Shabbat 152a — La vieillesse : versets de Kohelet, réparties des Sages, deuil de l'âme

Shabbat 152a

Sougya : L'amud poursuit la section aggadique ouverte par la michna sur les soins au mort. La Guemara lit Kohelet 12 comme une description du corps qui vieillit : dents, yeux, jambes, sommeil, désir.

Elle rapporte des réparties de Sages sur leur grand âge (R. Yehochoua ben Hanania devant l'empereur, R.

Chimon ben Halafta devant Rabbi) et l'échange mordant entre R. Yehochoua ben Qorha et un eunuque.

Rav et Rava discutent le cas de Barzilaï, puis une baraita distingue la vieillesse des sages de celle des ignorants. La fin traite du sort du mort : demeure selon son rang, douleur des vers, deuil de l'âme pendant sept jours, et dix personnes qui s'assoient à la place du mort sans endeuillés.

Kohelet 12 : chaque image du verset désigne un effet de la vieillesse Verset Image du verset Lecture de la Guemara 12,3 les gardiens de la maison tremblent flancs et côtés 12,3 les hommes vaillants se courbent cuisses (jambes) 12,3 les meunières cessent dents 12,3 celles qui regardent aux fenêtres yeux 12,4 les portes sur la rue se ferment orifices du corps 12,4 le bruit de la meule baisse estomac (qorqeban) 12,4 on se lève à la voix de l'oiseau sommeil léger 12,4 les filles du chant s'abaissent chant = simple parole 12,5 on craint ce qui est élevé petite butte = montagne 12,5 des frayeurs sur le chemin peurs en marchant 12,5 l'amandier fleurit os de la hanche saillant 12,5 la sauterelle se traîne fesses lourdes (agavot) 12,5 le câprier (aviyona) cesse désir 12,5 l'homme va à sa maison éternelle demeure selon son rang
Les versets de Kohelet 12 et leur lecture par la Guemara (segments 1, 7, 10, 12).
R. Yehochoua ben Qorha et l'eunuque : attaque et riposte L'eunuque (sadouqi) R. Yehochoua ben Qorha (Rachi : chauve) D'ici à Qarhina (pays du chauve), combien y a-t-il ? Autant que d'ici à Gozenia (pays de l'eunuque) Un bouc chauve se vend quatre Un mouton châtré se vend huit Tu marches sans chaussures : cheval = roi, âne = homme libre, chaussures = homme ; sinon mieux vaut la tombe Tu as dit trois choses, entends-en trois : barbe, épouse, enfants - Béni soit le Maqom qui t'en a privé Un chauve qui cherche querelle ?! Un châtré qui fait des reproches ?! Chaque pique sur la calvitie reçoit une réponse sur la castration
Les quatre échanges entre R. Yehochoua ben Qorha et l'eunuque (segments 4-5).
Barzilaï à 80 ans : pourquoi se dit-il si affaibli ? Barzilaï (II Samuel 19,36) : je ne discerne plus, je ne goûte plus, je n'entends plus Rav Barzilaï mentait preuve : une servante de Rabbi, à 92 ans, goûtait encore les marmites Rava il disait vrai, mais il était livré à la débauche : la vieillesse fond sur celui-là avant son temps Talmidei hakhamim en vieillissant, la sagesse s'ajoute (Job 12,12) Amei ha-arets en vieillissant, la sottise s'ajoute (Job 12,20)
Rav et Rava sur Barzilaï, puis la baraita sur la vieillesse des sages (segments 8-9).
1
ושל בית הכסא — רעות. של סם ושל שחוק ושל פירות — יפות.

Et celles (les larmes) des toilettes sont mauvaises. Celles d'un remède, du rire et des fruits sont bonnes.

📜 Rachi (2)
של בית הכסא מתוך יסורין:
Celles des toilettes : dues à la souffrance.
של פירות כגון ריח חרדל:
Celles des fruits : par exemple l'odeur de la moutarde.
🪔 Ben Yehoyada (1)
שש דמעות הן... של סם, ושל שחוק, ושל פרות, יפות. נראה לי בס"ד ראשי תיבות שלשה אלה ש חוק פ ירות ר פואה הוא 'שפר' כמשמעו, ושל סם הוא מה שמניחין ועושין לרפואה. ומה שכתב רש"י ז"ל בדמעה של בית הכסא מתוך יסורין, נראה לי יסורין של עיצור שדוחק בכח גדול ואין הזבל נדחה.
Six larmes... celles d'un remède, du rire et des fruits sont bonnes. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que les initiales de trois d'entre elles, s(e)hoq (rire), p(érot) (fruits) et r(efoua) (remède), forment le mot 'chefer' (beauté, bien), au sens propre ; et 'celles d'un remède' désigne ce que l'on applique et prépare comme traitement. Quant à ce que Rachi écrit sur la larme des toilettes, 'due à la souffrance', il me semble qu'il s'agit de la souffrance de la rétention, lorsqu'on pousse avec grande force et que les selles ne sortent pas.
💡 Explication

Fin de la baraita des six sortes de larmes commencée au 151b : trois abîment les yeux, trois leur font du bien. Les larmes provoquées par un remède, par le rire ou par un fruit piquant (la moutarde, selon Rachi) sont bénéfiques.

2
״ביום שיזועו שומרי הבית והתעותו וגו׳״. ״ביום שיזועו שומרי הבית״ — אלו הכסלים והצלעות. ״והתעותו אנשי החיל״ — אלו שוקים. ״ובטלו הטוחנות״ — אלו שינים. ״וחשכו הרואות בארובות״ — אלו עינים.

"Le jour où trembleront les gardiens de la maison, où se courberont (les hommes vaillants), etc." "Le jour où trembleront les gardiens de la maison" : ce sont les flancs et les côtés. "Où se courberont les hommes vaillants" : ce sont les jambes.

"Où cesseront les meunières" : ce sont les dents. "Où s'obscurciront celles qui regardent par les fenêtres" : ce sont les yeux.

📜 Rachi (3)
הכסלים ליפלאנק"ש:
Les flancs : 'flancs' (en vieux français).
והצלעות שהן שומרין בני המעיים וחיותו של אדם וסוגרין בעדם:
Et les côtés : elles gardent les entrailles et la vie de l'homme, et les enferment.
אלו שוקיים שכחו של אדם נסמך עליהם:
Ce sont les jambes : car la force de l'homme s'appuie sur elles.
💡 Explication

La Guemara reprend l'explication de Kohelet 12, qui décrit la vieillesse par images. Chaque terme du verset 3 désigne une partie du corps qui s'affaiblit : les côtés protègent les organes comme des gardiens, les jambes portent la force, les dents broient, les yeux regardent au-dehors. Voir le tableau de synthèse en haut de page.

3
אמר ליה קיסר לרבי יהושע בן חנניה: מאי טעמא לא אתית לבי אבידן? אמר ליה: טור תלג סחרנוהי גלידין. כלבוהי לא נבחין. טחנוהי לא טחנין. בי רב אמרי: אדלא אבידנא, בחישנא.

L'empereur dit à R. Yehochoua ben Hanania : Pourquoi n'es-tu pas venu à la maison d'Avidan ?

Il lui répondit : La montagne est neige, ses alentours sont glacés ; ses chiens n'aboient pas ; ses meules ne moulent pas. À l'école de Rav, on dit (qu'il ajouta) : Ce que je n'ai pas perdu, je le cherche.

