Shabbat 32a — Le moment du jugement : l'accouchement, le pont, la maladie et les avocats de l'homme

Shabbat 32a

Sougya : Le daf poursuit l'aggada sur la Michna de 31b : pour trois fautes (nida, 'hala, allumage de la lampe) les femmes meurent au moment de l'accouchement. Après le lien entre 'reshit' (la 'hala), 'ner' (l'âme et la lampe) et la punition, la Guemara demande pourquoi le jugement tombe justement à l'heure de la naissance ; Rava, Abaye, Rav 'Hisda, Mar Oukva et Rav Papa répondent par des proverbes : le moment du danger est le moment où l'on examine les fautes.

Pour les hommes, ce moment est le passage d'un pont ou tout lieu dangereux ; d'où les conduites de Rav, Chemouel, Rabbi Yanai et Rabbi Zeira. Un malade doit 'apporter un mérite pour être acquitté' ; ses avocats sont la techouva et les bonnes actions, et un seul défenseur sur mille suffit.

Le daf se termine par les variantes 'yolédot / yéladot', les fautes des amei ha-arets et l'importance des lois de hekdech, terouma et maasser.

Quand le dossier de l'homme est-il ouvert ?Principe : à l'heure du danger, on examineles fautes et les mérites (Rachi : 'mazal' affaibli)Femmesà l'heure de l'accouchementfautes examinées : nida,'hala, lampe de Chabbat(5 proverbes)Hommesen traversant un pont= tout lieu 'comme un pont'(mur penché, route...)(Reich Lakich)Tout malade'Apporte un mériteet sois acquitté'-> prier pour ne pas tomber malade(Rav Yits'hak b. Rav Yehouda)Défense : les 'avocats' (peraklitin)= techouva et bonnes actions ; 1 sur 1000 suffit
Le fil du daf : le jugement s'exerce à l'heure du danger ; la défense passe par la techouva et les bonnes actions.
'Un avocat parmi mille' (Iyov 33, 23) : deux lecturesTanna qamma (baraita)1000 anges distincts999 anges accusent1 ange défend-> il est sauvé'mille' porte sur les angesRabbi Eliezer b. R. Yossi HaGliliDans un même ange défenseur999 parts de sa plaidoiriesont à charge1 part à décharge-> il est sauvé'mille' porte aussi sur la plaidoirie (Rachi)
Iyov 33, 23 : un seul défenseur sur mille, ou une seule part sur mille dans la plaidoirie d'un même ange.
Trois fautes : nida, 'hala, allumage de la lampeRabbanan : 'yolédot'meurent EN ACCOUCHANTR. Yossi : 'bidkei mita'fautes examinées à l'heuredu dangerRabbi Elazar : 'yeladot'meurent JEUNES (même hors couches)Variante : 'divkei mita'fautes qui rapprochent la mortavant son tempsAutres fautes citéesRabbi A'ha (femmes) :laver les excréments des enfantssur les vêtements le ChabbatYech omrim / R. Yichmael b. Elazar :appeler l'arche sainte 'arna'et la synagogue 'beit am'
Les versions 'yoledot' et 'yeladot' et les deux formules de Rabbi Yossi qui leur correspondent.
1
״רֵאשִׁית״ קָרָאתִי אֶתְכֶם — עַל עִסְקֵי רֵאשִׁית הִזְהַרְתִּי אֶתְכֶם. נְשָׁמָה שֶׁנָּתַתִּי בָּכֶם קְרוּיָה ״נֵר״ — עַל עִסְקֵי נֵר הִזְהַרְתִּי אֶתְכֶם. אִם אַתֶּם מְקַייְּמִים אוֹתָם — מוּטָב, וְאִם לָאו — הֲרֵינִי נוֹטֵל נִשְׁמַתְכֶם.

(Le Saint, béni soit-Il, dit :) Je vous ai appelés 'reshit' (prémices) ; Je vous ai mis en garde au sujet de 'reshit' (la 'hala). L'âme que J'ai placée en vous est appelée 'ner' (lampe) ; Je vous ai mis en garde au sujet du 'ner' (la lampe de Chabbat).

Si vous les accomplissez, c'est bien ; sinon, voici que Je prends votre âme.

📜 Rachi (3)
רֵאשִׁית קָרָאתִי אֶתְכֶם רֵאשִׁית תְּבוּאָתָהּ (יִרְמְיָהוּ ב):
Je vous ai appelés 'reshit' : (comme il est écrit) 'prémices de Sa récolte' (Yirmeyahou 2).
עִסְקֵי רֵאשִׁית רֵאשִׁית עֲרִיסוֹתֵיכֶם (בַּמִּדְבָּר טו):
Au sujet de 'reshit' : 'les prémices de vos pâtisseries' (Bamidbar 15).
הֲרֵינִי נוֹטֵל נִשְׁמַתְכֶם וְתֵאָבֵד רְבִיעִית דִּמְכֶם וִיכַבֶּה נֵרְכֶם וִיבַטֵּל שֵׁם רֵאשִׁיתְכֶם וְנָשִׁים נִצְטַוּוּ עַל כָּךְ כִּדְאָמְרִינַן בִּבְרֵאשִׁית רַבָּה הִיא אִיבְּדָה חַלָּתוֹ שֶׁל עוֹלָם שֶׁעַל יָדָהּ נִטְרַד אדה"ר שֶׁנִּתְרַם כְּחַלָּה וְכִבְּתָה נֵרוֹ שֶׁל עוֹלָם וְשָׁפְכָה דָּמוֹ וְעוֹד שֶׁצָּרְכֵי הַבַּיִת תְּלוּיָן בָּהּ:
Voici que Je prends votre âme : et votre quart (de log) de sang se perdra, votre lampe s'éteindra et le nom de 'reshit' (qui est le vôtre) sera annulé. Et les femmes ont reçu l'ordre de ces (mitsvot), comme nous le disons dans Berechit Rabba : elle a fait perdre la 'hala du monde, car c'est par elle qu'Adam le premier homme a été chassé, lui qui avait été prélevé comme la 'hala ; elle a éteint la lampe du monde et elle a versé son sang. De plus, les besoins de la maison dépendent d'elle.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רֵאשִׁית קָרָאתִי אֶתְכֶם, עַל עִסְקֵי רֵאשִׁית הִזְהַרְתִּי אֶתְכֶם. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דְּתָלֵי הָא בְּהָא, כִּי יִשְׂרָאֵל נִקְרְאוּ רֵאשִׁית עַל שֵׁם הַתּוֹרָה, דִּכְתִיב בָּהּ (מִשְׁלֵי ח, כב) ה' קָנָנִי רֵאשִׁית דַּרְכּוֹ, וְלָכֵן גַּם אֶת יִשְׂרָאֵל קְרָאָם רֵאשִׁית, דִּכְתִיב (יִרְמְיָהוּ ב' ג') רֵאשִׁית תְּבוּאָתָהּ, וְיָדוּעַ שֶׁהַתּוֹרָה נִקְנֵית במ"ח [48] מַעֲלוֹת כַּנִּזְכָּר בַּבָּרַיְיתָא דְּאָבוֹת, לָכֵן בְּיִשְׂרָאֵל כְּתִיב (יְשַׁעְיָהוּ נד, יב) וְשַׂמְתִּי 'כַּדְכֹד' [48] שֶׁמִּשְׁתַּיֵּךְ, וּלְכָךְ הַזְּהִירִים בְּחַלָּה שֶׁנִּקְרֵאת רֵאשִׁית שֶׁשִּׁיעוּר חַלָּה אֶחָד מִן מ"ח [48] , וְאָמַר עוֹד נְשָׁמָה שֶׁנָּתַתִּי בָּכֶם וְכוּ', זוֹ הַ 'נֶפֶשׁ' וְהִיא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת נ ר פ תִּילָּהּ ש מִן, וְלָכֵן כֵּיוָן שֶׁזָּכוּ לְנֶפֶשׁ דִּקְדֻושָּׁה, זָכוּ לִקְדֻושַּׁת הַנֵּר שֶׁרְמוּזָה בְּ 'נֶפֶשׁ' שֶׁהִיא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת נ ר פ תִּילָּהּ ש מִן:
'Je vous ai appelés reshit ; Je vous ai mis en garde au sujet de reshit.' Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison pour laquelle l'un dépend de l'autre est la suivante : Israël est appelé 'reshit' en raison de la Torah, à propos de laquelle il est écrit (Michle 8, 22) : 'Hachem m'a acquise, reshit (début) de Sa voie' ; c'est pourquoi Il a aussi appelé Israël 'reshit', comme il est écrit (Yirmeyahou 2, 3) : 'prémices de Sa récolte'. On sait que la Torah s'acquiert par quarante-huit qualités, comme il est dit dans la baraita des Avot ; c'est pourquoi il est écrit à propos d'Israël (Yecha'ya 54, 12) : 'Je ferai tes créneaux de kadkod', mot dont la valeur numérique est 48. C'est pour cela qu'Il les a mis en garde au sujet de la 'hala, appelée 'reshit', dont la mesure est un quarante-huitième. Il dit encore : 'L'âme que J'ai placée en vous, etc.' : il s'agit de la 'nefech', dont les lettres sont les initiales de Ner (lampe), Petila (mèche), Chemen (huile). C'est pourquoi, ayant mérité une nefech de sainte, ils ont mérité la sainteté de la lampe, qui est évoquée dans le mot 'nefech', initiales de ner, petila, chemen.
💡 Explication

Ce passage termine un enseignement commencé en 31b : la femme est punie pour la 'hala, la nida et la lampe parce que ces mitsvot correspondent à ce qui a été abîmé lors de la faute d'Adam. Ici le lien est posé par les mots : Israël est appelé reshit et la 'hala est 'reshit arisoteikhem' ; l'âme est appelée ner et la mitsva est le ner de Chabbat.

La sanction suit la même logique : celui qui néglige la mitsva de l'âme (ner) perd son âme. Rachi y voit une punition mesure pour mesure.

🖼️ Schéma
Mesure pour mesure (Rachi)Israël = 'reshit' (Yirmeyahou 2, 3)-> mitsva de 'reshit' :la 'hala (Bamidbar 15, 20)sinon : le nom 'reshit' est annuléL'âme = 'ner' (Michle 20, 27)-> mitsva du 'ner' :la lampe de Chabbatsinon : 'Je prends votre âme'
Deux noms donnés à Israël, deux mitsvot qui leur répondent.
2
וּמַאי שְׁנָא בִּשְׁעַת לֵידָתָן? אָמַר רָבָא: נָפַל תּוֹרָא — חַדֵּד לְסַכִּינָא. אַבַּיֵּי אָמַר: תְּפִישׁ תֵּירוּס אַמְּתָא, בְּחַד מַחְטְרָא לֶיהֱוֵי. רַב חִסְדָּא אָמַר: שַׁבְקֵיהּ לְרַוְיָא, דְּמִנַּפְשֵׁיהּ נָפֵיל. מַר עוּקְבָא אָמַר: רָעֲיָא חֲגִרָא וְעִיזֵּי רָהֲטָן, אַבָּב חוּטְרָא מִילֵּי, וַאֲבִי דָּרֵי חֻושְׁבָּנָא. רַב פָּפָּא אָמַר: אַבָּב חַנְוָאתָא נְפִישִׁי אַחֵי וּמְרַחֲמֵי, אַבָּב בִּזְיוֹנֵי — לָא אַחֵי וְלָא מְרַחֲמֵי.

Et en quoi (le moment) de leur accouchement est-il différent ? Rava a dit : Le bœuf est tombé, aiguise le couteau.

Abaye a dit : Que les fautes de la servante se multiplient, elles seront (punies) par un seul coup de bâton. Rav 'Hisda a dit : Laisse l'ivrogne, il tombera de lui-même.

Mar Oukva a dit : Le berger est boiteux et les chèvres courent ; à la porte de l'enclos, les paroles ; et dans la bergerie, le compte. Rav Papa a dit : À la porte des boutiques, frères et amis abondent ; à la porte de la ruine, ni frères ni amis.

