Shabbat 134a — Préparatifs de la mila à Yom tov et soins du nouveau-né

Shabbat 134a

Sougya : Le daf poursuit la michna sur les soins de la mila. Une baraita enseigne que certains préparatifs interdits le Chabbat (broyer le cumin, battre le vin et l'huile) sont permis à Yom tov.

Abaye interroge Rav Yosef sur une série de cas à Yom tov : la moutarde filtrée ou adoucie avec une braise, la viande grillée, le fromage caillé ; Rav Yosef répond par la ressemblance avec le tri et par le critère de ce qui pouvait se faire la veille. La Guemara rapporte ensuite les conseils de la nourrice d'Abaye sur le pansement de la mila et les soins du nouveau-né, et deux récits de R.

Natan sur des enfants dont on a retardé la mila.

Yom tov : quels préparatifs sont permis, et pourquoi ? Acte Statut Raison donnée Broyer du cumin (pour la mila) permis utilisable aussi pour la marmite Battre vin et huile (pour la mila) permis le Chabbat : mélanger sans battre Filtrer la moutarde dans son filtre interdit ressemble à trier (borer) Œuf dans le filtre à moutarde permis tout passe : pas d'aspect de tri Adoucir la moutarde : braise de bois interdit extinction : le bois devient charbon Adoucir la moutarde : braise de métal permis le métal ne devient pas charbon Viande grillée sur les braises permis impossible la veille : meilleure du jour Faire cailler du fromage interdit possible la veille sans perte Pétrir la pâte permis le pain chaud est meilleur
Les cas examinés par Abaye et Rav Yosef : statut à Yom tov et raison.
Conseils de la nourrice d'Abaye pour le nouveau-né Orifice anal invisible huile + soleil ; inciser en croix au grain d'orge (pas de métal) Ne tête pas (bouche froide) approcher une coupe de braises de sa bouche Respiration non perceptible l'éventer avec un tamis Respire mal frotter sur lui le placenta de sa mère Trop menu frotter le placenta de l'extrémité étroite vers la large Enfle frotter le placenta de la large vers l'étroite Rouge : sang pas encore absorbé attendre, puis circoncire Pâle (vert) : sang pas encore venu attendre, puis circoncire
Les conseils de la nourrice d'Abaye (segments 12-13).
1
חַסְפָּנִיתָא. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ — לִימְשֵׁי טוּבָא בְּמַיָּא דְסִילְקָא.

... des plaies (hasfanita). Quel est son remède ?

Qu'il se lave abondamment dans de l'eau de bettes.

📜 Rachi (2)
חַסְפָּנִיתָא פָּנָיו מִתְבַּקְּעוֹת וַאֲנִי אוֹמֵר שֶׁהוּא מִין שְׁחִין שֶׁקּוֹרִין אינייר"א וְהוּא (בַּגָּרָב) וּבֶחָרֶס שֶׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה (דְּבָרִים כח) וְחַסְפָּנִיתָא תַּרְגּוּם שֶׁל חֶרֶס:
Hasfanita : son visage se fendille. Et moi je dis que c'est une sorte d'éruption qu'on appelle [en langue vernaculaire] inieire, et c'est (le garav) et le hères écrits dans la Torah (Devarim 28) ; hasfanita est la traduction [araméenne] de hères.
בְּמַיָּא דְּסִילְקָא מָרָק תְּרָדִין:
Dans l'eau de bettes : un bouillon de bettes.
💡 Explication

Fin d'un enseignement d'Abaye commencé au daf précédent. Hasfanita est, selon Rachi, une éruption de la peau, celle que le Targoum emploie pour traduire le hères de Devarim 28.

2
לֹא שָׁחַק מֵעֶרֶב שַׁבָּת. תָּנוּ רַבָּנַן: דְּבָרִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין לַמִּילָה בְּשַׁבָּת — עוֹשִׂין לָהּ בְּיוֹם טוֹב. שׁוֹחֲקִין לָהּ כַּמֹּון, וְטוֹרְפִין לָהּ יַיִן וָשֶׁמֶן.

[Michna :] S'il n'a pas broyé [le cumin] la veille de Chabbat... Nos Maîtres ont enseigné : les choses qu'on ne fait pas pour la mila le Chabbat, on les fait pour elle le Yom tov : on broie pour elle du cumin, et on bat pour elle du vin et de l'huile.

💡 Explication

La michna disait que le Chabbat, s'il n'a pas broyé le cumin la veille, il le mâche avec ses dents. La baraita ajoute qu'à Yom tov ces préparatifs sont permis de la manière habituelle. La Guemara va chercher la raison.

3
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מַאי שְׁנָא כַּמּוֹן בְּיוֹם טוֹב — דַּחֲזֵי לִקְדֵרָה, יַיִן וָשֶׁמֶן חֲזֵי נָמֵי בְּשַׁבָּת לְחוֹלֶה, דְּתַנְיָא: אֵין טוֹרְפִין יַיִן וָשֶׁמֶן לַחוֹלֶה בְּשַׁבָּת. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: אַף טוֹרְפִין יַיִן וָשֶׁמֶן.

Abaye dit à Rav Yosef : en quoi le cumin est-il différent à Yom tov ? Parce qu'il est utilisable pour la marmite.

[Mais] le vin et l'huile sont eux aussi utilisables le Chabbat pour un malade, comme il est enseigné : on ne bat pas de vin et d'huile pour un malade le Chabbat ; R. Chimon ben Elazar a dit au nom de R.

Meir : on bat même du vin et de l'huile.

📜 Rachi (1)
חֲזִי לְחוֹלֶה שֶׁאֵין בּוֹ סַכָּנָה:
Utilisable pour un malade : [un malade] qui n'est pas en danger.
💡 Explication

À Yom tov, la préparation de nourriture (okhel nefech) est permise. Le cumin broyé sert aussi en cuisine, d'où la permission. Abaye objecte : le mélange vin-huile sert aussi à un malade, et selon R. Meir il est permis le Chabbat. Pourquoi alors la baraita le range-t-elle parmi ce qui est interdit le Chabbat ?

4
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: פַּעַם אַחַת חָשׁ רַבִּי מֵאִיר בְּמֵעָיו, וּבִקַּשְׁנוּ לִטְרֹוף לוֹ יַיִן וָשֶׁמֶן וְלֹא הִנִּיחָנוּ. אָמַרְנוּ לוֹ: דְּבָרֶיךָ יִבָּטְלוּ בְּחַיֶּיךָ?! אָמַר לָנוּ: אַף עַל פִּי שֶׁאֲנִי אוֹמֵר כָּךְ וַחֲבֵירַי אוֹמְרִים כָּךְ — מִיָּמַי לֹא מְלָאַנִי לִבִּי לַעֲבֹור עַל דִּבְרֵי חֲבֵירַי. הוּא נִיהוּ דְּמַחְמִיר אַנַּפְשֵׁיהּ, אֲבָל לְכֻולֵּי עָלְמָא — שָׁרִי!

