Shabbat 44b — Le lit désigné pour l'argent : l'enseignement de Rav reformule, et l'objection de la mokhni

Shabbat 44b

Sougya : Rav Na'hman bar Yits'hak achève son objection : si la lampe neuve, faite pour être allumée, reste permise tant qu'on ne l'a pas allumée, un lit, qui n'est pas fait pour l'argent, doit l'être à plus forte raison. La guemara reformule donc l'enseignement de Rav : un lit désigné pour l'argent devient mouktse seulement si l'on y a effectivement posé de l'argent ; un lit non désigné est interdit tant que l'argent s'y trouve, ou s'il s'y trouvait pendant tout bein hachmachot.

Rabbi Eliezer (selon Oula) objecte par la Michna de Kelim sur la mokhni de la chida (voiture de bois) : on ne la tire pas quand il y a de l'argent dessus, ce qui laisse entendre qu'on la tire des que l'argent est enlevé. Réponse : cette Michna suit Rabbi Chimon, qui ne reconnaît pas le mouktse, et Rav suit Rabbi Yehouda.

L'enseignement de Rav (version retenue) : peut-on déplacer le lit le Chabbat ? Un lit (mita) Désigné pour l'argent (yi'houd) Non désigné (lit ordinaire) On y a posé de l'argent une fois, même en semaine, même retiré avant Chabbat On n'y a jamais posé d'argent INTERDIT PERMIS L'argent est dessus maintenant (Chabbat) Pas d'argent dessus était-il dessus pendant tout bein hachmachot ? INTERDIT non : PERMIS oui : INTERDIT tout le jour Désignation seule = rien. Désignation + usage = mouktse. Sans désignation, seul compte l'argent présent le Chabbat ou pendant bein hachmachot (Rav suit Rabbi Yehouda).
Les quatre cas de Rav tels que la guemara les reformule, avec la condition finale de bein hachmachot (Rachi : ce qui était mouktse à bein hachmachot le reste tout le jour).
Déroulement de la sougya 1. Objection Lampe neuve, faite pour l'allumage : permise. Lit, à plus forte raison (kal va-homer) 2. Reformulation Rav : il faut désignation ET argent posé ; sinon, argent présent ou bein hachmachot 3. Objection (R. Eliezer) Mokhni : interdite quand l'argent est dessus. Donc permise sans argent, même s'il y était à bein hach. 4. Réponse Cette Michna = Rabbi Chimon (pas de mouktse). Rav suit Rabbi Yehouda. Nafka mina : la mokhni (ou le lit) sans argent, alors qu'il y en avait à bein hachmachot Rabbi Yehouda (Rav) mouktse à bein hachmachot = interdit tout le Chabbat Rabbi Chimon (Michna de Kelim) seul compte l'argent présent : une fois enlevé, permis
Les quatre temps du folio et la conséquence pratique qui sépare Rabbi Yehouda de Rabbi Chimon.
1
וּמַה נֵר דִּלְהָכִי עֲבִידָא, כִּי לָא אַדְלֵיק בָּהּ שְׁרֵי לְטַלְטוֹלַהּ — מַטָּה דְּלָאו לְהָכִי עֲבִידָא לֹא כָּל שֶׁכֵּן?! אֶלָּא אִי אִיתְּמַר, הָכִי אִיתְּמַר: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מִטָּה שֶׁיִּחֲדָהּ לְמָעוֹת, הִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת — אָסוּר לְטַלְטְלָהּ, לֹא הִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת — מֻותָּר לְטַלְטְלָהּ. לֹא יִחֲדָהּ לְמָעוֹת, יֵשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת — אָסוּר לְטַלְטְלָהּ, אֵין עָלֶיהָ מָעוֹת — מֻותָּר לְטַלְטְלָהּ. וְהוּא שֶׁלֹּא הָיוּ עָלֶיהָ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת.

Et si une lampe, qui est faite pour cela (l'allumage), il est permis de la déplacer tant qu'on ne l'a pas allumée, un lit, qui n'est pas fait pour cela, ne l'est-il pas à plus forte raison ?! Mais s'il a été dit, voici ce qui a été dit : Rav Yehouda a dit au nom de Rav : un lit qu'on a désigné pour l'argent, si l'on y a posé de l'argent, il est interdit de le déplacer ; si l'on n'y a pas posé d'argent, il est permis de le déplacer.

Si on ne l'a pas désigné pour l'argent : s'il y a de l'argent dessus, il est interdit de le déplacer ; s'il n'y a pas d'argent dessus, il est permis de le déplacer. Et cela, à condition que l'argent n'y ait pas été pendant bein hachmachot (le crépuscule de l'entrée du Chabbat).

