Shabbat 145b — Témoignage par ouï-dire pour le bekhor ; tremper et rincer à l'eau chaude ; Babel et Erets Israël

Shabbat 145b

Sougya : Le daf achève la discussion sur le témoin rapportant un autre témoin (ed mipi ed) : l'école de Menachya le limite à l'edout icha, et la Guemara conclut qu'il est valable aussi pour le bekhor. Rav Hochaya apporte ensuite une baraita sur les olives et raisins écrasés avant Chabbat, dont le jus coule de lui-même, que Rabbi Eleazar et Rabbi Chimon permettent.

La michna suivante distingue l'aliment déjà cuit, qu'on peut tremper dans l'eau chaude, de celui qui ne l'a pas été, qu'on peut seulement rincer, sauf certains poissons salés pour lesquels le rinçage achève la cuisson (hatat selon Rav Yosef). Le daf s'ouvre enfin sur une aggada : quatre questions de Rabbi Hiya bar Abba sur Babel et Erets Israël, les réponses de Rabbi Asi, puis celles de Rabbi Yo'hanan.

Ed mipi ed (témoin rapportant un autre témoin) : ou est-il valable ? École de Menachya valable seulement pour 'edout icha' Rav Ami (Rav Ati) = témoignage sur la mort du mari -> bekhor : invalide Rav Asi = tout témoignage où une femme est admise -> bekhor : valable Halakha : ed mipi ed valable pour le bekhor (Rav Yeimar ; contre Mareimar) Pourquoi la femme ? Rachi : souci de l'agouna (femme bloquée) Bekhor : le Cohen doit prouver que le défaut n'est pas de son fait ; une femme est admise comme témoin
Ed mipi ed : de l'edout icha au bekhor
Aliment salé et eau chaude le Chabbat (michna) L'aliment a-t-il été cuit (ba bahamin) avant Chabbat ? Oui (ex. poule de Rabbi Abba) on peut le TREMPER dans l'eau chaude Non (ex. viande séchée) on peut seulement le RINCER (pas tremper) Sauf : vieux poisson salé, petits poissons salés, koleyas ha-ispanin : même rincer est interdit = fin de la cuisson Rav Yosef : celui qui les a rincés est passible d'un hatat (bichoul) Mar bar Ravina : appui dans la michna Rincer = geste de préparation ; pour ces poissons, c'est ce geste qui les rend mangeables
Tremper ou rincer à l'eau chaude le Chabbat
Babel et Erets Israël : deux séries de réponses Question : pourquoi... Rabbi Asi Rabbi Yo'hanan volailles grasses à Babel ? Faux : désert de Gaza, il y en a de plus grasses Elles n'ont pas été exilées (Jer. 48,11 : Moav) fêtes joyeuses à Babel ? Parce qu'ils sont pauvres Hors de la malédiction (Hochea 2,13 ; Is. 1,14) sages habillés avec distinction ? Ils ne sont pas bnei Torah Ils ne sont pas bnei mekoman (étrangers) nations souillées ? Elles mangent reptiles et vermine Elles ne se tinrent pas au Sinaï (suite 146a) Rabbi Yo'hanan : ne dis une chose que si elle t est claire comme l'interdit de ta sœur
Les quatre questions sur Babel : réponses de Rabbi Asi et de Rabbi Yohanan
1
אלא לעדות אשה בלבד.

... que pour le témoignage (concernant) une femme seulement.

📜 Rachi (1)
לעדות אשה לומר לאשה מת בעליך דאקילו בה רבנן משום עיגונא וכל דמקדש אדעתא דרבנן מקדש ואפקועי רבנן לקדושין מיניה:
Pour le témoignage d'une femme : pour dire à une femme : Ton mari est mort. Car les Sages ont été indulgents à ce sujet à cause de l'igoun (la femme bloquée sans pouvoir se remarier) ; et quiconque consacre une femme la consacre selon l'accord des Sages, et les Sages ont annulé (rétroactivement) ses kiddouchin.
💡 Explication

Fin de l'enseignement de l'école de Menachya commencé en 145a : le ed mipi ed (témoin qui rapporte ce qu'il a entendu d'un autre témoin) n'est valable que pour l'edout icha, le témoignage permettant à une femme de se remarier. Rachi explique cette indulgence par le souci de l'agouna.

2
איבעיא להו: עד מפי עד לעדות בכור, מהו? רב (אמי) [אתי] אסר, ורב אסי שרי.

Il leur fut demandé (ibaya lehou) : un témoin rapportant un témoin (ed mipi ed) pour le témoignage (concernant) un premier-né (bekhor), qu'en est-il ? Rav Ati l'interdisait et Rav Asi le permettait.

📜 Rachi (1)
לעדות בכור בכור ביד כהן כשנתנו ישראל לו שלם ואירע לו בו מום קי"ל בבכורות (דף לה.) נחשדו כהנים להטיל מום בבכור ואין נאמן לומר מום זה נפל בו מאיליו וצריך להביא עדים ואמרינן התם דאשה כשרה לעדות זו:
Pour le témoignage du bekhor : un premier-né (animal) entre les mains d'un Cohen, que l'Israélite lui a donné intact, et il lui est survenu un défaut. Nous tenons (traité Bekhorot 35a) que les Cohanim ont été soupçonnés d'infliger un défaut au bekhor, et il n'est pas cru pour dire : ce défaut est survenu de lui-même ; il doit amener des témoins. Et on dit là-bas qu'une femme est valable pour ce témoignage.
💡 Explication

Un bekhor (premier-né d'un animal cacher) atteint d'un moum (défaut) peut être abattu et mangé par le Cohen, à condition qu'il prouve ne pas avoir provoqué le défaut. La question : peut-on accepter pour cela un témoignage par ouï-dire ?

3
אמר ליה רב אמי לרב אסי: והא תנא דבי מנשיא: אין עד מפי עד כשר אלא לעדות אשה בלבד! אימא: לעדות שהאשה כשרה לה בלבד. רב יימר אכשר עד מפי עד לבכור. קרי עליה מרימר: יימר שרי בוכרא. והלכתא עד מפי עד כשר לבכור.

Rav Ami dit à Rav Asi : Mais l'école de Menachya a enseigné : Le témoin rapportant un témoin n'est valable que pour le témoignage (concernant) une femme seulement ! - Dis : pour un témoignage pour lequel la femme est valable seulement. Rav Yeimar a validé le témoin rapportant un témoin pour le bekhor.

Mareimar l'appela : Yeimar qui permet le premier-né ! Et la halakha est : le témoin rapportant un témoin est valable pour le bekhor.

📜 Rachi (1)
אימא לעדות שהאשה כשרה לה והאי נמי כשרה לה:
Dis : pour un témoignage pour lequel la femme est valable : et pour celui-ci aussi, elle est valable.
💡 Explication

Rav Asi relit la baraita : edout icha ne désigne pas le témoignage sur une femme, mais tout témoignage où une femme est admise. Or pour le bekhor une femme est admise, donc le ouï-dire aussi. Mareimar critique Rav Yeimar par un jeu de mots, mais la halakha suit Rav Yeimar.

