Shabbat 132a — La mila repousse Chabbat : à la recherche de la source

Shabbat 132a

Sougya : Le daf achève la discussion sur les préparatifs de la mila selon Rabbi Eliezer, puis pose la question de fond : d'où sait-on que la mila elle-même, pratiquée le huitième jour, repousse Chabbat ? Oula et Rabbi Yitshak y voient une halakha le-Moche mi-Sinaï, mais cette position est rejetée, car Rabbi Elazar ben Azarya tire de la mila un kal va-homer.

Suivent plusieurs guezerot chavot (ot, berit, dorot), chacune réfutée, jusqu'à la synthèse de Rav Nahman bar Yitshak. Rabbi Yo'hanan apprend du mot be-yom, et Rav Aha bar Yaakov du mot chemini ; la Guemara retient Rabbi Yo'hanan, confirmé par une baraita, dont Rava commence à expliquer la logique à partir d'un kal va-homer fondé sur la tsaraat.

D'où sait-on que la mila (à son jour) repousse Chabbat ? Oula / R. Yitshak halakha le-Moche mi-Sinaï Objection R. Elazar ben Azarya tire un kal va-homer de la mila ; on n'en tire pas d'une halakha R. Elazar : guezera chava ot / ot (signe) tefillin ? berit / berit adulte (gadol) ? dorot / dorot tsitsit ? R. Nahman bar Yitshak les 3 mots ensemble : ot + berit + dorot R. Yo'hanan : "be-yom" "le jour" même le Chabbat (jour et non nuit : ben chemonat yamim) Objection Rech Lakich : mehoussarei kappara ? -> répondu R. Aha bar Yaakov : "chemini" objection : exclure 7e ET 9e jour -> sans réponse Conclusion mehavarta ke-R. Yo'hanan Baraita ke-R. Yo'hanan vélo ke-Rav Aha bar Yaakov Vert = source retenue ; rouge = objection qui fait tomber la source ; jaune = source rejetée ou sans réponse. Toutes ces sources concernent la mila elle-même ; les préparatifs (makhchirim) sont l'objet du débat R. Eliezer / Rabbanan.
Les sources proposées pour la mila le Chabbat et leur sort.
Le kal va-homer de la baraita : qui repousse qui ? Tsaraat (interdit de couper la tache) Avoda (service du Temple) Chabbat repousse repousse Mila repousse la tsaraat donc à fortiori la mila repousse Chabbat ?
Le kal va-homer de la baraita (Rava), qui se poursuit sur 132b.
1
שֶׁכֵּן אִם עָבַר זְמַנָּהּ בָּטְלָה. אֶלָּא הַייְנוּ טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאָמַר קְרָא: ״וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל בְּשַׂר עָרְלָתוֹ״, וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת.

[...] car si leur temps est passé, elles sont annulées. Mais voici plutôt la raison de Rabbi Eliezer : le verset dit : "Et le huitième jour on circoncira la chair de son prépuce" (Vayikra 12, 3), et même le Chabbat.

📜 Rachi (2)
שֶׁאִם עָבַר זְמַנָּן בְּטֵלִין הִילְכָּךְ דָּחוּ:
Car si leur temps est passé, elles sont annulées : c'est pourquoi elles repoussent [Chabbat].
וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת וּמִילָה גּוּפָהּ דְּדָחֲיָא שַׁבָּת אָמְרִינַן לְקַמָּן הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי אִיַּיתַּר לֵיהּ בַּיּוֹם לְמַכְשִׁירֶיהָ:
Et le huitième jour on circoncira, et même le Chabbat : quant à la mila elle-même, qui repousse Chabbat, nous dirons plus loin que c'est une halakha le-Moche mi-Sinaï ; le mot "be-yom" (le jour) reste donc disponible pour [enseigner] ses préparatifs.
💡 Explication

Suite de 131b. On avait proposé que Rabbi Eliezer apprenne les makhchirei mila (préparatifs de la circoncision) des autres mitsvot à temps fixe (loulav, soucca...). La Guemara vient de refuser : ces mitsvot sont annulées si leur temps passe, alors que la mila peut être faite plus tard.

La vraie source de Rabbi Eliezer est donc le mot be-yom ("le jour") : le huitième jour, même Chabbat. Rachi précise que pour Rabbi Eliezer, la mila elle-même est connue par une halakha ; le verset sert donc aux préparatifs.

2
וְלִיכְתֹּוב רַחֲמָנָא בְּמִילָה, וְלֵיתוֹ הָנָךְ וְלִיגְמְרוּ מִינֵּיהּ! מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמִיפְרַךְ: מַה לְמִילָה שֶׁכֵּן נִכְרְתוּ עָלֶיהָ שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה בְּרִיתוֹת.

Que la Torah l'écrive [seulement] pour la mila, et que ces [autres mitsvot] viennent l'apprendre d'elle ! Parce qu'on peut réfuter : qu'a de particulier la mila ?

Treize alliances (beritot) ont été conclues à son sujet.

📜 Rachi (1)
י"ג בְּרִיתוֹת נֶאֶמְרוּ לְאַבְרָהָם בְּפָרָשַׁת מִילָה (בְּרֵאשִׁית יז):
Treize alliances : elles ont été dites à Avraham dans le passage de la mila (Berechit 17).
💡 Explication

Question inverse : si la mila a son propre verset, pourquoi ne pas en déduire les autres mitsvot à temps fixe ? Réponse : la mila a une importance propre, le mot berit revient treize fois dans Berechit 17. Une mitsva aussi exceptionnelle ne sert pas de modèle pour les autres.

3
עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ אֶלָּא בְּמַכְשִׁירֵי מִילָה, אֲבָל מִילָה גּוּפַהּ דִּבְרֵי הַכֹּל דּוֹחָה שַׁבָּת, מִנָּלַן? אָמַר עֻולָּא: הֲלָכָה. וְכֵן אָמַר רַבִּי יִצְחָק הֲלָכָה.

Les Rabbanan ne sont en désaccord avec lui que sur les préparatifs de la mila ; mais la mila elle-même, tous s'accordent qu'elle repousse Chabbat. D'où le savons-nous ?

Oula a dit : [c'est une] halakha. Et de même Rabbi Yitshak a dit : [c'est une] halakha.

💡 Explication

Nouvelle question, indépendante du débat précédent : la mila elle-même au huitième jour repousse Chabbat selon tous. Quelle est la source ?

Oula et Rabbi Yitshak : une halakha le-Moche mi-Sinaï, tradition orale sans appui dans un verset.

4
מֵיתִיבִי: מִנַּיִין לְפִיקּוּחַ נֶפֶשׁ שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת? רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: מַה מִילָה שֶׁהִיא אַחַת מֵאֵיבָרָיו שֶׁל אָדָם דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת — קַל וָחֹומֶר לְפִיקּוּחַ נֶפֶשׁ שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת.

On objecte : d'où sait-on que le sauvetage d'une vie (pikouah nefech) repousse Chabbat ? Rabbi Elazar ben Azarya dit : si la mila, qui concerne un seul des membres de l'homme, repousse Chabbat, à plus forte raison (kal va-homer) le sauvetage d'une vie repousse Chabbat.

💡 Explication

Objection tirée d'une baraita : Rabbi Elazar ben Azarya construit un kal va-homer (raisonnement à fortiori) : la mila concerne un membre, le pikouah nefech concerne tout le corps.

