Shabbat 21b — La lampe de Hanouka : mèches permises, ordre d'allumage selon Beit Chammai et Beit Hillel, emplacement de la lampe et récit du miracle

Shabbat 21b

Sougya : Le folio achève le débat sur les mèches et huiles interdites le Chabbat : selon Rav, on peut les utiliser pour 'Hanouka, même le Chabbat, car si la lampe s'éteint on n'est pas tenu de la rallumer et il est interdit de se servir de sa lumière. La guemara précise ensuite le temps de l'allumage (jusqu'à ce que cesse la circulation au marché), puis enseigne les trois niveaux de la mitsva : une lampe par maison, une lampe par personne, et pour les plus scrupuleux un nombre variable, décroissant selon Beit Chammai, croissant selon Beit Hillel.

Viennent l'emplacement de la lampe (à l'entrée de la maison, à la fenêtre, ou sur la table en temps de danger), la nécessité d'une lampe supplémentaire pour l'usage, le récit de la fiole d'huile scellée, et la michna sur les dommages causés par une lampe placée dehors, dont Ravina déduit que la lampe se place à moins de dix tefahim du sol.

Mèches et huiles interdites le Chabbat : valables pour 'Hanouka ? Question de principe Rav Houna (page 21a) Rav Hisda (page 21a-b) Rav (R. Zeira, R. Yirmeya) Si elle s'éteint, faut-il rallumer ? Oui (zakouk) Non (ein zakouk) Non (ein zakouk) Peut-on se servir de sa lumière ? Oui Oui Non (interdit) En semaine interdit permis permis Le Chabbat interdit interdit permis
Trois avis sur les mèches et huiles interdites le Chabbat, appliquées à la lampe de Hanouka.
Mehadrin min ha-mehadrin : combien de lumières chaque soir ? 0 8 soir de 'Hanouka (1 à 8) 12 34 56 78 Beit Chammai : 8 puis décroissant (jours à venir / taureaux de Souccot) Beit Hillel : 1 puis croissant (jours passés / on monte en sainteté) = halakha
Nombre de lumières chaque soir selon Beit Chammai et Beit Hillel.
Où placer la lampe de 'Hanouka ? Cas normal à l'entrée de la maison, côté extérieur Rachi : dans la cour, sur laquelle ouvre la maison Tossefot : à l'entrée de la cour s'il y en a une but : pirsoum ha-ness Il habite à l'étage à la fenêtre voisine du domaine public Rachi : à l'intérieur, face à cette fenêtre pas de place dans la cour Temps de danger sur sa table, et cela suffit Rachi : décret perse, feu réservé à leur culte Ri : depuis l'arrivée des Habarim à Bavel Hauteur (Ravina au nom de Rabba) : moins de dix tefahim du sol déduit de R. Yehouda (michna du chameau) ; la guemara laisse une autre lecture possible
Emplacement de la lampe de Hanouka selon la baraita, Rachi et Tossefot.
1
אֵין זָקוּק לָהּ, וּמֻותָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ. אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב מַתְנָה, וְאָמְרִי לָהּ אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב: פְּתִילוֹת וּשְׁמָנִים שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, מַדְלִיקִין בָּהֶן בַּחֲנֻוכָּה, בֵּין בְּחוֹל בֵּין בְּשַׁבָּת. אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: מַאי טַעְמָא דְּרַב? — קָסָבַר: כָּבְתָה אֵין זָקוּק לָהּ, וְאָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ.

(Selon Rav Hisda,) on n'est pas tenu de s'en occuper (si elle s'éteint), et il est permis de se servir de sa lumière. Rabbi Zeira a dit au nom de Rav Matna, et certains disent : Rabbi Zeira a dit au nom de Rav : les mèches et les huiles dont les Sages ont dit qu'on n'allume pas avec elles le Chabbat, on allume avec elles pour 'Hanouka, aussi bien en semaine que le Chabbat.

Rabbi Yirmeya a dit : quelle est la raison de Rav ? Il pense : si elle s'éteint, on n'est pas tenu de s'en occuper, et il est interdit de se servir de sa lumière.

📜 Rachi (2)
אֵין זָקוּק לָהּ הִלְכָּךְ בְּחוֹל שָׁרִי:
C'est pourquoi en semaine c'est permis.
וְאָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ שֶׁיְּהֵא נִיכָּר שֶׁהוּא נֵר מִצְוָה וְלֵיכָּא לְמִיחַשׁ לְהַטָּיָיה:
Afin qu'il soit reconnaissable que c'est une lampe de mitsva ; il n'y a donc pas à craindre qu'on incline (la lampe pour raviver la flamme).
💡 Explication

Fin de la discussion commencée en 21a. Les mèches et huiles de mauvaise qualité sont interdites le Chabbat de peur qu'on incline la lampe (hatayya) pour raviver la flamme, ce qui est un acte d'allumage. Deux questions décident de leur usage pour 'Hanouka : faut-il rallumer si elle s'éteint (kavta zakouk) ? peut-on utiliser sa lumière ?

Selon Rav, on ne rallume pas, donc une mèche médiocre suffit ; et on n'utilise pas sa lumière, donc personne n'a de raison de la raviver le Chabbat. Les deux craintes tombent : permis en semaine et le Chabbat.

🖼️ Schéma
Mèches et huiles interdites le Chabbat : valables pour 'Hanouka ? Question de principe Rav Houna (page 21a) Rav Hisda (page 21a-b) Rav (R. Zeira, R. Yirmeya) Si elle s'éteint, faut-il rallumer ? Oui (zakouk) Non (ein zakouk) Non (ein zakouk) Peut-on se servir de sa lumière ? Oui Oui Non (interdit) En semaine interdit permis permis Le Chabbat interdit interdit permis
Les deux questions qui décident du sort des mèches médiocres pour 'Hanouka.
2
אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה, וְלֹא קִבְּלָהּ. כִּי אֲתָא רָבִין אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, וְקִבְּלָהּ. אָמַר: אִי זַכַּאי, גְּמִירְתֵּיהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ מֵעִיקָּרָא. וְהָא גָּמְרָה! נָפְקָא מִינַּהּ לְגִירְסָא דְיַנְקוּתָא.

Les Sages ont rapporté cet enseignement devant Abbaye au nom de Rabbi Yirmeya, et il ne l'a pas accepté. Quand Ravin est venu, les Sages l'ont rapporté devant Abbaye au nom de Rabbi Yo'hanan, et il l'a accepté.

Il a dit : si j'avais eu le mérite, j'aurais appris cet enseignement dès le début. Mais il l'a appris !

La différence concerne l'étude de la jeunesse.

📜 Rachi (3)
וְלֹא קִבְּלָה שֶׁלֹּא חָשְׁבוּ לִסְמֹוךְ עַל דְּבָרָיו:
Car il ne pensait pas pouvoir s'appuyer sur ses paroles.
אִי זַכַּאי אִילּוּ הָיִיתִי זוֹכֶה לְלָומְדָהּ הָיִיתִי גּוֹרְסָהּ כְּשֶׁשְּׁמַעְתִּיהָ רִאשׁוֹן:
Si j'avais eu le mérite de l'apprendre, je l'aurais étudiée dès la première fois que je l'ai entendue.
גִּירְסָא דְּיַנְקוּתָא מִתְקַייֵּם יוֹתֵר מִשֶּׁל זִקְנָה:
Elle se conserve mieux que celle de la vieillesse.
💡 Explication

Abbaye accepte l'enseignement de Rav quand il lui parvient au nom de Rabbi Yo'hanan, autorité majeure d'Erets Israël. Il regrette de ne pas l'avoir reçu plus tôt. La guemara demande quel est l'enjeu, puisqu'il l'a finalement appris ; réponse : girsa de-yankouta, ce qu'on apprend jeune se garde mieux en mémoire.

