Shabbat 21a — Huiles et mèches interdites : feu de joie, mélange avec une huile valable, lumières du Temple et de Hanouka

Shabbat 21a

Sougya : Le folio poursuit la michna Bame madlikin. Une baraita précise que les matières interdites pour la lampe de Chabbat restent permises pour un grand feu (medoura).

La guemara identifie l'huile de kik (oiseau marin, huile de coton ou ricin de Yona), puis Rabba donne les deux raisons de l'interdit : le feu vacille sur ces mèches, et ces huiles ne montent pas dans la mèche, d'où la crainte qu'on incline la lampe. Abbaye demande si l'on peut ajouter un peu d'huile valable à une huile interdite ; Rabba l'interdit, et la guemara défend sa position face à la baraita du noyer de Rabban Chimon ben Gamliel et à l'enseignement de Rav sur le suif fondu (pas de gezera sur une gezera).

Rami bar Hama étend l'interdit au Temple (le-haalot ner tamid) ; on discute les mèches faites des vêtements sacerdotaux à Simhat beit ha-choeva. Enfin, Rav Houna et Rav Hisda divergent sur l'emploi de ces mèches et huiles pour la lumière de 'Hanouka.

Huile interdite + un peu d'huile valable : la position de Rabba Question d'Abbaye Mélanger un peu d'huile valable : permis ? Rabba : interdit gezera : on viendrait à allumer l'huile seule Objection 1 : baraita du noyer RChbG : chez mon père, on enroulait la mèche autour d'une coque de noix. Réponse : pour faire flotter (lehakpot), la noix ne brûle pas. Objection 2 : Rav (suif fondu) Suif fondu, entrailles de poisson : on y ajoute un peu d'huile et on allume. Réponse : ces matières montent seules ; pas de gezera sur une gezera. Conclusion Huiles de la michna (ne montent pas) : mélange interdit. Suif fondu / entrailles (montent seules, interdit derabbanan par gezera) : mélange permis.
La discussion sur le mélange d'huiles : la question d'Abbaye, la réponse de Rabba et les deux objections.
Mèches et huiles interdites pour la lumière de 'Hanouka Question Si la lumière s'éteint, doit-on la rallumer ? Peut-on se servir de sa lumière ? Verdict Rav Houna (selon Rava) Oui : zakouk lah, il faut la rallumer -> bonne mèche d'emblée Oui : permis -> le Chabbat, crainte qu'il incline la lampe Interdit en semaine et le Chabbat Rav Hisda Non : ein zakouk lah (suite en 21b) Oui : permis -> le Chabbat, crainte qu'il incline la lampe Permis en semaine, interdit le Chabbat
Rav Houna et Rav Hisda sur les mèches et huiles interdites pour la lumière de Hanouka.
1
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִקָּח וּמִמְכָּר.

Quelle conséquence pratique (nafka mina) ? Pour l'achat et la vente.

📜 Rachi (1)
לְמִקָּח וּמִמְכָּר לְמָאֵן דְּמַתְנֵי לְמִזְבַּן שַׁעֲוָה לִיתֵּיב לֵיהּ פְּסֻולְתָּא דְּדֻובְשָׁא:
Pour celui qui stipule d'acheter de la cire : il faut lui donner le résidu du miel.
🗂️ Tossefot (1)
לְמַאי נ"מ לְמִקָּח וּמִמְכָּר פְּשִׁיטָא לֵיהּ לְהַשַּׁ"ס שֶׁהָיוּ מַכִּירִין הַשַּׁעֲוָה וְהָעִטְרָן כִּדְאָמְרִינַן שַׁעֲוָה קִירוּתָא לְכָךְ קָאָמַר לְמַאי נ"מ לְמִקָּח וּמִמְכָּר שֶׁאִם נָדַר לָתֵת לַחֲבֵירוֹ שַׁעֲוָה יִתֵּן לוֹ פְּסֻולְתָּא דְּדֻובְשָׁא וְאֵין יָכוֹל לְכוֹפוֹ לְתַקֵּן לוֹ וְכֵן עִיטְרָן אֲבָל לְעֵיל דְּקָאָמַר מַאי לֶכֶשׁ שׂוכָא דְּאַרְזָא לָא קָאָמַר לְמַאי נ"מ לְפִי שֶׁלֹּא הָיוּ מַכִּירִין בְּשֵׁם לֶכֶשׁ וּמְפָרֵשׁ שֶׁהוּא שׂוכָא דְּאַרְזָא:
Pour le Talmud il allait de soi que l'on connaissait la cire et le goudron, comme nous disons : chaava, c'est la kirouta (cire). C'est pourquoi il demande : quelle conséquence pratique ? Pour l'achat et la vente : si quelqu'un s'est engagé à donner de la cire à son prochain, il lui donne le résidu du miel, et l'autre ne peut pas le contraindre à la lui préparer (purifiée) ; de même pour le goudron. Mais plus haut, quand il demande : qu'est-ce que le lekhech ? c'est la fibre du cèdre, il ne demande pas quelle conséquence pratique, parce qu'on ne connaissait pas le nom lekhech ; il explique donc que c'est la fibre du cèdre.
💡 Explication

La guemara revient à la définition de Rami bar Avin (fin de 20b) : le goudron est le résidu de la poix, la cire le résidu du miel. Pourquoi le préciser ? Pour les transactions : celui qui a promis de la cire peut livrer ce résidu tel quel, sans devoir le raffiner (Tossefot).

2
תָּנוּ רַבָּנַן: כָּל אֵלּוּ שֶׁאָמְרוּ אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, אֲבָל עוֹשִׂין מֵהֶן מְדוּרָה — בֵּין לְהִתְחַמֵּם כְּנֶגְדָּהּ בֵּין לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ, בֵּין עַל גַּבֵּי קַרְקַע, בֵּין עַל גַּבֵּי כִּירָה. וְלֹא אָסְרוּ אֶלָּא לַעֲשׂוֹת מֵהֶן פְּתִילָה לַנֵּר בִּלְבַד.

Nos Maîtres ont enseigné : toutes les (matières) dont on a dit qu'on ne les allume pas le Chabbat, on en fait pourtant un grand feu (medoura), aussi bien pour se chauffer en face que pour se servir de sa lumière, aussi bien sur le sol que sur un réchaud (kira). On n'a interdit que d'en faire une mèche pour la lampe seulement.

📜 Rachi (2)
אֲבָל עוֹשִׂין מֵהֶן מְדוּרָה הֶיסֵּק גָּדוֹל שֶׁאֶחָד מַבְעִיר חֲבֵירוֹ:
Un grand feu, où un morceau enflammé allume l'autre.
לַנֵּר קרויז"ל:
(En vieux français) croisel (lampe à huile).
💡 Explication

L'interdit de la michna vise uniquement la lampe (ner) à mèche. Dans un grand feu (medoura), la flamme est vive et n'a pas besoin qu'on la redresse ; la crainte qu'on incline la lampe (chema yate) ne s'y applique pas.