📜 Rachi (11)
נָפַל תּוֹרָא לָאָרֶץ שֶׁהוּא עוֹמֵד לִשְׁחִיטָה הַכֹּל אוֹמְרִים חַדְּדוּ לְסַכִּינָא עַד שֶׁלֹּא יָקוּם וִיהֵא טֹורַח לְהַשְׁלִיכוֹ כָּךְ הוֹאִיל וְאִיתְּרַע מַזָּלָהּ מְזֻומֶּנֶת פֻּורְעָנוּתָהּ לָבֹא:
Le bœuf est tombé : à terre, alors qu'il est destiné à l'abattage ; tous disent : aiguisez le couteau avant qu'il ne se relève et qu'il ne faille se donner de la peine pour le jeter (à terre). De même, puisque sa bonne étoile (mazal) a été affaiblie, son châtiment est prêt à venir.
תְּפִישׁ תֵּירוּס אַמְּתָא תַּרְבֶּה פְּשָׁעִים הַשִּׁפְחָה וְכֻולָּן תִּלְקֶה בַּחֲבָטָה אַחַת:
Que les fautes de la servante se multiplient : que la servante multiplie ses fautes, elle sera frappée pour toutes d'un seul coup.
תְּפִישׂ תַּרְבֶּה:
Tafich : se multiplier.
תֵּירוּס פָּשַׁע וְהַתְרָסָה:
Tirous : faute et insolence.
מַחְטְרָא בטדו"ר בְּלַעַ"ז כְּלוֹמַר אִשָּׁה עוֹמֶדֶת לְיִסּוּרֵי לֵידָה עַל עָונְשָׁהּ שֶׁל חַוָּה וּמְצָרְפִין לָהּ עוֹנְשִׁין הַרְבֵּה לְאוֹתוֹ מַלְקוּת:
Mah'tra : 'battoir' en langue vernaculaire. C'est-à-dire : la femme se trouve devant les douleurs de l'accouchement en punition de la faute de 'Hava, et on ajoute à ce châtiment beaucoup d'autres punitions.
שַׁבְקֵיהּ לְרַוְיָא לְשִׁיכּוֹר אִינָךְ צָרִיךְ לְהַפִּילוֹ שֶׁהוּא יִפֹּול מֵאֵלָיו כָּךְ הָאִשָּׁה עוֹמֶדֶת לֵילֵד מִשֶּׁנִּתְעַבְּרָה וְהִיא צְרִיכָה לְבַקֵּשׁ להקב"ה לִפְתֹּוחַ רַחְמָהּ וְהוּא נִמְנָע וְהִיא מֵתָה מֵאֵלֶיהָ כָּל הָנֵי מְשַׁל הֶדְיוֹט נִינְהוּ:
Laisse l'ivrogne : l'ivrogne, tu n'as pas besoin de le faire tomber, car il tombera de lui-même. De même la femme est sur le point d'accoucher dès qu'elle a conçu, et elle a besoin de demander au Saint, béni soit-Il, d'ouvrir sa matrice ; s'Il s'en abstient, elle meurt d'elle-même. Tous ceux-là sont des proverbes populaires.
רָעֲיָא חַגְּרָא וְעִיזֵּי רְהִיטִין קַלִּים לָרוּץ וְאֵינוֹ יָכוֹל לְהַגִּיעָן וּלְהַלְקוֹתָן עַל סֵרָחוֹנָן:
Le berger est boiteux et les chèvres courent : (elles sont) légères à la course, et il ne peut les atteindre pour les frapper à cause de leur méfait.
אַבָּב חוּטְרָא מִילֵּי כְּשֶׁהִיא בָּאָה לִפְנֵי גִּדְרוֹת צֹאן שָׁם הוּא מְדַבֵּר עִמָּהּ לְהַלְקוֹתָהּ עַל פִּשְׁעָהּ וַאֲבִי דָּרֵי לְבֵית הַדִּיר שֶׁל צֹאן בָּאִין לְחֶשְׁבּוֹן. גִּדְרוֹת צֹאן מְתַרְגְּמִינַן חֻוטְרִין דֵּעָן (בַּמִּדְבָּר ל״ב:ט״ז) כְּלוֹמַר הָאִשָּׁה כְּשֶׁהִיא בִּבְרִיאוּת פְּעָמִים שֶׁזְּכִיּוֹתֶיהָ תּוֹלִין וְאֵין כֹּחַ בַּמְקַטְרֵג לְהַזְכִּיר עוֹנֶה אֲבָל מִשֶּׁהִגִּיעָה לְפֶתַח הַסַּכָּנָה וּצְרִיכָה לְנִסִּים שָׁם מַזְכִּירִין עוֹנוֹתֶיהָ וּמַעֲשֶׂיהָ אִם רְאוּיָה הִיא לְנֵס אִם לָאו:
À la porte de l'enclos, les paroles : quand (la chèvre) arrive devant les enclos des moutons, c'est là qu'il lui parle pour la frapper à cause de sa faute ; et dans la bergerie, dans la maison de l'enclos des moutons, elles viennent au compte. 'Enclos de moutons' (Bamidbar 32, 16) est traduit (en araméen) 'houtrin de-an'. C'est-à-dire : la femme, quand elle est en bonne santé, ses mérites parfois la maintiennent en suspens et l'accusateur n'a pas la force de rappeler sa faute ; mais quand elle arrive à la porte du danger et qu'elle a besoin de miracles, là on rappelle ses fautes et ses actes, (pour voir) si elle est digne d'un miracle ou non.
אַבָּב חַנְוָאתָא נְפִישִׁי אַחֵי וּמְרַחֲמֵי לְפֶתַח הַחֲנוּת שֶׁמְּחַלְּקִים בּוֹ מְזוֹנוֹת וְיֵשׁ שָׁם עֹושֶׁר הַרְבֵּה אַחִים וְהַרְבֵּה אוֹהֲבִים יֵשׁ הַכֹּל נַעֲשִׂים אוֹהֲבִים:
À la porte des boutiques, frères et amis abondent : à la porte de la boutique où l'on distribue les vivres et où il y a beaucoup de richesse, il y a beaucoup de frères et beaucoup d'amis ; tous deviennent amis.
מְרַחֲמֵי אוֹהֲבִים:
Mera'hmei : amis.
אַבָּב בִּזְיוֹנֵי בְּמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ הֶפְסֵד וְעֹונִי לָא אַחֵי וְלָא מְרַחֲמֵי כָּךְ בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה הוּרַע מַזָּלָהּ וַחֲשִׁיבוּתָהּ וְחָדְלוּ פְּרַקְלִיטִין שֶׁלָּהּ:
À la porte de la ruine : là où il y a perte et pauvreté, ni frères ni amis. De même, à l'heure du danger, sa bonne étoile et son importance ont décliné, et ses défenseurs (peraklitin) l'ont abandonnée.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רָעֲיָא חַגְּרָא, וְעִיזֵּי רָהֲטָן. נִרְאֶה לִי בס"ד עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל פָּסוּק (מִשְׁלֵי כט, ד) מֶלֶךְ בְּמִשְׁפָּט יַעֲמִיד אָרֶץ וְאִישׁ תְּרוּמוֹת יֶהֶרְסֶנָּה, אִם הַדַּייָּן דּוֹמֶה לַמֶּלֶךְ שֶׁאֵינוֹ נִצְרָךְ יַעֲמִיד אֶרֶץ, וְאִם דּוֹמֶה לְכֹהֵן שֶׁמְּחַזֵּר עַל הַתְּרוּמָה יַהַרְסֶנָּה! עוֹד יָדוּעַ שֶׁהַמָּמוֹן מְכוֹנָה בְּשֵׁם רֶגֶל כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ עַל פָּסוּק (דְּבָרִים יא, ו) וְאֵת כָּל הַיְקוּם אֲשֶׁר בְּרַגְלֵיהֶם, זֶה מָמוֹנוֹ שֶׁל אָדָם שֶׁמַּעֲמִידוֹ עַל רַגְלָיו. וּלְפִי זֶה אָדָם עָנִי שֶׁאֵין לוֹ מָמוֹן נִקְרָא 'חִגֵּר' כִּי הַמָּמוֹן מַעֲמִיד אֶת הָאָדָם עַל רַגְלָיו. וְזֶה שֶׁאָמַר רָעֲיָא חַגְּרָא שֶׁאֵין לוֹ מָמוֹן וְנִצְרָךְ לַבְּרִיּוֹת, וְלָכֵן עִיזֵּי רָהֲטָן פֵּירוּשׁ אֲנָשִׁים עַזִּים וּבַעֲלֵי זֵדוֹנַי שֶׁאֵין שׁוֹמְעִין לְקוֹל מוֹרִים, רָהֲטָן לְמֶעְבַּד מַה שֶׁלִּבָּם חָפֵץ וְאֵין מוֹחֶה בְּיָדָם, כִּי דַּייָּן שֶׁהוּא נִצְרָךְ לָהֶם אֵינוֹ יָכוֹל לְהוֹכִיחָם! וְאָמַר עוֹד אַבָּב חוּטְרָא , שֶׁהוּא שַׁעַר הַמִּשְׁפָּט, שֶׁשָּׁם מְקוֹם הָרְצוּעָה לְהַלְקוֹת עוֹשֵׂי רִשְׁעָה, שָׁם תִּמְצָא מִילֵּי שֶׁל הַדַּייָּן, שֶׁמְּלַמֵּד אֶת בַּעַל דִּין דְּבָרִים לְזַכּוֹת עַצְמוֹ בָּהֶם, וַאֲבִי דָּרֵי חֻושְׁבָּנָא כְּשֶׁיּוֹצֵא מִבֵּית הַמִּשְׁפָּט עוֹשֶׂה עִמּוֹ חֶשְׁבּוֹן כָּךְ וְכָךְ עָשִׂיתִי לְךָ רִיוַּח בְּטַעֲנָה זוֹ אֲשֶׁר לָמַדְתִּי אוֹתְךָ, וְכָךְ וְכָךְ רִיוַּח בְּטַעֲנָה זוֹ, אִם כֵּן תֵּן לִי חֵלֶק מִן הֲרִיוַּח שֶׁהִרְוַחְתָּ בַּעֲבוּרִי, וְזֶה הַחֶשְׁבּוֹן לֹא יוּכַל לַעֲשׂוֹתוֹ הַדַּייָּן בְּעוֹדוֹ יוֹשֵׁב בְּשַׁעַר הַמִּשְׁפָּט, וְרַק עוֹשֵׂהוּ אֲבִי דָּרֵי בִּמְקוֹם הַדִּירָה שֶׁלּוֹ דְּהַיְינוּ בְּבֵיתוֹ וְדִירָתוֹ שֶׁאֵין שָׁם אִישׁ זָר.
'Le berger est boiteux et les chèvres courent.' Il me semble, avec l'aide du Ciel, (qu'il faut l'expliquer) selon ce que nos Sages ont dit sur le verset (Michle 29, 4) : 'Un roi, par le droit, affermit le pays, mais l'homme aux prélèvements le ruine' : si le juge ressemble à un roi qui n'a besoin de personne, il affermit le pays ; s'il ressemble à un Cohen qui fait le tour (des granges) pour la terouma, il le ruine. On sait aussi que l'argent est désigné par le mot 'pied', comme nos Sages l'ont dit sur le verset (Devarim 11, 6) : 'et tout ce qui subsistait à leurs pieds' : c'est l'argent de l'homme, qui le tient debout sur ses pieds. D'après cela, un pauvre qui n'a pas d'argent est appelé 'boiteux', car l'argent tient l'homme sur ses pieds. C'est ce qu'il dit : 'le berger est boiteux' : il n'a pas d'argent et a besoin des gens ; c'est pourquoi 'les chèvres courent' : cela désigne les gens effrontés et insolents, qui n'écoutent pas la voix de ceux qui enseignent ; ils courent faire ce que leur cœur désire et personne ne les en empêche, car un juge qui a besoin d'eux ne peut pas les reprendre. Il dit encore : 'à la porte de l'enclos (houtra, aussi 'bâton')', c'est-à-dire à la porte du tribunal, lieu de la courroie qui sert à frapper les malfaiteurs : là tu trouves les 'paroles' du juge, qui enseigne au plaideur des arguments pour se faire acquitter. 'Et dans la maison, le compte' : quand il sort du tribunal, il fait le compte avec lui : 'Je t'ai fait gagner telle somme avec cet argument que je t'ai enseigné, et telle somme avec cet autre ; donne-moi donc une part du profit que tu as gagné grâce à moi.' Ce compte, le juge ne peut pas le faire tant qu'il siège à la porte du tribunal ; il le fait seulement 'dans la maison', c'est-à-dire dans sa maison et sa demeure, où il n'y a aucun étranger.
💡 Explication

La question porte sur le moment de la punition : pourquoi les trois fautes sont-elles sanctionnées justement pendant l'accouchement ? Les cinq proverbes donnent la même réponse sous des angles différents : quand l'homme est déjà en position de faiblesse (bœuf tombé, ivrogne, berger qui retrouve ses chèvres à l'enclos), le jugement s'exerce sur lui.

Rachi explique les images : l'accouchement est un moment de danger où la femme a besoin d'un miracle ; on examine alors ses actes. En temps ordinaire, ses mérites 'tiennent en suspens' l'accusation ; à l'heure du danger, ses défenseurs (peraklitin) se retirent, comme les amis à la porte de la ruine.

