Shabbat 40a — La toilette à l'eau chaude le Chabbat, l'étuve scellée et l'histoire des décrets sur les bains

Shabbat 40a

Sougya : Le folio s'ouvre sur la fin de la discussion précédente : la règle de Rabbi Yo'hanan selon laquelle la halakha suit le makhria (celui qui fait pencher la balance) vaut-elle aussi dans une baraita, ou seulement dans une michna ? Vient ensuite le cœur du daf : un différend entre Rav et Chmouel sur l'eau chauffée avant l'entrée du Chabbat.

Rav permet d'en laver tout le corps, membre après membre ; Chmouel n'autorise que le visage, les mains et les pieds. Trois baraitot sont opposées à Rav ; sa position survit dans la version de Rav Yossef et se trouve réfutée dans celle de Rabba, ce qui conduit Rav Yossef à interroger Abaye sur la pratique réelle de Rabba.

La seconde moitié du folio passe à l'étuve dont on a bouche les ouvertures avant Chabbat, à l'épisode des bains de Bene Berak, puis au récit de Bar Kappara : une suite de décrets et de ruses qui explique pourquoi la transpiration en étuve est restée interdite alors que les eaux chaudes de Tibériade ont été rendues.

Eau chauffée la veille de Chabbat : jusqu'à quel point peut-on se laver ? Chmouel version unique Rav version de Rav Yossef Rav version de Rabba CE QUI EST PERMIS Le visage, les mains et les pieds seulement jamais tout le corps Tout le corps, membre après membre jamais en une seule fois Tout le corps en une fois, en laissant un seul membre le membre omis rappelle le jour RÉPONSE AUX BARAÏTOT Aucune réponse requise : les baraitot disent exactement son avis keein panav yadav veraglav : à la manière du visage, des mains et des pieds, un à un Cette réponse est fermée : Rav y parle du corps entier lavé en une seule fois Une baraita le confirme Position maintenue Teyouvta : réfutée Le désaccord ne porte pas sur le chauffage, interdit dans tous les cas, mais sur l'usage d'une eau déjà chaude.
Les trois positions sur l'eau chauffée avant Chabbat, la défense de chacune face aux baraitot et leur sort final.
Les décrets sur les bains selon Bar Kappara : chaque ruse appelle un décret État initial : on se lave le Chabbat avec de l'eau chauffée la veille LA RUSE LA RÉPONSE DES SAGES Les baigneurs chauffent l'eau pendant le Chabbat et disent : elle vient de la veille Eau chaude interdite ; la transpiration reste permise On continue à se laver à l'eau chaude en disant : nous ne faisons que transpirer Transpiration interdite ; les eaux de Tibériade sont permises On se lave à l'eau chauffée au feu en disant : c'est Tibériade Tibériade interdite à son tour ; seule l'eau froide demeure Constat : le public ne peut plus supporter une interdiction totale Tibériade à nouveau permise ; la transpiration demeure interdite Le recul final porte sur Tibériade seule : le décret sur la transpiration reste en place tel quel.
Le récit de Bar Kappara : quatre ruses, quatre décrets, et le seul recul que les Sages ont consenti.
L'étuve dont on a bouche les ouvertures : où se tient-on, que fait-on ? L'établissement de bains Étuve On s'y tient debout ou assis, sans verser d'eau sur soi : c'est cela, transpirer L'eau chaude de Bene Berak était couverte de planches Se laver : interdit Pièce extérieure On sort et on se rince ici, hors de l'étuve, pour qu'on ne dise pas qu'il se lave Points rouges : les nekavim, ouvertures bouchées la veille pour garder la chaleur Bouché la veille de Chabbat À la sortie du Chabbat on s'y baigne aussitôt, sans attendre le délai de bikhdei cheya assou Bouché la veille de yom tov Le lendemain on entre, on transpire, on sort et on se rince dans la pièce extérieure Après le décret La transpiration est interdite ; on peut encore se promener dans les ambatiaot La promenade reste permise : elle n'est pas entreprise pour transpirer.
Le plan de l'étuve scellée et les trois situations envisagées par la baraita.
1
הֲדַר בֵּיהּ רַבִּי עֲקִיבָא לְגַבֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. וְאִי מִכְּלָלָא, מַאי? דִּילְמָא הָנֵי מִילֵּי בְּמַתְנִיתִין, אֲבָל בַּבָּרַייְתָא — לֹא. אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא בְּפֵירוּשׁ שְׁמִיעַ לִי.

[...] Rabbi Akiva serait revenu à l'avis de Rabbi Yehochoua. Et si la chose ne vient que d'une déduction (mikelala), qu'importe ? — Peut-être cette règle ne vaut-elle que dans une michna, mais dans une baraita, non.

Il lui dit : moi, je l'ai entendu de façon explicite.

📜 Rachi (2)
הֲדַר בֵּיהּ רַבִּי עֲקִיבָא כִּדְאָמְרִינַן בְּפִירְקִין דִּלְעֵיל (שַׁבָּת דַּף כט:) לְשׁוֹן מַכְרִיעַ מַכְבִּיד מַטֵּה כַּף מֹאזְנַיִם וּמַכְרִיעַ אֶת שֶׁכְּנֶגְדּוֹ כְּגוֹן הָכָא בְּחַמִּין אָסוּר הַשְׁתָּא הֲוָה לֵיהּ ר' שִׁמְעוֹן דְּמַתִּיר בְּחַמִּין יָחִיד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם נִמְצָא ר' יְהוּדָה מַכְבִּיד אֶת כַּף הַמִּשְׁקֹולֶת שֶׁהֲרֵי ר' יְהוּדָה עִם רַבִּי מֵאִיר שָׁוִים לְאִיסּוּר וּבְצוֹנֵן מֻותָּר הָוֵי לֵיהּ ר' מֵאִיר בְּצוֹנֵן יָחִיד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם נִמְצָא ר' יְהוּדָה מַכְבִּיד אֶת כַּף הַמִּשְׁקֹולֶת:
Comme nous l'avons dit au chapitre précédent (Chabbat 29b), le mot makhria désigne celui qui alourdit un plateau de la balance, le fait descendre et fait ainsi pencher celui d'en face. Ainsi ici : pour l'eau chaude, c'est interdit — Rabbi Chimon, qui la permet, se trouve alors seul contre deux, et Rabbi Yehuda alourdit le plateau, puisque Rabbi Yehuda rejoint Rabbi Meir pour l'interdiction ; et pour l'eau froide, c'est permis — Rabbi Meir se trouve alors seul contre deux pour l'eau froide, et Rabbi Yehuda alourdit à nouveau le plateau de la balance.
ה"מ דא"ר יוֹחָנָן הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמַּכְרִיעַ בְּמַכְרִיעַ בַּמִּשְׁנָה כִּי הַהִיא דְּמַטְלָנִיּוֹת:
Ce que Rabbi Yo'hanan a dit, que la halakha suit les paroles du makhria, ne vaut que pour un makhria qui figure dans une michna, comme dans le cas des matlaniot (les chiffons).
🗂️ Tossefot (1)
דִּילְמָא ה"מ בְּמָתְנֵי' אֲבָל בַּבָּרַייְתָא לֹא אע"ג דְּלָא קָאָמַר בְּמִשְׁנָתֵינוּ הָכָא מַשְׁמַע דְּאֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ מִשּׁוּם דִּסְתָם מַתְנֵי' דְּלָא כְּוָותֵיהּ:
Bien que Rabbi Yo'hanan n'ait pas dit expressément dans notre michna, on comprend ici que la halakha ne suit pas le makhria, parce que la michna anonyme (setam matnitin) enseigne le contraire de son avis.
💡 Explication

