Shabbat 33a — La beraita des fautes et de leurs châtiments : du vol aux propos obscènes, puis les maladies-signes (hidrokan, yerakon, askara)

Shabbat 33a

Sougya : Le folio poursuit la longue beraita commencée à la page précédente, qui associe à chaque faute collective un châtiment annoncé par un verset : le vol appelle les sauterelles et la famine ; le retard, la distorsion et la négligence du jugement, joints à l'abandon de l'étude, appellent l'épée, le pillage, la peste et la sécheresse ; le serment vain, la profanation du Nom et celle du Chabbat appellent les bêtes sauvages et les routes désertes ; le meurtre entraîne la destruction du Temple et le retrait de la Chekhina ; les relations interdites, l'idolâtrie et l'abandon de la chemita entraînent l'exil. La dernière faute de la liste, le nivoul pe (parole obscène), ouvre une section propre : Rabbi Hanan bar Rava, Rav Hisda et Rav Nahman bar Yits'hak en tirent trois enseignements.

La guemara passe alors aux maladies comprises comme signes : les trois formes d'hidrokan (hydropisie), les cas de Chemouel ha-Katan, d'Abaye et de Rava, puis la beraita des quatre signes, qui s'achève sur l'askara et ouvre la discussion de la page suivante.

La chaîne faute / châtiment de la beraita (Chabbat 33a) Be-avon : pour la faute de... Le châtiment annoncé par le verset Guezel : le vol Les sauterelles montent, la famine s'installe, on dévore la chair de sa propre descendance Retard, distorsion, négligence du jugement ; bitoul Torah Epée et pillage, peste et sécheresse ; on mange sans être rassasié, le pain au poids Serment vain et faux serment ; hiloul Hachem ; hiloul Chabbat Les bêtes sauvages se multiplient, le bétail disparaît, les routes deviennent désertes Chefikhout damim : le meurtre Le Temple est détruit, la Chekhina se retire d'Israël Arayot, avoda zara, chemita et yovel négligés L'exil vient au monde ; d'autres viennent s'installer à leur place Nivoul pe : la parole obscène Malheurs et décrets nouveaux, les jeunes meurent, orphelins et veuves crient sans être exaucés Chaque maillon suit le même schéma : nommer la faute, citer le verset, en lire le châtiment.
Vue d'ensemble de la beraita : six fautes collectives, six châtiments, chacun adossé à un verset.
Les trois hidrokan (hydropisie) de la beraita Même maladie, trois causes ; l'aspect du corps sert de critère De la faute (avéra) avé : épais La chair durcit, s'épaissit et gonfle Rav Nahman : signe de faute De la faim (raav) tafoua'h : bouffi La peau est gonflée, de l'eau en dessous Cas d'Abaye (Nahmani) De la sorcellerie (kechafim) dak : mince La chair s'amincit et s'amaigrit Chemouel ha-Katan : 'mi mefis ?' - qui tirera au sort pour dire laquelle des trois causes est la mienne ? Rachi : les signes peuvent changer, et le public ne sait pas les distinguer.
Les trois hidrokan et le critère physique qui les distingue, avec la prière de Chemouel ha-Katan.
Beraita des quatre signes (arba'a simanin) À chaque faute correspond une atteinte du corps qui la révèle Avéra (la faute) Hidrokan Sin'at hinam (haine gratuite) Yerakon (jaunisse) Gassout ha-roua'h (orgueil) Aniyout (pauvreté en Torah) Lachon ha-ra (médisance) Askara (mal de gorge mortel) Le dernier couple, lachon ha-ra et askara, lance la sougya de la page suivante.
Les quatre signes de la beraita finale : la faute et l'atteinte corporelle qui la désigne.
1
דְּאָכְלָן וְלֹא עַבְּדָן. וּכְתִיב: ״הִכֵּיתִי אֶתְכֶם בַּשִּׁדָּפוֹן וּבַיֵּרָקוֹן הַרְבּוֹת גַּנּוֹתֵיכֶם וְכַרְמֵיכֶם וּתְאֵנֵיכֶם וְזֵיתֵיכֶם יֹאכַל הַגָּזָם״, וּכְתִיב: ״יֶתֶר הַגָּזָם אָכַל הָאַרְבֶּה וְיֶתֶר הָאַרְבֶּה אָכַל הַיָּלֶק וְיֶתֶר הַיֶּלֶק אָכַל הֶחָסִיל״. וּכְתִיב: ״וַיִּגְזֹור עַל יָמִין וְרָעֵב וַיֹּאכַל עַל שְׂמֹאל וְלֹא שָׂבֵעוּ אִישׁ בְּשַׂר זְרֹועוֹ יֹאכֵלוּ״, אַל תִּקְרֵי ״בְּשַׂר זְרוֹעוֹ״ אֶלָּא ״בְּשַׂר זַרְעוֹ״.

qui mangent sans rien produire. Et il est écrit : « Je vous ai frappés par la nielle et la rouille ; la multitude de vos jardins, de vos vignes, de vos figuiers et de vos oliviers, le gazam les a dévorés. » Et il est écrit : « Ce que le gazam a laissé, l'arbe l'a mangé ; ce que l'arbe a laissé, le yelek l'a mangé ; ce que le yelek a laissé, le hassil l'a mangé. » Et il est écrit : « Il taille à droite et il a faim, il mange à gauche et il n'est pas rassasié ; chacun dévore la chair de son bras (bessar zéro'o). » Ne lis pas « la chair de son bras » (bessar zéro'o) mais « la chair de sa descendance » (bessar zar'o).

📜 Rachi (2)
דְּאָכְלָן וְלֹא עַבְּדָן וְנִמְצָא שֶׁגּוֹזְלוֹת אֶת בַּעֲלֵיהֶן וְעוֹד מִתּוֹךְ שֶׁמְּלֻומָּדוֹת בְּמַאֲכָל וּבְמִשְׁתֶּה גּוֹרְמוֹת לַבְּעָלִים לִגְזוֹל:
Il se trouve alors qu'elles volent leurs maris ; de plus, habituées à bien manger et à bien boire, elles amènent leurs maris à voler.
וּכְתִיב בְּהַהִיא פָּרָשָׁה בִּנְבוּאַת עָמוֹס הִכֵּיתִי אֶתְכֶם בְּשִׁדָּפוֹן וְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא כַּרְמֵיכֶם וְזֵיתֵיכֶם יֹאכַל הַגָּזָם וּכְתִיב בְּיוֹאֵל יֶתֶר הַגָּזָם דְּמַשְׁמַע שֶׁהַגָּזָם אֵינוֹ אֶלָּא תְּחִלַּת מַכָּה וְאַחֲרֶיהָ בָּאִים אַרְבֶּה וְחָסִיל אַלְמָא גּוֹבַאי עוֹלֶה בַּעֲוֹן גֶּזֶל וְכֵיוָן דְּמִינֵי גּוֹבַאי עוֹלִין רָעָב הֲוָה וְכֵיוָן דְּהָרָעָב הֲוָה כְּתִיב בִּישַׁעְיָה וַיִּגְזֹור עַל יָמִין וְרָעֵב וְגוֹ' וְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא אִישׁ בְּשַׂר זְרֹועוֹ יֹאכֵלוּ:
Dans ce même passage, dans la prophétie d'Amos : « Je vous ai frappés par la nielle », dont la fin du verset est « vos vignes et vos oliviers, le gazam les dévorera ». Et il est écrit chez Yoël : « Ce que le gazam a laissé... », ce qui indique que le gazam n'est que le début du flau et qu'après lui viennent l'arbe et le hassil. On voit donc que les nuées de sauterelles montent pour la faute de vol ; et puisque les espèces de sauterelles montent, la famine survient ; et puisque la famine survient, il est écrit chez Yechayahou : « Il taille à droite et il a faim, etc. », dont la fin du verset est « chacun dévore la chair de son bras ».
🪔 Ben Yehoyada (1)
וּכְתִיב: (יְשַׁעְיָהוּ ט, יט) "וַיִּגְזֹר עַל יָמִין וְרָעֵב, וַיֹּאכַל עַל שְׂמֹאול וְלֹא שָׂבֵעוּ, אִישׁ בְּשַׂר זְרֹעוֹ יֹאכֵלוּ", אַל תִּקְרֵי: "בְּשַׂר זַרְעוֹ", אֶלָּא: "בְּשַׂר זַרְעוֹ". נִרְאֶה לִי בס"ד, הַתּוֹרָה כָּלְלָה בִּרְכַּת הָאָרֶץ בִּשְׁלֹשָׁה, שֶׁהֵם דְּגָנְךָ וְתִירֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ (דְּבָרִים יא, יד), אַךְ הַתִּירוֹשׁ אֵין חֶסְרוֹנוֹ נִרְגָּשׁ בְּסוּג רָעָב שֶׁאִם לֹא שָׁתוּ יַיִן וְלֹא אָכְלוּ עֲנָבִים לֹא אִכְפַּת לְהוּ, אַךְ הָרָעָב נִרְגָּשׁ בְּחֶסְרוֹן הַדָּגָן וְהַיִּצְהָר, וְיָדוּעַ שֶׁהַדָּגָן יִתְיַיחֵס לִשְׂמֹאל וְיִצְהָר לְיָמִין, וְסִימָנְךָ 'שֻׁלְחָן בַּצָּפוֹן וּמְנוֹרָה בַּדָּרוֹם' וְלָזֶה אָמַר וְיִגְזֹר עַל יָמִין זֶה הַיִּצְהָר, וְרָעֵב וַיֹּאכַל עַל שְׂמֹאול זֶה הַדָּגָן וְלֹא שֶׁבַע.
« Et il est écrit (Yechayahou 9,19) : "Il taille à droite et il a faim, il mange à gauche et il n'est pas rassasié, chacun dévore la chair de sa descendance" ; ne lis pas "la chair de son bras" mais "la chair de sa descendance". » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la Torah a résumé la bénédiction du pays en trois produits : ton blé (dagan), ton vin nouveau (tiroch) et ton huile (yitshar) (Devarim 11,14). Or le manque de tiroch ne se fait pas sentir comme une famine : si l'on ne boit pas de vin et si l'on ne mange pas de raisins, cela ne pèse pas vraiment. La faim se fait sentir dans le manque de dagan et de yitshar. On sait que le dagan se rattache à la gauche et le yitshar à la droite, et ton signe est : « la table au nord et la menora au sud ». C'est pourquoi le verset dit « il taille à droite » — c'est le yitshar — « et il a faim, il mange à gauche » — c'est le dagan — « et il n'est pas rassasié ».
💡 Explication

