étaient des hommes, nous sommes comme des ânes, et non comme l'âne de Rabbi Pinhas ben Yair.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: קָרָא וְהִטָּה, וְכָתַב עַל פִּנְקָסוֹ: אֲנִי, [יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע] קָרִיתִי וְהִטֵּיתִי נֵר בְּשַׁבָּת, לִכְשֶׁיִּבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, אָבִיא חַטָּאת שְׁמֹנָה. קַשָּׁא אִם כָּתַב בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא יִשְׁתַּכַּח הַדָּבָר מִמֶּנּוּ, כֵּיוָן דְּכָתַב אֲנִי, יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע קָרִיתִי וְהִטֵּיתִי נֵר בְּשַׁבָּת דַּי בָּזֶה וּלְמַאי נִצְרַךְ לִכְתֹּוב לִכְשֶׁיִּבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, אָבִיא חַטַּאת שְׁמֹנָה? וְעוֹד לָמָּה כָּתַב 'שְׁמֹנָה' דְּהָא וַדַּאי חַיָּיב לְהָבִיא מִן הַמֻּובְחָר כְּמוֹ שֶׁכָּתַב הָרַמְבַּ"ם זַ"ל בְּהִלְכוֹת אִיסּוּרֵי מִזְבֵּחַ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד שְׁנֵי תֵּירוּצִים בָּזֶה כָּל תֵּירוּץ בָּנוּי עַל יְסוֹד אֶחָד הֵפֶךְ הַשֵּׁנִי, וְהוּא דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (מְנָחוֹת דַּף קי.) כָּל הַקּוֹרֵא בְּפָרָשַׁת עוֹלָה כְּאִלּוּ הִקְרִיב עוֹלָה, דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא ז, לז) זֹאת הַתּוֹרָה לָעֹלָה לַמִּנְחָה וְלַחַטָּאת וְלָאָשָׁם וְלַמִּלּוּאִים וּלְזֶבַח הַשְּׁלָמִים, וְרָבָא אָמַר כָּל הַקּוֹרֵא בַּתּוֹרָה לֹא צָרִיךְ לֹא עוֹלָה וְלֹא חַטָּאת! וְדִיֵּיק לָהּ מִדִּכְתִיב לֶעָלֶה לְחַטָּאת וְכוּ' שֶׁהֵטִיל לָמֶ"ד בְּנִקּוּד פַתַ"ח בְּכָל חַד וְחַד דְּהָוֵי בִּמְקוֹם לֹא. וּפֵרַשְׁתִּי בס"ד נָפְקָא מִינַּהּ בֵּין שְׁנֵי בֵּיאוּרִים אֵלֶּה, לְמָאֵן דְּאָמַר כְּאִלּוּ הִקְרִיב אִם עָבַר אָדָם עַל חֵטְא בַּזְּמַן הַזֶּה וְקָרָא בְּפָרָשַׁת הַחֵטְא לָא הָוֵי קְרִיאָתוֹ קָרְבָּן מַמָּשׁ, דְּהָא 'כְּאִלּוּ' קָאָמַר בְּכַף הַדִּמְיוֹן וְאֵינוֹ מַמָּשׁ, וְלָכֵן כְּשֶׁיִּבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ צָרִיךְ לְהָבִיא קָרְבָּן אַף עַל פִּי שֶׁכְּבָר קָרָא פָּרָשַׁת הַחֵטְא. אֲבָל מַאן דְּאָמַר אֵין צָרִיךְ לֹא עוֹלָה וְלֹא חַטָּאת סְבִירָא לֵיהּ בַּזְּמַן הַזֶּה דְּלֵיכָּא קָרְבָּן תּוֹעִיל קְרִיאַת הַתּוֹרָה בִּמְקוֹם קָרְבָּן מַמָּשׁ, וְאִם כֵּן כְּשֶׁיִּבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ לֹא יָבִיא קָרְבָּן דְּהָוֵי חֻולִּין לָעֲזָרָה, כֵּיוָן שֶׁנִּפְטַר לְגַמְרֵי בִּקְרִיאָתוֹ בַּזְּמַן הַזֶּה שֶׁאֵין סָפֵק בְּיָדוֹ לְהָבִיא קָרְבָּן, עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמְרוּ בִּבְשַׂר נְחִירָה כִּין שֶׁהֻותְּרָה הֻותְּרָה, וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה אָמְרוּ הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם לְמָקוֹם וְשָׁלְמוּ מְעוֹתָיו וְלֹא נִשְׁאַר בְּיָדוֹ לְהִתְפַּרְנֵס, הֲרֵי נוֹטֵל לֶקֶט שִׁכְחָה וּפֵאָה וּכְשֶׁחָזַר לְבֵיתוֹ פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם, כִּי עָנִי הָיָה בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. וְכֵן זֶה כֵּיוָן שֶׁנִּפְטַר בַּזְּמַן הַזֶּה בִּקְרִיאָה לְגַמְרֵי לֹא יִתְחַיֵּיב לֶעָתִיד. וְנִמְצָא דְּנָפְקָא מִינָּהּ בְּעִנְיַן ב' דְּרָשׁוֹת אֵלּוּ טוּבָא! וְשׁוּב רָאִיתִי לְחִקְרֵי לֵב (א"ח סִי' ב') שֶׁנִּתְעוֹרֵר אִם יִתְחַיֵּיב קָרְבָּן לֶעָתִיד, וּפְשִׁיט לָהּ מֵעֻובְדָּא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע דְּיִתְחַיֵּיב יְעֻויַּן שָׁם. נִמְצָא עַל פִּי הַמֻּונָּח הַזֶּה שֶׁעָשִׂינוּ בִּסְבָרַת רָבָא פָּטוּר מִן הַקָּרְבָּן לֶעָתִיד לָבֹא, לְכָךְ נִתְחַכֵּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע לְחַיֵּיב עַצְמוֹ בְּפִנְקָסוֹ בְּפֵירוּשׁ לִכְשֶׁיִּבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, אָבִיא חַטָּאת שְׁמֹנָה , כְּדֵי שֶׁיּוּכַל לְהָבִיא בְּבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ מֵחֲמַת חִיּוּב שֶׁלּוֹ שֶׁחִיֵּיב עַצְמוֹ בָּזֶה, וְאַף עַל גַּב דְּקַייְמָא לַן חַטָּאת וְאָשָׁם אֵין בָּאִין כְּנֶדֶר וּנְדָבָה וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב הָרַמְבַּ"ם בְּמַעֲשֵׂה הַקָּרְבָּנוֹת פֶּרֶק י"ד, אֶפְשָׁר שֶׁהוּא כָּתַב זֹאת קֹודֶם שֶׁקָּרָא בַּפָּרָשָׁה דְּאָז עוֹדֶנּוּ חַייָּב, וְאַף עַל גַּב דְּדַעְתּוֹ לִקְרוֹת בְּוַדַּאי אַחַר כָּךְ, עִם כָּל זֶה כֵּיוָן שֶׁלֹּא קָרָא עֲדַייִן וְכָתַב זֹאת הֲרֵי הוּא מְגַלֶּה דַּעְתּוֹ בָּזֶה שֶׁהַקְּרִיאָה לֹא תִּפְטְרֶנּוּ לְגַמְרֵי מִכֹּל וָכֹל אֶלָּא