3
וְגַבְרֵי הֵיכָא מִיבַּדְקִי? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: בְּשָׁעָה שֶׁעוֹבְרִים עַל הַגֶּשֶׁר. גֶּשֶׁר וְתוּ לָא? אֵימָא: כְּעֵין גֶּשֶׁר. רַב לָא עָבַר בְּמַבָּרָא דְּיָתֵיב בֵּיהּ גּוֹי, אֲמַר: דִּילְמָא מִיפְּקִיד לֵיהּ דִּינָא עֲלֵיהּ וּמִתְּפִיסְנָא בַּהֲדֵיהּ. שְׁמוּאֵל לָא עָבַר אֶלָּא בְּמַבָּרָא דְּאִית בֵּיהּ גּוֹי, אָמַר: שִׂטְנָא בִּתְרֵי אֻומֵּי לָא שָׁלֵיט.

Et les hommes, où sont-ils examinés ? Reich Lakich a dit : Au moment où ils traversent un pont.

Un pont, et rien d'autre ? Dis : (tout ce qui est) comme un pont.

Rav ne traversait pas sur un bac où était assis un non-Juif ; il disait : Peut-être son jugement sera-t-il exécuté sur lui, et je serai pris avec lui. Chemouel ne traversait que sur un bac où se trouvait un non-Juif ; il disait : Le Satan ne domine pas sur deux peuples (à la fois).

📜 Rachi (4)
וְגַבְרֵי הֵיאַךְ מִיבַּדְקִי מַעֲשִׂים שֶׁלָּהֶם לְהַזְכִּיר עֲוֹנָם וּזְכוּתָם:
Et les hommes, où sont-ils examinés : leurs actes, pour rappeler leurs fautes et leurs mérites.
כְּעֵין גֶּשֶׁר כָּל מְקוֹם סַכָּנָה כְּגוֹן קִיר נָטוּי וְיוֹצֵא לַדֶּרֶךְ:
Comme un pont : tout lieu de danger, par exemple un mur penché, ou (le fait de) partir en route.
דִּילְמָא מִיפְּקִיד נָכְרִי דִּינָא עַל חֲטָאָיו וּמִתְּפִיסְנָא בַּהֲדֵיהּ:
Peut-être sera exécuté : sur le non-Juif, le jugement pour ses fautes, et je serai pris avec lui.
מַבָּרָא סְפִינָה שֶׁעוֹבְרִין בָּהּ אֶת הַנָּהָר:
Mabara : bateau sur lequel on traverse le fleuve.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא, הֲווֹ קָאָזְלִי בְּאַרְבָּא אֲמַרָה לְהוּ הָהִיא מַטְרוֹנִיתָא: אוֹתְבַן בַּהֲדַייְכוּ, וְלָא אוֹתְבוּהָ. נִרְאֶה לִי דְּוַדַּאי לֹא הָיוּ הֵם הַמַּלָּחִים דִּבְאַרְבָּא אֶלָּא וַדַּאי הָיוּ שָׁם מַלָּחִים, וְהַחֲכָמִים הָהֵם שָׂכְרוּ כָּל הָאַרְבָּא לְעַצְמָן, שֶׁלֹּא הָיָה יָכוֹל בַּעַל הָאַרְבָּא לְהוֹשִׁיב אָדָם אַחֵר בְּלִי רְשׁוּתָם, וְלָכֵן הַגּוֹיָה בַּקָּשָׁה מֵהֶם שֶׁיִּתְּנוּ רְשׁוּת שֶׁתֵּשֵׁב עִמָּהֶם. וְרָאִיתִי לְהַגָּאוֹן חִידָ"א זַ"ל בְּמַרְאִית הָעַיִן שֶׁהֵבִיא טַעַם בְּשֵׁם הָרַב עִיּוּן יַעֲקֹב זַ"ל שֶׁלֹּא רָצוּ שֶׁתֵּשֵׁב עִמָּהֶם, מִשּׁוּם דִּסְבִירָא לֵיהּ כְּרַב בְּפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת לב.) דְּלָא אָזֵיל בְּאַרְבָּא בַּהֲדֵי גּוֹי דִּילְמָא מַפְקִיד דַּיָּינָא עָלֶיהָ [דִּילְמָא מִיפְּקִיד נָכְרִי דִּינָא עַל חֲטָאָיו וּמִתְּפִיסְנָא בַּהֲדֵיהּ] , וְכָתַב דְּיֵשׁ לְהַרְגִּישׁ בָּזֶה דִּסְתָם אַרְבָּא הוּא שֶׁרַב הַחוֹבֵל וְגַם הַמַּלָּחִים גּוֹיִם יְעֻויַּן שָׁם. וְנִפְלֵאתִי עַל דִּבְרֵי הַגָּאוֹן זַ"ל לְפִי זֶה גַּם עַל אַרְבָּא דְּנָקֵיט הַשַּׁ"ס גַּבֵּי רַב לֵימָא 'סְתָם אַרְבָּא רַב הַחוֹבֵל וְהַמַּלָּחִים גּוֹיִם' וְאֵיךְ קָאָמַר לָא אָזֵיל רַב בְּאַרְבָּא 'בַּהֲדֵי גּוֹי'? וּכְמוֹ שֶׁתֹּאמַר בְּהַאי אַרְבָּא תֹּאמַר בְּהַהִיא אַרְבָּא! וּמַאי קַשְׁיָא לֵיהּ בְּדִבְרֵי הָרַב עִיּוּן יַעֲקֹב זַ"ל? אַךְ בֶּאֱמֶת אֵין זֶה מֻוכְרָח דִּסְתָם אַרְבָּא הַמַּלָּחִים הֵם גּוֹיִם, דְּאֶפְשָׁר בִּימֵיהֶם הָיוּ עוֹסְקִים בָּזֶה יִשְׂרְאֵלִים גַּם כֵּן. וְעוֹד אֲפִילּוּ נֵימָא שֶׁהָיוּ גּוֹיִם הִנֵּה הֵם אֵין לָהֶם סַכָּנָה בַּמַּיִם כִּי הַמַּלָּחִים יוֹדְעִים לָשׁוּט בְּטוֹב, וְאִם תִּטְבַּע הָאַרְבָּא לֹא יִסְתַּכְּנוּ, יַעַן כִּי הָאַרְבָּא דְּנָקֵיט הַשַּׁ"ס הָכָא וְהָתָם לֹא הָיְתָה בַּיָּם הַגָּדוֹל אֶלָּא הָיְתָה בִּנְהָרוֹת דְּחִדֶּקֶל וּפְרָת שֶׁשָּׁם הָיוּ דָּרִים רַבָּנָן הַנִּזְכָּרִים, וּבְאֵלּוּ הַנְּהָרוֹת אֵין פַּחַד וְסַכָּנָה לַמַּלָּחִים, וְרַב קָפֵיד עַל גּוֹיִם אֲחֵרִים שֶׁיּוֹרְדִים לְתוֹךְ הָאַרְבָּא דִּילְמָא מְפַקֵּד דִּינָא עָלֶיהָ וְתִטְבַּע הַסְּפִינָה כְּדֵי שֶׁיִּטְבַּע הוּא, אֲבָל גַּבֵּי הַמַּלָּחִים לֹא שַׁיָּיךְ זֶה, כִּי לֹא יִנָּזְקוּ אִם תִּטְבַּע הַסְּפִינָה וְלָא אִכְפַּת לְהוּ.
'Rav 'Hisda et Rabba bar Rav Houna voyageaient en bateau ; une matrone leur dit : Faites-moi asseoir avec vous. Et ils ne la firent pas asseoir.' Il me semble qu'ils n'étaient certainement pas les matelots du bateau ; il y avait certainement là des matelots, et ces Sages avaient loué tout le bateau pour eux-mêmes, si bien que le propriétaire du bateau ne pouvait pas y faire asseoir quelqu'un d'autre sans leur permission ; c'est pourquoi la non-Juive leur demanda la permission de s'asseoir avec eux. J'ai vu que le Gaon 'Hida, de mémoire bénie, dans Marit ha-Ayin, rapporte une raison au nom du Rav Iyoun Yaakov, de mémoire bénie : ils ne voulurent pas qu'elle s'asseye avec eux parce qu'ils suivaient l'avis de Rav dans le chapitre Bamé madlikin (Chabbat 32a), qui ne voyageait pas en bateau avec un non-Juif, de peur que son jugement ne soit exécuté sur lui [de peur que le jugement pour les fautes du non-Juif ne soit exécuté et que je ne sois pris avec lui]. Et il écrit qu'il y a lieu de remarquer qu'un bateau ordinaire a un capitaine et des matelots non juifs ; voir là-bas. Je me suis étonné des paroles du Gaon, de mémoire bénie : d'après cela, à propos du bateau cité par le Talmud chez Rav, on pourrait dire aussi : 'un bateau ordinaire a un capitaine et des matelots non juifs' ; comment dit-il alors que Rav ne voyageait pas en bateau 'avec un non-Juif' ? Ce que tu diras de ce bateau-ci, tu le diras de ce bateau-là ! Et quelle difficulté trouvait-il dans les paroles du Rav Iyoun Yaakov ? En vérité, il n'est pas nécessaire qu'un bateau ordinaire ait des matelots non juifs, car il se peut qu'à leur époque des Juifs exerçaient aussi ce métier. De plus, même si l'on dit qu'ils étaient non juifs, eux ne courent pas de danger dans l'eau, car les matelots savent bien nager ; si le bateau coule, ils ne seront pas en danger. En effet, le bateau dont parle le Talmud ici et là-bas n'était pas sur la grande mer, mais sur les fleuves du Tigre et de l'Euphrate, où demeuraient les Sages mentionnés ; sur ces fleuves, il n'y a ni crainte ni danger pour les matelots. Rav se méfiait des autres non-Juifs qui descendaient dans le bateau, de peur que leur jugement ne soit exécuté et que le bateau ne coule pour qu'il se noie ; mais cela ne s'applique pas aux matelots, qui ne subiront aucun dommage si le bateau coule, et cela ne les touche pas.
💡 Explication

Pour les hommes, le lieu d'examen est le pont, et par extension tout lieu de danger (Rachi : mur penché, voyage). À ce moment, les actes de l'homme sont examinés.

Rav et Chemouel en tirent des conduites opposées sur le bac (mabara). Rav craint d'être pris dans le jugement d'un autre passager. Chemouel pense que le Satan n'exerce pas son pouvoir sur deux peuples en même temps : la présence d'un non-Juif protège donc le bateau.

🖼️ Schéma
Monter dans un bac avec un non-Juif ?Rav : refuseSon jugement peut être exécutéà ce moment-> je serais pris avec luiChemouel : seulement ainsiLe Satan ne domine pasdeux peuples à la fois-> la présence mixte protègeRabbi Yanai : vérifie le bac (pas de trou), puis traverse
Deux Amoraim, deux conduites opposées fondées sur le même principe d'examen au moment du danger.
4
רַבִּי יַנַּאי בָּדֵיק וְעָבַר. רַבִּי יַנַּאי לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: לְעוֹלָם אַל יַעֲמוֹד אָדָם בְּמָקוֹם סַכָּנָה לוֹמַר שֶׁעוֹשִׂין לוֹ נֵס, שֶׁמָּא אֵין עוֹשִׂין לוֹ נֵס. וְאִם עוֹשִׂין לוֹ נֵס — מְנַכִּין לוֹ מִזְּכִיּוֹתָיו. אָמַר רַבִּי חָנֲין: מַאי קְרָאָהּ? — ״קָטֹנְתִּי מִכֹּל הַחֲסָדִים וּמִכָּל הָאֱמֶת״. רַבִּי זֵירָא בְּיוֹמָא דְּשׁוּתָא לָא נָפֵיק לְבֵינֵי דִּיקְלֵי.

Rabbi Yanai examinait (le bac) et traversait. Rabbi Yanai suit son raisonnement, car il a dit : Que l'homme ne se tienne jamais dans un lieu de danger en disant qu'on lui fera un miracle, de peur qu'on ne lui fasse pas de miracle.

Et si on lui fait un miracle, on le déduit de ses mérites. Rabbi 'Hanin a dit : Quel est le verset ? 'Je suis devenu petit par toutes les bontés et toute la vérité' (Berechit 32, 11).

Rabbi Zeira, un jour de vent du sud, ne sortait pas entre les palmiers.

