Shabbat 144a โ€” Le liquide sorti sans consentement : lait, olives et fruits

Shabbat 144a

Sougya : La Guemara poursuit la Michna de Makhchirin citรฉe au daf prรฉcรฉdent : Rabbi Akiva soutient que le lait d'une bรชte rend apte ร  l'impuretรฉ mรชme s'il sort sans consentement, car le lait n'a pas le statut du sang. Les Sages lui opposent les paniers d'olives et de raisins, dont le liquide sorti sans consentement est pur.

La Guemara tente d'en tirer une objection contre la baraita de Rabbi Yehouda sur les mรปres et les grenades (si le cas indรฉterminรฉ ne compte pas pour des olives, ร  plus forte raison pour des fruits qu'on ne presse pas), puis la rejette de deux faรงons. Elle ouvre enfin la question de savoir si les Rabbanan reconnaissent la distinction de Rabbi Yehouda pour les autres fruits.

Le liquide sorti sans consentement : fil de la sougya Baraita (143b) - Rabbi Yehouda : mรปres et grenades destinรฉes au jus ou sans intention (stam) -> le jus sorti est interdit Michna de Makhchirin - rรฉponse des Sages ร  Rabbi Akiva : paniers d'olives et raisins : le-ratson -> impur ; chelo le-ratson -> pur Hava amina : chelo le-ratson = cas indรฉterminรฉ (stam) Kal va-homer : si olives et raisins (faits pour รชtre pressรฉs) en stam ne comptent pas, ร  plus forte raison mรปres et grenades -> contredit la baraita Rรฉponse 1 le-ratson = mรชme le cas stam chelo le-ratson = il a dit explicitement 'cela ne me convient pas' Rรฉponse 2 les paniers sont un cas ร  part : le jus tombe ร  terre et se perd, il y renonce dรจs le dรฉpart (hefker) Suite : les Rabbanan reconnaissent-ils la distinction de Rabbi Yehouda pour les autres fruits ? Preuve par une baraita : 'On presse...' (144b)
Dรฉroulement de la sougya : objection par kal va-homer et deux rรฉponses.
Trois degrรฉs d'intention face au liquide qui sort Cela lui convient (nicha leh) Liquide (mekhchir) rend apte ร  l'impuretรฉ Aucune intention exprimรฉe (stam) Hava amina : pur Conclusion (rep. 1) : liquide, sauf si vouรฉ ร  la perte (rep. 2) Il dit : 'cela ne me convient pas' Pur (ne rend pas apte) sauf lait de femme (impur mรชme alors) Chelo le-ratson dans la Michna = la colonne de droite (rรฉponse 1 de la Guemara)
Les trois degrรฉs d'intention et le statut du liquide selon la conclusion.
1
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(Le lait de la bรชte rendrait-il apte ร  l'impuretรฉ mรชme) sans consentement (chelo le-ratson), alors que le sang de sa blessure est pur ?! (Rabbi Akiva) leur dit : Je suis plus sรฉvรจre pour le lait que pour le sang, car celui qui trait (une bรชte) pour la soigner - (le lait) est impur, et celui qui fait une saignรฉe pour la soigner - (le sang) est pur.

Ils lui dirent : Les paniers d'olives et de raisins le prouveront : les liquides qui en sortent avec consentement (le-ratson) sont impurs ; sans consentement - ils sont purs.