Le folio reprend en cours de phrase la beraita commencée à la page précédente sur la faute de guezel (le vol). Les premiers mots traduits ici appartiennent encore à l'énumération antérieure ; Rachi les rapporte aux femmes qui vivent sans rien produire, ce qui conduit le mari au vol.

La démonstration procède par chaînage de versets. Amos annonce la nielle et le gazam, une espèce de sauterelle ; Yoël montre que le gazam n'ouvre qu'une série (arbe, yelek, hassil) ; Yechayahou décrit la famine qui en résulte. Le dernier maillon repose sur un al tikri, procédé qui relit un mot d'après son squelette consonantique : zéro'o (son bras) devient zar'o (sa descendance), et l'image de l'homme qui ronge son propre bras devient celle du parent qui perd ses enfants.

2
בַּעֲוֹן עִינּוּי הַדִּין, וְעִיוּוּת הַדִּין, וְקִלְקוּל הַדִּין, וּבִיטּוּל תּוֹרָה — חֶרֶב וּבִיזָּה רַבָּה, וְדָבָר וּבְצוּרַת בָּא, וּבְנֵי אָדָם אוֹכְלִין וְאֵינָן שְׂבֵעִין, וְאוֹכְלִין לַחְמָם בְּמִשְׁקָל. דִּכְתִיב: ״וְהֵבֵאתִי עֲלֵיכֶם חֶרֶב נֹוקֶמֶת נְקַם בְּרִית וְגוֹ׳״. וְאֵין ״בְּרִית״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם לֹא בְּרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״בְּשִׁבְרִי לָכֶם מַטֵּה לֶחֶם וְאָפוּ עֶשֶׂר נָשִׁים וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״יַעַן וּבְיַעַן בְּמִשְׁפָּטַי מָאָסוּ״.

Pour la faute de retard du jugement (inouy ha-din), de distorsion du jugement (ivout ha-din), de jugement bâclé (kilkoul ha-din) et d'abandon de l'étude de la Torah (bitoul Torah) : l'épée et le pillage se multiplient, la peste et la sécheresse viennent, les gens mangent sans être rassasiés et mangent leur pain au poids. Car il est écrit : « J'amènerai sur vous une épée vengeresse, vengeance de l'alliance (berit), etc. » ; et « alliance » ne désigne que la Torah, ainsi qu'il est dit : « Si mon alliance n'était pas jour et nuit, etc. » Et il est écrit : « Lorsque je vous briserai le bâton du pain, dix femmes cuiront votre pain, etc. » Et il est écrit : « Parce qu'ils ont méprisé mes jugements. »

📜 Rachi (4)
עִינּוּי הַדִּין שֶׁמְּאַחֲרִין הַדַּייָּנִין לְדוּנוֹ וְלֹא לְשֵׁם שָׁמַיִם אֶלָּא לְאַחַר שֶׁהֻובְרַר לָהֶן הַדִּין מַשְׁהִין אוֹתוֹ:
Les juges tardent à trancher l'affaire, et sans intention pure : une fois le jugement clair à leurs yeux, ils le retiennent.
עִוּוּת הַדִּין שֶׁמְּעַווְּתִין אוֹתוֹ מְזִידִין:
Ils le faussent sciemment.
קִלְקוּל הַדִּין שֶׁלֹּא הָיוּ מְתוּנִין בּוֹ לְעַייֵּן כָּל צָרְכָן וְנִתְקַלְקֵל מֵאֵלָיו:
Ils n'ont pas été assez posés pour l'examiner autant qu'il le fallait, et le jugement s'est gâté de lui-même.
חֶרֶב וּבִיזָּה רַבָּה כּוּ' דִּכְתִיב נְקַם בְּרִית וְאֵין בְּרִית אֶלָּא תּוֹרָה דִּכְתִיב אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה וְהָגִיתָ בּוֹ יוֹמָם וָלַיְלָה וּכְתִיב חֶרֶב וְעַל יְדֵי חֶרֶב דְּהַיְינוּ מְשֻׁלַּחַת גֵּירוּי מִלְחָמָה הַבִּיזָּה בָּאָה וּכְתִיב וְשָׁלַחְתִּי דָּבָר הֲרֵי דָּבָר וּכְתִיב בְּשִׁבְרִי לָכֶם מַטֵּה לֶחֶם הֲרֵי בַּצֹּורֶת וּכְתִיב בְּסוֹף כָּל הַקְּלָלוֹת יַעַן וּבְיַעַן בְּמִשְׁפָּטַי מָאָסוּ הֲרֵי עִינּוּי וְעִיוּוּת וְקִלְקוּל בִּכְלָל:
Puisqu'il est écrit « vengeance de l'alliance », et qu'« alliance » ne désigne que la Torah, comme il est écrit « si mon alliance n'était pas jour et nuit » et « tu la méditeras jour et nuit ». Il est écrit « épée » : voilà l'épée ; et par l'épée, c'est-à-dire par la provocation de la guerre, vient le pillage. Il est écrit « j'enverrai la peste » : voilà la peste. Il est écrit « lorsque je vous briserai le bâton du pain » : voilà la sécheresse. Et il est écrit à la fin de toutes les malédictions « parce qu'ils ont méprisé mes jugements » : voilà le retard, la distorsion et le jugement bâclé, tous compris dans cette formule.
💡 Explication

Trois défaillances du tribunal sont distinguées par Rachi, et elles ne relèvent pas du même registre. L'inouy ha-din est un retard : le verdict est déjà clair, on le garde. L'ivout ha-din est une falsification volontaire. Le kilkoul ha-din est une erreur produite par un examen trop rapide.

Le bitoul Torah est joint aux trois par le mot berit du verset : l'alliance dont l'épée prend vengeance est identifiée à la Torah grâce à Yirmeyahou. Chaque terme du châtiment énoncé par la beraita est ensuite retrouvé dans les malédictions de Vayikra 26, et la formule finale « parce qu'ils ont méprisé mes jugements » sert de rattachement commun aux trois fautes judiciaires.

