Shabbat 36b — Kira : ce que la michna interdit, laisser la marmite ou la remettre

Shabbat 36b

Sougya : La page clôt le chapitre Bameh madlikin par la conséquence pratique de l'échange des noms Bavel et Boursif : la rédaction des actes de divorce. Elle ouvre ensuite le chapitre Kira avec la michna sur le foyer (kira) chauffé la veille du Chabbat : selon le combustible, paille ou marc et bois, on peut y poser un plat, ou bien il faut d'abord balayer les braises ou les couvrir de cendres.

Beit Chamai et Beit Hillel divergent sur ce qu'on y pose et sur le droit de remettre une marmite retirée. La guemara s'interroge : le mot lo yiten (il ne posera pas) vise-t-il le retour de la marmite le Chabbat, et la michna suit alors Hanania, qui permet de laisser un plat déjà cuit comme la nourriture de ben Drossai, ou vise-t-il le fait de laisser la marmite dès la veille ?

Elle tente de trancher par la structure de la michna, qui contient deux débats successifs entre Beit Chamai et Beit Hillel. Le Roch expose les positions des décisionnaires sur la halakha.

La michna Kira : combustible et état du foyer Kira chauffée la veille Paille (kach) ou gavava feu faible, déjà retombe Marc (guefet) ou bois braises vives et durables On y pose le plat garouf : braises balayées katoum : braises couvertes de cendre Sinon : lo yiten, il ne pose pas. Crainte : qu'il attise les braises (chema yehate) Question de la guemara : poser = laisser ou remettre ?
La michna Kira : le combustible décide s'il faut balayer ou couvrir les braises avant de poser le plat.
Deux lectures de lo yiten (il ne posera pas) Lecture 1 : lo yiten = ne pas remettre Lecture 2 : lo yiten = ne pas laisser Laisser la marmite depuis la veille : permis même sans balayer ni couvrir Remettre le Chabbat : seulement si le foyer est balayé ou couvert Laisser : seulement si balayé ou couvert Remettre : à plus forte raison interdit sur un foyer non balayé Auteur : Hanania (plat cuit à la ben Drossai) Auteur : les Rabbanan qui divergent de Hanania Preuve tentée : la michna contient deux débats Beit Chamai / Beit Hillel. Avec la lecture 1, le second débat (nontlin / mahzirin) ferait double emploi.
Les deux lectures de lo yiten et la preuve tirée de la structure de la michna.
Le Roch : faut-il suivre Hanania pour laisser le plat ? Comme Hanania (on laisse) Contre Hanania (balayer ou couvrir) Rachi le Ri (preuve de Rava) Rav Zerahia HaLevi un Gaon, Rav Chérira Gaon Gueonim cités par R. Yehouda de Barcelone le Rif R. Yehouda de Barcelone (le plus clair) Cheiltot de Rav Ahai Rabbenou Yona Rabbenou Hananel : seul le plat entièrement cuit (R. Yo'hanan) Conclusion du Roch Laisser les gens suivre l'usage établi selon Hanania (laisser, sans enfouir). L'enfouissement (hatmana) sur les braises reste interdit selon tous.
Les décisionnaires cités par le Rosh sur l'avis de Hanania, et sa conclusion pratique.
1
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ — לְגִיטֵּי נָשִׁים.

Quelle est la conséquence pratique (nafka mina) ? Pour les actes de divorce des femmes (guitin).

📜 Rachi (1)
לְגִיטֵּי נָשִׁים דְּקַייְמָא לָן בְּנֵי בָּבֶל בְּקִיאִין שֶׁצָּרִיךְ לִכְתֹּוב גֵּט לִשְׁמָהּ וְהַמֵּבִיא גֵּט מִשָּׁם אֵין צָרִיךְ לוֹמַר בְּפָנַי נִכְתַּב וּבְפָנַי נֶחְתַּם וּבְנֵי שְׁאָר אֲרָצוֹת אֵין בְּקִיאִין וְצָרִיךְ וְעַכְשָׁיו בְּנֵי בּוֹרְסִיף הִיא בָּבֶל וּבָבֶל שֶׁל עַכְשָׁיו הִיא בּוֹרְסִיף וְהֵן עַמֵּי הָאָרֶץ כִּדְאָמְרִינַן בְּעָלְמָא (סַנְהֶדְרִין דַּף קט.) בּוֹר שָׁאפֵי שֶׁנָּטְלוּ מֵימָיו וַאֲנִי אוֹמֵר נָפְקָא מִינַּהּ לְגִיטֵּי נָשִׁים לְעִנְיַן שִׁינָּה שְׁמוֹ וּשְׁמָהּ וְשֵׁם עִירוֹ וְעִירָהּ פָּסוּל וְצָרִיךְ לִכְתֹּוב שֵׁם שֶׁל עַכְשָׁיו:
Pour les actes de divorce des femmes : car nous tenons que les gens de Bavel sont experts en ce qu'il faut écrire le guet lichmah (au nom de la femme), et celui qui apporte un guet de là-bas n'a pas besoin de dire : il a été écrit devant moi et signé devant moi ; tandis que les gens des autres pays ne sont pas experts et doivent le dire. Or maintenant les gens de Boursif sont Bavel, et la Bavel d'aujourd'hui est Boursif, et ce sont des amei ha-arets (ignorants), comme nous le disons ailleurs (Sanhédrin 109a) : Boursif, bor chafi, un puits dont on a vidé l'eau. Et moi je dis : la conséquence porte sur les actes de divorce, au sujet de la règle selon laquelle, si l'on a changé son nom ou le nom de la femme, le nom de sa ville ou de la ville de la femme, le guet est passoul (invalide) ; il faut donc écrire le nom actuel.
🗂️ Tossefot (1)
נָפְקָא מִינַּהּ לְגִיטֵּי נָשִׁים מַה שֶּׁפֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס לְעִנְיַן שֵׁינָה שֵׁם עִירוֹ וְשֵׁם עִירָהּ אֵין נִרְאֶה לְרַשְׁבָּ"א דְּבָבֶל הוּא שֵׁם מְדִינָה וְלֹא שֵׁם הָעִיר כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק עֲשָׂרָה יוּחֲסִין (קִדּוּשִׁין דַּף עא.) כָּל הָאֲרָצוֹת עִיסָּה לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל עִיסָּה לְבָבֶל וְקָאָמַר נָמֵי הָתָם. עַד הֵיכָן הִיא בָּבֶל וְלָא אַשְׁכְּחַן שׁוּם דֻּוכְתָּא עִיר שֶׁשְּׁמָהּ בָּבֶל אֶלָּא מְדִינָה הִיא וְאֵין כּוֹתְבִין שֵׁם מְדִינָה בְּגֵט:
Ce que Rachi a expliqué, au sujet du changement du nom de sa ville ou de la ville de la femme, ne paraît pas juste au Rachba : Bavel est le nom d'une province et non d'une ville, comme il est dit au chapitre Assara youhassin (Kiddouchin 71a) : tous les pays sont une pâte mélangée par rapport à la terre d'Israël, et la terre d'Israël est une pâte mélangée par rapport à Bavel ; et il y est dit aussi : jusqu'où s'étend Bavel ? Nous ne trouvons aucune ville qui s'appelle Bavel : c'est une province, et l'on n'écrit pas le nom d'une province dans le guet.
💡 Explication

Rav Achi avait enseigné que Bavel et Boursif ont échangé leurs noms. La guemara demande quelle différence pratique en résulte, et répond : les guitin, actes de divorce, où la précision des noms est essentielle.

Rachi propose deux explications. La première porte sur la compétence des scribes : les gens de Bavel savent écrire un guet lichmah, si bien que le porteur d'un guet venu de Bavel est dispensé de la déclaration be-fanai nikhtav u-be-fanai nehtam. Il faut donc savoir quelle localité est aujourd'hui la vraie Bavel. La seconde porte sur le nom de la ville écrit dans l'acte. Tossefot, au nom du Rachba, conteste cette seconde lecture : Bavel désigne une province, et le guet n'en mentionne pas.

2
הַדְרָן עֲלָךְ בַּמֶּה מַדְלִיקִין

Nous reviendrons à toi, chapitre Bameh madlikin.

💡 Explication

Formule traditionnelle de clôture d'un chapitre (hadran). Le chapitre suivant, Kira, traite des aliments laissés ou remis sur le feu pendant le Chabbat.

3
מַתְנִי׳ כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא — נוֹתְנִים עָלֶיהָ תַּבְשִׁיל. בְּגֶפֶת וּבָעֵצִים — לֹא יִתֵּן עַד שֶׁיִּגְרֹוף, אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֶת הָאֵפֶר. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין וְתַבְשִׁיל. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין, אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין.

MICHNA. Une kira (foyer) que l'on a chauffée avec de la paille (kach) ou du gavava (débris ramassés dans le champ) : on y pose un plat cuisiné.

Avec du marc (guefet) ou du bois : on n'y pose pas [de plat] jusqu'à ce que l'on balaie [les braises] ou que l'on y mette de la cendre. Beit Chamai disent : de l'eau chaude (hamin), mais pas un plat cuisiné.

Et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuisiné. Beit Chamai disent : on retire, mais on ne remet pas.

Et Beit Hillel disent : on remet aussi.