๐Ÿ“œ Rachi (3)
ืžื—ืžื™ืจ ืื ื™ ื‘ื—ืœื‘ ืœื˜ืžืื• ืืฃ ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ืžื‘ื“ื:
Je suis plus sรฉvรจre pour le lait : pour le rendre impur mรชme sans consentement, (plus sรฉvรจre) que pour le sang.
ืฉื”ื—ื•ืœื‘ ืœืจืคื•ืืช ื”ื‘ื”ืžื” ืฉืœื ื™ื–ื™ืงื ื” ื—ืœื‘ื” ื˜ืžื ื“ื”ื ืœืจืฆื•ืŸ ื”ื•ื ื•ื”ืžืงื™ื– ื“ื ืœื‘ื”ืžืชื• ืœืจืคื•ืื” ื˜ื”ื•ืจ ื“ื“ื ืžื’ืคืชื” ื”ื™ื ื•ื”ื•ืื™ืœ ื•ื”ื—ื•ืœื‘ ืœืจืคื•ืื” ื˜ืžื ืืฃ ื”ื ื•ื˜ืฃ ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื˜ืžื:
Car celui qui trait : pour soigner la bรชte, afin que son lait ne lui nuise pas - (le lait) est impur, car c'est avec consentement ; et celui qui fait une saignรฉe ร  sa bรชte pour la soigner - (le sang) est pur, car c'est le sang de sa blessure. Et puisque celui qui trait pour soigner est impur, (le lait) qui coule sans consentement est lui aussi impur.
ืืžืจื• ืœื• ืื™ื ื• ื“ื•ืžื” ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ืœื™ื•ืฆื ืœืจืฆื•ืŸ ืฉื”ืจื™ ืกืœื™ ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ื™ื•ื›ื™ื—ื• ืฉื”ืžืฉืงื” ื›ื•':
Ils lui dirent : (le liquide sorti) sans consentement n'est pas semblable ร  celui qui sort avec consentement, car les paniers d'olives et de raisins le prouveront : le liquide, etc.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (2)
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Je suis plus sรฉvรจre pour le lait que pour le sang, car celui qui trait pour soigner est impur et celui qui fait une saignรฉe pour soigner est pur : s'il en est ainsi, la raison pour laquelle nous dรฉclarons impur le lait de la femme n'est pas le sang, ร  savoir que le sang se trouble et devient du lait ; car alors celui qui trait pour soigner serait pur comme le sang. C'est donc certainement parce qu'il est รฉcrit : 'Elle ouvrit l'outre de lait' (Choftim 4, 19). Et mon maรฎtre dit que (Rabbi Akiva) a mentionnรฉ sans nรฉcessitรฉ celui qui trait pour soigner : il aurait pu rรฉpondre aux Rabbanan ร  partir du lait de la bรชte elle-mรชme, dont le sang est pur et le lait impur. Alors le lait n'est pas impur ร  cause du sang, mais parce qu'il est รฉcrit 'Elle ouvrit l'outre de lait' ; et s'il en est ainsi, (le lait sorti) sans consentement devrait lui aussi รชtre impur pour cette raison. (M.R.)
ืกืœื™ ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ื™ื•ื›ื™ื—ื• ืฉืžืฉืงื” ื”ื™ื•ืฆื ืžื”ืŸ ืœืจืฆื•ืŸ ื˜ืžื ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื˜ื”ื•ืจ ื‘ืฉื™ืœื”ื™ ืžืกื›ืช ืžื›ืฉื™ืจื™ืŸ ืžืกื™ื™ื ืœื ืื ืืžืจืช ื‘ืกืœื™ ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ืฉื”ืจื™ ืชื—ื™ืœืชื• ืื•ื›ืœ ื•ืกื•ืคื• ืžืฉืงื” ืชืืžืจื• ื‘ื—ืœื‘ ืฉืชื—ื™ืœืชื• ื•ืกื•ืคื• ืžืฉืงื”:
Les paniers d'olives et de raisins le prouveront, car le liquide qui en sort avec consentement est impur, sans consentement pur : ร  la fin du traitรฉ Makhchirin, (la Michna) conclut : Non ! Si tu le dis des paniers d'olives et de raisins, qui sont d'abord un aliment et ensuite un liquide, le diras-tu du lait, qui est liquide du dรฉbut ร  la fin ?
๐Ÿ’ก Explication

Suite de la Michna de Makhchirin (6, 8) citรฉe ร  la fin du daf prรฉcรฉdent. Un aliment ne peut devenir impur que s'il a รฉtรฉ mouillรฉ par l'un des sept liquides : c'est le hekhcher (rendre apte). Ici impur signifie que le liquide rend apte ร  l'impuretรฉ, pur qu'il ne le fait pas. Or un liquide n'a cet effet que s'il sort le-ratson, avec l'accord du propriรฉtaire.

Le lait de femme rend apte mรชme sorti chelo le-ratson. Rabbi Akiva veut appliquer la mรชme rรจgle au lait de bรชte. Les Sages refusent : le sang de la blessure d'une bรชte est pur, alors que chez la femme il est impur. Rabbi Akiva rรฉpond que le lait ne suit pas le sang : le lait trait pour soigner la bรชte est impur, le sang d'une saignรฉe faite pour la soigner est pur.

Les Sages rรฉpondent par les paniers d'olives et de raisins : le jus qui en suintรฉ sans consentement ne rend pas apte. La Guemara va se demander ce que veut dire ici chelo le-ratson.

๐Ÿ–ผ๏ธ Schรฉma
Rabbi Akiva : le lait n'est pas du sang Traire pour soigner la bรชte sans dรฉsir du lait -> le lait est impur (liquide, mekhchir) Saignรฉe pour soigner la bรชte sang de blessure -> pur (ne rend pas apte) Donc le lait ne suit pas le statut du sang : chez la bรชte aussi, le lait sorti chelo le-ratson doit รชtre impur. Les Sages rรฉpliquent par les paniers d'olives et de raisins.
L'argument de Rabbi Akiva : le lait n'a pas le statut du sang.
2
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N'est-ce pas que 'le-ratson' (dรฉsigne le cas) oรน cela lui convient, et 'chelo le-ratson' le cas indรฉterminรฉ (be-stama) ? Or, si pour les olives et les raisins, qui sont destinรฉs ร  รชtre pressรฉs, (le liquide sorti) sans consentement n'est rien, les mรปres et les grenades, qui ne sont pas destinรฉes ร  รชtre pressรฉes, (ne le seront-elles) pas ร  plus forte raison ?