📜 Rachi (5)
בְּדִיק הַסְּפִינָה שֶׁלֹּא יְהֵא בָּהּ נֶקֶב:
Examinait : le bateau, pour qu'il n'y ait pas de trou.
מְנַכִּין פּוֹחֲתִין:
On déduit : on diminue.
קָטֹנְתִּי מִכָּל הַחֲסָדִים הֻוקְטְנוּ וְנִתְמַעֲטוּ זְכִיּוֹתַי בִּשְׁבִיל הַחֲסָדִים אֲשֶׁר עָשִׂיתָ וְגוֹ':
Je suis devenu petit par toutes les bontés : mes mérites ont été amoindris et diminués à cause des bontés que Tu as faites, etc.
יוֹמָא דְּשׁוּתָא שֶׁמְּנַשֶּׁבֶת בּוֹ הָרוּחַ דְּרוֹמִית חֲזָקָה הַמַּפֶּלֶת חוֹמוֹת וְעוֹקֶרֶת אִילָנוֹת:
Un jour de chouta : où souffle un fort vent du sud qui fait tomber les murs et arrache les arbres.
לְבֵינֵי דִּקְלֵי שֶׁלֹּא יַפִּיל הָרוּחַ דֶּקֶל עָלָיו:
Entre les palmiers : de peur que le vent ne fasse tomber un palmier sur lui.
💡 Explication

Rabbi Yanai adopte une voie prudente : il vérifie le bac avant de monter. Son principe : on ne compte pas sur le nés (miracle). Deux raisons : le miracle peut ne pas venir, et s'il vient, il est déduit des mérites.

Le verset de Yaakov le montre : 'katonti', 'je suis devenu petit', se lit 'mes mérites ont diminué' à cause des bontés reçues. Rabbi Zeira applique la même prudence les jours de vent du sud (chouta).

5
אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם יְבַקֵּשׁ אָדָם רַחֲמִים שֶׁלֹּא יֶחֱלֶה, שֶׁאִם יֶחֱלֶה אוֹמְרִים לוֹ: הָבֵא זְכוּת וְהִפָּטֵר. אָמַר מַר עוּקְבָא: מַאי קְרָאָהּ? — ״כִּי יִפֹּול הַנֹּופֵל מִמֶּנּוּ״ — מִמֶּנּוּ לְהָבִיא רְאָיָה. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״כִּי יִפֹּול הַנֹּופֵל מִמֶּנּוּ״ (מִמֶּנּוּ) — רָאוּי זֶה לִיפּוֹל מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְרֵאשִׁית, שֶׁהֲרֵי לֹא נָפַל, וְהַכָּתוּב קְרָאוֹ ״נוֹפֵל״. אֶלָּא, שֶׁמְגַלְגְּלִין זְכוּת עַל יְדֵי זַכַּאי וְחוֹבָה עַל יְדֵי חַיָּיב.

Rav Yits'hak, fils de Rav Yehouda, a dit : Que l'homme demande toujours miséricorde pour ne pas tomber malade, car s'il tombe malade, on lui dit : Apporte un mérite et sois acquitté. Mar Oukva a dit : Quel est le verset ? 'Si celui qui tombe tombe mimenou' (Devarim 22, 8) : de lui (mimenou) il faut apporter la preuve.

L'école de Rabbi Yichmael a enseigné : 'Si celui qui tombe tombe (mimenou)' : celui-ci était destiné à tomber depuis les six jours de la Création, puisqu'il n'est pas (encore) tombé et que le verset l'appelle 'celui qui tombe'. Seulement, on fait advenir un mérite par un méritant et une culpabilité par un coupable.

