Shabbat 147a — Secouer son manteau, le porter sur les épaules ; se sécher et se soigner le Chabbat

Shabbat 147a

Sougya : Le daf commence par l'enseignement : celui qui secoue son manteau le Chabbat est passible d'un hatat, à condition que le vêtement soit neuf, noir, et que son propriétaire y tienne ; Rachi parle de poussière, Rabbenou Hananel (cité par Tossefot et le Roch) de rosée. La Guemara passe ensuite à la manière de porter un vêtement sur les épaules : un manteau plié, des pièces nouées ou un merzav (poches babyloniennes) sont un transport interdit, tandis qu'un foulard jeté sur l'épaule est une manière de se vêtir ; Rav Pappa pose la règle : plier pour ramasser est interdit, plier pour s'embellir est permis.

Un récit sur Rabbi, transmis en trois versions, illustre le cas limite. La Michna suivante traite de celui qui se sèche après le bain (dix serviettes pour un homme, une serviette pour dix hommes) et des soins corporels interdits le Chabbat ; la Guemara commence à en analyser la formulation.

Secouer son manteau le Chabbat : quand est-on passible d'un hatat ? Il secoue son manteau Vêtement neuf ? Vêtement noir ? Il y tient (kapid) ? Hatat (libboun = blanchir) oui vieux blanc / rouge n'y tient pas Permis : lit lan ba (nous n'avons rien contre cela) Rachi : secouer la POUSSIÈRE Oula à Poumbedita : manteaux noirs, mais Rav Yehouda : nous n'y tenons pas R. Hananel (Tossefot, Roch) : la ROSÉE = lavage ; preuve : le bonnet de Rav Yosef (nous n'y tenons pas : permis)
Secouer un vêtement : les trois conditions qui en font un blanchiment (libboun), et les deux lectures (poussière ou rosée).
Sur les épaules : manière de se vêtir ou manière de porter ? Derekh malbouch : permis Derekh masoui (fardeau) : interdit Les ratanin (coureurs) : foulard sur les épaules - et tout homme Manteau plié posé sur l'épaule (marchands d'étoffes) : hatat Hourkanos : foulard sur l'épaule ; halakha : même sans fil au doigt Pièces nouées dans le drap (boutiquier) : hatat Pli pour s'embellir (lehitnaot) ex. Rav Chicha fils de Rav Idi Merzav = poches babyloniennes ; pli pour ramasser (lekhanoufei) Règle de Rav Pappa : ramasser = interdit ; s'embellir = permis Cas limite : les deux côtés du manteau sur les épaules (Rabbi) - R. Meir / R. Akiva : hatat ? Rabbi l'abaisse
Porter un vêtement sur les épaules : les cas permis et interdits du daf, et la règle de Rav Pappa.
La Michna : se sécher après le bain, et les soins le Chabbat 1 personne, 10 serviettes (peu d'eau dans chacune) 10 personnes, 1 serviette (beaucoup d'eau dedans) Ne les porte pas à la main : il pourrait oublier et essorer Les portent à la main : nombreux, ils se le rappellent Permis s'enduire d'huile masser doucement avec la main se laver à sa manière habituelle (s'il est guéri, il est guéri) Interdit exercice forcé ; racloir ; Kordima vomitif ; façonner le petit enfant remettre une fracture ; agiter dans l'eau froide un membre déboîté Soins : décret de chehikat samemanim (broyer des remèdes)
La Michna : serviettes après le bain et soins permis ou interdits le Chabbat.
1
המנער טליתו בשבת — חייב חטאת. ולא אמרן אלא בחדתי, אבל בעתיקי — לית לן בה. ולא אמרן אלא באוכמי, אבל בחיורי וסומקי — לית לן בה, והוא דקפיד עלייהו.

Celui qui secoue son manteau (talit) le Chabbat est passible d'un sacrifice expiatoire (hatat). Et nous ne l'avons dit que pour des (vêtements) neufs, mais pour des vieux, nous n'avons rien contre cela (lit lan ba).

Et nous ne l'avons dit que pour des noirs, mais pour des blancs et des rouges, nous n'avons rien contre cela. Et (cela seulement) lorsqu'il y tient (kapid).

📜 Rachi (4)
המנער טליתו מן העפר:
Celui qui secoue son manteau : de la poussière.
חייב חטאת דזהו ליבונה:
Est passible d'un hatat : car c'est là son blanchiment (libboun).
אלא באוכמי שהאבק מקלקל מראיתה וקפיד עליה:
Seulement pour les noirs : car la poussière gâte leur apparence, et il y tient.
והוא דקפיד עלייהו ללובשן עד שינערם:
Et cela lorsqu'il y tient : (au point de ne pas accepter) de les porter avant de les avoir secoués.
🗂️ Tossefot (1)
המנער טליתו פי' ר"ח מן הטל שעליו דהיינו כיבוס וליבון חייב חטאת וכן משמע דהוי דומיא דכומתא דרב יוסף אבל בניעור מן העפר כדפירש בקונטרס אין נראה שיהא שייך ליבון:
Celui qui secoue son manteau : Rabbenou Hananel explique : de la rosée qui est dessus, ce qui constitue un lavage (kibbous) et un blanchiment (libboun), et il est passible d'un hatat. Et c'est aussi ce qui ressort (du texte), puisque c'est analogue au bonnet de Rav Yosef. Mais pour le fait de secouer la poussière, comme l'explique le Kountras (Rachi), il ne semble pas que la notion de blanchiment s'y applique.
💡 Explication

Enseignement de Rav Houna (nommé par le Roch). Secouer un vêtement pour le nettoyer est rattaché à la melakha de melaben (blanchir, laver). Trois conditions réduisent la portée de l'interdit : le vêtement est neuf, il est noir (la saleté s'y voit), et son propriétaire y tient (kapid). Si l'une manque, le geste ne compte pas comme un nettoyage.

Deux lectures : pour Rachi, on secoue la poussière ; pour Rabbenou Hananel, suivi par Tossefot et le Roch, on secoue la rosée, ce qui ressemble à un lavage. Tossefot s'appuie sur le récit du bonnet de Rav Yosef (segment 2), où il s'agit de rosée.

