Sougya : Rav Achi clôt la discussion sur le verre : il ressemble à la terre cuite, mais il devient impur par son extérieur parce que son intérieur se voit à travers ses parois. La guemara revient ensuite au décret de Chimon ben Chatah sur les ustensiles de métal : puisque leur impureté est de la Torah, le décret porte sur l'impureté ancienne (touma yechana), qui revient à l'ustensile brisé puis refondu, comme dans l'épisode de la reine Chel Tsion.
Trois raisons sont proposées : protéger la loi des eaux de purification, la crainte d'un trou insuffisant (Abaye) et la crainte qu'on croie à l'efficacité d'une immersion le jour même (Rava). La guemara poursuit le décompte des dix-huit décrets : les ustensiles oubliés sous la gouttière (divergence de Beit Chamai et Beit Hillel sur l'annulation de l'intention), les filles des Koutim, niddot dès leur berceau, et l'impureté de tente transmise par un objet de l'épaisseur d'un aiguillon.
Rav Achi dit : en réalité, ils (les ustensiles de verre) ressemblent aux ustensiles de terre cuite. Et ce qui te posait difficulté : qu'ils ne deviennent pas impurs par leur extérieur (gav) ! — (Ils le deviennent) puisque leur intérieur se voit comme leur extérieur.
Rav Achi propose une autre solution au problème de 16a. Le verre ressemble entièrement à la terre cuite (tous deux viennent du sable) : ses pechoutim sont purs et il n'a pas de touma yechana. Reste la difficulté : la terre cuite ne devient pas impure par son gav (extérieur), le verre si.
Réponse : le verre est transparent. On voit l'intérieur depuis l'extérieur ; l'extérieur est donc traité comme tokh (intérieur). Tossefot précise que Rav Achi, ici, n'a plus besoin de l'assimilation au métal, mais qu'il la retient pour l'obligation de tevila des ustensiles neufs achetés à un non-Juif.
(On a enseigné :) Chimon ben Chatah institua la ketouba (contrat de mariage) pour la femme et décréta l'impureté sur les ustensiles de métal. — Les ustensiles de métal (sont impurs) de la Torah ! Car il est écrit : « Seulement l'or et l'argent, etc. » (Nombres 31,22). — (Ce décret) n'était nécessaire que pour l'impureté ancienne (touma yechana).
Car Rav Yehouda a dit au nom de Rav : il arriva à Chel Tsion la reine, qui fit un festin pour son fils, que tous ses ustensiles devinrent impurs. Elle les brisa et les donna à l'orfèvre, qui les souda et en fit des ustensiles neufs.
Et les Sages dirent : ils reviennent à leur impureté ancienne.
L'impureté des ustensiles de métal est écrite dans la Torah (Nombres 31). Le décret de Chimon ben Chatah porte donc sur un point précis : la touma yechana (impureté ancienne). Selon la Torah, un ustensile brisé devient pur. Les Sages ont décrété que, s'il est refondu ou soudé pour devenir un ustensile neuf, il retrouve son impureté d'avant.
L'épisode de la reine Chel Tsion (Salomé Alexandra, sœur de Chimon ben Chatah) montre le problème : pour éviter sept jours d'attente et l'aspersion du 3e et du 7e jour, elle fait briser et ressouder ses ustensiles. Tossefot note que l'épisode situe le décret à l'époque de Chimon ben Chatah.
Quelle en est la raison ? À cause de la clôture (gader) des eaux de purification (mei hatat), ils y ont touché.
Première raison : protéger la loi des mei hatat, l'eau mêlée aux cendres de la vache rousse, aspergée le 3e et le 7e jour sur ce qui a été rendu impur par un mort. Si briser l'ustensile suffisait, chacun le ferait et cette loi serait oubliée. Le décret est une gader (clôture) autour d'une loi de la Torah.
Cela va bien selon celui qui dit : ils ne l'ont pas dit pour toutes les impuretés, ils ne l'ont dit que pour l'impureté du mort — c'est cohérent.
La raison de la gader mei hatat ne vaut que pour l'impureté du mort, seule à exiger l'aspersion. Elle convient donc à l'opinion qui limite le décret à cette impureté. Rachi ne connaît pas la source de cette opinion ; Tossefot la trouve dans la Tossefta de Kelim, chez Rabban Chimon ben Gamliel.
Mais selon celui qui dit : ils l'ont dit pour toutes les impuretés, que peut-on dire ? Abaye dit : c'est un décret, de crainte qu'il ne le perce pas de la mesure (requise) pour sa purification.
Pour les autres impuretés, il suffit d'une tevila et du coucher du soleil ; personne ne briserait un ustensile pour s'en dispenser. Il faut donc une autre raison. Abaye : un ustensile de métal n'est pur qu'avec un trou de la taille d'une grenade. Celui qui tient à son ustensile risque de faire un trou trop petit ; l'ustensile resterait alors impur de la Torah. Le décret écarte ce risque.
Rava dit : c'est un décret, de crainte qu'on ne dise : une immersion du jour même (tevila bat yoma) est efficace pour lui. Quelle différence entre eux ?