📜 Rachi (6)
לבי אבידן מקום העשוי להתווכח שם צדוקים ובייתוסים עם ישראל במקראות:
À la maison d'Avidan : lieu destiné à ce que Sadducéens et Boethusiens y débattent avec Israël sur les versets.
טור תלג ההר נעשה שלג כלומר ראשי לבן:
La montagne est neige : la montagne est devenue neige, c'est-à-dire que ma tête est blanche.
סחרוני גלידין סביבותיו של הר מלאו קרח כלומר שפמי וזקני הלבינו:
Ses alentours sont glacés : les environs de la montagne se sont remplis de glace, c'est-à-dire que ma moustache et ma barbe ont blanchi.
כלבוהי לא נבחין קולי אינו נשמע:
Ses chiens n'aboient pas : ma voix ne s'entend plus.
טחנוהי השינים:
Ses meules : les dents.
אדלא אבידנא בחישנא אחר מה שלא אבד ממני אני מפשפש מרוב זקנה אני הולך שחוח ומנענע ונראה כמי שמבקש דינר הנאבד לו:
Ce que je n'ai pas perdu, je le cherche : je fouille après ce qui ne m'a pas été perdu ; à cause de mon grand âge je marche courbé et vacillant, et j'ai l'air de quelqu'un qui cherche un dinar perdu.
🪔 Ben Yehoyada (1)
טור תלג, סחרנוהי גלידין. יש להקשות מה שייכי הני לפטור עצמו מן הביאה לשם? ונראה לי בס"ד כיון דטור תלג שנעשה זקן לכן אזניו כבדות, והעושה ויכוח עם רבים צריך שאזניו תשמענה דברי כולם גם אותם היושבים רחוק ממנו, וכן הוא צריך להשמיע קולו גם לרחוקים. ועוד נמי אם אין לו שיניים מוכרח שיגמגם בדבריו ולא יהיו מובנים היטב לבעלי הויכוח, ועוד נמי אם הקרקבן אינו טוחן לא יהיה מאכלו מתעכל היטב, וירגיש בכובד האצטומכא וכאב הראש, וממילא לא יהיה דעתו צלול להשיב תשובה נצחת. ועל דרך הרמז כיון בדברים הנזכרים טור תלג , היצר הרע שנדמה לצדיקים כהר נתלבן שנעשה טוב, כמו שאמרו רבותינו ז"ל לבו לא נאמר אלא לבבו, ולאו דוקא יצר הרע עצמו אלא גם סחרנוהי הם כוחותיו וחיילותיו גלידין וכלבוהי כוחות המקטרגים לא נבחין , כי לא ימצאון בי עון אשר חטא כדי לנבוח בקטרוג, וטחנוהי הם מדות הטבעיות המושרשות בגוף, שהם תאוה חמדה דיבור אשר על ידם יבא האדם לידי חטא ומכשולים לא טחנין פעולות רעות בקרבי. ואם תאמר אם כן מה לך עוד חיים בעולם הזה מאחר שתקנת את שלך היטב, לזה אמר אדלא אבידנא בחישנא , שאני מתקן עתה על אותם נשמות השייכים לי שחטאו בעולם הזה ואבדו כמה ניצוצות על ידם בקליפה ובעבור בירורם ותיקונם אני מתעכב פה, וזהו אדלא אבידנא בחישנא, שאני מחפש על ניצוצי קדושה שאין אנו אבדתים, אלא אחרים השייכים לשורשי וקרובים אלי, לכן אומרים בודוי אנחנו וכל הבאים משרשי נר"ן [נפש, רוח, נשמה] שלנו, וכן אומרים ביהי רצון של מעשה המצות.
La montagne est neige, ses alentours sont glacés. On peut demander : en quoi ces choses le dispensent-elles de venir là-bas ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que puisqu'il est une montagne de neige, devenu vieux, ses oreilles sont dures ; or celui qui débat avec beaucoup de gens doit que ses oreilles entendent les paroles de tous, même de ceux assis loin de lui, et il doit aussi faire entendre sa voix à ceux qui sont loin. De plus, s'il n'a pas de dents, il est forcé de bégayer et ses paroles ne seront pas bien comprises des adversaires. De plus, si l'estomac (qorqeban) ne broie pas, sa nourriture ne sera pas bien digérée ; il sentira une lourdeur de l'estomac et un mal de tête, et par conséquent son esprit ne sera pas clair pour donner une réponse victorieuse. Par voie d'allusion, il visait par ces paroles, 'la montagne est neige', le yetser hara (mauvais penchant) qui, pour les justes, est comme une montagne blanchie devenue bonne, comme nos Maîtres ont dit : il n'est pas écrit 'son cœur' (libo) mais 'ses cœurs' (levavo). Et pas seulement le yetser hara lui-même, mais aussi 'ses alentours', ses forces et ses armées, sont 'glacés'. 'Ses chiens', les forces accusatrices, 'n'aboient pas', car elles ne trouvent chez moi aucune faute qui soit péché pour aboyer en accusation. 'Ses meules', ce sont les traits naturels enracinés dans le corps, convoitise, envie et parole, par lesquels l'homme en vient à la faute et aux obstacles : elles 'ne moulent pas' d'actions mauvaises en moi. Et si tu demandes : s'il en est ainsi, qu'as-tu encore à faire de la vie en ce monde, puisque tu as bien réparé ce qui te revient ? C'est pourquoi il dit : 'ce que je n'ai pas perdu, je le cherche' ; je répare à présent les âmes qui me sont liées, qui ont péché en ce monde et par lesquelles plusieurs étincelles se sont perdues dans la qelipa (écorce, force d'impureté), et c'est pour les trier et les réparer que je m'attarde ici. C'est le sens de 'ce que je n'ai pas perdu, je le cherche' : je cherche des étincelles de sainteté que nous n'avons pas perdues nous-mêmes, mais que d'autres, liés à ma racine et proches de moi, ont perdues. C'est pourquoi on dit dans la confession : 'nous et tous ceux qui viennent de la racine de nos NaRaN (nefech, roua'h, nechama)', et on le dit aussi dans le 'Yehi ratson' qui accompagne l'accomplissement des mitsvot.
💡 Explication

Illustration de la lecture précédente : un Sage décrit sa propre vieillesse par des images semblables à celles de Kohelet. Cheveux et barbe blancs (neige et glace), voix faible (les chiens n'aboient plus), dents tombées (les meules). La maison d'Avidan est, selon Rachi, un lieu de controverse avec les Sadducéens : R. Yehochoua explique qu'il n'a plus les forces pour y débattre.

La phrase de l'école de Rav décrit le vieillard courbé, qui semble chercher par terre un objet qu'il n'a pas perdu.

4
תניא, רבי יוסי בר קיסמא אומר: טבא תרי מתלת. ווי לה לחדא דאזלא ולא אתיא. מאי היא? אמר רב חסדא: ינקותא. כי אתא רב דימי אמר: ינקותא — כלילא דוורדא, סבותא — כלילא דחילפא. תנא משמיה דרבי מאיר: דוק בככי ותשכח בניגרי, שנאמר: ״ונשבע לחם ונהיה טובים ורעה לא ראינו״. אמר ליה שמואל לרב יהודה: שיננא, שרי שקיך ועייל לחמך. עד ארבעין שנין — מיכלא מעלי, מכאן ואילך — משתיא מעלי.

Il est enseigné (dans une baraita) : R. Yossi bar Qisma dit : Deux valent mieux que trois.

Malheur à l'une qui s'en va et ne revient pas. Qu'est-ce ?

Rav Hisda dit : La jeunesse. Quand Rav Dimi vint (d'Erets Israël), il dit : La jeunesse est une couronne de roses, la vieillesse une couronne d'épines.

On a enseigné au nom de R. Meir : Broie avec tes dents et tu le trouveras dans tes pas, ainsi qu'il est dit : "Nous étions rassasiés de pain, nous étions bien et nous ne voyions pas de malheur".

Chmouel dit à Rav Yehouda : Homme aux grandes dents, ouvre ton sac et fais entrer ton pain. Jusqu'à quarante ans, la nourriture est profitable ; à partir de là, la boisson est profitable.

