Shabbat 138a — Tentes provisoires, filtrage du vin et ciels de lit le Chabbat

Shabbat 138a

Sougya : Le daf poursuit la michna du filtre à vin (machméret) : suspendre un filtre le Chabbat est interdit par les Sages pour ne pas agir comme en semaine. Abaye regroupe les baraitot en trois catégories : tente provisoire (patour aval assour), tente permanente (hayav hatat), objet déjà monté (permis).

Rav Kahana rend passible celui qui filtre le vin ; Rav Chechet s'étonne d'un écart si grand avec R. Eliezer, Rav Yosef cite l'ir shel zahav, et Abaye répond.

Rabba et R. Zeira discutent de la melakha concernée : trier (borer) ou tamiser (meraked).

Enfin, la Guemara traite de la talit pliée, des échanges entre Rav Kahana et Rav sur la kila et la mita, et du rideau (vilon).

Le classement d'Abaye : ohel (tente) le Chabbat Ohel arai (tente provisoire) Goud (outre tendue) Machméret (filtre) Kila (ciel de lit, toit d'un tefah) Kisse galin (chaise démontable) Lo yaase / patour aval assour Interdit des Sages, pas de hatat Ohel keva (tente permanente) Construction durable avec toit Lo yaase / hayav hatat Mélakha de construire (bone) Objet déjà monté Mita (lit) ordinaire Kisse teraskal (pliant) Asla (chaise percée) Mouttar lekhathila On ne fait que l'installer Patour aval assour = exempt du sacrifice, mais interdit par les Sages.
Les trois catégories d'Abaye : tente provisoire, tente permanente, objet déjà monté (segment 1).
Filtrer le vin (chimer) : quelle melakha ? Rav Kahana : chimer = hayav hatat Quelle mise en garde (hatraa) ? Rabba : borer (trier) On prend l'aliment, on laisse le rebut R. Zeira : meraked (tamiser) Rebut en haut, aliment en bas Nafka mina (Rachi) : hatraa borer ou meraked : valable Nafka mina (Rachi) : hatraa borer : non valable (au tri, le rebut est en bas) Pour la peine du fauteur volontaire, la mise en garde doit nommer la bonne melakha.
Filtrer le vin : borer selon Rabba, meraked selon R. Zeira (segments 7-9).
Rav Kahana interroge Rav : kila et mita Question Réponse de Rav Cas visé (Guemara) Kila, quelle règle ? Même la mita est interdite Lits pliants des Karmanaim Mita, quelle règle ? Même la kila est permise Kila reliée à un fil (Rami b. Y.) Kila et mita ensemble ? Kila interdite, mita permise Nos lits et nos kilot ordinaires
Les trois réponses de Rav et les cas auxquels la Guemara les rapporte (segments 11-12).
1
אֶלָּא אָמַר אַבַּיֵּי: מִדְּרַבָּנָן הִיא, שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה כְּדֶרֶךְ שֶׁהוּא עוֹשֶׂה בַּחֹול.

Mais Abaye a dit : c'est (un interdit) des Sages (miderabbanan), pour qu'il n'agisse pas comme il le fait en semaine.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי מִדְּרַבָּנַן קָאָסְרִי לָהּ חֲכָמִים דְּמַתְנִיתִין דְּלָא שָׁבְקִינַן לֵיהּ לְמִיתַּלְיָה לְמֶיעְבַּד עֻובְדָּא דְּחוֹל:
Les Sages de la michna l'interdisent, car nous ne le laissons pas suspendre (le filtre) pour accomplir un acte de semaine.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי מִדְּרַבָּנַן וְאַף עַל גַּב דִּתְלָא כּוּזָא בְּסִיכְּתָא אֲפִילּוּ אִיסּוּר דְּרַבָּנָן לֵיכָּא בְּמִילֵּי דְּרַבָּנָן שַׁייָּךְ שַׁפִּיר לְחַלֵּק אֲבָל אִי בִּמְשַׁמֶּרֶת מִדְּאוֹרַיְתָּא אָסוּר אֵין שַׁיָּיךְ לְחַלֵּק. מ"ר:
Bien que suspendre une cruche à une cheville ne comporte même pas d'interdit des Sages, dans les règles des Sages il est tout à fait possible de distinguer (entre filtre et cruche) ; mais si suspendre le filtre était interdit par la Torah, on ne pourrait pas distinguer. (M.R.)
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אִיבַּעְיָא לְהוּ תָּלָה מַאי. אִמְּרֶרַב יוֹסֵף תָּלָה חַייָּב חַטָּאת. א"ל אַבַּיֵּי אֶלָּא מֵעַתָּה תָּלָה כּוּזָא בְּסִיכְּתָא הָכִי נָמֵי דְּמִיחַייַּב. אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי מִדְּרַבָּנַן שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה כְּדֶרֶךְ שֶׁהוּא עוֹשֶׂה בַּחֹול. וְכֵן הֲלָכָה. מִדְּנָקֵיט אַבָּיֵי חֻומְרֵי מַתְנְייָתָא וְתָנֵי הַגּוֹד וְהַמְשַׁמֶּרֶת וְהַכִּילָה וְהַכִּסֵּא גַּלִּין לֹא יַעֲשֶׂה וְאִם עָשָׂה פָּטוּר אֲבָל אָסוּר. אֹהֶל קְבַע לֹא יַעֲשֶׂה וְאִם עָשָׂה חַיָּיב חַטָּאת. מִטָּה וְכִסֵּא וְסַפְסָל וְעַסְלָא מֻותָּר לַעֲשׂוֹת לְכַתְּחִלָּה. אִיבַּעְיָא לְהוּ שִׁימֵּר מַאי. אָמַר רַב כָּהֲנָא שִׁימֵּר חַייָּב חַטָּאת וּמִשּׁוּם מַאי מַתְּרִינַן בֵּיהּ. רַבָּה אָמַר מִשּׁוּם בּוֹרֵר. ר' זֵירָא אוֹמֵר מִשּׁוּם מְרַקֵּד:
Guemara. On a demandé : s'il a suspendu (le filtre), quelle est la règle ? Rav Yosef a dit : s'il a suspendu, il est passible d'un hatat. Abaye lui a dit : dans ce cas, celui qui suspend une cruche à une cheville serait-il aussi passible ? Mais Abaye a dit : c'est des Sages, pour qu'il n'agisse pas comme en semaine. Et telle est la halakha. Abaye rassemblait les règles des baraitot et enseignait : le goud, le filtre, la kila et le kisse galin, on ne les fait pas, et si on l'a fait, on est exempt mais c'est interdit. Une tente permanente, on ne la fait pas, et si on l'a faite, on est passible d'un hatat. Un lit, une chaise, un banc et une chaise percée sont permis à priori. On a demandé : s'il a filtré, quelle est la règle ? Rav Kahana a dit : s'il a filtré, il est passible d'un hatat. Et au titre de quoi le met-on en garde ? Rabba dit : au titre de trier (borer). Rabbi Zeira dit : au titre de tamiser (meraked).
💡 Explication

Rav Yosef avait dit que suspendre le filtre (machméret) rend passible d'un hatat (sacrifice expiatoire). Abaye objecte : il faudrait alors rendre passible aussi celui qui suspend une cruche à une cheville, ce qui est absurde. Il conclut donc à un interdit rabbinique : suspendre un filtre est un geste typique de la semaine (ouvda de-hol).