R. Chimon ben Elazar a dit : une fois, R.

Meir souffrit des intestins, et nous avons voulu battre pour lui du vin et de l'huile, et il ne nous a pas laissés. Nous lui avons dit : tes paroles seront-elles annulées de ton vivant ?!

Il nous a dit : bien que moi je dise ainsi et que mes collègues disent ainsi, de mes jours mon cœur ne m'a pas porté à transgresser les paroles de mes collègues. C'est donc lui qui était rigoureux envers lui-même ; mais pour tout le monde, c'est permis !

📜 Rachi (2)
יִבָּטֵלוּ דְּהַאי נָמֵי חוֹלֶה הוּא:
Seront annulées : car celui-ci aussi est un malade.
אֲבָל לְכֻולֵּי עָלְמָא שְׁרֵי ר"מ וּסְתָם מַתְנֵי' ר"מ וְאַמַּאי תְּנַן נוֹתֵן זֶה בְּעַצְמוֹ וְזֶה בְּעַצְמוֹ:
Mais pour tout le monde c'est permis : [c'est l'avis de] R. Meir, et une michna anonyme suit R. Meir ; pourquoi donc avons-nous appris [dans notre michna] : il met celui-ci à part et celui-là à part ?
💡 Explication

R. Meir permet, mais s'est montré personnellement rigoureux pour ne pas agir contre l'avis de ses collègues. La Guemara en déduit que selon lui la permission vaut pour tous. Rachi précise la difficulté : une michna anonyme (stam michna) suit R. Meir, et pourtant notre michna exige de mettre le vin et l'huile séparément.

5
הָתָם — לָא בָּעֵי לֵיכָּא, הָכָא בָּעֵי לֵיכָּא. הָכָא נָמֵי נֶיעְבֵּיד וְלָא לֵילֵךְ! הַייְנוּ דְקָתָנֵי: נוֹתֵן זֶה בִּפְנֵי עַצְמוֹ וְזֶה בִּפְנֵי עַצְמוֹ.

Là-bas (pour un malade), il n'est pas besoin de battre fortement (likha) ; ici (pour la mila), il faut battre fortement. - Ici aussi, qu'on le fasse sans battre fortement ! - C'est ce qu'enseigne [la michna] : il met celui-ci à part et celui-là à part.

📜 Rachi (4)
הָתָם גַּבֵּי שְׁאָר חוֹלִים:
Là-bas : à propos des autres malades.
לָא בָּעוּ לֵיכָּא לְטָרְפוֹ וּלְעָרְבוֹ יָפֶה יָפֶה:
Il n'est pas besoin de battre fortement : de le battre et de le mélanger très bien.
וְלֹא לֵילֵךְ לֹא יְעָרְבֶנּוּ כָּל כָּךְ:
Et sans battre fortement : qu'il ne le mélange pas autant.
וּמְתָרֵץ הַייְנוּ דְּקָתָנֵי נוֹתֵן זֶה בְּעַצְמוֹ וְזֶה בְּעַצְמוֹ שֶׁמְּעָרֵב וְאֵינוֹ לוּכָּךְ:
Et [la Guemara] répond : c'est ce qu'enseigne [la michna] : il met celui-ci à part et celui-là à part - il mélange, mais ne bat pas fortement.
💡 Explication

Distinction entre deux degrés : tarof (mélanger) et likha (battre fortement, émulsionner). Pour un malade, le simple mélange suffit et il est permis ; pour la mila on voudrait un mélange battu, qui est interdit le Chabbat. La michna enseigne donc de mettre chaque ingrédient séparément, c'est-à-dire de mélanger sans battre.

6
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְסַנְּנִין אֶת הַחַרְדָּל בִּמְסַנֶּנֶת שֶׁלּוֹ, וְאֵין מְמַתְּקִין אוֹתוֹ בְּגַחֶלֶת. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מַאי שְׁנָא מֵהָא דִּתְנַן: נוֹתְנִים בֵּיצָה בִּמְסַנֶּנֶת שֶׁל חַרְדָּל?

Nos Maîtres ont enseigné : on ne filtre pas la moutarde dans son filtre, et on ne l'adoucit pas avec une braise. Abaye dit à Rav Yosef : en quoi est-ce différent de ce que nous avons appris : on met un œuf dans un filtre à moutarde ?