3
בַּעֲוֹן שְׁבוּעַת שָׁוְא וּשְׁבוּעַת שֶׁקֶר וְחִילּוּל הַשֵּׁם וְחִילּוּל שַׁבָּת — חַיָּה רָעָה רַבָּה, וּבְהֵמָה כָּלָה, וּבְנֵי אָדָם מִתְמַעֲטִין, וְהַדְּרָכִים מִשְׁתּוֹמְמִין. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִם בְּאֵלֶּה לֹא תִוָּסְרוּ לִי״ — אַל תִּקְרֵי ״בְּאֵלֶּה״, אֶלָּא ״בְּאֵלֶּה״. וּכְתִיב: ״וְהִשְׁלַחְתִּי בָכֶם אֶת חַיַּת הַשָּׂדֶה וְגוֹ׳״, וּכְתִיב בִּשְׁבוּעַת שֶׁקֶר: ״וְלֹא תִשָּׁבְעוּ בִשְׁמִי לַשָּׁקֶר וְחִלַּלְתָּ אֶת שֵׁם אֱ-לֹהֶיךָ״, וּבְחִלּוּל הַשֵּׁם כְּתִיב: ״וְלֹא תְחַלְּלוּ אֶת שֵׁם קָדְשִׁי״. וּבְחִלּוּל שַׁבָּת כְּתִיב: ״מְחַלְלֶיהָ מוֹת יוּמָת״, וְיָלֵיף ״חִילּוּל״ ״חִילּוּל״ מִשְּׁבוּעַת שֶׁקֶר.

Pour la faute de serment vain (chevou'at chav), de faux serment (chevou'at cheker), de profanation du Nom (hiloul Hachem) et de profanation du Chabbat : les bêtes sauvages se multiplient, le bétail disparaît, les hommes diminuent en nombre et les routes deviennent désertes. Ainsi qu'il est dit : « Et si par ces choses (be-ele) vous ne vous laissez pas corriger par moi » — ne lis pas « be-ele » (par ces choses) mais « be-ala » (par le serment).

Et il est écrit : « J'enverrai contre vous la bête des champs, etc. » Au sujet du faux serment il est écrit : « Vous ne jurerez pas par mon Nom pour le mensonge, et tu profanerais (ve-hilalta) le Nom de ton D.ieu » ; au sujet de la profanation du Nom il est écrit : « Vous ne profanerez pas (tehallelou) mon saint Nom » ; et au sujet de la profanation du Chabbat il est écrit : « Ceux qui le profanent (mehalleleha) seront mis à mort » — et l'on déduit « profanation » de « profanation » depuis le faux serment.

📜 Rachi (4)
שְׁבוּעוֹת שָׁוְא כָּל הַמְשַׁנֶּה אֶת הַיָּדוּעַ כְּגוֹן עַל הָאִישׁ שֶׁהוּא אִשָּׁה שְׁבוּעַת שֶׁקֶר שֶׁאֵין בַּדָּאוּתוֹ נִיכֶּרֶת וּמַאֲמִין שֶׁקֶר לַבְּרִיּוֹת:
Quiconque change ce qui est notoire, par exemple jurer d'un homme qu'il est une femme. Le faux serment, lui, est celui dont la fausseté ne se voit pas et qui fait croire un mensonge aux gens.
וְהַדְּרָכִים מִשְׁתּוֹמְמִין מֵאֵין עוֹבֵר:
Faute de passants.
אֶלָּא בְּאֵלֶּה וְיֵשׁ בַּמַּשְׁמָע בֵּין שָׁוְא בֵּין שֶׁקֶר וּכְתִיב בִּשְׁבוּעַת שֶׁקֶר וְחִלַּלְתָּ וּבְשַׁבָּת וּבְחִילּוּל הַשֵּׁם כְּתִיב חִילּוּל וְגָמְרִינַן מִשְּׁבוּעָה:
Le mot « ala » désigne le serment, et il inclut aussi bien le serment vain que le faux serment. Au sujet du faux serment il est écrit « et tu profanerais » ; pour le Chabbat et pour la profanation du Nom il est écrit « profanation » ; on l'apprend donc du serment.
חִילּוּל הַשֵּׁם אָדָם גָּדוֹל שֶׁבְּנֵי אָדָם לְמֵדִים הֵימֶנּוּ וְאֵינוֹ נִזְהָר בְּמַעֲשָׂיו נִמְצְאוּ הַקְּטַנִּים מְזַלְזְלִין בַּתּוֹרָה עַל יָדוֹ וְאוֹמְרִים זֶהוּ מֵבִין שֶׁאֵין מַמָּשׁ בַּתּוֹרָה וּבַמִּצְוֹת וְנִמְצָא הַשֵּׁם מִתְחַלֵּל נַעֲשָׂה דְּבָרָיו חֻולִּין:
Un homme de stature, dont les gens apprennent, et qui ne prend pas garde à sa conduite : les plus petits en viennent à mépriser la Torah à cause de lui et disent « celui-là comprend, et il n'y a rien de consistant dans la Torah ni dans les mitsvot ». Le Nom se trouve alors profane : ses paroles deviennent profanes (houlin).
💡 Explication

Le verset de base ne parle pas de serment : « si par ces choses (be-ele) vous ne vous laissez pas corriger ». La beraita le relit en be-ala, « par le serment », puisque les mêmes consonnes se lisent ainsi ; le châtiment annoncé juste après, les bêtes sauvages, se rattache donc au serment.

Les deux autres fautes sont accrochées par une guezera chava, rapprochement de deux passages qui emploient le même mot : le verbe hiloul (profaner) figure dans le verset du faux serment, dans celui du Nom et dans celui du Chabbat. Ce qui a été établi pour le premier vaut donc pour les deux autres. Rachi précise en outre ce qu'est le hiloul Hachem : la conduite négligente d'un homme dont les autres apprennent, et qui leur fait conclure que la Torah est sans consistance.

🖼️ Schéma
Comment la beraita relie trois fautes à un seul châtiment Faux serment (Vayikra 19,12) ve-hilalta : et tu profanerais le Nom guezera chava : hiloul / hiloul Profanation du Nom lo tehallelou (Vayikra 22,32) Profanation du Chabbat mehalleleha (Chemot 31,14) Le mot hiloul, commun aux trois versets, transporte le châtiment du faux serment aux deux autres. Châtiment : bêtes sauvages, bétail détruit, routes désertes (al tikri be-ele ela be-ala).
Le mot hiloul, partagé par trois versets, étend le châtiment du faux serment au Nom et au Chabbat.
4
בַּעֲוֹן שְׁפִיכוּת דָּמִים בֵּית הַמִּקְדָּשׁ חָרֵב, וּשְׁכִינָה מִסְתַּלֶּקֶת מִיִּשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא תַּחֲנִיפוּ וְגוֹ׳ וְלֹא תְטַמֵּא אֶת הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַתֶּם יֹושְׁבִים בָּהּ אֲשֶׁר אֲנִי שֹׁוכֵן בְּתוֹכָהּ״. הָא אַתֶּם מְטַמְּאִים אוֹתָהּ — אֵינְכֶם יוֹשְׁבִים בָּהּ, וְאֵינִי שׁוֹכֵן בְּתוֹכָהּ.

Pour la faute de meurtre (chefikhout damim), le Beth ha-Mikdach est détruit et la Chekhina se retire d'Israël, ainsi qu'il est dit : « Vous ne profanerez pas, etc., et tu ne rendras pas impur le pays dans lequel vous demeurez, au milieu duquel je réside. » Donc : si vous le rendez impur, vous n'y demeurerez pas et je ne résiderai pas en son sein.

📜 Rachi (1)
אֵין אֲנִי שׁוֹכֵן חֻורְבַּן הַבַּיִת בַּמַּשְׁמָע שֶׁאֵין מִשְׁכָּנִי בְּתוֹכָם:
Cela inclut la destruction du Temple : ma demeure n'est plus parmi eux.
💡 Explication

Le verset de Bamidbar 35 joint deux affirmations : le pays doit rester pur, et Hachem y réside. La beraita en tire la contrepartie par simple retournement : rendre le pays impur par le sang, c'est perdre à la fois la résidence du peuple et celle de la Chekhina. Rachi ajoute que le retrait de la résidence divine signifie concrètement la destruction du Temple, lieu de cette résidence.

