Shabbat 135b — Circoncision au huitième jour : le principe de Rav Assi et l'esclave ne à la maison

Shabbat 135b

Sougya : Rav Assi fait dépendre la circoncision au huitième jour de l'impureté de la mère après l'accouchement. La Guemara l'oppose à la discussion de Rav Houna et Rav Hiya bar Rav sur l'enfant né par césarienne, et répond que le huitième jour et la permission du Chabbat vont ensemble.

Elle rattache ensuite le principe à une baraita sur l'esclave ne à la maison (yelid bayit) et l'esclave acheté (miknat kessef), circoncis à un jour ou à huit jours, ou Rabbi Hama suit le critère de l'immersion de la servante. Rava, Rabbi Yirmeya et Rav Mesharshia cherchent comment le Tanna kamma explique chaque cas.

Le daf s'achève sur l'enseignement de Rabban Chimon ben Gamliel : trente jours pour l'homme, huit pour l'animal, avant d'être hors de doute de nefel.

Le principe de Rav Assi : déroulement de la discussion Rav Assi (135a) : mère impure par l'accouchement -> circoncis au 8e jour ; sinon -> tout de suite Abaye : les générations d'avant Sinaï ? Réponse : la Torah fut donnée, halakha nouvelle Objection : ne par césarienne / deux prépuces Rav Houna et Rav Hiya bar Rav : seul le Chabbat est discuté Réponse : ceci dépend de cela 8e jour et Chabbat vont ensemble Comme des Tannaim : Tanna kamma vs Rabbi Hama (yelid bayit / miknat kessef, à 1 ou à 8) Rava : selon le Tanna kamma, où trouver le yelid bayit circoncis à 1 ? R. Yirmeya : achat pour le foetus -> mais si kinyan peirot = kinyan ha-gouf ? R. Mesharshia : sans immersion Roch : circoncis au 8e jour, mais on ne profane pas le Chabbat pour lui
Le principe de Rav Assi, les objections d'Abaye et de la Guemara, et le rattachement à une discussion de Tannaim.
Esclave ne à la maison / esclave acheté : circoncis à 1 jour ou à 8 jours ? Cas Tanna kamma Rabbi Hama (selon Rava) Yelid bayit circoncis à 8 La servante conçoit chez lui et enfante chez lui Il l'immerge, puis elle enfante Yelid bayit circoncis à 1 Difficile ! R. Yirmeya : achat pour le foetus ; R. Mesharshia : à condition de ne pas l'immerger Elle enfante, puis il l'immerge Miknat kessef circoncis à 8 Achetée enceinte, elle enfante chez lui Achetée enceinte, immergée, puis elle enfante Miknat kessef circoncis à 1 Achetée avec son enfant déjà né L'un achète la servante, l'autre son foetus Critère de Rabbi Hama : la mère est-elle impure par l'accouchement (immergée avant la naissance) ? Critère commun : l'enfant est-il "semblable à lakhem" (né dans le domaine d'un Israélite) ?
Les quatre cas de la baraita : esclave ne à la maison ou acheté, circoncis à un jour ou à huit jours.
1
וְנִתְחַדְּשָׁה הֲלָכָה.

et une halakha nouvelle est apparue.

📜 Rachi (1)
וְנִתְחַדְּשָׁה הֲלָכָה דָּמֵי שֶׁאִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה נִימּוֹל בְּח' וְלֹא אַחֵר:
Et une halakha nouvelle est apparue : que [l'enfant] dont la mère est impure par l'accouchement est circoncis au huitième [jour], et pas un autre.
💡 Explication

Fin de la réponse commencée sur 135a. Rav Assi pose que seul l'enfant dont la mère devient teme'a leida (impure par l'accouchement) attend le huitième jour ; sinon on le circoncit aussitôt. Abaye objecte que les générations d'avant Sinaï étaient circoncises au huitième jour sans que les lois d'impureté existent. Réponse : la Torah a été donnée, et avec elle une halakha nouvelle ; on ne tire pas de preuve de la pratique antérieure.

2
אֵינִי? וְהָא אִיתְּמַר: יוֹצֵא דֹּופֶן וּמִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁתֵּי עֲרָלוֹת, רַב הוּנָא וְרַב חִייָּא בַּר רַב, חַד אָמַר: מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. וְחַד אָמַר: אֵין מְחַלְּלִין. עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי אֶלָּא לְחַלֵּל עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת, אֲבָל לִשְׁמֹנָה — וַדַּאי מָהֲלִינַן לֵיהּ! הָא בְּהָא תַּלְיָא.

Est-ce vrai ? Mais il a été dit : [l'enfant] né par le flanc (yotse dofen, par césarienne) et celui qui a deux prépuces : Rav Houna et Rav Hiya bar Rav [divergent].

L'un dit : on profane le Chabbat pour lui ; l'autre dit : on ne le profane pas. Ils ne divergent que sur la profanation du Chabbat pour lui ; mais au huitième [jour], on le circoncit certainement ! — Ceci dépend de cela.

