Shabbat 37a — Laisser ou remettre sur la kira, puis la question d'appuyer la marmite contre le fourneau

Shabbat 37a

Sougya : La guemara poursuit la question ouverte sur 36b : la michna « lo yiten » parle-t-elle de laisser (lechahot) un plat sur le fourneau ou de le remettre (lehahazir) pendant Chabbat ? Deux preuves sont examinées et repoussées : la règle de Rav rapportée par Rabbi Helbo, qui distingue l'intérieur du fourneau de son dessus, puis une baraita sur deux fourneaux accolés ou Rabbi Meir et Rabbi Yehuda transmettent différemment la discussion de Beit Chammai et Beit Hillel.

La guemara soutient que notre tana suit Rabbi Yehuda sur un point et s'en écarte sur un autre. Une nouvelle question est ensuite posée : peut-on appuyer (lismokh) une marmite contre un fourneau non balayé ?

Après plusieurs tentatives, une baraita tranche qu'on peut appuyer, et Rav Ochaya permet de laisser un plat entièrement cuit sur un fourneau couvert qui s'est rallumé.

Le fil de la sougya sur 37a Question : la michna parle-t-elle de laisser ou de remettre sur une kira non balayée ? Preuve 1 : Rabbi Helbo au nom de Rav Sur le dessus oui, à l'intérieur non Réfutée : il vise la fin de la michna, Beit Hillel qui permettent de remettre Preuve 2 : les deux kirot accolées Si remettre : ni R. Meir ni R. Yehuda Réfutée : notre tana suit R. Yehuda sur un point et s'en écarte sur un autre La question reste ouverte (Roch : les décisionnaires divergent) Nouvelle question : peut-on appuyer (lismokh) la marmite contre une kira non balayée ? Deux kirot accolées Réfuté : la marmite surélevée est refroidie par l'air Rav Safra au nom de Rabbi Hiya "Somkhin" enseigne à cause de "mekaymin" ? Deux endroits distincts : non tranché Conclusion (Tossefta) : on appuie contre la kira on n'y laisse que si elle est balayée et couverte ; braises éteintes ou étoupe de lin = comme couverte
Les deux questions du daf (laisser ou remettre ; appuyer), les preuves proposées et leur réfutation.
Beit Chammai et Beit Hillel : trois transmissions Version Laisser : où ? Laisser : quoi ? Remettre Notre michna (lue "remettre", avec le passage ajouté) Même non balayée BCh : eau chaude BH : eau chaude + plat BCh : non BH : oui (si balayée) Rabbi Meir Seulement si balayée et couverte BCh : rien du tout BH : eau chaude seule Tous : on ne remet pas Rabbi Yehuda Seulement si balayée et couverte BCh : eau chaude BH : eau chaude + plat BCh : non BH : oui
La michna lue comme parlant de remettre, comparée aux versions de Rabbi Meir et de Rabbi Yehuda. En rouge : les points où la version s'écarte de la michna.
1
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ לְהַחֲזִיר תְּנַן, וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא — מַחֲזִירִין עָלֶיהָ תַּבְשִׁיל, בְּגֶפֶת וּבָעֵצִים — לֹא יַחֲזִיר עַד שֶׁיִּגְרֹוף אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֶת הָאֵפֶר. אֲבָל לִשְׁהוֹת — מְשַׁהִין אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְאֵינוֹ קָטוּם. וּמָה הֵן מַשְׁהִין? — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין וְתַבְשִׁיל. וְהָךְ חֲזָרָה דַּאֲמַרִי לָךְ, לָאו דִּבְרֵי הַכֹּל הִיא, אֶלָּא מַחֲלֹוקֶת בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין וְלֹא מַחֲזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין.

En réalité, je te dirai : c'est « remettre » (lehahazir) que nous avons appris, et il manque un passage (dans la michna), et voici ce qu'elle enseigne : un fourneau (kira) que l'on a chauffé avec de la paille ou du chaume — on y remet un plat cuit ; avec du marc (guefet) ou du bois — on ne remettra pas avant d'avoir balayé (les braises) ou d'avoir mis de la cendre. Mais pour laisser (lechahot) — on laisse, même si ce n'est ni balayé ni couvert.

Et que laisse-t-on ? Beit Chammai disent : de l'eau chaude, mais pas un plat cuit.

Et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuit. Et cette remise dont je t'ai parlé ne fait pas l'unanimité ; elle fait l'objet d'une discussion entre Beit Chammai et Beit Hillel, car Beit Chammai disent : on retire mais on ne remet pas ; et Beit Hillel disent : on remet aussi.

📜 Rachi (3)
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ לְהַחֲזִיר תְּנַן וְאִילּוּ לִשְׁהוֹת אע"פ שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף שָׁרִי:
Alors que pour laisser, même si ce n'est pas balayé, c'est permis.
וְהָךְ חֲזָרָה דַּאֲמַרִי לָךְ לֹא יַחֲזִיר עַד שֶׁיִּגְרֹוף דְּכִי גָּרוּף מִיהָא שָׁרִי:
« On ne remettra pas avant d'avoir balayé » : car lorsque c'est balayé, du moins, c'est permis.
לָאו דִּבְרֵי הַכֹּל הִיא וּלְבֵית שַׁמַּאי לָא סְבִירָא לְהוּ:
Et Beit Chammai ne partagent pas cet avis.
🗂️ Tossefot (1)
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ לְהַחֲזִיר תְּנַן וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא כּוּ' מִשּׁוּם דקיי"ל כַּחֲנַנְיָה כְּמוֹ שֶׁאֲפָרֵשׁ בע"ה דָּחֵיק לְאוֹקְמָא מַתְנֵי' כְּוָותֵיהּ:
Parce que nous tenons (la halakha) comme Hanania, ainsi que je l'expliquerai avec l'aide de Hachem, (la guemara) se donne la peine d'établir notre michna conformément à lui.
💡 Explication

La guemara défend la lecture lehahazir (remettre). Pour cela elle suppose une michna lacunaire (hassourei mihasra) : on ajoute une clause selon laquelle lechahot (laisser un plat posé avant Chabbat) est permis même sur une kira ni garouf (balayée) ni katoum (couverte de cendre).

La discussion de Beit Chammai et Beit Hillel se trouve alors dédoublée : une première discussion sur ce qu'on peut laisser (eau chaude seule, ou aussi un plat cuit), une seconde sur la remise pendant Chabbat. Tossefot explique la motivation : la halakha suit Hanania, qui permet de laisser un plat déjà cuit à la mesure de ben Drossai sur une kira non balayée ; la guemara cherche donc à lire la michna dans son sens.

2
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא עַל גַּבָּהּ, אֲבָל לְתוֹכָהּ — אָסוּר. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״לְהַחֲזִיר״ תְּנַן — הַייְנוּ דְּשָׁנֵי בֵּין תּוֹכָהּ לְעַל גַּבָּהּ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״לִשְׁהוֹת״ תְּנַן, מַה לִּי תּוֹכָהּ מַה לִּי עַל גַּבָּהּ? — מִי סָבְרַתְּ רַבִּי חֶלְבּוֹ אַרֵישָׁא קָאֵי? אַסֵּיפָא קָאֵי: ״וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים אַף מַחֲזִירִין״ — וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא עַל גַּבָּהּ, אֲבָל תּוֹכָהּ — אָסוּר.

Viens et entends : Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Hama bar Gourya au nom de Rav : ils n'ont enseigné (cette permission) que sur son dessus, mais à son intérieur — c'est interdit. Si tu dis que c'est « remettre » que nous avons appris, on comprend qu'il distingue entre l'intérieur et le dessus.

Mais si tu dis que c'est « laisser » que nous avons appris, quelle différence pour moi entre l'intérieur et le dessus ? — Penses-tu que Rabbi Helbo se réfère à la première partie ? Il se réfère à la dernière partie : « Et Beit Hillel disent : on remet aussi » — et c'est là-dessus que Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Hama bar Gourya au nom de Rav : ils n'ont enseigné cela que sur son dessus, mais à son intérieur — c'est interdit.