📜 Rachi (10)
מַתְנֵי' כִּירָה עֲשׂוּיָה כְּעֵין קְדֵירָה וְנוֹתְנִין קְדֵירָה לְתוֹכָהּ:
Kira : elle est faite à la manière d'une marmite, et l'on met la marmite à l'intérieur.
קַשׁ זַנְבוֹת הַשִּׁבֳּולִין:
Kach : les queues des épis.
גְּבָבָא הַנִּגְבָּב מִן הַשָּׂדֶה אישטובל"א:
Gavava : ce que l'on ramasse du champ, estouble (en langue vernaculaire).
גֶּפֶת פְּסֹולֶת שֶׁל שֻׁומְשְׁמִין שֶׁהוֹצִיא שׁוּמָנָן:
Guefet : les résidus des graines de sésame dont on a extrait l'huile.
עַד שֶׁיִּגְרֹוף הַגֶּחָלִים מִשּׁוּם דְּמוֹסִיף הֶבֶל וְטַעֲמָא פָּרֵישְׁנָא בְּפֶרֶק דִּלְעֵיל שֶׁמָּא יְחַתֶּה בַּגֶּחָלִים:
Jusqu'à ce qu'il balaie les braises : parce qu'elles ajoutent de la chaleur ; et la raison, je l'ai expliquée au chapitre précédent : de peur qu'il n'attise les braises.
אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֵפֶר עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים לְכַסּוֹתָם וּלְצַנְּנָם:
Ou jusqu'à ce qu'il mette de la cendre : sur les braises, pour les couvrir et les refroidir.
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים נוֹתְנִין עָלֶיהָ חַמִּין אַחַר שֶׁגְּרָפָהּ דְּלָא צְרִיכִי לְבַשּׁוֹלֵי דְּלֵיכָּא לְמִגְזַר שֶׁמָּא יְחַתֶּה:
Beit Chamai disent : on y pose de l'eau chaude après l'avoir balayée, car l'eau n'a pas besoin de cuire davantage, et il n'y a pas lieu de décréter de peur qu'il n'attise.
אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל דְּנִיחָא לֵיהּ בִּישּׁוּלֵיהּ וְאָתֵי לְאַחְתּוּיֵי א"נ נִתְקַיְּימָה מַחְשַׁבְתּוֹ וּמֶיחֱזֵי כִּמְבַשֵּׁל:
Mais pas un plat cuisiné : car il tient à ce qu'il cuise [davantage] et en viendrait à attiser. Autre explication : son intention s'est réalisée, et cela ressemble à cuire.
לֹא מַחֲזִירִין בְּשַׁבָּת דְּמִיחְזֵי כִּמְבַשֵּׁל:
On ne remet pas : le Chabbat, car cela ressemble à cuire.
אַף מַחֲזִירִין הוֹאִיל וְגָרוּף:
On remet aussi : puisque [le foyer] est balayé.
🗂️ Tossefot (4)
מַתְנִי' כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא נִרְאֶה לר"י דְּקַשׁ הַיְינוּ זַנְבוֹת הַשִּׁבֳּולִים שֶׁנִּשְׁאַר בַּשָּׂדֶה הַנִּקְרָא אשטובל"א בְּלַעַ"ז וְתֶבֶן הוּא הַנִּקְצָר עִם הַשִּׁבֹּולֶת דְּהָכִי מַשְׁמַע לְקַמָּן בְּפֶרֶק שׁוֹאֵל (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף קנ:) דְּקָאָמַר בִּשְׁלָמָא קַשׁ מַשְׁכַּחַת לַהּ בִּמְחֻובָּר אֶלָּא תֶּבֶן הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ וּמַסִּיק בְּתִבְנָא סַרְיָא וְהָא דְּאָמַר בְּרֵישׁ הַמְקַבֵּל (בָּבָא מְצִיעָא דַּף קג.) גַּבֵּי מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לִקְצֹור אֵינוֹ רַשַּׁאי לַעֲקֹור מִשּׁוּם דְּאָמַר נִיחָא לִי דְּתִיתַּבַּן אִרַעַאי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר דְּתִיתַּקַּשׁ דְּהַנִּשְׁאָר בַּקַּרְקַע נִקְרָא קַשׁ כִּדְפֵירֵשׁ רַשִׁ"י אֶלָּא מִשּׁוּם דְּתִיתַּבַּן מַשְׁמַע טְפֵי לְשׁוֹן זִיבּוּל נְקַט לֵיהּ:
Il semble au Ri que le kach, ce sont les queues des épis qui restent dans le champ, que l'on appelle estouble en langue vernaculaire, et que le teven est ce qui est moissonné avec l'épi. C'est ce qui ressort plus loin, au chapitre Choel (Chabbat 150b), où il est dit : certes le kach, on le trouve attaché au sol, mais le teven, comment le trouve-t-on ? Et il conclut : dans le cas de paille pourrie. Quant à ce qui est dit au début du chapitre Ha-mekabel (Bava Metsia 103a), à propos de l'endroit où l'usage est de moissonner, qu'il n'a pas le droit d'arracher parce que [le propriétaire] dit : je préfère que ma terre soit fumée de paille (titeven) — il aurait dû dire titkach, puisque ce qui reste dans le sol s'appelle kach, comme l'a expliqué Rachi ; mais il a employé titeven parce que ce terme évoque davantage la fumure.
לֹא יִתֵּן עַד שֶׁיִּגְרֹוף פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס מִשּׁוּם תּוֹסֶפֶת הֶבֶל וְאֵין נִרְאֶה לְרִ"י דַּאֲפִילּוּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה הִיא מוֹסֶפֶת הֶבֶל יוֹתֵר מִכַּמָּה דְּבָרִים הַשִּׁנּוּיִין בְּבַמֶּה טוֹמְנִין וְעוֹד דַּחֲנַנְיָה שָׁרִי לְהַשְׁהוֹת אַף כְּשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וְלֹא אָסְרוּ מוֹסִיף הֶבֶל אֶלָּא דַּוְקָא בְּהַטְמָנָה אֲבָל לְהַשְׁהוֹת שָׁרִי וּכְשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה אָסְרִי רַבָּנָן דַּחֲנַנְיָה מִשּׁוּם דִּילְמָא אָתֵי לְאַחְתּוּיֵי:
Rachi a expliqué : à cause de l'ajout de chaleur. Le Ri n'est pas de cet avis. Même balayée et couverte, la kira ajoute plus de chaleur que plusieurs des choses enseignées au chapitre Bameh tomnin. De plus, Hanania permet de laisser [le plat] même quand elle n'est pas balayée, et l'on n'a interdit ce qui ajoute de la chaleur que dans l'enfouissement (hatmana) ; laisser est permis. Et lorsqu'elle n'est pas balayée, les Rabbanan qui divergent de Hanania l'interdisent de peur qu'il n'en vienne à attiser.
חַמִּין וְתַבְשִׁיל נִרְאֶה לר"י דִּסְתָם חַמִּין וְתַבְשִׁיל הַייְנוּ אַפֵּי' לָא בְּשִׁיל כָּל צָרְכּוֹ אֶלָּא כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי דְּהָא כִּי מוֹקֵי מַתְנִיתִין לְהַחֲזִיר תְּנַן הָוֵי מַתְנִיתִין כַּחֲנַנְיָה דְּשָׁרֵי חַמִּין וְתַבְשִׁיל לְהַשְׁהוֹת עַל גַּבֵּי כִּירָה אֲפִילּוּ בְּשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה אֲפִילּוּ לָא בְּשִׁיל כָּל צָרְכּוֹ וְלָא כְּרַבָּנָן וְאַמַּאי וְדִילְמָא מַתְנִיתִין אֲפִילּוּ כְּרַבָּנָן וּמַתְנִי' בְּחַמִּין וְתַבְשִׁיל שֶׁנִּתְבַּשְּׁלוּ כָּל צָרְכָן דְּמוֹדוּ רַבָּנָן דְּמַשְׁהִין ע"ג כִּירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אֶלָּא וַדַּאי מִשּׁוּם דִּסְתָם חַמִּין וְתַבְשִׁיל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי נָמֵי מַשְׁמַע וּמִיהוּ סְתַם חַמִּין וְתַבְשִׁיל הָוֵי נָמֵי בְּשִׁיל כָּל צָרְכּוֹ כִּדְמוֹכַח בְּסוֹף שְׁמַעְתִּין (דַּף לח.) גַּבֵּי קַשְׁיָא דְּרַבִּי מֵאִיר אַדְּרַבִּי מֵאִיר אע"פ שֶׁיֵּשׁ לִדְחוֹת וְשָׁם אֲפָרֵשׁ בע"ה וַאֲפִילּוּ אִי סְתַם חַמִּין וְתַבְשִׁיל לָא הֲוָה בְּשִׁיל כָּל צָרְכּוֹ צָרִיךְ לוֹמַר הָא דְּאָסְרִי בֵּית שַׁמַּאי לְהַחֲזִיר הַיְינוּ אֲפִילּוּ חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ כָּל צָרְכָּן וְכֵן לְבֵית הִלֵּל בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה מִדְּקָאָמַר בַּגְּמָרָא (דַּף לח:) וְאַף רַבִּי אוֹשַׁעְיָא סָבַר מַחְזִירִין אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת דְּאָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא פַּעַם אַחַת כו' וְהַעֲלֵנוּ לוֹ קוּמְקוּמוֹס שֶׁל חַמִּין וּמָזַגְנוּ לוֹ אֶת הַכּוֹס וְהֶחֱזַרְנוּהוּ לִמְקוֹמוֹ וְאִי לָא אֲסִיר בְּהוּחַמּוּ כָּל צָרְכָן מְנָא לֵיהּ דְּמַחֲזִירִין אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת דִּילְמָא הוּחַם כָּל צָורְכּוֹ הֲוָה וְאִם תֹּאמַר וְאִם סְתַם חַמִּין וְתַבְשִׁיל הָוֵי בֵּין בְּשִׁיל כָּל צָרְכּוֹ בֵּין לָא בְּשִׁיל אִם כֵּן סָבְרִי בֵּית שַׁמַּאי מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ אָסוּר כֵּיוָן דַּאֲסִיר תַּבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ וְאִם כֵּן הֵיכִי שָׁרִי חַמִּין שֶׁלֹּא הֻוחַמּוּ כָּל צָרְכָּן וְהָא יָפֶה לוֹ הוּא ואור"י דְּוַדַּאי תַּבְשִׁיל אָסְרִי בֵּית שַׁמַּאי מִשּׁוּם דִּלְעוֹלָם יָפֶה לוֹ אע"ג דְּנִתְבַּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ אֲבָל חַמִּין שֶׁאֵין יָפֶה לָהֶם אֶלָּא עַד כְּדֵי צָרְכָן אֲבָל מִכָּאן וְאֵילָךְ רַע לָהֶן כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן לָא אָסְרִי בֵּית שַׁמַּאי דְּלֵיכָּא לְמִיגְזַר שֶׁמָּא יְחַתֶּה דִּבְלֹא חִיתּוּי יֻוחֲמוּ כָּל צָרְכָן:
Il semble au Ri que l'expression hamin ve-tavchil sans précision désigne même ce qui n'est pas entièrement cuit, mais seulement comme la nourriture de ben Drossai. En effet, quand on établit notre michna comme traitant du retour, la michna est selon Hanania, qui permet de laisser eau chaude et plat sur la kira même non balayée, même s'ils ne sont pas entièrement cuits, et non selon les Rabbanan. Pourquoi donc ? Peut-être la michna est-elle même selon les Rabbanan, et traite-t-elle d'eau et de plat entièrement cuits, pour lesquels les Rabbanan admettent qu'on les laisse sur une kira non balayée et non couverte ? C'est donc certainement que hamin ve-tavchil sans précision peut aussi désigner [ce qui est cuit] comme la nourriture de ben Drossai. Cependant, hamin ve-tavchil sans précision désigne aussi ce qui est entièrement cuit, comme on le démontre à la fin de notre sougya (38a) à propos de la contradiction entre Rabbi Meir et Rabbi Meir, bien qu'on puisse la rejeter ; je l'expliquerai là-bas avec l'aide de Hachem. Et même si hamin ve-tavchil sans précision ne désignait pas ce qui est entièrement cuit, il faut dire que l'interdiction de remettre chez Beit Chamai vaut même pour une eau entièrement chauffée, et de même chez Beit Hillel pour une kira non balayée. On le voit dans la guemara (38b) : Rabbi Ochaya lui aussi pense qu'on remet même le Chabbat, puisque Rabbi Ochaya a dit : une fois, etc., nous lui avons monté un koumkoumous (bouilloire) d'eau chaude, nous lui avons versé la coupe et nous l'avons remis à sa place. S'il n'était pas interdit [de remettre] ce qui est entièrement chauffé, d'où saurait-il qu'on remet même le Chabbat ? Peut-être l'eau était-elle entièrement chauffée. Et si tu demandes : si hamin ve-tavchil sans précision désigne aussi bien ce qui est entièrement cuit que ce qui ne l'est pas, alors Beit Chamai pensent que mitstamek ve-yafe lo (ce qui gagne à réduire) est interdit, puisqu'ils interdisent un plat entièrement cuit ; comment donc permettent-ils une eau qui n'est pas entièrement chauffée, qui gagne [à chauffer] ? Le Ri répond : Beit Chamai interdisent assurément le plat, parce qu'il gagne toujours [à cuire], même entièrement cuit ; mais l'eau ne gagne que jusqu'à être suffisamment chauffée, et au-delà elle se dégrade, comme on le démontre plus loin. Beit Chamai ne l'interdisent donc pas, car il n'y a pas lieu de décréter de peur qu'il n'attise : sans attiser, elle chauffera suffisamment.
וב"ה אוֹמְרִים אַף מַחְזִירִין אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת מַחֲזִירִין כִּדְאָמַר בַּגְּמָרָא וְלָשׁוֹן נוֹטְלִין נָמֵי מַשְׁמַע דִּבְשַׁבָּת מַיְירֵי דִּבְחֹול לָא הֲוָה צָרִיךְ לְמִיתְנֵי נוֹטְלִין וּלְמַאן דְּאָסַר לְהַחֲזִיר אָסַר אֲפִילּוּ בְּחוֹל לְבֵית הִלֵּל כְּשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּלְבֵית שַׁמַּאי אַפֵּי' בִּגְרוּפָה מִדְּקָאָמַר בַּגְּמָרָא לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר מַחֲזִירִין מַחֲזִירִין אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת מַשְׁמַע דְּעִיקַּר פְּלֻוגְתָּא הָוֵי בְּחוֹל וְעוֹד מְדַקְדֵּק ר"ת מִדְּקָאָמַר לֹא יִתֵּן עַד שֶׁיִּגְרֹוף וְאִי לֹא יִתֵּן לֹא יַחֲזִיר בְּשַׁבָּת הוּא אֵיךְ יִגְרֹוף אוֹ יִקְטֹום בְּשַׁבָּת וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אֶלָּא אִם כֵּן גָּרַף וְקָטַם אֶלָּא בְּחוֹל נָמֵי אָסוּר לְהַחֲזִיר וא"ת מַה שִׁיעוּר הוּא נוֹתֵן לֶאֱסֹור בע"ש דְּהֵיכָא דְּסָלְקוּ בְּהַשְׁכָּמָה פְּשִׁיטָא דְּשָׁרֵי לְהַחֲזִיר וְאוֹמֵר ר"י דְּמִשָּׁעָה שֶׁלֹּא יוּכְלוּ לְהַרְתִּיחוֹ מִבְּעוֹד יוֹם אָסוּר לְהַחֲזִיר וּמִיהוּ בְּשַׁבָּת אֲפִילּוּ רוֹתֵחַ אָסוּר לְהַחֲזִיר לְמָאֵן דְּאָסַר דְּאִי לָאו הָכִי מְנָא לֵיהּ דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא סָבַר מַחֲזִירִין אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת דִּילְמָא קוּמְקְמוֹס שֶׁל חַמִּין רוֹתֵחַ הֲוָה וְעוֹד אוֹמֵר רִ"י דְּמָצִינוּ לְמֵימַר דִּבְעֶרֶב שַׁבָּת נָמֵי אָסוּר לְהַחֲזִיר אֲפִילּוּ רוֹתֵחַ מִשָּׁעָה שֶׁאִם הָיָה קַר לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַרְתִּיחַ מבע"י וְקָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א הֵיכִי שָׁרִי לְהַחֲזִיר קְדֵרָה עַל גַּבֵּי כִּירָה בְּשַׁבָּת וְהָא אָמַר בְּפֶרֶק הַמֵּבִיא כַּדֵּי יַיִן (בֵּיצָה דַּף לג. וְשָׁם) דְּבֵיצִים וּקְדֵרָה וְחָבִיתָא וּפוּרַיָּא מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה אָסוּר מִשּׁוּם אֹהֶל ואור"י דְּכִי אָסְרוּ חֲכָמִים אֹהֶל עֲרַאי ה"מ כְּשֶׁעוֹשֶׂה הַדְּפָנוֹת תְּחִלָּה וְאח"כ הַכִּיסּוּי אֲבָל הָכָא שֶׁדֻּופְנֵי הַכִּירָה כְּבָר עֲשׂוּיוֹת מֵאֵילֵיהֶן לָא אַחְמוּר רַבָּנָן לֶאֱסֹור לִיתֵּן קְדֵרָה עַל גַּבָּהּ וּמִיהוּ הָא דְּאָמַר בְּהַמּוֹצֵא תְּפִילִּין (עֵירוּבִין דַּף קב.) גַּבֵּי דִּיכְרֵי דְּרַב הוּנָא דַּאֲמַר לֵיהּ כְּרֹוךְ בֻּודְיָא וְשַׁייַּר בַּהּ טֶפַח לִמְחַר מוֹסִיף עַל אֹוהֶל עֲרַאי הוּא מַשְׁמַע דִּבְלֹא שִׁיּוּר אָסוּר אע"ג דְּהַדְּפָנוֹת כְּבָר עֲשׂוּיוֹת אור"י הָתָם מִשּׁוּם דְּדָמֵי אֹהֶל טְפֵי אָסוּר אַפֵּי' בְּלֹא עֲשִׂיַּית דְּפָנוֹת אֲבָל קְדֵרָה דְּלָא דָּמֵי אֹהֶל כֻּולֵּי הַאי לֹא אָסְרוּ חֲכָמִים בְּלֹא עֲשִׂיַּית דְּפָנוֹת:
Et Beit Hillel disent : on remet aussi. Même le Chabbat on remet, comme le dit la guemara. Le terme nontlin (on retire) implique aussi qu'il s'agit du Chabbat, car en semaine il n'aurait pas eu besoin d'enseigner qu'on retire. Et selon celui qui interdit de remettre, il l'interdit même en semaine : pour Beit Hillel quand la kira n'est pas balayée, et pour Beit Chamai même balayée. On le déduit de ce que dit la guemara : selon celui qui dit qu'on remet, on remet même le Chabbat ; cela implique que la divergence porte d'abord sur la semaine. Rabbenou Tam le déduit encore de ce qu'il est dit : il ne posera pas jusqu'à ce qu'il balaie. Si lo yiten signifiait ne pas remettre le Chabbat, comment balaierait-il ou couvrirait-il le Chabbat ? Il aurait dû dire : à moins qu'il n'ait balayé et couvert. C'est donc qu'en semaine aussi il est interdit de remettre. Et si tu demandes quelle limite il fixe pour interdire la veille du Chabbat, car s'il l'a retirée tôt le matin il est évident qu'il est permis de la remettre, le Ri répond : à partir du moment où l'on ne pourrait plus la faire bouillir tant qu'il fait jour, il est interdit de remettre. Cependant, le Chabbat, même [un plat] bouillant, il est interdit de le remettre selon celui qui l'interdit ; sinon, d'où saurait-on que Rabbi Ochaya pense qu'on remet même le Chabbat ? Peut-être la bouilloire d'eau chaude était-elle bouillante. Le Ri dit encore qu'on peut soutenir que même la veille du Chabbat il est interdit de remettre [un plat] même bouillant, à partir du moment où, s'il était froid, on ne pourrait plus le faire bouillir de jour. Le Rachba demande : comment est-il permis de remettre une marmite sur la kira le Chabbat ? N'est-il pas dit au chapitre Ha-mevi kadei yayin (Beitsa 33a) : les œufs, la marmite, le tonneau et le lit, [installés] de bas en haut, c'est interdit à cause de ohel (construction d'une tente) ? Le Ri répond : quand les Sages ont interdit le ohel provisoire, c'est lorsqu'on fait d'abord les parois puis la couverture ; mais ici, où les parois de la kira sont déjà faites d'elles-mêmes, les Rabbanan n'ont pas été stricts au point d'interdire d'y poser une marmite. Cependant, ce qui est dit au chapitre Ha-motse tefillin (Erouvin 102a) au sujet des béliers de Rav Houna, où il lui a dit : enroule la natte et laisses-en un tefah, demain tu ajoutes à un ohel provisoire — cela implique que sans laisser [un tefah] c'est interdit, bien que les parois soient déjà faites. Le Ri répond : là-bas, c'est interdit parce que cela ressemble davantage à un ohel, même sans faire les parois ; mais la marmite, qui ne ressemble pas autant à un ohel, les Sages ne l'ont pas interdite sans que l'on fasse les parois.
💡 Explication