יִתְחַיֵּיב לְהָבִיא בְּבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, וְכָל זֶה הַתֵּירוּץ בָּנוּי עַל פִּי סְבָרַת רָבָא אֲבָל לְמַאן דְּאָמַר כְּאִלּוּ וְכוּ' הֲרֵי זֶה חַיָּיב בְּלָאו הָכִי בְּבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וּלְמַאי אִצְטְרִיךְ לִכְתֹּוב? וְלָזֶה נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מ"ש בְּבָבָא קַמָּא (קט:) תָּנוּ רַבָּנַן מִנַּיִן לְכֹהֵן שֶׁבָּא וּמַקְרִיב קָרְבְּנוֹתָיו בְּכָל עֵת וּבְכָל שָׁעָה שֶׁיִּרְצֶה תַּלְמוּד לוֹמַר (דְּבָרִים יח, ו) וּבָא בְּכָל אַוַּת נַפְשׁוֹ וְשֵׁרֵת, וּמִנַּיִן שֶׁעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ תַּלְמוּד לוֹמַר (בַּמִּדְבָּר ה, י) וְאִישׁ אֶת קֳדָשָׁיו לוֹ יִהְיוּ, וּפֵירֵשׁ רַשִׁ"י מִנַּיִן לְכֹהֵן שֶׁנָּדַר קָרְבָּן אוֹ שֶׁהָיָה מֻוטָּל עָלָיו חַטָּאת וְאָשָׁם חוֹבָה מַקְרִיב אַף בְּמַעֲמָד שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ? וּמִנַּיִן שֶׁעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹבֵר הַפֵּירוּשׁ הַבָּשָׂר וְהָעוֹר? עַייֵּן שָׁם. נִמְצָא כֹּהֵן שֶׁנִּתְחַייֵּב חַטָּאת הוּא עַצְמוֹ מַקְרִיב חַטָּאתוֹ וְאֵינוֹ נוֹתֵן הַבָּשָׂר וְהָעוֹר לַכֹּהֲנִים אַנְשֵׁי מִשְׁמָר אֶלָּא הַכֹּל שֶׁלּוֹ, נִמְצָא לְפִי זֶה רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע שֶׁחַיָּיב לְהָבִיא חַטָּאת בְּבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ מִכָּל מָקוֹם כֵּיוָן שֶׁהוּא עַצְמוֹ כֹּהֵן אֵינוֹ חַיָּיב לִיתֵּן הַקָּרְבָּן לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר לְהַקְרִיבוֹ, אֶלָּא הוּא בְּעַצְמוֹ יָכוֹל לְהַקְרִיבוֹ וְיִהְיֶה הַבָּשָׂר וְהָעוֹר שֶׁלּוֹ, וּלְכָךְ עַתָּה נְדָבָה רוּחוֹ לִכְתֹּוב עַל פִּנְקָסוֹ שֶׁהוּא מִתְחַייֵּב 'לְהָבִיא' קָרְבַּן חַטָּאת דְּהַייְנוּ לְהָבִיא לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר, וְלֹא כָּתַב 'לְהַקְרִיב' חַטָּאת דְּמַשְׁמַע שֶׁהוּא יַקְרִיב בְּיָדוֹ אֶלָּא אָמַר אָבִיא רְצוֹנוֹ לוֹמַר לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר כְּדֵי שֶׁהֵם יִזְכּוּ בִּבְשָׂרָהּ וְעוֹרָהּ וַאֲנִי לֹא נֶהֱנֶה מִמֶּנָּה, וּלְכָךְ פֵּירֵשׁ שְׁמֹנָה דְּאַף עַל גַּב כִּי בְּשָׂרָהּ מִן הַדִּין שֶׁלִּי וְכֵיוָן דְּשֶׁלִּי אֵין אֲנִי מְחֻוייָּב לְהָבִיא שְׁמֹנָה, עִם כָּל זֶה אֲנִי מִתְנַדֵּב לְהָבִיא שְׁמֹנָה לְהַרְוָוחַת אַנְשֵׁי מִשְׁמָר, גַּם אָמַר שְׁמֹנָה רְצוֹנוֹ לוֹמַר מֻובְחָר מִן הַמֻּובְחָר.
"Rabbi Natan dit : il lut et inclina, et il écrivit sur son carnet : Moi, [Yichmael ben Elicha,] j'ai lu et j'ai incliné la lampe le Chabbat ; quand le Temple sera reconstruit, j'apporterai un hatat gras." Difficulté : s'il a écrit pour que la chose ne s'oublie pas, puisqu'il a écrit "Moi, Yichmael ben Elicha, j'ai lu et j'ai incliné la lampe le Chabbat", cela suffit ; pourquoi avait-il besoin d'écrire "quand le Temple sera reconstruit, j'apporterai un hatat gras" ? Et encore : pourquoi a-t-il écrit "gras", alors qu'il est de toute façon obligé d'apporter du meilleur, comme l'a écrit le Rambam dans les Lois des interdits de l'autel ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, (qu'il y a) deux réponses, chacune bâtie sur un fondement opposé à l'autre. Nos Maîtres ont dit (Menahot 110a) : quiconque lit le paragraphe de l'ola (holocauste) est comme s'il avait offert une ola, car il est écrit (Vayikra 7, 37) "Voici la loi pour l'ola, pour la minha, pour le hatat, pour l'acham, pour les milouim et pour le sacrifice de chelamim" ; et Rava a dit : quiconque étudie la Torah n'a besoin ni d'ola ni de hatat, et il le déduit de ce qu'il est écrit "la-ola", "la-hatat", etc., avec le lamed vocalisé d'un patah dans chacun, qui tient lieu de "lo" (pas). J'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, la différence pratique (nafka mina) entre ces deux explications. Selon celui qui dit "comme s'il avait offert", si un homme a commis une faute de nos jours et a lu le paragraphe du hatat, sa lecture n'est pas un vrai sacrifice, car il dit "comme si", avec le kaf de la comparaison, et ce n'est pas la réalité ; c'est pourquoi, quand le Temple sera reconstruit, il devra apporter un sacrifice, bien qu'il ait déjà lu le paragraphe du hatat. Mais celui qui dit "il n'a besoin ni d'ola ni de hatat" pense que de nos jours, où il n'y a pas de sacrifice, la