📜 Rachi (6)
לֹא שָׁנוּ שַׁרְיוּתָא דְּמַתְנִי' אֶלָּא עַל גַּבָּהּ דְּלָא נְפִישׁ הַבְלָא כֻּולֵּי הַאי אֲבָל תּוֹכָהּ אָסוּר:
La permission de la michna ne vaut que sur le dessus, où la chaleur n'est pas aussi forte ; mais à l'intérieur, c'est interdit.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לְהַחֲזִיר תְּנַן אֲבָל לְשַׁהוֹת מְשַׁהִין אֲפִילּוּ בְּשֶׁאֵין גְּרוּפָה כְּדִמְחַסְּרִינַן לֵיהּ חַסּוֹרֵי וְרַבִּי חֶלְבּוֹ אַשַּׁרְיוּתָא דִּלְשַׁהוֹת עַל שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה קָאֵי:
Mais pour laisser, on laisse même lorsque (la kira) n'est pas balayée, selon le passage manquant que nous y ajoutons ; et Rabbi Helbo se réfère à la permission de laisser sur une kira non balayée.
הַייְנוּ דְּשָׁנֵי בֵּין תּוֹכָהּ לְעַל גַּבָּהּ דְּכִי מַשְׁהֵי לְתוֹכָהּ דְּשֵׁאֵינָה גְּרוּפָה מַטְמִין מַמָּשׁ בְּרֶמֶץ:
Car lorsqu'on laisse à l'intérieur d'une kira non balayée, on enfouit véritablement (le plat) dans les braises ardentes.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְשַׁהוֹת תְּנַן דַּאֲפִילּוּ לִשְׁהוֹת בָּעֵי גְּרוּפָה כֵּיוָן דִּגְרוּפָה וּמִבְּעוֹד יוֹם הוּא נוֹתְנוֹ לְתוֹכָהּ מַה לִּי תּוֹכָהּ מַה לִּי עַל גַּבָּהּ:
Selon quoi même pour laisser il faut qu'elle soit balayée ; puisqu'elle est balayée et qu'on y place (le plat) encore de jour, quelle différence entre l'intérieur et le dessus ?
אַרֵישָׁא עַד שֶׁיִּגְרֹוף:
La première partie : « avant d'avoir balayé ».
אַסֵּיפָא קָאֵי דְּאַייְרֵי בַּחֲזָרָה אֲבָל רֵישָׁא לִשְׁהוֹת הוּא וּבֵין תּוֹכָהּ וּבֵין גַּבָּהּ שָׁרִי:
Qui traite de la remise ; mais la première partie concerne le fait de laisser, et là, tant à l'intérieur que sur le dessus, c'est permis.
🗂️ Tossefot (1)
אא"ב לְהַחֲזִיר תְּנַן הַייְנוּ דְּשָׁנֵי בֵּין תּוֹכָהּ לְעַל גַּבָּהּ פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס מִשּׁוּם דְּאִי לְהַחֲזִיר תְּנַן א"כ לְשַׁהוֹת מַשְׁהִין אֲפִילּוּ בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה לְהָכִי שְׁנֵי בֵּין תּוֹכָהּ דְּהָוֵי מַטְמִין מַמָּשׁ בְּרֶמֶץ לְעַל גַּבָּהּ וְקָשֶׁה להר"ח דְּלַחֲנַנְיָה אֲפִילּוּ תּוֹכָהּ מַשְׁהִין אַפֵּי' בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה דְּהָא תְּנַן (. לְעֵיל שַׁבָּת דַּף יט:) וְלֹא חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים אֶלָּא עַד שֶׁיִּקְרְמוּ פָּנֶיהָ הָא קָרְמוּ פָּנֶיהָ שְׁרֵי אע"ג דַּחֲרָרָה בְּתוֹכָהּ הִיא וּבְלָאו הָכִי אור"י דִּבְחִנָּם דָּחַק רַשִׁ"י לְפָרֵשׁ כֵּן דְּאִיכָּא לְמֵימַר שַׁפִּיר הַיְינוּ דְּשָׁנֵי לַן בֵּין תּוֹכָהּ לְעַל גַּבָּהּ מֵהָא דְּשָׁרֵי לְהַחֲזִיר בִּגְרוּפָה וּבְהַשְׁהָאָה דַּוְקָא לָא נִיחָא לֵיהּ לְחַלֵּק אֲבָל בְּהַחְזָרָה נִיחָא לֵיהּ שַׁפִּיר לְחַלֵּק כִּדְמוֹכַח בְּמַאי דִּמְשַׁנֵּי מִי סָבְרַתְּ אַרֵישָׁא קָאֵי אַסֵּיפָא קָאֵי כּוּ' קָשֶׁה לְרִ"י הֵיכִי בָּעֵי לְמֵימַר אַלִּיבָּא דְּרַב דְּמַתְנִיתִין לְהַחֲזִיר תְּנַן אִם כֵּן אָתְיָא מַתְנִיתִין כַּחֲנַנְיָה וְרַב דְּלָא כַּחֲנַנְיָה דְּהָא חֲנַנְיָה שָׁרִי בְּמִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ דְּהָא דִּתְנַן (שָׁם) אֵין צוֹלִין בָּשָׂר וּבֵיצָה אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם אָתְיָא כַּחֲנַנְיָה וּבֵיצָה אָמְרִינַן לְקַמָּן דְּמִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ הוּא וְרַב אָסַר לְקַמָּן דְּמִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ וְי"ל דִּבְלָאו הָכִי לָא סָבַר לָהּ רַב כְּשׁוּם תַּנָּא דְּהָא ר"מ וְר' יְהוּדָה אָסְרִי בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה אֲפִילּוּ בְּמִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ וְרַב שָׁרִי בְּמִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ אֲפִילּוּ בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה דְּבִגְרוּפָה לָא אַשְׁכְּחַן שׁוּם אָמוֹרָא דְּאָסַר אֲפִילּוּ יָפֶה לוֹ וְעוֹד דְּרַב קָאֵי אַמִּילְּתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּאַייְרֵי בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה וְכֵן רַבִּי יוֹחָנָן דְּשָׁרֵי לְקַמָּן חַמִּין וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה אֲבָל לֹא בִּישֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ אָסוּר לָא אַשְׁכְּחַן תַּנָּא דְּסָבַר הָכִי:
Le Kountras (Rachi) explique : si c'est « remettre » que nous avons appris, alors pour laisser on laisse même sur une kira non balayée ; c'est pourquoi on distingue entre l'intérieur, où l'on enfouit véritablement dans les braises, et le dessus. Rabbenou Hananel objecte : selon Hanania, même à l'intérieur on laisse, même sur une kira non balayée, puisque nous avons appris (plus haut, Chabbat 19b) : « ni une galette sur les braises, à moins que sa surface n'ait croûte » ; donc si sa surface a croûte, c'est permis, bien que la galette soit à l'intérieur. Et indépendamment de cela, le Ri dit que Rachi s'est donné cette peine inutilement : on peut très bien dire « on comprend qu'il distingue entre l'intérieur et le dessus » à partir de ce qu'il est permis de remettre sur une kira balayée ; pour le seul fait de laisser, il ne lui convient pas de distinguer, mais pour la remise il lui convient bien de distinguer, comme le prouve la réponse : « penses-tu qu'il se réfère à la première partie ? Il se réfère à la dernière partie, etc. ». Le Ri objecte : comment (la guemara) veut-elle dire, selon Rav, que notre michna enseigne « remettre » ? Dans ce cas la michna suivrait Hanania, et Rav ne suit pas Hanania ! En effet Hanania permet ce qui gagne à se réduire (mitstamek ve-yafe lo), puisque ce que nous avons appris (ibid.) : « on ne rôtit ni viande ni œuf que s'ils peuvent être rôtis de jour » suit Hanania, et de l'œuf nous disons plus loin qu'il gagne à se réduire ; or Rav interdit plus loin ce qui gagne à se réduire. On peut répondre que, de toute façon, Rav ne s'accorde avec aucun tana : Rabbi Meir et Rabbi Yehuda interdisent sur une kira non balayée même ce qui perd à se réduire (mitstamek ve-ra lo), tandis que Rav permet ce qui perd à se réduire même sur une kira non balayée ; car sur une kira balayée, nous ne trouvons aucun amora qui interdise, même ce qui gagne à se réduire. De plus, Rav se réfère à la parole de Rabbi Yo'hanan, qui traite d'une kira non balayée. De même Rabbi Yo'hanan, qui permet plus loin, sur une kira non balayée, l'eau chaude et un plat entièrement cuit, mais interdit un plat qui n'est pas entièrement cuit : nous ne trouvons aucun tana qui pense ainsi.
💡 Explication

Rav distingue tokha (l'intérieur du fourneau, près des braises) et gabba (le dessus). La preuve tentée : si la michna parlait de laisser sur une kira balayée, la chaleur résiduelle serait faible partout et la distinction n'aurait pas de raison d'être ; elle se comprend mieux si la michna permet de laisser même sur une kira non balayée, l'intérieur étant alors trop proche des braises.

La réponse déplace la règle de Rav : elle porte sur la remise selon Beit Hillel. Remettre un plat pendant Chabbat ressemble davantage à un acte de cuisson ; on le permet sur le dessus, pas à l'intérieur. La preuve tombe.

Tossefot discute l'explication de Rachi, puis soulève une difficulté de fond : lire la michna comme Hanania met Rav en porte-à-faux, puisque Rav interdit ailleurs le plat qui gagne à se réduire. La réponse admet que la position de Rav ne correspond exactement à aucun tana.

3
תָּא שְׁמַע: שְׁתֵּי כִּירוֹת הַמַּתְאִימוֹת, אַחַת גְּרוּפָה וּקְטוּמָה, וְאַחַת שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וְאֵינָהּ קְטוּמָה: מְשַׁהִין עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה וְאֵין מְשַׁהִין עַל שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וְאֵינָהּ קְטוּמָה. וּמָה הֵן מַשְׁהִין? — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: וְלֹא כְלוּם. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. עָקַר — דִּבְרֵי הַכֹּל לֹא יַחֲזִיר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין וְתַבְשִׁיל. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין, אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין.

Viens et entends : deux fourneaux accolés (kirot ha-mataimot), l'un balayé et couvert, l'autre ni balayé ni couvert : on laisse sur celui qui est balayé et couvert, et on ne laisse pas sur celui qui n'est ni balayé ni couvert. Et que laisse-t-on ?

Beit Chammai disent : rien du tout. Et Beit Hillel disent : de l'eau chaude, mais pas un plat cuit.

S'il l'a retiré — de l'avis de tous, il ne le remettra pas ; ce sont les paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehuda dit : Beit Chammai disent : de l'eau chaude, mais pas un plat cuit ; et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuit.

Beit Chammai disent : on retire mais on ne remet pas ; et Beit Hillel disent : on remet aussi.

📜 Rachi (4)
שְׁתֵּי כִּירוֹת הַמַּתְאִימוֹת מְחֻובָּרוֹת יַחַד וְקִיר שֶׁל חֶרֶס מַפְסֶקֶת בֵּינֵיהֶם:
Joints ensemble, une paroi d'argile les séparant.
מְשַׁהִין עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה דְּלָא חָייְשִׁינַן מִשּׁוּם דְּסָלֵיק לָהּ הַבְלָא מֵאִידָךְ:
Nous ne craignons pas que la chaleur lui monte de l'autre.
וּמָה הֵן מַשְׁהִין עַל הַגְּרוּפָה:
Sur celui qui est balayé.
לֹא יַחֲזִיר בְּשַׁבָּת:
Pendant Chabbat.
💡 Explication

Cette baraita rapporte deux versions de la discussion. Selon Rabbi Meir, on ne laisse que sur une kira balayée et couverte ; même là, Beit Chammai n'autorisent rien et Beit Hillel seulement l'eau chaude ; quant à la remise, tous l'interdisent.

Selon Rabbi Yehuda, la discussion est celle de notre michna : eau chaude contre eau chaude et plat cuit, puis retirer sans remettre contre retirer et remettre. Le début de la baraita, commun aux deux versions, exige une kira balayée et couverte pour laisser.

4
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״לִשְׁהוֹת״ תְּנַן, מַתְנִיתִין מַנִּי — רַבִּי יְהוּדָה הִיא. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״לְהַחֲזִיר״ תְּנַן, מַתְנִיתִין מַנִּי? לָא רַבִּי יְהוּדָה וְלָא רַבִּי מֵאִיר. אִי רַבִּי מֵאִיר — קַשְׁיָא לְבֵית שַׁמַּאי בַּחֲדָא, וּלְבֵית הִלֵּל בָּתַרְתִּי. אִי רַבִּי יְהוּדָה, קַשְׁיָא גְּרוּפָה וּקְטוּמָה.