3
וְכָבְתָה אֵין זָקוּק לָהּ? וּרְמִינְהוּ: מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק. מַאי לַָאו, דְּאִי כָּבְתָה הֲדַר מַדְלֵיק לָהּ! לֹא, דְּאִי לָא אַדְלִיק — מַדְלִיק. וְאִי נָמֵי לְשִׁיעוּרָהּ.

Et si elle s'éteint, on n'est pas tenu de s'en occuper ? On objecte (d'une baraita) : sa mitsva commence au coucher du soleil, jusqu'à ce que cesse la circulation au marché.

N'est-ce pas que, si elle s'éteint, on la rallume ? Non : si on n'a pas encore allumé, on allume.

Ou encore : (la baraita parle) de sa mesure.

📜 Rachi (1)
לְשִׁיעוּרָהּ שֶׁיְּהֵא בָּהּ שֶׁמֶן כַּשִּׁיעוּר הַזֶּה וּמִיהוּ אִם כָּבְתָה אֵין זָקוּק לָהּ:
Qu'il y ait dedans de l'huile pour cette durée ; mais si elle s'éteint, on n'est pas tenu de s'en occuper.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאִי לָא אַדְלֵיק מַדְלֵיק אֲבָל מִכָּאן וְאֵילָךְ עָבַר הַזְּמַן אוֹמֵר הָרִ"י פּוֹרָת דְּיֵשׁ לִיזָּהֵר וּלְהַדְלִיק בַּלַּיְלָה מִיָּד שֶׁלֹּא יְאַחֵר יוֹתֵר מִדַּאי ומ"מ אִם אִיחֵר יַדְלִיק מִסָּפֵק דְּהָא מְשַׁנֵּי שִׁינּוּיֵי אַחַרְיַנָא ולר"י נִרְאֶה דְּעַתָּה אֵין לָחוּשׁ מָתַי יַדְלִיק דְּאָנוּ אֵין לָנוּ הֶיכֵּרָא אֶלָּא לִבְנֵי הַבַּיִת שֶׁהֲרֵי מַדְלִיקִין מִבִּפְנִים:
Mais passé ce moment, le temps est écoulé. Rabbi Yossef Porat dit qu'il faut veiller à allumer dès la nuit tombée, sans trop tarder ; toutefois, si on a tardé, on allume par doute, car la guemara donne une autre réponse. Selon le Ri, il semble qu'aujourd'hui il n'y a pas à se préoccuper de l'heure à laquelle on allume, car nous n'avons de signe distinctif que pour les gens de la maison, puisqu'on allume à l'intérieur.
💡 Explication

Objection contre le principe kavta ein zakouk : la baraita fixe une durée à la mitsva, ce qui suggère qu'il faut maintenir la lampe allumée pendant tout ce temps. Deux réponses : la durée indique le délai pendant lequel on peut encore allumer ; ou bien elle fixe la quantité d'huile à prévoir au départ (Rachi).

Tossefot : selon la première réponse, après ce délai on ne peut plus allumer ; comme la seconde réponse existe, on allume quand même par doute. Le Ri ajoute que, depuis qu'on allume à l'intérieur, l'heure importe moins.

🖼️ Schéma
Lecture de la baraita : du coucher du soleil jusqu'à ce que cesse la circulation coucher du soleil les Tarmodaim rentrent Hava amina rallumer si elle s'éteint ? Réponse 1 pas encore allumé : on allume Réponse 2 quantité d'huile à prévoir
La durée de la baraita : délai pour allumer ou quantité d'huile.
4
עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק. וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַד דְּכָלְיָא רִיגְלָא דְתַרְמוֹדָאֵי.

Jusqu'à ce que cesse la circulation au marché. Et jusqu'à quand ?

Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : jusqu'à ce que cesse la circulation des Tarmodaim.

📜 Rachi (1)
רִגְלָא דְּתַרְמוֹדָאִי שֵׁם אֻומָּה מְלַקְּטֵי עֵצִים דַּקִּים וּמִתְעַכְּבִין בַּשּׁוּק עַד שֶׁהוֹלְכִים בְּנֵי הַשּׁוּק לְבָתֵּיהֶם מִשֶּׁחֲשֵׁכָה וּמַבְעִירִים בְּבָתֵּיהֶם אוּר וּכְשֶׁצְּרִיכִין לְעֵצִים יוֹצְאִים וְקוֹנִין מֵהֶן:
Nom d'un peuple qui ramassait du petit bois et s'attardait au marché jusqu'à ce que les gens du marché rentrent chez eux à la nuit tombée et allument du feu chez eux ; quand ils avaient besoin de bois, ils sortaient leur en acheter.
💡 Explication

Les Tarmodaim (gens de Tadmor, Palmyre) vendaient du petit bois et restaient les derniers au marché. Leur départ marque la fin de la circulation, donc la fin du temps de l'allumage.

5
תָּנוּ רַבָּנַן: מִצְוַת חֲנֻוכָּה, נֵר אִישׁ וּבֵיתוֹ. וְהַמְהַדְּרִין, נֵר לְכָל אֶחָד וְאֶחָד. וְהַמְהַדְּרִין מִן הַמְהַדְּרִין, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק שְׁמֹנָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק אַחַת, מִכָּאן וְאֵילָךְ מוֹסִיף וְהוֹלֵךְ.

Les Sages ont enseigné : la mitsva de 'Hanouka, une lampe par homme et sa maison. Les mehadrin (ceux qui embellissent la mitsva) : une lampe pour chacun.

Les mehadrin min ha-mehadrin (les plus scrupuleux) : Beit Chammai disent : le premier jour on allume huit, et ensuite on diminue progressivement ; Beit Hillel disent : le premier jour on allume une, et ensuite on ajoute progressivement.

📜 Rachi (2)
נֵר אִישׁ וּבֵיתוֹ נֵר אֶחָד בְּכָל לַיְלָה וְאִישׁ וְכָל בְּנֵי בֵּיתוֹ סַגִּי לְהוּ בְּנֵר אֶחָד:
Une lampe chaque nuit ; pour l'homme et tous les gens de sa maison, une lampe suffit.
וְהַמְהַדְּרִין אַחַר הַמִּצְוֹת עוֹשִׂין נֵר אֶחָד בְּכָל לַיְלָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִבְּנֵי הַבַּיִת:
Ceux qui recherchent les mitsvot font une lampe chaque nuit pour chacun des gens de la maison.
🗂️ Tossefot (1)
וְהַמְהַדְּרִין מִן הַמְהַדְּרִין נִרְאֶה לר"י דְּב"ש וּב"ה לָא קָייְמִי אֶלָּא אַנֵּר אִישׁ וּבֵיתוֹ שֶׁכֵּן יֵשׁ יוֹתֵר הִידּוּר דְּאִיכָּא הֶיכֵּרָא כְּשֶׁמּוֹסִיף וְהוֹלֵךְ אוֹ מֵחָסֵר שֶׁהוּא כְּנֶגֶד יָמִים הַנִּכְנָסִים אוֹ הַיּוֹצְאִים אֲבָל אִם עוֹשֶׂה נֵר לְכָל אֶחָד אַפֵּי' יוֹסִיף מִכָּאן וְאֵילָךְ לֵיכָּא הֶיכֵּרָא שֶׁיִּסְבְּרוּ שֶׁכָּךְ יֵשׁ בְּנֵי אָדָם בַּבַּיִת:
Il semble au Ri que Beit Chammai et Beit Hillel ne se rapportent qu'à une lampe par homme et sa maison, car il y a là plus d'embellissement : on reconnaît, quand on ajoute ou quand on diminue, que cela correspond aux jours à venir ou aux jours écoulés. Mais si on fait une lampe pour chacun, même si on ajoute ensuite, il n'y a pas de signe distinctif, car on pensera qu'il y a autant de personnes dans la maison.
🪔 Ben Yehoyada (1)
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק שְׁמֹונָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ. נִרְאֶה לִי בס"ד בֵּית שַׁמַּאי הֵם גְּבוּרָה וּבֵית הִלֵּל חֶסֶד, וְלָכֵן זָהָב שֶׁהוּא גְּבוּרָה פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ כְּמִסְפַּר הָאוֹתִיּוֹת, וְהַכֶּסֶף שֶׁהוּא חֶסֶד מוֹסִיף וְהוֹלֵךְ בְּמִסְפָּר, וְכֵן סֵדֶר אבג"ד חֶסֶד מוֹסִיף וְהוֹלֵךְ, וְתַשְׁרָ"ק גְּבוּרָה הוּא פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ.
Beit Chammai disent : le premier jour on allume huit, et ensuite on diminue progressivement. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que Beit Chammai représentent la guevoura (rigueur) et Beit Hillel le 'hessed (bonté). C'est pourquoi l'or, qui est guevoura, va en diminuant selon le nombre des lettres, et l'argent, qui est 'hessed, va en augmentant en nombre. De même l'ordre alef-beit-guimel-dalet, qui est 'hessed, va en augmentant, et tav-chin-rech-qof, qui est guevoura, va en diminuant.
💡 Explication