Il y a une différence entre eux dans le cas où il les a entièrement écrasés (ritsfinhou mirtsaf).
Rava : un observateur voit l'ustensile impur utilisé le jour même. Il ignore qu'il a été brisé et refondu ; il croit qu'on l'a simplement immergé. Il en conclura qu'une tevila suffit sans attendre le coucher du soleil, contrairement à la Torah.
La nafka mina (conséquence pratique) : l'ustensile a été entièrement écrasé. Rachi rapporte deux versions (voir le schéma de synthèse) et préfère la seconde : l'ustensile refait à neuf se remarque, donc la crainte de Rava tombe ; celle d'Abaye demeure.
Et l'autre (décret), quel est-il ? Car nous avons appris (dans une michna) : celui qui place des ustensiles sous la gouttière (tsinor) pour y recueillir l'eau de pluie — qu'il s'agisse de grands ou de petits ustensiles, et même d'ustensiles de pierre, d'ustensiles de terre ou d'ustensiles de bouse (guelalim) — ils rendent le mikve invalide.
Qu'il les ait placés ou oubliés (le résultat est le même) : ce sont les paroles de Beit Chamai. Et Beit Hillel déclarent pur dans le cas de l'oubli.
Rabbi Meir dit : on compta les voix, et Beit Chamai l'emportèrent en nombre sur Beit Hillel. Et Beit Chamai reconnaissent, pour celui qui oublie (des ustensiles) dans la cour, que (l'eau) est pure.
Rabbi Yossi dit : la divergence demeure encore à sa place.
La guemara poursuit le compte des dix-huit décrets édictés le jour où Beit Chamai l'emportèrent en nombre. Un mikve doit être formé d'eau non puisée. L'eau passée par un ustensile devient maim cheouvim (eau puisée) et, en quantité suffisante, rend le mikve passoul. Cela vaut pour tout ustensile, même ceux qui ne reçoivent pas l'impureté (pierre, terre, bouse).
La question porte sur l'ustensile oublié : Beit Chamai le traitent comme un puisage, Beit Hillel non. Selon Rabbi Meir, ce jour-là, Beit Chamai l'emportèrent par le vote : c'est donc un des dix-huit décrets. Selon Rabbi Yossi, la divergence n'a pas été tranchée par ce vote.
Rav Micharchiya dit : ceux de l'école de Rav disent : tous reconnaissent que, s'il les a placés au moment du rassemblement des nuages (kichour avim), (l'eau) est impure. Au moment de la dispersion des nuages (pizour avim), de l'avis de tous (elle est) pure.
Ils ne divergent que lorsqu'il les a placés au moment du rassemblement des nuages, que (ceux-ci) se sont dispersés, puis se sont de nouveau rassemblés. L'un pense que son intention (mahshava) est annulée, et l'autre pense que son intention n'est pas annulée.
L'école de Rav délimite la divergence. Le critère est la mahshava (intention) de recueillir l'eau. Poser l'ustensile quand les nuages se rassemblent montre qu'on veut la pluie ; le poser quand ils se dispersent ne montre rien.
Cas discuté : l'intention a existé, puis les nuages se sont dispersés. Pour Beit Hillel, la dispersion l'a fait renoncer (batla mahshavto) ; pour Beit Chamai, l'intention première subsiste.
Et selon Rabbi Yossi, qui dit que la divergence demeure encore à sa place, il leur en manque (un pour arriver à dix-huit) ! Rav Nahman bar Yitshak dit : (le décret selon lequel) les filles des Koutim sont niddot dès leur berceau, ce jour-là aussi ils le décrétèrent.
Selon Rabbi Yossi, le décret des ustensiles sous la gouttière n'a pas été adopté ; il manque donc un décret pour arriver à dix-huit. Rav Nahman bar Yitshak le fournit : les filles des Koutim (Samaritains) sont considérées niddot dès leur naissance.
Rachi : une fillette d'un jour peut déjà être nidda ; les Koutim ne tiennent pas compte de ce derach et ne l'écartent pas. Tossefot objecte que cette raison suppose que les Koutim sont de vrais convertis et qu'on tient compte de la minorité. Il propose une raison valable pour tous : éviter le mélange par le mariage (timoua).
Et l'autre (décret), quel est-il ? Car nous avons appris (dans une michna) : tous les objets mobiles (mitaltelin) transmettent l'impureté (par la tente) (s'ils ont) l'épaisseur d'un aiguillon (mardea).
Rabbi Tarfon dit :
Autre décret : l'impureté de tente (ohel). Selon la Torah, un objet qui couvre à la fois un mort et des ustensiles transmet l'impureté à ceux-ci, à condition d'avoir une largeur d'un tefah (poteah tefah), mesure transmise comme halakha le-Moche mi-Sinaï.
Les Sages ont étendu cette loi aux objets mobiles de l'épaisseur d'un mardea (aiguillon pour les bœufs), dont la circonférence atteint un tefah. Tossefot : le décret vise l'homme qui porte un tel objet ; la suite, avec Rabbi Tarfon, est au folio suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).