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื‘ืกืชืžื ื•ืงืชื ื™ ื˜ื”ื•ืจื™ืŸ ื“ืœื ื—ืฉื™ื‘ ืžืฉืงื” ืื™ ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ืงืืžืจ ืœื” ืงืฉื™ื ื•ืื™ ืจื‘ื ืŸ ืงืืžืจื™ ื›ืœ ืฉื›ืŸ ื˜ื”ื•ืจื™ืŸ ืœืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื“ื”ื ืžื™ื“ื™ ื“ืœืจื‘ื ืŸ ืžืฉืงื” ื”ื•ื ืœืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ืœืื• ืžืฉืงื” ื”ื•ื ื•ื›"ืฉ ืžื™ื“ื™ ื“ืœืจื‘ื ืŸ ืœืื• ืžืฉืงื” ื•ื”ืฉืชื ื•ืžื” ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ื›ื•' ื•ื”ื•ื ื”ื“ื™ืŸ ืžืฆื™ ืœืžื™ืจืžื™ ื ืžื™ ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ืื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ื“ืงืชื ื™ ืœืขื™ืœ ื“ืžื•ื“ื” ื‘ื”ื• ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื“ืืฃ ืœืื•ื›ืœื™ืŸ ื”ื™ื•ืฆื ืžื”ืŸ ืืกื•ืจ ืืœื ื”ื ืืœื™ืžื ืœื™ื” ืœืืงืฉื•ื™ื™ ื“ืชื•ืชื™ื ื•ืจืžื•ื ื™ื ื“ืœืื• ื‘ื ื™ ืกื—ื™ื˜ื” ื ื™ื ื”ื• ืงืชื ื™ ืœืขื™ืœ ื“ืกืชื ืืกื•ืจ ื•ื”ื›ื ืงืชื ื™ ื“ืืคื™' ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ืกืชืžื ืœืื• ืœืžืฉืงื”:
Chelo le-ratson, dans le cas indรฉterminรฉ : et on enseigne qu'ils sont purs, car (ce jus) n'est pas considรฉrรฉ comme un liquide. Si c'est Rabbi Yehouda qui le dit, c'est une difficultรฉ ; et si ce sont les Rabbanan qui le disent, ร  plus forte raison sont-ils purs pour Rabbi Yehouda : car une chose qui est un liquide pour les Rabbanan n'est pas un liquide pour Rabbi Yehouda, ร  plus forte raison une chose qui n'est pas un liquide pour les Rabbanan. Et maintenant : si pour les olives et les raisins, etc. On aurait pu aussi opposer les olives et les raisins (d'ici) aux olives et raisins enseignรฉs plus haut, oรน Rabbi Yehouda reconnaรฎt que mรชme (destinรฉs) ร  la consommation, ce qui en sort est interdit. Mais cette objection-ci lui a paru plus forte : pour les mรปres et les grenades, qui ne sont pas destinรฉes ร  รชtre pressรฉes, on a enseignรฉ plus haut que dans le cas indรฉterminรฉ (le jus) est interdit, et ici on enseigne que mรชme les olives et les raisins, dans le cas indรฉterminรฉ, ne sont pas (considรฉrรฉs comme destinรฉs) au liquide.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (2)
ืžืื™ ืœืื• ืœืจืฆื•ืŸ ื“ื ื™ื—ื ืœื™ื” ื•ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื‘ืกืชืžื ื•ืœืจืฆื•ืŸ ื•ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื“ื’ื‘ื™ ื—ืœื‘ ืืฉื” ืœื™ื›ื ืœืžื™ืžืจ ื“ืžื™ื™ืจื™ ื‘ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื‘ืกืชืžื ื•ื“ื•ื•ืงื ื‘ืกืชืžื ืื‘ืœ ืืžืจ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ ืื™ื ื• ืžื˜ืžื ื“ื”ื ืœืคื™ ืžื” ืฉืคื™ืจืฉืชื™ ื”ื˜ืขื ืžืฉื•ื ื“ื ืžื’ืคืชื” ืืคื™' ืืžืจ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ ื ืžื™ ืžื˜ืžื ืืœื ืžืฉืžืข ื“ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื“ืงืชื ื™ ื‘ื›ื•ืœื”ื• ื‘ืืฉื” ื•ื‘ื”ืžื” ื•ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ืžื™ื™ืจื™ ื‘ื›ืœ ืขื ื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ืžืกืชืžื ื‘ื™ืŸ ืืžืจ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™:
N'est-ce pas que le-ratson est quand cela lui convient, et chelo le-ratson le cas indรฉterminรฉ : pour le-ratson et chelo le-ratson au sujet du lait de femme, on ne peut pas dire qu'il s'agit de chelo le-ratson dans le cas indรฉterminรฉ, et seulement dans ce cas, mais que s'il a dit 'cela ne me convient pas', (le lait) ne rend pas impur. Car selon ce que j'ai expliquรฉ, la raison est le sang de sa blessure : mรชme s'il a dit 'cela ne me convient pas', il rend impur. Il en ressort donc que chelo le-ratson, enseignรฉ pour tous - la femme, la bรชte, les olives et les raisins - vaut dans tous les cas, qu'il soit indรฉterminรฉ ou qu'il ait dit 'cela ne me convient pas'.
ืชื•ืชื™ื ื•ืจื™ืžื•ื ื™ื ื“ืœืื• ื‘ื ื™ ืกื—ื™ื˜ื” ื ื™ื ื”ื• ืชื™ืžื” ืœื™ ืžืื™ ืงืฉื” ื“ื™ืœืžื ื”ื ื“ืชื ื™ื ืœืขื™ืœ ื’ื‘ื™ ืชื•ืชื™ื ื•ืจืžื•ื ื™ื ืœืžืฉืงื™ืŸ ื•ืœืกืชื ื”ื™ื•ืฆื ืžื”ืŸ ืืกื•ืจ ื”ื "ืž ื‘ืžืฉืš ื“ื•ืงื ื•ื”ื›ื ื‘ืœื ืžืฉืš ืื™ื™ืจื™ ื”ืœื›ืš ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื“ื”ื™ื™ื ื• ื‘ืกืชืžื ืœื ื—ืฉื™ื‘ ืžืฉืงื”:
Les mรปres et les grenades, qui ne sont pas destinรฉes ร  รชtre pressรฉes : cela m'รฉtonne, quelle est la difficultรฉ ? Peut-รชtre que ce qui a รฉtรฉ enseignรฉ plus haut au sujet des mรปres et des grenades - (destinรฉes) au liquide ou sans intention, ce qui en sort est interdit - ne vaut que dans le cas de 'machakh', et ici il s'agit d'un cas sans 'machakh' ; c'est pourquoi chelo le-ratson, c'est-ร -dire le cas indรฉterminรฉ, n'est pas considรฉrรฉ comme un liquide.
๐Ÿ’ก Explication