Trois niveaux : ner ich u-veito (une lampe par foyer), mehadrin (une lampe par personne), mehadrin min ha-mehadrin (le nombre varie avec les jours).

Tossefot : le troisième niveau se greffe sur le premier, car si chacun allume plusieurs lampes, un passant ne distingue plus le compte des jours du nombre de personnes. Le Choulhan Aroukh suit Tossefot (usage séfarade : un seul allumage par foyer) ; selon le Rama (usage ashkénaze), chacun allume selon le compte des jours.

🖼️ Schéma
Mehadrin min ha-mehadrin : combien de lumières chaque soir ? 0 8 soir de 'Hanouka (1 à 8) 12 34 56 78 Beit Chammai : 8 puis décroissant (jours à venir / taureaux de Souccot) Beit Hillel : 1 puis croissant (jours passés / on monte en sainteté) = halakha
Beit Chammai décroissant, Beit Hillel croissant.
6
אָמַר עֻולָּא: פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי בְּמַעְרְבָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר זְבִידָא. חַד אָמַר טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי כְּנֶגֶד יָמִים הַנִּכְנָסִין, וְטַעְמָא דְּבֵית הִלֵּל כְּנֶגֶד יָמִים הַיּוֹצְאִין. וְחַד אָמַר טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי כְּנֶגֶד פָּרֵי הַחַג, וְטַעְמָא דְּבֵית הִלֵּל דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ וְאֵין מוֹרִידִין.

Oulla a dit : deux Amoraim en Occident (Erets Israël) sont en désaccord à ce sujet, Rabbi Yossi bar Avin et Rabbi Yossi bar Zevida. L'un dit : la raison de Beit Chammai correspond aux jours à venir, et la raison de Beit Hillel aux jours écoulés.

L'autre dit : la raison de Beit Chammai correspond aux taureaux de la fête (Souccot), et la raison de Beit Hillel est qu'on monte en sainteté et qu'on ne descend pas.

📜 Rachi (4)
כְּנֶגֶד יָמִים הַנִּכְנָסִים הָעֲתִידִים לָבֹא:
Ceux qui vont venir.
יָמִים הַיּוֹצְאִין שֶׁיָּצְאוּ כְּבָר וְזֶה שֶׁהוּא עוֹמֵד בּוֹ נִמְנָה עִם הַיּוֹצְאִין:
Ceux qui sont déjà passés ; et celui dans lequel on se trouve est compté avec les jours écoulés.
פְּרִי הֶחָג מִתְמַעֲטִים וְהוֹלְכִים בַּקָּרְבָּנוֹת דְּפָרָשַׁת פִּנְחָס:
Ils diminuent progressivement dans les sacrifices de la section de Pinhas.
מַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ וְאֵין מוֹרִידִין מִקְּרָא יָלְפִינַן לָהּ בִּמְנָחוֹת בְּפֶרֶק שְׁתֵּי הַלֶּחֶם (מְנָחוֹת דַּף צט.):
Nous l'apprenons d'un verset, dans Menahot, au chapitre Chetei ha-le'hem (Menahot 99a).
🪔 Ben Yehoyada (1)
טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי: כְּנֶגֶד יָמִים הַנִּכְנָסִין. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת בִּשְׁלָמָא בֵּית הִלֵּל מִסְתַּבֵּר טַעְמַייְהוּ אֲבָל בֵּית שַׁמַּאי מַאי טַעְמָא בָּזֶה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּכָתְבוּ הַפּוֹסְקִים דִּבְשֶׁמֶן הָיָה שִׁיעוּר לַיְלָה אַחַת וְהִנִּיחוּהוּ כֻּולּוֹ וְשָׁרְתָה בּוֹ בְּרָכָה, שֶׁהָיָה דּוֹלֵק בְּכָל לַיְלָה חֵלֶק אֶחָד מִשְּׁמוֹנָה שֶׁהָיָה בַּתְּחִילָּה בִּלְבַד, נִמְצָא לַיְלָה רִאשׁוֹנָה שָׁרְתָה הַבְּרָכָה עַל ח' חֲלָקִים, וּבַשְּׁנִיָּה שֶׁכְּבָר נִדְלָק חֵלֶק אֶחָד מֵהֶם שָׁרְתָה עַל ז' חֲלָקִים, וְכֵן בַּשְּׁלִישִׁית עַל שִׁשָּׁה וּכְעַל זֶה הַדֶּרֶךְ, וְלָכֵן סְבִירָא לֵיהּ לְבֵית שַׁמַּאי פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ שֶׁיַּדְלִיק לְפִי חֲלָקִים שֶׁנִּשְׁאֲרוּ בַּנֵּר בִּשְׁעַת הַנֵּס.
La raison de Beit Chammai : selon les jours à venir. On peut objecter : la raison de Beit Hillel se comprend, mais quelle est la raison de Beit Chammai ici ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que les décisionnaires ont écrit que l'huile suffisait pour une nuit, qu'on l'a mise en entier et que la bénédiction y a reposé : chaque nuit ne brûlait qu'une part sur les huit qu'il y avait au départ. La première nuit, la bénédiction reposait donc sur huit parts ; la deuxième, une part ayant déjà brûlé, elle reposait sur sept ; la troisième sur six, et ainsi de suite. C'est pourquoi Beit Chammai pensent qu'on diminue progressivement : on allume selon les parts qui restaient dans la lampe au moment du miracle.
💡 Explication

Deux explications du désaccord. Première : Beit Chammai comptent les jours à venir (8, 7, 6...), Beit Hillel les jours écoulés, le jour présent inclus (1, 2, 3...). Seconde : Beit Chammai s'inspirent des parei ha-hag, les taureaux offerts à Souccot (13 le premier jour, puis un de moins chaque jour) ; Beit Hillel appliquent le principe maalin ba-kodech ve-ein moridin.

7
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁנֵי זְקֵנִים הָיוּ בְּצַיְדָּן. אֶחָד עָשָׂה כְּבֵית שַׁמַּאי וְאֶחָד עָשָׂה כְּדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל. זֶה נוֹתֵן טַעַם לִדְבָרָיו כְּנֶגֶד פָּרֵי הַחַג, וְזֶה נוֹתֵן טַעַם לִדְבָרָיו דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ וְאֵין מוֹרִידִין.

Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il y avait deux anciens à Sidon. L'un faisait comme Beit Chammai et l'autre comme Beit Hillel.

L'un donnait comme raison à ses paroles : selon les taureaux de la fête ; l'autre donnait comme raison à ses paroles : on monte en sainteté et on ne descend pas.