La kira est un foyer ouvert, avec une place pour deux marmites. Le problème est celui de la marmite qui reste sur un feu allumé avant le Chabbat : on craint qu'on en vienne à attiser les braises (chema yehate), ce qui est une melakha.

Le combustible fixe le risque. Kach et gavava brûlent vite et laissent peu de braises. Guefet et bois laissent des braises vives : il faut alors les balayer (garouf) ou les couvrir de cendre (katoum).

Deux débats suivent. Le premier porte sur ce qu'on pose : pour Beit Chamai l'eau seule, qui n'a rien à gagner d'une cuisson prolongée, pour Beit Hillel aussi le plat. Le second porte sur le fait de remettre (lehahzir) une marmite retirée. Tossefot discute la raison de l'interdit (ajout de chaleur ou crainte d'attiser), l'état de cuisson visé par hamin ve-tavchil, et la question de savoir si le retour est déjà interdit en semaine.

🖼️ Schéma
Les deux débats de la michna (foyer balayé ou couvert) Question Beit Chamai Beit Hillel 1. Que pose-t-on sur le foyer ? eau chaude (hamin) seulement, pas de plat cuisiné eau chaude et plat cuisiné 2. Peut-on remettre ce qu'on a retiré ? on retire (nontlin), on ne remet pas on remet aussi (mahzirin) Rachi : Beit Chamai craignent qu'on attise ; remettre ressemble à cuire.
Les deux débats entre Beit Chamai et Beit Hillel sur un foyer balayé ou couvert.
4
גְּמ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: הַאי ״לֹא יִתֵּן״ — לֹא יַחֲזִיר הוּא, אֲבָל לִשְׁהוֹת — מַשְׁהִין, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְאֵינוֹ קָטוּם. וּמַנִּי — חֲנַנְיָה הִיא. דְּתַנְיָא, חֲנַנְיָה אוֹמֵר: כָּל שֶׁהוּא כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי — מֻותָּר לְשַׁהוֹתוֹ עַל גַּבֵּי כִּירָה, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְאֵינוֹ קָטוּם. אוֹ דִּילְמָא — לִשְׁהוֹת תְּנַן, וְאִי גָּרוּף וְקָטוּם — אִין, אִי לָא — לֹא, וְכָל שֶׁכֵּן לְהַחֲזִיר.

GUEMARA. Ils ont posé la question : ce lo yiten (il ne posera pas), veut-il dire : il ne remettra pas ; mais pour laisser (lichhot), on laisse, même si [le foyer] n'est ni balayé ni couvert ?

Et de qui est-ce ? C'est de Hanania, comme il est enseigné dans une baraita : Hanania dit : tout ce qui est [cuit] comme la nourriture de ben Drossai, il est permis de le laisser sur la kira, même si elle n'est ni balayée ni couverte.

Ou peut-être est-ce laisser que nous avons appris : si c'est balayé et couvert, oui ; sinon, non ; et à plus forte raison pour remettre.