📜 Rachi (4)
יוֹצֵא דֹּופֶן שֶׁנִּקְרַעַת אִמּוֹ:
Né par le flanc : [né] quand on a ouvert [le ventre de] sa mère.
שְׁתֵּי עֲרֵלוּת שְׁנֵי עוֹרוֹת זֶה עַל זֶה וְאָמְרִי לָהּ שְׁנֵי גִּידִין:
Deux prépuces : deux peaux l'une sur l'autre ; et certains disent : deux membres.
אֲבָל לִשְׁמֹנָה וַדַּאי מָהֲלִינַן ואע"ג דְּיוֹצֵא דֹּופֶן אֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה:
Mais au huitième, on le circoncit certainement : bien que, pour l'enfant né par le flanc, sa mère ne soit pas impure par l'accouchement.
הָא בְּהָא תַּלְיָא וְחִילּוּל שַׁבָּת תָּלֵי בְּמִילָה לַח' דָּמֵי שֶׁנִּימּוֹל לַח' דּוֹחֶה שַׁבָּת וּמִי שֶׁאֵינוֹ נִימּוֹל לְח' אֵינוֹ דּוֹחֶה הַשַּׁבָּת דְּכִי כְּתִיב וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי דְּיָלְפִינַן מִינֵּיהּ וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת בְּנִימּוֹל לַח' כְּתִיב:
Ceci dépend de cela : la profanation du Chabbat dépend de la circoncision au huitième [jour]. Celui qui est circoncis au huitième [jour], [sa mila] repousse le Chabbat ; et celui qui n'est pas circoncis au huitième ne repousse pas le Chabbat. Car [le verset] "et au huitième jour", dont nous apprenons "même le Chabbat", est écrit au sujet de celui qui est circoncis au huitième.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַבָּה אָמַר ר' אַסִּי כָּל שֶׁאִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה נִימּוֹל לִשְׁמוֹנָה וְכֹל שֶׁאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה אֵין נִימּוֹל לִשְׁמֹונָה דִּכְתִיב אִשָּׁה כִּי תַּזְרִיעַ וְיָלְדָה זָכָר וְגוֹ' וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי דּוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים יוֹכִיחוּ שֶׁאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה וְנִימּוֹל לִשְׁמֹונָה. אֲמַר לֵיהּ נִיתְּנָה תּוֹרָה וְנִתְחַדְּשָׁה הֲלָכָה. אִינִי וְהָא אִיתְּמַר יוֹצֵא דֹּופֶן וּמִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁתֵּי עֲרָלוֹת רַב הוּנָא וְרַב חִייָּא בַּר אַבָּא חַד אָמַר מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת וְחַד אָמַר אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי אֶלָּא לְחַלֵּל עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת אֲבָל לִשְׁמֹונָה וַדַּאי מָהֲלִינַן לֵיהּ. הָא בְּהָא תַּלְיָא. כְּתַנָּאֵי יֵשׁ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד וְיֵשׁ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה. יֵשׁ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד וְיֵשׁ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה. מִקְנַת כֶּסֶף הַנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה כֵּיצַד לָקַח שִׁפְחָה וְעֻובָּרָהּ עִמָּהּ זֶהוּ מִקְנַת כֶּסֶף הַנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה. לָקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ עִמָּהּ זֶהוּ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד. לָקַח שִׁפְחָה וְנִתְעַבְּרָה אֶצְלוֹ וְיָלְדָה אֶצְלוֹ זֶהוּ יְלִיד בַּיִת הַנִּימּוֹל לִשְׁמֹונָה. ר' חֲמָא אָמַר יָלְדָה וְאַחַר כָּךְ הִטְבִּילָהּ זֶהוּ יְלִיד בַּיִת הַנִּימּוֹל לְאֶחָד. הִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה. אָמַר רָבָא בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי חָמָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לְאֶחָד יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לִשְׁמוֹנָה כִּדְקָתָנֵי. מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לִשְׁמֹונָה כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה וְעֻובָּרָהּ עִמָּהּ מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לְאֶחָד כְּגוֹן שֶׁלָּקַח זֶה שִׁפְחָה וְזֶה עֻובָּרָהּ אֶלָּא לת"ק בִּשְׁלָמָא כּוּלְּהוּ מַשְׁכַּחַת לָהּ אֶלָּא יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לְאֶחָד הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. א"ר יִרְמְיָה בְּלוֹקֵחַ שִׁפְחָה לְעֻובָּרָהּ. הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר קִנְיַן פֵּירוֹת לָאו כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי מַאי אִיכָּא לְמֵימַר. אָמַר רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּלוֹקֵחַ שִׁפְחָה עַל מְנָת שֶׁלֹּא לְהַטְבִּילָהּ. בְּהָא מִילְּתָא פְּלִיגִי רַב הוּנָא וְרַב חִייָּא בַּר רַב ומ"ד אֵין מְחַלְּלִין אֶת הַשַּׁבָּת כְּרַב אַסִּי וַהֲוָה לֵיהּ רַבִּים כְּנֶגֶד יָחִיד. וּמִדְּמוּקֵי לָהּ כְּתַנָּאֵי וְסָבְרִי רַבָּנָן דָּר' חֵמָא דְּנִימּוֹל לִשְׁמוֹנָה אע"פ שֶׁאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה מַשְׁמַע דְּאֵין הֲלָכָה כַּר' אַסִּי. דְּהָנְהוּ אָמוֹרָאֵי לָא שְׁמִיעָא לְהוּ הַךְ בָּרַיְיתָא דְּאִי הֲוָה שְׁמִיעַ לְהוּ לָא הֲווּ אָמְרִי מֵימְרָא מִפִּי עַצְמָן אֶלָּא מַר הֲוָה אָמַר הֲלָכָה כְּהַךְ תַּנָּא וּמַר הֲוָה אָמַר הֲלָכָה כְּאִידָךְ תַּנָּא. וְכֵיוָן דְּלָא שֹׁמֵיעַ לְהוּ אֶפְשָׁר דְּאִי הֲוָה שְׁמִיעַ לְהוּ לָא הֲווּ פְּלִיגִי אֶלָּא הֲווּ אָמְרִי כֵּיוָן דִּפְלִיגִי רַבָּנָן עֲלֵיהּ דְּר' חֲמָא הֲלָכָה כְּרַבִּים. וּבַעַל הֲלָכוֹת נִסְתַּפֵּק בְּדָבָר. הִלְכָּךְ נִימּוֹל לְח' וְאֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת:
Rabba a dit au nom de Rabbi Assi : tout [enfant] dont la mère est impure par l'accouchement est circoncis au huitième [jour], et tout [enfant] dont la mère n'est pas impure par l'accouchement n'est pas circoncis au huitième, car il est écrit : "Une femme, quand elle concevra et enfantera un mâle..." et "au huitième jour sera circoncise [la chair de son prépuce]" (Vayikra 12, 2-3). Abaye lui dit : les premières générations prouvent [le contraire] : [la mère] n'était pas impure par l'accouchement, et [l'enfant] était circoncis au huitième. Il lui répondit : la Torah a été donnée et une halakha nouvelle est apparue. Est-ce vrai ? Mais il a été dit : [l'enfant] né par le flanc et celui qui a deux prépuces, Rav Houna et Rav Hiya bar Abba [divergent] : l'un dit qu'on profane le Chabbat pour lui, l'autre dit qu'on ne profane pas le Chabbat pour lui. Ils ne divergent que sur la profanation du Chabbat pour lui ; mais au huitième [jour], on le circoncit certainement ! — Ceci dépend de cela. C'est comme [une discussion de] Tannaim : il y a un yelid bayit (esclave ne à la maison) circoncis à un [jour] et il y a un yelid bayit circoncis à huit ; il y a un miknat kessef (esclave acheté à prix d'argent) circoncis à un [jour] et il y a un miknat kessef circoncis à huit. Le miknat kessef circoncis à huit, comment ? S'il a acheté une servante et son foetus avec elle, c'est le miknat kessef circoncis à huit. S'il a acheté une servante et son enfant avec elle, c'est le miknat kessef circoncis à un. S'il a acheté une servante, qu'elle a conçu chez lui et enfanté chez lui, c'est le yelid bayit circoncis à huit. Rabbi Hama dit : si elle a enfanté et qu'ensuite il l'a fait immerger, c'est le yelid bayit circoncis à un ; s'il l'a fait immerger et qu'ensuite elle a enfanté, c'est le yelid bayit circoncis à huit. Rava a dit : cela se comprend selon Rabbi Hama : on trouve le yelid bayit circoncis à un et le yelid bayit circoncis à huit comme il l'enseigne ; le miknat kessef circoncis à huit, par exemple s'il a acheté une servante et son foetus avec elle ; le miknat kessef circoncis à un, par exemple si l'un a acheté la servante et l'autre son foetus. Mais selon le Tanna kamma, tous les cas se trouvent, mais le yelid bayit circoncis à un, comment le trouver ? Rabbi Yirmeya a dit : quand on achète une servante pour son foetus. Cela va bien pour celui qui dit que l'acquisition des fruits (kinyan peirot) n'équivaut pas à l'acquisition du fond (kinyan ha-gouf) ; mais pour celui qui dit qu'elle y équivaut, que peut-on dire ? Rav Mesharshia a dit : quand on achète une servante à condition de ne pas la faire immerger. C'est sur ce point que divergent Rav Houna et Rav Hiya bar Rav, et celui qui dit qu'on ne profane pas le Chabbat suit Rav Assi ; c'est donc [un avis de] la majorité contre un seul. Et puisque [la Guemara] l'établit comme une discussion de Tannaim, et que les Sages [en désaccord avec] Rabbi Hama pensent qu'il est circoncis au huitième bien que sa mère ne soit pas impure par l'accouchement, il en ressort que la halakha ne suit pas Rabbi Assi. Car ces Amoraim ne connaissaient pas cette baraita : s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas énoncé un avis de leur propre chef, mais l'un aurait dit : la halakha suit ce Tanna, et l'autre : la halakha suit l'autre Tanna. Et puisqu'ils ne la connaissaient pas, il est possible que, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas divergé, mais auraient dit : puisque les Sages divergent de Rabbi Hama, la halakha suit la majorité. Et le Baal Halakhot [Guedolot] est resté dans le doute sur ce point. C'est pourquoi il est circoncis au huitième [jour], et on ne profane pas le Chabbat pour lui.
💡 Explication

La Guemara objecte à Rav Assi : pour l'enfant yotse dofen (né par césarienne), la mère n'est pas impure par l'accouchement, et pourtant Rav Houna et Rav Hiya bar Rav semblent tous deux d'accord qu'on le circoncit au huitième jour ; ils ne discutent que du Chabbat.