Tossefot : cette distinction entre filtre et cruche n'est possible qu'au niveau rabbinique.

2
מְנַקֵּיט אַבָּיֵי חֻומְרֵי מַתְנְיָתָא וְתָנֵי: הַגּוֹד וְהַמְשַׁמֶּרֶת, כִּילָּה וְכִסֵּא גַּלִּין — לֹא יַעֲשֶׂה, וְאִם עָשָׂה — פָּטוּר אֲבָל אָסוּר. אָהֳלֵי קֶבַע — לֹא יַעֲשֶׂה, וְאִם עָשָׂה — חַיָּיב חַטָּאת. אֲבָל מִטָּה וְכִסֵּא טְרַסְקָל וְאַסְלָא — מֻותָּר לְנִטּוֹתָן לְכַתְּחִילָּה.

Abaye rassemblait les règles générales des baraitot et enseignait : le goud (outre de cuir), le filtre, la kila (ciel de lit) et le kisse galin (chaise démontable) : on ne les fait pas, et si on l'a fait, on est exempt (patour) mais c'est interdit. Les tentes permanentes : on ne les fait pas, et si on l'a fait, on est passible d'un hatat.

Mais le lit (mita), le kisse teraskal (chaise pliante) et l'asla (chaise percée) : il est permis de les déplier à priori.