Ce segment achève une discussion ouverte au folio précédent. Rabbi Yo'hanan a posé une règle de décision : la halakha suit les paroles du makhria, celui qui, dans un différend à deux, propose un partage et fait ainsi pencher la balance d'un côté dans un cas et de l'autre côté dans l'autre.

La question de Rav Yossef porte sur la portée de cette règle. Si on ne l'établit que mikelala, par déduction à partir d'un autre cas, elle pourrait être limitée aux michnayot et ne pas s'étendre aux baraitot. La réponse ferme le débat : la tradition a été reçue befeirouch, de façon explicite, et non tirée d'une inférence.

🖼️ Schéma
La règle du makhria vaut-elle aussi dans une baraita ? R. Yo'hanan : la halakha suit le makhria celui qui alourdit un plateau de la balance Dans une michna cas des matlaniot, les chiffons : la halakha suit R. Akiva Dans une baraita peut-être la règle ne vaut-elle pas : d'où le doute de Rav Yossef Si la halakha n'est tirée que d'une déduction (mikelala), le doute tient Réponse : je l'ai entendu befeirouch, de façon explicite
La portée de la règle du makhria et ce que change une transmission explicite.
2
אִתְּמַר: חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת, רַב אָמַר: לְמָחָר רוֹחֵץ בָּהֶן כָּל גּוּפוֹ, אֵבֶר אֵבֶר. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: לֹא הִתִּירוּ לִרְחוֹץ אֶלָּא פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו. מֵיתִיבִי: חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת, לְמָחָר רוֹחֵץ בָּהֶן פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו אֲבָל לֹא כָּל גּוּפוֹ. תְּיוּבְתָּא דְּרַב. אָמַר לָךְ רַב: ״לֹא כָּל גּוּפוֹ״ — בְּבַת אַחַת, אֶלָּא אֵבֶר אֵבֶר. וְהָא ״פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו״ קָתָנֵי! — כְּעֵין פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו.

Il a été dit : de l'eau chaude qui a été chauffée la veille de Chabbat — Rav dit : le lendemain on s'en lave tout le corps, membre après membre ; et Chmouel dit : on n'a permis d'en laver que le visage, les mains et les pieds. On objecte : de l'eau chaude qui a été chauffée la veille de Chabbat, le lendemain on s'en lave le visage, les mains et les pieds, mais non tout le corps.

Voilà une réfutation de Rav ! Rav pourrait te répondre : non tout le corps, c'est-à-dire non tout le corps en une seule fois, mais membre après membre, oui.

Mais la baraita enseigne bien le visage, les mains et les pieds ! — À la manière du visage, des mains et des pieds.

📜 Rachi (1)
כְּעֵין פָּנָיו כְּלוֹמַר כָּל אֵבֶר בִּפְנֵי עַצְמוֹ:
C'est-à-dire chaque membre pris séparément.
💡 Explication

Le différend suppose acquis que chauffer de l'eau le Chabbat est interdit. La question porte uniquement sur l'usage, le jour du Chabbat, d'une eau déjà chaude avant l'entrée du jour. Rav permet la toilette complète à condition de la fractionner, membre après membre : la manière inhabituelle de se laver rappelle à l'homme quel jour on est. Chmouel limite la permission aux parties habituellement découvertes.

La baraita opposée à Rav semble décisive. Sa réponse consiste à relire son interdiction : elle vise le corps entier lavé d'un seul coup. L'objection revient alors sur la formulation précise du visage, des mains et des pieds, et Rav répond que ces trois exemples indiquent une manière de faire, le lavage d'une partie à la fois, plutôt qu'une liste fermée.

3
תָּא שְׁמַע: לֹא הִתִּירוּ לִרְחוֹץ בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת אֶלָּא פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו! הָכָא נָמֵי, כְּעֵין פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו.

Viens et écoute : on n'a permis de se laver avec de l'eau chauffée la veille de Chabbat que le visage, les mains et les pieds ! — Ici aussi : à la manière du visage, des mains et des pieds.

💡 Explication

Une seconde baraita est produite contre Rav. Sa formulation est plus restrictive encore, puisqu'elle emploie le tour limitatif on n'a permis que. Rav lui applique la même lecture qu'à la précédente : les trois parties nommées valent comme modèle du lavage fractionné.

4
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת, לְמָחָר רוֹחֵץ בָּהֶן פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו, אֲבָל לֹא כָּל גּוּפוֹ אֵבֶר אֵבֶר. וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ בְּיוֹם טוֹב. רַבָּה מַתְנֵי לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא דְּרַב בְּהַאי לִישָּׁנָא: חַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְמָחָר, אָמַר רַב: רוֹחֵץ בָּהֶן כָּל גּוּפוֹ וּמְשַׁיֵּיר אֵבֶר אֶחָד. אַיְּתִיבֶיהָ כָּל הָנֵי תְּיוּבְתָּא. תְּיוּבְתָּא.

Une baraita a été enseignée dans le sens de Chmouel : de l'eau chaude qui a été chauffée la veille de Chabbat, le lendemain on s'en lave le visage, les mains et les pieds, mais non tout le corps, même membre après membre ; et il va sans dire qu'il en va ainsi pour de l'eau chauffée un jour de fête. Rabba enseignait cette parole de Rav dans ces termes : de l'eau chaude chauffée la veille de Chabbat, le lendemain, Rav a dit : on s'en lave tout le corps en laissant un membre de côté.

On lui a objecté toutes ces réfutations. C'est une réfutation.