lecture de la Torah est efficace à la place d'un vrai sacrifice ; dès lors, quand le Temple sera reconstruit, il n'apportera pas de sacrifice, car ce serait du profane dans le parvis, puisqu'il a été complètement quitte par sa lecture en ce temps où il n'a pas la possibilité d'apporter un sacrifice ; à la manière de ce qu'on a dit pour la viande de nehira (abattue sans chehita) : une fois permise, elle reste permise. De même on a dit : celui qui va d'un endroit à l'autre et dont l'argent s'est épuisé, sans qu'il lui reste de quoi vivre, prend le leket, la chikheha et la pea (dons aux pauvres), et quand il revient chez lui il est dispensé de rembourser, car il était pauvre à ce moment-là. De même ici, puisqu'il a été complètement quitte de nos jours par la lecture, il ne sera pas obligé à l'avenir. Il en ressort qu'il y a une grande différence pratique entre ces deux derachot ! Ensuite j'ai vu que le Hikrei Lev (Orah Haim, siman 2) s'est demandé s'il sera obligé d'apporter un sacrifice à l'avenir, et l'a tranché à partir de l'épisode de Rabbi Yichmael ben Elicha : il y sera obligé, voir là-bas. Il ressort, selon le fondement que nous avons posé dans l'opinion de Rava, qu'il serait dispensé du sacrifice dans l'avenir ; c'est pourquoi Rabbi Yichmael ben Elicha a agi avec sagesse en s'obligeant explicitement dans son carnet : "quand le Temple sera reconstruit, j'apporterai un hatat gras", afin de pouvoir l'apporter à la reconstruction du Temple en vertu de l'obligation qu'il s'est imposée. Et bien que nous tenions que le hatat et l'acham ne viennent pas comme vœu ou don volontaire, comme l'a écrit le Rambam dans Maasse hakorbanot, chapitre 14, il est possible qu'il l'ait écrit avant de lire le paragraphe, alors qu'il était encore obligé ; et bien qu'il ait certainement eu l'intention de lire ensuite, puisqu'il n'avait pas encore lu et qu'il a écrit cela, il révèle par là son intention que la lecture ne le dispensera pas totalement, mais qu'il sera obligé d'apporter (le sacrifice) à la reconstruction du Temple. Toute cette réponse est bâtie sur l'opinion de Rava. Mais selon celui qui dit "comme si", etc., il est de toute façon obligé à la reconstruction du Temple ; pourquoi avait-il besoin d'écrire ? Pour cela il me semble, avec l'aide du Ciel, (répondre) selon ce qui est dit dans Bava Kama (109b) : nos Maîtres ont enseigné, d'où savons-nous qu'un Cohen peut venir offrir ses sacrifices à tout moment et à toute heure qu'il veut ? Le verset dit (Devarim 18, 6) "il viendra selon tout le désir de son âme et il servira". Et d'où savons-nous que son service et sa peau lui reviennent ? Le verset dit (Bamidbar 5, 10) "et chacun, ses choses saintes seront à lui". Rachi explique : d'où savons-nous qu'un Cohen qui a voué un sacrifice, ou qui était tenu d'un hatat ou d'un acham obligatoire, l'offre même pendant une garde (mamad) qui n'est pas la sienne ? Et d'où savons-nous que son service et sa peau, c'est-à-dire la viande et la peau, (lui reviennent) ? Voir là-bas. Il en ressort qu'un Cohen tenu d'un hatat offre lui-même son hatat et ne donne pas la viande et la peau aux Cohanim de la garde : tout est à lui. Selon cela, Rabbi Yichmael ben Elicha, tenu d'apporter un hatat à la reconstruction du Temple, puisqu'il est lui-même Cohen, n'est pas tenu de donner le sacrifice aux gens de la garde pour qu'ils l'offrent ; il peut l'offrir lui-même, et la viande et la peau seront à lui. C'est pourquoi son esprit le poussa alors à écrire sur son carnet qu'il s'oblige à "apporter" un hatat, c'est-à-dire l'apporter aux gens de la garde ; il n'a pas écrit "offrir" un hatat, ce qui laisserait entendre qu'il l'offrira de sa main, mais il a dit "j'apporterai", c'est-à-dire aux gens de la garde, afin qu'ils acquièrent sa viande et sa peau, et que moi je n'en profite pas. C'est pourquoi il a précisé "gras" : bien que sa viande me revienne de droit, et que, puisqu'elle est à moi, je ne sois pas tenu d'en apporter une grasse, malgré cela je me porte volontaire pour en apporter une grasse, au profit des gens de la garde. Et il a dit aussi "gras" au sens de : le meilleur du meilleur.
💡 Explication