5
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ הֲלָכָה — קַל וָחֹומֶר מֵהֲלָכָה מִי אָתֵי? וְהָתַנְיָא, אָמַר לוֹ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: עֲקִיבָא, עֶצֶם כִּשְׂעוֹרָה (מְטַמֵּא) הֲלָכָה, וּרְבִיעִית דָּם קַל וָחֹומֶר, וְאֵין דָּנִין קַל וָחֹומֶר מֵהֲלָכָה.

Si tu penses que c'est une halakha, peut-on tirer un kal va-homer d'une halakha ? N'a-t-on pas enseigné : Rabbi Elazar ben Azarya lui dit : Akiva, [la règle de] l'os de la taille d'un grain d'orge (qui rend impur) est une halakha, et [tu en tires pour] le quart [de log] de sang un kal va-homer ; or on ne tire pas de kal va-homer d'une halakha.

📜 Rachi (2)
וְהָא תַּנְיָא בְּמַסֶּכֶת נָזִיר:
N'a-t-on pas enseigné : dans le traité Nazir.
עֲקִיבָא עֶצֶם כִּשְׂעוֹרָה הֲלָכָה שֶׁהָיָה ר"ע דָּן ק"ו מִנַּייִן לִרְבִיעִית דַּם הַמֵּת שֶׁהַנָּזִיר מְגַלֵּחַ עַל אָהֳלָהּ ק"ו מֶה עֶצֶם כִּשְׂעוֹרָה שֶׁאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּאֹהֶל נָזִיר מְגַלֵּחַ עַל מַגָּעוֹ וּמַשָּׂאוֹ רְבִיעִית דָּם שֶׁמְּטַמְּאָה בְּאֹהֶל דִּכְתִיב וְעַל כָּל נֶפֶשׁ מֵת לֹא יָבֹא אֵינוֹ דִּין שֶׁהַנָּזִיר מְגַלֵּחַ עָלֶיהָ וַאֲמַר לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר עֲקִיבָא עֶצֶם כִּשְׂעוֹרָה הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי שֶׁיְּהֵא נָזִיר מְגַלֵּחַ עָלֶיהָ וּרְבִיעִית דָּם אַתָּה בָּא לִלְמֹוד מִמֶּנָּה בק"ו וְאֵין דָּנִין קַל וָחֹומֶר מֵהֲלָכָה דְּלָא נִיתְּנָה תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה לִידָּרֵשׁ בי"ג מִדּוֹת:
Akiva, l'os de la taille d'un grain d'orge est une halakha : Rabbi Akiva construisait un kal va-homer : d'où sait-on que pour un quart [de log] de sang d'un mort, le nazir se rase [s'il se trouve] sous le même toit ? Kal va-homer : si l'os de la taille d'un grain d'orge, qui ne rend pas impur sous le même toit, oblige le nazir à se raser pour son contact et son transport, le quart de sang, qui rend impur sous le même toit, comme il est écrit : "et auprès d'aucune personne morte il n'ira", n'est-il pas logique que le nazir se rase pour lui ? Rabbi Elazar lui dit : Akiva, l'os de la taille d'un grain d'orge est une halakha le-Moche mi-Sinaï, [à savoir] que le nazir se rase pour lui ; et tu viens en tirer le quart de sang par kal va-homer ? On ne tire pas de kal va-homer d'une halakha, car la Torah orale n'a pas été donnée pour être interprétée par les treize règles.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָתַנְיָא אָמַר לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר כּוּ' וְל"ג וְהִתְנָן דְּכָל זֶה אֵינוֹ בַּמִּשְׁנָה:
Et n'a-t-on pas enseigné, Rabbi Elazar lui dit, etc. : on ne lit pas "n'avons-nous pas appris dans la Michna" (ve-ha-tenan), car tout cela ne figure pas dans la Michna.
💡 Explication

Le principe : ein danin kal va-homer mi-halakha, on ne construit pas de raisonnement à fortiori sur une halakha le-Moche mi-Sinaï. Rabbi Elazar ben Azarya l'énonce lui-même contre Rabbi Akiva.

Donc s'il construit un kal va-homer à partir de la mila, c'est qu'il la connaît par un verset. La position d'Oula et de Rabbi Yitshak tombe.

6
אֶלָּא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָתְיָא ״אוֹת״ ״אוֹת״.

Rabbi Elazar a plutôt dit : on l'apprend de "ot" (signe) / "ot".

📜 Rachi (1)
אָתְיָא אוֹת אוֹת בְּשַׁבָּת כְּתִיב (שְׁמוֹת לא) כִּי אוֹת הִיא וּבְמִילָה כְּתִיב (בְּרֵאשִׁית י״ז:י״א) וְהָיָה לְאוֹת בְּרִית מַה לְהַלָּן שַׁבָּת אַף כָּאן שַׁבָּת:
On l'apprend de ot / ot : pour Chabbat il est écrit (Chemot 31) "car c'est un signe", et pour la mila il est écrit (Berechit 17, 11) "et ce sera un signe d'alliance" : de même que là-bas il s'agit de Chabbat, ici aussi [la mila se fait] le Chabbat.
💡 Explication

Première guezera chava (analogie par un mot commun) : le mot ot figure pour Chabbat et pour la mila.

7
אֶלָּא מֵעַתָּה, תְּפִילִּין דִּכְתִיב בְּהוּ ״אוֹת״, לִידְחֵי שַׁבָּת!

S'il en est ainsi, les tefillin, à propos desquels "ot" est écrit, devraient repousser Chabbat !

📜 Rachi (1)
אֶלָּא מֵעַתָּה אִי הַךְ ג"ש דְּאוֹת הָאֲמוּרָה בְּשַׁבָּת נֶאֶמְרָה בְּסִינַי לִידָּרֵשׁ שֶׁתֵּיבָה זוֹ לִדְרָשָׁה נֶאֶמְרָה לִיגְמַר מִינָּהּ נָמֵי לִתְפִילִּין:
S'il en est ainsi : si cette guezera chava de "ot" dit à propos de Chabbat a été dite au Sinaï pour être interprétée, [c'est-à-dire] que ce mot a été dit pour l'interprétation, qu'on l'apprenne aussi pour les tefillin.
💡 Explication

Les tefillin sont aussi appelés ot (Chemot 13, 16). Il faudrait alors les mettre le Chabbat, ce qui n'est pas la halakha. L'analogie prouve trop.

8
אֶלָּא אָתְיָא ״בְּרִית״ ״בְּרִית״.

On l'apprend plutôt de "berit" (alliance) / "berit".

📜 Rachi (1)
אֶלָּא אָתְיָא בְּרִית בְּרִית הַהוּא דְּאוֹת אוֹת לֹא נֶאֶמְרָה בְּסִינַי וְאֵין אָדָם דָּן גְּזֵרָה שָׁוָה מֵעַצְמוֹ אֶלָּא הַךְ דִּבְרִית בְּרִית נֶאֶמְרָה בְּסִינַי וּבְשַׁבָּת כְּתִיב בְּרִית (שְׁמוֹת לֹא) לְדֹורֹותָם בְּרִית עוֹלָם:
On l'apprend plutôt de berit / berit : celle de ot / ot n'a pas été dite au Sinaï, et on ne tire pas une guezera chava de soi-même ; mais celle de berit / berit a été dite au Sinaï. Pour Chabbat il est écrit berit (Chemot 31) : "pour leurs générations, alliance éternelle".
💡 Explication

Rachi rappelle la règle : ein adam dan guezera chava me-atsmo, une guezera chava n'est valable que si elle est reçue par tradition. On propose donc un autre mot commun : berit.