📜 Rachi (2)
רוֹחֵץ בָּהֶן כָּל גּוּפוֹ בְּיַחַד אֶלָּא שֶׁמְּשַׁיֵּיר אֵבֶר אֶחָד:
Tout son corps ensemble, en laissant simplement un membre de côté.
אַיְּתִיבֶיהָ כָּל הָנֵי וְלֵיכָּא לְשַׁנּוֹיֵי כְּעֵין פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו דְּהָא כָּל גּוּפוֹ יַחַד קָאָמַר חוּץ מֵאֵבֶר אֶחָד:
On lui a objecté toutes ces baraitot, et il n'y a plus moyen de répondre à la manière du visage, des mains et des pieds, puisque dans cette version Rav parle bien du corps entier lavé ensemble, à l'exception d'un seul membre.
💡 Explication

Une troisième baraita est produite, et elle tranche : elle exclut le corps entier même membre après membre, ce qui ferme la relecture proposée par Rav. Le kal va-homer implicite sur le jour de fête suit : si l'eau chauffée avant Chabbat est déjà limitée, celle qui a été chauffée à yom tov l'est à plus forte raison.

La guemara rapporte ensuite une autre lichna, une autre version de la parole de Rav, transmise par Rabba : le corps entier lavé d'un coup, en omettant un membre. Dans cette formulation, la défense de Rav devient impossible, et la conclusion tombe : teyouvta, réfutation définitive.

🖼️ Schéma
Une même parole de Rav, deux versions, deux destins Version de Rav Yossef tout le corps, membre après membre Version de Rabba tout le corps à la fois, sauf un membre La baraita dit : le visage, les mains et les pieds, mais non tout le corps réponse : un membre à la fois, comme eux La même baraita, mais la réponse est impossible : Rav y parle d'un lavage du corps entier en une seule fois La position tient encore Teyouvta : réfutation définitive Une baraita enseignée dans le sens de Chmouel exclut même le lavage membre par membre.
Les deux versions de la parole de Rav et la raison pour laquelle seule la seconde est réfutée.
5
אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף לְאַבָּיֵי: רַבָּה מִי קָא עָבֵיד כִּשְׁמַעְתֵּיהּ דְּרַב? אֲמַר לֵיהּ: לָא יָדַעְנָא. מַאי תִּיבָּעֵי לֵיהּ? פְּשִׁיטָא דְּלָא עֲבִיד, דְּהָא אִיתּוֹתַב. (דִּילְמָא) לָא שְׁמִיעָא לֵיהּ.

Rav Yossef dit à Abaye : Rabba agissait-il selon cette parole de Rav ? Il lui répondit : je ne sais pas.

Quel était donc son doute ? Il est évident qu'il n'agissait pas ainsi, puisque la position a été réfutée. — Peut-être n'avait-il pas eu connaissance de la réfutation.

📜 Rachi (4)
א"ל רַב יוֹסֵף לְאַבַּיֵּי מִשּׁוּם דְּגָדַל אַבַּיֵּי בְּבֵית רַבָּה בַּר נַחְמָנִי שֶׁהָיָה רֹאשׁ קֹודֶם לְרַב יוֹסֵף וּמֵת הָיָה שׁוֹאֲלוֹ רַב יוֹסֵף אֵיךְ הָיָה רוֹאֵהוּ נוֹהֵג:
Parce qu'Abaye avait grandi dans la maison de Rabba bar Nahmani, qui dirigeait l'académie avant Rav Yossef et qui était mort, Rav Yossef lui demandait comment il l'avait vu se conduire.
מִי עֲבִיד כְּשֶׁמֵּעִתִּי' דְּרַב בְּהָא מִילְּתָא דִּרְחִיצָה:
Sur cette question-ci, celle de la toilette.
מַאי תָּבְעִי לֵיהּ שִׁיטָה דְּהַשַּׁ"ס פִּרְכָא לֵיהּ:
C'est le procédé habituel du Talmud que de lui opposer cette difficulté.
לָא שְׁמִיעַ לֵיהּ לְרַבָּה הָא תְּיוּבְתָּא מִשּׁוּם הָכִי מְסַפְּקָא לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף בְּרַבָּה דְּדִילְמָא עֲבִיד כְּרַב:
Rabba n'avait pas eu connaissance de cette réfutation ; c'est pourquoi Rav Yossef a un doute à son sujet, se demandant s'il n'agissait pas comme Rav.
💡 Explication

Rav Yossef interroge Abaye sur la pratique observée, ce qui suppose une situation précise rappelée par Rachi : Abaye a grandi dans la maison de Rabba, qui dirigeait l'académie avant Rav Yossef et qui est mort ; Abaye est donc le témoin naturel de ses usages.

La difficulté est immédiate. Une position frappée de teyouvta ne se met pas en pratique, et la question semble donc sans objet. La réponse distingue le savoir du maître de celui de l'école : Rabba pouvait ignorer ces objections, et la question de sa conduite réelle garde alors un sens.

6
וְאִי לָא שְׁמִיעָא לֵיהּ — וַדַּאי עֲבִיד. דְּאָמַר אַבַּיֵּי: כָּל מִילֵּי דְּמָר עָבֵיד כְּרַב, בַּר מֵהָנֵי תְּלָת דְּעָבֵיד כִּשְׁמוּאֵל. מְטִילִין מִבֶּגֶד לְבֶגֶד, וּמַדְלִיקִין מִנֵּר לְנֵר, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בִּגְרִירָה! — כְּחֻומְרֵי דְּרַב עֲבִיד, כְּקֻולֵּי דְּרַב לָא עָבֵיד.

Et s'il n'en avait pas eu connaissance, il agissait certainement ainsi ! Car Abaye a dit : en toute chose le Maître agissait comme Rav, hormis ces trois points où il agissait comme Chmouel : on transfère les tsitsit d'un vêtement à un autre, on allume une lampe à une autre lampe, et la halakha suit Rabbi Chimon pour la guérira. — Il agissait selon les rigueurs de Rav ; selon les allégements de Rav, il n'agissait pas.

