Shabbat 137b — Les berakhot de la mila et la mechameret tendue yom tov

Shabbat 137b

Sougya : Le daf achève le chapitre Rabbi Eliezer demila : la peria est indispensable, Rav précise le seuil des tsitsin (la majeure partie de la hauteur de l'atara), et Chmouel et la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel divergent sur l'enfant charnu. La baraita fixe ensuite les berakhot du mohel, du père, des présents et du mevarekh, pour un enfant, un converti et un esclave.

Le chapitre Tolin s'ouvre sur la mechameret (filtre à vin) : Rabbi Eliezer permet de la tendre yom tov, les Hakhamim l'interdisent. La Guemara concilie cette position avec l'interdit de l'ohel arai (tente provisoire) et discute si celui qui l'a tendue doit une hatat.

Les berakhot de la mila selon la baraita Qui récite ? Enfant juif Guer (converti) Esclave Le mohel al ha-mila al ha-mila al ha-mila Le père lehakhniso bivrito chel Avraham avinou (pas de père) (pas de père) Le mevarekh acher kidech yedid mibeten ... koret ha-brit lamoul et ha-guerim ulehatif dam brit lamoul et ha-avadim ulehatif dam brit Les présents kechem chenikhnas labrit ... Tora, houppa, maassim tovim - - Ordre discuté (Tossefot, Roch) : Rachbam fait bénir le père AVANT la mila ; Rabbenou Tam garde : mohel puis père.
Les berakhot de la mila pour un enfant, un converti et un esclave (segments 5-8).
Tendre la mechameret : ohel arai, Chabbat et yom tov R. Yo'hanan : TOUS interdisent de FAIRE un ohel arai (même yom tov) ; la mahloket porte seulement sur l'AJOUT (pekak ha-halon) R. Eliezer : ajout interdit même yom tov (à fortiori Chabbat) Hakhamim : ajout permis même Chabbat (à fortiori yom tov) Michna : il TEND la mechameret yom tov ! Question : faire est plus grave qu'ajouter Michna : pas de tendre yom tov ; verser dans une déjà tendue : yom tov oui, Chabbat non Réponse : il suit R. Yehouda (makhchirei okhel nefech permis yom tov) et va plus loin : même ce qui pouvait se faire la veille S'il a tendu : quelle sanction ? Rav Yosef : hatat (issour Tora) Abaye : alors pendre une cruche aussi ?! => interdit derabbanan seulement Bleu : R. Eliezer. Vert : Hakhamim. Rouge : discussion Rav Yosef / Abaye.
Ohel arai et mechameret : la mahloket et sa résolution (segments 10-18).
1
מָל וְלֹא פָּרַע אֶת הַמִּילָה — כְּאִילּוּ לֹא מָל.

S'il a circoncis sans faire la peria (découvrir la membrane), c'est comme s'il n'avait pas circoncis.

📜 Rachi (1)
פָּרַע גִּילָּה:
Para : il a découvert.
🗂️ Tossefot (1)
מָל וְלֹא פָּרַע אֶת הַמִּילָה כְּאִילּוּ לֹא מָל תֵּימַהּ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְמִיתְנֵי הַאי כֵּיוָן דִּכְבָר תְּנָא דְּבָשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב הָעֲטָרָה מְעַכֵּב הַמִּילָה וְכִי לֹא פָּרַע עֲדַיִין רֹוב עֲטָרָה מְכֻוסֶּה:
S'il a circoncis sans faire la peria, c'est comme s'il n'avait pas circoncis. Question : pourquoi fallait-il enseigner cela ? On a déjà appris que la chair qui recouvre la majeure partie de l'atara invalide la mila, et tant qu'il n'a pas fait la peria, la majeure partie de l'atara est encore couverte.
💡 Explication

La mila comporte deux actes : la mila (couper l'orla, le prépuce) et la peria (déchirer et replier la fine membrane qui reste en dessous). Sans peria, la mila ne compte pas. Tossefot s'étonne de la redondance avec la règle des tsitsin énoncée juste avant.

2
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אֲבִינָא אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַב: בָּשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב גָּובְהָהּ שֶׁל עֲטָרָה.

Guemara. Rabbi Avina a dit au nom de Rabbi Yirmeya bar Abba, au nom de Rav : (il s'agit de) la chair qui recouvre la majeure partie de la hauteur de l'atara.

📜 Rachi (1)
גְּמ' רֹוב גָּובְהָהּ לָא תֵּימָא רֹוב הָעֲטָרָה דְּקָתָנֵי מַתְנֵי' רֹוב הֶיקֵּפָהּ אֶלָּא אֲפִילּוּ רֹוב גָּובְהָהּ בְּמָקוֹם אֶחָד:
Guemara. La majeure partie de sa hauteur : ne dis pas (seulement) que la "majeure partie de l'atara" enseignée dans la michna désigne la majeure partie de sa circonférence ; même la majeure partie de sa hauteur, en un seul endroit, (invalide).
💡 Explication

Rav étend le seuil de la michna : il suffit que la chair recouvre la majeure partie de la hauteur de l'atara en un point, même si elle n'en couvre pas la majeure partie de la circonférence.

3
וְאִם הָיָה בַּעַל בָּשָׂר וְכוּ׳. אָמַר שְׁמוּאֵל: קָטָן הַמְסֻורְבָּל בְּבָשָׂר, רוֹאִין אוֹתוֹ, כָּל זְמַן שֶׁמִּתְקַשֶּׁה וְנִרְאֶה מָהוּל — אֵינוֹ צָרִיךְ לָמוּל, וְאִם לָאו — צָרִיךְ לָמוּל.

"Et s'il était charnu, etc." Chmouel a dit : un enfant encombré de chair, on l'examine ; tant que, lorsqu'il est en érection, il paraît circoncis, il n'est pas nécessaire de le circoncire (à nouveau) ; sinon, il faut le circoncire.

📜 Rachi (1)
קָטָן הַמְסֻורְבָּל בְּבָשָׂר פלטר"י בְּלַעַ"ז שֶׁשֶּׁמֶן וָעָב וּלְאַחַר שֶׁנִּימּוֹל נִרְאֶה כִּמְכַסֵּהוּ:
Un enfant encombré de chair : "paltri" en langue vernaculaire ; il est gras et épais, et après avoir été circoncis il semble comme recouvert.
4
בְּמַתְנִיתָא תַּנָּא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: קָטָן הַמְסֻורְבָּל בְּבָשָׂר, רוֹאִין אוֹתוֹ, כָּל זְמַן שֶׁמִּתְקַשֶּׁה וְאֵינוֹ נִרְאֶה מָהוּל — צָרִיךְ לְמוּלוֹ, וְאִם לָאו — אֵינוֹ צָרִיךְ לְמוּלוֹ.

Il est enseigné dans une baraita : Rabban Chimon ben Gamliel dit : un enfant encombré de chair, on l'examine ; tant que, lorsqu'il est en érection, il ne paraît pas circoncis, il faut le circoncire ; sinon, il n'est pas nécessaire de le circoncire.

📜 Rachi (1)
כָּל זְמַן שֶׁמִּתְקַשֶּׁה וּמִתּוֹךְ הַקִּישּׁוּי מִתְפַּשֵּׁט בְּשָׂרוֹ בְּדִשְׁמוּאֵל גָּרְסִינַן וְנִרְאֶה מָהוּל בְּמַתְנִיתָא גָּרְסִינַן וְאֵינוֹ נִרְאֶה מָהוּל:
Tant qu'il est en érection : par l'érection sa chair s'étend. Dans la version de Chmouel on lit "et il paraît circoncis" ; dans la baraita on lit "et il ne paraît pas circoncis".
5
מַאי בֵינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵינַייְהוּ, נִרְאֶה וְאֵינוֹ נִרְאֶה.

Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux (le cas où) il paraît et ne paraît pas (circoncis).

📜 Rachi (1)
אִיכָּא בֵּינַייְהוּ נִרְאֶה וְאֵינוֹ נִרְאֶה לִשְׁמוּאֵל נִרְאֶה מָהוּל הוּא דְּאֵין צָרִיךְ לְמוּלוֹ הָא נִרְאֶה וְאֵינוֹ נִרְאֶה צָרִיךְ לְמַתְנִיתָא אֵינוֹ נִרְאֶה הוּא דְּצָרִיךְ הָא נִרְאֶה וְאֵינוֹ נִרְאֶה אֵינוֹ צָרִיךְ:
Il y a entre eux : il paraît et ne paraît pas. Selon Chmouel, c'est seulement s'il paraît circoncis qu'il n'est pas nécessaire de le circoncire ; donc s'il paraît et ne paraît pas, il le faut. Selon la baraita, c'est seulement s'il ne paraît pas (circoncis) qu'il le faut ; donc s'il paraît et ne paraît pas, ce n'est pas nécessaire.
💡 Explication

Les deux formulations s'accordent sur les cas nets. La nafka mina est le cas intermédiaire (nireh ve-eino nireh) : Chmouel exige un aspect pleinement circoncis, la baraita ne fait refaire que si l'enfant paraît incirconcis.

🖼️ Schéma
Enfant charnu : quand refaire la mila ? Aspect à l'érection Chmouel Baraita (RSBG) Paraît circoncis pas de nouvelle mila pas de nouvelle mila À moitié (nireh ve-eino nireh) refaire pas de nouvelle mila Paraît incirconcis refaire refaire
Chmouel et la baraita : la divergence porte sur le cas intermédiaire.
6
מָל וְלֹא פָּרַע. תָּנוּ רַבָּנַן, הַמָּל אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַמִּילָה״. אֲבִי הַבֵּן אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַכְנִיסוֹ בִּבְרִיתוֹ שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ״. הָעוֹמְדִים אוֹמְרִים: ״כְּשֵׁם שֶׁנִּכְנַס לַבְּרִית, כָּךְ יִכָּנֵס לְתוֹרָה לְחֻופָּה וּלְמַעֲשִׂים טוֹבִים״.

"S'il a circoncis sans faire la peria." Nos maîtres ont enseigné : celui qui circoncit dit : "...qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la mila". Le père de l'enfant dit : "...qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de le faire entrer dans l'alliance d'Avraham notre père".

Les présents disent : "De même qu'il est entré dans l'alliance, ainsi entrera-t-il dans la Tora, la houppa et les bonnes actions".