Réponse : ha be-ha talia, les deux questions sont liées. La permission de circoncire le Chabbat vient du verset "et au huitième jour" ; elle ne vaut donc que pour un enfant soumis à l'obligation du huitième jour. Celui qui interdit de profaner le Chabbat pense aussi qu'il n'y a pas d'obligation du huitième jour, comme Rav Assi.

Le Roch conclut : la halakha ne suit pas Rav Assi, mais par doute on ne profane pas le Chabbat ; l'enfant né par césarienne est circoncis au huitième jour en semaine seulement.

3
כְּתַנָּאֵי: יֵשׁ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד וְיֵשׁ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמֹנָה, יֵשׁ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד וְיֵשׁ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמֹנָה.

C'est comme [une discussion de] Tannaim : il y a un yelid bayit (esclave ne à la maison) qui est circoncis à un [jour], et il y a un yelid bayit qui est circoncis à huit [jours] ; il y a un miknat kessef (esclave acquis à prix d'argent) qui est circoncis à un [jour], et il y a un miknat kessef qui est circoncis à huit [jours].

📜 Rachi (3)
כְּתַנָּאֵי הָא דְרַב אַסִּי:
C'est comme [une discussion de] Tannaim : ce [principe] de Rav Assi.
ה"ג הָא מִילְּתָא בִּשְׁאִלְתּוֹת דְּרַב אַחַאי כֵּיצַד לָקַח שִׁפְחָה וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה זֶהוּ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה לָקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ עִמָּהּ זֶהוּ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד לָקַח שִׁפְחָה וְנִתְעַבְּרָה אֶצְלוֹ וְיָלְדָה זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לַח' רַבִּי חָמָא אוֹמֵר הִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לַח' יָלְדָה וְאַחַ"כּ הִטְבִּילָהּ זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לָא' בִּשְׁלָמָא לְר' חֵמָא מַשְׁכַּחַת לָהּ יְלִיד בַּיִת כִּדְקָתָנֵי מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמֹנָה כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה נִימּוֹל לְא' נָמֵי כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ עִמָּהּ אֶלָּא לת"ק כו' וּבִסְפָרִים שֶׁלָּנוּ כְּתִיב נִימּוֹל לְאֶחָד נָמֵי כְּגוֹן שֶׁלָּקַח זֶה שִׁפְחָה וְזֶה עֻובָּרָהּ וְנִרְאֶה בְּעֵינַי דְּהָא דְּלָא גָּרֵיס בִּשְׁאִלְתּוֹת כְּגוֹן שֶׁלָּקַח זֶה שִׁפְחָה וְזֶה עֻובָּרָהּ מִשּׁוּם דְּקַשְׁיָא לֵיהּ מַאי דֻּוחְקֵיהּ לְאוֹקְמֵיהּ בִּשְׁנֵי לָקוֹחוֹת וּלְשַׁנּוֹיֵי גִּירְסָא דְּסֵיפָא מֵרֵישָׁא דְּקָתָנֵי לָקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ זֶהוּ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לָא':
Ainsi faut-il lire ce passage, [comme] dans les Cheiltot de Rav Ahai : Comment ? S'il a acheté une servante et qu'ensuite elle a enfanté, c'est le miknat kessef circoncis à huit ; s'il a acheté une servante et son enfant avec elle, c'est le miknat kessef circoncis à un ; s'il a acheté une servante, qu'elle a conçu chez lui et a enfanté, c'est le yelid bayit circoncis à huit. Rabbi Hama dit : s'il l'a fait immerger et qu'ensuite elle a enfanté, c'est le yelid bayit circoncis à huit ; si elle a enfanté et qu'ensuite il l'a fait immerger, c'est le yelid bayit circoncis à un. Cela se comprend selon Rabbi Hama : on trouve le yelid bayit comme il l'enseigne ; le miknat kessef circoncis à huit, par exemple s'il a acheté une servante et qu'ensuite elle a enfanté ; circoncis à un aussi, par exemple s'il a acheté une servante et son enfant avec elle. Mais selon le Tanna kamma, etc. Et dans nos livres il est écrit : "circoncis à un aussi, par exemple si l'un a acheté la servante et l'autre son foetus". Et il me semble que [les Cheiltot] ne lisent pas "par exemple si l'un a acheté la servante et l'autre son foetus" parce que cela leur était difficile : qu'est-ce qui l'oblige à l'établir dans le cas de deux acheteurs, et à modifier la version de la fin par rapport au début, qui enseigne : "s'il a acheté une servante et son enfant avec elle, c'est le miknat kessef circoncis à un" ?
יֵשׁ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לָא' דִּתְרֵי קְרָאֵי כְּתִיבִי בִּילִיד בַּיִת וּמִקְנַת כֶּסֶף חַד כְּתִיב בֵּיהּ ח' וְחַד לָא כְּתִיב בֵּיהּ ח' (בְּרֵאשִׁית י״ז:י״ג) הִמּוֹל יִמּוֹל יְלִיד בֵּיתְךָ וּמִקְנַת כַּסְפֶּךָ וְלָא מְפָרֵשׁ בֵּיהּ לַח' יָמִים וּכְתִיב (שָׁם) וּבֶן שְׁמֹונַת יָמִים יִמּוֹל לָכֶם כָּל זָכָר לְדֹורֹותֵיכֶם יְלִיד בָּיִת וּמִקְנַת כֶּסֶף וּמִסְתַּבְּרָא דְּהַאי דִּמְפָרֵשׁ בֵּיהּ לִשְׁמֹנָה הַייְנוּ הֵיכָא דְּדָמֵי לְיִשְׂרָאֵל מְעַלְּיָא שֶׁנּוֹלַד בְּבֵיתוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל מִשֶּׁקְּנָאוֹ דְּדֻומְיָא דְּלָכֶם בָּעֵינַן דִּכְתִיב בְּהַהוּא קְרָא יִמּוֹל לָכֶם כָּל זָכָר וַהֲדַר יְלִיד בָּיִת וּמִקְנַת כֶּסֶף הִלְכָּךְ לָקַח שִׁפְחָה מְעֻובֶּרֶת וְיָלְדָה הֲרֵי זֶה מִקְנַת כֶּסֶף דְּגוּף שָׁלֵם הוּא בִּמְעֵי אִמּוֹ וּקְנָאוֹ שֶׁנִּימּוֹל לַח' דְּדֻומְיָא דְּלָכֶם הוּא שֶׁנּוֹלַד בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל לָקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ עִמָּהּ שֶׁכְּבָר יְלָדַתּוּ ואע"פ שֶׁלֹּא עָבְרוּ עָלָיו ח' לְלֵידָתוֹ מָלוּ מִיָּד כְּדִכְתִיב הִמּוֹל יִמּוֹל וְגוֹ' דְּלָאו דֻּומְיָא דְּלָכֶם הוּא לָקַח שִׁפְחָה וְנִתְעַבְּרָה אֶצְלוֹ לָא הָוֵי עֻובָּר מִקְנַת כֶּסֶף אֶלָּא יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לַח' דְּדֻומְיָא דְּלָכֶם הוּא וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד אַלִּיבָּא דת"ק:
Il y a un yelid bayit circoncis à un : car deux versets sont écrits au sujet du yelid bayit et du miknat kessef ; dans l'un est écrit "huit" et dans l'autre n'est pas écrit "huit". [Il est écrit :] "Il sera circoncis, circoncis, celui qui est né dans ta maison et celui qui est acquis par ton argent" (Berechit 17, 13), et on n'y précise pas "à huit jours" ; et il est écrit (ibid. 17, 12) : "À l'âge de huit jours sera circoncis parmi vous (lakhem) tout mâle, pour vos générations, né dans la maison ou acquis à prix d'argent". Et il est logique que celui pour qui on précise "à huit" soit celui qui ressemble à un Israélite accompli, qui est né dans la maison d'un Israélite après que celui-ci l'a acquis ; car nous exigeons [un cas] semblable à "lakhem", puisqu'il est écrit dans ce verset "sera circoncis parmi vous tout mâle", puis "né dans la maison ou acquis à prix d'argent". C'est pourquoi, s'il a acheté une servante enceinte et qu'elle a enfanté, c'est un miknat kessef, car [l'enfant] est un corps complet dans le ventre de sa mère et il l'a acquis ; il est circoncis à huit, car il est semblable à "lakhem", étant né dans le domaine d'un Israélite. S'il a acheté une servante et son enfant avec elle, qu'elle avait déjà mis au monde, même si huit [jours] ne sont pas passés depuis sa naissance, on le circoncit tout de suite, comme il est écrit "il sera circoncis, circoncis", etc., car il n'est pas semblable à "lakhem". S'il a acheté une servante et qu'elle a conçu chez lui, le foetus n'est pas un miknat kessef mais un yelid bayit circoncis à huit, car il est semblable à "lakhem". Et plus loin [la Guemara] explique le yelid bayit circoncis à un selon le Tanna kamma.
🗂️ Tossefot (1)
כְּתַנָּאֵי יֵשׁ יְלִיד בַּיִת כּוּ' תֵּימַהּ הֵיכִי מַשְׁמַע לֵיהּ מִתּוֹךְ הַךְ בָּרַיְיתָא דְּרַבִּי חֲמָא תָּלֵי טַעְמָא בְּטֻומְאַת לֵידָה לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ דְּסָבַר יוֹצֵא דֹּופֶן נִימּוֹל לְח' וְהַאי דְּמַצְרִיךְ טְבִילָה בְּשִׁפְחָה מִשּׁוּם דִּבְעִנְיָן אַחֵר אֵינָהּ חֲשׁוּבָה גִּיּוֹרֶת עַד שֶׁתִּטְבֹּול כִּדְנָפְקָא לָן בִּיבָמוֹת בְּפֶרֶק הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת דַּף מו.):
C'est comme [une discussion de] Tannaim : il y a un yelid bayit, etc. — Étonnant : comment comprend-il de cette baraita que Rabbi Hama fait dépendre la raison de l'impureté de l'accouchement ? En réalité, je peux te dire qu'il pense que l'enfant né par le flanc est circoncis à huit, et s'il exige l'immersion de la servante, c'est parce qu'autrement elle n'est pas considérée comme convertie tant qu'elle ne s'est pas immergée, comme nous l'apprenons dans Yevamot, chapitre Ha-holets (Yevamot 46a).
💡 Explication

