Shabbat 136a — Nefel : mila douteuse et statut du nouveau-né avant trente jours

Shabbat 136a

Sougya : Le daf prolonge la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel : un enfant qui n'a pas vécu trente jours (un animal : huit jours) reste dans le doute d'être un nefel, non viable. La Guemara demande comment on peut alors le circoncire le Chabbat ; Rav Adda bar Ahava répond par le raisonnement memah nafchakh, et Mar fils de Ravina limite l'interdit de la baraita aux préparatifs de la mila.

Abaye et Rava comparent la question au petit d'animal né à huit mois et au statut de la terefa. On établit ensuite que les Rabbanan sont en désaccord avec RChBG et que la halakha suit RChBG ; Abaye reformule la portée du désaccord, et des récits sur le deuil d'un enfant mort avant trente jours illustrent l'exception : quand on sait que la grossesse a dure ses mois, l'enfant est viable.

Mila le Chabbat d'un enfant au statut douteux (segments 0-3) Baraita de Rabban Chimon ben Gamliel (fin 135b) Homme : 30 jours / animal : 8 jours = n'est pas un nefel Avant ce délai : safek (doute) Question : comment circoncire le Chabbat ? Peut-être est-ce un nefel : blessure sans mitsva Rav Adda bar Ahava : on circoncit memah nafchakh Vivant (mois complets) : mila valable Nefel : il coupe de la chair morte, pas de havoura Objection : baraita du safek 7 / 8 mois On ne profane pas le Chabbat pour lui : pourquoi ? Le même raisonnement memah nafchakh devrait s'appliquer Mar fils de Ravina (avec Rav Nehoumei bar Zekharia) La mila elle-même : on la fait La baraita vise les makhchirei mila (préparatifs : charbon, fer) selon R. Eliezer, qui permet ces préparatifs pour un enfant certain
Déroulement de la sougya de la mila douteuse (segments 0-3).
Mort avant 30 jours : les deux versions d'Abaye Cas (enfant mort avant 30 j.) Version 1 (segment 13) Version 2 (retenue) (segment 16) Pihek oumet a bâillé puis est mort (mort sans cause externe) Mahloket Rabbanan : vivant RChBG : mort (nefel) De l'avis de tous : mort (nefel) Tombé du toit / mangé par un lion (cause externe) De l'avis de tous : vivant Mahloket RChBG : mort (doute) Rabbanan : vivant Pourquoi changer ? Rav Pappa et Rav Houna refusent un veau abattu le 7e jour : pour eux (selon RChBG), même une mort par cause externe laisse le doute.
Les deux formulations d'Abaye sur l'enfant mort avant trente jours.
Halakha : comme Rabban Chimon ben Gamliel (Rav Yehouda au nom de Chmouel) Avant 30 jours (homme) / 8 jours (animal) le nouveau-né reste un safek Animal Veau abattu le 7e jour : on n'en mange pas Attendre le soir (nuit du 8e) Deuil Enfant mort avant 30 j. : pas de deuil sauf si on sait que ses mois étaient complets Yibboum Enfant mort avant 30 j. et la mère s'est fiancée : Rava tranche (suite en 136b) Exception constante : kim lei shekalou lo hodachav (on sait avec certitude que la grossesse a dure ses mois) : l'enfant est viable dès la naissance.
La halakha suit RChBG : conséquences pour l'animal, le deuil et le yibboum.
1
מִימְהָל הֵיכִי מָהֲלִינַן לֵיהּ!

La mila (circoncision) : comment le circoncisons-nous ?