🗂️ Tossefot (1)
אֲבִי הַבֵּן אוֹמֵר כוּ' רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל גָּרֵיס אֲבִי הַבֵּן בְּרֵישָׁא וַהֲדַר הַמָּל אוֹמֵר וּכְבָר הִנְהִיג לַעֲשׂוֹת כֵּן לְבָרֵךְ אֲבִי הַבֵּן קֹודֶם הַמִּילָה מִשּׁוּם דִּלְהַכְנִיסוֹ לְהַבָּא מַשְׁמַע כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דִּפְסָחִים (ד' ז. וְשָׁם) בִּלְבַעַר כ"ע לָא פְלִיגִי דִּלְהַבָּא מַשְׁמַע וְעוֹד דְּכָל הַמִּצְוֹת מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן ור"ת הֶחֱזִיר הַמִּנְהָג לְקַדְמוּתוֹ וְגָרַס הַמָּל בְּרֵישָׁא וַהֲדַר אֲבִי הַבֵּן כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בְּכָל הַסְּפָרִים וְכֵן מוּכָח כֻּולָּהּ סוּגְיָא מִדְּקָאָמַר הָעוֹמְדִים שָׁם אוֹמְרִים כְּשֵׁם שֶׁהִכְנִיסוֹ לַבְּרִית מִכְּלָל שֶׁכְּבָר הִכְנִיסוּ וְעוֹד דְּגַבֵּי גֵּר דִּבְסָמוּךְ גָּרַס בְּרֵישָׁא הַמָּל כּוּ' וַהֲדַר הַמְבָרֵךְ אוֹמֵר אקב"ו לָמוּל אֶת הַגֵּרִים וְנִרְאֶה הוּא שֶׁזֶּהוּ כְּנֶגֶד בִּרְכַּת אֲבִי הַבֵּן וְהָתָם א"א לְשַׁנּוֹת הַגִּירְסָא שֶׁיֵּשׁ בְּאוֹתָהּ בְּרָכָה לְהַטִּיף מֵהֶן דַּם בְּרִית כו' בָּרוּךְ כּוֹרֵת הַבְּרִית מַשְׁמַע דְּכָל זֶה הוּא אַחַר הַמִּילָה וְעוֹד דְּהַמְבָרֵךְ מְבָרֵךְ לְעוֹלָם אַחַר הַמִּילָה כְּמוֹ בְּמִילַת קָטָן וְהַהִיא דִּפְסָחִים ה"פ בְּלַבְעַר כ"ע לָא פְלִיגִי דִּלְהַבָּא מַשְׁמַע טְפֵי מִלְּשֶׁעָבַר וּמִיהוּ לְשֶׁעָבַר נָמֵי מַשְׁמַע כִּי פְּלִיגִי בְּעַל בִּיעוּר מָר סָבַר דְּמַשְׁמַע מֵעִיקָּרָא טְפֵי מִלְּהָבֵא וּמַר סָבַר לְהַבָּא נָמֵי מַשְׁמַע כְּמוֹ מֵעִיקָּרָא וְהָא דְּאָמְרִינַן דְּכָל הַמִּצְוֹת מְבָרֵךְ עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן ה"מ כְּשֶׁהַמְבָרֵךְ עַצְמוֹ עוֹשֶׂה הַמִּצְוָה:
Le père de l'enfant dit, etc. Rabbenou Chmouel lit d'abord "le père de l'enfant" puis "le mohel dit", et il a déjà institué que le père bénisse avant la mila, car "lehakhniso" (le faire entrer) implique le futur, comme nous disons au premier chapitre de Pessahim (7a) : pour "levaer" tous s'accordent que cela implique le futur ; et de plus, pour toutes les mitsvot on bénit avant de les accomplir. Rabbenou Tam a rétabli l'usage ancien et lit le mohel d'abord puis le père, comme il est écrit dans tous les livres. Toute la sougya le prouve : on dit "les présents disent : de même qu'il est entré dans l'alliance", ce qui implique qu'il y est déjà entré. De plus, pour le converti, juste après, on lit d'abord "le mohel..." puis "le mevarekh dit : ...qui nous a ordonné de circoncire les convertis", et il semble que cela corresponde à la berakha du père ; la il est impossible de changer la version, car cette berakha contient "faire couler d'eux le sang de l'alliance... béni... qui conclut l'alliance", ce qui implique que tout cela vient après la mila. De plus, le mevarekh bénit toujours après la mila, comme pour la mila d'un enfant. Quant au passage de Pessahim, voici son sens : pour "levaer" tous s'accordent que cela implique le futur plus que le passé, mais cela implique aussi le passé ; ils divergent sur "al biour" : l'un pense que cela implique le passé plus que le futur, l'autre que cela implique le futur autant que le passé. Et la règle selon laquelle on bénit toutes les mitsvot avant de les accomplir s'applique lorsque celui qui bénit accomplit lui-même la mitsva.
⚖️ Rosh (3)
מַתְנֵי' וְאֵלּוּ הֵן צִיצִין הַמְעַכְּבִין אֶת הַמִּילָה בָּשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב הָעֲטָרָה. וְאֵין אוֹכֵל בִּתְרוּמָה. וְאִם הָיָה בַּעַל בָּשָׂר מְתַקְּנוֹ מִפְּנֵי מַרְאִית הָעַיִן. מָל וְלֹא פָּרַע כְּאִלּוּ לֹא מָל:
Michna. Voici les tsitsin qui invalident la mila : la chair qui recouvre la majeure partie de l'atara. Et il ne mange pas de terouma. Et s'il était charnu, on le corrige à cause de l'apparence. S'il a circoncis sans faire la peria, c'est comme s'il n'avait pas circoncis.
מָל וְלֹא פָּרַע וְכוּ' ת"ר הַמָּל אוֹמֵר בא"י אמ"ה אקב"ו עַל הַמִּילָה אֲבִי הַבֵּן אוֹמֵר בא"י אמ"ה אקב"ו לְהַכְנִיסוֹ בִּבְרִיתוֹ שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ. הַמְבָרֵךְ אוֹמֵר אֲשֶׁר קִידֵּשׁ יָדִיד מִבֶּטֶן חֹוק בִּשְׁאֵרוֹ שָׂם וְצֶאֱצָאָיו חָתַם בְּאוֹת בְּרִית קֹודֶשׁ עַל כֵּן בִּשְׂכַר זֹאת אֵל חַי חֶלְקֵנוּ צוּרֵנוּ צִוָּה לְהַצִּיל יְדִידוּת שְׁאֵרֵנוּ מִשַּׁחַת לְמַעַן בְּרִיתוֹ אֲשֶׁר שָׂם בִּבְשָׂרֵנוּ בא"י כּוֹרֵת הַבְּרִית. רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל בַּר מֵאִיר זַ"ל הִנְהִיג בִּמְקוֹמוֹ שֶׁיְּבָרֵךְ אֲבִי הַבֵּן קֹודֶם הַמִּילָה מִשּׁוּם דִּלְהַכְנִיסוֹ לְהַבָּא מַשְׁמַע כִּדְאָמְרִינַן פֶּרֶק קַמָּא דִּפְסָחִים דַּף ז. בִּלְבַעֵר כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּלְהַבָּא מַשְׁמַע. וְעוֹד דְּכָל הַמִּצְוֹת מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן. ור"ת זַ"ל אוֹמֵר דְּאֵין לְשַׁנּוֹת הַמִּנְהָג מִדְּתָנֵי בַּבָּרַייְתָא הַמָּל תְּחִלָּה וַהֲדַר אֲבִי הַבֵּן. וְעוֹד מִדְּקָאָמַר הָעוֹמְדִים שָׁם אוֹמְרִים כְּשֵׁם שֶׁנִּכְנַס לַבְּרִית מַשְׁמַע שֶׁכְּבָר נִכְנַס. וְהָא דְּאָמַר בִּפְסָחִים בִּלְבַעַר כ"ע לָא פְלִיגִי ה"פ דִּלְהַבָּא מַשְׁמַע טְפֵי מִלְּשֶׁעָבַר וּמִיהוּ לְשֶׁעָבַר נָמֵי מַשְׁמַע כִּי פְּלִיגִי בְּעַל בִּיעוּר מ"ס לְהַבָּא נָמֵי מַשְׁמַע כְּמוֹ מֵעִיקָּרָא וְהָא דְּאָמַר כָּל הַמִּצְוֹת מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶם עוֹבֵר לַעֲשִׂייָּתָן ה"מ כְּשֶׁהַמְבָרֵךְ עַצְמוֹ עוֹשֶׂה הַמִּצְוָה. וְאוֹמֵר ר"ת זַ"ל דִּבְרָכָה זוֹ אֵינָהּ דַּוְקָא עַל מִילָה זוֹ שֶׁנַּעֲשֵׂית עַכְשָׁיו קָאֵי אֶלָּא מוֹדֶה וּמְשַׁבֵּחַ להקב"ה שֶׁצִּוָּה לַעֲשׂוֹת מִצְוָה זוֹ כְּשֶׁתָּבוֹא עוֹד לְיָדוֹ וְתִקְּנוּ לָהּ מָקוֹם זֶה לְגַלּוֹת וּלְהוֹדִיעַ דְּזֹאת הַמִּצְוָה נַעֲשֵׂית לְשֵׁם הקב"ה וְלֹא לְשֵׁם מוּרָנָא וְלֹא לְשֵׁם הַר גְּרִיזִים. וְעוֹד שָׁמַעְתִּי כְּשֶׁאֲבִי הַבֵּן מְבָרֵךְ מִיָּד אַחַר בִּרְכַּת הַמּוֹהֵל מִיקְּרֵי שַׁפִּיר עוֹבֵר לַעֲשִׂייָּתוֹ וְגַם לְהַבָּא לְפִי שֶׁעֲדַייִן לֹא פָּרַע וּתְנַן מָל וְלֹא פָּרַע כְּאִילּוּ לֹא מָל:
"S'il a circoncis sans faire la peria", etc. Nos maîtres ont enseigné : le mohel dit : Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la mila. Le père de l'enfant dit : Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de le faire entrer dans l'alliance d'Avraham notre père. Le mevarekh dit : Qui a sanctifié le bien-aimé dès le sein maternel, a placé une loi dans sa chair, et a scellé ses descendants du signe de l'alliance sainte ; c'est pourquoi, en récompense de cela, D.ieu vivant, notre part, notre Rocher, a ordonné de sauver les bien-aimés de notre chair de la destruction, à cause de Son alliance qu'Il a placée dans notre chair. Béni sois-Tu Hachem, qui conclut l'alliance. Rabbenou Chmouel ben Meir a institué dans sa localité que le père bénisse avant la mila, car "lehakhniso" implique le futur, comme nous disons au premier chapitre de Pessahim (7a) : pour "levaer" tous s'accordent que cela implique le futur ; et de plus, pour toutes les mitsvot on bénit avant de les accomplir. Rabbenou Tam dit qu'il ne faut pas changer l'usage, car la baraita enseigne d'abord le mohel puis le père ; et de plus, puisqu'on dit "les présents disent : de même qu'il est entré dans l'alliance", cela implique qu'il y est déjà entré. Le passage de Pessahim signifie : pour "levaer" tous s'accordent que cela implique le futur plus que le passé, mais cela implique aussi le passé ; ils divergent sur "al biour" : l'un pense que cela implique aussi le futur autant que le passé. Et la règle selon laquelle on bénit toutes les mitsvot avant de les accomplir s'applique lorsque celui qui bénit accomplit lui-même la mitsva. Rabbenou Tam dit aussi que cette berakha ne porte pas spécialement sur la mila faite maintenant : on remercie et loue le Saint, béni soit-Il, qui a ordonné de faire cette mitsva lorsqu'elle se présentera encore à lui, et on lui a fixé cette place pour révéler et faire savoir que cette mitsva est accomplie pour le Saint, béni soit-Il, et non pour une raison médicale (mourna) ni pour le mont Guerizim. J'ai encore entendu : lorsque le père bénit juste après la berakha du mohel, cela s'appelle bien "avant l'accomplissement" et aussi un futur, car il n'a pas encore fait la peria, et nous avons appris : s'il a circoncis sans faire la peria, c'est comme s'il n'avait pas circoncis.
גְּמ' אֵין מִדְּלוֹקִין בְּעִטְרָן מַאי טַעְמָא אָמַר רַב נַחְמָן מִפְּנֵי שֶׁרֵיחוֹ רַע שֶׁמָּא יַנִּיחֶנּוּ וְיֵצֵא אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי וְיֵצֵא. א"ל שֶׁאֲנִי אוֹמֵר הַדְלָקַת נֵר בְּשַׁבָּת חוֹבָה. דְּאָמַר רַב נַחְמָן בַּר רַב זַבְדָּא וְאָמְרִי לַהּ רַב נַחְמָן בַּר רָבָא הַדְלָקַת נֵר בְּשַׁבָּת חוֹבָה. רְחִיצַת יָדַיִם וְרַגְלַיִם עֶרֶב שַׁבָּת רְשׁוּת וַאֲנִי אוֹמֵר מִצְוָה. מַאי מִצְוָה דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב כָּךְ הָיָה מִנְהָגוֹ שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה בַּר אִלְעַאי ע"ש מְבִיאִין לוֹ עֲרֵיבָה מְלֵאָה חַמִּין וְרוֹחֵץ פָּנָיו וְיָדָיו וְרַגְלָיו וּמִתְעַטֵּף וְיוֹשֵׁב בִּסְדִינִין הַמְצֻוייָּצִין וְהָיָה דּוֹמֶה לְמַלְאַךְ ה' צְבָאוֹת. וְהָיוּ תַּלְמִידָיו מְחַבְּאִין מִמֶּנּוּ כַּנְפֵי כְּסוּתָן. אָמַר לָהֶם בָּנַי לֹא כָּךְ שָׁנִיתִי לָכֶם סָדִין בְּצִיצִית ב"ש פּוֹטְרִין וּבֵית הִלֵּל מְחַיְּיבִין וַהֲלָכָה כב"ה. וְאִינְהוּ סְבוּר גְּזֵירָה מִשּׁוּם כְּסוּת לַיְלָה: וַתִּזְנַח מִשְּׁלוֹם נַפְשִׁי זוֹ הַדְלָקַת נֵר בְּשַׁבָּת. נָשִׁיתִי טוֹבָה אָמַר רַבִּי אָבָהוּ אָמַר ר' יִרְמְיָה זוֹ בֵּית הַמֶּרְחָץ. רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן זוֹ רְחִיצַת יָדַיִם וְרַגְלַיִם בְּחַמִּין. יֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֵין לְבָרֵךְ עַל הַדְלָקַת נֵר בְּשַׁבָּת וְדִייֵּק מִדְּקָרֵי לֵיהּ חוֹבָה כִּדְאָמְרִינַן מַיִם רִאשׁוֹנִים מִצְוָה וּטְעוּנִין בְּרָכָה. מַיִם אַחֲרוֹנִים חוֹבָה וְאֵין טְעוּנִין בְּרָכָה. ור"ת זַ"ל אוֹמֵר דְּלָאו דַּוְקָא הוּא דְּכָל הַמִּצְוֹת חוֹבָה הֵן וּטְעוּנִין בְּרָכָה. וְהָא דְּקָרֵי לְמַיִם אַחֲרוֹנִים חוֹבָה לְפִי שֶׁחֲמוּרִים הֵם שֶׁהָרְגוּ אֶת הַנֶּפֶשׁ וְגַם מִשּׁוּם מֶלַח סְדוֹמִית אֲבָל מַיִם רִאשׁוֹנִים אֵינָם חֲמוּרִים כָּל כָּךְ הִלְכָּךְ לָא קָרֵי לְהוּ חוֹבָה. וּמִיהוּ בְּרָכָה שָׁיְיכָא טְפֵי לָרִאשׁוֹנִים מִפְּנֵי שֶׁהֵן מִשּׁוּם סֶרֶךְ תְּרוּמָה אֲבָל אַחֲרוֹנִים אֵינָם מִשּׁוּם חֲשַׁשׁ אִיסּוּר אֶלָּא שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי סַכָּנָה וְלֹא שַׁייָּךְ בְּהוּ בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא לְהַצָּלָה בְּעָלְמָא. אֲבָל הַדְלָקַת נֵר בְּשַׁבָּת שַׁיָּיךְ בֵּיהּ בְּרָכָה דְּאִית בָּהּ מִצְוַת עֹונֶג שַׁבָּת. וּלְגַבֵּי רְחִיצַת יָדַיִם וְרַגְלַיִם בְּחַמִּין דְּלָא הָוֵי מִצְוָה כָּל כָּךְ קָרֵינַן לְהוּ חוֹבָה. וּבְסֵדֶר רַב עַמְרָם נָמֵי כָּתוּב הַמַּדְלִיק נֵר בְּשַׁבָּת מְבָרֵךְ בא"י אמ"ה אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק וְכוּ'. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁמִּטַּעַם זֶה אֵין לְבָרֵךְ שֶׁאִם הָיְתָה דְּלוֹקֶה וְעוֹמֶדֶת אֵין צָרִיךְ לְכַבּוֹתָהּ וְלַחֲזֹור וּלְהַדְלִיקָהּ וְגַם לֹא לְהַדְלִיק אַחֶרֶת אִם כֵּן אֵינָהּ חוֹבָה. וְהַאי טַעְמָא לֵיתָא שֶׁהֲרֵי כִּיסּוּי הַדָּם אַף עַל פִּי שֶׁכִּסָּהוּ הָרוּחַ אֵינוֹ חַיָּיב לְגַלּוֹתוֹ וְלַחֲזֹור וּלְכַסּוֹתוֹ אֲפִי' הָכִי כְּשֶׁהוּא מְכַסֵּהוּ מְבָרֵךְ. וְכֵן גַּבֵּי מִילָה לְמָאֵן דְּאָמַר נוֹלַד מָהוּל אֵין צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית אֲפִילּוּ הָכֵי הַמָּל מְבָרֵךְ כִּדְתַנְיָא בְּפֶרֶק ר' אֱלִיעֶזֶר דְּמִילָה (שַׁבָּת דַּף קלז:) הַמָּל אוֹמֵר. וְעוֹד נִרְאֶה לר"ת שֶׁאִם הַנֵּר דּוֹלֵק וְעוֹמֵד זָקוּק לְכַבּוֹתוֹ וְלַחֲזֹור וּלְהַדְלִיקוֹ כִּדְאָמַר לָהּ הַהוּא סָבָא תַּנְיָא וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַקְדִּים וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְאַחֵר. תַּנְיָא רַשְׁבָּ"א אוֹמֵר אֵין מַדְלִיקִין בִּצְרִי. מ"ט אָמַר רָבָא מִפְּנֵי שֶׁרֵיחוֹ נוֹדֵף גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִסְתַּפֵּק הֵימֶנּוּ: א"ל אַבַּיֵּי וְלֵימָא מָר מִפְּנֵי שֶׁהוּא עָף. חֲדָא וְעוֹד קָאָמֵינָא חֲדָא מִפְּנֵי שֶׁהוּא עָף וְעוֹד גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִסְתַּפֵּק הֵימֶנּוּ:
Guemara. On n'allume pas avec de l'itran (goudron). Pour quelle raison ? Rav Nahman a dit : parce que son odeur est mauvaise ; on craint qu'il ne la laisse et ne sorte. Abaye lui a dit : qu'il sorte ! Il lui a répondu : car je dis que l'allumage de la lumière le Chabbat est une obligation (hova). En effet, Rav Nahman bar Rav Zevida a dit, et certains disent Rav Nahman bar Rava : l'allumage de la lumière le Chabbat est une obligation ; le lavage des mains et des pieds la veille de Chabbat est facultatif, et moi je dis que c'est une mitsva. Quelle mitsva ? Rav Yehouda a dit au nom de Rav : telle était la coutume de Rabbi Yehouda bar Ilai : la veille de Chabbat on lui apportait une bassine pleine d'eau chaude, il se lavait le visage, les mains et les pieds, s'enveloppait et s'asseyait dans des draps de lin munis de tsitsit, et il ressemblait à un ange de Hachem Tsevaot. Ses élèves cachaient de lui les coins de leurs vêtements. Il leur dit : mes fils, ne vous ai-je pas enseigné : un drap de lin avec tsitsit, Beit Chammai l'exemptent et Beit Hillel l'obligent, et la halakha suit Beit Hillel ? Eux pensaient que c'était une gezera à cause du vêtement de nuit. "Mon âme s'est écartée de la paix" : c'est l'allumage de la lumière le Chabbat. "J'ai oublié le bien" : Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yirmeya : c'est le bain. Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : c'est le lavage des mains et des pieds à l'eau chaude. Certains disent qu'on ne bénit pas sur l'allumage de la lumière du Chabbat, et le déduisent de ce qu'on l'appelle hova, comme nous disons : les premières eaux sont une mitsva et requièrent une berakha ; les dernières eaux sont une hova et ne requièrent pas de berakha. Rabbenou Tam dit que ce n'est pas précis, car toutes les mitsvot sont des obligations et requièrent une berakha. Si l'on appelle les dernières eaux hova, c'est parce qu'elles sont graves : elles ont causé la mort d'un homme, et aussi à cause du sel de Sodome ; les premières eaux ne sont pas aussi graves, c'est pourquoi on ne les appelle pas hova. Cependant la berakha convient davantage aux premières, car elles sont instituées en rapport avec la terouma, alors que les dernières ne relèvent pas d'une crainte d'interdit mais seulement d'éviter un danger, et une berakha ne leur convient pas, puisqu'elles ne servent qu'à protéger. Mais l'allumage de la lumière le Chabbat convient à une berakha, car il comporte la mitsva d'oneg Chabbat. C'est par rapport au lavage des mains et des pieds à l'eau chaude, qui n'est pas autant une mitsva, qu'on l'appelle hova. Dans le Seder de Rav Amram aussi il est écrit : celui qui allume la lumière le Chabbat bénit : Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d'allumer, etc. Certains disent que pour la raison suivante on ne bénit pas : si elle était déjà allumée, on n'a pas besoin de l'éteindre pour la rallumer, ni d'en allumer une autre ; ce n'est donc pas une obligation. Cette raison n'est pas valable : pour le recouvrement du sang, même si le vent l'a recouvert, on n'est pas obligé de le découvrir pour le recouvrir, et pourtant, quand on le recouvre, on bénit. De même pour la mila : selon celui qui dit qu'un enfant né déjà circoncis n'a pas besoin qu'on fasse couler de lui le sang de l'alliance, le mohel bénit tout de même, comme il est enseigné au chapitre Rabbi Eliezer demila (Chabbat 137b) : le mohel dit. De plus, il semble à Rabbenou Tam que si la lumière est déjà allumée, on doit l'éteindre et la rallumer, comme ce vieillard lui a dit : il est enseigné : à condition qu'il ne le fasse pas trop tôt, et à condition qu'il ne le fasse pas trop tard. Il est enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : on n'allume pas avec du tsori (baume). Pour quelle raison ? Rava a dit : parce que son odeur se répand ; gezera de peur qu'il n'en prélève. Abaye lui a dit : que le maître dise : parce qu'il est volatil. Il répondit : j'ai dit une raison et une autre : l'une, parce qu'il est volatil ; et de plus, gezera de peur qu'il n'en prélève.
💡 Explication