📜 Rachi (3)
וְאִי לָא שְׁמִיעָא לֵיהּ אַמַּאי מְסַפְּקָא לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף:
Pourquoi alors Rav Yossef aurait-il un doute ?
הָא וַדַּאי עֲבִיד רַבָּה בְּכָל מִילֵּי כְּרַב:
Rabba agissait certainement comme Rav en toute chose.
כְּחֻומְרֵי דְרַב הֲוָה עָבֵיד בַּר מֵהָנֵי תְּלָת חוּמְרֵי אֲבָל כְּקֻולֵּי דְּרַב אִיכָּא דְּלָא עֲבִיד וְהָא קֻולָּא הִיא וְדִילְמָא לָא עֲבִיד:
Il suivait les rigueurs de Rav, hormis ces trois rigueurs-là ; mais il y a des allégements de Rav qu'il ne suivait pas. Or il s'agit ici d'un allégement, et peut-être ne l'a-t-il pas suivi.
🗂️ Tossefot (1)
הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמַּכְרִיעַ הַכְרָעָה כְּגוֹן קֻולֵּי מַטְלָנִיּוֹת שר"א ור"י הִזְכִּירוּ בְּפֵירוּשׁ בְּדִבְרֵיהֶם מוּכָן וְשֶׁאֵינוֹ מוּכָן דְּהַייְנוּ תְּלָאוֹ בְּמַגּוֹד וְהִנִּיחוּ אֲחוֹרֵי הַדֶּלֶת שֶׁגִּילּוּ בְּדִבְרֵיהֶם שֶׁיֵּשׁ סְבָרָא לְחַלֵּק בֵּינֵיהֶם אֶלָּא שֶׁנִּרְאֶה לָהֶם דְּסוֹף סוֹף אֵין לְחַלֵּק בֵּינֵיהֶם לְכָךְ. הָוֵי ר' עֲקִיבָא שֶׁמְּחַלֵּק בֵּינֵיהֶם מַכְרִיעַ וְכֵן ר' יְהוּדָה הָוֵי מַכְרִיעַ דְּר' שִׁמְעוֹן ור"מ הִזְכִּירוּ בְּדִבְרֵיהֶם חַמִּין וְצוֹנֵן וְהַכְרָעָה שְׁלִישִׁית דְּלָא הָוְיָא הַכְרָעָה הָוֵי כִּי הַהִיא דפ"ק דִּפְסָחִים (דַּף כא.) חָבִית שֶׁל יַיִן שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּטְמְאָה ב"ש אוֹמְרִים תִּשָּׁפֵךְ הַכֹּל וב"ה אוֹמֵר תֵּיעָשֶׂה זִילּוּף אָמַר ר' יִשְׁמָעֵאל בַּר' יוֹסֵי אֲנִי אַכְרִיעַ בַּשָּׂדֶה תִּשָּׁפֵךְ הַכֹּל וּבַבַּיִת תֵּעָשֶׂה זִילּוּף אָמְרוּ לוֹ אֵין הַכְרָעָה שְׁלִישִׁית מַכְרַעַת מִשּׁוּם דְּלָא הִזְכִּירוּ ב"ש וב"ה בְּדִבְרֵיהֶם בַּיִת וְשָׂדֶה וְלֹא גִּילּוּ שֶׁיֵּשׁ סְבָרָא לְחַלֵּק בֵּין בַּיִת לְשָׂדֶה חֲשִׁיב לָהּ הַכְרָעָה שְׁלִישִׁית וְלֹא כְּפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דְּפֵירֵשׁ הָתָם דְּטַעְמַייְהוּ דב"ש לֹא מִשּׁוּם תָּקֵל' אֶלָּא מִטַּעַם אַחֵר כְּמוֹ מִשּׁוּם רֵיחָא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא הִזְכִּירוּ בְּדִבְרֵיהֶם בַּיִת וְשָׂדֶה כִּדְפֵי' וה"ה דַּהֲוָה מָצֵי לְמֵימַר לֵיהּ דְּאֵין הַכְרָעַת תַּלְמִיד הַכְרָעָה כִּדְאָמַר הָכָא אֶלָּא רְבוּתָא אָמְרוּ דְּאַפֵּי' לֹא הָיָה תַּלְמִיד אֵינָהּ הַכְרָעָה וְהָא דִּתְנַן בִּבְרָכוֹת (דַּף מג:) ב"ש אוֹמְרִים מְבָרֵךְ עַל הַשֶּׁמֶן וְאַחַ"כּ מְבָרֵךְ עַל הַהֲדַס וב"ה אוֹמְרִים מְבָרֵךְ עַל הַהֲדַס וְאַחַ"כּ עַל הַשֶּׁמֶן א"ר גַּמְלִיאֵל אֲנִי אַכְרִיעַ שֶׁמֶן זָכִינוּ לְרֵיחוֹ וְזָכִינוּ לְסִיכָתוֹ הֲדַס לְרֵיחוֹ זָכִינוּ לְסִיכָתוֹ לָא זָכִינוּ וא"ר יוֹחָנָן הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמַּכְרִיעַ פר"ת הָתָם דְּהָוְיָא כְּהַכְרָעָה שֶׁבְּכָל הַשַּׁ"ס וְלָא נְהִירָא דְּלָא הָוְיָא הַכְרָעָה אֶלָּא כִּדְפֵי' וְהָתָם אֵינוֹ אֶלָּא מְפָרֵשׁ טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי ור"ח פִּי' אֵין הֶכְרֵעַ' שְׁלִישִׁית מַכְרַעַת הַיְינוּ הֶכְרֵעַ' דּוֹר שְׁלִישִׁי כְּמוֹ ר' יִשְׁמָעֵאל בְּר' יוֹסֵי שֶׁהָיָה דּוֹר שְׁלִישִׁי לב"ש וב"ה וְלָאו דַּוְקָא דּוֹר שְׁלִישִׁי אֶלָּא ה"ה שֵׁנִי וּבְכָל מָקוֹם נְקַט הַכְרָעָה שְׁלִישִׁית מִשּׁוּם בָּרַיְיתָא דִּפְסָחִים:
Une hakhra'a véritable, c'est par exemple le cas des allégements relatifs aux matlaniot (les chiffons) : Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua ont mentionné explicitement dans leurs propos le moukhan (préparé) et le non-préparé, c'est-à-dire le chiffon suspendu à une patère et celui posé derrière la porte. Ils ont ainsi révélé qu'il existe une raison de distinguer entre les deux, tout en jugeant qu'en fin de compte il n'y avait pas lieu de le faire. Dès lors, Rabbi Akiva, qui distingue entre eux, est un makhria ; et de même Rabbi Yehuda est un makhria, puisque Rabbi Chimon et Rabbi Meir avaient mentionné dans leurs propos l'eau chaude et l'eau froide. En revanche, la hakhra'a troisième, qui n'a pas valeur d'arbitrage, est celle du premier chapitre de Pessahim (21a) : un tonneau de vin de terouma devenu impur — l'école de Chammai dit qu'on le répand entièrement, l'école de Hillel dit qu'on en fait un ziloufe (aspersion). Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi dit : je vais arbitrer, aux champs on le répand et à la maison on en fait un ziloufe. Ils lui dirent : une hakhra'a troisième n'arbitre pas. La raison en est que l'école de Chammai et l'école de Hillel n'avaient pas mentionné la maison et le champ dans leurs propos et n'avaient pas révélé qu'il y eût une raison de distinguer entre maison et champ ; c'est pour cela qu'on la tient pour une hakhra'a troisième. Cela diffère de l'explication du Kountras (Rachi), qui explique là-bas que la raison de l'école de Chammai tient à un autre motif que la crainte d'un accident, par exemple l'odeur ; la raison est bien qu'ils n'ont pas mentionné la maison et le champ, comme nous l'avons dit. On aurait pu aussi lui objecter que l'arbitrage d'un disciple n'est pas un arbitrage, comme il est dit ici ; mais ils ont énoncé une chose plus forte : même s'il n'avait pas été un disciple, ce ne serait pas un arbitrage. Quant à ce qu'on enseigne dans Berakhot (43b) — l'école de Chammai dit qu'on bénit sur l'huile puis sur le myrte, l'école de Hillel dit qu'on bénit sur le myrte puis sur l'huile ; Rabban Gamliel dit : je vais arbitrer, l'huile, nous avons eu son parfum et nous avons eu son onction ; le myrte, nous avons eu son parfum mais nous n'avons pas eu son onction ; et Rabbi Yo'hanan a dit que la halakha suit les paroles du makhria — Rabbenou Tam explique qu'il s'agit là d'un arbitrage comme ceux de tout le Talmud. Cela ne paraît pas juste : il n'y a d'arbitrage que selon ce que nous avons expliqué, et là-bas Rabban Gamliel se contente d'expliquer la raison de l'école de Chammai. Rabbenou Hananel explique que la hakhra'a troisième qui n'arbitre pas désigne l'arbitrage d'une troisième génération, comme Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, qui était de la troisième génération après l'école de Chammai et l'école de Hillel. Et il ne s'agit pas de la troisième génération à proprement parler : il en va de même pour la deuxième ; si l'on dit partout hakhra'a troisième, c'est à cause de la baraita de Pessahim.
💡 Explication