📜 Rachi (4)
הִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת אֲפִילּוּ בְּחוֹל הֲרֵי הֻוקְצָה לְאִיסּוּר וְאָסוּר לְטַלְטְלָהּ וַאֲפִילּוּ נִסְתַּלְּקוּ הַמָּעוֹת מִבְּעוֹד יוֹם וְלָא דָּמֵי לְנֵר שֶׁל מַתֶּכֶת דְּשָׁרֵי רַבִּי יְהוּדָה דְּהָתָם בְּלֹא יִחֲדוֹ:
Même en semaine : il est devenu mouktse (mis à l'écart) par interdit, et il est interdit de le déplacer, même si l'argent a été retiré alors qu'il faisait encore jour. Ce cas ne ressemble pas à la lampe de métal que Rabbi Yehouda permet, car là il n'y a pas eu de désignation.
לֹא יִחֲדָהּ לְמָעוֹת אֵין עָלֶיהָ מָעוֹת בְּשַׁבָּת:
Il n'y a pas d'argent dessus pendant le Chabbat.
מֻותָּר לְטַלְטְלָהּ ואע"ג דְּהִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת בְּחוֹל:
Bien qu'on y ait posé de l'argent en semaine.
וְהוּא שֶׁנִּסְתַּלְּקוּ מִבְּעוֹד יוֹם. שֶׁלֹּא הָיוּ עָלֶיהָ כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת אֲבָל הָיוּ עָלֶיהָ כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת אִיתַּקְצִי לְכֻולֵּי יוֹמָא:
Qu'on ait retiré l'argent alors qu'il faisait encore jour, de sorte qu'il n'y était pas pendant tout bein hachmachot. Mais s'il y était pendant tout bein hachmachot, le lit est mouktse pour toute la journée.
🗂️ Tossefot (3)
וּמַה נֵר דִּלְהָכִי עֲבִידָא כּוּ' פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּדִייֵּק מִדְּקָתָנֵי אֲבָל לֹא יָשָׁן מַשְׁמַע דַּוְקָא יָשָׁן אֲבָל חָדָשׁ אֲפִילּוּ יִחֲדוֹ וְקָשֶׁה לר"י דִּלְמַאי דְּמַסִּיק נָמֵי מִטָּה שֶׁיִּחֲדָהּ וְהִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת כו' תִּקְשֶׁה לֵיהּ מִנֵּר שֶׁל מַתֶּכֶת דְּשָׁרֵי ר' יְהוּדָה אֲפִילּוּ יִחֲדוֹ לְעֵיל מִדְּקָתָנֵי חוּץ מִן הַנֵּר שֶׁהִדְלִיקוּ בָּהּ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת אֲבָל לֹא הִדְלִיקוּ בָּהּ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת אע"פ שֶׁיִּחֲדָהּ וְהִדְלִיקוּ בָּהּ בְּחוֹל שָׁרִי וְנִרְאֶה לר"י דְּלָא דָּיֵיק כְּלָל מִדְּקָתָנֵי אֲבָל לֹא יָשָׁן אֶלָּא דַּוְקָא בְּנֵר שֶׁל חֶרֶס הוּא דְּקָאָמַ' דִּלְהָכִי עֲבִידָא שֶׁתְּחִלַּת עֲשִׂייָּתָהּ הִיא לְהַדְלָקָה וְהָוֵי כְּמוֹ יִחוּד שֶׁמִּיָּד שֶׁמַּדְלִיקִין בָּהּ פַּעַם אַחַת נִמְאֶסֶת וְאֵין רְאוּיָה לְתַשְׁמִישׁ אַחֵר וּלְכָךְ תְּחִלַּת עֲשִׂיָּיתָהּ אֵינָהּ אֶלָּא לְהַדְלָקָה אע"פ שֶׁרְאוּיָה לְתַשְׁמִישׁ אַחֵר בֵּין עֲשִׂייָּה לְהַדְלָקָה מ"מ אֵין עוֹשִׂין אוֹתָהּ לְכָךְ שֶׁאֵין זֶה אֶלָּא זְמַן מוּעָט אֲבָל בְּנֵר מַתֶּכֶת אֵין עֲשִׂיָּיתָהּ לְהַדְלָקָה לְבַד דִּרְאוּיָה כָּל שָׁעָה לְתַשְׁמִישׁ אַחֵר:
Le Kountrass (Rachi) a expliqué que Rav Na'hman déduit sa question des mots de la Michna mais pas une vieille : seule la vieille est interdite, mais la neuve est permise même si on l'a désignée. Le Ri trouve cela difficile : selon la conclusion aussi (un lit qu'on a désigné et sur lequel on a posé de l'argent, etc.), on devrait objecter à partir de la lampe de métal, que Rabbi Yehouda permet même désignée, plus haut, puisqu'il enseigne : sauf la lampe qu'on a allumée ce Chabbat. Donc si on ne l'a pas allumée ce Chabbat, même si on l'a désignée et allumée en semaine, elle est permise. Le Ri pense donc que Rav Na'hman ne déduit rien des mots mais pas une vieille. Il parle seulement de la lampe d'argile quand il dit qu'elle est faite pour cela : sa fabrication même est destinée à l'allumage, et cela équivaut à une désignation, car dès qu'on l'allume une fois elle devient répugnante et impropre à tout autre usage. Aussi sa fabrication n'a d'autre but que l'allumage ; même si entre la fabrication et l'allumage elle pourrait servir à autre chose, on ne la fabrique pas pour cela, car il ne s'agit que d'un court laps de temps. La lampe de métal, en revanche, n'est pas fabriquée pour l'allumage seul, car elle peut servir à tout moment à un autre usage.
לֹא הִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת מֻותָּר לְטַלְטְלָהּ וַחֲצוֹצְרוֹת דְּאָסַר ר' יְהוּדָה לְעֵיל (שַׁבָּת דַּף לוֹ.) נִרְאֶה לר"י דְּאָסַר אַפֵּי' לֹא תָּקַע בָּהּ דַּחֲצוֹצְרוֹת לָא חַזְיָא אֶלָּא לִתְקִיעָה וְאֵין לְחַלֵּק בֵּין תָּקַע לְלֹא תָּקַע אֲבָל מִטָּה וְנֵר חֲזִי לְתַשְׁמִישׁ אַחַרְיַנָא:
Quant aux trompettes, que Rabbi Yehouda interdit plus haut (Chabbat 36a), il semble au Ri qu'il les interdit même si l'on n'en a pas sonné, car les trompettes ne servent qu'à sonner, et on ne peut distinguer entre le cas où l'on en a sonné et celui où l'on n'en a pas sonné. Le lit et la lampe, eux, peuvent servir à un autre usage.
יֵשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת אָסוּר לְטַלְטְלָהּ ע"כ בְּמַנִּיחַ אַייְרֵי דִּבְשָׁכַח תְּנַן פֶּרֶק נוֹטֵל (לְקַמָּן קָמִיב:) מְנַעֵר הַכַּר וְהֵן נוֹפְלוֹת וּבְמַנִּיחַ בְּשַׁבָּת אַייְרֵי דִּבְהִנִּיחַ מִבְּעוֹד יוֹם וְהָיוּ עָלֶיהָ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת אֲפִילּוּ אֵין עָלֶיהָ מָעוֹת אָסוּר לְטַלְטְלָהּ כִּדְקָאָמַר בְּסֵיפָא דְּמִילְּתֵיהּ וְקָשֶׁה דְּאֵיךְ יָכוֹל לִהְיוֹת שֶׁמַּנִּיחַ לָדַעַת בְּשַׁבָּת וְי"ל כְּגוֹן שֶׁהִנִּיחַ נָכְרִי אוֹ תִּינוֹק לְדַעַת יִשְׂרָאֵל וְא"ת אַמַּאי לָא מוֹכַח מֵהָכָא בְּפֶ' אֵין צָדִין (בֵּיצָה כו:) דְּאֵין מֻוקְצֶה לַחֲצִי שַׁבָּת וְי"ל דְּאִיכָּא לְאוֹקְמָא כְּגוֹן שֶׁהִנִּיחָם לְדַעַת יִשְׂרָאֵל כְּדֵי לַהֲסִירָם אַחַר שָׁעָה וְהָווּ כִּגְמָרוֹ בִּידֵי אָדָם וּלְמַאי דְּפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּהָא דְּיֵשׁ מֻוקְצֶה לַחֲצִי שַׁבָּת הַיְינוּ בְּאִיסּוּר אֲכִילָה וְלֹא בְּטִלְטוּל א"ש:
Il s'agit forcément du cas où l'on a posé l'argent volontairement, car pour le cas de l'oubli, nous avons appris au chapitre Notel (plus loin 142b) : il secoue le coussin et l'argent tombe. Et il s'agit du cas où on l'a posé pendant le Chabbat, car si on l'a posé alors qu'il faisait encore jour et qu'il était dessus à bein hachmachot, le lit est interdit même sans argent dessus, comme il le dit à la fin de son enseignement. Difficulté : comment peut-on poser de l'argent volontairement le Chabbat ? On peut répondre : par exemple, un non-Juif ou un enfant l'a posé avec l'accord du Juif. Et si tu demandes : pourquoi, au chapitre Ein tsadin (Beitsa 26b), ne prouve-t-on pas d'ici qu'il n'y a pas de mouktse pour une partie du Chabbat ? On peut répondre qu'on peut établir le cas où il les a fait poser avec l'accord du Juif pour les retirer une heure plus tard, ce qui équivaut à une chose qui dépend d'une action humaine. Et selon ce que j'ai expliqué plus haut, à savoir que la règle il y a mouktse pour une partie du Chabbat concerne l'interdit de manger et non celui de déplacer, tout s'explique bien.
💡 Explication