9
גָּדוֹל, דִּכְתִיב בֵּיהּ ״בְּרִית״, לִידְחֵי שַׁבָּת!

Un adulte (gadol), à propos duquel "berit" est écrit, devrait [voir sa circoncision] repousser Chabbat !

📜 Rachi (2)
גָּדוֹל בֶּן שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה דְּהָוֵי מִילָה שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ:
Un adulte : âgé de treize ans, dont la mila n'est pas faite en son temps.
דִּכְתִיב בֵּיהּ בְּרִית וְעָרֵל זָכָר אֲשֶׁר לֹא יִמּוֹל וְגוֹ' אֶת בְּרִיתִי הָפֵר (בְּרֵאשִׁית י״ז:י״ד) וְהַאי קְרָא בְּגָדוֹל כְּתִיב מִדִּמְחַייֵּב לֵיהּ כָּרֵת שֶׁאִם לֹא מָלוּ אָבִיו חַיָּיב לָמוּל אֶת עַצְמוֹ וְלִידְחֵי שַׁבָּת וַאֲנַן אָמְרִינַן לְקַמָּן דַּאֲפִילּוּ יוֹם טוֹב אֵינָהּ דּוֹחָה אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ:
À propos duquel berit est écrit : "Et l'incirconcis mâle qui ne sera pas circoncis [...] a rompu Mon alliance" (Berechit 17, 14). Ce verset est écrit à propos d'un adulte, puisqu'il le rend passible de karet : si son père ne l'a pas circoncis, il est tenu de se circoncire lui-même. [Sa mila] devrait donc repousser Chabbat ; or nous dirons plus loin que même Yom Tov n'est repoussé que [par une mila] faite en son temps.
💡 Explication

Le mot berit vise aussi la mila che-lo bi-zmana (circoncision faite après le huitième jour). Or seule la mila faite en son temps repousse Chabbat. L'analogie prouve encore trop.

10
אֶלָּא אָתְיָא ״דּוֹרוֹת״ ״דּוֹרוֹת״.

On l'apprend plutôt de "dorot" (générations) / "dorot".

📜 Rachi (1)
דּוֹרוֹת דּוֹרוֹת בְּשַׁבָּת כְּתִיב לְדֹורֹותָם בְּרִית עוֹלָם וּבְמִילַת קָטָן כְּתִיב (שָׁם) וּבֶן שְׁמֹנַת יָמִים יִמּוֹל לָכֶם כָּל זָכָר לְדֹורֹותֵיכֶם:
Dorot / dorot : pour Chabbat il est écrit "pour leurs générations, alliance éternelle", et pour la mila de l'enfant il est écrit (ibid.) "à l'âge de huit jours tout mâle sera circoncis chez vous, pour vos générations".
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא מֵעַתָּה יְהֵא זָר וְאוֹנֵן כָּשֵׁר בָּהֶן לָאו דַּווְקָא נְקַט זָר דְּהָא בְּכוּלְּהוּ בְּזָב וְזָבָה וְיוֹלֶדֶת וּמְצוֹרָע כָּתַב בְּהוּ כֹּהֵן:
S'il en est ainsi, qu'un non-cohen (zar) et un endeuillé (onen) soient aptes pour eux : il n'a pas cité le zar au sens strict, car pour tous, le zav, la zava, l'accouchée et le metsora, il est écrit "cohen".
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' א"ר אָבִין בַּר רַב אַדָּא אָמַר רַבִּי יִצְחָק פַּעַם אַחַת שָׁכְחוּ וְלֹא הֵבִיאוּ אִיזְמֵל מע"ש וְהֵבִיאוּ בְּשַׁבָּת שֶׁלֹּא בִּרְצוֹן חֲכָמִים וְשֶׁלֹּא בִּרְצוֹן ר' אֱלִיעֶזֶר דְּאִילּוּ ר"א שָׁרִי דֶּרֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים וְהֵם הֵבִיאוּ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת חֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת. שֶׁלֹּא בִּרְצוֹן חֲכָמִים דְּאָסְרִי אֲפִילּוּ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת חֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת. אֶלָּא בִּרְצוֹן ר' שִׁמְעוֹן דְּאָמַר גַּגּוֹת וַחֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת רְשׁוּת אַחַת הֵן לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן וְלֹא לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת. וּבְפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צֵא.) פָּסַק רַב הִלְכְתָא כְּר' שִׁמְעוֹן וְאַפֵּי' לִדְבַר הָרְשׁוּת חָשְׁבִינַן לְהוּ רְשׁוּת אַחַת וּמְטַלְטְלִין הַכֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן וכ"ש לִדְבַר מִצְוָה. וְהָא דְּאָמַר רָבָא בִּפְסָחִים בְּפֶרֶק הָאִשָּׁה דַּף צב. עָרֵל וְהַזָּאָה וְאִיזְמֵל הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶם בִּמְקוֹם כָּרֵת אִיזְמֵל מַאי הִיא דְּתַנְיָא כְּשֵׁם שֶׁאֵין מְבִיאִין אוֹתוֹ דֶּרֶךְ ר"ה כָּךְ אֵין מְבִיאִין אוֹתוֹ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת וַחֲצֵירוֹת. אָתֵי שַׁפִּיר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן כְּגוֹן שֶׁהָאִיזְמֵל הָיָה בַּבַּיִת: כְּלָל אָמַר ר"ע כו'. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב הֲלָכָה כַּר' עֲקִיבָא עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי ר' אֱלִיעֶזֶר וְר' עֲקִיבָא אֶלָּא בְּמַכְשִׁירֵי מִילָה אֲבָל מִילָה גּוּפָא דָּחֲיָא שַׁבָּת מִנָּלַן. א"ר יוֹחָנָן אֲמַר קְרָא וּבַיּוֹם אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת. ת"ר מִילָה דּוֹחָה צָרַעַת בֵּין בִּזְמַנָּהּ בֵּין שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ. יו"ט אֵינָהּ דּוֹחָה אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ בִּלְבַד. וּמִימְהָל לָא מָהֲלִינַן אֶלָּא בִּימָמָא דְּתַנְיָא יְבָמוֹת דַּף עב אֵין לִי אֶלָּא הַנִּימּוֹל לַח' שֶׁאֵין נִימּוֹל אֶלָּא בַּיּוֹם לְתִשְׁעָה לַעֲשָׂרָה לְאַחַד עָשָׂר לִשְׁנֵים עָשָׂר. וּשְׁאָר הַנִּימּוֹלִים שֶׁאֵין נִימּוֹלִין אֶלָּא בַּיּוֹם מִנַּיִן. ת"ל וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי. גָּרְסִינַן בפ"ק דְּקִידּוּשִׁין דַּף כט. הֵיכָא דְּלָא מַהְלֵיהּ אֲבוּהּ מִיחַייְּבִי בֵּי דִינָא לְמִימְהֲלֵיהּ דִּכְתִיב הִמּוֹל יִמּוֹל לָכֶם כָּל זָכָר. וְהֵיכָא דְּלָא מְהָלוּהוּ בֵּי דִינָא מִיחַייַּב אִיהוּ לְמִימְהַל נַפְשֵׁיהּ דִּכְתִיב וְעָרֵל זָכָר אֲשֶׁר לֹא יִמּוֹל אֶת בְּשַׂר עָרְלָתוֹ וְנִכְרְתָה וְגוֹ':
Guemara. Rabbi Avin bar Rav Ada a dit au nom de Rabbi Yitshak : une fois, on oublia d'apporter le scalpel (izmel) la veille de Chabbat, et on l'apporta le Chabbat, sans l'accord des Sages et sans l'accord de Rabbi Eliezer. [Sans l'accord de Rabbi Eliezer] : car Rabbi Eliezer permet [de l'apporter] par le domaine public, et eux l'apportèrent par les toits, les cours et les enclos (karpefot). Sans l'accord des Sages : car ils interdisent même par les toits, les cours et les enclos. Mais avec l'accord de Rabbi Chimon, qui dit : toits, cours et enclos forment un seul domaine pour les objets qui s'y trouvaient au début de Chabbat, et non pour les objets qui se trouvaient dans la maison. Au chapitre Kol gaggot (Erouvin 91a), Rav a tranché la halakha selon Rabbi Chimon ; même pour un usage facultatif, nous les considérons comme un seul domaine et l'on y déplace les objets qui s'y trouvaient au début de Chabbat, et à plus forte raison pour une mitsva. Quant à ce que Rava dit dans Pessahim, au chapitre Ha-icha (92a) : "incirconcis, aspersion et scalpel : [les Sages] ont maintenu leurs paroles même face au karet" ; qu'est-ce que le scalpel ? Il est enseigné : de même qu'on ne l'apporte pas par le domaine public, on ne l'apporte pas par les toits, les enclos et les cours. Cela s'accorde avec Rabbi Chimon, dans le cas où le scalpel se trouvait dans la maison. Rabbi Akiva a énoncé une règle générale, etc. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : la halakha est selon Rabbi Akiva. Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva ne sont en désaccord que sur les préparatifs de la mila ; mais la mila elle-même repousse Chabbat : d'où le savons-nous ? Rabbi Yo'hanan a dit : le verset dit "be-yom", même le Chabbat. Les Rabbanan ont enseigné : la mila repousse la tsaraat, qu'elle soit faite en son temps où non ; elle ne repousse Yom Tov que [faite] en son temps. Et l'on ne circoncit que de jour, comme il est enseigné (Yevamot 72) : je ne sais cela que pour celui qui est circoncis le huitième [jour], qui n'est circoncis que de jour ; au neuvième, au dixième, au onzième, au douzième, et les autres circoncis, qui ne sont circoncis que de jour, d'où le sait-on ? Le verset dit : "et le jour, le huitième". Nous lisons au premier chapitre de Kiddouchin (29a) : si le père ne l'a pas circoncis, le beit din est tenu de le circoncire, comme il est écrit : "tout mâle sera circoncis chez vous" ; et si le beit din ne l'a pas circoncis, il est tenu de se circoncire lui-même, comme il est écrit : "et l'incirconcis mâle qui ne circoncira pas la chair de son prépuce, [cette âme] sera retranchée", etc.
💡 Explication