5
בַּעֲוֹן גִּלּוּי עֲרָיוֹת וַעֲבוֹדָה זָרָה וְהַשְׁמָטַת שְׁמִיטִּין וְיוֹבְלוֹת — גָּלוּת בָּא לָעוֹלָם, וּמְגַלִּין אוֹתָן, וּבָאִין אֲחֵרִים וְיוֹשְׁבִין בִּמְקוֹמָן. שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי אֶת כָּל הַתּוֹעֵבֹות הָאֵל עָשׂוּ אַנְשֵׁי הָאָרֶץ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַתִּטְמָא הָאָרֶץ וָאֶפְקֹוד עֲוֹנָהּ עָלֶיהָ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וְלֹא תָקִיא הָאָרֶץ אֶתְכֶם בְּטַמַּאֲכֶם אֹותָהּ״.

Pour la faute de relations interdites (guiloui arayot), d'idolâtrie (avoda zara) et d'abandon des années de chemita et de yovel : l'exil vient au monde, on les exile, et d'autres viennent s'installer à leur place. Ainsi qu'il est dit : « Car toutes ces abominations, les gens du pays les ont commises, etc. » ; et il est écrit : « Le pays devint impur, et je lui ai fait rendre compte de sa faute, etc. » ; et il est écrit : « Que le pays ne vous vomisse pas lorsque vous le rendrez impur. »

📜 Rachi (1)
כִּי אֶת כָּל הַתּוֹעֵבֹות בְּפָרָשַׁת עֲרָיוֹת כְּתִיב:
C'est écrit dans la section des arayot.
💡 Explication

Les trois fautes de ce groupe partagent un même châtiment, l'exil, mais chacune reçoit sa preuve propre : ce segment traite des arayot, le suivant de l'avoda zara, le troisième de la chemita. Le verset de Vayikra 18 emploie l'image du pays qui vomit ses habitants, ce qui rend compte des deux éléments annoncés par la beraita : le départ du peuple et l'arrivée d'autres occupants.

6
וּבַעֲבוֹדָה זָרָה כְּתִיב: ״וְנָתַתִּי אֶת פִּגְרֵיכֶם וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַהֲשִׁמּוֹתִי אֶת מִקְדְּשֵׁיכֶם וְגוֹ׳״, ״וְאֶתְכֶם אֶזְרֶה בַּגּוֹיִם״.

Et au sujet de l'idolâtrie il est écrit : « Je mettrai vos cadavres, etc. » ; et il est écrit : « Je dévasterai vos sanctuaires, etc. », « et vous, je vous disperserai parmi les nations ».

📜 Rachi (1)
וְנָתַתִּי אֶת פִּגְרֵיכֶם עַל פִּגְרֵי גִּלּוּלֵיכֶם דְּהַייְנוּ ע"ז וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ וְאֶתְכֶם אֶזְרֶה בַּגּוֹיִם וּכְתִיב וְשָׁמְמוּ עָלֶיהָ אֹויְבֵיכֶם הַיֹּושְׁבִים בָּהּ הֲרֵי שֶׁהֵם גּוֹלִין וְאוֹיְבֵיהֶם יוֹשְׁבִין בִּמְקוֹמָן:
« Je mettrai vos cadavres sur les cadavres de vos idoles » : il s'agit de l'idolâtrie. Et il est écrit ensuite « et vous, je vous disperserai parmi les nations », puis « vos ennemis qui s'y installeront en seront stupéfaits » : voilà qu'ils sont exilés et que leurs ennemis s'installent à leur place.
💡 Explication

Rachi montre que les deux éléments du châtiment figurent dans la suite immédiate des versets de Vayikra 26 : la dispersion parmi les nations pour l'exil, et les ennemis installés dans le pays pour le remplacement. La démonstration ne repose pas sur un procédé exégétique particulier ici, mais sur la lecture continue du passage.

7
בִּשְׁמִיטִּין וּבַיּוֹבְלוֹת כְּתִיב: ״אָז תִּרְצֶה הָאָרֶץ אֶת שַׁבְּתֹותֶיהָ כֹּל יְמֵי הֳשַׁמָּה וְאַתֶּם בְּאֶרֶץ אֹויְבֵיכֶם וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״כָּל יְמֵי הָשַּׁמָּה תִּשְׁבֹּות״.

Au sujet de la chemita et du yovel il est écrit : « Alors le pays acquittera ses chabbats, tous les jours de sa désolation, tandis que vous serez au pays de vos ennemis, etc. » ; et il est écrit : « Tous les jours de sa désolation, il se reposera. »

📜 Rachi (2)
שַׁבְּתוֹתֶיהָ שְׁמִיטִּין:
Les années de chemita.
וְאַתֶּם בְּאֶרֶץ אוֹיְבֵיכֶם וּלְעֵיל מִינֵּיהּ כְּתִיב וְשָׁמְמוּ עָלֶיהָ אוֹיְבֵיכֶם:
Et juste avant il est écrit : « vos ennemis qui s'y installeront en seront stupéfaits ».
💡 Explication

Le verset relie directement le repos du pays à l'exil de ses habitants : les années de chemita non observées sont acquittées pendant la désolation. Rachi indique que les « chabbats » du verset sont les années de chemita, et que la mention des ennemis installés figure au verset précédent, ce qui fournit le second élément du châtiment annoncé par la beraita.

8
בַּעֲוֹן נַבְלוּת פֶּה צָרוֹת רַבּוֹת, וּגְזֵירוֹת קָשׁוֹת מִתְחַדְּשׁוֹת, וּבַחוּרֵי שׂוֹנְאֵי יִשְׂרָאֵל מֵתִים, יְתוֹמִים וְאַלְמָנוֹת צוֹעֲקִין וְאֵינָן נַעֲנִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל כֵּן עַל בַּחוּרָיו לֹא יִשְׂמַח ה׳ וְאֶת יְתֹומָיו (וְאַלְמְנוֹתָיו) [וְאֶת אַלְמְנוֹתָיו] לֹא יְרַחֵם כִּי כֻלּוֹ חָנֵף וּמֵרַע וְכָל פֶּה דֹּובֵר נְבָלָה בְּכָל זֹאת לֹא שָׁב אַפּוֹ וְעוֹד יָדוֹ נְטוּיָה״.

Pour la faute de parole obscène (nivoul pe), les malheurs se multiplient, des décrets durs se renouvellent, les jeunes gens des ennemis d'Israël meurent, et les orphelins et les veuves crient sans être exaucés. Ainsi qu'il est dit : « C'est pourquoi ה' ne se réjouira pas de ses jeunes gens, et de ses orphelins et de ses veuves il n'aura pas pitié, car tous sont impies et malfaisants et toute bouche profère l'obscénité ; malgré tout cela sa colère ne s'est pas détournée, et sa main reste étendue. »

📜 Rachi (1)
לֹא יִשְׂמַח הֲרֵי צָרוֹת וּגְזֵירוֹת וְאֶת יְתֹומָיו וְאֶת אַלְמְנֹותָיו לֹא יְרַחֵם הֲרֵי צוֹעֲקִין וְאֵינָם נַעֲנִין בְּעָוֹן מַה כִּי כֻלּוֹ חָנֵף וּמֵרַע וְכָל פֶּה דֹּובֵר נְבָלָה וְעוֹד יָדוֹ נְטוּיָה לָשׁוֹן וְעַד כָּל שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם שֶׁהֵן ע' שָׁנָה יַד הַדִּין נְטוּיָה עָלָיו לְבַטֵּל זְכִיּוֹתָיו בְּעָוֹן זֶה:
« Il ne se réjouira pas » : voilà les malheurs et les décrets. « Et de ses orphelins et de ses veuves il n'aura pas pitié » : voilà qu'ils crient sans être exaucés. Pour quelle faute ? « Car tous sont impies et malfaisants et toute bouche profère l'obscénité. » « Et sa main reste étendue » : « od » a ici le sens de « encore », c'est-à-dire que pendant toutes les années d'un homme, soixante-dix ans, la main du jugement reste étendue sur lui pour annuler ses mérites à cause de cette faute.
💡 Explication

La formule « les jeunes gens des ennemis d'Israël » est un euphémisme : la guemara évite de prononcer directement le malheur sur Israël et parle de ses ennemis à sa place. Rachi décompose le verset de Yechayahou terme par terme et retrouve chacun des éléments annoncés par la beraita, la cause étant donnée par le verset lui-même : « toute bouche profère l'obscénité ».