Rav Na'hman bar Yits'hak conclut par un kal va-homer : la lampe neuve d'argile est faite pour être allumée, et Rabbi Yehouda la permet pourtant tant qu'elle n'a pas servi. Un lit n'est pas fabriqué pour l'argent : une simple désignation (yi'houd) ne peut donc pas le rendre mouktse.

La guemara reformule alors Rav. Pour un lit désigné, il faut la désignation et un usage effectif (de l'argent posé, même en semaine). Pour un lit ordinaire, seul compte l'argent présent : pendant le Chabbat, ou pendant tout bein hachmachot. Selon Rabbi Yehouda, un objet mouktse au moment où le Chabbat commence le reste toute la journée.

2
אָמַר עֻולָּא, מֵתִיב רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: מֻוכְנִי שֶׁלָּהּ בִּזְמַן שֶׁהִיא נִשְׁמֶטֶת, אֵין חִבּוּר לָהּ וְאֵין נִמְדֶּדֶת עִמָּהּ וְאֵין מַצֶּלֶת עִמָּהּ בְּאֹהֶל הַמֵּת וְאֵין גּוֹרְרִין אוֹתָהּ בְּשַׁבָּת — בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת.

Oula a dit : Rabbi Eliezer a objecté (à partir de la Michna) : sa mokhni (celle de la chida), quand elle est détachable, n'est pas considérée comme reliée à elle, elle n'est pas mesurée avec elle, elle ne protège pas avec elle dans la tente du mort, et on ne la tire pas le Chabbat quand il y a de l'argent dessus.