La baraita répartit les berakhot : le mohel dit al ha-mila, le père dit lehakhniso bivrito chel Avraham avinou, et l'assemblée répond par un souhait. Tossefot et le Roch discutent l'ordre : Rachbam fait bénir le père avant la mila (règle de over la'assiyatan, bénir avant l'acte) ; Rabbenou Tam garde l'ordre des livres, mohel puis père, car le souhait des présents suppose l'entrée déjà faite.

La troisième glose du Roch reproduit un passage de Chabbat 25b (allumage des lumières) ; elle est rattachée ici par la référence finale à notre daf.

7
וְהַמְּבָרֵךְ אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר קִידֵּשׁ יָדִיד מִבֶּטֶן, חוֹק בִּשְׁאֵרוֹ שָׂם, וְצֶאֱצָאָיו חָתַם בְּאוֹת בְּרִית קֹדֶשׁ. עַל כֵּן בִּשְׂכַר זֹאת אֵל חַי חֶלְקֵנוּ [צוּרֵנוּ], צִוָּה לְהַצִּיל יְדִידוּת שְׁאֵרֵינוּ מִשַּׁחַת לְמַעַן בְּרִיתוֹ אֲשֶׁר שָׂם בִּבְשָׂרֵנוּ. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ כּוֹרֵת הַבְּרִית״.

Et le mevarekh (celui qui dit la berakha supplémentaire) dit : "Qui a sanctifié le bien-aimé dès le sein maternel, a placé une loi dans sa chair, et a scellé ses descendants du signe de l'alliance sainte. C'est pourquoi, en récompense de cela, D.ieu vivant, notre part, [notre Rocher,] a ordonné de sauver les bien-aimés de notre chair de la destruction, à cause de Son alliance qu'Il a placée dans notre chair.

Béni sois-Tu Hachem, qui conclut l'alliance."

📜 Rachi (7)
אֲשֶׁר קִידֵּשׁ יָדִיד מִבֶּטֶן יִצְחָק קָרֵי יָדִיד עַל שֵׁם אֲשֶׁר אַהֲבַת (בְּרֵאשִׁית כב):
Qui a sanctifié le bien-aimé dès le sein maternel : Yitshak est appelé "yedid" (bien-aimé) à cause de "que tu aimes" (Berechit 22).
מִבֶּטֶן דְּקֹודֶם שֶׁנּוֹלַד נִתְקַדֵּשׁ לְמִצְוָה זוֹ דִּכְתִיב (שָׁם יז) אֲבָל שָׂרָה אִשְׁתְּךָ וְגוֹ' וַהֲקִימֹותִי אֶת בְּרִיתִי אִתּוֹ הַיְינוּ מִילָה:
Dès le sein maternel : avant qu'il naisse, il fut sanctifié pour cette mitsva, comme il est écrit (ibid. 17) : "mais Sara ta femme, etc., et J'établirai Mon alliance avec lui" : c'est la mila.
בִּשְׁאֵרוֹ בִּבְשָׂרוֹ:
Bicheero : dans sa chair.
שָׁם חֹק שֶׁל מִילָה:
Sam : la loi de la mila.
וְצֶאֱצָאָיו אַחֲרָיו:
Vetseetsa'av : après lui.
חָתַם בָּאוֹת זוֹ שֶׁל בְּרִית קֹדֶשׁ:
Hatam be'ot : c'est (le signe) de l'alliance sainte.
צִוָּה לְהַצִּיל יְדִידוּת שְׁאֵרֵינוּ מִשַּׁחַת מִגֵּיהִנָּם דִּכְתִיב גַּם אַתְּ בְּדַם בְּרִיתֵךְ שִׁלַּחְתִּי אֲסִירַיִךְ מִבּוֹר אֵין מַיִם בּוֹ (זְכַרְיָה ט׳:י״א):
A ordonné de sauver les bien-aimés de notre chair de la destruction : de la Guehinam, comme il est écrit : "Toi aussi, par le sang de ton alliance, J'ai libéré tes captifs de la fosse sans eau" (Zekharia 9, 11).
🗂️ Tossefot (1)
יָדִיד מִבֶּטֶן אוֹמֵר ר"ת שֶׁהוּא אַבְרָהָם אָבִינוּ שֶׁנִּקְרָא יָדִיד שֶׁנֶּאֱמַר (יִרְמְיָהוּ י״א:ט״ו) מַה לִּידִידִי בְּבֵיתִי כִּדְדָרְשִׁינַן בִּמְנָחוֹת בְּפֶרֶק כָּל הַמְּנָחוֹת (מְנָחוֹת ד' נג: וְשָׁם) וּשְׁלֹשֶׁת הָאָבוֹת נִזְכָּרִים חוֹק בִּשְׁאֵרוֹ שָׂם הוּא יִצְחָק וְצֶאֱצָאָיו חָתַם בְּאוֹת בְּרִית קֹדֶשׁ הוּא יַעֲקֹב וְצֶאֱצָאָיו הוּא וּבָנָיו כְּמוֹ שֶׁתִּרְגֵּם יוֹנָתָן הַצֶּאֱצָאִים וְהַצְּפִיעוֹת בְּנַיָּא וּבְנֵי בְּנַיָּא (יְשַׁעְיָהוּ כ״ב:כ״ד) כְּלוֹמַר יוֹצְאֵי צֶאֱצָאָיו:
Yedid mibeten : Rabbenou Tam dit qu'il s'agit d'Avraham notre père, appelé yedid, comme il est dit (Yirmeya 11, 15) : "Qu'a Mon bien-aimé dans Ma maison ?", selon la derasha de Menahot au chapitre Kol ha-menahot (53b). Ainsi les trois Patriarches sont mentionnés : "hok bicheero sam", c'est Yitshak ; "vetseetsa'av hatam be'ot brit kodech", c'est Yaakov ; et "tseetsa'av", c'est lui et ses fils, comme Yonatan a traduit "les rejetons et les pousses" (Yechaya 22, 24) par "les fils et les petits-fils", c'est-à-dire les descendants de ses descendants.
💡 Explication

Le texte de la berakha du mevarekh fait allusion aux Patriarches. Pour Rachi, le yedid est Yitshak, premier circoncis au 8e jour et désigné pour l'alliance avant sa naissance. Pour Rabbenou Tam, c'est Avraham, et les trois membres de phrase correspondent à Avraham, Yitshak et Yaakov.