📜 Rachi (4)
אֵין מְסַנְּנִין אֶת הַחַרְדָּל בי"ט:
On ne filtre pas la moutarde : à Yom tov.
בִּמְסַנֶּנֶת שֶׁלּוֹ טַעְמָא מְפָרֵשׁ לְקַמֵּיהּ דְּמִיחְזֵי כְּבוֹרֵר שֶׁמַּשְׁלִיךְ הַסֻּובִּין שֶׁלּוֹ:
Dans son filtre : la raison est expliquée plus loin : cela ressemble à trier (borer), car on rejette son son.
וְאֵין מְמַתְּקִין אוֹתוֹ בְּגַחֶלֶת כְּדֶרֶךְ שֶׁרְגִילִין לְכַבּוֹת לְתוֹכוֹ אֶת הַגַּחֶלֶת אוֹ אֶבֶן נִיסּוֹקֶת:
Et on ne l'adoucit pas avec une braise : comme on a l'habitude d'éteindre dedans une braise ou une pierre chauffée.
נוֹתְנִין בֵּיצָה בִּמְסַנֶּנֶת שֶׁל חַרְדָּל וּמְסַנְּנָהּ בְּתוֹכוֹ לְיַיפּוֹת מַרְאִיתוֹ:
On met un œuf dans un filtre à moutarde : et on le filtre dedans pour embellir l'aspect [de la moutarde].
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' ת"ר הַמָּל כָּל זְמַן שֶׁעוֹסֵק בַּמִּילָה חוֹזֵר בֵּין עַל צִיצִין הַמְעַכְּבִין אֶת הַמִּילָה בֵּין עַל צִיצִין שֶׁאֵין מְעַכְּבִין אֶת הַמִּילָה פֵּירַשׁ עַל צִיצִין הַמְעַכְּבִין חוֹזֵר וְעַל צִיצִין שֶׁאֵין מְעַכְּבִין אֵינוֹ חוֹזֵר. ת"ר מְהַלְקְטִין אֶת הַמִּילָה וְאִם לֹא הִלְקֵט עָנוּשׁ כָּרֵת. הֵיכִי דָמֵי כְּגוֹן דַּאֲתָא בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּשַׁבָּת וְאָמְרִי לֵיהּ לָא מַסְפְּקַתְּ וַאֲמַר לְהוּ מְסַפֵּיקְנָא וַעֲבַד וְלָא אֲסַפֵּיק וְאִשְׁתְּכַח דְּחַבּוּרָה הוּא דַּעֲבַד וְעָנוּשׁ כָּרֵת. וּמוֹצְצִין אָמַר רַב פָּפָּא הַאי אֻומָּנָא דְּלָא מָייֵץ סַכַּנְתָּא הוּא וּמְעַבְּרִינַן לֵיהּ: לֹא שָׁחַק כו' ת"ר דְּבָרִים שֶׁאֵין עוֹשִׂים לַמִּילָה בְּשַׁבָּת עוֹשִׂין לָהּ ביו"ט שׁוֹחֲקִין לָהּ כַּמּוֹן וְטוֹרְפִין לָהּ יַיִן וָשֶׁמֶן. אֵין עוֹשִׂין לָהּ חָלוּק בַּתְּחִלָּה אָמַר אַבָּיֵי אֲמַרָה לִי אֵם הַאי חָלוּק דְּיָנוֹקָא לֵיפְכוּהָ לְסִיטְרֵיהּ אַבָּרַאי דִּלְמָא מִדְּבִיק גִּירְדָּא מִינֵּיהּ וְאָתֵי לִידֵי כְּרוּת שָׁפְכָה. תַּנְיָא א"רִנָּתָן פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִכְרַכֵּי הַיָּם וּבָאתָה אִשָּׁה אַחַת לְפָנַי שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת. שֵׁנִי וּמֵת. שְׁלִישִׁי הֱבִיאַתּוּ לְפָנַי וּרְאִיתִיו שֶׁהוּא אָדֹום. אָמַרְתִּי לָהּ בִּתִּי הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּבָּלַע בּוֹ דָּמוֹ. וְהִמְתִּינָה לוֹ וּמָלָה אוֹתוֹ וְחָיָה וְהָיוּ קוֹרְאִין אוֹתוֹ נָתָן הַבַּבְלִי עַל שְׁמִי. וְשׁוּב פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִמְדִינַת קַפּוֹטְקְיָא וּבָאתָה אִשָּׁה אַחֶרֶת לְפָנַי שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת. שֵׁנִי וּמֵת. שְׁלִישִׁי הֱבִיאַתּוּ לְפָנַי וּרְאִיתִיו שֶׁהוּא יָרוֹק וְהֵצַצְתִּי בּוֹ וְלֹא רָאִיתִי בּוֹ דַּם אָמַרְתִּי לָהּ בִּתִּי הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּבָּלַע בּוֹ דָּמוֹ. וְהִמְתִּינָה לוֹ וּמָלָה אוֹתוֹ וְחָיָה וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ נָתָן הַבַּבְלִי עַל שְׁמִי:
Guemara. Nos Maîtres ont enseigné : celui qui circoncit, tant qu'il est occupé à la mila, revient aussi bien sur les franges (tsitsin) qui invalident la mila que sur les franges qui ne l'invalident pas. S'il s'est retiré, il revient sur les franges qui invalident, et sur celles qui n'invalident pas il ne revient pas. Nos Maîtres ont enseigné : [celui qui entreprend] la mila et ne l'achève pas est passible de karet (lecture du texte imprimé incertaine). Comment est le cas ? Par exemple, il est venu au crépuscule (bein ha-chemachot) de Chabbat, on lui a dit : tu n'auras pas le temps ; il a dit : j'aurai le temps ; il l'a fait et n'a pas eu le temps, et il se trouve qu'il n'a fait qu'une blessure : il est passible de karet. [Michna :] Et on suce : Rav Papa a dit : un mohel (oumana) qui ne suce pas, c'est un danger, et on le destitue. [Michna :] S'il n'a pas broyé, etc. Nos Maîtres ont enseigné : les choses qu'on ne fait pas pour la mila le Chabbat, on les fait pour elle le Yom tov : on broie pour elle du cumin et on bat pour elle du vin et de l'huile. [Michna :] On ne lui fait pas de fourreau (halouk) à priori. Abaye a dit : ma mère m'a dit : ce fourreau de l'enfant, qu'on retourne son bord vers l'extérieur, de peur qu'un fil ne s'y colle et qu'on n'en arrive à [un enfant] kerout chofkha (au canal sectionné). Il est enseigné : R. Natan a dit : une fois je suis allé dans les villes côtières, et une femme est venue devant moi, qui avait circoncis son premier fils et il était mort, le deuxième et il était mort ; le troisième, elle me l'a amené, et j'ai vu qu'il était rouge. Je lui ai dit : ma fille, attends-le jusqu'à ce que son sang soit absorbé en lui. Elle l'a attendu, l'a circoncis, et il a vécu ; et on l'appelait Natan le Babylonien d'après mon nom. Une autre fois je suis allé dans la province de Cappadoce, et une autre femme est venue devant moi, qui avait circoncis son premier fils et il était mort, le deuxième et il était mort ; le troisième, elle me l'a amené, et j'ai vu qu'il était vert (pâle). Je l'ai examiné et n'ai pas vu de sang en lui. Je lui ai dit : ma fille, attends-le jusqu'à ce que son sang soit absorbé en lui. Elle l'a attendu, l'a circoncis, et il a vécu ; et on l'appelait Natan le Babylonien d'après mon nom.
💡 Explication

Nouvelle baraita, toujours sur Yom tov. La moutarde broyée contient du son ; la passer dans son filtre ressemble à borer (trier le bon du mauvais). L'adoucir en y éteignant une braise touche à l'interdit d'éteindre (mekhabe). Abaye oppose une michna qui permet de passer un œuf dans le filtre à moutarde.

Le Roch résume ici en un seul passage la halakha de la fin de 133b et de notre daf : retour sur les franges, mila inachevée, metsitsa, préparatifs à Yom tov, fourreau, et les récits de R. Natan.

7
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם — לָא מִיחְזֵי כְּבוֹרֵר, הָכָא — מִיחְזֵי כְּבוֹרֵר.

Il lui dit : là-bas, cela ne ressemble pas à trier ; ici, cela ressemble à trier.

📜 Rachi (1)
לָא מִיחְזֵי כְּבוֹרֵר שֶׁכֻּולָּהּ יוֹצְאָהּ דֶּרֶךְ הַמְסַנֶּנֶת וְאֵין מִשְׁתַּיֵּיר שָׁם פְּסֹולֶת:
Cela ne ressemble pas à trier : car [l'œuf] sort entièrement par le filtre, et il n'y reste pas de déchet.
🗂️ Tossefot (1)
הָכָא מִיחְזֵי כְּבוֹרֵר מִיהוּ בּוֹרֵר לָא הָוֵי שֶׁגַּם הַפְּסֹולֶת רָאוּי לַאֲכִילָה וְלָא דָּמֵי לְמִשְׁמֶרֶת דְּרֵישׁ תּוֹלִין (לְקַמָּן שַׁבָּת ד' קלז:) דְּאִיכָּא לָמֶ"ד חַיָּיב מִשּׁוּם בּוֹרֵר:
Ici cela ressemble à trier : toutefois il n'y a pas là [réellement] tri, car le déchet aussi est propre à la consommation ; et ce n'est pas comparable au filtre [à vin] du chapitre Tolin (plus loin, Chabbat 137b), où il y a un avis qui rend passible au titre de trier.
💡 Explication

L'œuf passe en entier : rien ne reste dans le filtre. La moutarde laisse son son : l'acte a l'aspect du tri. Tossefot précise qu'il s'agit d'une apparence de tri, interdite par les Sages : le son est lui-même comestible, ce qui distingue ce cas du filtre à vin (137b), où un avis rend passible au titre de borer.

