Shabbat 39a — Chaleur du soleil, chaleur du feu : cuire sans feu Chabbat

Shabbat 39a

Sougya : Le daf achève d'abord la question posée plus haut : celui qui a seulement fait rouler un œuf sur une surface brûlante est passible d'un sacrifice expiatoire, comme le montre la règle du poisson salé ancien, dont le simple rinçage achève la cuisson. La sougya passe ensuite au cœur du sujet : Rav Nahman distingue trois sources de chaleur - le soleil lui-même, permis de l'avis de tous ; les dérivés du feu, interdits de l'avis de tous ; les dérivés du soleil, objets chauffés par le soleil, sur lesquels portent les Sages et Rabbi Yossi.

Reste la clause du sable : pourquoi Rabbi Yossi y concède-t-il ? Rabba y voit un décret de peur que l'on n'enfouisse dans la cendre chaude, Rav Yossef un déplacement de terre, et la Guemara éprouve les deux raisons par la barayta du toit brûlant puis par le fait des gens de Tibériade.

La conclusion attribue les eaux de Tibériade aux dérivés du feu, puisqu'elles passent devant l'entrée du Guehinnom.

Trois sources de chaleur, trois régimes Chabbat (Rav Nahman) Le soleil lui-même hama exposer l'eau froide au soleil pour qu'elle chauffe manière de cuire inhabituelle Dérivés du soleil toladot ha-hama linge, toit, sable chauffés par le soleil objet du désaccord du daf Dérivés du feu toladot ha-our linge chauffé au feu, chaux brûlante, cendre équivaut au feu lui-même PERMIS de l'avis de tous CONTROVERSE Sages interdisent / R. Yossi permet INTERDIT de l'avis de tous Raison du désaccord central : faut-il décréter sur les dérivés du soleil à cause des dérivés du feu ? Les Sages : celui qui voit la scène ne distingue pas les deux. R. Yossi : la confusion n'est pas à craindre.
L'échelle des sources de chaleur : où passe la ligne du permis et de l'interdit.
Pourquoi le sable est-il interdit même pour R. Yossi ? Deux raisons Rabba Rav Yossef Décret : de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz (cendre chaude) Il déplace de la terre de son emplacement Registre : ressemblance des gestes. Enfouir dans le sable et enfouir dans la cendre se ressemblent au regard d'un observateur. Interdit lié à la cuisson. Registre : un autre interdit de Chabbat. Rachi : il creuse une fosse. Rabbenou Tam : il remue de la terre mouktse, déplacement indirect. Interdit étranger à la cuisson. Nafka mina : la terre meuble (afar tihoah) Pour Rabba : interdit quand même, la ressemblance demeure. Pour Rav Yossef : permis, rien n'est creusé ni déplacé à la main.
Les deux explications de la clause du sable et la conséquence pratique qui les sépare.
Le dispositif des gens de Tibériade Canal des eaux chaudes de Tibériade Conduite d'eau froide posée à l'intérieur du canal eau froide eau tiédie Lecture de Rabba Le procédé ressemble à un enfouissement : de l'eau enfouie dans de l'eau. L'objection tient : les Sages ont interdit un cas de dérivés du soleil. Réponse de R. Yossi Ces eaux passent devant l'entrée du Guehinnom : elles relèvent du feu. Dérivés du feu, donc interdites même selon lui. Sa position tient.
La conduite froide dans le canal chaud, et les deux lectures du précédent de Tibériade.
1
כָּל שֶׁבָּא בְּחַמִּין מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת — שׁוֹרִין אוֹתוֹ בְּחַמִּין בְּשַׁבָּת, וְכָל שֶׁלֹּא בָּא בְּחַמִּין מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת — מְדִיחִין אוֹתוֹ בְּחַמִּין בַּשַּׁבָּת. חוּץ מִן הַמָּלִיחַ יָשָׁן וְקוֹלְיָיס הָאִיסְפָּנִין, שֶׁהֲדָחָתָן זוֹ הִיא גְּמַר מְלַאכְתָּן. שְׁמַע מִינָּה.

Tout ce qui est passé dans l'eau chaude avant Chabbat, on le fait tremper dans l'eau chaude Chabbat ; et tout ce qui n'est pas passé dans l'eau chaude avant Chabbat, on le rince à l'eau chaude Chabbat. À l'exception du poisson salé ancien et du kolyas ha-ispanin, dont le rinçage constitue lui-même l'achèvement de leur préparation.

Apprends-en donc bien ainsi.