Troisième mot commun : dorot. Il figure pour Chabbat (Chemot 31, 16) et pour la mila de l'enfant de huit jours (Berechit 17, 12), ce qui exclut l'adulte.

La glose de Tossefot rattachée ici porte en réalité sur le segment 17 (zar et onen). Le Roch résume la halakha du passage : le scalpel apporté par les cours selon Rabbi Chimon, la halakha selon Rabbi Akiva (les préparatifs ne repoussent pas Chabbat), la source de la mila le Chabbat selon Rabbi Yo'hanan, et l'obligation de circoncire de jour.

11
צִיצִית, דִּכְתִיב בֵּיהּ ״דּוֹרוֹת״, לִידְחֵי שַׁבָּת!

Les tsitsit, à propos desquels "dorot" est écrit, devraient repousser Chabbat !

💡 Explication

Le mot dorot figure aussi pour les tsitsit (Bamidbar 15, 38). Il faudrait alors pouvoir attacher des tsitsit à un vêtement le Chabbat.

12
אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: דָּנִין ״אוֹת״ ״בְּרִית״ וְ״דּוֹרוֹת״ מִ״אוֹת״ ״בְּרִית״ וְ״דּוֹרוֹת״ — לְאַפּוֹקֵי הָנָךְ, דְּחַד חַד הוּא דִּכְתִיב בָּהֶן.

Rav Nahman bar Yitshak a plutôt dit : on apprend "ot", "berit" et "dorot" de "ot", "berit" et "dorot", à l'exclusion de ceux-là, pour lesquels un seul [de ces mots] est écrit.

💡 Explication

Synthèse : l'analogie repose sur les trois mots ensemble. Chabbat et mila partagent ot, berit et dorot ; les tefillin, l'adulte et les tsitsit n'en partagent chacun qu'un seul.

🖼️ Schéma
R. Nahman bar Yitshak : les trois mots communs ot berit dorot Chabbat oui oui oui Mila oui oui oui Téfillin oui - - Adulte (gadol) - oui - Tsitsit - - oui
Seuls Chabbat et la mila (de l'enfant) partagent les trois mots.
13
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲמַר קְרָא ״בַּיּוֹם״. ״בְּיוֹם״, אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : le verset dit "be-yom" (le jour) ; "le jour", même le Chabbat.

📜 Rachi (1)
בַּיּוֹם וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת מִדְּלָא כְּתִיב בַּשְּׁמִינִי יִמּוֹל וְלֵר' אֱלִיעֶזֶר דָּאֳפָקֶיהָ לְמַכְשִׁירִין מִילָה עַצְמָהּ הֲלָכָה הִיא וּפִיקּוּחַ נֶפֶשׁ לָא אָתְיָא לֵיהּ בק"ו מִמִּילָה אֶלָּא מִקְּרָאֵי נָפְקָא לֵיהּ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּיוֹמָא:
Le jour, même le Chabbat : puisqu'il n'est pas écrit "le huitième il circoncira". Et selon Rabbi Eliezer, qui emploie [ce verset] pour les préparatifs, la mila elle-même est une halakha ; quant au sauvetage d'une vie, il ne l'apprend pas par kal va-homer de la mila, il le tire de versets, comme nous le disons au dernier chapitre de Yoma.
💡 Explication

Autre voie : le mot be-yom dans "et le huitième jour" (Vayikra 12, 3). Le verset aurait pu dire "le huitième" ; "le jour" signifie : ce jour-là quel qu'il soit, même Chabbat.

14
אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אֶלָּא מֵעַתָּה מְחֻוסְּרֵי כַּפָּרָה, דִּכְתִיב בְּהוּ ״בַּיּוֹם״, הָכִי נָמֵי דְּדָחוּ שַׁבָּת?! הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה.

Rech Lakich dit à Rabbi Yo'hanan : s'il en est ainsi, les mehoussarei kappara (ceux à qui manque l'expiation), à propos desquels "be-yom" est écrit, repoussent-ils aussi Chabbat ? - Celui-là est nécessaire [pour enseigner] : le jour et non la nuit.