8
הַמָּל אֶת הַגֵּרִים אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַמִּילָה״, וְהַמְבָרֵךְ אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לָמוּל אֶת הַגֵּרִים וּלְהַטִּיף מֵהֶם דַּם בְּרִית, שֶׁאִילְמָלֵא דַּם בְּרִית לֹא נִתְקַייְּמוּ שָׁמַיִם וָאָרֶץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ׳אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻוקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי׳. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ כּוֹרֵת הַבְּרִית״.

Celui qui circoncit des convertis dit : "Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la mila" ; et le mevarekh dit : "...qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de circoncire les convertis et de faire couler d'eux le sang de l'alliance, car sans le sang de l'alliance le ciel et la terre ne subsisteraient pas, comme il est dit : 'Si Mon alliance n'était pas jour et nuit, Je n'aurais pas établi les lois du ciel et de la terre'. Béni sois-Tu Hachem, qui conclut l'alliance."

💡 Explication

Pour un guer, il n'y a pas de père pour dire lehakhniso : la berakha du mevarekh le remplace, avec le thème de la hatafat dam brit (faire couler le sang de l'alliance), qui s'applique même à celui déjà circoncis avant sa conversion.

9
הַמָּל אֶת הָעֲבָדִים אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַמִּילָה״, וְהַמְּבָרֵךְ אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לָמוּל אֶת הָעֲבָדִים וּלְהַטִּיף מֵהֶם דַּם בְּרִית, שֶׁאִילְמָלֵא דַּם בְּרִית חֻוקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא נִתְקַיְּימוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ׳אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻוקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי׳. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ כּוֹרֵת הַבְּרִית״.

Celui qui circoncit des esclaves dit : "...qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la mila" ; et le mevarekh dit : "...qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de circoncire les esclaves et de faire couler d'eux le sang de l'alliance, car sans le sang de l'alliance les lois du ciel et de la terre ne subsisteraient pas, comme il est dit : 'Si Mon alliance n'était pas jour et nuit, Je n'aurais pas établi les lois du ciel et de la terre'. Béni sois-Tu Hachem, qui conclut l'alliance."