4
חלות דבש. כי אתא רב הושעיא מנהרדעא אתא ואייתי מתניתא בידיה: זיתים וענבים שריסקן מערב שבת, ויצאו מעצמן — אסורין. ורבי אלעזר ורבי שמעון מתירין.

Les rayons de miel. Quand Rav Hochaya vint de Nehardea, il vint en apportant une baraita : Les olives et les raisins qu'on a écrasés la veille de Chabbat et (dont le jus) est sorti de lui-même sont interdits ; et Rabbi Eleazar et Rabbi Chimon permettent.

⚖️ Rosh (1)
חלות דבש וכו' כי אתא רב אושעיא מנהרדעא אייתי מתניתא בידיה זיתים וענבים שריסקן מע"ש ויצאו מעצמן אסורים ר' אלעזר ור' שמעון מתירין. ופסק בעל הלכות משמיה דרב צמח בן פלטוי ריש מתיבתא הלכתא כר' אלעזר ור' שמעון:
Les rayons de miel, etc. Quand Rav Hochaya vint de Nehardea, il apporta une baraita : Les olives et les raisins qu'on a écrasés la veille de Chabbat et (dont le jus) est sorti de lui-même sont interdits ; Rabbi Eleazar et Rabbi Chimon permettent. Et le Baal Halakhot a tranché au nom de Rav Tsemah ben Paltoi, chef de l'académie : la halakha est comme Rabbi Eleazar et Rabbi Chimon.
💡 Explication

Retour à la michna (143b) : selon Rabbi Eliezer, le miel qui coule de lui-même des rayons le Chabbat est permis. La baraita de Rav Hochaya étend la discussion aux olives et raisins écrasés avant Chabbat. Le Roch rapporte que la halakha suit les permissifs.

5
אמר רב יוסף: גברא יתירא אתא לאשמועינן. אמר ליה אביי: טובא קא משמע לן, דאי ממתניתין הוה אמינא: התם הוא — דמעיקרא אוכלא ולבסוף אוכלא, אבל הכא דמעיקרא אוכלא ולבסוף משקה — אימא לא, קא משמע לן.

Rav Yosef dit : Est-il venu nous apprendre un homme de plus ? Abaye lui dit : Il nous apprend beaucoup.

Car d'après notre michna, j'aurais dit : là-bas (le miel, c'est permis) parce qu'au début c'est un aliment et à la fin c'est un aliment ; mais ici, où au début c'est un aliment et à la fin c'est un liquide, dis que non. Il nous apprend (que même ici c'est permis).

📜 Rachi (2)
גברא יתירא ר"ש דמתני' ר"א תנן בה:
Un homme de plus : Rabbi Chimon ; (car) dans notre michna, nous avons appris Rabbi Eliezer.
אתא לאשמעינן בתמיה כלומר מה בא ללמדנו אם לא זאת:
Est-il venu nous apprendre : sur le ton de l'étonnement, c'est-à-dire : qu'est-il venu nous apprendre, sinon cela ?
💡 Explication

Rav Yosef pense que la baraita n'ajoute qu'un nom. Abaye montre l'apport : le miel reste un okhel (aliment) une fois sorti ; le jus d'olive ou de raisin devient un machke (liquide). On aurait pu penser que ce changement d'état rend l'interdit plus strict ; la baraita enseigne que les permissifs permettent aussi dans ce cas.

6
מתני׳ כל שבא בחמין מערב שבת — שורין אותו בחמין בשבת. וכל שלא בא בחמין מערב שבת — מדיחין אותו בחמין בשבת, חוץ מן המליח הישן ודגים מלוחין קטנים וקולייס האיספנין, שהדחתן זו היא גמר מלאכתן.

MICHNA. Tout ce qui est entré dans l'eau chaude la veille de Chabbat, on peut le tremper dans l'eau chaude le Chabbat.

Et tout ce qui n'est pas entré dans l'eau chaude la veille de Chabbat, on peut le rincer à l'eau chaude le Chabbat, sauf le vieux poisson salé, les petits poissons salés et le koleyas ha-ispanin, car leur rinçage est l'achèvement de leur travail (gmar melakhtan).

📜 Rachi (6)
מתני' כל שבא בחמין כלומר שנתבשל:
Tout ce qui est entré dans l'eau chaude : c'est-à-dire qui a été cuit.
שורין אותו בחמין כדי שיהא נמוח:
On le trempe dans l'eau chaude : pour qu'il se ramollisse.
וכל שלא בא בחמין כגון בשר יבש שאוכלין אותו חי ע"י הדחק:
Et tout ce qui n'est pas entré dans l'eau chaude : par exemple de la viande séchée, qu'on mange crue difficilement.
מדיחין אותו ולא אמרי' זהו בישוליה אבל לא שורין:
On le rince : et on ne dit pas que c'est cela sa cuisson ; mais on ne le trempe pas.
חוץ מן המליח ישן דג מליח של שנה שעברה:
Sauf le vieux poisson salé : un poisson salé de l'année précédente.
וקולייס האיספנין שם דג שאוכלין אותו מחמת מלחו ע"י הדחה בחמין והנך אפילו הדחה נמי לא שזהו גמר מלאכתן והוי בשול:
Et le koleyas ha-ispanin : nom d'un poisson qu'on mange, à cause de son sel, par un rinçage à l'eau chaude ; et pour ceux-là, même le rinçage (est interdit), car c'est l'achèvement de leur travail, et c'est une cuisson (bichoul).
⚖️ Rosh (1)
מתני' כל שבא בחמין מלפני השבת שורין אותו בחמין בשבת וכל שלא בא בחמין מלפני השבת מדיחין אותו בחמין חוץ מן המליח הישן וקולייס האספנין שהדחתן זו היא גמר מלאכתן:
MICHNA. Tout ce qui est entré dans l'eau chaude avant Chabbat, on peut le tremper dans l'eau chaude le Chabbat ; et tout ce qui n'est pas entré dans l'eau chaude avant Chabbat, on peut le rincer à l'eau chaude, sauf le vieux poisson salé et le koleyas ha-ispanin, car leur rinçage est l'achèvement de leur travail.
💡 Explication

Principe : ein bichoul ahar bichoul pour un aliment sec déjà cuit ; le tremper ne le cuit pas à nouveau. Un aliment jamais cuit peut être rincé (geste bref) mais non trempé. Exception : les poissons salés durs, que le seul rinçage rend comestibles ; ce rinçage est donc la gmar melakha (achèvement du travail) de la cuisson.

🖼️ Schéma
Aliment salé et eau chaude le Chabbat (michna) L'aliment a-t-il été cuit (ba bahamin) avant Chabbat ? Oui (ex. poule de Rabbi Abba) on peut le TREMPER dans l'eau chaude Non (ex. viande séchée) on peut seulement le RINCER (pas tremper) Sauf : vieux poisson salé, petits poissons salés, koleyas ha-ispanin : même rincer est interdit = fin de la cuisson Rav Yosef : celui qui les a rincés est passible d'un hatat (bichoul) Mar bar Ravina : appui dans la michna Rincer = geste de préparation ; pour ces poissons, c'est ce geste qui les rend mangeables
Arbre de décision de la michna
7
גמ׳ כגון מאי? אמר רב ספרא: כגון תרנגולתא דרבי אבא. ואמר רב ספרא: זימנא חדא איקלעית להתם, ואוכלן מיניה, ואי לא רבי אבא דאשקיין חמרא בר תלתא טרפי — איתנסי.