📜 Rachi (1)
מְחֻוסְּרֵי כַּפָּרָה כָּל טְמֵאִין שֶׁהֻוצְרְכוּ לְקָרְבַּן זָב וְזָבָה יוֹלֶדֶת וּמְצֹורָע נֶאֱמַר בָּהֶן וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי:
Mehoussarei kappara : tous les impurs qui doivent apporter un sacrifice, le zav, la zava, l'accouchée et le metsora ; il est dit à leur sujet "et le huitième jour".
💡 Explication

Les mehoussarei kappara sont purifiés par l'immersion, mais doivent encore apporter un sacrifice pour manger des saintetés. Le mot be-yom figure aussi chez eux (Vayikra 14, 10 ; 15, 14).

Réponse : chez eux, be-yom enseigne que le sacrifice s'apporte de jour et non de nuit.

15
הַאי נָמֵי, מִיבְּעֵי לֵיהּ בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה! הַהוּא מ״בן שְׁמֹנַת יָמִים״ נָפְקָא.

Celui-ci aussi est nécessaire [pour enseigner] : le jour et non la nuit ! - Cela se déduit de "à l'âge de huit jours" (ben chemonat yamim).

🗂️ Tossefot (1)
הַהִיא מִבֶּן שְׁמֹונַת יָמִים נָפְקָא תֵּימַהּ דְּתַנְיָא בת"כ וּמַייְתִי לָהּ בְּפֶרֶק הֶעָרֵל (יְבָמוֹת עב:) הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל דְּתַנְיָא יָכוֹל בֵּין בַּיּוֹם וּבֵין בַּלַּיְלָה ת"ל בַּיּוֹם אֵין לִי אֶלָּא שֶׁנִּימּוֹל לַח' נִימּוֹל לט' לִי' ולי"א מִנַּיִין שֶׁאֵינוֹ נִימּוֹל אֶלָּא בַּיּוֹם ת"ל וּבַיּוֹם ובפ"ב דִּמְגִילָּה (דַּף כ:) נָמֵי אָמַר אֵין מוֹהֲלִין אֶלָּא בַּיּוֹם דִּכְתִיב וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי וְיֵשׁ לוֹמַר דִּסְמִיךְ אֶבֶן שְׁמֹנַת יָמִים וּדְרָשָׁא פְּשׁוּטָה נְקַט:
Cela se déduit de "à l'âge de huit jours" : c'est étonnant, car il est enseigné dans le Torat Cohanim, et cité au chapitre Ha-arel (Yevamot 72b) : "le huitième il circoncira" ; on pourrait penser de jour comme de nuit, le verset dit "be-yom". Je ne sais cela que pour celui qui est circoncis le huitième ; celui qui est circoncis le neuvième, le dixième et le onzième, d'où sait-on qu'il n'est circoncis que de jour ? Le verset dit "ou-ve-yom". Et au deuxième chapitre de Meguila (20b), on dit aussi : on ne circoncit que de jour, comme il est écrit "et le huitième jour". On peut répondre : [ces textes] s'appuient [en réalité] sur "à l'âge de huit jours", et ont cité une interprétation simple.
💡 Explication

Rech Lakich retourne l'argument : pour la mila aussi, be-yom pourrait servir à exclure la nuit. Rabbi Yo'hanan : l'exclusion de la nuit vient de ben chemonat yamim (Berechit 17, 12), "jours" au sens de période diurne.

16
הַאי נָמֵי, מִ״בְּיוֹם צַוּוֹתוֹ״ נָפְקָא!

Celui-là aussi se déduit de "le jour où Il leur ordonna" (be-yom tsavoto) !

📜 Rachi (1)
בְּיוֹם צַוֹּתוֹ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לְהַקְרִיב אֶת קָרְבְּנֵיהֶם (וַיִּקְרָא ז) בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה:
Le jour où Il ordonna : aux enfants d'Israël d'apporter leurs sacrifices (Vayikra 7) ; le jour et non la nuit.
💡 Explication

Rech Lakich : pour les sacrifices, le principe général "de jour" est déjà connu par be-yom tsavoto (Vayikra 7, 38). Le be-yom des mehoussarei kappara est alors libre, et devrait leur permettre de repousser Chabbat.

17
אַף עַל גַּב דְּנָפְקָא מִ״בְּיוֹם צַוּוֹתוֹ״, אִצְטְרִיכָא. סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: הוֹאִיל וְחָס רַחֲמָנָא עֲלֵיהּ לְאֵתוֹיֵי בְּדַלּוּת, בַּלַּיְלָה נָמֵי לַיְּתֵי, קָא מַשְׁמָע לַן.

Bien que cela se déduise de "be-yom tsavoto", c'était nécessaire. Tu aurais pu penser : puisque la Torah a eu pitié de lui en le laissant apporter [un sacrifice] de pauvre, qu'il l'apporte aussi la nuit ; [le verset] nous enseigne [le contraire].

💡 Explication

Réponse : le mehoussar kappara pauvre peut apporter un sacrifice moins coûteux (be-dalout, oiseaux au lieu de bétail). On aurait pu penser que cette indulgence s'étend au moment du sacrifice. Le verset précise donc : de jour seulement.

18
מַתְקִיף לַהּ רָבִינָא: אֶלָּא מֵעַתָּה, יְהֵא זָר כָּשֵׁר בָּהֶן, וִיהֵא אוֹנֵן כָּשֵׁר בָּהֶן! הָא אַהְדְּרֵיהּ קְרָא.

Ravina objecte : s'il en est ainsi, qu'un non-cohen (zar) soit apte pour eux, et qu'un endeuillé (onen) soit apte pour eux ! - Le verset l'a ramené [à la règle].