La Guemara lit la rรฉponse des Sages avec une hava amina (premiรจre hypothรจse) : le-ratson serait le cas oรน le propriรฉtaire est content que le jus sorte, chelo le-ratson le cas oรน il n'a exprimรฉ aucune intention (stam). Le jus d'olives et de raisins sorti en stam ne compterait donc pas comme liquide.

D'oรน un kal va-homer : olives et raisins sont faits pour รชtre pressรฉs, et pourtant en stam leur jus ne compte pas ; ร  plus forte raison pour les mรปres et les grenades, qu'on mange d'habitude. Or la baraita du daf prรฉcรฉdent (Rabbi Yehouda) interdit le jus de mรปres et de grenades sorti en stam, parce qu'il est considรฉrรฉ comme un liquide. Rachi montre que la difficultรฉ existe que la Michna soit de Rabbi Yehouda ou des Rabbanan.

Tossefot (2e glose) : on aurait pu distinguer entre les cas avec et sans machakh, terme dont la glose ne prรฉcise pas le sens ici.

3
ืœื: ืดืœืจืฆื•ืŸืด โ€” ื‘ืกืชืžื, ืดืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸืด โ€” ื“ื’ืœื™ ืื“ืขืชื™ื”, ื“ืืžืจ: ืดืœื ื ื™ื—ื ืœื™ืด. ื•ืื™ื‘ืขื™ืช ืื™ืžื: ืฉืื ื™ ืกืœื™ ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื, ื›ื™ื•ืŸ ื“ืœืื™ื‘ื•ื“ ืงื™ื™ืžื™, ืžืขื™ืงืจื ืืคืงื•ืจื™ ืžืคืงืจ ืœื”ื•.

Non : 'le-ratson' (dรฉsigne mรชme) le cas indรฉterminรฉ, et 'chelo le-ratson' (le cas) oรน il a rรฉvรฉlรฉ son intention, en disant : 'Cela ne me convient pas.' Et si tu veux, dis : les paniers d'olives et de raisins sont diffรฉrents ; puisqu'(ils) sont vouรฉs ร  la perte, dรจs le dรฉpart il y renonce (il en fait un hefker).