8
וְאֵין מְמַתְּקִין אוֹתוֹ בְּגַחֶלֶת. וְהָתַנְיָא: מְמַתְּקִין אוֹתוֹ בְּגַחֶלֶת! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּגַחֶלֶת שֶׁל מַתֶּכֶת, כָּאן בְּגַחֶלֶת שֶׁל עֵץ.

Et on ne l'adoucit pas avec une braise. - Mais n'est-il pas enseigné : on l'adoucit avec une braise ! - Ce n'est pas difficile : ici, avec une braise de métal ; là, avec une braise de bois.

📜 Rachi (1)
בְּגַחֶלֶת שֶׁל עֵץ אָסוּר דְּשַׁיָּיךְ בָּהּ כִּיבּוּי לְפִי שֶׁעוֹשֶׂה פֶּחָם גַּחֶלֶת שֶׁל מַתֶּכֶת לֹא שַׁיָּיךְ בָּהּ כִּיבּוּי דְּאֵינוֹ נַעֲשֶׂה פֶּחָם:
Avec une braise de bois : c'est interdit, car l'extinction s'y applique, parce qu'on en fait du charbon ; à une braise de métal, l'extinction ne s'applique pas, car elle ne devient pas charbon.
💡 Explication

Deux baraitot se contredisent ; on les concilie par le matériau. Selon Rachi, l'interdit d'éteindre (mekhabe) concerne le bois, qu'on transforme en charbon en l'éteignant. Un morceau de métal incandescent ne produit pas de charbon : on le permet.

9
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מַאי שְׁנָא מִבִּישְׂרָא אַגֻּומְרֵי! אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לֹא אֶפְשָׁר, הָכָא אֶפְשָׁר.

Abaye dit à Rav Yosef : en quoi est-ce différent de la viande sur les braises ? Il lui dit : là-bas, ce n'est pas possible [autrement] ; ici, c'est possible.

📜 Rachi (2)
ומ"ש מִבִּישְׂרָא אַגֻּומְרֵי שֶׁצּוֹלִין בי"ט ואע"ג דִּמְכַבֶּה:
En quoi est-ce différent de la viande sur les braises : qu'on grille à Yom tov, bien qu'on éteigne [les braises].
לֹא אֶפְשָׁר לִצְלוֹת מֵאֶתְמוֹל דִּבְיוֹמָא שְׁבִיחָא טְפֵי אֲבָל חַרְדָּל אֶפְשָׁר מֵאֶתְמוֹל:
Ce n'est pas possible : de griller la veille, car [grillée] le jour même elle est meilleure ; mais la moutarde, il est possible [de l'adoucir] la veille.
💡 Explication

La viande grillée sur des braises de bois les éteint en partie par son jus, et c'est permis à Yom tov. Rav Yosef pose un critère : ce qui ne pouvait pas être fait la veille sans perte est permis ; ce qui pouvait l'être reste interdit.

🖼️ Schéma
Critère de Rav Yosef : pouvait-on le faire la veille ? Préparation d'un aliment à Yom tov La veille : impossible (ou moins bon) viande grillée, pain pétri La veille : possible sans perte moutarde, fromage permis le jour même interdit le jour même
Le critère de Rav Yosef (segments 8-10).
10
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מַהוּ לְגַבֵּן? אֲמַר לֵיהּ: אָסוּר. מַאי שְׁנָא מִלִּישָׁה? אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לֹא אֶפְשָׁר, הָכָא אֶפְשָׁר.

Abaye dit à Rav Yosef : qu'en est-il de faire cailler [du fromage, à Yom tov] ? Il lui dit : c'est interdit. - En quoi est-ce différent du pétrissage ? - Il lui dit : là-bas, ce n'est pas possible ; ici, c'est possible.

📜 Rachi (3)
לְגַבֵּן גְּבִינָה:
Faire cailler : du fromage.
מַאי שְׁנָא מִלִּישָׁה שֶׁלָּשִׁין פַּת בְּיוֹם טוֹב וְהַאי נָמֵי לְלִישָׁה דָּמְיָא:
En quoi est-ce différent du pétrissage : car on pétrit du pain à Yom tov, et ceci aussi ressemble au pétrissage.
לֹא אֶפְשָׁר דְּפַת חַמָּה מְעַלְּיָא טְפֵי הָכָא אֶפְשָׁר מֵאֶתְמוֹל:
Ce n'est pas possible : car le pain chaud est meilleur ; ici, c'est possible [de le faire] la veille.
💡 Explication

Même critère appliqué au fromage : le pain doit être frais, on permet donc de pétrir le jour même. Le fromage peut être fait la veille : on l'interdit.

11
וְהָא אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי: גְּבִינָה בַּת יוֹמָא מְעַלְּיָא! הָכִי קָאָמְרִי: דַּאֲפִילּוּ גְּבִינָה בַּת יוֹמָא מְעַלְּיָא.

- Mais les [Sages] de Néharde'a n'ont-ils pas dit : le fromage d'un jour est excellent ! - Voici ce qu'ils disent : même le fromage d'un jour est excellent.

📜 Rachi (1)
אֵימָא אַף גְּבִינְתָּא בַּת יוֹמָא מְעַלְּיָא וכ"ש דְּאֶתְמוֹל:
Dis plutôt : même le fromage d'un jour est bon - et à plus forte raison celui de la veille.
💡 Explication

L'objection suppose que le fromage frais du jour est le meilleur, donc impossible à préparer la veille. Réponse : les Sages de Néharde'a disaient seulement qu'il est déjà bon au bout d'un jour ; plus âgé, il est meilleur encore.

12
אֵין עוֹשִׂין לָהּ חָלוּק כּוּ׳. אָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי חָלוּק דְּיָנוֹקָא, לְפַכֶּיהָ לְסִיטְרֵיהּ לְעִילַּאי, דִּילְמָא מִידְּבִיק גִּרְדָּא מִינֵּיהּ, וְאָתֵי לִידֵי כְּרוּת שָׁפְכָה. אִימֵּיהּ דְּאַבָּיֵי עָבְדָא כִּיסְתָּא לְפַלְגָא. אָמַר אַבַּיֵּי: הַאי יָנוֹקָא דְּלֵית לֵיהּ חָלוּק — לַייְתֵי בְּלִיתָא דְּאִית לֵיהּ שִׂיפְתָּא, וְלִיכְרְכֵיהּ לְשִׂיפְתָּא לְתַתַּאי, וְעָיֵיף לֵיהּ לְעִילַּאי.

[Michna :] On ne lui fait pas de fourreau (halouk), etc. Abaye a dit : ma mère m'a dit : ce fourreau de l'enfant, qu'on retourne son bord vers le haut, de peur qu'un fil ne s'en colle et qu'on n'en arrive à [un enfant] kerout chofkha (au canal sectionné).

