Shabbat 135a — Mila douteuse, né circoncis et guer déjà circoncis

Shabbat 135a

Sougya : Le daf poursuit la baraita qui déduit du mot 'orlato' (son prépuce) que seule une mila certaine repousse le Chabbat : on exclut le cas douteux, l'androgyne (sauf pour R. Yehouda), l'enfant né bein hachmachot et l'enfant né circoncis.

Trois tanaim rapportent différemment la discussion de Beit Chamai et Beit Hillel : sur le né circoncis (tana kama), sur le converti déjà circoncis (R. Chimon ben Elazar) ou sur la profanation du Chabbat (R.

Eliezer Hakappar). Rav et Chmouel tranchent différemment ; Rabba et Rav Yossef discutent si l'orla kvoucha (prépuce caché) est un doute ou une certitude.

Le daf traite aussi du ben 8 (né à huit mois) et ouvre la règle de R. Assi liant la mila au 8e jour à l'impureté de la mère.

Nolad mahoul : trois versions de la mahloket Beit Chamai / Beit Hillel Tana kama (baraita) Discussion sur le né circoncis BS : hatafa requise BH : hatafa non requise Chabbat : on ne profane pas R. Chimon ben Elazar Né circoncis : tous exigent la hatafa (orla kvoucha) Discussion sur le guer circoncis BS : requise / BH : non R. Eliezer Hakappar Né circoncis : tous exigent la hatafa Discussion sur le Chabbat BS : on profane / BH : non Rav : halakha comme le tana kama Chmouel : halakha comme R. Chimon ben Elazar Rav Yossef en tire : tana kama = tous profanent Rabba : on craint une orla kvoucha (doute) - hatafa en semaine, pas le Chabbat Rav Yossef : orla kvoucha certaine - hatafa même le Chabbat
Les trois versions de la mahloket et les positions de Rav, Chmouel, Rabba et Rav Yossef.
La preuve de Rav Yossef et sa réfutation R. Eliezer Hakappar : on discute seulement du Chabbat Inférence de Rav Yossef : le tana kama pense : tous profanent Objection : peut-être le tana kama dit tous ne profanent pas ? Rejet : R. Eliezer viendrait alors enseigner la seule raison de Beit Chamai ? Réponse : il vise la semaine - BS et BH ne discutent pas que la hatafa est requise ; la preuve tombe
Déroulement de la preuve de Rav Yossef (segments 8-9).
1
וְלֹא סָפֵק דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. ״עָרְלָתוֹ״ — וַדַּאי דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, וְלֹא אַנְדְּרוֹגִינוֹס דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת.

... et une (orla) douteuse ne repousse pas le Chabbat. 'Son prépuce' (orlato) : une orla certaine repousse le Chabbat, et l'androgyne ne repousse pas le Chabbat.

📜 Rachi (1)
אַנְדְּרוֹגִינוֹס סָפֵק הוּא וְנוֹלַד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נָמֵי סָפֵק זְמַנּוֹ הוּא סָפֵק אֵינוֹ זְמַנּוֹ וְכֵן נוֹלַד מָהוּל סָפֵק שֶׁמָּא עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא הָעוֹר דָּבוּק בַּבָּשָׂר וּלְקַמֵּיהּ פָּרִיךְ סָפֵק קַמָּא לַאֲתוּיֵי מַאי הוֹאִיל וְתָנֵי כָּל הָנֵי סְפֵיקֵי:
Androgyne : c'est un doute. Et celui qui est né bein hachmachot (au crépuscule) est aussi un doute : peut-être est-ce son temps, peut-être n'est-ce pas son temps. De même celui qui est né circoncis : c'est un doute, peut-être est-ce une orla kvoucha (prépuce caché), la peau collée à la chair. Plus loin la Guemara demande : le premier 'doute', que vient-il inclure, puisque la baraita énumère tous ces doutes ?
🗂️ Tossefot (1)
וְלֹא סָפֵק דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת נִרְאֶה לר"י דְּאַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הוּא וְלָא אִיצְטְרִיךְ קְרָא לְהָכִי דְּהֵיכִי תִּיסּוֹק אַדַּעְתֵּיהּ לְחַלֵּל אֶת הַשַּׁבָּת וְלָא יָדַעְנָא אִם הוּא בַּר חִיּוּב מִילָה אוֹ לֹא כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן דְּסָפֵק נוֹלַד לז' אוֹ לַח' וּמִשּׁוּם נוֹלַד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת לָא אִיצְטְרִיךְ נָמֵי קְרָא דְּמוּטָב דְּתִיבָּטֵל מִצְוַת מִילָה בַּשְּׁמִינִי מִסְּפֵיקָא בְּשֵׁב וְאַל תַּעֲשֶׂה וְאַל יְחַלֵּל שַׁבָּת בְּיָדַיִם מִסָּפֵק אֶלָּא נִרְאֶה לר"י דְּעִיקַּר הַאי קְרָא אֲתָא לְאַנְדְּרוֹגִינוֹס שֶׁאֵינוֹ דּוֹחֶה שַׁבָּת וְנוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל וּמִיהוּ לָא מֵחַד עָרְלָתוֹ נָפְקִי דְּאֵין סְבָרָא לוֹמַר שְׁקוּלִים וְיָבוֹאוּ שְׁנֵיהֶם אֶלָּא תְּרֵי קְרָאֵי כְּתִיבִי חַד בְּמִילָה בִּזְמַנָּהּ וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל בְּשַׂר עָרְלָתוֹ וְחַד בְּמִילָה שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ דְּגָדוֹל וְעָרֵל זָכָר אֲשֶׁר לֹא יִמּוֹל בְּשַׂר עָרְלָתוֹ (בְּרֵאשִׁית י״ז:י״ד) א"נ קְרָא אֲתָא לְאַנְדְּרוֹגִינוֹס וְנוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל מִסְּבָרָא יָדְעִינַן דְּאֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף דַּם בְּרִית ר"י אִי נָמֵי עִיקַּר קְרָא לְנוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל וּלְאַנְדְּרוֹגִינוֹס לֹא צָרִיךְ קְרָא דְּהָא נָפְקָא לֵיהּ לְר' יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס טָעוּן מִילָה מִדִּכְתִיב כָּל זָכָר וְרַבָּנָן הָווּ דָּרְשִׁי לִדְרָשָׁה אַחֲרִיתִי:
Et une (orla) douteuse ne repousse pas le Chabbat : il semble au Ri que c'est une simple asmakhta (appui scripturaire), et qu'un verset n'était pas nécessaire pour cela. Comment penserait-on profaner le Chabbat alors qu'on ne sait pas s'il est soumis à l'obligation de la mila, comme on l'explique plus loin : doute s'il est né à sept ou à huit mois. Pour celui qui est né bein hachmachot non plus, un verset n'était pas nécessaire : il vaut mieux que la mitsva de la mila au huitième jour soit annulée par un doute, de manière passive (chev veal taasse), plutôt que de profaner le Chabbat activement par un doute. Il semble plutôt au Ri que ce verset vient surtout pour l'androgyne, qui ne repousse pas le Chabbat, et pour celui qui est né circoncis. Toutefois on ne les déduit pas d'un seul 'orlato', car il n'est pas logique de dire qu'ils sont équivalents et que les deux sont inclus ; il y a deux versets : l'un pour la mila en son temps, 'Et au huitième jour on circoncira la chair de son prépuce', et l'autre pour la mila hors de son temps, celle de l'adulte : 'Et le mâle incirconcis qui ne circoncira pas la chair de son prépuce' (Berechit 17, 14). Autre explication : le verset vient pour l'androgyne, et pour celui qui est né circoncis on sait par raisonnement qu'il n'est pas nécessaire de faire couler le sang de l'alliance. Le Ri (dit encore) : ou bien le verset vient surtout pour celui qui est né circoncis, et pour l'androgyne il n'est pas nécessaire de verset, puisque R. Yehouda déduit plus loin que l'androgyne doit être circoncis de ce qui est écrit 'tout mâle', et les Sages utilisent ce verset pour un autre drach.
💡 Explication

La baraita lit le mot orlato (son prépuce) comme une restriction : seule une orla certaine permet de repousser le Chabbat. Les cas douteux sont circoncis après le Chabbat.