๐Ÿ“œ Rachi (3)
ื“ื’ืœื™ ื“ืขืชื™ื” ื‘ื”ื“ื™ื ื•ืืžืจ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ ื•ื”ื•ื™ ื’ื™ืœื•ื™ ื“ืขืชื ื˜ืคื™ ืžื”ื›ื ื™ืกื• ืœืื•ื›ืœื™ืŸ:
Il a rรฉvรฉlรฉ son intention : explicitement, en disant 'cela ne me convient pas' ; c'est une rรฉvรฉlation d'intention plus forte que de les avoir rentrรฉs pour la consommation.
ื•ืื™ื‘ืขื™ืช ืื™ืžื ืฉืื ื™ ืกืœื™ ื–ื™ืชื™ื ื•ืขื ื‘ื™ื ื•ื›ื•' ื•ื“ื•ื•ืงื ื ืงื˜ ืกืœื™ืŸ ืฉื”ืžืฉืงื” ื”ื ื•ื˜ืฃ ืžื”ืŸ ื ื•ืคืœ ืœืืจืฅ ื•ื”ื•ืœืš ืœืื™ื‘ื•ื“ ื”ืœื›ืš ืกืชืžื ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ื”:
Et si tu veux, dis : les paniers d'olives et de raisins sont diffรฉrents, etc. Il a prรฉcisรฉment mentionnรฉ des paniers : le liquide qui en coule tombe ร  terre et se perd ; c'est pourquoi, sans intention exprimรฉe, cela ne lui convient pas.
ืืคืงื•ืจื™ ืžืคืงื™ืจ ืœื”ื”ื•ื ืžืฉืงื” ืื‘ืœ ืฉืืจ ื›ืœื™ื ืืคื™ืœื• ืชื•ืชื™ื ื•ืจืžื•ื ื™ื ืื™ืžื ืœืš ืกืชืžื ืœืžืฉืงื”:
Il y renonce : ร  ce liquide. Mais pour les autres rรฉcipients, mรชme de mรปres et de grenades, je te dirai que le cas indรฉterminรฉ est (considรฉrรฉ comme destinรฉ) au liquide.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื‘ืกืชืžื ื•ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื“ื’ืœื™ ื“ืขืชื™ื” ื“ืืžืจ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ ื“ืชื ื™ื ื”ืชื ื‘ื›ืจื™ืชื•ืช ืคืจืง ืืžืจื• ืœื• (ื›ืจื™ืชื•ืช ื“ืฃ ื™ื’.) ื”ืชื™ืจื• ืœื• ืœืžื’ืข ื˜ืžื ืžืช ืœื”ื ื™ืง ืืช ื‘ื ื” ื•ื‘ื ื” ื˜ื”ื•ืจ ื•ืคืจื™ืš ื‘ื ื” ืืžืื™ ื˜ื”ื•ืจ ื›ื™ื•ืŸ ื“ื™ื ืง ื—ืœื‘ ืื™ื˜ืžื™ ืœื™ื” ืžื—ืœื‘ ื•ื›ื™ ืชื™ืžื ืœื ืื™ืชื›ืฉืจ ืื™ืชื›ืฉืจ ื‘ื˜ื™ืคื” ื”ืžืœื•ื›ืœื›ืช ืข"ืค ื”ื“ื“ ื•ืืข"ื’ ื“ื—ืœื‘ ืืฉื” ืžืฉืงื” ื”ื•ื ื•ืื™ืŸ ืฆืจื™ืš ื”ื›ืฉืจ [ืžืฉืžืข ืœื™ื”] ื“ืžื” ืฉื”ื•ื ื‘ืคื™ ื”ืชื™ื ื•ืง ืฉื”ืชื™ื ื•ืง ื™ื•ื ืง ื—ืฉื™ื‘ ื›ืื•ื›ืœ ื•ืฆืจื™ืš ื”ื›ืฉืจ ืœืคื™ ืฉื–ื”ื• ืžืื›ืœื• ืฉืœ ืชื™ื ื•ืง ื•ืงืืžืจ ื“ืื™ืชื›ืฉืจ ื‘ื˜ื™ืคื” ื”ืžืœื•ื›ืœื›ืช ื‘ืคื™ ื”ื“ื“ ื“ื”ื•ื™ ืžืฉืงื” ื›ืกืชื ื—ืœื‘ ื“ืœืื• ืœืื•ื›ืœ ื‘ืขื™ ืœื™ื” ื•ืžืฉื ื™ ืจื‘ ื ื—ืžืŸ ืืžืจ ืจื‘ื” ื‘ืจ ืื‘ื•ื” ื‘ืชืงื™ืคื” ืื—ืช ืฉืœื ื”ื ื™ื— ื˜ื™ืคื” ื”ืžืœื•ื›ืœื›ืช ืข"ืค ื”ื“ื“ ืืžืจ ืจื‘ื ืฉืชื™ ืชืฉื•ื‘ื•ืช ื‘ื“ื‘ืจ ื—ื“ื ื“ืงื ื—ื–ื™ื ืŸ ืœื™ื” ืœืคื•ืžื™ื” ื“ื™ื ื•ืงื ื“ืžืœื ื—ืœื‘ื ื•ืขื•ื“ ืžืงื•ื ื—ืœื‘ ืžืขื™ืŸ ื”ื•ื ื“ื”ื ืชื ืŸ ื—ืœื‘ ื”ืืฉื” ืžื˜ืžื ืœืจืฆื•ืŸ ื•ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ืžืื™ ื”ื™ื ื“ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ื” ื•ืงืชื ื™ ืžื˜ืžื ืคื™' ืืœืžื ื—ืฉื™ื‘ื ื›ืžืขื™ืŸ ืžื“ืžื˜ืžื ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื•ื›ื™ื•ืŸ ื“ื—ืฉื•ื‘ ื›ืžืขื™ืŸ ื’ื ื‘ืคื™ ื”ืชื™ื ื•ืง ื ืžื™ ื™ื”ื ื—ืฉื•ื‘ ื›ืžืฉืงื” ื›ืžื• ืฉืื ื”ื™ื” ืžืขื™ืŸ ื•ืื™ืŸ ืฆืจื™ืš ื”ื›ืฉืจ ื›ืš ืฆืจื™ืš ืœืคืจืฉ ื“ืืช"ืœ ื“ืื™ื ื• ืžื–ื›ื™ืจ ืžืขื™ืŸ ืืœื ื›ืœื•ืžืจ ื“ื›ืžืฉืงื” ื—ืฉื™ื‘ ื"ื› ืžืื™ ืฆืจื™ืš ืœืžื™ืžืจ ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ืžืื™ ื”ื™ื ื›ื•' ื“ืžื“ืงืชื ื™ ืœืจืฆื•ืŸ ืžื˜ืžื ื”ื•"ืž ืœืžื™ืคืจืš ืืœืžื ืœืจืฆื•ืŸ ื—ืฉื™ื‘ ื›ื™ ืžืฉืงื” ื•ืืฉื” ื“ืžื ื™ืงื” ืืช ื‘ื ื” ืœืจืฆื•ืŸ ื”ื•ื ืืœื ืืžืจ ืจื‘ื ื›ื•' ืขื“ ื•ืœืจื‘ื ืžืงื•ื ื—ืœื‘ ืžืขื™ืŸ ื”ื•ื ื•ืœื ืฆืจื™ืš ื”ื›ืฉืจ ื•ื”ืชื ืŸ ื”ืืฉื” ืฉื ื˜ืฃ ื—ืœื‘ ืžื“ื“ื™ื” ื•ื ืคืœ ืœืื•ื™ืจ ื”ืชื ื•ืจ ื”ืชื ื•ืจ ื˜ืžื ื•ืงืฉื™ื ืœืŸ ื‘ืžืื™ ืื™ืชื›ืฉืจ ื•ืืžืจ 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ื‘ืื•ืžืจ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ื” ื•ื”ืชื ืžื˜ืžื ื“ื•ืงื ืกืชืžื ืื‘ืœ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ื” ื˜ื”ื•ืจ ื•ืขื•ื“ ืงืฉื” ืœืจื‘ื™ ืžืื™ ืงืืžืจ ื”ืชื ืืœื ืงืฉื” ื”ื ืžืชื ื™' ื•ืงืืžืจ ื ืžื™ ืžื™ ืกื‘ืจืช ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ื” ื•ืงืืžืจ ื“ืœื ื ื™ื—ื ื˜ื”ื•ืจ ื•ืืžืื™ ื•ื”ื ื˜ืขืžื ืฉืœื ืœืจืฆื•ืŸ ื˜ืžื ื”ื™ื™ื ื• ืžืฉื•ื ื“ื—ืฉื™ื‘ ื“ื ืžื’ืคืชื• ื“ื“ื ื ืขื›ืจ ื•ื ืขืฉื” ื—ืœื‘ ื›ื“ืคื™' ืœืขื™ืœ ื•ื"ื› ื’ื ืืžืจ ืœื ื ื™ื—ื ืœื™ื” ื ืžื™ ื™ื”ื ื˜ืžื. ืž"ืจ:
Non : le-ratson est le cas indรฉterminรฉ, et chelo le-ratson quand il a rรฉvรฉlรฉ son intention en disant 'cela ne me convient pas' : car il est enseignรฉ lร -bas, dans Keritot, chapitre Amrou lo (Keritot 13a) : On lui a permis (ร  la femme impure) par contact d'un mort d'allaiter son fils, et son fils est pur. (La Guemara) objecte : Pourquoi son fils est-il pur ? Puisqu'il a tรชte le lait, il est devenu impur par le lait ! Et si tu dis (que le lait) n'a pas รฉtรฉ rendu apte, il l'a รฉtรฉ par la goutte รฉtalรฉe sur le bout du sein. Bien que le lait de femme soit un liquide et n'ait pas besoin de hekhcher, (on comprend) que ce qui est dans la bouche du nourrisson, ce qu'il tรชte, est considรฉrรฉ comme un aliment et a besoin de hekhcher, car c'est la nourriture du nourrisson. Et (la Guemara) dit qu'il a รฉtรฉ rendu apte par la goutte รฉtalรฉe sur le bout du sein, qui est un liquide comme du lait ordinaire, puisqu'on ne la veut pas comme aliment. Rav Nahman rรฉpond au nom de Rabba bar Avouha : (il a tรชte) d'un seul trait, sans laisser de goutte รฉtalรฉe sur le bout du sein. Rava dit : Il y a deux rรฉfutations ร  cela. D'une part, nous voyons la bouche du nourrisson pleine de lait ; d'autre part, l'emplacement du lait est une source (maayan), car nous avons appris : le lait de femme rend impur avec et sans consentement. Qu'est-ce (que sans consentement) ? Que cela ne lui convient pas, et on enseigne qu'il rend impur. C'est-ร -dire : il est donc considรฉrรฉ comme une source, puisqu'il rend impur sans consentement ; et puisqu'il est considรฉrรฉ comme une source, dans la bouche du nourrisson aussi il doit รชtre considรฉrรฉ comme un liquide, comme une source qui n'a pas besoin de hekhcher. C'est ainsi qu'il faut expliquer. Car si tu dis qu'il ne parle pas de source mais veut dire qu'il est considรฉrรฉ comme un liquide, pourquoi devait-il dire 'sans consentement, qu'est-ce, etc.' ? Du seul fait qu'on enseigne 'avec consentement il rend impur', il aurait pu objecter : il est donc considรฉrรฉ comme un liquide avec consentement, et la femme qui allaite son fils le fait avec consentement. Mais Rava dit, etc., jusqu'ร  : Et selon Rava, l'emplacement du lait est une source et n'a pas besoin de hekhcher ; or nous avons appris : la femme dont le lait a coulรฉ de son sein et est tombรฉ dans l'espace intรฉrieur du four, le four est impur. Et nous nous sommes demandรฉ : par quoi (le lait) a-t-il รฉtรฉ rendu apte ? Et Rabbi Yo'hanan a dit : par la goutte รฉtalรฉe sur le bout du sein. Le Ri s'รฉtonne alors : que signifie 'par quoi a-t-il รฉtรฉ rendu apte' ? S'il a besoin de hekhcher, c'est qu'il est considรฉrรฉ comme un aliment ; et dans ce cas, comment un aliment rendrait-il le four impur ? Un aliment ne rend pas un rรฉcipient impur ! Et le Ri dit que voici le sens : 'nous nous sommes demandรฉ par quoi il a รฉtรฉ rendu apte', c'est-ร -dire : inutile de dire que le four n'est pas impur, mais le lait qui coule du sein lui-mรชme, pourquoi serait-il impur, il n'a pas รฉtรฉ rendu apte ! Et (la Guemara) rรฉpond : par la goutte รฉtalรฉe sur le bout du sein ; et cette goutte รฉtalรฉe elle-mรชme rendra le four impur, car elle est considรฉrรฉe comme un liquide, et un liquide rend un rรฉcipient impur, comme nous le disons au premier chapitre de notre traitรฉ (13b). Dรจs lors l'objection contre Rava est fondรฉe : il dit que mรชme si l'on a dit 'cela ne me convient pas', le lait de femme rend impur car il est considรฉrรฉ comme un liquide, alors qu'ici il est considรฉrรฉ comme un aliment. Mais selon Rav Nahman au nom de Rabba bar Avouha, tout s'explique : ici, oรน l'on a dit 'cela ne me convient pas', il est certainement considรฉrรฉ comme un aliment ; et le lait qui a coulรฉ du sein est considรฉrรฉ comme 'cela ne me convient pas', puisqu'il tombe dans l'espace du four et se perd, et certainement