3
וְלֹא בְּשֶׁמֶן קִיק וְכוּ׳. מַאי שֶׁמֶן קִיק? אָמַר שְׁמוּאֵל: שַׁאֵילְתִּינְהוּ לְכָל נָחוֹתֵי יַמָּא, וְאָמְרוּ לִי: עוֹף אֶחָד יֵשׁ בִּכְרַכֵּי הַיָּם וְקִיק שְׁמוֹ. רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה אָמַר: מִשְׁחָא דְּקָאזָא. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: קִיקָיוֹן דְּיוֹנָה. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: לְדִידִי חֲזִי לִי קִיקָיוֹן דְּיוֹנָה, וְלִצְלוּלִיבָא דָּמֵי וּמִדֻּפְשְׁקֵי רָבֵי, וְעַל פּוּם חַנְוָתָא מַדְלָן יָתֵיהּ, וּמִפַּרְצִידוֹהִי עָבְדִי מִשְׁחָא, וּבְעַנְפוֹהִי נָיְיחָן כָּל בְּרִיחֵי דְמַעְרְבָא.

Ni avec l'huile de kik, etc. Qu'est-ce que l'huile de kik ?

Chmouel a dit : j'ai interrogé tous les navigateurs, et ils m'ont dit : il existe un oiseau dans les villes côtières, et son nom est kik. Rav Yitshak fils de Rav Yehouda a dit : c'est l'huile de coton (mechha de-kaza).

Rech Lakich a dit : (l'huile du) kikayon de Yona. Rabba bar bar Hana a dit : moi-même, j'ai vu le kikayon de Yona ; il ressemble au tseloulivna (ricin), il pousse dans les marécages ; on le place à l'entrée des boutiques ; de ses graines on fait de l'huile, et sous ses branches se reposent tous les malades de l'Occident (Erets Israël).

📜 Rachi (9)
בְּשֶׁמֶן קִיק שֶׁמֶן שֶׁל עוֹף אֶחָד נוֹתְנִין בַּנֵּר וְדוֹלֵק:
L'huile d'un certain oiseau, qu'on met dans la lampe et qui brûle.
מִשְׁחָא דְּקָאזָא שֶׁמֶן שֶׁעוֹשִׂין מִגַּרְעִינֵי צֶמֶר גֶּפֶן שֶׁקּוֹרִין קוטו"ן:
Une huile qu'on fait avec les graines du coton, qu'on appelle coton.
קִיקָיוֹן כְּעֵין אוֹתָהּ שֶׁל יוֹנָה:
Semblable à celui de Yona.
לְדִידִי חָזֵי לִי מִין קִיקָיוֹן דְּיוֹנָה:
(J'ai vu) l'espèce du kikayon de Yona.
וּמִדְּפִשְׂקֵי רַבִּי בְּבִצְעֵי הַמַּיִם הוּא גָּדֵל:
Il pousse dans les marécages.
וְעַל פּוּם חַנְוָותָא מַדְלָן יָתֵיהּ עַל פּוּם הַחֲנוּיוֹת מְדַלִּין אוֹתוֹ לְצֵל וּלְרֵיחַ טוֹב:
À l'entrée des boutiques on le fait grimper, pour l'ombre et la bonne odeur.
מִפַּרְצִידוֹהִי מִגַּרְעִינָיו:
De ses graines.
נָייְחִין שׁוֹכְבִין:
Se couchent.
בְּרִיחֵי חֻולִּין:
Des malades.
💡 Explication

Trois identifications de l'huile de kik : graisse d'un oiseau marin (Chmouel), huile de coton (Rav Yitshak), huile du kikayon de Yona, le ricin (Rech Lakich). Rabba bar bar Hana décrit la plante qu'il a vue : on la fait grimper devant les boutiques pour l'ombre, et les malades se reposent sous ses branches.

4
אָמַר רַבָּה: פְּתִילוֹת שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, מִפְּנֵי שֶׁהָאוּר מְסַכְסֶכֶת בָּהֶן. שְׁמָנִים שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן, מִפְּנֵי שֶׁאֵין נִמְשָׁכִין אַחַר הַפְּתִילָה.

Rabba a dit : les mèches dont les Sages ont dit qu'on n'allume pas avec elles le Chabbat, (c'est) parce que le feu y vacille (mesaksekhet). Les huiles dont les Sages ont dit qu'on n'allume pas avec elles, (c'est) parce qu'elles ne sont pas attirées par la mèche.

📜 Rachi (2)
מְסַכְסֶכֶת כְּמִין סַכִּין פְּגוּמָה מְסַכְסֶכֶת בַּבָּשָׂר אנמילי"ד בְּלַעַ"ז שֶׁאֵין אוֹרוֹ זָקוּף וְנוֹחַ בְּמָקוֹם אֶחָד אֶלָּא נִדְעָךְ וְקוֹפֵץ לִישָּׁנָא אַחְרִינָא מְסַכְסֶכֶת בָּהֶן אֵינָהּ נִכְנֶסֶת תּוֹךְ הַפְּתִילָה אֶלָּא סָבִיב מִבַּחוּץ כְּמוֹ סִיכְסְכָה אֲבָנָיו ברואט"ש בְּלַעַ"ז:
Comme un couteau ébréché qui déchire la chair, en vieux français : (le feu) crépite ; sa lumière ne se tient pas droite et calme en un seul endroit, mais elle baisse et saute. Autre explication : le feu tourne autour d'elles, il n'entre pas dans la mèche mais brûle autour, à l'extérieur, comme (l'expression) sikhsekha avanav, en vieux français : (il) rôtit (en surface).
שֶׁאֵין נִמְשָׁכִין וְאָתֵי לְהַטּוֹת:
Et on en viendrait à incliner (la lampe).
🗂️ Tossefot (1)
מִפְּנֵי שֶׁאֵין נִמְשָׁכִין כו' שָׁמַעְתִּי ממהר"א זצ"ל שֶׁשָּׁמַע בְּאִם שֶׁיֵּשׁ רַק נֵר א' כָּשֵׁר בַּבַּיִת ע"י זֶה יִזְכֹּור וְלֹא יַטֶּה שְׁאָר נֵרוֹת שֶׁבַּחֶדֶר וְשֶׁבַּמַּרְתֵּף ור"ש מִקּוּצִי אוֹמֵר דָּבָר שֶׁיָּכוֹל לַעֲשׂוֹת בְּלֹא נֵר כְּגוֹן לְהוֹצִיא יַיִן מִן הֶחָבִית מֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹר כָּל נֵר [תּוֹסָפוֹת יְשָׁנִים]:
J'ai entendu de mon maître Rabbi É. (de mémoire bénie), qui l'a entendu dire : s'il n'y a qu'une seule lampe valable dans la maison, par elle on se souviendra et on n'inclinera pas les autres lampes qui sont dans la chambre ou dans la cave. Et Rabbi Chimchon de Coucy dit : pour une chose qu'on peut faire sans lumière, par exemple sortir du vin d'un tonneau, il est permis de se servir de la lumière de n'importe quelle lampe. [Tossefot Yechanim]
💡 Explication

Rabba donne la raison commune aux deux listes de la michna. La mèche interdite brûle mal : la flamme crépite et saute. L'huile interdite monte mal dans la mèche. Dans les deux cas la lumière est faible, et l'on craint que la personne incline la lampe (chema yate) pour raviver la flamme, ce qui est un acte d'allumage le Chabbat.