Rava : l'adam hachouv (homme important) peut lire, car il ne touche jamais une lampe, même en semaine ; le motif du décret disparaît. Objection de la baraita : Rabbi Yichmael ben Elicha, qui était un grand, pensait pouvoir se surveiller, et il a voulu incliner (premier Tanna) ou a effectivement incliné (Rabbi Natan). Il s'engagea à apporter un hatat, sacrifice dû à une faute involontaire (chogueg).

Rabbi Abba répond : Rabbi Yichmael était humble dans l'étude et s'occupait lui-même de la lampe ; il n'avait donc pas le statut d'homme important au sens de Rava. Le Ben Yehoyada explique la formule du carnet à partir de la dispute sur la valeur de l'étude des sacrifices.

6
תָּנֵי חֲדָא: שַׁמָּשׁ בּוֹדֵק כּוֹסוֹת וּקְעָרוֹת לְאוֹר הַנֵּר. וְתַנְיָא אִידָךְ: לֹא יִבְדֹּוק! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּשַׁמָּשׁ קָבוּעַ, כָּאן בְּשַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ. וְאִי בָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא בְּשַׁמָּשׁ קָבוּעַ, וְלָא קַשְׁיָא: הָא בִּדְמִשְׁחָא, וְהָא בִּדְנַפְטָא.

On a enseigné dans une (baraita) : le serviteur examine les coupes et les plats à la lumière de la lampe. Et on a enseigné dans une autre : il n'examinera pas !

Il n'y a pas de difficulté : ici, pour un serviteur attitré (kavoua) ; là, pour un serviteur non attitré. Et si tu veux, dis : l'une et l'autre pour un serviteur attitré, et il n'y a pas de difficulté : celle-ci pour une lampe à huile, celle-là pour une lampe à naphte.