2
עולא איקלע לפומבדיתא, חזא רבנן דקא מנפצי גלימייהו, אמר: קמחללין רבנן שבתא. אמר להו רב יהודה: נפוצו ליה באפיה, אנן לא קפדינן מידי.

Oula arriva à Poumbedita. Il vit des Rabbanan qui secouaient leurs manteaux.

Il dit : Les Rabbanan profanent le Chabbat ! Rav Yehouda leur dit : Secouez-les devant lui ; nous, nous n'y tenons pas du tout.

📜 Rachi (2)
קמחללי שבתא וגלימי אוכמי הוו:
Ils profanent le Chabbat : et c'étaient des manteaux noirs.
לא קפדינן לא איכפת לן אם יש עליה אבק הלכך לאו ליבון הוא:
Nous n'y tenons pas : peu nous importe s'il y a de la poussière dessus ; c'est pourquoi ce n'est pas un blanchiment.
💡 Explication

Application de la dernière condition. Les manteaux étaient noirs (Rachi), donc Oula, venu d'Erets Israël, y voit l'interdit. Rav Yehouda répond que les savants de Poumbedita ne sont pas kapdanim : la poussière ne les gêne pas. Le geste n'a donc pas valeur de nettoyage et reste permis, au point qu'on peut le faire devant Oula.

3
אביי הוה קאי קמיה דרב יוסף. אמר ליה: הב לי כומתאי. [חזא דאיכא] טלא עליה, הוה קמחסם למיתבה ליה. אמר ליה: נפוץ שדי, אנן לא קפדינן מידי.

Abaye se tenait devant Rav Yosef. (Rav Yosef) lui dit : Donne-moi mon bonnet.

(Abaye) vit qu'il y avait de la rosée dessus, et il hésitait à le lui donner. Il lui dit : Secoue-le et jette-le ; nous, nous n'y tenons pas du tout.

📜 Rachi (3)
כומתאי כובעי:
Mon bonnet (koumtai) : mon chapeau.
הוה קא מחסם לשון לא תחסום (דברים כה):
Il hésitait (mehassem) : du langage de "Tu ne musèleras pas (lo tahsom)" (Devarim 25, 4).
למיתבא ליה שצריך לנער הטל מעליה:
À le lui donner : car il fallait secouer la rosée de dessus.
💡 Explication

Abaye craint que secouer la rosée soit un lavage interdit. Rav Yosef tranche par le même principe : quand on n'y tient pas, il n'y a pas de libboun. Rachi rattache mehassem à lo tahsom : Abaye se retenait, comme une bouche muselée. C'est ce récit qui sert à Rabbenou Hananel pour dire que l'interdit du segment 0 porte sur la rosée.

4
אמר רב יצחק בר יוסף אמר רבי יוחנן: היוצא בטלית מקופלת מונחת לו על כתיפו בשבת — חייב חטאת. תניא נמי הכי: סוחרי כסות היוצאים בטליתות מקופלות ומונחות על כתיפן בשבת — חייבין חטאת. ולא סוחרי כסות בלבד אמרו, אלא כל אדם. אלא שדרכן של מוכרין לצאת כך.

Rav Yitshak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Celui qui sort avec un manteau plié, posé sur son épaule, le Chabbat, est passible d'un hatat. On a enseigné aussi ainsi (dans une baraita) : Des marchands d'étoffes qui sortent avec des manteaux pliés et posés sur leurs épaules le Chabbat sont passibles d'un hatat.

Et ce n'est pas des seuls marchands d'étoffes qu'ils l'ont dit, mais de tout homme ; seulement, c'est l'habitude des vendeurs de sortir ainsi.

📜 Rachi (2)
בטלית מקופלת לאחר שנתנה על ראשו הגביה שיפוליה על כתפיו:
Avec un manteau plié : après l'avoir posé sur sa tête, il en a relevé les pans sur ses épaules.
חייב חטאת שאין זה דרך מלבוש:
Passible d'un hatat : car ce n'est pas une manière de se vêtir (derekh malbouch).
🗂️ Tossefot (1)
היוצא בטלית מקופלת איידי דאיירינן במי שנשרו כליו בדרך שאז דרך הוא לקפל טליתו נקטיה הכא:
Celui qui sort avec un manteau plié : puisque nous traitons (dans la Michna) de celui dont les vêtements sont tombés (dans l'eau) en chemin, cas où l'on a l'habitude de plier son manteau, on l'a mentionné ici.
💡 Explication

Nouveau thème : la hotsaa (transport du domaine privé au domaine public). Un vêtement porté à la manière d'un vêtement (derekh malbouch) n'est pas un transport. Plié et posé sur l'épaule, il devient un fardeau (masoui) : on est passible d'un hatat.

La baraita mentionne les marchands parce que c'est leur habitude, mais la règle vaut pour tous. Tossefot explique le lien avec la Michna de 146b, qui parle de vêtements mouillés en chemin.

5
וחנוני היוצא במעות הצרורין לו בסדינו — חייב חטאת. ולא חנוני בלבד אמרו, אלא כל אדם. אלא שדרכו של חנוני לצאת כך. והרטנין יוצאין בסודרין שעל כתיפן. ולא רטנין בלבד אמרו, אלא כל אדם. אלא שדרכן של רטנין לצאת בכך.

Et un boutiquier (hanvani) qui sort avec des pièces nouées dans son drap (sadin) est passible d'un hatat. Et ce n'est pas du seul boutiquier qu'ils l'ont dit, mais de tout homme ; seulement, c'est l'habitude du boutiquier de sortir ainsi.

Et les ratanin sortent avec des foulards (soudarin) sur leurs épaules. Et ce n'est pas des seuls ratanin qu'ils l'ont dit, mais de tout homme ; seulement, c'est l'habitude des ratanin de sortir ainsi.

📜 Rachi (1)
והרטנין על שם מקום:
Et les ratanin : (nom donné) d'après un lieu.
🗂️ Tossefot (1)
הרטנין רטנין כמו הרהטנין (הערוך פי' הרצים):
Les ratanin : ratanin comme harahatanin (le Aroukh explique : les coureurs).
💡 Explication

Deux cas opposés. Des pièces nouées dans le drap sont un objet transporté : hatat. Le foulard sur les épaules des ratanin est une façon de le porter comme vêtement : permis. Pour Rachi, ratanin désigne des gens d'un certain lieu ; pour le Aroukh (cité par Tossefot), ce sont des coureurs (messagers).