🗂️ Tossefot (1)
בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לָמוּל אֶת הָעֲבָדִים שֶׁנֶּאֱמַר יְלִיד בָּיִת וּמִקְנַת כֶּסֶף (בְּרֵאשִׁית י״ז:י״ב):
Par Ses commandements et nous a ordonné de circoncire les esclaves : comme il est dit : "celui né dans la maison et celui acquis à prix d'argent" (Berechit 17, 12).
🪔 Ben Yehoyada (1)
שֶׁאִלְמָלֵא דַּם בְּרִית, חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא נִתְקַיְּמוּ. הָא דְּתָלָה קִיּוּם שָׁמַיִם וָאָרֶץ בְּדָם נִרְאֶה לִי בס"ד, דְּיָדוּעַ שֶׁהַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ נִבְרְאוּ בכ"ב אוֹתִיּוֹת הַתּוֹרָה, וְלָזֶה אָמַר (יְשַׁעְיָהוּ מד, ז) וּמִי כָמוֹנִי יִקְרָא וְיַגִּידֶהָ וְיַעְרְכֶהָ לִי מִשּׂוּמִי עַם עוֹלָם וְאֹתִיּוֹת וַאֲשֶׁר תָּבֹאנָה יַגִּידוּ לָמוֹ, וְלָכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (יַלְקוּט שִׁמְעוֹנִי פָּרָשַׁת כִּי-תִשָּׂא רֶמֶז שפט) יוֹדֵעַ הָיָה בְּצַלְאֵל לְצָרֵף אוֹתִיּוֹת שֶׁבָּהֶם נִבְרְאוּ שָׁמַיִם וָאָרֶץ, אַךְ הַשָּׁמַיִם לִהְיוֹתָם עֶלְיוֹנִים נִבְרְאוּ בכ"ב אַתָּוָון רַבְרְבִין, וְהָאָרֶץ נִבְרֵאת בכ"ב אַתָּווָן בֵּינוֹנִים, וְלָזֶה אָמַר (בְּרֵאשִׁית א, א) בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹקִים אֵת הַשָּׁמַיִם וְאֵת הָאָרֶץ שֶׁכָּתַב 'אֶת' בְּכָל אַחַת, שֶׁהַשָּׁמַיִם נִבְרְאוּ בְּאוֹתִיּוֹת בִּפְנֵי עַצְמוֹ, וְהָאָרֶץ בְּאוֹתִיּוֹת בִּפְנֵי עַצְמָהּ. אִי נָמֵי הַשָּׁמַיִם נִבְרְאוּ בְּסֵדֶר אבג"ד שֶׁהוּא רַחֲמִים, וְהָאָרֶץ בְּסֵדֶר תַּשְׁרָ"ק שֶׁהוּא דִּין, וְכֵן שֶׁפַע הַנֶּפֶשׁ שֶׁהִיא תִּתְיַיחֵס לַשָּׁמַיִם יִשְׁתַּלְשֵׁל בכ"ב אוֹתִיּוֹת, וְשֶׁפַע הַגּוּף שֶׁמִּתְייַחֵס לָאָרֶץ גַּם כֵּן יִשְׁתַּלְשֵׁל בכ"ב אוֹתִיּוֹת כִּי הָאוֹתִיּוֹת הֵם צִינּוֹרוֹת הַשֶּׁפַע , לָכֵן לֵיל שַׁבָּת קוֹרִין פְּסוּקִים אֵשֶׁת חַיִל וְכוּ' שֶׁיֵּשׁ שָׁם כ"ב אוֹתִיּוֹת, שֶׁהֵם צִינּוֹרוֹת עֶלְיוֹנִים אֲשֶׁר הֵם פְּתוּחִים וּמְרִיקִים שֶׁפַע וּבְרָכָה מֵהַבְּרֵיכָה הָעֶלְיוֹנָה מֵרֹאשׁ כָּל הַכְּתָרִים כַּנּוֹדָע. וְכֵן נָמֵי הָעֹונֶשׁ גַּם כֵּן יִהְיֶה עַל יְדֵי כ"ב אוֹתִיּוֹת, לְכָךְ מִתְווַדִּין הַוִּדּוּי בכ"ב אוֹתִיּוֹת. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד רֶמֶז מַאֲמַר הַתַּנָּא (אָבוֹת ג, טו) וּבְטוּב הָעוֹלָם נִדּוֹן, רְצוֹנוֹ לוֹמַר בְּתוֹךְ אוֹתִיּוֹת טוֹב שֶׁהוּא מִלּוּי שֶׁלָּהֶם כָּזֶה ט י"ת ו א"ו בֵּי" ת יֵשׁ 'אוֹתִיּוֹת' רְצוֹנוֹ לוֹמַר בָּאוֹתִיּוֹת שֶׁהֵם נִרְמָזִים בְּתוֹךְ 'טוֹב' הָעוֹלָם נִדּוֹן. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד רָמַז הַכָּתוּב בִּישַׁעְיָה (מה, יא) כֹּה אָמַר ה' קְדוֹשׁ יִשְׂרָאֵל וְיֹצְרוֹ הָאֹתִיּוֹת שְׁאָלוּנִי עַל בָּנַי וְעַל פֹּעַל יָדַי תְּצַוֻּנִי, וְהַיְינוּ כִּי הַכֹּל נַעֲשֶׂה עַל יְדֵי הָאֲתִיּוֹת וְהֵמָּה רְמוּזִים בְּתוֹךְ 'טוֹב'.נִמְצָא בְּרִיאַת שָׁמַיִם הָיְתָה עַל יְדֵי כ"ב אַתָּוָון רַבְרְבִין, וּבְרִיאַת אֶרֶץ עַל יְדֵי כ"ב אַתָּווָן בֵּינוֹנִים אוֹ זְעִירִין. אִי נָמֵי זוֹ בְּסֵדֶר אבג"ד וְזוֹ בְּסֵדֶר תַּשְׁרָ"ק, וְאֵיךְ שֶׁיִּהְיֶה הִנֵּה הֵם שְׁתֵּי בְּחִינוֹת 'כב' וּשְׁנֵי פְּעָמִים 'כב' הֵם 'מד' [44] , וְלָכֵן תָּלָה קִיּוּם שֶׁלָּהֶם בְּדַם בְּרִית, כִּי 'דָּם' [44] הוּא מִסְפָּר ב' פְּעָמִים 'כב'. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין דַּם בְּרִית אֶלָּא בְּזָכָר עִם כָּל זֶה עָשָׂה הקב"ה גַּם בַּנְּקֵבָה דַּם בְּתוּלִים שֶׁהוּא פֶּתַח שֶׁל מִצְוַת פְּרִיָּה וּרְבִיָּה, שֶׁאֵין הָאִשָּׁה רְאוּיָה לְוַלִיד אֶלָּא עַד שֶׁתַּטִּיף דַּם בְּתוּלֶיהָ. וְנִמְצָא דַּם בְּרִית נִיטֵּף מִן הַזָּכָר בְּיוֹם שְׁמִינִי לְלֵידָתוֹ, וְדַם בְּתוּלִים נוֹטֵף מִן הַנְּקֵבָה בְּחֻופָּתָהּ בְּמִצְוָה רִאשׁוֹנָה, וְלָכֵן כְּמוֹ שֶׁתִּיקְּנוּ בְּרָכָה עַל דַּם בְּרִית כֵּן תִּקְּנוּ בְּרָכָה עַל דַּם בְּתוּלִים כַּנִּזְכָּר בְּשֻׁולְחָן עָרוּךְ (אֶבֶן הָעֵזֶר סִי' סב), וְזֶה נֻוסְחָה בָּרוּךְ אַתָּה ה', אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר צג אֱגוֹז בְּגַן עֵדֶן שׁוֹשַׁנַּת הָעֲמָקִים בַּל יִמְשֹׁל עוֹד זָר בְּמַעְיָן חָתוּם, עַל כֵּן אַיֶּלֶת אֲהָבִים שָׁמְרָה בְּטָהֳרָה וְחֹק לֹא הַפָּרָה, בָּרוּךְ הַבּוֹחֵר בְּזַרְעוֹ שֶׁל אַבְרָהָם. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֵין מְבָרְכִים אוֹתָהּ בְּלֹא כּוֹס עַייֵּן שָׁם. וְגַם לְדַעַת הַחוֹלְקִין צָרִיךְ לְבָרֵךְ אוֹתָהּ אֶלָּא שֶׁמְּבָרְכִין בְּלֹא שֵׁם וּמַלְכוּת, וְרָאָה כַּמָּה חֲבִיבִין דַּם בְּתוּלִים דְּאַרְבוֹתֵינוּ זַ"ל טַעַם שֶׁדַּם עוֹפוֹת צָרִיךְ לְכַסּוֹת בִּבְרָכָה, לְפִי שֶׁהָעוֹפוֹת כִּיסוֹ דַּם בְּתוּלִים שֶׁנָּשַׁר מֵרִבְקָה אִמֵּנוּ עָלֶיהָ הַשָּׁלוֹם, וְנִשְׁאַר שָׁמוּר תַּחַת צִילָּם, עַד שֶׁבָּא יִצְחָק אָבִינוּ וְרָאָה אוֹתוֹ וּבֵירַךְ עָלָיו.
"Car sans le sang de l'alliance, les lois du ciel et de la terre ne subsisteraient pas." Pourquoi la subsistance du ciel et de la terre dépend-elle du sang ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'on sait que le ciel et la terre ont été créés par les 22 lettres de la Tora ; c'est pourquoi il est dit (Yechaya 44, 7) : "Qui est comme Moi pour appeler, l'annoncer et Me l'ordonner, depuis que J'ai établi le peuple antique ; et les otiyot (choses à venir) et ce qui viendra, qu'ils le leur annoncent" ; et nos maîtres ont dit (Yalkout Chimoni, Ki Tissa 389) : Betsalel savait combiner les lettres par lesquelles le ciel et la terre ont été créés. Mais le ciel, étant supérieur, a été créé par les 22 grandes lettres, et la terre par les 22 lettres moyennes. C'est pourquoi il est dit (Berechit 1, 1) : "Au commencement D.ieu créa et ha-chamayim ve-et ha-arets", en écrivant "et" pour chacun : le ciel a été créé par des lettres propres, et la terre par des lettres propres. Ou bien : le ciel a été créé dans l'ordre alef-beit-guimel-dalet, qui est rahamim (miséricorde), et la terre dans l'ordre tav-chin-rech-kouf, qui est din (rigueur). De même, le chefa (flux) de la nefech, qui se rattache au ciel, descend par les 22 lettres, et le chefa du corps, qui se rattache à la terre, descend lui aussi par 22 lettres, car les lettres sont les canaux du chefa. C'est pourquoi le soir de Chabbat on lit les versets "Echet hayil", etc., qui comportent les 22 lettres : ce sont les canaux supérieurs, ouverts, qui déversent chefa et beracha depuis le bassin supérieur, depuis la tête de toutes les couronnes, comme on le sait. De même la punition vient elle aussi par les 22 lettres ; c'est pourquoi on dit le vidouy (confession) selon les 22 lettres. Par là, j'ai expliqué avec l'aide du Ciel l'allusion de la parole du tana (Avot 3, 15) : "et le monde est jugé avec bonté (be-tov)" : c'est-à-dire à l'intérieur des lettres de "tov", par leur milouy (écriture pleine) : têt yod-tav, vav alef-vav, beit yod-tav, on trouve "otiyot" (lettres) ; autrement dit, c'est par les lettres qui sont allusivement contenues dans "tov" que le monde est jugé. Par là on comprend, avec l'aide du Ciel, l'allusion du verset de Yechaya (45, 11) : "Ainsi parle Hachem, le Saint d'Israël et son Créateur : ha-otiyot, interrogez-Moi ; au sujet de Mes enfants et de l'œuvre de Mes mains, ordonnez-Moi" : tout se fait par les lettres, et elles sont contenues allusivement dans "tov". Il en ressort que la création du ciel s'est faite par les 22 grandes lettres, et celle de la terre par les 22 lettres moyennes ou petites ; ou bien l'une dans l'ordre alef-beit-guimel-dalet et l'autre dans l'ordre tav-chin-rech-kouf. De toute façon, ce sont deux aspects de "kaf-beit" (22), et deux fois "kaf-beit" font "mem-dalet" (44). C'est pourquoi leur subsistance dépend du sang de l'alliance, car "dam" (sang) vaut 44, deux fois 22. Et bien que le sang de l'alliance n'existe que chez l'homme, le Saint, béni soit-Il, a fait aussi chez la femme le sang de la virginité, qui est l'ouverture de la mitsva de perou ourevou (fécondité), car la femme n'est apte à enfanter qu'après avoir perdu le sang de sa virginité. Ainsi le sang de l'alliance coule de l'homme au huitième jour après sa naissance, et le sang de la virginité coule de la femme lors de sa houppa, à la première mitsva. C'est pourquoi, de même qu'on a institué une berakha sur le sang de l'alliance, on a institué une berakha sur le sang de la virginité, comme il est mentionné dans le Choulhan Aroukh (Even ha-Ezer 62). En voici le texte : Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui a placé une noix dans le jardin d'Éden, la rose des vallées ; qu'aucun étranger ne domine la source scellée ; c'est pourquoi la biche d'amour a gardé sa pureté et n'a pas enfreint la loi ; béni soit Celui qui choisit la descendance d'Avraham. Certains disent qu'on ne la dit pas sans coupe, voir là-bas. Même selon ceux qui divergent, il faut la dire, mais on la dit sans le Nom et sans la royauté. Et vois combien le sang de la virginité est chéri : nos maîtres ont donné comme raison du recouvrement du sang des oiseaux avec une berakha que les oiseaux ont recouvert le sang de la virginité tombé de Rivka notre mère, que la paix soit sur elle, et il est resté gardé sous leur ombre jusqu'à ce que Yitshak notre père vienne, le voie et bénisse à son sujet.
⚖️ Rosh (1)
הַמָּל אֶת הַגֵּרִים אוֹמֵר אקב"ו לָמוּל אֶת הַגֵּרִים וּלְהַטִּיף מֵהֶם דַּם בְּרִית שֶׁאִלְמָלֵא דַּם בְּרִית לֹא נִתְקַייְּמוּ שָׁמַיִם וָאָרֶץ שֶׁנֶּאֱמַר אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי. הַמָּל אֶת הָעֲבָדִים אוֹמֵר בא"י אמ"ה אקב"ו לָמוּל אֶת הָעֲבָדִים וְכוּ' וְיֵשׁ סְפָרִים שֶׁגּוֹרְסִים הַמָּל אֶת הַגֵּרִים אוֹמֵר עַל הַמִּילָה וְהַמְבָרֵךְ אוֹמֵר אקב"ו לָמוּל אֶת הַגֵּרִים וְכוּ'. וְאַפֵּי' לִסְפָרִים דְּלָא גָּרְסִי הַמָּל אוֹמֵר הַיְינוּ מִשּׁוּם שֶׁלֹּא הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ בִּרְכַּת הַמִּילָה לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ שִׁינּוּי אֶלָּא בִּבְרָכָה שֶׁהוּא בִּמְקוֹם אֲבִי הַבֵּן. וְנָכְרִי אע"פ דְּאִיתַּמְהִיל בִּהְיוֹתוֹ נָכְרִי צָרִיךְ לְהַטִּיף מִמֶּנּוּ דַּם בְּרִית. וְעַד דְּמִיתְפָּח לָא מְטַבְּלִינַן לֵיהּ. וְכִדְטָבַל צָרִיךְ לְמֵיזַל בַּהֲדֵי תְּלָתָא וְאָמְרִינַן לֵיהּ כִּי הֵיכִי דְּאָמְרוּ לֵיהּ מֵעִיקָּרָא. וְגָייְזִי לֵיהּ מִן מַזְּיֵיהּ וְשָׁקְלִי לֵיהּ טֻופְרִין דִּידֵיהּ וּדְכִרְעִיָּה. וּצְרִיכִין לְמִיחְזְייֵהּ כִּדְטָבַל וּכְדִסְלֵיק מְבָרֵךְ אקב"ו עַל הַטְּבִילָה. וְכֵן עֶבֶד מְשֻׁוחְרָר וְכֵן עַבְדָּא וְאַמְּתָא דְּזַבֵּין לְהוּ מִנָּכְרִים מֵעִיקָּרָא אָמְרִינַן לֵיהּ מִצְוֹת דְּמִיחַייְּבִי בֵּיהּ עָבְדִי וּמְטַבְּלִינַן לֵיהּ כו' כְּדִכְתַבְנוּהּ בְּהִלְכוֹת גֵּרִים בְּהַחוֹלֵץ סִימָן לו וְנָכְרִי אָסוּר לְמִימְהַל כִּדְגָרְסִי' בַּע"ז דַּף כז אִיתְּמַר מִנַּיִן לְמִילָה בְּנָכְרִי שֶׁהִיא פְּסוּלָה. דָּרוּ בַּר פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב אָמַר שֶׁנֶּאֱמַר וְאַתָּה אֶת בְּרִיתִי תִשְׁמֹור. ר' יוֹחָנָן אוֹמֵר הִמּוֹל יִמּוֹל קְרִי בֵיהּ הַמָּל יִמּוֹל. מַאי בֵּינַיְיהוּ אִיכָּא בֵּינַייְהוּ אִשָּׁה לְרַב דְּאָמַר וְאַתָּה אֶת בְּרִיתִי תִשְׁמֹור כֵּיוָן דְּלֵיתָא בַּבְּרִית לָא מָהֲלָא. לְר' יוֹחָנָן דְּאָמַר הִמּוֹל יִמּוֹל כֵּיוָן דְּיִשְׂרָאֵל אֲפִילּוּ עֲרֵלִים כִּמְהוּלִים דָּמֵי אִיתְּתָא נָמֵי בִּכְלַל יִשְׂרָאֵל וּמָהֲלָא. הִלְכָּךְ הֵיכָא דְּלֵיכָּא גַּבְרָא יְהוּדָאָה דְּיָדַע לְמִימְהַל וְאִיכָּא אִיתְּתָא דְּיָדְעָה לְמִימְהַל מָהֲלָא שַׁפִּיר דַּהֲלָכָה כַּר' יוֹחָנָן דקי"ל רַב וְר' יוֹחָנָן הֲלָכָה כַּר' יוֹחָנָן: הַדְרָן עֲלָךְ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּמִילָה
Celui qui circoncit des convertis dit : ...qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de circoncire les convertis et de faire couler d'eux le sang de l'alliance, car sans le sang de l'alliance le ciel et la terre ne subsisteraient pas, comme il est dit : "Si Mon alliance n'était pas jour et nuit, Je n'aurais pas établi les lois du ciel et de la terre". Celui qui circoncit des esclaves dit : Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de circoncire les esclaves, etc. Certains livres lisent : celui qui circoncit des convertis dit "al ha-mila", et le mevarekh dit "...qui nous a ordonné de circoncire les convertis", etc. Et même selon les livres qui ne lisent pas "le mohel dit", c'est qu'il n'était pas nécessaire de préciser la berakha de la mila, puisqu'elle ne comporte aucun changement ; le changement porte seulement sur la berakha qui tient lieu de celle du père. Un non-Juif, même s'il a été circoncis lorsqu'il était non-Juif, il faut faire couler de lui le sang de l'alliance. Tant qu'il n'est pas guéri, on ne le fait pas s'immerger. Lorsqu'il s'immerge, il doit être accompagné de trois (juges), et on lui dit (les mitsvot) comme on les lui a dites au début. On lui coupe les cheveux et les ongles des mains et des pieds. On doit le voir lorsqu'il s'immerge, et quand il remonte il bénit : ...qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la tevila. De même un esclave affranchi, et de même un esclave et une servante achetés à des non-Juifs : au début on lui dit les mitsvot auxquelles les esclaves sont astreints, et on le fait s'immerger, etc., comme nous l'avons écrit dans les Hilkhot Guerim, au chapitre Ha-holets, siman 36. Un non-Juif ne peut pas circoncire, comme nous l'apprenons dans Avoda Zara (27a) : il a été dit : d'où sait-on que la mila faite par un non-Juif est invalide ? Darou bar Papa a dit au nom de Rav : car il est dit "et toi, tu garderas Mon alliance". Rabbi Yo'hanan dit : "hamol yimol" ; lis-le "ha-mal yimol" (celui qui est circoncis circoncira). Quelle différence entre eux ? Une femme. Selon Rav, qui a dit "et toi, tu garderas Mon alliance", puisqu'elle n'est pas dans l'alliance, elle ne circoncit pas. Selon Rabbi Yo'hanan, qui a dit "hamol yimol", puisque des Juifs même incirconcis sont considérés comme circoncis, la femme aussi fait partie d'Israël et peut circoncire. Donc, là où il n'y a pas d'homme juif qui sache circoncire et qu'il y a une femme qui le sait, elle circoncit valablement, car la halakha suit Rabbi Yo'hanan, selon la règle : entre Rav et Rabbi Yo'hanan, la halakha suit Rabbi Yo'hanan. Nous reviendrons à toi, Rabbi Eliezer demila.
💡 Explication

L'esclave cananéen acheté par un Juif entre partiellement dans l'alliance : il est circoncis et immergé, et la berakha suit le modèle de celle des convertis. Le Roch ajoute les règles de la tevila du guer et tranche, comme Rabbi Yo'hanan, qu'une femme peut circoncire faute d'homme compétent.

10
הַדְרָן עֲלָךְ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּמִילָה

Nous reviendrons à toi, Rabbi Eliezer demila.

11
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תּוֹלִין אֶת הַמְשַׁמֶּרֶת בְּיוֹם טוֹב, וְנוֹתְנִין לַתְּלוּיָה בְּשַׁבָּת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין תּוֹלִין אֶת הַמְשַׁמֶּרֶת בְּיוֹם טוֹב, וְאֵין נוֹתְנִין לַתְּלוּיָה בַּשַּׁבָּת, אֲבָל נוֹתְנִין לַתְּלוּיָה בְּיוֹם טוֹב.

MICHNA. Rabbi Eliezer dit : on tend la mechameret (filtre à vin) yom tov, et on verse dans une mechameret déjà tendue le Chabbat.