💡 Explication

Témoignage de pratique qui confirme la seconde explication du segment précédent : taureaux de Souccot pour Beit Chammai, maalin ba-kodech pour Beit Hillel. La halakha suit Beit Hillel.

8
תָּנוּ רַבָּנַן: נֵר חֲנֻוכָּה מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ מִבַּחוּץ. אִם הָיָה דָּר בַּעֲלִייָּה — מַנִּיחָהּ בַּחַלּוֹן הַסְּמוּכָה לִרְשׁוּת הָרַבִּים. וּבִשְׁעַת הַסַּכָּנָה — מַנִּיחָהּ עַל שֻׁלְחָנוֹ וְדַיּוֹ.

Les Sages ont enseigné : la lampe de 'Hanouka, c'est une mitsva de la placer à l'entrée de sa maison, à l'extérieur. S'il habite à l'étage, il la place à la fenêtre voisine du domaine public.

Et en temps de danger, il la place sur sa table, et cela suffit.

📜 Rachi (4)
מִבַּחוּץ מִשּׁוּם פִּרְסוּמֵי נִיסָּא וְלֹא ברה"ר אֶלָּא בַּחֲצֵרוֹ שֶׁבָּתֵּיהֶן הָיוּ פִּתּוּחִין לֶחָצֵר:
À cause de pirsoum ha-ness (la publication du miracle) ; pas dans le domaine public, mais dans sa cour, car leurs maisons ouvraient sur la cour.
וְאִם הָיָה דָּר בָּעֲלִיָּיה שֶׁאֵין לוֹ מָקוֹם בַּחֲצֵרוֹ לְהַנִּיחָהּ שָׁם:
Car il n'a pas de place dans sa cour pour l'y mettre.
מַנִּיחָהּ מִבִּפְנִים כְּנֶגֶד חַלּוֹן הַסָּמוּךְ לרה"ר:
À l'intérieur, face à la fenêtre voisine du domaine public.
הַסַּכָּנָה שֶׁהָיָה לָהֶם לְפַרְסִיִּים חוֹק בְּיוֹם אֵידָם שֶׁלֹּא יַבְעִירוּ נֵר אֶלָּא בְּבֵית ע"ז שֶׁלָּהֶם כִּדְאָמְרִינַן בְּגִיטִּין (פּ"ב דַּף יז:):
Les Perses avaient une loi, le jour de leur fête, qu'on n'allume de feu que dans leur temple idolâtre, comme nous le disons dans Guittin (chap. 2, 17b).
🗂️ Tossefot (2)
מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ מִבַּחוּץ וּמַייְרֵי דְּלֵיכָּא חָצֵר אֶלָּא בַּיִת עוֹמֵד סָמוּךְ לרה"ר אֲבָל אִם יֵשׁ חָצֵר לִפְנֵי הַבַּיִת מִצְוָה לְהַנִּיחַ עַל פֶּתַח חָצֵר דְּאָמַר לְקַמָּן חָצֵר שֶׁיֵּשׁ לָהּ ב' פְּתָחִים צְרִיכָה ב' נֵרוֹת וְאָמְרִי' נָמֵי נֵר שֶׁיֵּשׁ לָהּ שְׁנֵי פִּיּוֹת עוֹלָה לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם מַשְׁמַע לִשְׁנֵי בָּתִּים וְאִם הָיוּ מַנִּיחִים עַל פִּתְחֵי בָּתֵּיהֶם הָיָה לָזֶה מִיָּמִין וְלָזֶה מִשְּׂמֹאל אֲבָל אִי מַנִּיחִים עַל פֶּתַח הֶחָצֵר אָתֵי שַׁפִּיר:
Il s'agit du cas où il n'y a pas de cour, la maison se trouvant à côté du domaine public ; mais s'il y a une cour devant la maison, la mitsva est de la placer à l'entrée de la cour. En effet, on dira plus loin : une cour qui a deux entrées a besoin de deux lampes ; et on dit aussi : une lampe à deux becs compte pour deux personnes, c'est-à-dire pour deux maisons. Or si on la plaçait à l'entrée des maisons, l'un l'aurait à droite et l'autre à gauche ; mais si on la place à l'entrée de la cour, cela s'explique bien.
וּבִשְׁעַת הַסַּכָּנָה נִרְאֶה לְרִ"י דְּהַייְנוּ מִכִּי אֲתוּ חַבָּרֵי לְבָבֶל כִּדְאָמַר בְּפֶ' כִּירָה (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף מה. וְשָׁם) מַהוּ לְטַלְטֵל שְׁרָגָא דַּחֲנֻוכְּתָא מִקַּמֵּי חַבָּרֵי בְּשַׁבְּתָא וא"ת דְּעַל הַשֻּׁלְחָן נָמֵי יִקְּחוּ אוֹתוֹ כִּדְאָמַר בְּגִיטִּין (דַּף יז.) רַבָּה בַּר בַּר חָנָה חֲלַשׁ אֲתָא חַבְרָא שְׁקַל שְׁרָגָא מִקַּמַּיְיהוּ וי"ל דְּאֵין רְגִילוּת כ"כ לְחַפֵּשׂ בַּבָּתִּים:
Il semble au Ri qu'il s'agit de l'époque où les Habarim sont venus à Bavel, comme on le dit au chapitre Kira (plus loin, Chabbat 45a) : peut-on déplacer la lampe de 'Hanouka devant les Habarim le Chabbat ? Et si tu objectes que sur la table aussi ils la prendraient, comme on le dit dans Guittin (17a) : Rabba bar bar Hana était malade, un Habar est venu et a pris la lampe devant eux ; on peut répondre qu'ils n'avaient pas tellement l'habitude de fouiller les maisons.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא זֹאת אוֹמֶרֶת נֵר חֲנֻוכָּה מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה לֵימָא לֵיהּ הָיָה לָךְ לְהַנִּיחוֹ לְמַעְלָה מִגָּמָל וְרוֹכְבוֹ. דִּילְמָא אִי מַטְרְחַתְּ לֵיהּ אָתֵי לְאִימְּנוֹעֵי מִמִּצְוָה. אע"ג דְּדָחֵי לֵיהּ מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה. כִּדְאָמַר רָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא וְגַם אִיכָּא פִּרְסוּם הַנֵּס טְפֵי כְּשֶׁהִיא לְמַטָּה דְּדָבָר הֶעָשׂוּי לָאוּר אֵין דֶּרֶךְ לְהַנִּיחָהּ כָּל כָּךְ לְמַטָּה. וְכֵן כָּתוּב בְּפֵירוּשׁ רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל וּמִצְוָה לְהַנִּיחָהּ לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה:
Ravina a dit au nom de Rava : cela montre que la lampe de 'Hanouka, c'est une mitsva de la placer à moins de dix (tefahim). Car si tu pensais au-dessus de dix, qu'il lui dise : tu aurais dû la placer au-dessus du chameau et de son cavalier. Peut-être que, si on lui impose trop d'effort, il en viendra à s'abstenir de la mitsva. Bien que (la guemara) ait repoussé (cette déduction), c'est une mitsva de la placer à moins de dix, comme l'a dit Ravina au nom de Rava ; il y a aussi plus de publication du miracle quand elle est basse, car un objet destiné à éclairer, on n'a pas l'habitude de le placer si bas. C'est ce qui est écrit dans le commentaire de Rabbenou Hananel : c'est une mitsva de la placer à moins de dix.
💡 Explication

Le principe directeur est pirsoum ha-ness : la lampe doit être vue de l'extérieur. Rachi la place dans la cour sur laquelle ouvrait la maison ; Tossefot précise qu'à défaut de cour, c'est l'entrée de la maison, et qu'avec une cour, c'est l'entrée de la cour.