L'argument d'Abaye est statistique : Rabba suivait Rav partout, sauf en trois points bien identifiés où il suivait Chmouel. Si donc il ignorait la réfutation, il aurait dû appliquer la position de Rav sur la toilette.

La réponse introduit une distinction de méthode : Rabba suivait Rav dans ses humrot, ses positions rigoureuses, sans le suivre systématiquement dans ses koulot, ses allégements. Se laver tout le corps à l'eau chaude relève de l'allégement, et l'incertitude sur sa conduite demeure.

🖼️ Schéma
La conduite de Rabba : Rav partout, Chmouel en trois points Rabba agit comme Rav selon Abaye, en toute chose sauf ces trois cas, où il suit Chmouel On transfère les tsitsit d'un vêtement à un autre On allume une lampe à une autre lampe La halakha suit R. Chimon pour la guérira Les humrot de Rav Rabba les suivait Les koulot de Rav certaines, il ne les suivait pas La toilette à l'eau chaude est une koula : le doute de Rav Yossef reste entier.
La règle de conduite de Rabba, ses trois exceptions et la distinction entre rigueurs et allégements.
7
תָּנוּ רַבָּנַן: מֶרְחָץ שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו מֵעֶרֶב שַׁבָּת, לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת רוֹחֵץ בּוֹ מִיָּד. פָּקְקוּ נְקָבָיו מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, לְמָחָר נִכְנָס וּמַזִּיעַ, וְיוֹצֵא וּמִשְׁתַּטֵּף בַּבַּיִת הַחִיצוֹן.

Nos maîtres ont enseigné : une étuve dont on a bouche les ouvertures la veille de Chabbat — à la sortie du Chabbat on s'y baigne aussitôt. Si l'on en a bouche les ouvertures la veille d'un jour de fête, le lendemain on y entre et on transpire, puis on en sort et on se rince dans la pièce extérieure.

📜 Rachi (3)
שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו שֶׁלֹּא יָצָא חֲמִימוּתוֹ:
Afin que sa chaleur ne s'échappe pas.
רוֹחֵץ בּוֹ מִיָּד וְאֵין צָרִיךְ לְהַמְתִּין בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשֶׂה ל"א שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו אוֹתָן נְקָבִים שֶׁמֶּרְחָץ מִתְחַמֵּם עַל יְדֵיהֶן שְׂאוֹר נִיסֶּקֶת מִבַּחוּץ מִתַּחְתָּיו לוי"ה וְעִיקָּר רוֹחֵץ בּוֹ מִיָּד שֶׁהֲרֵי לֹא נִתְחַמֵּם בְּשַׁבָּת אֲבָל בְּשַׁבָּת לֹא שֶׁהֲרֵי גָּזְרוּ עַל הָרְחִיצָה:
Et il n'a pas besoin d'attendre le temps qu'il aurait fallu pour faire la chose (bikhdei cheya'assou). Autre version : les ouvertures bouchées sont celles par lesquelles l'étuve se réchauffe, le feu étant allumé au-dehors, en dessous, ce qu'on appelle loviah. L'essentiel est qu'il s'y baigne aussitôt, puisque l'eau n'a pas chauffé pendant le Chabbat ; mais pendant le Chabbat lui-même, non, car on a décrété contre la toilette.
וּמִשְׁתַּטֵּף בַּבַּיִת הַחִיצוֹן שֶׁלִּפְנֵי הַמֶּרְחָץ וְלֹא בְּתוֹךְ הַמֶּרְחָץ שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ רוֹחֵץ הוּא כְּדַאֲמָרָן דְּאָסְרוּ אֶת הָרְחִיצָה אֲבָל הַזֵּיעָה הִתִּירוּ וְהֵיאַךְ הִיא זֵיעָה עוֹמֵד אוֹ יוֹשֵׁב בְּבֵית הַמֶּרְחָץ וְאֵינוֹ נוֹתֵן מַיִם עָלָיו וְהוּא מִתְחַמֵּם וּמַזִּיעַ:
Dans la pièce qui précède l'étuve, et non à l'intérieur de l'étuve, pour qu'on ne dise pas qu'il se lave, puisque, comme nous l'avons dit, on a interdit la toilette et permis la transpiration. En quoi consiste la transpiration ? Il se tient debout ou assis dans l'étuve sans verser d'eau sur lui : il s'échauffe et transpire.
🗂️ Tossefot (1)
לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת רוֹחֵץ מִיָּד דַּוְקָא לִרְחֹוץ אֲבָל לְהַזִּיעַ נִכְנָס אֲפִי' בְּשַׁבָּת וּמַזִּיעַ כְּמוֹ בי"ט כִּדְאָמַר בְּסָמוּךְ דְּאַפֵּי' בְּשַׁבָּת הָוֵי זֵיעָה שָׁרְיָא עַד הַגְּזֵירָה וּלְאַחַר גְּזֵירָה אֲפִילּוּ בי"ט אָסְרוּ דְּאַיּוֹם טוֹב קָתָנֵי מִשֶּׁרַבּוּ עוֹבְרֵי עֲבֵירָה הִתְחִילוּ לֶאֱסֹור וַהֲוָה מָצֵי לְעָרוֹבִינְהוּ וְלִיתְנִינְהוּ מֶרְחָץ שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו מֵעֶרֶב שַׁבָּת אוֹ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב לְמָחָר נִכְנָס וּמַזִּיעַ וּלְמוֹצָאֵי שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב רוֹחֵץ מִיָּד אֶלָּא אִי עָרֵיב וְתָנֵי לְהוּ הֲוָה אֲמִינָא דְּדַוְקָא בְּשַׁבָּת אָסְרוּ הַזֵּיעָה וְלֹא בְּיוֹם טוֹב דְּעֻובְדָּא דְּמַייְתִי בְּשַׁבָּת הֲוָה לְהָכִי מְפַלֵּיג לְהוּ הַשְׁתָּא מִשֶּׁרַבּוּ עוֹבְרֵי עֲבֵירָה קָאֵי אַיּוֹם טוֹב אֲבָל לֹא אַשַּׁבָּת דְּזֵיעָה לֹא הֻוזְכְּרָה גַּבֵּי שַׁבָּת:
C'est la toilette seule qui attend la sortie du Chabbat ; pour transpirer, en revanche, on entre et on transpire même pendant le Chabbat, comme à yom tov, ainsi qu'il est dit plus loin : même le Chabbat la transpiration était permise jusqu'au décret, et après le décret on l'a interdite même à yom tov, puisque le passage depuis que les transgresseurs se sont multipliés, ils ont commencé à interdire porte sur le jour de fête. La baraita aurait pu réunir les deux cas et enseigner : une étuve dont on a bouche les ouvertures la veille de Chabbat ou la veille d'un jour de fête, le lendemain on y entre et on transpire, et à la sortie du Chabbat ou du jour de fête on s'y baigne aussitôt. Mais si elle les avait réunis, j'aurais pu croire que la transpiration n'a été interdite que pendant le Chabbat et non à yom tov, puisque l'épisode rapporté s'est produit un Chabbat ; c'est pourquoi elle les sépare. À présent, depuis que les transgresseurs se sont multipliés se rapporte au jour de fête et non au Chabbat, car la transpiration n'a pas été mentionnée à propos du Chabbat.
💡 Explication