Si tu dis que c'est « laisser » que nous avons appris, de qui est notre michna ? Elle est de Rabbi Yehuda.

Mais si tu dis que c'est « remettre » que nous avons appris, de qui est notre michna ? Ni de Rabbi Yehuda, ni de Rabbi Meir.

Si c'est Rabbi Meir — c'est difficile pour Beit Chammai sur un point, et pour Beit Hillel sur deux. Si c'est Rabbi Yehuda — c'est difficile quant à (la kira) balayée et couverte.

📜 Rachi (4)
אא"ב רֵישָׁא דְּמַתְנִיתִין לְשַׁהוֹת קָאָמַר דְּבָעֵי גְּרוּפָה וּבְלַשְׁהוֹת פְּלִיגִי בְּחַמִּין וּבְתַבְשִׁיל וּבְגָרוּף וְסֵיפָא פְּלִיגִי בַּחֲזָרָה מַתְנֵי' ר' יְהוּדָה הִיא אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְהַחֲזִיר תְּנַן דְּבָעֵי גְּרוּפָה אֲבָל לִשְׁהוֹת לָא בָּעֵי גְּרוּפָה וּפְלוּגְתָּא דְּחַמִּין וְתַבְשִׁיל כְּשֶׁאֵינוֹ גָּרוּף כִּדְקָמְחַסְּרַתְּ וּמְתָרֶצֶת לָהּ:
Si la première partie de notre michna parle de laisser, ce qui exige une kira balayée, et que (Beit Chammai et Beit Hillel) discutent, pour laisser, de l'eau chaude et du plat cuit (sur une kira) balayée, et que la dernière partie discute de la remise, notre michna est de Rabbi Yehuda. Mais si tu dis que nous avons appris « remettre », ce qui exige une kira balayée, alors que laisser ne l'exige pas, et que la discussion sur l'eau chaude et le plat cuit porte sur une kira non balayée, comme tu le complètes et l'expliques (alors elle ne correspond à aucun des deux).
קַשְׁיָא לב"ש בַּחֲדָא דְּקָאָמְרִי ב"ש בְּמָתְנֵי' מַשְׁהִין חַמִּין אַף בְּשֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְהָכָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר לב"ש דַּאֲפִילּוּ גָּרוּף וְלֹא כְלוּם וכ"ש כְּשֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְהָא כֻּולָּהּ חֲדָא פִּירְכָא הִיא דְּבֵית שַׁמַּאי לָא שָׁנֵי לְהוּ בֵּין גָּרוּף לְשֶׁאֵינוֹ גָּרוּף:
Beit Chammai disent dans notre michna qu'on laisse l'eau chaude même sur une kira non balayée, alors qu'ici Rabbi Meir dit, selon Beit Chammai, que même sur une kira balayée rien du tout, à plus forte raison sur une kira non balayée. Et tout cela forme une seule objection, puisque Beit Chammai ne font pas de différence entre balayée et non balayée.
ולב"ה בָּתַרְתִּי דִּבְמַתְנִיתִין שָׁרֵי בֵּית הִלֵּל לְהַשְׁהוֹת חַמִּין וְתַבְשִׁיל אַף בְּשֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְהָכָא קָתָנֵי דִּבְגָרוּף חַמִּין אִין תַּבְשִׁיל לָא וּבְשֶׁאֵינָהּ גָּרוּף אֵין מַשְׁהִין כְּלָל וּלְעִנְיַן חֲזָרָה בְּגָרוּף תְּנַן בְּמַתְנִיתִין לב"ה מַחֲזִירִין וְהָכָא קָתָנֵי עָקַר דִּבְרֵי הַכֹּל לֹא יַחֲזִיר:
Car dans notre michna Beit Hillel permettent de laisser l'eau chaude et le plat cuit même sur une kira non balayée, alors qu'ici il est enseigné que sur une kira balayée, l'eau chaude oui, le plat cuit non, et que sur une kira non balayée on ne laisse rien du tout. Et quant à la remise sur une kira balayée, nous avons appris dans notre michna que selon Beit Hillel on remet, alors qu'ici il est enseigné : s'il l'a retiré, de l'avis de tous il ne le remettra pas.
וְאִי ר' יְהוּדָה דְּאָמַר נָמֵי כִּי מַתְנִיתִין מ"מ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה קַשְׁיָא דְּמַתְנִיתִין תֵּרַצְתָּ דִּפְלוּגְתָּא קַמַּייְתָא בְּשֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְשָׁרוּ ב"ש חַמִּין וּבֵית הִלֵּל חַמִּין וְתַבְשִׁיל וְהָכָא קָתָנֵי אֵין מַשְׁהִין עַל גַּבֵּי שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וְאֵינָהּ קְטוּמָה כְּלָל וּפְלוּגְתָּא דְּלִשְׁהוֹת בִּגְרוּפָה וּקְטוּמָה:
Et si c'est Rabbi Yehuda, qui s'exprime lui aussi comme notre michna, de toute façon la kira balayée et couverte fait difficulté : dans notre michna, tu as expliqué que la première discussion porte sur une kira non balayée, Beit Chammai permettant l'eau chaude et Beit Hillel l'eau chaude et le plat cuit ; alors qu'ici il est enseigné qu'on ne laisse rien sur une kira ni balayée ni couverte, et que la discussion sur le fait de laisser porte sur une kira balayée et couverte.
💡 Explication

Le raisonnement compare la michna aux deux versions de la baraita. Lue comme parlant de laisser (sur une kira balayée), la michna reproduit exactement la version de Rabbi Yehuda.

Lue comme parlant de remettre, elle ne colle à aucune version. Avec Rabbi Meir, l'écart est d'un point pour Beit Chammai (ils permettraient l'eau chaude, alors que Rabbi Meir leur fait dire « rien du tout »), et de deux points pour Beit Hillel (le plat cuit, et la remise). Avec Rabbi Yehuda, l'écart porte sur la condition de la kira balayée et couverte, que la baraita exige et que la michna ainsi complétée n'exige pas pour laisser. Le tableau de synthèse en haut de page résume ces écarts.

5
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ ״לְהַחֲזִיר״ תְּנַן, וְתַנָּא דִּידַן סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה בַּחֲדָא וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא. סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה בַּחֲדָא — בְּחַמִּין וְתַבְשִׁיל, וְנוֹטְלִין וּמַחֲזִירִין. וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא — דְּאִילּוּ תַּנָּא דִּידַן סָבַר לְשַׁהוֹת וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְקָטוּם, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר בִּלְשַׁהוֹת נָמֵי גָּרוּף וְקָטוּם — אִין, אִי לָא — לָא.

En réalité, je te dirai : c'est « remettre » que nous avons appris, et notre tana pense comme Rabbi Yehuda sur un point et s'oppose à lui sur un point. Il pense comme Rabbi Yehuda sur un point — pour l'eau chaude et le plat cuit, et pour « on retire et on remet ».

Et il s'oppose à lui sur un point — car notre tana pense que pour laisser (c'est permis) même si ce n'est ni balayé ni couvert, alors que Rabbi Yehuda pense que pour laisser aussi : balayé et couvert — oui ; sinon — non.

📜 Rachi (1)
בְּחַמִּין וְתַבְשִׁיל וְנוֹטְלִים וּמַחֲזִירִין דְּמוּקֵי פְּלוּגְתָּא דְּב"ש וּב"ה בִּשְׁהִייַּת חַמִּין וְתַבְשִׁיל דְּבֵית שַׁמַּאי שָׁרוּ חַמִּין וְתַבְשִׁיל לֹא וב"ה חַמִּין וְתַבְשִׁיל וְלֹא כְּר' מֵאִיר דְּאָמַר לב"ש לֹא כְּלוּם:
Il place la discussion de Beit Chammai et Beit Hillel sur le fait de laisser l'eau chaude et le plat cuit, Beit Chammai permettant l'eau chaude, le plat cuit non, et Beit Hillel l'eau chaude et le plat cuit ; et non comme Rabbi Meir, qui dit selon Beit Chammai : rien du tout.
💡 Explication

La guemara maintient la lecture lehahazir. Il n'est pas nécessaire qu'une michna reproduise en tout point une baraita : notre tana adopte la transmission de Rabbi Yehuda pour le contenu de la discussion entre Beit Chammai et Beit Hillel, et s'en sépare sur la condition préalable.

La nafka mina (conséquence pratique) : selon notre tana, laisser est permis même sur une kira non balayée ; selon Rabbi Yehuda, il faut une kira garouf ou katoum.

6
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לִסְמֹוךְ בָּהּ? תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ אָסוּר, אֲבָל לִסְמֹוךְ בָּהּ — שַׁפִּיר דָּמֵי, אוֹ דִּילְמָא לָא שְׁנָא.

Ils ont posé la question : qu'en est-il d'appuyer (la marmite) contre elle ? L'intérieur et le dessus sont interdits, mais appuyer contre elle est bien permis ; ou peut-être n'y a-t-il pas de différence ?