📜 Rachi (4)
גְּמ' כָּל שֶׁבָּא בְּחַמִּין כָּל מָלוּחַ שֶׁבָּא בְּחַמִּין מע"ש חוֹזְרִין וְשׁוֹרִין אוֹתוֹ בְּחַמִּין בְּשַׁבָּת וְאֵין בּוֹ מִשּׁוּם תִּיקּוּן שֶׁהֲרֵי נִתְקַן כְּבָר:
Tout aliment salé passé dans l'eau chaude la veille de Chabbat, on peut le faire tremper à nouveau dans l'eau chaude Chabbat, et il n'y a là aucun tikoun (mise en état), puisqu'il a déjà été mis en état.
מְדִיחִין שֶׁאֵין זֶה גְּמַר מְלַאכְתּוֹ אֲבָל לֹא שׁוֹרִין:
Parce que le rinçage n'achève pas sa préparation ; en revanche, on ne le fait pas tremper.
חוּץ מִדָּג מָלוּחַ יָשָׁן אוֹ קוֹלְיָיס הָאִיסְפָּנִין דָּג שֶׁקּוֹרִין טונינ"א (טוֹנָה) :
Un poisson que l'on appelle tonina (le thon).
שֶׁהֲדָחָתוֹ זֶהוּ גְּמַר מְלַאכְתּוֹ מִדְּקָרֵי לֵיהּ גְּמַר מְלַאכְתּוֹ ש"מ זֶהוּ בִּישּׁוּלוֹ וְחַיָּיב:
Du fait que la michna appelle cela l'achèvement de sa préparation, apprends-en que ce rinçage constitue sa cuisson et qu'on en est passible.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל שֶׁבָּא בְּחַמִּין מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת פֵּירוּשׁ שֶׁנִּתְבַּשֵּׁל לְגַמְרֵי כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן בְּפֶרֶק חָבִית (שַׁבָּת דַּף קמה:) כְּגוֹן תַּרְנְגֹולֶת דְּרַבִּי אַבָּא שׁוֹרִין אוֹתוֹ בְּחַמִּין אֲפִילּוּ בִּכְלִי רִאשׁוֹן וְכֹל שֶׁלֹּא בָּא כו' מְדִיחִין אוֹתוֹ לְפֵירוּשׁ רַשְׁבָּ"א דִּמְפָרֵשׁ דְּעֵירוּי כִּכְלִי שֵׁנִי אָתֵי שַׁפִּיר הָכָא דְּאֵין שׁוֹרִין אוֹתוֹ בִּכְלִי רִאשׁוֹן אֲבָל מְדִיחִין אוֹתוֹ מִכְּלִי רִאשׁוֹן דֶּרֶךְ עֵירוּי אֲבָל לפר"ת. דִּמְפָרֵשׁ דְּעֵירוּי הָוֵי כִּכְלִי רִאשׁוֹן ע"כ מְדִיחִין אוֹתוֹ מִכְּלִי שֵׁנִי קָאָמַר וא"כ מַאי אִירְיָא מְדִיחִין אֲפִילּוּ שׁוֹרִין נָמֵי וְאוֹמֵר רִ"י דַּאֲפִילּוּ בִּכְלִי שֵׁנִי אֵין שׁוֹרִין דְּהוֹאִיל דְּהַמַּיִם חַמִּין מִיחְזֵי כִּמְבַשֵּׁל ואע"ג דִּתְנַן לְקַמָּן (שַׁבָּת דַּף מב:) אֲבָל נוֹתֵן לְתוֹךְ הַקְּעָרָה אוֹ לְתוֹךְ הַתַּמְחוּי הַיְינוּ דַּוְקָא תַּבְלִין שֶׁהֵן עֲשׂוּיִין לְמַתֵּק אֶת הַקְּדֵירָה וְלָא מִיחְזֵי כִּמְבַשֵּׁל א"נ ה"ה שׁוֹרִין אוֹתוֹ כֵּיוָן דְּאַייְרֵי בִּכְלִי שֵׁנִי וְהָא דִּנְקַט מְדִיחִין לְאַשְׁמְעִינַן דַּאֲפִילּוּ הֲדָחָה הָוְיָא גְּמַר מְלָאכָה בְּמַנִּיחַ הַיָּשָׁן וְקוֹלְיָיס הָאִיסְפָּנִין:
C'est-à-dire qu'il a été entièrement cuit, comme la Guemara l'explique plus loin au perek Havit (Chabbat 145b), par exemple la poule de Rabbi Abba : on la fait tremper dans l'eau chaude, même dans un keli richon (le récipient premier, celui qui était sur le feu). « Et tout ce qui n'est pas passé, etc. - on le rince » : selon l'explication du Rachba, qui tient que le fait de verser (irouy) a le statut d'un keli cheni (récipient second), cela s'accorde bien ici : on ne le fait pas tremper dans un keli richon, mais on le rince depuis un keli richon en versant. Selon Rabbenou Tam en revanche, qui tient que verser a le statut d'un keli richon, il faut dire que « on le rince » vise un keli cheni ; mais alors, pourquoi parler de rincer, puisque l'on pourrait même faire tremper ? Le Ri répond que, même dans un keli cheni, on ne fait pas tremper, car, l'eau étant chaude, cela a l'apparence d'une cuisson. Et bien que nous ayons appris plus loin (Chabbat 42b) « mais il en met dans l'écuelle ou dans le plat de service », cela vise précisément les épices, qui servent à adoucir le plat et n'ont pas l'apparence d'une cuisson. Ou encore : de fait, on peut aussi le faire tremper, puisqu'il s'agit d'un keli cheni ; et si la michna a dit « on le rince », c'est pour nous apprendre que même un simple rinçage constitue l'achèvement du travail pour le poisson salé ancien et pour le kolyas ha-ispanin.
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' אִיבַּעְיָא לְהוּ גִּילְגֵּל מַהוּ אָמַר רַב יוֹסֵף גִּילְגֵּל חַייָּב חַטָּאת. אָמַר מַר זוּטְרָא אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא חוּץ מִן הַמָּלִיחַ יָשָׁן וְקוֹלְיָיס הָאִיסְפָּנִין שֶׁהֲדָחָתָן זוֹ הִיא גְּמַר מְלַאכְתָּן. וְלֹא יַפְקִיעֶנָּה בְּסוּדָרִין. וְהָא דִּתְנַן וְאֶת הַצּוֹנֵן בַּחַמָּה בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּחַמּוּ לֵימָא ר' יוֹסֵי הִיא וְלָא רַבָּנַן אָמַר ר"נ בַּר יִצְחָק בַּחַמָּה כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי בְּתוֹלְדוֹת הָאוּר כ"ע לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר כִּי פְּלִיגִי בְּתוֹלְדוֹת חַמָּה ת"ק סָבַר גָּזְרִינַן תּוֹלְדוֹת חַמָּה אַטּוּ תּוֹלְדוֹת הָאוּר וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר לָא גָּזְרִינַן וְהִלְכְתָא כת"ק וְלֹא יַטְמִינֶנָּה בְּחוֹל בְּהָא אֲפִילּוּ רַבִּי יוֹסֵי מוֹדֶה מַאי טַעְמָא רַבָּה אָמַר גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ רַב יוֹסֵף אָמַר גְּזֵירָה שֶׁמָּא יָזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ לְרַבָּה דַּאֲסִיר מִשּׁוּם גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ אָסוּר אֲפִילּוּ מִבְּעוֹד יוֹם לְצֹורֶךְ שַׁבָּת כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן מִמַּעֲשֶׂה דְּאַנְשֵׁי טְבֶרְיָא שֶׁהֵבִיאוּ מבעו"י סִילוֹן שֶׁל צוֹנֵן לְתוֹךְ חַמִּין וְקָאָמְרִינַן עֲלָהּ דְּבָטְלָה הַטְמָנָהְמָבָעוּד יוֹם מֵיתִיבִי מְגַלְגְּלִין בֵּיצָה עַל גַּבֵּי גַּג רוֹתֵחַ וְאֵין מְגַלְגְּלִין בֵּיצָה עַל גַּבֵּי סִיד רוֹתֵחַ מִדְּפָרִיךְ מֵהָא בָּרַיְיתָא דִּמְגַלְגְּלִין אַמַּתְנִיתִין דְּלָא יַטְמִינֶנָּה בְּחוֹל מַשְׁמַע דְּאֵין חִילּוּק בֵּין גִּלְגּוּל ע"ג הַחוֹל וּבֵין הַטְמָנָה בְּתוֹךְ הַחוֹל וַאֲפִילּוּ לְגַלְגֵּל עַל הַחוֹל בִּשְׁבִיל שֶׁתִּצָּלֶה אָסוּר:
Guemara : on a demandé : s'il a seulement fait rouler l'œuf, qu'en est-il ? Rav Yossef a dit : celui qui l'a fait rouler est passible d'un hatat (sacrifice expiatoire). Mar Zoutra a dit : nous aussi nous l'avons appris - « à l'exception du poisson salé ancien et du kolyas ha-ispanin, dont le rinçage constitue l'achèvement de leur préparation ». « Et il ne la fera pas cuire en l'enveloppant de linges. » Et quant à ce que nous avons appris, « et l'eau froide au soleil pour qu'elle chauffe », dirons-nous que cela suit Rabbi Yossi et non les Sages ? Rav Nahman bar Yitshak a dit : au soleil, tous s'accordent que c'est permis ; avec les dérivés du feu, tous s'accordent que c'est interdit ; leur désaccord porte sur les dérivés du soleil : le premier tanna tient que l'on décrète sur les dérivés du soleil à cause des dérivés du feu, et Rabbi Yossi tient que l'on ne décrète pas. Et la halakha suit le premier tanna. « Et il ne l'enfouira pas dans le sable » : ici, même Rabbi Yossi concède. Quelle en est la raison ? Rabba a dit : c'est un décret, de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz (cendre chaude mêlée de braises). Rav Yossef a dit : c'est un décret, de peur qu'il ne déplace de la terre de son emplacement. Selon Rabba, qui interdit en raison du décret « de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz », c'est interdit même tant qu'il fait encore jour et pour les besoins de Chabbat, comme le prouve la suite à partir du fait des gens de Tibériade, qui firent passer, alors qu'il faisait encore jour, une conduite d'eau froide dans de l'eau chaude, et à propos duquel nous disons que l'enfouissement a été abrogé même de jour. On objecte : on fait rouler un œuf sur un toit brûlant, et on ne fait pas rouler un œuf sur de la chaux brûlante. Du fait que la Guemara objecte à partir de cette barayta du « on fait rouler » contre notre michna du « il ne l'enfouira pas dans le sable », il ressort qu'il n'y a pas de distinction entre faire rouler sur le sable et enfouir dans le sable : même faire rouler l'œuf sur le sable pour qu'il rôtisse est interdit.
ת"ר מֵבִיא אָדָם קִיתוֹן שֶׁל מַיִם וּמַנִּיחוֹ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה וְלֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּחַמּוּ אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁתָּפִיג צִינָּתָן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מְבִיאָה אִשָּׁה פַּךְ שֶׁל שֶׁמֶן וּמְנִיחָתוֹ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיִּבְשַׁל אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁיִּפְשַׁר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר סָכָה אִשָּׁה יָדָהּ שֶׁמֶן וּמַנִּיחָתָהּ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה וְסָכָה לִבְנָהּ קָטָן וְאֵינָהּ חוֹשֶׁשֶׁת. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל אֶחָד מַיִם וְאֶחָד שֶׁמֶן יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ אָסוּר אֵין יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ מֻותָּר. תֵּימַהּ מַאי שְׁנָא הָכָא דְּשָׁרֵינַן לְהָשִׂים קִיתוֹן שֶׁל מַיִם אֵצֶל הַמְּדוּרָה בִּשְׁבִיל שֶׁתָּפִיג צִינָּתָן וְאִי לָאו מִשּׁוּם דִּמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת הֲוָה שָׁרִי אֲפִילּוּ יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ וְשֶׁמֶן לְמָאֵן דְּאָמַר לֵית בֵּיהּ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל אֲפִילּוּ יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ שָׁרִי. וּלְעֵיל אָסְרִינַן לְהָשִׂים עַל גַּבֵּי כִּירָה אע"פ שֶׁגְּרוּפָה וּקְטוּמָה אע"פ שֶׁהַתַּבְשִׁיל נִתְבַּשֵּׁל מֵעֶרֶב שַׁבָּת וְלֵית בֵּיהּ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (שַׁבָּת דַּף לט.) כֹּל שֶׁבָּא בְּחַמִּין מע"ש שׁוֹרִין אוֹתוֹ בְּחַמִּין בְּשַׁבָּת. וי"ל דְּיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין לְהָשִׂים עַל גַּבֵּי כִּירָה לַמְּדוּרָה דְּהָא קְדֵירָה עַל גַּבֵּי כִּירָה אָסוּר אֲבָל אֵצֶל הַמְּדוּרָה שָׁרֵי מִשּׁוּם דְּדָמֵי לְסוֹמֵךְ וְשָׁרִי וּמִיהוּ לָא דָּמֵי כֻּולֵּי הַאי לְסוֹמֵךְ דְּהָתָם מַפְסִיק כָּותְלֵי הַכִּירָה אֲבָל הָכָא שֶׁהוּא אֵצֶל הַמְּדוּרָה ה"ל לְמִיחַשׁ שֶׁמָּא יְחַתֶּה וְי"ל כֵּיוָן שֶׁהִצְרִיכוּ חֲכָמִים לְהַרְחִיק מִן הַמְּדוּרָה מִדִּנְקַט כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה וְלָא נְקַט אֵצֶל הַמְּדוּרָה אִיכָּא הֶיכֵּירָא וְלָא אָתֵי לְחַתּוּיֵי וְהָכֵי אִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי מֻותָּר לְהַפְשִׁיר בִּמְקוֹם שֶׁהַיָּד שׁוֹלֶטֶת בּוֹ וְאָסוּר לְהַפְשִׁיר בִּמְקוֹם שֶׁאֵין הַיָּד שׁוֹלֶטֶת עַד הֵיכָן רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי בְּשֵׁם רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא אוֹמֵר עַד שֶׁיְּהֵא נוֹתֵן יָדוֹ לְתוֹכָהּ וְהִיא נִכְוֵית וְהָא דְּאָמְרִי' בַּגְּמָרָא דִּידַן לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיָּחֹומּוּ אִם בָּאנוּ לְהַשְׁווֹת לַגְּמָרָא דִּבְנֵי מַעֲרָבָא נוּכַל לְפָרֵשׁ לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיָּחֹומּוּ כְּלוֹמַר בְּמָקוֹם שֶׁרָאוּי לְהִתְחַמֵּם אֶלָּא כְּדֵי לְהָפִיג צִינָּתוֹ אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁרְאוּיָן לְהָפִיג צִינָּתוֹ וְלֹא לְהִתְבַּשֵּׁל אֲפִילּוּ יַעֲמֹוד שָׁם כָּל הַיּוֹם וְהָא דא"ר יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ אָסוּר אֵין יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ מֻותָּר ה"ק יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ הָוֵי בִּישּׁוּל הִלְכָּךְ אָסוּר לְהַנִּיחוֹ בְּמָקוֹם שֶׁאֶפְשָׁר שֶׁיָּחֹומּוּ כְּדֵי שֶׁהַיָּד סוֹלֶדֶת בּוֹ וּמֻותָּר לְהַנִּיחוֹ בְּמָקוֹם שֶׁיָּחֹומּוּ וְלֹא תְּהֵא הַיָּד סוֹלֶדֶת בּוֹ וּלְמַאי דְּפָרְשִׁינַן דְּלָא שַׁיָּיךְ בִּישּׁוּל בְּתַבְשִׁיל שֶׁנִּתְבַּשֵּׁל לֹא תִּקְשֶׁה הָא דְּאָמְרִינַן לְעֵיל בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף לד.) דְּאֵין טוֹמְנִין בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מוֹסִיף הֶבֶל מִשֶּׁחָשֵׁיכָה גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַרְתִּיחַ. הָתָם לָאו מִשּׁוּם בִּישּׁוּל אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁמָּא יְחַתֶּה וְהַאי דִּנְקַט הַרְתָּחָה דָּבָר הַצָּרִיךְ לְהַטְמָנָה נְקַט:
Nos maîtres ont enseigné : un homme peut apporter une cruche d'eau et la placer face au foyer, non pour que l'eau chauffe, mais pour que son froid se dissipe. Rabbi Yehouda dit : une femme peut apporter une fiole d'huile et la placer face au foyer, non pour que l'huile cuise, mais pour qu'elle tiédisse. Rabban Chimon ben Gamliel dit : une femme peut enduire sa main d'huile, la placer face au foyer et en enduire son jeune enfant, sans avoir à s'en inquiéter. Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel : tant pour l'eau que pour l'huile, si la main s'y retire de la chaleur (yad soledet bo), c'est interdit ; si la main ne s'y retire pas, c'est permis. Cela étonne : quelle différence y a-t-il ici, où nous permettons de placer une cruche d'eau près du foyer pour que son froid se dissipe - car sans l'interdit de cuire Chabbat, ce serait permis même jusqu'à yad soledet bo, et l'huile, selon celui qui tient qu'elle n'est pas soumise à l'interdit de cuisson, serait permise même jusqu'à yad soledet bo ? Or plus haut nous avons interdit de poser un plat sur la kira (fourneau), même balayée de ses braises et couverte de cendre, et même si le plat a été cuit la veille de Chabbat et échappe à l'interdit de cuisson, comme nous l'avons dit plus haut (Chabbat 39a) : tout ce qui est passé dans l'eau chaude la veille de Chabbat, on le fait tremper dans l'eau chaude Chabbat. On peut répondre qu'il y a lieu de distinguer entre poser sur la kira et poser près du foyer : une marmite sur la kira est interdite, tandis que près du foyer c'est permis, car cela ressemble au fait d'appuyer la marmite contre le fourneau (somekh), ce qui est permis. Toutefois, la ressemblance avec le somekh n'est pas entière, car là-bas les parois de la kira font écran, alors qu'ici, la marmite se trouvant près du foyer, il y aurait lieu de craindre qu'il n'attise. On peut répondre que, puisque les Sages ont exigé que l'on s'écarte du foyer - du fait qu'ils disent « face au foyer » et non « près du foyer » -, il y a là un signe distinctif (hekera), et l'on n'en viendra pas à attiser. Ainsi trouve-t-on dans le Talmud de Jérusalem : il est permis de faire tiédir en un endroit que la main supporte, et il est interdit de faire tiédir en un endroit que la main ne supporte pas. Jusqu'où ? Rabbi Chimon ben Pazi au nom de Rabbi Yossi bar Hanina dit : jusqu'à ce qu'en y mettant sa main elle s'y brûle. Et ce que dit notre Guemara, « non pour qu'elles chauffent », si nous voulons l'accorder avec la Guemara des gens d'Occident, nous pourrons l'expliquer ainsi : « non pour qu'elles chauffent », c'est-à-dire en un endroit propre à les rendre chaudes ; « mais pour que leur froid se dissipe », c'est-à-dire en un endroit propre à dissiper leur froid sans les cuire, quand bien même elles y resteraient toute la journée. Et ce que Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel, « yad soledet bo interdit, la main qui ne se retire pas permis », veut dire ceci : yad soledet bo constitue une cuisson ; c'est pourquoi il est interdit de placer le récipient en un endroit où les liquides pourraient chauffer au point que la main s'en retire, et il est permis de le placer en un endroit où ils chaufferont sans que la main s'en retire. Et selon ce que nous avons expliqué, qu'il n'y a pas de cuisson dans un plat déjà cuit, on n'objectera pas de ce que nous avons dit plus haut au chapitre Bameh Madlikin (Chabbat 34a), que l'on n'enfouit pas, une fois la nuit tombée, dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur, par décret de peur qu'il ne fasse bouillir : là-bas, la raison tient à la crainte qu'il n'attise plutôt qu'à la cuisson, et si la Guemara a parlé d'ébullition, c'est parce qu'elle traitait d'une chose qui requiert l'enfouissement.
💡 Explication