📜 Rachi (1)
גְּמ' קָטוּם הַייְנוּ נָתַן אֵפֶר עַל הַגֶּחָלִים דְּאֵפֶר מְתַרְגְּמִינַן קִיטְמָא:
Katoum : c'est-à-dire qu'on a mis de la cendre sur les braises, car la cendre se traduit en araméen kitma.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אִיבַּעְיָא לְהוּ הַאי לֹא יִתֵּן לֹא יַחֲזִיר הוּא דְּלָא אֲבָל לְשַׁהוֹת מְשַׁהִין אַף עַל פִּי שֶׁאֵין גָּרוּף וְאֵין קָטוּם וּמַתְנִיתִין חֲנַנְיָא הִיא דְּתַנְיָא חֲנַנְיָא אוֹמֵר כָּל שֶׁהוּא כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוּסַאי מֻותָּר לְשַׁהוֹתוֹ עַל גַּבֵּי כִּירָה אע"פ שֶׁאֵין גְּרוּפָה וְאֵין קְטוּמָה. אוֹ דִּלְמָא לְשַׁהוֹת תְּנַן וְאִי גָרוּף וְקָטוּם אֵין אִי לָא לָא. וְשָׁקְלִינַן וְטָרֵינַן וּמַסְּקָנָא דְּלָא יִתֵּן לֹא יִשְׁהֶה הוּא דַּאֲפִילּוּ לִשְׁהוֹת נָמֵי אִי גָּרוּף וְקָטוּם אִין אִי לָא לָא וְכָל שֶׁכֵּן לְהַחֲזִיר. וּמְנָא לָן דְּהָכִי הוּא מַסְּקָנָא דְּהָא בָּתַר דְּשָׁקְלִינַן וְטָרֵינַן אִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ לִסְמֹוךְ לָהּ תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דְּאָסוּר אֲבָל לִסְמֹוךְ שַׁפִּיר דָּמֵי אוֹ דִלְמָא לָא מִדְּאָמַר תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דַּאֲסִיר שָׁמְעִינַן דְּאָסוּר לִשְׁהוֹת עַל גַּבֵּי כִּירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה שְׁנָא. וּקְטוּמָה. וְעוֹד דְּהָא אַסִּיקְנָא לְבַעְייַן וְאָמַר מַאי הָוֵי עֲלַהּ תָּא שְׁמַע כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים סוֹמְכִין לָהּ. וְאֵין מַשְׁהִין עָלֶיהָ אֶלָּא אִם כֵּן גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. וְגֶחָלִים שֶׁעָמְמוּ אוֹ שֶׁנָּתְנוּ עָלֶיהָ נְעֹורֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן דַּקָּה הֲרֵי הִיא כִּקְטוּמָה אַלְמָא דְּהָכִי הִלְכְתָא וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא נָמֵי הָכִי סְבִירָא לֵיהּ וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה הָכִי סְבִירָא לֵיהּ. וְעוֹד הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן וְאִי שָׁכַח וְשָׁהָה עַל גַּבֵּי כִּירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה מִידִי דְּלָא בִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ אָסוּר וְכָל שֶׁכֵּן אִם עָבַר וְשָׁהָה כִּדְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה אָמַר ר' אַסִּי אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב בַּתְּחִלָּה הָיוּ אוֹמְרִים הַמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת בְּשׁוֹגֵג יֹאכַל בְּמֵזִיד לֹא יֹאכַל וְהוּא הַדִּין לַשּׁוֹכֵחַ. מִשֶּׁרַבּוּ מְשַׁהִין בְּמֵזִיד וְאוֹמְרִים שֶׁכּוֹחִין אֲנַחְנוּ חָזְרוּ וְקָנְסוּ אַף הַשּׁוֹכֵחַ. וְרַשִׁ"י כָּתַב וַאֲנַן דְּמִשְּׁהֵינַן עַל גַּבֵּי כִּירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אַדַּחֲנַנְיָא סָמְכִינַן הוֹאִיל וּסְתָם מַתְנִיתִין כְּוָותֵיהּ כִּדְאָמְרִינַן הָא קָרְמוּ שָׁרִי ואע"ג דְּלָא בִּשֵּׁל כָּל צָורְכּוֹ וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן כְּוָותֵיהּ וּמַתְנִיתִין דְּפִירְקִין מִשּׁוּם חֲזָרָה הוּא דְּבָעֵי גְּרוּפָה אֲבָל לִשְׁהוֹת לֹא וְכָל אָמוֹרָאֵי דְּאָסְרִי סָבְרִי מַתְנִיתִין לְשַׁהוֹת תְּנַן. וְכֵן פָּסַק ר"י וְהֵבִיא רְאָיָה מִדְּרָבָא שֶׁהוּא בָּתְרָאָה דְּפָרִיךְ תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי ס"ל הָכִי. וכ"כ הר"ז הַלֵּוִי זַ"ל וְדָחָה רְאָיוֹתָיו שֶׁל רִי"ף זַ"ל דְּהָא דְּמַיְיתִי רְאָיָה מִדְּאִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ לִסְמֹוךְ לָהּ תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דַּאֲסִיר הָא לִסְמֹוךְ שַׁפִּיר דָּמֵי לָאו רְאָיָה הִיא דְּיֵשׁ סְמִיכָה בַּחֲזָרָה כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ סְמִיכָה בִּשְׁהִיָּיה וה"ק מַהוּ לִסְמֹוךְ הַקְּדֵירָה בַּחֲזָרָתָהּ לְכִירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דְּאָסוּר לְהַחֲזִיר אֲבָל לְהַחֲזִיר בְּסָמוּךְ לָהּ שָׁרִי וּדְקָא מַיְיתֵי עָלֶיהָ רְאָיָה מִבָּרַייְתָא דִּשְׁתֵּי כִּירוֹת הַמַּתְאִימוֹת כו' מְשַׁהִין עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה וְדָחֵינַן לֵהּ שָׁאנֵי הָתָם כֵּיוָן דְּמִידַּלְיָא שַׁלִּיט בָּהּ אֲוִירַי וְכֵן הָא דְּתַנְיָא כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים סוֹמְכִין לָהּ וְאֵין מְקַיְּימִין עָלֶיהָ אֶלָּא אִם כֵּן גְּרוּפָה וּקְטוּמָה סְתָמָא כְּרַבִּי יְהוּדָה וּמִדְּרַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר לִסְמֹוךְ בְּלִשָּׁהוּת מַשְׁמַע דה"ה לְתַנָּא דְּמַתְנִיתִין לִסְמֹוךְ בִּלְהַחֲזִיר וּדְרַבִּי חִיָּיא וְר' אוֹשַׁעְיָא תַּנָּאֵי הִיא וְאִי נָמֵי סְבִירָא לְהוּ כְּרַבִּי יְהוּדָה סְתָמָא דְּמַתְנִיתִין עָדִיף מִכָּל הָנֵי וְכֵן כָּל מַה דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּעִנְיַן תַּנּוּר שֶׁהִסִּיקוּהוּ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר תּוֹכוֹ תּוֹכוֹ מַמָּשׁ וְכוּ' הַהִיא סֻוגְיָא לְעִנְיַן חֲזָרַת קְדֵירָה נֶאֶמְרָה אֲבָל לִשְׁהוֹת ד"ה מֻותָּר לָא שְׁנָא כִּירָה ול"ש תַּנּוּר ול"ש תּוֹכוֹ ול"ש עַל גַּבּוֹ וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר לִסְמֹוךְ דְּקַייְמָא לָן כַּחֲנַנְיָא וְעוֹד תֵּימַהּ עַל רִי"ף זַ"ל שֶׁכָּתַב בפ"ק וְכַמָּה כְּדֵי שֶׁיְּצוּלוֹ אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר ר' אִילְעַאי כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי וְהַהִיא כַּחֲנַנְיָא אָתְיָא וְעָלָה מַיְיתֵי בָּרַייְתָא דַּחֲנַנְיָא וּבְפֶרֶק זֶה דָּחָה דִּבְרֵי חֲנַנְיָא וְלֹא נִזְכַּר לְאוֹתָהּ מִשְׁנָה וְלֹא לְמַה שֶׁכָּתַב עָלֶיהָ. וְאִם הָיָה לוֹ טַעַם בָּזֶה הָיָה לוֹ לְכָותְבוֹ לָנוּ. וְכֵן הֵשִׁיב גָּאוֹן וְשֶׁשְּׁאַלְתֶּם תַּבְשִׁיל שֶׁנִּתְבַּשֵּׁל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מַהוּ לְהַטְמִינָהּ עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים מִבְּעוֹד יוֹם אוֹ לְהַטְמִינָהּ בְּכִירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. הָא אִיתְחֲזַאי לַנָא מִילְּתָא דְּכָל הֵיכָא דְּבָשִׁיל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מֻותָּר לְהַשְׁהוֹתָהּ עַל גַּבֵּי כִּירָה אע"פ שֶׁאֵין גְּרוּפָה וּקְטוּמָה כִּדְקָתָנֵי אֵין צוֹלִין בָּשָׂר בָּצָל וּבֵיצָה אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם וְכַמָּה א"ר אִילְעַי אָמַר רַב כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם כְּמַאֲכָל בֶּן דְּרוֹסַאי וְתַנְיָא חֲנַנְיָא אוֹמֵר כָּל שֶׁהוּא כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מֻותָּר לְהַשְׁהוֹתוֹ עַל גַּבֵּי כִּירָה אע"פ שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְקָטוּם כֵּיוָן דְּבָשִׁיל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מָטְיָא קְדִירָא בְּעִידָּנָא וְלָא אָתֵי לְחַתּוּיֵי בְּגֶחָלִים וכ"כ רַב שְׁרִירָא גָּאוֹן דַּהֲלָכָה כַּחֲנַנְיָא. והר"ר יְהוּדָה הַבַּרְצֵלוֹנִי זַ"ל הֵבִיא עוֹד דִּבְרֵי כַּמָּה גְּאוֹנִים שֶׁפָּסְקוּ כַּחֲנַנְיָא וְאַחַ"כּ כָּתַב עַל לְשׁוֹן רִי"ף זַ"ל וְאוֹמֵר אֲנִי שֶׁהוּא מְחֻוָּור שֶׁבְּכֻולָּן. וּבִשְׁאִלְתּוֹת דְּרַב אַחַאי זַ"ל פָּסַק כְּרִי"ף. וּמַה שֶׁדָּחָה הר"ז זַ"ל רְאָיוֹתָיו שֶׁל רִי"ף דְּהָא דְּבָעֵי מַהוּ לִסְמֹוךְ בִּסְמִיכָה דַּחֲזָרָה אַייְרֵי כָּתַב ה"ר יוֹנָה זַ"ל דְּאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן דְּמִדִּנְקַט הַשַּׁ"ס תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דְּאָסוּר וְכוּ' וְאִי בַּחֲזָרָה אַיְירֵי לָא ה"ל לְמֵימַר תּוֹכָהּ אֶלָּא ה"ל לְמֵימַר עַל גַּבָּהּ הוּא דְּאָסוּר אֲבָל לִסְמֹוךְ שַׁפִּיר דָּמֵי אוֹ דִלְמָא לָא שְׁנָא וְאֵין חִילּוּק בֵּין סְמִיכָה לְעַל גַּבָּהּ אֲבָל בַּחֲזָרָה דְּתוֹכָהּ לָא מָצֵי לְמֵימַר לָא שְׁנָא בֵּין חֲזָרָה דְּתוֹכָהּ לַחֲזָרָה דִּסְמִיכָה דע"כ שְׁנָא וּשְׁנָא דִּלְתוֹכָהּ אָסוּר לְהַחֲזִיר אֲפִילּוּ בִּגְרוּפָה וּקְטוּמָה כִּדְאָמַר רַב לֹא שָׁנוּ אֶלָּא עַל גַּבָּהּ אֲבָל לְתוֹכָהּ אָסוּר וְלִסְמֹוךְ לָהּ מֻותָּר דְּהָא עַל גַּבָּהּ נָמֵי מֻותָּר וּמַה שֶׁאָמַר שֶׁהֵבִיא לִפְשֹׁוט הַבַּעְיָא מֵאֵלּוּ שְׁתֵּי הַבָּרָייְתוֹת דְּאָתְיָא כְּרַבִּי יְהוּדָה וּמִדְּרַבִּי יְהוּדָה בְּלִשָּׁהוּת נִשְׁמַע לְתַנָּא דְּמַתְנִי' בִּלְהַחֲזִיר הָא לֵיתָא דְּוַדַּאי חֲמוּרָה מִשְּׁהִיָּיה אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי עָלֶיהָ דַּחֲנַנְיָא דְּהָא לְעִנְיַן שְׁהִייָּה לָא שְׁנָא עַל גַּבָּהּ ול"ש תּוֹכָהּ כְּשֶׁהִיא גְּרוּפָה וּקְטוּמָה