📜 Rachi (2)
מַהוּ לִסְמֹוךְ קְדֵרָה אֵצֶל דֹּופֶן הַכִּירָה בְּלֹא גְּרוּפָה שֶׁהַכִּירָה מִטַּלְטֶלֶת הִיא וּמוֹשִׁיבִים אוֹתָהּ עַל גַּבֵּי קַרְקַע:
Appuyer une marmite contre la paroi d'une kira non balayée ; car la kira est mobile et on la pose sur le sol.
גַּבָּהּ עֹובִי שְׂפָתָהּ אוֹ כִּסּוּי שֶׁעַל חֲלָלָה:
L'épaisseur de son rebord, ou le couvercle qui recouvre sa cavité.
🗂️ Tossefot (1)
מַהוּ לִסְמֹוךְ בְּאֵינֵהּ גְּרוּפָה קָבָעֵי וְאִי מַתְנִיתִין לְהַשְׁהוֹת תְּנַן קָא בָּעֵי לְהַשְׁהוֹת וּלְהַחֲזִיר וְאִי לְהַחֲזִיר תְּנַן וְשָׁרִי לְהַשְׁהוֹת אַפֵּי' תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ בָּעֵי לְהַחֲזִיר וּלְהַשְׁהוֹת הֵיכָא שֶׁאֵינוֹ מְבֻושָּׁל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי:
La question porte sur une kira non balayée. Si notre michna enseigne « laisser », la question porte sur laisser et remettre ; et si elle enseigne « remettre », laisser étant permis même à l'intérieur et sur le dessus, la question porte sur remettre, et sur laisser là où le plat n'est pas cuit comme la nourriture de ben Drossai.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אִיבַּעְיָא לְהוּ הַאי לֹא יִתֵּן לֹא יַחֲזִיר הוּא דְּלָא אֲבָל לְשַׁהוֹת מְשַׁהִין אַף עַל פִּי שֶׁאֵין גָּרוּף וְאֵין קָטוּם וּמַתְנִיתִין חֲנַנְיָא הִיא דְּתַנְיָא חֲנַנְיָא אוֹמֵר כָּל שֶׁהוּא כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוּסַאי מֻותָּר לְשַׁהוֹתוֹ עַל גַּבֵּי כִּירָה אע"פ שֶׁאֵין גְּרוּפָה וְאֵין קְטוּמָה. אוֹ דִּלְמָא לְשַׁהוֹת תְּנַן וְאִי גָרוּף וְקָטוּם אֵין אִי לָא לָא. וְשָׁקְלִינַן וְטָרֵינַן וּמַסְּקָנָא דְּלָא יִתֵּן לֹא יִשְׁהֶה הוּא דַּאֲפִילּוּ לִשְׁהוֹת נָמֵי אִי גָּרוּף וְקָטוּם אִין אִי לָא לָא וְכָל שֶׁכֵּן לְהַחֲזִיר. וּמְנָא לָן דְּהָכִי הוּא מַסְּקָנָא דְּהָא בָּתַר דְּשָׁקְלִינַן וְטָרֵינַן אִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ לִסְמֹוךְ לָהּ תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דְּאָסוּר אֲבָל לִסְמֹוךְ שַׁפִּיר דָּמֵי אוֹ דִלְמָא לָא מִדְּאָמַר תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דַּאֲסִיר שָׁמְעִינַן דְּאָסוּר לִשְׁהוֹת עַל גַּבֵּי כִּירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה שְׁנָא. וּקְטוּמָה. וְעוֹד דְּהָא אַסִּיקְנָא לְבַעְייַן וְאָמַר מַאי הָוֵי עֲלַהּ תָּא שְׁמַע כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים סוֹמְכִין לָהּ. וְאֵין מַשְׁהִין עָלֶיהָ אֶלָּא אִם כֵּן גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. וְגֶחָלִים שֶׁעָמְמוּ אוֹ שֶׁנָּתְנוּ עָלֶיהָ נְעֹורֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן דַּקָּה הֲרֵי הִיא כִּקְטוּמָה אַלְמָא דְּהָכִי הִלְכְתָא וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא נָמֵי הָכִי סְבִירָא לֵיהּ וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה הָכִי סְבִירָא לֵיהּ. וְעוֹד הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן וְאִי שָׁכַח וְשָׁהָה עַל גַּבֵּי כִּירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה מִידִי דְּלָא בִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ אָסוּר וְכָל שֶׁכֵּן אִם עָבַר וְשָׁהָה כִּדְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה אָמַר ר' אַסִּי אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב בַּתְּחִלָּה הָיוּ אוֹמְרִים הַמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת בְּשׁוֹגֵג יֹאכַל בְּמֵזִיד לֹא יֹאכַל וְהוּא הַדִּין לַשּׁוֹכֵחַ. מִשֶּׁרַבּוּ מְשַׁהִין בְּמֵזִיד וְאוֹמְרִים שֶׁכּוֹחִין אֲנַחְנוּ חָזְרוּ וְקָנְסוּ אַף הַשּׁוֹכֵחַ. וְרַשִׁ"י כָּתַב וַאֲנַן דְּמִשְּׁהֵינַן עַל גַּבֵּי כִּירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אַדַּחֲנַנְיָא סָמְכִינַן הוֹאִיל וּסְתָם מַתְנִיתִין כְּוָותֵיהּ כִּדְאָמְרִינַן הָא קָרְמוּ שָׁרִי ואע"ג דְּלָא בִּשֵּׁל כָּל צָורְכּוֹ וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן כְּוָותֵיהּ וּמַתְנִיתִין דְּפִירְקִין מִשּׁוּם חֲזָרָה הוּא דְּבָעֵי גְּרוּפָה אֲבָל לִשְׁהוֹת לֹא וְכָל אָמוֹרָאֵי דְּאָסְרִי סָבְרִי מַתְנִיתִין לְשַׁהוֹת תְּנַן. וְכֵן פָּסַק ר"י וְהֵבִיא רְאָיָה מִדְּרָבָא שֶׁהוּא בָּתְרָאָה דְּפָרִיךְ תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי ס"ל הָכִי. וכ"כ הר"ז הַלֵּוִי זַ"ל וְדָחָה רְאָיוֹתָיו שֶׁל רִי"ף זַ"ל דְּהָא דְּמַיְיתִי רְאָיָה מִדְּאִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ לִסְמֹוךְ לָהּ תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דַּאֲסִיר הָא לִסְמֹוךְ שַׁפִּיר דָּמֵי לָאו רְאָיָה הִיא דְּיֵשׁ סְמִיכָה בַּחֲזָרָה כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ סְמִיכָה בִּשְׁהִיָּיה וה"ק מַהוּ לִסְמֹוךְ הַקְּדֵירָה בַּחֲזָרָתָהּ לְכִירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דְּאָסוּר לְהַחֲזִיר אֲבָל לְהַחֲזִיר בְּסָמוּךְ לָהּ שָׁרִי וּדְקָא מַיְיתֵי עָלֶיהָ רְאָיָה מִבָּרַייְתָא דִּשְׁתֵּי כִּירוֹת הַמַּתְאִימוֹת כו' מְשַׁהִין עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה וְדָחֵינַן לֵהּ שָׁאנֵי הָתָם כֵּיוָן דְּמִידַּלְיָא שַׁלִּיט בָּהּ אֲוִירַי וְכֵן הָא דְּתַנְיָא כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים סוֹמְכִין לָהּ וְאֵין מְקַיְּימִין עָלֶיהָ אֶלָּא אִם כֵּן גְּרוּפָה וּקְטוּמָה סְתָמָא כְּרַבִּי יְהוּדָה וּמִדְּרַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר לִסְמֹוךְ בְּלִשָּׁהוּת מַשְׁמַע דה"ה לְתַנָּא דְּמַתְנִיתִין לִסְמֹוךְ בִּלְהַחֲזִיר וּדְרַבִּי חִיָּיא וְר' אוֹשַׁעְיָא תַּנָּאֵי הִיא וְאִי נָמֵי סְבִירָא לְהוּ כְּרַבִּי יְהוּדָה סְתָמָא דְּמַתְנִיתִין עָדִיף מִכָּל הָנֵי וְכֵן כָּל מַה דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּעִנְיַן תַּנּוּר שֶׁהִסִּיקוּהוּ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר תּוֹכוֹ תּוֹכוֹ מַמָּשׁ וְכוּ' הַהִיא סֻוגְיָא לְעִנְיַן חֲזָרַת קְדֵירָה נֶאֶמְרָה אֲבָל לִשְׁהוֹת ד"ה מֻותָּר לָא שְׁנָא כִּירָה ול"ש תַּנּוּר ול"ש תּוֹכוֹ ול"ש עַל גַּבּוֹ וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר לִסְמֹוךְ דְּקַייְמָא לָן כַּחֲנַנְיָא וְעוֹד תֵּימַהּ עַל רִי"ף זַ"ל שֶׁכָּתַב בפ"ק וְכַמָּה כְּדֵי שֶׁיְּצוּלוֹ אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר ר' אִילְעַאי כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי וְהַהִיא כַּחֲנַנְיָא אָתְיָא וְעָלָה מַיְיתֵי בָּרַייְתָא דַּחֲנַנְיָא וּבְפֶרֶק זֶה דָּחָה דִּבְרֵי חֲנַנְיָא וְלֹא נִזְכַּר לְאוֹתָהּ מִשְׁנָה וְלֹא לְמַה שֶׁכָּתַב עָלֶיהָ. וְאִם הָיָה לוֹ טַעַם בָּזֶה הָיָה לוֹ לְכָותְבוֹ לָנוּ. וְכֵן הֵשִׁיב גָּאוֹן וְשֶׁשְּׁאַלְתֶּם תַּבְשִׁיל שֶׁנִּתְבַּשֵּׁל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מַהוּ לְהַטְמִינָהּ עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים מִבְּעוֹד יוֹם אוֹ לְהַטְמִינָהּ בְּכִירָה שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. הָא אִיתְחֲזַאי לַנָא מִילְּתָא דְּכָל הֵיכָא דְּבָשִׁיל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מֻותָּר לְהַשְׁהוֹתָהּ עַל גַּבֵּי כִּירָה אע"פ שֶׁאֵין גְּרוּפָה וּקְטוּמָה כִּדְקָתָנֵי אֵין צוֹלִין בָּשָׂר בָּצָל וּבֵיצָה אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם וְכַמָּה א"ר אִילְעַי אָמַר רַב כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם כְּמַאֲכָל בֶּן דְּרוֹסַאי וְתַנְיָא חֲנַנְיָא אוֹמֵר כָּל שֶׁהוּא כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מֻותָּר לְהַשְׁהוֹתוֹ עַל גַּבֵּי כִּירָה אע"פ שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְקָטוּם כֵּיוָן דְּבָשִׁיל כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי מָטְיָא קְדִירָא בְּעִידָּנָא וְלָא אָתֵי לְחַתּוּיֵי בְּגֶחָלִים וכ"כ רַב שְׁרִירָא גָּאוֹן דַּהֲלָכָה כַּחֲנַנְיָא. והר"ר יְהוּדָה הַבַּרְצֵלוֹנִי זַ"ל הֵבִיא עוֹד דִּבְרֵי כַּמָּה גְּאוֹנִים שֶׁפָּסְקוּ כַּחֲנַנְיָא וְאַחַ"כּ כָּתַב עַל לְשׁוֹן רִי"ף זַ"ל וְאוֹמֵר אֲנִי שֶׁהוּא מְחֻוָּור שֶׁבְּכֻולָּן. וּבִשְׁאִלְתּוֹת דְּרַב אַחַאי זַ"ל פָּסַק כְּרִי"ף. וּמַה שֶׁדָּחָה הר"ז זַ"ל רְאָיוֹתָיו שֶׁל רִי"ף דְּהָא דְּבָעֵי מַהוּ לִסְמֹוךְ בִּסְמִיכָה דַּחֲזָרָה אַייְרֵי כָּתַב ה"ר יוֹנָה זַ"ל דְּאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן דְּמִדִּנְקַט הַשַּׁ"ס תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ הוּא דְּאָסוּר וְכוּ' וְאִי בַּחֲזָרָה אַיְירֵי לָא ה"ל לְמֵימַר תּוֹכָהּ אֶלָּא ה"ל לְמֵימַר עַל גַּבָּהּ הוּא דְּאָסוּר אֲבָל לִסְמֹוךְ שַׁפִּיר דָּמֵי אוֹ דִלְמָא לָא שְׁנָא וְאֵין חִילּוּק בֵּין סְמִיכָה לְעַל גַּבָּהּ אֲבָל בַּחֲזָרָה דְּתוֹכָהּ לָא מָצֵי לְמֵימַר לָא שְׁנָא בֵּין חֲזָרָה דְּתוֹכָהּ לַחֲזָרָה דִּסְמִיכָה דע"כ שְׁנָא וּשְׁנָא דִּלְתוֹכָהּ אָסוּר לְהַחֲזִיר אֲפִילּוּ בִּגְרוּפָה וּקְטוּמָה כִּדְאָמַר רַב לֹא שָׁנוּ אֶלָּא עַל גַּבָּהּ אֲבָל לְתוֹכָהּ אָסוּר וְלִסְמֹוךְ לָהּ מֻותָּר דְּהָא עַל גַּבָּהּ נָמֵי מֻותָּר וּמַה שֶׁאָמַר שֶׁהֵבִיא לִפְשֹׁוט הַבַּעְיָא מֵאֵלּוּ שְׁתֵּי הַבָּרָייְתוֹת דְּאָתְיָא כְּרַבִּי יְהוּדָה וּמִדְּרַבִּי יְהוּדָה בְּלִשָּׁהוּת נִשְׁמַע לְתַנָּא דְּמַתְנִי' בִּלְהַחֲזִיר הָא לֵיתָא דְּוַדַּאי חֲמוּרָה מִשְּׁהִיָּיה אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי עָלֶיהָ דַּחֲנַנְיָא דְּהָא לְעִנְיַן שְׁהִייָּה לָא שְׁנָא עַל גַּבָּהּ ול"ש תּוֹכָהּ כְּשֶׁהִיא גְּרוּפָה וּקְטוּמָה שָׁרִי וּלְעִנְיַן חֲזָרָה אע"פ שֶׁהִיא גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אָסוּר לְהַחֲזִירָהּ לְתוֹכָהּ הִלְכָּךְ לַחֲנַנְיָא נָמֵי אע"ג דְּשָׁרֵי לִשְׁהוֹת וְלִסְמֹוךְ כְּשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה דִּלְמָא לְהַחֲזִיר וְלִסְמֹוךְ עָלָיו אָסוּר. וּמַה שֶׁהֵבִיאוּ רְאָיָה לִפְסֹוק כַּחֲנַנְיָא מֵהָא דְּקָאָמַר רָבָא תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי דְּסָבַר רָבָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן. נִרְאֶה לִי דְּלָאו רְאָיָה הִיא דְּקַשְׁיָא לֵיהּ מַאי קמ"ל דְּתַרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי לִשְׁהוֹת תְּנֵינָא וְלֹא חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים טוּבָא קמ"ל ר' יוֹחָנָן דְּמַתְנִי' דְּפִירְקִין לְהַחֲזִיר תְּנַן וְאָתְיָא כַּחֲנַנְיָא דְּאִי לְשַׁהוֹת תְּנַן אע"ג דִּסְתָמָא דְּפִירְקִין קַמָּא כַּחֲנַנְיָא סְתָמָא דְּהַאי פֶּרֶק בָּתְרָא עָדִיף וְגַם דְּהַאי סְתָמָא כְּרַבִּים וְאִם כֵּן טוּבָא קמ"ל. וְאֵין לוֹמַר דְּהָכִי פָּרֵיךְ דְּכֵיוָן דִּתְנָא סְתָמָא דְּמַתְנִי' כַּחֲנַנְיָא מִמֵּילָא אִית לָן לְפָרוֹשֵׁי מַתְנִיתִין דְּהָכָא כַּחֲנַנְיָא כִּי הֵיכִי דְּלָא תִּיקְשֵׁי סְתָמָא אַסְּתָמָא. דְּא"כ אַמַּאי לָא מַיְיתֵי מִמַּתְנִיתִין דְּפֶרֶק קַמָּא לְמִיפְשַׁט בַּעְייַן דְּוַדַּאי לְהַחֲזִיר תְּנַן דְּתֵיקוּם מַתְנִיתִין כַּחֲנַנְיָא. אֶלָּא וַדַּאי אִית לָן טְפֵי לְאוֹקְמָא מַתְנִיתִין בִּפְשִׁיטוּת דְּלָא יִתֵּן מַשְׁמַע תְּחִלַּת נְתִינָה וְגַם לֹא נִצְטָרֵךְ לְהַגִּיהַּ הַמִּשְׁנָה וְגַם לֹא נִצְטָרֵךְ דְּרֵישָׁא וְסֵיפָא אַיְירֵי בַּחֲזָרָה וְלָא נִיחוּשׁ אִי פְּלִיגָא הַאי סְתָמָא לִסְתָמָא דִּלְעֵיל. דְּמֵעִיקָּרָא נִרְאֶה לְרַבִּי לִסְתֹּום כַּחֲנַנְיָא וְשׁוּב חָזַר בּוֹ וּסְתָמוֹ כְּרַבָּנָן אֶלָּא וַדַּאי הָכִי פָּרֵיךְ רָבָא תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי וְאִם נִרְאֶה לְר' יוֹחָנָן לִסְתֹּום כִּסְתָם מַתְנֵי' דִּלְעֵיל וּלְפָרֵשׁ דְּמַתְנִי' לְהַחֲזִיר תְּנַן יִפְסֹוק דַּהֲלָכָה כְּאוֹתָהּ מִשְׁנָה דִּלְעֵיל דְּאֵין דֶּרֶךְ אָמוֹרָא לוֹמַר כְּאִלּוּ אוֹמֵר מִפִּי עַצְמוֹ מַה שֶׁהוּא שָׁנוּי בְּהֶדְיָא