📜 Rachi (4)
מִמֶּנּוּ לְהָבִיא רְאָיָה מֵאַחַר שֶׁהוּא נוֹפֵל צָרִיךְ לִמְצוֹא מִמֶּנּוּ וּמִמַּעֲשָׂיו רְאָיָה לִזְכוּת:
De lui, apporter la preuve : puisqu'il tombe, il faut trouver de lui et de ses actes une preuve en sa faveur.
מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית דִּכְתִיב קוֹרֵא הַדּוֹרוֹת מֵרֹאשׁ (יְשַׁעְיָהוּ מא) שֶׁנִּגְלוּ לְפָנָיו הַדּוֹרוֹת וּמַעֲשֵׂיהֶם וּקְנַס פֻּורְעָנוּתָם:
Depuis les six jours de la Création : comme il est écrit 'Il appelle les générations dès l'origine' (Yecha'ya 41) : les générations et leurs actes ont été dévoilés devant Lui, et Il a fixé leur châtiment.
שֶׁהֲרֵי כְּשֶׁנִּיתְּנָה תּוֹרָה עֲדַייִן לֹא נָפַל זֶה וְהַכָּתוּב קְרָאוֹ נוֹפֵל:
Puisque : quand la Torah a été donnée, celui-ci n'était pas encore tombé, et le verset l'appelle 'celui qui tombe'.
עַל יְדֵי חַיָּיב בע"ה זֶה שֶׁלֹּא קִיֵּים מִצְוַת מַעֲקֶה:
Par un coupable : ce propriétaire qui n'a pas accompli la mitsva du parapet.
🪔 Ben Yehoyada (2)
לְעוֹלָם יְבַקֵּשׁ אָדָם רַחֲמִים שֶׁלֹּא יֶחֱלֶה, שֶׁאִם יֶחֱלֶה, אוֹמְרִים לוֹ: הָבֵא זְכוּת, וְהִפָּטֵר. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת דָּבָר זֶה שַׁיָּיךְ לְאוֹמְרוֹ בְּבֵית דִּין שֶׁל מַטָּה שֶׁאֵין נוֹדַע אִם יֵשׁ לוֹ אוֹ לָאו, אֲבָל הַחוֹלֶה נִידּוֹן בְּבֵית דִּין שֶׁל מַעְלָה, וְהֵם יוֹדְעִין אִם יֵשׁ לוֹ אוֹ לָאו? וְעוֹד קְשָׁא, אִם יֵשׁ לוֹ זְכוּת לְהַצִּילוֹ מִן הַחֹולִי, אִם כֵּן אֵיךְ חָלָה מֵעִיקָּרָא, וְאִם אֵין בִּזְכוּת כְּדַאי שֶׁלֹּא יַנִּיחַ הַחֹולִי לָבֹא, כָּל שֶׁכֵּן שֶׁאֵינוֹ כְּדַאי לְהָסִיר הַחֹולִי אַחֲרֵי שֶׁבָּא עָלָיו? וְנִרְאֶה לִי בס"ד, אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל שְׂכַר מִצְוֹת בְּהַאי עָלְמָא לֵיכָּא, אַךְ עִם כָּל זֶה זְכוּת תּוֹרָה מֵגֵין וּמַצִּיל גַּם בְּהַאי עָלְמָא, אָמְנָם כָּתְבוּ הַמְפָרְשִׁים זַ"ל דְּאֵין זְכוּת תּוֹרָה מֵגֵין עַל הָאָדָם לְהַצִּילוֹ מִמִּיתָה שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ אֶלָּא אִם כֵּן לוֹמֵד לִשְׁמָהּ, דִּכְתִיב (מִשְׁלֵי ג' טז) אֹרֶךְ יָמִים בִּימִינָהּ בִּשְׂמֹאולָהּ עֹשֶׁר וְכָבוֹד, וְאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל לַמַּשְׂמְאִילִים בָּהּ רְצוֹנוֹ לוֹמַר לוֹמְדִים שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, עֶשֶׂר וְכָבוֹד אִיכָּא, אֹרֶךְ יָמִים לֵיכָּא. גַּם אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל לְעוֹלָם יַעֲסֹוק אָדָם בַּתּוֹרָה אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ, וּלְפִי זֶה הָיָה רָאוּי לוֹמַר שֶׁגַּם אִם יִהְיֶה לִימּוּדוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, כְּדַאי הוּא לְהָגֵן עָלָיו בַּעֲבוּר חַיָּיו מִפְּנֵי שֶׁסּוֹפוֹ לָבֹא לִשְׁמָהּ. אַךְ בֶּאֱמֶת זֶה יְדַמֶּה לְמַה דְּקַיְימָא לָן אֵין הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בָּרָאוּי אֶלָּא בַּמֻּוחְזָק, וְכֵן הַבַּעַל אֵינוֹ יוֹרֵשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ בָּרָאוּי, וְהוּא הַדִּין הָכָא, דְּאֵינוֹ כְּדַאי לְהִנָּצֵל וְלִחְיוֹת בִּשְׁבִיל תּוֹרָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ מִשּׁוּם דְּרָאוּי לִהְיוֹת לִשְׁמָהּ. בְּרַם יֵשׁ לוֹמַר אִם בֶּאֱמֶת בְּתוֹךְ חָלְיוֹ לָמַד לִשְׁמָהּ, אָז הקב"ה מֵטִיב חַסְדּוֹ עִמּוֹ שֶׁכָּל הַלִּימּוּד שֶׁלָּמַד מִקֹּודֶם שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ יִהְיֶה נֶחְשָׁב לְפָנָיו כְּאִלּוּ הָיָה לִשְׁמָהּ, כֵּיוָן שֶׁבֶּאֱמֶת עַתָּה בָּא לִשְׁמָהּ, אֲבָל אִם עֲדַייִן הַדָּבָר תָּלוּי וְעוֹמֵד שֶׁאֵין לוֹ עַתָּה לִשְׁמָהּ, לֹא יֹאמַר כֵּיוָן דְּאֶפְשָׁר לָבֹא אַחַר זֶה לִשְׁמָהּ יִהְיֶה נֶחְשָׁב זֶה הַלִּימּוּד הַנִּמְצָא בְּיָדוֹ שֶׁהִיא לִשְׁמָהּ. וְלָכֵן זֶה שֶׁחָלָה אַף עַל גַּב שֶׁהָיָה לוֹ זְכוּת תּוֹרָה, עִם כָּל זֶה הוֹאִיל שֶׁלֹּא הָיָה לִשְׁמָהּ לֹא הַגִּינָּה עָלָיו וְחָלָה, וְעַתָּה בְּחָלְיוֹ אוֹמְרִים לוֹ הָבֵא זְכוּת , רְצוֹנוֹ לוֹמַר זְכוּת הָרָאוּי לְהָגֵין שֶׁהוּא לִשְׁמָהּ, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא שִׁיעוּר מוּעָט, עִם כָּל זֶה הֶפְטֵר בְּמַה שֶׁיֵּשׁ בְּיָדְךָ מִכְּבָר שֶׁהָיָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, מֵאַחַר כִּי עַתָּה בָּא לִידֵי פּוֹעֵל טוֹב שֶׁל לִשְׁמָהּ, אָז יְתֻוקַּן מַה שֶׁהָיָה מִכְּבָר. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד, דְּיָדוּעַ מִי שֶׁהוּא חוֹלֶה, יֵשׁ לוֹ סְגֻולָּה לַהֲקִימוֹ מֵחָלְיוֹ, עַל יְדֵי שֶׁיְּקַבֵּל עָלָיו לַעֲשׂוֹת מִצְוָה בְּדָבָר חָדָשׁ שֶׁלֹּא הָיָה נוֹהֵג בּוֹ מִקֹּדֶם, שֶׁאֵינוֹ מְחֻוייָּב בּוֹ עַל פִּי שׁוּרַת הַדִּין, וְלָזֶה אָמַר הַבָּא זְכוּת מְחֻודָּשׁ מִנִּדְבַת לְבַד שֶׁאֵין אַתָּה מְצֻוֶּוה בּוֹ עֲדַייִן, וּבָזֶה נִיחָא הַדְּרָשָׁה דְּדָרֵישׁ מִמֶּנּוּ לְהָבִיא רְאָיָה, רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁיָּבִיא דָּבָר חָדָשׁ שֶׁאֵינוֹ מְחֻוייָּב וְאֵינוֹ מְצֻווֶּה בּוֹ, אֶלָּא מִמֶּנּוּ הוּא מְבִיאוֹ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד, דְּיָדוּעַ אָדָם הָעוֹמֵד בְּחֹולִי אוֹ אֵיזֶה צָרָה נִידּוֹן עַל פִּי רֻובּוֹ, שֶׁאִם רַבּוּ זְכִיּוֹתָיו עַל עֲוֹנֹותָיו אֲפִילּוּ בְּאַחַת נִיצּוֹל! גַּם יָדוּעַ שֶׁבָּעוֹלָם הַזֶּה אֵין מַעֲנִישִׁים עַל בִּטּוּל מִצְוַת עֲשֵׂה אֶלָּא רַק בְּעִידַּן רִתְחָא, וּבָזֶה פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל (יִרְמְיָהוּ יח, כג) בְּעֵת אַפְּךָ עֲשֵׂה בָהֶם, וְהִנֵּה כִּי כֵן הָאָדָם שֶׁהוּא נִידּוֹן תָּמִיד בְּכָל יוֹם אִם לֹא יֵשׁ רִתְחָא אֵין חוֹשְׁבִין לוֹ בִּיטּוּל מִצְוַת עֲשֵׂה בִּכְלַל הָעֲוֹנוֹת, דְּאִם חוֹבִין לוֹ אִם כֵּן יָצָא רֻובּוֹ עוֹנוֹת וְצָרִיךְ לְהַעֲנִישׁוֹ בָּעוֹלָם הַזֶּה וּבֶאֱמֶת אֵין עוֹנְשִׁין עַל עֲשֵׂה, אָמְנָם בְּעִידַּן רִתְחָא דְּעוֹנְשִׁין עַל עֲשֵׂה, וַדַּאי חוֹשְׁבִין עִם הָעֲוֹנוֹת גַּם בִּיטּוּל מִצְוַת עֲשֵׂה. וְהִנֵּה אָדָם כֵּיוָן שֶׁחָלָה הָוֵי לְגַבֵּי דִּידֵיהּ עִידַּן רִתְחָא דְּרָאוּי לְצָרֵף עִם הָעֲוֹנוֹת גַּם בִּיטּוּל מִצְוַת עֲשֵׂה, וּמִמֵּילָא צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה לוֹ עַתָּה רִבּוּי מִצְוֹת לְהוֹסִיף עַל סַךְ זְכִיּוֹת שֶׁלּוֹ כְּדֵי שֶׁיַּכְרִיעוּ כַּף הָעֲוֹנוֹת וְיִרְבּוּ עֲלֵיהֶם, מִפְּנֵי שֶׁבְּכַף הָעֲוֹנוֹת שֶׁלּוֹ נֶחְשָׁבִין עַתָּה גַּם בִּיטּוּל מִצְוַת עֲשֵׂה, לָכֵן אוֹמְרִים לוֹ מַהֵר הַבָּא זְכוּת מֵחָדָשׁ, דְּהַייְנוּ מַצּוֹת חֲדָשִׁים לְהַרְבּוֹת עַל כַּף הַזְּכִיּוֹת כִּי הַשָּׁעָה צְרִיכָה לְכָךְ.
'Que l'homme demande toujours miséricorde pour ne pas tomber malade, car s'il tombe malade, on lui dit : Apporte un mérite et sois acquitté.' On peut objecter : cela peut se dire d'un tribunal d'en bas, qui ne sait pas si (l'homme) a (des mérites) ou non ; mais le malade est jugé par le tribunal d'en haut, qui sait s'il en a ou non ! Autre difficulté : s'il a un mérite pour le sauver de la maladie, comment est-il tombe malade au départ ? Et si le mérite ne suffit pas à empêcher la maladie de venir, à plus forte raison il ne suffit pas à l'écarter après qu'elle est venue ! Il me semble, avec l'aide du Ciel : nos Sages ont dit que la récompense des mitsvot n'existe pas en ce monde ; malgré cela, le mérite de la Torah protège et sauve aussi en ce monde. Toutefois, les commentateurs ont écrit que le mérite de la Torah ne protège pas l'homme pour le sauver d'une mort prématurée, sauf s'il étudie lichma (pour elle-même), comme il est écrit (Michle 3, 16) : 'Longueur de jours dans sa droite, dans sa gauche richesse et honneur' ; et nos Sages ont dit : 'pour ceux qui vont à sa gauche', c'est-à-dire ceux qui étudient chelo lichma (pour un autre motif), il y a richesse et honneur, mais pas longueur de jours. Nos Sages ont dit aussi : que l'homme s'occupe toujours de Torah, même chelo lichma, car de chelo lichma il en viendra à lichma. D'après cela, on aurait pu dire que même si son étude est chelo lichma, elle suffit à protéger sa vie, puisqu'il finira par en venir à lichma. Mais en vérité, cela ressemble à ce qui est établi : l'aîné ne prend pas double part dans ce qui est à venir, seulement dans ce qui est déjà possédé ; de même le mari n'hérite pas de sa femme ce qui est à venir. Ici aussi : il ne suffit pas d'être sauvé et de vivre grâce à une Torah chelo lichma au motif qu'elle est appelée à devenir lichma. Cependant on peut dire que si, pendant sa maladie, il étudie réellement lichma, alors le Saint, béni soit-Il, lui fait grâce : toute l'étude qu'il a faite auparavant chelo lichma sera comptée devant Lui comme si elle était lichma, puisqu'il en est vraiment venu maintenant à lichma. Mais si la chose reste en suspens et qu'il n'a pas maintenant de lichma, on ne dira pas : puisqu'il est possible qu'il en vienne ensuite à lichma, l'étude qu'il a en main sera considérée comme lichma. C'est pourquoi celui-ci est tombé malade : bien qu'il ait eu le mérite de la Torah, comme elle n'était pas lichma, elle ne l'a pas protégé. Et maintenant, dans sa maladie, on lui dit : 'Apporte un mérite', c'est-à-dire le mérite capable de protéger, qui est lichma, même en petite quantité, 'et sois acquitté' par ce que tu as déjà en main et qui était chelo lichma, puisque tu en es venu maintenant à l'acte juste de lichma : alors ce qui précédait sera réparé. Autre explication, avec l'aide du Ciel : on sait que celui qui est malade a une segoula pour se relever de sa maladie : prendre sur lui d'accomplir une mitsva dans un domaine nouveau, qu'il ne pratiquait pas auparavant et auquel il n'est pas obligé selon la stricte loi. C'est ce qu'il dit : 'Apporte un mérite' nouveau, par pur don volontaire, dont tu n'es pas encore commandé. Ainsi s'explique bien le drach 'mimenou, apporter la preuve' : qu'il apporte une chose nouvelle à laquelle il n'est ni obligé ni commandé, mais qu'il apporte 'de lui-même'. Autre explication, avec l'aide du Ciel : on sait que l'homme qui se trouve dans la maladie ou dans une détresse est jugé selon la majorité (de ses actes) : si ses mérites dépassent ses fautes, même d'un seul, il est sauvé. On sait aussi qu'en ce monde, on ne punit pas l'omission d'un commandement positif, sauf en temps de colère (idan ritha) ; c'est ainsi que notre maître le Ari, de mémoire bénie, a expliqué (Yirmeyahou 18, 23) : 'Au temps de Ta colère agis contre eux.' Ainsi, l'homme qui est jugé chaque jour, s'il n'y a pas de colère, on ne compte pas l'omission des commandements positifs parmi ses fautes ; car si on les lui comptait, il sortirait en majorité fautif et il faudrait le punir en ce monde, alors qu'en vérité on ne punit pas pour un commandement positif. Mais en temps de colère, où l'on punit pour un commandement positif, on compte certainement avec les fautes aussi l'omission des commandements positifs. Or l'homme qui tombe malade se trouve, pour lui, en temps de colère, où il convient d'ajouter aux fautes l'omission des commandements positifs ; il lui faut donc maintenant beaucoup de mitsvot pour les ajouter au total de ses mérites, afin qu'ils l'emportent sur le plateau des fautes et le dépassent, puisque dans le plateau de ses fautes sont maintenant comptées aussi les omissions des commandements positifs. C'est pourquoi on lui dit : vite, apporte un mérite nouveau, c'est-à-dire de nouvelles mitsvot pour augmenter le plateau des mérites, car l'heure l'exige.
תַּנְיָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: "כִּי יִפֹּל הַנֹּפֵל מִמֶּנּוּ", 'מִמֶּנּוּ' רָאוּי זֶה לִפֹּל מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְמַאי אִצְטְרִיךְ לְהָבִיא זֶה דְּלָא שָׁיְיכָה לְהָכָא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דִּפְשָׁטֵיהּ דִּקְרָא מִמֶּנּוּ קָאֵי עַל הַגַּג אוֹ עַל הַבַּיִת, אַךְ מַר עוּקְבָא עָזַב פְּשַׁט הַמִּקְרָא וְדָרַשׁ מִמֶּנּוּ עַל הַנּוֹפֵל, וּלְהָכִי מַיְיתֵי דְּרָשָׁה דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, לוֹמַר שֶׁגַּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל דָּרַשׁ דְּרָשָׁה אַחַת הֵפֶךְ פְּשַׁט הַמִּקְרָא, דְּדָרֵישׁ מִמֶּנּוּ עַל 'הַנֵּפֶל' שֶׁזֶּה הָיָה רָאוּי לִפֹּל מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית שֶׁמַּעֲשָׂיו גָּרְמוּ לוֹ.
'L'école de Rabbi Yichmael a enseigné : Si celui qui tombe tombe mimenou : celui-ci était destiné à tomber depuis les six jours de la Création.' On peut demander : pourquoi a-t-on besoin de rapporter cela, qui ne concerne pas notre sujet ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que selon le sens simple du verset, 'mimenou' se rapporte au toit ou à la maison ; mais Mar Oukva a laissé le sens simple du verset et a interprété 'mimenou' comme se rapportant à celui qui tombe. C'est pourquoi on rapporte le drach de l'école de Rabbi Yichmael, pour dire que Rabbi Yichmael aussi a donné un drach contraire au sens simple du verset, en rapportant 'mimenou' à 'celui qui tombe' : celui-ci était destiné à tomber depuis les six jours de la Création, et ce sont ses actes qui le lui ont causé.
💡 Explication

La maladie est un moment d'examen comme l'accouchement ou le pont. Le malade doit 'apporter un mérite' (havei zekhout) pour être acquitté ; d'où le conseil de prier avant d'en arriver là.

Le verset du parapet (maake) est lu de deux façons. Mar Oukva lit 'mimenou' comme 'de lui-même' : la preuve doit venir du malade. L'école de Rabbi Yichmael tire du mot 'ha-nofel' (celui qui tombe) que la chute était décrétée ; mais le propriétaire qui n'a pas construit le parapet reste coupable, car 'on fait advenir la culpabilité par un coupable'.

🖼️ Schéma
'Ki yipol ha-nofel mimenou' (Devarim 22, 8)Mar Oukva'mimenou' = de lui-mêmecelui qui tombe doit apporterla preuve de son mériteÉcole de Rabbi Yichmael'le tombant' : destiné à tomberdepuis les six jours de la Créationmais par la main d'un coupable(qui n'a pas fait le parapet)
Deux lectures de Devarim 22, 8 : la preuve incombe à celui qui tombe ; la chute passe par la main d'un coupable.
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תָּנוּ רַבָּנַן: מִי שֶׁחָלָה וְנָטָה לָמוּת, אוֹמְרִים לוֹ: הַתּוֹדָה, שֶׁכֵּן כָּל הַמּוּמָתִין מִתְוַדִּין. אָדָם יוֹצֵא לַשּׁוּק, יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁנִּמְסַר לְסַרְדְּיוֹט. חָשׁ בְּרֹאשׁוֹ — יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁנְּתָנוּהוּ בְּקוֹלָר. עָלָה לְמַטָּה וְנָפַל — יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁהֶעְלוּהוּ לַגַּרְדּוֹם לִידּוֹן, שֶׁכָּל הָעוֹלֶה לַגַּרְדּוֹם לִידּוֹן אִם יֵשׁ לוֹ פְּרַקְלִיטִין גְּדוֹלִים — נִיצּוֹל, וְאִם לָאו — אֵינוֹ נִיצּוֹל.

Nos Maîtres ont enseigné : Celui qui est tombé malade et est sur le point de mourir, on lui dit : Fais le vidouy (confession), car tous ceux qui sont mis à mort font le vidouy. Un homme sort au marché : qu'il se considère comme celui qui a été livré à un garde (sardiot).

Il a mal à la tête : qu'il se considère comme celui qu'on a mis au carcan (qolar). Il s'est mis au lit et est tombé (malade) : qu'il se considère comme celui qu'on a fait monter à l'échafaud (gardom) pour être jugé ; car quiconque monte à l'échafaud pour être jugé, s'il a de grands avocats (peraklitin), il est sauvé, et sinon, il n'est pas sauvé.