📜 Rachi (5)
מוּכְנִי שֶׁלָּהּ גַּבֵּי שִׁידָּה תְּנַן בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים וְהִיא עֲגָלָה שֶׁל עֵץ מֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת לְמֶרְכָּב אֲנָשִׁים וְנָשִׁים. מוּכְנִי אֹופֶן:
Nous l'avons appris à propos de la chida, dans le traité Kelim. C'est une voiture de bois entourée de parois, pour le transport des hommes et des femmes. La mokhni est la roue.
בִּזְמַן שֶׁהִיא נִשְׁמֶטֶת כְּעֵין אוֹפַנֵּי עֲגָלָה שֶׁלָּנוּ שֶׁאָדָם יָכוֹל לְסַלְּקוֹ מִן הָעֲגָלָה:
Comme les roues de nos voitures, qu'on peut retirer de la voiture.
אֵינוֹ חִיבּוּר לָהּ דַּחֲשׁוּבָה הִיא כְּלִי לְעַצְמָהּ דְּאִי שִׁידָּה בַּת קַבּוֹלֵי טֻומְאָה הִיא כְּגוֹן שֶׁאֵינָהּ מַחֲזֶקֶת מ' סְאָה בְּלַח וְנִטְמְאָה הַשִּׁידָּה לֹא נִטְמָא הַמּוּכְנִי וְאִי לָאו בַּת קַבּוֹלֵי טֻומְאָה הִיא וְנָגְעָה טֻומְאָה בַּמּוּכְנִי הַמּוּכְנִי טְמֵאָה לְעַצְמָהּ דְּלָא חֲשִׁיבָה מִשִּׁידָּה וְהִיא מְטַלְטְלָהּ מְלֵאָה וְרֵיקָנִית דְּיֵשׁ לָהּ בֵּית קִיבּוּל:
Car elle est considérée comme un récipient à part. Si la chida peut recevoir l'impureté, par exemple si elle ne contient pas quarante sea de liquide, et qu'elle est devenue impure, la mokhni n'est pas devenue impure. Et si la chida ne peut pas recevoir l'impureté, et que l'impureté a touché la mokhni, la mokhni est impure à elle seule, car elle n'est pas considérée comme partie de la chida, et elle se déplace pleine et vide puisqu'elle a un réceptacle.
וְאֵינָהּ נִמְדֶּדֶת עִמָּהּ לְעִנְיַן טֻומְאָה כִּדְפָרֵישִׁית דִּכְלִי עֵץ הַמַּחֲזִיק מ' סְאָה בַּלַּח שֶׁהֵן כֹּורַיִים בַּיָּבֵשׁ טָהוֹר כִּדְאָמְרִי' בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין (דַּף לה.) דִּכְלִי עֵץ אִיתַּקַּשׁ לְשַׂק שֶׁיְּהֵא מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן וְזוֹ אֵינוֹ מִיטַּלְטֵל מָלֵא וּתְנַן בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים וּמָיְיתִינַן בגמ' דִּמְנָחוֹת הַשִּׁידָּה בּ"ה אוֹמְרִים נִמְדֶּדֶת מִבַּחוּץ דְּרוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא עוֹמֶדֶת בְּתוֹךְ כְּלִי גָּדוֹל וְאִם מַחֲזִיק אוֹתוֹ כְּלִי מ' סְאָה טְהוֹרָה הַשִּׁידָּה ואע"פ שֶׁהִיא אֵינָהּ מַחֲזֶקֶת מ' סְאָה דְּקָסָבַר אַף עָובְיָהּ נִמְדָּד עִמָּהּ וְהַמּוּכְנִי אֵינוֹ נִמְדָּד עִמָּהּ לְהַשְׁלִים דְּרוֹאִין כְּאִילּוּ נִיטַּל הַמּוּכְנִי וְאַחַ"כּ תִּנָּתֵן הַשִּׁידָּה לְתוֹךְ הַכְּלִי:
Pour la question de l'impureté, comme je l'ai expliqué : un récipient de bois qui contient quarante sea de liquide, soit deux kor de sec, est pur, comme nous le disons au chapitre Bameh madlikin (35a), car le récipient de bois est comparé au sac, qui doit se déplacer plein et vide, et celui-ci ne se déplace pas plein. Nous avons appris dans le traité Kelim, et on le cite dans la guemara de Mena'hot : la chida, Beit Hillel disent qu'on la mesure de l'extérieur : on la considère comme si elle se trouvait dans un grand récipient, et si ce récipient contient quarante sea, la chida est pure, même si elle-même ne contient pas quarante sea, car il pense que son épaisseur aussi est mesurée avec elle. Et la mokhni n'est pas mesurée avec elle pour compléter la mesure : on considère comme si on avait retiré la mokhni, puis qu'on avait placé la chida dans le récipient.
וְאֵינָהּ מַצֶּלֶת עִמָּהּ בְּאֹהֶל הַמֵּת דְּאִם הַשִּׁידָּה מַחֲזֶקֶת מ' [סְאָה] דְּאֵינָהּ מְקַבֶּלֶת טֻומְאָה מַצֶּלֶת בְּאֹהֶל הַמֵּת וְהָוֵי אֹהֶל לְעַצְמָהּ וְלֹא שֶׁנִּכְנְסָה לַבַּיִת שֶׁהַמֵּת בּוֹ דא"כ אֵין כָּאן הַצָּלָה שֶׁהֲרֵי הַגַּג מַאֲהִיל עַל הַטְּהָרוֹת מִלְמַעְלָה אֶלָּא כְּגוֹן שֶׁנִּכְנְסָה לְבֵית הַקְּבָרוֹת כִּדְאָמְרִינַן בְּעֵירוּבִין ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אַף בבה"ק מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לַחוּץ בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל בְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין דְּקָסָבַר אֹהֶל זָרוּק כְּלוֹמַר אֹהֶל הַמִּיטַּלְטֵל שְׁמֵיהּ אֹהֶל וּמַפְסִיק כְּלַפֵּי הַטֻּומְאָה וְהַמּוּכְנִי אִם הוּא גָּבוֹהַּ מְדֻופְּנֵי הַשִּׁידָּה וְכֵלִים [בּוֹלְטִים] מִלְמַעְלָה מְדֻופְּנֵי הַשִּׁידָּה וְגֹובַהּ הַמּוּכְנִי מֵגֵין עֲלֵיהֶם אֵינוֹ מַצִּילָן דְּמוּכְנִי כְּלִי הוּא לְעַצְמוֹ וּמְקַבֵּל טֻומְאָה וְאֵינוֹ חוֹצֵץ בִּפְנֵי הַטֻּומְאָה וְרַבּוֹתַי דּוֹחֲקִין וּמְפָרְשִׁין אוֹתָהּ בְּאֹהֶל הַמֵּת מַמָּשׁ וּבְשֶׁל חֶרֶס הַמֻּוקֶּפֶת צָמִיד פָּתִיל וְהַרְבֵּה תְּשׁוּבוֹת יֵשׁ חֲדָא דְּנִמְדֶּדֶת לֹא שַׁיָּיךְ בְּשֶׁל חֶרֶס דְּלָא אִיתַּקַּשׁ לְשַׂק וּבֵין מִיטַּלְטֵל וּבֵין אֵינוֹ מִיטַּלְטֵל טָמֵא וְעוֹד אִם הַמּוּכְנִי מֻוקָּף צָמִיד פָּתִיל יַצִּיל בִּפְנֵי עַצְמוֹ כֵּלִים שֶׁבְּתוֹכוֹ וְעוֹד בְּפֵירוּשׁ נִשְׁנֵית בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים בְּהִלְכוֹת כְּלֵי עֵץ וְהִלְכוֹת כְּלֵי חֶרֶס נִשְׁנוּ לְבַדָּן וְהִלְכוֹת כְּלֵי עֵץ נִשְׁנוּ לְבַדָּן:
Car si la chida contient quarante sea, elle ne reçoit pas l'impureté, elle protège dans la tente du mort et constitue une tente par elle-même. Il ne s'agit pas du cas où elle est entrée dans une maison où se trouve le mort, car alors il n'y aurait aucune protection, puisque le toit recouvre les objets purs par-dessus. Il s'agit par exemple du cas où elle est entrée dans un cimetière, comme nous le disons dans Erouvin, au chapitre Bakol meʿarvin : Rabbi Yehouda dit, même dans un cimetière, car il peut s'isoler au moyen d'une chida, d'un coffre ou d'une armoire. Il pense en effet qu'une tente projetée, c'est-à-dire une tente mobile, porte le nom de tente et fait écran face à l'impureté. Quant à la mokhni, si elle est plus haute que les parois de la chida, et que des objets dépassent au-dessus des parois de la chida et que la hauteur de la mokhni les abrite, elle ne les protège pas, car la mokhni est un récipient à part, elle reçoit l'impureté et ne fait pas écran face à l'impureté. Mes maîtres se forcent à l'expliquer d'une vraie tente du mort, et d'une chida d'argile fermée par un couvercle scellé (tsamid patil). Il y a beaucoup de réfutations. D'abord, la mesure ne s'applique pas à un récipient d'argile, qui n'est pas comparé au sac : qu'il se déplace ou non, il est impur. Ensuite, si la mokhni était entourée d'un couvercle scellé, elle protégerait à elle seule les objets qu'elle contient. Enfin, cela est enseigné explicitement dans le traité Kelim parmi les lois des récipients de bois ; les lois des récipients d'argile ont été enseignées à part et celles des récipients de bois à part.