GUEMARA. Par exemple quoi ?

Rav Safra dit : Par exemple la poule de Rabbi Abba. Et Rav Safra dit : Une fois je suis arrivé là-bas et il m'en a fait manger ; et si Rabbi Abba ne m'avait pas fait boire du vin de trois feuilles (trois ans), j'aurais été forcé (de vomir).

📜 Rachi (4)
גמ' כגון מאי הוי בא בחמין שחוזרין ושורין אותו בחמין:
Par exemple quoi : (quel aliment) est entré dans l'eau chaude et on le trempe de nouveau dans l'eau chaude ?
תרנגולתיה דר' אבא מבשלה ושורה אותה ימים רבים בחמין למחות מאליה ואוכלה לרפואה:
La poule de Rabbi Abba : il la cuisait et la faisait tremper de nombreux jours dans l'eau chaude jusqu'à ce qu'elle se dissolve d'elle-même, et il la mangeait comme remède.
בר תלתא טרפי בן ג' שנים:
De trois feuilles : âgé de trois ans.
אתנוסי הייתי נאנס להקיא מחמת מיאוס:
J'aurais été forcé : j'aurais été contraint de vomir à cause du dégoût.
⚖️ Rosh (2)
גמ' כל שבא כו' מאי היא כגון תרנגולתא דר' אבא פי' שהיתה מלוחה ביותר וכשרוצין לאוכלה שורין אותה במים חמין אם הובאה בחמין לפני השבת שורין בשבת ואם לאו אסור. וכל שלא בא בחמין איבעיא להו הדיח מאי. אמר רב יוסף הדיח חייב חטאת:
GUEMARA. Tout ce qui est entré, etc. Qu'est-ce ? Par exemple la poule de Rabbi Abba. Explication : elle était très salée, et quand on veut la manger, on la trempe dans l'eau chaude ; si elle est entrée dans l'eau chaude avant Chabbat, on la trempe le Chabbat, sinon c'est interdit. Et tout ce qui n'est pas entré dans l'eau chaude : il leur fut demandé : s'il a rincé, qu'en est-il ? Rav Yosef dit : s'il a rincé, il est passible d'un hatat.
ורש"י פירש לעיל גזירה שמא ירתיח קדירה שנצטננה כשירצה להטמינה וירתיחנה בתחלה באור ונמצא מבשל בשבת ופריך אי הכי בין השמשות נמי נגזר דהא שבות מעליא הוי דהא איכא גזירת איסור דאורייתא וכן לעיל בפרק קמא דף יח: גבי יורה עקורה דפריך והלא מגיס ופירש רש"י ובמבושל הוי בשול מדרבנן למדנו שאף בתבשיל שנתבשל ונצטנן שייך ביה בישול כיון שיש בו משקה והא דאמרינן כל שבא בחמין לפני השבת שורין אותו בחמין בשבת היינו דבר יבש כגון תרנגולתא דרבי אבא לקמן בפרק חבית (שבת דף קמה:) ונראה לי להביא ראיה לדבריו מהא דתניא במסכת יו"ט בפרק המביא יין ת"ר אחד מביא האור ואחד מביא העצים ואחד שופת את הקדירה ואחד נותן לתוכה מים ואחד נותן לתוכה תבלין אחד מגיס בה כולן חייבין אע"פ שאותו שנתן לתוכה מים נתחייב משום מבשל המגיס בה נמי חייב משום מבשל אלמא יש בישול אחר בישול ואע"פ שהרתיח ואיכא למידחי דעד שלא נתבשל כמאכל בן דרוסאי כל המקרב בישולו חייב ואחר שנתבשל כמאכל בן דרוסאי אפשר דאין בישול אחר בישול ומסתברא דעד שלא הגיע למאכל בן דרוסאי כל המקרב בישולו חייב ואחר שהגיע למאכל בן דרוסאי אם נצטנן והרתיחו חייב כדפי' רש"י לעיל גבי שמא ירתיח והא דפריך בפרק קמא והלא מגיס אפילו ביורה רותחת איכא למימר סמנין לצבוע בהן צריך בישול לעולם אי נמי לאו משום בישול פריך אלא משום צובע כשהוא מגיס מכניס הסממנין בצמר. ה"ד יד סולדת בו אמר רחבא כל שכריסו של קטן נכוית ממנו א"ר יצחק בר אבדימי פעם אחת נכנסתי אחר רבי לבית המרחץ ובקשתי להניח פך שמן באמבטי אמר לי טול בכלי שני ותן שמע מינה תלת שמע מינה שמן יש בו משום בישול ושמע מינה כלי שני אין בו משום בישול ושמע מינה הפשירו לא זהו בישולו:
Et Rachi a expliqué plus haut : (c'est une) guezera, de peur qu'on ne fasse bouillir une marmite refroidie quand on veut l'enfouir (hatmana), qu'on la fasse d'abord bouillir sur le feu, et on se trouverait cuire le Chabbat. Et (la Guemara) objecte : s'il en est ainsi, on devrait aussi décréter à bein hachmachot (entre chien et loup), car c'est un chevout important, puisqu'il y a la crainte d'un interdit de la Torah. Et de même plus haut, au premier chapitre (18b), à propos de la chaudière retirée (yora akoura), où (la Guemara) objecte : mais il remue (mégis) ! Et Rachi a expliqué : et pour ce qui est cuit, c'est une cuisson d'ordre rabbinique. Nous avons appris que même pour un plat qui a été cuit et s'est refroidi, la cuisson s'applique, puisqu'il contient du liquide. Et ce qu'on dit : tout ce qui est entré dans l'eau chaude avant Chabbat, on peut le tremper dans l'eau chaude le Chabbat, c'est une chose sèche, comme la poule de Rabbi Abba, plus loin au chapitre Havit (Chabbat 145b). Et il me semble qu'on peut apporter une preuve à ses paroles de ce qui est enseigné au traité Yom Tov (Beitsa), chapitre Hamevi yayin : Nos maîtres ont enseigné : l'un apporte le feu, l'un apporte le bois, l'un pose la marmite, l'un y met l'eau, l'un y met les épices, l'un remue ; tous sont passibles. Bien que celui qui a mis l'eau soit déjà passible pour avoir cuit, celui qui remue est aussi passible pour avoir cuit ; il en ressort qu'il y a cuisson après cuisson, même après ébullition. Mais on peut rejeter (cette preuve) : tant que (le plat) n'est pas cuit comme la nourriture de Ben Drossai, quiconque rapproche sa cuisson est passible ; et une fois cuit comme la nourriture de Ben Drossai, il est possible qu'il n'y ait pas de cuisson après cuisson. Et il est raisonnable (de dire) : tant qu'il n'a pas atteint (le stade de) la nourriture de Ben Drossai, quiconque rapproche sa cuisson est passible ; et après qu'il l'a atteint, s'il s'est refroidi et qu'on l'a fait bouillir, on est passible, comme Rachi l'a expliqué plus haut à propos de : de peur qu'on ne fasse bouillir. Et ce qu'on objecte au premier chapitre : mais il remue, même dans une chaudière bouillante, on peut dire : des ingrédients pour teindre ont toujours besoin de cuisson ; ou bien l'objection n'est pas au titre de la cuisson, mais au titre de la teinture (tsovea), car en remuant il fait entrer les ingrédients dans la laine. Comment (définit-on) yad soledet bo (la main s'en retire) ? Rahava dit : tout ce dont le ventre d'un petit enfant serait brûlé. Rabbi Yitshak bar Avdimi dit : une fois je suis entré derrière Rabbi aux bains, et j'ai voulu poser une fiole d'huile dans la baignoire ; il m'a dit : prends-en avec un keli cheni (second récipient) et mets-la. On en apprend trois choses : on en apprend que l'huile est soumise à (l'interdit de) cuisson ; on en apprend qu'un keli cheni n'est pas soumis à (l'interdit de) cuisson ; et on en apprend que tiédir n'est pas sa cuisson.
💡 Explication