שָׁרִי וּלְעִנְיַן חֲזָרָה אע"פ שֶׁהִיא גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אָסוּר לְהַחֲזִירָהּ לְתוֹכָהּ הִלְכָּךְ לַחֲנַנְיָא נָמֵי אע"ג דְּשָׁרֵי לִשְׁהוֹת וְלִסְמֹוךְ כְּשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה דִּלְמָא לְהַחֲזִיר וְלִסְמֹוךְ עָלָיו אָסוּר. וּמַה שֶׁהֵבִיאוּ רְאָיָה לִפְסֹוק כַּחֲנַנְיָא מֵהָא דְּקָאָמַר רָבָא תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי דְּסָבַר רָבָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן. נִרְאֶה לִי דְּלָאו רְאָיָה הִיא דְּקַשְׁיָא לֵיהּ מַאי קמ"ל דְּתַרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי לִשְׁהוֹת תְּנֵינָא וְלֹא חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים טוּבָא קמ"ל ר' יוֹחָנָן דְּמַתְנִי' דְּפִירְקִין לְהַחֲזִיר תְּנַן וְאָתְיָא כַּחֲנַנְיָא דְּאִי לְשַׁהוֹת תְּנַן אע"ג דִּסְתָמָא דְּפִירְקִין קַמָּא כַּחֲנַנְיָא סְתָמָא דְּהַאי פֶּרֶק בָּתְרָא עָדִיף וְגַם דְּהַאי סְתָמָא כְּרַבִּים וְאִם כֵּן טוּבָא קמ"ל. וְאֵין לוֹמַר דְּהָכִי פָּרֵיךְ דְּכֵיוָן דִּתְנָא סְתָמָא דְּמַתְנִי' כַּחֲנַנְיָא מִמֵּילָא אִית לָן לְפָרוֹשֵׁי מַתְנִיתִין דְּהָכָא כַּחֲנַנְיָא כִּי הֵיכִי דְּלָא תִּיקְשֵׁי סְתָמָא אַסְּתָמָא. דְּא"כ אַמַּאי לָא מַיְיתֵי מִמַּתְנִיתִין דְּפֶרֶק קַמָּא לְמִיפְשַׁט בַּעְייַן דְּוַדַּאי לְהַחֲזִיר תְּנַן דְּתֵיקוּם מַתְנִיתִין כַּחֲנַנְיָא. אֶלָּא וַדַּאי אִית לָן טְפֵי לְאוֹקְמָא מַתְנִיתִין בִּפְשִׁיטוּת דְּלָא יִתֵּן מַשְׁמַע תְּחִלַּת נְתִינָה וְגַם לֹא נִצְטָרֵךְ לְהַגִּיהַּ הַמִּשְׁנָה וְגַם לֹא נִצְטָרֵךְ דְּרֵישָׁא וְסֵיפָא אַיְירֵי בַּחֲזָרָה וְלָא נִיחוּשׁ אִי פְּלִיגָא הַאי סְתָמָא לִסְתָמָא דִּלְעֵיל. דְּמֵעִיקָּרָא נִרְאֶה לְרַבִּי לִסְתֹּום כַּחֲנַנְיָא וְשׁוּב חָזַר בּוֹ וּסְתָמוֹ כְּרַבָּנָן אֶלָּא וַדַּאי הָכִי פָּרֵיךְ רָבָא תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי וְאִם נִרְאֶה לְר' יוֹחָנָן לִסְתֹּום כִּסְתָם מַתְנֵי' דִּלְעֵיל וּלְפָרֵשׁ דְּמַתְנִי' לְהַחֲזִיר תְּנַן יִפְסֹוק דַּהֲלָכָה כְּאוֹתָהּ מִשְׁנָה דִּלְעֵיל דְּאֵין דֶּרֶךְ אָמוֹרָא לוֹמַר כְּאִלּוּ אוֹמֵר מִפִּי עַצְמוֹ מַה שֶׁהוּא שָׁנוּי בְּהֶדְיָא בַּמִּשְׁנָה וּמְשַׁנֵּי דִּיּוּקָא דְּמַתְנִי' קמ"ל לְפִי שֶׁאֵין שָׁנוּי בַּמִּשְׁנָה הָא קָרְמוּ פָּנֶיהָ שַׁפִּיר דָּמֵי הִלְכָּךְ לָא הֲוָה שָׁמְעִינַן דְּמֻותָּר לִשְׁהוֹת עַל שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אִי לָאו דְּפָרֵישׁ בְּהֶדְיָא מֵעַתָּה אֶפְשָׁר דְּסָבַר רָבָא דְּמַתְנִי' לִשְׁהוֹת תְּנַן וְכֵיוָן דְּאֵין לָנוּ כֹּחַ לוֹמַר דְּרָבָא סָבַר כְּרַבִּי יוֹחָנָן יֵשׁ לָנוּ לִדְחוֹת מֵימְרָא דְּרַב שֵׁשֶׁת שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹחָנָן מִן קָדַם שְׁתֵּי מֵימְרוֹת שֶׁאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה וְרַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה בְּשֵׁם רַבִּי יוֹחָנָן וְלֹא הִתִּירוּ לִשְׁהוֹת הַתַּבְשִׁיל אֶלָּא תַּבְשִׁיל שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ אֲבָל תַּבְשִׁיל שֶׁלֹּא בִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ לֹא וְכָל הָנָךְ אָמוֹרָאֵי דְּאַיְירֵי בִּשְׁמַעְתִּין דְּמִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ כּוּלְּהוּ לֵית לְהוּ דַּחֲנַנְיָא דְּלָא שָׁרוּ אֶלָּא שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ וּמַה שֶׁתָּמַהּ הר"ז זַ"ל שֶׁכָּתַב בְּהִלְכוֹתָיו בפ"ק וְכַמָּה כְּדֵי שֶׁצּוֹלוֹ אָמַר רַב כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי כָּתַב ה"ר יוֹנָה זַ"ל שֶׁאֵין בָּזֶה תִּמָּהוֹן דְּאִיצְטְרִיךְ הַהוּא פֵּירוּשָׁא אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן וַאֲפִילּוּ לְרַב דְּאָסַר מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ דְּאַשְׁמְעִינַן כֵּיוָן שֶׁנִּצּוּלוֹ מִבְּעוֹד יוֹם כְּמַאֲכָל בֶּן דְּרוֹסַאי מִשְּׁהֵינַן אוֹתוֹ עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אֲבָל וַדַּאי אֵין צוֹלִין אוֹתוֹ אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם וַאֲפִילּוּ לְדַעַת שֶׁיִּגְרֹוף וְיִקְטֹום הַגֶּחָלִים עִם חֲשֵׁיכָה וְהָא דְּאָמַר רָבָא תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים וּפְשִׁיטָא לֵיהּ לְרָבָא דְּמַתְנִיתִין כַּחֲנַנְיָא סֵיפָא וַדַּאי אָתְיָא כַּחֲנַנְיָא כֵּיוָן דְּקָתָנֵי וְלֹא חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּקְרְמוּ פָּנֶיהָ מִבְּעוֹד יוֹם מַשְׁמַע הָא קָרְמוּ פָּנֶיהָ שַׁפִּיר דָּמֵי לְשַׁהוֹתָהּ עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים בְּלֹא גָּרוּף וּבְלֹא קָטוּם אֲבָל הַאי דְּקָתָנֵי רֵישָׁא אֵין צוֹלִין בָּשָׂר וּבָצָל וּבֵיצָה אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם אָתְיָא בֵּין לַחֲנַנְיָא בֵּין לְרַבָּנָן. לַחֲנַנְיָא אע"פ שֶׁלֹּא יִגְרֹוף וְלֹא יִקְטֹום וּלְרַבָּנָן וְהוּא שֶׁיִּגְרֹוף וְיִקְטֹום עִם חֲשֵׁיכָה. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל לָא אַסִּיק הִלְכְתָא לֹא כְּמַאן לֹא כַּחֲנַנְיָא וְלָא כְּרַבָּנָן בְּתַבְשִׁיל שֶׁלֹּא בָּשַׁל כָּל צָרְכּוֹ. אֲבָל בְּתַבְשִׁיל שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ פְּסַק הֲלָכָה כְּהָא דְּאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה אָמַר ר' יוֹחָנָן כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים מְשַׁהִין עָלֶיהָ חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ כָּל צָורְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ דְּמִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ מֻותָּר ואע"ג דְּרַב וּשְׁמוּאֵל פְּלִיגִי עָלֶיהָ הָא קי"ל כְּרַבִּי יוֹחָנָן לְגַבֵּי רַב וּשְׁמוּאֵל. וּמַה שֶׁאָמַר רַב עוּקְבָא מִמֵּישָׁן לְרַב אָשֵׁי אַתּוּן דִּמְקָרְבִיתוּ לְרַב וּשְׁמוּאֵל עֲבִידוּ כְּרַב וּשְׁמוּאֵל לֹא מִשּׁוּם דְּהִלְכְתָא הָכִי דְּאַדְּרַבָּה מִדְּקָאָמַר אֲנַן נַעֲבֵד כְּרַבִּי יוֹחָנָן מַשְׁמַע דְּהָכִי הִלְכְתָא וְהָא דְּקָאָמַר לְהָנֵי דִּמְקָרְבִי לְרַב וּשְׁמוּאֵל דְּלֶיעְבְּדוּ כְּרַב וּשְׁמוּאֵל מִשּׁוּם דְּקַיְימָא לָן דְּבָרִים הַמֻּותָּרִים וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בְּהוּ אִיסּוּר אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּיר בִּפְנֵיהֶם. וְגַם רַב אַשִּׁי דְּהוּא בָּתְרָאָה קִבֵּל דִּבְרֵי מַר עוּקְבָא וְרַב יוֹסֵף גּוּפֵיהּ דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב וּשְׁמוּאֵל מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ אָסוּר אַהְדַּר לֵיהּ לְאַבַּיֵּי דִּבְעָא מִינֵּיהּ מַהוּ לִשְׁהוֹת וא"ל הָא רַב יְהוּדָה מַשְׁהֵי לֵיהּ וְאָכִיל וּבְסוּרָא מַשֶּׁהוּ וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מָרֵי דְעוֹבָדָא הֲוָה מַשְׁהֵי לֵיהּ וְאָכִיל כָּל שְׁהִיּוֹת הַלָּלוּ מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ דַּעֲלֵהּ קָיְימִינַן וְהַדָּבָר לָמֵד מֵעִנְיָנוֹ. וְרַב נַחְמָן דְּאָמַר כְּלָלָא דְּמִילְּתָא כָּל דְּאִית בֵּיהּ מֵיחָא מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ לָאו אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא קָאָמַר אֶלָּא לְהָנֵי דִּמְקָרְבִי לְרַב וּשְׁמוּאֵל לְהוֹרוֹת לָהֶם מַהוּ מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ וּמַהוּ מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ. וְהָא דְּבָעֵי שָׁכַח קְדֵירָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים וּבִשְּׁלָהּ בְּשַׁבָּת מַהוּ מִיבַּעְיָא לֵיהּ בֵּין לַחֲנַנְיָא בֵּין לְרַבָּנָן לַחֲנַנְיָא הֵיכָא שֶׁלֹּא נִתְבַּשֵּׁל מִבְּעוֹד יוֹם כְּמַאֲכָל בֶּן דְּרוֹסַאי. וְהָא דְּבָעֵי עָבַר וְשָׁהָה מַהוּ אַף לְאַחַר גְּזֵירָה מִיבַּעְיָא לֵיהּ וּמְסַפְּקָא לֵיהּ אִי גָּזְרוּ דַּוְקָא לְאוֹתוֹ שֶׁשָּׁהָה אֲבָל לִבְנֵי בֵּיתוֹ לֹא אוֹ דִּילְמָא לָא שְׁנָא וּפָשַׁט לֵיהּ מִדְּקָאָמַר וְאָסַר מַשְׁמַע דִּלְכָל בְּנֵי בַּיִת אָסַר. אִי נָמֵי מִיבַּעְיָא לֵיהּ הֵיכָא דְּנִתְבַּשֵּׁל וְנִצְטַמֵּק יָפֶה וְאֵינוֹ צָרִיךְ עוֹד צִימּוּק כְּלָל וּפָשַׁט לֵיהּ מִבֵּיצִים מְצֻומָּקוֹת שֶׁנִּשְׁתַּהוּ עַל גַּבֵּי כִּירָה דְּמַשְׁמַע בְּשָׁעָה שֶׁנִּשְׁתַּהוּ הֵן מְצֻומָּקוֹת. וּבִשְׁבִיל שֶׁרַבּוּ דֵּעוֹת בְּהַאי פִּיסְקָא וְיִשְׂרָאֵל אֲדוּקִין בְּמִצְוַת עֹונֶג שַׁבָּת וְלֹא יִשְׁמְעוּ לְהַחְמִיר הַנַּח לָהֶם כַּמִּנְהָג שֶׁנָּהֲגוּ עַל פִּי הַפּוֹסְקִים כַּחֲנַנְיָא וְכָל זֶה בְּעִנְיָן שֶׁהָיָה כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל וְשִׁיהוּי זֶה אֵינָהּ הַטְמָנָה אֶלָּא כְּגוֹן כִּסֵּא שֶׁל בַּרְזֶל וְהַקְּדֵירָה יוֹשֶׁבֶת וְהִיא תְּלוּיָה בַּאֲבָנִים אוֹ כַּיּוֹצֵא בָּהֶן. אֲבָל בְּהַטְמָנָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר דקי"ל הַטְמָנָה בְּדָבָר הַמּוֹסִיף הֶבֶל אֲפִילּוּ מִבְּעוֹד יוֹם אָסוּר. וּלְקַמָּן נְפָרֵשׁ דִּין הַטְמָנָה בְּעֶזְרַת הַשֵּׁם.