L'androgyne présente des caractères des deux sexes : son statut de mâle est douteux. Tossefot demande pourquoi un verset est nécessaire pour exclure un doute, et répond que le verset vise surtout l'androgyne ou le né circoncis.

2
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַנְדְּרוֹגִינוֹס דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, וְעָנוּשׁ כָּרֵת. ״עָרְלָתוֹ״ — וַדַּאי דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, וְלֹא נוֹלָד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. ״עָרְלָתוֹ״ — וַדַּאי דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, וְלֹא נוֹלָד כְּשֶׁהוּא מָהוּל דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֵינוֹ צָרִיךְ.

R. Yehouda dit : l'androgyne repousse le Chabbat, et (s'il n'est pas circoncis) il est passible de karet. 'Son prépuce' : une orla certaine repousse le Chabbat, et celui qui est né bein hachmachot (au crépuscule) ne repousse pas le Chabbat. 'Son prépuce' : une orla certaine repousse le Chabbat, et celui qui est né circoncis ne repousse pas le Chabbat.

Car Beit Chamai disent : il faut faire couler de lui le sang de l'alliance (dam brit), et Beit Hillel disent : ce n'est pas nécessaire.

📜 Rachi (2)
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר כּוּ' לְקַמֵּיהּ יָלֵיף מִילְּתֵיהּ:
R. Yehouda dit, etc. : plus loin on explique la source de son avis.
שב"ש אוֹמְרִים צָרִיךְ לְהַטִּיף כו' וַאֲפִילּוּ הָכֵי מוֹדוֹ דְּשַׁבָּת לָא דָּחֵי:
Car Beit Chamai disent : il faut faire couler, etc. : et même ainsi, ils admettent que (cette mila) ne repousse pas le Chabbat.
💡 Explication

Pour R. Yehouda, l'androgyne est un mâle certain pour la mila : sa mila repousse le Chabbat et il est passible de karet.

Le nolad mahoul (né sans prépuce visible) : selon cette version, Beit Chamai exigent une hatafat dam brit, une petite incision qui fait couler une goutte de sang de l'alliance ; Beit Hillel ne l'exigent pas. Rachi précise que même Beit Chamai ne la font pas le Chabbat.

3
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל נוֹלָד כְּשֶׁהוּא מָהוּל שֶׁצָּרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית, מִפְּנֵי שֶׁעָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא. עַל מַה נֶחְלְקוּ — עַל גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר כְּשֶׁהוּא מָהוּל, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית.

R. Chimon ben Elazar a dit : Beit Chamai et Beit Hillel ne sont pas en désaccord au sujet de celui qui est né circoncis : il faut faire couler de lui le sang de l'alliance, car c'est une orla kvoucha (prépuce caché).

Sur quoi sont-ils en désaccord ? Sur le converti (guer) qui s'est converti alors qu'il était déjà circoncis : Beit Chamai disent : il faut faire couler de lui le sang de l'alliance, et Beit Hillel disent : il n'est pas nécessaire de faire couler de lui le sang de l'alliance.

📜 Rachi (2)
שֶׁצָּרִיךְ לְהַטִּיף חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא:
Qu'il faut faire couler : on craint que ce soit une orla kvoucha.
עַל גֵּר דְּלֵיכָּא שׁוּם סְפֵק עָרְלָה כְּגוֹן עַרְבֵי מָהוּל:
Sur le converti : pour lui il n'existe aucun doute d'orla, par exemple un Arabe circoncis.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא נֶחְלְקוּ עַל נוֹלָד כְּשֶׁהוּא מָהוּל שֶׁצָּרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית כו' עַל מַה נֶּחְלְקוּ עַל גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר הַשְׁתָּא מַשְׁמַע דְּיוֹתֵר יֵשׁ לְהַצְרִיךְ הַטִּפָּה לְנוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל מִלְּנִתְגַּיֵּיר כְּשֶׁהוּא מָהוּל דְּהָא לְנוֹלַד כ"ע מוֹדוֹ וּבְגֵר אִיכָּא פְּלֻוגְתָּא וא"כ לְקַמָּן דִּפְסִיק רַב הֲלָכָה כת"ק וּמַשְׁמַע דִּכְוָותֵיהּ קי"ל מִדְּקָאָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה תֵּיתֵי לִי דַּעֲבַרִי אַדְּרַב וְכֵיוָן דקי"ל כת"ק בְּנוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל שֶׁאֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית כ"ש גֵּר שֶׁנִּתְגַּייֵּר כְּשֶׁהוּא מָהוּל וה"ג לֹא פָּסְקוּ כֵּן אֶלָּא פָּסְקוּ דְּקָטָן א"צ וְגֵר צָרִיךְ וּבְקָטָן וַדַּאי כְּדִין פָּסְקוּ כִּשְׁמוּעָתֵנוּ וּבְגֵר נָמֵי נִרְאֶה לר"י שֶׁסָּמְכוּ אַהַהִיא דִּיבָמוֹת דְּפֶרֶק הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת דַּף מו:) דְּתַנְיָא הֲרֵי שֶׁבָּא וְאָמַר מַלְתִּי וְלֹא טָבַלְתִּי מַטְבִּילִין אוֹתוֹ וּמַה בְּכָךְ דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה וְר' יוֹסֵי אוֹמֵר אֵין מַטְבִּילִין ואת"ל דא"צ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית בְּנִתְגַּיֵּיר כְּשֶׁהוּא מָהוּל לְרַבִּי יוֹסֵי אַמַּאי אֵין מַטְבִּילִין הֲרֵי הוּא מָהוּל לְפָנֵינוּ מַאי נָפְקָא מִינָּה אִם לֹא מָלוּ אוֹתוֹ ב"ד לֹא יְהֵא אֶלָּא עַרְבִי מָהוּל וְגִבְעוֹנִי מָהוּל אֶלָּא וַדַּאי צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית וּלְכָךְ אֵין מַטְבִּילִין דְּאֵינוֹ גֵּר עַד שֶׁיִּמּוֹל וְיִטְבֹּול וְנִרְאֶה לְרַשְׁבָּ"א לָתֵת טַעַם בַּדָּבָר שֶׁהֲרֵי הַסְּבָרָא הֲפוּכָה מִסְּבָרָא דִּשְׁמַעְתִּין וְהַיְינוּ טַעְמָא דְּבֵין קָטָן שֶׁנּוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל וּבֵין גֵּר שֶׁנִּתְגַּייֵּר כְּשֶׁהוּא מָהוּל דִּין הוּא דִּשְׁנֵיהֶם הָיוּ טְעוּנִים הַטָּפַת דַּם בְּרִית אִי לָאו דְּדָרְשִׁינַן הָכָא דְּקָטָן אֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ מִשּׁוּם דִּכְתִיב עָרְלָתוֹ וְדַוְקָא בְּקָטָן דְּגַלִּי גַּלִּי בְּגֵר דְּלָא גַּלִּי לָא גַּלִּי ור"ח פָּסַק אִיפְּכָא מה"ג:
Ils ne sont pas en désaccord sur celui qui est né circoncis, qu'il faut faire couler le sang de l'alliance... sur quoi sont-ils en désaccord ? Sur le converti : maintenant il ressort qu'il y a davantage lieu d'exiger la hatafa pour celui qui est né circoncis que pour le converti déjà circoncis, puisque pour le né circoncis tous l'admettent et que pour le converti il y a discussion. S'il en est ainsi, plus loin Rav tranche la halakha selon le tana kama, et il semble que nous suivions son avis, puisque R. Ada bar Ahava dit : 'Que cela me vienne, car j'ai transgressé l'avis de Rav'. Puisque nous tenons comme le tana kama que celui qui est né circoncis n'a pas besoin de hatafa, à plus forte raison le converti déjà circoncis. Or le Baal Halakhot Guedolot n'a pas tranché ainsi ; il a tranché : le petit n'en a pas besoin, et le converti en a besoin. Pour le petit, il a certainement tranché selon la règle, conformément à notre sougya. Pour le converti aussi, il semble au Ri qu'il s'est appuyé sur ce passage de Yevamot, chapitre Ha-holets (Yevamot 46b) : il est enseigné : celui qui vient et dit 'j'ai été circoncis mais je ne me suis pas immergé', on l'immerge ; et qu'importe ? - paroles de R. Yehouda. R. Yossi dit : on ne l'immerge pas. Si tu dis que le converti déjà circoncis n'a pas besoin de hatafa, pourquoi selon R. Yossi ne l'immerge-t-on pas ? Il est circoncis devant nous ! Quelle différence si le tribunal ne l'a pas circoncis ? Il ne serait pas pire qu'un Arabe circoncis ou un Guivonite circoncis. C'est donc qu'il faut assurément faire couler de lui le sang de l'alliance, et c'est pourquoi on ne l'immerge pas, car il n'est converti qu'après avoir été circoncis et s'être immergé. Le Rachba a proposé une raison, car ce raisonnement est l'inverse de celui de notre sougya : selon la règle, le petit né circoncis comme le converti déjà circoncis auraient tous deux besoin de hatafa, si l'on ne déduisait pas ici que le petit n'en a pas besoin, puisqu'il est écrit 'orlato' ; seulement pour le petit, là où (le verset) l'a révélé, il l'a révélé ; pour le converti, où il ne l'a pas révélé, il ne l'a pas révélé. Rabbenou Hananel a tranché à l'inverse du Baal Halakhot Guedolot.
💡 Explication