🗂️ Tossefot (3)
מוּכְנִי שֶׁלָּהּ פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּגַבֵּי שִׁידָּה תְּנַן לָהּ בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (פי"ח מ"א) וְהִיא עֲשׂוּיָה לְמִרְכֶּבֶת אֲנָשִׁים וְנָשִׁים וְאֵין נִרְאֶה לְרִ"י דְּאִי חָזְיָא לְמִדְרָס לֹא שַׁיָּיךְ בָּהּ מְדִידָה דְּלָא אִיתַּקַּשׁ לְשַׂק וְלָא בָּעֵינַן מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוּרוֹח לַח. וְשָׁם) דְּפָרִיךְ וְשֶׁאֵין לוֹ תּוֹךְ בִּכְלִי שֶׁטֶף מְקַבֵּל טֻומְאָה הוּא וְהָא דֻּומְיָא דְּשַׂק בָּעֵינַן וּמְשַׁנֵּי בְּהָנָךְ דַּחֲזוּ לְמִדְרָסוֹת לְכָךְ נִרְאֶה דְּאֵינָהּ עֲשׂוּיָה אֶלָּא לְכֵלִים וְהָא דְּאָמַר לְקַמָּן בְּפֶרֶק רַבִּי עֲקִיבָא (שַׁבָּת דַּף סד. וְשָׁם) שָׁלֹשׁ תֵּיבוֹת הֵן תֵּיבָה שֶׁפִּתְחָהּ מִצִּדָּהּ טְמֵאָה מִדְרָס מִלְּמַעְלָה טְמֵא מֵת פִּי' אֲבָל מִדְרָס לֹא לְפִי שֶׁאוֹמְרִים עֲמוֹד וְנַעֲשֶׂה מְלַאכְתֵּנוּ וְהַבָּאָה בְּמִדָּה טְהוֹרָה מִכְּלוּם פִּי' שֶׁיֵּשׁ לָהּ מ' סְאָה אור"י דְּצָרִיךְ לוֹמַר דְּלָא קָאֵי אַפִּתְחָהּ מִצִּדָּהּ דְּכֵיוָן דְּחַזְיָא לְמִדְרָס אֲפִילּוּ בָּאָה בְּמִדָּה טְמֵאָה כִּדְפֵי'):
Le Kountrass a expliqué que nous l'avons appris à propos de la chida dans le traité Kelim (18, 1), et qu'elle sert au transport des hommes et des femmes. Cela ne semble pas juste au Ri : si elle pouvait servir de siège (midrass), la mesure ne s'y appliquerait pas, car elle n'est pas comparée au sac et on n'exige pas qu'elle se déplace pleine et vide, comme on le prouve au chapitre Elou moumin (Bekhorot 38a), où l'on objecte : un récipient de bois lavable sans intérieur reçoit-il l'impureté ? Nous exigeons qu'il ressemble au sac ! Et on répond : il s'agit de ceux qui servent de siège. Il semble donc qu'elle ne sert qu'à transporter des objets. Quant à ce qu'on dit plus loin au chapitre Rabbi Akiva (Chabbat 64a) : il y a trois coffres ; le coffre dont l'ouverture est sur le côté est impur de midrass ; celui dont l'ouverture est au-dessus est impur de l'impureté du mort (c'est-à-dire pas de midrass, car on dit à celui qui s'y assoit : lève-toi, que nous fassions notre travail) ; et celui qui atteint la mesure est pur de tout (c'est-à-dire qu'il contient quarante sea). Le Ri dit qu'il faut dire que cette dernière clause ne se rapporte pas au coffre ouvert sur le côté, car puisqu'il sert de siège, même s'il atteint la mesure il est impur (comme on l'a expliqué).
וְאֵין מַצֶּלֶת עִמָּהּ בְּאֹהֶל הַמֵּת פֵּי' בַּקּוּנְטְ' בְּבֵית הַקְּבָרוֹת שֶׁהַכֵּלִים עַל דָּופְנֵי הַשִּׁידָּה וְקָשֶׁה דְּמִי יָבִיא טוֹמֵא' עַל הַכֵּלִים וּמְפָרֵשׁ רִיבָ"א דְּמַיְירֵי שַׁפִּיר דְּקַיְימָא הַשִּׁידָּה בְּאֹהֶל הַמֵּת וּמֻוקֶּפֶת צָמִיד פָּתִיל ואע"ג דִּכְלִי עֵץ אֵינוֹ מַצִּיל בְּצָמִיד פָּתִיל הֵיכָא דִּמְקַבֵּל אַרְבָּעִים סְאָה מַצִּיל כֵּיוָן דְּלָא מְקַבֵּל טֻומְאָה כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים וְאֵלּוּ מַצִּילִין בְּצָמִיד פָּתִיל כְּלֵי גְלָלִים כו' וּכְלֵי עֵץ הַטְּהוֹרִים וְאֵין צ"ל דְּמוּכְנִי יֵשׁ לוֹ בֵּית קִיבּוּל אֶלָּא פְּשׁוּטֵי כְלֵי עֵץ הוּא וְיֵשׁ נֶקֶב בְּשִׁידָּה בְּצִדָּהּ וְהַכֵּלִים בְּתוֹךְ הַשִּׁידָּה וְהַמּוּכְנִי חוֹפֶפֶת שָׁם וּמְמַעֶטֶת אוֹתוֹ נֶקֶב עַד שֶׁאֵין נִשְׁאַר פּוֹתֵחַ טֶפַח וְקָאָמַר כֵּיוָן דְּנִשְׁמֶטֶת אֵינוֹ מְמַעֵט דְּדַוְקָא כִּי מְבַטְּלוֹ שָׁם מְמַעֵט בַּחַלּוֹן כִּדְמוֹכַח בְּלֹא יַחְפֹּור (ב"ב כ: וְשָׁם) דְּפָרִיךְ אַהָא דְּקָתָנֵי דִּכְלִי חֶרֶס מְמַעֵט בַּחַלּוֹן הָא קָחָזֵי לֵיהּ פִּי' וְלֹא מְבַטֵּל הָתָם וְהֵיכִי מְמַעֵט וּמְשַׁנֵּי דִּמְטֻונָּף וּמַייְרֵי שֶׁאֵינוֹ סוֹתֵם כָּל הַנֶּקֶב דְּאִם סוֹתֵם כָּל הַנֶּקֶב אַפֵּי' אֵינוֹ מְבַטְּלוֹ שָׁם סוֹתֵם כִּדְאָמַר בְּפֶ' בָּתְרָא (דַּף קנז.) בִּימֵי אַבָּא שָׁאוּל בֶּן בָּטְנִית פָּקְקוּ אֶת הַמָּאוֹר בְּטָפִיחַ וְהָתָם לֹא בִּטְּלוּהוּ שֶׁאִם בִּיטְּלוּהוּ בְּשַׁבָּת הָיָה חַייָּב מִשּׁוּם בּוֹנֶה דְּהָא מוֹסִיפִים עַל הַבִּנְיָן אֶלָּא וַדַּאי בְּלֹא בִּיטּוּל אַייְרֵי וְאַפֵּ"ה סוֹתֵם וּבִכְלִי עֵץ אָמְרִינַן נָמֵי בְּפֶ' בָּתְרָא דִּמְגִילָּה (דַּף כו:) הַהִיא בֵּי כְנִישְׁתָּא דְּרוֹמָאֵי דַּהֲוָת פְּתִיחָה לְהַהוּא אִנְדְּרוֹנָא דְּהָווּ מַחֲתִי בָּהּ מִיתֵי בָּעוּ כָּהֲנֵי לְמֵיזַל לְצַלּוֹיֵי הָתָם אֲמַרוּ לֵיהּ לְרָבָא אֲמַר לְהוּ זִילוֹ דְּלוּ תֵּיבוּתֵהּ וְאוֹתְבוּהוּ אַבָּבָא דה"ל כְּלִי עֵץ הֶעָשׂוּי לְנַחַת וּמִסְּתָמָא לֹא הָיוּ מְבַטְּלִין אוֹתוֹ שָׁם שֶׁהֲרֵי ס"ת מַנִּיחִין בְּתוֹכוֹ וּמִיהוּ תֶּבֶן וּגְרוֹגָרוֹת אֵין לָהֶם דִּין כֵּלִים דְּאַפֵּי' סוֹתְמִין כָּל הַחַלּוֹן צְרִיכִין בִּיטּוּל כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק לֹא יַחְפֹּור (ב"ב יט:) ולר"ת אֵין נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּמוּכְנִי הָוֵי אֹופֶן דְּאֵין דֶּרֶךְ לְהַנִּיחַ מָעוֹת עַל הָאֹופֶן דְּקָתָנֵי וְאֵין גּוֹרְרִין אוֹתָהּ בְּשַׁבָּת בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת וּמְפָרֵשׁ דְּמוּכְנִי הַיְינוּ כֵּן שֶׁל שִׁידָּה כְּמוֹ אֶת הַכִּיֹּור וְאֶת כַּנּוֹ (שְׁמוֹת ל׳:כ״ח) וּכְמוֹ מְכֻוָּנוֹת בִּמְלָכִים (א ז) פִּי' בָּסִיס שֶׁהַשִּׁידָּה