🖼️ Schéma
Pourquoi ces mèches et ces huiles sont interdites (Rabba) Mèches Le feu "mesaksekhet" : il crépite, saute, ne tient pas droit, ou brûle autour sans pénétrer (Rachi). Huiles Elles ne sont pas attirées par la mèche : la flamme faiblit. Crainte : chema yate (qu'il incline la lampe)
Les deux raisons de Rabba convergent vers la crainte de chema yate.
5
בְּעָא מִינֵּיהּ אַבָּיֵי מֵרַבָּה: שְׁמָנִים שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, מַהוּ שֶׁיִּתֵּן לְתוֹכָן שֶׁמֶן כָּל שֶׁהוּא וְיַדְלִיק? מִי גָּזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאַדְלוֹקֵי בְּעֵינַיְיהוּ, אוֹ לָא? אֲמַר לֵיהּ: אֵין מַדְלִיקִין. מַאי טַעְמָא? לְפִי שֶׁאֵין מַדְלִיקִין.

Abbaye demanda à Rabba : les huiles dont les Sages ont dit qu'on n'allume pas avec elles le Chabbat, peut-on y mettre une quantité quelconque d'huile (valable) et allumer ? Décrétons-nous (gazrinan) de crainte qu'on en vienne à les allumer telles quelles, ou non ?

Il lui répondit : on n'allume pas. Pour quelle raison ?

Parce qu'on n'allume pas (avec elles).

📜 Rachi (2)
שֶׁמֶן כָּל שֶׁהוּא שֶׁמֶן הַנִּיתָּן בְּתוֹכוֹ מַמְשִׁיכוֹ לְאַחַר הַפְּתִילָה:
L'huile mise dedans l'attire vers la mèche.
לְפִי שֶׁאֵין מַדְלִיקִין בְּעֵינַייְהוּ וְגָזְרִינַן הָא אַטּוּ הָא:
(Avec elles) telles quelles ; et nous décrétons ceci à cause de cela.
💡 Explication

Un peu d'huile valable suffirait à faire monter le mélange dans la mèche ; le motif technique tombe. Abbaye demande si les Sages ont néanmoins décrété un interdit. Rabba répond par une gezera : on interdit le mélange, car on viendrait à allumer ces huiles seules.

6
אַיְּתִיבֶיהָ: כָּרַךְ דָּבָר שֶׁמַּדְלִיקִין בּוֹ עַל גַּבֵּי דָּבָר שֶׁאֵין מַדְלִיקִין בּוֹ — אֵין מַדְלִיקִין בּוֹ. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: שֶׁל בֵּית אַבָּא הָיוּ כּוֹרְכִין פְּתִילָה עַל גַּבֵּי אֱגוֹז וּמַדְלִיקִין. קָתָנֵי מִיהַת מַדְלִיקִין!

Il lui objecta : si l'on a enroulé une matière avec laquelle on allume sur une matière avec laquelle on n'allume pas, on n'allume pas avec. Rabban Chimon ben Gamliel a dit : dans la maison de mon père, on enroulait une mèche sur une (coque de) noix et on allumait.

Il enseigne en tout cas : on allume !

📜 Rachi (2)
כָּרַךְ דָּבָר לַעֲשׂוֹת פְּתִילָה עַל גַּבֵּי דָּבָר שֶׁאֵין מַדְלִיקִין בּוֹ כְּגוֹן פְּסוּל פְּתִילוֹת דְּמַתְנִי':
(Si l'on a enroulé une matière) pour faire une mèche, sur une matière avec laquelle on n'allume pas, par exemple les mèches invalides de notre michna.
קָתָנֵי מִיהָא בדר"ש מַדְלִיקִין ואע"ג דֶּאֱגוֹז לָא חֲזִי לִפְתִילָה עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבוֹת שַׁפִּיר דָּמֵי:
Selon Rabban Chimon, on allume ; bien que la noix ne convienne pas comme mèche, par le mélange c'est permis.
💡 Explication

Abbaye cite une baraita : le premier Tana interdit la mèche composée, mais Rabban Chimon ben Gamliel rapporte que chez son père on enroulait la mèche autour d'une noix. Il semble donc qu'un mélange de valable et d'invalide soit permis, contre Rabba.

7
אֲמַר לֵיהּ: אַדְּמוֹתְבַתְּ לֵיהּ מִדְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, סַייָּעֶיהָ מִדְּתַנָּא קַמָּא! הָא לָא קַשְׁיָא: ״מַעֲשֶׂה רַב״. מִכָּל מָקוֹם קַשְׁיָא: מַאי לַָאו, לְהַדְלִיק? לֹא, לְהַקְפּוֹת. אִי לְהַקְפּוֹת, מַאי טַעְמָא דְּתַנָּא קַמָּא? כֻּולָּהּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הִיא וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: כָּרַךְ דָּבָר שֶׁמַּדְלִיקִין בּוֹ עַל גַּבֵּי דָּבָר שֶׁאֵין מַדְלִיקִין בּוֹ — אֵין מַדְלִיקִין בּוֹ. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — לְהַדְלִיק, אֲבָל לְהַקְפּוֹת — מֻותָּר, שֶׁרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שֶׁל בֵּית אַבָּא הָיוּ כּוֹרְכִין פְּתִילָה עַל גַּבֵּי אֱגוֹז.

Il lui dit : au lieu de m'objecter Rabban Chimon ben Gamliel, appuie-moi par le premier Tana ! Cela ne pose pas de difficulté : un acte (rapporté) fait autorité (maasse rav).

Quoi qu'il en soit, c'est difficile : n'est-ce pas pour allumer ? Non, pour faire flotter (lehakpot).

Si c'est pour faire flotter, quelle est la raison du premier Tana ? Toute (la baraita) est de Rabban Chimon ben Gamliel, et il y manque (un passage) ; elle enseigne ainsi : si l'on a enroulé une matière avec laquelle on allume sur une matière avec laquelle on n'allume pas, on n'allume pas avec.

De quoi parle-t-on ? Pour allumer ; mais pour faire flotter, c'est permis, car Rabban Chimon ben Gamliel dit : dans la maison de mon père, on enroulait une mèche sur une noix.