📜 Rachi (4)
שַׁמָּשׁ קָבוּעַ לֹא יִבְדֹּוק מִפְּנֵי שֶׁאֵימַת רַבּוֹ עָלָיו אִם יִמְצָא בָּהֶן דָּבָר מְגֻונֶּה וּבוֹדְקָן יָפֶה וְחָיְישִׁינַן לְהַטָּיָה:
Il n'examinera pas, car la crainte de son maître est sur lui, (de peur qu')il n'y trouve quelque chose de répugnant ; il les examine bien, et on craint qu'il n'incline (la lampe).
שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ לָא רַמְיָא עֲלֵיהּ כֻּולֵּי הַאי:
Cela ne lui incombe pas tant.
הָא וְהָא בְּשַׁמָּשׁ קָבוּעַ גָּרְסִי':
Nous lisons : l'une et l'autre pour un serviteur attitré.
בִּדְנַפְטָא שֶׁהוּא מַסְרִיחַ מֻותָּר לִבְדֹּוק לְאוֹרוֹ דְּלָא אָתֵי לְהַטּוֹת:
Qui sent mauvais : il est permis d'examiner à sa lumière, car il ne viendra pas à l'incliner.
💡 Explication

Deux baraitot se contredisent sur le chamach (serviteur) qui vérifie la propreté de la vaisselle à la lumière de la lampe. Première réponse : tout dépend de son zèle. Selon Rachi, le serviteur attitré craint son maître, examine minutieusement et risque d'incliner la lampe.

Seconde réponse : tout dépend du combustible. Le naphte sent mauvais ; on n'y touche pas. L'huile est propre ; on risque d'y toucher.

7
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ בִּדְמִשְׁחָא מַהוּ? אָמַר רַב: הֲלָכָה וְאֵין מוֹרִין כֵּן. וְרַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר: הֲלָכָה וּמוֹרִין כֵּן. רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אִיקְּלַע לְבֵי רַב אַסִּי. קָם שַׁמָּעֵיהּ קָא בָּדֵיק לִנְהוֹרָא דִשְׁרָגָא. אָמְרָה לֵיהּ דְּבִיתְהוּ: וּמָר לָא עָבֵיד הָכִי? אֲמַר לָהּ: שַׁבְקֵיהּ, כְּרַבֵּיהּ סְבִירָא לֵיהּ.

Ils ont demandé : un serviteur non attitré avec une lampe à huile, qu'en est-il ? Rav a dit : c'est la halakha, mais on ne l'enseigne pas.

Et Rabbi Yirmeya bar Abba a dit : c'est la halakha et on l'enseigne. Rabbi Yirmeya bar Abba se trouva chez Rav Assi.

Son serviteur se leva et examina (les coupes) à la lumière de la lampe. Sa femme (de Rav Assi) lui dit : et le maître ne fait pas ainsi ?

Il lui dit : laisse-le, il pense comme son maître.