📜 Rachi (9)
מְנַקֵּיט מִלָּקִיט:
Menakit : il rassemble.
חוּמְרֵי מַתְנְיָיתָא כְּלָלוּת שֶׁל בָּרָיְיתוֹת: חֹומֶר קֶשֶׁר כְּלוֹמַר כְּלָלוּת שֶׁמָּצָא בַּבָּרָייְתוֹת בְּגוֹד לְבַדָּהּ וּבִמְשַׁמֶּרֶת לְבַדָּהּ וּבְכִילָּה לְבַדָּהּ וּבְכָסָא גַּלִּין לְבַדָּהּ וּשְׁנָאָן כֻּולָּן הַפְּטוּרִין אֲבָל אֲסוּרִין בְּחֹומֶר אֶחָד וְהַמֻּותָּרִים לְכַתְּחִילָּה בְּחֹומֶר אֶחָד:
Houmrei matnita : les règles générales des baraitot. Houmer, comme un faisceau noué, c'est-à-dire les règles qu'il trouvait dans des baraitot, sur le goud seul, sur le filtre seul, sur la kila seule et sur le kisse galin seul ; et il les a toutes enseignées : ceux qui sont exempts mais interdits en une seule règle, et ceux qui sont permis à priori en une seule règle.
הַגּוֹד הוּא עוֹר שֶׁל בְּהֵמָה תָּפוּר וּפִיו רָחָב מְאֹד וְיֵשׁ לוֹ שְׁנָצִים וְעוֹבְרֵי דְּרָכִים מְמַלְּאִין אוֹתוֹ יַיִן אוֹ חָלָב בְּמָקוֹם שֶׁתּוֹקְעִין שָׁם אָהֳלֵיהֶם לָלוּן וְשׁוֹטְחִין אוֹתוֹ וּפִיו מָתוּחַ ע"ג יְתֵידוֹת וְהָרוּחַ עוֹבֶרֶת מִתַּחְתָּיו וּמִצְטַנֵּן שֶׁלֹּא יִתְקַלְקֵל הַיַּיִן וְהָוֵי דּוֹמֶה לְאֹהֶל לְאַחַר שֶׁנִּמְתַּח:
Le goud : c'est une peau de bête cousue, à l'ouverture très large, munie de lacets. Les voyageurs le remplissent de vin ou de lait à l'endroit où ils plantent leurs tentes pour dormir ; ils l'étendent, son ouverture tendue sur des piquets, et le vent passe dessous et le rafraîchit pour que le vin ne se gâte pas. Une fois tendu, il ressemble à une tente.
כִּילָּה שֶׁיֵּשׁ בְּגַגָּהּ טֶפַח:
Kila : dont le toit a un tefah.
וְכִסֵּא גַּלִּין כְּמוֹ מִטָּה גְּלָלְנִיתָא דְּכִירָה (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף מז:) וְהוּא שֵׁם מָקוֹם וּמְפָרְקִין מִטּוֹתֵיהֶן וּכְסָאוֵתַן וְטוֹעֲנִין אוֹתָן עִמָּהֶן וְחוֹזְרִין וּמַחֲזִירִין אוֹתָן:
Et le kisse galin : comme le lit gelalnita du chapitre Kira (plus haut, Chabbat 47b). C'est un nom de lieu : ils démontent leurs lits et leurs chaises, les emportent avec eux, puis les remontent.
לֹא יַעֲשֶׂה דְּאֹהֶל עֲרַאי נִינְהוּ וְכִסֵּא גַּלִּין נָמֵי גְּזֵרָה שֶׁמָּא יִתְקַע בְּחֹוזֶק:
On ne les fait pas : car ce sont des tentes provisoires ; et pour le kisse galin aussi, c'est une gezera, de peur qu'il ne l'emboîte fermement.
אֲבָל מִטָּה שֶׁלָּנוּ הַמְחֻובֶּרֶת וְעוֹמֶדֶת אִם הָיְתָה זְקוּפָה אוֹ מֻוטֶּה עַל צִדֶּיהָ מֻותָּר לִנְטוֹתָהּ לְיַשְּׁבָהּ עַל רַגְלֶיהָ ואע"ג דְּהַשְׁתָּא עֲבִיד אֹהֶל שָׁרֵי דְּלָא מִידֵּי עֲבִיד אֶלָּא לְיַתּוּבָא בְּעָלְמָא:
Mais le lit : le nôtre, qui est assemblé et tient debout. S'il était dressé ou penché sur le côté, il est permis de le poser sur ses pieds ; bien que maintenant il fasse une tente, c'est permis, car il ne fait rien d'autre que de l'installer.
כָּסָא טְרַסְקָל כָּךְ שְׁמוֹ וּבְלַעַז פלודשטוייל"י וְעֶלְיוֹנוֹ שֶׁל עוֹר וּמְקַפְּלִין אוֹתוֹ וּכְשֶׁמְּסַלְּקִין אוֹתוֹ סוֹמְכִין אוֹתוֹ לַכֹּותֶל וּכְשֶׁרוֹצֶה לֵישֵׁב עָלָיו נוֹטֵהוּ וְיוֹשֵׁב עַל ד' רַגְלַיִם:
Kisse teraskal : c'est son nom, en langue vernaculaire faldestueil (fauteuil pliant). Le dessus est en cuir et on le plie ; quand on le range, on l'appuie contre le mur, et quand on veut s'y asseoir, on le déplie et on s'assoit sur quatre pieds.
וְאַסַּלָּא עָשׂוּי כְּעֵין כִּסֵּא טְרַסְקָל אֲבָל עוֹר הַפָּרוּשׁ עָלָיו נָקוּב לְבֵית הַכִּסֵּא מֻותָּר לִנְטוֹתוֹ לְכַתְּחִילָּה דְּהָא עֲבִיד וְקָאֵי:
Et l'asla : faite comme le kisse teraskal, mais le cuir tendu dessus est percé pour servir de toilettes. Il est permis de la déplier à priori, car elle est déjà faite et en place.
🗂️ Tossefot (2)
כִּסֵּא גַּלִּין לֹא כְּפִי' הַקּוּנְטְרֵס מִטָּה גְּלָלְנִיתָא דְּשִׁילְהֵי כִּירָה וְאָסוּר מִשּׁוּם שֶׁמָּא יִתְקַע דְּכֻולָּהּ שְׁמַעְתָּא אַיְירֵי בְּאִיסּוּר אֹהֶל אֶלָּא הַייְנוּ [כְּעֵין] מִטָּה שֶׁפּוֹרְסִין עָלֶיהָ עוֹר וְאָסוּר מִשּׁוּם אֹהֶל כְּשֶׁמּוֹשִׁיב תְּחִילָּה הַמִּטָּה וְאַחַר כָּךְ פּוֹרֵס הָעוֹר דְּהָוֵי מִמַּטָּה לְמַעְלָה וְאָסוּר כִּדְאִיתָא בְּבֵיצָה בְּפֶ' הַמֵּבִיא כַּדֵּי יַיִן (בֵּיצָה ד' לג.) דְּפוּרַיָּא אָסוּר מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה. מ"ר:
Kisse galin : pas selon l'explication du Kountres (Rachi), le lit gelalnita de la fin de Kira, interdit de peur qu'on ne l'emboîte fermement, car toute cette sougya traite de l'interdit de tente (ohel). C'est plutôt [une sorte de] lit sur lequel on étend un cuir ; il est interdit au titre de tente quand on installe d'abord le lit et qu'ensuite on étend le cuir, car c'est faire de bas en haut, ce qui est interdit, comme il est dit dans Beitsa, chapitre Ha-mevi kadei yayin (Beitsa 33a) : le lit (poureya) est interdit de bas en haut. (M.R.)
כָּסָא טְרַסְקָל יֵשׁ בָּהֶן עוֹר וּכְשֶׁרוֹצֶה לֵישֵׁב עָלָיו נוֹטֶה הָעוֹר וְיוֹשֵׁב עַל ד' רַגְלַיִם כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוֹנְטְר' וּכְגוֹן שֶׁהוּא קָבוּעַ בְּכִסֵּא דְּאִם לֹא כֵן הָיָה אָסוּר לִנְטוֹתוֹ כִּדְאָמַר בְּפֶ' הַמֵּבִיא (שָׁם דַּף לב:) אָמַר רַב יְהוּדָה הַאי מְדוּרְתָּא מִלְּמַעְלָה לְמַטָּה שְׁרֵי פֵּירוּשׁ כְּשֶׁנּוֹתְנִין עֵצִים מִכָּאן וּמִכָּאן וְנוֹתְנִין עֲלֵיהֶם עֵצִים אֲרֻוכִּים אָרְכָּן לְרֹחַב שֶׁל אֵלּוּ וּבְמֵבִיא תְּחִילָּה עֵצִים שֶׁנּוֹתֵן לְמַעְלָה וְאַחֲרֵי כֵּן עֵצִים שֶׁמִּכָּאן וּמִכָּאן אֵינוֹ כֵּן דֶּרֶךְ עֲשִׂיַּית אֹהֶל לַעֲשׂוֹת הַגַּג תְּחִילָּה וְאַחֲרָיו הַדְּפָנוֹת וְשָׁרִי וכה"ג קָרֵי מִלְמַעְלָה לְמַטָּה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה אָסוּר וְכֵן בֵּיעֲתָא פֵּירוּשׁ כְּשֶׁנּוֹתְנִין בֵּיצִים ע"ג הַאַסְכְּלָא שֶׁקּוֹרִין גרדיי"ל וּכְשֶׁנּוֹתְנִין הַבֵּיצִים תְּחִילָּה וְאוֹחֵז בָּהֶן בְּיָדוֹ עַד שֶׁמֵּבִיא הַכְּלִי תַּחְתֵּיהֶן שָׁרִי דְּהַיְינוּ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה וְכֵן קִידְרָא שֶׁמּוֹשִׁיבָהּ עַל שְׁתֵּי חָבִיּוֹת שֶׁצָּרִיךְ לְאָוחְזָהּ בְּיָדוֹ וְאַחַר כָּךְ לְסַדֵּר תַּחְתֶּיהָ הֶחָבִיּוֹת וְכֵן חָבִיתָא חָבִיּוֹת שֶׁמְּסַדְּרִין בָּאוֹצָר וּמוֹשִׁיבִין אַחַת עַל גַּבֵּי שְׁתַּיִם וְכֵן פּוּרְיָא לִפְרֹוס הָעוֹר תְּחִילָּה בָּאֲוִיר וְאַחַ"כּ לְהָבִיא הַמִּטָּה תַּחְתָּיו וּמִיהוּ יֵשׁ לְפָרֵשׁ הַךְ דִּשְׁמַעְתָּא בָּאֵינוּ קָשׁוּר וּמַיְיְיְרִי כְּגוֹן שֶׁעוֹשֶׂה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה אֲבָל מַשְׁמַע דִּבְכָל עִנְיָן מַיְירֵי. מ"ר. וְכָל הָנְהוּ דְּאָסְרִינַן בְּבֵיצָה אוֹמֵר ר"ת דְּדַוְוקָא דְּבָרִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶם מְחִיצָּה עַד לָאָרֶץ אֲבָל לְהוֹשִׁיב הַקְּדֵרָה עַל טִרְפֵּיד בי"ט שָׁרִי אֲפִילּוּ מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה לְהָבִיא הֲטִרְפֵּיד תְּחִילָּה וְאַחַר כָּךְ לְהוֹשִׁיב הַקְּדֵרָה וְכֵן לְהוֹשִׁיב הַשֻּׁולְחָן עַל גַּבֵּי סַפְסָלִין וּבֵיעֲתָא וְקִידְרָא וְחָבִיתָא וּפוּרַיָּא י"ל שֶׁיֵּשׁ לָהֶם מְחִיצָּה. מ"ר:
Kisse teraskal : ils ont un cuir ; quand on veut s'y asseoir, on déplie le cuir et on s'assoit sur quatre pieds, comme l'explique le Kountres ; et il s'agit d'un cuir fixé à la chaise, sinon il serait interdit de le déplier, comme il est dit au chapitre Ha-mevi (Beitsa 32b) : Rav Yehouda a dit : un feu (medurta) de haut en bas est permis. Explication : on pose des bûches d'un côté et de l'autre, et sur elles de longues bûches, leur longueur dans la largeur des premières. Si l'on apporte d'abord les bûches du dessus, puis celles d'un côté et de l'autre, ce n'est pas la manière de faire une tente, qui est de faire d'abord les parois puis le toit, et c'est permis ; c'est cela qu'on appelle de haut en bas ; de bas en haut est interdit. De même l'œuf (beita) : quand on pose des œufs sur la grille, qu'on appelle gradil ; si l'on tient d'abord les œufs à la main jusqu'à apporter le récipient dessous, c'est permis, car c'est de haut en bas. De même la marmite (kidra) qu'on pose sur deux tonneaux : on doit la tenir à la main, puis disposer les tonneaux dessous. De même les tonneaux (havita) qu'on range dans le cellier, en posant l'un sur deux autres. De même le lit (poureya) : on étend d'abord le cuir en l'air, puis on apporte le lit dessous. On pourrait toutefois expliquer que notre sougya traite d'un cuir non attaché, dans le cas où l'on fait de haut en bas ; mais le sens obvie est qu'elle traite de tous les cas. (M.R.) Et pour tous ceux que nous interdisons dans Beitsa, Rabbenou Tam dit que c'est seulement pour des choses ayant une paroi jusqu'au sol ; mais poser la marmite sur un trépied le yom tov est permis même de bas en haut, en apportant d'abord le trépied puis en posant la marmite ; de même poser la table sur des bancs. Pour l'œuf, la marmite, le tonneau et le lit, on peut dire qu'ils ont une paroi. (M.R.)
💡 Explication