La Guemara cherche un aliment déjà cuit qu'on aurait encore besoin de tremper : la poule de Rabbi Abba, trempée longuement jusqu'à se dissoudre, consommée comme remède. Rav Safra raconte qu'elle le dégoûtait.

Le Roch déduit de la michna la règle ein bichoul ahar bichoul pour le sec (davar yavech) ; pour un plat contenant du liquide et refroidi, la cuisson s'applique à nouveau. Il définit aussi yad soledet bo et le statut du keli cheni.

8
רבי יוחנן רייק מכותח דבבלאי. אמר רב יוסף: ולירוק אנן מתרנגולתא דרבי אבא. ועוד, אמר רב גזא: זימנא חדא איקלעית להתם, ועבדית כותח דבבלאי, שאילו מיניה כל בריחי מערבא.

Rabbi Yo'hanan crachait (au souvenir) du koutah des Babyloniens. Rav Yosef dit : Et nous, crachons (au souvenir) de la poule de Rabbi Abba !

Et de plus, Rav Gaza dit : Une fois je suis arrivé là-bas et j'ai fait du koutah babylonien, et tous les malades de l'Occident (Erets Israël) m'en ont demandé.

📜 Rachi (5)
רייק רוקק מכותחא דבבלאי כשזוכרו שהיה מאוס בעיניו:
Crachait : il crachait (au souvenir) du koutah des Babyloniens quand il s'en souvenait, car c'était répugnant à ses yeux.
אמר רב יוסף כו' קשה היה בעיניו שנמאסין בני בבל על בני ארץ ישראל אמר אנו נמי יש לנו לרוק מתרנגולתיה דר' אבא שהם אוכלים:
Rav Yosef dit, etc. : il lui était pénible que les gens de Babel soient méprisés par ceux d'Erets Israël ; il dit : nous aussi, nous avons de quoi cracher devant la poule de Rabbi Abba qu'ils mangent.
ועוד כותח אינו מאוס כל כך בעיני שאר בני מערבא:
Et de plus, le koutah : n'est pas si répugnant aux yeux des autres gens de l'Occident.
דהא אמר רב גזא כו' ושאילו מיניה אותו כותח:
Car Rav Gaza a dit, etc. : et ils lui ont demandé ce koutah.
בריחי חולים:
Berihei : les malades.
💡 Explication

Le koutah est une sauce babylonienne à base de lait aigre et de pain moisi. Échange de goûts entre les deux communautés ; Rav Gaza montre que le koutah était apprécié en Erets Israël par les malades.

9
כל שלא בא בחמין וכו׳. הדיח מאי? אמר רב יוסף: הדיח — חייב חטאת. אמר מר בריה דרבינא: אף אנן נמי תנינא: חוץ ממליח ישן וקולייס האיספנין, שהדחתן זו היא גמר מלאכתן. שמע מינה.

Tout ce qui n'est pas entré dans l'eau chaude, etc. S'il a rincé, qu'en est-il ?

Rav Yosef dit : S'il a rincé, il est passible d'un hatat. Mar, fils de Ravina, dit : Nous aussi l'avons appris : sauf le vieux poisson salé et le koleyas ha-ispanin, car leur rinçage est l'achèvement de leur travail.

On en apprend (qu'il en est ainsi).

📜 Rachi (2)
הדיח קולייס מאי:
S'il a rincé : le koleyas, qu'en est-il ?
חייב חטאת דהוי בישול:
Passible d'un hatat : car c'est une cuisson.
💡 Explication

Le rinçage de ces poissons est la gmar melakha ; selon Rav Yosef, il constitue une melakha de la Torah (bichoul), et celui qui l'a fait par inadvertance doit un korban hatat. Mar bar Ravina le lit dans la formule même de la michna.

10
יתיב רבי חייא בר אבא ורבי אסי קמיה דרבי יוחנן, ויתיב רבי יוחנן וקא מנמנם. אמר ליה רבי חייא בר אבא לרבי אסי: מפני מה עופות שבבבל שמנים? אמר ליה: כלך למדבר עזה ואראך שמנים מהן. מפני מה מועדים שבבבל שמחים? מפני שהן עניים. מפני מה תלמידי חכמים שבבבל מצויינין? לפי שאינן בני תורה. מפני מה גוים מזוהמים? מפני שאוכלין שקצים ורמשים.

Rabbi Hiya bar Abba et Rabbi Asi étaient assis devant Rabbi Yo'hanan, et Rabbi Yo'hanan était assis et somnolait. Rabbi Hiya bar Abba dit à Rabbi Asi : Pourquoi les volailles de Babel sont-elles grasses ?

Il lui dit : Va au désert de Gaza et je t'en montrerai de plus grasses qu'elles. Pourquoi les fêtes de Babel sont-elles joyeuses ?

Parce qu'ils sont pauvres. Pourquoi les sages de Babel se distinguent-ils (par leurs vêtements) ?

Parce qu'ils ne sont pas des bnei Torah. Pourquoi les nations sont-elles souillées ?

Parce qu'elles mangent des reptiles et de la vermine.