📜 Rachi (3)
מַעֲשֶׂה רַב הוֹאִיל וּמֵעִיד שֶׁכָּךְ הָיוּ שֶׁל בֵּית אָבִיו עוֹשִׂין הֲלָכָה הִיא:
Puisqu'il témoigne que c'est ainsi que faisaient ceux de la maison de son père, c'est la halakha.
מַאי לַָאו לְהַדְלִיק הָיוּ כּוֹרְכִים שֶׁתַּדְלִיק הַפְּתִילָה עִם הָאֱגוֹז:
N'est-ce pas qu'ils l'enroulaient pour que la mèche brûle avec la noix ?
לֹא לְהַקְפּוֹת לֹא הָיוּ מַדְלִיקִין הָאֱגוֹז אֶלָּא סוֹמֵךְ עָלֶיהָ הַפְּתִילָה לַהֲצִיפָהּ שֶׁלֹּא תִּטְבַּע בְּשֶׁמֶן וַיָּצֶף הַבַּרְזֶל מְתַרְגְּמִינַן וּקְפָא פַּרְזְלָא (מְלָכִים ב ו׳:ו׳):
Non ; on n'allumait pas la noix, la mèche s'appuyait seulement sur elle pour flotter, afin de ne pas couler dans l'huile. (Le verset) « et le fer flotta » (Rois II 6,6) est traduit (en araméen) : ve-kafa parzela.
💡 Explication

Rabba remarque que le premier Tana le soutient. La guemara explique pourquoi on préfère objecter à partir de Rabban Chimon : un maasse rav, un fait rapporté par un maître, a plus de poids qu'un énoncé théorique.

Réponse : la noix servait à faire flotter la mèche (lehakpot), elle ne brûlait pas. La baraita est alors relue comme un seul enseignement de Rabban Chimon (hasourei mehasra, il y manque un passage) : enrouler pour allumer, interdit ; pour faire flotter, permis.

8
אֵינִי?! וְהָאָמַר רַב בְּרוֹנָא אָמַר רַב: חֵלֶב מְהֻותָּךְ וְקִרְבֵי דָגִים שֶׁנִּמּוֹחוּ, אָדָם נוֹתֵן לְתוֹכָן שֶׁמֶן כָּל שֶׁהוּא וּמַדְלִיק? הָנֵי מִימַּשְׁכִי בְּעֵינַייְהוּ, וְהָנֵי לָא מִימַּשְׁכִי בְּעֵינַייְהוּ. וּגְזַרוּ רַבָּנַן עַל חֵלֶב מְהֻותָּךְ מִשּׁוּם חֵלֶב שֶׁאֵינוֹ מְהֻותָּךְ, וְעַל קִרְבֵי דָּגִים שֶׁנִּמּוֹחוּ מִשּׁוּם קִרְבֵי דָגִים שֶׁלֹּא נִמּוֹחוּ. וְלִיגְזוֹר נָמֵי חֵלֶב מְהֻותָּךְ וְקִרְבֵי דָגִים שֶׁנִּמּוֹחוּ שֶׁנָּתַן לְתוֹכָן שֶׁמֶן מִשּׁוּם חֵלֶב מְהֻותָּךְ וְקִרְבֵי דָּגִים שֶׁנִּמּוֹחוּ שֶׁלֹּא נָתַן לְתוֹכָן שֶׁמֶן! הִיא גּוּפָהּ, גְּזֵירָה, וַאֲנַן נֵיקוּם וְנִיגְזוֹר גְּזֵירָה לִגְזֵירָה?!

Est-ce bien ainsi ? Rav Berouna n'a-t-il pas dit au nom de Rav : le suif fondu et les entrailles de poisson qui se sont liquéfiées, on y met une quantité quelconque d'huile et on allume ?

Celles-ci sont attirées (par la mèche) telles quelles, et celles-là ne le sont pas telles quelles. Les Sages ont décrété sur le suif fondu à cause du suif non fondu, et sur les entrailles de poisson liquéfiées à cause des entrailles non liquéfiées.

Qu'on décrète aussi sur le suif fondu et les entrailles liquéfiées auxquels on a ajouté de l'huile, à cause du suif fondu et des entrailles liquéfiées sans huile ! Cela même (l'interdit du suif fondu) est une gezera ; allons-nous décréter une gezera pour (protéger) une gezera ?

📜 Rachi (2)
חֵלֶב מְהֻותָּךְ פונד"ר בְּלַעַ"ז:
(En vieux français) fondu.
הָנֵי מִימַּשְׁכִי בְּעֵינַיְיהוּ אַחַר הַפְּתִילָה וּבְלֹא תַּעֲרוֹבוֹת שֶׁמֶן נָמֵי חֲזוּ אֶלָּא דִּגְזוּר רַבָּנָן מְהֻותָּךְ אַטּוּ אֵינוֹ מְהֻותָּךְ הִלְכָּךְ בְּעֵינַיְיהוּ גּוּפָהּ גְּזֵירָה וַאֲנַן נֵיקוּם וְנִיגְזוֹר ע"י תַּעֲרֹובֶת אַטּוּ בְּעֵינַיְיהוּ:
(Elles sont attirées) vers la mèche, et même sans mélange d'huile elles conviennent ; seulement les Sages ont décrété sur le fondu à cause du non fondu. Donc (l'interdit) telles quelles est lui-même une gezera, et allons-nous décréter (pour le cas) avec mélange d'huile à cause (du cas) telles quelles ?
🗂️ Tossefot (1)
חֵלֶב מְהֻותָּךְ וְקִרְבֵי דָּגִים שֶׁנִּימּוֹחוּ נוֹתֵן לְתוֹכָן שֶׁמֶן כו' קִרְבֵי דָּגִים לָאו הַייְנוּ שֶׁמֶן דָּגִים דְּשֶׁמֶן דָּגִים שָׁרִי לֵיהּ מַתְנֵי' בְּעֵינֵיהּ (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף כד:):
Les entrailles de poisson sont autre chose que l'huile de poisson, car l'huile de poisson, notre michna la permet telle quelle (plus loin, Chabbat 24b).
💡 Explication

Rav permet d'ajouter un peu d'huile au suif fondu, ce qui semble contredire Rabba. Distinction : le suif fondu monte seul dans la mèche ; il n'est interdit que par gezera, à cause du suif non fondu. Interdire en plus le mélange serait une gezera li-gzera, un décret destiné à protéger un autre décret, ce que les Sages ne font pas. Les huiles de la michna, elles, ne montent pas d'elles-mêmes : leur interdit est direct, et le mélange reste interdit.