Abaye classe les cas en trois niveaux. Ohel arai (tente provisoire) : interdit par les Sages, sans hatat. Ohel keva (tente permanente) : c'est la melakha de bone (construire), passible d'un hatat. Un objet déjà assemblé qu'on se contente de déplier : permis à priori.

Tossefot introduit la règle de Beitsa : faire une tente de haut en bas (toit d'abord, puis support) est permis ; de bas en haut (support, puis toit) est interdit. Rabbenou Tam limite l'interdit aux objets dont la paroi descend jusqu'au sol.

3
וְאֵין נוֹתְנִין לַתְּלוּיָה בַּשַּׁבָּת. אִיבַּעְיָא לְהוּ: שִׁימֵּר מַאי? אָמַר רַב כָּהֲנָא: שִׁימֵּר — חַייָּב חַטָּאת.

(La michna enseigne :) et on ne verse pas (de vin) dans (un filtre) suspendu le Chabbat. On a demandé : s'il a filtré (chimer), quelle est la règle ?

Rav Kahana a dit : s'il a filtré, il est passible d'un hatat.

📜 Rachi (1)
שִׁימֵּר נָתַן שְׁמָרִים לַתְּלוּיָה וְסִינֵּן:
Chimer : il a versé du vin avec sa lie dans le filtre suspendu et l'a filtré.
💡 Explication

La question porte maintenant sur l'acte de filtrer lui-même, et non sur la suspension du filtre. Pour Rav Kahana, c'est une melakha de la Torah.

4
מַתְקִיף לַהּ רַב שֵׁשֶׁת: מִי אִיכָּא מִידֵּי דְּרַבָּנַן מְחַייְּבִי חַטָּאת, וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שָׁרֵי לְכַתְּחִילָּה?!

Rav Chechet objecta : existe-t-il un cas où les Sages (Rabbanan) rendent passible d'un hatat, alors que Rabbi Eliezer le permet à priori ?!

💡 Explication

Selon la michna, Rabbi Eliezer permet de verser dans un filtre suspendu. Si les Sages rendaient passible d'un hatat, l'écart serait maximal : sacrifice d'un côté, permission à priori de l'autre. Rav Chechet juge une telle distance improbable.

5
מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: אַלְּמָה לָא? הֲרֵי עִיר שֶׁל זָהָב, דְּרַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב חַטָּאת, וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שָׁרֵי לְכַתְּחִילָּה.

Rav Yosef objecta : pourquoi pas ? Voici l'ir shel zahav (bijou 'ville d'or'), pour lequel Rabbi Meir rend passible d'un hatat et Rabbi Eliezer le permet à priori.

💡 Explication

Rav Yosef apporte un précédent où le même écart existe : hatat selon R. Meir, permis à priori selon R. Eliezer.

🖼️ Schéma
Ir shel zahav (bijou 'ville d'or') : trois avis R. Meir Hayav hatat Fardeau (masoui) Hakhamim Patour aval assour Parure ; crainte qu'elle l'ôte pour la montrer R. Eliezer Mouttar lekhathila Femme importante : ne l'ôte pas Abaye : R. Eliezer répond aux Hakhamim, pas à R. Meir
Les trois avis sur la sortie avec l'ir shel zahav, et la réponse d'Abaye (segments 4-6).
6
מַאי הִיא — דְּתַנְיָא: לֹא תֵּצֵא אִשָּׁה בְּעִיר שֶׁל זָהָב, וְאִם יָצְאָה — חַייֶּבֶת חַטָּאת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא תֵּצֵא, וְאִם יָצְאָה פְּטוּרָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יוֹצְאָה אִשָּׁה בְּעִיר שֶׁל זָהָב לְכַתְּחִילָּה.

De quoi s'agit-il ? Il est enseigné (dans une baraita) : une femme ne sortira pas avec une ir shel zahav, et si elle est sortie, elle est passible d'un hatat, ce sont les paroles de Rabbi Meir.

Et les Sages disent : elle ne sortira pas, et si elle est sortie, elle est exempte. Rabbi Eliezer dit : une femme sort avec une ir shel zahav à priori.

📜 Rachi (3)
חַייֶּבֶת חַטָּאת דְּלָאו תַּכְשִׁיט הוּא אֶלָּא מַשּׂוֹי:
Elle est passible d'un hatat : car ce n'est pas une parure, mais un fardeau.
פָּטוּר דְּתַכְשִׁיט הוּא וּלְכַתְּחִילָּה אָסוּר דִּילְמָא שָׁלְפָא וּמַחְוְיָא:
Exempte : car c'est une parure ; et à priori c'est interdit, de peur qu'elle ne l'ôte pour la montrer.
יוֹצְאָהּ אִשָּׁה דְּמַאן דִּרְכֵּהּ לְמִיפַּק בְּעִיר שֶׁל זָהָב אִשָּׁה חֲשׁוּבָה וְאִשָּׁה חֲשׁוּבָה לָא שָׁלְפָא וּמַחְוְיָא:
Une femme sort : car celle qui a l'habitude de sortir avec une ir shel zahav est une femme importante, et une femme importante ne l'ôte pas pour la montrer.
💡 Explication

Le critère est la parure (takhchit) : un vêtement ou bijou porté n'est pas un fardeau (masoui). Les Sages craignent qu'elle ne l'ôte pour le montrer et ne le porte ensuite à la main dans le domaine public. R. Eliezer écarte cette crainte pour une icha hachouva (femme de rang).

7
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: מִי סָבְרַתְּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אַדְּרַבִּי מֵאִיר קָאֵי, דְּאָמַר חַייֶּבֶת חַטָּאת? אַדְּרַבָּנָן קָאֵי, דְּאָמְרִי פָּטוּר אֲבָל אָסוּר, וַאֲמַר לְהוּ אִיהוּ מֻותָּר לְכַתְּחִילָּה.