La Guemara rattache le principe de Rav Assi a une baraita. Deux versets de Berechit 17 parlent de l'esclave : le verset 12 fixe le huitième jour et dit "lakhem" (parmi vous) ; le verset 13 ("il sera circoncis, circoncis") ne mentionne pas de délai. Selon Rachi, le huitième jour s'applique à l'esclave "semblable à lakhem", c'est-à-dire ne dans le domaine d'un Israélite ; sinon on le circoncit dès le premier jour.

Deux catégories : yelid bayit (né à la maison, conçu chez le maître) et miknat kessef (acquis à prix d'argent, déjà présent ou conçu avant l'achat).

4
יֵשׁ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד וְיֵשׁ מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה, כֵּיצַד? לָקַח שִׁפְחָה מְעֻובֶּרֶת וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה — זֶהוּ מִקְנַת כֶּסֶף הַנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה. לָקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ עִמָּהּ — זוֹ הִיא מִקְנַת כֶּסֶף שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד.

Il y a un miknat kessef qui est circoncis à un [jour] et il y a un miknat kessef qui est circoncis à huit [jours]. Comment ?

S'il a acheté une servante enceinte et qu'ensuite elle a enfanté, c'est le miknat kessef qui est circoncis à huit. S'il a acheté une servante et son enfant avec elle, c'est le miknat kessef qui est circoncis à un.

💡 Explication

L'enfant acheté dans le ventre de sa mère naît dans le domaine du maître : il est "semblable à lakhem" et attend le huitième jour. L'enfant déjà né au moment de l'achat entre chez le maître comme un étranger : on le circoncit aussitôt.

5
וְיֵשׁ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמֹנָה, כֵּיצַד? לָקַח שִׁפְחָה וְנִתְעַבְּרָה אֶצְלוֹ וְיָלְדָה — זֶהוּ יְלִיד בַּיִת הַנִּימּוֹל לִשְׁמֹנָה. רַב חָמָא אוֹמֵר: יָלְדָה וְאַחַר כָּךְ הִטְבִּילָהּ — זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד. הִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה — זֶהוּ יְלִיד בַּיִת הַנִּימּוֹל לִשְׁמֹנָה.

Et il y a un yelid bayit qui est circoncis à huit. Comment ?

S'il a acheté une servante, qu'elle a conçu chez lui et a enfanté, c'est le yelid bayit qui est circoncis à huit. Rabbi Hama dit : si elle a enfanté et qu'ensuite il l'a fait immerger, c'est le yelid bayit qui est circoncis à un ; s'il l'a fait immerger et qu'ensuite elle a enfanté, c'est le yelid bayit qui est circoncis à huit.

📜 Rachi (2)
רַבִּי חָמָא אוֹמֵר הַטְּבִילָה לְשֵׁם עַבְדוּת וְחָלָה עָלֶיהָ שֵׁם תּוֹרַת שִׁפְחַת יִשְׂרָאֵל דְּנִתְחַיְּיבָה בְּכָל מִצְוֹת שֶׁהָאִשָּׁה חַיֶּיבֶת בָּהֶן וְהָוְיָא טְמֵאָה לֵידָה זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לַח':
Rabbi Hama dit : [s']il l'a fait immerger en vue de l'esclavage, et que s'applique à elle le statut de servante d'Israël, de sorte qu'elle est tenue à toutes les mitsvot auxquelles la femme est tenue, et qu'elle devient impure par l'accouchement : c'est le yelid bayit circoncis à huit.
יָלְדָה וְהַטְּבִילָה זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד דְּכֹל שֶׁאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה אֵין מַמְתִּינִין לוֹ לַח' כְּרַב אַסִּי:
Elle a enfanté puis il l'a fait immerger, c'est le yelid bayit circoncis à un : car tout [enfant] dont la mère n'est pas impure par l'accouchement, on n'attend pas le huitième [jour] pour lui, comme [le dit] Rav Assi.
💡 Explication

La servante achetée par un Juif devient chifha kenaanit par une tevila (immersion). Avant l'immersion, elle n'est pas soumise aux lois d'impureté de l'accouchement.

Rabbi Hama introduit donc le critère de Rav Assi : si l'enfant naît avant l'immersion, la mère n'est pas teme'a leida, et l'enfant est circoncis le premier jour.

6
וְתַנָּא קַמָּא לָא שָׁנֵי לֵיהּ בֵּין הִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה בֵּין יָלְדָה וְאַחַר כָּךְ הִטְבִּילָהּ, דְּאַף עַל גַּב דְּאֵין אִמּוֹ טְמֵאָה לֵידָה, נִימּוֹל לִשְׁמֹנָה.