6
אמר רבי יהודה: מעשה בהורקנוס בנו של רבי אליעזר בן הורקנוס שיצא בסודר שעל כתיפו בשבת, אלא שנימא כרוכה לו באצבעו, וכשבא הדבר לפני חכמים, אמרו: אפילו אין נימא כרוכה לו באצבעו. דרש רב נחמן בר רב חסדא משמיה דרב חסדא: הלכה אף על פי שאין נימא כרוכה לו באצבעותיו.

Rabbi Yehouda a dit : Il arriva que Hourkanos, fils de Rabbi Eliezer ben Hourkanos, sortit avec un foulard sur son épaule le Chabbat, mais un fil (nima) en était enroulé autour de son doigt. Et quand la chose vint devant les Sages, ils dirent : Même si aucun fil n'est enroulé autour de son doigt.

Rav Nahman bar Rav Hisda a enseigné publiquement (darach) au nom de Rav Hisda : La halakha est (ainsi), même si aucun fil n'est enroulé autour de ses doigts.

📜 Rachi (1)
נימא כרוכה על אצבעו שלא יפול מכתפיו:
Un fil enroulé autour de son doigt : pour qu'il ne tombe pas de ses épaules.
💡 Explication

Hourkanos tenait le foulard par un fil pour qu'il ne tombe pas et qu'il n'en vienne pas à le porter à la main. Les Sages disent que cette précaution n'est pas nécessaire, et Rav Hisda fixe la halakha en ce sens : le foulard sur l'épaule est un vêtement.

7
עולא איקלע לבי אסי בר היני, בעו מיניה: מהו לעשות מרזב בשבת? אמר להו, הכי אמר רבי אלעי: אסור לעשות מרזב בשבת. מאי מרזב? אמר רבי זירא: כיסי בבלייתא.

Oula arriva chez Assi bar Hini. On lui demanda : Qu'en est-il de faire un merzav (gouttière) le Chabbat ?

Il leur dit : Ainsi a dit Rabbi Elai : Il est interdit de faire un merzav le Chabbat. Qu'est-ce qu'un merzav ?

Rabbi Zeira a dit : Les poches babyloniennes (kissei bavlaita).

📜 Rachi (3)
בר היני:
Bar Hini.
מרזב מפרש לקמיה:
Merzav : (la Guemara) l'explique plus loin.
כיסוי בבלייתא שמסלקין בגדיהם מן הארץ כשהן ארוכין וכופלין אותו כלפי מעלה פרונצי"ש (קפלים) ומחזיקין אותן ע"י חוטין והיינו כמין כיס וכמו מרזב:
Poches babyloniennes : ils relevaient leurs vêtements du sol lorsqu'ils étaient longs, et les repliaient vers le haut, proncis (plis) en langue vernaculaire, et les maintenaient au moyen de fils ; c'est une sorte de poche, et comme une gouttière.
🗂️ Tossefot (1)
מהו לעשות מרזב נראה לרבי דלענין איסור הוצאה איירי כמו טלית של ד' כנפו' ולוקח שני צידי רוחב טליתו של צד ימינו ונותן על כתף השמאלית ואינו פושטו על כתף אלא מקופל ומונח על כתפו והיינו דקאמר מאי מרזב כיסי בבלייתא שקורין פרונצדר"ה דכשהוא מונח כמו שפירשתי יש בו כיסים מרובים וכל כיסא וכיסא נראה כמין מרזב ומיבעיא ליה אי איכא איסור הוצאה בכך כיון שאינה דרך מלבוש והיינו דקאמר כל אדעתא לכנופי אסור דהיינו כמו שפירשתי ששני צידי הימין מקובצים ומונחים על כתף השמאלית שיכול לילך במהרה. ולא יכביד עליו טליתו אדעתא דלהתנאות שפיר דמי והיינו כשאין צידי טליתו מקובצין אלא צד אחד מונחת על כתפו אצל צוארו וצד האחר נופל על שכמו עד הזרוע ואין בו שום כיסוי והיינו שלשל רבי טליתו דבסמוך שלשל אותו כמו שפירשתי כעין להתנאות והיינו דרך מלבוש וכן פירש בערוך ערך מרזב אסור לעשות מרזב בשבת פירוש כשיעטוף אדם טליתו ויקפיל שני קצותיו כעין דרך קיפול ויניחנה על שכמו השמאלית ויחזור ויקפל שאר הטלית שבצד הימין ויניחנה בכתפו רק מה שפירש שקורין מרזב מה שטליתו מושפלת מהנה ומהנה וחלל כנגד השדרה דנראה כמין מרזב אינו נראה לרבי דא"כ מאי קאמר בתר הכי מאי מרזב כיסי בבלייתא הלא אינו עשוי כעין כיסא. מ"ר:
Qu'en est-il de faire un merzav : il semble à Rabbi qu'il s'agit de l'interdit de transport (hotsaa). Par exemple, un manteau à quatre coins : on prend les deux côtés de la largeur du manteau, du côté droit, et on les place sur l'épaule gauche ; on ne l'étale pas sur l'épaule, il est plié et posé sur l'épaule. C'est ce qu'il dit : Qu'est-ce qu'un merzav ? Les poches babyloniennes, qu'on appelle proncedre ; car lorsqu'il est posé comme je l'ai expliqué, il comporte de nombreuses poches, et chaque poche ressemble à une sorte de gouttière. La question est de savoir s'il y a là un interdit de transport, puisque ce n'est pas une manière de se vêtir. C'est ce qu'il dit : tout ce qui est en vue de ramasser (lekhanoufei) est interdit, c'est-à-dire, comme je l'ai expliqué, que les deux côtés droits sont rassemblés et posés sur l'épaule gauche, afin de pouvoir marcher vite sans que le manteau ne l'alourdisse. (Tout ce qui est) pour s'embellir (lehitnaot) est permis : c'est lorsque les côtés du manteau ne sont pas rassemblés, mais qu'un côté est posé sur son épaule près du cou et que l'autre côté tombe sur l'omoplate jusqu'au bras, sans aucune poche. Et c'est (le sens de) "Rabbi abaissa son manteau" (plus loin) : il l'abaissa comme je l'ai expliqué, à la manière de s'embellir, et c'est une manière de se vêtir. C'est ainsi qu'explique le Aroukh, à l'entrée merzav : "Il est interdit de faire un merzav le Chabbat ; explication : lorsqu'un homme s'enveloppe de son manteau, plie ses deux extrémités à la manière d'un pliage et le pose sur son épaule gauche, puis replie le reste du manteau, du côté droit, et le pose sur son épaule." Seulement, ce qu'il explique, qu'on appelle merzav le fait que le manteau pend d'un côté et de l'autre, avec un creux le long de la colonne vertébrale qui ressemble à une gouttière, ne semble pas juste à Rabbi : s'il en était ainsi, que signifierait ce qui est dit ensuite : Qu'est-ce qu'un merzav ? Les poches babyloniennes ? Cela n'a pas la forme d'une poche. (Fin des paroles de) mon maître.
💡 Explication