📜 Rachi (1)
מִימְהָל הֵיכִי מָהֲלִינַן שׁוּם קָטָן בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי בְּשַׁבָּת דִּילְמָא נֵפֶל הוּא וְלָא חֲזִי לָמוּל וְעוֹשֶׂה חַבּוּרָה שֶׁלֹּא לְשֵׁם מִצְוָה:
Comment le circoncisons-nous : (comment circoncire) un quelconque nourrisson au huitième jour qui tombe un Chabbat ? Peut-être est-il un nefel (non viable), inapte à la mila, et (le mohel) fait une blessure (havoura) qui n'est pas pour une mitsva.
🗂️ Tossefot (1)
מִימְהָל הֵיכִי מָהֲלִינַן לֵיהּ מִכָּאן מַשְׁמַע דְּלָא אַייְרֵי רַשְׁבָּ"ג בְּבֶן שְׁמֹנָה דַּוְקָא אֶלָּא בִּסְתָם וְלָדוֹת וְכֵן מַשְׁמַע לְקַמָּן דְּאָמַר ת"ש עֵגֶל שֶׁנּוֹלַד בי"ט שׁוֹחֲטִין אוֹתוֹ בי"ט וְדָחֵי דְּכָלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו ואת"ל דְּלָא אַייְרֵי רַשְׁבָּ"ג אֶלָּא בְּוַדַּאי בֶּן שְׁמֹנָה הֲוָה לֵיהּ לְדַחוֹיֵי הב"ע בִּסְתָם וְלָדוֹת וְעוֹד אָמַר לְקַמָּן נָפַל מִן הַגָּג וַאֲכָלוֹ אֲרִי דִּבְרֵי הַכֹּל חַי הוּא וְאִי בְּוַדַּאי בֶּן ח' אַיְירֵי הֵיכִי תִּיסַּק אַדַּעְתֵּיהּ לוֹמַר ד"ה חַי הוּא וּבְכוּלְּהוּ דִּלְקַמָּן נָמֵי דְּמוֹקְמִינַן בִּדְקִים לֵיהּ בְּגַוֵּויהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו וְקָשֶׁה לר"י מֵהָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף פ:) אֵיזֶהוּ בֶּן ח' כֹּל שֶׁלֹּא כָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו רַבִּי אוֹמֵר שְׂעָרוֹ וְצִפָּרְנָיו מוֹכִיחִין עָלָיו כוּ' דְּאָמַר הַאי בַּר שִׁבְעָה הוּא וְאִישְׁתַּהוֹיֵי אִישְׁתַּהִי וּפָרִיךְ הָא דַּעֲבַד רַבָּה תּוֹסְפָאָה עוֹבָדָא בְּאִשָּׁה שֶׁהָלַךְ בַּעְלָהּ לִמְדִינַת הַיָּם וְאִישְׁתַּהִי עַד תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא כְּמַאן כְּרַבִּי כֵּיוָן דְּאִיכָּא רַשְׁבָּ"ג דְּאָמַר אִישְׁתַּהִי דְּתָנֵי כֹּל שֶׁשָּׁהָה כו' כְּרַבִּי עֲבַד אַלְמָא מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא דִּבְוַדַּאי בֶּן ח' אַיְירֵי מִדְּמוֹכַח מִינֵּיהּ דְּמִשְׁתַּהֵי כְּרַבִּי וּמְנָא לֵיהּ דִּילְמָא לְעוֹלָם ס"ל דְּלָא מִשְׁתַּהֵי וּבִסְתָם וְלָדוֹת אַיְירֵי רַשְׁבָּ"ג כִּדְפָרֵישִׁית ואור"י דע"כ בְּוַדַּאי בֶּן ח' נָמֵי אַיְירֵי דְּהָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּמְכִילְתִּין מִיתְּנֵי מִילְּתֵיהּ דְּרַשְׁבָּ"ג בָּתַר מִילְּתֵיהּ דְּרַבָּנָן וְרַבִּי דִּיבָמוֹת וְאַפְּלֻוגְתַּייְהוּ קָאֵי דְּאַייְּרִי בְּבֶן ח' וא"ת וּבִשְׁמַעְתִּין מִנָּלַן דְּבִסְתָם וְלָדוֹת ס"ל לְרַשְׁבָּ"ג הָא לֹא שָׁהָה סְפֵיקָא הָוֵי דִּילְמָא קָסָבַר וָלָד מְעַלְּיָא הָוֵי וְלָא אַייְרֵי כְּלָל בִּסְתָם וְלָדוֹת אֶלָּא בְּוַדַּאי בֶּן ח'י וְיֵשׁ לוֹמַר דְּדָיְיקִינַן מִדְּקָתָנֵי כֹּל שֶׁשָּׁהָה דְּכֹל מַשְׁמַע לְרַבּוֹת סְתָם דַּוְוקָא שָׁהָה הָא לֹא שָׁהָה' סְפֵיקָא הֱווִי וְהָא דְּמִבַּעְיָא לָן לְקַמָּן אִי פְּלִיגִי רַבָּנָן עָלֶיהָ דְּרַשְׁבָּ"ג הַייְנוּ בִּסְתָם וְלָדוֹת דְּבֶן ח' וַדַּאי בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לָהּ בַּתּוֹסֶפְתָּא וא"ת וְהֵיכִי פְּשִׁיט לְקַמָּן מִדְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַשְׁבָּ"ג מִכְּלָל דִּפְלִיגִי בִּסְתָם וְלָדוֹת תֹּאמַר דִּלְעוֹלָם לָא פְלִיגִי בִּסְתָם וְלָדוֹת וְכִי פָּסֵיק רַב יְהוּדָה כְּוָותֵיהּ הנ"מ בְּוַדַּאי בֶּן ח' וְי"ל דְּא"כ ה"ל לְמִיתְנֵי הֲלָכָה כַּר' דְּלֵיכָּא לְמֵימַר דְּלָא קָאָמַר הֲלָכָה כְּרַבִּי מִשּׁוּם דְּבָעֵי הוֹכָחַת סִימָנִין שְׂעָרוֹ וְצִפָּרְנָיו אֲבָל רַשְׁבָּ"ג לָא בָּעֵי דְּהָא פְּשִׁיטָא דְּבֶן ח' שֶׁלֹּא גָּמְרוּ שְׂעָרוֹ וְצִפָּרְנָיו לכ"ע לֹא חַי וּמִדִּנְקַט רַשְׁבָּ"ג ש"מ דְּבִסְתָם וְלָדוֹת אַיְירֵי וּפָסַק בְּכֻולָּא מִילְּתָא כְּוָותֵיהּ וְהַשְׁתָּא נָמֵי אֵין צָרִיךְ לְדַקְדֵּק מִכָּל דִּבְלָאו הָכִי יֵשׁ לְהוֹכִיחַ דְּבִסְתָם וְלָדוֹת אַיְירֵי כְּמוֹ שֶׁהוֹכַחְתִּי ר"י:
Comment le circoncisons-nous : d'ici il ressort que Rabban Chimon ben Gamliel ne parle pas spécifiquement d'un ben chmona (né à huit mois), mais des nouveau-nés ordinaires (stam veladot). C'est aussi ce qui ressort plus loin, où l'on dit : 'Viens entendre : un veau né le Yom tov, on l'abat le Yom tov', et l'on repousse : (il s'agit d'un cas) où ses mois sont complets. Or si tu disais que RChBG ne parle que d'un ben chmona certain, on aurait dû repousser : de quoi s'agit-il ici ? De nouveau-nés ordinaires. De plus, on dit plus loin : 'Il est tombé du toit ou un lion l'a mangé : de l'avis de tous il est vivant' ; or s'il s'agissait d'un ben chmona certain, comment pourrait-on penser dire que de l'avis de tous il est vivant ? Et dans tous les cas suivants aussi, on établit (le cas) où l'on sait avec certitude que ses mois sont complets. Mais le Ri a une difficulté à partir de ce que l'on dit au chapitre Haarel (Yevamot 80b) : 'Qu'est-ce qu'un ben chmona ? Tout enfant dont les mois ne sont pas complets. Rabbi dit : ses cheveux et ses ongles en témoignent...', où (Rabbi) dit : celui-ci est un enfant de sept mois (dont la naissance) s'est attardée. Et (la Guemara) objecte : ce que Rabba Tosfaa a décidé dans le cas d'une femme dont le mari était parti outre-mer, et (la grossesse) s'est prolongée jusqu'à douze mois, selon qui ? Selon Rabbi. Puisqu'il existe RChBG qui dit (que la grossesse) se prolonge, comme il est enseigné 'tout (enfant) qui a survécu...', (pourquoi dire qu')il a agi selon Rabbi ? Il ressort donc explicitement (que RChBG) parle d'un ben chmona certain, puisqu'on prouve de sa parole que (la grossesse) se prolonge, comme Rabbi. Mais d'où le sait-on ? Peut-être pense-t-il en réalité qu'elle ne se prolonge pas, et RChBG parle des nouveau-nés ordinaires, comme je l'ai expliqué. Et le Ri dit : il faut nécessairement qu'il parle aussi d'un ben chmona certain, car dans la Tossefta de notre traité, la parole de RChBG est enseignée après celle des Rabbanan et de Rabbi de Yevamot, et elle porte sur leur désaccord, qui concerne le ben chmona. Et si tu demandes : dans notre sougya, d'où savons-nous que RChBG pense (ainsi) pour les nouveau-nés ordinaires, (en disant) 'mais s'il n'a pas survécu, c'est un doute' ? Peut-être pense-t-il que c'est un enfant viable, et il ne parle pas du tout des nouveau-nés ordinaires, mais seulement du ben chmona certain ! On peut répondre que nous le déduisons de ce qu'il enseigne 'tout (enfant) qui a survécu' : 'tout' vient inclure l'ordinaire ; précisément s'il a survécu (il est viable), mais s'il n'a pas survécu, c'est un doute. Et ce que l'on se demande plus loin, si les Rabbanan sont en désaccord avec RChBG, concerne les nouveau-nés ordinaires, car pour le ben chmona certain, c'est enseigné explicitement dans la Tossefta. Et si tu demandes : comment tranche-t-on plus loin, de ce que Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel 'la halakha est comme RChBG', qu'ils sont en désaccord sur les nouveau-nés ordinaires ? Dis qu'en réalité ils ne sont pas en désaccord sur les nouveau-nés ordinaires, et quand Rav Yehouda tranche comme lui, c'est seulement pour le ben chmona certain ! On peut répondre que, s'il en était ainsi, il aurait dû enseigner 'la halakha est comme Rabbi' ; et l'on ne peut pas dire qu'il n'a pas dit 'la halakha est comme Rabbi' parce que (Rabbi) exige la preuve des signes, cheveux et ongles, alors que RChBG ne l'exige pas, car il est évident qu'un ben chmona dont les cheveux et les ongles ne sont pas achevés ne vit pas, selon tous. Du fait qu'il a cité RChBG, on apprend qu'il parle des nouveau-nés ordinaires et qu'il a tranché comme lui sur toute la question. Et maintenant aussi, il n'est pas nécessaire de déduire (cela) du mot 'tout', car même sans cela on peut prouver qu'il parle des nouveau-nés ordinaires, comme je l'ai prouvé. (Ri.)
💡 Explication

La fin de 135b cite Rabban Chimon ben Gamliel (RChBG) : un enfant qui a vécu trente jours n'est pas un nefel (non viable) ; avant ce délai, son statut reste douteux. La Guemara en tire une difficulté : la mila au huitième jour repousse le Chabbat, mais si l'enfant est peut-être un nefel, la coupure risque d'être une havoura (blessure interdite le Chabbat) sans mitsva.