Le dernier membre du verset, « et sa main reste étendue », reste inexpliqué à ce stade ; c'est lui qui ouvre la discussion du segment suivant.

9
מַאי ״וְעוֹד יָדוֹ נְטוּיָה״ — אָמַר רַבִּי חָנָן בַּר רָבָא: הַכֹּל יוֹדְעִין כַּלָּה לָמָּה נִכְנְסָה לַחֻופָּה. אֶלָּא כָּל הַמְנַבֵּל פִּיו אֲפִילּוּ חוֹתְמִין עָלָיו גְּזַר דִּין שֶׁל שִׁבְעִים שָׁנָה לְטוֹבָה — הוֹפְכִין עָלָיו לְרָעָה. אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא אָמַר רַב חִסְדָּא: כָּל הַמְנַבֵּל אֶת פִּיו — מַעֲמִיקִין לוֹ גֵּיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוּחָה עֲמֻוקָּה פִּי זָרוֹת״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: אַף שׁוֹמֵעַ וְשׁוֹתֵק, שֶׁנֶּאֱמַר: ״זְעוּם ה׳ יִפָּול שָׁם״.

Que signifie « et sa main reste étendue » ? Rabbi Hanan bar Rava a dit : tout le monde sait pourquoi la mariée entre sous le dais nuptial.

Pourtant, quiconque salit sa bouche à ce sujet, même si l'on a scellé sur lui un décret de soixante-dix ans de bien, on le retourne contre lui en mal. Rabba bar Chila a dit au nom de Rav Hisda : quiconque salit sa bouche, on approfondit pour lui le Guehinom, ainsi qu'il est dit : « Une fosse profonde est la bouche des étrangères. » Rav Nahman bar Yits'hak a dit : même celui qui entend et se tait, ainsi qu'il est dit : « Celui qui est maudit de ה' y tombera. »

📜 Rachi (3)
הַכֹּל יוֹדְעִין כו' וְלֹא הֻוצְרַךְ לְאָדָם לְפָרֵשׁ לָמָּה נִכְנְסָה וְהַמְנַבֵּל פִּיו בְּכָךְ אֲפִילּוּ כו':
Personne n'avait besoin qu'on lui explique pourquoi elle est entrée ; et celui qui salit sa bouche à ce sujet, même, etc.
שׁוֹחֶה עֲמֻוקָּה מוּכֶנֶת לְפִי זָרוּת לְמִי שֶׁפִּיו זָרָה:
Elle est prête pour « la bouche des étrangères », pour celui dont la bouche s'écarte.
זְעוּם ה' יִפָּול שָׁם זָעַם שֶׁל הקב"ה הוּא שׁוּרָה שָׁם אֵצֶל פִּי זָרוּת הַיּוֹשֵׁב אֶצְלוֹ וְשׁוֹמֵעַ קָרוּי זְעֹומוּ שֶׁל הקב"ה:
La réprobation du Saint béni soit-Il repose là, auprès de la bouche des étrangères ; celui qui s'assied à côté et écoute est appelé « celui que le Saint béni soit-Il réprouve ».
🪔 Ben Yehoyada (2)
הַכֹּל יוֹדְעִין, כַּלָּה לָמָּה נִכְנְסָה לַחֻפָּה, אֶלָּא כָּל הַמְנַבֵּל אֶת פִּיו, אֲפִלּוּ חוֹתְמִין עָלָיו גְּזַר דִּין שֶׁל שִׁבְעִים שָׁנָה לְטוֹבָה, הוֹפְכִין עָלָיו לְרָעָה. עִנְיָן זֶה שֶׁל 'שִׁבְעִים' הוּא עַל כּוֹחוֹת הַדִּין שֶׁבַּאֲחוֹרֵי שֵׁמוֹת ע"ב וס"ג שֶׁהֵם ז' יודי"ן כְּמִנְיַן 'שִׁבְעִים' (וְעַיֵּין מִקְדַּשׁ מֶלֶךְ מ"ש בְּשֵׁם רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל זֹוהַר הַקָּדוֹשׁ פָּרָשַׁת אֱמֹור דַּף ק"ה בְּמַאֲמַר קוֹרְעִין לוֹ גְּזַר דִּין שֶׁל שִׁבְעִים שָׁנָה עַייֵּן שָׁם). וְאֵלּוּ הַשִּׁבְעִים הֵם כְּמוֹ שִׁבְעִים סַנְהֶדְרִין שֶׁדָּנִין אֶת הָאָדָם, וּכְמוֹ שֶׁדָּנִין לְרָעָה דָּנִים לְטוֹבָה, יַעַן שֶׁאִם גְּזֵרַת הַדִּין לְטוֹבָה תִּהְיֶה עַל פִּי שִׁבְעִים כּוֹחוֹת הַדִּין הַנִּזְכָּר שֶׁהֵם כְּמוֹ סַנְהֶדְרִין תִּהְיֶה חֲזָקָה מְאֹד וְתִתְקַיֵּים. ומ"ש הוֹפְכִין עָלָיו לְרָעָה כִּי 'פֶּה' [85] עִם הָאוֹתִיּוֹת עוֹלֶה מִסְפַּר 'לְבָנָה' [87] , וְהוּא הֵפֶךְ לְבָנָה לְאוֹתִיּוֹת נְבָלָה שֶׁנִּיבֵּל פִּיו, כֵּן יִתְהַפְּכוּ לוֹ אוֹתִיּוֹת עֹנֶג לְאוֹתִיּוֹת נֶגַע.
« Tout le monde sait pourquoi la mariée entre sous le dais ; pourtant, quiconque salit sa bouche, même si l'on a scellé sur lui un décret de soixante-dix ans de bien, on le retourne contre lui en mal. » Ce nombre de « soixante-dix » renvoie aux forces de din (rigueur) qui se tiennent derrière les Noms ע"ב et ס"ג, lesquels comportent sept youd, soit le compte de « soixante-dix » (voir le Mikdach Melekh, ce qu'il écrit au nom de nos maîtres sur le Zohar, parachat Emor, folio 105, dans le passage « on déchire pour lui un décret de soixante-dix ans »). Ces soixante-dix sont comme les soixante-dix du Sanhédrin qui jugent l'homme ; et de même qu'ils jugent en mal, ils jugent en bien, car si le décret favorable est rendu par ces soixante-dix forces de din, qui sont comme un Sanhédrin, il sera très solide et se réalisera. Et quant à ce qui est dit « on le retourne contre lui en mal » : le mot « pe » (bouche, 85) avec le compte de ses lettres atteint le nombre de « levana » (87) ; puisqu'il a retourné « levana » en les lettres de « nevala » (obscénité) en salissant sa bouche, on retournera de même pour lui les lettres de « oneg » (délice) en les lettres de « nega » (plaie).
כָּל הַמְנַבֵּל אֶת פִּיו מַעֲמִיקִין לוֹ גֵּיהִנָּם. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מַה נוֹסָף לוֹ צַעַר בָּזֶה? וּמַאי הֶפְרֵשׁ יֵשׁ בָּזֶה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד, כִּי לִפְעָמִים מוֹלִיכִין נְשָׁמוֹת צַדִּיקִים עַל פֶּתַח גֵּיהִנָּם כְּדֵי לִמְשֹׁוךְ מִשָּׁם נְשָׁמוֹת לְהוֹצִיאָם, וְלָכֵן אֵלּוּ הַנִּידּוֹנִים שָׁם אֲפִילּוּ שֶׁאֵין קוֹלְטִים אוֹתָם יֵשׁ לָהֶם נַחַת רוּחַ וַהֲנָאָה מִן נִשְׁמַת הַצַּדִּיק הָעוֹבֶרֶת כְּנֶגְדָּם, כְּמוֹ אָדָם שֶׁיּוֹשֵׁב בְּתֹוקֶף הַשֶּׁמֶשׁ וְצַר לוֹ מְאֹד, שֶׁאִם יַעֲמוֹד אָדָם כְּנֶגְדּוֹ מְעַט וְיִהְיֶה עָלָיו צֵל לְפִי שָׁעָה יֵהָנֶה מִמֶּנּוּ, וְכֵן אִם יְנַשֵּׁב אֵיזֶה רוּחַ טוֹב לְפִי שָׁעָה דַּוְקָא יֵהָנֶה, וְכֵן הָרְשָׁעִים, אֲבָל זֶה מַעֲמִיקִין לוֹ גֵּיהִנָּם שֶׁהוּא מִתְרַחֵק הַרְבֵּה מִפֶּתַח גֵּיהִנָּם, וְאֵין מַגִּיעַ לוֹ הֲנָאָה מִצַּד הַעֲבָרַת נַפְשׁוֹת הַצַּדִּיקִים עַל פֶּתַח גֵּיהִנָּם.
« Quiconque salit sa bouche, on approfondit pour lui le Guehinom. » On peut demander : quelle souffrance supplémentaire cela lui ajoute-t-il, et quelle différence cela fait-il ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'on conduit parfois les nechamot des justes à l'entrée du Guehinom afin d'en tirer des âmes et de les faire sortir. Aussi ceux qui y sont jugés, même lorsqu'ils ne sont pas emmenés, éprouvent un apaisement et un bienfait du passage de la nechama du juste devant eux — comme un homme assis en plein soleil et qui en souffre beaucoup : si quelqu'un se tient un instant devant lui et lui fait de l'ombre, il en profite ; et de même si un bon vent souffle un instant, il en profite. Il en va ainsi des rechaim. Mais celui-là, on approfondit pour lui le Guehinom : il se trouve très éloigné de l'entrée, et le bienfait du passage des âmes des justes à l'entrée du Guehinom ne lui parvient pas.
💡 Explication

Rabbi Hanan bar Rava part d'une évidence : la parole obscène sur le mariage n'apprend rien à personne, puisque tous savent déjà de quoi il s'agit. Elle n'a donc aucune utilité et reste pure salissure. Sa gravité se mesure au renversement qu'elle provoque : un décret favorable déjà scellé, portant sur soixante-dix ans, se retourne en mal.

Rav Hisda ajoute une peine d'un autre ordre, l'approfondissement du Guehinom, tiré de l'image de la « fosse profonde » de Michle. Rav Nahman bar Yits'hak étend enfin la peine à l'auditeur silencieux, en s'appuyant sur la suite du même verset : « celui qui est maudit y tombera », sans qu'il soit question de parler.

🖼️ Schéma
Trois lectures de ve-od yado netouya Yechayahou 9,16 et sa main reste étendue R. Hanan bar Rava Tout le monde sait déjà pourquoi la mariée entre sous le dais : en parler salement n'apprend rien 70 ans de bien retournés Rabba bar Chila / Rav Hisda Michle 22,14 : la bouche des étrangères est une fosse profonde le Guehinom est approfondi Rav Nahman bar Yits'hak Suite du même verset : zeoum Hachem y tombera même celui qui écoute en silence est atteint La gradation va de l'auteur des propos à l'auditeur qui se tait. Rachi : la fosse est préparée d'avance pour celui dont la bouche s'écarte.
Les trois enseignements tirés du verset : le locuteur, la profondeur du Guehinom, l'auditeur qui se tait.
10
אָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: כָּל הַמְּמָרֵק עַצְמוֹ לַעֲבֵירָה — חַבּוּרוֹת וּפְצָעִין יוֹצְאִין בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חַבֻּורוֹת פֶּצַע תַּמְרוּק בְּרָע״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁנִּדּוֹן בְּהִדְרוֹקָן: שֶׁנֶּאֱמַר ״וּמַכּוֹת חַדְרֵי בֶּטֶן״. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: סִימָן לַעֲבֵירָה הִדְרוֹקָן.

Rav Ocha'ya a dit : quiconque se prépare (memarek) à la faute, des meurtrissures et des plaies apparaissent sur lui, ainsi qu'il est dit : « Les meurtrissures d'une plaie pour qui se prépare dans le mal. » Et non seulement cela, mais il est condamné à l'hidrokan (hydropisie), ainsi qu'il est dit : « et des coups jusque dans les chambres du ventre ». Rav Nahman bar Yits'hak a dit : le signe de la faute est l'hidrokan.

📜 Rachi (3)
הַמְמָרֵק עַצְמוֹ מְפַנֶּה לִבּוֹ לְכָךְ מְמָרֵק עַצְמוֹ מִשְּׁאָר עֲסָקִים לְהִתְעַסֵּק בַּעֲבֵירוֹת:
Il y tourne son cœur : il se dégage des autres occupations pour se livrer aux fautes.
תַּמְרוּק בְּרָע הַמְמָרֵק בְּרַע:
« Celui qui se prépare dans le mal. »
הִדְרוֹקָן חֹולִי הוּא:
C'est une maladie.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל הַמְמָרֵק אֶת עַצְמוֹ לַעֲבֵרָה, חַבּוּרוֹת וּפְצָעִים יוֹצְאִין בּוֹ. פֵּירוּשׁ עֲבֵירָה שֶׁל זְנוּת וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב מָהַרְשָׁ"א זַ"ל, וְחַבּוּרוֹת וּפְצָעִים הוּא מִן חֹולִי הַנִּקְרָא אֵצֶל הָרוֹפְאִים בְּשֵׁם סוסג"ג וְזֶה מָצוּי אֵצֶל הַמְנָאֲפִים הַרְבֵּה, וְהוּא חַבּוּרוֹת וּפְצָעִים בְּאֵבֶר הַתַּשְׁמִישׁ בַּר מִינָן.
« Quiconque se prépare à la faute, des meurtrissures et des plaies apparaissent sur lui. » Il s'agit de la faute de débauche (zenout), comme l'écrit le Maharcha, que sa mémoire soit bénie ; et ces meurtrissures et plaies relèvent de la maladie que les médecins appellent sousgag, très répandue chez les débauchés : ce sont des meurtrissures et des plaies sur l'organe de l'union, que le Ciel nous en préserve.
💡 Explication

Le verbe memarek signifie polir, dégager : Rachi le comprend comme le fait de se libérer de toute autre occupation pour se consacrer à la faute, donc une préparation délibérée. Le verset de Michle 20,30 est lu en deux temps : sa première moitié donne les plaies visibles, sa seconde moitié, « des coups jusque dans les chambres du ventre », donne une atteinte interne.

Rav Nahman bar Yits'hak en tire une formule qui servira de charnière pour la suite du folio : l'hidrokan est un signe de faute. C'est précisément cette identification qui rend nécessaires les distinctions du segment suivant.

11
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה מִינֵי הִדְרוֹקָן הֵן: שֶׁל עֲבֵירָה עָבָה, וְשֶׁל רָעָב תָּפוּחַ, וְשֶׁל כְּשָׁפִים דַּק.

Nos maîtres ont enseigné : il existe trois sortes d'hidrokan. Celui de la faute est épais, celui de la faim est bouffi, et celui de la sorcellerie (kechafim) est mince.

📜 Rachi (3)
תַּפּוּחַ שייני"ס נָפוּחַ עוֹרוֹ עַל בְּשָׂרוֹ וּמַיִם בֵּינְתַיִים וְנִרְאֶה כִּזְכוּכִית וְרַךְ מִתּוֹכוֹ:
Cheïnes : sa peau est gonflée sur sa chair, avec de l'eau entre les deux ; elle ressemble à du verre, et l'intérieur est mou.
דַּק בְּשָׂרוֹ דַּק וְכָחוּשׁ:
Sa chair est mince et amaigrie.
שֶׁל עֲבֵירָה עָבָה הַבָּאָה בִּשְׁבִיל עֲבֵירָה עָבָה בְּשָׂרוֹ מִתְקַשֶּׁה וָעָב וְנָפוּחַ בְּעֹובִי:
Celui qui vient à cause de la faute est épais : sa chair durcit, s'épaissit et gonfle en épaisseur.
💡 Explication

La beraita répond à la difficulté laissée par Rav Nahman bar Yits'hak. Si l'hidrokan était toujours un signe de faute, tout malade serait soupçonné ; trois causes sont donc distinguées, chacune avec son aspect propre. La faute donne une chair épaisse et dure ; la faim donne un gonflement d'eau sous une peau tendue ; la sorcellerie laisse la chair mince.