📜 Rachi (6)
שַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ בִּדְמִשְׁחָא מַאי כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ אֵינוֹ מַטֶּה אֲפִילּוּ בְּחוֹל וְהִלְכָּךְ בְּשַׁבָּת מֻותָּר אוֹ דִּילְמָא בִּדְמִשְׁחָא הוֹאִיל וְלָא מְאִיס דַּרְכּוֹ לְהַטּוֹת בְּחוֹל הוּא:
Puisqu'il n'est pas attitré, il n'incline pas même en semaine, et donc le Chabbat c'est permis ; ou peut-être, avec une lampe à huile, puisqu'elle n'est pas répugnante, son habitude est de l'incliner en semaine ?
הֲלָכָה דְּמֻותָּר:
Que c'est permis.
וְאֵין מוֹרִין כֵּן שֶׁלֹּא יְזַלְזְלוּ:
Pour qu'on ne devienne pas négligent.
קָם שָׁמְעִי' דְּר' יִרְמְיָה דְּהוּא שַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ בְּבֵית רַב אַסִּי:
Le serviteur de Rabbi Yirmeya, qui est un serviteur non attitré dans la maison de Rav Assi.
אָמְרָה לֵיהּ דְּבִיתְהוּ דְּרַב אַסִּי לְרַב אַסִּי מָר לָא עָבֵיד הָכִי:
La femme de Rav Assi dit à Rav Assi : le maître ne fait pas ainsi.
כְּרַבֵּיהּ ר' יִרְמְיָה דְּאָמַר הֲלָכָה וּמוֹרִין כֵּן:
Rabbi Yirmeya, qui dit : c'est la halakha et on l'enseigne.
🗂️ Tossefot (1)
שַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ בִּדְמִשְׁחָא מַאי לְלִישָּׁנָא בָּתְרָא מִבָּעֵי לֵיהּ ור"ת גָּרֵיס הָא וְהָא בְּשַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ אִיבַּעְיָא לְהוּ שַׁמָּשׁ קָבוּעַ בִּדְמִשְׁחָא מַאי דְּשַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ בּוֹדֵק יָפֶה שֶׁלֹּא יַעֲבִירוּהוּ אֲבָל קָבוּעַ לֹא מְרַתֵּת שֶׁיַּעֲבִירוּהוּ בִּשְׁבִיל כָּךְ כֵּיוָן שֶׁהֻוקְבַּע כְּבָר:
Selon la dernière version, il se le demande. Et Rabbenou Tam lit : l'une et l'autre pour un serviteur non attitré ; ils ont demandé : un serviteur attitré avec une lampe à huile, qu'en est-il ? Car le serviteur non attitré examine bien, pour qu'on ne le renvoie pas ; mais l'attitré ne craint pas qu'on le renvoie pour cela, puisqu'il est déjà installé.
⚖️ Rosh (2)
תַּנְיָא רַ"שִׁ בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם רַשְׁבָּ"ג אֵין מְשַׁדְּכִין אֶת הַתִּינוֹקוֹת לֵיאָרֵס וְעַל הַתִּינוֹק לְלַמְּדוֹ סֵפֶר וּלְלַמְּדוֹ אֻומָּנוּת וְאֵין מְנַחֲמִין אֶת הָאֲבֵלִין וְאֵין מְבַקְּרִין אֶת הַחוֹלִים בְּשַׁבָּת דִּבְרֵי ב"ש וב"ה מַתִּירִין: ת"ר הַנִּכְנָס לְבַקֵּר אֶת הַחוֹלֶה אוֹמֵר שַׁבָּת הִיא מִלִּזְעֹוק וּרְפוּאָה קְרוֹבָה לָבֹא ר' אוֹמֵר יְכוֹלָה שַׁבָּת בִּזְכוּתָהּ שֶׁתְּרַחֵם. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר הַמָּקוֹם יְרַחֵם עָלֶיךָ וְעַל חוֹלֵי יִשְׂרָאֵל. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר הַמָּקוֹם יְרַחֵם עָלֶיךָ בְּתוֹךְ חוֹלֵי יִשְׂרָאֵל. שֶׁבְנָא אִישׁ יְרוּשָׁלַיִם בִּכְנִיסָתוֹ אוֹמֵר שָׁלוֹם וּבִיצִיאָתוֹ אוֹמֵר שַׁבָּת הִיא מִלִּזְעֹוק וּרְפוּאָה קְרוֹבָה לָבֹא וְרַחֲמָיו מְרֻובִּין וְשִׁבְתוּ בְּשָׁלוֹם כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ חוֹלֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ צָרִיךְ שֶׁיְּעָרְבֶנּוּ בְּתוֹךְ חוֹלֵי יִשְׂרָאֵל כְּמַאן כְּרַבִּי יוֹסֵי. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בְּקֹושִׁי הִתִּירוּ לְנַחֵם אֲבֵלִים וּלְבַקֵּר חוֹלִים בְּשַׁבָּת פִּי' שֶׁמָּא יָבֹא לִזְעֹוק בְּשַׁבָּת אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה כִּי הֲוָה אָזְלִינַן בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְשַׁיּוֹלֵי בִּתְפִיחָה זִימְנִין אָמַר הַמָּקוֹם יִפְקָדְךָ לְשָׁלוֹם וְזִימְנִין אֲמַר רַחֲמָנָא יְדַכְּרִינְךָ לִשְׁלָמָא אַף עַל גַּב דְּאָמַר רַב יְהוּדָה לֹא יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי שֶׁאֵין מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַכִּירִין בִּלְשׁוֹן אֲרַמִּי שָׁאנֵי חוֹלֶה דִּשְׁכִינָה עִמּוֹ דְּאָמַר רַב יְהוּדָה א"ר מִנַּיִן שהקב"ה זָן אֶת הַחוֹלֶה שֶׁנֶּאֱמַר ה' יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי: ת"ר הַנִּכְנָס לְבַקֵּר אֶת הַחוֹלֶה לֹא יֵשֵׁב עַל גַּבֵּי מִטָּה וְלֹא עַל גַּבֵּי כִּסֵּא וְלֹא עַל גַּבֵּי סַפְסָל וְלֹא עַל גַּבֵּי שְׁרַפְרַף וְלֹא עַל מָקוֹם גָּבוֹהַּ וְלֹא לְמַעְלָה מֵרַאֲשׁוֹתָיו שֶׁל חוֹלֶה אֶלָּא מִתְעַטֵּף וְיוֹשֵׁב לְפָנָיו מִפְּנֵי שֶׁהַשְּׁכִינָה לְמַעְלָה מֵרַאֲשׁוֹתָיו שֶׁל חוֹלֶה שֶׁנֶּאֱמַר ה' יִסְעָדֶנּוּ עַל עֶרֶשׂ דְּוָי:
On a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit au nom de Rabban Chimon ben Gamliel : on ne fait pas de pourparlers pour fiancer les enfants, ni au sujet d'un enfant pour lui enseigner le livre et lui enseigner un métier ; on ne console pas les endeuillés et on ne visite pas les malades le Chabbat, paroles de Beit Chammai ; et Beit Hillel permettent. Nos Maîtres ont enseigné : celui qui entre visiter le malade dit : "C'est Chabbat, (on s'abstient) de crier, et la guérison est proche à venir." Rabbi dit : "Le Chabbat peut, par son mérite, avoir pitié." Rabbi Yehouda dit : "Que le Makom ait pitié de toi et des malades d'Israël." Rabbi Yossi dit : "Que le Makom ait pitié de toi parmi les malades d'Israël." Chevna, homme de Jérusalem, à son entrée disait : "Chalom", et à sa sortie il disait : "C'est Chabbat, (on s'abstient) de crier, la guérison est proche à venir, Sa miséricorde est abondante, et reposez-vous en paix pendant votre Chabbat." Selon qui va ce qu'on a enseigné : celui qui a un malade dans sa maison doit l'inclure parmi les malades d'Israël ? Selon Rabbi Yossi. Rabbi Hanina a dit : c'est avec difficulté qu'on a permis de consoler les endeuillés et de visiter les malades le Chabbat ; explication : de peur qu'on ne vienne à crier le Chabbat. Rabba bar bar Hana a dit : quand nous allions à la suite de Rabbi Eliezer pour