📜 Rachi (3)
אֶלָּא מֵעַתָּה מִשּׁוּם דְּהֻוכְשַׁר לְהָבִיא בְּדַלּוּת מַכְשִׁירִין בָּהּ שְׁאָר פְּסוּלִין:
S'il en est ainsi : puisqu'il a été autorisé à apporter [un sacrifice] de pauvre, qu'on y déclare aptes les autres [officiants] inaptes.
יְהֵא זָר וְאוֹנֵן כָּשֵׁר בָּהֶן אוֹנֵן עַד שֶׁלֹּא נִקְבַּר מֵתוֹ פָּסוּל לַעֲבוֹדָה דִּכְתִיב (שָׁם כא) בְּכֹהֵן גָּדוֹל לְאָבִיו וּלְאִמּוֹ לֹא יִטַּמָּא וּמִן הַמִּקְדָּשׁ לֹא יֵצֵא וְלֹא יְחַלֵּל וְהָכִי מַשְׁמַע אַף בַּיּוֹם שֶׁמֵּתוּ אָבִיו וְאִמּוֹ אֵינוֹ צָרִיךְ לָצֵאת מִן הַמִּקְדָּשׁ אֶלָּא מַקְרִיב אוֹנֵן וְלֹא יְחַלֵּל וַעֲבוֹדָתוֹ לֹא תְּהֵא מְחֻולֶּלֶת בְּכָךְ הָא אַחֵר שֶׁלֹּא יָצָא חִילֵּל:
Qu'un zar et un onen soient aptes pour eux : l'onen, tant que son mort n'est pas enterré, est inapte au service, comme il est écrit (Vayikra 21) à propos du Cohen gadol : "pour son père et sa mère il ne se rendra pas impur, et du sanctuaire il ne sortira pas, et il ne profanera pas". Cela signifie : même le jour où son père et sa mère sont morts, il n'a pas à sortir du sanctuaire, il offre [les sacrifices] en étant onen, "et il ne profanera pas" : son service n'est pas profane par cela. Donc un autre [cohen], qui n'a pas ce statut, profane [le service].
הָא אַהְדְּרֵיהּ קְרָא לִפְסֹול בָּהֶן לַיְלָה דִּכְתִיב בְּהוּ וּבַיּוֹם כִּדְאָמְרִינַן וְכֵיוָן דִּלְעִנְיַן לַיְלָה תּוֹרַת כָּל הַקָּרְבָּנוֹת עֲלֵיהֶן לְעִנְיַן זָר וְאוֹנֵן נָמֵי תּוֹרַת קָרְבָּן עֲלֵיהֶן:
Le verset l'a ramené : pour y invalider la nuit, puisqu'il est écrit à leur sujet "be-yom", comme nous l'avons dit. Et puisque, pour la nuit, la loi de tous les sacrifices s'applique à eux, pour le zar et l'onen aussi la loi du sacrifice s'applique à eux.
🗂️ Tossefot (1)
הָא אַהְדְּרֵיהּ קְרָא וַהֲוָה לֵיהּ דָּבָר שֶׁיָּצָא מִן הַכְּלָל לִידּוֹן בְּדָבָר הֶחָדָשׁ לַאֲתוּיֵי בְּדַלּוּת שֶׁאִי אַתָּה יָכוֹל לְהַחֲזִירוֹ לִכְלָלוֹ לִפְסוּל לַיְלָה וְאוֹנֵן עַד שֶׁיַּחְזִירֶנּוּ הַכָּתוּב לִכְלָלוֹ בְּפֵירוּשׁ הֲרֵי הֶחֱזִירָהּ בְּפֵירוּשׁ וּפָסַל לַיְלָה וה"ה אוֹנֵן וְקָשֶׁה וְאַמַּאי לָא קָאָמַר דְּאַהְדְּרֵיהּ קְרָא מִדִּכְתִיב כֹּהֵן וְלֹא זָר וְשֶׁמָּא לְשׁוּם דְּרָשָׁא אַחֲרִיתִי אֲתָא:
Le verset l'a ramené : c'est un cas qui sort de la règle générale pour être jugé d'une manière nouvelle, [à savoir] l'apport d'un sacrifice de pauvre ; tu ne peux pas le ramener à sa règle générale pour invalider la nuit et l'onen, jusqu'à ce que le verset l'y ramène explicitement. Or il l'y a ramené explicitement, en invalidant la nuit, et il en va de même pour l'onen. Difficulté : pourquoi ne dit-il pas que le verset l'a ramené [pour le zar] du fait qu'il est écrit "cohen" et non zar ? Peut-être [ce mot] vient-il pour une autre interprétation.
💡 Explication

Ravina : si l'indulgence du sacrifice de pauvre fait sortir ce sacrifice des règles ordinaires, il faudrait aussi valider le service d'un zar (non-cohen) ou d'un onen (cohen endeuillé avant l'enterrement).

Réponse : ha ahadrei kera, le verset (be-yom) l'a explicitement ramené sous la loi générale des sacrifices ; toutes les autres règles s'appliquent donc aussi. Tossefot y voit la règle davar che-yatsa min ha-klal li-don ba-davar hé-hadach.

19
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: אֲמַר קְרָא: ״שְׁמִינִי״. ״שְׁמִינִי״, אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת.

Rav Aha bar Yaakov a dit : le verset dit "chemini" (le huitième) ; "le huitième", même le Chabbat.

📜 Rachi (1)
שְׁמִינִי כָּל שֶׁהוּא שְׁמִינִי וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת וּבַיּוֹם לִמְעוּטֵי לַיְלָה:
Le huitième : tout jour qui est le huitième, même le Chabbat ; et "be-yom" [sert] à exclure la nuit.
💡 Explication

Troisième voie : l'insistance sur chemini. Pour Rav Aha bar Yaakov, be-yom sert à exclure la nuit, comme pour les mehoussarei kappara.

20
הַאי ״שְׁמִינִי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַעוֹטֵי שְׁבִיעִי! שְׁבִיעִי מ״בן שְׁמֹנַת יָמִים״ נָפְקָא.

Ce "chemini" est nécessaire pour exclure le septième [jour] ! - Le septième se déduit de "à l'âge de huit jours".

💡 Explication

Objection : chemini sert à interdire la mila avant le huitième jour. Réponse : cela vient déjà de ben chemonat yamim.

21
וְאַכַּתִּי מִיבְּעֵי לֵיהּ, חַד לְמַעוּטֵי שְׁבִיעִי, וְחַד לִמְעוּטֵי תְּשִׁיעִי. דְּאִי מֵחַד, הֲוָה אֲמִינָא: שְׁבִיעִי הוּא דְּלָא מְטָא זִמְנֵיהּ, אֲבָל מִשְּׁמִינִי וְאֵילָךְ זִמְנֵיהּ הוּא! אֶלָּא מְחַווַּרְתָּא כִּדְרַבִּי יוֹחָנָן.

Mais il en faut encore [deux] : un pour exclure le septième, et un pour exclure le neuvième. Car [s'il n'y avait qu'un verset], j'aurais dit : c'est le septième, dont le temps n'est pas arrivé [qui est exclu], mais à partir du huitième c'est son temps !

Il est donc clair qu'il faut [suivre] Rabbi Yo'hanan.

💡 Explication

Il faut deux versets : l'un exclut le septième jour, l'autre exclut le neuvième (on ne retarde pas la mila). Avec un seul verset, on aurait compris que tout jour à partir du huitième convient.

La question reste sans réponse ; conclusion : mehavarta ke-Rabbi Yo'hanan, la source claire est be-yom.

22
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, וּדְלָא כְּרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: ״שְׁמִינִי יִמּוֹל״ — אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת, וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״מְחַלְלֶיהָ מוֹת יוּמָת״ — בִּשְׁאָר מְלָאכוֹת חוּץ מִמִּילָה. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אֲפִילּוּ מִילָה, וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״שְׁמִינִי יִמּוֹל״ — חוּץ מִשַּׁבָּת, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּיּוֹם״ — אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת.

Il est enseigné [dans une baraita] conformément à Rabbi Yo'hanan et non à Rav Aha bar Yaakov : "le huitième il circoncira", même le Chabbat. Comment alors appliquer "ceux qui le profanent seront mis à mort" ?

Aux autres travaux, sauf la mila. Ou bien peut-être même la mila [est incluse], et comment appliquer "le huitième il circoncira" ?

Sauf le Chabbat. Le verset dit "be-yom" : même le Chabbat.