La Guemara achève ici la question posée plus haut : celui qui gilgel, c'est-à-dire qui n'a fait que roussir l'œuf sans le cuire entièrement, est-il passible ? Rav Yossef le déclare passible d'un hatat, et Mar Zoutra appuie cette position sur notre michna.

Le raisonnement est le suivant : la règle générale distingue l'aliment déjà cuit avant Chabbat, que l'on peut faire tremper, de celui qui ne l'a pas été, que l'on peut seulement rincer. Pour le poisson salé ancien et le kolyas ha-ispanin, la michna dit que le rinçage constitue le guemar melakha, l'achèvement du travail. Un traitement thermique minime suffit donc à engager la responsabilité, dès lors qu'il rend l'aliment consommable.

🖼️ Schéma
Un aliment salé et l'eau chaude Chabbat A-t-il déjà été cuit ? oui, avant Chabbat non On peut le faire tremper dans l'eau chaude Chabbat rien ne reste à mettre en état Rinçage seulement le trempage reste interdit il équivaudrait à une cuisson Exception : poisson salé ancien et kolyas ha-ispanin le rinçage lui-même achève la cuisson : interdit, et l'on en est passible De là, Mar Zoutra prouve que celui qui cuit un œuf à peine est déjà passible.
La règle de la michna et l'exception dont Mar Zoutra tire sa preuve.
2
וְלֹא יַפְקִיעֶנָּה בְּסוּדָרִין: וְהָא דִּתְנַן נוֹתְנִין תַּבְשִׁיל לְתוֹךְ הַבּוֹר בִּשְׁבִיל שֶׁיְּהֵא שָׁמוּר, וְאֶת הַמַּיִם הַיָּפִים בָּרָעִים בִּשְׁבִיל שֶׁיִּצָּנְנוּ, וְאֶת הַצּוֹנֵן בַּחַמָּה בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּחַמּוּ — לֵימָא רַבִּי יוֹסֵי הִיא וְלָא רַבָּנַן?