Guemara. Ils ont posé la question : ce lo yiten veut-il dire seulement : il ne remettra pas ; mais pour laisser on laisse, même si ce n'est ni balayé ni couvert, et notre michna est de Hanania, comme il est enseigné : Hanania dit : tout ce qui est comme la nourriture de ben Drossai, il est permis de le laisser sur la kira même si elle n'est ni balayée ni couverte ? Ou peut-être est-ce laisser que nous avons appris : si c'est balayé et couvert, oui ; sinon, non. Nous avons débattu, et la conclusion est que lo yiten signifie : il ne laissera pas ; même pour laisser, si c'est balayé et couvert, oui ; sinon, non ; et à plus forte raison pour remettre. D'où savons-nous que telle est la conclusion ? Après avoir débattu, ils ont demandé : qu'en est-il d'appuyer [la marmite] contre elle ? Est-ce seulement dedans et dessus qu'il est interdit, tandis qu'appuyer est permis, ou peut-être non ? Puisqu'il dit : dedans et dessus, c'est interdit, nous apprenons qu'il est interdit de laisser sur une kira qui n'est ni balayée ni couverte. De plus, nous avons conclu la question en disant : qu'en est-il finalement ? Viens et entends : une kira que l'on a chauffée avec du marc et du bois, on appuie contre elle, et on ne laisse dessus que si elle est balayée et couverte ; des braises éteintes, ou sur lesquelles on a mis de l'étoupe de lin fine, sont comme couvertes. Il en ressort que telle est la halakha ; Rabbi Ochaya pense ainsi, et Rabba bar bar Hana pense ainsi. De plus, nous disons plus loin : s'il a oublié et laissé sur une kira non balayée et non couverte une chose qui n'est pas entièrement cuite, c'est interdit, et à plus forte raison s'il a transgressé et laissé, comme l'a dit Rav Chmouel bar Yehouda au nom de Rabbi Assi au nom de Rav Houna au nom de Rav : au début on disait : celui qui cuit le Chabbat par inadvertance peut manger ; délibérément, il ne mange pas ; et il en est de même de celui qui oublie. Quand se sont multipliés ceux qui laissaient délibérément en disant : nous avons oublié, ils sont revenus et ont pénalisé aussi celui qui oublie. Rachi a écrit : et nous, qui laissons sur une kira non balayée et non couverte, nous nous appuyons sur Hanania, puisqu'une michna anonyme va dans son sens, comme nous le disons : mais si sa surface a formé une croûte, c'est permis, même si ce n'est pas entièrement cuit ; et Rav Chechet a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [la halakha est] comme lui. La michna de notre chapitre exige une kira balayée pour le retour, mais pas pour laisser ; et tous les Amoraim qui interdisent pensent que la michna traite de laisser. Ainsi a tranché le Ri, et il a apporté une preuve de Rava, qui est tardif, et qui, en objectant : les deux, nous les avons [déjà] apprises, pense ainsi. Ainsi a écrit le Rav Zerahia HaLevi, qui a rejeté les preuves du Rif. La preuve que [le Rif] apporte de la question : qu'en est-il d'appuyer, dedans et dessus c'est interdit, mais appuyer est permis, n'en est pas une, car il y a un appui dans le retour comme il y a un appui dans le fait de laisser ; et voici ce que [la question] dit : qu'en est-il d'appuyer la marmite, lors de son retour, contre une kira non balayée et non couverte ? Dedans et dessus, il est interdit de la remettre, mais la remettre en l'appuyant contre elle est permis. Quant à la preuve qu'il apporte de la baraita des deux kirot jumelées, etc., on laisse sur celle qui est balayée et couverte, nous l'avons rejetée : c'est différent là-bas, puisqu'elle est élevée, l'air agit sur elle. De même ce qui est enseigné : une kira chauffée avec du marc et du bois, on appuie contre elle, et on ne maintient dessus que si elle est balayée et couverte : c'est une baraita anonyme selon Rabbi Yehouda ; et puisque Rabbi Yehouda permet d'appuyer pour laisser, il en ressort que le tana de la michna permet de même d'appuyer pour remettre. Rabbi Hiya et Rabbi Ochaya, c'est une divergence de tanaim ; et même s'ils pensent comme Rabbi Yehouda, l'anonyme de la michna prévaut sur eux tous. De même, tout ce que nous disons plus loin au sujet d'un four chauffé avec de la paille et du gavava, ou Rav Yossef voulait dire : dedans, c'est réellement dedans, etc., cette sougya a été dite au sujet du retour de la marmite ; mais pour laisser, tous admettent que c'est permis, que ce soit une kira ou un four, dedans ou dessus, et inutile de parler d'appuyer, car nous tenons comme Hanania. De plus, il s'étonne du Rif, qui a écrit au premier chapitre : et combien, le temps qu'ils rôtissent ? Rabbi Zeira a dit au nom de Rabbi Ilai : comme la nourriture de ben Drossai — ce qui va selon Hanania, et il y cite la baraita de Hanania — tandis que dans ce chapitre-ci il rejette les propos de Hanania sans faire mention de cette michna ni de ce qu'il avait écrit à son sujet. S'il avait une raison à cela, il aurait dû nous l'écrire. De même un Gaon a répondu : quant à ce que vous avez demandé, un plat cuit comme la nourriture de ben Drossai, peut-on l'enfouir sur des braises de jour, ou le laisser dans une kira non balayée et non couverte ? Il nous est apparu que partout où c'est cuit comme la nourriture de ben Drossai, il est permis de le laisser sur la kira même si elle n'est ni balayée ni couverte, comme il est enseigné : on ne rôtit pas viande, oignon et œuf, sauf s'ils ont le temps de rôtir de jour ; et combien ? Rabbi Ilai a dit au nom de Rav : le temps qu'ils rôtissent de jour comme la nourriture de ben Drossai ; et il est enseigné : Hanania dit : tout ce qui est comme la nourriture de ben Drossai, il est permis de le laisser sur la kira même si elle n'est ni balayée ni couverte ; puisque c'est cuit comme la nourriture de ben Drossai, la marmite sera prête à temps et l'on ne viendra pas attiser les braises. Ainsi a écrit Rav Chérira Gaon : la halakha est comme Hanania. Le Rav Yehouda de Barcelone a cité encore les propos de plusieurs Gueonim qui ont tranché comme Hanania, puis il a écrit sur les propos du Rif : et je dis que c'est le plus clair de tous. Dans les Cheiltot de Rav Ahai, il a tranché comme le Rif. Quant au rejet par le Rav Zerahia des preuves du Rif, selon lequel la question : qu'en est-il d'appuyer, traite de l'appui lors du retour, Rabbenou Yona a écrit qu'il est impossible de dire cela. Puisque le Talmud dit : dedans et dessus, c'est interdit, etc., s'il traitait du retour, il n'aurait pas dû dire dedans ; il aurait dû dire : dessus, c'est interdit, mais appuyer est permis ; ou peut-être il n'y a pas de différence, et aucune distinction entre appuyer et dessus. Mais pour le retour à l'intérieur, il ne peut pas dire qu'il n'y a pas de différence entre le retour à l'intérieur et le retour par appui, car il y a forcément une différence : à l'intérieur, il est interdit de remettre même [si la kira est] balayée et couverte, comme l'a dit Rav : on n'a enseigné que dessus, mais dedans c'est interdit ; et appuyer contre elle est permis, puisque même dessus c'est permis. Quant à ce qu'il dit, que [la guemara] a apporté, pour résoudre la question, ces deux baraitot qui suivent Rabbi Yehouda, et que de Rabbi Yehouda pour laisser nous déduisons [l'avis du] tana de la michna pour remettre, cela n'est pas : le retour est assurément plus grave que le fait de laisser, même pour les Rabbanan qui divergent de Hanania. Pour laisser, il n'y a pas de différence entre dessus et dedans : quand elle est balayée et couverte, c'est permis ; pour le retour, même balayée et couverte, il est interdit de remettre à l'intérieur. Par