📜 Rachi (6)
תרתי טבא מתלת טובים ב' הרגלים של ימי בחרות מג' של זקנה שצריך משענת עם רגליו:
Deux valent mieux que trois : les deux jambes des jours de jeunesse valent mieux que les trois de la vieillesse, où l'on a besoin d'un bâton en plus des jambes.
ווי לה חבל עליה כלומר יש לו להתאונן ולצעוק ווי ההולכת ואינה חוזרת:
Malheur à elle : quel dommage pour elle ; c'est-à-dire qu'il y a lieu de se plaindre et de crier 'malheur' sur celle qui s'en va et ne revient pas.
כלילא דוורדא נזר של וורד:
Couronne de roses : un diadème de roses.
חילפי אורטיא"ש:
Hilfei : 'orties' (en vieux français).
דוק בככי ותשכח בניגרי אכול הרבה ותמצא האכילה בפסיעותיך שיחזק כחך דוק כמו אכלה מדקה (דניאל ז׳:י״ט) לשון כוסס:
Broie avec tes dents et tu le trouveras dans tes pas : mangé beaucoup et tu retrouveras la nourriture dans tes pas, car ta force se renforcera. 'Douq' est comme 'elle mangeait et broyait' (Daniel 7,19), terme de mastication.
שרי שקיך פתח פיך:
Ouvre ton sac : ouvre ta bouche.
🪔 Ben Yehoyada (4)
טבא תרי מתלת, וי לה לחדא דאזלא ולא אתיא. נראה לי בס"ד דידוע דחמשה חלקים הם הנקראים נרנח"י [נפש, רוח, נשמה, חיה, יחידה] , אך שני חלקים שהם חיה ויחידה הם טובים ומעולים מן השלשה שהם נר"ן [נפש, רוח, נשמה] , ווי לחדא מהנך תלתא שהיא חלק הנפש דאזלא לבי קברא עד שיתעכל הבשר ולא אתיא עם חברותיה תכף ומיד לגן עדן בעת הפטירה. או הכונה על חלק הקטנות של הנפש שתשאר בקבר עד תחיית המתים, ושאל מאי היא? והשיב ינקותא , רצונו לומר חלק הקטנות של הנפש הבא לאדם בקטנותו ולכך קרי להו ינקותא. או יובן בס"ד טבא תרי מתלת דאות נו"ן דנחש כל הארס הוא בא ולעתיד תסתלק אות זו ונתבטל הסטרא אחרא, וכן הענין בנו"ן של שטן, וזו היא סוד שחיטת היצר הרע לעתיד, שימשך אות נו"ן הנז' משמותם מלשון (מלכים א' י, טז) זהב שחוט, וזה שאמר טבא תרי אתוון דנחש הם אותיות חש כשיהיו לבדם מתלת , יותר טוב מאם יהיו מחוברים עם הנו"ן שיהיו שלשה בבת אחת, ווי לחדא אות נו"ן דאזלא מן הסטרא אחרא לעתיד ולא אתיא עוד להם לעולם כי זו היא כוחם, ושאל מאי היא? והשיב ינקותא , רצונו לומר אות שהם יונקים עתה ממנו והוא מניק להם וזהו אות הנו"ן. אי נמי יש לומר, כל זה על ג' אותיות עשו, דלעתיד יסתלק ממנו אות וא"ו וישאר עש, ועתה כל יניקתם וכוחם של אדום הוא מן אות וא"ו דשם עש ו , ולכן ברכו (בראשית כז, מ) ועל חרבך תחיה, וכן אמר אדום (במדבר כ, יח) פן בחרב אצא לקראתך, כי אות וא"ו הוא דומה לחרב, ובזה יובן המאמר היטב על דרך מה שביארנו בדרך הקודם.
Deux valent mieux que trois, malheur à l'une qui s'en va et ne revient pas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il est connu que cinq parties (de l'âme) sont appelées NaRaNHaY (nefech, roua'h, nechama, haya, ye'hida). Or les deux parties haya et ye'hida sont bonnes et supérieures aux trois que sont NaRaN (nefech, roua'h, nechama). Malheur à l'une de ces trois, la partie nefech, 'qui s'en va' à la tombe jusqu'à ce que la chair se décompose, 'et ne revient pas' avec ses compagnes aussitôt au Gan Éden au moment du décès. Ou bien il s'agit de la partie de 'petitesse' (qatnout) de la nefech, qui reste dans la tombe jusqu'à la résurrection des morts. Il demande 'qu'est-ce ?' et répond 'la jeunesse' (yanqouta) : il veut dire la partie de petitesse de la nefech qui vient à l'homme dans son enfance, et c'est pourquoi il l'appelle 'jeunesse'. Ou bien on comprendra, avec l'aide du Ciel, 'deux valent mieux que trois' ainsi : de la lettre noun de 'nahach' (serpent) vient tout le venin ; dans l'avenir cette lettre sera retirée et la sitra a'hra (l'autre côté, force du mal) sera annulée. Il en va de même du noun de 'Satan'. C'est le sod (secret) de l'abattage du yetser hara dans l'avenir : la lettre noun sera tirée de leurs noms, au sens de 'or chahout' (or étiré, I Rois 10,16). C'est ce qu'il dit : 'deux valent mieux', les deux lettres de 'nahach' que sont het-chin lorsqu'elles sont seules, 'que trois', mieux que si elles étaient jointes au noun, trois ensemble. 'Malheur à l'une', la lettre noun, 'qui s'en va' de la sitra a'hra dans l'avenir et ne leur reviendra plus jamais, car c'est leur force. Il demande 'qu'est-ce ?' et répond 'yanqouta' : il veut dire la lettre dont ils se nourrissent (yonqim) à présent et qui les allaite, c'est la lettre noun. On peut aussi dire que tout cela porte sur les trois lettres de 'Essav' (ayin-chin-vav) : dans l'avenir la lettre vav lui sera retirée et il restera 'ach' (mite) ; à présent toute la nourriture et la force d'Edom viennent de la lettre vav du nom Essav. C'est pourquoi on l'a béni (Berechit 27,40) : 'Tu vivras de ton épée', et Edom dit (Bamidbar 20,18) : 'de peur que je ne sorte à ta rencontre avec l'épée', car la lettre vav ressemble à une épée. Ainsi le propos se comprend bien selon ce que nous avons expliqué dans l'interprétation précédente.
ינקותא כלילא דורדא סבותא, כלילא דחילפי. הא דמשבחים הנערות ומגנים הזקנות, לאו בשביל תאוה גשמית אלא בשביל הנפשיות, כי האדם בעוד כוחו בו יוכל לעסוק בתורה ובמצות וגמילות חסדים וזווגים קדושים של פריה ורביה ולידת נשמות מה שאין כן בזקנות שסר כוחו מעליו, ועוד בנערות יש לו פאר ויתרון בשברון היצר הרע אלף ידות על ימי הזקנה, לכך הצדקים משבחים את הנערות.
La jeunesse est une couronne de roses, la vieillesse une couronne d'épines. Si l'on loue la jeunesse et que l'on déprécie la vieillesse, c'est en raison des choses de l'âme, et non du désir physique : tant que l'homme a sa force, il peut s'occuper de Torah, de mitsvot, d'actes de bonté, d'unions saintes pour accomplir 'croissez et multipliez' et faire naître des âmes, ce qui n'est pas le cas dans la vieillesse où sa force l'a quitté. De plus, dans la jeunesse, briser le yetser hara a une gloire et une supériorité mille fois plus grandes que dans la vieillesse. C'est pourquoi les justes louent la jeunesse.
דוק בככי ותשכח בנגרי. נראה לי בס"ד רמז לפי דרכו על הבירור של ניצוצות קדושה כמו שכתב רבינו האר"י ז"ל בשער המצות, וז"ל תכוין כונה קצרה דרך כלל וזו היא, כי הנה ענין הבירור על ידי ל"ב שינים שהם כנגד ל"ב נתיבות חכמה המבררים הכל, דמחשבה אתבריר כולא והם הטוחנין ומפרדים המאכל, ועל ידי כך מתברר האוכל מתוך הפסולת בדרך הרחיים הטוחנות התבואה, ואחר כך מתפרדין הסובין והמורסן שהם הקליפות מן הקמח שהוא האוכל מה שאין כן קודם שנטחן שהיו דבקים יחד בתכלית וכו' עד כאן לשונו עיין שם. ולזה אמר דוק בככי לטחון בשינים ואז תשכח בנגרי , הם חלקי הטוב שהם נגררים ויוצאין ונמשכים מן הקליפה, ואמר לשון 'דוק' רמז בזה לכונות האכילה של 'מו נח' [104] שהם בגימטריא 'דק' [104] שצריך לכוין באכילתו בסוד מנוח עם הארץ היה כנזכר בשער המצוות, ואות וא"ו של 'ד ו ק' רמז בו על כונה של 'פד' שישנה גם כן באכילה שהוא מספר 'תנוך' [476] שהוא סוד עולם היצירה שה"ס [שהוא סוד] וא"ו גם הכונה של ה'אוכל' [57] שהוא מספר 'אל הוי"ה' [57] שהוא 'ששה אותיות' וכנזכר כל זה בשער המצוות בדברי רבינו האר"י ז"ל. גם נראה לי בס"ד לרמוז דוק בככי ותשכח בנגרי על דרך מה שכתב רבינו ז"ל שם וז"ל: עוד כונה חמישית תכוין לבלוע המאכל אחר שנטחן ששם באצטמכא גמר הבירור, שאז מתעכל המאכל והטוב שבו מתהפך לדם, והמזון הולך אל הכבד ומתפשט בכל העורקים והאיברים כנודע, והרע שבו יורד דרך בני מעים ויוצא לחוץ עד כאן לשונו עיין שם. וזה שאמר דוק בככי שתטחן המאכל, ואחר כך תשכח בנגרי הוא גמר הבירור, שהטוב נגרר למקומו והרע נגרר למקומו.
Broie avec tes dents et tu le trouveras dans tes pas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il s'agit d'une allusion selon sa voie au tri (birour) des étincelles de sainteté, comme l'a écrit notre maître le Ari dans le Chaar ha-Mitsvot ; voici ses mots : 'Qu'il ait une brève intention générale, et la voici : le tri se fait par les trente-deux dents, qui correspondent aux trente-deux voies de la sagesse qui trient tout, car c'est par la pensée que tout est trié ; ce sont elles qui broient et séparent la nourriture, et par là l'aliment se trié du déchet, à la manière des meules qui moulent le grain ; ensuite le son et le gros son, qui sont les qelipot, se séparent de la farine qui est l'aliment, alors qu'avant la mouture ils étaient entièrement collés ensemble, etc.' Fin de citation, voir là-bas. C'est pourquoi il dit : 'broie avec tes dents', moudre avec les dents, 'et alors tu trouveras dans tes pas (negarei)', ce sont les parts de bien qui sont tirées (nigrarim), sortent et s'extraient de la qelipa. Il emploie le terme 'douq' pour faire allusion aux intentions (kavanot) du repas, 'mo-na'h' (104), dont la guematria égale 'daq' (104) : il faut avoir cette intention en mangeant, dans le sod de 'Manoah était un homme de la terre', comme il est dit dans le Chaar ha-Mitsvot. La lettre vav de 'd-v-q' fait allusion à l'intention de 'pad' (84), présente aussi dans le repas, qui est le nombre de 'Hanokh' (84), sod du monde de Yetsira, qui est le sod du vav. Il y a aussi l'intention de 'okhel' (57), qui est le nombre de 'El' avec le Nom (57), soit 'six lettres'. Tout cela est mentionné dans le Chaar ha-Mitsvot, dans les paroles de notre maître le Ari. Il me semble aussi, avec l'aide du Ciel, faire allusion par 'broie avec tes dents et tu le trouveras dans tes pas' à ce qu'a écrit notre maître la-bas ; voici ses mots : 'Cinquième intention : qu'il ait l'intention d'avaler l'aliment après qu'il a été broyé, car c'est là, dans l'estomac, que s'achève le tri ; alors l'aliment se digère, le bien qu'il contient se change en sang, la nourriture va au foie et se répand dans toutes les veines et tous les membres, comme on le sait, et le mal qu'il contient descend par les intestins et sort au-dehors.' Fin de citation, voir là-bas. C'est ce qu'il dit : 'broie avec tes dents', que tu moudras l'aliment, 'et ensuite tu le trouveras dans tes pas (negarei)', c'est l'achèvement du tri : le bien est tiré vers sa place et le mal est tiré vers sa place.
שיננא, שרי שקיך ועייל לחמא. יש להקשות למה קראו עתה 'שיננא' כשלמדו דבר זה? ונראה לי בס"ד דאיתא בגמרא דמגילה (דף יב.) והשתיה כדת אין אונס (אסתר א, ח), כדת של תורה, מה דת של תורה אכילה מרובה משתיה אף סעודה של אותו רשע אכילה מרובה משתיה, ופירש רש"י ז"ל כדת של תורה באכילת מזבח, והגאון רא"ם ז"ל פירש דאיתא באבות (ו, ד) כך היא דרכה של תורה, פת במלח תאכל ומים במשורה תשתה, נמצא על אכילה לא אמר שיעור ומדה אלא סתם פת במלח לאכול כל שיעור שתרצה, אבל בשתיה אמר שיעור מדה, שאמר ומים במשורה תשתה, נמצא דרך של תורה אכילה מרובה משתיה עד כאן דבריו. ולזה אמר לו כאן שיננא מאחר שאתה חכם חריף שונה הלכות צריך אתה לאחוז בדרכה של תורה יותר משאר אדם, ולכן שרי שקיך ועייל לחמא שתאכל פת חריבה בלא שיעור מדה, מיהו עם כל זה אני מזהירך עד ארבעין שנין, מיכלא מעלי, מכאן ואילך, משתי מעלי, וכל זרוז זה עשה לו לשם שמים להוסיף בו כח לעבודת הבורא יתברך. ועוד נראה לי בס"ד רמז לו בזה על לחמה של תורה ועל יינה של תורה, כי שני למודים הם הא' הגרסה וזה נקרא 'לחם' והב' העיון והסברה וזה נקרא 'יין' כמו שנאמר (משלי ט, ה) לכו לחמו בלחמי, תחלה שהוא הגרסה, ואחר כך ושתו ביין מסכתי, לימוד הסברה והעיון, ובא לזרזו בלימוד הגרסא, ואמר לו אף על פי שאתה שיננא רצונו לומר חריף ותמצא סימן טוב ויפה בלימוד הסברה והעיון יותר משאר בני אדם עם כל זה תתמיד עתה בלימוד הגרסא. וזה שאמר שרי שקיך ועייל לחמא הגרסה, ועד ארבעין שנין, מיכלא שהוא לימוד הגרסא מעלי, מכאן ואילך כיון שנעשה בן ארבעים לבינה (אבות ה, כא) שנחקק על לוח לבו הגרסה ולא ישכחנה אז ירבה עתותיו בלימוד הסברה והעיון, והיינו משתי הוא לימוד הסברה מעלי, גם רמז לפי דרכו שרי שקיך [430] גימטריא ת"ל הם חמשה שמות א-להים שהם הגימטריא [כלומר ה׳ פעמים 'א-להים' [86] = 430], ועייל לחמא לחם כף הוא סוד ג' הויו"ת [26×3=78] שהם מספר 'לחם' [78] הנמשכים מן כתר למתק הגבורות, וכף רמז לכתר בסוד כי מאתך היא מנוחתם שצריך לכוין מאת כתר מנוחתם במנחת שבת כנודע.
Homme aux grandes dents, ouvre ton sac et fais entrer le pain. On peut demander : pourquoi l'appelle-t-il maintenant 'chinena' lorsqu'il lui enseigne cela ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il est rapporté dans la Guemara de Meguila (12a) : 'Et la boisson selon la loi, sans contrainte' (Esther 1,8), selon la loi de la Torah ; de même que dans la loi de la Torah la nourriture est plus abondante que la boisson, ainsi au festin de ce méchant la nourriture était plus abondante que la boisson. Rachi explique 'la loi de la Torah' comme ce qui est mangé sur l'autel. Le gaon Réem explique : il est dit dans Avot (6,4) 'Telle est la voie de la Torah : tu mangeras du pain avec du sel et tu boiras de l'eau avec mesure'. Pour la nourriture il n'a pas fixé de quantité ni de mesure, mais simplement du pain avec du sel, à manger en la quantité que tu veux ; mais pour la boisson il a fixé une mesure, 'tu boiras de l'eau avec mesure'. Ainsi la voie de la Torah est que la nourriture soit plus abondante que la boisson. Fin de ses paroles. C'est pourquoi il lui dit ici 'chinena' : puisque tu es un sage aigu qui répète les halakhot, tu dois t'attacher à la voie de la Torah plus que les autres hommes ; c'est pourquoi 'ouvre ton sac et fais entrer le pain', mange du pain sec sans quantité ni mesure. Cependant je t'avertis : jusqu'à quarante ans la nourriture est profitable, à partir de là la boisson est profitable. Tout cet encouragement, il le lui donna pour le Ciel, afin d'augmenter sa force pour le service du Créateur, béni soit-Il. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, qu'il lui fit allusion au pain de la Torah et au vin de la Torah. Il y a deux sortes d'étude : la première est la mémorisation (guirsa), appelée 'pain' ; la seconde est l'approfondissement et le raisonnement (iyoun, sevara), appelée 'vin', comme il est dit (Michle 9,5) : 'Venez, mangez de mon pain', d'abord, c'est la mémorisation, 'et buvez du vin que j'ai mêlé', l'étude du raisonnement et de l'approfondissement. Il vint l'encourager dans l'étude de mémorisation et lui dit : bien que tu sois 'chinena', c'est-à-dire aigu, et que tu trouves plus que les autres un bon signe dans l'étude du raisonnement, attache-toi maintenant à l'étude de mémorisation. C'est ce qu'il dit : 'ouvre ton sac et fais entrer le pain', la mémorisation ; 'jusqu'à quarante ans la nourriture', l'étude de mémorisation, 'est profitable' ; 'à partir de là', une fois arrivé à quarante ans, âge de la bina (Avot 5,21), lorsque la mémorisation est gravée sur la tablette de son cœur et qu'il ne l'oubliera plus, il consacrera davantage de temps à l'étude du raisonnement et de l'approfondissement, et c'est 'la boisson', l'étude du raisonnement, 'est profitable'. Il fit aussi allusion selon sa voie : 'chri chaqaïkh' (ouvre ton sac) à la valeur 430, qui est la guematria de cinq Noms Elokim (5 fois 86 = 430) ; 'et fais entrer le pain' (le'hem, 78), c'est le sod de trois Noms Havaya (3 fois 26 = 78), nombre de 'le'hem', qui s'étendent depuis Keter pour adoucir les guevourot (rigueurs) ; et 'kaf' fait allusion à Keter, dans le sod de 'car de Toi vient leur repos', où il faut avoir l'intention 'de Keter vient leur repos' à la prière de Minha du Chabbat, comme on le sait.
💡 Explication