La mère d'Abaye faisait une poche (kista) jusqu'à la moitié. Abaye a dit : un enfant qui n'a pas de fourreau, qu'on apporte un vieux chiffon qui a un ourlet ; qu'on enroule l'ourlet vers le bas et qu'on replie [le reste] vers le haut.

📜 Rachi (7)
לְפָנֶיהָ לְסִטְרֵיהּ לְעִילַּאי לְאִימְּרָא שֶׁבִּשְׂפַת פִּיהָ יַהֲפֹוךְ וִיקַפֵּל לְמַעְלָה שֶׁלֹּא תְּהֵא סְמוּכָה לִבְשָׂרוֹ מִפְּנֵי שֶׁרֹאשׁ מְקוֹם חָתַךְ הַבֶּגֶד שָׁם הוּא וְיוֹצְאִין מִמֶּנּוּ גַּרְדִּין שֶׁקּוֹרִין פיינד"ץ (צִיצִיּוֹת) וְדִלְמָא מִדְּבִיקָא גְּרַדְתָּא מִינֵּיהּ בַּמַּכָּה וּכְשֶׁבָּא לְהַפְשִׁיט הֶחָלוּק מֵעַל הַמִּילָה יִשְׁמֹוט וַיִּקְרַע אֶת רֹאשׁ הַגִּיד וּמְשַׁוֵּי לֵיהּ כְּרוּת שָׁפְכָה:
Qu'on retourne son côté vers le haut : l'ourlet au bord de son ouverture, qu'on le retourne et le replie vers le haut pour qu'il ne soit pas contre sa chair, car c'est là l'extrémité de la coupe du tissu, et il en sort des fils qu'on appelle fiinds (effilochures) ; peut-être un fil se collera-t-il à la plaie, et quand on viendra retirer le fourreau de la mila, il glissera et déchirera la tête du membre, et le rendra kerout chofkha.
אִימֵּיהּ דְּאַבַּיֵּי אוֹמַנְתּוֹ:
La mère d'Abaye : sa nourrice.
עַבְדָּא לַתִּינוֹקוֹת הַבָּאִים לְיָדָהּ לְתַקֵּן מִילָתָן:
Faisait : pour les enfants qui lui étaient confiés, pour soigner leur mila.
כִּיסְתָתָא לְפַלְּגָא דְּמִילָה כִּיס הָיְתָה עוֹשָׂה שֶׁל בֶּגֶד לִפְנִים בְּתוֹךְ הֶחָלוּק וְתוֹפַרְתּוֹ מִתּוֹכוֹ בְּתוֹךְ הֶחָלוּק וּמַגִּיעַ לְמַטָּה עַד חֲצִי הֶחָלוּק כְּדֵי לְחוּץ בֵּין הָאִימְּרָא וּבֵין הַמִּילָה:
Une poche jusqu'à la moitié : de la mila ; elle faisait une poche de tissu à l'intérieur du fourreau, la cousait par l'intérieur dans le fourreau, et elle descendait jusqu'à la moitié du fourreau, afin de séparer l'ourlet de la mila.
לַייְתֵי בְּלִיתָא מְעַט שָׁחַק שֶׁל בֶּגֶד שֶׁיְּהֵא בּוֹ אִימְּרָא לְפִי שֶׁהָאִימְּרָא מְהַדְּקָהּ יָפֶה בְּבָשָׂר שֶׁלֹּא יִשָּׁמֵט הֶחָלוּק מִן הַגִּיד:
Qu'on apporte un chiffon : un peu de tissu usé qui ait un ourlet, car l'ourlet serre bien sur la chair, pour que le fourreau ne glisse pas du membre.
וְלֵיפְכֵיהּ לְשִׂפְתֵּיהּ לְתַתַּאי לְתַחְתִּית רֹאשׁ הַגִּיד יִתֵּן הַשָּׂפָה וְרֹאשׁ הַשֵּׁנִי הַחֵלֶק יְהֵא לְמַעְלָה:
Et qu'on retourne son bord vers le bas : qu'on mette l'ourlet à la base de la tête du membre, et que l'autre extrémité, la partie lisse, soit en haut.
וּלְעָפְיֵהּ לְעִילַּאי אוֹתוֹ רֹאשׁ הָעֶלְיוֹן הַחִלּוּק יְקַפֵּל וְיִקְפֹּול כְּלַפֵּי חוּץ מִפְּנֵי הַגְּרָדִין שֶׁלֹּא יִדְבְּקוּ בַּמַּכָּה:
Et qu'on replie vers le haut : cette extrémité supérieure du fourreau, qu'on la replie vers l'extérieur, à cause des fils, pour qu'ils ne se collent pas à la plaie.
💡 Explication

Le halouk est un petit fourreau de tissu enfilé sur le membre après la mila pour que la peau ne revienne pas le couvrir. Le danger vient des fils du bord coupé : collés à la plaie, ils l'arracheraient au moment d'enlever le fourreau, et l'enfant deviendrait kerout chofkha. Chaque conseil vise à éloigner le bord effiloché de la plaie.

La mère d'Abaye désigne, selon Rachi, sa nourrice : Abaye était orphelin.

13
וְאָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי יָנוֹקָא דְּלָא יְדִיעַ מַפַּקְתֵּיהּ, לְשַׁיְיפֵיהּ מִישְׁחָא וְלוֹקְמֵיהּ לַהֲדֵי יוֹמָא, וְהֵיכָא דְּזִיג — לִיקְרְעֵיהּ בִּשְׂעָרְתָּא שְׁתִי וָעֵרֶב. אֲבָל בִּכְלֵי מַתָּכוֹת — לֹא, מִשּׁוּם דְּזָרֵיף. וְאָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי יָנוֹקָא דְּלָא מָיֵיץ, מֵיקַר [הוּא] דֶּקֶר פֻּומֵּיהּ. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לַיְתוֹ כָּסָא גֻּומְרֵי, וְלַינְקְטֵיהּ לֵיהּ לַהֲדֵי פֻּומֵּיהּ, דְּחַיִּים פֻּומֵּיהּ וּמָייֵץ. וְאָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי יָנוֹקָא דְּלָא מִנַּשְׁתֵּים — לִינַפְּפֵיהּ בְּנָפְווָתָא וּמִנִּשְׁתִּים.

Abaye a dit encore : ma mère m'a dit : un enfant dont on ne distingue pas l'orifice de sortie, qu'on l'enduise d'huile et qu'on le place face au jour ; et là où c'est transparent, qu'on le déchire avec un grain d'orge, en long et en large ; mais avec un instrument de métal, non, parce que cela fait enfler. Abaye a dit encore : ma mère m'a dit : un enfant qui ne tête pas, c'est que sa bouche est froide.

Quel est son remède ? Qu'on apporte une coupe de braises et qu'on la tienne près de sa bouche : sa bouche se réchauffe et il tête.

Abaye a dit encore : ma mère m'a dit : un enfant qui ne respire pas, qu'on l'évente avec un tamis, et il respire.