Le merzav (gouttière) est une manière de replier le vêtement qui forme des creux. Rabbi Zeira l'identifie aux poches babyloniennes. Deux lectures de l'interdit :

Rachi : on relève les pans d'un vêtement long et on les fixe par des fils ; l'interdit est celui de tikkoun mana (arranger un objet), comme il le dit au segment suivant. Tossefot : il s'agit de hotsaa ; le manteau replié sur l'épaule gauche cesse d'être porté comme vêtement. Tossefot rejette l'explication du Aroukh qui voit le merzav dans le creux le long du dos, car un tel creux n'a pas forme de poche.

8
רבי ירמיה הוה יתיב קמיה דרבי זירא. אמר ליה: הכי מאי? אמר ליה: אסור. והכי מאי? אמר ליה: אסור. אמר רב פפא: נקוט האי כללא בידך: כל אדעתא לכנופי — אסור, כל דלהתנאות — שרי. כי הא דרב שישא בריה דרב אידי מתנאה בסדינו הוה.

Rabbi Yirmeya était assis devant Rabbi Zeira. Il lui dit : Et ainsi, qu'en est-il ?

Il lui dit : C'est interdit. Et ainsi, qu'en est-il ?

Il lui dit : C'est interdit. Rav Pappa a dit : Tiens cette règle en main : tout (pli fait) en vue de ramasser (lekhanoufei) est interdit ; tout (pli fait) pour s'embellir (lehitnaot) est permis.

Comme Rav Chicha fils de Rav Idi, qui s'embellissait avec son drap (sadin).

📜 Rachi (5)
אסור משום תקוני מנא:
Interdit : à cause de (l'interdit d')arranger un objet (tikkoun mana).
הכי מאי קולט חלוקו (בפניו) בענין אחד ושואלו כגון זה מרזב או לא וחוזר וקולטו בענין אחר ושואלו:
Et ainsi, qu'en est-il : il relevait sa tunique (devant lui) d'une certaine manière et lui demandait si c'était un merzav ou non, puis il la relevait d'une autre manière et lui demandait (de nouveau).
לכנופי שיהא מתוקן תמיד להעמיד קיפולו לעולם:
En vue de ramasser : pour qu'il soit toujours arrangé, afin de maintenir son pli de façon permanente.
להתנאות לפי שעה:
Pour s'embellir : pour un moment.
מתנאה בסדינו אחר שנתעטף היה מתקנו על גופו ומיישבו ובחול קאמר כלומר אלמא דאורחיה בהכי וה"ה לשבת:
Il s'embellissait avec son drap : après s'en être enveloppé, il l'arrangeait sur son corps et l'ajustait. Et (la Guemara) parle d'un jour de semaine ; c'est-à-dire : on en déduit que c'est la manière (de le porter), et il en va de même le Chabbat.
💡 Explication

Rabbi Yirmeya montre deux façons de relever le vêtement ; Rabbi Zeira interdit les deux. Rav Pappa donne la règle : un pli fait pour ramasser le vêtement (lekhanoufei) est interdit ; un pli fait pour s'embellir (lehitnaot) est permis.

Pour Rachi, la différence tient à la durée : le pli pour ramasser est destiné à rester, c'est un tikkoun mana ; l'ajustement pour s'embellir est momentané. Rav Chicha le faisait en semaine, ce qui montre que c'est une manière normale de porter son vêtement, donc permise le Chabbat.

9
כי אתא רב דימי, אמר: פעם אחת יצא רבי לשדה והיו שני צידי טליתו מונחין על כתיפו. אמר לפניו יהושע בן זירוז בן חמיו של רבי מאיר: בזו לא חייב רבי מאיר חטאת? אמר לו: דקדק רבי מאיר עד כאן? שלשל רבי טליתו.

Quand Rav Dimi vint (d'Erets Israël), il dit : Une fois, Rabbi sortit aux champs, et les deux côtés de son manteau étaient posés sur ses épaules. Yehochoua ben Zirouz, fils du beau-père de Rabbi Meir, dit devant lui : Dans un tel cas, Rabbi Meir n'a-t-il pas rendu passible d'un hatat ?

Il lui dit : Rabbi Meir a-t-il été aussi pointilleux ? Rabbi abaissa son manteau.

📜 Rachi (4)
שני צידי טליתו שבימינו ובשמאלו לצד הקרקע:
Les deux côtés de son manteau : celui de droite et celui de gauche, (qui pendent) vers le sol.
בן זירוז בזו לא חייב ר"מ חטאת בתמיה דאין זה דרך מלבוש אלא דרך משוי:
Ben Zirouz : Dans un tel cas, Rabbi Meir n'a-t-il pas rendu passible d'un hatat ? (Question) étonnée, car ce n'est pas une manière de se vêtir, mais une manière de porter un fardeau (masoui).
דקדק ר"מ ע"כ בתמיה לחייב חטאת בדבר הדומה להיות מותר כזה שאינה מקופלת ואחוריה נופלין למטה מכתפיו אלא שצידיה היו מונחין על כתפו:
Rabbi Meir a-t-il été pointilleux jusque-là : (question) étonnée : rendre passible d'un hatat pour une chose qui semble permise, comme celle-ci, ou (le manteau) n'est pas plié, ses pans arrière tombant plus bas que les épaules, et seuls ses côtés étaient posés sur l'épaule.
שלשל הורידה למטה שקבל דבריו:
Il abaissa : il le fit descendre, car il accepta ses paroles.
💡 Explication

Cas limite : les deux côtés du manteau sont relevés sur les épaules, mais le vêtement n'est pas plié et l'arrière tombe normalement. Rabbi s'étonne qu'on puisse y voir un masoui ; pourtant, dès qu'on lui rapporte l'avis de Rabbi Meir, il abaisse son manteau par précaution.