conséquent, pour Hanania aussi, bien qu'il permette de laisser et d'appuyer quand elle n'est ni balayée ni couverte, il est possible que remettre en appuyant contre elle soit interdit. Quant à la preuve qu'ils ont apportée pour trancher comme Hanania de ce que dit Rava : les deux, nous les avons apprises, parce que Rava penserait comme Rabbi Yo'hanan, il me semble que ce n'est pas une preuve. Sa difficulté est la suivante : que nous apprend-il ? Les deux, nous les avons apprises : laisser, nous l'avons appris, et ni une galette sur les braises. Rabbi Yo'hanan nous apprend beaucoup : que la michna de notre chapitre traite du retour et suit Hanania ; car si elle traitait de laisser, bien que l'anonyme du premier chapitre soit selon Hanania, l'anonyme de ce chapitre-ci, qui vient après, prévaut, et de plus cet anonyme suit l'avis de la majorité ; il nous apprend donc beaucoup. On ne peut pas dire que l'objection est celle-ci : puisque le tana a posé l'anonyme de la michna selon Hanania, nous devons d'emblée expliquer la michna d'ici selon Hanania, pour que l'anonyme ne contredise pas l'anonyme. Car s'il en était ainsi, pourquoi n'apporte-t-on pas de la michna du premier chapitre [une preuve] pour résoudre notre question, qu'il s'agit certainement du retour, afin d'établir la michna selon Hanania ? Il vaut donc mieux expliquer la michna selon son sens simple, car lo yiten implique la première pose ; nous n'aurons pas besoin de corriger la michna, ni de dire que le début et la fin traitent du retour, et nous ne craindrons pas que cet anonyme contredise l'anonyme précédent : au début, Rabbi a jugé bon de poser l'anonyme selon Hanania, puis il s'est ravisé et l'a posé selon les Rabbanan. L'objection de Rava est donc certainement celle-ci : les deux, nous les avons apprises ; et s'il a paru à Rabbi Yo'hanan de suivre l'anonyme de la michna précédente et d'expliquer que notre michna traite du retour, qu'il tranche [simplement] que la halakha suit cette michna précédente, car un Amora n'a pas l'usage d'énoncer comme de lui-même ce qui est enseigné explicitement dans la michna. Et il répond : il nous apprend une déduction de la michna, puisque la michna n'énonce pas : mais si sa surface a formé une croûte, c'est permis ; nous n'aurions donc pas su qu'il est permis de laisser sur une kira non balayée et non couverte s'il ne l'avait pas expliqué explicitement. Dès lors, il est possible que Rava pense que notre michna traite de laisser. Et puisque nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que Rava pense comme Rabbi Yo'hanan, nous devons écarter l'enseignement de Rav Chechet au nom de Rabbi Yo'hanan devant les deux enseignements rapportés par Rabba bar bar Hana et par Rav Chmouel bar Yehouda au nom de Rabbi Yo'hanan : ils n'ont permis de laisser le plat que s'il est entièrement cuit, et non un plat qui n'est pas entièrement cuit. Et tous les Amoraim qui traitent dans notre sougya de mitstamek ve-yafe lo (ce qui gagne à réduire) ne tiennent pas comme Hanania, car ils n'ont permis que ce qui est entièrement cuit. Quant à l'étonnement du Rav Zerahia sur ce que [le Rif] a écrit dans ses Halakhot au premier chapitre : et combien, le temps qu'ils rôtissent ? Rav a dit : comme la nourriture de ben Drossai, Rabbenou Yona a écrit qu'il n'y a là rien d'étonnant. Cette explication est nécessaire même pour les Rabbanan, et même pour Rav qui interdit mitstamek ve-yafe lo : elle nous apprend que, puisqu'ils ont rôti de jour comme la nourriture de ben Drossai, on les laisse sur une kira balayée et couverte ; mais on ne les rôtit que s'ils ont le temps de rôtir de jour, même si l'on a l'intention de balayer et de couvrir les braises à la tombée de la nuit. Et ce que dit Rava : les deux, nous les avons apprises, une galette sur les braises, et il est évident pour Rava que la michna suit Hanania : la fin suit certainement Hanania, puisqu'il est enseigné : ni une galette sur les braises, sauf si sa surface forme une croûte de jour, ce qui implique que si sa surface a formé une croûte, il est permis de la laisser sur les braises sans balayer ni couvrir. Mais ce qui est enseigné au début : on ne rôtit pas viande, oignon et œuf, sauf s'ils ont le temps de rôtir de jour, s'accorde aussi bien avec Hanania qu'avec les Rabbanan : selon Hanania, même sans balayer ni couvrir ; selon les Rabbanan, à condition de balayer et de couvrir à la tombée de la nuit. Rabbenou Hananel n'a pas conclu la halakha, ni comme Hanania ni comme les Rabbanan, pour un plat qui n'est pas entièrement cuit. Mais pour un plat entièrement cuit, il a tranché selon ce qu'a dit Rav Chmouel bar Yehouda au nom de Rabbi Yo'hanan : une kira chauffée avec du marc et du bois, on y laisse de l'eau entièrement chauffée et un plat entièrement cuit ; même s'il gagne à réduire, c'est permis. Bien que Rav et Chmouel divergent de lui, nous tenons comme Rabbi Yo'hanan face à Rav et Chmouel. Et ce que Rav Oukva de Mechan a dit à Rav Achi : vous qui êtes proches de Rav et Chmouel, faites comme Rav et Chmouel, ne signifie pas que la halakha soit ainsi ; au contraire, puisqu'il dit : nous, nous ferons comme Rabbi Yo'hanan, cela implique que telle est la halakha. S'il dit à ceux qui sont proches de Rav et Chmouel de faire comme Rav et Chmouel, c'est parce que nous tenons : des choses permises que d'autres ont pris l'usage d'interdire, tu n'as pas le droit de les permettre devant eux. De plus, Rav Achi, qui est tardif, a accepté les propos de Mar Oukva. Et Rav Yossef lui-même, qui a dit au nom de Rav et Chmouel : mitstamek ve-yafe lo est interdit, à répondu à Abaye, qui lui demandait : qu'en est-il de laisser ? — voici que Rav Yehouda le laissait et le mangeait ; et à Soura on laissait ; et Rav Nahman bar Yitshak, à qui l'épisode est arrivé, le laissait et le mangeait. Tous ces cas concernent mitstamek ve-yafe lo, dont nous traitons, et la chose s'apprend de son contexte. Et Rav Nahman, qui a énoncé la règle générale : tout ce qui contient de la viande (miha), mitstamek ve-ra lo, ne l'a pas dit selon la halakha, mais pour ceux qui sont proches de Rav et Chmouel, afin de leur enseigner ce qui est mitstamek ve-yafe lo et ce qui est mitstamek ve-ra lo. Et la question : s'il a oublié une marmite sur des braises et qu'elle a cuit le Chabbat, qu'en est-il ? se pose aussi bien selon Hanania que selon les Rabbanan ; selon Hanania, lorsqu'elle n'a pas cuit de jour comme la nourriture de ben Drossai. Et la question : s'il a transgressé et laissé, qu'en est-il ? se pose même après le décret : il doute s'ils n'ont décrété que pour celui qui a laissé, mais pas pour les gens de sa maison, ou s'il n'y a pas de différence ; et il la résout de ce qu'il dit : et il a interdit, ce qui implique qu'il a interdit à tous les gens de la maison. Ou bien il le demande dans le cas où c'est cuit et bien réduit et n'a plus du tout besoin de réduire, et il la résout à partir des œufs réduits laissés sur la kira, ce qui implique qu'au moment où ils ont été laissés, ils étaient déjà réduits. Parce que les opinions se sont multipliées sur ce passage, et qu'Israël est attaché à la mitsva du plaisir du Chabbat (oneg Chabbat) et n'écoutera pas si l'on est strict, laisse-les suivre l'usage qu'ils ont adopté selon les décisionnaires qui tranchent comme Hanania. Tout cela concerne le fait de laisser, comme l'a écrit Rabbenou Hananel ; et ce fait de laisser n'est pas un enfouissement (hatmana) : par exemple un siège de fer sur lequel repose la marmite, posé sur des pierres ou quelque chose de semblable. Mais l'enfouissement sur des braises est interdit selon tous, car nous tenons que l'enfouissement dans une matière qui ajoute de la chaleur est interdit même de jour. Nous expliquerons plus loin la loi de l'enfouissement, avec l'aide de Hachem.
💡 Explication