Rachi rend le mot tafoua'h par un terme de la langue du pays et décrit précisément l'aspect vitreux de la peau. Ces critères visuels sont supposés permettre au public de trancher, ce que le segment suivant viendra nuancer.

12
שְׁמוּאֵל הַקָּטָן חָשׁ בֵּיהּ. אָמַר: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִי מֵפִיס? אִיתַּסִּי. אַבַּיֵּי חָשׁ בֵּיהּ. אָמַר רָבָא: יָדַעְנָא בֵּיהּ בְּנַחֲמָנִי דְּמַכְפֵּין נַפְשֵׁיהּ. רָבָא חָשׁ בֵּיהּ. וְהָא רָבָא הוּא דְּאָמַר נְפִישִׁי קְטִילֵי קְדָר מִנְּפִיחֵי כָפָן? שָׁאנֵי רָבָא, דְּאָנְסִי לֵיהּ רַבָּנַן בְּעִידָּנֵיהּ בְּעַל כֻּורְחֵיהּ.

Chemouel ha-Katan en fut atteint. Il dit : Maître du monde, qui tirera au sort ?

Il fut guéri. Abaye en fut atteint.

Rava dit : je sais de Nahmani qu'il s'affame lui-même. Rava en fut atteint.

Mais n'est-ce pas Rava lui-même qui a dit : plus nombreux sont les tués par le pot de chambre que les enflés de la famine ? Rava est différent, car les maîtres le retenaient de force à l'heure de son cours.

📜 Rachi (5)
מִי מֵפִיס מִי מֵטִיל גּוֹרָל לְהַבְחִין וּלְהוֹדִיעַ שֶׁאֵינוֹ שֶׁל עֲבֵירָה עַכְשָׁיו יֹאמְרוּ עָלַי שֶׁעָבַרְתִּי עַל דָּת וְאֵין הַכֹּל יוֹדְעִין בַּג' סִימָנִים שֶׁאָמַרְנוּ וּפְעָמִים שֶׁמִּשְׁתַּנִּין:
Qui jettera le sort pour discerner et faire savoir que ce n'est pas celui de la faute ? Maintenant on va dire de moi que j'ai transgressé la loi, car tout le monde ne connaît pas les trois signes que nous avons dits, et il arrive qu'ils changent.
יָדַעְנָא בֵּיהּ שֶׁמֵּחֲמַת רָעָב בָּא לוֹ וְאֵין צָרִיךְ לְחָשְׁדוֹ:
Que cela lui est venu à cause de la faim, et qu'il n'y a pas lieu de le soupçonner.
וְהָא רָבָא דְּאָמַר כְּלוֹמַר לָמָּה חָשׁ בּוֹ וְהָא לֹא הִרְעִיב אֶת עַצְמוֹ מִדְּקָאָמַר יָדַעְנָא בֵּיהּ בְּנַחְמָנִי מִכְּלָל דְּהַמַּרְעִיב עַצְמוֹ רַע בְּעֵינָיו וְאִי מִשּׁוּם שֶׁהָיָה מַשְׁהֶה נְקָבָיו וְאָמְרִינַן בִּבְכוֹרוֹת (דַּף סד:) צוֹאָה רָבָה הִדְרוֹקָן רָבֶה שֶׁעַל שְׁהִיַּית נְקָבִים הוּא בָּא:
C'est-à-dire : pourquoi en a-t-il été atteint ? Il ne s'est pas affamé lui-même, puisqu'il dit « je sais de Nahmani », ce qui implique que la conduite de celui qui s'affame est mal vue à ses yeux. Et si l'on veut dire que c'est parce qu'il retenait ses besoins, comme nous le disons dans Bekhorot (64b) : beaucoup d'excrément retenu, beaucoup d'hidrokan, car il vient de la rétention des besoins.
הָא אִיהוּ אָמַר נְפִישִׁי קְטִילֵי קֵדָר רַבִּים הֲרוּגֵי נְקָבִים מְמוֹתֵי הִדְרוֹקָן שֶׁל רָעָב קֵדָר לְשׁוֹן קְדֵרָה עַל שֵׁם שֶׁשּׁוֹפֵךְ כִּקְדֵרָה:
Nombreux sont les tués par la rétention des besoins, plus que les morts de l'hidrokan de la famine. « Kedar » vient de « kedera » (marmite), parce que l'on y verse comme dans une marmite.
דְּאָנְסִי לֵיהּ רַבָּנַן בְּעִידָּנֵיהּ הַתַּלְמִידִים הַקְּבוּעִים לָהֶם עֵת לְפָנָיו אֳונָסִין אוֹתוֹ לְהַשְׁהוֹת נְקָבָיו:
Les élèves, qui ont devant lui un horaire fixe, le contraignent à retenir ses besoins.
💡 Explication

Trois cas mettent à l'épreuve les critères de la beraita. Chemouel ha-Katan demande « mi mefis », qui tirera au sort : personne ne peut établir publiquement de quelle cause relève sa maladie, et le soupçon de faute pèse sur lui. Rachi précise la difficulté : le public ne connaît pas les trois signes, et ceux-ci peuvent varier.

Pour Abaye, Rava témoigne lui-même qu'il s'agit de l'hidrokan de la faim, puisqu'il se prive de nourriture. Reste Rava : il ne s'affame pas, et il a lui-même enseigné que la rétention des besoins tue plus sûrement que la famine, donc il ne la pratiquait pas par négligence. La réponse distingue la rétention choisie de la rétention subie : ses élèves le tenaient en place pendant l'heure du cours.

🖼️ Schéma
Trois maîtres atteints d'hidrokan, trois explications Le maître Le soupçon à écarter La réponse de la guemara Chemouel ha-Katan On va croire que c'est l'hidrokan de la faute Sa prière : mi mefis, qui tranchera ? Il est guéri Abaye (appelé Nahmani) Même soupçon de faute Rava témoigne : il se prive de nourriture, donc la faim Rava Il ne s'affame pas, et il a lui-même mis en garde contre la rétention Les élèves le retenaient de force pendant son cours : rétention subie, non choisie
Chemouel ha-Katan, Abaye et Rava : pour chacun, le soupçon de faute est écarté autrement.
13
תָּנוּ רַבָּנַן: אַרְבָּעָה סִימָנִין הֵן: סִימָן לַעֲבֵירָה — הִדְרוֹקָן, סִימָן לְשִׂנְאַת חִנָּם — יֵרָקוֹן, סִימָן לְגַסּוּת הָרוּחַ — עֲנִיּוּת, סִימָן לְלָשׁוֹן הָרַע — אַסְכָּרָה.

Nos maîtres ont enseigné : il y a quatre signes. Signe de la faute : l'hidrokan ; signe de la haine gratuite (sin'at hinam) : le yerakon (jaunisse) ; signe de l'orgueil (gassout ha-roua'h) : la pauvreté ; signe de la médisance (lachon ha-ra) : l'askara.