10
כי אתא רבין אמר: לא יהושע בן זירוז הוה אלא יהושע בן כפוסאי היה, חתנו של רבי עקיבא, אמר: בזו לא חייב רבי עקיבא חטאת? אמר לו: דקדק רבי עקיבא עד כאן? שלשל רבי טליתו. כי אתא רב שמואל בר רב יהודה אמר: ״נשאל״ איתמר.

Quand Ravin vint, il dit : Ce n'était pas Yehochoua ben Zirouz, c'était Yehochoua ben Kefoussai, gendre de Rabbi Akiva, (et) il dit : Dans un tel cas, Rabbi Akiva n'a-t-il pas rendu passible d'un hatat ? Il lui dit : Rabbi Akiva a-t-il été aussi pointilleux ?

Rabbi abaissa son manteau. Quand Rav Chmouel bar Rav Yehouda vint, il dit : C'est "il fut interrogé" (nichal) qui a été dit.

📜 Rachi (1)
נשאל איתמר לא אירע מעשה זה לרבי אלא שאלו לפניו מהו לצאת בו ובקש להתיר עד שאמרו לפניו משום רבי מאיר חייב חטאת דאיהו סבר הואיל ואינה מקופלת שהרי אחוריה היו נופלין למטה מן כתפיו אלא שצידיה היו מונחים על כתפיו הוה סבר דרך מלבוש הוא:
C'est "il fut interrogé" qui a été dit : cet événement n'est pas arrivé à Rabbi lui-même ; on lui a posé la question de savoir s'il est permis de sortir ainsi, et il voulait permettre, jusqu'à ce qu'on lui dise au nom de Rabbi Meir : il est passible d'un hatat. Lui (Rabbi) pensait que, puisque (le manteau) n'est pas plié, ses pans arrière tombant plus bas que les épaules et seuls ses côtés étant posés sur les épaules, c'est une manière de se vêtir.
⚖️ Rosh (2)
אמר רב הונא המנער טליתו בשבת חייב חטאת. רש"י פירש מן העפר. ור"ח ז"ל פירש מן הטל שעליו דהיינו כבוס. וכן משמע דומיא דכומתא דרב יוסף. אבל במנער מן העפר לא משמע כלל דשייך ביה לבון. ולא אמרן אלא בחדתי אבל בעתיקי לית לן בה. וחדתי נמי לא אמרן אלא באוכמי אבל חוורי וסומקי לית לן בה. והוא דקפיד עלייהו פירש רש"י שאין רוצה ללובשן בלא ניעור. עולא איקלע לפומבדיתא חזי להו לרבנן דקמנפצי גלימייהו. אמר להו קמחלליתו שבתא. אמר רב יהודה נפוצו באפיה אנן לא קפדינן מידי. אביי הוה קאים קמיה דרב יוסף אמר ליה הב לי כומתאי. הוה עליה טלא והוה מחסם למיתבה ניהליה. א"ל נפוץ שדי אנן לא קפדינן ולא מידי:
Rav Houna a dit : Celui qui secoue son manteau le Chabbat est passible d'un hatat. Rachi explique : de la poussière. Et Rabbenou Hananel, de mémoire bénie, explique : de la rosée qui est dessus, ce qui est un lavage (kibbous). Et c'est ce qui ressort (du texte), par analogie avec le bonnet de Rav Yosef. Mais pour celui qui secoue la poussière, il n'apparaît pas du tout que la notion de blanchiment (libboun) s'y applique. Et nous ne l'avons dit que pour des neufs, mais pour des vieux nous n'avons rien contre cela. Et pour les neufs aussi, nous ne l'avons dit que pour des noirs, mais pour des blancs et des rouges nous n'avons rien contre cela. Et cela lorsqu'il y tient : Rachi explique : qu'il ne veut pas les porter sans les avoir secoués. Oula arriva à Poumbedita ; il vit les Rabbanan qui secouaient leurs manteaux. Il leur dit : Vous profanez le Chabbat ! Rav Yehouda dit : Secouez-les devant lui ; nous, nous n'y tenons pas du tout. Abaye se tenait devant Rav Yosef ; il lui dit : Donne-moi mon bonnet. Il y avait de la rosée dessus, et il hésitait à le lui donner. Il lui dit : Secoue-le et jette-le ; nous n'y tenons pas du tout.
אמר רב יצחק בר אסי אמר ר' יוחנן היוצא בטלית מקופלת ומונחת לו על כתיפו בשבת חייב חטאת תניא נמי הכי סוחרי כסות היוצאים בטלית מקופלת ומונחת להן על כתיפן בשבת חייב חטאת. ולא סוחרי כסות בלבד אלא כל אדם אלא שדרכן של סוחרים לצאת כן. וחנווני היוצא במעות הצרורות לו בסדינו חייב חטאת ולא חנווני בלבד אמרו אלא כל אדם אלא שדרכו של חנווני לצאת כן. הרטנין יוצאין בסודר שעל כתפיהן בשבת ולא הרטנין בלבד אמרו אלא כל אדם אלא שדרכן של הרטנין לצאת כן. אמר ר' יהודה מעשה בהורקנוס בנו של ר' אליעזר בן הורקנוס שיצא בסודר שעל כתיפיו בשבת. אלא שנימא כרוכה לו על אצבעו וכשבא הדבר לפני חכמים אמרו אמ"פ שאין נימא כרוכה לו על אצבעו. דרש רב נחמן בר רב חסדא משמיה דר' יוחנן אע"פ שאין נימא כרוכה לו על אצבעו. עולא איקלע לבי רב אסי בר חנא בעא מיניה מהו לעשות מרזב בשבת. א"ל הכי אמר רבי אלעזר אסור. מאי מרזב אמר ר' זירא כיסי בבלייתא. יש מי שאומר פי' מרזב שהוא כמי שמתעטף אדם בטליתו ויקפול שני קצוותיה כמין מרזב דרך קפול ויניחנו על כתיפו השמאלית ויחזור ויקפול שאר הטלית ויניחנו בכתיפו הימנית ונמצא טליתו מקופלת מכאן ומכאן ומשולשלת על כתיפו וחלל כנגד השדרה ויראה כמין מרזב ובענין הזה כיסי בבלייתא שהיו קושרים שני קשירות וקורין לו כיסא ומבעיא משום איסור הוצאה לפי שאינן דרך מלבוש. ר' ירמיה הוה יתיב קמיה דרבי זירא א"ל הכי מאי א"ל אסור. אמר רב פפא נקוט כללא בידך כל אדעתא לכנופי אסור כל להתנאות שרי. כי הא דרב ששת מתנאה בסדינו. כי אתא רב דימי אמר פעם אחת יצא רבי לשדה והיו שני צדי טליתו מונחין לו על כתפיו. אמר לפניו ר' יהושע בן זירוז בן חמיו של ר' מאיר בזו לא חייב ר"מ חטאת. א"ל דקדק ר"מ עד כאן. שלשל רבי טליתו. כי אתא רבין אמר לא ר' יהושע בן זירוז הוה אלא ר' יהושע בן קפוסקאי היה חתנו של ר"ע א"ל בזו לא חייב ר"ע חטאת א"ל דקדק ר"ע ע"כ שלשל רבי טליתו:
Rav Yitshak bar Assi a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Celui qui sort avec un manteau plié et posé sur son épaule le Chabbat est passible d'un hatat. On a enseigné aussi ainsi : Les marchands d'étoffes qui sortent avec un manteau plié et posé sur leurs épaules le Chabbat sont passibles d'un hatat ; et ce n'est pas des seuls marchands d'étoffes (qu'on l'a dit), mais de tout homme ; seulement, c'est l'habitude des marchands de sortir ainsi. Et le boutiquier qui sort avec des pièces nouées dans son drap est passible d'un hatat ; et ce n'est pas du seul boutiquier qu'ils l'ont dit, mais de tout homme ; seulement, c'est l'habitude du boutiquier de sortir ainsi. Les ratanin sortent avec un foulard sur leurs épaules le Chabbat ; et ce n'est pas des seuls ratanin qu'ils l'ont dit, mais de tout homme ; seulement, c'est l'habitude des ratanin de sortir ainsi. Rabbi Yehouda a dit : Il arriva que Hourkanos, fils de Rabbi Eliezer ben Hourkanos, sortit avec un foulard sur ses épaules le Chabbat, mais un fil en était enroulé autour de son doigt ; et quand la chose vint devant les Sages, ils dirent : même si aucun fil n'est enroulé autour de son doigt. Rav Nahman bar Rav Hisda a enseigné au nom de Rabbi Yo'hanan : même si aucun fil n'est enroulé autour de son doigt. Oula arriva chez Rav Assi bar Hana ; il lui demanda : Qu'en est-il de faire un merzav le Chabbat ? Il lui dit : Ainsi a dit Rabbi Elazar : c'est interdit. Qu'est-ce qu'un merzav ? Rabbi Zeira a dit : les poches babyloniennes. Il y a quelqu'un qui explique : le merzav, c'est comme lorsqu'un homme s'enveloppe de son manteau, plie ses deux extrémités en forme de gouttière, par manière de pliage, et les pose sur son épaule gauche, puis replie le reste du manteau et le pose sur son épaule droite ; il se trouve que son manteau est plié de part et d'autre et pend sur ses épaules, avec un creux le long de la colonne, et cela ressemble à une gouttière. Et de cette manière (se font) les poches babyloniennes : ils faisaient deux nœuds, et on appelait cela une poche. La question se pose au titre de l'interdit de transport, parce que ce n'est pas une manière de se vêtir. Rabbi Yirmeya était assis devant Rabbi Zeira ; il lui dit : Et ainsi, qu'en est-il ? Il lui dit : C'est interdit. Rav Pappa a dit : Tiens cette règle en main : tout (pli fait) en vue de ramasser est interdit ; tout (pli fait) pour s'embellir est permis, comme Rav Chechet qui s'embellissait avec son drap. Quand Rav Dimi vint, il dit : Une fois, Rabbi sortit aux champs, et les deux côtés de son manteau étaient posés sur ses épaules. Rabbi Yehochoua ben Zirouz, fils du beau-père de Rabbi Meir, dit devant lui : Dans un tel cas, Rabbi Meir n'a-t-il pas rendu passible d'un hatat ? Il lui dit : Rabbi Meir a-t-il été aussi pointilleux ? Rabbi abaissa son manteau. Quand Ravin vint, il dit : Ce n'était pas Rabbi Yehochoua ben Zirouz, c'était Rabbi Yehochoua ben Kafouskai, gendre de Rabbi Akiva ; il lui dit : Dans un tel cas, Rabbi Akiva n'a-t-il pas rendu passible d'un hatat ? Il lui dit : Rabbi Akiva a-t-il été aussi pointilleux ? Rabbi abaissa son manteau.
💡 Explication

Deuxième transmission : selon Ravin, l'interlocuteur était le gendre de Rabbi Akiva et l'avis cité est celui de Rabbi Akiva. Troisième transmission : selon Rav Chmouel bar Rav Yehouda, il n'y a pas eu d'événement ; Rabbi a été interrogé (nichal) et il penchait vers la permission, jusqu'à ce qu'on lui cite l'avis de Rabbi Meir.

Le Roch reprend ici toute la sougya sous forme de pesak. Il retient l'explication de Rabbenou Hananel (rosée), et pour le merzav il cite une explication proche de celle du Aroukh, en le rattachant à l'interdit de hotsaa.

🖼️ Schéma
Le récit sur Rabbi : trois transmissions Rav Dimi Rabbi sort aux champs, côtés du manteau sur les épaules ; objection de Y. ben Zirouz : R. Meir Ravin Même fait, mais Y. ben Kefoussai, gendre de R. Akiva : R. Akiva rend passible Rav Chmouel b. R. Yehouda Aucun fait : nichal, on a interrogé Rabbi ; il voulait permettre, on lui cite R. Meir Commun aux trois : cette manière de porter le manteau est suspecte ; Rabbi s'aligne
Les trois transmissions du récit : qui a objecté, au nom de qui, et s'il y a eu un fait ou une question.
11
מתני׳ הרוחץ במי מערה ובמי טבריא ונסתפג אפילו בעשר אלונטיאות — לא יביאם בידו. אבל עשרה בני אדם מסתפגין באלונטית אחת, פניהם ידיהם ורגליהם, ומביאין אותן בידן.