Pour R. Chimon ben Elazar, le né circoncis est un cas de orla kvoucha : le prépuce existe, collé à la chair. Tous exigent donc la hatafa. La discussion porte sur le guer déjà circoncis avant sa conversion.

Tossefot relève une difficulté : la baraita suggère que le né circoncis a plus besoin de hatafa que le converti, alors que le Baal Halakhot Guedolot tranche l'inverse (petit : non ; converti : oui). Le Ri et le Rachba justifient cette décision.

4
אָמַר מָר: וְלֹא סָפֵק דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. לַאֲתוּיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי הָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: בֶּן שִׁבְעָה, מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. וּבֶן שְׁמוֹנָה, אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. סָפֵק בֶּן שִׁבְעָה סָפֵק בֶּן שְׁמוֹנָה — אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת.

Le maître a dit : 'Et une (orla) douteuse ne repousse pas le Chabbat.' Que vient-on inclure ? On vient inclure ce que les Sages ont enseigné : pour un enfant né à sept mois (ben chiva), on profane le Chabbat ; pour un enfant né à huit mois (ben chmona), on ne profane pas le Chabbat ; pour celui dont on doute s'il est né à sept ou à huit mois, on ne profane pas le Chabbat.

📜 Rachi (1)
בֶּן ח' אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו שֶׁהֲרֵי כְּמֵת הוּא וְאֵין מִילָתוֹ מִצְוָה וְאִי קַשְׁיָא א"כ לָאו חִילּוּל הוּא שֶׁהֲרֵי הוּא כִּמְחַתֵּךְ בִּבְשַׂר מֵת לְקַמָּן נָמֵי מוּקֵי הַאי חִילּוּל בְּמַכְשִׁירֵי מִילָה וְאַלִּיבָּא דְּר' אֱלִיעֶזֶר:
Pour le ben 8, on ne profane pas : car il est comme mort, et sa mila n'est pas une mitsva. Et si l'on objecte : s'il en est ainsi, ce n'est pas une profanation, car il est comme celui qui coupe la chair d'un mort ; plus loin aussi on explique cette 'profanation' comme portant sur les préparatifs de la mila (makhchirei mila), selon R. Eliezer.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר עָרְלָתוֹ עָרְלָתוֹ וַדַּאי דּוֹחֶה שַׁבָּת וְלֹא סָפֵק דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. עָרְלָתוֹ וַדַּאי דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְלֹא אַנְדְּרוֹגִינוֹס דּוֹחֶה שַׁבָּת. וְר' יְהוּדָה אוֹמֵר אַנְדְּרוֹגִינוֹס דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְעָנוּשׁ כָּרֵת. עָרְלָתוֹ וַדַּאי דּוֹחָה הַשַּׁבָּת וְלֹא נוֹלָד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דּוֹחֶה הַשַּׁבָּת. עָרְלָתוֹ וַדַּאי דּוֹחֶה הַשַּׁבָּת וְלֹא נוֹלָד כְּשֶׁהוּא מָהוּל דּוֹחֶה הַשַּׁבָּת. שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים אֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית. אָמַר ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר לֹא נֶחְלְקוּ ב"ש וּבֵית הִלֵּל עַל נוֹלָד כְּשֶׁהוּא מָהוּל שֶׁצָּרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית. עַל מַה נֶּחְלְקוּ עַל גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר כְּשֶׁהוּא מָהוּל שב"ש אוֹמְרִים צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית וב"ה אוֹמְרִים אֵין צָרִיךְ. דִּקְדֵּק רִ"י דְּמַשְׁמַע מֵהָכָא דְּיוֹתֵר צָרִיךְ הַטִּפָּה לְנוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל מִנִּתְגַּיֵּיר כְּשֶׁהוּא מָהוּל דְּהָא בְּנוֹלַד מָהוּל כ"ע לָא פְלִיגִי וּבְגֵר אִיכָּא פְּלֻוגְתָּא. וְאִם כֵּן לְקַמָּן דְּפָסַק רַב הִלְכְתָא כת"ק וּמִסְּתָמָא כְּוָותֵיהּ קָייְמִינַן דְּהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ בְּאִיסּוּרֵי. וְעוֹד מִדְּקָאָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה תֵּיתֵי לִי דַּעֲבַרִי אַדְּרַב וְכֵיוָן דְּנוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל אֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית כָּל שֶׁכֵּן גֵּר שֶׁנִּתְגַּייֵּר כְּשֶׁהוּא מָהוּל שֶׁאֵין צָרִיךְ. וּבַעַל ה"ג לֹא כָּתַב כֵּן אֶלָּא כָּתַב קָטָן אֵין צָרִיךְ וְגֵר צָרִיךְ. וּבְקָטָן נִרְאֶה וַדַּאי דְּכַדִּין פָּסַק כִּדְמוֹכַח בִּשְׁמַעְתִּין כִּדְפָרֵישִׁית. וּבְגֵר נָמֵי נִרְאֶה דִּסְמִיךְ אַהַהִיא דִּיבָמוֹת פֶּרֶק הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת דַּף מו:) דְּתַנְיָא הֲרֵי שֶׁבָּא וְאָמַר מַלְתִּי וְלֹא טָבַלְתִּי מַטְבִּילִין אוֹתוֹ וּמַה בְּכָךְ דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר אֵין מַטְבִּילִין אוֹתוֹ. ואת"ל דְּנִתְגַּיֵּיר כְּשֶׁהוּא מָהוּל אֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית אַמַּאי אֵין מַטְבִּילִין אוֹתוֹ לְר' יוֹסֵי הֲרֵי הוּא מָהוּל לְפָנֵינוּ וּמַאי נָפְקָא מִינַּהּ אֲפִילּוּ לֹא מַלְוֵהוּ בֵּית דִּין לֹא יְהֵא אֶלָּא עַרְבִי מָהוּל וְגִבְעוֹנִי מָהוּל. אֶלָּא וַדַּאי צָרִיךְ הַטָּפַת דַּם בְּרִית וּלְכָךְ אֵין מַטְבִּילִין אוֹתוֹ דְּאֵינוֹ גֵּר עַד שֶׁיִּמּוֹל וְיִטְבֹּול. וְעוֹד רְאָיָה מֵהַהוּא דִּבְפֶרֶק הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף עב.) דִּפְלִיגִי ר' אֱלִיעֶזֶר בַּר' שִׁמְעוֹן וְרַבָּנָן בְּגֵר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר כְּשֶׁהוּא מָהוּל אִם נִימּוֹל בַּיּוֹם אוֹ בַּלַּיְלָה אַלְמָא כּוּלְּהוּ מוֹדוּ דְּצָרִיךְ הַטָּפַת דַּם בְּרִית. וְנִרְאֶה דְּהַייְנוּ טַעְמָא דְּגֵר כֵּיוָן שֶׁהָיְתָה לוֹ עָרְלָה דִּין הוּא שֶׁצָּרִיךְ הַטִּפָּה יוֹתֵר מִקָּטָן שֶׁלֹּא הָיְתָה לוֹ עָרְלָה. וְהִקְשָׁה ה"ר שִׁמְשׁוֹן זַ"ל א"כ קָטָן שֶׁנִּימּוֹל תּוֹךְ שְׁמוֹנָה יִהְיֶה צָרִיךְ הַטִּפָּה כֵּיוָן שֶׁהָיְתָה לוֹ עָרְלָה וְנִימּוֹל שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ. וְאֵינוֹ כֵּן מִדְּאָמַר בְּשִׁילְהֵי פִּירְקִין קלז. דְּהֵיכָא דְּקָדַם וּמָל שֶׁל שַׁבָּת בע"ש שֶׁלֹּא נִתְּנָה שַׁבָּת לִדָּחוֹת. וְעוֹד דְּגֵר שֶׁנּוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל לֹא יְהֵא צָרִיךְ הַטִּפָּה וְלָא פְּלוּג. וּפִי' הוּא הַטַּעַם מִשּׁוּם דְּמִסְתַּבֵּר דְּבֵין גֵּר וּבֵין קָטָן צְרִיכִין הַטִּפָּה וְכֵן מוּכָח מִדְּאִיצְטְרִיךְ עָרְלָתוֹ לִמְעוּטֵי קָטָן וְדַוְקָא בְּקָטָן דְּגַלִּי גַּלִּי וּבְגֵר דְּלָא גַּלִּי לָא גַּלִּי. וְנָכְרִי שֶׁנִּכְתַּת גִּידוֹ וּבָא לְהִתְגַּייֵּר נִרְאֶה דְּמוֹדֶה ר' יוֹסֵי דְּסַגִּי לֵיהּ בִּטְבִילָה לְחוּדֵיהּ וְאֵין מִילָתוֹ מְעַכַּבְתּוֹ ע"כ שִׁיטַת ר"י זַ"ל. וְאֵלּוּ הֵן דִּבְרֵי רַב אִלְפָּס זַ"ל אִתְּמַר רַב אָמַר הֲלָכָה כת"ק וּשְׁמוּאֵל אָמַר הֲלָכָה כְּר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֱלִיעֶזֶר. אע"ג דִּפְלִיגִי רַב וּשְׁמוּאֵל בְּהָא קי"ל כְּבָתְרָאֵי דְּאִינּוּן רַבָּה וְרַב יוֹסֵף. דְּאִיתְּמַר רַבָּה אָמַר חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא. וְרַב יוֹסֵף אָמַר וַדַּאי עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא. וְאָמַר רַבָּה מְנָא אָמֵינָא לַהּ דְּתַנְיָא ר' אֱלִיעֶזֶר הַקַּפָּר אוֹמֵר לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל נוֹלָד כְּשֶׁהוּא מָהוּל שֶׁצָּרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית. עַל מַה נֶחְלְקוּ לְחַלֵּל עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת שב"ש אוֹמְרִים מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. לָאו מִכְּלָל דְּת"ק סָבַר ד"ה אֵין מְחַלְּלִין. וּמִדְּגָמַר רַבָּה דְּהוּא בָּתְרָאָה מֵהָא מַתְנִיתָא שְׁמַע מִינָּה דַּהֲלָכָה הִיא. ואע"פ דִּפְלִיג עָלֶיהָ רַב יוֹסֵף הָא קי"ל רַבָּה וְרַב יוֹסֵף הֲלָכָה כְּרַבָּה דְּאָמַר שֶׁמָּא עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא וְצָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית בְּחוֹל אֲבָל לֹא בְּשַׁבָּת דְּלָא מְחַלְּלִינַן שַׁבְּתָא מִסְּפֵיקָא. וּתְמֵיהֵנִי עַל רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁכָּתַב דַּהֲלָכָה כְּרַבָּה שֶׁהוּא בָּתְרָאָה וּבִשְׁאָר דֻּוכְתֵי כָּתַב דְּמֵאַבַּיֵּי וְרָבָא וְאֵילָךְ קי"ל דְּהִלְכְתָא כְּבָתְרָאָה אֲבָל קֹודֶם לָכֵן קי"ל כְּרַב לְגַבֵּי הַתַּלְמִיד וְאִילּוּ נֶחְלְקוּ רַבָּה וְרַב יוֹסֵף עַל רַב יְהוּדָה הָיָה הֲלָכָה כְּרַב יְהוּדָה שֶׁהָיָה רַבָּן שֶׁל רַבָּה וְרַב יוֹסֵף. כ"ש שֶׁהֲלָכָה כְּרַב רַבּוֹ שֶׁל רַב יְהוּדָה כְּנֶגֶד רַבָּה וְרַב יוֹסֵף. וְהָעוֹלָם נָהֲגוּ לְהַטִּיף מִשְּׁנֵיהֶם דַּם בְּרִית: לְרַב הַאי גָּאוֹן וְשֶׁשְּׁאַלְתֶּם נוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל צָרִיף לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית אוֹ לֹא. וְאִי צָרִיךְ לְהַטִּיף מִי מְבָרְכִינַן עָלָיו אוֹ לָא. כָּלְלוּ שֶׁל דָּבָר רַבָּנָן קַמָּאֵי הָכִי אַסְכִּימוּ שֶׁצָּרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית אֶלָּא מִיהוּ בְּנַחַת וּצְרִיכָא מִילְּתָא לְמִיבְדָּקֶיהָ יָפֶה בְּיָדַיִם וּמַרְאוֹת עֵינַיִם וְלֹא בְּפַרְזְלָא דְּלָא לִיעַייֵּק לָהּ. וְאֵין מְבָרְכִין עַל הַמִּילָה אֶלָּא אִם כֵּן נִרְאֵית לוֹ עָרְלָה כְּבוּשָׁה. וְרוֹאִין וְנִזְהָרִין הֵיאַךְ מָלִין אוֹתוֹ אִם נִרְאֵית לוֹ עָרְלָה וּמַמְתִּינִין לוֹ הַרְבֵּה וְאֵין חוֹשְׁשִׁין לַשְּׁמִינִי שֶׁלֹּא יְבִיאוּהוּ לִידֵי סַכָּנָה. אָמַר מָר וְלֹא סָפֵק דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת לְאֵיתוֹיֵי מַאי. לְאֵיתוֹיֵי הָא דת"ר בֶּן שִׁבְעָה מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת בֶּן שְׁמוֹנָה אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. סָפֵק בֶּן שִׁבְעָה סָפֵק בֶּן שְׁמוֹנָה אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת בֶּן שְׁמוֹנָה חַי הֲרֵי הוּא כְּאֶבֶן וְאָסוּר לְטַלְטְלוֹ בְּשַׁבָּת אֲבָל אִמּוֹ שׁוֹחָה עָלָיו וּמְנִיקָתוֹ מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה. וְלָאו דַּוְקָא סַכָּנָה אֶלָּא אֲפִילּוּ בִּשְׁבִיל צַעֲרָא בְּעָלְמָא מֻותָּר. וְלֹא עוֹד אֶלָּא אֲפִילּוּ לַחֲלֹוב הִיא בְּעַצְמָהּ וּלְהוֹצִיא אֶת הֶחָלָב. אע"פ שֶׁמְּלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חֲמִיר אִיסּוּרָא טְפֵי מֵאִיסּוּר טִלְטוּל. מִידֵּי דַּהֲוָה אַמֵּפִיס מֻורְסָא דְּשָׁרֵינַן מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ בִּשְׁבִיל צַעֲרָא. וְכָל זֶה אַיְירֵי שֶׁלֹּא גָּמְרוּ שְׂעָרוֹ וְצִפָּרְנָיו אֲבָל גָּמְרוּ שְׂעָרוֹ וְצִפָּרְנָיו אֲפִילּוּ הוּא יָדוּעַ שֶׁהוּא בֶּן שְׁמוֹנָה כְּגוֹן שֶׁפֵּירַשׁ מִמֶּנָּה אַחַר שֶׁבָּעַל מֻותָּר לְטַלְטְלוֹ וּלְמוּלוֹ בְּשַׁבָּת דְּפָסַק הֲלָכָה בִּיבָמוֹת פֶּרֶק הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף פ:) כַּר' פְּרָטָא דְּאָמַר דְּאִישְׁתַּהוֹיֵי אִישְׁתַּהִי:
Les Sages ont enseigné : 'Son prépuce' : (une orla) certaine repousse le Chabbat, et une douteuse ne repousse pas le Chabbat. 'Son prépuce' : certaine repousse le Chabbat, et l'androgyne ne repousse pas le Chabbat. R. Yehouda dit : l'androgyne repousse le Chabbat et il est passible de karet. 'Son prépuce' : certaine repousse le Chabbat, et celui qui est né bein hachmachot ne repousse pas le Chabbat. 'Son prépuce' : certaine repousse le Chabbat, et celui qui est né circoncis ne repousse pas le Chabbat, car Beit Chamai disent : il faut faire couler de lui le sang de l'alliance, et Beit Hillel disent : il n'est pas nécessaire de faire couler de lui le sang de l'alliance. R. Chimon ben Elazar a dit : Beit Chamai et Beit Hillel ne sont pas en désaccord au sujet de celui qui est né circoncis, qu'il faut faire couler de lui le sang de l'alliance. Sur quoi sont-ils en désaccord ? Sur le converti qui s'est converti déjà circoncis : Beit Chamai disent : il faut faire couler de lui le sang de l'alliance, et Beit Hillel disent : ce n'est pas nécessaire. Le Ri a déduit qu'il ressort d'ici que la hatafa est plus nécessaire pour celui qui est né circoncis que pour celui qui s'est converti circoncis, puisque pour le né circoncis nul ne conteste, et que pour le converti il y a discussion. S'il en est ainsi, plus loin Rav tranche la halakha selon le tana kama, et vraisemblablement nous suivons son avis, car la halakha est comme lui en matière d'interdits. De plus, R. Ada bar Ahava dit : 'Que cela me vienne, car j'ai transgressé l'avis de Rav.' Puisque celui qui est né circoncis n'a pas besoin de hatafa, à plus forte raison le converti déjà circoncis n'en a pas besoin. Mais le Baal Halakhot (Guedolot) n'a pas écrit ainsi ; il a écrit : le petit n'en a pas besoin et le converti en a besoin. Pour le petit, il semble assurément qu'il a tranché selon la règle, comme le prouve notre sougya, ainsi que je l'ai expliqué. Pour le converti aussi, il semble qu'il s'est appuyé sur ce passage de Yevamot, chapitre Ha-holets (Yevamot 46b) : il est enseigné : celui qui vient et dit 'j'ai été circoncis mais je ne