📜 Rachi (8)
מפני מה עופות שבבבל שמנים משל א"י:
Pourquoi les volailles de Babel sont-elles grasses : (plus) que celles d'Erets Israël.
כלך לכה לך אלא שקיצר הלשון:
Kalakh : va (lekha lakh), mais il a abrégé l'expression.
למדבר עזה והיא מא"י:
Au désert de Gaza : qui fait partie d'Erets Israël.
מועדים שבבבל שמחים רגילים לשמוח במועדים יותר מא"י:
Les fêtes de Babel sont joyeuses : ils ont l'habitude de se réjouir aux fêtes plus qu'en Erets Israël.
מפני שהם עניים וכל השנה אין להם שמחה במאכל ומשתה ואין להם מרגוע ממלאכה לפיכך במועדים כל שמחתם:
Parce qu'ils sont pauvres : et toute l'année ils n'ont pas de joie par la nourriture et la boisson, ni de repos du travail ; c'est pourquoi toute leur joie est aux fêtes.
מצויינין מציינין עצמן בלבושים נאים:
Metsouyanin : ils se distinguent par de beaux vêtements.
מצויינין מקושטין:
Metsouyanin : parés.
שאינן בני תורה כל כך לכבדם כבני ארץ ישראל מחמת תורתם מכבדים אותם מחמת לבושיהן שנראין חשובים:
Parce qu'ils ne sont pas bnei Torah : (au point) qu'on les honore comme les gens d'Erets Israël en raison de leur Torah ; on les honore en raison de leurs vêtements, qui les font paraître importants.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מפני מה תלמידי חכמים שבבבל מצינים? לפי שאינן בני תורה. הדבר יפלא איך סלקא דעתך לגנות כל כך בחכמי בבל אשר בזמן רבי יוחנן היו עיקר החכמים בבבל, וחד מינן דסליק להתם הוי כתרי מנייהו (כתובות עה.)? ונראה לי בס"ד דאמרינן בגמרא (בבא מציעא פה.) כל שהוא תלמיד חכם ובנו ובן בנו תלמידי חכמים שוב אין תורה פוסקת מזרעו, כי בדור שלישי נעשה אכסניה של תורה, ואז מדור שלישי ואילך נקראים בני תורה , ואפשר כי בארץ ישראל באותם הימים היו נמצאים הרבה שנקראים בני תורה דהיינו שלשה דורות של אבותם בזה אחר זה כולם היו תלמידי חכמים, אבל בבבל אף על פי שמצויים תלמידי חכמים הרבה הנה אלו שנקראים בני תורה אינם מצויים הרבה. והנה בודאי אלו שנקראים בני תורה שיש להם חזקת אבות בתורה מכמה דורות הם נודעים וניכרים לכל המון העם, ואלו אין צריכים לציין עצמם בבגדים חשובים כי יכירום בלאו הכי וינהגו בהם כבוד תלמידי חכמים, אבל אותם שאין להם חזקת אבות בתורה שאין נקראים בני תורה אין ניכרים לכל המון העם, ולכן הם מציינין עצמם בבגדים חשובים כך הוה סלקא דעתך מעיקרא.
Pourquoi les sages de Babel se distinguent-ils ? Parce qu'ils ne sont pas bnei Torah. La chose est étonnante : comment pouvait-on penser dénigrer à ce point les sages de Babel, alors qu'à l'époque de Rabbi Yo'hanan les principaux sages étaient à Babel, et que l'un des nôtres qui monte là-bas vaut deux des leurs (Ketoubot 75a) ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, (que l'explication est) ce qu'on dit dans la Guemara (Baba Metsia 85a) : quiconque est talmid 'hakham, ainsi que son fils et le fils de son fils, la Torah ne cesse plus de sa descendance, car à la troisième génération (la Torah) se fait une demeure (akhsania) ; alors, à partir de la troisième génération, ils sont appelés bnei Torah. Et il est possible qu'en Erets Israël, en ces jours, il y ait eu beaucoup de gens appelés bnei Torah, c'est-à-dire dont trois générations d'ancêtres successives étaient toutes des talmidei hakhamim ; mais à Babel, bien qu'il s'y trouve beaucoup de talmidei hakhamim, ceux qui sont appelés bnei Torah n'y sont pas nombreux. Or, ceux qui sont appelés bnei Torah, qui ont une hazaka (présomption) d'ancêtres dans la Torah depuis plusieurs générations, sont connus et reconnus de toute la foule du peuple ; ceux-là n'ont pas besoin de se distinguer par des vêtements importants, car on les reconnaît de toute façon et on leur rend l'honneur des talmidei hakhamim. Mais ceux qui n'ont pas de hazaka d'ancêtres dans la Torah, qui ne sont pas appelés bnei Torah, ne sont pas reconnus de toute la foule du peuple ; c'est pourquoi ils se distinguent par des vêtements importants. Voilà ce qu'on pensait au départ.
💡 Explication

Passage aggadique. Rabbi Hiya bar Abba pose quatre questions ; Rabbi Asi y répond sans vérifier. Pour les sages, bnei Torah est compris par Rachi comme un manque d'érudition. Le Ben Yehoyada lit l'expression autrement : le ben Torah est celui dont trois générations successives étaient des sages ; celui-là est reconnu sans signe extérieur.

🖼️ Schéma
Babel et Erets Israël : deux séries de réponses Question : pourquoi... Rabbi Asi Rabbi Yo'hanan volailles grasses à Babel ? Faux : désert de Gaza, il y en a de plus grasses Elles n'ont pas été exilées (Jer. 48,11 : Moav) fêtes joyeuses à Babel ? Parce qu'ils sont pauvres Hors de la malédiction (Hochea 2,13 ; Is. 1,14) sages habillés avec distinction ? Ils ne sont pas bnei Torah Ils ne sont pas bnei mekoman (étrangers) nations souillées ? Elles mangent reptiles et vermine Elles ne se tinrent pas au Sinaï (suite 146a) Rabbi Yo'hanan : ne dis une chose que si elle t est claire comme l'interdit de ta sœur
Les quatre questions et les deux séries de réponses
11
איתער בהו רבי יוחנן, אמר להו: דרדקי! לא כך אמרתי לכם: ״אמור לחכמה אחותי את״ — אם ברור לך הדבר כאחותך שהיא אסורה לך — אומרהו, ואם לאו — לא תאמרהו. אמרו ליה: ולימא לן מר איזה מהן? מפני מה עופות שבבבל שמנים — מפני שלא גלו, שנאמר: ״שאנן מואב מנעוריו ושקט הוא אל שמריו ובגולה לא הלך״.

Rabbi Yo'hanan se réveilla à cause d'eux et leur dit : Enfants ! Ne vous ai-je pas dit : "Dis à la sagesse : tu es ma sœur" (Michle 7,4) ?

Si la chose t'est claire comme ta sœur, qui t'est interdite, dis-la ; et sinon, ne la dis pas. Ils lui dirent : Que le maître nous dise lesquelles (étaient fausses).

Pourquoi les volailles de Babel sont-elles grasses ? Parce qu'elles n'ont pas été exilées, ainsi qu'il est dit : "Moav a été tranquille dès sa jeunesse, il reposait sur sa lie, et il n'est pas allé en exil" (Yirmeyahou 48,11).