« Et il ne la fera pas cuire en l'enveloppant de linges » : et ce que nous avons appris - on dépose un plat cuit dans la citerne pour qu'il soit garde, la bonne eau dans la mauvaise pour qu'elle refroidisse, et l'eau froide au soleil pour qu'elle chauffe -, dirons-nous que cela suit Rabbi Yossi et non les Sages ?

📜 Rachi (2)
וְהָא דִּתְנַן בְּפֶרֶק חָבִית נוֹתְנִין כו' הַמַּיִם צוֹנֵן:
Au perek Havit : « on dépose, etc. » - il s'agit d'eau froide.
בַּחַמָּה בַּשֶּׁמֶשׁ:
Au soleil.
💡 Explication

La michna de notre perek oppose les Sages, qui interdisent de cuire un œuf en l'enveloppant dans des linges chauffés par le soleil, et Rabbi Yossi, qui le permet. La Guemara confronte cette controverse à une autre michna, plus loin dans le traité, qui autorise sans réserve d'exposer de l'eau froide au soleil pour la réchauffer.

Si cette seconde michna est permissive, elle semble suivre le seul Rabbi Yossi. Or une michna anonyme est censée exprimer l'avis accepté : la question presse donc de savoir ce que chacun autorise exactement.

3
אָמַר רַב נַחְמָן: בַּחַמָּה — דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי. בְּתוֹלְדוֹת הָאוֹר — כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דַּאֲסִיר. כִּי פְּלִיגִי בְּתוֹלְדוֹת הַחַמָּה: מָר סָבַר גָּזְרִינַן תּוֹלְדוֹת הַחַמָּה אַטּוּ תּוֹלְדוֹת הָאוּר, וּמַר סָבַר לָא גָּזְרִינַן.

Rav Nahman a dit : au soleil lui-même, tous s'accordent que c'est permis. Avec les toladot ha-our (dérivés du feu), tous s'accordent que c'est interdit.

Leur désaccord porte sur les toladot ha-hama (dérivés du soleil) : un maître tient que l'on décrète sur les dérivés du soleil à cause des dérivés du feu, et l'autre maître tient que l'on ne décrète pas.

📜 Rachi (5)
דְּשָׁרֵי דְּאֵין דֶּרֶךְ בִּישּׁוּלוֹ בְּכָךְ וְחַמָּה בְּאוֹר לָא מִיחַלְּפָא דְּלִיגְזֹר הָא אַטּוּ הָא:
Car telle n'est pas la manière ordinaire de cuire, et le soleil ne se confond pas avec le feu au point que l'on décrète l'un à cause de l'autre.
בְּתוֹלְדוֹת הָאוֹר כְּגוֹן אִם הוּחַם הַסּוּדָר הַזֶּה בְּאוֹר מִתְּחִילָּה:
Par exemple si ce linge a été chauffé au feu dès le départ.
דַּאֲסִיר דְּהָוֵי בִּישּׁוּל:
Car cela constitue une cuisson.
תּוֹלְדוֹת חַמָּה שֶׁהוּחַם הַסּוּדָר בַּחַמָּה:
Lorsque le linge a été chauffé par le soleil.
אַטּוּ תּוֹלְדוֹת הָאוּר דְּמַאן דַּחֲזֵי סָבַר דְּתוֹלְדוֹת הָאוּר נִינְהוּ:
Car celui qui voit la scène pense qu'il s'agit de dérivés du feu.
💡 Explication

Rav Nahman résout la difficulté en distinguant trois étages. Le soleil lui-même chauffe d'une manière si éloignée de la cuisson ordinaire que personne n'y voit un travail interdit : la michna permissive parle de ce cas, et elle s'accorde avec tous. Les toladot ha-our, objets chauffés par le feu, équivalent au feu et sont interdits de l'avis de tous.

Le désaccord se resserre donc sur les toladot ha-hama, objets chauffés par le soleil, comme les linges de notre michna. La question porte sur l'apparence : un observateur distingue-t-il un linge chauffé au soleil d'un linge chauffé au feu ? Les Sages répondent que non et décrètent ; Rabbi Yossi juge la confusion improbable.

🖼️ Schéma
Trois sources de chaleur, trois régimes Chabbat (Rav Nahman) Le soleil lui-même hama exposer l'eau froide au soleil pour qu'elle chauffe manière de cuire inhabituelle Dérivés du soleil toladot ha-hama linge, toit, sable chauffés par le soleil objet du désaccord du daf Dérivés du feu toladot ha-our linge chauffé au feu, chaux brûlante, cendre équivaut au feu lui-même PERMIS de l'avis de tous CONTROVERSE Sages interdisent / R. Yossi permet INTERDIT de l'avis de tous Raison du désaccord central : faut-il décréter sur les dérivés du soleil à cause des dérivés du feu ? Les Sages : celui qui voit la scène ne distingue pas les deux. R. Yossi : la confusion n'est pas à craindre.
Les trois étages posés par Rav Nahman.
4
וְלֹא יַטְמִינֶנָּה בְּחוֹל: וְלִיפְלוֹג נָמֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּהָא! רַבָּה אָמַר: גְּזֵרָה שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ. רַב יוֹסֵף אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁמֵּזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ. מַאי בֵינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַייְהוּ עָפָר תִּיחוּחַ.

« Et il ne l'enfouira pas dans le sable » : que Rabbi Yossi conteste donc aussi sur ce point ! Rabba a dit : c'est un décret, de peur qu'il n'enfouisse l'œuf dans la remetz (cendre chaude mêlée de braises).

Rav Yossef a dit : parce qu'il déplace de la terre de son emplacement. Quelle différence y a-t-il entre eux ?

Il y a entre eux le cas de la terre meuble (afar tihoah).