me suis pas immergé', on l'immerge ; et qu'importe ? - paroles de R. Yehouda. R. Yossi dit : on ne l'immerge pas. Et si tu dis que celui qui s'est converti déjà circoncis n'a pas besoin de hatafa, pourquoi selon R. Yossi ne l'immerge-t-on pas ? Il est circoncis devant nous ! Quelle différence cela fait-il ? Même si le tribunal ne l'a pas circoncis, il ne serait pas pire qu'un Arabe circoncis ou un Guivonite circoncis. C'est donc qu'il faut assurément la hatafa, et c'est pourquoi on ne l'immerge pas, car il n'est converti qu'après avoir été circoncis et s'être immergé. Autre preuve, du chapitre Ha-arel (Yevamot 72a), où R. Eliezer fils de R. Chimon et les Sages discutent, au sujet du converti déjà circoncis, s'il doit être circoncis de jour ou de nuit : il en ressort que tous admettent qu'il faut la hatafa. Il semble que la raison soit celle-ci : le converti, puisqu'il avait une orla, mérite la hatafa davantage que le petit qui n'avait pas d'orla. R. Chimchon a objecté : s'il en est ainsi, un petit circoncis avant le huitième jour aurait besoin de hatafa, puisqu'il avait une orla et a été circoncis hors de son temps. Or il n'en est rien, comme on le dit à la fin de notre chapitre (137a) : là où l'on a devancé et circoncis la veille du Chabbat celui qui devait l'être le Chabbat, (on ne le reprend pas), car le Chabbat n'a pas été donné pour être repoussé. De plus, un converti né circoncis n'aurait pas besoin de hatafa, or on ne fait pas de distinction. Il a donc expliqué la raison ainsi : il est logique que le converti comme le petit aient besoin de hatafa, et cela se prouve du fait qu'il a fallu 'orlato' pour exclure le petit : précisément pour le petit, là où (le verset) l'a révélé, il l'a révélé ; pour le converti, où il ne l'a pas révélé, il ne l'a pas révélé. Et un non-Juif dont le membre est sectionné, qui vient se convertir : il semble que R. Yossi admet que l'immersion seule lui suffit et que sa mila ne l'en empêche pas. Fin de la méthode du Ri. Voici les paroles de Rav Alfas : il a été dit : Rav dit : la halakha est comme le tana kama ; Chmouel dit : la halakha est comme R. Chimon ben Elazar. Bien que Rav et Chmouel soient en désaccord sur ce point, nous suivons les derniers, qui sont Rabba et Rav Yossef. Car il a été dit : Rabba dit : nous craignons que ce soit une orla kvoucha ; Rav Yossef dit : c'est certainement une orla kvoucha. Et Rabba a dit : d'où je le dis ? Car il est enseigné : R. Eliezer Hakappar dit : Beit Chamai et Beit Hillel ne sont pas en désaccord au sujet de celui qui est né circoncis, qu'il faut faire couler de lui le sang de l'alliance. Sur quoi sont-ils en désaccord ? Sur la profanation du Chabbat pour lui : Beit Chamai disent : on profane pour lui le Chabbat, et Beit Hillel disent : on ne profane pas pour lui le Chabbat. N'en ressort-il pas que le tana kama pense que, selon tous, on ne profane pas ? Puisque Rabba, qui est un maître tardif, l'apprend de cette baraita, on en déduit que c'est la halakha. Et bien que Rav Yossef soit en désaccord avec lui, nous tenons qu'entre Rabba et Rav Yossef la halakha est comme Rabba, qui dit : peut-être est-ce une orla kvoucha, et il faut faire couler de lui le sang de l'alliance en semaine mais non le Chabbat, car on ne profane pas le Chabbat pour un doute. Je m'étonne de Rav Alfas, qui a écrit que la halakha est comme Rabba parce qu'il est le plus tardif, alors qu'ailleurs il a écrit qu'à partir d'Abaye et Rava nous tenons que la halakha suit le plus tardif, mais qu'avant eux nous suivons le maître face à l'élève. Si Rabba et Rav Yossef étaient en désaccord avec Rav Yehouda, la halakha serait comme Rav Yehouda, qui était le maître de Rabba et de Rav Yossef ; à plus forte raison la halakha est-elle comme Rav, maître de Rav Yehouda, face à Rabba et Rav Yossef. Et l'usage général est de faire couler le sang de l'alliance dans les deux cas. De Rav Haï Gaon : ce que vous avez demandé : celui qui est né circoncis, faut-il faire couler de lui le sang de l'alliance ou non ? Et s'il le faut, récite-t-on la bénédiction sur lui ou non ? En règle générale, les premiers maîtres se sont accordés à dire qu'il faut faire couler de lui le sang de l'alliance, mais avec douceur ; il faut bien l'examiner avec les mains et du regard, et non avec un fer, pour ne pas le faire souffrir. On ne récite la bénédiction de la mila que si une orla kvoucha lui apparaît. On observe et on prend garde à la manière de le circoncire s'il lui apparaît une orla, et on attend longtemps pour lui, sans se soucier du huitième jour, afin de ne pas l'amener au danger. Le maître a dit : 'Et une (orla) douteuse ne repousse pas le Chabbat.' Que vient-on inclure ? On vient inclure ce que les Sages ont enseigné : pour un ben 7, on profane le Chabbat ; pour un ben 8, on ne profane pas le Chabbat ; pour le doute entre ben 7 et ben 8, on ne profane pas le Chabbat. Le ben 8 vivant est comme une pierre, et il est interdit de le déplacer le Chabbat ; mais sa mère se penche sur lui et l'allaite, à cause du danger. Le danger n'est pas une condition : même pour une simple douleur, c'est permis. Bien plus, elle peut même traire elle-même son lait et le faire sortir, bien qu'une melakha she-eina tsrikha le-goufa (travail non requis pour sa finalité propre) soit un interdit plus grave que l'interdit de déplacer : c'est comme pour celui qui perce un abcès, où nous permettons une melakha she-eina tsrikha le-goufa à cause de la douleur. Tout cela concerne le cas où ses cheveux et ses ongles ne sont pas achevés ; mais si ses cheveux et ses ongles sont achevés, même s'il est connu comme ben 8 - par exemple (le mari) s'est séparé d'elle après l'avoir connue -, il est permis de le déplacer et de le circoncire le Chabbat, car la halakha est tranchée en Yevamot, chapitre Ha-arel (Yevamot 80b), selon Rabbi, qui dit : (c'est un ben 7) qui a tardé (ichtahouyei ichtahi).
💡 Explication