Abaye lui dit : penses-tu que Rabbi Eliezer se rapporte à Rabbi Meir, qui dit qu'elle est passible d'un hatat ? Il se rapporte aux Sages, qui disent exempt mais interdit, et il leur dit, lui : permis à priori.

🗂️ Tossefot (1)
מִי סָבְרַתְּ דְּר' אֱלִיעֶזֶר קָאֵי אדר"מ כו' לֹא יָדַע רַבִּי מַאי קָמְשַׁנֵּי:
Mon maître ne savait pas ce que la Guemara répond par là.
💡 Explication

Abaye : dans la baraita, R. Eliezer ne réagit qu'à l'avis intermédiaire des Sages (patour aval assour). Il n'y a donc pas de précédent d'un écart direct entre hatat et permission. Tossefot avoue ne pas voir comment cette réponse résout l'objection de Rav Yosef.

8
מִשּׁוּם מַאי מַתְרִינַן בֵּיהּ? רַבָּה אָמַר: מִשּׁוּם בּוֹרֵר. רַבִּי זֵירָא אָמַר: מִשּׁוּם מְרַקֵּד.

Au titre de quoi le met-on en garde (matrin bei) ? Rabba a dit : au titre de trier (borer).

Rabbi Zeira a dit : au titre de tamiser (meraked).

📜 Rachi (2)
מִשּׁוּם מַאי מַתְרִינַן בֵּיהּ לַמִּשְׁמָר:
Au titre de quoi le met-on en garde : celui qui filtre.
מִשּׁוּם בּוֹרֵר דְּהַאי נָמֵי בּוֹרֵר הוּא:
Au titre de trier : car cela aussi, c'est trier.
💡 Explication

Pour être condamné à la lapidation, le fauteur volontaire doit avoir reçu une hatraa (mise en garde) précisant la melakha. Filtrer ressemble à deux des 39 melakhot : borer (trier) et meraked (tamiser).

9
אָמַר רַבָּה, כְּווָתִי דִּידִי מִסְתַּבְּרָא: מַה דַּרְכּוֹ שֶׁל בּוֹרֵר — נוֹטֵל אוֹכֵל וּמַנִּיחַ הַפְּסֹולֶת, אַף הָכָא נָמֵי: נוֹטֵל אֶת הָאֹוכֶל וּמַנִּיחַ אֶת הַפְּסֹולֶת.

Rabba a dit : mon avis est le plus raisonnable. Quelle est la manière de celui qui trie ?

Il prend l'aliment et laisse le rebut ; ici aussi, il prend l'aliment et laisse le rebut.

📜 Rachi (2)
כְּווָתִי דִּידִי מִסְתַּבְּרָא דְּאִי אַתְּרוּ בֵּיהּ מִשּׁוּם בּוֹרֵר הַתְרָאָה הִיא:
Mon avis est le plus raisonnable : si on l'a mis en garde au titre de trier, c'est une mise en garde valable.
דְּנוֹטֵל אֹוכֶל וּמַנִּיחַ פְּסֹולֶת וּלְרָבָא ה"ה נָמֵי דְּאִי אַתְּרוּ בֵּיהּ מִשּׁוּם מְרַקֵּד הָוְיָא הַתְרָאָה אֲבָל לְרַבִּי זֵירָא אִי אַתְּרוּ בֵּיהּ מִשּׁוּם בּוֹרֵר לָאו הַתְרָאָה הִיא דְּלָא דָּמֵי לְבוֹרֵר שֶׁהָאֹוכֶל לְמַטָּה וּפְסֹולֶת לְמַעְלָה מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּבוֹרֵר קִטְנִית שֶׁהַפְּסֹולֶת לְמַטָּה:
Car il prend l'aliment et laisse le rebut : et pour Rabba, de même, si on l'a mis en garde au titre de tamiser, c'est une mise en garde valable. Mais pour Rabbi Zeira, si on l'a mis en garde au titre de trier, ce n'est pas une mise en garde, car ce n'est pas semblable au tri : ici l'aliment est en bas et le rebut en haut, ce qui n'est pas le cas quand on trie des légumineuses, où le rebut est en bas.
🗂️ Tossefot (1)
מַה דַּרְכּוֹ שֶׁל בּוֹרֵר לֹא תִּקְשֶׁה אַהַהִיא דְּשִׁילְהֵי כְּלָל גָּדוֹל (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף עַד.) כְּמוֹ שֶׁפֵּי' שָׁם (בד"ה בּוֹרֵר וְאוֹכֵל):
Quelle est la manière de celui qui trie : on ne peut pas objecter à partir de la fin du chapitre Kelal gadol (plus haut, Chabbat 74a), comme on l'a expliqué là-bas (au passage commençant par borer ve-okhel).
💡 Explication

Rabba : le cœur de borer est de séparer l'aliment du rebut ; la position de chacun importe peu. Selon Rachi, pour lui, les deux formulations de mise en garde sont valables.

10
אָמַר רַבִּי זֵירָא, כְּווָתִי דִּידִי מִסְתַּבְּרָא: מַה דַּרְכּוֹ שֶׁל מְרַקֵּד — פְּסֹולֶת מִלְּמַעְלָה וְאֹוכֶל מִלְּמַטָּה, אַף הָכָא נָמֵי: פְּסֹולֶת מִלְּמַעְלָה וְאֹוכֶל מִלְּמַטָּה.

Rabbi Zeira a dit : mon avis est le plus raisonnable. Quelle est la manière de celui qui tamise ?

Le rebut en haut et l'aliment en bas ; ici aussi, le rebut en haut et l'aliment en bas.

💡 Explication

R. Zeira s'attache à la disposition physique : dans le tamis comme dans le filtre, le rebut reste en haut et l'aliment passe en bas. C'est donc meraked, et une mise en garde au titre de borer ne suffit pas.

11
תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל: טַלִּית כְּפוּלָה לֹא יַעֲשֶׂה, וְאִם עָשָׂה — פָּטוּר אֲבָל אָסוּר. הָיָה כָּרוּךְ עָלֶיהָ חוּט אוֹ מְשִׁיחָה — מֻותָּר לִנְטוֹתָהּ לְכַתְּחִילָּה.

Rami bar Ye'hezkel a enseigné : une talit pliée (en tente), on ne la fait pas, et si on l'a fait, on est exempt mais c'est interdit. Si un fil ou une corde était enroulé autour, il est permis de la déployer à priori.