Tossefot démontre que RChBG parle de tout nouveau-né, et pas seulement de l'enfant certainement né à huit mois.

🖼️ Schéma
Mila le Chabbat d'un enfant au statut douteux (segments 0-3) Baraita de Rabban Chimon ben Gamliel (fin 135b) Homme : 30 jours / animal : 8 jours = n'est pas un nefel Avant ce délai : safek (doute) Question : comment circoncire le Chabbat ? Peut-être est-ce un nefel : blessure sans mitsva Rav Adda bar Ahava : on circoncit memah nafchakh Vivant (mois complets) : mila valable Nefel : il coupe de la chair morte, pas de havoura Objection : baraita du safek 7 / 8 mois On ne profane pas le Chabbat pour lui : pourquoi ? Le même raisonnement memah nafchakh devrait s'appliquer Mar fils de Ravina (avec Rav Nehoumei bar Zekharia) La mila elle-même : on la fait La baraita vise les makhchirei mila (préparatifs : charbon, fer) selon R. Eliezer, qui permet ces préparatifs pour un enfant certain
La question de la mila et ses réponses (segments 0-3).
2
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: מָלִין אוֹתוֹ מִמַּה נַפְשָׁךְ: אִם חַי הוּא — שַׁפִּיר קָא מְהִיל, וְאִם לָאו — מְחַתֵּךְ בַּבָּשָׂר הוּא.

Rav Adda bar Ahava a dit : on le circoncit memah nafchakh (de toute façon) : s'il est vivant, il circoncit à bon droit ; et sinon, il coupe dans de la chair (morte).

📜 Rachi (2)
אִם חַי הוּא כְּלוֹמַר אִם כָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו שַׁפִּיר קָא מְהִיל:
S'il est vivant : c'est-à-dire si ses mois sont complets, il circoncit à bon droit.
מְחַתֵּךְ בְּבָשָׂר שְׁחוּטָה הוּא וְלֹא חַבּוּרָה הִיא:
Il coupe dans de la chair : c'est de la chair abattue (sans vie), et il n'y a pas de havoura (blessure).
💡 Explication

Raisonnement memah nafchakh : les deux hypothèses mènent à la permission. Si l'enfant est viable, la mila est une mitsva qui repousse le Chabbat. S'il est un nefel, il a le statut d'un mort, et couper la chair d'un mort n'est pas une havoura.

3
וְאֶלָּא הָא דְּתַנְיָא: סָפֵק בֶּן שִׁבְעָה, סָפֵק בֶּן שְׁמוֹנָה — אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת, אַמַּאי? נִימְהָלֶיהָ מִמַּה נַפְשָׁךְ! אִם חַי הוּא — שַׁפִּיר קָא מְהִיל, וְאִם לָאו — מְחַתֵּךְ בַּבָּשָׂר הוּא!

Mais alors, ce qui est enseigné (dans une baraita) : 'Un enfant dont on doute s'il est né à sept mois ou à huit mois, on ne profane pas le Chabbat pour lui' : pourquoi ? Circoncisons-le memah nafchakh : s'il est vivant, il circoncit à bon droit ; et sinon, il coupe dans de la chair !

💡 Explication

Un enfant né à sept mois est viable ; né à huit mois, il ne l'est pas selon la Guemara. Dans le doute, la baraita interdit de profaner le Chabbat. Le raisonnement de Rav Adda devrait pourtant permettre la mila.

4
אָמַר מַר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא: אֲנָא וְרַב נְחוּמִי בַּר זְכַרְיָה תַּרְגֵּימְנָא: מִימְהָל — הָכִי נָמֵי מָהֲלִינַן לֵיהּ. לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְמַכְשִׁירֵי מִילָה, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר.

Mar fils de Ravina a dit : moi et Rav Nehoumei bar Zekharia l'avons expliqué ainsi : la mila, en effet, nous la faisons. (La baraita) n'a été nécessaire que pour les makhchirei mila (les préparatifs de la mila), et selon Rabbi Eliezer.

📜 Rachi (1)
לֹא נִצְרְכָה הָא דְּקָתָנֵי אֵין מְחַלְּלִין אֶלָּא לְעִנְיַן מַכְשִׁירֵי מִילָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר דָּחוּ שַׁבָּת ה"מ דְּקִים לֵיהּ בְּגַוֵּיהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו שֶׁעָבְרוּ ט' חֳדָשִׁים מִשֶּׁשִּׁמְּשָׁה עַד שֶׁיְּלָדַתּוּ וְלֹא שִׁמְּשָׁה כָּל יְמֵי עִיבּוּרָהּ אֲבָל סָפֵק אֵין מַכְשִׁירָיו דּוֹחִין דִּילְמָא לָאו בַּר מִימְהָל הוּא וּמְחַלֵּל שַׁבָּת בַּעֲשׂוֹתוֹ פֶּחָמִים וּבַרְזֶל:
Il n'a été nécessaire : ce qui est enseigné 'on ne profane pas (le Chabbat)' ne concerne que les préparatifs de la mila, selon Rabbi Eliezer qui dit qu'ils repoussent le Chabbat : cela vaut quand on sait avec certitude que ses mois sont complets, que neuf mois se sont écoulés depuis que (la mère) a eu des rapports jusqu'à ce qu'elle l'ait enfanté, et qu'elle n'a pas eu de rapports pendant toute sa grossesse ; mais dans le doute, ses préparatifs ne repoussent pas (le Chabbat), car peut-être n'est-il pas apte à être circoncis, et il profane le Chabbat en faisant du charbon et du fer.
💡 Explication

Les makhchirei mila sont les travaux préparatoires : faire du charbon pour forger le couteau, forger le fer. Rabbi Eliezer permet de les faire le Chabbat pour une mila certaine. Pour un enfant douteux, le raisonnement memah nafchakh ne couvre pas ces travaux : si l'enfant est un nefel, la forge reste un travail interdit sans mitsva.

5
אָמַר אַבַּיֵּי, כְּתַנָּאֵי: ״וְכִי יָמוּת מִן הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר הִיא לָכֶם לְאָכְלָה״, לְהָבִיא בֶּן שְׁמֹנֶה שֶׁאֵין שְׁחִיטָתוֹ מְטַהַרְתּוֹ. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: שְׁחִיטָתוֹ מְטַהַרְתּוֹ.