🖼️ Schéma
Suif fondu : pas de gezera sur une gezera Suif non fondu ne monte pas : interdit Suif fondu seul interdit par gezera 1 Suif fondu + huile permis à cause de Interdire ce cas à cause du suif fondu seul = gezera li-gzera : les Sages ne le font pas
Suif non fondu, suif fondu, suif fondu avec huile : trois niveaux.
9
תָּנֵי רָמֵי בַּר חָמָא: פְּתִילוֹת וּשְׁמָנִים שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת — אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בַּמִּקְדָּשׁ, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְהַעֲלוֹת נֵר תָּמִיד״. הוּא תָּנֵי לָהּ, וְהוּא אָמַר לָהּ — כְּדֵי שֶׁתְּהֵא שַׁלְהֶבֶת עוֹלָה מֵאֵילֶיהָ, וְלֹא שֶׁתְּהֵא עוֹלָה עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר.

Rami bar Hama a enseigné : les mèches et les huiles dont les Sages ont dit qu'on n'allume pas avec elles le Chabbat, on n'allume pas avec elles dans le Temple, parce qu'il est dit : « pour faire monter une lumière perpétuelle » (Chemot 27,20). Il l'a enseigné et il l'a expliqué : afin que la flamme monte d'elle-même, et non qu'elle monte au moyen d'autre chose.

📜 Rachi (2)
וְהוּא אָמַר לָהּ מְפָרֵשׁ מַאי תַּלְמוּדָא וְהֵיכִי מַשְׁמַע מֵהַאי קְרָא:
Il explique quelle est la déduction et comment elle ressort de ce verset.
וְלֹא שֶׁתְּהֵא עוֹלָה כו' וְלֹא שֶׁתְּהֵא צְרִיכָה תִּיקּוּן וְהַטָּיָיה:
Et non qu'elle ait besoin d'être arrangée et inclinée.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כְּדֵי שֶׁתְּהֵא שַׁלְהֶבֶת עוֹלָה מֵאֵלֶיהָ, וְלֹא שֶׁתְּהֵא עוֹלָה עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם בָּזֶה וְהוּא כִּי הַנֵּר רוֹמֵז לְגוּף הָאָדָם, וְהַפְּתִילָה לַלֵּב, וְהַשַּׁלְהֶבֶת שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׁלֹשָׁה גַּוְונִין שֶׁהֵם לָבָן וְאָדֹום וְיָרוֹק רוֹמֶזֶת לְכַוָּנָה וְדִבּוּר וּמַעֲשֶׂה, כִּי שְׁלֹשָׁה אֵלּוּ צְרִיכִין לִהְיוֹת אֲחוּזִים בַּלֵּב, דְּאַף עַל פִּי שֶׁהַדִּבּוּר בַּפֶּה וְהַמַּעֲשֶׂה בַּיָּד אִם לֹא יִהְיוּ קְשׁוּרִים בַּלֵּב אֵינָם כְּלוּם, אַךְ צָרִיךְ הַשַּׁלְהֶבֶת הָרוֹמֶזֶת לְכַוָּנָה וְדִבּוּר וּמַעֲשֶׂה שֶׁקְּשׁוּרִים בַּלֵּב שֶׁהוּא הַפְּתִילָה תַּעֲלֶה מֵאֵלֶיהָ דְּהַיְינוּ לְשֵׁם שָׁמַיִם, וְלֹא עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר דְּהַיְינוּ בִּשְׁבִיל אֵיזֶה סִיבָּה וּפָנֶיהָ גַּשְׁמִית, וְנִרְמָז בְּאוֹמְרוֹ מ אֵלִיָּה שֶׁהוּא א"ל י"ה דְּהַייְנוּ לְשֵׁם שָׁמַיִם בִּשְׁבִיל חֵלֶק גָּבוֹהַּ. אוֹ נִרְאֶה לִי בס"ד יֵשׁ אָדָם מַעֲלֶה תּוֹרָתוֹ וּמִצְוֹתָיו לְמָקוֹם עֶלְיוֹן מִכּוֹחוֹ, וְיֵשׁ לֹא יָכוֹל לְהַעֲלוֹתָם אֶלָּא עַל יְדֵי הִצְטָרְפוּת עִם צַדִּיקִים אֲחֵרִים. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד בִּדְרָשׁוֹתַי עַל הַתּוֹרָה (וַיִּקְרָא ו' ב') זֹאת תּוֹרַת הָעֹלָה הִוא הָעֹלָה, 'הוּא' דַּיְיקָא שֶׁתַּעֲלֶה מֵעַצְמָהּ וְלֹא שֶׁיִּהְיוּ אֲחֵרִים מוֹשְׁכִים אוֹתָהּ, וְכֵן כָּאן הַנֵּר הִיא רֶמֶז לְהַמִּצְוָה וְהַשַּׁלְהֶבֶת לְהַתּוֹרָה, דִּכְתִיב (מִשְׁלֵי ו, כג) כִּי נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר, וְצָרִיךְ שֶׁתַּעֲלֶה מֵאֵלֶיהָ שֶׁלֹּא עַל יְדֵי הִצְטָרְפוּת עִם צַדִּיקִים אֲחֵרִים הַמּוֹשְׁכִים אוֹתָהּ עִמָּהֶם. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד אֵשׁ הַשַּׁלְהֶבֶת רוֹמֵז לְיִרְאָה שֶׁהִיא בְּסוֹד אֵשׁ, אַךְ יֵשׁ יִרְאָה פְּנִימִית שֶׁהִיא יִרְאַת הָרוֹמְמוּת וְזוֹ אֵינָהּ תְּלוּיָה בַּדָּבָר, וְיֵשׁ יִרְאָה חִיצוֹנִית שֶׁהִיא יִרְאַת הָעֹונֶשׁ וְזוֹ תְּלוּיָה בַּדָּבָר, וְלָזֶה אָמַר שֶׁתִּהְיֶה עוֹלָה מֵאֵלֶיהָ שֶׁזּוֹ הִיא יִרְאַת הָרוֹמְמוּת שֶׁאֵינָהּ תְּלוּיָה בְּדָבָר אַחֵר, וְגַם הִיא תְּמִידִית לְכָךְ כְּתִיב לְהַעֲלֹת נֵר תָּמִיד. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב הָרַב קְהִילַּת יַעֲקֹב זַ"ל בְּעֵרֶךְ אֲבוּקָה בְּעִנְיַן הַשְּׁמָנִים וְהַפְּתִילוֹת שֶׁפְּסָלוּם רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בְּנֵר שַׁבָּת, כִּי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל יָדְעוּ בְּחָכְמָתָם שֶׁבְּאֵלּוּ הַשְּׁמָנִים וְהַפְּתִילוֹת יֵשׁ אֲחִיזָה לְסִטְרָא אַחֲרָא בָּהֶם, וְלָכֵן אָמְרוּ 'שֶׁמָּא יַטֶּה' ר"ל יַטֶּה אוֹר הַקָּדוֹשׁ שַׁלְהֶבֶת י"ה שֶׁל שַׁבָּת קֹודֶשׁ לְצַד הַסִּטְרָא אַחֲרָא חָס וְחָלִילָה, עַל יְדֵי פְּתִילוֹת וּשְׁמָנִים אֵלּוּ יֵשׁ לְסִטְרָא אַחֲרָא נְגִיעָה בָּהֶם עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ עַיֵּין שָׁם. וּבָזֶה מוּבָן מ"ש כָּאן שֶׁתִּהְיֶה שַׁלְהֶבֶת שֶׁל שַׁבָּת עוֹלָה מֵאֵלֶיהָ , חִלֵּק הַתֵּיבָה לִשְׁתַּיִם וְקָרֵי בָּהּ מא"ל י"ה שֶׁהוּא סִטְרָא דִּקְדֻושָּׁה וְלֹא עַל יְדֵי הַטָּאָה לְסִטְרָא אַחֲרָא שֶׁהוּא אֵל אַחֵר. וּבָזֶה מוּבָן בס"ד מ"ש שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה שָׁאנֵי , וְהַייְנוּ כִּי שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה הִיא כְּנֶגֶד הַבִּינָה שה"ס [שֶׁהוּא סוֹד] הֵ"א עֶלְיוֹנָה שֶׁבַּשֵּׁם, וְלָכֵן נִקְרֵאת שׁוֹאֵבָה 'שׁוֹאֵב ה"א' וְלָכֵן יֵשׁ שָׁם שִׂמְחָה גְּדוֹלָה.