Série de proverbes sur les âges de la vie. 'Deux valent mieux que trois' : les deux jambes du jeune homme valent mieux que les deux jambes et le bâton du vieillard. Ce qui 's'en va et ne revient pas', selon Rav Hisda, c'est la jeunesse.

Conseils de santé : bien manger donne de la force pour marcher (R. Meir). Chmouel appelle Rav Yehouda chinena, littéralement 'aux grandes dents', terme d'affection pour un élève aigu. La règle finale : avant quarante ans, privilégier la nourriture ; ensuite, la boisson.

🖼️ Schéma
Jeunesse et vieillesse selon le segment Jeunesse deux jambes, meilleures que trois couronne de roses Vieillesse deux jambes + un bâton couronne d'épines Jusqu'à 40 ans la nourriture est profitable (mange : la force passe aux jambes) Après 40 ans la boisson est profitable
Les oppositions du segment : deux jambes contre trois, roses contre épines, nourriture puis boisson.
5
אמר ליה ההוא גוזאה לרבי יהושע בן קרחה: מהכא לקרחינא כמה הוי? אמר ליה: כמהכא לגוזניא. אמר ליה: ברחא קרחא בארבעה. אמר ליה: עיקרא שליפא בתמניא.

Un eunuque dit à R. Yehochoua ben Qorha : D'ici à Qarhina, combien y a-t-il ?

Il lui répondit : Autant que d'ici à Gozenia. (L'eunuque) lui dit : Un bouc chauve (se vend) quatre.

Il lui dit : Un mouton châtré (se vend) huit.