En temps de danger, il suffit de la poser sur la table. Rachi renvoie à un décret perse ; le Ri l'identifie à l'époque des Habarim, prêtres zoroastriens à Bavel.

Le Roch, placé ici, tranche que la lampe se met à moins de dix tefahim (voir segment 11).

🖼️ Schéma
Où placer la lampe de 'Hanouka ? Cas normal à l'entrée de la maison, côté extérieur Rachi : dans la cour, sur laquelle ouvre la maison Tossefot : à l'entrée de la cour s'il y en a une but : pirsoum ha-ness Il habite à l'étage à la fenêtre voisine du domaine public Rachi : à l'intérieur, face à cette fenêtre pas de place dans la cour Temps de danger sur sa table, et cela suffit Rachi : décret perse, feu réservé à leur culte Ri : depuis l'arrivée des Habarim à Bavel Hauteur (Ravina au nom de Rabba) : moins de dix tefahim du sol déduit de R. Yehouda (michna du chameau) ; la guemara laisse une autre lecture possible
Trois situations, trois emplacements.
9
אָמַר רָבָא: צָרִיךְ נֵר אַחֶרֶת לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ. וְאִי אִיכָּא מְדוּרָה — לֹא צָרִיךְ. וְאִי אָדָם חָשׁוּב הוּא — אַף עַל גַּב דְּאִיכָּא מְדוּרָה צָרִיךְ נֵר אַחֶרֶת.

Rava a dit : il faut une autre lampe pour se servir de sa lumière. S'il y a un feu de bois, ce n'est pas nécessaire.

Et si c'est un homme important, même s'il y a un feu de bois, il faut une autre lampe.

📜 Rachi (4)
נֵר אַחֶרֶת לַעֲשׂוֹת הֶיכֵּר לַדָּבָר:
Pour rendre la chose reconnaissable.
וְאִי אִיכָּא מְדוּרָה אֵשׁ לֹא צָרִיךְ נֵר אַחֶרֶת לְפִי שֶׁמִּשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹר הַמְּדוּרָה וְיֵשׁ הֶיכֵּרָא שֶׁהַנֵּר שֶׁל מִצְוָה הִיא:
Un feu : il n'a pas besoin d'une autre lampe, car il se sert de la lumière du feu, et on reconnaît que la lampe est celle de la mitsva.
וְאִי אָדָם חָשׁוּב הוּא שֶׁאֵינוֹ רָגִיל לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹר הַמְּדוּרָה:
Qui n'a pas l'habitude de se servir de la lumière d'un feu de bois.
צָרִיךְ נֵר אַחֶרֶת דְּאִי לָא לָא הָוֵי הֶיכֵּר:
Car sinon, ce ne serait pas reconnaissable.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר מִצְוַת נֵר חֲנֻוכָּה נֵר אִישׁ וּבֵיתוֹ. וְהַמְהַדְּרִין נֵר לְכָל אֶחָד וְאֶחָד וְהַמְהַדְּרִין מִן הַמְהַדְּרִין בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק שְׁמֹנָה מִכָּאן וְאֵילָךְ פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ. וב"ה אוֹמְרִים יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק אֶחָד מִכָּאן וְאֵילָךְ מוֹסִיף וְהוֹלֵךְ. טַעְמַיְיהוּ דְּבֵית שַׁמַּאי כְּנֶגֶד יָמִים הַנִּכְנָסִים אִי נָמֵי כְּנֶגֶד פְּרִי הֶחָג. וְטַעְמַיְיהוּ דְּבֵית הִלֵּל כְּנֶגֶד יָמִים הַיּוֹצְאִים אִי נָמֵי כְּנֶגֶד מַעֲלִין בַּקֹּודֶשׁ וְלֹא מוֹרִידִין: ת"ר נֵר חֲנֻוכָּה מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ מִבַּחוּץ. וְאִם הָיָה דָּר בַּעֲלִייָּה מַנִּיחָהּ בַּחַלּוֹן הַסָּמוּךְ לִרְשׁוּת הָרַבִּים. וּבִשְׁעַת הַסַּכָּנָה מַנִּיחָהּ עַל שֻׁולְחָנוֹ וְדַיּוֹ. אָמַר רָבָא וְצָרִיךְ נֵר אַחֶרֶת לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ. וְאִי אִיכָּא מְדוּרָה לֹא צָרִיךְ. וְאִי אָדָם חָשׁוּב הוּא אע"ג דְּאִיכָּא מְדוּרָה צָרִיךְ. מַאי חֲנֻוכָּה. דת"ר בְּכ"ה בְּכִסְלֵיו יוֹמֵי דַּחֲנֻוכָּה תְּמָנְיָא אִינּוּן דְּלָא לְמִיסְפַּד בְּהוֹן וּדְלָא לְהִתְעַנּוֹת בְּהוֹן שֶׁכְּשֶׁנִּכְנְסוּ יְוָונִים לַהֵיכָל טִימְּאוּ כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל וּכְשֶׁגָּבְרוּ מַלְכוּת בֵּית חַשְׁמוֹנַאי וְנִצְּחוּם בָּדְקוּ וְלֹא מָצְאוּ אֶלָּא פַּךְ אֶחָד שֶׁל שֶׁמֶן שֶׁהָיָה מֻונָּח בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל וְלֹא הָיָה בּוֹ לְהַדְלִיק אֶלָּא יוֹם אֶחָד וְנַעֲשָׂה בּוֹ נֵס וְהִדְלִיקוּ בּוֹ שְׁמֹנָה יָמִים לְשָׁנָה אַחֶרֶת קְבָעוּם וַעֲשָׂאוּם יָמִים טוֹבִים בְּהַלֵּל וְהוֹדָאָה. תְּנַן הָתָם גֵּץ הַיּוֹצֵא מִתַּחַת הַפַּטִּישׁ וְיָצָא וְהִזִּיק חַיָּיב. גָּמָל טָעוּן פִּשְׁתָּן וְעוֹבֵר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְנִכְנְסָה פִּשְׁתָּנוֹ לְתוֹךְ הַחֲנוּת וְדָלְקָה בְּנֵרוֹ שֶׁל חֶנְוָונִי וְהִדְלִיק אֶת הַבִּירָה בַּעַל גָּמָל חַיָּיב. הִנִּיחַ חֶנְווָנִי נֵרוֹ מִבַּחוּץ הַחֶנְוָונִי חַייָּב. ר' יְהוּדָה אוֹמֵר בְּנֵר חֲנֻוכָּה פָּטוּר מִפְּנֵי שֶׁהִנִּיחָהּ בִּרְשׁוּת:
Les Sages ont enseigné : la mitsva de la lampe de 'Hanouka, une lampe par homme et sa maison ; les mehadrin, une lampe pour chacun ; les mehadrin min ha-mehadrin : Beit Chammai disent : le premier jour on allume huit, et ensuite on diminue progressivement ; Beit Hillel disent : le premier jour on allume une, et ensuite on ajoute progressivement. La raison de Beit Chammai : selon les jours à venir, ou bien selon les taureaux de la fête. La raison de Beit Hillel : selon les jours écoulés, ou bien selon (le principe) on monte en sainteté et on ne descend pas. Les Sages ont enseigné : la lampe de 'Hanouka, c'est une mitsva de la placer à l'entrée de sa maison, à l'extérieur ; s'il habite à l'étage, il la place à la fenêtre voisine du domaine public ; et en temps de danger, il la place sur sa table, et cela suffit. Rava a dit : il faut une autre lampe pour se servir de sa lumière ; s'il y a un feu de bois, ce n'est pas nécessaire ; et si c'est un homme important, même s'il y a un feu de bois, il en faut une. Qu'est-ce que 'Hanouka ? Les Sages ont enseigné : le 25 Kislev, les jours de 'Hanouka sont huit, pendant lesquels on ne prononce pas d'éloge funèbre et on ne jeûne pas. Car lorsque les Grecs sont entrés dans le Heikhal, ils ont rendu impures toutes les huiles qui s'y trouvaient ; et quand la royauté hasmonéenne l'a emporté et les a vaincus, ils ont cherché et n'ont trouvé qu'une seule fiole d'huile, posée avec le sceau du Cohen Gadol, qui ne contenait de quoi allumer qu'un seul jour ; un miracle s'est produit, et ils en ont allumé huit jours. L'année suivante, ils les ont fixés et en ont fait des jours de fête, avec Hallel et action de grâces. Nous avons appris ailleurs : une étincelle qui sort de sous le marteau et cause un dommage, (le forgeron) est responsable. Un chameau chargé de lin passe dans le domaine public, son lin entre dans la boutique, prend feu à la lampe de l'épicier et incendie le bâtiment : le propriétaire du chameau est responsable. Si l'épicier a placé sa lampe dehors, l'épicier est responsable. Rabbi Yehouda dit : pour une lampe de 'Hanouka, il est exempt, parce qu'il l'a placée avec permission.
💡 Explication