« Afin que la flamme monte d'elle-même, et non qu'elle monte au moyen d'autre chose. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison en est la suivante. La lampe fait allusion au corps de l'homme, la mèche au cœur, et la flamme, qui a trois couleurs, blanc, rouge et vert, fait allusion à l'intention, à la parole et à l'acte. Ces trois doivent être attachés au cœur : bien que la parole soit dans la bouche et l'acte dans la main, s'ils ne sont pas liés au cœur, ils ne sont rien. Il faut donc que la flamme, qui fait allusion à l'intention, à la parole et à l'acte liés au cœur, qui est la mèche, monte d'elle-même, c'est-à-dire pour le Ciel (le-chem chamayim), et non au moyen d'autre chose, c'est-à-dire pour une cause ou un intérêt matériel. C'est ce qu'indique le mot me-elia (d'elle-même), qui se décompose en deux mots formés des lettres alef-lamed et youd-hé, deux Noms divins : c'est-à-dire pour le Ciel, pour la part d'En haut. Ou bien, il me semble, avec l'aide du Ciel : il y a un homme qui élève sa Torah et ses mitsvot vers le lieu supérieur par sa propre force, et il y en a un qui ne peut les élever qu'en se joignant à d'autres justes. C'est ainsi que j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, dans mes sermons sur la Torah (Vayikra 6,2) : « voici la loi de l'olah, c'est l'olah » ; « c'est » (hou) précisément, qu'elle monte d'elle-même et que d'autres ne l'entraînent pas. De même ici, la lampe fait allusion à la mitsva et la flamme à la Torah, comme il est écrit (Michle 6,23) : « car la mitsva est une lampe et la Torah une lumière » ; il faut qu'elle monte d'elle-même, sans se joindre à d'autres justes qui l'entraînent avec eux. Autre explication, il me semble, avec l'aide du Ciel : le feu de la flamme fait allusion à la crainte, qui est en secret (sod) le feu. Mais il y a une crainte intérieure, la crainte de la grandeur (yirat ha-romemout), qui ne dépend de rien, et une crainte extérieure, la crainte du châtiment (yirat ha-onech), qui dépend de quelque chose. C'est pourquoi il dit qu'elle doit monter d'elle-même : c'est la crainte de la grandeur, qui ne dépend pas d'autre chose ; et elle aussi est perpétuelle, c'est pourquoi il est écrit « pour faire monter une lumière perpétuelle ». Ou encore, on le comprendra, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit le Rav Kehilat Yaakov (de mémoire bénie) à l'article « avouka », au sujet des huiles et des mèches que nos Maîtres ont déclarées invalides pour la lampe de Chabbat : nos Maîtres savaient dans leur sagesse que dans ces huiles et ces mèches, l'autre côté (sitra a'hra) a une prise. C'est pourquoi ils ont dit « de crainte qu'il incline » : c'est-à-dire qu'il incline la lumière sainte, la flamme divine du saint Chabbat, du côté de la sitra a'hra, que D.ieu préserve, car par ces mèches et ces huiles la sitra a'hra y a un contact. Fin de citation, voir là-bas. Ainsi se comprend ce qui est dit ici : que la flamme du Chabbat monte me-elia ; on divise le mot en deux et on y lit les deux Noms formés des lettres alef-lamed et youd-hé, qui relèvent du côté de la sainte, et non par une inclinaison vers la sitra a'hra, qui est el aher (un dieu étranger). Ainsi se comprend, avec l'aide du Ciel, ce qui est dit : Simhat beit ha-choeva est différente. Car Simhat beit ha-choeva correspond à la Bina, qui est en secret (sod) le hé supérieur du Nom ; c'est pourquoi elle est appelée choeva, « qui puise le hé ». C'est pourquoi il y a là une grande joie.
💡 Explication