cela ne lui convient pas. (La Guemara) objecte encore lร -bas ร  Rava ร  partir de ce qui est enseignรฉ : Neuf liquides chez le zav : la sueur, l'รฉcoulement fรฉtide et les excrรฉments sont purs de tout ; les larmes de son ล“il, le sang de sa blessure et le lait de la femme rendent impur de l'impuretรฉ des liquides ร  partir d'un reviit ; sa salive, son รฉcoulement et son urine rendent impur d'une impuretรฉ grave en toute quantitรฉ. Or si tu dis que l'emplacement du lait est une source, le lait de la femme devrait lui aussi rendre impur d'une impuretรฉ grave en toute quantitรฉ, comme son รฉcoulement et sa salive ! Mon maรฎtre s'รฉtonne : quelle est l'objection ? En rรฉalitรฉ c'est une source, et pourtant il ne rendra pas impur d'une impuretรฉ grave, car on exige une ressemblance avec la salive, comme dans Nida (56a) : de mรชme que la salive s'amasse, sort et est rรฉabsorbรฉe, de mรชme tout ce qui s'amasse, sort et est rรฉabsorbรฉ ; cela exclut le lait de la femme, qui s'amasse et sort mais n'est pas rรฉabsorbรฉ. Il est รฉtonnant de dire que le fait d'รชtre rรฉabsorbรฉ le fasse considรฉrer comme une source, et pourtant il en est certainement ainsi. Il faut donc dire que si Rava le considรฉrait comme une source, pour qu'il compte comme liquide dans la bouche du nourrisson, c'est parce qu'il pensait qu'il est rรฉabsorbรฉ ; et il en apporte la preuve de la Michna, puisqu'elle enseigne qu'il rend impur sans consentement, c'est-ร -dire quand on a dit 'cela ne me convient pas' : il est donc rรฉabsorbรฉ, sinon, si l'on a dit 'cela ne me convient pas', il ne rendrait pas impur. Maintenant (la Guemara) lui objecte d'ici qu'il n'est pas rรฉabsorbรฉ : l'emplacement du lait de femme n'est donc pas une source. Et elle objecte : s'il en est ainsi, ce que la Michna enseigne, 'il rend impur sans consentement', fait difficultรฉ. Et elle rรฉpond : Penses-tu que chelo le-ratson signifie que cela ne lui convient pas ? Non, chelo le-ratson est le cas indรฉterminรฉ, car l'intention du nourrisson est proche du lait ; mais si l'on a dit 'cela ne me convient pas', il est pur. Et le cas oรน le lait a coulรฉ du sein et est tombรฉ dans le four est considรฉrรฉ comme si l'on avait dit 'cela ne me convient pas', car certainement cela ne lui convient pas puisqu'il se perd. Et ce qu'elle dit, 'chelo le-ratson dans le cas indรฉterminรฉ', c'est quand il tombe dans un bol oรน il ne se perd pas : la raison 'l'intention du nourrisson est proche du lait' suffit alors ร  le faire considรฉrer comme un liquide ; et dans la bouche du nourrisson il est toujours considรฉrรฉ comme un aliment. Dรจs lors le Ri s'รฉtonne : d'abord, dans notre sougya nous concluons l'inverse - le-ratson dans le cas indรฉterminรฉ, et chelo le-ratson quand il a dit 'cela ne me convient pas' - et le cas du lait de femme est semblable ร  celui des olives et des raisins, sinon on ne pourrait pas dire 'le prouveront'. Et si tu dis qu'il suit le 'et si tu veux, dis' : les paniers d'olives et de raisins sont diffรฉrents, puisqu'ils sont vouรฉs ร  la perte il y renonce - la difficultรฉ demeure : de la mรชme faรงon, il faudrait dire que le lait de femme (de la Michna) est celui qui se perd, donc le cas oรน l'on a dit 'cela ne me convient pas' ; or la-bas il ne rend impur que dans le cas indรฉterminรฉ, et 'cela ne me convient pas' est pur. Mon maรฎtre s'รฉtonne encore : que dit-on lร -bas, 'mais la Michna fait difficultรฉ', et encore 'penses-tu que chelo le-ratson signifie que cela ne lui convient pas', en disant que 'cela ne me convient pas' est pur ? Pourquoi ? La raison pour laquelle (le lait sorti) chelo le-ratson est impur, c'est qu'il est considรฉrรฉ comme le sang de sa blessure, car le sang se trouble et devient du lait, comme je l'ai expliquรฉ plus haut ; s'il en est ainsi, mรชme si l'on a dit 'cela ne me convient pas', il devrait รชtre impur. (M.R.)
๐Ÿ’ก Explication