Abaye a dit : c'est comme (une discussion de) tannaim : 'Et si meurt (une bête) de l'animal qui est à vous pour nourriture' (Vayikra 11, 39) : pour inclure le (petit) de huit mois, dont l'abattage ne le purifie pas. Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda et Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon disent : son abattage le purifie.

📜 Rachi (2)
כְּתַנָּאֵי נֵפֶל גָּמוּר אִם חָשׁוּב כְּמֵת כִּדְקָאָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה דְּאֵינוֹ אֶלָּא מְחַתֵּךְ בְּבָשָׂר אוֹ לֹא וְהָוְיָא חַבּוּרָה:
Comme (une discussion de) tannaim : un nefel complet est-il considéré comme un mort, comme le dit Rav Adda bar Ahava, (en sorte que le mohel) ne fait que couper dans la chair, ou non, et c'est une blessure.
לְאָכְלָהּ לְהָבִיא בֶּן ח' דְּכוּלֵּיהּ קְרָא דְּרֵישׁ לֵיהּ בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים מִן הַבְּהֵמָה מִקְצָת בְּהֵמָה מְטַמְּאָה וּמִקְצָת אֵינָהּ מְטַמְּאָה פְּרָט לִטְרֵפָה שֶׁשְּׁחָטָהּ וּמִדִּמְמַעֵיט טְרֵפָה שֶׁשְּׁחָטָהּ מִכְּלָל דְּבִטְהוֹרָה קָאֵי אֲשֶׁר הִיא לָכֶם לְהָבִיא בְּהֵמָה טְמֵאָה לְפִי שֶׁפָּרָשָׁה רִאשׁוֹנָה דִּכְתִיב בָּהּ לְכָל הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר הִיא מַפְרֶסֶת פַּרְסָה וְאֵינֶנָּה מַעֲלַת גֵּרָה וְגוֹ' מוּקֵי לָהּ הָתָם בְּאֵבֶר מִן הַחַי הַכָּתוּב מְדַבֵּר וּפָרָשָׁה זוֹ בְּמֵתָה וַדַּאי לְאָכְלָה לְהָבִיא בֶּן ח' חֳדָשִׁים שֶׁאַף שְׁחִיטָתוֹ מִיתָה וּמְטַמְּאָה:
'Pour nourriture' : pour inclure le (petit) de huit (mois). Tout le verset, il l'interprète dans le Torat Kohanim : 'de l'animal' : une partie des animaux rend impur et une partie ne rend pas impur, à l'exclusion de la terefa qu'on a abattue. Et puisqu'il exclut la terefa abattue, on en déduit qu'il parle d'un (animal) pur. 'Qui est à vous' : pour inclure l'animal impur. Car le premier passage, où il est écrit 'tout animal qui a le sabot fendu mais ne rumine pas', etc., est établi là-bas comme parlant du membre arraché d'un vivant, et ce passage-ci (parle) d'une (bête) morte assurément. 'Pour nourriture' : pour inclure le (petit) de huit mois, dont même l'abattage est une mort, et il rend impur.
💡 Explication

Chez le gros bétail, la gestation normale est de neuf mois ; un petit ne a huit mois est considéré comme non viable. Le tana kama déduit du verset que son abattage (chehita) ne lui évite pas l'impureté de nevela (bête morte sans abattage). Deux tannaim disent au contraire que l'abattage le purifie.

Abaye propose d'y voir la question de Rav Adda : un être non viable est-il déjà un mort ?

🖼️ Schéma
Petit d'animal ne a 8 mois : son abattage le purifie-t-il ? Tana kama (Torat Kohanim) L'abattage ne le purifie pas : il rend impur comme une nevela R. Yossi b. R. Yehouda et R. Elazar b. R. Chimon L'abattage le purifie Abaye (segment 5) Mahloket : est-il vivant ou mort ? (comme la question de Rav Adda sur la mila) Rava (segments 6-7) Alors ils discuteraient de la consommation. Tous : il est mort. Question : est-il comme une terefa ? Rabbanan : pas comme la terefa La terefa a eu un moment d'aptitude (shaat hakocher) avant de devenir terefa ; le ben 8 n'en a jamais eu R. Yossi b. R. Y. et R. Elazar b. R. Ch. Comme la terefa : considérée morte, et pourtant l'abattage la purifie Et la terefa dès le ventre de sa mère (segment 8) ? Elle non plus n'a pas eu de moment d'aptitude. Réponse : son espèce est sujette à l'abattage (yech beminah chehita) ; le ben 8 appartient à une catégorie pour laquelle l'abattage n'existe pas.
Le ben chmona d'un animal : Abaye, Rava et la comparaison avec la terefa (segments 4-8).
6
מַאי לָאו בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי: דְּמָר סָבַר חַי הוּא, וּמָר סָבַר מֵת הוּא.

N'est-ce pas sur ceci qu'ils sont en désaccord : l'un pense qu'il est vivant, et l'autre pense qu'il est mort ?

📜 Rachi (1)
מָר סָבַר חַי הוּא לְפִיכָךְ שְׁחִיטָתוֹ מְטַהַרְתּוֹ:
L'un pense qu'il est vivant : c'est pourquoi son abattage le purifie.
💡 Explication

Selon Abaye, pour le tana kama le ben chmona est un mort : l'abattage est alors sans effet, et le raisonnement de Rav Adda (chair de mort) serait juste. Pour les deux autres tannaim il est vivant.

7
אָמַר רָבָא: אִי הָכִי, אַדְּמִיפַּלְגִי לְעִנְיַן טֻומְאָה וְטָהֳרָה, לִיפְלְגִי לְעִנְיַן אֲכִילָה!

Rava a dit : s'il en est ainsi, au lieu d'être en désaccord au sujet de l'impureté et de la pureté, qu'ils soient en désaccord au sujet de la consommation !

📜 Rachi (1)
לְעִנְיַן אֲכִילָה אִי מֻותָּר בַּאֲכִילָה בִּשְׁחִיטָתוֹ אִם לָאו:
Au sujet de la consommation : s'il est permis à la consommation par son abattage ou non.
💡 Explication

Si l'un tenait l'animal pour vivant, il devrait aussi le permettre à la consommation après abattage. Or personne ne le permet : le désaccord porte donc sur autre chose.

8
אֶלָּא דְּכֻולֵּי עָלְמָא מֵת הוּא, וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבְרִי כִּטְרֵפָה: טְרֵפָה לָאו אַף עַל גַּב דְּמֵתָה הִיא — שְׁחִיטָתָהּ מְטַהַרְתָּהּ, הָכָא נָמֵי — לָא שְׁנָא. וְרַבָּנָן: לָא דָּמֵי לִטְרֵפָה, טְרֵפָה — הָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר, הַאי — לֹא הָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר.

Plutôt, de l'avis de tous il est mort ; et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda et Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon pensent (qu'il est) comme la terefa : la terefa, bien qu'elle soit (considérée) morte, son abattage ne la purifie-t-il pas ? Ici aussi, il n'y a pas de différence.

Et les Rabbanan : il n'est pas comparable à la terefa : la terefa a eu un moment d'aptitude (shaat hakocher) ; celui-ci n'a pas eu de moment d'aptitude.