📜 Rachi (6)
גוזא סריס וצדוקי היה:
Gozaa : un eunuque, et il était sadducéen.
מהכא לקרחינא כמה הוי כמה מהלך יש מכאן עד הקרח ולהקניטו על קרחתו נתכוון:
D'ici à Qarhina, combien y a-t-il : quelle distance y a-t-il d'ici jusqu'au chauve ? Il voulait le provoquer au sujet de sa calvitie.
כמהכא לגוזניא כמו שמכאן עד הסריס:
Autant que d'ici à Gozenia : comme d'ici jusqu'à l'eunuque.
אמר ליה צדוקי ברחא קרחא בארבעה שהקרח לקוח בארבע. ברחא קרחא הוא עז על שם שאינו מלובש בצמר כרחל קרוי קרחא:
Le sadducéen lui dit : un bouc chauve (se vend) quatre : le chauve s'achète quatre. 'Barha qarha' est une chèvre ; elle est appelée 'chauve' parce qu'elle n'est pas revêtue de laine comme la brebis.
אמר ליה רבי יהושע:
Il lui dit : R. Yehochoua.
עיקרא שליפא שה שביציו עקורים ונתוקין לוקחין בשמנה:
Un mouton châtré : un agneau dont les testicules sont arrachés et détachés, on l'achète huit.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מהכא לקרחינאה כמה הוה. הנה בודאי לא היו עושים ויכוח בדברים של נערים שאין בהם ממש, דאם היה הצדוקי כסיל לדבר דברי שכלות לא היה רבי יהושע בן קרחה נטפל להשיב על דבריו, דכתיב (משלי כו, ד) אל תען כסיל! אך נראה ודאי שהיה הויכוח ברמז. ונראה לי בס"ד מה שאמר מהכא לקרחינאה שקורא את יעקב אבינו ע"ה בשם 'קרח' כי היה איש חלק, ורבי יהושע בן קרחה קורא לעשו 'סריס' שעתיד להסתרס, שיוקח ממנו אות וא"ו וישאר 'עש' ואז יתקיים בו (ישעיהו נ, ט) עש יאכלם ויתאבד לגמרי, והמין שאל מכאן עד זמן ממשלתו של קרחינאה שהוא יעקב כמה שנים הוה? ואמר לו כמו שיש מכאן עד מפלתו של גוזינאה הוא עשו הסריס שעתיד להסתרס באות וא"ו, דהא בהא תליא כשעשו נופל יקום יעקב. וחזר הצדוקי ואמר ברחא קרחא בארבע , פירוש לישראל קורא אותם בשם עז כי אמרו רבותינו ז"ל (ביצה כה:) שהם עזין שבאומות, ואמר שהם קרחה בארבע שנעשו קרחה בארבע כנפות העולם שנתפזרו שם, וכל מקום שהם חונים הם כמו קרחה שהם מובדלים מן האומות בכל דבר, כמו שנאמר (במדבר כג, ט) הן עם לבדד ישכן ובגוים לא יתחשב, ונמצא שהם מובדלים כמו קרחה שעושים לבגד שהיא מסוימת וניכרת בהבדלתה משאר הבגד, ורצונו לומר כיון שנתפזרו בארבע רוחות העולם קשה קיבוצם ורחוק הוא מן הדעת! והשיב לו עקירא שליפא בתמניא , פירוש עתיד הקב"ה לעקור אותם מארצות הגויים ולשלוף מבין האומות בתמניא, רצונו לומר בזכות תורה שבעל פה שיש בה שמונה דרגין, שהם כשר ופסול טמא וטהור אסור ומותר חייב וזכאי. או יובן אומרו 'בתמניא' רמז לחיבור ויחוד שם הוי"ה ושם אדני שהם שמונה אותיות. או יובן בזכות המילה שהיא בשמונת ימים, כמו שנאמר (תהלים יב, א) למנצח על השמינית, שהגאולה תהיה בזכות המילה, והקהה שיניו בזה שהוא סריס ולא שייך בו מילה. או יובן אומרו 'ברחא' אלו ישראל, נעשו קרחה בארבע שנסתלקה מהם בגלות הארת ארבעה בגדים מן השמונה בגדים של כהן גדול, כמו שכתב הרב הקדוש מהרש"ם ז"ל בסוד הכתוב (ישעיהו ג, א) ובפשעיכם שלחה 'אמכם' שהוא ראשי תיבות של ד' בגדים [ כ תונת ו א בנט ו מ גבעות ו מ כנסים] , ונשאר אצלם עתה הארה של החצי דוקא למעלה במקדש של מעלה, והשיב לו עיקרא שליפא בתמניא, רצונו לומר שיעקור הקב"ה את עכו"ם וישלוף ישראל מתוכם, אז ישראל שלמים בתמניא שתחזור העטרה ליושנה.
D'ici à Qarhina, combien y a-t-il. Assurément ils ne débattaient pas avec des propos d'enfants sans substance : si le sadducéen avait été un sot tenant des propos insensés, R. Yehochoua ben Qorha ne se serait pas donné la peine de lui répondre, car il est écrit (Michle 26,4) : 'Ne réponds pas au sot' ! Il est donc certain que le débat se faisait par allusion. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'en disant 'd'ici à Qarhina', il appelle Yaaqov notre père, sur lui la paix, 'le chauve', car il était 'un homme lisse' ; et R. Yehochoua ben Qorha appelle Essav 'l'eunuque', car il sera un jour castré : la lettre vav lui sera retirée, il restera 'ach' (mite), et alors s'accomplira en lui (Yechaya 50,9) 'la mite les dévorera', et il périra entièrement. L'hérétique demandait : d'ici au temps du règne du chauve, qui est Yaaqov, combien d'années y a-t-il ? Il lui répondit : autant qu'il y a d'ici à la chute de l'eunuque, c'est-à-dire Essav, l'eunuque qui sera castré de la lettre vav ; car l'un dépend de l'autre : quand Essav tombe, Yaaqov se lève. Le sadducéen reprit : 'un bouc chauve à quatre' ; il appelle Israël 'bouc' (ez), car nos Maîtres ont dit (Beitsa 25b) qu'ils sont les plus audacieux (azin) des nations ; et il dit qu'ils sont 'chauves en quatre' : ils sont devenus une calvitie aux quatre coins du monde où ils ont été dispersés. Partout où ils campent, ils sont comme une calvitie, séparés des nations en toute chose, comme il est dit (Bamidbar 23,9) : 'Voici un peuple qui demeure à part et ne se compte pas parmi les nations'. Ils sont donc séparés comme la tonsure que l'on fait à un vêtement, marquée et reconnaissable par sa séparation du reste du vêtement. Il voulait dire : puisqu'ils sont dispersés aux quatre vents du monde, leur rassemblement est difficile et éloigné de la raison ! Il lui répondit : 'le châtré, arraché, à huit' ; c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, les arrachera un jour des pays des nations et les retirera d'entre les peuples 'par huit', c'est-à-dire par le mérite de la Torah orale qui comporte huit degrés : cacher et passoul, impur et pur, interdit et permis, coupable et innocent. Ou l'on comprendra 'par huit' comme une allusion à l'union du Nom Havaya et du Nom Adnout, qui font huit lettres. Ou bien : par le mérite de la mila, qui se fait au huitième jour, comme il est dit (Tehilim 12,1) 'Au chef des chantres, sur la huitième', car la délivrance viendra par le mérite de la mila ; et il le réduisit au silence par là, puisqu'il était eunuque et que la mila ne le concerne pas. Ou l'on comprendra 'bouc' comme désignant Israël, devenu 'chauve en quatre' : en exil, la lumière de quatre des huit vêtements du Cohen Gadol lui a été retirée, comme l'a écrit le saint Maharcham sur le sod du verset (Yechaya 50,1) 'par vos fautes votre mère (imkhem) a été renvoyée', dont les initiales sont les quatre vêtements (ketonet, avnet, mitsnefet, mikhnassayim). Il ne leur reste à présent que la lumière de la moitié, et seulement en haut, dans le Sanctuaire d'en haut. Il lui répondit : 'le châtré, arraché, à huit' ; il veut dire que le Saint, béni soit-Il, arrachera les idolâtres et retirera Israël d'entre eux ; alors Israël sera complet avec les huit, et la couronne retrouvera son ancien éclat.
💡 Explication

Joute verbale. Selon Rachi, l'interlocuteur est un eunuque sadducéen qui se moque de la calvitie de R. Yehochoua ben Qorha (son nom évoque qereah, chauve). Chaque pique reçoit une réponse du même ordre sur la castration de l'eunuque.

Le bouc (sans laine, donc 'chauve') vaut quatre pièces ; l'agneau châtré, engraissé, vaut huit. Le Sage renvoie ainsi à l'eunuque son propre défaut.

6
חזייה דלא סיים מסאניה, אמר ליה: דעל סוס — מלך, דעל חמור — בן חורין, ודמנעלי בריגלוהי — בר איניש. דלא הא ולא הא — דחפיר וקביר טב מיניה. אמר ליה: גוזא גוזא, תלת אמרת לי, תלת שמעת: הדרת פנים — זקן, שמחת לב — אשה, ״נחלת ה׳ — בנים״. ברוך המקום שמנעך מכולם. אמר ליה: קרחא מצוי?! אמר ליה: עיקרא שליפא תוכחה!

Il vit qu'il n'avait pas mis ses chaussures. Il lui dit : Celui qui (monte) sur un cheval est un roi, celui qui (monte) sur un âne est un homme libre, et celui qui a des chaussures aux pieds est un homme.

Celui qui n'a ni ceci ni cela, celui qui est enterré dans une fosse vaut mieux que lui. Il lui répondit : Eunuque, eunuque, tu m'as dit trois choses, entends-en trois : la splendeur du visage, c'est la barbe ; la joie du cœur, c'est l'épouse ; "l'héritage de Hachem, ce sont les enfants".

Béni soit le Maqom qui t'a privé de tous. Il lui dit : Un chauve qui cherche querelle ?!

Il lui dit : Un châtré qui fait des reproches !