Il est interdit d'utiliser la lumière de 'Hanouka (voir segment 0). Rava exige donc une lampe supplémentaire pour l'usage, afin qu'on reconnaisse la lampe de mitsva. Un feu de bois suffit à cet effet, sauf pour un adam hachouv, homme important qui ne s'éclaire pas à un feu de bois : on penserait qu'il utilise la lampe de 'Hanouka.

Le Roch reprend ici l'ensemble des baraitot de la sougya ; c'est l'origine du chamach que l'on place près des lumières.

10
מַאי חֲנֻוכָּה? דְּתָנוּ רַבָּנָן: בְּכ״ה בְּכִסְלֵיו יוֹמֵי דַּחֲנֻוכָּה תְּמָנְיָא אִינּוּן דְּלָא לְמִסְפַּד בְּהוֹן וּדְלָא לְהִתְעַנּוֹת בְּהוֹן. שֶׁכְּשֶׁנִּכְנְסוּ יְווָנִים לַהֵיכָל טִמְּאוּ כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל. וּכְשֶׁגָּבְרָה מַלְכוּת בֵּית חַשְׁמוֹנַאי וְנִצְּחוּם, בָּדְקוּ וְלֹא מָצְאוּ אֶלָּא פַּךְ אֶחָד שֶׁל שֶׁמֶן שֶׁהָיָה מֻונָּח בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל, וְלֹא הָיָה בּוֹ אֶלָּא לְהַדְלִיק יוֹם אֶחָד. נַעֲשָׂה בּוֹ נֵס וְהִדְלִיקוּ מִמֶּנּוּ שְׁמוֹנָה יָמִים. לְשָׁנָה אַחֶרֶת קְבָעוּם וַעֲשָׂאוּם יָמִים טוֹבִים בְּהַלֵּל וְהוֹדָאָה.

Qu'est-ce que 'Hanouka ? Les Sages ont enseigné : le 25 Kislev, les jours de 'Hanouka sont huit, pendant lesquels on ne prononce pas d'éloge funèbre et on ne jeûne pas.

Car lorsque les Grecs sont entrés dans le Heikhal (le sanctuaire), ils ont rendu impures toutes les huiles qui s'y trouvaient. Et quand la royauté de la maison des Hasmonéens l'a emporté et les a vaincus, ils ont cherché et n'ont trouvé qu'une seule fiole d'huile, posée avec le sceau du Cohen Gadol, et elle ne contenait de quoi allumer qu'un seul jour.

Un miracle s'est produit par elle, et ils en ont allumé huit jours. L'année suivante, ils les ont fixés et en ont fait des jours de fête, avec Hallel et action de grâces.