📜 Rachi (3)
טַלִּית כְּפוּלָה לֹא יַעֲשֶׂה לִשְׁטֹוחַ טַלִּיתוֹ עַל גַּבֵּי אַרְבַּע יְתֵידוֹת לִישֹׁן תַּחְתֶּיהָ וְרָאשָׁיו מִתְכַּפְּלִין לְכָאן וּלְכָאן לְצַד הָאָרֶץ וְהָוְיָא לֵיהּ לַכְּתָלִים לְהָגֵן מִן הַחַמָּה דְּהָוֵי אֻהְלָא:
Une talit pliée, on ne la fait pas : étendre sa talit sur quatre piquets pour dormir dessous, ses bords retombant de part et d'autre vers le sol et servant de parois pour se protéger du soleil ; c'est une tente.
כָּרַךְ עָלֶיהָ מִבְּעוֹד יוֹם:
Enroulé autour : des la veille (avant le Chabbat).
חוּט אוֹ מְשִׁיחָה וּנְתָנָהּ עַל הַנֵּס שֶׁעַל הַקִּנּוֹף כְּשֶׁהִיא מְכֻופֶּלֶת וְכָרַךְ עָלֶיהָ חוּט לְמָשְׁכָהּ בּוֹ לְפָורְסָהּ לְכָאן וּלְכָאן מֻותָּר לְמָושְׁכָהּ בּוֹ בְּשַׁבָּת דְּמוֹסִיף עַל אֹהֶל עֲרַאי הוּא וְאֵינוֹ כְּעוֹשֶׂה לְכַתְּחִילָּה:
Un fil ou une corde : il l'a posée pliée sur la perche du haut, et a enroulé autour un fil pour la tirer et la déployer de part et d'autre ; il est permis de la tirer par ce fil le Chabbat, car il ajoute à une tente provisoire, et ce n'est pas comme s'il la faisait au départ.
🗂️ Tossefot (1)
כָּרַךְ עָלֶיהָ חוּט אוֹ מְשִׁיחָה מֻותָּר לִנְטוֹתָהּ כְּגוֹן שֶׁשִּׁייֵּר בָּהּ טֶפַח דִּבְעִנְיָן אַחֵר לָא הֲוָה שָׁרֵי כִּדְאַשְׁכְּחַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין (דַּף קב.) כְּרֹוךְ בֻּודְיָא וְשַׁייַּר בַּהּ טֶפַח לִמְחַר פּוֹשֶׁטֶת דְּמוֹסִיף עַל אֹהֶל עֲרַאי הוּא אִי נָמֵי כְּרִיכַת חוּט אוֹ מְשִׁיחָה מוֹעֶלֶת בְּלֹא שִׁיֵּיר בָּהּ טֶפַח:
Un fil ou une corde était enroulé autour, il est permis de la déployer : par exemple s'il en avait laissé un tefah (déployé), car autrement ce ne serait pas permis, comme on le trouve au dernier chapitre d'Erouvin (102a) : une natte (boudia) roulée dont on a laissé un tefah, le lendemain on la déploie, car on ajoute à une tente provisoire. Ou bien : l'enroulement d'un fil ou d'une corde est efficace même sans avoir laissé un tefah.
⚖️ Rosh (1)
תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל טַלִּית כְּפוּלָה לֹא יַעֲשֶׂה וְאִם עָשָׂה פָּטוּר אֲבָל אָסוּר וְאִם כָּרַךְ עָלֶיהָ חוּט אוֹ מְשִׁיחָה מֻותָּר לִנְטוֹתָהּ לְכַתְּחִלָּה. פִּי' כְּגוֹן טַלִּית כְּפוּלָה שֶׁקּוֹשְׁרָהּ בֵּין שְׁנֵי כּוֹתָלִים וְהִיא מְשַׁלְשֶׁלֶת וּמַגַּעַת לָאָרֶץ וְנִכְנָס בֵּין שְׁתֵּי קַצְווֹתֶיהָ וְיָשֵׁן תַּחְתֶּיהָ לְצֵל וְאֵין בְּגַגָּהּ טֶפַח לְפִיכָךְ אֵינוֹ אֹהֶל קֶבַע אֶלָּא אֹהֶל עֲרַאי הוּא וּמִפְּנֵי שֶׁאֵין בְּגַגָּהּ טֶפַח וְלֹא בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לְגַגָּהּ טֶפַח לְפִיכָךְ פָּטוּר אֲבָל אָסוּר. וְאִם הָיָה עָלֶיהָ חוּט מֵאֶתְמוֹל וְנָטָה אוֹתוֹ הַיּוֹם מֻותָּר. וּתְמֵיהֵנִי עַל רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁכָּתַב כֵּן הָא אֲמָרָן בִּשְׁמַעְתִּין כִּילַּת חֲתָנִים מֻותָּר לִנְטוֹתָהּ וּמֻותָּר לְפָורְקָהּ וּמוּקֵי לָהּ שֶׁאֵין בְּגַגָּהּ טֶפַח וְלֹא פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לְגַגָּהּ טֶפַח וּמַאי שְׁנָא טַלִּית כְּפוּלָה שֶׁהִיא יוֹתֵר בִּנְיָן עֲרַאי מִכִּילַּת חֲתָנִים. וְאֵין דְּבָרָיו נִרְאִין בָּזֶה כְּלָל אֶלָּא מַיְירֵי שֶׁיֵּשׁ בְּגַגָּהּ טֶפַח אִי נָמֵי כְּגוֹן לְאַחַר שֶׁכָּלָה הַשִּׁיפּוּעַ שֶׁל הַטַּלִּית יוֹרֵד מִמֶּנּוּ בְּשָׁוֶה בְּלֹא שִׁיפּוּעַ בְּרֹוחַב טֶפַח כִּדְאָמְרִינַן גַּבֵּי כִּילַּת חֲתָנִים. אֲבָל נָחֲתָא מִפּוּרְיָא טֶפַח אֲסוּרָה. וְהָא דְּאָמְרִינַן כָּרַךְ עָלֶיהָ חוּט אוֹ מְשִׁיחָה מֻותָּר אַייְרֵי אֲפִילּוּ לֹא הָיְתָה פְּרוּסָה טֶפַח אֶלָּא כֻּולָּהּ כְּרוּכָה דִּכְרִיכַת חוּט אוֹ מְשִׁיכָה חָשׁוּב כְּאִלּוּ הָיְתָה פְּרוּסָה טֶפַח. אָמַר רַב יוֹסֵף חֲזֵינָא לְכִילֵּי דְּרַב הוּנָא דְּמֵאֻורְתָּא נְגִידָא וּלְצַפְרָא חֲבִיטָא וְרַמְיָא. אָמַר רַב כָּהֲנָא חָזֵינָא לְכִילֵּי דְּבֵי רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ דְּמֵאֻורְתָּא נְגִידָא וּלְצַפְרָא חֲבִיטָא וְרַמְיָא וְעַל יְדֵי כְּרִיכוֹת חוּט וּמְשִׁיחָה הָיָה אוֹ כִּילַּת חֲתָנִים הָיָה. אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא וִילוֹן מֻותָּר לִנְטוֹתוֹ וּמֻותָּר לְפָרְקוֹ דְּאֵין אֹהֶל בִּמְחִיצָּה בְּלֹא גַּג אֶלָּא הֵיכָא דַּעֲשׂוּיָה לְהֶיתֵּר טִלְטוּל אוֹ לְהֶכְשֵׁר סֻוכָּה כִּדְפָרֵי' לְעֵיל. אָמַר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא כִּילַּת חֲתָנִים מֻותָּר לִנְטוֹתָהּ וּמֻותָּר לְפָורְקָהּ. אָמַר רַב שִׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין בְּגַגָּהּ טֶפַח אֲבָל יֵשׁ בְּגַגָּהּ טֶפַח אָסוּר. וְכִי אֵין בְּגַגָּהּ טֶפַח נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לְגַגָּהּ טֶפַח אֲבָל יֵשׁ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לְגַגָּהּ טֶפַח אָסוּר. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין בְּשִׁיפּוּעַ טֶפַח אֲבָל יֵשׁ בְּשִׁיפּוּעַ טֶפַח אָסוּר. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא נָחֲתָא מִפּוּרְיָא טֶפַח אֲבָל נָחֲתָא מִפּוּרְיָא טֶפַח אָסוּר:
Rami bar Ye'hezkel a enseigné : une talit pliée, on ne la fait pas, et si on l'a fait, on est exempt mais c'est interdit ; et si un fil ou une corde était enroulé autour, il est permis de la déployer à priori. Explication (du Rif) : par exemple une talit pliée qu'on attache entre deux murs, qui pend et atteint le sol ; on entre entre ses deux bords et on dort dessous à l'ombre ; son toit n'a pas un tefah. C'est pourquoi ce n'est pas une tente permanente mais une tente provisoire ; et comme son toit n'a pas un tefah, ni un tefah à moins de trois (tefahim) sous le toit, on est exempt mais c'est interdit. Et si le fil y était dès la veille et qu'il la déploie aujourd'hui, c'est permis. Je m'étonne de Rav Alfas (le Rif), de mémoire bénie, qui a écrit cela : nous avons dit dans notre sougya que la kila des mariés (kilat hatanim) peut être déployée et démontée, et on l'établit quand son toit n'a pas un tefah, ni un tefah à moins de trois sous le toit. En quoi la talit pliée, construction plus provisoire encore que la kila des mariés, serait-elle différente ? Ses paroles ne me paraissent pas justes du tout. Il s'agit plutôt du cas où son toit a un tefah ; ou bien du cas où, après la fin de la pente de la talit, elle descend verticalement, sans pente, sur une largeur d'un tefah, comme nous le disons pour la kila des mariés : mais si elle descend d'un tefah sous le lit, c'est interdit. Et ce que nous disons, qu'avec un fil ou une corde enroulé c'est permis, vaut même si elle n'était pas déployée d'un tefah mais entièrement roulée, car l'enroulement du fil ou de la corde est considéré comme si elle était déployée d'un tefah. Rav Yosef a dit : j'ai vu les kilot de Rav Houna, déployées le soir et, le matin, repliées et posées. Rav Kahana a dit : j'ai vu les kilot de la maison de Rav Papa et de Rav Houna fils de Rav Yehochoua, déployées le soir et, le matin, repliées et posées ; c'était au moyen de fils et de cordes enroulés, ou c'était une kila de mariés. Rav a dit au nom de Rabbi Hiya : un rideau (vilon), il est permis de le déployer et de le retirer, car il n'y a pas de tente avec une paroi sans toit, sauf quand elle est faite pour permettre de transporter ou pour valider une souka, comme nous l'avons expliqué plus haut. Chmouel a dit au nom de Rabbi Hiya : la kila des mariés, il est permis de la déployer et de la démonter. Rav Chicha fils de Rav Idi a dit : on ne l'a enseigné que si son toit n'a pas un tefah ; mais si son toit a un tefah, c'est interdit. Et même si son toit n'a pas un tefah, nous ne l'avons dit que s'il n'y a pas un tefah à moins de trois sous le toit ; mais s'il y a un tefah à moins de trois sous le toit, c'est interdit. Et nous ne l'avons dit que si la pente n'a pas un tefah ; mais si la pente a un tefah, c'est interdit. Et nous ne l'avons dit que si elle ne descend pas d'un tefah sous le lit ; mais si elle descend d'un tefah sous le lit, c'est interdit.
💡 Explication