📜 Rachi (2)
סִימָן לְגַסּוּת הָרוּחַ עֲנִיּוּת בְּפֶרֶק הָאִישׁ מְקַדֵּשׁ (קִדּוּשִׁין דַּף מט:) מְפָרֵשׁ מַאי עֲנִיּוּת עֲנִיּוּת דְּתוֹרָה:
Au chapitre Ha-ich mekadech (Kidouchin 49b) on explique de quelle pauvreté il s'agit : la pauvreté en Torah.
אַסְכָּרָה חֹולִי הַמַּתְחִיל בַּמֵּעַייִם וְגוֹמֵר בַּגָּרוֹן הַנִּקְרָא בונמלא"ן:
Une maladie qui commence dans les intestins et se termine dans la gorge, appelée bonmalan.
🪔 Ben Yehoyada (2)
סִימָן לְשִׂנְאַת חִנָּם, יֵרָקוֹן. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה, כִּי בַּעַל שִׂנְאַת חִנָּם לֹא יֵשׁ לוֹ סִיבָּה מַעֲשִׂיַּת בְּלִבּוֹ כְּדֵי לִשְׂנֹוא אֶת חֲבֵירוֹ, אֶלָּא רֵיקָן לִבּוֹ, לְכָךְ יִתְהַפְּכוּ אוֹתִיּוֹת רֵיקָן לְאוֹתִיּוֹת יֵרָקוֹן .
« Signe de la haine gratuite : le yerakon. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison en est mesure pour mesure : celui qui hait gratuitement n'a dans son cœur aucun motif tiré d'un acte pour haïr son prochain, son cœur est vide (rikan) ; c'est pourquoi les lettres de « rikan » se retournent en les lettres de « yerakon ».
סִימָן לַעֲבֵרָה, הִדְרוֹקָן. נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם לָזֶה, כִּי יָדוּעַ טֻומְאַת הַזְּנוּת הִיא כְּטֻומְאַת הַנִּדָּה, וְלָכֵן כְּתִיב (יְחֶזְקֵאל כב, י) עֶרְוַת אָב גִּלָּה בָךְ טְמֵאַת הַנִּדָּה עִנּוּ בָךְ, וּבְסִימָן ל"ו [פָּסוּק יז] אָמַר כְּטֻמְאַת הַנִּדָּה הָיְתָה דַרְכָּם לְפָנָי, 'דַּרְכָּם' עִנְיַן תַּשְׁמִישׁ כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (מִשְׁלֵי ל, יט) דֶּרֶךְ גֶּבֶר בְּעַלְמָה, יַעַן כִּי טֻומְאַת הָעֶרְוָה הִיא כְּטֻומְאַת הַנִּדָּה , מִפְּנֵי כִּי שְׁנֵיהֶם בְּמָקוֹם אֶחָד הֵם. וְלָכֵן כְּתִיב (אֵיכָה א, ח) חֵטְא חָטְאָה יְרוּשָׁלִַ‍ם עַל כֵּן לְנִידָה הָיָתָה, וְהַיְינוּ בִּירוּשָׁלַיִם הָיָה ג' עֲבֵירוֹת חֲמוּרוֹת שֶׁהֵם עֲבוֹדָה זָרָה גִּלּוּי עֲרָיוֹת וּשְׁפִיכוּת דָּמִים, אַךְ עֲבוֹדָה זָרָה וּשְׁפִיכוּת דָּמִים אֵין נַעֲשֶׂה חֵטְא כָּפוּל בְּבַת אַחַת, כִּי רַק הָעוֹשֶׂה הוּא חוֹטֵא, אֲבָל זְנוּת עֲרָיוֹת שְׁנַיִם חוֹטְאִים בְּבַת אַחַת הַבּוֹעֵל וְהַנִּבְעֶלֶת, לָכֵן אָמַר חֵטְא חֲטָאָה זֶה חֵטְא גִּלּוּי עֲרָיוֹת שֶׁהוּא כָּפוּל בְּבַת אַחַת, עַל כֵּן לְנִידָה הָיָתָה שֶׁטֻּומְאָתוֹ כְּטֻומְאַת הַנִּדָּה. וְהִנֵּה יָדוּעַ שֶׁהָרוֹק יִתְהַווֶּה בַּפֶּה יוֹתֵר בִּשְׁעַת הַזִּוּוּג וְיֵשׁ טַעַם בַּדָּבָר עַל פִּי הַסּוֹד, וְאִם תָּסִיר אוֹתִיּוֹת 'רוֹק' מִן הֵד רוֹק ן יִשָּׁאֵר אוֹתִיּוֹת נִדָּה לְמַפְרֵעַ, כִּי אוֹתִיּוֹת 'רוֹק' מֻונָּחִין כְּסִדְרָן בֵּין ד' וּבֵין נוּ"ן, נִמְצָא תֵּיבַת הִדְרוֹקָן הִיא מִלָּה מֻורְכֶּבֶת מִן אוֹתִיּוֹת 'נִדָּה' וְאוֹתִיּוֹת 'רֹוק' וְהַייְנוּ לְהוֹרוֹת שֶׁזֶּה שֶׁעָבַר עֲבֵירָה שֶׁל זְנוּת טִמֵּא עַצְמוֹ בְּטֻומְאַת הַנִּדָּה, וְנִמְצָא שֶׁהָרוֹק שֶׁלּוֹ שֶׁהָיָה רָאוּי לְהַתְווֹת בְּפִיו בְּטָהֳרָה בְּבִיאָה כְּשֵׁרָה הִנֵּה עַתָּה נִתְהַוֶּה בַּעֲבֵירָה שֶׁהִיא טֻומְאַת נִדָּה, לְכָךְ נִתְחַבְּרוּ אוֹתִיּוֹת 'רוֹק' בְּתוֹךְ אוֹתִיּוֹת 'נִדָּה' וְנַעֲשָׂה צֵירוּף 'הִדְרוֹקָן' וְאָז הֻוכָּה זֶה בְּהִדְרוֹקָן.
« Signe de la faute : l'hidrokan. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'en donner la raison suivante. On sait que l'impureté de la débauche est comme l'impureté de la nida, et c'est pourquoi il est écrit (Ye'hezkel 22,10) « la nudité du père on a découverte chez toi, celle qui est impure par la nida on l'a humiliée chez toi », et au chapitre 36 [verset 17] il est dit « comme l'impureté de la nida fut leur voie devant moi » — « leur voie » désigne l'union, comme il est dit (Michle 30,19) « la voie d'un homme avec une jeune femme » — car l'impureté de la erva est comme l'impureté de la nida, les deux se tenant au même endroit. C'est pourquoi il est écrit (Eikha 1,8) « Yerouchalayim a gravement péché, c'est pourquoi elle est devenue nida » : il y avait à Yerouchalayim les trois fautes graves, l'idolâtrie, les relations interdites et le meurtre ; mais l'idolâtrie et le meurtre ne constituent pas une faute double au même instant, car seul celui qui agit est fautif, tandis que dans la débauche des arayot deux personnes fautent en même temps, celui qui a la relation et celle qui la subit. C'est pourquoi il est dit « elle a gravement péché » — c'est la faute des relations interdites, qui est double au même instant — « c'est pourquoi elle est devenue nida », car son impureté est comme l'impureté de la nida. Or on sait que la salive (rok) se forme davantage dans la bouche au moment de l'union, et il y a à cela une raison selon le sod (dimension cachée). Si tu retires les lettres de « rok » de « hid-rok-an », il reste les lettres de « nida » à l'envers, car les lettres de « rok » sont placées dans leur ordre entre le dalet et le noun. Il se trouve que le mot « hidrokan » est composé des lettres de « nida » et des lettres de « rok », pour enseigner que celui qui a commis la faute de débauche s'est rendu impur de l'impureté de la nida : la salive qui devait se former dans sa bouche en pureté, lors d'une union permise, s'est formée dans la faute, qui est impureté de nida. C'est pourquoi les lettres de « rok » se sont jointes aux lettres de « nida » et ont formé la combinaison « hidrokan » — et il a été frappé d'hidrokan.
💡 Explication

Cette beraita rassemble quatre couples faute-signe, dont le premier reprend l'énoncé de Rav Nahman bar Yits'hak. Le mot siman indique un indice, non une preuve contraignante : la réserve de Chemouel ha-Katan garde toute sa force.

Rachi apporte deux précisions décisives. La pauvreté annoncée pour l'orgueil est, d'après Kidouchin, une pauvreté en Torah. L'askara, quant à elle, est une maladie qui commence dans les intestins et s'achève dans la gorge ; ce dernier couple, lachon ha-ra et askara, ouvre la discussion qui commence au segment suivant et se poursuit en 33b.

14
תָּנוּ רַבָּנַן: אַסְכָּרָה בָּאָה לָעוֹלָם

Nos maîtres ont enseigné : l'askara vient au monde

💡 Explication

Le folio s'interrompt au milieu de la beraita. Le lien entre l'askara et le lachon ha-ra, posé par la liste des quatre signes, va maintenant être discuté : la suite, en 33b, propose plusieurs causes et explique pourquoi la maladie frappe la gorge et la bouche.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).