prendre des nouvelles d'un malade, parfois il disait : "Que le Makom se souvienne de toi pour la paix", et parfois il disait : "Que le Rahmana se souvienne de toi pour la paix" ; bien que Rav Yehouda ait dit : un homme ne demandera pas ses besoins en langue araméenne, car les anges du service ne connaissent pas la langue araméenne, le malade est différent, car la Chekhina est avec lui ; comme l'a dit Rav Yehouda au nom de Rav : d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il nourrit le malade ? Car il est dit : "Hachem le soutiendra sur le lit de douleur." Nos Maîtres ont enseigné : celui qui entre visiter le malade ne s'assoira ni sur le lit, ni sur une chaise, ni sur un banc, ni sur un tabouret, ni sur un endroit élevé, ni au-dessus du chevet du malade, mais il s'enveloppe et s'assoit devant lui, car la Chekhina est au-dessus du chevet du malade, ainsi qu'il est dit : "Hachem le soutiendra sur le lit de douleur."
וְלֹא יִקְרָא לְאוֹר הַנֵּר. אָמַר רַבָּה וַאֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ שְׁתֵּי קוֹמוֹת אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ שְׁתֵּי מַרְדְּעוֹת וַאֲפִילּוּ עָשְׁדָה בָּתִּים זֶה עַל גַּב זֶה. חַד הוּא דְּלָא לִיקְרֵי אֲבָל שְׁנַיִם קוֹרְאִין וְהָנֵי מִילֵּי בְּעִנְיָן אֶחָד אֲבָל בִּשְׁנֵי עִנְיָנִים אֲפִילּוּ שְׁנַיִם לָא אָמַר רַב הוּנָא וּבִמְדוּרָה אֲפִילּוּ עֲשָׂרָה בְּנֵי אָדָם קוֹרִין כְּאֶחָד אָסוּר. אָמַר רָבָא אָדָם חָשׁוּב שֶׁאֵין דַּרְכּוֹ לְהַטּוֹת הַנֵּר בְּחוֹל מֻותָּר. תָּנֵי חֲדָא שַׁמָּשׁ בּוֹדֵק קְעָרוֹת וְכוֹסוֹת לְאוֹר הַנֵּר וְתַנְיָא אִידַּךְ לֹא יִבְדֹּוק. לָא קַשְׁיָא הָא בְּשַׁמָּשׁ קָבוּעַ וְהָא בְּשַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ וְאִי בָּעֵית אֵימָא הָא וְהָא בְּשַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ וְלָא קַשְׁיָא הָא בִּדְמִשְׁחָא וְהָא בִּדְנַפְטָא. אִיבַּעְיָא לְהוּ שַׁמָּשׁ קָבוּעַ בִּדְמִשְׁחָא מַאי רַב הוּנָא אָמַר הֲלָכָה וְאֵין מוֹרִין כֵּן רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר הֲלָכָה וּמוֹרִין כֵּן. שָׁמְעִינַן הַשְׁתָּא דְּבֵין שַׁמָּשׁ קָבוּעַ וּבֵין שַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ בּוֹדֵק קְעָרוֹת וְכוֹסוֹת לְאוֹר הַנֵּר וְדַוְקָא בִּדְנַפְטָא דִּמְאִיס וּנְפִישׁ נְהוֹרֵיהּ וְלֹא צָרִיךְ לְאַצְלוֹיֵי אֲבָל בִּדְמִשְׁחָא וְשַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ וַדַּאי אָסוּר שַׁמָּשׁ קָבוּעַ ווַדַּאי פְּלִיגִי וְהִלְכְתָא בּוֹדֵק וְאֵין מוֹרִין כֵּן זוֹ הִיא שִׁיטַת רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּסָבַר שַׁמָּשׁ שֶׁאֵינוֹ קָבוּעַ מְדַקְדֵּק טְפֵי יָפֶה אוּלַי יִמְצָא חֵן וְיִשְׂכְּרוּהוּ וְרַשִׁ"י גּוֹרֵס לְהֵיפֶךְ דְּשַׁמָּשׁ קָבוּעַ אֵימַת רַבּוֹ עָלָיו וּמְדַקְדֵּק. בֶּאֱמֶת אָמְרוּ הַחַזָּן רוֹאֶה הֵיכָן הַתִּינוֹקוֹת קוֹרִין אֲבָל הוּא לֹא יִקְרָא אָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל אֲבָל מְסַדֵּר הוּא רָאשֵׁי פָּרָשִׁיּוֹת אֲבָל כֻּולָּהּ פָּרָשָׁה לֹא וְהַתִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן אֲפִילּוּ כֻּולָּהּ פָּרָשָׁה מְסַדְּרִין מִפְּנֵי שֶׁאֵימַת רַבָּן עֲלֵיהֶן וְלָא אָתוּ לְאַצְלוֹיֵי בְּלֹא רְשׁוּת רַבָּן: כַּיּוֹצֵא בּוֹ לֹא יֹאכַל הַזָּב עִם הַזָּבָה מִפְּנֵי הֶרְגֵּל עֲבֵירָה:
"Et il ne lira pas à la lumière de la lampe." Rabba a dit : même (si elle est) haute de deux hauteurs d'homme, même haute de deux mardeot, même de dix maisons l'une sur l'autre. C'est un seul qui ne doit pas lire, mais deux lisent ; et cela, dans un seul sujet ; mais dans deux sujets, même deux, non. Rav Houna a dit : et près d'un feu de camp, même dix personnes lisant ensemble, c'est interdit. Rava a dit : un homme important, dont l'habitude n'est pas d'incliner la lampe en semaine, c'est permis. On a enseigné dans une (baraita) : le serviteur examine les plats et les coupes à la lumière de la lampe ; et on a enseigné dans une autre : il n'examinera pas. Il n'y a pas de difficulté : l'une pour un serviteur attitré, l'autre pour un serviteur non attitré ; et si tu veux, dis : l'une et l'autre pour un serviteur non attitré, et il n'y a pas de difficulté : l'une pour l'huile, l'autre pour le naphte. Ils ont demandé : un serviteur attitré avec de l'huile, qu'en est-il ? Rav Houna a dit : c'est la halakha, mais on ne l'enseigne pas ; Rav Yirmeya bar Abba a dit : c'est la halakha et on l'enseigne. Nous apprenons maintenant que, qu'il soit attitré ou non, le serviteur examine les plats et les coupes à la lumière de la lampe, et seulement avec le naphte, qui est répugnant et éclaire beaucoup, de sorte qu'il n'a pas besoin de le pencher ; mais avec l'huile, pour un serviteur non attitré c'est certainement interdit ; pour un serviteur attitré, ils divergent, et la halakha est : il examine, mais on ne l'enseigne pas. Telle est la méthode de Rav Alfas (le Rif), qui pense que le serviteur non attitré examine avec plus de soin, peut-être trouvera-t-il grâce et l'engagera-t-on ; et Rachi lit à l'inverse, que la crainte de son maître est sur le serviteur attitré et qu'il examine avec soin. "En vérité, ils ont dit : le hazan regarde où les enfants lisent, mais lui-même ne lira pas." Rabba bar Chmouel a dit : mais il ordonne les débuts des paragraphes, mais pas le paragraphe entier ; et les enfants de l'école, même le paragraphe entier ils l'ordonnent, car la crainte de leur maître est sur eux et ils ne viendront pas à pencher (la lampe) sans la permission de leur maître. "De même, le zav ne mangera pas avec la zava, à cause de l'habitude de la faute."
💡 Explication