📜 Rachi (3)
דרדקי בחורים שלא הגיעו לסברא:
Dardekei : des jeunes gens qui ne sont pas parvenus au raisonnement (juste).
מפני שלא גלו העופות כמו אותן של א"י כדאמרינן לקמן:
Parce qu'elles n'ont pas été exilées : les volailles, comme celles d'Erets Israël, ainsi que nous le dirons plus loin.
שאנן מואב מנעוריו וגו' סיפיה דקרא על כן עמד טעמו בו אלמא הגולין מפיגין טעמן ושמנן:
Moav a été tranquille dès sa jeunesse, etc. : la fin du verset est : "c'est pourquoi son goût est demeuré en lui" ; il en ressort que ceux qui sont exilés perdent leur goût et leur graisse.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אם ברור לך הדבר כאחותך, שהיא אסורה לך, אמרהו. הקשה הרב תאוה לעינים ז"ל רבים שאלו אדנקט קרא צד איסור דהיינו אחותו, לינקוט צד היתר ולכתוב אמר לחכמה 'אשתי' את, לומר אם ברור לך הדבר כאשתך, שמתרת לך, אמרהו עד כאן לשונו. ויש להוסיף יותר על הקושיא, כיון דאמרינן (שמות רבה לג, ז) אל תקרי מורשה אלא מארסה, נמצא התורה בלאו הכי נדמית לאשה והוה ליה למימר 'אשתי אשת'? ועוד קיימא לן כחא דהתירא עדיף, ואם כן עדיף טפי למנקט הדמיון על ההיתר? ונראה לי בס"ד דהיתר של אשתו הוא רק בימי טהרתה וזה אינו ברור אצלו כשמש, כי אם רק על פי דבריה שאומרת טהורה היא שהתורה האמינה אותה, ולכן לא עשה הדמיון על היתר אשתו. ועוד נראה לי בס"ד כי עיקר ההיתר של אשתו בנשאו אותה אינו ברור כשמש, אלא הוא משום דאזלינן בתר רובא וכמה שנאמר בגמרא דחולין (דף יא), מנלן דאזלינן בתר רובא (שמות כא, טו) ממכה אביו ואמו מות יומת, ודילמא לאו אביו הוא, וכן כאן דילמא אביו זינה עם אמה של אשתו ונמצאת אסורה לו כי היא אחותו מאביו, או שמא היא לבדה ממזרת ואסורה בקהל, ונמצא היתר נשואין האיש עם האשה הוא משום דאזלינן בתר רובא, אבל איסר אחותו הוא ברור דשניהם יצאו מרחם אחת לעיני הכל, וכן נמי יש ספק בהיתר אשתו שמא זינתה תחתיו והרי היא אסורה עליו.
Si la chose t'est claire comme ta sœur, qui t'est interdite, dis-la. Le Rav Taava Laeinayim a objecté : beaucoup ont demandé pourquoi le verset a pris le côté de l'interdit, c'est-à-dire sa sœur ; il aurait dû prendre le côté du permis et écrire : Dis à la sagesse : tu es ma femme, pour dire : si la chose t'est claire comme ta femme, qui t'est permise, dis-la. Fin de citation. Et on peut ajouter à la question : puisqu'on dit (Chemot Rabba 33,7) : ne lis pas moracha (héritage) mais meorassa (fiancée), la Torah est de toute façon comparée à une femme, et il aurait dû dire : tu es ma femme ! De plus, nous tenons que la force du permis est supérieure (koha deheteira adif) ; il aurait donc été préférable de prendre la comparaison du côté du permis. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la permission de sa femme ne vaut que pendant ses jours de pureté, et cela ne lui est pas clair comme le soleil ; ce n'est que selon ses paroles à elle, quand elle dit qu'elle est pure, car la Torah l'a crue. C'est pourquoi il n'a pas fait la comparaison avec la permission de sa femme. Et il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que le fondement même de la permission de sa femme, lorsqu'il l'a épousée, n'est pas clair comme le soleil ; il repose sur le fait qu'on suit la majorité (rov), comme il est dit dans la Guemara de Houlin (11a) : d'où savons-nous qu'on suit la majorité ? De "celui qui frappe son père ou sa mère sera mis à mort" (Chemot 21,15) - et peut-être n'est-ce pas son père ? De même ici : peut-être son père a-t-il eu une relation illicite avec la mère de sa femme, et elle lui serait interdite, étant sa sœur de père ; ou peut-être est-elle seule mamzeret et interdite d'entrer dans l'assemblée. Il en ressort que la permission du mariage de l'homme avec la femme repose sur le fait qu'on suit la majorité ; mais l'interdit de sa sœur est clair, car tous deux sont sortis du même ventre aux yeux de tous. De même, il y a aussi un doute dans la permission de sa femme : peut-être a-t-elle été infidèle pendant qu'elle était avec lui, et elle lui est alors interdite.
ולימא לן מר איזה מהם. יש להקשות אמאי בקשו ממנו רק על מקצתם? ונראה לי בס"ד דלא סלקא דעתך שטעו בכולם אלא חשבו שמצא טעות במקצתם אחת או שתים, ולזה אמר לימא מר איזה מהן שלא ערבו לך.
Que le maître nous dise lesquelles. On peut demander : pourquoi ne lui ont-ils demandé que certaines d'entre elles ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils ne pensaient pas s'être trompés dans toutes, mais pensaient qu'il avait trouvé une erreur dans certaines, une ou deux ; c'est pourquoi ils dirent : que le maître dise lesquelles ne t'ont pas plu.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan reprend ses élèves : on n'énonce une explication que si elle est aussi certaine que l'interdit de sa sœur. Puis il donne ses propres réponses. Première réponse : les volailles de Babel n'ont pas connu l'exil ; le verset sur Moav montre que celui qui n'est pas exilé garde sa saveur.

12
והכא מנלן דגלו? דתניא, רבי יהודה אומר: חמשים ושתים שנה לא עבר איש ביהודה, שנאמר: ״על ההרים אשא בכי ונהי וגו׳ מעוף השמים ועד בהמה נדדו הלכו״, ״בהמה״ בגימטריא חמשין ותרתין הוו.

Et ici (en Erets Israël), d'où savons-nous qu'ils ont été exilés ? Car il est enseigné : Rabbi Yehouda dit : Pendant cinquante-deux ans, nul homme n'est passé en Juda, ainsi qu'il est dit : "Sur les montagnes j'élèverai des pleurs et une lamentation... depuis l'oiseau du ciel jusqu'à la bête (behema), ils ont fui, ils sont partis" (Yirmeyahou 9,9).

Behema, en guematria, fait cinquante-deux.

📜 Rachi (1)
נ"ב שנה משגלו בימי צדקיה בחרבות ירושלים עד שנפקדו בימי כורש ואז עלו מהם לייסד את הבית י"ח שנים קודם גמר הבנין שהיא לסוף ע' שנה בשנת שתים לדריוש כדאמרי' במגילה (דף יא:):
Cinquante-deux ans : depuis qu'ils furent exilés aux jours de Tsidkiyahou, lors de la destruction de Jérusalem, jusqu'à ce qu'ils furent rappelés aux jours de Koresh ; alors certains d'entre eux montèrent pour fonder le Temple, dix-huit ans avant l'achèvement de la construction, qui eut lieu à la fin des soixante-dix ans, en la deuxième année de Daryavech, comme nous le disons dans (le traité) Meguila (11b).
🗂️ Tossefot (1)
בהמה בגימטריא אסמכתא בעלמא היא דנ"ב נפקא לן בלאו גימטריא כדפי' בקונטרס:
Behema en guematria : ce n'est qu'un simple appui (asmakhta), car les cinquante-deux (ans) se déduisent sans guematria, comme l'a expliqué le Kountres (Rachi).
💡 Explication

Le verset montre que même les animaux et les oiseaux ont quitté Erets Israël. La guematria de behema (2+5+40+5 = 52) donne la durée de la désolation. Tossefot précise qu'il s'agit d'une asmakhta : le chiffre se calcule par la chronologie de Rachi.