La talit kefoula tendue en abri est une tente provisoire : patour aval assour. Si, avant Chabbat, elle était déjà posée et reliée à un fil, la déployer le Chabbat revient à ajouter à une tente provisoire (mosif al ohel arai), ce qui est permis.

Le Roch discute l'explication du Rif (toit de moins d'un tefah) : un tel abri est permis selon la règle de la kila des mariés ; l'interdit doit donc viser un toit d'un tefah ou une retombée verticale d'un tefah.

12
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב כָּהֲנָא מֵרַב: כִּילָּה מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אַף מִטָּה אֲסוּרָה. מִטָּה מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אַף כִּילָּה מֻותֶּרֶת. כִּילָּה וּמַטֵּה מַהוּ? אָמַר לֵיהּ: כִּילָּה אֲסוּרָה וּמִטָּה מֻותֶּרֶת.

Rav Kahana demanda à Rav : la kila, quelle est la règle ? Il lui dit : même la mita (lit) est interdite.

La mita, quelle est la règle ? Il lui dit : même la kila est permise.

La kila et la mita, quelle est la règle ? Il lui dit : la kila est interdite et la mita permise.

🗂️ Tossefot (1)
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב כָּהֲנָא מֵרַב כּוּ' וְנִרְאֶה לר"י שֶׁשָּׁאַל לוֹ סְתָם בְּכָל כִּילּוֹת אִם הֵם מֻותָּרוֹת אֲמַר לֵיהּ אֲפִילּוּ מִטָּה יֵשׁ מֵהֶן שֶׁאֲסוּרוֹת הֲדַר בְּעָא אִם כָּל מִטּוֹת אֲסוּרוֹת אָמַר לֵיהּ אַף כִּילּוֹת מֻותָּרוֹת אָמַר לֵיהּ כֵּיוָן שֶׁאֵין אַתָּה מְחַלֵּק בִּשְׁנֵיהֶם מַהוּ לְהַשְׁווֹתָן כִּילָּה וּמִטָּה וּבְמָקוֹם שֶׁאָסוּר בָּזֶה כְּנֶגְדּוֹ אָסוּר בָּזֶה א"ל כִּילָּה אֲסוּרָה וּמִטָּה מֻותֶּרֶת וְכֵן יֵשׁ לְפָרֵשׁ הַהִיא דְּפֶרֶק אֵלּוּ טְרֵפוֹת (חֻולִּין דַּף נג.) יֵשׁ דְּרוּסָה לְחָתוּל א"ל אַף לְחֻולְדָּה יֵשׁ דְּרוּסָה יֵשׁ דְּרוּסָה לְחֻולְדָּה א"ל אַף לְחָתוּל אֵין דְּרוּסָה לְחָתוּל וּלְחֻולְדָּה יֵשׁ דְּרוּסָה אוֹ אֵין לָהֶם דְּרוּסָה א"ל לְחָתוּל יֵשׁ דְּרוּסָה וּלְחֻולְדָּה אֵין דְּרוּסָה וּמְפָרֵשׁ הָתָם דְּבִגְדָיִים וּטְלָאִים יֵשׁ דְּרוּסָה לְחָתוּל וְלֹא לְחֻולְדָּה וּבְאִימְּרֵי רַבְרְבֵי אֵין דְּרוּסָה אֲפִילּוּ לְחָתוּל וּבְעוֹפוֹת יֵשׁ דְּרוּסָה אֲפִילּוּ לְחֻולְדָּה וְיֵשׁ לְייַשֵּׁב כְּעֵין שֶׁפֵּירֵשׁ הר"ר יִצְחָק בֶּן ר"מ (פִּי') הָתָם שֶׁכְּשֶׁהָיָה עוֹסֵק בְּאִימְּרֵי שָׁאֲלוּ אִם יֵשׁ דְּרוּסָה לְחֻולְדָּה וְכֵן כֻּולָּם. מ"ר:
Rav Kahana demanda à Rav etc. : il semble au Ri qu'il lui a demandé de manière générale, pour toutes les kilot, si elles sont permises ; il lui dit : même parmi les mitot, certaines sont interdites. Il demanda ensuite si toutes les mitot sont interdites ; il lui dit : même des kilot sont permises. Il lui dit : puisque tu ne distingues pas entre les deux, qu'en est-il si on les compare, kila et mita (d'un même genre), la où l'une est interdite, son équivalent l'est-il aussi ? Il lui dit : la kila est interdite et la mita permise. On peut expliquer de même le passage du chapitre Elou terefot (Houlin 53a) : y a-t-il derousa (attaque rendant terefa) pour le chat ? Il lui dit : même pour la belette il y a derousa. Y a-t-il derousa pour la belette ? Il lui dit : même pour le chat il n'y a pas de derousa. Pour le chat et la belette, y a-t-il derousa ou non ? Il lui dit : pour le chat il y a derousa, et pour la belette il n'y en a pas. Et on explique là-bas : pour les chevreaux et les agneaux, il y a derousa du chat et non de la belette ; pour les gros agneaux, il n'y a pas de derousa, même du chat ; et pour les oiseaux, il y a derousa même de la belette. On peut concilier comme l'a expliqué Rabbi Yitshak ben Rabbi Meir là-bas : quand il traitait des gros agneaux, il a demandé s'il y a derousa pour la belette, et ainsi de suite pour tous. (M.R.)
💡 Explication