📜 Rachi (3)
שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ דְּמַאן דַּחֲזֵי סָבַר מִכְּדֵי הַאי לְבַשּׁוֹלֵי וְהַאי לְבַשּׁוֹלֵי וְתַרְוַייְהוּ דֶּרֶךְ הַטְמָנָה מַה לִי רֶמֶץ מַה לִי חוֹל וּמִשּׁוּם הָכִי מוֹדֶה ר' יוֹסֵי:
Car celui qui voit se dit : puisque ceci sert à cuire et cela sert à cuire, et que dans les deux cas on procède par enfouissement, quelle différence y a-t-il entre la remetz et le sable ? C'est pourquoi Rabbi Yossi concède ici.
שֶׁמָּא יָזִיז עָפָר שֶׁמָּא לֹא יְהֵא שָׁם חוֹל עָקוּר לְכָל הַצֹּורֶךְ וְאָתֵי לְאַזּוֹזֵי עָפָר הַדָּבוּק וְהָוֵי חוֹפֵר גֻּומָּא:
Peut-être n'y aura-t-il pas là assez de sable déjà détaché pour ce dont il a besoin, et il en viendra à déplacer de la terre compacte : il se trouve alors creuser une fosse.
עֲפַר תִּיחוּחַ כְּלוֹמַר תִּיחוּחַ בְּעֹומֶק דְּלֵיכָּא לְמִיחַשׁ לְמֵזִיז:
C'est-à-dire une terre meuble en profondeur, où il n'y a pas lieu de craindre qu'il déplace quoi que ce soit.
🗂️ Tossefot (3)
שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ אֲבָל הַפְקָעַת סוּדָרִין לֹא גָּזְרוּ אַטּוּ שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ דְּסוּדָרִין לָא דָּמוּ לְרֶמֶץ וְאַטּוּ סוּדָרִין שֶׁנִּתְחַמְּמוּ בְּאוֹר לָא בָּעֵי ר' יוֹסֵי לְמִיגְזַר דְּאֵין דֶּרֶךְ לְחַמְּמָן כָּל כָּךְ שֶׁלֹּא יִהְיוּ נִשְׂרָפִין:
En revanche, pour la cuisson au moyen de linges, on n'a pas décrété par crainte qu'il n'enfouisse dans la remetz, car les linges ne ressemblent pas à la remetz. Et Rabbi Yossi ne veut pas décréter à cause de linges qui auraient été chauffés au feu, car on n'a pas coutume de les chauffer à ce point, de peur qu'ils ne brûlent.
מִפְּנֵי שֶׁמֵּזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס מִתּוֹךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה לוֹ חוֹל עָקוּר כָּל הַצֹּורֶךְ לְכַסּוֹת אָתֵי לְאַזּוֹזֵי עָפָר הַדָּבוּק וְהָוֵי חוֹפֵר גֻּומָּא וְקָשֶׁה לְרִיבָ"א דְּהָא לֵיכָּא אִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא בְּחוֹפֵר גֻּומָּא וְאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא לַעֲפָרָהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ פָּטוּר עָלֶיהָ וְצָרִיךְ לוֹמַר לְפִי פֵּירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַחְפֹּור הַגֻּומָּא לִטְמוֹן הַבֵּיצָה בְּתוֹכָהּ ור"ת הִקְשָׁה לְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דְּמַאי דִּמְשַׁנֵּי בְּסָמוּךְ סְתָם גַּג לֵית בֵּיהּ עָפָר אַדְּרַבָּה הָא סְתָם גַּג יֵשׁ בּוֹ מַעֲזִיבָה וְכֵיוָן דְּגָזְרִינַן שֶׁמָּא יַחְפֹּור לִגְזֹור שֶׁמָּא יַחְפֹּור בַּמַּעֲזִיבָה וִיכַסֶּה וְעוֹד שֶׁמָּצָא בַּסְּפָרִים יְשָׁנִים מִפְּנֵי שֶׁמֵּזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ וּלְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס צָרִיךְ לִגְרֹוס שֶׁמָּא יָזִיז וּמְפָרֵשׁ ר"ת שֶׁמֵּזִיז עָפָר שֶׁהוּא מֻוקְצֶה מִמְּקוֹמוֹ כְּשֶׁתּוֹחֵב הַבֵּיצָה בְּתוֹךְ הֶעָפָר וְסָבַר רַב יוֹסֵף דְּטִלְטוּל מִן הַצַּד שְׁמֵיהּ טִלְטוּל וְאִיכָּא בֵּינַיְיהוּ עֲפַר תִּיחוּחַ הַייְנוּ שֶׁהוּא תִּיחוּחַ כָּל כָּךְ כְּשֶׁמַּנִּיחַ הַבֵּיצָה מִיָּדוֹ לִיפֹּול נִטְמֶנֶת מֵעַצְמָהּ בְּתוֹךְ הֶעָפָר וְאֵינוֹ מֵזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ בְּיָדַיִם וְהַשְׁתָּא אָתֵי שַׁפִּיר דִּסְתָם גַּג לֵית בֵּיהּ עָפָר כָּל כָּךְ שֶׁיּוּכַל לְהַטְמִין בְּתוֹכוֹ דְּלַחֲפִירַת מַעֲזִיבָה לָא חָיְישִׁינַן וּלְפֵירוּשׁ זֶה הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר אִיכָּא בֵינַייְהוּ עָפָר מוּכָן וּבְלָאו הָכִי אִיכָּא בֵינַייְהוּ טוּבָא כְּגוֹן גַּג דְּאִית בֵּיהּ עָפָר שֶׁמָּא יַטְמִין לֵיכָּא לְמֵימַר וְשֶׁמָּא יָזִיז אִיכָּא וּכְגוֹן מַעֲשֶׂה דְאַנְשֵׁי טְבֶרְיָא דְּשַׁיָּיךְ יַטְמִין וְלֹא שַׁייָּךְ יָזִיז אֲבָל קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּקָאָמַר בְּסָמוּךְ אֶלָּא לְמ"ד שֶׁמָּא יָזִיז עָפָר לִגְזֹור וּלְהַאי פֵּירוּשׁ לֹא שַׁייָּךְ לְמֵימַר לִגְזֹור אֶלָּא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר לִיתְּסַר וְיֵשׁ לְייַשֵּׁב דְּמִשּׁוּם דְּכָל אִיסּוּרֵי דְּרַבָּנָן הֵם גְּזֵירָה אַטּוּ דְּאוֹרָייְתָא נְקַט הַאי לִישָּׁנָא וְעוֹד פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ תָּם בְּסֵפֶר הַיָּשָׁר שֶׁמֵּזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ וְהָוֵי חוֹפֵר שֶׁהוּא תּוֹלָדָה דְּחוֹרֵשׁ אֲפִילּוּ בְּעָפָר תִּיחוּחַ כְּגוֹן חוֹל וַאֲבַק דְּרָכִים כִּדְמוֹכַח בְּבֵיצָה (דַּף ח. וְשָׁם) דְּקָאָמַר וְהָא קָעֲבִיד כְּתִישָׁה בַּעֲפַר תִּיחוּחַ וְהָא קָעֲבִיד גֻּומָּא אַלְמָא בְּעָפָר תִּיחוּחַ שַׁייָּךְ נָמֵי גֻּומָּא וְהָא דְּקָאָמַר הָכָא אִיכָּא בֵּינַייְהוּ עָפָר תִּיחוּחַ הַייְנוּ כָּל כָּךְ תִּיחוּחַ כְּשֶׁמַּנִּיחַ בֵּיצָה עָלָיו נִשְׁקַעַת מֵאֵלֶיהָ דִּבְהָהוּא וַדַּאי לֹא שַׁיָּיךְ חוֹרֵשׁ וְקָשֶׁה לְפִי' דְּאַמַּאי פְּלִיג רַבָּה אַרַב יוֹסֵף וְלָא חָייֵשׁ לְמַה שֶׁמֵּזִיז עָפָר מִדְּקָאָמַר אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר שֶׁמֵּזִיז כו' מַשְׁמַע דִּלְרַבָּה נִיחָא וְיֵשׁ לוֹמַר דְּרַבָּה סָבַר דְּלָא שַׁיָּיךְ גֻּומָּא אֶלָּא כְּשֶׁנּוֹטֵל בְּיָדוֹ מִן הֶעָפָר וְנִשְׁאַר מָקוֹם מִן הַגֻּומָּא אֲבָל בִּנְעִיצַת בֵּיצָה לָא שַׁיְיכָא גֻּומָּא לְפִי שֶׁאֵינָהּ נִיכֶּרֶת:
Le Kountras (Rachi) explique : du fait qu'il n'aura pas assez de sable déjà détaché pour recouvrir l'œuf, il en viendra à déplacer de la terre compacte, et il se trouve creuser une fosse. Le Riva objecte : il n'y a pourtant aucun interdit de la Torah à creuser une fosse lorsqu'on n'a besoin que de la terre, selon Rabbi Chimon qui dit qu'un travail non requis pour lui-même (melakha che-eina tsrikha le-goufa) n'entraîne pas de sanction. Il faut donc dire, selon l'explication du Kountras, qu'il s'agit d'un décret de peur qu'il ne creuse la fosse pour y enfouir l'œuf. Rabbenou Tam objecte lui aussi à l'explication du Kountras : la réponse donnée plus loin, « un toit ordinaire n'a pas de terre », surprend, car un toit ordinaire porte au contraire une maaziva (couche de mortier et de terre) ; et puisque nous décrétons de peur qu'il ne creuse, décrétons donc de peur qu'il ne creuse dans la maaziva et n'en recouvre l'œuf. De plus, il a trouvé dans les anciens manuscrits la leçon « parce qu'il déplace de la terre de son emplacement », alors que l'explication du Kountras oblige à lire « de peur qu'il ne déplace ». Rabbenou Tam explique donc : il déplace de son emplacement de la terre, qui est mouktse, lorsqu'il enfonce l'œuf dans la terre ; et Rav Yossef tient qu'un déplacement indirect (tiltoul min ha-tsad) porte le nom de déplacement. « Il y a entre eux la terre meuble » : il s'agit d'une terre assez meuble pour que, lorsqu'il lâche l'œuf de sa main, celui-ci s'enfouisse de lui-même dans la terre, sans qu'il déplace de terre de ses mains. Dès lors, la réponse « un toit ordinaire n'a pas de terre » s'accorde bien : il n'y a pas sur le toit assez de terre pour pouvoir y enfouir l'œuf, et le creusement de la maaziva n'est pas à craindre. Selon cette explication, on aurait pu dire « il y a entre eux la terre préparée (moukhan) » ; et, indépendamment de cela, il y a entre eux bien d'autres cas, par exemple un toit qui porte de la terre, où l'on ne peut invoquer « de peur qu'il n'enfouisse » alors que « de peur qu'il ne déplace » s'applique, ou encore le fait des gens de Tibériade, où « qu'il n'enfouisse » s'applique et « qu'il ne déplace » ne s'applique pas. Mais le Rachba objecte : la Guemara dit plus loin « mais selon celui qui dit de peur qu'il ne déplace la terre, qu'il décrète donc », alors que selon cette explication le mot « décréter » ne convient pas ; il aurait fallu dire « que ce soit donc interdit ». On peut répondre que, tous les interdits rabbiniques étant des décrets pris à cause d'interdits de la Torah, la Guemara a employé cette formule. Rabbenou Tam a encore expliqué, dans le Sefer ha-Yachar : il déplace de la terre de son emplacement et se trouve creuser, ce qui est une tolada (dérivé) de horech (labourer), et cela vaut même pour une terre meuble comme le sable ou la poussière des chemins, ainsi qu'il ressort de Beitsa (8a) où la Guemara dit « mais il accomplit un broyage - dans une terre meuble - mais il fait une fosse ». On voit donc que même dans une terre meuble la question de la fosse se pose. Et lorsque la Guemara dit ici « il y a entre eux la terre meuble », il s'agit d'une terre si meuble que, lorsqu'il y pose l'œuf, celui-ci s'y enfonce de lui-même : là, assurément, il n'y a pas de labour. Cette explication soulève une difficulté : pourquoi Rabba conteste-t-il Rav Yossef et ne se soucie-t-il pas de ce qu'il déplace de la terre ? Car du fait que la Guemara dit « mais selon celui qui dit qu'il déplace, etc. », il ressort que pour Rabba la chose ne fait pas difficulté. On peut répondre que Rabba tient que la fosse ne se conçoit que lorsqu'on prend de la terre à la main et qu'il reste l'emplacement d'une fosse ; mais en enfonçant un œuf, il n'y a pas de fosse, car elle reste imperceptible.
אִיכָּא בֵּינַייְהוּ עָפָר תִּיחוּחַ פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דִּבְעָפָר תִּיחוּחַ לָא שַׁיְיכָא גֻּומָּא וְהָא דְּמַשְׁמַע בְּבֵיצָה (שָׁם) דִּבְעָפָר תִּיחוּחַ נָמֵי שַׁיָּיךְ גֻּומָּא צָרִיךְ לוֹמַר לְפִי' דְּהָתָם אַיְירֵי שֶׁיֵּשׁ מְעַט עֲפַר תִּיחוּחַ וּסְבִיבוֹ קַרְקַע קָשֶׁה דִּכְשֶׁמֵּסִיר עֲפַר תִּיחוּחַ תִּשָּׁאֵר הַגֻּומָּא קַייֶּמֶת אֲבָל הָכָא כְּשֶׁיֵּשׁ עֲפַר תִּיחוּחַ הַרְבֵּה כְּשֶׁיַּעֲשֶׂה גֻּומָּא אֵינָהּ מִתְקַיֶּימֶת כִּי דֻּופְנֵי הַגֻּומָּא יִפְּלוּ וְלֹא יוּכְלוּ לְהִתְקַיֵּים לְפִי שֶׁאֵין הַקַּרְקַע קָשֶׁה:
Le Kountras explique que dans une terre meuble la question de la fosse ne se pose pas. Et quant à ce qui ressort de Beitsa, là-bas, qu'une fosse se conçoit aussi dans une terre meuble, il faut dire, selon cette explication, qu'il s'agit là d'un peu de terre meuble entourée d'un sol dur : lorsqu'il retire la terre meuble, la fosse subsiste. Ici en revanche, lorsqu'il y a beaucoup de terre meuble, la fosse qu'il ferait ne se maintiendrait pas, car ses parois s'effondreraient, le sol n'étant pas dur.
💡 Explication