📜 Rachi (3)
חזייה צדוקי לרבי יהושע דלא סיים מסאניה:
Il vit : le sadducéen vit que R. Yehochoua n'avait pas mis ses chaussures.
קרחא מצויינא אתה הקרח במריבה אתה באת עמדי בתמיה:
Un chauve querelleur : toi, le chauve, tu es venu te quereller avec moi ? (sous forme d'étonnement).
אמר לו רבי יהושע עיקרא שליפא תוכחה אתה הסריס להקניטני ולהתווכח עמי באת:
R. Yehochoua lui dit : un châtré qui fait des reproches : toi, l'eunuque, tu es venu me provoquer et débattre avec moi.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אמר ליה: גוזא גוזא, תלת אמרת לי, תלת אמרי לך: הדרת פנים, זקן. שמחת לב, אשה. הנה אם נדקדק בדברי המין אף על פי שהוא פרט שלשה דברים לא היה בדבריו חסרון אלא אחת, שהיה יחף מפני שהיה אותו יום ט' באב אבל באמת חסרון רכיבה הוא חסרון מעלה ואין זה חסרון ממש, מה שאין כן שלשה שאמר רבי יהושע בן קרחה הם שלשה חסרונות גמורים ממש, וגם הם באים כולם ביחד בבת אחת, ולא עוד אלא שהם קבועים בו לעולם ולית להו תקנה, מה שאין כן חסרון המנעל זה לפי שעה מפני שהיה אותו יום ט' באב והוא לובש אחר כך, ואפילו אותו יום יכול ללבשו אם הולך בין הגויים. ולכן אמר לו רבי יהושע בן קרחה ת לת אמרת לי , על דעתך הם שלשה חסרונות אך אתה תלת שמעת שמע כלומר 'הבן' רצונו לומר תבין בהם איך הם שלשה חסרונות גמורים ואיך הם קבועים בך לעולם והם הדרת פנים וכו', ברוך המקום שמנעו מכלם, 'שמנעו' דייקא דאין לו תקנה להחזירם לו, 'מכלם' דייקא דכולם איתנהו ביה בבת אחת, וזה בשמעו שלשה אלה שפרט שהם שלשה חסרונות ממש, והוא לא אמר לו שלשה חסרונות ממש חרה לו, ואמר קרחא מצויינא שהטחת עלי דברים יותר ממה שאמרתי לך כדי לריב עמי, והשיב לו עקירא שליפא שהוא עקור מבנים ואשה ושלוף מן הזקן שאי אפשר להשיג את אלו לעולם, תוכחה היש בפיך דבר להוכחני דאני באמת וצדק דברתי ולא הטחתי דברים יותר מן הראוי, והא דאמר לו גוזא גוזא בכפלים רצונו לומר שהוא סריס, שאינו עושה פירות הן ברוחניות, הן בגשמיות מכל וכל.
Il lui dit : Eunuque, eunuque, tu m'as dit trois choses, je t'en dis trois : la splendeur du visage, c'est la barbe ; la joie du cœur, c'est l'épouse. Si l'on examine les paroles de l'hérétique, bien qu'il ait énuméré trois choses, il n'y avait dans ses paroles qu'un seul manque : il était pieds nus parce que ce jour était le 9 Av. Or l'absence de monture est l'absence d'une dignité supérieure et non un manque véritable. Les trois choses dites par R. Yehochoua ben Qorha, elles, sont trois manques complets et réels ; elles viennent toutes ensemble à la fois ; bien plus, elles sont fixées en lui pour toujours et sans remède. Le manque de chaussures, au contraire, n'est que momentané, parce que ce jour était le 9 Av, et il les mettra ensuite ; même ce jour-là il peut les mettre s'il marche parmi les non-Juifs. C'est pourquoi R. Yehochoua ben Qorha lui dit : 'tu m'as dit trois' selon ton avis, ce sont trois manques ; mais toi, 'entends-en trois', 'entends' au sens de 'comprends' : comprends en quoi ce sont trois manques complets et comment ils sont fixés en toi pour toujours, et ce sont 'la splendeur du visage', etc. 'Béni soit le Maqom qui l'en a privé de tous' : 'privé', précisément, car il n'a pas de remède pour les retrouver ; 'de tous', précisément, car ils sont tous en lui à la fois. En entendant ces trois choses énumérées, qui sont trois manques réels, alors que lui ne lui avait pas dit trois manques réels, il se fâcha et dit : 'un chauve querelleur', tu m'as lancé plus que ce que je t'ai dit pour te quereller avec moi. Il lui répondit : 'un châtré, arraché', qui est privé d'enfants et d'épouse et dépouillé de la barbe, choses qu'il ne pourra jamais obtenir, 'un reproche' as-tu dans la bouche pour me reprendre ? Car j'ai parlé avec vérité et justice et je ne t'ai pas lancé plus que ce qui convient. Et s'il lui dit 'eunuque, eunuque' en double, c'est pour dire qu'il est un eunuque qui ne porte aucun fruit, ni spirituel ni matériel, en rien.
הדרת פנים, זקן. שמחת לב, אשה. (תהלים קכז, ג) "נחלת ה', בנים". נראה לי בס"ד שלשה אלה ראשי תיבות 'השן' ה דרת ש מחת נ חלת, וזהו שנאמר (שיר השירים ז, ה) צוארך כמגדל השן, ואלו תלויים זה בזה כי בזקן מאיר שם 'שדי' והנזהר בזקן מאיר לו שם 'שדי' , וידוע כי שם שדי מלואו 'תק' [500] ובזה מאיר ב'תק' אברים של איש ואשתו, כי דבאיש יש רמ"ח ובאשה רנ"ב [248+242=500] , וכיון שהאיר בהם שם 'שדי' זוכה לבנים.
La splendeur du visage, c'est la barbe ; la joie du cœur, c'est l'épouse ; (Tehilim 127,3) 'l'héritage de Hachem, ce sont les enfants'. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ces trois choses ont pour initiales 'hachen' (la dent, l'ivoire) : h(adrat), ch(imhat), n(ahalat). C'est ce qui est dit (Chir ha-Chirim 7,5) : 'Ton cou est comme une tour d'ivoire (hachen)'. Elles dépendent l'une de l'autre, car dans la barbe brille le Nom Chaddai, et celui qui prend garde à sa barbe, le Nom Chaddai brille pour lui. On sait que le Nom Chaddai en son développement (miloui) vaut 'taq' (500), et par là il brille dans les 500 membres de l'homme et de sa femme : l'homme a 248 membres et la femme 252 (248 + 252 = 500). Puisque le Nom Chaddai brille en eux, il mérite des enfants.
💡 Explication

Deuxième manche. L'eunuque se moque du Sage qui marche pieds nus : il le place au-dessous du simple homme. R. Yehochoua répond par trois choses dont l'eunuque est privé pour toujours : la barbe, l'épouse, les enfants (verset de Tehilim 127,3). Le terme Maqom (le Lieu) désigne Hachem.

Les deux dernières répliques reprennent le jeu du segment précédent : chauve contre châtré. Voir le schéma de synthèse en haut de page.

7
אמר ליה רבי לרבי שמעון בן חלפתא: מפני מה לא הקבלנו פניך ברגל, כדרך שהקבילו אבותי לאבותיך? אמר ליה: סלעים נעשו גבוהים, קרובים נעשו רחוקים, משתים נעשו שלש, משים שלום בבית בטל.

Rabbi dit à R. Chimon ben Halafta : Pourquoi ne t'avons-nous pas reçu pendant la fête, comme mes pères recevaient tes pères ?

Il lui répondit : Les rochers sont devenus hauts, les proches sont devenus lointains, deux sont devenus trois, et celui qui met la paix dans la maison a cessé.

📜 Rachi (6)
לא הקבלנו פניך לא הקבלת פני ודרך ענוה קאמר ליה:
Nous ne t'avons pas reçu : (il veut dire) tu n'es pas venu me rendre visite ; il le dit par humilité.
סלעים קטנים נעשו גבוהים שזקנתי:
Les rochers : les petits sont devenus hauts, car j'ai vieilli.
קרובים נדמין לי כרחוקים:
Les proches : me semblent lointains.
שתים נעשו לי שלש שצריך אני משענת:
Deux sont devenus trois pour moi : car j'ai besoin d'un bâton.
משים שלום בבית אבר תשמיש:
Celui qui met la paix dans la maison : l'organe des relations conjugales.
לישנא אחרינא קרובים נעשו רחוקים מרוב חלשות של אדם כשמזקין צריך להרחיק רגליו זה מזה:
Autre explication : 'les proches sont devenus lointains' : par l'extrême faiblesse de l'homme qui vieillit, il doit écarter ses pieds l'un de l'autre.
🪔 Ben Yehoyada (2)
מפני מה לא הקבלנו פניך ברגל, כדרך שהקבילו אבותי לאבותיך. נראה לי בס"ד אף על גב שדבר כן בדרך ענוה, עם כל זה לא הוציא דברים אלו לבטלה אלא דבר נכונה, דידוע כמו שיש אדם שיש לו עין הרע בר מינן, שקווים של עניו מטלים ארס באותו דבר שיסתכל בו, כמו כן נמי יש אדם טוב שיש לו עין טובה אשר קווים של עינים שלו מטילין ברכה וטובה באותו דבר שמסתכל בו. ובזה פרשתי בס"ד מה שאמר בועז לרות (רות ב, ט) עיניך בשדה אשר יקצרון, שרוצה שתסתכל בשדה כדי שתטיל בה ברכה, ועל עינים אלו נאמר (שיר השירים ז, ה) עיניך ברכות בחשבון, רצונו לומר הסתכלות עיניך עושה ברכה אפילו בדבר שנמדד ונמנה שנודע חשבונו כמה, ולכן אמר לו מדוע לא הקבלנו פניך , רצונו לומר למה לא באת אצלי כדי שאקביל פניך שאסתכל בפניך ואמשיך לך ברכה וטובה בהסתכלי בך?! וגם עוד רוצה לומר שאני ארויח טוב מן הסתכלות פניך.
Pourquoi ne t'avons-nous pas reçu pendant la fête, comme mes pères recevaient tes pères ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que bien qu'il ait parlé ainsi par humilité, il n'a pas prononcé ces mots en vain mais a dit une chose juste. Il est connu que, de même qu'il existe un homme au mauvais œil, que Hachem nous en préserve, dont les rayons des yeux jettent du venin sur la chose qu'il regarde, de même il existe un homme bon, au bon œil, dont les rayons des yeux jettent bénédiction et bien sur la chose qu'il regarde. Par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, ce que Boaz dit à Ruth (Ruth 2,9) : 'Tes yeux sur le champ que l'on moissonne' : il voulait qu'elle regarde le champ afin d'y jeter la bénédiction. Et de tels yeux, il est dit (Chir ha-Chirim 7,5) : 'Tes yeux sont des bassins (berekhot) à Hechbon' ; il veut dire que le regard de tes yeux produit la bénédiction (berakha), même sur une chose mesurée et comptée dont le compte (hechbon) est connu. C'est pourquoi il lui dit 'pourquoi ne t'avons-nous pas reçu', c'est-à-dire : pourquoi n'es-tu pas venu chez moi pour que je te reçoive, que je regarde ton visage et fasse venir sur toi bénédiction et bien par mon regard ?! Il veut dire aussi que moi je gagnerai du bien à regarder ton visage.
משים שלום בבית בטל. אף על גב דאין סיבה זו שייכה לאשר לא בא להקביל פניו, נראה לי בס"ד דהוצרך לגלות לו דבר זה שלא יחשוב כל זו החלישות אשר הגיד לו המה מסיבת רוב תשמיש שהוא מכחיש האדם, ולכך אמר לו כבר בטל ואין לו שום תשמיש עתה, אך חלישות זו היא מחמת רוב ימים של זקנה ממש.
Celui qui met la paix dans la maison a cessé. Bien que cette raison soit sans rapport avec le fait qu'il ne soit pas venu le recevoir, il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il lui fallait révéler cela, pour qu'il ne pense pas que toute cette faiblesse qu'il lui décrivait venait d'un excès de relations conjugales, qui affaiblit l'homme. C'est pourquoi il lui dit : cela a déjà cessé, et il n'a plus aucune relation à présent ; cette faiblesse vient réellement du grand nombre de jours de la vieillesse.
💡 Explication