Les Hakhamim disent : on ne tend pas la mechameret yom tov, et on ne verse pas dans une mechameret tendue le Chabbat ; mais on verse dans une mechameret tendue yom tov.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' תּוֹלִין אֶת הַמְשַׁמֶּרֶת שֶׁמְּסַנְּנִין בָּהּ שִׁמְרֵי יַיִן וּמוֹתֵחַ פִּיהָ לְכָל צַד בְּעִגּוּל וְנַעֲשֶׂה כְּאֹהֶל עַל חֲלַל הַכְּלִי שֶׁקּוֹרִין אשטנד"א ואע"ג דַּעֲבִיד אֹהֶל שָׁרִי בי"ט כְּדִמְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא אֲבָל בְּשַׁבָּת מִיתְלָא לְכַתְּחִילָּה לֹא אֲבָל אִם תְּלוּיָה הִיא נוֹתְנִין לְתוֹכָהּ שְׁמָרִים וּמְסַנֵּן דְּאֵין דֶּרֶךְ בּוֹרֵר בְּכָךְ:
Michna. On tend la méchameret : on y filtre la lie du vin ; on en étire l'ouverture de tous côtés en cercle, et elle forme comme une tente au-dessus de l'espace du récipient, ce qu'on appelle "estende". Bien qu'on fasse une tente, c'est permis yom tov, comme l'explique la Guemara ; mais le Chabbat on ne la tend pas d'emblée. Si elle est déjà tendue, on y met la lie et on filtre, car ce n'est pas la manière de trier (borer).
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' תּוֹלִין. אֲבָל נוֹתְנִין לַתְּלוּיָה בְּיוֹם טוֹב וְצָרִיךְ לְפָרֵשׁ וְלוֹמַר שֶׁאִם הָיָה עוֹשֵׂהוּ מֵאֶתְמוֹל לֹא הָיָה טוֹב כָּל כָּךְ וְחָזָק וְהָא דְּתַנְיָא בְּפִרְקִין דִּלְעֵיל (שַׁבָּת ד' קלד. וְשָׁם) דְּאֵין מְסַנְּנִין אֶת הַחַרְדָּל בִּמְסַנֶּנֶת שֶׁלּוֹ בי"ט אִם הָיָה עוֹשֵׂהוּ מֵאֶתְמוֹל לֹא הָיָה מִתְקַלְקֵל:
Michna. On tend... mais on verse dans une méchameret tendue yom tov : il faut expliquer que si on le faisait la veille, (le vin) ne serait pas aussi bon et fort. Et ce qui est enseigné au chapitre précédent (Chabbat 134a), qu'on ne filtre pas la moutarde dans son filtre yom tov, (c'est que) si on le faisait la veille, elle ne se gâterait pas.
⚖️ Rosh (1)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר תּוֹלִין אֶת הַמְשַׁמֶּרֶת בְּיוֹם טוֹב וְנוֹתְנִין לַתְּלוּיָה בַּשַּׁבָּת וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵין תּוֹלִין אֶת הַמְשַׁמֶּרֶת ביו"ט וְאֵין נוֹתְנִין לַתְּלוּיָה בַּשַּׁבָּת אֲבָל נוֹתְנִין לַתְּלוּיָה ביו"ט:
Rabbi Eliezer dit : on tend la méchameret yom tov, et on verse dans une méchameret tendue le Chabbat. Les Hakhamim disent : on ne tend pas la méchameret yom tov, et on ne verse pas dans une méchameret tendue le Chabbat ; mais on verse dans une méchameret tendue yom tov.
💡 Explication

Deux questions distinctes : tendre le filtre (problème d'ohel, construction d'une tente) et filtrer (problème de borer, trier). Rabbi Eliezer permet de tendre yom tov ; les Hakhamim l'interdisent. Tossefot explique pourquoi on peut filtrer yom tov même ce qu'on aurait pu filtrer la veille : le vin filtré d'avance perdrait de sa qualité.

12
גְּמָ׳ הַשְׁתָּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹסוֹפֵי אֹהֶל עֲרַאי לָא מוֹסְפִינַן, לְמֶיעְבַּד לְכַתְּחִלָּה שָׁרִי?!

Guemara. Or, Rabbi Eliezer, qui pense qu'on n'ajoute même pas à un ohel arai (tente provisoire), permettrait de le faire d'emblée ?!

13
מַאי הִיא — דִּתְנַן: פְּקַק הַחַלּוֹן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בִּזְמַן שֶׁקָּשׁוּר וְתָלוּי — פּוֹקְקִין בּוֹ, וְאִם לָאו — אֵין פּוֹקְקִין בּוֹ. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ — פּוֹקְקִין בּוֹ.

De quoi s'agit-il ? Nous avons appris : le volet de la fenêtre (pekak ha-halon) : Rabbi Eliezer dit : lorsqu'il est attaché et suspendu, on peut obturer avec ; sinon, on n'obture pas avec.

Les Hakhamim disent : dans un cas comme dans l'autre, on obture avec.

📜 Rachi (1)
גְּמ' פְּקַק הַחַלּוֹן כְּגוֹן אֲרֻובַּת הַגַּג:
Guemara. Le volet de la fenêtre : par exemple une lucarne du toit.
14
וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה בְּיוֹם טוֹב, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא לְהוֹסִיף, שֶׁרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֵין מוֹסִיפִין בְּיוֹם טוֹב, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מוֹסִיפִין בְּשַׁבָּת, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בְּיוֹם טוֹב.