🖼️ Schéma
Behema (bet-hé-mem-hé) = 52 ans sans passant en Juda bet 2 hé 5 mem 40 hé 5 total 52 Rachi : de l'exil sous Tsidkiyahou jusqu'au décret de Koresh (Cyrus) Tossefot : la guematria n'est qu'un appui (asmakhta) ; les 52 ans se déduisent sans elle
La guematria de behema
13
אמר רבי יעקב אמר רבי יוחנן: כולן חזרו, חוץ מקולייס האיספנין, דאמר רב: הני מדרי דבבל מהדרי מיא לעין עיטם. והאי, כיון דלא שריר שדריה לא מצי סליק.

Rabbi Yaakov dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Tous sont revenus, sauf le koléyas ha-ispanin. Car Rav a dit : Ces pentes de Babel ramènent l'eau vers la source d'Eitam.

Et celui-ci, comme son épine dorsale n'est pas solide, n'a pas pu remonter.

📜 Rachi (4)
וכולן חזרו הבהמות ועופות ואף הדגים חוץ מן קולייס האספנין וכולן חזרו דהא עד בהמה כתיב ומכלל דמכאן ואילך הדור חוץ מקולייס כדמפרש:
Tous sont revenus : les bêtes, les oiseaux et même les poissons, sauf le koléyas ha-ispanin. Et tous sont revenus, car il est écrit "jusqu'à la bête" (52), ce qui implique qu'à partir de là ils sont revenus, sauf le koléyas, comme il l'explique.
הני מדרי דבבל מהדרי מיא לעין עיטם מדרונות שבבבל מחזירין מים הנשפכים בהן לעין עיטם שהוא מקום גבוה שבא"י שאותו מעיין מביא מים לבית טבילת כה"ג ביה"כ דמתוקן בחומת עזרה על גבי שער המים כדאמרינן בסדר יומא (דף לא.) עין עיטם גבוה מקרקע העזרה כ"ג אמות והיאך מחזירין שיש בפרת סילונות וסולמות למטה מן הקרקע (הים) ודרך אותן סולמות חוזרין המים לא"י וחוזרין ונובעין במעיינות והדגים חזרו דרך אותן סולמות שנוחים להעלותן יותר מדרך פרת עצמו:
Ces pentes de Babel ramènent l'eau vers la source d'Eitam : les pentes de Babel ramènent les eaux qui s'y déversent vers la source d'Eitam, qui est un lieu élevé d'Erets Israël. Cette source amène l'eau au bain rituel du Cohen Gadol à Yom Kippour, aménagé dans le mur de la Azara au-dessus de la porte des eaux, comme nous le disons dans l'ordre (du traité) Yoma (31a) : la source d'Eitam est plus haute que le sol de la Azara de vingt-trois coudées. Et comment les ramènent-elles ? Il y a dans l'Euphrate des conduits et des échelles sous terre, et par ces échelles les eaux reviennent en Erets Israël et jaillissent de nouveau dans les sources ; et les poissons sont revenus par ces échelles, qui sont plus faciles à remonter que le cours de l'Euphrate lui-même.
והאי קולייס האספנין:
Et celui-ci : le koléyas ha-ispanin.
כיון דלא שריר שדריה אין קשה שדרה שלו:
Comme son épine dorsale n'est pas solide : son épine dorsale n'est pas dure.
💡 Explication

Lien avec la michna : le koléyas ha-ispanin, cité plus haut pour le rinçage, est le seul poisson à ne pas être revenu en Erets Israël, faute d'une épine dorsale assez forte pour remonter les conduits souterrains vers la source d'Eitam.

14
מפני מה מועדים שבבבל שמחים? — מפני שלא היו באותה קללה, דכתיב: ״והשבתי כל משושה חגה חדשה ושבתה וכל מועדה״. וכתיב: ״חדשיכם ומועדיכם שנאה נפשי היו עלי לטורח״. מאי ״היו עלי לטורח״? אמר רבי אלעזר, אמר הקדוש ברוך הוא: לא דיין לישראל שחוטאין לפני, אלא שמטריחין אותי לידע איזו גזירה קשה אביא עליהן! אמר רבי יצחק: אין לך כל רגל ורגל שלא באתה בולשת לציפורי. ואמר רבי חנינא: אין לך כל רגל ורגל שלא בא לטבריה אגמון וקמטון ובעל זמורה.

Pourquoi les fêtes de Babel sont-elles joyeuses ? Parce qu'ils n'ont pas été (atteints) par cette malédiction, ainsi qu'il est écrit : "Je ferai cesser toute sa joie, sa fête, sa néoménie, son Chabbat et toutes ses solennités" (Hochea 2,13).

Et il est écrit : "Vos néoménies et vos solennités, Mon âme les hait ; elles sont devenues pour Moi un fardeau" (Yechayahou 1,14). Que signifie "elles sont devenues pour Moi un fardeau" ?

Rabbi Eleazar dit : Le Saint, béni soit-Il, a dit : Il ne suffit pas à Israël de fauter devant Moi, ils M'importunent encore pour savoir quel décret sévère J'amènerai sur eux ! Rabbi Yitshak dit : Il n'y a pas une seule fête où une troupe (boléchet) ne soit venue à Tsippori.

Et Rabbi Hanina dit : Il n'y a pas une seule fête où ne soient venus à Tibériade un hegmon, un kamton et un porteur de verge.

📜 Rachi (4)
בולשת חיל המלך:
Boléchet : l'armée du roi.
ציפורי וטבריא מא"י:
Tsippori et Tibériade : (sont) en Erets Israël.
לטבריה לבוז ולהטיל עליהם עול ולא שמתכוונין לבטלן משמחת הרגל אבל הקללה גרמה לכך:
À Tibériade : pour piller et leur imposer un joug ; non qu'ils aient l'intention de les priver de la joie de la fête, mais la malédiction l'a provoqué.
קומטין לעז היא שלטון:
Koumtin : mot étranger (laaz), c'est un gouverneur.
🪔 Ben Yehoyada (2)
הגמון, וקמטון, ובעל זמורה. נראה לי הגמון גדול מקמטון אך שניהם מכובדים רוכבי סוסים, אבל בעלי זמורה הם הולכים רגלי ואוחזים הזמורה בידם להכות בה והן בעלי אגרופין, ואפשר שהם כנגד שלש מדרגות של עוונות , שהם של חשובים ושל בינונים ושל פחותים.
Hégmon, kamton et porteur de verge. Il me semble que le hegmon est plus grand que le kamton, mais tous deux sont des dignitaires qui montent à cheval ; tandis que les porteurs de verge vont à pied et tiennent la verge à la main pour frapper, et ce sont des hommes de poing. Et il est possible qu'ils correspondent à trois degrés de fautes : celles des notables, celles des gens moyens et celles des gens de peu.
מאי: "היו עלי לטרח". נראה לי בס"ד מועדים בחוץ לארץ הם כ"ב, וסימן (שיר השירים א, ד) נגילה ונשמחה בך, וקודם אותיות הוי"ה [טדהד=22] יש מספר 'בך' [22] , לזה אמר היו עלי לטרח רצונו לומר מועדי חו"ל שהם רמוזים באותיות שהם על שמי. ומה שאמר לידע איזו גזרה קשה אביא , רצונו לומר לידע קאי על ישראל שצריך אני לעשות המצאה קודם ביאת הגזרה כדי שידעו מה גזרה אביא עליהם, ועל דרך זה פירש רבינו מהר"ם אלשי"ך ז"ל במאמר (רש"י במדבר א, א) מנאן לידע הנותרים.
Que signifie : "elles sont devenues pour Moi un fardeau" ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que les fêtes en dehors d'Erets Israël sont (au nombre de) vingt-deux, et le signe en est (Chir Hachirim 1,4) : "Nous nous réjouirons et nous nous réjouirons en toi (bakh)". Et les lettres qui précèdent (dans l'alphabet) celles du Nom (Hachem) [têt-dalet-hé-dalet = 22] ont la valeur de bakh [22]. C'est pourquoi il dit : "elles sont devenues pour Moi un fardeau", c'est-à-dire les fêtes de hors d'Erets Israël, qui sont évoquées par les lettres qui sont (placées) sur Mon Nom. Et ce qu'il dit : pour savoir quel décret sévère J'amènerai, cela signifie que savoir se rapporte à Israël : Je dois faire une disposition avant la venue du décret, afin qu'ils sachent quel décret J'amènerai sur eux. Et c'est dans ce sens que notre maître le Maharam Alchikh a expliqué le propos (Rachi Bamidbar 1,1) : Il les compte pour connaître ceux qui restent.
💡 Explication