בַּמִּשְׁנָה וּמְשַׁנֵּי דִּיּוּקָא דְּמַתְנִי' קמ"ל לְפִי שֶׁאֵין שָׁנוּי בַּמִּשְׁנָה הָא קָרְמוּ פָּנֶיהָ שַׁפִּיר דָּמֵי הִלְכָּךְ לָא הֲוָה שָׁמְעִינַן דְּמֻותָּר לִשְׁהוֹת עַל שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אִי לָאו דְּפָרֵישׁ בְּהֶדְיָא מֵעַתָּה אֶפְשָׁר דְּסָבַר רָבָא דְּמַתְנִי' לִשְׁהוֹת תְּנַן וְכֵיוָן דְּאֵין לָנוּ כֹּחַ לוֹמַר דְּרָבָא סָבַר כְּרַבִּי יוֹחָנָן יֵשׁ לָנוּ לִדְחוֹת מֵימְרָא דְּרַב שֵׁשֶׁת שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹחָנָן מִן קָדַם שְׁתֵּי מֵימְרוֹת שֶׁאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה וְרַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה בְּשֵׁם רַבִּי יוֹחָנָן וְלֹא הִתִּירוּ לִשְׁהוֹת הַתַּבְשִׁיל אֶלָּא תַּבְשִׁיל שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ אֲבָל תַּבְשִׁיל שֶׁלֹּא בִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ לֹא וְכָל הָנָךְ אָמוֹרָאֵי דְּאַיְירֵי בִּשְׁמַעְתִּין דְּמִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ כּוּלְּהוּ לֵית לְהוּ דַּחֲנַנְיָא דְּלָא שָׁרוּ אֶלָּא שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ וּמַה שֶׁתָּמַהּ הר"ז זַ"ל שֶׁכָּתַב בְּהִלְכוֹתָיו בפ"ק וְכַמָּה כְּדֵי שֶׁצּוֹלוֹ אָמַר רַב כְּמַאֲכַל בֶּן דְּרוֹסַאי כָּתַב ה"ר יוֹנָה זַ"ל שֶׁאֵין בָּזֶה תִּמָּהוֹן דְּאִיצְטְרִיךְ הַהוּא פֵּירוּשָׁא אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן וַאֲפִילּוּ לְרַב דְּאָסַר מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ דְּאַשְׁמְעִינַן כֵּיוָן שֶׁנִּצּוּלוֹ מִבְּעוֹד יוֹם כְּמַאֲכָל בֶּן דְּרוֹסַאי מִשְּׁהֵינַן אוֹתוֹ עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה אֲבָל וַדַּאי אֵין צוֹלִין אוֹתוֹ אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם וַאֲפִילּוּ לְדַעַת שֶׁיִּגְרֹוף וְיִקְטֹום הַגֶּחָלִים עִם חֲשֵׁיכָה וְהָא דְּאָמַר רָבָא תַּרְוַוייְהוּ תְּנַנְהִי חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים וּפְשִׁיטָא לֵיהּ לְרָבָא דְּמַתְנִיתִין כַּחֲנַנְיָא סֵיפָא וַדַּאי אָתְיָא כַּחֲנַנְיָא כֵּיוָן דְּקָתָנֵי וְלֹא חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּקְרְמוּ פָּנֶיהָ מִבְּעוֹד יוֹם מַשְׁמַע הָא קָרְמוּ פָּנֶיהָ שַׁפִּיר דָּמֵי לְשַׁהוֹתָהּ עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים בְּלֹא גָּרוּף וּבְלֹא קָטוּם אֲבָל הַאי דְּקָתָנֵי רֵישָׁא אֵין צוֹלִין בָּשָׂר וּבָצָל וּבֵיצָה אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּצּוֹלוּ מִבְּעוֹד יוֹם אָתְיָא בֵּין לַחֲנַנְיָא בֵּין לְרַבָּנָן. לַחֲנַנְיָא אע"פ שֶׁלֹּא יִגְרֹוף וְלֹא יִקְטֹום וּלְרַבָּנָן וְהוּא שֶׁיִּגְרֹוף וְיִקְטֹום עִם חֲשֵׁיכָה. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל לָא אַסִּיק הִלְכְתָא לֹא כְּמַאן לֹא כַּחֲנַנְיָא וְלָא כְּרַבָּנָן בְּתַבְשִׁיל שֶׁלֹּא בָּשַׁל כָּל צָרְכּוֹ. אֲבָל בְּתַבְשִׁיל שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ פְּסַק הֲלָכָה כְּהָא דְּאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה אָמַר ר' יוֹחָנָן כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים מְשַׁהִין עָלֶיהָ חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ כָּל צָורְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּשֵּׁל כָּל צָרְכּוֹ דְּמִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ מֻותָּר ואע"ג דְּרַב וּשְׁמוּאֵל פְּלִיגִי עָלֶיהָ הָא קי"ל כְּרַבִּי יוֹחָנָן לְגַבֵּי רַב וּשְׁמוּאֵל. וּמַה שֶׁאָמַר רַב עוּקְבָא מִמֵּישָׁן לְרַב אָשֵׁי אַתּוּן דִּמְקָרְבִיתוּ לְרַב וּשְׁמוּאֵל עֲבִידוּ כְּרַב וּשְׁמוּאֵל לֹא מִשּׁוּם דְּהִלְכְתָא הָכִי דְּאַדְּרַבָּה מִדְּקָאָמַר אֲנַן נַעֲבֵד כְּרַבִּי יוֹחָנָן מַשְׁמַע דְּהָכִי הִלְכְתָא וְהָא דְּקָאָמַר לְהָנֵי דִּמְקָרְבִי לְרַב וּשְׁמוּאֵל דְּלֶיעְבְּדוּ כְּרַב וּשְׁמוּאֵל מִשּׁוּם דְּקַיְימָא לָן דְּבָרִים הַמֻּותָּרִים וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בְּהוּ אִיסּוּר אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּיר בִּפְנֵיהֶם. וְגַם רַב אַשִּׁי דְּהוּא בָּתְרָאָה קִבֵּל דִּבְרֵי מַר עוּקְבָא וְרַב יוֹסֵף גּוּפֵיהּ דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב וּשְׁמוּאֵל מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ אָסוּר אַהְדַּר לֵיהּ לְאַבַּיֵּי דִּבְעָא מִינֵּיהּ מַהוּ לִשְׁהוֹת וא"ל הָא רַב יְהוּדָה מַשְׁהֵי לֵיהּ וְאָכִיל וּבְסוּרָא מַשֶּׁהוּ וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מָרֵי דְעוֹבָדָא הֲוָה מַשְׁהֵי לֵיהּ וְאָכִיל כָּל שְׁהִיּוֹת הַלָּלוּ מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ דַּעֲלֵהּ קָיְימִינַן וְהַדָּבָר לָמֵד מֵעִנְיָנוֹ. וְרַב נַחְמָן דְּאָמַר כְּלָלָא דְּמִילְּתָא כָּל דְּאִית בֵּיהּ מֵיחָא מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ לָאו אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא קָאָמַר אֶלָּא לְהָנֵי דִּמְקָרְבִי לְרַב וּשְׁמוּאֵל לְהוֹרוֹת לָהֶם מַהוּ מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ וּמַהוּ מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ. וְהָא דְּבָעֵי שָׁכַח קְדֵירָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים וּבִשְּׁלָהּ בְּשַׁבָּת מַהוּ מִיבַּעְיָא לֵיהּ בֵּין לַחֲנַנְיָא בֵּין לְרַבָּנָן לַחֲנַנְיָא הֵיכָא שֶׁלֹּא נִתְבַּשֵּׁל מִבְּעוֹד יוֹם כְּמַאֲכָל בֶּן דְּרוֹסַאי. וְהָא דְּבָעֵי עָבַר וְשָׁהָה מַהוּ אַף לְאַחַר גְּזֵירָה מִיבַּעְיָא לֵיהּ וּמְסַפְּקָא לֵיהּ אִי גָּזְרוּ דַּוְקָא לְאוֹתוֹ שֶׁשָּׁהָה אֲבָל לִבְנֵי בֵּיתוֹ לֹא אוֹ דִּילְמָא לָא שְׁנָא וּפָשַׁט לֵיהּ מִדְּקָאָמַר וְאָסַר מַשְׁמַע דִּלְכָל בְּנֵי בַּיִת אָסַר. אִי נָמֵי מִיבַּעְיָא לֵיהּ הֵיכָא דְּנִתְבַּשֵּׁל וְנִצְטַמֵּק יָפֶה וְאֵינוֹ צָרִיךְ עוֹד צִימּוּק כְּלָל וּפָשַׁט לֵיהּ מִבֵּיצִים מְצֻומָּקוֹת שֶׁנִּשְׁתַּהוּ עַל גַּבֵּי כִּירָה דְּמַשְׁמַע בְּשָׁעָה שֶׁנִּשְׁתַּהוּ הֵן מְצֻומָּקוֹת. וּבִשְׁבִיל שֶׁרַבּוּ דֵּעוֹת בְּהַאי פִּיסְקָא וְיִשְׂרָאֵל אֲדוּקִין בְּמִצְוַת עֹונֶג שַׁבָּת וְלֹא יִשְׁמְעוּ לְהַחְמִיר הַנַּח לָהֶם כַּמִּנְהָג שֶׁנָּהֲגוּ עַל פִּי הַפּוֹסְקִים כַּחֲנַנְיָא וְכָל זֶה בְּעִנְיָן שֶׁהָיָה כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל וְשִׁיהוּי זֶה אֵינָהּ הַטְמָנָה אֶלָּא כְּגוֹן כִּסֵּא שֶׁל בַּרְזֶל וְהַקְּדֵירָה יוֹשֶׁבֶת וְהִיא תְּלוּיָה בַּאֲבָנִים אוֹ כַּיּוֹצֵא בָּהֶן. אֲבָל בְּהַטְמָנָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר דקי"ל הַטְמָנָה בְּדָבָר הַמּוֹסִיף הֶבֶל אֲפִילּוּ מִבְּעוֹד יוֹם אָסוּר. וּלְקַמָּן נְפָרֵשׁ דִּין הַטְמָנָה בְּעֶזְרַת הַשֵּׁם.
Guemara. Ils ont posé la question : ce lo yiten veut-il dire seulement : il ne remettra pas ; mais pour laisser on laisse, même si ce n'est ni balayé ni couvert, et notre michna est de Hanania, comme il est enseigné : Hanania dit : tout ce qui est comme la nourriture de ben Drossai, il est permis de le laisser sur la kira même si elle n'est ni balayée ni couverte ? Ou peut-être est-ce laisser que nous avons appris : si c'est balayé et couvert, oui ; sinon, non. Nous avons débattu, et la conclusion est que lo yiten signifie : il ne laissera pas ; même pour laisser, si c'est balayé et couvert, oui ; sinon, non ; et à plus forte raison pour remettre. D'où savons-nous que telle est la conclusion ? Après avoir débattu, ils ont demandé : qu'en est-il d'appuyer [la marmite] contre elle ? Est-ce seulement dedans et dessus qu'il est interdit, tandis qu'appuyer est permis, ou peut-être non ? Puisqu'il dit : dedans et dessus, c'est interdit, nous apprenons qu'il est interdit de laisser sur une kira qui n'est ni balayée ni couverte. De plus, nous avons conclu la question en disant : qu'en est-il finalement ? Viens et entends : une kira que l'on a chauffée avec du marc et du bois, on appuie contre elle, et on ne laisse dessus que si elle est balayée et couverte ; des braises éteintes, ou sur lesquelles on a mis de l'étoupe de lin fine, sont comme couvertes. Il en ressort que telle est la halakha ; Rabbi Ochaya pense ainsi, et Rabba bar bar Hana pense ainsi. De plus, nous disons plus loin : s'il a oublié et laissé sur une kira non balayée et non couverte une chose qui n'est pas entièrement cuite, c'est interdit, et à plus forte raison s'il a transgressé et laissé, comme l'a dit Rav Chmouel bar Yehouda au nom de Rabbi Assi au nom de Rav Houna au nom de Rav : au début on disait : celui qui cuit le Chabbat par inadvertance peut manger ; délibérément, il ne mange pas ; et il en est de même de celui qui oublie. Quand se sont multipliés ceux qui laissaient délibérément en disant : nous avons oublié, ils sont revenus et ont pénalisé aussi celui qui oublie. Rachi a écrit : et nous, qui laissons sur une kira non balayée et non couverte, nous nous appuyons sur Hanania, puisqu'une michna anonyme va dans son sens, comme nous le disons : mais si sa surface a formé une croûte, c'est permis, même si ce n'est pas entièrement cuit ; et Rav Chechet a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [la halakha est] comme lui. La michna de notre chapitre exige une kira balayée pour le retour, mais pas pour laisser ; et tous les Amoraim qui interdisent pensent que la michna traite de laisser. Ainsi a tranché le Ri, et il a apporté une preuve de Rava, qui est tardif, et qui, en objectant : les deux, nous les avons [déjà] apprises, pense ainsi. Ainsi a écrit le Rav Zerahia HaLevi, qui a rejeté les preuves du Rif. La preuve que [le Rif] apporte de la question : qu'en est-il d'appuyer, dedans et dessus c'est interdit, mais appuyer est permis, n'en est pas une, car il y a un appui dans le retour comme il y a un appui dans le fait de laisser ; et voici ce que [la question] dit : qu'en est-il d'appuyer la marmite, lors de son retour, contre une kira non balayée et non couverte ? Dedans et dessus, il est interdit de la remettre, mais la remettre en l'appuyant contre elle est permis. Quant à la preuve qu'il apporte de la baraita des deux kirot jumelées, etc., on laisse sur celle qui est balayée et couverte, nous l'avons rejetée : c'est différent là-bas, puisqu'elle est élevée, l'air agit sur elle. De même ce qui est enseigné : une kira chauffée avec du marc et du bois, on appuie contre elle, et on ne maintient dessus que si elle est balayée et couverte : c'est une baraita anonyme selon Rabbi Yehouda ; et puisque Rabbi Yehouda permet d'appuyer pour laisser, il en ressort que le tana de la michna permet de même d'appuyer pour remettre. Rabbi Hiya et Rabbi Ochaya, c'est une divergence de tanaim ; et même s'ils pensent comme Rabbi Yehouda, l'anonyme de la michna prévaut sur eux tous. De même, tout ce que nous disons plus loin au sujet d'un four chauffé avec de la paille et du gavava, ou Rav Yossef voulait dire : dedans, c'est réellement dedans, etc., cette sougya a été dite au sujet du retour de la marmite ; mais pour laisser, tous admettent que c'est permis, que ce soit une kira ou un four, dedans ou dessus, et inutile de parler d'appuyer, car nous tenons comme Hanania. De plus, il s'étonne du Rif, qui a écrit au premier chapitre : et combien, le temps qu'ils rôtissent ? Rabbi Zeira a dit au nom de Rabbi Ilai : comme la nourriture de ben Drossai — ce