מֻונַּחַת עָלָיו וְיֵשׁ בַּשִּׁידָּה נֶקֶב מִתַּחְתֶּיהָ כְּנֶגֶד הַמּוּכְנִי וְהִיא בבה"ק וְהַטֻּומְאָה נִכְנֶסֶת דֶּרֶךְ נֶקֶב בַּשִּׁידָּה וְאֵין הַמּוּכְנִי מַצֶּלֶת כֵּיוָן שֶׁהִיא נִשְׁמֶטֶת וְאֵין מְבַטְּלִין אוֹתָהּ שָׁם וּמַייְרֵי נָמֵי שֶׁאֵין סוֹתֶמֶת כָּל הַנֶּקֶב אֶלָּא מְמַעֶטֶת אוֹתוֹ מִפּוֹתֵחַ טֶפַח כִּדְפֵי' לְעֵיל וצ"ל דְּמַיְירֵי שֶׁאֵין הַטֻּומְאָה כְּנֶגֶד הַנֶּקֶב דִּכְשֶׁהַטּוּמְאָה נֶגֶד הַנֶּקֶב אֲפִילּוּ אֵין בּוֹ פּוֹתֵחַ טֶפַח בּוֹקַעַת וְעוֹלָה כִּדְאָמַר בפ"ק דְּסֻוכָּה (דַּף יח. וְשָׁם) אֲרֻובָּה בַּבַּיִת וְאֵין בָּהּ פּוֹתֵחַ טֶפַח טֻומְאָה כְּנֶגֶד אֲרֻובָּה כָּל הַבַּיִת טָהוֹר לְפִי שֶׁבּוֹקַעַת וְעוֹלָה וְכֵן בְּמַסֶּכֶת אֹהָלוֹת וּמַיְיתִי לָהּ בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב (חֻולִּין קכה:) חֲבִילֵי הַמִּטָּה וּסְרִיגֵי חַלּוֹנוֹת כו' פֵּירְסָן עַל הַמֵּת בַּאֲוִיר הַנּוֹגֵעַ כְּנֶגֶד הַנֶּקֶב טָמֵא שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד הַנֶּקֶב טָהוֹר וְהָתָם אֵין בַּנְּקָבִים פּוֹתֵחַ טֶפַח דְּקָתָנֵי רֵישָׁא דְּמַפְסִיק בֵּין בַּיִת לָעֲלִיָּיה:
Le Kountrass a expliqué : dans un cimetière, lorsque les objets sont sur les parois de la chida. Difficulté : qu'est-ce qui amènerait l'impureté sur ces objets ? Le Ritsba explique qu'il s'agit bien du cas où la chida se trouve dans la tente du mort et est entourée d'un couvercle scellé (tsamid patil). Et bien qu'un récipient de bois ne protège pas par un couvercle scellé, lorsqu'il contient quarante sea il protège, puisqu'il ne reçoit pas l'impureté, comme nous l'avons appris dans le traité Kelim : ceux-ci protègent par un couvercle scellé : les récipients de fumier, etc., et les récipients de bois purs. Et il n'est pas nécessaire de dire que la mokhni a un réceptacle : c'est un récipient de bois plat. La chida a un trou sur son côté, les objets sont à l'intérieur de la chida, et la mokhni recouvre cet endroit et réduit le trou, si bien qu'il ne reste pas une ouverture d'un tefa'h. Et on dit que puisqu'elle est détachable, elle ne réduit pas le trou, car un objet ne réduit une fenêtre que si on l'y annule (bitoul), comme on le prouve au chapitre Lo ya'hpor (Baba Batra 20b). Là, on objecte à l'enseignement selon lequel un récipient d'argile réduit la fenêtre : mais il le considère comme utile ! (c'est-à-dire qu'il ne l'annule pas là), comment donc réduit-il ? Et on répond : il est sale. Et il s'agit du cas où il ne bouche pas tout le trou, car s'il bouche tout le trou, même sans l'annuler, il le ferme, comme on le dit au dernier chapitre (157a) : aux jours d'Abba Chaoul ben Botnit, on bouchait la lucarne avec une cruche. Là, on ne l'annulait pas, car si on l'avait annulée le Chabbat, on serait coupable de construire, puisqu'on ajoute au bâtiment ; il s'agit donc forcément du cas sans annulation, et pourtant elle ferme. Et pour un récipient de bois aussi, on dit au dernier chapitre de Meguila (26b) : cette synagogue des Romains qui donnait sur une pièce où l'on déposait des morts ; les Cohanim voulaient aller y prier. On le dit à Rava, qui répondit : allez, prenez son arche et placez-la à l'entrée, car c'est un récipient de bois destiné à rester en place. Et on ne l'annulait sans doute pas là, puisqu'on y dépose un Sefer Torah. En revanche, la paille et les figues sèches n'ont pas le statut de récipients : même s'ils bouchent toute la fenêtre, il faut les annuler, comme on le prouve au chapitre Lo ya'hpor (Baba Batra 19b). Rabbeinou Tam ne pense pas qu'il faille expliquer que la mokhni est une roue, car on n'a pas l'habitude de poser de l'argent sur une roue, alors qu'on enseigne : on ne la tire pas le Chabbat quand il y a de l'argent dessus. Il explique que la mokhni est le socle (ken) de la chida, comme le bassin et son socle (Chemot 30, 28), et comme les mekhonot dans Melakhim (I, 7) : c'est-à-dire le socle sur lequel repose la chida. La chida a un trou en dessous, face à la mokhni ; elle se trouve dans un cimetière, et l'impureté entre par le trou de la chida. La mokhni ne protège pas, puisqu'elle est détachable et qu'on ne l'annule pas là. Il s'agit aussi du cas où elle ne bouche pas tout le trou, mais le réduit à moins d'une ouverture d'un tefa'h, comme on l'a expliqué plus haut. Et il faut dire qu'il s'agit du cas où l'impureté n'est pas face au trou, car lorsque l'impureté est face au trou, même sans ouverture d'un tefa'h, elle perce et monte, comme on le dit au premier chapitre de Soukka (18a) : une lucarne dans une maison, sans ouverture d'un tefa'h, et l'impureté face à la lucarne : toute la maison est pure, car l'impureté perce et monte. De même dans le traité Ohalot, cité au chapitre Ha'or vehaRotev (Houlin 125b) : les cordes du lit et les treillis des fenêtres, etc., qu'on a étendus au-dessus du mort, à une certaine hauteur : ce qui est face au trou est impur, ce qui n'est pas face au trou est pur. Et là, les trous n'ont pas une ouverture d'un tefa'h, puisqu'on enseigne au début qu'ils font séparation entre la maison et l'étage.
אֵין גּוֹרְרִין אוֹתָהּ בְּשַׁבָּת בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת מְפָרֵשׁ רִ"י דִּכְשֶׁהִיא נִשְׁמֶטֶת הִיא כְּלִי בִּפְנֵי עַצְמָהּ אֲבָל כְּשֶׁאֵינָהּ נִשְׁמֶטֶת מֻותָּר לְגָורְרָהּ אע"פ שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת דְּכֵיוָן שֶׁאֵינָם ע"ג הַשִּׁידָּה שֶׁהִיא עִיקַּר הַכְּלִי שָׁרִי:
Le Ri explique : quand elle est détachable, c'est un récipient à part ; mais quand elle n'est pas détachable, il est permis de la tirer même s'il y a de l'argent dessus, car puisque l'argent n'est pas sur la chida, qui est le récipient principal, c'est permis.
💡 Explication