La michna interdit d'enfouir l'œuf dans le sable ou la poussière des chemins chauffés par le soleil, et Rabbi Yossi garde le silence. Puisqu'il permet les toladot ha-hama, il aurait dû contester ici aussi. Deux amoraim expliquent sa concession par une raison étrangère à la cuisson.

Pour Rabba, le geste ressemble trop à l'enfouissement dans la remetz, la cendre chaude, qui relève du feu. Pour Rav Yossef, enfoncer l'œuf dans le sable revient à déplacer de la terre, ce qui engage d'autres interdits de Chabbat. La nafka mina, conséquence pratique, apparaît avec l'afar tihoah, la terre meuble, où rien n'est creusé ni déplacé à la main.

🖼️ Schéma
Pourquoi le sable est-il interdit même pour R. Yossi ? Deux raisons Rabba Rav Yossef Décret : de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz (cendre chaude) Il déplace de la terre de son emplacement Registre : ressemblance des gestes. Enfouir dans le sable et enfouir dans la cendre se ressemblent au regard d'un observateur. Interdit lié à la cuisson. Registre : un autre interdit de Chabbat. Rachi : il creuse une fosse. Rabbenou Tam : il remue de la terre mouktse, déplacement indirect. Interdit étranger à la cuisson. Nafka mina : la terre meuble (afar tihoah) Pour Rabba : interdit quand même, la ressemblance demeure. Pour Rav Yossef : permis, rien n'est creusé ni déplacé à la main.
Rabba et Rav Yossef : deux raisons, une conséquence pratique.
5
מֵיתִיבִי, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מְגַלְגְּלִין בֵּיצָה עַל גַּבֵּי גַּג רוֹתֵחַ, וְאֵין מְגַלְגְּלִין בֵּיצָה עַל גַּבֵּי סִיד רוֹתֵחַ. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר גְּזֵרָה שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ — לֵיכָּא לְמִיגְזַר. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמֵּזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ, לִיגְזֹר? — סְתָם גַּג לֵית בֵּיהּ עָפָר.

On objecte : Rabban Chimon ben Gamliel dit : on fait rouler un œuf sur un toit brûlant, et on ne fait pas rouler un œuf sur de la chaux brûlante. Passe encore pour celui qui dit que c'est un décret de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz : il n'y a là rien à décréter.

Mais pour celui qui dit que la raison tient à ce qu'il déplace de la terre de son emplacement, que l'on décrète donc ! - Un toit ordinaire n'a pas de terre.

📜 Rachi (4)
גַּג רוֹתֵחַ שֶׁרִתְּחוֹ חַמָּה:
Que le soleil a rendu brûlant.
וְאֵין מְגַלְגְּלִין בְּסִיד רוֹתֵחַ דְּהוּא תּוֹלְדוֹת הָאוּר:
Car elle est un dérivé du feu.
לֵיכָּא לְמִיגְזַר בַּגַּג רוֹתֵחַ דְּהָא לָא מַטְמִין לֵיהּ:
Sur un toit brûlant, puisqu'il n'y enfouit pas l'œuf.
אֶלָּא לִשְׁמָא יָזִיז עָפָר וִיכַסֶּנּוּ בּוֹ לִיגְזֹר:
Selon la raison « de peur qu'il ne déplace de la terre et n'en recouvre l'œuf », que l'on décrète donc.
🗂️ Tossefot (2)
וְאֵין מְגַלְגְּלִין בֵּיצָה עַל גַּבֵּי סִיד רוֹתֵחַ קָשֶׁה אַדִּמְפַלֵּיג בֵּין תּוֹלְדוֹת חַמָּה לְתוֹלְדוֹת הָאוּר לִפְלוֹג בְּתוֹלְדוֹת חַמָּה גּוּפַיְיהוּ בֵּין גַּג רוֹתֵחַ לְחוֹל וַאֲבַק דְּרָכִים וְגַג דְּאִית בֵּיהּ עָפָר וְלָמֶ"ד דְּשֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ אָתֵי שַׁפִּיר דִּמְפַלֵּיג בֵּין גַּג רוֹתֵחַ לְסִיד רוֹתֵחַ שֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ הַטְמָנָה אֲבָל בְּתוֹלְדוֹת חַמָּה גּוּפַיְיהוּ לָא מָצֵי לְמִיפְלַג אֶלָּא בֵּין דֶּרֶךְ הַטְמָנָה לְשֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ הַטְמָנָה דִּבְחוֹל נָמֵי אִם אֵינוֹ מַטְמִינוֹ בּוֹ אֶלָּא מְגַלְגְּלוֹ עַל גַּבָּיו שָׁרִי:
Difficulté : au lieu de distinguer entre dérivés du soleil et dérivés du feu, que la barayta distingue à l'intérieur des dérivés du soleil eux-mêmes, entre un toit brûlant d'une part et le sable, la poussière des chemins ou un toit qui porte de la terre d'autre part. Selon celui qui dit « de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz », cela s'accorde : il distingue entre un toit brûlant et de la chaux brûlante, cas où l'on n'agit pas à la manière d'un enfouissement ; mais à l'intérieur des dérivés du soleil eux-mêmes, il ne pourrait distinguer qu'entre ce qui se fait à la manière d'un enfouissement et ce qui ne s'y fait pas, puisque dans le sable aussi, s'il n'y enfouit pas l'œuf mais le fait seulement rouler dessus, c'est permis.
אֶלָּא לְמ"ד שֶׁמָּא יָזִיז וְכוּ' וא"ת לְרַב יוֹסֵף אַטּוּ מִי לֵית לֵיהּ גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ וְהָא מֵהַאי טַעְמָא אָסְרִינַן לְהַטְמִין בְּדָבָר הַמּוֹסִיף הֶבֶל וְיֵשׁ לוֹמַר דְּמִבְּעוֹד יוֹם אִיכָּא לְמִיגְזַר שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ וְשֶׁמָּא יְחַתֶּה אֲבָל הָכָא לָא שָׁיֵיךְ לְמִיגְזַר דְּאַטּוּ אִי שָׁרֵינַן לְבַשֵּׁל בְּחַמֵּי חַמָּה נִיחוּשׁ דִּילְמָא אָתֵי לְבַשֵּׁל בְּחַמֵּי אוֹר בְּשַׁבָּת וא"ת הָא אָסְרִינַן מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה לְהַטְמִין אַף כְּשֶׁאֵין מוֹסִיף הֶבֶל גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַרְתִּיחַ וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָנֵי מִילֵּי בְּדָבָר הַמְבֻושָּׁל אִיכָּא לְמֵיחַשׁ שֶׁמָּא יַרְתִּיחַ. אֲבָל בִּישּׁוּל גָּמוּר כִּי הָכָא לָא טָעוּ אִינָשֵׁי אַטּוּ תּוֹלְדוֹת חַמָּה:
Si tu objectes : pour Rav Yossef, n'admet-il donc pas le décret « de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz » ? C'est pourtant pour cette raison que nous interdisons d'enfouir dans une matière qui ajoute de la chaleur. On peut répondre : tant qu'il fait encore jour, il y a lieu de décréter de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz et de peur qu'il n'attise ; ici en revanche, le décret ne se conçoit pas, car si nous permettons de cuire avec de l'eau chauffée par le soleil, faut-il craindre qu'il n'en vienne à cuire avec de l'eau chauffée au feu Chabbat ? Si tu objectes encore : nous interdisons pourtant, une fois la nuit tombée, d'enfouir même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur, par décret de peur qu'il ne fasse bouillir. On peut répondre : cela vaut pour un plat déjà cuit, où il y a lieu de craindre qu'il ne le fasse bouillir ; mais dans un cas de cuisson complète comme le nôtre, les gens ne se trompent pas à cause des dérivés du soleil.
💡 Explication

La Guemara éprouve les deux explications par une barayta. Rabban Chimon ben Gamliel permet de faire rouler un œuf sur un toit brûlant, chauffé par le soleil, et l'interdit sur de la chaux brûlante, chauffée au feu. L'explication de Rabba tient sans peine, puisque rouler un œuf sur un toit ne ressemble en rien à un enfouissement.