MICHNA. Celui qui se baigne dans l'eau d'une grotte ou dans l'eau de Teverya (Tibériade) et s'est sèche, même avec dix serviettes (alountiot), ne les apportera pas dans sa main.

Mais dix personnes peuvent se sécher avec une seule serviette, leur visage, leurs mains et leurs pieds, et ils les apportent dans leur main.

📜 Rachi (6)
מתני' מי מערה מי מקוה מקורה שהוא חם ואין חומו יוצא ודוקא חמין נקט ומש"ה קתני הרוחץ דיעבד:
Michna. L'eau d'une grotte : l'eau d'un mikve couvert, qui est chaude et dont la chaleur ne s'échappe pas. Il s'agit précisément d'eau chaude ; c'est pourquoi il enseigne "celui qui se baigne", a posteriori (bediavad).
ונסתפג וקינח:
Et s'est sèche : et s'est essuyé.
אפי' בעשר אלונטיות סדינין שמקנחין בהן וסיפג בהן זה אחר זה ורבותא היא דלא נפישי מיא בכל חד אפ"ה לא יביאם בידו בתוך ביתו אפי' ע"י עירוב שמא ישכח ויסחט בבואו:
Même avec dix serviettes : des draps avec lesquels on s'essuie, et il s'est sèche avec eux l'un après l'autre. C'est une nouveauté : bien qu'il n'y ait pas beaucoup d'eau dans chacun, il ne les apportera pas dans sa main à l'intérieur de sa maison, même grâce à un erouv, de peur qu'il oublie et les essore en arrivant.
אבל עשרה בני אדם הואיל ומרובין הן מדכרי אהדדי:
Mais dix personnes : puisqu'ils sont nombreux, ils se le rappellent l'un à l'autre.
מסתפגין באלונטית אחת והיינו נמי רבותא דחדא אלונטית לעשרה נפישא ביה מיא אפילו הכי מביאין אותה בידים:
Se sèchent avec une seule serviette : c'est aussi une nouveauté : une seule serviette pour dix contient beaucoup d'eau, et malgré cela ils l'apportent dans les mains.
פניהם ידיהם ורגליהם אורחא דמילתא נקט וה"ה לכל גופם:
Leur visage, leurs mains et leurs pieds : il a pris le cas habituel, et il en va de même pour tout leur corps.
⚖️ Rosh (1)
מתני' הרוחץ במי מערה או במי טבריא מסתפג אפילו בעשר אלונטית ולא יביאם בידו אבל י' בני אדם מסתפגין באלונטית אחת פניהם ידיהם ורגליהם ומביאין אותן בידן:
Michna. Celui qui se baigne dans l'eau d'une grotte ou dans l'eau de Teverya se sèche même avec dix serviettes, et ne les apportera pas dans sa main ; mais dix personnes se sèchent avec une seule serviette, leur visage, leurs mains et leurs pieds, et les apportent dans leur main.
💡 Explication

La crainte est la sehita (essorer), qui est une melakha. Un homme seul risque d'oublier que c'est Chabbat et d'essorer la serviette ; même avec dix serviettes peu mouillées, il ne les porte pas. Dix personnes se surveillent entre elles ; même une serviette très mouillée peut être portée.

Rachi précise que l'interdit de porter vaut même à l'intérieur de la maison ou avec un erouv : la raison est la sehita, indépendamment de la hotsaa.

12
סכין וממשמשין, אבל לא מתעמלין. ולא מתגררין. אין יורדין לקורדימא, ואין עושין אפיקטויזין, ואין מעצבין את הקטן, ואין מחזירין את השבר, מי שנפרקה ידו ורגלו לא יטרפם בצונן, אבל רוחץ הוא כדרכו, ואם נתרפא — נתרפא.

On s'enduit (d'huile) et on se masse, mais on ne fait pas d'exercice (mitamlin) et on ne se racle pas. On ne descend pas au Kordima, on ne fait pas d'apiktoizin (vomitif), on ne façonne pas le petit enfant, et on ne remet pas en place une fracture.

Celui dont la main ou le pied s'est déboîté ne les agitera pas dans l'eau froide, mais il se lave à sa manière habituelle, et s'il est guéri, il est guéri.

📜 Rachi (10)
סכין שמן בשבת:
On s'enduit : d'huile, le Chabbat.
וממשמשין ביד על כל הגוף להנאה:
Et on se masse : avec la main, sur tout le corps, pour le plaisir.
אבל לא מתעמלין לשפשף בכח:
Mais on ne fait pas d'exercice : frotter avec force.
ולא מתגררין גרסינן במגררת שקורין אשטרייל"א דהוי עובדא דחול:
Et on ne se racle pas : nous lisons (garsinan) : avec un racloir (magreret), appelé estrille en langue vernaculaire, car c'est une activité de semaine.
לקורדימא שם הנהר ובגמ' מפרש טעמא:
Au Kordima : nom du fleuve ; et dans la Guemara on explique la raison.
אפיקטויזין להקיא:
Apiktoizin : pour vomir.
ואין מעצבין את הקטן לשון ידיך עצבוני (איוב י׳:ח׳) שמתקנים ומיישבין עצמותיו וחוליות שדרתו כמדת צלמו ובגמרא אמר טעמא:
Et on ne façonne pas le petit enfant : du langage de "Tes mains m'ont façonné (itsvouni)" (Iyov 10, 8) : on redresse et on ajuste ses os et les vertèbres de sa colonne selon la mesure de sa forme ; et dans la Guemara on donne la raison.
ואין מחזירין את השבר עצם שנשבר. כל רפואה אסורה משום שחיקת סמנין:
Et on ne remet pas en place une fracture : un os qui s'est brisé. Toute (pratique de) guérison est interdite, à cause (du décret) du broyage des remèdes (chehikat samemanim).
נפרקה אלויישי"ר בלעז שיצא העצם מפרק שלו:
S'est déboîté : aloissier en langue vernaculaire ; l'os est sorti de son articulation.
לא יטרפם לשון ביצים טרופות בקערה (חולין דף סד.):
Il ne les agitera pas : du langage de "œufs battus (terufot) dans un bol" (Houlin 64a).
💡 Explication

La Michna distingue le soin du corps pour le plaisir (huile, massage léger : permis) et l'action thérapeutique ou pénible (exercice forcé, racloir, vomitif, remise en place d'os : interdit). Rachi donne la raison générale : toute refoua (guérison) est interdite par décret, de peur qu'on en vienne à broyer des remèdes (chehikat samemanim), ce qui est une melakha (tohen, moudre).