📜 Rachi (2)
טְרֵפָה שְׁחִיטָתָהּ מְטַהַרְתָּהּ מִלְּטַמֵּא כִּדְפָרֵישִׁית:
La terefa : son abattage la purifie de (l'impureté, en sorte qu'elle ne) rend (pas) impur, comme je l'ai expliqué.
הָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר לִישָּׁחֵט וְלִיטָּהֵר קֹודֶם שֶׁנִּטְרְפָה:
Elle a eu un moment d'aptitude : pour être abattue et être pure, avant de devenir terefa.
💡 Explication

La terefa est un animal atteint d'une lésion mortelle ; elle est interdite à la consommation même abattue, mais l'abattage lui évite l'impureté de nevela. Pour Rava, tous tiennent le ben chmona pour mort ; la question est de savoir s'il ressemble à la terefa. Les Rabbanan les distinguent par la shaat hakocher : la terefa a été un jour apte à l'abattage.

9
וְכִי תֵּימָא: טְרֵפָה מִבֶּטֶן, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? הָתָם — יֵשׁ בְּמִינָהּ שְׁחִיטָה, הָכָא — אֵין בְּמִינָהּ שְׁחִיטָה.

Et si tu dis : une terefa dès le ventre (de sa mère), que peut-on dire ? Là-bas, il y a dans son espèce (la possibilité d')abattage ; ici, il n'y a pas dans son espèce (de possibilité d')abattage.

💡 Explication

Une terefa de naissance n'a jamais eu de moment d'aptitude, et pourtant son abattage la purifie. Réponse : la terefa appartient à une catégorie (yech beminah chehita) pour laquelle l'abattage est possible ; la catégorie du ben chmona n'est jamais concernée par l'abattage.

10
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מִי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, אוֹ לֹא? אִם תִּמְצֵי לוֹמַר פְּלִיגִי, הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ, אוֹ אֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ?

La question leur a été posée : les Rabbanan sont-ils en désaccord avec Rabban Chimon ben Gamliel, ou non ? Et si tu veux dire qu'ils sont en désaccord, la halakha est-elle comme lui, ou la halakha n'est-elle pas comme lui ?

📜 Rachi (1)
מִי פְּלִיגִי לְמִישְׁרֵי וָלָד שֶׁל בְּהֵמָה בְּתוֹךְ ח' יָמִים:
Sont-ils en désaccord : pour permettre le petit d'un animal dans les huit jours.
⚖️ Rosh (1)
תַּנְיָא רַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר כָּל שֶׁשָּׁהָה שְׁלֹשִׁים יוֹם בָּאָדָם אֵינוֹ נֵפֶל וּבַבְּהֵמָה שְׁמוֹנָה יָמִים שֶׁנֶּאֱמַר וּמִיּוֹם הַשְּׁמִינִי וָהָלְאָה. הָא לֹא שָׁהָה סְפֵיקָא הָוֵי אִיבַּעְיָא לְהוּ מִי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַשְׁבָּ"ג אוֹ לָא. אִם תִּמְצָא לוֹמַר פְּלִיגִי הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ אוֹ אֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ. תָּא שְׁמַע דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַשְׁבָּ"ג הֲלָכָה מִכְּלָל דִּפְלִיגִי ש"מ דִּפְלִיגִי. תְּמֵיהֵנִי אַהַאי פִּיסְקָא דִּכְרַבָּנָן קַייְמָא לַן אֲפִילּוּ לְקֻולָּא דְּאִם אֵשֶׁת כֹּהֵן הִיא אֵינָהּ חוֹלֶצֶת וּמַחְזְקִינַן לֵיהּ בְּוָלָד גָּמוּר לְהַתִּיר יְבָמָה לַשּׁוּק וְסָמְכִינַן אַרוֹב וְולָדוֹת שֶׁהֵן שֶׁל קַייְמָא וְלָא עָבְדִינַן כְּרַשְׁבָּ"ג אֶלָּא לְהַחְמִיר וּלְהַצְרִיךְ חֲלִיצָה לְאֵשֶׁת יִשְׂרָאֵל וְלֶאֱסֹור בְּהֵמָה שֶׁנִּשְׁחֲטָה תּוֹךְ שִׁבְעָה יָמִים וּלְעִנְיַן אֲבֵילוּת דקי"ל כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאָבֵל. וְהַאי דְּאָמַר שְׁמוֹנָה יָמִים בַּבְּהֵמָה אֵינוֹ נֵפֶל הָנֵי מִילֵּי לְקָרְבָּן אֲבָל לְעִנְיַן אֲכִילָה אִם שָׁהָה מֻותָּר לְשׁוֹחֲטוֹ לֵיל שְׁמִינִי וּלְאָוכְלוֹ. דְּאָמְרִינַן רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא אִיקְּלַעוּ לְבֵי רָבָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי בַּר אָבִין עָבֵד לְהוּ עִגְלָא תִּלְתָּא בְּיוֹמָא דְּשִׁבְעָה וְאָמְרוּ לֵיהּ אִי אִיתְרִיחוּ עַד אֻורְתָּא הֲוָה אָכְלִינַן מִינֵּיהּ. בְּרֵיהּ דְּרַב דִּימִי בַּר יִצְחָק אִיתְיְלִיד לֵיהּ הָהוּא יָנוֹקָא וּבְגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין שְׁכִיב וְיָתֵיב וְקָמִתְאַבַּל עִלָּוֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ אַבֹּוהַּ צְוָרָנְיָתָא קָבָעֵית לְמֵיכַל. אֲמַר לֵיהּ קִים לִי בְּגַוֵּיהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו. רַב אָשֵׁי אִיקְּלַע לְבֵי רַב כָּהֲנָא אִיתְּרַע בֵּיהּ מִילְּתָא בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין חַזְייֵהּ דְּקָא מִתְאַבֵּל עָלֶיהָ. אֲמַר לֵיהּ לָא סָבַר לָהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַשְׁבָּ"ג. אֲמַר לֵיהּ קִים לִי בְּגַוֵּיהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו: אִיתְּמַר מֵת בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים וְעָמְדָה וְנִתְקַדְּשָׁה אָמַר רָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אִם אֵשֶׁת יִשְׂרָאֵל הִיא חוֹלֶצֶת וְאִם אֵשֶׁת כֹּהֵן הִיא אֵינָהּ חוֹלֶצֶת וְכֵן הִלְכְתָא: רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס. אָמַר רַב שֵׁיזְבִי אָמַר רַב חִסְדָּא לֹא לַכֹּל א"ר יְהוּדָה אַנְדְּרוֹגִינוֹס זָכָר הוּא שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר כֵּן בַּעֲרָכִין יֵעָרֵךְ וְכוּ'. אִיכָּא מ"ד מִדְּקָאָמַר רַב חִסְדָּא טַעְמָא דְּר' יְהוּדָה שְׁמַע מִינָּה הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וְגָאוֹן קָאָמַר דְּלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ:
Il est enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : tout (être) qui a survécu trente jours, chez l'homme, n'est pas un nefel, et chez l'animal, huit jours, comme il est dit : 'et à partir du huitième jour et au-delà' (Vayikra 22, 27). Mais s'il n'a pas survécu, c'est un doute. La question a été posée : les Rabbanan sont-ils en désaccord avec RChBG ou non ? Et si tu veux dire qu'ils sont en désaccord, la halakha est-elle comme lui ou la halakha n'est-elle pas comme lui ? Viens entendre : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : la halakha est comme RChBG. 'La halakha' : on en déduit qu'ils sont en désaccord. Conclus-en qu'ils sont en désaccord. Je m'étonne de cette décision, car nous tenons comme les Rabbanan même pour alléger : si c'est la femme d'un Cohen, elle ne fait pas la halitsa, et nous le considérons comme un enfant accompli pour permettre à la yevama (veuve sans enfant) de se marier à un tiers ; nous nous appuyons sur la majorité des nouveau-nés, qui sont viables. Et nous n'appliquons (l'avis de) RChBG que pour être stricts : pour exiger la halitsa de la femme d'un Israël, pour interdire un animal abattu dans les sept jours, et pour le deuil, car nous tenons comme l'avis qui allège en matière de deuil. Et ce qu'il dit, qu'après huit jours l'animal n'est pas un nefel, cela vaut pour le sacrifice ; mais pour la consommation, s'il a survécu (sept jours), il est permis de l'abattre la nuit du huitième jour et de le manger. Car nous disons : Rav Pappa et Rav Houna arrivèrent chez Rava fils de Rav Idi bar Avin ; il leur prépara un veau tilta le septième jour, et ils lui dirent : si vous aviez attendu jusqu'au soir, nous en aurions mangé. Au fils de Rav Dimi bar Yitshak naquit un enfant, qui mourut dans les trente jours ; il s'assit pour porter le deuil. Son père lui dit : tu veux manger des mets (de l'endeuillé) ? Il lui répondit : je suis certain que ses mois étaient complets. Rav Achi arriva chez Rav Kahana ; un malheur le frappa dans les trente jours ; il le vit porter le deuil. Il lui dit : le Maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rav Yehouda au nom de Chmouel : la halakha est comme RChBG ? Il lui répondit : je suis certain que ses mois étaient complets. Il a été dit : (l'enfant) est mort dans les trente (jours), et (la mère) s'est levée et s'est fiancée. Ravina a dit au nom de Rava : si c'est la femme d'un Israël, elle fait la halitsa ; si c'est la femme d'un Cohen, elle ne fait pas la halitsa. Et telle est la halakha. Rabbi Yehouda permet (la mila le Chabbat) pour l'androgyne. Rav Chizbi a dit au nom de Rav Hisda : Rabbi Yehouda n'a pas dit que l'androgyne est un mâle à tous égards, car si tu dis cela, il serait évalué dans les arakhin (évaluations), etc. Certains disent : du fait que Rav Hisda explique la raison de Rabbi Yehouda, on en déduit que la halakha est comme lui ; et un Gaon dit que la halakha n'est pas comme lui.
💡 Explication