Rabbi (R. Yehouda ha-Nassi) demande poliment à R. Chimon ben Halafta pourquoi il n'est pas venu le voir. La réponse décrit la vieillesse en quatre traits : les petits cailloux paraissent des rochers, les distances s'allongent, il faut un bâton (deux jambes + un), et le désir a cessé (Rachi : l'organe qui 'met la paix dans la maison').

8
״וסגרו דלתים בשוק וגו׳״ — אלו נקביו של אדם. ״בשפל קול הטחנה״ — בשביל קורקבן שאינו טוחן. ״ויקום לקול הצפור״ — שאפילו צפור מנערתו משנתו. ״וישחו כל בנות השיר״ — שאפילו קול שרים ושרות דומות עליו כשיחה.

"Les portes sur la rue se fermeront, etc." : ce sont les orifices de l'homme. "Quand baisse le bruit de la meule" : à cause de l'estomac (qorqeban) qui ne broie pas.

"On se lèvera à la voix de l'oiseau" : même un oiseau le réveille de son sommeil. "Toutes les filles du chant s'abaisseront" : même la voix des chanteurs et des chanteuses lui semble une simple conversation.

📜 Rachi (3)
שאינו טוחן שאין בני מעיו טוחנין אכילתו:
Qui ne broie pas : ses entrailles ne broient pas sa nourriture.
קורקבן הוא המסס שקורין צינפי"ל:
Qorqeban : c'est le 'messess' (estomac), qu'on appelle 'cinpel'.
כל בנות השיר כל קולות של שיר הויין ליה שוחה:
Toutes les filles du chant : toutes les voix de chant sont pour lui comme une conversation.
💡 Explication

Suite de la lecture de Kohelet 12,4. Les 'portes' sont les orifices du corps qui fonctionnent mal ; la 'meule' est l'estomac qui digère mal ; le vieillard dort d'un sommeil léger et n'a plus de plaisir à la musique.

9
ואף ברזילי הגלעדי אמר לדוד: ״בן שמנים שנה אנכי היום האדע בין טוב לרע״ — מכאן שדעתן של זקנים משתנות. ״אם יטעם עבדך את אשר אוכל ואת אשר אשתה״ — מכאן ששפתותיהן של זקנים מתרפטות. ״אם אשמע עוד בקול שרים ושרות״ — מכאן שאזניהם של זקנים מתכבדות.

Barzilaï le Guiladite aussi dit à David : "J'ai aujourd'hui quatre-vingts ans, puis-je discerner entre le bien et le mal ?" : de là (on apprend) que l'esprit des vieillards change. "Ton serviteur peut-il goûter ce que je mange et ce que je bois ?" : de là, que les lèvres des vieillards se gercent.

"Puis-je encore entendre la voix des chanteurs et des chanteuses ?" : de là, que les oreilles des vieillards s'alourdissent.

📜 Rachi (3)
שדעתן של זקנים משתנות דכתיב האדע בין טוב לרע ובזקנה מרובה קאמר:
Que l'esprit des vieillards change : puisqu'il est écrit 'puis-je discerner entre le bien et le mal' ; il parle d'une vieillesse avancée.
מתרפטות מתבקעות כמו מנעל המרופט (לעיל שבת דף קמא:):
Se gercent : se fendent, comme une chaussure usée (plus haut, Chabbat 141b).
מתכבדות כמו ואזניו הכבד (ישעיהו ו):
S'alourdissent : comme 'ses oreilles, alourdis-les' (Yechaya 6).
💡 Explication

Un exemple biblique confirme la description : Barzilaï refuse de suivre David à Jérusalem en invoquant ses quatre-vingts ans (II Samuel 19,36). De ses trois phrases, la Guemara tire trois effets de l'âge : le jugement, le goût, l'ouïe.

10
אמר רב: ברזילי הגלעדי שקרא הוה. דההיא אמתא דהואי בי רבי בת תשעין ותרתין שנין, והות טעמא קידרא. רבא אמר: ברזילי הגלעדי שטוף בזמה הוה, וכל השטוף בזמה — זקנה קופצת עליו. תניא, רבי ישמעאל ברבי יוסי אומר: תלמידי חכמים כל זמן שמזקינין — חכמה נתוספת בהם, שנאמר: ״בישישים חכמה ואורך ימים תבונה״. ועמי הארץ כל זמן שמזקינין — טפשות נתוספת בהן, שנאמר: ״מסיר שפה לנאמנים וטעם זקנים יקח״.

Rav dit : Barzilaï le Guiladite était un menteur. Car il y avait une servante dans la maison de Rabbi, âgée de quatre-vingt-douze ans, et elle goûtait les marmites.

Rava dit : Barzilaï le Guiladite était livré à la débauche, et quiconque est livré à la débauche, la vieillesse fond sur lui. Il est enseigné : R.

Yichmael, fils de R. Yossi, dit : Les talmidei hakhamim, plus ils vieillissent, plus la sagesse s'ajoute en eux, ainsi qu'il est dit : "Chez les vieillards est la sagesse, et la longueur des jours (donne) l'intelligence".

Et les amei ha-arets (ignorants), plus ils vieillissent, plus la sottise s'ajoute en eux, ainsi qu'il est dit : "Il ôte la parole aux hommes sûrs et il enlève le discernement aux vieillards".

📜 Rachi (2)
שטוף כמו סוס שוטף במלחמה (ירמיהו ח׳:ו׳) להוט אחר הדבר ורודף:
Livré (chatouf) : comme 'un cheval qui se rue (chotef) à la bataille' (Yirmeya 8,6) : avide de la chose et qui la poursuit.
וטעם זקנים יקח וע"כ מדקשי קראי אהדדי. חד מתוקם בחכמים וחד בזקני השוק:
Et il enlève le discernement aux vieillards : force est de le dire, puisque les versets se contredisent ; l'un s'applique aux sages et l'autre aux vieillards du marché.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תלמידי חכמים, כל זמן שמזקינין, חכמה נתוספת בהם. נראה לי נקיט כל, לומר בין זקנה שהיא מרוב ימים, בין הוא מחמת רוב עמל וטורח ויגיעה רבה או צער וצרות.
Les talmidei hakhamim, plus ils vieillissent, plus la sagesse s'ajoute en eux. Il me semble qu'il emploie 'kol' (tout le temps que) pour dire : qu'il s'agisse d'une vieillesse due au grand nombre de jours, ou qu'elle vienne d'un grand labeur, de la peine et d'un effort intense, ou de chagrins et de malheurs.
💡 Explication

Mahloket entre Rav et Rava sur Barzilaï. Pour Rav, à quatre-vingts ans on goûte encore les plats (preuve par la servante de Rabbi, 92 ans) : Barzilaï cherchait un prétexte. Pour Rava, Barzilaï disait vrai, mais sa conduite l'avait vieilli avant l'âge.

La baraita concilie deux versets de Job qui semblent se contredire : l'un parle des sages, dont la sagesse croît avec l'âge ; l'autre des amei ha-arets, dont le jugement baisse (Rachi).

11
״גם מגבוה ייראו״ — שאפילו גבשושית קטנה דומה עליו כהרי הרים. ״וחתחתים בדרך״ — בשעה שמהלך בדרך נעשו לו תוהים. ״וינאץ השקד״ — זו קליבוסת. ״ויסתבל החגב״ — אלו עגבות. ״ותפר האביונה״ — זו חמדה.

"On craindra aussi ce qui est élevé" : même une petite butte lui semble comme les plus hautes des montagnes. "Et des frayeurs sur le chemin" : lorsqu'il marche sur la route, il lui vient des frayeurs.

"L'amandier fleurira" : c'est l'os de la hanche (qalibousset). "La sauterelle se traînera" : ce sont les fesses.

"Et l'aviyona (le câprier) cessera" : c'est le désir.