La Guemara demande ce qu'ajoute le premier cas de safek (doute), puisque les autres doutes sont énumérés. Réponse : l'enfant dont on ignore s'il est né à sept ou à huit mois.

Selon la conception talmudique, le ben 7 est viable, le ben 8 ne l'est pas : sa mila n'est pas une mitsva et ne repousse pas le Chabbat. Le Roch rassemble ici toute la sougya, cite le Ri, R. Chimchon, le Rif et Rav Haï Gaon, et conclut que l'usage est de pratiquer la hatafa pour le né circoncis comme pour le converti, en semaine.

🖼️ Schéma
Quel nouveau-né peut-on circoncire le Chabbat ? Nouveau-né, 8e jour tombe le Chabbat Ben 7 (7 mois) viable on profane le Chabbat Ben 8 (8 mois) réputé non viable on ne profane pas Doute 7 ou 8 safek on ne profane pas Ben 8 : comme une pierre (mouktse) interdit de le déplacer ; la mère se penche et l'allaite (danger du lait)
Ben 7, ben 8 et doute : mila le Chabbat (segments 3-4).
5
בֶּן שְׁמוֹנָה — הֲרֵי הוּא כְּאֶבֶן, וְאָסוּר לְטַלְטְלוֹ. אֲבָל אִמּוֹ שׁוֹחָה וּמְנִיקָתוֹ מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה.

Le ben 8 est comme une pierre, et il est interdit de le déplacer. Mais sa mère se penche sur lui et l'allaite, à cause du danger.

📜 Rachi (1)
מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה מִפְּנֵי שֶׁחָלָב הַרְבֵּה בְּדַדֶּיהָ וּמְבִיאָהּ לִידֵי חֹולִי:
À cause du danger : car il y a beaucoup de lait dans ses seins, et cela l'amène à la maladie.
🗂️ Tossefot (2)
בֶּן שְׁמֹנֶה הֲרֵי הוּא כְּאֶבֶן וְאָסוּר לְטַלְטְלוֹ נִרְאֶה לר"י דְּעַכְשָׁיו מֻותָּר לְטַלְטֵל כָּל תִּינוֹקוֹת שֶׁאֵין אָנוּ בְּקִיאִין וְכֻולָּם כְּמוֹ סָפֵק בֶּן ח' סָפֵק בֶּן ט' וּפְעָמִים שֶׁהָאִשָּׁה מִתְעַבֶּרֶת סָמוּךְ לִטְבִילָתָהּ וּפְעָמִים שֶׁאֵינָהּ מִתְעַבֶּרֶת וּמֻותָּר לְמוּלוֹ בְּשַׁבָּת ממ"נ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (שַׁבָּת דַּף קלו.) אֲפִילּוּ הוּא בֶּן שְׁמֹנָה וַדַּאי כְּגוֹן שֶׁלֹּא בָּא עַל אִשְׁתּוֹ אֶלָּא פַּעַם אַחַת וּפֵירֵשׁ וְיָלְדָה לְסוֹף ח' אֲפִילּוּ הָכֵי נִרְאֶה לר"י דְּמֻותָּר לְטַלְטְלוֹ וּלְמוּלוֹ בְּשַׁבָּת אִם אֵין רֵיעוּתָא בִּשְׂעָרוֹ וּבְצִיפָּרְנָיו כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף פ:) דְּאָמְרִינַן הַאי בַּר שִׁבְעָה הוּא וְאִישְׁתַּהוֹיֵי אִישְׁתַּהִי:
Le ben 8 est comme une pierre et il est interdit de le déplacer : il semble au Ri qu'aujourd'hui il est permis de déplacer tous les nourrissons, car nous ne sommes pas experts, et ils sont tous comme un doute ben 8 ou ben 9 : parfois la femme conçoit juste après son immersion, parfois non. Et il est permis de le circoncire le Chabbat de toute façon, comme on le dit plus loin (Chabbat 136a). Même s'il est un ben 8 certain, par exemple (le mari) n'a eu de rapport avec sa femme qu'une seule fois, s'est séparé d'elle, et elle a enfanté à la fin du huitième mois, il semble au Ri qu'il est permis de le déplacer et de le circoncire le Chabbat s'il n'y a pas de défaut dans ses cheveux et ses ongles, comme il est dit au chapitre Ha-arel (Yevamot 80b), où l'on dit : celui-ci est un ben 7 qui a tardé.
מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה סַכָּנַת חָלָב כְּשֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה בַּדָּדִין וְלָא חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא תְּטַלְטֵל אוֹתוֹ וְלֹא יָדַע רַשְׁבָּ"א מַאי אִירְיָא מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה דַּאֲפִילּוּ לֹא יְהֵא אֶלָּא צַעֲרָא בְּעָלְמָא מֻותָּר אֲפִילּוּ הִיא לַחֲלֹוב עַצְמָהּ וּלְהוֹצִיא חָלָב שֶׁבַּדַּדִּין אע"פ שֶׁהִיא מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ דַּחֲמִיר אִיסּוּרָא טְפֵי מֵאִיסּוּר טִלְטוּל נִרְאֶה דְּשָׁרֵי מִידֵּי דַּהֲוָה אַמֵּפִיס מֻורְסָא דְּשָׁרֵינַן מִשּׁוּם צַעֲרָא:
À cause du danger : danger du lait, quand il y en a beaucoup dans les seins ; et on ne craint pas qu'elle le déplace. Le Rachba ne savait pas pourquoi on précise 'à cause du danger' : même s'il n'y a qu'une simple douleur, c'est permis. Même de traire elle-même et de faire sortir le lait des seins, bien que ce soit une melakha she-eina tsrikha le-goufa, qui est un interdit plus grave que l'interdit de déplacer, il semble que ce soit permis, comme pour celui qui perce un abcès, ce que nous permettons à cause de la douleur.
💡 Explication

Le ben 8, réputé non viable, a le statut de mouktse (objet qu'on ne déplace pas le Chabbat), comme une pierre. L'allaitement reste permis : la mère se penche sans le soulever, pour éviter la douleur ou la maladie causée par l'excès de lait.

Tossefot note qu'en pratique on ne sait plus déterminer la durée de grossesse ; tout nourrisson est donc traité comme viable.