📜 Rachi (3)
מַאי חֲנֻוכָּה עַל אֵיזֶה נֵס קְבָעוּהָ:
Pour quel miracle l'a-t-on instituée ?
בְּחוֹתָמוֹ בְּהֶצְנֵעַ וְחָתוּם בְּטַבַּעְתּוֹ וְהִכִּיר שֶׁלֹּא נָגְעוּ בּוֹ:
Cachée et scellée de son anneau, et il reconnut qu'on n'y avait pas touché.
ה"ג וַעֲשָׂאוּם יָמִים טוֹבִים בְּהַלֵּל וְהוֹדָאָה לֹא שֶׁאֲסוּרִין בִּמְלָאכָה שֶׁלֹּא נִקְבְּעוּ אֶלָּא לִקְרוֹת הַלֵּל וְלוֹמַר עַל הַנִּסִּים בְּהוֹדָאָה:
Telle est la version : et en ont fait des jours de fête avec Hallel et action de grâces. Non qu'ils soient interdits au travail, car ils n'ont été institués que pour lire le Hallel et dire Al ha-nissim dans la bénédiction de l'action de grâces.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁהָיָה מֻונָּח בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כ"ג אִם כְּבָר גָּזְרוּ עַל הַנָּכְרִים לִהְיוֹת כְּזָבִים (נִדָּה פ"ד דַּף לד.) צ"ל שֶׁהָיָה מֻונָּח בְּחוֹתָם בַּקַּרְקַע שֶׁלֹּא הֵסִיטוּ הַכְּלִי:
Si l'on avait déjà décrété que les non-Juifs sont comme des zavim (Nidda 34a), il faut dire que (la fiole) était posée, scellée, dans le sol, de sorte qu'ils n'avaient pas déplacé le récipient.
🪔 Ben Yehoyada (2)
לְשָׁנָה אַחֶרֶת קְבָעוּם וַעֲשָׂאוּם יָמִים טוֹבִים בְּהַלֵּל וְהוֹדָאָה. מַקְשִׁים, לָמָּה לֹא קְבָעוּם מִשָּׁנָה הָרִאשׁוֹנָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד בְּשָׁנָה רִאשׁוֹנָה עָשׂוּ ח' יָמִים טוֹבִים בְּהֶכְרֵחַ מִפְּנֵי הַנִּסִּים שֶׁנַּעֲשׂוּ בָּהֶם בְּשֶׁמֶן, וְכָל יוֹם שֶׁנַּעֲשָׂה בּוֹ הַנֵּס בְּשֶׁמֶן מֻוכְרָחִים לַעֲשׂוֹתוֹ יוֹם טוֹב, אַךְ לְשָׁנָה אַחֶרֶת רָאוּ חַכְמֵי הַדּוֹר שֶׁאוֹתָהּ הַהֶאָרָה שֶׁהָיְתָה בַּשָּׁמַיִם לְמַעְלָה בַּשָּׁנָה שֶׁעָבְרָה שֶׁהָיָה בָּהּ הַנֵּס חָזְרָה וְנִתְגַּלֵּית בְּשָׁנָה זוֹ וְהֵבִינוּ שֶׁבַּשָּׁמַיִם קָבְעוּ יָמִים אֵלֶּה לְאוֹתָהּ הַהֶאָרָה בְּכָל שָׁנָה וּלְכָךְ גַּם הֵם עֲשָׂאוּם יָמִים טוֹבִים לְמַטָּה. וּלְפִי זֶה מ"ש 'קְבָעוּם' לָא קָאֵי עַל בֵּית דִּין שֶׁלְּמַטָּה אֶלָּא קָאֵי עַל הַשָּׁמַיִם מִמַּעַל, שֶׁהוּא כְּמוֹ עִנְיַן הַפּוּרִים דִּכְתִיב בָּהֶם (אֶסְתֵּר ט, כח) וְהַיָּמִים הָאֵלֶּה נִזְכָּרִים וְנַעֲשִׂים, וְדָרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל נִזְכָּרִים לְמַעְלָה וְנַעֲשִׂים לְמַטָּה, וְכֵן כָּאן קְבָעוּם לְמַעְלָה בְּגִילּוּי הַהֶאָרָה וַעֲשָׂאוּם לְמַטָּה יָמִים טוֹבִים בְּהַלֵּל וְהוֹדָאָה. וּבָזֶה יֵשׁ לְהָבִין נָמֵי כַּוָּנַת הַשּׁוֹאֵל מַאי חֲנֻכָּה? דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'חִנּוּךְ' עַל שֵׁם הַחִנּוּךְ שֶׁל בֵּית הַמִּקְדָּשׁ שֶׁנִּתְחַנֵּךְ בַּעֲבוֹדָה וּבְהַדְלָקַת הַמְּנוֹרָה, וּמְשַׁנֵּי דְּתָנוּ רַבָּנָן וְכוּ' לְשָׁנָה אַחֶרֶת קְבָעוּם לְמַעְלָה וַעֲשָׂאוּם לְמַטָּה, וְלָכֵן הֵטִילוּ בָּהּ הֵ"א בְּסוֹפָהּ כִּי זֶה כְּלָל יָדוּעַ כָּל הֵ"א שֶׁבְּסוֹף תֵּיבָה מוֹרֶה עַל הָרִבּוּי, וְכֵן כָּאן שֶׁנִּתְרַבֵּית הַהֶאָרָה שֶׁלָּהּ שֶׁהִיא מִתַּגְלִית בְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה, גַּם חִנּוּךְ לְשׁוֹן זָכָר שֶׁאֵינוֹ מִתְעַבֵּר וַחֲנֻוכָּה לְשׁוֹן נְקֵבָה שֶׁמִּתְעַבֶּרֶת וְיוֹלֶדֶת, כֵּן זוֹ מִתְעַבֶּרֶת וְיוֹלֶדֶת כִּי הַהֶאָרָה שֶׁלָּהּ נוֹלֶדֶת כָּל שָׁנָה.
L'année suivante, ils les ont fixés et en ont fait des jours de fête avec Hallel et action de grâces. On demande : pourquoi ne les ont-ils pas fixés dès la première année ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la première année ils ont fait huit jours de fête par nécessité, à cause des miracles accomplis avec l'huile : chaque jour où se produisait le miracle de l'huile, on était obligé d'en faire un jour de fête. Mais l'année suivante, les Sages de la génération ont vu que l'illumination (haara) qui avait été dans les Cieux en haut l'année précédente, celle du miracle, s'était de nouveau révélée cette année-là ; ils ont compris que dans les Cieux on avait fixé ces jours pour cette illumination chaque année, et c'est pourquoi eux aussi en ont fait des jours de fête en bas. Selon cela, le mot ils les ont fixés ne se rapporte pas au tribunal d'en bas, mais aux Cieux d'en haut. C'est comme pour Pourim, où il est écrit (Esther 9, 28) : ces jours sont rappelés et accomplis, et nos Maîtres ont expliqué : rappelés en haut et accomplis en bas. De même ici : fixés en haut par la révélation de l'illumination, et faits en bas jours de fête avec Hallel et action de grâces. Par là on comprend aussi l'intention de celui qui demande qu'est-ce que 'Hanouka : il aurait fallu dire Hanoukh, d'après l'inauguration (hinoukh) du Temple, inauguré par le service et l'allumage de la Menora. La réponse est : les Sages ont enseigné, etc., l'année suivante ils les ont fixés en haut et faits en bas. C'est pourquoi on a mis un hé à la fin, car il est connu que tout hé à la fin d'un mot indique la multiplication ; de même ici son illumination s'est multipliée, puisqu'elle se révèle chaque année. De plus, Hanoukh est une forme masculine, qui ne conçoit pas, et 'Hanouka une forme féminine, qui conçoit et enfante : de même celle-ci conçoit et enfante, car son illumination naît chaque année.
מַאי חֲנֻכָּה. נִרְאֶה לִי בס"ד הָכִי קָאָמַר דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'נְחֻוכֶּה' שֶׁהוּא ר"ל 'נָחוּ בכ"ה' דְּנָחוּ אָז מִן הַמִּלְחָמָה, כְּדִכְתִיב בִּמְגִילַּת אֶסְתֵּר וְנָח בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר, וְכֵן אָמַר כַּיָּמִים אֲשֶׁר נָחוּ בָהֶם, וּמְשַׁנֵּי דְּתָנוּ רַבָּנָן: בְּעֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה בְּכִסְלֵו, יוֹמֵי דַּחֲנֻכָּה וְכוּ' כְּלוֹמַר לֹא קְבָעוּם אֶלָּא לְהוֹדָאָה וְלֹא לְיוֹם טוֹב גָּמוּר, וְאִם נִקְרֵאת 'נְחֻוכֶּה' שֶׁהוּא רְצוֹנוֹ לוֹמַר 'נָחוּ בכ"ה' הִנֵּה לְשׁוֹן נָחוּ יוֹרֶה עַל שְׁבִיתָה מִמְּלָאכָה, דַּהֲוָה מַשְׁמַע שֶׁהֵם כִּשְׁאָר יָמִים טוֹבִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם שְׁבִיתָה מִמְּלָאכָה לְכָךְ הָפְכוּ אוֹתִיּוֹת נָחוּ לְאוֹתִיּוֹת חָנוּ וְקָרְאוּ אוֹתוֹ חֲנֻוכָּה. אִי נָמֵי נִרְאֶה לִי הָכִי מְתָרֵץ לָהּ דְּתַנְיָא וְכוּ' שֶׁקָּבְעוּ לָזֶה ח' יָמִים מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּשְׁאָר נִסִּים קוֹבְעִין יוֹם א', וְלָכֵן נִקְרֵאת 'חֲנֻוכָּה' וְלֹא 'נְחֻוכֶּה' כְּדֵי לְהַקְדִּים אוֹת ח' בִּשְׁמָהּ הַמּוֹרֶה עַל חִידּוּשׁ שֶׁלָּהּ שֶׁעָשׂוּ זֵכֶר ח' יָמִים.
Qu'est-ce que 'Hanouka. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que voici le sens : il aurait fallu dire Nehouka, c'est-à-dire nahou be-khaf-hé (ils se sont reposés le 25), car ils se sont alors reposés de la guerre, comme il est écrit dans la Meguila d'Esther : et ils se reposèrent le quatorze, et aussi : comme les jours où ils se reposèrent. La réponse est : les Sages ont enseigné : le 25 Kislev, les jours de 'Hanouka, etc. ; c'est-à-dire qu'on ne les a fixés que pour l'action de grâces, pas comme un jour de fête complet. Si on l'avait appelée Nehouka, qui signifie ils se sont reposés le 25, le mot nahou indiquerait la cessation du travail, ce qui laisserait entendre qu'ils sont comme les autres jours de fête où l'on cesse le travail. C'est pourquoi on a inversé les lettres nahou en hanou et on l'a appelée 'Hanouka. Ou bien il me semble que la réponse est ainsi : il est enseigné, etc., qu'on a fixé pour cela huit jours, contrairement aux autres miracles pour lesquels on fixe un seul jour ; c'est pourquoi on l'appelle 'Hanouka et non Nehouka, pour placer en tête de son nom la lettre het (valeur huit), qui indique sa nouveauté : on a fait un souvenir de huit jours.
💡 Explication

La guemara demande pour quel miracle la fête a été instituée (Rachi). La réponse cite Meguilat Taanit : le miracle de la fiole d'huile scellée par le Cohen Gadol, qui a brûlé huit jours au lieu d'un.

Rachi précise que ces jours sont des jours de Hallel et d'action de grâces (Al ha-nissim), sans interdiction de travail. Tossefot explique comment la fiole a pu rester pure malgré la présence des Grecs : posée au sol, elle n'avait pas été déplacée.