La baraita passe du lavage à domicile à l'établissement de bains. Boucher les nekavim, les ouvertures par lesquelles la chaleur s'échappe ou par lesquelles le feu chauffe l'étuve, permet de conserver la chaleur d'un jour sur l'autre sans aucun acte interdit pendant le jour lui-même.

Deux conséquences en découlent. À la sortie du Chabbat, on se baigne immédiatement, sans le délai de bikhdei cheya'assou qu'on impose d'ordinaire lorsqu'un profit a pu naître d'un acte accompli le Chabbat, puisque rien n'a été chauffé ce jour-là. À yom tov, la transpiration est permise, et le rinçage se fait dans la pièce extérieure, hors de l'étuve, pour que nul ne croie qu'on s'y baigne.

8
אָמַר רַב יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בַּמֶּרְחָץ שֶׁל בְּנֵי בְּרַק שֶׁפָּקְקוּ נְקָבָיו מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, לְמָחָר נִכְנַס רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְרַבִּי עֲקִיבָא וְהִזִּיעוּ בּוֹ וְיָצְאוּ וְנִשְׁתַּטְּפוּ בַּבַּיִת הַחִיצוֹן. אֶלָּא שֶׁחַמִּין שֶׁלּוֹ מְחֻופִּין בִּנְסָרִים. כְּשֶׁבָּא הַדָּבָר לִפְנֵי חֲכָמִים, אָמְרוּ: אַף עַל פִּי שֶׁאֵין חַמִּין שֶׁלּוֹ מְחֻופִּין בִּנְסָרִין. וּמִשֶּׁרַבּוּ עוֹבְרֵי עֲבֵירָה הִתְחִילוּ לֶאֱסֹור. אַמְבַּטְיָאוֹת שֶׁל כְּרַכִּין — מְטַיֵּיל בָּהֶן וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ.

Rav Yehuda a dit : un fait est arrivé à l'étuve de Bene Berak, dont on avait bouche les ouvertures la veille d'un jour de fête. Le lendemain, Rabbi Elazar ben Azaria et Rabbi Akiva y entrèrent, y transpirèrent, en sortirent et se rincèrent dans la pièce extérieure.

Seulement, son eau chaude était couverte de planches. Lorsque la chose parvint devant les Sages, ils dirent : même si son eau chaude n'est pas couverte de planches.

Et depuis que les transgresseurs se sont multipliés, ils ont commencé à interdire. Quant aux ambatiaot des villes, on s'y promène sans avoir à s'en inquiéter.

📜 Rachi (5)
מְחֻופִּין בִּנְסָרִים וְלֹא הָיוּ צְרִיכִין לָחוּשׁ שֶׁמָּא נִתְחַמְּמוּ בְּשַׁבָּת מֵחֻומּוֹ שֶׁל מֶרְחָץ:
Ils n'avaient donc pas à craindre que cette eau ait chauffé pendant le jour sous l'effet de la chaleur de l'étuve.
הִתְחִילוּ לֶאֱסֹור אֶת הַזֵּיעָה:
La transpiration.
אַמְבַּטְּאוֹת בָּתֵּי מֶרְחָץ גְּדוֹלִים:
De grands établissements de bains.
מְטַייֵּל בָּהֶן מְהַלֵּךְ בְּתוֹכָן לְפִי דַּרְכּוֹ וְלֹא לְהַזִּיעַ:
Il y marche à son habitude, sans intention de transpirer.
וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ שֶׁמָּא יֹאמְרוּ מַזִּיעַ הוּא וְאע"ג דְּאָסְרוּ אֶת הַזֵּיעָה:
Il n'a pas à craindre qu'on dise de lui qu'il transpire, bien que la transpiration ait été interdite.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא שֶׁחַמִּין שֶׁלּוֹ מְחֻופִּין בִּנְסָרִים פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁלֹּא הָיוּ צְרִיכִין לָחוּשׁ שֶׁהוּחַמּוּ בְּשַׁבָּת מֵחֹום הַמֶּרְחָץ מַשְׁמַע שֶׁסּוֹבֵר שֶׁנִּשְׁתַּטְּפוּ בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ מע"ש וּלְעֵיל אָסַר רַבִּי יְהוּדָה גּוּפֵיהּ וְשֶׁמָּא יְחַלֵּק בֵּין שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב וּמִיהוּ בַּתּוֹסֶפְתָּא גָּרְסִינַן וְנִשְׁתַּטְּפוּ בְּצוֹנֵן אֶלָּא שֶׁחַמִּין שֶׁלּוֹ מְחֻופִּים וְלֹא יִסְבְּרוּ הָעוֹלָם שֶׁרָחֲצוּ בְּחַמִּין:
Le Kountras explique qu'ils n'avaient pas à craindre que cette eau ait chauffé pendant le jour sous l'effet de la chaleur de l'étuve. Cela laisse entendre qu'il tient qu'ils se sont rincés avec de l'eau chaude chauffée la veille de Chabbat, alors que plus haut Rabbi Yehuda lui-même l'a interdit ; peut-être distinguera-t-il entre le Chabbat et le jour de fête. Toutefois, dans la Tossefta nous lisons : et ils se rincèrent à l'eau froide, seulement son eau chaude était couverte — afin que les gens n'aillent pas penser qu'ils s'étaient baignés à l'eau chaude.
💡 Explication

Un précédent vient confirmer la baraita : deux maîtres de premier rang, Rabbi Elazar ben Azaria et Rabbi Akiva, ont pratiqué ainsi à Bene Berak. La précision sur les planches signale une circonstance atténuante de ce cas particulier ; les Sages la déclarent superflue, la permission valant même sans ce dispositif.