Et Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : tous s'accordent qu'on ne fait pas un ohel arai d'emblée yom tov, et à plus forte raison le Chabbat. Ils ne divergent que sur l'ajout : Rabbi Eliezer dit qu'on n'ajoute pas yom tov, et à plus forte raison le Chabbat ; les Hakhamim disent qu'on ajoute le Chabbat, et à plus forte raison yom tov.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא לְהוֹסִיף כְּגוֹן פְּקָק זֶה שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא תּוֹסֶפֶת עֲרַאי עַל הָאֹהֶל:
Seulement sur l'ajout : comme ce volet, qui n'est qu'un ajout provisoire à la tente.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה ביו"ט וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא לְהוֹסִיף שַׂר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אֵין מוֹסִיפִין בְּיוֹם טוֹב וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּשַּׁבָּת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים מוֹסִיפִין בַּשַּׁבָּת וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בְּיוֹם טוֹב. רַשִׁ"י פִּי' דְּלָא מִיקְּרֵי אֹהֶל עֲרַאי אֶלָּא בַּעֲשִׂיַּית הַגַּג לְמַעְלָה אֲבָל בַּעֲשִׂיַּית הַדְּפָנוֹת לָא מִיקְּרֵי אֹהֶל עֲרַאי וְהֵבִיא רְאָיָה מִפֶּרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צג:) דְּאִיתְּמַר כֹּותֶל הֶחָצֵר שֶׁנָּפַל רַב אָמַר אֵין מְטַלְטְלִין אֶלָּא בְּד' אַמּוֹת וּשְׁמוּאֵל אָמַר זֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר מְחִיצָה וְזֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר מְחִיצָה וְהָא דְּרַב לָאו בְּפֵירוּשׁ אִיתְּמַר וְכוּ' דְּרַב וּשְׁמוּאֵל הֲווֹ יָתְבִי בְּהָהוּא חָצֵר נְפַל גֻּודָּא דְּבֵינֵי בֵּינֵי אֲמַר שְׁמוּאֵל שְׁקוּלוּ גְּלִימָא וַנְּגוּדוֹ הָתָם אַהְדְּרִינְהוּ רַב לְאַפֵּיהּ וְכוּ' וְלִשְׁמוּאֵל לָמָּה לִי לְמֶיעְבַּד הָכִי הָא אָמַר זֶה מְטַלְטֵל עַד עִיקַּר מְחִיצָה וְכוּ'. שְׁמוּאֵל דַּעֲבַד לִצְנִיעוּתָא בְּעָלְמָא הוּא דַּעֲבַד. אַלְמָא מַשְׁמַע אֹהֶל בַּדְּפָנוֹת שָׁרִי לְמֶיעְבַּד וְרַב שֶׁהִקְפִּיד לֹא עַל עֲשִׂיַּית הַמְּחִיצָּה אֶלָּא עַל טִלְטוּל הַגְּלִימָא אַרְבַּע אַמּוֹת בֶּחָצֵר. וּמֵהַאי טַעְמָא מָחַק רַשִׁ"י גִּירְסַת הַסְּפָרִים בְּפֶרֶק כֵּיצַד מִשְׁתַּתְּפִין (עֵירוּבִין דַּף פּוֹ:) גַּבֵּי הָא דְּקָאָמַר הָתָם פַּעַם אַחַת שָׁכְחוּ וְלֹא הֵבִיאוּ סֵפֶר תּוֹרָה מע"ש לְמָחָר פֵּרְסוּ סְדִינִים עַל גַּבֵּי הָעַמּוּדִים וְהֵבִיאוּ סֵפֶר תּוֹרָה וְקָרְאוּ בּוֹ וּפָרִיךְ וּפֵירְסוּ בַּתְּחִלָּה מִי שָׁרִי וְהָאָמַר ר' יוֹחָנָן הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי וְכוּ' וְרַשִׁ"י מְחָקוֹ שָׁם דְּלָא מִיקְּרֵי עֲשִׂייַּת אֹהֶל בַּעֲשִׂייַּת דְּפָנוֹת אֶלָּא ה"ג מִי שָׁרִי כְּלוֹמַר הֵיאַךְ הֵבִיאוּ הַסְּדִינִין בֶּחָצֵר אוֹ בַּמָּבוֹי כָּל זְמַן שֶׁלֹּא הָיְתָה שָׁם מְחִיצָּה. ור"ת הִקְשָׁה לְפִי' מַאי פָּרֵיךְ מִי שָׁרִי וַהֲלֹא הָיוּ יְכוֹלִין לַהֲבִיאוֹ דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁ. וְעוֹד ע"כ שַׁיָּיךְ אִיסּוּר אֹהֶל אַף בַּדְּפָנוֹת דִּבְעֵירוּבִין פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מד.) גַּבֵּי עֲשִׂיַּית דֹּופֶן סֻוכָּה פָּרִיךְ וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֹהֶל עֲרַאי בַּתְּחִלָּה וּמְשַׁנֵּי הָא בְּדֹופֶן שְׁלִישִׁית וְהָא בְּדֹופֶן רְבִיעִית. הִלְכָּךְ נִרְאֶה לר"ת זַ"ל דְּשַׁיָּיךְ שַׁפִּיר בַּעֲשִׂיַּית דְּפָנוֹת אִיסּוּר אֹהֶל הֵיכָא דְּצָרִיךְ הוּא לִמְחִיצָּה לְהֶיתֵּר טִלְטוּל אוֹ לְהֶכְשֵׁר סֻוכָּה אֲבָל בְּשֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לָהּ אֵינוֹ אֶלָּא תּוֹסֶפֶת בְּעָלְמָא וְשַׁרְיָא הִלְכָּךְ מְפַלֵּיג בְּסֻוכָּה בֵּין דֹּופֶן שְׁלִישִׁית לִרְבִיעִית. וּבְעֵירוּבִין פָּרִיךְ שַׁפִּיר לְכַתְּחִלָּה מִי שָׁרֵי כֵּיוָן שֶׁנַּעֲשֵׂית הַמְּחִיצָּה לְהֶיתֵּר טִלְטוּל. וְהַהִיא דְּכָל גַּגּוֹת הִקְפִּיד רַב עַל עֲשִׂיַּית הַמְּחִיצָּה דִּלְדִידֵיהּ לְהֶיתֵּר טִלְטוּל עִיקָּרָהּ נַעֲשֵׂית אֲבָל לִשְׁמוּאֵל לֹא נַעֲשֵׂית לְהֶיתֵּר טִלְטוּל. וְעִיקַּר פְּלֻוגְתָּא דְּר' אֱלִיעֶזֶר וְרַבָּנָן הָכָא בְּאֹהֶל דַּעֲשִׂיַּית דֹּופֶן דִּפְקַק הַחַלּוֹן מַשְׁמַע בַּחַלּוֹן שֶׁבַּכֹּותֶל דְּאִי בְּגַג הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אֲרֻובָּה כְּהַהִיא דְּמַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה וּמִיהוּ בְּאֹהֶל שֶׁבַּגַּג נָמֵי פְּלִיגִי כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן פֶּרֶק תּוֹלִין (שַׁבָּת דַּף קלז:) דְּמַיְיתִי הַךְ פְּלוּגְתָּא גַּבֵּי תְּלִייַּת מִשְׁמֶרֶת שֶׁהִיא כְּעֵין גַּג וְכֵן מַשְׁמַע פֶּרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין דַּף קב. גַּבֵּי הָנְהוּ דִּיכְרֵי דְּהָווּ בֵּי רַב הוּנָא דְּבִימָמָא הָווּ בָּעוּ טֻולָּא וּבְלֵילְיָא הָווּ בְּעוֹ אַוֵּירָא אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב א"ל זִיל כְּרֹוךְ בֻּודְיָא וְשַׁייַּר בַּהּ טֶפַח וּלְמָחָר הָוֵי מוֹסִיף עַל אֹהֶל עֲרַאי וּמֻותָּר דְּמַשְׁמַע דְּהַייְנוּ נָמֵי תּוֹסֶפֶת אֹהֶל עֲרַאי דִּפְלִיגִי בָּהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבָּנָן. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ פּוֹקְקִין בּוֹ מַאי בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ א"ר אַבָּא בַּר כָּהֲנָא בֵּין קָשׁוּר בֵּין שֶׁאֵינוֹ קָשׁוּר וְהוּא שֶׁמְּתֻוקָּן וְהִלְכְתָא כַּחֲכָמִים ואע"ג דְּסָתַם לָן תַּנָּא כַּר' אֱלִיעֶזֶר בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר שָׁם קַייְמָא לַן כִּי הַאי סְתָמָא אַחַרְיַנָא דִּתְנַן לְקַמָּן (שַׁבָּת דַּף קנז.) מִדִּבְרֵיהֶם לָמַדְנוּ שֶׁפּוֹקְקִין וְקוֹשְׁרִין בְּשַׁבָּת מִשּׁוּם דְּמַעֲשֵׂה רַב. תֵּימַהּ דְּרַב אִלְפָּס פָּסַק הָכָא כַּר' אַבָּא בַּר כָּהֲנָא דְּלָא בָּעֵי קָשׁוּר אֶלָּא מְתֻוקָּן וְהַאי מְתֻוקָּן לָאו בְּתִקּוּן מַעֲשֶׂה אַייְרֵי אֶלָּא בְּמַחְשָׁבָה בְּעָלְמָא כְּמוֹ שֶׁהוֹכִיחַ רַבֵּינוּ תָּם מִדְּאָמַר אֲנָא דְּאָמַר כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר מְתֻוקָּן ואע"פ שֶׁאֵינוֹ קָשׁוּר וּלְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סַגִּי בְּמַחְשָׁבָה וּמַשְׁמַע דִּלְגַמְרֵי סָבַר כְּוָותֵיהּ דְּגַבֵּי ר' יוֹחָנָן דַּוְקָא הוּא דְּקָאָמַר סָבַר לֵיהּ כְּוָותֵיהּ בַּחֲדָא וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא. וּבְעֵירוּבִין פָּסַק כְּר' יְהוּדָה בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר דְּבָעֵי קָשׁוּר מִדְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה אָמַר רָבָא וְהוּא שֶׁקָּשׁוּר בַּדֶּלֶת. וְנִרְאֶה לִי דְּלֵית לֵיהּ הָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כְּמַחֲלֹוקֶת כָּאן כָּךְ מַחֲלֹוקֶת בַּנֶּגֶר הַנִּגְרָר אֶלָּא סָבַר דִּבְנֶגֶר שֶׁתּוֹחֲבוֹ בַּקַּרְקַע דָּמֵי קְצָת לְבִנְיָן הִלְכָּךְ בָּעֵינַן קְשִׁירָה לְאַפּוֹקֵי מֵאִיסּוּר בִּנְיָן אֲבָל פְּקַק הַחַלּוֹן לֹא שַׁיָּיךְ בֵּיהּ בִּנְיָן כְּלָל וְסַגִּי בְּמַחְשָׁבָה לְאַפּוֹקֵי מֵאִיסּוּר טִלְטוּל. וּמִסְתַּיְּיעָן מִילְּתֵיהּ מִדִּשְׁמוּאֵל דְּפָסַק בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר כְּר' יְהוּדָה וּלְעֵיל בְּפֶרֶק בַּמֶּה טוֹמְנִין (שַׁבָּת דַּף נ.) סָבַר שְׁמוּאֵל כְּרַשְׁבָּ"ג גַּבֵּי חֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל שֶׁגְּדָרָן לְעֵצִים דְּסַגִּי בְּמַחְשָׁבָה אֶלָּא וַדַּאי צָרִיךְ לְחַלֵּק כִּדְפָרֵישִׁית וְכֵן צָרִיךְ לְחַלֵּק עוֹד לְדִבְרֵי רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּהָכָא פָּסַק כַּר' יוֹחָנָן דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בַּחֲדָא וּמַצְרִיךְ תּוֹרַת כְּלִי בְּקָנֶה שֶׁהִתְקִינוֹ לִהְיוֹת פּוֹתֵחַ וְנוֹעֵל בּוֹ וּלְעֵיל בְּפֶרֶק בַּמֶּה טוֹמְנִין פְּסַק הֲלָכָה כְּרַשְׁבָּ"ג בַּחֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל דְּסַגִּי בְּמַחְשָׁבָה אֶלָּא הַיְינוּ טַעְמָא לְפִי שֶׁקָּנָה הוּא לְצֹורֶךְ נְעִילַת בַּיִת וְדָמֵי קְצָת לְנֶגֶר הַנִּגְרָר חֲמִיר טְפֵי וְצָרִיךְ תִּיקּוּן כְּלִי. וְהִנֵּה עַתָּה שְׁלֹשָׁה חִלּוּקִים בִּפְסַק זֶה לְדִבְרֵי רַב אִלְפָּס. בִּפְקַק הַחַלּוֹן סַגִּי בְּמַחְשָׁבָה כְּמוֹ בַּחֲרִיּוֹת שֶׁל דֶּקֶל. וּבַנֶּגֶר הַנִּגְרָר צָרִיךְ קְשִׁירָה לְאַפּוֹקֵי מֵאִיסּוּר בִּנְיָן. וּבְקָנֶה שֶׁהוּא פּוֹתֵחַ וְנוֹעֵל בּוֹ צָרִיךְ תִּקּוּן כְּלִי. וְר' יוֹחָנָן מְדַמֵּי פְּקַק הַחַלּוֹן וְנֶגֶר הַנִּגְרָר לְהָדְדִי וְסָבַר דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה מִדְּמוּקֵי רַבָּנָן כְּר' יְהוּדָה. וְגַם בִּירוּשַׁלְמִי פָּסַק בְּהֶדְיָא כְּר' יְהוּדָה וּבְקָנֶה סַגִּי בְּתִקּוּן כְּלִי אוֹ שֶׁמָּא סָבַר דְּתַקּוּן כְּלִי וּקְשִׁירָה שָׁוִין הֵן וּמוֹעִיל תִּקּוּן כְּלִי אַף בְּנֶגֶר הַנִּגְרָר:
Guemara. Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : tous s'accordent qu'on ne fait pas un ohel arai d'emblée yom tov, et à plus forte raison le Chabbat. Ils ne divergent que sur l'ajout : Rabbi Eliezer dit qu'on n'ajoute pas yom tov, et à plus forte raison le Chabbat ; les Hakhamim disent qu'on ajoute le Chabbat, et à plus forte raison yom tov. Rachi a expliqué qu'on ne parle d'ohel arai que pour la construction du toit en haut, et que la construction des parois ne s'appelle pas ohel arai. Il en a apporté la preuve du chapitre Kol gaggot (Erouvin 93b), où il a été dit : un mur de cour qui est tombé, Rav a dit : on ne transporte que dans quatre amot ; Chmouel a dit : celui-ci transporte jusqu'à la base de la cloison, et celui-là transporte jusqu'à la base de la cloison. Et la position de Rav n'a pas été dite explicitement, etc. : Rav et Chmouel étaient assis dans une cour, le mur mitoyen tomba ; Chmouel dit : prenez un manteau et tendez-le là. Rav détourna son visage, etc. Et selon Chmouel, pourquoi fallait-il faire cela, puisqu'il a dit que chacun transporte jusqu'à la base de la cloison, etc. ? Chmouel ne l'a fait que par pudeur. Il en ressort qu'il est permis de faire une tente par des parois ; Rav était attentif non à la fabrication de la cloison, mais au transport du manteau sur quatre amot dans la cour. Pour cette raison, Rachi a effacé la version des livres au chapitre Keitsad michtatfin (Erouvin 86b), à propos de ce qui y est dit : une fois, on oublia d'apporter le Sefer Tora la veille de Chabbat ; le lendemain on étendit des draps sur les colonnes, on apporta le Sefer Tora et on y lut. Et (la Guemara) demande : étendre d'emblée, est-ce permis ? Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : tous s'accordent qu'on ne fait pas un ohel arai, etc. ? Rachi l'a effacé là, car la fabrication des parois ne s'appelle pas faire une tente ; il lit : "est-ce permis ?", c'est-à-dire comment a-t-on apporte les draps dans la cour ou le mavoi tant qu'il n'y avait pas là de cloison ? Rabbenou Tam a objecté à cette explication : que demande-t-on "est-ce permis ?" ; on pouvait l'apporter en le portant comme vêtement ! De plus, l'interdit d'ohel s'applique forcément aussi aux parois, car dans Erouvin, au chapitre Mi chehotsiouhou (44a), à propos de la fabrication d'une paroi de souka, la Guemara objecte : Rabba bar bar Hana n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Yo'hanan : tous s'accordent qu'on ne fait pas un ohel arai d'emblée ? Et elle répond : ici pour la troisième paroi, là pour la quatrième paroi. C'est pourquoi il semble à Rabbenou Tam que l'interdit d'ohel s'applique bien à la fabrication de parois lorsqu'on a besoin de la cloison pour permettre le transport ou pour rendre la souka valable ; mais lorsqu'on n'en a pas besoin, ce n'est qu'un simple ajout, et c'est permis. C'est pourquoi, pour la souka, on distingue entre la troisième et la quatrième paroi. Dans Erouvin, la Guemara objecte à juste titre "d'emblée, est-ce permis ?", puisque la cloison est faite pour permettre le transport. Et dans Kol gaggot, Rav était attentif à la fabrication de la cloison, car selon lui elle est faite essentiellement pour permettre le transport, alors que selon Chmouel elle n'était pas faite pour permettre le transport. La mahloket principale de Rabbi Eliezer et des Rabbanan ici porte sur une tente faite par une paroi, car "pekak ha-halon" désigne une fenêtre dans le mur ; s'il s'agissait du toit, on aurait dit "arouba" (lucarne), comme dans "on fait descendre les fruits par la arouba". Cependant, ils divergent aussi sur une tente dans le toit, comme le prouve plus loin le chapitre Tolin (Chabbat 137b), qui rapporte cette mahloket à propos de la méchameret tendue, qui est comme un toit ; et c'est aussi ce qui ressort du dernier chapitre d'Erouvin (102a), à propos des béliers de Rav Houna qui le jour avaient besoin d'ombre et la nuit avaient besoin d'air : il vint devant Rav, qui lui dit : va, enroule la natte en en laissant un tefah, et demain ce sera un ajout à un ohel arai, qui est permis. Cela implique qu'il s'agit là aussi de l'ajout à un ohel arai sur lequel divergent Rabbi Eliezer et les Rabbanan. "Et les Hakhamim disent : dans un cas comme dans l'autre, on obture avec." Que signifie "dans un cas comme dans l'autre" ? Rabbi Abba bar Kahana a dit : qu'il soit attaché ou non, à condition qu'il soit préparé (metoukan). La halakha suit les Hakhamim ; et bien que le tana ait enseigné de façon anonyme comme Rabbi Eliezer pour le négar ha-nigrar (verrou traîne), nous retenons cette autre michna anonyme, que nous apprenons plus loin (Chabbat 157a) : de leurs paroles nous avons appris qu'on obture et qu'on attache le Chabbat, car un fait accompli par un maître fait autorité (maasse rav). Il est étonnant que Rav Alfas ait tranché ici comme Rabbi Abba bar Kahana, qui n'exige pas que ce soit attaché mais seulement préparé ; et ce "préparé" ne désigne pas une préparation par un acte, mais une simple intention (ma'hchava), comme l'a prouvé Rabbenou Tam de ce qui est dit : "moi je dis comme Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit : préparé, même s'il n'est pas attaché" ; or selon Rabban Chimon ben Gamliel l'intention suffit, et cela implique qu'il pense entièrement comme lui, puisque c'est seulement à propos de Rabbi Yo'hanan qu'on dit : il pense comme lui sur un point et diverge sur un autre. Et dans Erouvin, il a tranché comme Rabbi Yehouda pour le négar ha-nigrar, qui exige qu'il soit attaché, puisque Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : la halakha suit Rabbi Yehouda ; Rava a dit : à condition qu'il soit attaché à la porte. Il me semble qu'il ne retient pas la parole de Rabbi Yo'hanan selon laquelle la mahloket ici est la même que celle du négar ha-nigrar ; il pense qu'un verrou que l'on enfonce dans le sol ressemble un peu à une construction, c'est pourquoi on exige qu'il soit attaché, pour sortir de l'interdit de construire ; mais le volet de la fenêtre n'a rien d'une construction, et l'intention suffit pour sortir de l'interdit de déplacer. Ses paroles sont soutenues par Chmouel, qui a tranché pour le négar ha-nigrar comme Rabbi Yehouda, et plus haut, au chapitre Bameh tomnin (Chabbat 50a), Chmouel pensait comme Rabban Chimon ben Gamliel au sujet des branches de palmier coupées pour le bois, que l'intention suffit ; il faut donc forcément distinguer comme je l'ai expliqué. Et il faut encore distinguer selon Rav Alfas, qui a tranché ici comme Rabbi Yo'hanan, lequel diverge de Rabban Chimon ben Gamliel sur un point et exige le statut d'ustensile (torat keli) pour un roseau préparé pour ouvrir et fermer, alors que plus haut, au chapitre Bameh tomnin, il a tranché comme Rabban Chimon ben Gamliel pour les branches de palmier, que l'intention suffit. La raison est que le roseau sert à fermer la maison et ressemble un peu au négar ha-nigrar ; il est plus sévère et exige une préparation d'ustensile. Il y a donc maintenant trois distinctions dans cette décision selon Rav Alfas : pour le volet de la fenêtre, l'intention suffit, comme pour les branches de palmier ; pour le négar ha-nigrar, il faut qu'il soit attaché, pour sortir de l'interdit de construire ; et pour le roseau avec lequel on ouvre et ferme, il faut une préparation d'ustensile. Rabbi Yo'hanan, lui, assimile le volet de la fenêtre et le négar ha-nigrar, et pense que la halakha suit Rabbi Yehouda, puisqu'il établit les Rabbanan selon Rabbi Yehouda. Le Yerouchalmi aussi tranche explicitement comme Rabbi Yehouda ; et pour le roseau la préparation d'ustensile suffit, ou peut-être pense-t-il que la préparation d'ustensile et l'attache sont équivalentes, et que la préparation d'ustensile est efficace même pour le négar ha-nigrar.
💡 Explication