Rabbi Eliezer cite une Michna du traité Kelim sur la chida, grande caisse de bois, et sa mokhni. Tant qu'elle est détachable, la mokhni est un récipient indépendant pour les lois d'impureté : elle ne forme pas un tout avec la chida, elle ne compte pas pour atteindre la mesure de quarante sea (au-delà de laquelle un récipient de bois ne reçoit plus l'impureté), et elle ne participe pas à la protection de la chida face à l'impureté du mort.

Le dernier élément concerne le Chabbat : on ne tire pas la mokhni quand il y a de l'argent dessus. Rachi y voit une roue ; Rabbeinou Tam, un socle, car on ne pose pas d'argent sur une roue.

🖼️ Schéma
Qu'est-ce que la mokhni de la chida ? Rachi : la roue chida (caisse de bois) mokhni = roue amovible Voiture pour transporter des personnes ; la roue qu'on peut détacher est un kli à part. Rabbeinou Tam : le socle chida (caisse de bois) trou mokhni = socle (ken, mekhona) On pose de l'argent sur un socle, pas sur une roue. Détachable, il ne compte pas pour réduire le trou face à l'impureté du cimetière.
Deux lectures de la mokhni : roue amovible (Rachi) ou socle sur lequel repose la chida (Rabbeinou Tam, cité par Tossefot).
3
הָא אֵין עָלֶיהָ מָעוֹת — שָׁרְיָא, אַף עַל גַּב דַּהֲווֹ עָלֶיהָ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת! הַהִיא רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה, וְרַב כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ.