Deuxième réponse de Rabbi Yo'hanan : la malédiction prononcée par les prophètes sur les fêtes visait Erets Israël ; Babel y a échappé. Rabbi Yitshak et Rabbi Hanina en donnent des illustrations concrètes : à chaque fête, des troupes ou des fonctionnaires romains (hegmon, kamton) venaient à Tsippori et Tibériade.

15
מפני מה תלמידי חכמים שבבבל מצויינין? — לפי שאינן בני מקומן. דאמרי אינשי: במתא שמאי, בלא מתא — תותבאי. ״הבאים ישרש יעקב יציץ ופרח ישראל״. תני רב יוסף: אלו תלמידי חכמים שבבבל, שעושין ציצין ופרחים לתורה.

Pourquoi les sages de Babel se distinguent-ils ? Parce qu'ils ne sont pas des gens du lieu (bnei mekoman).

Comme disent les gens : Dans ma ville, (on m'honore pour) mon nom ; hors de ma ville, (pour) mon vêtement. "Dans les (jours) à venir, Yaakov prendra racine, Israël bourgeonnera et fleurira" (Yechayahou 27,6).

Rav Yosef enseigna : Ce sont les sages de Babel, qui font des bourgeons et des fleurs à la Torah.

📜 Rachi (6)
שאינן במקומם שמא"י גלו לשם והגולה למקום נכרי מציין עצמו במלבושים שיהא חשוב:
Parce qu'ils ne sont pas à leur place : car ils ont été exilés d'Erets Israël là-bas, et celui qui est exilé dans un lieu étranger se distingue par ses vêtements pour être considéré.
במתא שמאי בעירי איני צריך להתכבד אלא בשמי שאני ניכר בו:
Dans ma ville, mon nom : dans ma ville, je n'ai besoin d'être honoré que par mon nom, par lequel je suis connu.
בלא מתא במקום שאינה עירי:
Hors de ma ville : dans un lieu qui n'est pas ma ville.
תותבאי כבודי תלוי בשמלתי שמלתו מתרגמינן תותביה (שמות כב, כה):
Toutvaï : mon honneur dépend de mon vêtement ; (car) "simlato" (son vêtement) est traduit (en araméen) toutveih (Chemot 22,25).
הבאים אותן של יעקב שיבאו לבבל ישרשו ויעשו ציצין ופרחים לתורה וסייעתא אתיא לר' יוחנן דטעמא דמצויינין לאו לפי שאינן בני תורה כדרבי אסי אלא לפי שאינן במקומן:
Ceux qui viennent : ceux de Yaakov qui viendront à Babel prendront racine et feront des bourgeons et des fleurs à la Torah. Et c'est un appui pour Rabbi Yo'hanan : la raison pour laquelle ils se distinguent n'est pas qu'ils ne sont pas bnei Torah, comme (le disait) Rabbi Asi, mais qu'ils ne sont pas à leur place.
ציצין צמחין:
Tsitsin : des pousses.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אלו תלמידי חכמים שבבבל, שעושין ציצין ופרחין לתורה. יש להקשות מהיכא מפיק הרמז של בבל? ונראה לי בס"ד כי שם יעקב נאמר קודם שם ישראל, גם שם יעקב הוא כפול ושם ישראל אינו כפול, ואם כן סדרן הוא יעק ב יעק ב ישרא ל סופי תיבות בבל , ולכן דריש להו על תלמידי חכמים שבבבל. ואומרו ציצין ופרחין, נראה לי ציצין זה הרמז שהם דברים קטנים וקצרים, ופרחין זה הפלפול דאינו יוצא ממונו דין ורק משמח הלב, וכן הפרח מראהו משמח אך אינו נאכל אלא נופל לארץ. אי נמי ציצין הם הקישורים שעושין להלכות זה עם זה אף על פי שהם רחוקים זה מזה, ופרחין הם סימנים שעושין לתורה בהלכות שבה שלא ישתכחו, כפרח זה שהוא שומר את הפרי בתחילת יציאתו מן האילן.
Ce sont les sages de Babel, qui font des bourgeons et des fleurs à la Torah. On peut demander : d'où tire-t-il l'allusion à Babel ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le nom Yaakov est dit avant le nom Israël ; de plus le nom Yaakov est doublé (dans le verset) et le nom Israël ne l'est pas. Leur ordre est donc : Yaakov, Yaakov, Israël, et les lettres finales (des trois mots) sont bet, bet, lamed : Bavel. C'est pourquoi il l'interprète sur les sages de Babel. Et quant à l'expression bourgeons et fleurs, il me semble que les bourgeons désignent l'allusion (remez), qui consiste en choses petites et brèves ; et les fleurs désignent le pilpoul, dont ne sort pas de décision (pratique) mais qui réjouit le cœur, comme la fleur dont l'aspect réjouit mais qui ne se mange pas et tombe à terre. Ou bien, les bourgeons sont les liens qu'on établit entre des halakhot, même éloignées l'une de l'autre ; et les fleurs sont les moyens mnémotechniques (simanim) qu'on fait à la Torah dans ses halakhot pour qu'elles ne soient pas oubliées, comme cette fleur qui protège le fruit au début de sa sortie de l'arbre.
💡 Explication

Troisième réponse : les sages de Babel s'habillent avec distinction parce qu'ils sont étrangers au lieu ; Rabbi Yo'hanan écarte ainsi l'explication de Rabbi Asi. Le proverbe araméen l'exprime : chez soi, on est connu par son nom ; ailleurs, par son vêtement. Rav Yosef fait ensuite l'éloge des sages de Babel par le verset d'Yechayahou.

16
מפני מה גוים מזוהמין? — שלא עמדו על הר סיני. שבשעה

Pourquoi les nations sont-elles souillées ? Parce qu'elles ne se sont pas tenues au mont Sinaï.

Car au moment (où...)

💡 Explication

Quatrième réponse de Rabbi Yo'hanan, qui se poursuit en 146a : la souillure (zohama) des nations tient à ce qu'elles n'ont pas été présentes au don de la Torah au Sinaï.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).