qui va selon Hanania, et il y cite la baraita de Hanania — tandis que dans ce chapitre-ci il rejette les propos de Hanania sans faire mention de cette michna ni de ce qu'il avait écrit à son sujet. S'il avait une raison à cela, il aurait dû nous l'écrire. De même un Gaon a répondu : quant à ce que vous avez demandé, un plat cuit comme la nourriture de ben Drossai, peut-on l'enfouir sur des braises de jour, ou le laisser dans une kira non balayée et non couverte ? Il nous est apparu que partout où c'est cuit comme la nourriture de ben Drossai, il est permis de le laisser sur la kira même si elle n'est ni balayée ni couverte, comme il est enseigné : on ne rôtit pas viande, oignon et œuf, sauf s'ils ont le temps de rôtir de jour ; et combien ? Rabbi Ilai a dit au nom de Rav : le temps qu'ils rôtissent de jour comme la nourriture de ben Drossai ; et il est enseigné : Hanania dit : tout ce qui est comme la nourriture de ben Drossai, il est permis de le laisser sur la kira même si elle n'est ni balayée ni couverte ; puisque c'est cuit comme la nourriture de ben Drossai, la marmite sera prête à temps et l'on ne viendra pas attiser les braises. Ainsi a écrit Rav Chérira Gaon : la halakha est comme Hanania. Le Rav Yehouda de Barcelone a cité encore les propos de plusieurs Gueonim qui ont tranché comme Hanania, puis il a écrit sur les propos du Rif : et je dis que c'est le plus clair de tous. Dans les Cheiltot de Rav Ahai, il a tranché comme le Rif. Quant au rejet par le Rav Zerahia des preuves du Rif, selon lequel la question : qu'en est-il d'appuyer, traite de l'appui lors du retour, Rabbenou Yona a écrit qu'il est impossible de dire cela. Puisque le Talmud dit : dedans et dessus, c'est interdit, etc., s'il traitait du retour, il n'aurait pas dû dire dedans ; il aurait dû dire : dessus, c'est interdit, mais appuyer est permis ; ou peut-être il n'y a pas de différence, et aucune distinction entre appuyer et dessus. Mais pour le retour à l'intérieur, il ne peut pas dire qu'il n'y a pas de différence entre le retour à l'intérieur et le retour par appui, car il y a forcément une différence : à l'intérieur, il est interdit de remettre même [si la kira est] balayée et couverte, comme l'a dit Rav : on n'a enseigné que dessus, mais dedans c'est interdit ; et appuyer contre elle est permis, puisque même dessus c'est permis. Quant à ce qu'il dit, que [la guemara] a apporté, pour résoudre la question, ces deux baraitot qui suivent Rabbi Yehouda, et que de Rabbi Yehouda pour laisser nous déduisons [l'avis du] tana de la michna pour remettre, cela n'est pas : le retour est assurément plus grave que le fait de laisser, même pour les Rabbanan qui divergent de Hanania. Pour laisser, il n'y a pas de différence entre dessus et dedans : quand elle est balayée et couverte, c'est permis ; pour le retour, même balayée et couverte, il est interdit de remettre à l'intérieur. Par conséquent, pour Hanania aussi, bien qu'il permette de laisser et d'appuyer quand elle n'est ni balayée ni couverte, il est possible que remettre en appuyant contre elle soit interdit. Quant à la preuve qu'ils ont apportée pour trancher comme Hanania de ce que dit Rava : les deux, nous les avons apprises, parce que Rava penserait comme Rabbi Yo'hanan, il me semble que ce n'est pas une preuve. Sa difficulté est la suivante : que nous apprend-il ? Les deux, nous les avons apprises : laisser, nous l'avons appris, et ni une galette sur les braises. Rabbi Yo'hanan nous apprend beaucoup : que la michna de notre chapitre traite du retour et suit Hanania ; car si elle traitait de laisser, bien que l'anonyme du premier chapitre soit selon Hanania, l'anonyme de ce chapitre-ci, qui vient après, prévaut, et de plus cet anonyme suit l'avis de la majorité ; il nous apprend donc beaucoup. On ne peut pas dire que l'objection est celle-ci : puisque le tana a posé l'anonyme de la michna selon Hanania, nous devons d'emblée expliquer la michna d'ici selon Hanania, pour que l'anonyme ne contredise pas l'anonyme. Car s'il en était ainsi, pourquoi n'apporte-t-on pas de la michna du premier chapitre [une preuve] pour résoudre notre question, qu'il s'agit certainement du retour, afin d'établir la michna selon Hanania ? Il vaut donc mieux expliquer la michna selon son sens simple, car lo yiten implique la première pose ; nous n'aurons pas besoin de corriger la michna, ni de dire que le début et la fin traitent du retour, et nous ne craindrons pas que cet anonyme contredise l'anonyme précédent : au début, Rabbi a jugé bon de poser l'anonyme selon Hanania, puis il s'est ravisé et l'a posé selon les Rabbanan. L'objection de Rava est donc certainement celle-ci : les deux, nous les avons apprises ; et s'il a paru à Rabbi Yo'hanan de suivre l'anonyme de la michna précédente et d'expliquer que notre michna traite du retour, qu'il tranche [simplement] que la halakha suit cette michna précédente, car un Amora n'a pas l'usage d'énoncer comme de lui-même ce qui est enseigné explicitement dans la michna. Et il répond : il nous apprend une déduction de la michna, puisque la michna n'énonce pas : mais si sa surface a formé une croûte, c'est permis ; nous n'aurions donc pas su qu'il est permis de laisser sur une kira non balayée et non couverte s'il ne l'avait pas expliqué explicitement. Dès lors, il est possible que Rava pense que notre michna traite de laisser. Et puisque nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que Rava pense comme Rabbi Yo'hanan, nous devons écarter l'enseignement de Rav Chechet au nom de Rabbi Yo'hanan devant les deux enseignements rapportés par Rabba bar bar Hana et par Rav Chmouel bar Yehouda au nom de Rabbi Yo'hanan : ils n'ont permis de laisser le plat que s'il est entièrement cuit, et non un plat qui n'est pas entièrement cuit. Et tous les Amoraim qui traitent dans notre sougya de mitstamek ve-yafe lo (ce qui gagne à réduire) ne tiennent pas comme Hanania, car ils n'ont permis que ce qui est entièrement cuit. Quant à l'étonnement du Rav Zerahia sur ce que [le Rif] a écrit dans ses Halakhot au premier chapitre : et combien, le temps qu'ils rôtissent ? Rav a dit : comme la nourriture de ben Drossai, Rabbenou Yona a écrit qu'il n'y a là rien d'étonnant. Cette explication est nécessaire même pour les Rabbanan, et même pour Rav qui interdit mitstamek ve-yafe lo : elle nous apprend que, puisqu'ils ont rôti de jour comme la nourriture de ben Drossai, on les laisse sur une kira balayée et couverte ; mais on ne les rôtit que s'ils ont le temps de rôtir de jour, même si l'on a l'intention de balayer et de couvrir les braises à la tombée de la nuit. Et ce que dit Rava : les deux, nous les avons apprises, une galette sur les braises, et il est évident pour Rava que la michna suit Hanania : la fin suit certainement Hanania, puisqu'il est enseigné : ni une galette sur les braises, sauf si sa surface forme une croûte de jour, ce qui implique que si sa surface a formé une croûte, il est permis de la laisser sur les braises sans balayer ni couvrir. Mais ce qui est enseigné au début : on ne rôtit pas viande, oignon et œuf, sauf s'ils ont le temps de rôtir de jour, s'accorde aussi bien avec Hanania qu'avec les Rabbanan : selon Hanania, même sans balayer ni couvrir ; selon les Rabbanan, à condition de balayer et de couvrir à la tombée de la nuit. Rabbenou Hananel n'a pas conclu la halakha, ni comme Hanania ni comme les Rabbanan, pour un plat qui n'est pas entièrement cuit. Mais pour un plat entièrement cuit, il a tranché selon ce qu'a dit Rav Chmouel bar Yehouda au nom de Rabbi Yo'hanan : une kira chauffée avec du marc et du bois, on y laisse de l'eau entièrement chauffée et un plat entièrement cuit ; même s'il gagne à réduire, c'est permis. Bien que Rav et Chmouel divergent de lui, nous tenons comme Rabbi Yo'hanan face à Rav et Chmouel. Et ce que Rav Oukva de Mechan a dit à Rav Achi : vous qui êtes proches de Rav et Chmouel, faites comme Rav et Chmouel, ne signifie pas que la halakha soit ainsi ; au contraire, puisqu'il dit : nous, nous ferons comme Rabbi Yo'hanan, cela implique que telle est la halakha. S'il dit à ceux qui sont proches de Rav et Chmouel de faire comme Rav et Chmouel, c'est parce que nous tenons : des choses permises que d'autres ont pris l'usage d'interdire, tu n'as pas le droit de les permettre devant eux. De plus, Rav Achi, qui est tardif, a accepté les propos de Mar Oukva. Et Rav Yossef lui-même, qui a dit au nom de Rav et Chmouel : mitstamek ve-yafe lo est interdit, à répondu à Abaye, qui lui demandait : qu'en est-il de laisser ? — voici que Rav Yehouda le laissait et le mangeait ; et à Soura on laissait ; et Rav Nahman bar Yitshak, à qui l'épisode est arrivé, le laissait et le mangeait. Tous ces cas concernent mitstamek ve-yafe lo, dont nous traitons, et la chose s'apprend de son contexte. Et Rav Nahman, qui a énoncé la règle générale : tout ce qui contient de la viande (miha), mitstamek ve-ra lo, ne l'a pas dit selon la halakha, mais pour ceux qui sont proches de Rav et Chmouel, afin de leur enseigner ce qui est mitstamek ve-yafe lo et ce qui est mitstamek ve-ra lo. Et la question : s'il a oublié une marmite sur des braises et qu'elle a cuit le Chabbat, qu'en est-il ? se pose aussi bien selon Hanania que selon les Rabbanan ; selon Hanania, lorsqu'elle n'a pas cuit de jour comme la nourriture de ben Drossai. Et la question : s'il a transgressé et laissé, qu'en est-il ? se pose même après le décret : il doute s'ils n'ont décrété que pour celui qui a laissé, mais pas pour les gens de sa maison, ou s'il n'y a pas de différence ; et il la résout de ce qu'il dit : et il a interdit, ce qui implique qu'il a interdit à tous les gens de la maison. Ou bien il le demande dans le cas où c'est cuit et bien réduit et n'a plus du tout besoin de réduire, et il la résout à partir des œufs réduits laissés sur la kira, ce qui implique qu'au moment où ils ont été laissés, ils étaient déjà réduits. Parce que les opinions se sont multipliées sur ce passage, et qu'Israël est attaché à la mitsva du plaisir du Chabbat (oneg Chabbat) et n'écoutera pas si l'on est strict, laisse-les suivre l'usage qu'ils ont adopté selon les décisionnaires qui tranchent comme Hanania. Tout cela concerne le fait de laisser, comme l'a écrit Rabbenou Hananel ; et ce fait de laisser n'est pas un enfouissement (hatmana) : par exemple un siège de fer sur lequel repose la marmite, posé sur des pierres ou quelque chose de semblable. Mais l'enfouissement sur des braises est interdit selon tous, car nous tenons que l'enfouissement dans une matière qui ajoute de la chaleur est interdit même de jour. Nous expliquerons plus loin la loi de l'enfouissement, avec l'aide de Hachem.
💡 Explication