Deux questions emboîtées : (1) les Rabbanan contestent-ils RChBG, en tenant tout nouveau-né pour viable dès la naissance ? (2) si oui, comment trancher ? Rachi précise l'enjeu pour l'animal : peut-on l'abattre et le manger avant huit jours ?

Le Roch reprend la sougya et note que la pratique suit les Rabbanan pour alléger (la femme d'un Cohen, pour qui la halitsa créerait un interdit) et RChBG seulement pour être strict.

🖼️ Schéma
Les Rabbanan contestent-ils Rabban Chimon ben Gamliel ? Preuve 1 Veau né le Yom tov : on l'abat le jour même Rejetée Cas où ses mois sont complets Preuve 2 Premier-né né avec son défaut : moukhan Rejetée Cas où ses mois sont complets Preuve 3 Chmouel : la halakha est comme RChBG Accepté Halakha implique mahloket : prouve
Les trois tentatives de preuve (segments 10-12).
11
תָּא שְׁמַע: עֵגֶל שֶׁנּוֹלַד בְּיוֹם טוֹב — שׁוֹחֲטִין אוֹתוֹ בְּיוֹם טוֹב! הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן, דְּקִים לֵיהּ בְּגַוֵּויהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו.

Viens entendre : un veau né le Yom tov, on l'abat le Yom tov ! De quoi s'agit-il ici ?

D'un cas où l'on sait avec certitude que ses mois sont complets.

📜 Rachi (1)
שׁוֹחֲטִים אוֹתוֹ ביו"ט וְאֵינוֹ מֻוקְצֶה שֶׁהֲרֵי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נָמֵי הָיָה מוּכָן אַגַּב אִמּוֹ מִיהוּ שָׁמְעִינַן מִינָּהּ דְּמֻותָּר לִבּוֹ בַּיּוֹם:
On l'abat le Yom tov : et il n'est pas mouktse, car au crépuscule aussi il était prêt par l'intermédiaire de sa mère. Toujours est-il que nous en apprenons qu'il est permis le jour même (de sa naissance).
💡 Explication

Si l'on peut abattre et manger un veau le jour de sa naissance, les Rabbanan ne semblent pas exiger huit jours. Rejet : la mishna parle d'un cas où la gestation complète est connue (kim lei shekalou lo hodachav).

12
תָּא שְׁמַע: וְשָׁוִין, שֶׁאִם נוֹלַד הוּא וּמוּמוֹ עִמּוֹ — שֶׁזֶּה מִן הַמּוּכָן! הָכָא נָמֵי שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו.

Viens entendre : 'Et ils s'accordent que s'il est né avec son défaut, celui-ci fait partie de ce qui est préparé (moukhan)' ! Ici aussi, (il s'agit d'un cas) où ses mois sont complets.

📜 Rachi (1)
וְשָׁוִין רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן שֶׁנֶּחְלְקוּ בְּרוֹאִין מוּמִין ביו"ט בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה שֶׁאִם נוֹלַד הַיּוֹם הוּא וּמוּמוֹ עִמּוֹ שֶׁהוּא מִן הַמּוּכָן וּמֻותָּר לְבַקֵּר מוּמוֹ ביו"ט דְּלָא דָּמֵי כִּמְתַקֵּן ביו"ט דְּלָא אִיתַּחְזַק בְּאִיסּוּרָא וּמוֹקְמִינַן לָהּ הָתָם כְּגוֹן דְּיָתְבִי דַּיָּינֵי הָתָם וְרָאוּהוּ בִּשְׁעַת לֵידָה מִיָּד:
Ils s'accordent : Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, qui sont en désaccord sur l'examen des défauts (d'un premier-né) le Yom tov, dans le traité Beitsa, (s'accordent) que s'il est né aujourd'hui avec son défaut, il fait partie de ce qui est préparé, et il est permis d'examiner son défaut le Yom tov, car cela n'est pas comparable à 'réparer' le Yom tov, puisqu'il n'a jamais été établi dans l'interdit ; et on l'établit là-bas dans le cas où les juges étaient assis là et l'ont vu aussitôt, au moment de la naissance.
💡 Explication

Un bekhor (premier-né d'animal) né avec un défaut peut être examiné et abattu le Yom tov même. La réponse est identique : on connaît la durée complète de la gestation.