📜 Rachi (14)
דְּלָא יְדִיעַ בֵּיהּ מַפַּקְתֵּיהּ שֶׁאֵין נִיכָּר בּוֹ נֶקֶב בֵּית הָרְעִי שֶׁשָּׁם הוֹצָאַת זִבְלוֹ:
Dont on ne distingue pas l'orifice de sortie : chez qui l'orifice de l'anus, par où sortent ses excréments, n'est pas visible.
לִישַׁיְּיפֵיהּ מִישְׁחָא שֶׁהַשֶּׁמֶן מַצְהִיל הַבָּשָׂר:
Qu'on l'enduise d'huile : car l'huile rend la chair luisante.
וְלוֹקְמֵיהּ לַהֲדֵי יוֹמָא נֶגֶד הַשֶּׁמֶשׁ:
Et qu'on le place face au jour : face au soleil.
וְהֵיכָא דְּזִיג שֶׁצָּלוּל כִּזְכוּכִית בְּיָדוּעַ שֶׁהֶחָלָל כְּנֶגְדּוֹ:
Et là où c'est transparent : clair comme du verre ; on sait alors que la cavité est en face.
בִּשְׂעָרְתָּא בְּרֹאשׁ הַשְּׂעוֹרָה שֶׁהוּא חִדּוּד:
Avec un grain d'orge : avec la pointe du grain d'orge, qui est pointue.
דְּזָרֵיף מְנַפְּחוֹ אינפליי"ר בְּלַעַ"ז:
Qui fait enfler : enfler (enfleir, en langue vernaculaire).
דְּלָא מָיֵיץ שֶׁלֹּא יָכוֹל לִינֹק:
Qui ne tête pas : qui ne parvient pas à téter.
מֵיקַר הוּא דְּקָר פֻּומֵּיהּ נִצְטַנְּנוּ שְׂפָתָיו וְאֵין בּוֹ כֹּחַ לִמּוֹץ בָּהֶן:
Sa bouche est froide : ses lèvres se sont refroidies et il n'a pas la force de sucer avec elles.
לַייְתוֹ כָּסָא דְּגֻומְרֵי תִּשְׁטַח גֶּחָלִים עַל דַּף אוֹ עַל כְּלִי:
Qu'on apporte une coupe de braises : qu'on étale des braises sur une planche ou sur un récipient.
וְלוֹקְמַהּ לַהֲדֵי פֻּומֵּיהּ וְיַעֲמִיד אֵצֶל פִּיו:
Et qu'on la tienne près de sa bouche : et qu'on la place à côté de sa bouche.
דְּחַיִּים פֻּומֵּיהּ שֶׁיִּתְחַמֵּם פִּיו:
Sa bouche se réchauffe : que sa bouche se réchauffe.
וּמָיֵיץ וְיָנַק:
Et il tête : et il tête.
דְּלָא מִינְשְׁתָא שֶׁאֵין נְשִׁימָה נִיכֶּרֶת בּוֹ שֶׁאֵין דּוֹפֵק כְּנֶגֶד לִבּוֹ כְּדֶרֶךְ כָּל אָדָם:
Qui ne respire pas : dont la respiration n'est pas perceptible, chez qui il n'y a pas de battement face au cœur comme chez tout homme.
לִינַפְּפֵיהּ בְּנִיפְוָותָא יָנִיפוּ עָלָיו בְּנָפָה שֶׁקּוֹרִין וא"ן:
Qu'on l'évente avec un tamis : qu'on agite au-dessus de lui un tamis, qu'on appelle van.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַאי יָנוֹקָא דְּלָא מָיֵיץ, מֵיקַר הוּא דְּקָר פֻּומֵּיהּ. נִרְאֶה לִי בס"ד רָמְזוּ חֲכָמֵינוּ זַ"ל דִבְרֵי תוֹרָה וּמוּסָר בְּדִבְרֵי רְפוּאוֹת אֵלּוּ, הַאי יָנוֹקָא תַּלְמִיד דְּבֵי רַב, דְּלָא מָיֵיץ שֶׁאֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן יָפֶה בְּלִימּוּדוֹ, אֶלָּא לוֹמֵד וְשׁוֹכֵחַ וְאֵין מִתְקַיֵּים תַּלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ, הֲסִיבָּה מֵיקַר דֶּקֶר פֻּומֵּיהּ שֶׁאֵינוֹ לוֹמֵד בְּפִיו בְּחֵשֶׁק וְהִתְלַהֲבוּת. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לַיְּתֵי כָּסָא גֻּומְרֵי כִּי דִּבְרֵי חֲכָמִים נִמְשְׁלוּ לְגֶחָלִים, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ וְכָל דִּבְרֵיהֶם כְּגַחֲלֵי אֵשׁ, וְזֶה צָרִיךְ שֶׁיִּשְׁמַע מֵרַבּוֹ דְּבָרִים כְּגַחֲלֵי אֵשׁ הַמַּטְלִים אֵימָה עָלָיו, וּכְמוֹ שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּנוֹ זְרוֹק מָרָה בְּתַלְמִידִים כְּדֵי שֶׁיִּלְמַד בְּחֵשֶׁק וַחֲמִימוּת וְאָז תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ, וְכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (לְעֵיל דַּף לָמֶ"ד) כָּל כָּל תַּלְמִיד שֶׁיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ וְאֵין שִׂפְתוֹתָיו נוֹטְפוֹת מַר מֵחֲמַת אֵימָה, תְּכַוֶּינָה.
Cet enfant qui ne tête pas, c'est que sa bouche est froide. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que nos Sages, de mémoire bénie, ont fait allusion, dans ces paroles de remèdes, à des paroles de Torah et de moussar. Cet enfant, c'est l'élève de la maison d'étude ; qui ne tête pas : qui ne voit pas de bon signe dans son étude, mais étudie et oublie, et son étude ne se maintient pas en lui. La cause : sa bouche est froide, il n'étudie pas de sa bouche avec désir et ardeur. Quel est son remède ? Qu'on apporte une coupe de braises : car les paroles des Sages sont comparées à des braises, comme ils ont dit : et toutes leurs paroles sont comme des braises de feu. Il faut qu'il entende de son maître des paroles comme des braises de feu, qui lui inspirent de la crainte, comme Rabbenou Hakadoch a dit à R. Chimon son fils : jette de l'amertume parmi les élèves ; afin qu'il étudie avec désir et chaleur, et alors son étude se maintient en lui. Nos Maîtres ont dit de même (plus haut, daf 30) : tout élève assis devant son maître dont les lèvres ne distillent pas l'amertume par crainte, qu'elles soient brûlées.
💡 Explication

Série de conseils médicaux transmis par la nourrice d'Abaye. Le grain d'orge est préféré au métal, qui provoque une inflammation. Rachi comprend lo menachtim comme une absence de respiration perceptible (pas de battement du cœur).

Le Ben Yehoyada lit le conseil sur l'enfant qui ne tête pas comme une allusion à l'élève dont l'étude ne se maintient pas : il lui faut entendre de son maître des paroles qui l'éveillent.