Nouvelle question : lismokh, appuyer la marmite contre la paroi extérieure d'une kira non balayée. Rachi précise que la kira est un fourneau portatif posé au sol, ce qui rend possible de placer une marmite contre son flanc. La chaleur y est moindre qu'à l'intérieur ou sur le dessus.

Tossefot adapte la question aux deux lectures de la michna. Le Roch développe longuement la halakha : le Rif déduit de cette question et de sa conclusion que laisser sur une kira non balayée est interdit, tandis que Rachi, le Ri, le Baal ha-Maor et plusieurs Gueonim tranchent comme Hanania ; le Roch conclut qu'on laisse l'usage établi selon Hanania.

🖼️ Schéma
La kira : trois places pour la marmite braises marmite tokha (intérieur) marmite gabba (dessus : rebord ou couvercle) marmite lismokh (appuyée à la paroi) Kira non balayée : intérieur et dessus interdits appuyer : la question du daf (permis en 37a)
Les trois positions de la marmite par rapport à la kira : intérieur, dessus, et appuyée contre la paroi.
7
תָּא שְׁמַע: שְׁתֵּי כִּירוֹת הַמַּתְאִימוֹת, אַחַת גְּרוּפָה וּקְטוּמָה וְאַחַת שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה, מְשַׁהִין עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. וְאַף עַל גַּב דְּקָא סָלֵיק לֵיהּ הַבְלָא מֵאִידַּךְ! דִּילְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דְּכֵיוָן דְּמִידַּלְּיָא שָׁלֵיט בָּהּ אַוֵּירָא.