Le récit se retourne ensuite : l'usage a été interdit par la suite, à cause des transgresseurs dont le segment suivant donne l'identité. Une dernière clause préserve la promenade dans les ambatiaot, les grands bains urbains, parce qu'on y marche pour son chemin et non pour transpirer.

9
מַאי ״עוֹבְרֵי עֲבֵירָה״? דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: בַּתְּחִילָּה הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת. הִתְחִילוּ הַבַּלָּנִים לְהָחֵם בְּשַׁבָּת, וְאוֹמְרִים: מֵעֶרֶב שַׁבָּת הוּחַמּוּ. אָסְרוּ אֶת הַחַמִּין וְהִתִּירוּ אֶת הַזֵּיעָה. וַעֲדַייִן הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמִּין וְאוֹמְרִים: ״מַזִּיעִין אֲנַחְנוּ״. אָסְרוּ לָהֶן אֶת הַזֵּיעָה וְהִתִּירוּ חַמֵּי טְבֶרְיָה. וַעֲדַייִן הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמֵּי הָאוּר, וְאוֹמְרִים: בְּחַמֵּי טְבֶרְיָה רָחַצְנוּ. אָסְרוּ לָהֶן חַמֵּי טְבֶרְיָה וְהִתִּירוּ לָהֶן אֶת הַצּוֹנֵן. רָאוּ שֶׁאֵין הַדָּבָר עוֹמֵד לָהֶן, הִתִּירוּ לָהֶן חַמֵּי טְבֶרְיָה וְזֵיעָה בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת.

Que sont ces transgresseurs ? Car Rabbi Chimon ben Pazi a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi, au nom de Bar Kappara : au début, on se lavait avec de l'eau chauffée la veille de Chabbat.

Les baigneurs se mirent à chauffer l'eau pendant le Chabbat en disant : elle a été chauffée la veille de Chabbat. On interdit alors l'eau chaude et on permit la transpiration.

Et l'on continuait à se laver à l'eau chaude en disant : nous transpirons. On leur interdit alors la transpiration et on permit les eaux chaudes de Tibériade.

Et l'on continuait à se laver dans de l'eau chauffée au feu en disant : c'est dans les eaux chaudes de Tibériade que nous nous sommes lavés. On leur interdit alors les eaux chaudes de Tibériade et on leur permit l'eau froide.

Voyant que la chose ne tenait pas devant eux, on leur permit les eaux chaudes de Tibériade, et la transpiration demeura en l'état.

📜 Rachi (5)
מַאי עוֹבְרֵי עֲבֵירָה דְּקָאָמַר לְעֵיל שֶׁאָסְרוּ זֵיעָה עַל יְדֵיהֶן:
Ceux dont il a été question plus haut, à cause desquels on a interdit la transpiration.
אָסְרוּ לָהֶן אֶת הַחַמִּין לְגַמְרֵי:
Entièrement.
וַעֲדַייִן הָיוּ רוֹחֲצִין בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מבע"י:
De l'eau chauffée la veille, avant l'entrée du jour.
שֶׁאֵין הַדָּבָר עוֹמֵד שֶׁלֹּא הָיוּ צִיבּוּר יְכוֹלִין לְקַבֵּל מִתּוֹךְ שֶׁאָסְרוּ לָהֶם אֶת הַכֹּל:
Le public ne pouvait plus accepter ces mesures, du moment qu'on lui avait tout interdit.
בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת לְאִיסּוּר:
Elle demeure interdite.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' קָתָנֵי מֵי מְעָרָה דֻּומְיָא דְּמֵי טְבֶרְיָא מַה מֵי טְבֶרְיָא חַמִּין אַף מֵי מְעָרָה חַמִּין פִּי' שֶׁהוּחַמּוּ בְּאוֹר. מִדְּאָמַר מַנִּי ר"ש הִיא וְלָא רַבִּי יְהוּדָה הִיא דְּאָסַר בְּחַמִּין. וּפְלֻוגְתַּייְהוּ בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ בְּאוֹר. הָרוֹחֵץ דִּיעֲבַד אִין לְכַתְּחִלָּה לָא אַמֵּי מְעָרָה אֲבָל בְּמֵי טְבֶרְיָא שָׁרִי לְכַתְּחִלָּה כִּדְאָמַר לְעֵיל פֶּרֶק כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מ.) הִנִּיחוּ לָהֶם חַמֵּי טְבֶרְיָא וְלָא תְּנַן בְּמַתְנִי' חַמֵּי טְבֶרְיָא אֶלָּא לְגַלּוֹיֵי עָלֶיהָ דְּמֵי מְעָרָה דְּאַיְירֵי בְּחַמִּין וְרַב אִלְפָּס פִּי' דְּמֵי מְעָרָה אַייְרֵי בְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ מֵחֲמַת הַמְּעָרָה וְלֹא מִסְתַּבֵּר לְאָוסְרָן לְכַתְּחִלָּה מִסְתַּפֵּג אֲפִילּוּ בְּעֶשֶׂר אֲלוּנְטִית כו' א"ר חַייָּא בַּר אַבָּא א"ר יוֹחָנָן הֲלָכָה מִסְתַּפֵּג אָדָם בַּאֲלוּנְטִית וּמְבִיאָהּ בְּיָדוֹ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ וְלָא גָּזְרִינַן דִּלְמָא אָתֵי לִידֵי סְחִיטָה. א"ר חַיָּיא בַּר אַבָּא א"ר יוֹחָנָן הָאוֹלְייָרִין מְבִיאִין בַּלָּרֵי נָשִׁים לְבֵי בָּנֵי וּבִלְבַד שֶׁיִּתְכַּסֶּה בָּהֶן רֹאשׁוֹ וְרֻובּוֹ:
La guemara enseigne les eaux de grotte à l'image des eaux de Tibériade : de même que les eaux de Tibériade sont chaudes, de même les eaux de grotte sont chaudes, c'est-à-dire chauffées par le feu. Puisqu'il est dit de qui relève cet enseignement, de Rabbi Chimon, et non de Rabbi Yehuda qui interdit l'eau chaude, leur différend porte sur l'eau chauffée par le feu. La formule celui qui s'est lavé indique un fait accompli (bediavad) : cela vaut après coup, mais a priori (lekhathila) non, s'agissant des eaux de grotte. Dans les eaux de Tibériade, en revanche, c'est permis même a priori, comme il est dit plus haut au chapitre Kira (Chabbat 40a) : on leur a laissé les eaux chaudes de Tibériade. Et si la michna mentionne les eaux de Tibériade, c'est uniquement pour éclairer le cas des eaux de grotte et montrer qu'il s'agit d'eau chaude. Rav Alfas explique que les eaux de grotte sont des eaux chauffées par la chaleur de la grotte elle-même, et il n'est alors guère logique de les interdire a priori. On s'essuie même avec dix serviettes, etc. Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha est qu'un homme s'essuie avec une serviette et la rapporte à la main chez lui, et l'on ne décrète pas par crainte qu'il en vienne à l'essorer (sehita). Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : les baigneurs apportent les linges de bain des femmes à l'établissement de bains, à condition de s'en couvrir la tête et la majeure partie du corps.
💡 Explication