6
אִיתְּמַר, רַב אָמַר: הֲלָכָה כְּתַנָּא קַמָּא, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר.

Il a été dit : Rav dit : la halakha est comme le tana kama ; et Chmouel dit : la halakha est comme R. Chimon ben Elazar.

📜 Rachi (1)
כת"ק אַלִּיבָּא דב"ה דְּאָמַר א"צ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית:
Comme le tana kama : selon Beit Hillel, qui dit qu'il n'est pas nécessaire de faire couler de lui le sang de l'alliance.
💡 Explication

Rav : pour le né circoncis, pas de hatafa (version du tana kama, selon Beit Hillel). Chmouel : tous exigent la hatafa (version de R. Chimon ben Elazar).

7
רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אִתְיְלִיד לֵיהּ הָהוּא יָנוֹקָא כְּשֶׁהוּא מָהוּל. אַהְדְּרֵיהּ אַתְּלֵיסַר מָהוֹלָאֵי, עַד דְּשַׁוְּייֵהּ כְּרוּת שָׁפְכָה. אֲמַר: תֵּיתֵי לִי, דְּעָבְרִי אַדְּרַב.

À Rav Ada bar Ahava naquit un enfant circoncis. Il le fit passer par treize circonciseurs (mohalim), jusqu'à ce qu'il le rende kerout chofkha (au canal urinaire sectionné).

Il dit : 'Que cela me vienne, car j'ai transgressé l'avis de Rav.'

📜 Rachi (3)
אַהְדְּרֵיהּ אַתְּלֵיסַר מָהוֹלָאֵי שֶׁיַּטִּיפוּ מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית וְלֹא רָצוּ מִשּׁוּם דְּשַׁבָּת הֲוַאי וַאֲפִילּוּ לב"ש סָפֵק הוּא וְאֵין מְחַלְּלִין:
Il le fit passer par treize circonciseurs : pour qu'ils fassent couler de lui le sang de l'alliance ; ils ne voulurent pas, car c'était Chabbat, et même selon Beit Chamai c'est un doute et on ne profane pas.
עַד דְּשַׁווְּיֵהּ כְּרוּת שָׁפְכָה וְהוּא עַצְמוֹ מָלוּ וַעֲשָׂאוֹ כְּרוּת שָׁפְכָה שֶׁחָתַךְ מִן הַגִּיד:
Jusqu'à ce qu'il le rende kerout chofkha : il le circoncit lui-même et le rendit kerout chofkha, car il coupa dans le membre.
אַדְּרַב דְּאָמַר א"צ לְהַטִּיף:
L'avis de Rav : qui dit qu'il n'est pas nécessaire de faire couler (le sang).
💡 Explication

Récit : l'enfant de Rav Ada bar Ahava naquit circoncis. Les circonciseurs refusèrent d'agir le Chabbat ; il le fit lui-même et blessa l'enfant. Il reconnut sa faute : il avait agi contre l'avis de Rav, selon lequel aucune hatafa n'est requise.

8
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: וְאַדִּשְׁמוּאֵל לֹא עָבַר?! אֵימַר דְּאָמַר שְׁמוּאֵל בַּחוֹל, בְּשַׁבָּת מִי אָמַר? הוּא סָבַר, וַדַּאי עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא. דְּאִיתְּמַר, רַבָּה אָמַר: חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא. רַב יוֹסֵף אָמַר: וַדַּאי עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא.

Rav Nahman lui dit : et l'avis de Chmouel, ne l'a-t-il pas transgressé ? Dis que Chmouel l'a dit en semaine ; le Chabbat, l'a-t-il dit ?

(La Guemara explique :) Lui pensait qu'il s'agit certainement d'une orla kvoucha. Car il a été dit : Rabba dit : nous craignons que ce soit une orla kvoucha.

Rav Yossef dit : c'est certainement une orla kvoucha.

📜 Rachi (4)
בְּשַׁבָּת מִי אָמַר הָא סְפֵיקָא הוּא:
Le Chabbat, l'a-t-il dit ? : c'est un doute.
וְהוּא סָבַר רַב אַדָּא סָבַר דְּוַדַּאי עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא וּמְחַלְּלִינַן:
Lui pensait : Rav Ada pensait que c'est certainement une orla kvoucha, et qu'on profane (le Chabbat).
חָייְשִׁינַן הָא דְּאָמַר ר"ש בֶּן אֶלְעָזָר לְדִבְרֵי הַכֹּל צָרִיךְ לְהַטִּיף אַסְּפֵיקָא קָאָמַר וּבְחוֹל שֶׁמָּא עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא וּלְעִנְיַן שַׁבָּת נָמֵי וַדַּאי לָא מְחַלְּלִינַן:
Nous craignons : ce qu'a dit R. Chimon ben Elazar, que selon tous il faut faire couler (le sang), il l'a dit par doute : en semaine, (on le fait) peut-être est-ce une orla kvoucha ; et pour le Chabbat, on ne profane certainement pas.
וַדַּאי עָרְלָה כְּבוּשָׁה הִיא וּמְחַלְּלִינַן:
C'est certainement une orla kvoucha : et on profane (le Chabbat).
💡 Explication

Rav Nahman objecte : même selon Chmouel, on ne fait pas la hatafa le Chabbat. La Guemara répond que Rav Ada suivait l'avis que l'orla kvoucha est une certitude.

Rabba : l'orla kvoucha est un doute (hatafa en semaine seulement). Rav Yossef : c'est une certitude (hatafa même le Chabbat).

9
אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אֲמִינָא לַהּ — דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַקַּפָּר אוֹמֵר: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל נוֹלָד כְּשֶׁהוּא מָהוּל — שֶׁצָּרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית, עַל מַה נֶחְלְקוּ — לְחַלֵּל עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. לָאו מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת?!

Rav Yossef dit : d'où je le dis ? Car il est enseigné : R.

Eliezer Hakappar dit : Beit Chamai et Beit Hillel ne sont pas en désaccord au sujet de celui qui est né circoncis, qu'il faut faire couler de lui le sang de l'alliance. Sur quoi sont-ils en désaccord ?

Sur la profanation du Chabbat pour lui : Beit Chamai disent : on profane pour lui le Chabbat ; et Beit Hillel disent : on ne profane pas pour lui le Chabbat. N'en ressort-il pas que le tana kama pense qu'on profane pour lui le Chabbat ?

📜 Rachi (1)
לָאו מִכְּלָל דת"ק דְּר' אֱלִיעֶזֶר הַקַּפָּר סָבַר דִּבְרֵי הַכֹּל מְחַלְּלִין וַאֲנָא דְּאָמְרִי כְּוָותֵיהּ:
N'en ressort-il pas que le tana kama : de R. Eliezer Hakappar pense que selon tous on profane ; et moi je parle selon lui.
🗂️ Tossefot (1)
מִכְּלָל דְּת"ק סָבַר ד"ה מְחַלְּלִין ר' אֱלִיעֶזֶר הַקַּפָּר ור"ש בֶּן אֶלְעָזָר תַּרְוַוייְהוּ קָייְמִי את"ק וה"ק לֵיהּ ר"א הַקַּפָּר לר"ש בֶּן אֶלְעָזָר לֹא כָּךְ יֵשׁ לְהָשִׁיב עַל דִּבְרֵי ת"ק אֶלָּא הָכִי אִית לָן לְמֵימַר לֹא נֶחְלְקוּ כו' וְהַשְׁתָּא דִּיֵּיק שַׁפִּיר מִכְּלָל דְּת"ק סָבַר וְכוּ'. פֵּירוּשׁ רַשְׁבָּ"א:
N'en ressort-il pas que le tana kama pense que selon tous on profane : R. Eliezer Hakappar et R. Chimon ben Elazar se réfèrent tous deux au tana kama. Voici ce que R. Eliezer Hakappar dit à R. Chimon ben Elazar : ce n'est pas ainsi qu'il faut répondre aux paroles du tana kama ; il faut dire : ils ne sont pas en désaccord, etc. Ainsi la déduction 'il en ressort que le tana kama pense...' est correcte. Explication du Rachba.
💡 Explication

Rav Yossef tire sa preuve de R. Eliezer Hakappar, qui situe la discussion sur le Chabbat. Selon Rav Yossef, le tana kama que R. Eliezer contredit pensait que tous permettent de profaner le Chabbat : l'orla kvoucha serait donc une certitude.