Et le Tanna kamma ne distingue pas entre "il l'a fait immerger et ensuite elle a enfanté" et "elle a enfanté et ensuite il l'a fait immerger" : car, bien que sa mère ne soit pas impure par l'accouchement, il est circoncis à huit.

💡 Explication

Conclusion de la comparaison : le Tanna kamma ne tient pas compte de l'impureté de la mère, donc il rejette le principe de Rav Assi ; Rabbi Hama le soutient. La discussion entre Rav Houna et Rav Hiya bar Rav reproduit celle des Tannaim.

7
אָמַר רָבָא: בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי חֵמָא, מַשְׁכַּחַת לַהּ יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לְאֶחָד, יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לִשְׁמוֹנָה, מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לְאֶחָד וּמִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לִשְׁמוֹנָה: יָלְדָה וְאַחַר כָּךְ הִטְבִּילָהּ — זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לְאֶחָד. הִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה — זֶהוּ יְלִיד בַּיִת שֶׁנִּימּוֹל לִשְׁמוֹנָה.

Rava a dit : cela se comprend selon Rabbi Hama : on trouve le yelid bayit circoncis à un, le yelid bayit circoncis à huit, le miknat kessef circoncis à un et le miknat kessef circoncis à huit. [Si] elle a enfanté et qu'ensuite il l'a fait immerger, c'est le yelid bayit circoncis à un ; [s']il l'a fait immerger et qu'ensuite elle a enfanté, c'est le yelid bayit circoncis à huit.

📜 Rachi (2)
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי חֲמָא דִּשְׁנֵי בֵּין הִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה לְיַלְדָּה וְאַחַ"כּ הַטְּבִילָה:
Cela se comprend selon Rabbi Hama : qui distingue entre "il l'a fait immerger puis elle a enfanté" et "elle a enfanté puis il l'a fait immerger".
מַשְׁכַּחַת לָהּ כּוּלְּהוּ יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לְאֶחָד יָלְדָה וְאַחַ"כּ הַטְּבִילָה יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לְח' הַטְּבִילָה וְאַחַ"כּ יָלְדָה וּשְׁנֵיהֶם בְּשֶׁנִּתְעַבְּרָה אֶצְלוֹ דְּלָא הָוֵי מִקְנַת כֶּסֶף. מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לַח' כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה מְעֻובֶּרֶת וְיָלְדָה לְאַחַר שֶׁהִטְבִּילָהּ. מִקְנַת כֶּסֶף הַנִּימּוֹל לָא' כְּגוֹן שֶׁלָּקַח זֶה שִׁפְחָה וְזֶה עֻובָּרָהּ דְּכֵיוָן דְּאֵין לְבַעַל הָעֻובָּר חֵלֶק בְּאִמּוֹ לָאו דֻּומְיָא דְּלָכֶם הוּא ה"ה נַמֵּי דְּמָצֵי לִפְלוּגֵי בְּמִקְנַת כֶּסֶף בֵּין יָלְדָה וְאַחַר כָּךְ הִטְבִּילָהּ בֵּין הִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה וּלְמֵימַר מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לָא' כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה מְעֻובֶּרֶת וְעֻובָּרָהּ וְיָלְדָה וְאַחַר כָּךְ הַטְּבִילָה אֶלָּא רְבוּתָא אַשְׁמְעִינַן דַּאֲפִילּוּ בְּהִטְבִּילָהּ וְאַחַ"כּ יָלְדָה מַשְׁכַּחַת לָהּ וְהָא דִּשְׁנֵי מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לָא' לְרַבִּי חֲמָא מלת"ק וְלֹא אָמַר כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ עִמָּהּ מִשּׁוּם דְּאִם כֵּן יָלְדָה קֹודֶם טְבִילָה הִיא וּמַאי אִירְיָא נוֹלַד קֹודֶם שֶׁלְּקָחָהּ אֲפִילּוּ נוֹלַד מִשֶּׁלְּקָחָהּ נַמֵּי לְרַבִּי חֲמָא נִימּוֹל לְא':
On les trouve : tous. Yelid bayit circoncis à un : elle a enfanté puis il l'a fait immerger ; yelid bayit circoncis à huit : il l'a fait immerger puis elle a enfanté ; et dans les deux cas, lorsqu'elle a conçu chez lui, de sorte que ce n'est pas un miknat kessef. Miknat kessef circoncis à huit : par exemple s'il a acheté une servante enceinte et qu'elle a enfanté après qu'il l'a fait immerger. Miknat kessef circoncis à un : par exemple si l'un a acheté la servante et l'autre son foetus : puisque le propriétaire du foetus n'a aucune part dans la mère, ce n'est pas semblable à "lakhem". De même, il aurait pu distinguer, pour le miknat kessef, entre "elle a enfanté puis il l'a fait immerger" et "il l'a fait immerger puis elle a enfanté", et dire : miknat kessef circoncis à un, par exemple s'il a acheté une servante enceinte avec son foetus, et qu'elle a enfanté puis il l'a fait immerger. Mais il nous apprend une nouveauté (rabbouta) : même lorsqu'il l'a fait immerger puis qu'elle a enfanté, on trouve [ce cas]. Et s'il a changé [la formulation] du miknat kessef circoncis à un selon Rabbi Hama par rapport au Tanna kamma, sans dire "par exemple s'il a acheté une servante et son enfant avec elle", c'est parce que dans ce cas elle a enfanté avant l'immersion ; et alors pourquoi parler d'un enfant né avant l'achat ? Même né après l'achat, selon Rabbi Hama, il est circoncis à un.
💡 Explication

Rava vérifie que chaque opinion peut illustrer les quatre cas de la baraita. Pour Rabbi Hama, le yelid bayit se divise selon le moment de l'immersion par rapport à la naissance.

8
מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לִשְׁמֹנָה — כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה מְעֻובֶּרֶת וְהִטְבִּילָהּ וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה. מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לְאֶחָד — כְּגוֹן שֶׁלָּקַח זֶה שִׁפְחָה, וְזֶה עֻובָּרָה.

Le miknat kessef circoncis à huit : par exemple s'il a acheté une servante enceinte, l'a fait immerger, et qu'ensuite elle a enfanté. Le miknat kessef circoncis à un : par exemple si l'un a acheté la servante, et l'autre son foetus.