Les trois réponses de Rav semblent se contredire. La Guemara (segment suivant) montre que chacune vise un cas différent. Tossefot (le Ri) reconstitue la logique du dialogue : chaque réponse signale seulement qu'il existe des cas interdits ou permis.

13
וְלָא קַשְׁיָא. הָא דְּקָאָמַר אַף מִטָּה אֲסוּרָה — כִּדְקַרְמְנָאֵי. הָא דְּקָאָמַר לֵיהּ אַף כִּילָּה מֻותֶּרֶת — כִּדְרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל. כִּילָּה אֲסוּרָה וּמִטָּה מֻותֶּרֶת — כִּדְדִידַן.

Et ce n'est pas difficile. Quand il dit : même la mita est interdite, c'est comme (les lits) des Karmanaim.

Quand il lui dit : même la kila est permise, c'est comme (le cas de) Rami bar Ye'hezkel. La kila est interdite et la mita permise : c'est comme les nôtres.

📜 Rachi (3)
כִּדְקַרְמְנָאֵי הַייְנוּ גְּלָלְנִיתָא שֶׁפּוֹרְקָהּ וּמַחֲזִירָהּ וְהוּא שֵׁם מָקוֹם לָשׁוֹן אַחֵר קַרְמְנָאֵי מוֹכְרֵי בִּגְדֵי פִּשְׁתָּן מוֹכְרִין עֲלֵיהֶן:
Comme les Karmanaim : c'est le (lit) gelalnita qu'on démonte et remonte ; c'est un nom de lieu. Autre explication : les Karmanaim sont des marchands de lin, qui vendent (leurs étoffes) sur ces lits.
כִּדְרָמֵי כָּרַךְ עָלֶיהָ חוּט:
Comme Rami : un fil était enroulé autour.
כִּדְדִידַן מַטֵּה שֶׁהָיְתָה זְקוּפָה וְהוּא מוֹשִׁיבָהּ עַל רַגְלֶיהָ:
Comme les nôtres : un lit qui était dressé et qu'on pose sur ses pieds.
🗂️ Tossefot (1)
אַף כִּילָּה מֻותֶּרֶת כִּדְרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר כִּי הַהִיא דְּשָׁנִינוּ בְּסָמוּךְ לְכִילֵּי דְּבֵי רַב הוּנָא וי"ל כִּדְרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל הָווּ:
Même la kila est permise, comme Rami bar Ye'hezkel : on aurait pu dire (qu'il s'agit) du cas enseigné juste après, les kilot de la maison de Rav Houna. On peut répondre que celles-là aussi étaient du type de Rami bar Ye'hezkel.
💡 Explication

Trois cas : le lit démontable des Karmanaim (le monter est interdit), la kila déjà reliée à un fil (permise), et nos objets ordinaires : la kila forme une tente (interdite), le lit assemblé ne fait que s'installer (permis).

14
אָמַר רַב יוֹסֵף: חֲזֵינָא לְהוּ לְכִילֵּי דְּבֵי רַב הוּנָא דְּמֵאוּרְתָּא נְגִידָא וּמִצַּפְרָא חֲבִיטָא רַמְיָא.

Rav Yosef a dit : j'ai vu les kilot de la maison de Rav Houna : le soir elles étaient déployées, et le matin repliées et posées (au sol).

📜 Rachi (1)
דְּמֵאֻורְתָּא נַגִּידוּ וּמִצַּפְרָא חֲבִיטָא בְּלֵילֵי שַׁבָּת רְאִיתִים פְּרוּסוֹת וּלְבַקֵּר רְאִיתִים מֻושְׁלָכִים לָאָרֶץ אַלְמָא מֻותָּר לְפָורְקָהּ וה"נ מֻותָּר לִנְטוֹתָהּ:
Déployées le soir, repliées le matin : la nuit de Chabbat je les ai vues déployées, et le matin je les ai vues jetées au sol ; il est donc permis de la démonter, et de même il est permis de la déployer.
💡 Explication

Témoignage de pratique (maasse rav) : chez Rav Houna, on montait et démontait les kilot le Chabbat. Selon Tossefot (segment 12), il s'agissait de kilot reliées à un fil, comme dans le cas de Rami bar Ye'hezkel.

15
אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: וִילוֹן מֻותָּר לִנְטוֹתוֹ וּמֻותָּר לְפָורְקוֹ.

Rav a dit au nom de Rabbi Hiya : un rideau (vilon), il est permis de le déployer et permis de le retirer.

📜 Rachi (2)
וִילוֹן מָסָךְ שֶׁכְּנֶגֶד הַפֶּתַח:
Vilon : le rideau placé devant l'entrée.
מֻותָּר לִנְטוֹתוֹ שֶׁאֵין אֹהֶל אֶלָּא מִי שֶׁעָשׂוּי כְּעֵין גַּג:
Il est permis de le déployer : car il n'y a de tente que ce qui est fait comme un toit.
💡 Explication

Le vilon est une paroi sans toit. L'interdit de ohel vise ce qui couvre ; une simple paroi n'en relève pas (le Roch excepte la paroi faite pour permettre le transport ou valider une souka).

16
וְאָמַר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא:

Et Chmouel a dit au nom de Rabbi Hiya :

💡 Explication

La phrase se poursuit en 138b : la kila des mariés (kilat hatanim) peut être déployée et démontée, sous les conditions que détaille Rav Chicha.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).