Le cas intermédiaire : le serviteur le moins zélé (selon Rachi, le non attitré) avec la lampe la plus risquée (l'huile). Rav : halakha ve-ein morin ken (la loi permet, mais on ne le dit pas publiquement, pour éviter le relâchement). Rabbi Yirmeya bar Abba : on l'enseigne.

Rabbenou Tam et le Rif inversent les rôles : c'est le serviteur non attitré qui est minutieux, car il veut être engagé. Le Roch suit la lecture du Rif et tranche : pour l'huile, le serviteur attitré examine, mais on ne l'enseigne pas.

8
בֶּאֱמֶת אָמְרוּ הַחַזָּן כּוּ׳. וְהָאָמְרַתְּ רֵישָׁא ״רוֹאֶה״. מַאי לַָאו, לִקְרוֹת?! לֹא, לְסַדֵּר רָאשֵׁי פָּרָשֻׁיּוֹתָיו. וְכֵן אָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: אֲבָל מְסַדֵּר הוּא רָאשֵׁי פָּרָשִׁיּוֹתָיו, וְכֻולָּהּ פָּרָשָׁה לֹא.

"En vérité, ils ont dit : le hazan, etc." Mais tu as dit au début : il "regarde" ; n'est-ce pas pour lire ?! Non : pour ordonner les débuts de ses paragraphes.

Et ainsi a dit Rabba bar Chmouel : mais il ordonne les débuts de ses paragraphes ; et le paragraphe entier, non ?

📜 Rachi (1)
רָאשֵׁי פָּרָשִׁיּוֹת וּמְרִיצָן בְּפִיו שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁרֹאשׁ הַפָּרָשָׁה שְׁגוּרָה בְּפִיו הוּא נִזְכָּר בְּכֻולָּהּ לְמָחָר וּמְסַייֵּעַ אֶת שִׁבְעָה הַקּוֹרִין בִּנְקֻודָּה וְטַעְמֵיהּ בְּלַחַשׁ:
Et il les parcourt de sa bouche : du fait que le début du paragraphe lui est familier, il se souvient de tout le paragraphe le lendemain, et il aide les sept lecteurs pour la vocalisation et les cantilations, à voix basse.
💡 Explication

La Michna dit que le hazan (maître des enfants, surveillant) "regarde" où lisent les enfants, et aussi qu'il ne lit pas lui-même. La Guemara précise : il peut revoir les débuts des paragraphes qu'il fera lire le lendemain ; ainsi il se rappelle la suite et souffle aux lecteurs la vocalisation et les teamim.

La question "et le paragraphe entier, non ?" se poursuit sur le daf suivant. Le Roch la rapporte comme une affirmation : pas le paragraphe entier.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).