🗂️ Tossefot (1)
כְּגוֹן שֶׁלָּקַח זֶה שִׁפְחָה וְזֶה עֻובָּרָהּ פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דְּהָוֵי מָצֵי לְמֵימַר כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה מְעֻובֶּרֶת וְיָלְדָה קֹודֶם טְבִילָה אֶלָּא רְבוּתָא נְקַט דַּאֲפִילּוּ בְּטָבְלָה וְאַחַ"כּ יָלְדָה מַשְׁכַּחַת לָהּ מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל לָא' וְקָשֶׁה לר"י דא"כ ת"ק דִּלְעֵיל ה"ל לְמִינְקַט נָמֵי הַךְ רְבוּתָא וְאַמַּאי קָאָמַר מִקְנַת כֶּסֶף נִימּוֹל כו' אֲפִילּוּ לָקַח מְעֻובֶּרֶת נָמֵי אֶלָּא שֶׁלָּקַח זֶה שִׁפְחָה וְזֶה עֻובָּרָהּ אֶלָּא וַדַּאי לָקַח זֶה שִׁפְחָה וְזֶה עֻובָּרָהּ הָוֵי שַׁפִּיר דֻּומְיָא דְּלָכֶם וּכְגִירְסַת שְׁאִילְתּוֹת דְּרַב אַחַאי. נִרְאֶה לר"י דְּגָרַס כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה וּוְלָדָהּ עִמָּהּ מִיהוּ תֵּימַהּ לְרִ"י דַּהֲוָה מָצֵי לְמִינְקַט רְבוּתָא אֲפִילּוּ בְּלֹא וְלָדָהּ עִמָּהּ כְּגוֹן שֶׁלָּקַח שִׁפְחָה מְעֻובֶּרֶת וְיָלְדָה קֹודֶם טְבִילָה וְי"ל דְּנִיחָא לֵיהּ לְמִינְקַט כִּדְקָתָנֵי בַּבָּרַיְיתָא בְּמִילְּתֵיהּ דת"ק וְעוֹד אוֹמֵר רִ"י דְּמִשּׁוּם דְּהָנָךְ קְרָאֵי נִימּוֹל לְאֶחָד וְנִימּוֹל לִשְׁמוֹנָה דִּילִיד בַּיִת וּמִקְנַת כֶּסֶף כְּתִיבִי בְּפָרָשַׁת לֵךְ לְךָ הִלְכָּךְ נִיחָא לְאַשְׁכּוֹחִינְהוּ בכה"ג דְּשַׁיָּיךְ קֹודֶם מַתַּן תּוֹרָה דְּלָא הֲוָה טְבִילָה ואע"ג דִּילִיד בַּיִת נִימּוֹל לְא' לֵר' חֲמָא לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ אֶלָּא אַחַר מַתַּן תּוֹרָה בְּיָלְדָה וְאַחַ"כּ טָבְלָה מִיהוּ כָּל מַה שֶׁיָּכוֹל לְקַיֵּים לִפְנֵי מַתַּן תּוֹרָה מְקַיֵּים:
Par exemple si l'un a acheté la servante et l'autre son foetus — Le Kountress (Rachi) explique qu'il aurait pu dire : par exemple s'il a acheté une servante enceinte et qu'elle a enfanté avant l'immersion ; mais il a choisi une nouveauté : même si elle s'est immergée puis a enfanté, on trouve un miknat kessef circoncis à un. Et c'est difficile pour le Ri : s'il en était ainsi, le Tanna kamma plus haut aurait dû lui aussi adopter cette nouveauté ; et pourquoi dit-il "miknat kessef circoncis, etc." ? Même [s'il a] acheté [une servante] enceinte aussi, [il aurait pu dire] seulement que l'un a acheté la servante et l'autre son foetus. Il est donc certain que [le cas où] l'un a acheté la servante et l'autre son foetus est bien semblable à "lakhem", [et il faut lire] selon la version des Cheiltot de Rav Ahai. Il semble au Ri qu'il faut lire : "par exemple s'il a acheté une servante et son enfant avec elle". Toutefois il est étonnant pour le Ri qu'il aurait pu énoncer une nouveauté, même sans [que] son enfant [soit] avec elle : par exemple s'il a acheté une servante enceinte et qu'elle a enfanté avant l'immersion. On peut répondre qu'il préfère formuler comme l'enseigne la baraita dans les paroles du Tanna kamma. Et le Ri dit encore : puisque ces versets, "circoncis à un" et "circoncis à huit", concernant le yelid bayit et le miknat kessef, sont écrits dans la paracha Lekh Lekha, il est préférable de trouver ces cas d'une manière qui s'applique avant le don de la Torah, quand il n'y avait pas d'immersion. Et bien que le yelid bayit circoncis à un, selon Rabbi Hama, ne se trouve qu'après le don de la Torah, dans [le cas où] elle a enfanté puis s'est immergée, tout ce qu'on peut établir d'avant le don de la Torah, on l'établit.
💡 Explication

Le cas des deux acheteurs : celui qui possède le foetus sans posséder la mère n'a pas un enfant "semblable à lakhem", d'où la circoncision au premier jour. Rachi et Tossefot discutent la version exacte du texte : Tossefot, à la suite des Cheiltot, préfère lire "une servante et son enfant avec elle".

9
אֶלָּא לְתַנָּא קַמָּא, בִּשְׁלָמָא כֻּולְּהוּ מַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ, אֶלָּא יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לְאֶחָד הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

Mais selon le Tanna kamma, certes tous [les cas] se trouvent ; mais le yelid bayit circoncis à un, comment le trouve-t-on ?

📜 Rachi (1)
אֶלָּא יְלִיד בַּיִת נִימּוֹל לָא' הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ הָא וַדַּאי דֻּומְיָא דְּלָכֶם הוּא הוֹאִיל וְלָאו בְּטֻומְאַת לֵידָה תַּלְיָא לְדִידֵיהּ:
Mais le yelid bayit circoncis à un, comment le trouver ? : celui-là est certainement semblable à "lakhem", puisque, selon lui, cela ne dépend pas de l'impureté de l'accouchement.
💡 Explication

Pour le Tanna kamma, l'immersion ne joue aucun rôle. Or un enfant conçu et ne chez le maître ressemble toujours à "lakhem" : la baraita semble donc décrire un cas impossible.

10
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: בְּלוֹקֵחַ שִׁפְחָה לְעֻובָּרָהּ.

Rabbi Yirmeya a dit : quand on achète une servante pour son foetus.

📜 Rachi (1)
בְּלוֹקֵחַ שִׁפְחָה לְעֻובָּרָהּ וַאֲפִילּוּ מִיִּשְׂרָאֵל דְּהָוֵי' טְמֵאָה לֵידָה שֶׁכְּבָר טָבְלָה לָאו דֻּומְיָא דְּלָכֶם הוּא הוֹאִיל וְאֵין לוֹ חֵלֶק בְּאִמּוֹ:
Quand on achète une servante pour son foetus : même [achetée] d'un Israélite, de sorte qu'elle est impure par l'accouchement puisqu'elle s'est déjà immergée, ce n'est pas semblable à "lakhem", puisqu'il n'a aucune part dans la mère.
💡 Explication

L'acheteur acquiert seulement les enfants à naître de la servante, sans la servante elle-même. L'enfant, conçu après l'achat, est un yelid bayit ; mais son maître n'a pas de part dans la mère, donc il n'est pas "semblable à lakhem".

11
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר קִנְיַן פֵּירוֹת לָאו כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר קִנְיַן פֵּירוֹת כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?

Cela va bien pour celui qui dit : l'acquisition des fruits (kinyan peirot) n'équivaut pas à l'acquisition du fond (kinyan ha-gouf). Mais pour celui qui dit : l'acquisition des fruits équivaut à l'acquisition du fond, que peut-on dire ?

📜 Rachi (1)
הָנִיחָא כוּ' פְּלוּגְתָּא דר"ל וְרַבִּי יוֹחָנָן בְּבָבָא בָּתְרָא (דַּף קלו.):
Cela va bien, etc. : discussion de Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan dans Bava Batra (136a).
💡 Explication

Kinyan peirot : droit sur les produits d'un bien (les fruits d'un champ, les enfants d'une servante). Kinyan ha-gouf : propriété du bien lui-même. Si le droit sur les produits vaut propriété du fond, l'acheteur du foetus possède en quelque sorte la mère, et la réponse de Rabbi Yirmeya ne tient plus.

🖼️ Schéma
Achat de la servante pour ses enfants à naître Kinyan peirot != kinyan ha-gouf L'acheteur n'a aucune part dans la mère -> circoncis à 1 (R. Yirmeya tient) Kinyan peirot = kinyan ha-gouf L'acheteur a une part dans la mère -> semblable à lakhem : il faut une autre réponseR. Mesharshia : achat à condition de ne pas l'immerger
La réponse de Rabbi Yirmeya dépend de la valeur du kinyan peirot.
12
אָמַר רַב מְשַׁרְשְׁיָא: בְּלוֹקֵחַ שִׁפְחָה עַל מְנָת שֶׁלֹּא לְהַטְבִּילָהּ.