📜 Rachi (7)
אוֹמְרִים הָעוֹמְדִין שָׁם:
On lui dit : ceux qui se tiennent là.
שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ כָּל הַמּוּמָתִים מִתְוַדִּין כְּדִתְנַן בְּסַנְהֶדְרִין שֶׁכָּל הַמִּתְוַדֶּה יֵשׁ לוֹ חֵלֶק כו' שֶׁכֵּן מָצִינוּ בְּעָכָן שֶׁאָמַר לוֹ יְהוֹשֻׁעַ כו' בְּפֶ' נִגְמַר הַדִּין (סַנְהֶדְרִין דַּף מד:):
Car tous ceux qui sont mis à mort font le vidouy : comme nous l'avons appris dans (le traité) Sanhédrin : quiconque fait le vidouy a une part, etc., car nous trouvons chez Akhan que Yehochoua lui a dit, etc., dans le chapitre Nigmar ha-din (Sanhédrin 44b).
לַשּׁוּק מְצוּיִים שָׁם מְרִיבוֹת וּבַעֲלֵי דִּינִים נָכְרִים וְיִשְׂרְאֵלִים:
Au marché : on y trouve des querelles et des plaideurs non juifs et juifs.
דּוֹמֶה כְּמוֹ שֶׁנִּמְסַר לְסַרְדְּיוֹט לְהוֹלִיכוֹ לִפְנֵי הַשּׁוֹפֵט:
Comme celui qui a été livré à un garde : pour le conduire devant le juge.
חָשׁ בְּרֹאשׁוֹ חֲשָׁשָׁא בְּעָלְמָא מֵיחוֹשׁ קַל:
A mal à la tête : un simple malaise, une douleur légère.
נְתָנוּהוּ בַּקּוֹלָר הָוֵי טְפֵי מִשֶּׁנִּמְסַר לְסַרְדְּיוֹט וְגָרוּעַ מְעֻולֶּה לַגַּרְדּוֹם שֶׁאֵין דָּנִין שָׁם אֶלָּא לַהֲרִיגָה וְעַל סֵרָחוֹן חָמוּר וְצָרִיךְ פְּרַקְלִיטִין גְּדוֹלִים:
On l'a mis au carcan : c'est plus grave qu'être livré à un garde, et moins grave que de monter à l'échafaud, où l'on ne juge que pour la peine de mort et pour une faute grave, et où l'on a besoin de grands avocats.
עָלָה לְמַטָּה שֶׁחָלָה הַרְבֵּה שֶׁצָּרִיךְ לַעֲלוֹת וְלִיפֹּול לְמִשְׁכָּב:
S'est mis au lit : qu'il est très malade, au point de devoir monter (au lit) et tomber alité.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אָדָם יוֹצֵא לַשּׁוּק, יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁנִּמְסַר לְסַרְדְּיוֹט חָשׁ בְּרֹאשׁוֹ, יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו, כְּמִי שֶׁנְּתָנוּהוּ בַּקּוֹלָר. עָלָה לְמַטָּה וְנָפַל, יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁהֶעְלוּהוּ לַגַּרְדּוֹם לִידּוֹן. נָקֵיט שְׁלֹשָׁה דְּמִיּוֹנִים כְּנֶגֶד מַחְשָׁבָה וְדִבּוּר וּמַעֲשֶׂה, וְהוּא כְּשֶׁחָטָא בְּמַחְשָׁבָה וְהִרְהוּרִים רָעִים דּוֹמֶה כְּנִמְסַר לְסַרְדְּיוֹט , שֶׁעַתָּה מָצָא הַיֵּצֶר הָרַע מָקוֹם בָּאָדָם לִשְׁלֹט בּוֹ, וְהוּא הַמּוֹחַ וְהַלֵּב שֶׁשָּׁם הֵם מַחֲשָׁבוֹת וְהִרְהוּרִים רָעִים, וּכְשֶׁחוֹטֵא בְּדִיבּוּר גַּם כֵּן דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁנְּתָנוּהוּ בַּקּוֹלָר , כִּי הָאָדָם נִתְפָּס וְנִצּוֹד בְּדִבּוּרוֹ יוֹתֵר, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (מִשְׁלֵי ו, ב) נוֹקַשְׁתָּ בְאִמְרֵי פִיךָ נִלְכַּדְתָּ בְּאִמְרֵי פִיךָ, וְדִימָּה זֶה לִנְתִינַת הַקּוֹלָר, גַּם 'קוֹלָר ' הוּא 'קו"ל רי"ש'. וְאַחַר כָּךְ כְּשֶׁחָטָא גַּם בְּמַעֲשֶׂה דּוֹמֶה כְּהֶעֱלוּהוּ לַגַּרְדּוֹם , כִּי אֵין מַעֲלִין לַגַּרְדּוֹם אֶלָּא הָעוֹשֶׂה מַעֲשֶׂה מַמָּשׁ, וְ 'גַּרְדּוֹם' הוּא לְמַפְרֵעַ 'מָדוֹר ג' כִּי בְּמַעֲשֵׂה נַעֲשָׂה 'מָדוֹר שְׁלִישִׁי' לְיֵצֶר הָרַע אֵצֶל הָאָדָם. וְהִנֵּה רָאשֵׁי תֵּיבוֹת שְׁלֹשָׁה אֶלָּא [ ס רַדְיוּט ק וְלֵר ג רָדוּם] קס"ג מִסְפָּרָם אֶצְבַּע [163] , לָכֵן כָּל מַכָּה תְּכוּנָה בְּשֵׁם 'אֶצְבַּע' וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (שְׁמוֹת ח, טו) אֶצְבַּע אֱ-לֹהִים הוּא. וְלָכֵן אָמְרוּ חֲכָמִים טוֹב לְאָדָם לְהִסְתַּכֵּל תָּמִיד בְּאֶצְבַּע שֶׁלּוֹ כְּדֵי שֶׁיִּזְכֹּור שְׁלֹשָׁה דִּמְיוֹנוֹת אֵלּוּ הָרְמוּזִים בְּאֶצְבַּע, וּבָזֶה יוּבָן בס"ד (יְשַׁעְיָהוּ נח,ט) אִם תָּסִיר מִתּוֹכְךָ מוֹטָה שְׁלַח אֶצְבַּע וְדַבֶּר אָוֶן, רְצוֹנוֹ לוֹמַר מֻוטֶּה שֶׁל עוֹנוֹת אָז שְׁלַח אֶצְבַּע, הַשְּׁלֹשָׁה דִּמְיוֹנוֹת הֲנֵז' הָרְמוּזִים בְּאֶצְבַּע.
'Un homme sort au marché : qu'il se considère comme celui qui a été livré à un garde. Il a mal à la tête : qu'il se considère comme celui qu'on a mis au carcan. Il s'est mis au lit et est tombé : qu'il se considère comme celui qu'on a fait monter à l'échafaud pour être jugé.' Il prend trois images, correspondant à la pensée, à la parole et à l'acte. Quand il a fauté par la pensée et par de mauvaises réflexions, il est comme livré à un garde : le yetser ha-ra (mauvais penchant) a maintenant trouvé en l'homme un lieu où dominer, à savoir le cerveau et le cœur, siège des pensées et des mauvaises réflexions. Quand il faute par la parole, il est aussi comme celui qu'on a mis au carcan, car l'homme est davantage pris et piège par sa parole, comme il est dit (Michle 6, 2) : 'Tu es pris par les paroles de ta bouche, tu es capturé par les paroles de ta bouche' ; il a comparé cela à la pose du carcan, et 'qolar' (carcan) se décompose aussi en 'qol' (voix) et 'reich'. Ensuite, quand il a fauté aussi par l'acte, il est comme celui qu'on fait monter à l'échafaud, car on ne fait monter à l'échafaud que celui qui a commis un acte réel ; et 'gardom', lu à l'envers, donne 'medor g' (troisième demeure), car par l'acte il devient la 'troisième demeure' du mauvais penchant dans l'homme. Or les initiales de ces trois (mots) [Sardiot, Qolar, Gardom] ont la valeur numérique de 'etsba' (doigt), 163. C'est pourquoi tout coup est appelé 'doigt', comme il est dit (Chemot 8, 15) : 'C'est le doigt de D.ieu' Et c'est pourquoi les Sages ont dit qu'il est bon pour l'homme de regarder toujours son doigt, pour qu'il se souvienne de ces trois images évoquées par le doigt. Ainsi se comprend, avec l'aide du Ciel (Yecha'ya 58, 9) : 'Si tu écartes de toi le joug, le doigt tendu et la parole de méchanceté' : c'est-à-dire (si tu écartes) le joug des fautes, alors renvoie le doigt, les trois images mentionnées qui sont évoquées par le doigt.
💡 Explication

La baraita fixe deux règles. Le malade en danger doit faire le vidouy (confession des fautes), comme le condamné à mort (Akhan en est le modèle).

Elle présente ensuite une gradation : chaque situation de la vie courante est comparée à une étape d'une procédure judiciaire. Le dernier degré, l'alitement, correspond au jugement capital ; seuls de grands peraklitin (avocats) peuvent alors sauver l'accusé. Le segment suivant dira qui sont ces avocats.

🖼️ Schéma
Trois degrés de danger, trois images judiciairesSortir au marché= livré à un garde(sardiot)Mal de tête léger= mis au carcan(qolar)Alité, gravement malade= mené à l'échafaud(gardom) : jugement à mortSur l'échafaud, seul celui qui a de grands avocats (peraklitin) est sauvé
Plus la situation est grave, plus le procès est avancé ; la défense doit être prête avant.
7
וְאֵלּוּ הֵן פְּרַקְלִיטִין שֶׁל אָדָם: תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים. וַאֲפִילּוּ תְּשַׁע מֵאוֹת וְתִשְׁעִים וְתִשְׁעָה מְלַמְּדִים עָלָיו חוֹבָה וְאֶחָד מְלַמֵּד עָלָיו זְכוּת — נִיצּוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם יֵשׁ עָלָיו מַלְאָךְ מֵלִיץ אֶחָד מִנִּי אָלֶף לְהַגִּיד לְאָדָם יָשְׁרוֹ. וַיְחֻנֶּנּוּ וַיֹּאמֶר פְּדָעֵהוּ מֵרֶדֶת שָׁחַת וְגוֹ׳״. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ תְּשַׁע מֵאוֹת וְתִשְׁעִים וְתִשְׁעָה בְּאוֹתוֹ מַלְאָךְ לְחוֹבָה וְאֶחָד לִזְכוּת — נִיצּוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מֵלִיץ אֶחָד מִנִּי אָלֶף״.

Et voici les avocats de l'homme : la techouva (repentir) et les bonnes actions. Et même si neuf cent quatre-vingt-dix-neuf plaident contre lui et un seul plaide en sa faveur, il est sauvé, comme il est dit : 'S'il y a pour lui un ange, un avocat, un parmi mille, pour dire à l'homme sa droiture, alors Il lui fait grâce et dit : Délivre-le de la descente dans la fosse, etc.' (Iyov 33, 23-24).

Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossi HaGlili, dit : Même si neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (parts) dans cet ange même sont à charge et une à décharge, il est sauvé, comme il est dit : 'un avocat, un parmi mille'.