📜 Rachi (1)
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּר' יוֹחָנָן דְּיָלֵיף מִוּבִיּוֹם:
Il est enseigné conformément à Rabbi Yo'hanan : qui l'apprend de "ou-ve-yom".
🗂️ Tossefot (1)
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן וּדְלָא כְּרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב וּדְלֹא כְּרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק דְּאָמַר אָתְיָא אוֹת בְּרִית דּוֹרוֹת לָא הָוֵי דְּאִיהוּ מוֹדֶה דְּדָרְשִׁינַן בַּיּוֹם כִּדְדָרְשִׁינַן בַּבָּרַיְיתָא וְאוֹת בְּרִית דּוֹרוֹת אֲתָא לְמַכְשִׁירִין וּבַיּוֹם לְמִילָה גּוּפָהּ וְלֵית לֵיהּ לְמִילָה הֲלָכָה אע"ג דְּר' יוֹחָנָן אִית לֵיהּ הֲלָכָה לְר' אֱלִיעֶזֶר [כִּדְפֵי' רַשִׁ"י וְהַאי בָּרַיְיתָא דְּדָרְשִׁי בַּיּוֹם אָתְיָא כְּרַבָּנָן דְּבַיּוֹם] אִיצְטְרִיךְ לְמִילָה גּוּפָהּ וּלְהָכֵי לָא קָאָמַר אֶלָּא דְּלָא כְּרַב אֲחָא דְּבָרַיְיתָא מוֹכְחָא בְּהֶדְיָא דְּלָא בָּעֲיָא לְמִדְרַשׁ שְׁמִינִי יִמּוֹל. מ"ר:
Il est enseigné conformément à Rabbi Yo'hanan et non à Rav Aha bar Yaakov : [la baraita n'est pas] non plus contre Rav Nahman bar Yitshak, qui dit qu'on l'apprend de ot, berit, dorot ; car il admet qu'on interprète be-yom comme le fait la baraita : ot, berit, dorot viennent pour les préparatifs, et be-yom pour la mila elle-même, et il ne tient pas que la mila soit une halakha, bien que Rabbi Yo'hanan tienne une halakha selon Rabbi Eliezer [comme l'a expliqué Rachi ; et cette baraita qui interprète be-yom va selon les Rabbanan, pour qui be-yom] est nécessaire pour la mila elle-même. C'est pourquoi il dit seulement "et non selon Rav Aha", car la baraita montre explicitement qu'elle n'a pas besoin d'interpréter "chemini imol". Mon maître.
💡 Explication

La baraita hésite entre deux versets opposés : "le huitième il circoncira" et "me-hallelea mot yumat" (Chemot 31, 14). Lequel restreint l'autre ? Le mot be-yom tranche : la mila se fait même Chabbat.

La baraita montre donc que chemini seul ne suffit pas, contre Rav Aha bar Yaakov.

23
אָמַר רָבָא: הַאי תַּנָּא מֵעִיקָּרָא מַאי קָא נִיחָא לֵיהּ, וּלְבַסּוֹף מַאי קָא קַשְׁיָא לֵיהּ?

Rava a dit : ce Tanna, qu'est-ce qui lui convenait au début, et qu'est-ce qui lui posait difficulté à la fin ?

📜 Rachi (3)
מֵעִיקָּרָא מַאי נִיחָא לֵיהּ לְאוֹקְמֵי שְׁמִינִי דַּווְקָא וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת וְדָחֵי מְחַלְלֶיהָ מוֹת יוּמָת אֵצֶל שְׁאָר מְלָאכוֹת מֵאֵיזֶה טַעַם נִרְאֶה לוֹ כֵּן:
Qu'est-ce qui lui convenait au début : d'établir "le huitième" au sens strict et même le Chabbat, et de repousser "ceux qui le profanent seront mis à mort" vers les autres travaux ; pour quelle raison cela lui a-t-il paru ainsi ?
וּלְבַסּוֹף כְּשֶׁהִיפֵּךְ דְּבָרָיו וְאָמַר אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אַפֵּי' מִילָה בִּכְלַל מְחַלְלֶיהָ מוֹת יוּמָת דְּהוּא דַּוְקָא וְדָחֵי שְׁמִינִי יִמּוֹל אֵצֶל שְׁאָר יָמִים:
Et à la fin : quand il a renversé ses propos et a dit : ou peut-être même la mila est incluse dans "ceux qui le profanent seront mis à mort", qui est au sens strict, et a repoussé "le huitième il circoncira" vers les autres jours.
מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ בְּטַעֲמָא הָרִאשׁוֹן:
Qu'est-ce qui lui posait difficulté : dans la première raison.
💡 Explication

Rava demande la logique interne de la baraita : pourquoi le Tanna penchait-il d'abord pour la mila le Chabbat, et pourquoi a-t-il ensuite renversé son raisonnement ?

24
הָכִי קָאָמַר: ״שְׁמִינִי יִמּוֹל״ — אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת. וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״מְחַלְלֶיהָ מוֹת יוּמָת״ — בִּשְׁאָר מְלָאכוֹת חוּץ מִמִּילָה, אֲבָל מִילָה דָּחֲיָא,

Voici ce qu'il dit : "le huitième il circoncira", même le Chabbat. Comment appliquer "ceux qui le profanent seront mis à mort" ?

Aux autres travaux, sauf la mila ; mais la mila repousse [Chabbat].

📜 Rachi (1)
אֲבָל מִילָה דָּחֲיָא שַׁבָּת בק"ו וְתִיגְמַר מִינֵּיהּ לְמִידְחֵי מְחַלְלֶיהָ מוֹת יוּמָת אֵצֶל שְׁאָר מְלָאכוֹת וּלְמֵימַר שְׁמִינִי דַּוְוקָא קָאָמַר וְאַפֵּי' בְּיוֹם שַׁבָּת:
Mais la mila repousse : Chabbat, par un kal va-homer ; et on en apprendra à repousser "ceux qui le profanent seront mis à mort" vers les autres travaux, et à dire que "le huitième" est au sens strict, même le jour de Chabbat.
💡 Explication

Rava : le Tanna s'appuyait d'abord sur un kal va-homer pour conclure que la mila repousse Chabbat ; c'est ce qui lui permettait de limiter l'interdit aux autres travaux.

25
מַאי טַעְמָא? — קַל וָחֹומֶר הוּא: וּמַה צָרַעַת שֶׁדּוֹחֶה אֶת הָעֲבוֹדָה,

Pour quelle raison ? C'est un kal va-homer : si la tsaraat, qui repousse le service (avoda),