Rav Mesharshia a dit : quand on achète une servante à condition de ne pas la faire immerger.

📜 Rachi (1)
שֶׁלְּקָחָהּ עַל מְנָת שֶׁלֹּא לְהַטְבִּילָהּ דְּלָא שַׁייְכָא בָּהּ תּוֹרַת חִיּוּבָא דְּמִצְוֹת כְּלָל דְּלָאו דֻּומְיָא דְּלָכֶם הוּא אֲבָל לְטֻומְאַת לֵידָה לָא חָייְשִׁינַן בְּיָלְדָה וְאַחַ"כּ הִטְבִּילָהּ:
S'il l'a achetée à condition de ne pas la faire immerger : [de sorte qu']aucune obligation des mitsvot ne s'applique à elle du tout ; ce n'est donc pas semblable à "lakhem". Mais nous ne tenons pas compte de l'impureté de l'accouchement pour [le cas où] elle a enfanté puis a été immergée.
🗂️ Tossefot (1)
כְּגוֹן שֶׁלְּקָחָהּ ע"מ שֶׁלֹּא לְהַטְבִּילָהּ וְכִדְמֵפֵר' בִּיבָמוֹת בְּפֶרֶק הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת דַּף מח:) דְּלָקַח עַל מְנָת שֶׁלֹּא לְגַיְּירוֹ יָכוֹל לְהַשְׁהוֹתוֹ הַרְבֵּה:
Par exemple s'il l'a achetée à condition de ne pas la faire immerger — Comme on l'explique dans Yevamot, chapitre Ha-holets (Yevamot 48b) : s'il l'a acheté à condition de ne pas le convertir, il peut le garder longtemps [sans circoncision ni immersion].
💡 Explication

La servante reste non-juive par convention : elle n'entre jamais dans le statut de servante d'Israël. Son enfant, même né chez le maître, n'est pas "semblable à lakhem" et on le circoncit le premier jour. Rachi précise qu'ici le critère est l'absence totale d'obligation aux mitsvot, sans référence à l'impureté de l'accouchement.

13
תַּנְיָא: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כֹּל שֶׁשָּׁהָה שְׁלֹשִׁים יוֹם, בְּאָדָם — אֵינוֹ נֵפֶל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּפְדוּיָו מִבֶּן חֹדֶשׁ תִּפְדֶּה״. שְׁמֹנַת יָמִים בַּבְּהֵמָה — אֵינוֹ נֵפֶל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִיּוֹם הַשְּׁמִינִי וָהָלְאָה יֵרָצֶה לְקָרְבַּן וְגוֹ׳״.

Il est enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : tout [être] qui a vécu trente jours, chez l'homme, n'est pas un nefel (non viable), car il est dit : "Et son rachat, à partir de l'âge d'un mois tu le rachèteras" (Bamidbar 18, 16). Huit jours chez l'animal, il n'est pas un nefel, car il est dit : "Et à partir du huitième jour et au-delà, il sera agréé comme sacrifice, etc." (Vayikra 22, 27).