📜 Rachi (2)
וְאֵלּוּ הֵן פְּרַקְלִיטִין שֶׁעוֹשֶׂה לְמַטָּה רִצּוּי לב"ד שֶׁל מַעְלָה תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים:
Et voici les avocats : ce qu'il fait en bas et qui plaît au tribunal d'en haut : la techouva et les bonnes actions.
בְּאוֹתוֹ מַלְאָךְ שֶׁמֵּלִיץ עָלָיו זְכוּת וְהוּא אֶחָד מִנִּי אֶלֶף וַאֲפִילּוּ הוּא עַצְמוֹ מֵעִיד עָלָיו חוֹבָה נִיצּוֹל בְּאַחַת שֶׁל זְכוּת שֶׁנֶּאֱמַר מֵלִיץ אֶחָד מִנִּי אָלֶף בִּמְלִיצָתוֹ שֶׁל מַלְאָךְ אֵין אֶלָּא אַחַת מֵאֶלֶף לְהַגִּיד יָשְׁרוֹ וּמַשְׁמַע נָמֵי שֶׁהַמַּלְאָךְ הַמֵּלִיץ הָוֵי אֶחָד מִנִּי אֶלֶף דְּהָא מַלְאָךְ כְּתִיב מִכְּלָל דְּהַשְּׁאָר מַגִּידִים עָלָיו חוֹבָה אֶלָּא מִדְּלָא כְּתִיב אִם יֵשׁ עָלָיו מֵלִיץ מַלְאָךְ אֶחָד מִנִּי אֶלֶף אִיכָּא לְמִידְרְשֵׁיהּ אַמַּלְאָךְ וְאַמְּלִיצָה:
Dans cet ange même : qui plaide en sa faveur et qui est un parmi mille ; même si lui-même témoigne contre lui, il est sauvé par l'unique (part) favorable, comme il est dit : 'un avocat, un parmi mille' : dans la plaidoirie de l'ange, il n'y a qu'une part sur mille pour dire sa droiture. On comprend aussi (du verset) que l'ange défenseur est un parmi mille, puisqu'il est écrit 'ange' ; il en résulte que les autres témoignent contre lui. Mais puisqu'il n'est pas écrit 'S'il y a pour lui un avocat, un ange parmi mille', on peut l'interpréter à la fois sur l'ange et sur la plaidoirie.
🪔 Ben Yehoyada (2)
וְאֵלּוּ הֵן פְּרַקְלִיטִין שֶׁל אָדָם: תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים. נִרְאֶה לִי בס"ד קָרֵי לְהוּ פְּרַקְלִיטִין , דְּיָדוּעַ שֶׁיֵּשׁ פ"ר [280] דִּינִים דמנצפ"ך וְנֶאֱחָזִים בָּהֶם הַסִּיגִים, וּלְכָךְ הֵם דִּינִין, וּבְתִיקּוּן קוֹלֵט אוֹתָם הָאָדָם מִתּוֹךְ הַסִּיגִים וּמִזֻּכְּכֶם וּמַלְבְּנָם, וְזוֹ הַקְּלִיטָה מִן הַסִּיגִים תִּהְיֶה עַל יְדֵי תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים, וּלְהָכִי קוֹרֵא לַתְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים 'פְּרַקְלִיטִין' שֶׁהִיא מִילָה מֻורְכֶּבֶת מִשְּׁנֵי תֵּיבוֹת שֶׁהֵם 'פ"ר קָלְטִין' כִּי תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים קָלְטִין אֶת הפ"ר דמנצפ"ך מִן הַסִּיגִים דְּאַחֵיזִי בְּהוּ.
'Et voici les avocats de l'homme : la techouva et les bonnes actions.' Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il les appelle 'peraklitin' parce qu'on sait qu'il y a 'par' (280) rigueurs (dinim), correspondant (aux lettres finales) MaNTsePaKh, auxquelles s'attachent les scories (sigim) ; c'est pourquoi ce sont des rigueurs. Par le tikoun (réparation), l'homme les recueille du milieu des scories, les purifie et les blanchit ; et ce recueil hors des scories se fait par la techouva et les bonnes actions. C'est pourquoi il appelle la techouva et les bonnes actions 'peraklitin', mot composé de deux mots, 'par qaltin' (ils recueillent les 280), car la techouva et les bonnes actions recueillent les 280 de MaNTsePaKh hors des scories qui s'y attachent.
וַאֲפִלּוּ תְּשַׁע מֵאוֹת תִּשְׁעִים וְתִשְׁעָה מְלַמְּדִים עָלָיו חוֹבָה, וְאֶחָד מְלַמֵּד עָלָיו זְכוּת, נִצּוֹל. הִקְשָׁה מָהַרְשָׁ"א זַ"ל אֵיךְ אֶפְשָׁר בְּמַעֲשֶׂה אַחַת יִהְיֶה תתקצ"ט [999] פָּנִים לְחוֹבָה, וְא' לִזְכוּת? יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד מַשְׁכַּחַת לָהּ שֶׁהָיוּ אֲסוּפִים תּוֹךְ מִגְדָּל אֶחָד אֶלֶף בְּנֵי אָדָם, וּבָא זֶה וְשָׂרַף בְּרִשְׁעָתוֹ אֶת הַמִּגְדָּל כְּדֵי לִשְׂרֹוף אֶת כֻּולָּם בְּבַת אַחַת, אַךְ אִלּוּ הָיָה בָּהֶם רָשָׁע אֶחָד שֶׁהָיָה רוֹצֵחַ וְנוֹאֵף וּמוֹסֵר שֶׁמִּצְוָה לְבַעֲרוֹ מִן הָעוֹלָם, וְאִם כֵּן בִּשְׂרֵיפַת זֶה הָרָשָׁע עָשָׂה מִצְוָה וְיֵשׁ לוֹ זְכוּת, אַךְ בִּשְׂרֵפַת אוֹתָם תתקצ"ט [999] בְּנֵי אָדָם חַיָּיב עֲלֵיהֶם. וְנִמְצָא זֶה עָשָׂה מַעֲשֶׂה אַחַת שֶׁל שְׂרֵיפָה, וּבָזֶה הַמַּעֲשֶׂה אֲשֶׁר בָּרָא מִמֶּנָּה מַלְאָךְ רַע, יֵשׁ בָּזֶה הַמַּלְאָךְ חֵלֶק אֶחָד מַלְאָךְ שֶׁהוּא נִקְרָא טוֹב, כְּנֶגֶד שְׂרֵיפַת אוֹתוֹ רָשָׁע שֶׁיֵּשׁ לוֹ זְכוּת בִּשְׂרֵיפָתוֹ.
'Et même si neuf cent quatre-vingt-dix-neuf plaident contre lui et un seul plaide en sa faveur, il est sauvé.' Le Maharcha, de mémoire bénie, a demandé : comment est-il possible que dans un seul acte il y ait neuf cent quatre-vingt-dix-neuf aspects à charge et un à décharge ? Voir là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'on le trouve dans ce cas : mille personnes étaient rassemblées dans une tour, et un homme vint et, par méchanceté, incendia la tour pour les brûler tous en une fois ; or il y avait parmi eux un méchant, assassin, adultère et délateur, qu'il est ordonné d'éliminer du monde. En brûlant ce méchant, il a donc accompli une mitsva et il a un mérite ; mais en brûlant les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (autres) personnes, il est coupable envers eux. Il se trouve qu'il a fait un seul acte, l'incendie ; et dans cet acte, par lequel il a créé un mauvais ange, il y a dans cet ange une part qui est appelée bonne, correspondant à l'incendie de ce méchant, pour lequel il a un mérite.
💡 Explication

Les peraklitin (du grec parakletos, avocat) sont les actes que l'homme accomplit en bas et qui plaident pour lui en haut : techouva et bonnes actions.

Le verset d'Iyov est lu de deux manières. Selon la baraita, il y a mille anges et un seul défend. Rabbi Eliezer va plus loin : dans la plaidoirie d'un même ange, une seule part sur mille est favorable, et cela suffit. Rachi montre que le verset permet les deux lectures, parce que 'un parmi mille' suit à la fois 'ange' et 'avocat'.

8
תָּנוּ רַבָּנַן: עַל שָׁלֹשׁ עֲבֵירוֹת נָשִׁים מֵתוֹת יוֹלְדוֹת. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר נָשִׁים מֵתוֹת יְלָדוֹת. רַבִּי אַחָא אוֹמֵר בְּעָוֹן שֶׁמְּכַבְּסוֹת צוֹאַת בְּנֵיהֶם בְּשַׁבָּת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: עַל שֶׁקּוֹרִין לַאֲרוֹן הַקֹּודֶשׁ ״אֲרָנָא״.

Nos Maîtres ont enseigné : Pour trois fautes les femmes meurent 'yoledot' (en accouchant). Rabbi Elazar dit : les femmes meurent 'yeladot' (jeunes).

Rabbi A'ha dit : à cause de la faute de laver les excréments de leurs enfants le Chabbat. Et certains disent : parce qu'elles appellent l'arche sainte 'arna'.

📜 Rachi (5)
יוֹלְדוֹת בִּשְׁעַת לֵידָתָן:
Yoledot : au moment de leur accouchement.
שָׁלֹשׁ עֲבֵירוֹת הָנָךְ דְּמַתְנִיתִין:
Trois fautes : celles de notre Michna.
יְלָדוֹת בַּחוּרוֹת וַאֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת לֵידָה:
Yeladot : jeunes, même en dehors du moment de l'accouchement.
רַבִּי אֲחָא אוֹמֵר הַיְלָדוֹת מֵתוֹת עַל עָוֹן שֶׁמְּכַבְּסוֹת:
Rabbi A'ha dit : les jeunes meurent pour la faute de laver.
אֲרָנָא כָּךְ הָיוּ קוֹרִין מִגְדָּלוֹת שֶׁלָּהֶם פריט"י וּבִלְשׁוֹנֵינוּ משטי"ר:
Arna : c'est ainsi qu'on appelait leurs coffres, 'fritti' et dans notre langue 'mestier'.
🗂️ Tossefot (1)
עַל שֶׁקּוֹרִין לַאֲרוֹן הַקֹּדֶשׁ אֲרָנָא לֹא אָרוֹן שֶׁעָשָׂה בְּצַלְאֵל קָאָמַר דְּמִסְּתָמָא לֹא הָיוּ מַזְכִּירִים אָרוֹן שֶׁהָיָה לִפְנֵי כַּמָּה שָׁנִים שֶׁנִּגְנַז בַּבַּיִת הָרִאשׁוֹן אֶלָּא לָאָרוֹן שֶׁבְּבֵית הַכְּנֶסֶת אע"ג דִּבְכָל דֻּוכְתֵי קָרֵי לֵיהּ תֵּיבָה כְּדִתְנַן הָעֻובָּר לִפְנֵי הַתֵּיבָה הַיּוֹרֵד לִפְנֵי הַתֵּיבָה (בְּרָכוֹת ס"ה דַּף לד.) אור"י אַשְׁכְּחַן נָמֵי דְּקָרֵי לֵיהּ אָרוֹן כִּדְאָמַר תִּשְׁעָה וְאָרוֹן מִצְטָרְפִין (שָׁם פ"ז דַּף מז:):
Parce qu'elles appellent l'arche sainte 'arna' : il ne parle pas de l'arche faite par Betsalel, car on n'avait sans doute pas l'habitude de mentionner une arche qui existait bien des années auparavant et qui a été cachée à l'époque du premier Temple ; il parle de l'arche de la synagogue, bien que partout on l'appelle 'teva', comme nous l'avons appris : 'celui qui passe devant la teva', 'celui qui descend devant la teva' (Berakhot chapitre 5, 34a). Le Ri a dit : nous trouvons aussi qu'on l'appelle 'aron', comme il est dit : 'neuf (hommes) et l'aron se joignent' (ibid. chapitre 7, 47b).
🪔 Ben Yehoyada (1)
תָּנוּ רַבָּנַן: עַל שָׁלֹשׁ עֲבֵרוֹת נָשִׁים מֵתוֹת, יוֹלְדוֹת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: נָשִׁים מֵתוֹת יְלָדוֹת. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת בִּשְׁלָמָא לְמָאֵן דְּתָנֵי יוֹלְדוֹת אִיכָּא טַעְמָא, דְּנִדָּה הִיא קִלְקְלָה בְּחַדְרֵי בִטְנָהּ תִּלְקֶה בְּחַדְרֵי בִּטְנָהּ, וְחָלָה וְהַדְלָקָה שְׁתַּיִם אֵלֶּה בָּאוּ לָאִשָּׁה מִכֹּחַ עֲוֹן חַוָּה, כְּמוֹ מִצְוַת נִדָּה שֶׁבָּאָה לָהֶם מֵחֲמַת עֲוֹן חַוָּה, וּלְכָךְ גַּם בִּשְׁתַּיִם אֵלֶּה יִהְיֶה עָונְשָׁהּ דָּמֵי לְעֹונֶשׁ הַנִּדָּה שֶׁתִּלְקֶה בְּחַדְרֵי בִּטְנָהּ. אֲבָל לְמַאן דְּתָנֵי יְלָדוֹת מַה טַעַם יֵשׁ בְּכָל הָנֵי תְּלָתָא טְפֵי מִשְּׁאָר עֲבֵירוֹת? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִיכָּא בָּזֶה מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה, מִפְּנֵי שֶׁאֵלּוּ הַשְּׁלֹשָׁה דְּבָרִים לָא שָׁיְיכִי בְּיָלְדָה בְּתוּלָה וּקְטַנָּה, שֶׁבְּעוֹדָהּ בְּבֵית אָבִיהָ שֶׁעֲדַייִן לֹא נִשֵּׂאת אֵינָהּ סוֹפֶרֶת יְמֵי נִדָּה, וְאֵינָהּ מוֹצִיאָה חַלָּה, וְאֵינָהּ מַדְלֶקֶת הַנֵּר, כִּי סוֹמֶכֶת עַל שֻׁלְחַן אָבִיהָ וְאִמָּהּ הִיא, וְלָכֵן אַחַר שֶׁנִּשֵּׂאת שֶׁנִּתְחַיְּיבָה בְּכָל הָנֵי תְּלָתָא אִם אֵינָהּ נִזְהֶרֶת בָּהֶם, נִמְצָא שֶׁהִיא נוֹהֶגֶת בְּעַצְמָהּ כְּאִלּוּ הִיא עוֹדֶנָּה בְּבֵית אָבִיהָ דְּלָא שָׁיְיכִי בָּהּ הָנֵי תְּלָתָא, לְכָךְ אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לָהּ זְכוּת לֹא יַאֲרִיכוּ לָהּ מִן הַשָּׁמַיִם אֵיזֶה שָׁנִים, אֶלָּא יָבֹא לָהּ הָעֹונֶשׁ בְּעוֹדָהּ קְטַנָּה בְּשָׁנִים, בְּמִדָּתָהּ שֶׁנָּהֲגָה בְּעַצְמָהּ כְּמִנְהַג בְּנוֹת הַקְּטַנִּים דְּלָא שָׁיְיכִי בְּהוּ עֲדַייִן שְׁלֹשָׁה אֵלֶּה.
'Nos Maîtres ont enseigné : pour trois fautes les femmes meurent yoledot. Rabbi Eliezer dit : les femmes meurent yeladot.' On peut demander : pour celui qui enseigne 'yoledot', il y a une raison : la nida, elle a causé un dommage dans les chambres de son ventre, elle sera frappée dans les chambres de son ventre ; et la 'hala et l'allumage, ces deux (mitsvot) sont venues à la femme à cause de la faute de 'Hava, comme la mitsva de nida qui leur est venue à cause de la faute de 'Hava ; c'est pourquoi pour ces deux aussi la punition sera semblable à celle de la nida, et elle sera frappée dans les chambres de son ventre. Mais pour celui qui enseigne 'yeladot', quelle raison y a-t-il pour ces trois-là plus que pour les autres fautes ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a là une mesure pour mesure : ces trois choses ne concernent pas la jeune fille vierge et mineure ; tant qu'elle est dans la maison de son père et n'est pas encore mariée, elle ne compte pas les jours de nida, elle ne prélève pas la 'hala et elle n'allume pas la lampe, car elle dépend de la table de son père et de sa mère. C'est pourquoi, après son mariage, lorsqu'elle devient obligée à ces trois (mitsvot), si elle n'y prend pas garde, il se trouve qu'elle se conduit comme si elle était encore dans la maison de son père, où ces trois (mitsvot) ne la concernent pas. Aussi, bien qu'elle ait des mérites, on ne lui prolonge pas du Ciel quelques années : la punition lui vient alors qu'elle est encore jeune en années, selon la mesure qu'elle s'est appliquée à elle-même, à la manière des jeunes filles que ces trois (mitsvot) ne concernent pas encore.
💡 Explication