14
וְאָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי יָנוֹקָא דְּלָא מְעַוֵּי — לַיְתוֹ סִילְתָּא דְאִימֵּיהּ וְלִישְׁרְקֵיהּ עִילָּוֵיהּ, וּמְעַוֵּי. וְאָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי יָנוֹקָא דְּקַטִּין, לִיְיתּוֹ לְסִילְתָּא דְּאִימֵּיהּ, וְלִישְׁרְקֵיהּ עִילָּוֵיהּ מִקֻּוטְנָא לְאֻולְמָא. וְאִי אַלִּים — מֵאֻולְמָא לְקֻוטְנָא. וְאָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי יָנוֹקָא דְּסֻומָּק — דְּאַכַּתִּי לָא אִיבְּלַע בֵּיהּ דְּמֵיהּ — לִיתָּרְחוּ לֵיהּ עַד דְּמִיבְּלַע בֵּיהּ דְּמֵיהּ, וְלִימְהֲלוּהָ. דְּיָרוֹק, דְּאַכַּתִּי לָא נְפַל בֵּיהּ דְּמֵיהּ — לִיתָּרְחוּ עַד דְּנָפֵל בֵּיהּ דְּמֵיהּ, וְלִימְהֲלוּהָ.

Abaye a dit encore : ma mère m'a dit : un enfant qui respire mal, qu'on apporte le placenta de sa mère et qu'on le frotte sur lui, et il respire. Abaye a dit encore : ma mère m'a dit : un enfant qui est trop menu, qu'on apporte le placenta de sa mère et qu'on le frotte sur lui, de l'extrémité étroite vers l'extrémité large ; et s'il est gros, de la large vers l'étroite.

Abaye a dit encore : ma mère m'a dit : un enfant qui est rouge, dont le sang n'est pas encore absorbé en lui, qu'on attende jusqu'à ce que son sang soit absorbé en lui, et qu'on le circoncise. [Un enfant] vert (pâle), dont le sang n'est pas encore venu en lui, qu'on attende jusqu'à ce que son sang vienne en lui, et qu'on le circoncise.

📜 Rachi (10)
דְּלָא מְעַוֵּי אֵין רוּחוֹ נִכְנָס וְיוֹצֵא יָפֶה אליינ"א בְּלַעַ"ז:
Qui respire mal : son souffle n'entre ni ne sort bien ; aleine, en langue vernaculaire.
סִילְּתָא דְּאִימֵּיהּ שֶׁיַּלַּיָּא שֶׁנּוֹלְדָה עִמּוֹ:
Le placenta de sa mère : l'arrière-faix né avec lui.
וְלַישְׁרְקֵיהּ עָלֶיהָ יַחֲלִיקֶנָּה עַל בְּשָׂרוֹ כְּמוֹ אִישְׁתְּרוֹקֵי אִישְׁתְּרִיקוּ (ע"ג ד' מ:) אשאולדי"ר:
Et qu'on le frotte sur lui : qu'on le fasse glisser sur sa chair, comme [l'expression] ichtrouke ichtriku (Avoda Zara 40b) ; esloidier, en langue vernaculaire.
דְּקַטִּין שֶׁהוּא דַּק:
Qui est menu : qui est mince.
מִקֻּוטְנָא לְאֻולְמָא הַשַּׁלְיָא רֹאשָׁהּ א' קָצָר וְרֹאשָׁהּ אֶחָד רָחָב יַחְלִיקוּהָ עָלָיו מֵרֹאשׁ הַקָּצָר יַתְחִילוּ וְיִמְשֹׁוכוּ לְצַד הָרָחָב כְּלוֹמַר כֵּן יַרְחִיב זֶה וְיִתְעַבֶּה:
De l'étroit vers le large : le placenta a une extrémité étroite et une extrémité large ; qu'on le fasse glisser sur lui en commençant par l'extrémité étroite et qu'on tire vers le côté large, c'est-à-dire : qu'ainsi celui-ci s'élargisse et s'épaississe.
וְאִי אַלִּים וְלֹא מֵחֲמַת בְּרִיאוּת אֶלָּא נָפוּחַ לַישְׁרְקֵיהּ עָלֶיהָ מֵאֻולְמָא לְקֻוטְנָא:
Et s'il est gros : non par santé mais parce qu'il est enflé, qu'on le frotte sur lui de la large vers l'étroite.
דְּסֻומָּק כָּל בְּשָׂרוֹ אָדֹום:
Qui est rouge : toute sa chair est rouge.
לָא אִיבְּלַע בֵּיהּ דְּמֵיהּ בִּבְשָׂרוֹ דְּעַכְשָׁיו כָּל דָּמוֹ מָצוּי בֵּין עוֹר לְבָשָׂר וּכְשֶׁמּוֹהֲלִין אוֹתוֹ יוֹצֵא כָּל דָּמוֹ:
Son sang n'est pas absorbé en lui : dans sa chair ; car à présent tout son sang se trouve entre la peau et la chair, et quand on le circoncit, tout son sang sort.
לִיתָּרְחוּ לֵיהּ יַמְתִּינוּ מִלְּמוּלוֹ:
Qu'on attende pour lui : qu'on attende pour le circoncire.
לָא נָפַל בֵּיהּ דְּמָא לֹא בָּא בּוֹ דָּם וּמִתּוֹךְ כָּךְ חַלָּשׁ הוּא וְאֵין בּוֹ כֹּחַ וּמְמַהֵר לַחֲלֹושׁ וְלָמוּת:
Son sang n'est pas venu en lui : le sang n'est pas venu en lui ; de ce fait il est faible, sans force, il s'affaiblit vite et meurt.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַאי יָנוֹקָא דְּקַטִּין, לַיְתוֹ לְשִׁלְיְתָא דְּאִימֵּיהּ. נִרְאֶה לִי בס"ד כְּמוֹ שֶׁהַוָּלָד נוֹצָר מֵחֵלֶק הָאִישׁ וּמְחַלֵּק הָאִשָּׁה כֵּן הַשִּׁלְיָה נוֹצְרָה מִשְּׁנֵיהֶם, וְלָכֵן נִקְרֵאת שְׁלִיָּה 'שֶׁל י"ה' , כִּי הַיּוֹ"ד חֵלֶק הָאִישׁ וְהָא' חֵלֶק הָאִשָּׁה, וְלָכֵן רֹאשָׁהּ אֶחָד רָחָב כְּנֶגֶד כֹּחַ הָאִישׁ, וְאֶחָד קָצָר כְּנֶגֶד כֹּחַ הָאִשָּׁה, דְּהָא הַיּוֹ"ד שֶׁבָּאִישׁ הוּא כִּפְלַיִם עַל הֵ"א שֶׁל אִשָּׁה, וְלָכֵן עוֹשִׂין פֹּועַל דִּמְיוֹנִי בְּשִׁלְיָה שֶׁנּוֹצְרָה מִן הָאָב וּמִן הָאֵם בַּעֲבוּר הַוָּלָד שֶׁנּוֹצַר גַּם כֵּן מִשְּׁנֵיהֶם, וְיוֹעִיל לוֹ פֹּועַל דִּמְיוֹנִי הַזֶּה דְּהָא גַּם בְּתִיקּוּן הַמִּצְוֹת אָנוּ עוֹשִׂין פֹּועַל דִּמְיוֹנִי בְּעִנְיַן שׁוֹפָר וְלוּלָב וְכַיּוֹצֵא, אֲשֶׁר נַעֲשֶׂה בָּזֶה תּוֹעֶלֶת בְּרוּחָנִיּוּת לְמַעְלָה.
Cet enfant qui est menu, qu'on apporte le placenta de sa mère. Il me semble, avec l'aide du Ciel : de même que l'enfant est formé d'une part de l'homme et d'une part de la femme, ainsi le placenta est formé des deux. C'est pourquoi il s'appelle chilya, [lu] chel yod-hé, car le yod est la part de l'homme et le hé la part de la femme. C'est pourquoi une extrémité est large, correspondant à la force de l'homme, et une étroite, correspondant à la force de la femme, puisque le yod de l'homme (10) est le double du hé de la femme (5). On fait donc un acte symbolique (poal dimyoni) avec le placenta, formé du père et de la mère, en faveur de l'enfant, formé lui aussi des deux ; et cet acte symbolique lui est utile, puisque dans l'accomplissement des mitsvot aussi nous faisons des actes symboliques, comme pour le chofar, le loulav et autres, par lesquels un effet se produit dans le spirituel en haut.
💡 Explication