📜 Rachi (2)
וּפְדוּיָו בִּבְכוֹר אָדָם כְּתִיב:
Et son rachat : c'est écrit au sujet du premier-né humain.
מִבֶּן חֹדֶשׁ מִדְּתָלֵי בְּהָכִי שְׁמַע מִינָּה עַכְשָׁיו נִתְבָּרֵר שֶׁהוּא בֶּן קַיָּימָא וְלֹא קֹודֶם לָכֵן:
À partir d'un mois : puisqu'on le fait dépendre de cela, on en déduit que c'est alors seulement qu'il est établi qu'il est viable (ben kayama), et non avant.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל שֶׁשָּׁהָה שְׁלֹשִׁים יוֹם בָּאָדָם וְח' יָמִים בַּבְּהֵמָה אֵינָן שָׁוִין דְּיוֹם שְׁמֹנָה כִּלְאַחַר שְׁמֹנָה כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן דַּעֲבַד לְהוּ עִיגְלָא תִּילְתָּא בְּיוֹמָא דְּשִׁבְעָה וְקָאָמַר אִי אִיתָּרְחִיתוּ עַד לְאוּרְתָּא הֲוָה אָכְלִינַן מִינֵּיהּ וְיוֹם שְׁלֹשִׁים כְּלִפְנֵי שְׁלֹשִׁים כְּדִתְנַן בִּבְכוֹרוֹת בְּפֶ' יֵשׁ בְּכוֹר לְנַחֲלָה (דַּף מט.) וַאֲפִילּוּ רַבִּי עֲקִיבָא דִּפְלִיג לָא קָאָמַר אֶלָּא דִּמְסַפְּקָא אִם הוּא כְּלִפְנֵי שְׁלֹשִׁים אוֹ כִּלְאַחַר שְׁלֹשִׁים וּלְעִנְיַן אֲבֵילוּת אֲפִילּוּ ר"ע מוֹדֶה דַּהֲוָה כְּלִפְנֵי שְׁלֹשִׁים מִשּׁוּם דַּהֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאָבֵל:
Tout [être] qui a vécu trente jours chez l'homme et huit jours chez l'animal — Ils ne sont pas égaux : le huitième jour [chez l'animal] est comme après huit, comme il ressort plus loin (136a) : on leur prépara un veau du tiers le septième jour, et ils dirent : si vous aviez attendu jusqu'au soir, nous en aurions mangé ; alors que le trentième jour [chez l'homme] est comme avant trente, comme nous l'avons appris dans Bekhorot, chapitre Yech bekhor le-nahala (49a). Et même Rabbi Akiva, qui diverge, dit seulement qu'il doute si [le trentième jour] est comme avant trente ou comme après trente ; et pour le deuil, même Rabbi Akiva admet que c'est comme avant trente, car la halakha suit l'avis le plus léger en matière de deuil.
⚖️ Rosh (1)
תַּנְיָא רַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר כָּל שֶׁשָּׁהָה שְׁלֹשִׁים יוֹם בָּאָדָם אֵינוֹ נֵפֶל וּבַבְּהֵמָה שְׁמוֹנָה יָמִים שֶׁנֶּאֱמַר וּמִיּוֹם הַשְּׁמִינִי וָהָלְאָה. הָא לֹא שָׁהָה סְפֵיקָא הָוֵי אִיבַּעְיָא לְהוּ מִי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַשְׁבָּ"ג אוֹ לָא. אִם תִּמְצָא לוֹמַר פְּלִיגִי הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ אוֹ אֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ. תָּא שְׁמַע דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַשְׁבָּ"ג הֲלָכָה מִכְּלָל דִּפְלִיגִי ש"מ דִּפְלִיגִי. תְּמֵיהֵנִי אַהַאי פִּיסְקָא דִּכְרַבָּנָן קַייְמָא לַן אֲפִילּוּ לְקֻולָּא דְּאִם אֵשֶׁת כֹּהֵן הִיא אֵינָהּ חוֹלֶצֶת וּמַחְזְקִינַן לֵיהּ בְּוָלָד גָּמוּר לְהַתִּיר יְבָמָה לַשּׁוּק וְסָמְכִינַן אַרוֹב וְולָדוֹת שֶׁהֵן שֶׁל קַייְמָא וְלָא עָבְדִינַן כְּרַשְׁבָּ"ג אֶלָּא לְהַחְמִיר וּלְהַצְרִיךְ חֲלִיצָה לְאֵשֶׁת יִשְׂרָאֵל וְלֶאֱסֹור בְּהֵמָה שֶׁנִּשְׁחֲטָה תּוֹךְ שִׁבְעָה יָמִים וּלְעִנְיַן אֲבֵילוּת דקי"ל כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאָבֵל. וְהַאי דְּאָמַר שְׁמוֹנָה יָמִים בַּבְּהֵמָה אֵינוֹ נֵפֶל הָנֵי מִילֵּי לְקָרְבָּן אֲבָל לְעִנְיַן אֲכִילָה אִם שָׁהָה מֻותָּר לְשׁוֹחֲטוֹ לֵיל שְׁמִינִי וּלְאָוכְלוֹ. דְּאָמְרִינַן רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא אִיקְּלַעוּ לְבֵי רָבָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי בַּר אָבִין עָבֵד לְהוּ עִגְלָא תִּלְתָּא בְּיוֹמָא דְּשִׁבְעָה וְאָמְרוּ לֵיהּ אִי אִיתְרִיחוּ עַד אֻורְתָּא הֲוָה אָכְלִינַן מִינֵּיהּ. בְּרֵיהּ דְּרַב דִּימִי בַּר יִצְחָק אִיתְיְלִיד לֵיהּ הָהוּא יָנוֹקָא וּבְגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין שְׁכִיב וְיָתֵיב וְקָמִתְאַבַּל עִלָּוֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ אַבֹּוהַּ צְוָרָנְיָתָא קָבָעֵית לְמֵיכַל. אֲמַר לֵיהּ קִים לִי בְּגַוֵּיהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו. רַב אָשֵׁי אִיקְּלַע לְבֵי רַב כָּהֲנָא אִיתְּרַע בֵּיהּ מִילְּתָא בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין חַזְייֵהּ דְּקָא מִתְאַבֵּל עָלֶיהָ. אֲמַר לֵיהּ לָא סָבַר לָהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַשְׁבָּ"ג. אֲמַר לֵיהּ קִים לִי בְּגַוֵּיהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו: אִיתְּמַר מֵת בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים וְעָמְדָה וְנִתְקַדְּשָׁה אָמַר רָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אִם אֵשֶׁת יִשְׂרָאֵל הִיא חוֹלֶצֶת וְאִם אֵשֶׁת כֹּהֵן הִיא אֵינָהּ חוֹלֶצֶת וְכֵן הִלְכְתָא: רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס. אָמַר רַב שֵׁיזְבִי אָמַר רַב חִסְדָּא לֹא לַכֹּל א"ר יְהוּדָה אַנְדְּרוֹגִינוֹס זָכָר הוּא שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר כֵּן בַּעֲרָכִין יֵעָרֵךְ וְכוּ'. אִיכָּא מ"ד מִדְּקָאָמַר רַב חִסְדָּא טַעְמָא דְּר' יְהוּדָה שְׁמַע מִינָּה הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וְגָאוֹן קָאָמַר דְּלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ:
Il est enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : tout [être] qui a vécu trente jours chez l'homme n'est pas un nefel, et chez l'animal, huit jours, car il est dit : "et à partir du huitième jour et au-delà". Mais s'il n'a pas vécu [ce temps], c'est un doute. On a demandé : les Sages divergent-ils de Rabban Chimon ben Gamliel ou non ? Et si tu dis qu'ils divergent, la halakha suit-elle son avis ou non ? Viens et entends : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : la halakha suit Rabban Chimon ben Gamliel. "La halakha" implique qu'ils divergent ; on en déduit qu'ils divergent. Je m'étonne de cette décision, car nous tenons comme les Sages, même pour alléger : si c'est la femme d'un Cohen, elle ne fait pas la halitsa, et nous considérons [l'enfant] comme un enfant accompli pour permettre à la yevama [d'épouser] n'importe qui, et nous nous appuyons sur la majorité des nouveau-nés, qui sont viables ; et nous n'appliquons [l'avis de] Rabban Chimon ben Gamliel que pour être stricts : pour exiger la halitsa de la femme d'un Israël, et pour interdire un animal abattu dans les sept jours ; et pour le deuil, nous tenons que la halakha suit l'avis le plus léger en matière de deuil. Et ce qu'il dit, que chez l'animal après huit jours il n'est pas un nefel, cela ne vaut que pour le sacrifice ; mais pour la consommation, s'il a vécu [ce temps], il est permis de l'abattre la nuit du huitième et de le manger. Car nous disons : Rav Papa et Rav Houna arrivèrent chez Rava fils de Rav Idi bar Avin ; il leur prépara un veau du tiers (egla tilta) le septième jour, et ils lui dirent : si vous aviez attendu jusqu'au soir, nous en aurions mangé. Au fils de Rav Dimi bar Yitshak naquit un enfant, qui mourut dans les trente jours ; il s'assit et prit le deuil pour lui. Son père lui dit : veux-tu manger des friandises (tsourneita) ? Il lui répondit : je sais de lui que ses mois étaient achevés. Rav Achi arriva chez Rav Kahana ; un malheur l'avait frappé dans les trente jours, et il le vit qui prenait le deuil. Il lui dit : le Maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rav Yehouda au nom de Chmouel : la halakha suit Rabban Chimon ben Gamliel ? Il lui répondit : je sais de lui que ses mois étaient achevés. Il a été dit : [l'enfant] est mort dans les trente [jours], et [la mère] s'est levée et s'est fiancée : Ravina a dit au nom de Rava : si c'est la femme d'un Israël, elle fait la halitsa ; si c'est la femme d'un Cohen, elle ne fait pas la halitsa. Et telle est la halakha. Rabbi Yehouda permet pour l'androgyne. Rav Chizvi a dit au nom de Rav Hisda : Rabbi Yehouda n'a pas dit que l'androgyne est un mâle à tous égards, car si tu dis cela, pour les erekhin (évaluations) il serait évalué, etc. Certains disent que, puisque Rav Hisda explique la raison de Rabbi Yehouda, on en déduit que la halakha suit son avis ; mais le Gaon dit que la halakha ne suit pas son avis.
💡 Explication

Nouveau thème : le nefel (nouveau-né non viable). Selon Rabban Chimon ben Gamliel, l'enfant est établi comme viable après trente jours (le rachat du premier-né se fait à un mois), l'animal après huit jours (il devient apte au sacrifice à partir du huitième jour).

Le Roch limite la portée pratique : on suit l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel seulement pour être strict (halitsa pour la femme d'un Israël, animal abattu avant le huitième jour) ; pour alléger, on s'appuie sur la majorité des naissances viables (rov), et en matière de deuil on suit l'avis le plus léger.

🖼️ Schéma
Quand un nouveau-né n'est-il plus suspect d'être nefel ? Homme Avant : doute (safek nefel) Après 30 jours : viable Bamidbar 18, 16 : rachat à partir d'un mois Animal Avant : doute (safek nefel) Après 8 jours : viable Vayikra 22, 27 : du 8e jour et au-delà Tossefot : le 8e jour de l'animal compte comme après ; le 30e jour de l'homme comme avant
Seuils de viabilité selon Rabban Chimon ben Gamliel et leurs sources.
14
הָא לֹא שָׁהָה — סְפֵיקָא הָוֵי,

[Faut-il en déduire que,] s'il n'a pas vécu [ce temps], c'est un cas douteux ?

📜 Rachi (1)
הָא לֹא שָׁהָה שְׁלשִׁים יוֹם בָּאָדָם וּבִבְהֵמָה ח' יָמִים סְפֵיקָא הָוֵי הַשַּׁ"ס פָּרִיךְ עֲלָהּ:
Mais s'il n'a pas vécu [ce temps] : trente jours chez l'homme et huit jours chez l'animal, c'est un doute : la Guemara (ha-Chass) objecte à ce propos.
💡 Explication

La Guemara commence une objection : si avant trente jours l'enfant est un safek nefel (douteux), quelles conséquences en tirer ? La discussion continue sur 136a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).