La guemara s'interroge sur le sens de lo yiten. Première possibilité : il s'agit du retour (lehahzir) d'une marmite le Chabbat ; laisser (lichhot) une marmite posée avant le Chabbat serait alors permis même sur un foyer non balayé. La michna suivrait Hanania, pour qui un plat déjà cuit au niveau de la nourriture de ben Drossai (un brigand qui mangeait ses plats à peine cuits, au tiers selon la guemara ailleurs) ne pousse plus à attiser les braises.

Seconde possibilité : la michna parle de laisser, et exige un foyer balayé ou couvert ; le retour est alors interdit à plus forte raison.

Le Roch passe en revue les décisionnaires. Le Rif tranche contre Hanania ; Rachi, le Ri, le Baal HaMaor et plusieurs Gueonim tranchent comme Hanania. Il conclut que, vu la diversité des avis et l'attachement au oneg Chabbat, on laisse le public suivre l'usage établi selon Hanania, en distinguant bien le fait de laisser de l'enfouissement (hatmana), interdit par tous.

5
תָּא שְׁמַע מִדְּקָתָנֵי תְּרֵי בָּבֵי בְּמַתְנִיתִין, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים חַמִּין וְתַבְשִׁיל. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא, לִשְׁהוֹת תְּנַן, הָכִי קָתָנֵי: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא — מַשְׁהִין עָלֶיהָ תַּבְשִׁיל, בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים — לֹא יְשַׁהֶא עַד שֶׁיִּגְרֹוף, אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֵפֶר. וּמָה הֵן מַשְׁהִין? — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין וְתַבְשִׁיל. וְכִי הֵיכִי דִּפְלִיגִי בִּלְשַׁהוֹת, פְּלִיגִי נָמֵי בִּלְהַחֲזִיר, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין, אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין.

Viens et entends, puisqu'il enseigne deux sections (bavei) dans la michna : Beit Chamai disent : de l'eau chaude, mais pas un plat cuisiné ; et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuisiné. Beit Chamai disent : on retire, mais on ne remet pas ; et Beit Hillel disent : on remet aussi.

Si tu dis, cela se comprend, que c'est laisser que nous avons appris, voici ce qu'il enseigne : une kira que l'on a chauffée avec de la paille ou du gavava, on y laisse un plat cuisiné ; avec du marc ou du bois, on n'y laisse pas jusqu'à ce que l'on balaie ou que l'on mette de la cendre. Et que laisse-t-on ?

Beit Chamai disent : de l'eau chaude, mais pas un plat cuisiné ; et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuisiné. Et de même qu'ils divergent pour laisser, ils divergent aussi pour remettre : Beit Chamai disent : on retire, mais on ne remet pas ; et Beit Hillel disent : on remet aussi.

📜 Rachi (3)
תְּרֵי בָּבֵי בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים חַמִּין וְכוּ' וְתוּ תַּנָּא בָּבָא אַחֲרִיתִי נוֹטְלִין וְלֹא מַחֲזִירִין:
Deux sections : Beit Chamai disent : de l'eau chaude, etc. ; puis il enseigne une autre section : on retire, mais on ne remet pas.
וּמָה הֵן מַשְׁהִין בְּגָרוּף וְקָטוּם:
Et que laisse-t-on : sur [une kira] balayée et couverte.
פְּלִיגִי נָמֵי בִּלְהַחֲזִיר אֶת הַמֻּותָּר לִשְׁהוֹת כְּגוֹן חַמִּין לְבֵית שַׁמַּאי וְחַמִּין וְתַבְשִׁיל לב"ה:
Ils divergent aussi pour remettre : ce qu'il est permis de laisser, c'est-à-dire l'eau chaude pour Beit Chamai, l'eau chaude et le plat cuisiné pour Beit Hillel.
💡 Explication

La guemara cherche à trancher par la structure de la michna, qui contient deux débats (tarei bavei) entre Beit Chamai et Beit Hillel. Si la michna parle de laisser, chaque débat a son objet : le premier porte sur ce qu'on peut laisser sur un foyer balayé, le second sur le retour de ce même contenu.

Rachi précise que le second débat porte sur ce qu'il est permis de laisser selon chaque école : l'eau pour Beit Chamai, l'eau et le plat pour Beit Hillel.

🖼️ Schéma
Relire la michna selon chaque hypothèse Si lo yiten = ne pas laisser Si lo yiten = ne pas remettre Débat 1 : que peut-on laisser sur un foyer balayé ? Débat 1 : que peut-on remettre sur un foyer balayé ? Débat 2 : et pour remettre, même divergence Débat 2 : on retire, on ne remet pas = déjà dit par pas de plat Chaque débat a sa place Répétition : ha tou lamma li ? La redondance plaide pour la lecture laisser (la guemara poursuit ensuite la discussion).
La michna relue selon chaque hypothèse : avec la lecture remettre, le second débat se répète.
6
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְהַחֲזִיר תְּנַן, הָכִי קָתָנֵי: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא — מַחֲזִירִין עָלֶיהָ תַּבְשִׁיל. בְּגֶפֶת וּבָעֵצִים — לֹא יַחֲזִיר עַד שֶׁיִּגְרֹוף אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֵפֶר. וּמָה הֵן מַחֲזִירִין? — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין וְתַבְשִׁיל. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין. הָא תּוּ לָמָּה לִי?

Mais si tu dis que c'est remettre que nous avons appris, voici ce qu'il enseigne : une kira que l'on a chauffée avec de la paille ou du gavava, on y remet un plat cuisiné ; avec du marc ou du bois, on ne remet pas jusqu'à ce que l'on balaie ou que l'on mette de la cendre. Et que remet-on ?

Beit Chamai disent : de l'eau chaude, mais pas un plat cuisiné ; et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuisiné. Beit Chamai disent : on retire, mais on ne remet pas ; et Beit Hillel disent : on remet aussi.

Pourquoi ai-je encore besoin de cela ?

📜 Rachi (3)
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְהַחֲזִיר תְּנַן הָכִי קָתָנֵי כְּלוֹמַר ע"כ הָכִי מְפָרְשָׁא:
Mais si tu dis que c'est remettre que nous avons appris, voici ce qu'il enseigne : c'est-à-dire, c'est ainsi qu'on doit forcément l'expliquer.
ב"ש אוֹמְרִים נוֹטְלִין וְלֹא מַחֲזִירִין ע"כ אַתַּבְשִׁיל קָייְמִי דְּהָא שָׁרוּ בְּחַמִּין:
Beit Chamai disent : on retire, mais on ne remet pas : il s'agit forcément du plat cuisiné, puisqu'ils permettent l'eau chaude.
הָא תּוּ לָמָּה לִי הָא תָּנָא לֵיהּ רֵישָׁא אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל:
Pourquoi ai-je encore besoin de cela : il l'a déjà enseigné au début : mais pas un plat cuisiné.
💡 Explication

Avec la lecture remettre, le premier débat dit déjà que Beit Chamai permettent de remettre l'eau et non le plat. Le second débat, nontlin ve-ein mahzirin, ne peut alors viser que le plat, comme le note Rachi, et répète ce qui vient d'être dit.

D'où l'objection ha tou lamma li : pourquoi cette répétition ? L'argument favorise la lecture laisser. La discussion se poursuit au folio suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).