11
תְּנַן הָתָם: גֵּץ הַיּוֹצֵא מִתַּחַת הַפַּטִּישׁ וְיָצָא וְהִזִּיק — חַייָּב. גָּמָל שֶׁטָּעוּן פִּשְׁתָּן וְהוּא עוֹבֵר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְנִכְנְסָה פִּשְׁתָּנוֹ לְתוֹךְ הַחֲנוּת וְדָלְקָה בְּנֵרוֹ שֶׁל חֶנְוָנִי וְהִדְלִיק אֶת הַבִּירָה — בַּעַל הַגָּמָל חַיָּיב. הִנִּיחַ חֶנְוָנִי אֶת נֵרוֹ מִבְּחוּץ — חֶנְוָנִי חַיָּיב.

Nous avons appris ailleurs (michna, Bava Kamma 62b) : une étincelle qui sort de sous le marteau, sort et cause un dommage : (le forgeron) est responsable. Un chameau chargé de lin passe dans le domaine public, son lin entre dans la boutique, prend feu à la lampe de l'épicier et incendie le bâtiment : le propriétaire du chameau est responsable.

Si l'épicier a placé sa lampe dehors, l'épicier est responsable.

📜 Rachi (3)
גֵּץ נִיצוֹץ אישטינציל"ש:
Une étincelle (en vieux français : estencele).
פַּטִּישׁ קוּרְנָס גָּדוֹל שֶׁל נַפָּחִים:
Le grand marteau des forgerons.
בַּעַל גָּמָל חַיָּיב שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ לְהַגְדִּיל בַּחֲבִילָתוֹ שֶׁתִּכָּנֵס לַחֲנוּת:
Car il n'aurait pas dû faire un chargement si large qu'il entre dans la boutique.
💡 Explication

Michna de nezikin (dommages). Le responsable est celui qui sort de son espace légitime : le chamelier dont le chargement déborde dans la boutique, ou l'épicier qui met sa lampe dans la rue. Le segment suivant applique cela à la lampe de 'Hanouka.

🖼️ Schéma
Le chameau chargé de lin et la lampe de l'épicier : qui paie ? Lampe dans la boutique le lin entre et prend feu le chamelier paie Lampe ordinaire dehors hors de son domaine l'épicier paie Lampe de 'Hanouka dehors placée avec permission R. Yehouda : épicier exempt Ravina : sinon on lui dirait de la mettre au-dessus du chameau et de son cavalier donc la mitsva est à moins de dix tefahim. Objection : on ne veut pas trop lui compliquer la tâche, de peur qu'il renonce à la mitsva.
Responsabilité selon l'emplacement de la lampe.
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רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּנֵר חֲנֻוכָּה — פָּטוּר. אָמַר רָבִינָא מִשּׁוּם דְּרַבָּה: זֹאת אוֹמֶרֶת נֵר חֲנֻוכָּה מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, לֵימָא לֵיהּ: הָיָה לָךְ לְהַנִּיחַ לְמַעְלָה מִגָּמָל וְרוֹכְבוֹ! וְדִילְמָא, אִי מַיטְּרְחָא לֵיהּ טוּבָא אָתֵי לְאִימְּנוֹעֵי מִמִּצְוָה.

Rabbi Yehouda dit : pour une lampe de 'Hanouka, il est exempt. Ravina a dit au nom de Rabba : cela montre que la lampe de 'Hanouka, c'est une mitsva de la placer à moins de dix (tefahim).

Car si tu pensais (qu'on peut la placer) au-dessus de dix, qu'il lui dise : tu aurais dû la placer au-dessus du chameau et de son cavalier ! Mais peut-être que, si cela lui demande trop d'effort, il en viendra à s'abstenir de la mitsva.

📜 Rachi (2)
בְּנֵר חֲנֻוכָּה פָּטוּר חֶנְוָנִי שֶׁבִּרְשׁוּת פִּירְסוּם מִצְוָה הִנִּיחָהּ שָׁם:
L'épicier, car il l'a placée là avec la permission (donnée pour) la publication de la mitsva.
זֹאת אוֹמֶרֶת הָא דְּקָתָנֵי בְּנֵר חֲנֻוכָּה פָּטוּר:
Ce qui est enseigné : pour une lampe de 'Hanouka, il est exempt.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אַסִּי אָסוּר לְהַרְצוֹת מָעוֹת כְּנֶגֶד נֵר שֶׁל חֲנֻוכָּה. ואע"ג דְּאִיפְּסִיק לְעֵיל דְּכָל תַּשְׁמִישׁ אָסוּר לְאוֹרָהּ. צְרִיכִינַן לְהַהִיא דְּהַרְצָאַת מָעוֹת דְּהָא דְּאָמְרִינַן לְעֵיל דְּאָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ הַייְנוּ דַּוְקָא תַּשְׁמִישׁ קָבוּעַ דְּהָרוֹאֶה אוֹמֵר לְשֵׁם תַּשְׁמִישׁ זֶה הִדְלִיקָהּ וְלֹא לְשֵׁם מִצְוָה אֲבָל תַּשְׁמִישׁ עֲרַאי לָזֶה לֹא הִדְלִיקָהּ וְאַשְׁמְעִינַן רַב אַסִּי דְּאַף תַּשְׁמִישׁ עֲרַאי שֶׁל גְּנַאי כְּגוֹן הַרְצָאַת מָעוֹת אָסוּר לְפִי שֶׁיָּדָיו סְמוּכוֹת לַנֵּר לְעַיֵּין בָּהֶן יָפֶה. וְכֵן מַשְׁמַע לִישָּׁנָא דְּקָאָמַר כְּנֶגֶד נֵר חֲנֻוכָּה. וְלָא קָאָמַר אָסוּר לְהַרְצוֹת מָעוֹת לְאוֹרָהּ:
Rav Yehouda a dit au nom de Rav Assi : il est interdit de compter de l'argent face à la lampe de 'Hanouka. Bien qu'on ait tranché plus haut que tout usage de sa lumière est interdit, on a besoin de cet enseignement sur le comptage de l'argent. Car ce qu'on a dit plus haut, qu'il est interdit de se servir de sa lumière, concerne seulement un usage fixe : celui qui voit dirait qu'on l'a allumée pour cet usage et non pour la mitsva. Mais pour un usage occasionnel, on ne l'a pas allumée pour cela. Rav Assi nous apprend donc que même un usage occasionnel méprisant, comme compter de l'argent, est interdit, parce que ses mains sont proches de la lampe pour bien examiner (les pièces). C'est aussi ce qu'indique la formulation : face à la lampe de 'Hanouka, et non : il est interdit de compter de l'argent à sa lumière.
💡 Explication

Ravina déduit de l'exemption de Rabbi Yehouda que la lampe doit être à moins de dix tefahim : si elle pouvait être plus haut, on reprocherait à l'épicier de ne pas l'avoir mise hors de portée du chameau. La guemara repousse la preuve : Rabbi Yehouda peut exempter l'épicier pour ne pas alourdir la mitsva, de peur qu'on y renonce.

Le Roch tranche malgré tout selon Ravina, car une lumière placée si bas ne sert visiblement pas à éclairer, ce qui publie mieux le miracle. Sa seconde glose ici distingue usage fixe et usage occasionnel (tachmich arai) : compter de l'argent devant la lampe est interdit, bien qu'occasionnel, car c'est un usage méprisant.

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אָמַר רַב כָּהֲנָא, דָּרֵשׁ רַב נָתָן בַּר מִנְיוֹמֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי תַּנְחוּם:

Rav Kahana a dit : Rav Natan bar Manyoumi a enseigné au nom de Rabbi Tanhoum :

💡 Explication

Introduction à l'enseignement qui se poursuit en 22a : une lampe de 'Hanouka placée au-dessus de vingt coudées est invalide, comme la soucca et le mavoi.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).