Le placenta (silta / chilya) sert de remède par frottement, dans un sens ou dans l'autre selon que l'enfant est trop menu ou enflé. Puis deux cas où l'on retarde la mila : l'enfant rouge, dont le sang est encore sous la peau et s'écoulerait en entier à la coupe, et l'enfant pâle, trop faible. Les récits de R. Natan qui suivent en sont la source.

Le Ben Yehoyada relie la forme du placenta (un côté large, un côté étroit) aux lettres yod et hé, parts du père et de la mère.

🖼️ Schéma
Pourquoi attendre avant la mila ? Enfant rouge (somèk) le sang est entre peau et chair, pas encore absorbé Enfant pâle (yarok) le sang n'est pas encore venu : enfant faible Risque : tout son sang sort à la coupe Risque : danger de faiblesse ; et pas de dam brit à faire couler Attendre que le sang soit absorbé / soit venu, puis circoncire (R. Natan : l'enfant a vécu)
Enfant rouge et enfant pâle : on retarde la mila (segments 13-15).
15
דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי נָתָן: פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִכְרַכֵּי הַיָּם, וּבָאת אִשָּׁה אַחַת לְפָנַי שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת, שֵׁנִי וּמֵת, שְׁלִישִׁי, הֱבִיאַתּוּ לְפָנַי, רְאִיתִיו שֶׁהוּא אָדֹום. אָמַרְתִּי לָהּ: הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּבָּלַע בּוֹ דָּמוֹ, הִמְתִּינָה לוֹ עַד שֶׁנִּבְלַע בּוֹ דָּמוֹ, וּמִלָּה אוֹתוֹ וְחָיָה, וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ ״נָתָן הַבַּבְלִי״ עַל שְׁמִי.

Comme il est enseigné : R. Natan a dit : une fois je suis allé dans les villes côtières, et une femme est venue devant moi, qui avait circoncis son premier fils et il était mort, le deuxième et il était mort ; le troisième, elle me l'a amené.

J'ai vu qu'il était rouge. Je lui ai dit : attends-le jusqu'à ce que son sang soit absorbé en lui.

Elle l'a attendu jusqu'à ce que son sang soit absorbé en lui, l'a circoncis, et il a vécu ; et on l'appelait Natan le Babylonien, d'après mon nom.

💡 Explication

Premier récit de R. Natan, originaire de Babylone : l'enfant rouge. Après deux décès, il fait attendre ; l'enfant survit et reçoit son nom.

16
שׁוּב פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִמְדִינַת קַפּוֹטְקְיָא, וּבָאת אִשָּׁה אַחַת לְפָנַי שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת, שֵׁנִי וּמֵת, שְׁלִישִׁי הֱבִיאַתּוּ לְפָנַי, רְאִיתִיו שֶׁהוּא יָרוֹק. הֵצַצְתִּי בּוֹ וְלֹא רָאִיתִי בּוֹ דַּם בְּרִית. אָמַרְתִּי לָהּ: הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּפּוֹל בּוֹ דָּמוֹ, וְהִמְתִּינָה לוֹ וּמָלָה אוֹתוֹ וְחָיָה, וְהָיוּ קוֹרִין שְׁמוֹ ״נָתָן הַבַּבְלִי״ עַל שְׁמִי.

Une autre fois je suis allé dans la province de Cappadoce, et une femme est venue devant moi, qui avait circoncis son premier fils et il était mort, le deuxième et il était mort ; le troisième, elle me l'a amené. J'ai vu qu'il était vert (pâle).

Je l'ai examiné et n'ai pas vu en lui de sang de l'alliance (dam brit). Je lui ai dit : attends-le jusqu'à ce que son sang vienne en lui.

Elle l'a attendu, l'a circoncis, et il a vécu ; et on l'appelait Natan le Babylonien, d'après mon nom.

📜 Rachi (1)
לִכְרַכֵּי הַיָּם ה"ג רְאִיתִיו שֶׁהָיָה יָרֹוק הֵצַצְתִּי בּוֹ וְלֹא הָיָה בּוֹ דַּם בְּרִית תַּרְתֵּי לִגְרִיעוּתָא חֲדָא דְּאִי מְהִיל לֵיהּ לָא נְפַק מִינֵּיהּ דְּמָא וְהַטָּפַת דַּם בְּרִית מִצְוָה כְּדִכְתִיב (זְכַרְיָה ט׳:י״א) גַּם אַתְּ בְּדַם בְּרִיתֵךְ וְעוֹד דִּמְסֻוכָּן הוּא וּמִשּׁוּם חֻולְשָׁא שֶׁלֹּא נוֹצַר בּוֹ עֲדַיִין דָּם:
Aux villes côtières : voici la lecture : je l'ai vu, il était vert ; je l'ai examiné et il n'y avait pas en lui de sang de l'alliance. Deux défauts : l'un, que si on le circoncit, il n'en sortira pas de sang, alors que faire couler le sang de l'alliance est une mitsva, comme il est écrit (Zekharia 9, 11) : Toi aussi, par le sang de ton alliance ; et de plus il est en danger, à cause de la faiblesse, le sang n'étant pas encore formé en lui.
💡 Explication

Second récit : l'enfant pâle. Rachi relève deux raisons d'attendre : la mila doit faire couler le dam brit (sang de l'alliance), ce qui est impossible ici ; et l'enfant, affaibli, est en danger.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).