La Guemara rejette l'objection de deux faรงons.

Rรฉponse 1 : dans la Michna, le-ratson inclut le cas indรฉterminรฉ (stam), et chelo le-ratson dรฉsigne seulement le cas oรน le propriรฉtaire a dit expressรฉment : 'cela ne me convient pas'. Le jus sorti en stam compte donc bien comme liquide, en accord avec la baraita.

Rรฉponse 2 : les paniers sont un cas particulier. Le jus qui en suinte tombe ร  terre et se perd ; le propriรฉtaire y renonce d'avance (hefker). Dans un autre rรฉcipient, mรชme le jus de mรปres et de grenades sorti en stam compte comme liquide (Rachi).

Tossefot confronte cette conclusion ร  la sougya de Keritot 13a (la mรจre impure qui allaite), oรน la Guemara semble lire chelo le-ratson comme le cas indรฉterminรฉ, et relรจve les difficultรฉs qui en rรฉsultent.

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Nous avons trouvรฉ que Rabbi Yehouda reconnaรฎt (la position) des Rabbanan pour les olives et les raisins. Que les Rabbanan reconnaissent (la position) de Rabbi Yehouda pour les autres fruits, d'oรน le tirons-nous ?

Car il est enseignรฉ (dans une baraita) : On presse

๐Ÿ’ก Explication

Retour ร  la Michna de Chabbat (143b). La baraita a montrรฉ que Rabbi Yehouda admet l'avis des Rabbanan pour les olives et les raisins : leur jus sorti de lui-mรชme le Chabbat est interdit, mรชme si on les destinait ร  la consommation. La Guemara cherche maintenant l'inverse : les Rabbanan admettent-ils la distinction de Rabbi Yehouda (consommation ou jus) pour les autres fruits ? La preuve, une baraita qui commence par 'On presse...', se poursuit au daf suivant (144b).

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Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).