📜 Rachi (6)
מגבוה ייראו יראים הם הזקנים מגבשושית שבדרכים ואומרים גבוהים הם:
On craindra ce qui est élevé : les vieillards ont peur des buttes sur les chemins et disent qu'elles sont hautes.
תוהים פחדים:
Frayeurs (tohim) : des peurs.
וינאץ השקד אילן של שקדים יציץ ויהיו בולטין נצים שלו:
L'amandier fleurira : l'arbre d'amandes bourgeonnera et ses fleurs seront saillantes.
זו קליבוסת עצם של הנק"א שהירך תקוע בו בולט ויוצא מרוב תשות כחו:
C'est la qalibousset : l'os de la hanche, dans lequel la cuisse est enfoncée ; il saille et ressort à cause de l'épuisement de sa force.
ויסתבל החגב דומה עליו כסבל משא כבד:
La sauterelle se traînera : cela lui semble comme porter un lourd fardeau.
ותפר האביונה תבטל התאוה חמדת תשמיש:
L'aviyona cessera : le désir, l'envie des relations conjugales, cessera.
💡 Explication

Lecture de Kohelet 12,5. La 'sauterelle' (hagav) est lue comme agavot (les fesses) par permutation du het et du ayin ; elle 'se traîne' (yistabel) comme sous un fardeau (sevel). L'aviyona, baie du câprier réputée exciter l'appétit, désigne le désir qui disparaît.

12
רב כהנא הוה פסיק סידרא קמיה דרב. כי מטא להאי קרא, נגיד ואתנח. אמר, שמע מינה בטל ליה חמדיה דרב. אמר רב כהנא, מאי דכתיב: ״כי הוא אמר ויהי״ — זו אשה. ״הוא צוה ויעמוד״ — אלו בנים. תנא: אשה חמת מלא צואה, ופיה מלא דם — והכל רצין אחריה.

Rav Kahana récitait les versets devant Rav. Arrivé à ce verset, (Rav) soupira et gémit.

(Rav Kahana) dit : On en déduit que le désir de Rav a cessé. Rav Kahana dit : Que signifie ce qui est écrit : "Car Il a dit et cela fut" ?

C'est la femme. "Il a ordonné et cela se maintint" : ce sont les enfants.

Il est enseigné : La femme est une outre pleine d'excréments, sa bouche est pleine de sang, et tous courent après elle.

📜 Rachi (4)
פסיק סידרא מסדר פרשיות של פסוקים:
Récitait les versets : il ordonnait les passages de versets.
נגיד ואיתנח רב:
Il soupira et gémit : Rav.
חמדיה תאותו:
Son désir : son envie.
זו אשה אם לא על פי גזרת המלך לא היתה ראויה להתאוות לה שהיא כחמת מלאה מיאוס והכל רצים אחריה:
C'est la femme : si ce n'était par décret du Roi, elle ne serait pas digne qu'on la désire, car elle est comme une outre pleine de choses repoussantes, et tous courent après elle.
🪔 Ben Yehoyada (1)
"ותפר האביונה", זו חמדה. פירוש תאות התשמיש שהיא קשורה באותו אבר, והוא הנקרא אביונה דהיינו 'אב יונה' כי אשה כשרה נקראת 'יונה' מה יונה אינה מזדווגת חוץ מבן זוגה כך אשה כשרה, ולכן ישראל נקראו בשם יונה כנודע. וזה אבר התשמיש הוא אב ליונה זו האשה המיוחדת שכל תשמישו בה דוקא, וכח התאוה עצור באותו אבר, לכך על ביטול התאוה קאמר ותפר האביונה. ואומרו אשה חמת מלא צואה, ופיה מלא דם , פירוש דרכו של אדם להיות נמאס מן שכבת זרע ומדם נדה, והנה הוא רואה אותו מקום מלא שכבת זרע, גם ממנו תוצאות דם הנדה, ועם כל זה רץ לתשמיש כי גזרת מלך היא זאת כדי שיהיה פריה ורביה בעולם.
"Et l'aviyona cessera" : c'est le désir. Explication : le désir des relations, qui est lié à cet organe ; c'est lui qu'on appelle 'aviyona', c'est-à-dire 'av yona' (père de la colombe). Car la femme vertueuse est appelée 'colombe' : de même que la colombe ne s'unit qu'à son conjoint, ainsi la femme vertueuse ; c'est pourquoi Israël est appelé colombe, comme on le sait. Cet organe est le 'père' de cette colombe, la femme unique en qui se font toutes ses relations, et la force du désir est retenue dans cet organe ; c'est pourquoi, pour la cessation du désir, on dit 'et l'aviyona cessera'. Quant à 'la femme est une outre pleine d'excréments et sa bouche est pleine de sang', l'explication est la suivante : l'homme est naturellement dégoûté par la semence et par le sang de nidda ; or il voit que cet endroit est plein de semence et qu'en sort aussi le sang de nidda, et malgré tout il court vers les relations, car c'est un décret du Roi, afin qu'il y ait 'croissez et multipliez' dans le monde.
💡 Explication

Anecdote : en lisant le verset sur l'aviyona, Rav soupire ; son élève Rav Kahana en conclut que Rav, âgé, ressent ce qui est décrit.

Rav Kahana lit Tehilim 33,9 : le désir pour la femme et l'attachement aux enfants existent parce que Hachem 'a dit' et 'a ordonné'. Rachi : sans ce décret, rien dans le corps ne rendrait la femme désirable ; la baraita crue qui suit illustre cette idée.

13
״כי הולך האדם אל בית עולמו״, אמר רבי יצחק: מלמד שכל צדיק וצדיק נותנין לו מדור לפי כבודו. משל למלך שנכנס הוא ועבדיו לעיר, כשהן נכנסין — כולן בשער אחד נכנסין, כשהן לנין — כל אחד ואחד נותנין לו מדור לפי כבודו.

"Car l'homme s'en va vers sa maison éternelle" : R. Yitshaq dit : Cela enseigne qu'à chaque juste on donne une demeure selon son honneur.

Parabole d'un roi qui entre dans une ville avec ses serviteurs : lorsqu'ils entrent, tous entrent par une même porte ; lorsqu'ils passent la nuit, à chacun on donne une demeure selon son honneur.

📜 Rachi (2)
מדור לפי כבודו מדלא כתיב אל בית העולם ש"מ כל אחד ואחד לבית המוכן לו:
Une demeure selon son honneur : puisqu'il n'est pas écrit 'vers la maison éternelle', on en déduit que chacun va à la maison préparée pour lui.
בשער אחד אף כאן הכל מתים בענין אחד:
Par une même porte : ici aussi, tous meurent de la même manière.
💡 Explication

Fin de Kohelet 12,5. R. Yitshaq s'appuie sur le possessif : 'sa' maison éternelle, et non 'la' maison éternelle. Chacun reçoit au monde futur une demeure propre, selon son mérite. La parabole : l'entrée commune correspond à la mort, identique pour tous ; le logement attribué correspond à la récompense, différente pour chacun.

14
ואמר רבי יצחק, מאי דכתיב: ״כי הילדות והשחרות הבל״ — דברים שאדם עושה בילדותו משחירים פניו לעת זקנתו.

R. Yitshaq dit encore : Que signifie ce qui est écrit : "Car l'enfance et la jeunesse (ha-chaharout) sont vanité" ?

Les choses que l'homme fait dans son enfance noircissent (machhirim) son visage au temps de sa vieillesse.

📜 Rachi (2)
שאדם עושה בילדותו רוב תשמיש:
Que l'homme fait dans son enfance : l'excès de relations.
משחירים פניו מתיש כחו:
Noircissent son visage : épuisent sa force.
💡 Explication

Jeu de mots entre chaharout (jeunesse, de chahor, noir : les cheveux noirs) et machhirim (noircissent). Rachi l'applique à l'excès de relations, qui use les forces ; le lien avec l'avis de Rava sur Barzilaï (segment 9) est net.

15
ואמר רבי יצחק: קשה רימה למת כמחט בבשר החי, שנאמר: ״אך בשרו עליו יכאב״. אמר רב חסדא: נפשו של אדם מתאבלת עליו כל שבעה, שנאמר: ״ונפשו עליו תאבל״, וכתיב: ״ויעש לאביו אבל שבעת ימים״.

R. Yitshaq dit encore : Le ver est aussi pénible pour le mort qu'une aiguille dans la chair du vivant, ainsi qu'il est dit : "Mais sa chair souffre sur lui".

Rav Hisda dit : L'âme de l'homme est en deuil sur lui pendant les sept (jours), ainsi qu'il est dit : "Et son âme est en deuil sur lui", et il est écrit : "Il fit pour son père un deuil de sept jours".

💡 Explication

Le verset de Job 14,22 est lu au sujet du mort : sa chair ressent encore la douleur des vers, et son âme (nefech) est en deuil sur lui. Rav Hisda fixe la durée de ce deuil à sept jours par rapprochement avec le deuil de Yossef pour Yaaqov (Berechit 50,10), source des sept jours de chiva.

16
אמר רב יהודה: מת שאין לו מנחמין — הולכין עשרה בני אדם ויושבין במקומו. ההוא דשכיב בשבבותיה דרב יהודה, לא היו לו מנחמין,

Rav Yehouda dit : Un mort qui n'a pas de consolateurs, dix personnes vont s'asseoir à sa place. Un homme mourut dans le voisinage de Rav Yehouda, il n'avait pas de consolateurs,

📜 Rachi (2)
שאין לו מנחמים אין לו אבלים שיהו צריכין לנחמו:
Qui n'a pas de consolateurs : il n'a pas d'endeuillés qu'il faudrait consoler.
במקומו במקום שמת שם:
À sa place : à l'endroit où il est mort.
💡 Explication

Conséquence pratique du segment précédent : puisque l'âme du mort est en deuil sept jours, il faut que quelqu'un reçoive les condoléances à sa place. Si le mort n'a pas d'avelim (endeuillés), un minyan de dix personnes s'assoit à l'endroit du décès. Le récit se poursuit au 152b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).