Pour le membre déboîté : l'agiter dans l'eau froide est un traitement reconnaissable, donc interdit ; se laver normalement reste permis, et si la guérison vient d'elle-même, tant mieux.

13
גמ׳ קתני מי מערה דומיא דמי טבריא: מה מי טבריא חמין — אף מי מערה חמין. ״הרוחץ״: דיעבד — אין, לכתחילה — לא. מכלל

GUEMARA. Il enseigne l'eau d'une grotte à l'image de l'eau de Teverya : de même que l'eau de Teverya est chaude, l'eau d'une grotte aussi est chaude.

"Celui qui se baigne" : a posteriori, oui ; a priori, non. Il ressort de là que...

🗂️ Tossefot (2)
אף מי מערה חמין שהוחמו באור דאי בחמי טבריא שרי לכתחילה כדאמר בפרק כירה (שבת ד' מ. ושם) והניחו להן חמי טבריא ובפרק שמונה שרצים (ד' קט. ושם:):
L'eau d'une grotte aussi est chaude : chauffée au feu ; car pour les eaux chaudes de Teverya, c'est permis même a priori, comme il est dit au chapitre Kira (Chabbat 40a) : "Ils leur ont laissé les eaux chaudes de Teverya", et au chapitre Chemona Cheratsim (109a).
דיעבד אין אמי מערה קאי ולא תנא במתני' חמי טבריא אלא למידק אף מי מערה חמין:
A posteriori, oui : cela se rapporte à l'eau de la grotte ; et (le Tana) n'a enseigné les eaux chaudes de Teverya dans la Michna que pour en déduire que l'eau de la grotte aussi est chaude.
⚖️ Rosh (1)
גמ' קתני מי מערה דומיא דמי טבריא מה מי טבריא חמין אף מי מערה חמין פי' שהוחמו באור. מדאמר מני ר"ש היא ולא רבי יהודה היא דאסר בחמין. ופלוגתייהו בחמין שהוחמו באור. הרוחץ דיעבד אין לכתחלה לא אמי מערה אבל במי טבריא שרי לכתחלה כדאמר לעיל פרק כירה (שבת דף מ.) הניחו להם חמי טבריא ולא תנן במתני' חמי טבריא אלא לגלויי עליה דמי מערה דאיירי בחמין ורב אלפס פי' דמי מערה איירי בחמין שהוחמו מחמת המערה ולא מסתבר לאוסרן לכתחלה מסתפג אפילו בעשר אלונטית כו' א"ר חייא בר אבא א"ר יוחנן הלכה מסתפג אדם באלונטית ומביאה בידו בתוך ביתו ולא גזרינן דלמא אתי לידי סחיטה. א"ר חייא בר אבא א"ר יוחנן האוליירין מביאין בלרי נשים לבי בני ובלבד שיתכסה בהן ראשו ורובו:
Guemara. Il enseigne l'eau d'une grotte à l'image de l'eau de Teverya : de même que l'eau de Teverya est chaude, l'eau d'une grotte aussi est chaude ; explication : chauffée au feu. Puisqu'il dit (ensuite) : De qui (est cette Michna) ? De Rabbi Chimon, et non de Rabbi Yehouda, qui interdit pour l'eau chaude ; et leur divergence porte sur l'eau chauffée au feu. "Celui qui se baigne" : a posteriori, oui ; a priori, non : cela se rapporte à l'eau de la grotte ; mais dans l'eau de Teverya, c'est permis à priori, comme il est dit plus haut au chapitre Kira (Chabbat 40a) : "Ils leur ont laissé les eaux chaudes de Teverya". Et on n'a enseigné l'eau de Teverya dans la Michna que pour révéler, à son sujet, que l'eau de la grotte parle d'eau chaude. Le Rav Alfassi explique que l'eau de la grotte parle d'eau chauffée par la grotte ; mais il n'est pas raisonnable de l'interdire a priori. "Il se sèche même avec dix serviettes", etc. : Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : La halakha est qu'un homme se sèche avec une serviette et l'apporte dans sa main à l'intérieur de sa maison, et nous ne décrétons pas de peur qu'il en vienne à essorer. Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Les gardiens des bains (olyarin) apportent les draps de bain des femmes aux bains, à condition qu'ils s'en couvrent la tête et la majeure partie (du corps).
💡 Explication

La Guemara déduit deux choses de la formulation. D'abord, l'eau de la grotte est chaude, comme celle de Teverya qui lui est juxtaposée. Ensuite, harokhets (celui qui s'est baigné) indique un cas bediavad : se baigner a priori dans cette eau n'est pas permis.

Tossefot et le Roch précisent : l'interdit à priori vise l'eau de grotte chauffée au feu ; les eaux de Teverya, chaudes naturellement, sont permises a priori (Chabbat 40a). Le Rif comprend que la grotte est chauffée par elle-même ; le Roch ne voit pas de raison de l'interdire a priori. Le Roch tranche aussi, avec Rabbi Yo'hanan, qu'on peut porter une serviette chez soi sans craindre l'essorage. La phrase de la Guemara se poursuit en 147b.

🖼️ Schéma
Se baigner le Chabbat : grotte et Teverya Eau de Teverya chaude naturellement Eau de grotte (mikve couvert) chaude aussi (dumya) Permis à priori (Chabbat 40a : on leur a laissé les eaux de Teverya) Harokhets : a posteriori seulement Tossefot / Roch : chauffée au feu Rif : chaleur de la grotte
Eau de Teverya et eau de grotte : ce qui est permis à priori et a posteriori selon la Guemara et ses commentateurs.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).