Règle de base de Rabbi Yo'hanan : faire un ohel arai est interdit par tous, même yom tov ; la mahloket porte sur l'ajout à une tente existante. Rabbi Eliezer est donc le plus strict : il interdit même l'ajout, même yom tov. D'où la difficulté : comment permet-il de tendre la méchameret, ce qui revient à faire une tente ?

15
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה. דְּתַנְיָא: אֵין בֵּין יוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת אֶלָּא אֹוכֶל נֶפֶשׁ בִּלְבָד. רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר אַף מַכְשִׁירֵי אֹוכֶל נֶפֶשׁ.

Rabbi Eliezer pense comme Rabbi Yehouda, comme il est enseigné : il n'y a de différence entre yom tov et le Chabbat que pour la nourriture (okhel nefech) seulement. Rabbi Yehouda permet même les préparatifs de la nourriture (makhchirei okhel nefech).

📜 Rachi (1)
סָבַר לֵיהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה הִלְכָּךְ הָכָא שָׁרִי דְּמַכְשִׁירֵי אֹוכֶל נֶפֶשׁ הוּא:
Il pense comme Rabbi Yehouda : c'est pourquoi ici c'est permis, car ce sont des makhchirei okhel nefech.
💡 Explication

Tendre le filtre reste un acte interdit en soi ; mais yom tov, les travaux nécessaires à la nourriture sont permis, et selon Rabbi Yehouda aussi leurs makhchirin (préparatifs, comme réparer l'outil). La méchameret prépare le vin à boire.

🖼️ Schéma
Makhchirei okhel nefech le yom tov : trois positions Tana kama seul okhel nefech est permis R. Yehouda makhchirin permis si impossibles la veille (broche tordue) R. Eliezer makhchirin permis même possibles la veille (tendre la méchameret) De gauche à droite : de plus en plus permissif (R. Eliezer adifa).
Trois degrés de permission pour les préparatifs de la nourriture yom tov.
16
אֵימַר דְּשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה בְּמַכְשִׁירִין שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָם מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, בַּמַּכְשִׁירִין שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָם מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב מִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ?!

Admettons que nous ayons entendu Rabbi Yehouda (permettre) des préparatifs qu'il est impossible de faire la veille de yom tov ; pour des préparatifs qu'il est possible de faire la veille de yom tov, l'as-tu entendu (les permettre) ?!

📜 Rachi (1)
שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָן מעי"ט כְּגוֹן שְׁפוּד שֶׁנִּרְצַם בי"ט:
Qu'il est impossible de faire la veille de yom tov : par exemple une broche qui s'est tordue yom tov.
17
דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר עֲדִיפָא מִדְּרַבִּי יְהוּדָה.

(La position) de Rabbi Eliezer va plus loin que celle de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (1)
עֲדִיפָא חֲזָקָה דְּהוּא שָׁרִי אֲפִילּוּ מַכְשִׁירִין שֶׁאֶפְשָׁר מעיו"ט:
Va plus loin : il est plus permissif, car il permet même des préparatifs qu'il était possible de faire la veille de yom tov.
🗂️ Tossefot (1)
דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר עֲדִיפָא מדר"י תֵּימַהּ ולר"א תִּיקְשֶׁה לֵיהּ הָנְהוּ קְרָאֵי דְּדָרֵישׁ בפ"ק דִּמְגִילָּה (ד' ז:) דְּקָאָמַר וְרַבִּי יְהוּדָה כְּתִיב הוּא וּכְתִיב לָכֶם וְלָא קַשְׁיָא כָּאן בְּמַכְשִׁירִין שֶׁאֶפְשָׁר וְכוּ' וכ"ת ר"א הֲוָה דְּרֵישׁ הוּא לִדְרָשָׁה אַחַרְיַנָא א"כ מנ"ל הָתָם דְּרַבִּי יְהוּדָה הֲוָה מַפְלִיג לֵימָא דְּרַבִּי יְהוּדָה הֲוָה דָּרֵישׁ לֵיהּ לִדְרָשָׁה אַחֲרִיתִי כַּר' אֱלִיעֶזֶר וְנִרְאֶה דְּבִדְאוֹרָיְיתָא מוֹדֶה ר' אֱלִיעֶזֶר דְּמַכְשִׁירִין דְּאֶפְשָׁר אֲסוּרִים וְכִי שָׁרִי לְהוּ הָכָא ה"מ בְּאֹהֶל עֲרַאי דְּאֵינוֹ אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן גְּזֵירָה אַטּוּ אֹהֶל קֶבַע כִּדְאָמְרִינַן בְּבֵיצָה בְּפֶרֶק הַמֵּבִיא (ד' לב:) מִיהוּ קָשֶׁה מנ"ל דַּעֲדִיפָא דִּילְמָא בְּהָא מוֹדֶה אֲפִילּוּ רַבִּי יְהוּדָה:
La position de Rabbi Eliezer va plus loin que celle de Rabbi Yehouda. Question : et selon Rabbi Eliezer, que fera-t-il des versets expliqués au premier chapitre de Meguila (7b), où il est dit : et Rabbi Yehouda ? Il est écrit "hou" (cela seul) et il est écrit "lakhem" (pour vous) ; il n'y a pas de difficulté : ici pour des préparatifs qu'il est possible (de faire la veille), etc. Et si tu dis que Rabbi Eliezer utilise "hou" pour une autre derasha, alors d'où sait-on là-bas que Rabbi Yehouda distingue ? Disons que Rabbi Yehouda utilise lui aussi ce verset pour une autre derasha, comme Rabbi Eliezer. Il semble que pour un interdit de la Tora, Rabbi Eliezer reconnaît que les préparatifs possibles (la veille) sont interdits ; s'il les permet ici, c'est pour un ohel arai, qui n'est interdit que derabbanan, par gezera à cause d'une tente permanente, comme nous le disons dans Beitsa au chapitre Ha-mevi (32b). Il reste cependant difficile : d'où sait-on qu'il va plus loin ? Peut-être que dans ce cas même Rabbi Yehouda est d'accord.
💡 Explication

Réponse de la Guemara : Rabbi Eliezer est plus permissif que Rabbi Yehouda (adifa). Tossefot limite cette permission : pour un interdit de la Tora, Rabbi Eliezer interdirait aussi ce qui pouvait se faire la veille ; il permet ici parce que l'ohel arai n'est qu'un interdit derabbanan.

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וַחֲכָמִים אוֹמְרִים. אִיבַּעְיָא לְהוּ: תָּלָה מַאי? אָמַר רַב יוֹסֵף: תָּלָה — חַיָּיב חַטָּאת.

"Et les Hakhamim disent..." La question a été posée : s'il a tendu (la méchameret), qu'en est-il ? Rav Yosef a dit : s'il a tendu, il est passible d'une hatat.

⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אִיבַּעְיָא לְהוּ תָּלָה מַאי. אִמְּרֶרַב יוֹסֵף תָּלָה חַייָּב חַטָּאת. א"ל אַבַּיֵּי אֶלָּא מֵעַתָּה תָּלָה כּוּזָא בְּסִיכְּתָא הָכִי נָמֵי דְּמִיחַייַּב. אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי מִדְּרַבָּנַן שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה כְּדֶרֶךְ שֶׁהוּא עוֹשֶׂה בַּחֹול. וְכֵן הֲלָכָה. מִדְּנָקֵיט אַבָּיֵי חֻומְרֵי מַתְנְייָתָא וְתָנֵי הַגּוֹד וְהַמְשַׁמֶּרֶת וְהַכִּילָה וְהַכִּסֵּא גַּלִּין לֹא יַעֲשֶׂה וְאִם עָשָׂה פָּטוּר אֲבָל אָסוּר. אֹהֶל קְבַע לֹא יַעֲשֶׂה וְאִם עָשָׂה חַיָּיב חַטָּאת. מִטָּה וְכִסֵּא וְסַפְסָל וְעַסְלָא מֻותָּר לַעֲשׂוֹת לְכַתְּחִלָּה. אִיבַּעְיָא לְהוּ שִׁימֵּר מַאי. אָמַר רַב כָּהֲנָא שִׁימֵּר חַייָּב חַטָּאת וּמִשּׁוּם מַאי מַתְּרִינַן בֵּיהּ. רַבָּה אָמַר מִשּׁוּם בּוֹרֵר. ר' זֵירָא אוֹמֵר מִשּׁוּם מְרַקֵּד:
Guemara. La question a été posée : s'il a tendu, qu'en est-il ? Rav Yosef a dit : s'il a tendu, il est passible d'une hatat. Abaye lui a dit : mais alors, s'il a suspendu une cruche à une cheville, est-il aussi passible ? Abaye a donc dit : (c'est interdit) derabbanan, pour qu'il ne fasse pas comme il fait en semaine. Et ainsi est la halakha, puisque Abaye réunit les sévérités des baraitot et enseigne : la cuve, la méchameret, la moustiquaire et le siège pliant, on ne les fait pas, et si on l'a fait on est exempt, mais c'est interdit ; une tente permanente, on ne la fait pas, et si on l'a faite on est passible d'une hatat ; un lit, une chaise, un banc et un tabouret, il est permis de les faire d'emblée. La question a été posée : s'il a filtré, qu'en est-il ? Rav Kahana a dit : s'il a filtré, il est passible d'une hatat. Au titre de quoi l'avertit-on ? Rabba a dit : au titre de borer (trier) ; Rabbi Zeira dit : au titre de merakked (tamiser).
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אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: אֶלָּא מֵעַתָּה, תְּלָא כּוּזָא בְּסִיכְּתָא הָכִי נָמֵי דְּמִיחַייַּב?!

Abaye lui a dit : mais alors, s'il a suspendu une cruche à une cheville, est-il aussi passible ?!

📜 Rachi (2)
תָּלָה כּוּזָא בְּסִיכְּתָא תָּלָה כְּלִי קָטָן בְּמַגּוֹד:
S'il a suspendu une cruche à une cheville : il a suspendu un petit récipient à un crochet.
ה"נ דְּמִיחַיַּיב וְהָכָא מַאי חִיּוּבָא אִיכָּא בְּאֹהֶל עֲרַאי בִּנְיָן גָּמוּר לָא הָוֵי וּמִדְּרַבָּנָן הוּא דְּמִיתְּסַר:
Est-il aussi passible : et ici, quelle culpabilité y a-t-il ? Un ohel arai n'est pas une construction complète, il n'est interdit que derabbanan.
💡 Explication

Rav Yosef assimile tendre la méchameret à la construction d'une tente, passible d'une hatat (sacrifice expiatoire pour un interdit de la Tora commis par erreur). Abaye réduit par l'absurde : pendre une cruche à une cheville serait alors aussi une construction. Il en conclut que l'interdit est derabbanan ; le Roch tranche ainsi.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).