📜 Rachi (1)
וּמַה צָרַעַת שֶׁדּוֹחֶה אֶת הָעֲבוֹדָה אַזְהָרָה שֶׁהִזְהִירָה תּוֹרָה עַל הַצָּרַעַת שֶׁלֹּא לָקוּץ בַּהַרְתּוֹ כִּדְתַנְיָא (מַכּוֹת דַּף כב.) הִשָּׁמֶר בְּנֶגַע הַצָּרַעַת אַזְהָרָה בְּקוֹצֵץ בַּהַרְתּוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר וְהֶחְמִירָה תּוֹרָה בְּאַזְהָרָה זוֹ לִדְחוֹת הָעֲבוֹדָה כִּדְקַיְימָא לָן בִּפְסָחִים (דַּף סז.) דְּטֻומְאַת מֵת נִדְחֵית בְּקָרְבַּן צִבּוּר וְלֹא זָבִין וּמְצֹורְעֵי' וּבְטֵלִים לַעֲשׂוֹת פֶּסַח וְלָא אָמְרִינַן יָקוּצוּ בַּהַרְתָּן וְיֹאכְלוּ פְּסָחִים אוֹ הַכֹּהֵן יָקוֹץ בַּהַרְתּוֹ וְיַעֲבֹוד אִם הַכֹּהֲנִים טְמֵאִין בְּצָרַעַת וְהַקָּהָל טְהוֹרִין:
Si la tsaraat, qui repousse le service : l'interdit que la Torah a posé sur la tsaraat, de ne pas couper la tache, comme il est enseigné (Makkot 22a) : "prends garde à la plaie de tsaraat", le verset parle d'un interdit pour celui qui coupe sa tache. La Torah a été sévère sur cet interdit au point de repousser le service, comme nous l'établissons dans Pessahim (67a) : l'impureté du mort est écartée pour un sacrifice public, mais non [l'impureté] des zavim et des metsoraim ; ils ne font pas le Pessa'h, et l'on ne dit pas : qu'ils coupent leur tache et mangent les sacrifices de Pessa'h, ou : que le cohen coupe sa tache et fasse le service, si les cohanim sont impurs par la tsaraat et que l'assemblée est pure.
🗂️ Tossefot (1)
מַה צָרַעַת שֶׁדּוֹחֶה אֶת הָעֲבוֹדָה תֵּימַהּ וְלֵימָא קַל וָחֹומֶר אִיפְּכָא וְתִדְחֶה עֲבוֹדָה אֶת הַצָּרַעַת שֶׁיָּקוֹץ בַּהַרְתּוֹ כְּדֵי לַעֲשׂוֹת עֲבוֹדָה וּמַה שַׁבָּת שֶׁדּוֹחָה אֶת הַמִּילָה וּמִילָה דּוֹחָה אֶת הַצָּרַעַת עֲבוֹדָה דּוֹחָה אוֹתָהּ צָרַעַת שֶׁנִּדְחָה מִפְּנֵי מִילָה אֵינוֹ דִין שֶׁתְּהֵא עֲבוֹדָה דּוֹחָה אוֹתָהּ וְהָא דְּאָמְרִינַן בִּפְסָחִים בְּפֶרֶק אֵלּוּ דְּבָרִים (פְּסָחִים דַּף סז.) וִישַׁלְּחוּ מִן הַמַּחֲנֶה כָּל צָרוּעַ וְכָל זָב וְכֹל טָמֵא לָנָפֶשׁ אִם טְמֵאֵי מֵתִים מִשְׁתַּלְחִין זָבִים וּמְצֹורָעִים לֹא כ"ש אֶלָּא יֵשׁ לְךָ שָׁעָה שֶׁזָּבִין וּמְצֹורָעִים מִשְׁתַּלְּחִים וְאֵין טְמֵאֵי מֵתִים מִשְׁתַּלְּחִים וְאֵיזֶה זֶה פֶּסַח הַבָּא בְּטֻומְאָה אַלְמָא דְּצָרַעַת דּוֹחָה אֶת הָעֲבוֹדָה נֵימָא דְּהַייְנוּ כָּל זְמַן שֶׁהִיא עָלָיו ובק"ו נֵילַף שֶׁיָּקוֹץ בַּהַרְתּוֹ כְּדֵי לַעֲשׂוֹת עֲבוֹדָה וְעוֹד קָשֶׁה לֵימָא רְצִיחָה תּוֹכִיחַ שֶׁדּוֹחָה אֶת הָעֲבוֹדָה וְאֵינוֹ דּוֹחֶה שַׁבָּת אַף אֲנִי אָבִיא מִילָה וְכִי תֵּימָא מִילָה עֲדִיפָא שֶׁדּוֹחָה צָרַעַת הַדּוֹחָה אֶת הָעֲבוֹדָה אַכַּתִּי נֵימָא קְבוּרַת מֵת מִצְוָה תּוֹכִיחַ דַּעֲדִיפָא מִמִּילָה שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַמִּילָה מִוְלַאֲחוֹתוֹ הַדּוֹחֶה אֶת הַצָּרַעַת הַדּוֹחֶה אֶת הָעֲבוֹדָה הַדּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת אֲפִילּוּ הָכֵי לָא דָּחֲיָא שַׁבָּת וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָכִי נָמֵי הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר אִיפְּכָא וּרְצִיחָה תּוֹכִיחַ אוֹ קְבוּרַת מֵת מִצְוָה תּוֹכִיחַ אֶלָּא דְּנִיחָא לֵיהּ לוֹמַר שֶׁיְּהֵא דּוֹחֶה דְּנָפְקָא לֵיהּ מִבְּיוֹם דְּמִילָה דָּחֲיָא שַׁבָּת וְעוֹשֶׂה מִתְּחִילָּה ק"ו לְהַעֲמִיד דְּבָרָיו וְסוֹתְרוֹ אַחַר כָּךְ שֶׁאֵינוֹ ק"ו כְּלָל וּפָרִיךְ לֵיהּ מִינֵּיהּ וּבֵיהּ:
Si la tsaraat, qui repousse le service : c'est étonnant ; qu'on dise le kal va-homer inverse : que le service repousse la tsaraat, [c'est-à-dire] qu'il coupe sa tache pour faire le service. Si Chabbat, qui repousse la mila, et la mila repousse la tsaraat, le service la repousse [pourtant] ; la tsaraat, qui est repoussée devant la mila, n'est-il pas logique que le service la repousse ? Et ce que nous disons dans Pessahim, au chapitre Elou devarim (67a) : "qu'ils renvoient du camp tout lépreux, tout zav et tout impur par un mort" ; si les impurs par un mort sont renvoyés, les zavim et les metsoraim ne le sont-ils pas à plus forte raison ? Mais il y a un moment où les zavim et les metsoraim sont renvoyés et les impurs par un mort ne le sont pas ; lequel ? Le Pessa'h offert en impureté. Il en ressort que la tsaraat repousse le service ; disons qu'il s'agit [seulement] du temps où elle est sur lui, et apprenons par kal va-homer qu'il coupe sa tache pour faire le service. Autre difficulté : qu'on dise que le meurtre le prouve : il repousse le service et ne repousse pas Chabbat ; moi aussi j'amènerai la mila. Et si tu dis que la mila est supérieure, puisqu'elle repousse la tsaraat qui repousse le service, on peut encore dire que l'enterrement d'un met mitsva le prouve : il est supérieur à la mila, puisqu'il repousse la mila [comme on l'apprend] de "et pour sa sœur", laquelle repousse la tsaraat, qui repousse le service, qui repousse Chabbat ; et malgré cela il ne repousse pas Chabbat. On peut répondre qu'en effet il aurait pu dire l'inverse, et [objecter] "le meurtre le prouve" ou "l'enterrement d'un met mitsva le prouve" ; mais il préfère dire qu'elle repousse, puisqu'il sait par be-yom que la mila repousse Chabbat ; il construit d'abord un kal va-homer pour appuyer ses propos, puis le réfute en montrant que ce n'est pas du tout un kal va-homer, et il l'objecte à partir de ses propres éléments.
💡 Explication

Début du kal va-homer de Rava (suite sur 132b) : la tsaraat repousse l'avoda (un cohen metsora ne coupe pas sa tache pour servir) ; l'avoda repousse Chabbat ; la mila repousse la tsaraat (on circoncit même à l'endroit d'une tache). À plus forte raison la mila repousse Chabbat.

Tossefot soulève deux difficultés sur ce raisonnement : on pourrait construire le kal va-homer inverse, ou le réfuter par le meurtre ou par l'enterrement d'un met mitsva. Réponse : le Tanna connaît déjà la règle par be-yom ; le kal va-homer sert à construire puis à démonter la hava amina.

🖼️ Schéma
Le kal va-homer de la baraita : qui repousse qui ? Tsaraat (interdit de couper la tache) Avoda (service du Temple) Chabbat repousse repousse Mila repousse la tsaraat donc à fortiori la mila repousse Chabbat ?
Tsaraat > avoda > Chabbat ; mila > tsaraat : donc mila > Chabbat ?
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).