Viens et entends : deux fourneaux accolés, l'un balayé et couvert, l'autre ni balayé ni couvert : on laisse sur celui qui est balayé et couvert. Et pourtant la chaleur lui monte de l'autre ! — Peut-être est-ce différent là : puisque (la marmite) est surélevée, l'air a prise sur elle.

📜 Rachi (1)
דְּמִדְּלֵי הַקְּדֵרָה עַל גַּבֵּי הַכִּירָה:
La marmite (est surélevée) sur la kira.
💡 Explication

Première tentative : sur la kira balayée, la marmite reçoit aussi la chaleur de la kira voisine non balayée, et c'est permis ; il en irait de même pour une marmite appuyée.

Réfutation : la marmite posée sur le dessus est en hauteur et l'air ambiant la refroidit. Une marmite appuyée contre la paroi, au niveau du foyer, reçoit davantage de chaleur. Le cas n'est donc pas comparable.

8
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב סָפְרָא אָמַר רַב חִייָּא: קִטְּמָה וְנִתְלַבְּתָה, סוֹמְכִין לָהּ וּמְקַייְּמִין עָלֶיהָ, וְנוֹטְלִין מִמֶּנָּה וּמַחְזִירִין לָהּ. שְׁמַע מִינָּה לִסְמֹוךְ נָמֵי, קִטְּמָה — אִין, לֹא קִטְּמָה — לָא. וּלְטַעְמִיךְ, ״נוֹטְלִין מִמֶּנָּה״ דְּקָתָנֵי, קִטְּמָה — אִין, לֹא קִטְּמָה — לָא?! אֶלָּא תְּנָא נוֹטְלִין מִשּׁוּם מַחְזִירִין, הָכָא נָמֵי תְּנָא סוֹמְכִין מִשּׁוּם מְקַיְּימִין.

Viens et entends : Rav Safra a dit au nom de Rabbi Hiya : s'il l'a couverte (de cendre) et qu'elle s'est rallumée, on appuie contre elle, on y laisse, on en retire et on y remet. Déduis-en que pour appuyer aussi : s'il l'a couverte — oui ; s'il ne l'a pas couverte — non. — Et selon ton raisonnement, « on en retire », qui est enseigné : s'il l'a couverte — oui, s'il ne l'a pas couverte — non ?!

Il faut dire qu'il a enseigné « on retire » à cause de « on remet » ; ici aussi il a enseigné « on appuie » à cause de « on laisse ».

📜 Rachi (1)
וְנִתְלַבְּתָה חָזְרָה וְהֻובְעֲרָה:
Elle s'est de nouveau enflammée.
💡 Explication

Nitlabta : la kira couverte de cendre la veille s'est rallumée pendant Chabbat. Rabbi Hiya permet les quatre actes. L'énoncé semble conditionner l'appui au fait d'avoir couvert les braises.

La guemara répond par un contre-exemple interne : retirer une marmite est permis dans tous les cas. Le tana a donc mentionné certains actes par entraînement, sans qu'ils dépendent de la condition.

9
הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם נוֹטְלִין וּמַחְזִירִין בְּחַד מָקוֹם הוּא, תְּנָא נוֹטְלִין מִשּׁוּם מַחְזִירִין. אֶלָּא הָכָא — סוֹמְכִין בְּחַד מָקוֹם הוּא וּמְקַיְּימִין בְּחַד מָקוֹם הוּא.

Comment comparer ?! Là-bas, retirer et remettre se font en un seul endroit ; il a enseigné « on retire » à cause de « on remet ».

Mais ici, appuyer se fait en un endroit et laisser se fait en un autre endroit.

📜 Rachi (1)
הָתָם נוֹטְלִין וּמַחְזִירִין בְּחַד מָקוֹם וְלֹא שַׁייָּךְ לְמִתְנֵי מַחֲזִירִין עַד דְּתָנֵי נוֹטְלִין:
Il ne convient pas d'enseigner « on remet » sans avoir enseigné « on retire ».
💡 Explication

La guemara rejette la comparaison. Retirer et remettre forment une paire naturelle : on ne remet que ce qu'on a retiré, au même endroit. Appuyer contre la paroi et laisser sur le dessus concernent deux emplacements distincts ; rien n'obligeait le tana a mentionner l'appui. La preuve reste possible, sans être décisive.

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מַאי הָוֵי עֲלַהּ? תָּא שְׁמַע: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים סוֹמְכִין לָהּ, וְאֵין מְקַיְּימִין אֶלָּא אִם כֵּן גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. גֶּחָלִים שֶׁעָמְמוּ אוֹ שֶׁנָּתַן עָלֶיהָ נְעֹורֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן דַּקָּה — הֲרֵי הִיא כִּקְטוּמָה.

Qu'en est-il finalement ? Viens et entends : une kira que l'on a chauffée avec du marc ou du bois — on appuie contre elle, et on n'y laisse que si elle est balayée et couverte.

Des braises qui se sont affaiblies, ou sur lesquelles on a mis de l'étoupe de lin fine — elle est comme couverte.

📜 Rachi (1)
נְעֹורֶת ארישט"ש:
Neoret : en langue vernaculaire (vieux français) « arischtes », l'étoupe.
🗂️ Tossefot (1)
תָּא שְׁמַע כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ כּוּ' וּמַסִּיק דְּשָׁרֵי לִסְמֹוךְ וּמִכָּל מָקוֹם אֵין לִלְמֹוד מִכָּאן לִסְמֹוךְ אֵצֶל הָאֵשׁ דְּשָׁאנֵי הָכָא דְּדֻופְנֵי כִּירָה מַפְסִיקִין בֵּינוֹ וְלָאֵשׁ:
(La guemara) conclut qu'il est permis d'appuyer. Toutefois on ne peut en déduire (qu'il est permis) d'appuyer à côté du feu lui-même, car ici c'est différent : les parois de la kira font séparation entre (la marmite) et le feu.
💡 Explication

Une baraita tranche la question : somkhin, on appuie contre une kira non balayée, même chauffée au marc ou au bois, combustibles qui laissent des braises durables. Laisser sur elle exige en revanche qu'elle soit balayée et couverte.

Deux situations équivalent à une kira couverte : des braises she-amémou (affaiblies, presque éteintes) et des braises recouvertes d'étoupe de lin. Tossefot limite la portée : la permission vaut parce que la paroi de la kira s'interpose ; une marmite appuyée directement près d'un feu ouvert n'est pas visée.

11
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: קְטָמָהּ וְהֻובְעֲרָה מְשַׁהִין עָלֶיהָ חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ כָּל צָורְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כָּל צָורְכּוֹ.

Rabbi Yitshak bar Nahmani a dit au nom de Rav Ochaya : s'il l'a couverte et qu'elle s'est rallumée, on y laisse de l'eau chaude entièrement chauffée et un plat entièrement cuit.

📜 Rachi (1)
שֶׁהוּחַמּוּ כָּל צָרְכָן דְּלֵיכָּא לְמִיחַשׁ לְחִיתּוּיֵי:
Il n'y a pas à craindre qu'on attise (les braises).
💡 Explication

Rav Ochaya traite le cas de la kira couverte qui s'est rallumée. La permission est limitée à l'eau entièrement chauffée et au plat entièrement cuit (bichèl kol tsorko).

Le motif, selon Rachi : le décret sur la kira non balayée craint qu'on vienne à attiser les braises (lehatot) pour achever la cuisson. Lorsque le plat n'a plus besoin de cuire, cette crainte disparaît.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).