Donc, s'il n'y a pas d'argent dessus, c'est permis, même s'il y en avait pendant bein hachmachot ! Cette Michna est l'avis de Rabbi Chimon, qui ne reconnaît pas le mouktse, et Rav partage l'avis de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (1)
הַהִיא ר' שִׁמְעוֹן הִיא וּמִיהוּ מָעוֹת לָא חֲזוּ מִידִי וּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּעוֹדָן עָלָיו אָסוּר:
Cependant l'argent ne sert à rien (le Chabbat), et Rabbi Chimon reconnaît que tant qu'il est dessus, c'est interdit.
🗂️ Tossefot (1)
הָא אֵין עָלֶיהָ מָעוֹת שַׁרְיָא אע"ג דְּהָווּ עָלֶיהָ כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּמַאי פָּרֵיךְ לוֹקְמָא בְּשָׁכַח וּלְהָכִי אֵין עָלֶיהָ מָעוֹת אע"ג דְּהָווּ עָלֶיהָ כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שָׁרְיָא כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק נוֹטֵל (לְקַמָּן שַׁבָּת קיב:) וּבִזְמַן שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת אָסוּר לְגָורְרָהּ אַפֵּי' בְּשָׁכַח שֶׁהוּא טִלְטוּל גָּמוּר וקמ"ל דִּבְאֵינָהּ נִשְׁמֶטֶת שָׁרִי לְגָורְרָהּ טִלְטוּל גָּמוּר וּמְתָרֵץ דע"כ בְּמַנִּיחַ אַייְרֵי דְּהָא אֵין גּוֹרְרִין אוֹתָהּ מַשְׁמַע אֲפִי' לְצֹורֶךְ מְקוֹמָהּ וְאִי בְּשָׁכַח הָא אָמְרִי' בְּפֶרֶק נוֹטֵל (ג"ז שָׁם) לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְצֹורֶךְ גּוּפוֹ אֲבָל לְצֹורֶךְ מְקוֹמוֹ מְטַלְטְלוֹ וְעוֹדָן עָלָיו (וּמִיהוּ מִטָּה שֶׁיִּחֲדָהּ וְהִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת אִיכָּא לְמֵימַר דְּמוֹדֶה ר"ש דְּמִדְּקָפֵיד עָלֶיהָ מְיֻחָד לָהּ מָקוֹם כִּדְאָמְרִי' בְּרֵישׁ כָּל הַכֵּלִים (שַׁבָּת קכג. וְשָׁם) הַכֹּל מוֹדִים כֵּיוָן דְּקָפֵיד עָלֶיהָ מְיַחֵד לָהּ מָקוֹם ופר"ת דְּהַכֹּל מוֹדִים אַפֵּי' ר"ש וְהָא דְּפָרִיךְ לְעֵיל מִנֵּר הַייְנוּ מִשּׁוּם שֶׁאֵין לְחַלֵּק בֵּין מִטָּה לִשְׁאָר דְּבָרִים אֶלָּא כְּשֶׁהִנִּיחַ עָלֶיהָ מָעוֹת ולפ"ז לֹא קָשֶׁה לְעֵיל אַפֵּי' הַקּוּנְטְרֵס שָׁפֵי' דְּדָיֵיק מִדְּקָתָנֵי אֲבָל לֹא יָשָׁן):
Le Rachba trouve difficile : quelle est l'objection ? Qu'on établisse la Michna dans le cas de l'oubli ; c'est pourquoi, s'il n'y a pas d'argent dessus, même s'il y en avait pendant tout bein hachmachot, c'est permis, comme on le dit au chapitre Notel (plus loin 142b). Et quand il y a de l'argent dessus, il est interdit de la tirer, même en cas d'oubli, car c'est un déplacement complet. La Michna enseignerait alors que, quand elle n'est pas détachable, il est permis de la tirer, même par un déplacement complet. Il répond : il s'agit forcément du cas où l'on a posé l'argent volontairement, car on ne la tire pas implique : même pour libérer sa place. Or, s'il s'agissait d'un oubli, nous avons dit au chapitre Notel (même endroit) : on ne l'a enseigné que pour l'usage de l'objet lui-même, mais pour libérer sa place, on le déplace alors que l'argent est encore dessus. (Cependant, pour un lit qu'on a désigné et sur lequel on a posé de l'argent, on peut dire que Rabbi Chimon reconnaît l'interdit : puisqu'on y tient, on lui réserve une place, comme on le dit au début du chapitre Kol hakelim (Chabbat 123a) : tous reconnaissent que, puisqu'on y tient, on lui réserve une place. Et Rabbeinou Tam a expliqué : tous reconnaissent, même Rabbi Chimon. Et si plus haut on a objecté à partir de la lampe, c'est parce qu'on ne peut distinguer entre le lit et les autres objets que lorsqu'on y a posé de l'argent. Selon cela, il n'y a pas de difficulté plus haut, même selon le Kountrass, qui a expliqué que Rav Na'hman déduit des mots mais pas une vieille.)
💡 Explication

La guemara tire une déduction de la Michna : l'interdit dépend seulement de la présence de l'argent maintenant. Une fois l'argent enlevé, on peut tirer la mokhni, même s'il y était à bein hachmachot. Cela contredit la dernière clause de Rav.

Réponse : la Michna suit Rabbi Chimon, qui ne reconnaît pas le mouktse fondé sur l'état de l'objet à bein hachmachot. Rachi précise que Rabbi Chimon interdit pourtant de déplacer l'argent lui-même, et l'objet tant que l'argent est dessus. Rav suit Rabbi Yehouda, pour qui le statut fixé à bein hachmachot vaut pour tout le Chabbat.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).