Rami bar Hama applique les mêmes exclusions à la Menora du Temple. Le verset dit le-haalot ner tamid, faire monter la lumière : la flamme doit monter d'elle-même, sans qu'on ait à la redresser ou à incliner la lampe. Une mèche ou une huile qui brûle mal ne remplit pas cette condition.

10
תְּנַן: מִבְּלָאֵי מִכְנְסֵי כֹּהֲנִים וּמֵהֶמְיָנֵיהֶם הָיוּ מַפְקִיעִין, וּמֵהֶן מַדְלִיקִין. שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה שָׁאנֵי.

Nous avons appris : des pantalons usés des Cohanim et de leurs ceintures, on déchirait (des fils), et avec eux on allumait. La Simhat beit ha-choeva est différente.

📜 Rachi (4)
מִבְּלָאֵי מִכְנְסֵי הַכֹּהֲנִים מִמִּכְנְסֵי הַכֹּהֲנִים הַבְּלוּאִים:
Des pantalons des Cohanim qui étaient usés.
הָיוּ מַפְקִיעִין קוֹרְעִין וְעוֹשִׂין פְּתִילוֹת בְּשִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה שֶׁהִיא בְּעֶזְרַת נָשִׁים:
On les déchirait et on en faisait des mèches pour la Simhat beit ha-choeva, qui avait lieu dans le parvis des femmes.
וּמֵהֶמְיְנֵיהֶם שֶׁל כִּלְאַיִם הֵם דִּכְתִיב וְאֶת הָאַבְנֵט שֵׁשׁ מָשְׁזָר וּתְכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וקי"ל תְּכֵלֶת עַמְרָא הוּא וְתָנֵי' לְעֵיל לְעִנְיַן שַׁבָּת הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן שֶׁל צֶמֶר לִפְסֹול וְקָתָנֵי מַדְלִיקִין בָּהֶן בַּמִּקְדָּשׁ:
(Les ceintures) sont de kilayim (mélange laine et lin), car il est écrit : « et la ceinture de lin retors, d'azur et de pourpre » ; et nous tenons que l'azur (tekhelet) est de la laine ; or on a enseigné plus haut, au sujet du Chabbat : on y a ajouté la laine comme invalide ; et on enseigne ici qu'on allumait avec elles dans le Temple.
שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה שָׁאנֵי דְּלָא כְּתִיב לְהַעֲלוֹת בָּהּ וְלָאו דְּאוֹרָיָית' הִיא:
Car il n'est pas écrit à son sujet « faire monter », et ce n'est pas (une obligation) de la Torah.
🗂️ Tossefot (1)
שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה שָׁאנֵי תֵּימַהּ הֵיכִי שָׁרִי לְהַדְלִיק וְהָא לָאו צֹורֶךְ קָרְבָּן הוּא וְאָמַר בפ"ב דְּקִידּוּשִׁין (דַּף נד. וְשָׁם) בִּגְדֵי כְּהֻונָּה שֶׁבָּלוּ מוֹעֲלִין בָּהֶן וְדֹוחַק לוֹמַר לֵב ב"ד מַתְנֶה עֲלֵיהֶן דְּמַה צֹורֶךְ יֵשׁ לָהֶן לְהַתְנוֹת בִּשְׁבִיל זֶה וְנִרְאֶה לר"י דְּהוֹאִיל וְלִכְבוֹד הַקָּרְבָּן הָיוּ עוֹשִׂין דִּכְתִיב וּשְׁאַבְתֶּם מַיִם בְּשָׂשׂוֹן (יְשַׁעְיָהוּ י״ב:ג׳) צֹורֶךְ קָרְבָּן חָשׁוּב לֵיהּ וְהָא דְּאָמַר (סֻוכָּה פ"ה דַּף נג.) בּוֹרֶרֶת אִשָּׁה חִטִּין לְאוֹר בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה לֹא שֶׁהָיְתָה בּוֹרֶרֶת אֶלָּא שֶׁהָיְתָה יְכוֹלָה לִבְרֹור וּמִיהוּ בִּירוּשַׁלְמִי דָּייֵק מֵהָכָא דְּקוֹל וּמַרְאֶה וָרֵיחַ אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם מְעִילָה וְקָשֶׁה לר"י מַאי פָּרִיךְ מִמִּכְנְסֵי הַכֹּהֲנִים הֲלֹא הָיָה בָּהֶן פִּשְׁתָּן דִּכְתִיב תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר (שְׁמוֹת כ״ח:ח׳) וְטוֹב לִפְתִילָה דְּהָוֵי כִּכְרַךְ דָּבָר שֶׁמַּדְלִיקִין בּוֹ ע"ג דָּבָר שֶׁאֵין מַדְלִיקִין בּוֹ וּבְשַׁבָּת הוּא דְּאָסוּר שֶׁמָּא יַדְלִיק בְּעֵינֵיהּ אֲבָל בַּמִּקְדָּשׁ לָא שַׁיְיכָא הַךְ גְּזֵירָה וְנִרְאֶה לר"י דְּכֵיוָן שֶׁאֵין מִן הַפִּשְׁתָּן אֶלָּא רְבִיעַ בָּטֵל בִּשְׁאָר מִינִים וְהָוֵי כְּאִילּוּ אֵין בּוֹ פִּשְׁתָּן כְּלָל:
Question : comment était-il permis d'allumer (avec eux) ? Ce n'est pas un besoin du sacrifice, et on dit au deuxième chapitre de Kiddouchin (54a) : les vêtements sacerdotaux usés, on commet me'ila (détournement de bien consacré) en les utilisant. Il est forcé de dire que le tribunal l'avait stipulé d'avance (lev beit din matne aleihem), car quel besoin avaient-ils de stipuler pour cela ? Il semble au Ri : puisqu'on le faisait en l'honneur du sacrifice, comme il est écrit « vous puiserez de l'eau dans la joie » (Yechaya 12,3), cela compte comme un besoin du sacrifice. Et ce qu'on dit (Soucca 53a) : une femme triait du blé à la lumière de beit ha-choeva, cela ne veut pas dire qu'elle triait, mais qu'elle aurait pu trier. Toutefois, dans le Yerouchalmi on déduit d'ici que le son, la vue et l'odeur ne sont pas soumis à la me'ila. Le Ri a une difficulté : quelle objection tire-t-on des pantalons des Cohanim ? Il y avait (dans les ceintures) du lin, car il est écrit « azur, pourpre, cramoisi et lin retors » (Chemot 28,8), et le lin est bon pour une mèche ; c'est donc comme si l'on enroulait une matière avec laquelle on allume sur une matière avec laquelle on n'allume pas ; or c'est le Chabbat qu'on l'interdit, de crainte qu'on allume (l'invalide) tel quel, mais au Temple ce décret n'a pas lieu. Il semble au Ri : puisque le lin n'y est que pour un quart, il est annulé parmi les autres espèces, et c'est comme s'il n'y avait pas du tout de lin.
💡 Explication

Objection à Rami bar Hama : pour la fête de Simhat beit ha-choeva, on faisait des mèches avec les ceintures des Cohanim, qui contiennent de la laine, matière invalide pour la lampe de Chabbat. Réponse : ces lumières, dans le parvis des femmes, ne sont pas la Menora ; le verset le-haalot ne les concerne pas.

Tossefot soulève le problème de la me'ila (usage profane d'un objet consacré) et le résout : la fête honore le sacrifice, c'est donc un besoin du sacrifice.

11
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַבָּה בַּר מַתְנָה: בִּגְדֵי כְהֻונָּה שֶׁבָּלוּ מַפְקִיעִין אוֹתָן, וּמֵהֶן הָיוּ עוֹשִׂין פְּתִילוֹת לַמִּקְדָּשׁ. מַאי לַָאו, דְּכִלְאַיִם? לֹא, דְּבוּץ.

Viens et entends, car Rabba bar Matna a enseigné : les vêtements sacerdotaux usés, on les déchirait, et on en faisait des mèches pour le Temple. N'est-ce pas (des vêtements) de kilayim ?

Non, de lin (bouts).

📜 Rachi (1)
מַאי לַָאו דְּכִלְאַיִם כְּגוֹן אַבְנֵט:
Par exemple la ceinture.
💡 Explication

Seconde objection : des mèches faites de vêtements sacerdotaux servaient au Temple même. Réponse : il s'agit des vêtements de lin seul (tunique, pantalon, turban), et le lin est une mèche valable.