L'explication de Rav Yossef paraît en revanche fragile : un toit porte parfois de la terre, et l'interdit devrait s'y étendre. La Guemara répond que le décret suit le cas ordinaire, et qu'un toit ordinaire est dépourvu de terre.

🖼️ Schéma
La barayta de Rabban Chimon ben Gamliel mise à l'épreuve Œuf roulé sur un toit brûlant toit chauffé par le soleil : dérivé du soleil PERMIS Œuf roulé sur de la chaux brûlante chaux chauffée au feu : dérivé du feu INTERDIT Selon Rabba Sur un toit, l'œuf n'est pas enfoui : aucune ressemblance avec la cendre. La barayta s'accorde. Selon Rav Yossef Un toit porte parfois de la terre : il faudrait décréter là aussi. Réponse : un toit ordinaire en est dépourvu.
La barayta du toit brûlant confrontée aux deux explications.
6
תָּא שְׁמַע: מַעֲשֶׂה שֶׁעָשׂוּ אַנְשֵׁי טְבֶרְיָא וְהֵבִיאוּ סִילוֹן שֶׁל צוֹנֵן לְתוֹךְ אַמָּה שֶׁל חַמִּין וְכוּ׳. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר גְּזֵרָה שֶׁמָּא יַטְמִין בְּרֶמֶץ — הַייְנוּ דְּדָמְיָא לְהַטְמָנָה. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמֵּזִיז עָפָר מִמְּקוֹמוֹ — מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?

Viens et écoute : le fait accompli par les gens de Tibériade, qui firent passer une conduite d'eau froide à l'intérieur d'un canal d'eau chaude, etc. Passe encore pour celui qui dit que c'est un décret de peur qu'il n'enfouisse dans la remetz : la raison tient à ce que cela ressemble à un enfouissement.

Mais pour celui qui dit que la raison tient à ce qu'il déplace de la terre de son emplacement, qu'y a-t-il à dire ?

📜 Rachi (2)
לְתוֹךְ אַמָּה שֶׁל חַמִּין וְחַמֵּי טְבֶרְיָא לָאו תּוֹלְדוֹת הָאוּר נִינְהוּ וְאַפֵּ"ה אָסְרוּ לְהוּ וּמוֹדֶה בְּהָא ר' יוֹסֵי:
Or les eaux chaudes de Tibériade ne sont pas des dérivés du feu, et malgré cela on le leur a interdit ; Rabbi Yossi concède sur ce point.
דְּדָמְיָא לְהַטְמָנָה שֶׁמַּטְמִין מַיִם בַּמַּיִם:
Car il enfouit de l'eau dans de l'eau.
💡 Explication

Seconde objection, tirée d'un précédent connu. Les habitants de Tibériade faisaient passer une conduite d'eau froide dans le canal alimenté par les sources chaudes de la ville, et les Sages le leur interdirent. Les eaux de Tibériade chauffent sans feu : le cas semble donc relever des toladot ha-hama, et pourtant il fut interdit.

Selon Rabba, l'interdit s'explique par la ressemblance avec l'enfouissement, l'eau froide se trouvant entourée d'eau chaude. Selon Rav Yossef, aucune terre n'est ici déplacée, et l'interdit reste sans raison.

🖼️ Schéma
Le dispositif des gens de Tibériade Canal des eaux chaudes de Tibériade Conduite d'eau froide posée à l'intérieur du canal eau froide eau tiédie Lecture de Rabba Le procédé ressemble à un enfouissement : de l'eau enfouie dans de l'eau. L'objection tient : les Sages ont interdit un cas de dérivés du soleil. Réponse de R. Yossi Ces eaux passent devant l'entrée du Guehinnom : elles relèvent du feu. Dérivés du feu, donc interdites même selon lui. Sa position tient.
Le dispositif de Tibériade et ce qu'il oppose aux deux explications.
7
מִי סָבְרַתְּ מַעֲשֶׂה טְבֶרְיָא אַסֵּיפָא קָאֵי? אַרֵישָׁא קָאֵי: לֹא יַפְקִיעֶנָּה בְּסוּדָרִין וְרַבִּי יוֹסֵי מַתִּיר, וְהָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן לְרַבִּי יוֹסֵי: הָא מַעֲשֶׂה דְּאַנְשֵׁי טְבֶרְיָא דְּתוֹלְדוֹת חַמָּה הוּא, וְאָסְרִי לְהוּ רַבָּנָן! אֲמַר לְהוּ: הַהוּא תּוֹלְדוֹת אוּר הוּא, דְּחָלְפִי אַפִּיתְחָא דְּגֵיהִנָּם.

Penses-tu que le fait de Tibériade porte sur la clause finale ? Il porte sur la clause initiale : « il ne la fera pas cuire en l'enveloppant de linges, et Rabbi Yossi permet ».

Voici donc ce que les Sages disaient à Rabbi Yossi : le fait des gens de Tibériade relevait pourtant des dérivés du soleil, et les Sages le leur ont interdit ! Il leur répondit : celui-là relève des dérivés du feu, car ces eaux passent devant l'entrée du Guehinnom.