13
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל. הֲלָכָה — מִכְּלָל דִּפְלִיגִי. שְׁמַע מִינָּה.

Viens entendre : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : la halakha est comme Rabban Chimon ben Gamliel. 'La halakha' : on en déduit qu'ils sont en désaccord. Conclus-en.

💡 Explication

Une décision de halakha n'a de sens que s'il existe un avis contraire. Les deux questions sont tranchées : les Rabbanan sont en désaccord, et la halakha suit RChBG.

14
אָמַר אַבַּיֵּי: נָפַל מִן הַגָּג אוֹ אֲכָלוֹ אֲרִי — דִּבְרֵי הַכֹּל חַי הוּא. כִּי פְּלִיגִי שֶׁפִּיהֵק וָמֵת. מַר סָבַר: חַי הוּא, וּמַר סָבַר: מֵת הוּא.

Abaye a dit : s'il est tombé du toit ou qu'un lion l'a mangé, de l'avis de tous il est vivant. Ils ne sont en désaccord que lorsqu'il a bâillé et qu'il est mort : l'un pense qu'il est vivant, et l'autre pense qu'il est mort.

📜 Rachi (3)
נָפַל מִן הַגָּג אוֹ אֲכָלוֹ אֲרִי שֶׁמֵּת מֵחֲמַת מִיתָה הַבָּאָה לוֹ בְּתוֹךְ ל' מִמָּקוֹם אַחֵר דִּבְרֵי הַכֹּל בְּחֶזְקַת כָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו קָאֵי דְּאִי לָאו הַךְ מִיתָה לָא הֲוָה מֵת הִילְכָּךְ חַי הוּא וּבְאָדָם הָוֵי וָלָד וּפוֹטֵר אֶת אִמּוֹ מִן הַחֲלִיצָה וְגַבֵּי בְּהֵמָה נָמֵי סְתָם וְלַד בְּהֵמָה שֶׁשָּׁחַט בְּתוֹךְ ח' מֻותָּר בַּאֲכִילָה דְּלָא חָזֵינָא בֵּיהּ רֵיעוּתָא וְרֹוב הַיּוֹלְדוֹת אֵינָן מַפִּילוֹת:
Il est tombé du toit ou un lion l'a mangé : qu'il est mort d'une mort qui lui est venue, dans les trente (jours), d'une autre cause. De l'avis de tous, il reste dans la présomption que ses mois sont complets, car sans cette mort il ne serait pas mort. Par conséquent il est vivant : chez l'homme, il compte comme enfant et dispense sa mère de la halitsa ; et pour l'animal aussi, un petit d'animal ordinaire qu'on a abattu dans les huit (jours) est permis à la consommation, car nous n'y avons vu aucun défaut, et la majorité des (femelles) qui mettent bas n'avortent pas.
שֶׁפִּיהֵק ביילי"ר בְּלַעַ"ז כְּלוֹמַר לְאַחַר לֵידָתוֹ לֹא רָאוּ בּוֹ אֶלָּא חַיּוּת מְעַט שֶׁפִּיהֵק וּמֵת וְגַבֵּי אָדָם קָאֵי:
Qu'il a bâillé : 'bâiller' en langue vernaculaire ; c'est-à-dire qu'après sa naissance on n'a vu en lui qu'un peu de vie : il a bâillé et il est mort ; et cela porte sur l'homme.
ה"ג וְעָבְדוּ עִגְלָא תִּילְתָּא בִּימָמָא דְּשִׁבְעָה:
Ainsi lit-on (la version) : 'et ils leur préparèrent un veau tilta le septième jour'.
💡 Explication

Abaye définit le champ du désaccord. Mort par cause externe (chute, lion) : l'enfant était viable, selon tous. Mort sans cause visible, après un simple bâillement (pihek) : RChBG le tient pour nefel, les Rabbanan pour vivant.

🖼️ Schéma
Mort avant 30 jours : les deux versions d'Abaye Cas (enfant mort avant 30 j.) Version 1 (segment 13) Version 2 (retenue) (segment 16) Pihek oumet a bâillé puis est mort (mort sans cause externe) Mahloket Rabbanan : vivant RChBG : mort (nefel) De l'avis de tous : mort (nefel) Tombé du toit / mangé par un lion (cause externe) De l'avis de tous : vivant Mahloket RChBG : mort (doute) Rabbanan : vivant Pourquoi changer ? Rav Pappa et Rav Houna refusent un veau abattu le 7e jour : pour eux (selon RChBG), même une mort par cause externe laisse le doute.
Version 1 d'Abaye (segment 13) et version corrigée (segment 16).
15
לְמַאי נָפְקָא מִינֵּיהּ? לִפְטוֹר מִן הַיִּיבּוּם.

Quelle en est la conséquence pratique ? Pour dispenser (la mère) du yibboum.

💡 Explication

Si un homme meurt sans enfant, sa veuve est liée au yibboum (lévirat) ou à la halitsa. Un enfant viable, né après la mort du père, l'en dispense ; un nefel ne compte pas.

16
נָפַל מִן הַגָּג אוֹ אֲכָלוֹ אֲרִי — דִּבְרֵי הַכֹּל חַי הוּא? וְהָא רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אִיקְּלַעוּ לְבֵי בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי בַּר אָבִין, וַעֲבַדוּ לְהוּ עִיגְלָא תִּילְתָּא בִּימָמָא דְּשִׁבְעָה. וְאָמְרִי לֵיהּ: אִי אִיתָּרְחִיתוּ לֵיהּ עַד לְאוּרְתָּא — הֲוָה אָכְלִינַן מִינֵּיהּ, הַשְׁתָּא — לָא אָכְלִינַן מִינֵּיהּ!

S'il est tombé du toit ou qu'un lion l'a mangé, de l'avis de tous il est vivant ? Or Rav Pappa et Rav Houna fils de Rav Yehochoua arrivèrent chez le fils de Rav Idi bar Avin, et on leur prépara un veau tilta le septième jour.

Et ils lui dirent : si vous aviez attendu jusqu'au soir, nous en aurions mangé ; maintenant, nous n'en mangeons pas !