La baraita revient à la Michna. Deux versions : yoledot (elles meurent en accouchant) ou yeladot (elles meurent jeunes). La différence porte sur le moment de la punition.

Deux autres fautes sont ajoutées : laver les vêtements souillés des enfants le Chabbat (Rabbi A'ha), et appeler l'aron ha-kodech 'arna', mot courant pour un coffre ordinaire. Tossefot précise qu'il s'agit de l'arche de la synagogue.

9
תַּנְיָא, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: בַּעֲוֹן שְׁנֵי דְבָרִים עַמֵּי הָאֲרָצוֹת מֵתִים — עַל שֶׁקּוֹרִין לַאֲרוֹן הַקֹּודֶשׁ ״אֲרָנָא״, וְעַל שֶׁקּוֹרִין לְבֵית הַכְּנֶסֶת ״בֵּית עַם״. תַּנְיָא רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שְׁלֹשָׁה בִּדְקֵי מִיתָה נִבְרְאוּ בָּאִשָּׁה, וְאָמְרִי לָהּ: שְׁלֹשָׁה דְּבָקִי מִיתָה: נִדָּה וְחַלָּה וְהַדְלָקַת הַנֵּר. חֲדָא כְּרַבִּי אֶלְעָזָר וַחֲדָא כְּרַבָּנַן.

Il a été enseigné : Rabbi Yichmael ben Elazar dit : À cause de deux fautes les amei ha-arets (ignorants) meurent : parce qu'ils appellent l'arche sainte 'arna', et parce qu'ils appellent la synagogue 'beit am' (maison du peuple). Il a été enseigné : Rabbi Yossi dit : Trois 'bidkei mita' (examens de mort) ont été créés dans la femme ; et certains disent : trois 'divkei mita' (fautes qui attachent la mort) : la nida, la 'hala et l'allumage de la lampe.

L'une (des formules) est selon Rabbi Elazar et l'autre selon les Rabbanan.

📜 Rachi (4)
בֵּית עַם לְשׁוֹן בִּיזּוּי שֶׁמִּתְקַבְּצִין בּוֹ הַכֹּל:
Beit am : terme de mépris, (lieu) où tout le monde se rassemble.
וְלַאֲרוֹן הַקֹּדֶשׁ אֲרָנָא אֵין קוֹרִין אוֹתוֹ אֲרוֹן הַקֹּדֶשׁ:
Et l'arche sainte, arna : ils ne l'appellent pas 'arche sainte'.
בָּדְקִי עוֹנוֹת שֶׁבּוֹדְקִין אוֹתָן בָּהֶן בִּשְׁעַת סַכָּנָה כְּרַבָּנָן דְּאָמְרִי יוֹלְדוֹת:
Bidkei : fautes pour lesquelles on les examine au moment du danger, selon les Rabbanan qui disent 'yoledot'.
דְּבָקִי שֶׁמְּדַבְּקִין וּמְקָרְבִין מִיתָה לִפְנֵי זְמַנָּהּ כְּר' אֶלְעָזָר דְּתָנֵי יְלָדוֹת:
Divkei : qui attachent et rapprochent la mort avant son temps, selon Rabbi Elazar qui enseigne 'yeladot'.
💡 Explication

Rabbi Yichmael ben Elazar applique le reproche aux amei ha-arets : parler de l'arche ou de la synagogue avec des mots ordinaires ('arna', 'beit am') manque de respect pour les objets saints.

Les deux formules de Rabbi Yossi correspondent aux deux versions du segment précédent. Bidkei mita : des fautes examinées au moment du danger, donc à l'accouchement (Rabbanan, 'yoledot'). Divkei mita : des fautes qui rapprochent la mort, même jeune (Rabbi Elazar, 'yeladot').

10
תַּנְיָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הִלְכוֹת הֶקְדֵּשׁ, תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת — הֵן הֵן גּוּפֵי תּוֹרָה,

Il a été enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : Les lois du hekdech (biens consacrés), des teroumot et des maasserot (dîmes) sont elles-mêmes des éléments essentiels de la Torah,

🪔 Ben Yehoyada (1)
תַּנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הִלְכוֹת הֶקְדֵּשׁ, תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת, הֵן הֵן גּוּפֵי תּוֹרָה, וְנִמְסְרוּ לְעַמֵּי הָאָרֶץ. נִרְאֶה לִי בס"ד מַה שֶׁכָּפַל לְשׁוֹן 'הֵן' כִּי בְּהֶקְדֵּשׁוֹת תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת רוֹאֶה אָדָם שֶׁהוּא מְחַסֵּר מָמוֹנוֹ וּמַפְסִיד, אַךְ בֶּאֱמֶת אַדְּרַבָּה הוּא נֶהֱנֶה מֵהֶם שֶׁיִּתְרַבֶּה מָמוֹנוֹ, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר עַשֵּׂר בִּשְׁבִיל שֶׁתִּתְעַשֵּׁר, וְכֵן (יְחֶזְקֵאל מד, ל) רֵאשִׁית עֲרִסוֹתֵיכֶם תִּתְּנוּ לַכֹּהֵן לְהָנִיחַ בְּרָכָה אֶל בֵּיתֶךָ, וְכֵן הוּא בְּהֶקְדֵּשׁוֹת. וְלָזֶה אָמַר הֵן הֵן ב' תֵּיבוֹת אֵלּוּ לְמַפְרֵעַ הֵמָּה אוֹתִיּוֹת נֶהֱנֶה. וְנִרְאֶה כִּי בְּאֵלּוּ יִזְדַּמֵּן שְׁנֵי הֲפָכִים בַּחֲשָׁשׁוֹת, וְהוּא שֶׁאֶחָד עַם הָאָרֶץ הִקְדִּישׁ דָּבָר אֶחָד וּכְפִי הַדִּין לֹא חָל הַהֶקְדֵּשׁ, אַךְ לִהְיוֹתוֹ עַם הָאָרֶץ חָשַׁב חָל הַהֶקְדֵּשׁ וְאָמְרוּ לָנוּ שֶׁהוּא הֶקְדֵּשׁ וְהֶחֱזַקְנוּ אוֹתוֹ לְהֶקְדֵּשׁ, וְאַחַר כָּךְ נִזְדַּמֵּן שֶׁנֶּהֱנוּ מִמֶּנּוּ אֲחֵרִים וְחִיַּיבְנוּם קָרְבַּן מְעִילָה, וְנִמְצָא הֱבִיאוֹ חֻולִּין לָעֲזָרָה, דִּלְפִי הָאֱמֶת אֵין כָּאן הֶקְדֵּשׁ וְאֵין כָּאן מְעִילָה! וְכֵן לְהֵפֶךְ הִקְדִּישׁ דָּבָר אֶחָד וּכְפִי הַדִּין חָל הַהֶקְדֵּשׁ, וְהוּא לִהְיוֹתוֹ עַם הָאָרֶץ חָשַׁב אֵין זֶה הֶקְדֵּשׁ וְהֶחֱזִיקוּ כְּחֻולִּין וַהֲרֵי אֲחֵרִים נֶהֱנִים בּוֹ וּמוֹעֲלִין, וְכֵן הֵבִיא שֶׂה לְהַקְרִיב, וּכְפִי הַדִּין לֹא חָל עָלָיו קָרְבָּן כִּי לֹא הָיָה שֶׁלּוֹ, וְנִמְצָא הִקְרִיבוֹ חֻולִּין בָּעֲזָרָה! אוֹ לְהֵפֶךְ שֶׁחָל עָלָיו קָרְבָּן, וְהוּא חוֹשֵׁב דְּלָא חָל וְשָׁחֲטוּ וְאָכְלוּ וְגַם אֲחֵרִים אָכְלוּ עִמּוֹ, הֲרֵי מִכְשׁוֹל בִּשְׁנֵי הַפְכִּיִּים, וְכֵן יִמָּצֵא עִנְיָינִים הַפְכִּיִּים כָּאֵלֶּה בִּתְרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת.
'Il a été enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : les lois du hekdech, des teroumot et des maasserot sont elles-mêmes (hen hen) des éléments essentiels de la Torah, et elles ont été confiées aux amei ha-arets.' Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il répète le mot 'hen' parce que dans les consécrations, les teroumot et les maasserot l'homme voit qu'il diminue son argent et subit une perte ; mais en vérité, au contraire, il en tire profit, car son argent augmentera, comme il est dit : 'prends la dîme pour t'enrichir', et de même (Ye'hezkel 44, 30) : 'vous donnerez au Cohen les prémices de vos pâtisseries pour faire reposer la bénédiction sur ta maison' ; et il en est de même pour les consécrations. C'est pourquoi il dit 'hen hen' : ces deux mots, lus à l'envers, forment les lettres de 'nehene' (il profite). Il me semble aussi que dans ces (domaines) peuvent se présenter deux craintes opposées. Un am ha-arets a consacré une chose ; selon la loi, la consécration n'a pas pris effet, mais parce qu'il est am ha-arets, il a pensé que la consécration avait pris effet ; il nous a dit que c'était hekdech et nous l'avons tenu pour hekdech. Ensuite il est arrivé que d'autres en ont profité, et nous les avons obligés à un sacrifice de meila (usage profane d'un bien consacré) ; il se trouve qu'ils ont apporté du profane dans le parvis (du Temple), car en vérité il n'y a ici ni hekdech ni meila ! Et inversement : il a consacré une chose et, selon la loi, la consécration a pris effet ; mais parce qu'il est am ha-arets, il a pensé que ce n'était pas hekdech et l'a tenu pour profane ; et voici que d'autres en profitent et commettent meila. De même, il a apporté un agneau à offrir et, selon la loi, il n'est pas devenu sacrifice, car il ne lui appartenait pas ; il se trouve qu'on a offert du profane dans le parvis ! Ou inversement : il est devenu sacrifice, mais lui pense qu'il ne l'est pas devenu ; il l'a abattu et mangé, et d'autres aussi en ont mangé avec lui. Voilà un obstacle dans deux (directions) opposées ; et on trouvera des cas opposés semblables dans les teroumot et les maasserot.
💡 Explication

Le segment s'arrête au milieu de la phrase ; la suite (32b) dit que ces lois 'ont été confiées aux amei ha-arets'. Le lien avec ce qui précède : comme la 'hala, ces mitsvot concernent des prélèvements sur les biens.

Goufei Torah désigne des lois centrales et graves, qui touchent des interdits sévères (meila, consommation de tevel). Elles sont pourtant laissées à la responsabilité de chacun, y compris de ceux qui les connaissent mal.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).