📜 Rachi (3)
מִי סָבְרַתְּ מַעֲשֶׂה אַסֵּיפָא קָאֵי לְסִייַּעְתָּא דְּחוֹל וַאֲבַק וּלְאוֹרוֹיֵי דְּתוֹלְדוֹת חַמָּה כִּי הַאי גַוְונָא אֲסִירִי לְדִבְרֵי הַכֹּל:
Pour appuyer la clause du sable et de la poussière, et enseigner que des dérivés du soleil de ce genre sont interdits de l'avis de tous.
אַרֵישָׁא קָאֵי אַפְּלוּגְתָּא וְרַבָּנָן הוּא דְּאָמְרִי לָהּ אֲבָל לְר' יוֹסֵי כה"ג לָא מִיתְּסַר אֶלָּא מִשּׁוּם דְּהָנֵי תּוֹלְדוֹת הָאוּר נִינְהוּ:
Sur la controverse ; et ce sont les Sages qui l'invoquent. Pour Rabbi Yossi, un cas semblable ne serait interdit que parce que ces eaux-là sont des dérivés du feu.
וְהָא מַעֲשֶׂה דְּחַמֵּי טְבֶרְיָא דְּתוֹלְדוֹת חַמָּה נִינְהוּ וְדָמֵי לְאַפְקָעְתָּא דְּסוּדָרִין דְּלֵיכָּא לְמִגְזַר לִשְׁמָא יָזִיז וְאָסְרִי לְהוּ:
Des eaux chaudes de Tibériade, qui sont des dérivés du soleil et ressemblent à la cuisson par les linges, où il n'y a pas lieu de décréter « de peur qu'il ne déplace » ; et pourtant on le leur a interdit.
⚖️ Rosh (1)
אִיתְּמַר חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת אָמַר רַב לְמָחָר רוֹחֵץ בָּהֶן כָּל גּוּפוֹ אֵבֶר וְאֵבֶר. וּשְׁמוּאֵל אָמַר לֹא הִתִּירוּ לִרְחוֹץ אֶלָּא פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מע"ש לְמָחָר רוֹחֵץ בָּהֶן פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו אֲבָל לֹא כָּל גּוּפוֹ אֵבֶר אֵבֶר וְאֵין צ"ל שֶׁהוּחַמּוּ ביו"ט: ת"ר מֶרְחָץ שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו מע"ש לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת רוֹחֵץ בָּהּ מִיָּד אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אַרִיבָּ"ל מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא בַּתְּחִלָּה הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת הִתְחִילוּ הַבַּלָּנִין לְחַמֵּם חַמִּין בְּשַׁבָּת וְאָמְרוּ מע"ש הוּחַמּוּ אָסְרוּ לָהֶן הַחַמִּין וְהִתִּירוּ לָהֶן אֶת הַזֵּיעָה וַעֲדַייִן הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמִּין וְאוֹמְרִין מַזִּיעִין אֲנַחְנוּ אָסְרוּ לָהֶם אֶת הַזֵּיעָה וְהִתִּירוּ לָהֶם חַמֵּי טְבֶרְיָא וַעֲדַייִן הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמֵּי הָאוּר וְאָמְרוּ בְּחַמֵּי טְבֶרְיָא רָחַצְנוּ אָסְרוּ לָהֶם חַמֵּי טְבֶרְיָא וְהִתִּירוּ לָהֶם אֶת הַצּוֹנֵן רָאוּ שֶׁאֵין הַדָּבָר עוֹמֵד הִתִּירוּ לָהֶם חַמֵּי טְבֶרְיָא וְהַזֵּיעָה בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת ואע"פ שֶׁגָּזְרוּ עַל הַזֵּיעָה אַמְבַּטְיָאוֹת שֶׁל כְּרַכִּים דְּלָא נְפִישׁ הַבְלַיְיהוּ מְטַייֵּל בָּהֶן וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ וְאֵלּוּ הַגְּזֵירוֹת הָיוּ אַף בְּיוֹם טוֹב דְּהָא בָּרַיְיתָא ביו"ט אַייְרֵי דְּקָתָנֵי מַעֲשֶׂה בַּמֶּרְחָץ שֶׁל בְּנֵי בְּרַק שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו מֵעֶרֶב יו"ט וַעֲלָהּ קָמַסֵּיק מִשֶּׁרַבּוּ עוֹבְרֵי עֲבֵירָה וּמַייְתִי מֵהָא דְּרִיבָּ"ל בַּתְּחִלָּה הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת אַלְמָא דְּעַל כָּל שַׁבָּת וְיו"ט גָּזְרוּ כְּאֶחָד וּמִזֶּה דִּקְדֵּק רִיבָ"א דְּאָסוּר לַעֲשׂוֹת הַבְעָרָה מִן הַתּוֹרָה בִּשְׁבִיל רְחִיצָה דאל"כ לֹא הָיוּ גּוֹזְרִין עַל הַזֵּיעָה ביו"ט אע"ג דְּהַבְעָרָה בִּשְׁבִיל זֵיעָה מֻותֶּרֶת מִן הַתּוֹרָה כִּדְמוֹכַח בְּמַסֶּכֶת יו"ט דַּף לב דַּאֲפִילּוּ לַעֲשׂוֹת פֶּחָמִין לְמָוסְרָן לְאוֹלְייָרִין מִן הַתּוֹרָה מֻותָּר וְהָיָה רִיבָ"א נוֹתֵן טַעַם לַדָּבָר לְפִי שֶׁהָרְחִיצָה אֵינָהּ שָׁוָה לְכָל נֶפֶשׁ שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא לְהִתְעַנֵּג הִלְכָּךְ אֲסוּרָה כְּמוֹ מֻוגְמָר דְּאָסַר מֵהַאי טַעְמָא בְּפֶ' קַמָּא דִּכְתֻובּוֹת דַּף ז. אֲבָל זֵיעָה שָׁוָה הִיא לְכָל נֶפֶשׁ שֶׁאֵינָהּ לְהִתְעַנֵּג אֶלָּא לִבְרִיאוּת וְהָא דְּתַנְיָא מֶרְחָץ שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו מֵעֶרֶב יו"ט לְמָחָר נִכְנָס וּמַזִּיעַ הוּא הַדִּין בְּלֹא פָּקְקוּ נָמֵי אֲפִילּוּ הֻוסַּק בּוֹ בַּיּוֹם שָׁרִי לְהַזִּיעַ אֶלָּא מִשּׁוּם אִיסּוּר רְחִיצָה תְּנָא לֵיהּ דאע"ג דְּהֻוסַּק מֵעֶרֶב יו"ט אָסוּר לִרְחֹוץ:
Il a été dit : de l'eau chauffée la veille de Chabbat - Rav a dit : le lendemain on peut en laver tout son corps, membre après membre. Et Chemouel a dit : on n'a permis d'en laver que son visage, ses mains et ses pieds. Une barayta enseigne comme Chemouel : de l'eau chauffée la veille de Chabbat, le lendemain on en lave son visage, ses mains et ses pieds, mais non tout son corps membre après membre ; et il va sans dire qu'il en va de même pour de l'eau chauffée un jour de fête. Nos maîtres ont enseigné : un bain public dont on a bouche les ouvertures la veille de Chabbat, on peut s'y laver dès l'issue de Chabbat. Rabbi Chimon ben Pazi a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi, au nom de Bar Kappara : au début, on se lavait dans de l'eau chauffée la veille de Chabbat. Les préposés aux bains se mirent à chauffer de l'eau Chabbat en disant qu'elle avait été chauffée la veille : on leur interdit l'eau chaude et on leur permit la sudation. On continuait de se laver dans l'eau chaude en disant « nous transpirons » : on leur interdit la sudation et on leur permit les eaux chaudes de Tibériade. On continuait de se laver dans de l'eau chauffée au feu en disant « nous nous sommes lavés dans les eaux de Tibériade » : on leur interdit les eaux de Tibériade et on leur permit l'eau froide. Voyant que la chose ne tenait pas, on leur permit les eaux de Tibériade, et l'interdit de la sudation demeura en place. Et bien que l'on ait décrété sur la sudation, les bains des grandes villes, dont la vapeur reste modérée, on peut s'y promener sans avoir à s'en inquiéter. Ces décrets valaient aussi pour Yom Tov, car la barayta traite de Yom Tov : elle enseigne le fait survenu au bain public de Bnei Brak, dont on avait bouche les ouvertures la veille de Yom Tov, elle conclut « lorsque les transgresseurs se multiplièrent », puis rapporte l'enseignement de Rabbi Yehochoua ben Levi, « au début on se lavait dans de l'eau chauffée la veille de Chabbat ». On voit donc que l'on a décrété d'un seul tenant pour Chabbat et pour Yom Tov. Le Riva en a déduit qu'il est interdit, de la Torah, d'allumer un feu en vue de se laver ; car autrement on n'aurait pas décrété sur la sudation à Yom Tov, puisque allumer en vue de la sudation est permis de la Torah, comme il ressort du traité Yom Tov (Beitsa 32) : même faire du charbon pour le remettre aux préposés des bains est permis de la Torah. Et le Riva en donnait la raison : le bain n'est pas égal pour toute personne (chaveh le-khôl nefech), n'étant destiné qu'à l'agrément ; il est donc interdit, comme le mougmar (encens) que l'on interdit pour cette même raison au premier chapitre de Ketoubot (7a). La sudation, en revanche, est égale pour toute personne, car elle vise la santé plutôt que l'agrément. Et quant à ce qui est enseigné, « un bain public dont on a bouche les ouvertures la veille de Yom Tov, le lendemain on y entre et l'on transpire », il en va de même si on ne les a pas bouchées : même s'il a été chauffé ce jour-là, il est permis d'y transpirer ; si la barayta s'est exprimée ainsi, c'est à cause de l'interdit de se laver, pour enseigner que, même s'il a été chauffé la veille de Yom Tov, il est interdit de s'y laver.
💡 Explication

La Guemara écarte l'objection en déplaçant le précédent. Le fait de Tibériade n'appartient pas à la discussion sur le sable, où il servirait de preuve, mais à la controverse sur les linges, où les Sages l'opposaient à Rabbi Yossi comme un argument.

Rabbi Yossi répond en requalifiant la source de chaleur : les eaux de Tibériade longent l'entrée du Guehinnom et relèvent donc des toladot ha-our, les dérivés du feu, que lui-même interdit. Le précédent cesse ainsi de peser contre lui, et les deux explications de Rabba et de Rav Yossef restent ouvertes.

🖼️ Schéma
Sur quelle clause de la michna porte le fait de Tibériade ? Hypothèse écartée : la clause finale il ne l'enfouira pas dans le sable Le précédent servirait alors à montrer un interdit admis par tous. Lecture retenue : la clause initiale il ne la fera pas cuire dans des linges, et R. Yossi permet. Le précédent est l'argument des Sages. Argument des Sages Tibériade relevait des dérivés du soleil, et nous l'avons pourtant interdit. Donc on décrète sur ces dérivés. Réponse de R. Yossi Ces eaux passent devant l'entrée du Guehinnom : ce sont des dérivés du feu. Le précédent ne prouve donc rien contre lui.
Le déplacement du précédent : de la clause finale à la clause initiale.
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אָמַר רַב חִסְדָּא:

Rav Hisda a dit :

💡 Explication

Le daf s'interrompt au seuil d'un enseignement de Rav Hisda, qui se poursuit à la page suivante et tire les conséquences du précédent de Tibériade pour les règles de l'enfouissement.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).