🖼️ Schéma
La preuve de Rav Yossef et sa réfutation R. Eliezer Hakappar : on discute seulement du Chabbat Inférence de Rav Yossef : le tana kama pense : tous profanent Objection : peut-être le tana kama dit tous ne profanent pas ? Rejet : R. Eliezer viendrait alors enseigner la seule raison de Beit Chamai ? Réponse : il vise la semaine - BS et BH ne discutent pas que la hatafa est requise ; la preuve tombe
Preuve de Rav Yossef, objection et réponse (segments 8-9).
10
וְדִילְמָא תַּנָּא קַמָּא דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין מְחַלְּלִין קָאָמַר! אִם כֵּן — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַקַּפָּר טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן? דִּילְמָא הָכִי קָאָמַר: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל בְּדָבָר זֶה.

Et peut-être le tana kama dit-il : selon tous on ne profane pas ! S'il en est ainsi, R.

Eliezer Hakappar viendrait-il nous enseigner la raison de Beit Chamai ? Peut-être dit-il ceci : Beit Chamai et Beit Hillel ne sont pas en désaccord sur cette chose.

📜 Rachi (1)
ה"ג וּמִמַּאי דִּילְמָא מִכְּלָל דְּת"ק סָבַר דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין מְחַלְּלִין א"כ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר טַעְמָא דב"ש אֲתָא לְאַשְׁמְעִינַן כו' א"כ דִּתְנָא לְעֵיל מִינֵּיהּ אָמַר דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין מְחַלְּלִין ר' אֱלִיעֶזֶר הַקַּפָּר דַּאֲתָא לְאִיפְּלוֹגֵי וּלְמֵימַר דְּלָאו דִּבְרֵי הַכֹּל הוּא דְּהָא לב"ש מְחַלְּלִין מַאי רְבוּתָא אַשְׁמְעִינַן דב"ש פְּלִיגִי בָּהּ הָא ב"ש בִּמְקוֹם ב"ה אֵינָהּ מִשְׁנָה וּמִשָּׁנֵינַן דִּילְמָא הָכִי קָאָמַר ר' אֱלִיעֶזֶר לת"ק דְּאָמַר בְּשַׁבָּת לְדִבְרֵי הַכֹּל אֵין מְחַלְּלִין וּפְלֻוגְתַּייְהוּ בְּחוֹל דלב"ה א"צ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית הָא לֵיתָא דְּלָא נֶחְלְקוּ בְּדָבָר זֶה אֶלָּא וַדַּאי צָרִיךְ וּבְשַׁבָּת הוּא דִּפְלִיגִי וְטַעֲמָא דב"ה אֲתָא לְאַשְׁמְעִינַן דִּבְחֹול צָרִיךְ וּלְאַפּוֹקֵי מָתָ"ק דְּאָמַר לב"ה לֹא צָרִיךְ:
Voici notre version : 'Et d'où (le sais-tu) ? Peut-être ressort-il que le tana kama pense : selon tous on ne profane pas. S'il en est ainsi, R. Eliezer viendrait nous enseigner la raison de Beit Chamai', etc. S'il en est ainsi que le tana kama qui le précède a dit : selon tous on ne profane pas, alors R. Eliezer Hakappar, qui vient contester et dire que ce n'est pas l'avis de tous, puisque pour Beit Chamai on profane, quelle nouveauté nous enseigne-t-il en disant que Beit Chamai sont en désaccord sur ce point ? L'avis de Beit Chamai face à Beit Hillel n'est pas une michna (il n'a pas de valeur halakhique). Et nous répondons : peut-être R. Eliezer dit-il ceci au tana kama, qui dit que le Chabbat tous admettent qu'on ne profane pas, et que leur discussion porte sur la semaine, où selon Beit Hillel il n'est pas nécessaire de faire couler de lui le sang de l'alliance : cela n'est pas, car ils ne sont pas en désaccord sur cette chose ; il faut assurément (la hatafa), et c'est sur le Chabbat qu'ils discutent. Il vient nous enseigner la raison de Beit Hillel, que (la hatafa) est requise en semaine, à l'encontre du tana kama qui dit que selon Beit Hillel elle n'est pas requise.
💡 Explication

La Guemara réfute la preuve. Peut-être le tana kama pense-t-il que tous interdisent le Chabbat. Objection : R. Eliezer n'aurait alors rien apporté sinon l'avis de Beit Chamai, sans valeur halakhique face à Beit Hillel. Réponse : son apport concerne la semaine, où Beit Hillel aussi exigent la hatafa.

11
אָמַר רַבִּי אַסִּי כָּל שֶׁאִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה — נִימּוֹל לִשְׁמוֹנָה, וְכֹל שֶׁאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה — אֵין נִימּוֹל לִשְׁמֹנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִשָּׁה כִּי תַזְרִיעַ וְיָלְדָה זָכָר וְטָמְאָה וְגוֹ׳ וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל בְּשַׂר עָרְלָתוֹ״.

R. Assi a dit : tout enfant dont la mère est impure de naissance (toumat leida) est circoncis au huitième jour ; et tout enfant dont la mère n'est pas impure de naissance n'est pas circoncis au huitième jour, comme il est dit : 'Une femme, si elle conçoit et enfante un mâle, sera impure... et au huitième jour on circoncira la chair de son prépuce' (Vayikra 12, 2-3).

📜 Rachi (1)
כֹּל שֶׁאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה כְּגוֹן יוֹצֵא דֹּופֶן וְנָכְרִית שֶׁיָּלְדָה וּלְמָחָר נִתְגַּייְּרָה אֵין בְּנָהּ מַמְתִּין עַד שְׁמֹנָה אֶלָּא נִימּוֹל מִיָּד:
Tout enfant dont la mère n'est pas impure de naissance : par exemple le yotse dofen (né par césarienne), ou une non-Juive qui a enfanté et s'est convertie le lendemain : son fils n'attend pas jusqu'au huitième jour, il est circoncis immédiatement.
💡 Explication

R. Assi lie deux lois du même passage (Vayikra 12) : l'impureté de la mère après l'accouchement et la mila au huitième jour. Sans toumat leida, la mila n'est pas fixée au huitième jour ; Rachi précise qu'elle se fait aussitôt.

🖼️ Schéma
Règle de R. Assi : impureté de la mère et 8e jour La mère est-elle impure de naissance (toumat leida) ? Oui mila au 8e jour Non (césarienne ; mère convertie après la naissance) : pas lié au 8e jour Abaye : les premières générations (avant Sinaï) sans toumat leida, mila au 8e jour - à suivre en 135b
Règle de R. Assi et objection d'Abaye (segments 10-12).
12
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: דּוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים יוֹכִיחוּ, שֶׁאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה, וְנִימּוֹל לִשְׁמֹנָה!

Abaye lui dit : les premières générations le prouvent : la mère n'était pas impure de naissance, et (l'enfant) était circoncis au huitième jour !

📜 Rachi (1)
דּוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים מֵאַבְרָהָם עַד מַתַּן תּוֹרָה שֶׁנִּתְּנָה מִילָה וְלֹא נָהֲגוּ טֻומְאָה:
Les premières générations : d'Avraham jusqu'au don de la Torah : la mila avait été donnée, et on ne pratiquait pas l'impureté (de naissance).
💡 Explication

Abaye objecte : depuis Avraham, la mila se faisait au huitième jour, alors que les lois d'impureté n'ont été données qu'au Sinaï.

13
אֲמַר לֵיהּ: נִתְּנָה תּוֹרָה,

Il lui dit : la Torah a été donnée,

💡 Explication

Début de la réponse de R. Assi, qui se poursuit en 135b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).