Le récit de Bar Kappara donne la généalogie complète des interdictions. Chaque décret répond à une ruse qui a vidé le précédent de son effet : les baigneurs chauffent l'eau le Chabbat et prétendent l'avoir chauffée la veille ; les gens se lavent en prétendant transpirer ; ils utilisent de l'eau du feu en prétendant venir de Tibériade.

La dernière étape est une leçon de gouvernement. Voyant que le public ne peut pas supporter une interdiction totale, les Sages consentent un recul limité : les eaux de Tibériade redeviennent permises. Le décret sur la transpiration, lui, reste en place, et c'est pourquoi l'usage attesté de Rabbi Akiva à Bene Berak n'a plus cours.

🖼️ Schéma
État final du droit au terme de tous les décrets Permis L'eau froide Les eaux chaudes de Tibériade Le visage, les mains et les pieds, à l'eau chauffée la veille Se promener dans les ambatiaot Se baigner dès la sortie du Chabbat selon Chmouel, dont l'avis est retenu Interdit Chauffer de l'eau le Chabbat Laver tout le corps à l'eau chaude, même chauffée la veille Transpirer dans l'étuve, y compris à yom tov Entrer dans un bain pour transpirer le décret sur la transpiration n'a jamais été levé
Ce qui demeure permis et ce qui demeure interdit une fois la séquence des décrets achevée.
10
אָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּעָבַר אַדְּרַבָּנַן, שָׁרִי לְמִיקְרֵי לֵיהּ ״עֲבַרְיָינָא״: כְּמַאן —

Rava a dit : celui qui transgresse une parole des Sages, il est permis de l'appeler avaryana (transgresseur). Selon qui —

⚖️ Rosh (2)
אָמַר רָבָא הַאי מַאן דְּעָבַר אַדְּרַבָּנַן שְׁרֵי לְמִיקַּרְייָה עֲבַרְייָנָא מִדְּקָרֵי עוֹבְרֵי עֲבֵירָה לְהָנֵי דְּרָחֲצִי בְּחַמִּין שֶׁהֻוחַמּוּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת. ת"ר לֹא יָשׁוּט אָדָם בִּבְרֵיכָה וְאַפֵּי' עוֹמֶדֶת בֶּחָצֵר וְאִי אִית לָהּ גְּדוּדֵי שָׁרִי פירש"י דְּדָמְיָא לִכְלִי אֲבָל אִי לֵית לָהּ דְּדָמְיָא לְנָהָר אָסוּר וּבִנְהַר אָסוּר לָשׁוּט שֶׁמָּא יַעֲשֶׂה חָבִית שֶׁל שַׁיָּיטִין:
Rava a dit : celui qui transgresse une parole des Sages, il est permis de l'appeler avaryana, puisque l'on a appelé transgresseurs ceux qui se lavaient dans de l'eau chauffée la veille de Chabbat. Nos maîtres ont enseigné : un homme ne nagera pas dans un bassin, même situé dans une cour ; et s'il a des rebords, c'est permis. Rachi explique qu'il ressemble alors à un ustensile, tandis que s'il n'en a pas il ressemble à une rivière et c'est interdit. Dans une rivière, il est interdit de nager, de peur qu'on n'en vienne à confectionner un tonneau de nageurs (une outre servant à se maintenir à flot).
ת"ר מִתְחַמֵּם אָדָם כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה וְיוֹצֵא וּמִשְׁתַּטֵּף בְּצוֹנֵן וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִשְׁתַּטֵּף וְיִתְחַמֵּם כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה מִפְּנֵי שֶׁמַּפְשִׁיר מַיִם שֶׁעָלָיו לְכָךְ צָרִיךְ אָדָם לִיזָּהֵר אַחַר שֶׁנָּטַל יָדָיו שֶׁלֹּא יְחַמֵּם אוֹתָם נֶגֶד הַמְּדוּרָה עַד שֶׁיְּנַגְּבֵם תְּחִלָּה: ת"ר מֵיחֵם אָדָם אֲלוּנְטִית וּמַנִּיחָהּ עַל גַּבֵּי בְּנֵי מֵעַייִם בְּשַׁבָּת וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָבִיא קוֹמְקוּמוֹס שֶׁל חַמִּין וְיַנִּיחַ עַל גַּבֵּי בְּנֵי מֵעַיִים בְּשַׁבָּת וְדָבָר זֶה אֲפִילּוּ בַּחוֹל אָסוּר מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה:
Nos maîtres ont enseigné : un homme se réchauffe devant le foyer, puis sort et se rince à l'eau froide, à condition de ne pas se rincer d'abord pour se réchauffer ensuite devant le foyer, car il attiédirait ainsi l'eau qui est sur lui. C'est pourquoi il faut prendre garde, après s'être lavé les mains, de ne pas les réchauffer devant le foyer avant de les avoir d'abord essuyées. Nos maîtres ont enseigné : un homme réchauffe une serviette et la pose sur le ventre pendant le Chabbat, à condition de ne pas apporter une bouilloire d'eau chaude et de la poser sur le ventre pendant le Chabbat. Cela est d'ailleurs interdit même en semaine, à cause du danger.
💡 Explication

Rava tire une conséquence de vocabulaire du récit précédent. Puisque la baraita a qualifié de transgresseurs des gens qui contournaient un décret rabbinique, le terme avaryana s'applique légitimement à quiconque enfreint une parole des Sages, et son emploi ne constitue pas une insulte interdite.

La question qui suit, selon qui, cherche le tana dont cette qualification reflète l'avis. Le texte s'interrompt ici et la réponse se trouve au folio suivant.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).