📜 Rachi (2)
אִיתָּרְחִיתוּ מִלְּשׁוֹחֲטוֹ עַד אֻורְתָּא שֶׁהוּא לֵיל שְׁמִינִי:
Si vous aviez attendu : de l'abattre jusqu'au soir, qui est la nuit du huitième.
הֲוָה אָכְלִינַן מִינֵּיהּ דְּמִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא כ״ב:כ״ז) וְהָיָה שִׁבְעַת יָמִים תַּחַת אִמּוֹ הָא לַיְלָה חֲזֵי וּמִיהוּ מִיּוֹם הַשְּׁמִינִי הוּא דְּיִרְצֶה דְּאֻורְתָּא לָאו בַּת הַקְרָבָה הִיא כְּדִכְתִיב (שָׁם ז) בְּיוֹם צַוּוֹתוֹ לְהַקְרִיב אֲבָל מִכְּלַל נֵפֶל נָפְקִי לֵיהּ וַחֲזֵי לְאַקְדּוֹשֵׁי כִּדְאָמְרִינַן בִּזְבָחִים (דַּף יב.) לַיְלָה לִקְדֻושָּׁה יוֹם לְהַרְצָאָה וְהִלְכָּךְ לְעִנְיַן חֻולִּין חֲזִי מֵאֻורְתָּא לְמִישְׁחֲטֵיהּ וּמֵיכָל אַלְמָא מַאן דס"ל כְּרַשְׁבָּ"ג פְּלִיג בְּמִיתָה הַבָּאָה לוֹ מִמָּקוֹם אַחֵר וְאָמַר סְפֵיקָא הוּא:
Nous en aurions mangé : car une partie du jour compte comme le jour entier, comme il est écrit (Vayikra 22, 27) : 'il sera sept jours sous sa mère' ; la nuit, il est donc apte. Toutefois, c'est à partir du jour du huitième qu'il sera agréé (en sacrifice), car le soir n'est pas apte à l'offrande, comme il est écrit (ibid. 7, 38) : 'le jour où Il ordonna d'offrir' ; mais il est sorti de la catégorie de nefel et il est apte à être consacré, comme nous disons dans Zevahim (12a) : la nuit pour la consécration, le jour pour l'agrément. Par conséquent, pour les (viandes) profanes, il est apte dès le soir à être abattu et mangé. Il apparaît que celui qui pense comme RChBG est en désaccord (même) pour une mort venue d'une autre cause, et dit que c'est un doute.
💡 Explication

Un veau tilta (veau de choix, au tiers de sa croissance selon une explication) abattu le septième jour meurt par une cause externe : l'abattage. Pourtant Rav Pappa et Rav Houna, qui suivent RChBG, refusent d'en manger. Donc, pour RChBG, même une mort externe laisse le doute, contre la première version d'Abaye.

17
אֶלָּא: כְּשֶׁפִּיהֵק וּמֵת — דִּבְרֵי הַכֹּל מֵת הוּא, כִּי פְּלִיגִי בְּנָפַל מִן הַגָּג וַאֲכָלוֹ אֲרִי, מַר סָבַר: מֵת הוּא, וּמָר סָבַר חַי הוּא.

Plutôt : s'il a bâillé et qu'il est mort, de l'avis de tous il est mort ; ils ne sont en désaccord que s'il est tombé du toit ou qu'un lion l'a mangé : l'un pense qu'il est mort, et l'autre pense qu'il est vivant.

💡 Explication

Version corrigée : le bâillement suivi de la mort montre un enfant non viable, selon tous. Pour la mort externe, RChBG maintient le doute (il est considéré mort), les Rabbanan le tiennent pour vivant.

18
בְּרֵיהּ דְּרַב דִּימִי בַּר יוֹסֵף אִתְיְלִיד לֵיהּ הָהוּא יָנוֹקָא. בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין שְׁכֵיב. יָתֵיב קִמְתַּאֲבֵיל עִילָּוֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ אַבֹּוהַּ: צְווָרוֹנְיָתָא קָבָעֵית לְמֵיכַל? אֲמַר לֵיהּ: קִים לִי בֵּיהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו.

Au fils de Rav Dimi bar Yossef naquit un enfant. Il mourut dans les trente jours.

Il s'assit pour porter le deuil sur lui. Son père lui dit : tu veux manger des tsavrounita (mets de l'endeuillé) ?

Il lui répondit : je suis certain, à son sujet, que ses mois étaient complets.

📜 Rachi (4)
שְׁכִיב בְּגוֹ תְּלָתִין לְלֵידָתוֹ:
Il est mort dans les trente : (jours) de sa naissance.
בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין לְלֵידַת הַוָּלָד:
Dans les trente jours : de la naissance de l'enfant.
צְווָרוֹנְיָתָא מַטְעַמִּים שֶׁמַּאֲכִילִין אֶת הָאָבֵל:
Tsavrounita : les mets que l'on fait manger à l'endeuillé.
קָא בָּעֵית לְמֵיכַל לְכָךְ אַתָּה מִתְאַבֵּל חִנָּם:
Tu veux manger : c'est pour cela que tu portes le deuil sans raison.
🗂️ Tossefot (1)
צוּדָנְיָתָא גָּרַס בֶּעָרוּךְ לְשׁוֹן צֵידָה וּמְזוֹנוֹת:
Tsudanita : le Aroukh lit (ainsi), terme de provisions (tseida) et de nourriture.
💡 Explication

On ne porte pas le deuil d'un enfant mort avant trente jours, puisqu'il est peut-être un nefel. Le fils répond par l'exception : la durée complète de la grossesse était connue.

19
רַב אָשֵׁי אִיקְּלַע לְבֵי רַב כָּהֲנָא. אִיתְּרַע בֵּיהּ מִילְּתָא בְּגוֹ תְּלָתִין יוֹמִין. חַזְיֵיהּ דְּיָתֵיב וְקָא מִתְאַבַּל עִילָּוֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לֵיהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל? אֲמַר לֵיהּ: קִים לִי בְּגַוֵּיהּ שֶׁכָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו.

Rav Achi arriva chez Rav Kahana. Un malheur le frappa dans les trente jours.

Il le vit assis, portant le deuil sur lui. Il lui dit : le Maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rav Yehouda au nom de Chmouel : la halakha est comme Rabban Chimon ben Gamliel ?

Il lui répondit : je suis certain, à son sujet, que ses mois étaient complets.

📜 Rachi (1)
אִיתְּרַע מִילְּתָא אֲבֵילוּת:
Un malheur est arrivé : un deuil.
💡 Explication

Même schéma que le récit précédent, cette fois avec la référence explicite à la décision de Chmouel.

20
אִיתְּמַר: מֵת בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים, וְעָמְדָה וְנִתְקַדְּשָׁה. אָמַר רָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא:

Il a été dit : (l'enfant) est mort dans les trente (jours), et (la mère) s'est levée et s'est fiancée. Ravina a dit au nom de Rava :

📜 Rachi (2)
מֵת הַוָּלָד בְּתוֹךְ ל' לְלֵידָתוֹ וְלֹא הָיָה לְאָבִיו בֵּן אֶלָּא הוּא וְנוֹלַד לְאַחַר מִיתַת אָבִיו וְעַל יָדוֹ הָיוּ פּוֹטְרִין אִמּוֹ מִן הַחֲלִיצָה אִם הָיָה בַּר קְיָימָא:
L'enfant est mort dans les trente : (jours) de sa naissance, et son père n'avait pas d'autre fils que lui ; il est né après la mort de son père, et par lui on dispensait sa mère de la halitsa, s'il était viable.
וְעָמְדָה וְנִתְקַדְּשָׁה לְאַחַר זְמַן לְפִי שֶׁסְּבוּרָה שֶׁאֵינָהּ זְקוּקָה לְיָבָם:
Et elle s'est levée et s'est fiancée : plus tard, car elle pensait qu'elle n'était pas liée au yavam.
💡 Explication

Cas pratique : la veuve s'est fiancée à un autre homme sans halitsa, en tenant l'enfant pour viable. La décision de Rava suit en 136b (le Roch la cite : la femme d'un Israël fait la halitsa, celle d'un Cohen ne la fait pas).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).