12
אָמַר רַב הוּנָא: פְּתִילוֹת וּשְׁמָנִים שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בַּחֲנֻוכָּה, בֵּין בְּשַׁבָּת בֵּין בַּחוֹל. אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַב הוּנָא? — קָסָבַר: כָּבְתָה זָקוּק לָהּ, וּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ. וְרַב חִסְדָּא אָמַר: מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּחוֹל, אֲבָל לֹא בְּשַׁבָּת. קָסָבַר: כָּבְתָה

Rav Houna a dit : les mèches et les huiles dont les Sages ont dit qu'on n'allume pas avec elles le Chabbat, on n'allume pas avec elles à 'Hanouka, que ce soit le Chabbat ou en semaine. Rava a dit : quelle est la raison de Rav Houna ?

Il pense : si elle s'est éteinte, on est tenu de s'en occuper (kavta zakouk lah), et il est permis de se servir de sa lumière. Et Rav Hisda a dit : on allume avec elles en semaine, mais pas le Chabbat.

Il pense : si elle s'est éteinte

📜 Rachi (3)
כָּבְתָה נֵר חֲנֻוכָּה:
(S'il s'est éteint) : le luminaire de 'Hanouka.
זָקוּק לָהּ לְתַקְּנָהּ הִלְכָּךְ צָרִיךְ לְכַתְּחִלָּה לַעֲשׂוֹת יָפֶה דִּילְמָא פָּשַׁע וְלָא מְתַקֵּן לָהּ:
(Tenu) de la réparer ; il faut donc d'emblée la faire bien, de peur qu'il néglige et ne la répare pas.
וּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ הִלְכָּךְ בְּשַׁבָּת אָסוּר שֶׁמָּא יַטֶּה לְצֹורֶךְ תַּשְׁמִישׁ:
Donc le Chabbat c'est interdit, de crainte qu'il incline (la lampe) pour s'en servir.
🗂️ Tossefot (1)
וּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ וא"ת מְנָא לֵיהּ לְרָבָא דְּסָבַר רַב הוּנָא דְּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ דִּילְמָא הָא דְּאָמַר אֵין מַדְלִיקִין בְּשַׁבָּת מִשּׁוּם דְּסָבַר כָּבְתָה זָקוּק לָהּ וְאֵין יָכוֹל לְהַדְלִיק בְּשַׁבָּת וי"ל דְּא"כ לָא הֲוָה צְרִיךְ לֵיהּ לְמֵימַר בֵּין בְּחוֹל בֵּין בְּשַׁבָּת כֵּיוָן דְּחַד טַעְמָא הוּא אֶלָּא ה"ל לְמֵימַר אֵין מַדְלִיקִין סְתָם מִדְּקָאָמַר בֵּין בְּחוֹל בֵּין בְּשַׁבָּת ש"מ שֶׁעוֹד יֵשׁ טַעַם אַחֵר בְּשַׁבָּת שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק לְבַד מִטַּעַם חוֹל וְהַיְינוּ שֶׁמָּא יַטֶּה וא"כ סָבַר דְּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ וּמִיהוּ רַב דְּקָאָמַר מַדְלִיקִין בֵּין בְּחוֹל בֵּין בְּשַׁבָּת לֹא הָיָה מָצֵי לְמֵימַר מַדְלִיק סְתָם דְּהֵ"א דַּוְקָא בְּחוֹל אֲבָל בְּשַׁבָּת אֵין מַדְלִיקִין שֶׁמָּא יַטֶּה דְּבִסְתָמָא לֹא הָיִיתִי אוֹמֵר שֶׁשּׁוּם אָדָם יַחְמִיר לֶאֱסֹור לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ וְכֵן הִלְכְתָא דְּנֵר חֲנֻוכָּה אָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ כְּרַב וְכַר' יוֹחָנָן וְאַבַּיֵּי נָמֵי קִיבְּלָהּ וְרַב יוֹסֵף נָמֵי מַשְׁמַע לְקַמָּן דס"ל הָכִי וְכָבְתָה אֵין זָקוּק לָהּ דְּכֻולְּהוּ סְבִירָא לְהוּ הָכִי וְרַב הוּנָא יָחִיד הוּא וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ:
Et si tu demandes : d'où Rava sait-il que Rav Houna pense qu'il est permis de se servir de sa lumière ? Peut-être qu'il a dit qu'on n'allume pas le Chabbat parce qu'il pense : si elle s'est éteinte, on est tenu de s'en occuper, et on ne peut pas rallumer le Chabbat. On peut répondre : dans ce cas, il n'aurait pas eu besoin de dire « que ce soit en semaine ou le Chabbat », puisque c'est une seule raison ; il aurait dû dire simplement « on n'allume pas ». Puisqu'il dit « que ce soit en semaine ou le Chabbat », on en déduit qu'il y a encore une autre raison le Chabbat, outre celle de la semaine, à savoir la crainte qu'il incline ; il pense donc qu'il est permis de se servir de sa lumière. En revanche Rav, qui dit « on allume, que ce soit en semaine ou le Chabbat », ne pouvait pas dire simplement « on allume », car on aurait pensé : seulement en semaine, mais le Chabbat on n'allume pas, de crainte qu'il incline ; car sans précision, je n'aurais pas pensé que quelqu'un soit plus sévère et interdise de se servir de sa lumière. Et la halakha est que la lumière de 'Hanouka, il est interdit de se servir de sa lumière, comme Rav et Rabbi Yo'hanan ; Abbaye aussi l'a reçu ainsi, et Rav Yossef aussi, semble-t-il plus loin, pense ainsi ; et si elle s'est éteinte, on n'est pas tenu de s'en occuper, car tous le pensent ; Rav Houna est un avis isolé, et la halakha n'est pas comme lui.
💡 Explication

Deux questions commandent la règle de 'Hanouka. (1) Kavta zakouk lah : si la lumière s'éteint, faut-il la rallumer ? Si oui, la mitsva exige une lumière qui dure, et il faut une bonne mèche d'emblée, même en semaine. (2) Se servir de sa lumière : si c'est permis, le Chabbat on craint qu'il incline la lampe.

Selon Rava, Rav Houna répond oui aux deux, d'où l'interdit en semaine et le Chabbat. Rav Hisda permet en semaine ; sa raison continue au folio suivant. Tossefot conclut que la halakha suit Rav : on n'est pas tenu de rallumer, et il est interdit de se servir de la lumière de 'Hanouka.

🖼️ Schéma
Mèches et huiles interdites pour la lumière de 'Hanouka Question Si la lumière s'éteint, doit-on la rallumer ? Peut-on se servir de sa lumière ? Verdict Rav Houna (selon Rava) Oui : zakouk lah, il faut la rallumer -> bonne mèche d'emblée Oui : permis -> le Chabbat, crainte qu'il incline la lampe Interdit en semaine et le Chabbat Rav Hisda Non : ein zakouk lah (suite en 21b) Oui : permis -> le Chabbat, crainte qu'il incline la lampe Permis en semaine, interdit le Chabbat
Les deux variables de 'Hanouka : rallumage et usage de la lumière.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).